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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 09:01

La source bleue de Malbuisson - Passer de la caverne des ombres à la source lumineuse

 

Le jeu du sujet à la source du politique

 

En politique aujourd’hui, il s’agit de passer de la caverne des ombres à la source de la vie, c’est-à-dire au jeu continu du sujet, entre soi et soi et plus directement entre l’individu et le social. Si le sujet est bien un individu concret, il porte en son sein toute la collectivité. C’est en s’appuyant sur lui et en le faisant constamment émerger que peut naître une autre manière de vivre ensemble. Il est la source de l’énergie du politique. Comme l’exprime le ferment des révolutions arabes, ce n’est pas la démocratie qui motive aujourd’hui le soulèvement des peuples, c’est l’aspiration à un monde où chaque homme peut devenir une sujet véritable, inventif et responsable.

 

Il est étonnant de voir comment les mythes et les grands contes ont traité, depuis bien longtemps, des problèmes les plus actuels. Je pense en particulier à la dynamique du politique. Relisons ensemble le superbe conte du Moyen Orient, intitulé « Le secret ». Souvent, nous l’avons évoqué, mais c’était pour analyser de tous autres problèmes. Jamais nous avons eu l’idée d’y rechercher « le secret du politique ».

 

Il existe plusieurs manières de faire de la politique. La plus commune et la plus traditionnelle repose sur l’idée de l’ordre à promouvoir à travers les lois. Dans le conte, c’est celle du roi Mahmoud et du grand vizir. Or un personnage mystérieux, un mendiant issu des grands chemins qui traversent le désert, vient remettre en cause une telle manière de faire. Indirectement, il nous montre comment elle conduit à fabriquer de vils courtisans, c’est-à-dire des sujets entièrement soumis au souverain et au système qui lui garantit sa place. De manière discrète et pourtant révolutionnaire, il s’attaque à la notion de sujet pour la retourner complètement et la travestir. Du sujet investi dans la subordination, il nous fait passer au sujet enraciné dans la création et la responsabilité. Pour nous en convaincre, écoutons le conteur invisible, qui nous emmène à la porte du désert et aux marches d’un palais grandiose.

 

Le secret

 

Où se tenait Mahmoud, était Ayaz. Où souffrait Ayaz, souffrait Mahmoud. Il n’était pas au monde d’amis plus proches, ni plus soucieux l’un de l’autre. Pourtant, Mahmoud était roi et Ayaz son esclave.« Ayaz à la blanche poitrine » : ainsi l’appelait-on, car il était d’une beauté parfaite. Il était arrivé en guenilles de vagabond dans la ville où régnait le conquérant superbe et redouté. Il avait longtemps cheminé, sans cesse assoiffé par la poussière des déserts, et plus encore par l’increvable désir d’atteindre un jour la lumière qu’il sentait brûler dans le fond secret de son âme, au-delà de toute souffrance. Mahmoud l’avait rencontré sur les marches de son palais et l’avait pris à son service, séduit par son visage et son regard de diamant noir. De cet errant misérable venu du fin fond des chemins, il avait goûté les paroles simples et jamais basses. Il avait fait de lui son conseiller. Il en fit un jour son frère de coeur.

 

Alors ses courtisans s’émurent. Que cet esclave leur soit préféré les scandalisa si rudement qu’ils complotèrent sa perte et se mirent à épier ses moindres gestes. Le vizir attacha quelques sbires discrets à sa surveillance. Un soir, lui fut rapportée une incompréhensible bizarrerie dans le comportement de cet homme qu’il détestait. Il s’en fut aussitôt à la haute salle au dallage de marbre où déjeunait Mahmoud, et s’inclinant devant le souverain terrible : « Majesté, lui dit-il, tu n’ignores pas que, pour ta précieuse sécurité, je fais surveiller tous les mortels, humbles ou fortunés, à qui tu accordes le privilège de ton incomparable présence. Or, il me parvient à l’instant d’inquiétantes informations sur Ayaz, ton esclave. Chaque jour, après avoir quitté la Cour, il va s’enfermer seul dans une chambre basse au fond d’un couloir obscur. Nul ne sait ce qu’il y trame. Quand il en sort, il prend soin de verrouiller la porte. A mon avis, il cache là quelque secret inavouable. Je n’ose penser, quoique ce soit possible, qu’il y rencontre de ces disgraciés, qui n’ont de désir que de te nuire. « Ayaz est mon ami lui répondit Mahmoud. Tes soupçons sont absurdes. Ils ne salissent que toi. Va-t’en ! » Il se renfrogna. Le vizir se retira discrètement satisfait : quoi qu’en dise le roi, son âme était troublée. Mahmoud, demeuré seul, resta, un moment pensif, puis fit appeler Ayaz et lui demanda, avant même de l’avoir embrassé : « Frère, ne me caches-tu rien ? – Rien, Seigneur, répondit Ayaz en riant. – Et si je te demandais ce que tu fais dans la chambre où tu vas tous les soirs, me le dirais-tu ? » Ayaz baissa la tête et murmura : « Non, Seigneur ». Le coeur de Mahmoud s’obscurcit. Il dit : « Ayaz es-tu fidèle ? – Je le suis, Seigneur ». Le roi soupira. « Laisse-moi, dit-il. » Il ne put trouver la paix.

