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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 14:51

 

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La femme et le serpent dans le récit de la chute

 

 

Yahvé Dieu dit au serpent :

« Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,

Entre ton lignage et le sien. 

Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon."


Dans le récit de la chute, nous nous attendions à une malédiction de la femme. Or, en un premier temps, c’est apparemment le contraire qui arrive. Yahvé n’identifie pas la femme au serpent : il les sépare pour ouvrir l’espace de l’avenir. Chacun est invité comme précédemment à exprimer, à partir de son ressenti,  ce qu’évoque pour lui cette affirmation divine.

 


Récit de la chute dans la Genèse

 

 

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs

Que Yahvé avait faits.

Il dit à la femme : "Alors Dieu a dit :

Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?"

La femme répondit au serpent :

"Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.

Mais du fruit qui est au milieu du jardin, Dieu a dit :

Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort."

Le serpent répliqua à la femme :

"Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !

Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez,

Vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux,

Qui connaissent le bien et le mal."

La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir,

Et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement.

Elle prit de son fruit et mangea.

Elle en donna aussi à son mari,

Qui était avec elle, et il mangea.

Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent

Et ils connurent qu'ils étaient nus ;

Ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.

 

Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu,

Qui se promenait dans le jardin à la brise du jour,

Et l'homme et la femme se cachèrent devant Yahvé Dieu

Parmi les arbres du jardin.

Yahvé Dieu appela l'homme : "Où es-tu ?" dit-il.

"J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme :

J'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché."

Il reprit : "Et qui t'a appris que tu étais nu ?

Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger !"

L'homme répondit : "C'est la femme que tu as mise auprès de moi

Qui m'a donné de l'arbre et j'ai mangé !"

Yahvé Dieu dit à la femme : "Qu'as-tu fait là ?"

Et la femme répondit : "C'est le serpent

Qui m'a séduite et j'ai mangé."

 

Alors Yahvé Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela,

Maudit sois-tu entre tous les bestiaux

Et toutes les bêtes sauvages.

Tu marcheras sur ton ventre

Et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie.

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien.

Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon."

   

A la femme il dit : "Je multiplierai les peines de tes grossesses,

Dans la peine, tu enfanteras des fils.

Ta convoitise te poussera vers ton mari

Et lui dominera sur toi."

 

A l'homme il dit : "Parce que tu as écouté la voix de la femme

Et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger,

Maudit soit le sol à cause de toi !

A force de peine tu en tireras subsistance

Tous les jours de ta vie.

Il produira pour toi épines et chardons

Et tu mangeras l'herbe des champs.

A la sueur de ton visage, tu mangeras ton pain,

Jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré.

Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise."

 

L'homme appela sa femme "Ève",

Parce qu'elle fut la mère de tous les vivants.

Yahvé fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.

Puis Yahvé Dieu dit : "Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous,

Pour connaître le bien et le mal !

Qu'il n'étende pas maintenant la main,

Ne cueille aussi de l'arbre de vie,

N'en mange et ne vive pour toujours !"

Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Eden

Pour cultiver le sol d'où il avait été tiré.

Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Eden les chérubins

Et la flamme du glaive fulgurant

Pour garder le chemin de l'arbre de vie.

(Bible de Jérusalem, Genèse, 3, 1-24)

Télécharger le texte (de la chute)

