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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 19:15

La Trinité de Roublev ou la révélation du partage en Dieu

 

La loi de la vie est le partage

Mais, pour entrer dans le partage, il faut faire sa place à l’autre

Un jour, un jeune Chinois, que nous avions accueilli dans un groupe de parole, qui réunissait une quinzaine de participants, nous a présenté un conte de son pays, intitulé Échange et partage. Aujourd’hui encore, ce conte reste pour moi un texte de référence pour comprendre le fonctionnement de la vie humaine. Non seulement il insiste sur le partage et la place de l’autre mais il nous livre la structure qui conduit à la vérité pour qui veut se mettre en recherche sur le sens de l’existence. Aussi, après avoir présenté le conte, nous suivrons pas à pas la démarche proposée pour répondre aux questions essentielles que la vie fait surgir aujourd’hui comme elle les avait déjà mises en évidence, il y a de nombreuses années.

Échange et partage

Un jeune paysan chinois travaille un lopin de terre. Il le tient d'un Grand Seigneur local. Il s'épuise à longueur de journée, sans réellement gagner sa vie. Sans doute la loi des choses n'est-elle pas respectée."J'irai, dit le jeune paysan, interroger le Dieu de l'Ouest."

Le jeune homme achète des provisions pour sa mère âgée et part en direction de l'Inde. Au bout de quarante-neuf jours, il trouve une vieille femme compatissante, qui l'héberge pendant trois jours. On bavarde. Elle s'intéresse à son projet. "J'ai aussi, avoue-t-elle, une question à poser au Dieu de l'Ouest. Ma fille est belle et intelligente et pourtant elle ne parle pas." Le jeune homme promet de soumettre sa question au Dieu.

Il continue son pèlerinage. Quarante neuf jours plus tard, un paysan, âgé et plein d'expérience, lui offre, à son tour, l'hospitalité. Mêmes confidences, même écoute intéressée. Une question nouvelle finit par se préciser. Il faudrait également la soumettre au Dieu. Pourquoi de nombreux orangers, situés près de la maison, ne produisent-ils pas de fruits ? Ils sont pourtant en pleine vigueur et  couverts de superbes feuilles.

Le pèlerin accumule ainsi les interrogations et poursuit son cheminement. Il arrive finalement vers un immense fleuve qu'il ne peut traverser. Que va-t-il faire ? Un dragon l'interpelle. Où va-t-il ? Quel est l'objet de son voyage ? Le dragon promet de lui faire traverser le fleuve sur son dos. En échange, le jeune homme devra interroger le Dieu sur un problème qui le tracasse depuis longtemps. Pourquoi ne peut-il pas s'élever dans les airs, alors qu'il pratique la vertu depuis mille ans ? C'est promis, la question sera posée. Et rapidement le fleuve est traversé. Plusieurs semaines s'écoulent encore. Le jeune homme finit par se trouver devant un temple. Un beau vieillard s'approche de lui et lui demande l'objet de sa visite. Il présente ses interrogations, mais le vieillard l'arrête. "Tu ne peux poser au Dieu qu'un nombre impair de questions. Tu as quatre questions. Il te faut sacrifier l'une d'entre elles." L'épreuve est difficile. La nuit entière est nécessaire pour réfléchir. Au petit matin, la décision est prise. Le jeune Chinois sacrifiera sa propre question.

Les questions sont posées au Dieu et les réponses arrivent aussitôt.

Le pèlerin prend la route du retour et trouve le fleuve qui l'avait  immobilisé à l'aller. Apparaît alors le dragon, curieux de la réponse du Dieu. Le jeune Chinois lui livre sans détour le message. "Tu dois faire deux bonnes actions : me faire traverser et ensuite ôter la perle que tu as sur le front." La traversée se fait en quelques minutes. Le dragon s'arrête, pose la perle sur le sol. Aussitôt, des cornes poussent sur son front et il se met à voler. Se retournant, avant de disparaître, il s'adresse au voyageur et l'invite à prendre la perle, en échange de ses services.