 

Le soir venu, quand Ayaz sortit de sa chambre secrète, il se trouva devant Mahmoud, son vizir et sa suite dans le couloir obscur. « Ouvre cette porte, lui dit le conquérant. » L’esclave serra la clef dans son poing et, remuant la tête, refusa d’obéir. Alors Mahmoud le prit aux épaules et le gronda : « Si tu ne me laisses pas entrer dans cette chambre, la confiance que j’ai en toi sera morte. Veux-tu cela ? Veux-tu que notre amitié soit à jamais défaite ? Ayaz baissa le front. La clef qu’il tenait glissa de sa main et tomba sur le dallage. Le vizir la ramassa, ouvrit la porte. Mahmoud s’avança dans la pièce obscure. Elle était vide et aussi humble qu’une cellule de serviteur. Au mur pendait un manteau rapiécé, un bâton et un bol de mendiant. Rien d’autre. Comme le roi restait muet devant ces guenilles, Ayaz lui dit : « Dans cette chambre, je viens tous les jours pour ne pas oublier qui je suis : un errant en ce monde. Seigneur, tu me combles de faveurs, mais sache que mes seuls biens véritables sont ce manteau troué, ce bâton et ce bol de mendiant. Tu n’as pas le droit d’être ici. Ici commence le royaume des pèlerins perpétuels. Mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ? – Pardonne-moi, dit le conquérant ». Devant l’esclave, il s’inclina et baisa le pan de son manteau. (Conte arabe, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)


Le grand vizir, premier ministre


Dans ce récit, le grand vizir est une figure majeure : il est le second personnage de l’Etat, la voix de son maître, celui qui donne le la de la mélodie du pouvoir. Nous sommes tout près du ministre de l’intérieur actuel. Étonnamment, les choses se répètent, sous des habits différents, au cours des siècles qui se succèdent. Depuis plusieurs années, dans notre pays, l’importance du ministre de l’intérieur s’accroît de jour en jour : il devient presque le passage obligé pour atteindre la présidence de la république.

 

L’obsession de la sécurité et l’implacable surveillance

 

Le maître mot est la sécurité. Chacun doit entrer dans le moule que dessine la Cour. Si vous sortez des clous, si vous êtes marginal comme Ayaz le mendiant, vous devenez un suspect désigné et une menace pour le pouvoir. Une surveillance s’impose : des yeux invisibles vous épient, des oreilles encore plus indiscrètes écoutent vos conversations. Que fait donc le nouveau venu dans sa chambre basse ? Il ne s’agit pas pour autant d’être naïf : l’insécurité est bien un mal qu’il faut prévenir et combattre, mais la sécurité doit-elle dicter les contours de tous les choix politiques ? Dans le gouvernement précédent, le désordre, sous ses différentes formes, y compris financières, était à la source d’un nombre considérable de lois. Sitôt qu’il se manifestait concrètement, il fallait l’endiguer en faisant voter un texte législatif. Il n’est pas sûr qu’une telle dérive soit complètement écartée aujourd’hui dans notre pays, et les Etats-Unis, qui imposent leur modèle, soi disant démocratique, à une bonne partie de la planète, trouvent un prétexte dans le terrorisme pour déployer leurs grandes oreilles sur la surface du monde entier.

 

La cour des aliénés ou le miroir déformant de la réalité

 

La Cour finit par aliéner ceux qui la composent. La vérité n’est plus leur souci : il s’agit de clamer tout haut ce que le pouvoir veut entendre. Conseillers et intrigants flattent l’instinct de sécurité, devenu une des mesures essentielles de toute perception et de tout jugement. Pour la plupart, ils n’ont pas appris vraiment à réfléchir par eux-mêmes, mais ils sont devenus maîtres dans l’art de défendre les dossiers qui les intéressent. Ils s’appuient, pour cela, sur les experts en statistiques et en sciences sociales, sans connaître de l’intérieur les limites des disciplines qu’ils invoquent. A défaut d’avoir accès à la vérité, ils s’enferment dans la rhétorique et l’idéologie. Et la Cour tout entière, s’écartant du réel sous l’œil du grand vizir, offre au pouvoir un miroir déformant de la réalité.

 

L’enfermement dans la prison du regard de l’autre

 

La transparence est requise de chaque citoyen. La distance qui garantit le mystère de soi et le mystère de l’autre est abolie. Elle fait l’objet d’un interdit et suscite aussitôt la suspicion. Dites-moi combien vous gagnez, quelles sont vos relations, quels sont vos liens avec l’étranger. Vous n’avez plus le droit d’être vous-même. Babel est en gestation. C’est la conformité au modèle imposé de la « brique » qui devient le gage de l’excellence. Et, naturellement, l’excellence est dans le parti que vous avez choisi. Comment la raison pourrait-elle avoir droit de cité dans le parti adverse ? Alors, il est inutile de plaider la cause d’Ayaz, qui veut échapper au regard de l’autre.