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commentaires

D
<br /> <br /> J'ai toujours pensé, en effet, que le serpent était l'antiévolution. Parce qu'il oriente le désir sur une fausse piste ou sur une impasse, il bloque l'histoire et l'historicité de la femme et de<br /> l'homme. Une de leurs caractéristique, en effet, est d'être nus, d'être dans le manque d'un avenir tojours à découvrir et à construire.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Rompre l’enchaînement magique du serpent qui se mord la queue<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voici une des interprétations possibles : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne. »<br /> <br /> <br /> Cette phrase dans le texte, est me semble t-il une sauvegarde du couple adamique, couple assez modeste en somme, car ADAM prend racine dans le mot, ADAMA, la terre<br /> poussière de la glèbe autrement dit « le glèbeux ». Sauvegarde providentielle invitant le couple à rompre l’enchaînement magique "le serpent qui se mord la queue". Celle-ci te surveillera la tête<br /> (et là les rôles sont interchangeables hommes ou femmes). Un pouvoir, un empire entier même, s’il est puissant se détruit lui-même en cas de cupidité et de soif de pouvoir, ses bases restent<br /> fragiles et l’érosion du temps lui est fatale et risque d’avoir des pieds d’argile et un jour, la chute, inévitable et rude brise tous les rêves en puissance et toi, tu guetteras son<br /> talon…<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> L’Apocalypse, chapitre 12<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Version Louis Segond<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 1             Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil,<br /> la lune sous ses pieds, et une               couronne de douze étoiles sur sa tête.<br /> <br /> <br /> 2             Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les<br /> douleurs de l'enfantement.<br /> <br /> <br /> 3             Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c'était un grand<br /> dragon rouge, ayant sept têtes              et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes.<br /> <br /> <br /> 4             Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur<br /> la terre. Le dragon se tint devant la            femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu'elle aurait<br /> enfanté.<br /> <br /> <br /> 5             Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une<br /> verge de fer. Et son enfant fut         enlevé vers Dieu et vers son trône.<br /> <br /> <br /> 6             Et la femme s'enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé<br /> par Dieu, afin qu'elle y fût          nourrie pendant mille deux cent soixante jours.<br /> <br /> <br /> 7             Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent<br /> contre le dragon. Et le dragon et                ses anges combattirent,<br /> <br /> <br /> 8             mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus<br /> trouvée dans le ciel.<br /> <br /> <br /> 9             Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le<br /> diable et Satan, celui qui séduit    toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui.<br /> <br /> <br /> 10           Et j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est<br /> arrivé, et la puissance,               et le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ ; car il a été<br /> précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit.<br /> <br /> <br /> 11           Ils l'ont vaincu à cause du sang de l'agneau et à cause de la parole de leur<br /> témoignage, et ils n'ont             pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort.<br /> <br /> <br /> 12           C'est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et vous qui habitez dans les cieux.<br /> Malheur à la terre et à la            mer ! car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il a peu de<br />                temps.<br /> <br /> <br /> 13           Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la<br /> femme qui avait enfanté                 l'enfant mâle.<br /> <br /> <br /> 14           Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle<br /> s'envolât au désert, vers                 son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié<br /> d'un temps, loin de la face du               serpent.<br /> <br /> <br /> 15           Et, de sa bouche, le serpent lança de l'eau comme un fleuve derrière la femme,<br /> afin de l'entraîner              par le fleuve.<br /> <br /> <br /> 16           Et la terre secourut la femme, et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le<br /> fleuve que le dragon avait             lancé de sa bouche.<br /> <br /> <br /> 17           Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s'en alla faire la guerre au<br /> restes de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus.<br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> <br /> La femme et le dragon de l’Apocalypse (tapisserie d’Angers)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> L'adresse indiquée sur le blog est incomplète,<br /> l'adresse complète du site correspondant au poème est la suivante :<br /> <br /> http://www.youtube.com/watch?v=QQq1eFEjH0M&feature=related<br /> <br /> <br /> Cela peut être interessant à voir car la chor&égraphie illustre bien le propos.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> En lisant ton poème, Jacques, je viens de comprendre ce qu'on veut dire de la femme, lorsqu'on la compare à la lune : elle serait le miroir de Dieu comme la lune est le miroir du soleil. Tout,<br /> dans le poème, nous renvoie en effet à la trace de la divinité. Mais comment le comprendre si ce n'est en pensant que si Dieu existe, il ne peut se révéler qu'à travers la féminité de la femme<br /> d'abord et de l'homme ensuite.<br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> L'URL contient un ID vidéo incorrect.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> MATRILINEAL LAND,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voici, qui est, me semble-t-il, bien dans le prolongement de ton dernier dépôt sur le blog (les proverbes), la traduction d'un poème entendu/vu lors d'un<br /> magnifique spectacle de danse de Yan LiPing à Kunming (Yunnan), au Sud Ouest de la Chine.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le soleil désire se reposer ; il se repose.<br /> <br /> <br /> La lune désire se reposer ; elle se repose<br /> <br /> <br /> La femme désire se reposer ; elle ne peut pas.<br /> <br /> <br /> Si la femme se repose ; le feu de la cheminée s’éteint.<br /> <br /> <br /> Le vent souffle sur la tête des anciens ;<br /> <br /> <br /> La femme comble la fissure de la porte avec son dos.<br /> <br /> <br /> Les cailloux piquent les pieds de son enfant,<br /> <br /> <br /> Elle aplanit les chemins de la montagne avec son cœur.<br /> <br /> <br /> Là où se trouve une femme, les jeunes et les vieux se rassemblent.<br /> <br /> <br /> Là où se trouve une femme, les hommes peuvent soutenir la montagne.<br /> <br /> <br /> Le bétel est amer, mais il est apprécié.<br /> <br /> <br /> La vie des femmes est dure, mais elle est suave.<br /> <br /> <br /> S’il n’y a pas de femme au ciel ;<br /> <br /> <br /> Le ciel ne s’éclaire pas ;<br /> <br /> <br /> S’il n’y pas de femme sur terre ;<br /> <br /> <br /> La terre n’est pas fertile.<br /> <br /> <br /> Si l’homme n’est pas accompagné d’une femme ;<br /> <br /> <br /> Il tombe malade.<br /> <br /> <br /> S’il n’y pas de femme dans la montagne, la montagne est vide.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voici sur Youtube une video de ce poème/ ballet "au pays de la femme" :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.youtube.com/watch?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Le point de vue de Marie Balmary sur la femme et le serpent<br /> <br /> <br /> Cf. Abel ou la traversée de l’Eden, Grasset 1999<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le serpent<br /> <br /> <br /> “Le serpent a l’apparence de ce qui manque à la femme. ” (p. 192)<br /> <br /> <br /> “ Chacun des deux sexes, évidemment, est manquant de l’autre, mais pas de la même façon. Si l’homme n’a pas les deux sexes lui non plus, du moins, il a. Il a un<br /> organe visible. C’est le pôle plus de la sexualité, le pôle plein. Tandis que le féminin, on le sait dès la naissance des filles, apparaît d’abord comme le creux, le sexe invisible, le<br /> pôle négatif quant au phallus. ” (p. 193)<br /> <br /> <br /> Ainsi donc, “ ce qui se manifeste sous la forme hallucinée du serpent qui parle est ce qu’a l’homme, que la femme n’a pas. Il est une des preuves que le dieu n’a<br /> pas donné tout, et c’est en effet la femme qui peut s’en apercevoir la première, étant elle-même du côté du qui n’a pas. ” (p. 192)<br /> <br /> <br /> Le discours du serpent<br /> <br /> <br /> Détaché du corps de l’autre, le serpent-phallus “ peut figurer la différence des sexes vue seulement en termes d’avoir / ne pas avoir... ” (p. 192) Ce serpent que<br /> la femme voit et entend n’est donc rien d’autre que son manque.<br /> <br /> <br /> “ Car, c’est vrai, le dieu n’as pas donné la totalité à chacun. ” Et “ le serpent va leur faire croire que ne pas avoir tout, c’est n’avoir rien... ” (p.<br /> 192)<br /> <br /> <br /> Dès lors, il “ propose l’immédiat : il suffit de s’emparer de l’objet divin pour connaître et devenir comme des dieux. ” (p. 287)<br /> <br /> <br /> http://www.protestantismeetimages.com/Interpretation-du-texte-de-Genese.html<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Proverbes sur la femme et l’homme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La femme se plie et l’homme se brise. (Catal.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ne loue pas ta femme en présence du voisin. (Esp.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Regarde la mère avant la fille. (Rom.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mariez-vous au-dessus de votre condition et vous trouverez un maître. (Angl.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les hommes font les maisons mais les femmes font les foyers. (Angl.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Heureuse la femme qui épouse un homme qui n’a point de mère.(Angl.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Épouse la femme et non le visage. (Allem.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En prenant l’enfant par la main, on prend la mère par le cœur. (German.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Si la femme était bonne, Dieu aussi en aurait une. (Rus.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La femme est le miroir de l’homme. (Pers.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Celui dont le cœur est ressuscité par l’amour ne mourra jamais. (Pers.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tant qu’elle n’a pas accouché, la femme reste étrangère. (Pers.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tant qu’elle n’a pas accouché, la femme est ravissante ;<br /> <br /> <br /> après l’accouchement, elle est mère. (Pers.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tu estimeras ton père, le jour où tu seras toi-même père. (Pers.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Si la femme commet l’adultère, son mari y est pour quelque chose. (Arabe)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il ne louerait pas Dieu celui qui ne louerait pas les hommes. (Arabe)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les hommes ne seront bien qu’en différant les uns des autres ;<br /> <br /> <br /> s’ils deviennent égaux, ils périssent. (Arabe)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Prendre le texte de la chute à l’envers pour le comprendre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les hommes trouvent que la situation n’est pas brillante. Alors ils se posent des questions, ils cherchent des explications : les grossesses de la femme sont<br /> laborieuses, elle enfante dans la douleur et l’homme finit par la dominer ; l’homme doit travailler dur pour gagner sa vie,  il en vient en manger de l’herbe et doit lutter<br /> contre l’ivraie ; et finalement la femme et l’homme sont condamnés à mourir.