Un à deux mois plus tard, il rencontre à nouveau le propriétaire d'orangers. Celui-ci s'inquiète, à son tour, du message de Dieu. "Il te faut, lui dit son hôte, enlever les sacs d'or et d'argent, enfouis sous ta citerne." Les deux hommes creusent et finissent par retirer les sacs camouflés sous la terre. A peine ont-ils terminé leur ouvrage que la citerne se remplit d'eau. Les arbres sont arrosés et se mettent à produire des oranges d'une exceptionnelle qualité. Ravi de cette aubaine, le propriétaire cède la moitié de son or et de son argent au voyageur qui reprend la route.

Ce dernier chemine encore de nombreux jours. La vieille femme qui l'avait hébergé à l'aller est là qui l'attend, à la porte de sa maison. A peine le voit-elle qu'elle court à sa rencontre et l'invite à se reposer à nouveau. Elle s'enquiert de la réponse au problème de sa fille. Le Dieu a dit qu'elle parlerait le jour où elle deviendrait amoureuse d'un jeune homme. Là dessus, la jeune fille entre dans la pièce où s'échangent les paroles mystérieuses. Soudain, elle devient rouge et demande : "Mais qui est ce jeune Chinois ? » La mère comprend que son drame se dénoue. Les noces s'organisent dans la joie retrouvée. Et finalement, la fille quitte sa mère en compagnie de son nouveau mari, muni de sa perle et chargé de sacs d'or et d'argent.

Lorsque le long périple s'achève, le jeune voyageur s'étonne de ne pas apercevoir sa mère. Elle est cloîtrée dans sa demeure. Elle a renoncé à l'espoir de revoir son fils et en a perdu la vue, tant elle a versé de larmes. Quel désastre après une aventure pleine d'imprévus merveilleux ! Si au moins cette mère pouvait partager le bonheur de son fils! A peine le jeune homme a-t-il prononcé intérieurement ce souhait que les yeux de l'aveugle s'ouvrent.

Il reste encore un souhait à formuler pour que la joie soit à son comble. Si au moins tous les paysans, qui travaillent si dur, pouvaient gagner leur vie ! Dans la nuit même, tous les grands propriétaires, qui ne travaillent pas, s'endorment à jamais.Et le conte s'achève. (Conte chinois — transmis par un Chinois)

 

 

1. La question : Pourquoi l’homme ne gagne-t-il pas sa vie correctement ?

L’homme se met en marche sur la base d’un manque : il manque de connaissance sur une dimension essentielle de sa vie. Un tel manque de connaissance s’exprime dans une question qu’il faudra essayer de résoudre. Hier il ne pouvait pas gagner correctement sa vie. Aujourd’hui encore la même question devient lancinante : chômage, temps partiels, salaires insuffisants, pauvreté, effondrement des entreprises... C’est tout le système économique et social qui est remis en cause.

2. le retour à la source ou la recherche de l’écriture fondatrice

Le texte nous dit que le jeune paysan chinois va chercher la solution à son problème auprès du Dieu de l’Ouest. C’est sa manière à lui de se mettre en quête des fondements. Or, pour simplifier, nous dirons que le monde est fondé sur une écriture « fondamentale ». Aujourd’hui toute la recherche scientifique est en quête d’une telle écriture. De leur côté, les hommes en recherche de sagesse, s’efforcent de déchiffrer les grands textes symboliques. Chacun est invité à faire son pèlerinage aux sources, là où surgit l’écriture du monde et des hommes du monde.

3. La confrontation aux autres pour préciser la question

La question d’un seul homme n’est pas suffisamment précise. Il convient de la confronter aux questions des autres hommes pour découvrir ses contours et ses différentes dimensions. Au hasard de ses rencontres, le pèlerin chinois entre dans le partage de sa question qui fait surgir d’autres questions. C’est comme si le monde entier posait question et invitait tous les hommes à se mettre en recherche. Il ne s’agit pas d’abord de trouver une réponse mais d’apprendre à bien poser sa question.

4. La découverte de la loi ou de l’écriture fondatrice

Lorsque chaque question est bien posée au point de renvoyer à une même question plus fondamentale, la découverte de l’écriture fondatrice ou de la loi devient plus aisée. Le dieu peut s’exprimer. La bonne question fait surgir la bonne réponse. Le manque présent dans la question est le moteur de la recherche et le meilleur atout pour trouver les réponses les plus adéquates.