 

La naissance du sujet derrière la porte fermée

 

Et pourtant, le conte nous révèle que c’est derrière la porte fermée qu’est en train de naître le véritable sujet. Le mendiant s’enferme, tous les soirs, dans une chambre basse, pour entrer en dialogue avec lui-même. Mais le dialogue n’est possible que parce qu’il y a du manque au cœur de son être profond. Il ne peut être soi-même qu’en le devenant avec le temps et le dialogue est une des épreuves nécessaires imposée par le temps qui s’échappe. Pour le moment, la Cour et le regard de l’autre contrarient la gestation du véritable sujet ; de ce fait, ils empêchent la naissance du politique lui-même. C’est pourquoi Ayaz n’hésite pas à fermer sa porte lorsque son travail s’achève.

 

La porte forcée et la condamnation de la Cour

 

Nous assistons alors au combat ultime entre deux royaumes : celui de la Cour et celui du mendiant. Avec l’appui du grand vizir, le roi, pourtant en questionnement, n’hésite pas à forcer la porte du secret. C’est alors que la vérité s’affiche au grand jour : il n’y a, dans la chambre violée, que le rien et le manque de l’homme, c’est-à-dire tout ce qui manque au roi lui-même pour donner naissance au politique. Le secret est dévoilé : le roi manque du manque, comme il manque d’Ayaz. Voici la Cour condamnée et le mendiant promu. Le roi s’incline devant l’esclave et baise le pan de son manteau. A travers l’esclave, c’est tout homme jusqu’au plus humble, qui se trouve ainsi reconnu.

 

Le jeu du sujet à la source d’une autre politique

 

Il fallait s’abaisser, comme vient de le faire le roi, pour découvrir le fondement vivant, c’est-à-dire la source, du politique. Il est dans la pulsion du sujet qui aspire à la naissance de l’homme, c’est-à-dire dans le jeu entre soi et soi, entre l’individu et le collectif. Si le sujet est bien un individu concret, il porte aussi en lui toute la collectivité. De manière paradoxale, il faut reconnaître que c’est le jeu entre soi et soi qui donne naissance au politique, à une autre politique, celle dont nous avons besoin aujourd’hui. C’est en s’appuyant sur le sujet et en le faisant constamment émerger que peut naître une nouvelle manière de vivre ensemble. Il est la source de l’énergie du politique. Comme l’exprime le ferment des révolutions arabes, ce n’est pas la démocratie qui motive aujourd’hui le soulèvement des peuples, c’est l’aspiration à un monde où chaque homme peut devenir une sujet véritable, inventif et responsable.

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LE VINGT DEUX SEMPTEMBRE 22/09/2013 12:45

LE VINGT DEUX SEMPTEMBRE

Le vingt-deux de septembre ( premier jour de l’automne )

Le vingt-deux de septembre 1789 (L'Assemblée nationale vote l'article 1er de la Constitution : le gouvernement français est monarchique) Pendant ce temps : Attroupement des farçons (garçons ?) bouchers à Paris pour réclamer travail et meilleurs salaires


Un vingt-deux de septembre au diable vous partites,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous...
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières:
Le vingt-deux de septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

On ne reverra plus au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous...
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles:
Le vingt-deux de septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d´ailes,
Je montais jusqu´au ciel pour suivre l´hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous...
Le complexe d´Icare à présent m´abandonne,
L´hirondelle en partant ne fera plus l´automne:
Le vingt-deux de septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Pieusement noué d´un bout de vos dentelles,
J´avais, sur ma fenêtre, un bouquet d´immortelles
Que j´arrosais de pleurs en souvenir de vous...
Je m´en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent:
Le vingt-deux de septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l´équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous...
Il a craché sa flamme et ses cendres s´éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes:
Le vingt-deux de septembre, aujourd´hui, je m´en fous.

Et c´est triste de n´être plus triste sans vous (Georges Brassens)

Pour l’écouter. CLIQUEZ

Duval Etienne 01/10/2013 19:15

Je vous annonce la parution d’un livre écrit par un ami :

Agir avec Jankélévitch
• Hugues Lethierry
• Chronique Sociale - Savoir Penser
• 15 Novembre 2013
• Philosophie Textes / Critiques / Essais / Commentaires

• A paraître

Note de l’éditeur :

Polyphonique : voici un livre décapant, hors des sentiers bien balisés des commentaires moralisateurs habituels sur Jankélévitch. Ce penseur qui chante «les mille et un jours de 1'épopée humaine dont l'homme est le navigateur ardent » (comme dit A. Philonenko). L'ouvrage contient à la fois : - de solides repères sur la pensée de Kierkegaard et Bergson mis à la portée du public des « amateurs » (au sens d'amoureux), - des témoignages, informations et raisonnements rigoureux sur le mensonge raciste dénoncé dans la clandestinité par "Janké" (et d'autres) en 1943, - une approche musicale originale de son oeuvre ainsi que des aperçus pédagogiques. Pour sortir du« ronron» et du« prêt à penser», pour affermir ses convictions (ou les mettre en question) au risque de s'affronter au « mécontemporain » (c'est-à-dire au réel).