<br /> <br /> <br /> L’explication d’une situation aussi difficile, les hommes finissent par en trouver une. Mais le texte nous montre qu’ils n’y croient qu’à moitié, et c’est là que<br /> cela devient intéressant et qu’on découvre la véritable signification du texte : malgré la difficulté de la vie, il y a de bons signes d’espérances.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -          L’homme est nu : c’est donc qu’il y a du manque et que tout l’avenir est à inventer pour le combler, notamment en<br /> ce qui concerne les rapports hommes/femmes (cf. les pagnes dont ils recouvrent leur sexe) et les rapports avec l’Autre (les tuniques de peau qui signalent une part divine, en tout cas, un plus<br /> essentiel par rapport aux animaux).<br /> <br /> <br /> -          La femme qui est promise à un rôle important pour l’avenir de l’humanité alors que tout semble la condamner.<br /> <br /> <br /> -          L’homme qui devient partenaire de Yahvé créateur en donnant  un nom à la femme (Ève, celle qui<br /> a le secret de la vie).<br /> <br /> <br /> -          L’expulsion du paradis, qui est la véritable naissance de l’homme (comme si le paradis n’avait été en réalité qu’un<br /> utérus), avec cette idée qu’il ne doit pas perdre son temps à rêver d’un retour au paradis perdu.<br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Le procureur qui défend la cause des accusés<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Lors d’un procès qui a un peu défrayé la chronique, il y a un certain nombre d’années, nous étions sept accusés. Or, à notre grande surprise, le procureur, dans son<br /> réquisitoire, a dit qu’il aurait agi comme nous s’il avait été à notre place. C’était, de sa part, un très grand courage, une volonté de plaider pour la vérité, alors que l’accusation cherchait à<br /> nous déstabiliser.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cet exemple me ramène à Yahvé, le grand procureur du récit de la chute. Il a face à lui la rumeur publique qui pense que la femme est coupable. La plus grande<br /> partie du texte ne fait que relayer cette rumeur alors que nous l’interprétons comme une réaction divine. Or celui qu’on appelle Dieu, pour le moins une instance de vérité, fait entendre un tout<br /> autre son de cloche en s’adressant au serpent : Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne. Celle-ci te surveillera la tête et toi, tu guetteras<br /> son talon. Dans le procès que j’évoquais, nous avions été condamnés pour la forme, mais nous étions ressortis du procès, confortés quant à la<br /> justesse de l’action qui nous était reprochée. Je pense qu’il en va de même pour la femme dans le récit de la chute : elle était la principale accusée à côté du serpent, mais son échec, à un<br /> moment donné, ne saurait la condamner pour le restant de ses jours. A la limite, il s’agit plus d’une question de forme que de fond. Dans le fond, il fallait un sacré courage à Yahvé pour<br /> s’opposer à la manière habituelle de penser. Pour l’avenir de l’humanité, dit-il, la femme a des ressources cachées que l’homme n’a pas, surtout lorsqu’il s’enferme dans sa<br /> toute-puissance.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Commencer par se poser les questions et ensuite laisser parler son ressenti<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En cherchant à dynamiser ce blog, j’ai l’impression d me battre contre des moulins à vent. Certains veulent maintenir la formule mais n’interviennent pas pour autant. C’est vrai que la réflexion<br /> à partir d’une seule phrase peut paraître incongru. Dans les groupes, jusqu’ici, c’est pourtant ce qui fonctionne le mieux. Une fois encore, je reviens au point de départ :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Commencer par se poser les questions.<br /> <br /> <br /> -         Pourquoi cette bénédiction au moment où Eve vient de faire un faux<br /> pas ?<br /> <br /> <br /> -         Pourquoi une attention particulière à la femme plutôt qu’à<br /> l’homme ?<br /> <br /> <br /> -         Pourquoi cette assurance par rapport à un avenir qu’on ne peut<br /> maîtriser ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ensuite réfléchir à partir de ses propres ressentis : une expérience personnelle, l’effet que produit la position des personnages, rampant et debout, la vulnérabilité du<br /> talon…<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Un écho de la femme qui finit par triompher<br /> <br /> <br /> Déméter et Perséphone<br /> <br /> <br /> Perséphone, symbole de la vie et de la femme, d’abord entraînée par Hadès, finit par échapper à l’enfermement infernal.<br /> Mais ce sera en acceptant d’affronter la mort pendant la mauvaise saison : elle passera deux tiers de l’année sur l’Olympe et l’hiver aux enfers<br /> <br /> <br /> Perséphone cueillait un jour des fleurs dans une prairie en compagnie des Océanides, filles d'Océan et de Téthys, quand<br /> Hadès l'enleva avec son char et l'emmena aux Enfers. Elle implora l'aide de Zeus mais sans réponse de sa part. Seul Hécate, la Magicienne, et Hélios, le Soleil, entendirent ses cris. Percevant<br /> l'écho de la voix de sa fille sur la mer, Déméter arracha sa coiffe et, portant des torches, erra sur la terre neuf jours sans manger ni dormir. Le dixième jour, elle rencontra Hécate qui<br /> l'envoya à Hélios. Celui-ci lui rapporta ce qui s'était passé, blâmant Zeus d'avoir permis à Hadès de faire de Perséphone sa femme. Accablée de douleur et pleine de fureur, Déméter refusa de<br /> rester sur l'Olympe et se mit à errer parmi les humains sous la forme d'une vieille femme crétoise appelée Doso.<br /> <br /> <br /> Elle arriva à Eleusis où, à l'instigation de ses filles, le roi Céléos l'engagea au service de son épouse Métanira, qui<br /> reconnut immédiatement la noblesse de Déméter. Elle la pria de s'asseoir et lui offrit à boire. La déesse refusa, préférant rester debout en silence jusqu'à ce qu'une esclave du nom de Iambé,<br /> fille de Pan et d'Écho, réussisse par ses plaisanteries à l'égayer et  à lui faire oublier son chagrin (d'où le vers "iambique" très utilisé pour la satire). Métanira ayant demandé à Déméter<br /> de nourrir son fils Démophon, la déesse lui donna de l'ambroisie, nourriture des dieux. Chaque nuit, elle le déposait dans le foyer pour lui assurer l'immortalité. Une nuit, elle fut surprise par<br /> Métanira qui cria d'épouvante en voyant son fils dans les flammes. Déméter révéla sa nature divine, et courroucée, déclara que Démophon mourrait désormais comme tout être humain. Elle ordonna que<br /> les mystères d'Eleusis soient instituées en son honneur, puis elle prit congé de ses hôtes.<br /> <br /> <br /> Inconsolable de la perte de sa fille, Déméter décida d'empêcher les semailles de germer. Zeus et les autres dieux la<br /> supplièrent de laisser pousser les cultures mais elle menaça d'affamer l'humanité si elle ne revoyait pas sa fille. Zeus céda et envoya Hermèschercher Perséphone aux Enfers. Hadès accepta de rendre Perséphone à sa mère mais il lui fit manger quelques pépins de grenades,<br /> symboles de l'indissolubilité du mariage. Ravie de revoir sa fille, Déméter s'enquit de savoir si elle avait absorbé quelque aliment aux Enfers : dans ce cas, elle devrait retourner chez Hadès<br /> pour toujours. Perséphone semblait perdue. Alors Zeus intervint : il décida qu'elle passerait les deux tiers de l'année sur l'Olympe et l'hiver aux Enfers.<br /> <br /> <br /> <br /> La mère et la fille se réjouirent et la terre retrouva sa fertilité. A l'instigation de Déméter, le fils de Céléos, Triptolème répandit la pratique de l'agriculture parmi tous les peuples du<br /> monde.<br /> <br /> <br /> http://mythologiesetlegendes.ifrance.com/demetper.htm<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> <br /> La femme debout de Giacometti<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La posture du serpent et la posture de la femme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La posture du serpent et celle de la femme sont antithétiques. Le serpent rampe, complètement collé au sol. « Il mange de la terre tous les jours de sa<br /> vie » : autrement dit sa parole et sa pensée n’ont d’autre horizon que la sphère terrestre. Par contre la femme est présentée comme un être debout, qui associe le ciel et la terre. Un<br /> être courageux aussi, qui n’hésite pas à marcher sur la tête du reptile, retournant sa queue contre le talon de celle qui l’écrase. Avec le temps, elle s’est relevée, élargissant son horizon et<br /> son désir bien au-delà du sol terrestre qu’elle foule de ses pieds. Et pourtant la terre reste le socle sur lequel elle s’appuie pour regarder vers le ciel, simple horizon, pour le moment, de son<br /> existence. Pour elle, l’être humain est appelé à vivre dans l’entre-deux, tout entier dans  l’élan dynamique de la vie, reliant en permanence la terre et le ciel.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Les filles de Job distinguées par rapport aux fils, après sa restauration<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Job n’est pas un Hébreu, et pourtant son comportement d’homme juste, malgré ses malheurs, est mis en valeur dans la Bible. Lorsqu’il est dans une épreuve<br /> insupportable, avec « un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête », sa femme le presse d’en finir : « Pourquoi persévérer dans ton intégrité ?<br /> Maudis donc Dieu et meurs ! » Job lui répond : « Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter le<br /> malheur ! » Ici la femme pousse son mari à la faute.<br /> <br /> <br /> Par contre lorsque Job est restauré dans tous ses biens et dans sa condition d’homme, le livre donne un avantage aux trois filles qui lui naissent par rapport aux<br /> sept garçons : ce sont de très belles femmes, admirées dans tout le pays, et elles reçoivent leur part d’héritage comme leurs frères. « Job eut sept fils et trois filles. La première,<br /> il la nomma « Tourterelle », la seconde « Cinnamome » et la troisième « Corne à fard ».  Dans tout el pays, on ne trouvait pas d’aussi belles<br /> femmes que les filles de Job. Et leur père leur donna une part d’héritage en compagnie de leurs frères. »<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Ne t'inquiète pas. Comme dit un grand auteur, les grandes oeuvres littéraires sont toujours faites de simplismes. T u es toujours très pertinent et je ne vois pas ici que tu aies démérité.<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Mon cher Etienne<br /> quelques ouefs de coucou comme on dit chez nous (Vioù koukoug) -des coquilles, quoi, - se sont glissées dans le laïus que tu as cru bon de publier. Ils pourraient indisposer les lecteurs<br /> bretonnants de ton blog, sans doute nombreux, et me faire passer pour encore plus incompétent que je ne le suis.<br /> Donc on a bien : an naer, an aer ; mais aussi : an den (l'homme, qu'il soit homme ou femme) ; ar paotr / ar vaouez (l'homme / la femme) .<br /> <br />  Par ailleurs, ayant pris connaissance des commentaires précédents, souvent fort savants, toujours très pertinents,  je suis un peu effrayé par le simplisme de ma lecture. Tant pis<br /> c'est fait, j'assume, comme on dit.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> Château de La belle au bois dormant<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Mais c’était impossible parce que les buissons d’épines, comme  avec des mains, se tenaient fermement ensemble, et les jeunes gens y restaient<br /> accrochés. Ils ne pouvaient plus s’en défaire et finissaient par mourir là, de la plus misérable des morts.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Après bien des années et encore bien des années, il arriva qu’un fils de roi passa dans le pays et entendit ce que racontait un vieillard sur ce massif d’épines, et<br /> comment il devait y avoir un château par-dessous, dans lequel une princesse d’une beauté merveilleuse, appelée Fleur d’épine, dormait depuis cent ans déjà. Et, avec elle, dormaient aussi le roi,<br /> la reine et la cour tout entière. Ce prince avait également entendu raconter par son grand-père que de nombreux fils de roi étaient déjà venus et avaient essayé de passer à travers la<br /> broussaille, mais qu’ils en étaient tous restés prisonniers, mourant là d’une affreuse mort.