5. Même après la découverte de l’écriture fondatrice, la question doit rester ouverte

Le paysan chinois est amené à sacrifier sa propre question au moment même où il s’adresse indirectement au dieu. A première vue, le lecteur est étonné en découvrant une telle exigence. En fait la précaution du dieu révèle une des conditions indispensables de la recherche : le questionnement doit toujours rester ouvert car l’écriture fondatrice ne se révèle jamais complètement. La recherche avec ses questions devra constamment revenir à la charge.

6. Un jeu finit par s’établir entre l’écriture et la parole

Il s’agit en réalité de faire parler l’écriture et de donner ainsi naissance à la parole d’interprétation. La parole, dans la recherche, est d’abord question et ensuite parole d’interprétation si nous acceptons de considérer qu’elle est toujours référée à une écriture qui la précède. La recherche, qu’elle soit d’ordre scientifique ou d’ordre éthique, est amenée à faire jouer ensemble l’écriture et la parole, pour aboutir au meilleur déchiffrement et la tâche du déchiffrement est toujours à reprendre. Sans la question, il n’est pas de recherche et sans l’interprétation l’écriture peut être meurtrière ; elle peut nous conduire en dehors des chemins de la vérité.

Le dragon, le propriétaire des orangers, la mère de la fille muette n’ont pas fait qu’obéir aux injonctions du dieu ; ils ont su en tirer les conséquences en faisant entrer le jeune pèlerin dans leur propre jeu.

Par ailleurs, le dieu n’a pas répondu à la question du paysan chinois. Mais celui-ci, avec les bribes de réponse données et les réactions de ses interlocuteurs, peut pénétrer dans le jeu de l’écriture et de la parole pour trouver lui-même la solution à son propre problème.

7. Le jeu suppose qu’il y ait du manque de part et d’autre

C’est parce qu’il y a du manque que le jeu est possible. Si l’ajustement était parfait il n’y aurait plus de jeu. Le jeu est notre espace de liberté pour inventer la vie avec l’élan de la vie lui-même. Il y a manque du côté de l’écriture : comme nous l’avons déjà souligné, l’écriture n’est jamais totalement dévoilée. Il y a manque du côté de la parole : l’interprétation est toujours à reprendre.

8. L’espace intermédiaire ainsi créé est l’espace de la vérité

Le dieu du conte nous fait entrer dans l’espace de vérité et cet espace de vérité n’est autre que l’espace du jeu entre l’écriture et la parole. Ainsi la vérité n’est pas fondée sur la seule parole. Elle fait jouer, en même temps, l’écriture et la parole. Sans une telle indication, de nombreux problèmes qui se posent à nous aujourd’hui peuvent demeurer insolubles, notamment la place de la femme dans la société ou la liberté du croyant dans l’Islam.

9. L’espace de vérité révèle que la loi de la vie est le partage

Tous ceux qui se sont interrogés sur le dysfonctionnement de la vie ne peuvent trouver la voie de la vérité libératrice qu’en entrant dans le partage. Le dragon partage les honneurs dont il bénéficie en donnant au pèlerin la perle qu’il porte sur le front. Le propriétaire ne doit pas enfouir sa fortune dans le sol pour être le seul à en profiter : il doit le faire fructifier aussi pour les autres. Et, dans un geste symbolique, il donne la moitié de son or et de son argent au paysan chinois. Quant à la mère, elle doit accepter de se séparer de sa fille pour qu’elle puisse partager sa vie avec un jeune garçon, qui n’est autre que le jeune pèlerin. Le partage de l’amour se révélera être aussi partage de la parole et donc guérison du mutisme destructeur.

De son côté enfin, le jeune paysan chinois comprend que les grands propriétaires condamnent le système économique sur lequel il s’appuie car ils empêchent le partage. C’est la loi de la vie elle-même qui va les amener à disparaître. Il ne fait pas de doute que les spéculateurs financiers actuels  devront eux-mêmes subir le même sort si nous acceptons de redonner toute sa place à la loi du partage.