Bravo ! 23/09/2013 09:30

Bravo !

Conseils d'un sage à un serpent agresseur 16/09/2013 09:11

"Le sage et le serpent"

Un méchant serpent vivait aux abords d'un village. L'animal se tapissait sous les larges feuilles de la jungle, d'où il observait de ses petits yeux jaunes le va-et-vient des villageois, qui empruntaient ce chemin pour se rendre au marché. Le serpent s'amusait à les terroriser. Il se jetait brusquement sur les passants pour les mordre cruellement. Les habitants n'osèrent plus passer par cette route et firent un grand détour pour éviter le reptile.

Un jour, un sage qui voyageait de ville en ville vint à passer. Le serpent, selon son habitude, se jeta sur lui férocement. L'homme le regarda avec bienveillance et lui demanda :
- Pourquoi donc veux-tu me faire du mal ? Je poursuis simplement mon chemin, sans te déranger en rien.
Le serpent surpris par l'infinie douceur et la force paisible qui émanaient de l'homme, réfléchit à ces paroles et s'excusa.
- Je vois que tu as bon cœur au fond, lui dit le sage. Je voudrais que tu me fasses la promesse de ne plus attaquer personne.
Et il lui parla longuement de paix et de non-violence. Les paroles qu'il prononça émurent profondément le serpent et, avant que le sage ne reprenne sa route, il lui fit serment de ne plus jamais mordre.

Bientôt, les villageois remarquèrent que le serpent ne les attaquait plus. Ils empruntèrent à nouveau la route qui traversait la forêt. Peu à peu les passants s'enhardirent : voyant l'animal enroulé tranquillement sur une branche, ils lui jetèrent des cailloux. Comme le reptile les ignorait toujours, certains le piquèrent avec des bâtons. Le serpent se contentait de s'éloigner doucement. En le voyant aussi inoffensif, un des villageois s'empara de lui et le fit tournoyer dans les airs, avant de le projeter contre un arbre. Le serpent était de plus en plus maltraité. C'était à qui lui donnait un coup de pied, à qui lui plantait un bâton ou lui jetait une pierre. L'animal souffrait beaucoup mais il tenait la promesse qu'il avait faite et ne mordait pas.

Quelques semaines plus tard, le sage repassa par la route et appela le serpent pour prendre de ses nouvelles. L'homme fut désolé de voir l'état dans lequel se trouvait ce reptile. Ce dernier s'était caché dans le feuillage, le corps tout endolori, recouvert de plaies et de bosses.
- Mais que t'est-il arrivé, que s'est-il passé ? lui demanda le sage en le soignant.
- Maître, se plaignit le serpent blessé, vous m'avez dit de ne plus mordre, mais regardez ce que les villageois m'ont fait.
- Et pourquoi les as-tu laissé faire ? répondit le sage. Je t'avais demandé de ne plus mordre, mais je ne t'ai jamais dit de ne pas siffler !

A partir de ce jour-là, le serpent fit face à ses agresseurs en sifflant. Il n'eut plus besoin de mordre et ne fut plus jamais maltraité. (Conte de l’Inde)

Etienne Duval 21/09/2013 18:41

Merci pour tes réactions Josiane. Tu soulignes une chose qui me paraît très importante : le pouvoir appartient, pour une part, à ceux qui ont l’art de parler, c’est-à-dire à ceux qui sont dans la rhétorique. Je trouve que Science-Po Paris est une très bonne école pour les futurs hauts fonctionnaires. Mais je reproche à cette école de trop s’attacher à la défense de dossiers et pas assez à la pensée et à la création. En ce sens, elle engendre la répétition et finit par nous faire tourner en rond. Elle oublie de retourner à l’énergie du désir sans laquelle nous ne pouvons pas faire advenir des sujets. Or aujourd’hui, faire advenir des sujets responsables et créatifs, c’est bien, me semble-t-il, une des fonctions essentielles du politique.

Josiane Bochet 21/09/2013 18:40

Merci pour cet article qui me fait réfléchir ... particulièrement au moment où un ancien premier ministre s' égare et où " les Pinson -Charlot " publient La casse sociale , leur ouvrage le plus politique puisqu'ils ne sont plus au CNRS . Au moment aussi où sort un livre dont j'ai oublié le titre expliquant pourquoi les démunis se rapprochent de l' Extrême Droite .
Quel sens donner à ce beau mot : le politique et non la ?
Peut-on encore faire confiance à ceux qui nous gouvernent ? Affirmer qu'on a les élus qu'on mérite me paraît un peu court comme raisonnement . Est-ce si simple ? Qui a le pouvoir ?
Les Financiers ? les Lobbies ? bien sûr . Les élites de toutes sortes , y compris dans nos relations familiales ... Ceux qui ont la culture , l'art de parler comme disent les 2 sociologues . Que pouvons-nous faire ?