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le jeune prince n’en déclara pas moins : « Je n’ai pas peur : je veux y aller et voir la belle princesse Fleur d’épine ! » le bon vieillard<br /> put bien le lui déconseiller tant qu’il voulut, il n’écouta rien et n’entendit rien de ce qu’on lui disait.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais, en réalité, les cent années se trouvaient justement révolues et le jour était arrivé, que la princesse devait se réveiller. Quand le prince avança vers la<br /> haute roncière, il ne trouva plus rien devant lui que de belles et grandes fleurs épanouies, qui s’écartaient d’elles-mêmes pour lui ouvrir le passage, et qui se resserraient derrière lui en<br /> refermant leur masse épaisse. Dans la cour du château, il vit des chevaux couchés dans leurs stalles comme au-dehors, les grands chiens de chasse blancs et roux, qui dormaient ; sur le toit,<br /> il vit des pigeons, qui avaient tous la tête sous l’aile. A l’intérieur du château, quand il entra, les mouches dormaient sur le mur ; le cuisinier, dans sa cuisine, avait toujours le bras<br /> tendu, comme s’il voulait attraper le petit marmiton, et la servante était assise avec la poule noire qu’elle allait plumer. Il pénétra dans la grande salle du trône, où il vit toute la cour<br /> royale endormie et couchée çà et là. Et, plus haut, près du trône, le roi lui-même et la reine étaient allongés. Il s’avança encore et s’en alla plus loin. Tout était si calme et si parfaitement<br /> silencieux qu’on s’entendait respirer. Et, pour finir, le prince monta dans le vieux donjon, ouvrit la porte de la chambrette haute, où la belle princesse Fleur d’épine dormait. Couchée là, elle<br /> était si merveilleusement belle qu’il ne pouvait pas en détourner les yeux ; il se pencha sur elle et lui donna un baiser.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A la caresse de ce baiser, Fleur d’épine ouvrit les yeux, et la belle se réveilla tout à fait, regarda le prince d’un regard tendre et amoureux. Alors ils<br /> redescendirent ensemble et, quand ils furent en bas, le roi se réveilla, puis la reine et toute la cour sortirent de leur sommeil et tous s’entre-regardaient avec des yeux ronds. Les chevaux,<br /> dans la cour, se relevèrent et s’ébrouèrent. Les chiens de chasse bondirent en frétillant la queue. Les pigeons sur le toit tirèrent leur tête de sous l’aile, inspectèrent les environs et prirent<br /> leur vol. Les mouches recommencèrent à grimper le long des murs, cependant que le feu reprenait dans la cuisine et, flambant clair, remettait la cuisson en train. Le rôti à la broche grésilla de<br /> nouveau, et le cuisinier expédia une bonne taloche au marmiton, le faisant criailler tandis que la servante se remettait à plumer la volaille.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Alors furent célébrées avec splendeur les noces du prince avec la belle princesse, que la légende et les gens avaient nommé Fleur d’épine, et ce fut le bonheur pour<br /> eux jusqu’à la fin de leurs jours. (Version des frères Grimm)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> La belle au bois dormant<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il y avait, dans le temps, un roi et une reine qui se répétaient, chaque jour : « Ah ! si seulement nous avions un enfant ! » Mais ils n’en<br /> avaient toujours pas. Un jour que la reine était au bain, il advint qu’une grenouille sauta de l’eau pour s’avancer vers elle et lui parler :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -          Ton vœu sera exaucé, lui annonça-t-elle : avant un an, tu mettras une fille au monde.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce que la grenouille avait dit se produisit, et la reine donna naissance à une fille ; et l’enfant était tellement jolie que le roi ne se tenait plus de joie<br /> et fit donner une grande fête. Il ne se contenta pas d’y inviter ses parents, amis et connaissances, mais il voulut aussi que les fées y eussent part afin qu’elles fussent favorables et<br /> bienveillantes à l’enfant. On en comptait treize dans le royaume, mais comme il n’y avait que douze assiettes d’or au palais, pour leur servir le festin, il fallut en laisser une chez<br /> elle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La fête eut lieu et le festin se déroula au milieu des splendeurs, puis, quand tout finissait, les fées revêtirent l’enfant de leurs dons merveilleux : de<br /> l’une, la vertu ; de l’autre la beauté ; de la troisième, la richesse ; et ainsi de suite, pour tout ce qu’on peut souhaiter et avoir au monde. La onzième venait juste de présenter<br /> son incantation, quand brusquement entra la treizième : celle qui n’avait pas été invitée et qui voulait se venger. Sans un salut ni seulement un regard pour personne, elle lança, à voie<br /> haute, sur le berceau, cette parole : « La princesse, quand elle aura quinze ans, se piquera avec un fuseau et tombera morte ». Sans un mot de plus, elle fit demi-tour et quitta la<br /> chambre. Dans l’effroi général, la douzième fée qui avait encore à prononcer son vœu, s’avança vers le berceau ; elle ne pouvait pas annuler la malédiction, mais elle pouvait en atténuer les<br /> effets. Aussi prononça-t-elle : « Ce n’est pas dans la mort que sera plongée la princesse, mais dans un sommeil profond de cent années ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le roi, qui eût bien voulu préserver son enfant chérie du mauvais sort, fit ordonner que tous les fuseaux soient brûlés dans le royaume tout entier. Les dons des<br /> fées se réalisèrent pleinement chez l’enfant qui devint si belle, si vertueuse, si gracieuse et si intelligente que tous ceux qui seulement la voyaient se sentaient obligés de l’aimer.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le jour de ses quinze ans, il se trouva que le roi et la reine furent absents et que la jeune princesse resta toute seule au château, où elle se mit à errer çà et<br /> là, visitant les chambres et les galeries, les salons et les resserres selon sa fantaisie et son humeur. Sa promenade la conduisit finalement dans un très vieux donjon, dont elle gravit, marche à<br /> marche, l’étroit escalier tournant, pour arriver devant une petite porte, tout en haut. Il y avait une vieille clé rouillée dans la serrure, et quand elle la fit tourner, la porte s’ouvrit d’un<br /> coup, lui découvrant une chambrette où se tenait une vieille femme assise, le fuseau à la main, occupée à filer son lin avec beaucoup d’ardeur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -          Bonjour, petite grand-mère, lui dit la princesse, que fais-tu là ?<br /> <br /> <br /> -          Je file, dit la vieille, avec un bref mouvement de tête.<br /> <br /> <br /> -          Et cette chose-là qui danse si joyeusement, qu’est-ce que c’est, fit la demoiselle, en s’emparant du fuseau, pour essayer de filer, elle aussi ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais elle l’avait à peine touché que l’incantation prenait son plein effet et qu’elle se piquait le doigt. Ce fut à peine si elle sentit la piqûre, car elle tombait<br /> sur le lit, derrière elle, et s’y trouvait plongée dans un profond sommeil.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce sommeil profond se répandit sur le château entier, à commencer par le roi et la reine qui venaient de rentrer et se trouvaient encore dans la grande-salle, où<br /> ils se mirent à dormir, et avec eux toute la cour. Alors les chevaux s’endormirent dans les écuries, et les chiens dans la cour d’entrée, et les pigeons sur le toit, et les mouches même sur le<br /> mur, et le feu lui aussi, qui cessa de flamber dans la cheminée, et qui se fit silencieux et s’endormit ; le rôti sur la broche cessa de grillotter, et le cuisinier, qui allait tirer<br /> l’oreille du marmiton pour quelque bêtise, le laissa et dormit. Même le vent se coucha, et plus la moindre feuille ne bougea sur les arbres tout autour du château.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais, autour du château, la broussaille épineuse se mit à croître et à grandir, à s’épaissir et à monter année après année, si bien que le château en fut d’abord<br /> tout entouré, puis complètement recouvert. C’était à tel point qu’on ne le voyait plus du tout, non, pas même la bannière sur la plus haute tour. Et, peu à peu, dans le pays, circula la légende<br /> de la Belle Fleur d’épine endormie sous les ronces, car telle était le nom que l’on avait donné à la princesse. Et des princes y venaient de temps à autre, qui voulaient forcer un passage à<br /> travers les buissons pour pénétrer dans le château. Mais c’était impossible parce que les buissons d’épines, comme  avec des mains, se tenaient fermement ensemble, et les jeunes<br /> gens y restaient accroch&eac<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Les deux femmes des contes : la mauvaise et la bonne<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais c’est toujours la bonne qui a le dernier mot<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Certains contes peuvent nous aider à interpréter la phrase qui nous intéresse dans le récit de la chute. Je pense à La belle au bois dormant et à<br /> Blanche Neige. Dans le premier, une mauvaise fée, oubliée par le roi, jette un sort sur la jeune princesse au moment de sa naissance. Par bonheur une bonne fée essaie de<br /> rectifier la malédiction pour qu’elle se termine en bénédiction. Le malheur arrive : la jeune princesse se pique le doigt avec un fuseau et tombe dans un profond sommeil. Mais, au bout de<br /> nombreuses années, un jeune prince viendra réveiller la belle endormie. Dans Blanche  Neige, le schéma est tout à fait semblable : l’opposition est entre<br /> une reine marâtre et la jeune princesse. Un miroir magique révèle que la jeune princesse est plus belle que la reine. Pour l’emporter, la mauvaise mère, tenaillée par la jalousie, fera tout pour<br /> éliminer sa concurrente. Heureusement les petits nains sont là pour protéger la plus jeune jusqu’au jour, où croquant la pomme empoisonnée elle s’endort sans qu’on puisse la réveiller. Il faudra<br /> attendre de nombreuses années la venue d’un prince charmant, qui s’éprend d’amour pour la princesse en contemplant son visage dans un cercueil de verre. Emmenant le cercueil sur son dos, il finit<br /> par trébucher au point que Blanche neige se réveille.<br /> <br /> <br /> Dans la femme, comme dans l’homme, il y a deux faces, une bonne et une plus mauvaise. Ainsi la meilleure face finit par l’emporter. Mais ici le conte est plus<br /> précis que le récit de la chute. Il dit que le miracle se produit grâce à l’amour. Ainsi la leçon du mythe de la chute pourrait nous dire qu’en suscitant l’amour de l’homme, la femme obtiendra la<br /> victoire finale sur la méchanceté du serpent. Autrement dit, c’est par là même où elle a péché, en provoquant le désir de l’homme, qu’elle finirait par éliminer le mal qui l’a fait chuter…<br /> <br /> <br /> <br />
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I