10. Mais le partage lui-même n’est possible que s’il y a acceptation du manque

Partager, c’est accepter de n’être pas tout-puissant. C’est accepter de manquer pour faire sa place à l’autre avec qui je suis invité à partager. Et le jeu qui est ainsi proposé dans le conte « Échange et partage » est finalement celui de l’amour, comme loi d’une vie appelée à se multiplier en se divisant (partageant).

Etienne Duval

Blog de juin 2013

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commentaires

Beaudonnet Bernard 23/09/2013 20:12

Le partage est non seulement la loi de la vie, mais plus profondément sa condition d'existence.
Nous prenons progressivement conscience que la vie se déploie, au moins pour ce que nous savons d'elle, dans un espace fini, la biosphère, elle-même contenue dans notre petite planète bleue, petite boule dans un univers que la science nous fait découvrir de plus en plus immense au fur et à mesure que fuient les galaxies....Et nous prenons en même temps conscience que l'organisation de la société humaine telle qu'elle est aujourd'hui aboutira à une impasse à un horizon qui se compte en quelques générations et non en millénaires : changement climatique, épuisement des ressources, pollutions non maitrisées...La cause de cette organisation désastreuse qui conduit l'humanité à sa perte et à terme à sa disparition ( car nous sommes dans une situation où il ne s'agit pas seulement de la mort de civilisations, comme par le passé, mais de la disparition possible de la vie humaine telle que nous la connaissons par destruction des conditions d'existence de la biosphère ) est, pour l'essentiel, l'oubli de l'existence de l'autre : surexploitation des ressources et production de nuisances très fortes par un petit nombre et oubli de la multitude des humains, ou gestion des ressources en oubliant les générations futures...Tout cela est signe de l'oubli de l'autre.
Pourtant le salut existe: l'homme a abimé sa petite planète en se servant de la science et de la technique, mais il peut la sauver en se servant de la science et de la technique. Mais pour opérer ce basculement, un choix d'ordre moral est nécessaire accepter de partager avec tous nos frères humains...C'est la condition de notre survie...

Ernest Bloch 31/08/2013 13:50

« Je ne suis qu’un maillon dans la chaîne des narrateurs, un anneau entre les anneaux, je répète à mon tour la vieille histoire, et si elle sonne neuf, c’est que le neuf était en elle quand elle fut dite la première fois » Martin BUBER


Parabole [ou l’art du rapprochement et de la comparaison ] à l’attention des riches propriétaires

« Avant l’avènement, du Messie, le monde connaîtra une ère de grande prospérité de grande abondance. Les [….] seront riches. Ils s’habitueront à mener un grand train; et la sobriété, ils la rejetteront. Ensuite viendrons les années de disettes et de maigre grain ; la pauvreté sera sur le monde. Mais les riches ne seront taire en eux la faim irréfrénée de leurs besoins accrus. C’est alors qu’il commencera, le travail dans les douleurs de l’enfantement du Messie » Paroles du Baal-Shem-Tov transcrites par Martin Buber page 139 dans le recueil " Les récits hassidiques 1"


Pour entendre un autre mode de transcription du Baal-Shem-Tov cliquez sur "Ernest Bloch"