Je rejoins ton analyse de conclusion et espère pour ces peuples .

En écho à Patrice de La Tour du Pin 21/09/2013 09:28

LE POUVOIR DES FABLES (La Fontaine)
A M. De Barillon (a)

La qualité d'Ambassadeur
Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires ?
Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?
S'ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,
Seront-ils point traités par vous de téméraires ?
Vous avez bien d'autres affaires
A démêler que les débats
Du Lapin et de la Belette :
Lisez-les, ne les lisez pas ;
Mais empêchez qu'on ne nous mette
Toute l'Europe sur les bras.
Que de mille endroits de la terre
Il nous vienne des ennemis,
J'y consens ; mais que l'Angleterre
Veuille que nos deux Rois se lassent d'être amis,
J'ai peine à digérer la chose.
N'est-il point encor temps que Louis se repose ?
Quel autre Hercule enfin ne se trouverait las
De combattre cette Hydre (1) ? et faut-il qu'elle oppose
Une nouvelle tête aux efforts de son bras ?
Si votre esprit plein de souplesse,
Par éloquence, et par adresse,
Peut adoucir les coeurs, et détourner ce coup,
Je vous sacrifierai cent moutons ; c'est beaucoup
Pour un habitant du Parnasse.
Cependant faites-moi la grâce
De prendre en don ce peu d'encens.
Prenez en gré (2) mes vœux ardents,
Et le récit en vers qu'ici je vous dédie.
Son sujet vous convient ; je n'en dirai pas plus :
Sur les éloges que l'envie
Doit avouer qui (3)vous sont dus,
Vous ne voulez pas qu'on appuie.

Dans Athène (4) autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d'un art tyrannique,
Voulant forcer les cœurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l'écoutait pas : l'Orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.
Il fit parler les morts (5), tonna, dit ce qu'il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s'émut.
L'animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s'arrêter
A des combats d'enfants, et point à ses paroles.
Que fit le harangueur ? Il prit un autre tour.
Cérès , commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l'Anguille et l'Hirondelle :
Un fleuve les arrête ; et l'Anguille en nageant,
Comme l'Hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L'assemblée à l'instant
Cria tout d'une voix : Et Cérès, que fit-elle ?
Ce qu'elle fit ? un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous.
Quoi, de contes d'enfants son peuple s'embarrasse !
Et du péril qui le menace
Lui seul entre les Grecs il néglige l'effet !
Que ne demandez-vous ce que Philippe fait ?
A ce reproche l'assemblée,
Par l'apologue réveillée,
Se donne entière à l'Orateur :
Un trait de fable en eut l'honneur.
Nous sommes tous d'Athène en ce point ; et moi-même,
Au moment que je fais cette moralité,
Si Peau d'âne (6) m'était conté,
J'y prendrais un plaisir extrême,
Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant
Il le faut amuser encor comme un enfant.

Etienne Duval 21/09/2013 09:08

Merci de nous renvoyer à la comédie du pouvoir. Tant qu’on n’a pas transformé de l’intérieur la conception du pouvoir comme celle du sujet, on continue à tourner en rond. Les légendes ou les mythes sont là pour nous aider à opérer une telle transformation en nous amenant souvent à rire de nous-mêmes, c’est-à-dire à prendre de la distance par rapport à nos certitudes.

Iznogoud 20/09/2013 20:55

Le jour ou « Les pays qui n’auront plus de légendes seront condamnés à mourir de froid » Patrice de la Tour du Pin

Les grands vizirs actuels sont peut-être les "il n'est pas bon" les "he's no good" les "Iznogoud" les "je veux être calife à la place du calife !" Légende! NON ! souvenir de 2003 la guerre d’Irak

Pour vous détendre : Cliquez sur Iznogoud

Danièle Pétel 02/09/2013 16:21

Conte de l’inde
L’homme qui rit des fleurs
Un homme avait une capacité ce don extraordinaire : Chaque fois qu'il riait, il y avait des fleurs sortaient de sa bouche.
Un jour un roi en entend parler et il se dit : « Dans tel royaume il y existe un homme qui rit des fleurs il se dit ce n’est pas possible il faut vérifier la chose » Alors il envoie un ambassadeur pour vérifier cela. » L’ambassadeur arrive là-bas, il interroge, on lui indique. Voilà vous pouvez aller chez le roi de ce pays, c’est chez lui qu’il y a cet homme. Il arrive et le roi lui dit : « oui oui tout à fait parmi mes sujets il y a un qui rit des fleurs. Il dit es ce que je peux le voir Sir . Alors envoie quelqu’un le chercher. L’homme qui rit des fleurs veut bien satisfaire le roi, il part de chez lui, puis il se rappelle qu’il a oublié quelque chose d’important…


Conte d’Inde, dit par Aboubakr Chraibi dans le cadre de l’émission "L'heure des rêveurs" vendredi 30 août 2013 au environ de 15 h 27

Pour (ré)écouter cette émission cliquez sur mon nom.

