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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 15:15

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La naissance de l’homme entre deux arbres

 

Il y a déjà bien longtemps, un être singulier, fait de poussière d’étoile et de poussière de terre, est né entre deux arbres. Le premier s’appelait l’arbre de la connaissance, le second l’arbre de vie. Ces arbres étaient plus vieux que le monde mais jamais personne n’avait osé goûter de leurs fruits, parce qu’ils étaient, en même temps, porteurs de vie et porteurs de mort. C’étaient les deux axes du monde, de l’homme et de la terre, et de l’univers tout entier.

 

Depuis l’origine, l’homme, né entre deux arbres, a toujours été assis entre deux chaises et s’est trouvé constamment amené à chercher un équilibre souvent instable. On le disait originaire du ciel et de la terre et fait de chair et d’esprit. S’il s’enfermait dans la chair, il finissait par perdre son souffle. S’il ne rêvait que de ciel, alors la chute était terrible. Bien plus, il avait été fait homme et femme : l’homme ne pouvait rien sans la femme et la femme ne pouvait rien sans l’homme.

 

En fait l’homme a mis longtemps pour naître ou disons qu’il n’en finit pas de naître. Au début, et c’étaient les temps heureux du paradis, il vivait au milieu des plantes et des animaux comme s’il avait été lui-même l’un des leurs. Nous croyons que les plantes et les animaux ne parlent pas  et pourtant lui connaissait leur langage et communiquait facilement avec eux par la voix, les gestes et les couleurs. Parmi les animaux, il y en avait un qui avait un très grand prestige. C’était le serpent. A l’origine, il était dénué de toute protection et se trouvait à la merci de tous ses congénères. Alors, la rumeur dit qu’il s’est plaint au créateur, qui l’avait si mal loti. A la vue de ses multiples blessures et attendri par sa peine, le créateur fut pris de compassion et lui donna un pouvoir extraordinaire : le pouvoir de mort sur l’autre. Depuis il est respecté et écouté. On le dit sage et avisé. Mais il est aussi un peu rusé.

 

Or il avait remarqué depuis longtemps que l’homme et la femme n’étaient pas des animaux comme les autres. Son instinct et même son intuition ne le trompaient jamais. Alors, il a pensé qu’ils pourraient percer le mystère des deux arbres entre lesquels ils étaient nés.  Pour cela il faudrait commencer par manger leurs fruits que personne n’avait osé toucher jusqu’ici. Les aidant à lever l’interdit accepté par tout le monde, il leur conseilla de commencer par l’arbre de la connaissance, s’adressant d’abord à la femme qu’il sentait plus disponible pour une nouvelle aventure. Séduite par la beauté des fruits et par leur odeur, elle mangea et entra dans des délices insoupçonnés qu’elle voulut partager avec l’homme. Alors leurs yeux s’ouvrirent. Ils comprirent aussitôt qu’ils étaient différents de tous les animaux. Leur responsabilité grandit tout à coup : ils devaient être les jardiniers de la terre pour faire prospérer les deux arbres qui supportaient l’univers. Mais, en même temps, ils furent pris de vertige car ils eurent tout à coup conscience de leur manque  pour assumer une tâche aussi prestigieuse. Ils devaient choisir entre le bien et le mal, au risque de se tromper. Bien plus ils devenaient les partenaires de Celui qu’ils considéraient comme le Créateur, sujets comme lui à part entière, et eurent aussitôt peur de lui faire de l’ombrage.

 

C’est surtout leur manque qui les inquiéta face à la toute-puissance de leur nouveau partenaire. Celui-ci, selon ce que dit le mythe, se comporta comme un père avec ses enfants, élevant la voix et leur faisant la leçon pour éviter qu’ils ne s’égarent sur un chemin aussi périlleux. Il leur fit comprendre à demi mot que leur manque, plus visible chez la femme que chez l’homme, n’était qu’une faiblesse apparente. Il l’emportait de beaucoup sur le pouvoir de mort dont bénéficiait le serpent. En fait le pouvoir de mort était l’outil de la toute-puissance à laquelle ils devaient eux-mêmes renoncer s’ils voulaient faire prospérer les deux arbres du jardin. La démarche fondamentale qui allait humaniser l’homme et la femme était le grand passage qui  va de la toute-puissance du pouvoir (de mort) à la force du manque. Et il en est toujours ainsi aujourd’hui.

 

L’homme et la femme mirent longtemps à comprendre la nouvelle logique dans laquelle ils étaient maintenant engagés. C’est pourquoi ils durent attendre pour s’intéresser à l’arbre de vie lui-même. Si le manque l’emportait sur la toute-puissance du pouvoir (de mort), c’est qu’il était indispensable pour alimenter l’élan de la vie et le désir. Dans le nouveau statut auquel ils étaient appelés, paradoxalement, le manque devenait la véritable énergie de l’homme ancré dans le désir de connaître et de vivre. Il n’y avait pas de désir sans manque, comme il n’y a pas d’arbre de vie sans arbre de la connaissance.

 

Pour accéder à l’arbre de vie, l’homme et la femme ont commencé  par gérer, à leur mesure, l’arbre de la connaissance. C’est lui qui devait apporter l’outil nécessaire pour développer l’autre arbre qui lui faisait face. Depuis toujours, la connaissance est la condition de l’action dans tous les domaines. Mais la connaissance qui ne prend pas conscience de son manque peut devenir l’arme de la toute-puissance et peut désorganiser complètement la vie.