<br /> <br /> <br /> Icône roumaine de Saint Nicolas<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Merci, Jean, de ta participation. Je trouve que tu mets bien l’accent sur ce qui fait la difficulté de la condition humaine : ce mélange de part divine et de finitude, comme si l’homme était<br /> naturellement assis entre deux chaises. Il y a donc, chez lui, beaucoup de tâtonnements et d’échecs, qui sont aussi une part normale de sa vie.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Part divine et finitude de l’homme et de la femme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mes interprétations et réactions au sujet du mythe dit "de la chute":<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Pourquoi le fruit défendu? Il s'agit de l'expression de la part divine de la condition humaine: capacité de jugement, de liberté de choix et d'action avec une<br /> contrepartie, en assumer les conséquences.<br /> <br /> <br /> - Pourquoi le serpent et non un autre animal? Je n'ai aucune idée, peut-être simplement parce que cet animal appelle naturellement chez l'HOMME des réactions de<br /> peur et d'aversion.<br /> <br /> <br /> - Pourquoi la FEMME? Le Créateur l'a dotée d'une capacité de subtilité (habileté d'esprit, perspicacité, finesse) + importante que celle de l'HOMME. Si elle lui est<br /> inférieure au niveau de la force physique, elle lui est supérieure par ailleurs; en fait, dans une relation de grande confiance, elle a la capacité de l'influencer et, par le fait même, de le<br /> dominer.<br /> <br /> <br /> L'utilisation par L'H. et la F. de leurs capacités de jugement et d'action est celle de leur part de nature divine; ils n'ont pas à en être blâmés mais ils doivent<br /> en assumer les conséquences : nécessité du travail pour survenir à leur besoins vitaux, douleur de l'enfantement, finitude.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Il y a une autre leçon.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le boucher ne veut pas  d’enfants<br /> <br /> <br /> Parce que ça coûte trop d’argent.<br /> <br /> <br /> La femme, elle, calcule avec le temps.<br /> <br /> <br /> Les enfants, pour sûr, c’est aussi d’ l’argent.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et lorsque les temps sont accomplis,<br /> <br /> <br /> La mère lasse se met au lit.<br /> <br /> <br /> Et le père tout attendri,<br /> <br /> <br /> Se fait tout petit-petit.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il prend un  peu d’ remontant<br /> <br /> <br /> Et, tout en chantant,<br /> <br /> <br /> Fait sortir trois enfants<br /> <br /> <br /> Du ventre de leur maman.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Le chant de la « Saint-Nicolas »<br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Tant sont allés, tant sont venus<br /> Que vers le soir se sont perdus<br /> Ils sont allés chez le boucher<br /> Boucher, voudrais-tu nous loger ?<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Ils n'étaient pas sitôt entrés<br /> Que le boucher les a tués<br /> Les a coupés en p'tits morceaux<br /> Mis au saloir comme pourceaux<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Saint Nicolas au bout d'sept ans<br /> Vint à passer dedans ce champ<br /> Alla frapper chez le boucher<br /> Boucher, voudrais-tu me loger ?<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Entrez, entrez Saint Nicolas<br /> Il y a de la place, il n'en manque pas<br /> Il n'était pas sitôt entré<br /> Qu'il a demandé à souper<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Du p'tit salé, je veux avoir<br /> Qu'il y a sept ans qu'est dans le saloir<br /> Quand le boucher entendit ça<br /> Hors de la porte il s'enfuya<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Boucher, boucher, ne t'enfuis pas<br /> Repens-toi, Dieu te pardonnera<br /> Saint Nicolas alla s'asseoir<br /> Dessus le bord de ce saloir<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Petits enfants qui dormez là<br /> Je suis le grand Saint Nicolas<br /> Et le Saint étendant trois doigts<br /> Les petits se lèvent tous les trois<br /> <br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs<br /> Le premier dit "j'ai bien dormi"<br /> Le second dit "Et moi aussi"<br /> Et le troisième répondit "Je me croyais au Paradis"<br /> <br /> <br /> <br /> « Allez-vous-en les garnements<br /> Nous avons trop d'empêchements. »<br /> Mais sa femm' qu'était derrièr' lui<br /> Bien vite le gourmandit.<br /> <br /> <br /> Refrain<br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> Qui s'en allaient glaner aux champs.<br /> <br /> <br /> <br /> « Pour sûr, dit-ell', qu'ils ont d'l'argent.<br /> Nous en serons riches d'autant !<br /> Entrez, entrez, mes beaux enfants,<br /> Y a d'la place assurément ! »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Saint Nicolas et la femme du boucher<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je ne partageais pas trop ton idée disant que "le mythe est une métaphysique traduite en histoire" : j'ai pris pour ma part mes distances avec la */métaphysique/*<br /> par rapport à Heidegger et surtout Jung qui en disant que nous avons chacun en nous le yin et le yang, le<br /> <br /> <br /> féminin et le masculin, ne prend pas assez en compte, comme le fait Lacan, la /différenciation des places/. Mais tu viens d'écrire en réponse à Gérard que "le mythe<br /> est de l'*/anti-idéologie/* et là pour nous aider à en sortir, libérer l'intelligence à condition que nous sachions l'interpréter" ;  là tu me rassures parce que, tout en ayant<br /> le choix des outils conceptuels qui nous conviennent chacun  le mieux, tel le menuisier avec son propre outillage, nous n'allons pas rouvrir la boîte de Pandore des querelles<br /> d'école entre notamment lacaniens et<br /> <br /> <br /> Junguiens. La légende n'est pas le mythe, elle peut être porteuse, elle, d'idéologie. Aujourd'hui nous fêtons "la Saint-Nicolas", or d'une famille paternelle<br /> originaire de la Meuse, mon enfance a été bercée par "la légende du Grand Saint Nicolas" que mon père nous chantait, et en allant retrouver les paroles, j'ai découvert deux couplets<br /> supplémentaires que mon père ne nous a jamais chantés, peut-être parce que ni lui, ni ses parents n'ont connu cette autre version :<br /> <br /> <br /> <br /> « Allez-vous-en les garnements<br /> <br /> <br /> Nous avons trop d'empêchements. »<br /> <br /> <br /> Mais sa femm' qu'était derrièr' lui<br /> <br /> <br /> Bien vite le gourmandit.<br /> <br /> <br /> /Refrain/<br /> <br /> <br /> Ils étaient trois petits enfants<br /> <br /> <br /> Qui s'en allaient glaner aux champs.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> « Pour sûr, dit-ell', qu'ils ont d'l'argent.<br /> <br /> <br /> Nous en serons riches d'autant !<br /> <br /> <br /> Entrez, entrez, mes beaux enfants,<br /> <br /> <br /> Y a d'la place assurément ! »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La femme du boucher qui n'apparaissait pas dans la légende que nous chantions, au point qu'on pouvait se demander quel était le véritable mobile d'agir du boucher,<br /> elle apparaît ici bien plus qu'une complice, son instigatrice. Je ne sais trop ce qu'il faut en penser; serait-elle<br /> <br /> <br /> sa mauvaise conscience ?<br /> <br /> <br /> Charles<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Un retour à la raison<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci Gérard. Je suis content de retrouver tes écrits et je pense que tous les lecteurs du blog seront également satisfaits.<br /> <br /> <br /> En plus je résonne assez bien avec ce que tu écris. Oui, les traductions et les interprétations a posteriori, qui ne sont faites que pour valider des idéologies<br /> qu’on ne remet pas en cause, sont à proscrire. Elles sont pourtant assez fréquentes.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, lorsque tu parles de la retombée sur terre, je pense à l’avènement de la raison, avec son clair obscur et ses incertitudes ;<br /> la                vision directe en effet nous reste interdite, en raison même de notre condition<br /> humaine.<br /> <br /> <br /> Tu as raison enfin de critiquer une Église trop dogmatique, qui peut nous condamner à vivre dans l’idéologie. Il y a en effet une incompatibilité radicale entre le<br /> mythe et le dogmatisme institutionnel, entre le mythe et l’idéologie. Je dirais même que le mythe est fait pour combattre le dogmatisme et l’idéologie. Si tu vois comment est fabriqué un mythe,<br /> tu le remarques immédiatement. En un premier temps il nous fait baigner dans l’idéologie d’une é poque. Et puis, il livre un message en partie crypté, qui ouvre l’esprit à une compréhension<br /> inédite de la réalité, qui remet radicalement en cause l’idéologie qui lui sert de support en un premier temps. Contrairement à ce que croient la plupart des gens, le mythe est de<br /> l’anti-idéologie et il est là pour nous aider à en sortir.  Il est là pour libérer l’intelligence, à condition que nous sachions l’interpréter.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Un rabbin qui nous remet sur la voie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Suite. (Il y a peut être une providence)<br /> <br /> <br /> J'entendais ce matin « la Maison d'étude », où intervenait un rabbin qui avait travaillé sur la tolérance, en partant du livre d'Eli, et faisant une forte allusion<br /> à l'histoire qu' Etienne soumet à notre perspicacité. La mienne était, comme souvent, en panne. Et me voici tout à coup un peu éclairé. J'ajoute que j'étais aussi dans la relecture de Yvon<br /> Tranvouez : Catholiques et communistes, la crise du progressisme chrétien, 1950-1955.- Cerf, 2000, après avoir absorbé le Jean Rohou, Le Christ s'est arrêté à Rome, Réflexion sur l'Église et<br /> l'Evangile.-Brest, Ed. Dialogues.fr, 2010.- 543 p. (Préface de Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers). Le rabbin m'intéressait puisque dans ces deux derniers ouvrages, on voit agir pas mal de<br /> lanceurs d'anathèmes.<br /> <br /> <br /> Le rabbin, s'appuyant sur quelques midrashs, propose, de deux points essentiels du récit sur lequel je séchais, une interprétation très différente.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   1.. le serpent est bien « le plus rusé des animaux », et non le mal absolu : le Satan. En hébreu, le nom du serpent et celui de la ruse, la<br /> subtilité, la capacité à pressentir ce qui va se passer ont la même racine (j'étale ma science : Cf. la metis des grecs représentée par la pieuvre). Rien à voir avec le Satan. D'ailleurs si la<br /> Bible hébraïque, au lieu d'être traduite en grec, latin et en français avait été traduite directement en breton, on aurait évité un tel faux-sens, si lourd de conséquences. En breton le serpent<br /> est an naer ; et on a : an aer : l'air, l'élément subtil .. Passons, ou plutôt glissons.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   2.. « L'arbre de la connaissance du bien et du mal »est à l'usage exclusif de Yahvé. Ce qui veut dire que Lui seul peut distinguer le Bien du<br /> Mal, trop intimement entremêlés dans le monde d'ici bas (après cette aventure) C'est aussi ce que savent les grecs, comme le fait remarquer Jean Pierre Vernant qui connaît bien leurs<br /> mythes.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce qui change tout !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Récapitulons.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Yahvé crée l'homme, « homme-et-femme » (je Le soupçonne de plus en plus d'être un peu breton : an dent, c'est aussi bien l'homme (AR par) que la femme (AR avouez)<br /> et inversement, mais on peut se tromper), qui vivent (ou vit ) en Sa compagnie, le rencontrant parfois qui se promène dans la brise du soir, entendant peut être, comme Élie plus tard, et sur le<br /> tard, « le doux murmure de Sa voix ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais la part féminine, plus subtile que l'autre, se trouve en accord avec le Rusé animal et a bien envie -c'est normal ! - d'être un peu plus semblable au créateur<br /> : savoir ce qu'est le Bien, ce qu'est le Mal. Bon ! On la comprend.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais à trop faire le malin, on tombe de haut. On peut le dire autrement : « qui fait l'ange... etc... » Les voilà homme et femme envoyés dans leur condition de<br /> désormais mortels, c'est à dire condamnés à l’indiscernable, du moins à l'incertain. Et au travail, à la souffrance, bref aux joyeusetés banales de la vie humaine.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Encore heureux qu'ils n'aient pas touché à l'arbre de vie qui rend éternel, ce qui aurait installé la catastrophe dans le durable.<br /> <br /> <br /> Bref.