Duval Etienne 15/09/2013 09:36

Je voudrais prendre l’exemple de la Syrie pour montrer que seule une politique basée sur le jeu du sujet permet d’apporter une solution convenable aux problèmes qui sont posés. Si, comme nous le faisons tous en occident, nous regardons la situation à travers le prisme de la démocratie, la solution qui s’impose est la destitution de Bachar. Mais nous ne voyons pas alors que nous ouvrons ainsi la boîte de Pandore, en livrant les minorités à la vindicte d’une majorité sunnite, avec des règlements de compte et des tensions quasiment insurmontables. Par contre si nous essayons de dépasser le point de vue de la démocratie en nous référant à la dynamique du sujet en construction, nous verrons que l’équilibre à trouver est dans le jeu entre les différentes minorités (alaouïtes, chiites, kurdes et chrétiennes), d’abord entre elles, et ensuite avec la majorité sunnite. Il ne s’agit plus d’imposer le point de vue du plus fort mais d’amener les populations à vivre ensemble dans le respect de chacun.

Duval Etienne 08/09/2013 21:20

Nous retrouvons le désert : "ce qui l'embellit c'est qu'il cache un puits quelque part". Mais ici, dans la foi musulmane, le hadith va un peu plus loin. Il nous montre pourquoi un puits caché finit par apparaître. Le désert montre les limites de l'homme. Par la prière il élargit son horizon et finit par recevoir ce dont il a besoin.Ici se profile une autre figure du sujet, tout au moins pour celui qui croit. Le croyant ne peut être lui-même qu'en reconnaissant ses limites et en s'ouvrant à l'Au-delà de soi-même c'est-à-dire au Grand Autre.

Aux puits de Zam-Zam 08/09/2013 20:08

Au commencement était l’action

Ibn ‘Abbas proche cousin du prophète Mahomet nous dit un jour: « la première fois qu’une femme se servit du bas sa robe est la mère d’Ismaël, pour effacer les traces de ses pas. La modeste esclave fuit le dernier camouflet infligé par sa maîtresse...
Abraham est là avec elle et son fils en amont de Zamzam, un endroit dominant la mosquée.
A cette époque là, il n’y a à la Mecque ni personne ni eau. Abraham les installe donc là, leur laisse un sac en cuir contenant des dattes et une outre contenant de l’eau puis il prend le chemin du retour. Hâjar le voyant partir ainsi le suit et lui dit : Ô Abraham ! Où vas-tu et comment nous laisses-tu dans cette vallée qui n’abrite ni être humain ni rien ? Cela, elle le lui dit plusieurs fois. Et, comme il ne se retourne pas, elle l’interroge : « est-ce que c’est dieu qui t’a ordonné de faire cela ? Oui, répond-il. Alors, dit-elle, Il ne nous abandonnera pas. » Après quoi, elle retourne sur ses pas. Abraham continu alors son chemin, et arrive à un col où ils ne peuvent le voir, les mains levées prononce des invocations : « Notre seigneur, j’ai fixé une partie de ma progéniture dans une dépression impropre aux cultures près de Ta Maison sacrée Ô ! Notre Seigneur afin qu'ils accomplissent la Salat (la prière). Fais donc que se penchent vers eux les cœurs d'une partie des gens. Et nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants?
Hâjar se mit donc à allaiter son enfant et à boire de cette eau jusqu’au moment ou l’eau s’épuise. Elle a soif tout autant que son fils et le voit bientôt se torde de fièvre. Pour ne pas voir son fils souffrir, elle court à la recherche d'eau. Arrivée à Safâ, la colline la plus la plus proche, elle y grimpe. Face à la vallée avec l’espoir de voir quelqu’un arriver. Comme elle ne voit personne, elle descend d’as-Safâ. Atteignant le fond de la vallée, elle soulève le pan de sa robe, et court, comme le ferait une personne épuisée, jusqu’à Marwa, elle scrute [les alentours] dans l’espoir de voir quelqu’un venir mais personne. Elle fait sept fois le trajet entre ces deux collines »

A ce point du récit, une amie d’origine Arabe la Bienheureuse Sadia nous dit « C’est pour cette raison qu’il y à course des pèlerins entre les deux monts cela fait partie de l'un des rituels obligatoires du pèlerinage mecquois ».