 

Depuis les premiers hommes, de nombreuses années passèrent : des siècles multiples  et même  plus d’une cinquantaine de millénaires se succédèrent. Peu à peu la connaissance se développa donnant naissance à la connaissance scientifique. Or, lorsque celle-ci s’intéresse à la seule biologie ou à la seule physique, elle ignore tout ou presque de la vie spirituelle, qui est une dimension essentielle de la vie humaine elle-même. Bien plus entre l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie, il y a l’arbre du sujet, incarné par l’homme singulier. Sans la prise de conscience de tout ce qui lui échappe, le chercheur peut devenir aujourd’hui un apprenti sorcier, qui met en péril l’ordre du monde et l’équilibre des individus, s’il veut intervenir sans précaution sur l’arbre de la vie.

 

Il arrive enfin, aujourd’hui, un moment où le chercheur se heurte à un manque radical, qu’il est appelé à respecter s’il veut poursuivre honnêtement son travail. La dynamique de sa recherche, en effet, l’amène normalement à traquer l’origine des phénomènes et même l’origine de la vie et de l’univers, et à déplier ainsi une partie du mystère qui hante les hommes depuis toujours. Mais peut-il aller au-delà de l’origine ? En scientifique il semble qu’il ne le pourra jamais. Et s’il pensait y accéder, il pourrait devenir un monstre dangereux pour  l’arbre de vie lui-même. Mais s’il accepte, comme beaucoup d’autres, de reconnaître l’infirmité radicale de l’être humain qu’il est, il pourra peut-être la dépasser en faisant naître l’homme  qu’il n’est pas encore. Entre l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie.       

                                                                                                                                                                                                                                                      Etienne Duval

 

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Matt Maxwell 18/01/2011 08:52



L'arbre ungali


par Matt Maxwell


 


Dans un pays d’Afrique, il fait très chaud.


Dans un pays d'Afrique, on n'a pas d'eau.


Tous les animaux veulent voir l'arbre ungali


Parce qu'ii peut faire de la magie.


Refrain


L'arbre ungali, on veut de la pluie.


L'arbre ungali, on veut de la pluie.


Tu peux faire de la magie, l'arbre ungali.


Monsieur lion, qu'est-ce qu'on fait?


II ne pleut pas c'est vrai.


Tout le monde a soif.


Est-ce que tu peux nous aider?


A l'arbre ungali, tu dois aller.


Dis le nom de l'arbre il peut nous aider.


Dis qu'on n'a pas d'eau ici.


N'oublie pas le nom de l'arbre ungali.


Refrain


Le guépard court et tombe,


Se frappe la tête, se fait mal a la jambe,


II oublie le nom de l'arbre ungali


Je peux y aller, je veux parler


A l'arbre ungali


Non tortue, tu ne cours pas vite,


Tu n'es pas assez rapide.


Tu ne peux pas aller a l'arbre ungali.


Refrain


Les autres animaux font le voyage aussi


Pour voir l'arbre ungali,


Mais iis tombent, se frappent la tête,


lis oublient le nom de l'arbre, c'est bête,


lis oublient le nom de l'arbre ungali.


La tortue est bonne et sage.


Maintenant elle fait le voyage.


Comme toujours, elle prend son temps.


Quand elle arrive, elle n'oublie pas


le nom,


Quand elle arrive, elle n'oublie pas le


nom de l'arbre ungali.


Refrain 3x



Arbre à paroles 18/01/2011 08:48




L’Arbre à paroles


 






Christinepaul 17/01/2011 09:14










http://christinepaul.free.fr/spip.php?article25






Ferdinand Fabre 17/01/2011 09:06



Le châtaignier ou l’arbre à pain des Cévennes


 


"Le châtaignier est le roi de nos montagnes, il s'est emparé de proche en proche de notre terre cévenole et l'occupe despotiquement. Son vaste tronc rugueux,
écaillé, se montre partout, étendant sur nos campagnes des bras énormes qui les embrassent jalousement. Quel éclat dès les premières tiédeurs du printemps ! De magnifiques bourgeons gommeux
paraissent au bout des branches, où, touchés par le soleil nouveau, ils éclatent semblables à de grosses pierreries. Puis viennent les feuilles, tendres d'abord et blanches comme le lait,
robustes ensuite et vertes comme l'herbe des prés. Vers mai, des rameaux bruissants ombragent tout le pays, décorés de délicates pyramides en fleur... II faut voir la joie de nos paysans à cette
nature renouvelée qui leur promet toutes les richesses car I'abondance des châtaignes, en nos contrées, c'est la porcherie grasse et pesante, la volaille arrondie pour le marché, le mulet pourvu
d'avoine, c'est chacun faisant rebondir sur son ventre plein, un gousset sonnant. Le châtaignier se complaît à tel point en nos monts d'Orb rocailleux, qu'après en avoir aspiré les sucs
nourriciers, s'il trouve quelque silex perdu aux couches schisteuses du sol, il l'enveloppe de ses racines, le filtre, l'épuise comme le reste et le garde. Cela explique comment il arrive que,
des souches ayant été mises au feu, les pierres à fusil noyées dans les matières ligneuses détonent comme des bombes, blessent les gens et endommagent les vaisseliers"


 


"Les châtaignes, chez nous, c'est le pain ; et l'homme est ainsi fait que, lorsque le pain lui est promis avec abondance, il entre en joie. Le pain sera la vie pour
lui et plus on en aura dans la huche, plus on se sentira vivre, plus en réalité on vivra. De là dans nos Cévennes pauvres, des fêtes retentissantes, des fêtes à verres pleurants, des fêtes à
coups de poings sonores au cabaret ou sur la Place du village..., (fêtes) qui ne sont pour nos montagnards qu'une prestation bruyante contre la faim, cette louve décharnée hurlant sans cesse à
leur porte, les talonnant sans cesse par les sentiers"


 


Ferdinand Fabre (1827-1898), romancier natif de Bédarieux



Roublev 14/01/2011 21:32




La trinité de Roublev ou les trois anges sous le chêne de Mambré


 






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