Ernest Bloch 01/09/2013 01:59

Compositeur juif suisse naturalisé américain, du siècle dernier Ernest Bloch, est l’exemple du musicien totalement empreint d’expression sacrée et de haute spiritualité. Souvent traduite par les instruments comme le violoncelle ou l'alto, la voix donc instrumentale ou humaine.
Il est passé à la postérité comme le plus grand compositeur juif. En vous présentant ce musicien nous essaierons de ramener cette légende à sa juste place car :
1) à mon sens, le plus grand compositeur juif et qui n’a jamais voulu écrire de musique juive, s’appelle Gustav Mahler.
2) Bloch n’a jamais eu la prétention d’imiter le vocabulaire de la musique juive en reprenant son folklore et ses tournures, il a voulu retrouver le souffle biblique et magnifier l’histoire du peuple juif par sa musique originale :
« Il n’est pas dans mon intention ni dans mon souhait de travailler à la restauration de la musique juive. Je ne veux pas baser ma musique sur des mélodies plus ou moins authentiques. Je ne suis pas un archéologue. Je crois que la chose la plus importante est d’écrire de la musique sincère et bonne, la mienne. Ce qui vraiment m’intéresse est l’esprit hébraïque. Cette âme complexe, ardente, agitée que la bible fait vibrer en moi. La vigueur des Patriarches, la violence du livre des Prophètes, l’amour brûlant de la justice, la douleur et la grandeur du livre de Job, la sensualité du Cantique des Cantiques.
Tout cela est en nous, tout cela est en moi, et c’est la meilleure part de moi-même » déclare Bloch et il explique mieux que nous toute sa musique ainsi. Donc au travers de la présentation de ce musicien nous aimerions célébrer ce musicien solitaire et intransigeant.

Cliquez pour en savoir plus

Martin BUBER 09/08/2013 15:54

Le conte du jeune chinois ou Lorsqu’après une crise la foi se renouvelle.

Il n’est pas rare que l’homme qui se trouve à l’origine de ce renouveau ne soit pas un pur spirituel (au sens que le monde donne à ce mot). Son caractère tire sa force d’une union exceptionnelle des puissances spirituelles et telluriques, une fusion de la lumière céleste et du feu terrestre, où le sublime, toutefois détermine la figure personnelle nourrie du feu d’en bas.
Une vie de cette sorte est une perpétuelle réception du feu d’en bas et sa transformation en lumière. Ce double mouvement intérieur commande son action sur le monde : il ramène vers la terre ceux que la pensée avait éloignés de leur élément naturel, et il porte au plus haut du ciel ceux qui succombent sous le fardeau terrestre.
Martin BUBER

Extrait de l’introduction : Les récit hassidiques 1

Cliquez, je vous prie sur Martin BUBER

Espaces intermédiaires 10/08/2013 09:07

La participation à un colloque sur les séparations. Cliquez !

Duval Etienne 10/08/2013 09:01

J'apprécie bien ce petit mot de Buber. Il résonne d'autant plus en moi, que je suis en train de travailler sur les espaces intermédiaires : le feu d'en haut et le feu d'en bas se renforcent l'un et l'autre pour faire apparaître la véritable lumière.

Petites Oreilles, et Grandes Soreillettes. 29/07/2013 08:51

VENT DU SUD

Dans la jungle terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Et les hommes tranquilles s'endorment
Le lion est mort ce soir

Wimboe wimboe wimboe

Tout est sage dans le Village
Le lion est mort ce soir
Plus de rage plus de carnage
Le lion est mort ce soir

wimboe wimboe wimboe

L'indomptable le redoutable
Le lion est mort ce soir
Viens ma belle viens ma gazelle
Le lion est mort ce soir

Wimboe wimboe wimboe

Dans la jungle terrible jungle
Le lion est mort ce soir

Le lion est mort ce soir
Chanson populaire africaine, composée par Solomon Linda en 1939, popularisée dans sa version française par le chanteur Henri Salvador

Bien sur tout le monde connaît ! Alors viens écouter les élèves du collège Henri-Barbusse de Bagneux.

Appuyez et Ouvrez-bien vos Petites Oreilles, et vos Grandes Soreillettes.

La mer en français 04/08/2013 17:52

Je me sens plus à l'aise en français !

La Mére 04/08/2013 16:33

Oui la violence et la toute puissance peuvent habiter chez cette vielle femme.

Elle est encore là l’Emmerdeuse la Tueuse

Un jour un avocat général exige encore une condamnation à mort afin, de calmer l’opinion publique indignée.