Je reprends le récit : « Et, lorsque Hâjar, surplombe le mont Marwa, elle entend une voix. « Silence ! » se dit-elle, elle tend l’oreille; elle entend la voix une seconde fois. « Tu as été entendu, dit-elle alors à la source de la voix, voyons maintenant si tu peux nous secourir. » Et tout de suite elle voit à l’endroit des puits de Zam Zam l’ange qui remue le sol avec le talon (ou, a t’on dit avec son aile), et bientôt l’eau jaillit. Hâjar se met alors à retenir l’eau comme dans un bassin ; à la prendre avec ses mains pour remplir l’outre. Et l’eau jaillit chaque fois qu’Hâjar en puise.
Hâjar boit pour allaiter son enfant (car il faut beaucoup boire lorsqu’on allaite un enfant). L’ange lui dit : « Ne craignez pas d’être perdus. Vous êtes à l’emplacement même de la maison de dieu que construira cet enfant et son père. Dieu ne fera pas perdre les siens. » L’emplacement de la maison surplombait l’endroit comme une colline ; les eaux des torrents y affluaient à sa gauche et à sa droite sans jamais l’atteindre tout à fait »

Il en était ainsi. Jusqu’au jour où vint à passer prés d’eux un groupe, ou un clan, de la tribu Jurhum arrivant par la route de Kadâ. Ils installèrent leur camp en bas de la mecque. Après quoi, ils virent à remarquer un oiseau tournoyer. « Cet oiseau ne tournoie qu’autour d’une eau, se dirent-ils, nous connaissons cette vallée et nous savons qu’elle ne contient pas d’eau. » Et ils envoyèrent un ou deux éclaireurs. Ces derniers, ayant trouvé l’eau, revinrent l’annoncer au clan. Les gens s’y rendirent et rencontrèrent la mère d’Ismaël à qui ils demandèrent la permission de s’installer prés d’elle. Elle accepta en les prévenant qu’ils n’avaient pas le droit de propriété sur l’eau. « Certainement, répondirent-ils »
Là, ibn Abbas dit que le prophète avait dit : Cela plut à la mère d’Ismaël car elle aimait la compagnie.
Après quoi, le clan s’installa et il envoya à la tribu Jurhum qui vint s’installer à son tour. L’enfant grandit et apprit d’eux la langue arabe. En grandissant, il leur plut si bien qu’ils le marièrent à l’une de leurs femmes.

Magnifique hadith de Mouhammad al-Boukhârî (810 - 870) simplement conjugué au présent tant il me semble actuel Danièle Pétel

Cliquez : Aux puits de Zam-Zam

Etienne Duval 07/09/2013 18:31

Merci Gérard pour ta contribution toujours bien argumentée. Personnellement, je ne pense pas que la démocratie soit l’horizon du politique aujourd’hui. Pour moi, je pense que le désir fondamental qui doit orienter le politique est le désir de soi, qui implique le jeu entre notre dimension individuelle et notre dimension sociale. Avec la mondialisation, l’émergence du sujet est devenu un objectif politique sinon nous serons tous broyés par cette évolution nouvelle. Le jeu entre soi et soi, entre le soi individuel et le soi social est, aujourd’hui, l’espace intermédiaire du politique, qui l’enracine dans le désir et l’historicité. Le rationnel avec toutes les mesures concrètes qui s’imposent, ne peut être efficace que s’il est en lien avec le désir et ici, avec le désir fondamental de l’homme. Il s’agit, toujours pour moi, d’une forme de révolution copernicienne nécessaire. Il est indispensable de revenir à l’énergie de l’origine, contenu dans le désir sous ses différents habits. Il est possible que la limite de Jolif, et nous avons tous nos limites, a été de trop se cantonner dans la rationalité et donc un peu dans l’abstrait même lorsqu’il parle de concret et d’historicité. Que nous le voulions ou non, notre existence humaine se joue dans le jeu entre le désir et la rationalité. Mais tout cela reste à discuter…