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour Yahvé : Travail terminé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour l'homme et la femme : à eux de se débrouiller maintenant avec leur histoire et leur condition historique, comme on dira plus tard<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais je ne vois pas de Satan là-dedans : l'inimitié, l'hostilité entre la femme (et par conséquent l'homme resté un peu second dans l'aventure) et le serpent rusé<br /> s'interprète maintenant plus simplement (si j'ose dire). C'est que cette lucidité absolue, un moment voulue, espérée, est devenue, dans le nouvel état - celui de l'humanité ordinaire -,<br /> inaccessible, impossible (mais non interdite : elle se fera à tâtons, chacun, peut être, en trouvant un petit bout).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Par chance, nous avons une Sainte Institution (et je reviens à Tranvouez  et Rohou) qui sait la Vérité, peut trancher et condamner, étant<br /> d'essence quasiment divine. Par chance puisque, déclarés coupables d'origine, nous sommes parfois pardonnables, mais dans les conditions qu’Elle définit.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais j'exagère à mon tour.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je te souhaite un bon et paisible Dimanche<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Gérard<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Un serpent qui se mord la queue à travers une interprétation trop dogmatique<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis un peu embarrassé par le texte redoutable que tu soumets à la réflexion. Redoutable parce que fondamental. Et savamment commenté déjà, ce que je ne saurais<br /> faire !<br /> <br /> <br />  Je vais donc prendre les choses à rebrousse poil.<br /> <br /> <br />  1) J'ai été revoir la Bible de Jérusalem, ma vieille édition de 1956. Première cause de circonspection : p. 5, dans l'introduction au Pentateuque, je lis que<br /> «  (.) (les onze chapitres de la Genèse) décrivent (.) les origines du genre humain (.) ; ils énoncent (.) les vérités fondamentales présupposées à l'économie du salut : la<br /> création par Dieu (.) l'intervention (...) de Dieu produisant l'homme et la femme, l'unité du genre humain, la faute des premiers parents, la déchéance et les peines qui en furent la sanction »<br /> (soit !) puis le commentaire ajoute : « Mais ces vérités (...)sont en même temps des faits, et si les vérités sont certaines, elles impliquent des faits qui sont réels. (.) Les premiers chapitres<br /> de la Genèse ont un caractère historique ». Je viens de lire, pour une autre raison, les entretiens de Jean Bottéro avec Hélène Monsacré ( Babylone et la Bible.- Poche, Pluriel.- 1994). Bottéro<br /> explique comment jeune lecteur au couvent de Saint Maximin au début des années quarante, il s'était vu interdire d'enseigner que l'histoire d'Adam et Ève n'était pas un fait historique, mais un<br /> mythe. Dix ans plus tard, la position n'avait pas changé. Qu'en est-il 55 ans plus tard ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 2) Et qu'en est il de l'interprétation ? Quand je lis les notes : note k sur II, 17, note c sur III, 1 et e sur III, 15 -sans oublier d sur III, 7, je vois une<br /> réduction de l'affaire à une signification très (bêtement) moralisatrice : l'homme, en la personne de la femme, a péché par orgueil refusant de se soumettre : notamment d'accepter que seul Dieu<br /> décide de ce qui est bien ou mal ; Satan, le serpent, l'y a poussé. Tant pis pour eux ils seront punis pour l’éternité, c'est à dire nous avec. Morale de l'histoire : soumettez vous , à Dieu<br /> certes, mais celui ci étant loin et invisible, ayant renoncé peut être à se promener dans la brise soir et nous ayant chassés de sa vue, c'est bien entendu à l'Église, papale et hiérarchique,<br /> qu'il faut se soumettre sous peine de condamnation éternelle. Sauf que une chance nous a entre-temps été offerte. Et l’histoire ne repasse jamais les plats. Qu'on se le dise.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 3) Or je crois avoir lu quelque part que cette identification du serpent et de Satan est fort tardive et ne saurait être le fait des auteurs de ce récit. De plus,<br /> j'ai lu -au Louvre- que les Égyptiens vénéraient le crocodile comme le symbole de la sagesse et de la science puisque' il connait tous les milieux (il vit sur terre et au fond des eaux) où il<br /> excelle. Bernard Merdrignac, auteur d'une thèse colossale sur « les Saints en Bretagne, témoins de Dieu, témoins des hommes ? », observe que les dragons contre lesquels luttent certains saints<br /> bretons (St. Pol Aurélien par exemple) ne sont pas, dans le contexte historique de ces récits-là (III ème- VIème siècle en gros), le « diable » comme l'a présenté la tradition chrétienne<br /> ultérieure, mais le symbole des religions antérieures qui désormais sont supplantées par la religion chrétienne. D'ailleurs, dans le texte de la Genèse le serpent est « l'animal le plus rusé de<br /> tous les animaux des champs », mais n'est pas le mal absolu.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 4) Enfin, il faut avoir l'esprit un peu tordu pour voir dans ce récit une trace de fornication interdite, qui serait à jamais le péché originel, donc l'interdit<br /> majeur et absolu, puisque introduit par Satan en personne..<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La première difficulté est donc de se débarrasser (mais j'ai sans doute une bonne quarantaine d'années de retard) de toutes ces interprétations a posteriori. On a<br /> ici un bel exemple de construction interprétative aussi dogmatique qu'hasardeuse (visant au fond à justifier radicalement le pouvoir ecclésiastique romain en ce qu'il se dit charger par la<br /> volonté divine de surveiller les consciences, notamment celles des femmes). Le dogme est justifié par une hypothétique réalité historique créée par le dogme lui même. A propos de serpent, on se<br /> mord bien la queue (si j'ose dire).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cela dit, je ne fais rien avancer, puisqu'il faudra s'atteler à une lecture plus saine et sereine de ce beau mythe. Le point de départ devrait être qu'entre la<br /> femme et le serpent rusé il n'y a pas une alliance (objective ?) mais une inimitié, une « hostilité »dit le texte (Gnu ICI, 15), ce qui me semble contradictoire avec l'interprétation classique,<br /> orthodoxe.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je continue à y réfléchir. A bientôt.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Le mythe à deux entrées<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Après réflexion, je pense que nous ne sommes pas totalement trompés. Le mythe aurait deux entrées, comme l’homme lui-même fait de chair et d’esprit. Oublier la<br /> chair ou oublier l’esprit auraient en fait les mêmes conséquences : ce serait se réduire au rang de bête et rater l’homme.<br /> <br /> <br /> Le mythe serait là pour nous renvoyer à l’ambiguïté humaine, qui veut que l’homme soit un dans la dualité, c’est-à-dire en tenant, en même temps, la chair et<br /> l’esprit. Comme si la dialectique était inscrite au cœur de son être et qu’y renoncer serait se condamner à vivre dans l’idéologie parce qu’on ramènerait tout à une seule cause ou à un seul<br /> principe et donc à un monde sans limite. De toute manière il ne peut y avoir de cause première sans causes secondes.<br /> <br /> <br /> Comme, à la limite,  dans l’être humain, il ne peut y avoir d’homme sans femme et de femme sans homme.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> <br /> La boîte de Pandore et le danger de la femme idéale<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Et si nous étions totalement passés à côté du mythe de la chute<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Beaucoup ont imaginé, et j’en fais partie, que le mythe de la chute était lié au problème de la sexualité.  Et si c’était le contraire dont il<br /> s’agit ? Manger du fruit de l’arbre de la connaissance, ce serait vouloir faire l’ange, revenir à son origine imaginaire, se prendre pour un pur esprit, à la limite se prendre pour un dieu<br /> et ainsi atteindre la connaissance la plus parfaite. C’est alors qu’intervient la chute. Le corps avec toutes ses limites se rappelle au bon souvenir de l’homme, avec la sexualité, le travail, la<br /> souffrance et la mort. Ce serait à l’image de la chute de l’ange, qui pour avoir refusé de se soumettre à Dieu, se retrouve comme un serpent qui rampe sur la terre. C’est à cela que pensait<br /> Pascal lorsqu’il écrivait : « L'homme n'est ni ange ni bête et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »<br /> <br /> <br /> Il faudrait alors se poser le problème de l’hostilité de la femme et du serpent sous une autre forme, où le fait de recevoir la vie a plus d’importance que de<br /> prendre le feu du ciel. La construction imaginaire d’une femme idéale serait alors la tentation la plus pernicieuse qui soit pour l’homme.<br /> <br /> <br /> Ni la femme ni l’homme ne sont faits pour la toute-puissance. Et le texte de la chute ne nous renverrait pas à une faute originelle : il nous mettrait en garde<br /> contre le plus grand danger qui soit pour l’être humain.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Pour rire un peu<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Deux femmes dans une barque<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les deux femmes de Nasr Eddin lui demandent un jour<br /> <br /> <br /> Laquelle des deux il aime le plus.<br /> <br /> <br /> Evitant de se prononcer, il répond par prudence,<br /> <br /> <br /> Qu’il les aime également toutes les deux.<br /> <br /> <br /> Elles insistent, il persiste.<br /> <br /> <br /> Alors, la plus jeune des deux lui demande :<br /> <br /> <br /> « Si nous étions toutes les deux dans une barque,<br /> <br /> <br /> Et si la barque chavirait,<br /> <br /> <br /> Laquelle des deux sauverais-tu d’abord ? »<br /> <br /> <br /> Nasr Eddin se tourne vers la plus âgée<br /> <br /> <br /> De ses deux femmes et lui demande :<br /> <br /> <br /> « Toi, tu sais nager un peu, non ? »<br /> <br /> <br /> (Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Un tel retournement peut expliquer pourquoi les médecins utilisent le serpent, dans leur caducée, pour exprimer leur fonction de soignant. Il explique plus sûrement<br /> encore l’utilisation, par Moïse, du serpent d’airain, pour guérir les Hébreux de leur peur dévastatrice des serpents venimeux du désert. Agissant comme un vaccin, l’intégration du serpent<br /> intérieur renforce les défenses de l’individu pour réagir victorieusement contre les tentations et les attaques extérieures.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’homme, homme et femme, peut ainsi retrouver son unité<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sans doute est-il exagéré de donner à la femme un rôle aussi excessif pour promouvoir l’avenir et l’unité de l’être humain. Chacun est, en même temps, homme et<br /> femme. Et ce qui est dit sur la femme peut être appliqué à la dimension féminine de chacun. En même temps, la femme et l’homme sont en constante interaction. Le processus décrit n’est donc qu’un<br /> modèle épuré pour amener à comprendre la phrase du mythe, adressée au serpent : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne ; celle-ci<br /> te surveillera la tête et toi tu guetteras son talon ». De toute façon, une telle parole, même si elle n’est qu’une intuition des origines, donne une formidable nuance d’optimisme<br /> et d’espérance au mythe de la chute que nous avons tendance à voir sous son jour le plus sombre.    <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La femme obtient la victoire sur le serpent en l’intégrant<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La phrase qui est proposée n’est pas facile à comprendre. Elle semble donner une place importante à la femme dans l’histoire de l’humanité. Le texte ne parle pas<br /> d’abord d’Ève elle-même mais de la femme et de sa postérité, pour souligner que toutes les femmes sont concernées. Il s’agit donc de comprendre comment l’humanité se construit en partie grâce à<br /> elles.