Le célèbre avocat dit :
« L'opinion publique délibère à vos côtés ? L'opinion publique est parmi vous ? Chassez là, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche !
C'est elle qui au pied de la croix criait: "crucifie-le" ! C'est elle qui d'un geste de la main renversée, immolait le gladiateur agonisant dans l'arène; c'est elle qui applaudissait aux autodafés d'Espagne, comme au supplice de Calas; c'est elle enfin qui a déshonoré la révolution française par les massacres de septembre, lorsque la farandole ignoble accompagnait la Reine au pied de l'échafaud et, qui, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés… »
Vincent de Moro-Giafferri,

Pour, les femmes qui comme moi sont malades de Gilles de la Tourette
Ecoutez "La mer" ça calme la Tas – Pé

Le lion et la vieille femme 01/08/2013 10:22

Si j'ai bien compris, la violence ou plutôt la toute-puissance empêche le partage. Mais la violence et la toute-puissance ne sont pas toujours là où nous croyons qu'elles sont. Elles peuvent être même chez cette vieille femme, qui avait pourtant réussi par sa présence et sa parole à dépasser la peur de la violence d'un lion pour en faire son ami.C'est un superbe conte africain qui nous le dit.

Le lion et la vieille femme


Il était une fois, dans un village d’Afrique, une vieille qui était si vieille
Qu’elle ne pouvait plus travailler aux champs.
Ce qu’elle pouvait faire,
C'était prendre une grande calebasse,
La mettre sur sa tête, partir à la rivière,
Remplir la calebasse de l’eau de la rivière et revenir au village avec de l’eau.
Elle faisait ça tous les matins.

Or, un matin, alors qu’elle était penchée au-dessus de l’eau
Et qu’elle était en train de remplir sa calebasse,
Voilà que, tout à coup, elle sent à côté d’elle un souffle.
Elle se tourne doucement et qu’est ce qu’elle voit sur la rive à ses côtés ?
Un lion, un lion d’Afrique, qui la regardait.

Elle n’a pas bougé, c’était une vieille, une vieille Africaine.
Elle savait ce qu’il faut faire en face du lion.
Quand tu es un homme, ton regard d’homme écrase celui du lion
Et tu peux le vaincre par le regard, si tu ne baisses pas les yeux.
Elle a regardé le lion droit dans les yeux.
Le lion n’a pas bougé.
La vieille l’a regardé si longtemps qu’elle a eu confiance.
Elle a senti que le lion ne l’attaquerait pas.

Alors, elle s’est redressée lentement,
Elle a mis sa calebasse pleine d’eau sur la tête,
Lentement, elle a reculé, lentement, elle s’est retournée
Et elle a marché d’un pas décidé dans la savane en direction de son village.

Le lendemain, quand, au petit matin, elle est allée à la rivière,
Voici que le lion était encore là.
Il semblait l’attendre.
Elle l’a regardé, elle n’avait plus peur de lui.
Elle savait qu’il n’attaquerait pas.

Alors, elle a pris son eau à la rivière,
Elle l’a mise sur sa tête beaucoup plus vite que les autres jours.
Puis, elle a regardé le lion, elle lui a même souri.
Et puis elle est partie dans la savane, en direction du village.

Et tous les jours où elle allait chercher de l’eau à la rivière,
Le lion était là qui l’attendait.
Petit à petit, ils se sont apprivoisés l’un l’autre.
Elle s’est mise à lui parler.
Le lion a grogné gentiment comme un chat qui ronronne.
Bientôt le lion s’est mis à la suivre, dans la savane.
D’abord, il était à quelques pas derrière elle,
Et puis, les jours passant, il était plus près d’elle.
Un jour, il s’est trouvé à ses côtés.
Il marchait avec elle jusqu’à la fin de la savane, à l’entrée du village.
Il n’allait jamais plus loin.
Et c’est ainsi que la vieille femme est devenue l’amie du lion.
Et le lion, l’ami de la vieille femme.
Tous les jours, elle le retrouvait, tous les jours, ils se parlaient d’une certaine manière.

Elle lui racontait tous ses souvenirs de vieille femme,
Elle lui racontait tous ses soucis de vieille femme,
Elle lui disait tout ce qu’elle avait sur le cœur.
Et le lion semblait l’écouter attentivement.

Or, une nuit, alors que ça faisait des mois que le lion et la vieille femme étaient amis,
Une nuit, le lion a voulu savoir ce que la vieille femme pensait de lui.
Alors, parce que c’était la nuit et que personne n’était dehors dans le village,
Il s’est approché de la case de la vieille femme.
Il y avait encore une lampe qui brûlait,
Ce qui indiquait que les gens étaient éveillés.
Il a approché son oreille de la porte
Et il a écouté ce qu’on disait.