Gérard Jaffredou 07/09/2013 18:29

Cher Etienne, J'ai enfin récupéré ton texte (caché dans une chambre obscure dont j'ai trouvé la clé).Je suis en gros d'accord avec la description que tu fais du fonctionnement du jeu politique, qui tend, me semble-t-il, à écarter le plus possible le citoyen ( le sujet ? Pas encore, dans ces conditions) des décisions qui comptent ; jusqu'à lui faire croire que les vraies décisions sont impossibles ou inopérantes, (ah ! "les marges de manoeuvre" !) ou pires que le mal (ce serait le goulag !), qu'elles ne pourraient corriger. D'ailleurs, "on" se garde bien, le plus souvent, d'identifier le mal, (est-ce le "libéralisme" ? Le capitalisme seulement un peu trop dérégulé ? Les fonctionnaires inefficaces et dépensiers ?) ce qui permet de nous rendre tous coupables ( nous vivons au-dessus de nos moyens, ou dans l'utopie, ou l'irréalisme) et finalement tous passifs. Bien entendu, devant ce bourrage de crâne permanent, il est urgent de retrouver notre liberté de penser – et d'agir autant que nous le pouvons encore. Donc, en effet, d'être des "sujets".Or ceci, l'émergence de "sujets", ne peut être au mieux qu'une condition nécessaire, mais pas suffisante, à l'émergence de la "démocratie", à laquelle, en effet les "masses" n'aspirent pas spontanément, alors que seule la "démocratie" requiert et permet que les citoyens soient des "sujets" (au sens duvalien du terme).A condition qu'elle soit "véritable"et c'est bien là qu'est l'os. Et que les citoyens devenant "sujets" en veuillent. J'aperçois là un cercle un tantinet vicieux. Et plus on le caresse.... C'est à dire qu'il ne suffit pas (selon moi) de vouloir, dans l'abstrait et dans l'absolu l'émergence du "sujet" (condition première, je l'admets). Si l'on pose la question politique (ou "du" politique), il faut bien descendre dans l'histoire et le concret des choses et décider "que faire ?" et comment? et avec qui ? et dans quel but ? suivant quelles modalités, etc. Mais il est vrai, que, pour en discuter et en décider, il faut, de préférence, des "sujets", libres par définition, mais libres par rapport à quoi et grâce à quoi ? On retombe dans le concret : le fonctionnement de l'information, les cadres intellectuels dont nous disposons, qui nous ont formés, voire formatés, ce que nous savons, ce que nous savons sans le connaître vraiment, ce que nous croyons savoir, ce que nous ne savons pas sans savoir que nous ne le savons pas, etc. (J'ai lu quelque chose là dessus, il y a peu, je ne sais où). Et pour que le "sujet" soit "la source d'énergie du politique", il lui faut réellement le temps à lui, pas trop de fatigue accumulée à "travailler plus", et la proximité des autres. Ce n'est pas le lot de tous. Autant ou plus que "la Cour et le regard de l'autre", c'est, concrètement, ce qui empêche trop souvent "la gestation du véritable sujet", donc du politique. Je pense qu'il y a en ce moment une assez forte aspiration, mais minoritaire, à savoir mieux, et, plus minoritaire encore : à savoir mieux pour agir mieux et plus. Mais ne rêvons pas : les forces qui étouffent -de fait ou de propos délibéré- cette aspiration sont vigilantes, efficaces, puissantes, nombreuses et diffuses. Leur premier effet est de nous retenir dans des considérations générales et abstraites, et désabusées. J'inviterais donc volontiers le Sujet à vivre dans "l'historicité" (dirait Jolif), qui est, malgré l'abstraction du terme, la condition réelle de son existence concrète. Sans quoi il est mort-né. Et il ne faut pas compter sur les vizirs qui nous gouvernent de Paris, Bruxelles, Washington, Pékin et autres lieux, pour sauver l'enfant, encore moins pour le mener à terme, et encore moins pour l'engendrer. Surtout si nous nous présentons en humbles mendiants confiants dans la bonté des puissants. J'arrête sur cette note optimiste.Salut !Gérard 7. IX. 13

Hugues Puel 30/08/2013 08:52

Voilà une interprétation optimiste des dérives du printemps arabe, mais elle donne à penser.

Connais-toi toi-même 02/09/2013 15:56

Il s'agit peut-être tout simplement de revenir à Socrate, au fondement de la pensée. Cliquez sur le titre !

Etienne Duval 02/09/2013 15:47

Merci Monique de tes réactions. En fait, la pointe du texte n’est pas sur l’idée de l’ordre à promouvoir à travers les lois. Elle est sur une conception du politique basé sur le désir fondamental du sujet à être soi-même, c’est-à-dire sur le jeu entre soi et soi, entre l’individu et l’être social. Car le véritable sujet est aussi un être social en devenir. Il s’agit précisément de ne plus enfermer la politique dans un ordre sécuritaire à promouvoir par des lois, mais de l’ancrer sur le désir fondamental de l’homme, qui ne peut se concrétiser que progressivement dans le temps.

Monique molière 02/09/2013 10:58

Très beau texte auquel j’adhère, sauf peut-être sur l’idée de la politique “de l’ordre à promouvoir à travers les lois”.
Au regard des actions des derniers gouvernements, je dirais plutôt, sur l’idée de la politique “du désordre à tirer la couverture à soi au détriment d’autrui”
Car ton roi, malgré ses faiblesses, est un homme de probité et de discernement. En est-il de même pour nos dirigeants ?

Etienne Duval 02/09/2013 08:51

Vous pointez à juste titre la peur comme l’un des freins essentiels à une progression dans le domaine politique et je suis entièrement d’accord avec vous. Et bien sûr, vous soulignez aussi l’importance de l’éveil et de la vigilance que préconisent de nombreux contes. Par contre, vous dites que « le projet des politiques actuels se préoccupe de l’être plus que de l’avoir ». J’ai tendance à penser que vous vouliez dire exactement le contraire.

Anne 02/09/2013 08:45

Je suis à l'écoute de tous les changements, positifs : moindre appréciation du train de vie ; écoute des ONG ; sortie mentale de l'hexagone etc. Le projet des politiques actuels se préoccupe de l'être, plus que de l'avoir. Reste à se débarrasser de toutes les espèces de peur.
Faire confiance à l'avenir, à l'autre etc. Sur ce terrain là, accepter d'être plutôt seul
La catastrophe : 5 élections en perspective ! et la volonté commune de manipuler le bon peuple ! Autre appréhension : le vote d'une loi n'implique plus l'obéissance du citoyen. C'est grave.
L'éveil, la vigilance= une nécessité

Vive le conte !

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