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’homme est un être fait de chair et d’esprit<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dès le départ, il existe une tension chez l’être humain parce qu’il est fait de chair et d’esprit.  Il est un animal mais un animal raisonnable.<br /> L’unité entre les deux ne va pas forcément de soi. Elle est en même temps une donnée de nature et un projet à réaliser. A tout moment l’homme doit faire face à une division qui le menace. Sans<br /> doute n’y a-t-il chez lui qu’un seul désir mais il s’agit d’un désir à deux dimensions ; le niveau de la chair et le niveau de l’esprit qui doivent normalement s’interpénétrer pour assurer à<br /> l’être humain son équilibre. Mais, en fait, surtout au départ, un tel équilibre est problématique.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le serpent va accentuer la division<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le serpent renvoie à l’homme des commencements, en butte à la violence et à la toute-puissance dominatrice, à la recherche de la satisfaction immédiate et de la<br /> subsistance au jour le jour. La vérité et le mensonge sont le plus souvent emmêlés : la séparation des deux ne peut se faire avec le temps. Pour lui, la dimension de la chair l’emporte<br /> encore sur la dimension de l’esprit. Cet homme des commencements reste présent en chacun, mais il apparaît comme un diviseur. C’est pourquoi l’être qui progresse a tendance à le refouler.<br /> <br /> <br /> Le serpent peut aussi être un être extérieur, un être qui renvoie à la partie refoulée et tend à accroître ma propre division intérieure. Disons pour simplifier<br /> qu’il est, en même temps,  intérieur et extérieur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La femme en échec face au serpent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La femme en pleine évolution reste fragile comme l’homme lui-même. Mais elle est plus proche du désir que son compagnon. Le désir porte la vie. C’est pourquoi la<br /> femme va avoir un rôle particulier pour l’avenir de l’humanité : elle devra convertir l’homme à cette dimension essentielle. Toutefois, il lui appartient de faire son apprentissage et le<br /> texte de la chute nous fait entrevoir le premier obstacle auquel elle doit s’affronter : l’homme des commencements peut se réveiller en elle surtout si intervient une tentation extérieure<br /> comme celle du serpent. Par la force des choses, elle risque à tout moment de faire basculer le désir du côté de la chair aux dépens de l’esprit et d’entraîner l’homme à sa suite. Son<br /> apprentissage de femme la met en face de l’échec, comme tout apprentissage sérieux.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La prise de conscience et la castration du désir<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’échec pourtant a le mérite de la faire rebondir. Elle a un mouvement de recul devant le serpent d’autant plus qu’émerge en elle la conscience de la faute. L’échec<br /> devient alors le moment où peut s’effectuer la castration du désir. Sous l’effet de la contrariété, d’une sorte d’interdit, il passe à un niveau supérieur qui lui donne une plus grande amplitude.<br /> Avec l’échec, la femme et l’homme sont ainsi appelés à grandir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’écoute de la Parole qui réunifie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’ouverture du désir entraîne aussi l’ouverture de l’oreille à la Parole, qui prend la forme de la loi. Celle-ci a pour fonction essentielle d’articuler les deux<br /> dimensions du désir en réunifiant l’homme divisé. Le lien entre ouverture du désir et ouverture de l’oreille donne ainsi à la femme une sorte de priorité pour l’écoute de la Parole, qui garantit<br /> l’avenir de la vie. A la parole mensongère du serpent, la femme oppose maintenant la Parole elle-même, mettant ainsi en péril la tête de celui qui a tenté de la faire chuter, en faisant chuter<br /> l’homme avec elle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L‘hostilité de la femme et du serpent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Se référant à deux paroles différentes, la femme et le serpent sont désormais amenés à s’opposer assez radicalement, l’une menaçant l’autre et réciproquement. Pour<br /> éviter la déroute de son propre système, le serpent n’a d’autre ressource que de rattraper par le talon celle qui lui échappe. Un nouvel échec est toujours possible, mais ce nouvel échec peut<br /> être, une fois encore, l’occasion d’un nouveau départ.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’intégration du serpent intérieur par la femme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La victoire de la femme aboutit lorsqu’elle finit par intégrer le serpent intérieur, c’est-à-dire l’homme des commencements que, par faiblesse, l’être humain était<br /> amené à refouler. Un tel retournement peut expliquer pour<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> <br /> Fragments de la bible hébraïque<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Proposition d’une nouvelle traduction<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Compte tenu des traductions proposées par la bible hébraïque, la bible de la Septante et la bible de Jérusalem, je propose que nous retenions les apports originaux<br /> des unes et des autres. La phrase que nous commentons pourrait alors se présenter ainsi :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne. Celle-ci te surveillera la tête et toi, tu guetteras son<br /> talon.<br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Le texte étudié dans la bible hébraïque<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> טו וְאֵיבָה אָשִׁית, בֵּינְךָ וּבֵין הָאִשָּׁה, וּבֵין זַרְעֲךָ, וּבֵין זַרְעָהּ:  הוּא<br /> יְשׁוּפְךָ רֹאשׁ, וְאַתָּה תְּשׁוּפֶנּוּ עָקֵב.  {ס} 15<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je ferai régner la haine entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne: celle-ci te visera à la tète, et toi, tu l'attaqueras au talon."<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dans la bible hébraïque, l’incertitude sur le sujet de la seconde partie de la phrase est levée si l’on s’en tient à la traduction proposée ; il s’agit de la<br /> postérité de la femme.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Le texte étudié dans le grec de la Septante<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> καὶ ἔχθραν θήσω ἀνὰ μέσον σου καὶ<br /> ἀνὰ μέσον τῆς γυναικὸς<br /> καὶ ἀνὰ μέσον<br /> τοῦ σπέρματός σου καὶ ἀνὰ μέσον<br /> τοῦ σπέρματος αὐτῆς· αὐτός σου τηρήσει κεφαλήν,<br /> καὶ σὺ τηρήσεις αὐτοῦ πτέρναν.<br /> <br /> <br /> <br /> J'établirai une haine entre toi et la femme, et entre ta race et sa race. Il surveillera ta tête, et tu guetteras son talon.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il y a une curiosité dans le texte de la Septante avec « Il surveillera ta tête, et tu guetteras son talon » : le sujet de la phrase ne représente ni<br /> la femme ni sa race ; il renvoie apparemment à un individu que l’on n’identifie pas. S’agit-il d’une simple curiosité grammaticale ?<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Le sage et le serpent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un méchant serpent vivait aux abords d'un village. L'animal se tapissait sous les larges feuilles de la jungle, d'où il observait de ses petits yeux jaunes le<br /> va-et-vient des villageois, qui empruntaient ce chemin pour se rendre au marché. Le serpent s'amusait à les terroriser. Il se jetait brusquement sur les passants pour les mordre cruellement. Les<br /> habitants n'osèrent plus passer par cette route et firent un grand détour pour éviter le reptile.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour, un sage qui voyageait de ville en ville vint à passer. Le serpent, selon son habitude, se jeta sur lui férocement. L'homme le regarda avec bienveillance et<br /> lui demanda :<br /> <br /> <br /> -          Pourquoi donc veux-tu me faire du mal ? Je poursuis simplement mon chemin, sans te déranger en rien.<br /> <br /> <br /> Le serpent surpris par l'infinie douceur et la force paisible qui émanaient de l'homme, réfléchit à ces paroles et s'excusa.<br /> <br /> <br /> -          Je vois que tu as bon cœur au fond, lui dit le sage. Je voudrais que tu me fasses la promesse de ne plus attaquer personne.<br /> <br /> <br /> Et il lui parla longuement de paix et de non-violence. Les paroles qu'il prononça émurent profondément le serpent et, avant que le sage ne reprenne sa route, il lui<br /> fit serment de ne plus jamais mordre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bientôt, les villageois remarquèrent que le serpent ne les attaquait plus. Ils empruntèrent à nouveau la route qui traversait la forêt. Peu à peu les passants<br /> s'enhardirent : voyant l'animal enroulé tranquillement sur une branche, ils lui jetèrent des cailloux. Comme le reptile les ignorait toujours, certains le piquèrent avec des bâtons. Le serpent se<br /> contentait de s'éloigner doucement. En le voyant aussi inoffensif, un des villageois s'empara de lui et le fit tournoyer dans les airs, avant de le projeter contre un arbre. Le serpent était de<br /> plus en plus maltraité. C'était à qui lui donnait un coup de pied, à qui lui plantait un bâton ou lui jetait une pierre. L'animal souffrait beaucoup mais il tenait la promesse qu'il avait faite<br /> et ne mordait pas.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quelques semaines plus tard, le sage repassa par la route et appela le serpent pour prendre de ses nouvelles. L'homme fut désolé de voir l'état dans lequel se<br /> trouvait ce reptile. Ce dernier s'était caché dans le feuillage, le corps tout endolori, recouvert de plaies et de bosses.<br /> <br /> <br /> -          Mais que t'est-il arrivé, que s'est-il passé ? lui demanda le sage en le soignant.<br /> <br /> <br /> -          Maître, se plaignit le serpent blessé, vous m'avez dit de ne plus mordre, mais regardez ce que les villageois m'ont fait.<br /> <br /> <br /> -          Et pourquoi les as-tu laissé faire ? répondit le sage. Je t'avais demandé de ne plus mordre, mais je ne t'ai jamais dit de ne pas siffler !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A partir de ce jour-là, le serpent fit face à ses agresseurs en sifflant. Il n'eut plus besoin de mordre et ne fut plus jamais maltraité. (Conte de<br /> l’Inde)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> <br /> La femme serpent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La double face des mythes qui piège l’interprétation<br /> <br /> <br /> Personnellement, Marius, je trouve tout à fait intéressante ta réflexion sur la fidélité, avec la notion de convorce, pour signifier la<br /> conversion l’un à l’autre.<br /> <br /> <br /> Par contre je ne te suis pas complètement sur ton message sombre de la Genèse. Tu as bien souligné, à propos de l’article précédent, la dimension<br /> idéologique des mythes, qui reflètent une situation sociale. En fait, le mythe a deux faces : une face qui effectivement renvoie à ce que pensent les hommes à un moment donné, et une autre<br /> face qui dit souvent le contraire et qui exprime la pensée profonde du texte. La tradition n’a souvent retenu que la première face : elle s’est laissée piéger par les apparences et par une<br /> sorte de volonté inconsciente du mythe d’égarer les interprètes trop pressés et peu habitués  à entrer dans un message d’ordre symbolique. Selon une première lecture, il y a, en<br /> effet la chute, le péché, les malédictions, le bannissement du paradis… Par contre une seconde lecture nous montre un Dieu attentif à l’homme et volontiers séducteur, avec une volonté manifeste<br /> de ne pas compromettre l’avenir des êtres humains, de ne pas condamner la femme. Il prend soin de leurs conditions de vie en leur donnant des tuniques de peau (ce qu’il faut aussi analyser à un<br /> second niveau).  Et plus fondamentalement encore, ce qui apparaît comme un bannissement du paradis est en réalité une naissance ou une renaissance, comme si ce paradis était un<br /> utérus, qui va produire un être nouveau. Ces deux lectures sont manifestes dans Perceval, un ouvrage ancien de la littérature française.