Et justement, la vieille femme était en train de parler de lui.
Elle disait que c’était le meilleur ami du monde,
Elle disait à quel point le lion semblait l’écouter,
A quel point il était doux comme un chat,
A quel point il semblait sage.
Mais elle a dit, il a un défaut qui gâche presque tout le reste,
Vraiment un défaut insupportable,
C’est que, voyez-vous mes enfants, il pue de la gueule !

Le lion a été blessé en son cœur.
Il a fui dans la forêt.

Le lendemain matin, avant d’aller à son rendez-vous,
Il est allé trouver un bûcheron qui bûcheronnait dans la forêt.
Il l’a regardé de son œil de lion, il a ouvert ses babines et lui a dit :
- Bûcheron, donne-moi ta hache, sinon je te mange !
Le bûcheron, sans hésiter une seconde, a lâché sa hache
Et il a couru, couru.
Le lion a pris la hache dans sa gueule
Et il est allé au rendez-vous.
Il a regardé la vieille femme, il n’était plus tout à fait pareil.
Elle a bien vu qu’il avait l’air plus féroce que les autres jours.

Le lion lui a dit :
- Oh ! vieille femme, tu vois cette hache, prends–la
Et donne-moi un coup sur le front, là où j’ai une bosse rebondie frappe.

Et la vieille a dit :
- Mais non ! mais je ne veux pas frapper !
Mais pourquoi est-ce que tu veux que je te frappe ?
Mais tu es mon meilleur ami !
Pourquoi est-ce que je te frapperais ?
Le lion l’a regardée d’un œil féroce, il a soulevé ses babines,
Il a montré ses crocs saillants, il a ouvert sa gueule d’enfer.
Ses yeux semblaient brûler de haine et il lui a dit :
- Dépêche-toi de m’obéir, sinon je te mange !


La vieille a eu peur.
Sans plus hésiter, elle a pris la hache
Et elle a frappé un grand coup, à l’endroit où, sur le front,
Le lion avait une bosse bien rebondie.
Et le sang a giclé.
Et le lion s’est enfui dans la jungle.

Pendant trois mois, la vielle femme n’a plus revu son ami le lion.
Elle a pensé qu’il était peut-être mort.
Mais, au bout de trois mois, alors qu’elle était, comme d’habitude,
Penchée sur la rivière pour prendre son eau,
Elle a vu le lion venir vers elle.
Alors, elle a lâché sa calebasse et elle s’est exclamée :
- Oh lion ! te voilà de retour !
Oh, comme ça me fait plaisir !
Oh, comme tu m’as manqué !
Oh, quel bonheur de te retrouver !

Le lion l’a regardée et il lui a dit :
- Oui, je suis revenu.
Regarde comment est mon front.
Elle a regardé son front qui était tout à fait cicatrisé.
Et elle lui a dit :
- Oh ! mais on ne voit plus rien !
C’est tout à fait bien !
C’est comme si rien ne s’était passé, c’est tout à fait cicatrisé !
Le lion l’a regardée et il lui a dit :
- Oui, vieille femme, vois-tu, les blessures qu’on fait au corps,

Elles cicatrisent toujours.
Mais les blessures qu’on fait au cœur, elles saignent encore !
(Conte africain)

Long voyage vers le soleil couchant 26/07/2013 20:40

Ah ! Ces deux là, ils sont à l’ouest (le soleil couchant) comme dit ma fille Elise. Mais bon ! On ne berce pas impunément les enfants aux rythmes de Pearl Buck ou de Vent d'est, vent d'ouest

D’ailleurs une autre de mes grands mères à l'accent british nous affirmait que le jour ou le (H) final de Earth (Terre) fera une boucle pour venir se placer, en début de Heart (Cœur) nous redécouvrirons la Paix.

Si vous voulez encore entendre de parler Pu Yi Cliquez

Etienne Duval 28/07/2013 10:53

Merci !

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