<br /> <br /> <br /> A ce niveau, les choses ne sont pas figées comme dans une assignation. C’est au contraire la porte ouverte à un nouvel avenir,à des relations<br /> intersubjectives y compris avec Dieu, et à une constante évolution<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Questions actuelles posées au texte<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci Cher Etienne, de prolonger ce récit dont la performativité ne s'arrêra qu'après l'extinction du genre humain.<br /> <br /> <br /> S'agissant du rapport homme/femme qui est au centre de notre questionnement, je voudrais poser à ce texte du IV° siècle av.Jésus-Christ, des questions qui sont les<br /> miennes ici-maintenant.<br /> <br /> <br /> Apprentissage de la fidélité ou assignation<br /> <br /> <br /> En effet, conformément à la vision des époux chrétiens d'aujourd'hui, je me représente le voisinage des membres du couple dans la durée, comme l'invention au jour<br /> le jour du contenu possible de la fidélité qu'ils se sont promise, car la fidélité n'est pas un point de départ mais un point d'arrivée. Or voila que la Bible me présente l'homme et la femme<br /> comme assignés l'un à l'autre pour la reproduction au lieu d'approfondir leur convorce réciproque, c'est-à-dire cette conversion l'un à l'autre que postule la fidélité à laquelle ils aspirent..<br /> J'emploie le mot "convorce du latin conversio parce qu'il est l'opposé du divorce, du latin  diversio, dont les journaux disent faussement qu'il augmente, au lieu de remarquer<br /> que c'est la montée toute nouvelle du convorce, à partir de la modernité,  qui révèle, au sens de faire augmenter parallèlement le divorce.<br /> <br /> <br /> Bref, la fidélité vivante et réciiproque à laquelle les époux d'aujourd'hui aspirent et que j'appelle le convorce, ne figure pas  dans la Genèse,<br /> puisque la place assignée qui est confèrée par Yaweh à Eve et Adam, après la chute, n'est pas une place qu'on peut investir, c'est une place assignée, une fois pour toutes, à rebours du désir qui<br /> se trouve forclos, comme l'analyse Edmond Ortigues dans son livre intitulé "le travail de la métaphore".<br /> <br /> <br /> Un message sombre de la Genèse ?<br /> <br /> <br /> Le message des auteurs de Genèse II serait-il de nous faire connaître le rapport homme/femme sous son jour le plus deséspérant comme s'il n'y avait entre eux aucune<br /> marge de manoeuvre, aucune irruption de la liberté à travers les pesanteurs du déterminisme que fait peser sur les humains mâles et femelles, leur extraction de la glaise.<br /> <br /> <br /> Cette lecture sombre étant finalement l'explication du scénario fâcheux qui est raconté comme s'il s'agissait d'un folkore méchant à l'usage des Sémites : Dieu qui<br /> rode dans le Jardin pour les prendre en faute, nos pauvres premiers parents qu'on pourrait croire descendus du singe, L'embrouille mise en scène par le malheureux serpent qui va la payer<br /> (l'embrouille) et la faire payer à la femme, à cause de l'innocence dont elle est dotée. La parole divine voudrait-elle nous dire sur un mode paradoxal que la condition échue aux hommes qui se<br /> co-engendrent dans le péché d'origine est une réclusion criminelle à perpétuité pour avoir mangé du fruit défendu et fait semblant d'avoir accèdè au discernement et à la grammaire ? Dieu nous<br /> sauve de tant d'opprobres !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Réflexions<br /> <br /> <br /> C’est bien Charles de nous ramener à des données psychanalytiques fondamentales pour éclairer ce texte. Et c’est bien pour tes connaissances en matière de<br /> psychanalyse que tu es précieux à l’intérieur de ce blog. Tous tes rappels nous évitent de nous perdre.<br /> <br /> <br /> Mais mon idée de départ n’était pas d’étudier ce texte pour lui-même, ce qui peut toujours être utile, mais de l’interroger sur les rapports possibles entre l’homme<br /> et la femme ou entre la femme et le serpent. Il est toujours possible de faire parler un texte sans pour autant le dénaturer.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, un mythe est une métaphysique traduite en histoire. Quand il est dit que Dieu donne à Adam et Eve des tuniques de peau, c’est pour nous rappeler qu’il<br /> y a du sujet chez l’homme et la femme, et que cette dimension fondamentale d’eux-mêmes doit être prise en compte et intégrée. Il ne s’agit pas d’abord de rendre compte de l’évolution possible<br /> d’adolescents.<br /> <br /> <br /> Il en va de même pour la sexualité qui complique la genèse de l’homme tant qu’elle n’est pas intégrée alors qu’elle devient source de dynamisme lorsqu’elle est<br /> prise en compte. Je trouve assez touchant, de la part de Yahvé ou de la conscience humaine, d’attirer l’attention sur la difficulté et sur l’enjeu d’un tel passage.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Suite <br /> <br /> <br /> ce conte africain (com.71) avec Mackam qui contemple la lune comme une mère parfaite dans laquelle il cherche à savoir la vérité du monde jusqu’à chercher à la<br /> rejoindre, quand un cri d’enfant lointain lui révèle son véritable désir, celui de son propre cœur d’enfant.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La crainte de donner ce qu’on n’a pas<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En guise de conclusion, et pour en finir avec le péché originel, est-ce comme le dit Jean Duval (com.51) : entre le prendre et le recevoir, « c’est quand<br /> on prend parce qu’on ne fait pas confiance à l’autre » ? Pour ma part, je dirais que c’est plutôt craindre de "donner ce qu’on n’a pas", comme disait Lacan, et<br /> il en rajoutait une couche : "à celui qui n’en veut pas", forcément, parce que ce n’est pas confortable de recevoir, de donner ce qu’on n’a pas, mais qui est<br /> "ouvert" et aussi peu vide que le sont des paumes ouvertes.<br /> <br /> <br /> Charles Lallemand<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Mais même toi Etienne, (com.3) quand tu écris que « tant que chez l’homme comme chez la femme leur "être spirituel" n’est pas en place, il est difficile<br /> d’assumer leur sexualité...Il faut attendre que la rencontre sexuelle de la femme et de l’homme s’effectue dans les meilleurs conditions », je comprends que tu veuilles dire que par rapport<br /> à nos pulsions, particulièrement à l’âge de la puberté, il y a tout le travail initiatique, éducatif de nos cultures, mais ton « être spirituel », je le trouve<br /> tout de même très idéal et trop rationnel ! "L’Esprit souffle où il veut" (Jn. 3/8), si c’est bien de celui-là qu’il s’agit. <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La séparation de la mère et la castration symbolique<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tout est dit, enfin non, pas encore, car il reste une autre question non moins fondamentale concernant la sexualité et par conséquent la procréation, c’est qu’à<br /> partir de la naissance, il y a un moment où le petit d’homme va repérer que sa mère elle est aussi ailleurs, que quelque chose se passe qui le sépare de sa mère et que la fusion confortable avec<br /> maman ne sera plus possible, que le chemin du retour à la mère est barré. "Un homme peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " (Jn.<br /> 3/4), demande Nicodème à Jésus. Réponse : non ! C’est ça la castration symbolique, le chemin est barré, en général par le père, par le désir de la mère<br /> ailleurs, le désir sexuel. On ne coupe rien, sûrement pas le zizi qu’il ne faut pas confondre avec le "signifiant phallique", pardon Yvon pour ce terme<br /> lacanien  (com.52), ce signifiant qui vient poser la sexualité, nous y engager, et en même temps poser l’interdit de<br /> l’inceste. Alors le petit d’homme dont l’idéal est d’être l’objet chéri, le phallus de la mère, ça sera plus possible, ç.à.d. que cet objet qui transite entre la mère et lui, intersubjectif, il<br /> choit définitivement, c’est un objet perdu, cet objet de tous nos fantasmes, l’objet "a", non pas la première lettre de l’alphabet comme le "a"<br /> de ânesse dans le premier écrit qui nous soit parvenu, mais la première lettre de "autre", parce que cette chute, elle nous appartient, ce n’est la faute ni à Voltaire,<br /> ni à Rousseau. Et pour comprendre ce qui se passe, je reviens à la généalogie et à Pierre Legendre (p.135) qui observe que la naissance est accompagnée chez l’enfant de<br /> « l’effroyable cri » : quitter sa mère.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour être deux, il faut être trois<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais ce qui se joue du côté de la mère, c’est qu’elle aussi doit perdre celui qu’elle a porté. Il pourrait s’agir d’un dédoublement<br /> (devenir deux), alors qu’il s’agit du redoublement qui est une opération de structure dans l’ordre de la multiplication de l’espèce. Parce que, comment la mère et l’enfant peuvent-ils se perdre<br /> s’ils restent deux, qui va organiser la perte ? C’est la question que peuvent se poser des mères dites "célibataires". La réponse c’est que pour être deux il faut être<br /> trois pour qu’il y ait non pas dédoublement, ("l’autre" n’est pas un double identique, c’est un semblable), mais  redoublement. Alors ce<br /> tiers c’est "le père comme deuxième mère", "comme si", non le papa-poule mais le père comme fiction, "la<br /> norme-mâle", chose la plus inhumaine, non seulement par rapport aux souffrances du déchirement, mais encore en raison de la difficulté de le penser, ce n’est pas<br /> rationnel, d’où le recours au mythe, car l’institution suppose le mythe, et comme l’observe Pierre Legendre, il n’est pas de mythe qui ne se rapporte en définitive à<br /> l’objet parental.<br /> <br /> <br /> Et ce Père-fiction, ce Père "comme si", c’est justement le signifiant phallique, symbolique parce qu’il met en place la<br /> structure par rapport à ce symptôme fondamental que nous avons tous, retourner vers la mère qui nous a enfanté, comme la femme de ce beau conte indien (com.26) qui fait<br /> remonter le Gange jusqu’à sa source. En ce sens, "le système du sexe" comme tu l’écris (com.8), n’assure nullement la domination de l’homme par la femme. Bouzid, le père<br /> d’Azouz le gone du Chaâba, est illettré, violent mais c’est le Père, le Nom-du-Père et si sa sexualité ne peut se comprendre que dans le contexte du patriarcat, parce que c’est une fiction,<br /> ce n’est pas pour autant de la phallocratie. Ce qui se cache sous nos habits de peau, comme l’écrit joliment Geneviève Pégaz (com.32), c’est notre humanité à la naissance de notre sexualité, cet<br /> échange de caresses… et "la connaissance" au sens biblique, nous rappelle Hervé Tremblay (com.37) n’a pas le sens abstrait que nous lui donnons dans nos langues :<br /> « connaître un homme » pour une femme, implique la relation sexuelle intime, connaissances profondes, intimité, pouvoir et en même temps la reconnaissance d’une certaine<br /> incommunicabilité, non par blessure mais par nature, parce que la femme n’est pas l’homme, de même que dans la Trinité le Père n’est pas le Fils qui n’est pas<br /> l’Esprit. Alors, si comme tu le dis très justement, la femme amène l’homme à se situer lui-même dans la voie du désir, c’est précisément pour qu’elle-même lui<br /> permette de tenir sa fonction de père qui est de barrer le chemin du retour à la mère, cet interdit de l’inceste, aussi bien pour la fille que<br /> pour le garçon, à partir duquel va s’organiser le désir, car c’est de la loi que naît le désir et non l’inverse. Mais le désir, ce n’est jamais confortable, nous<br /> préférons rester au chaud dans notre société de consommation si maternelle, si sécurisante, avec sa commercialisation de la santé, comme le signale Pierre Ducotterd (com.27), allant jusqu’à<br /> médicaliser l’humeur : « Vous êtes triste, prenez un cacheton ! », ou "la plante de l’entendement" de Danièle Petel (com.39). Plusieurs contes sur la souffrance du fait de ce<br /> chemin barré du retour à la mère, l’expriment très bien, comme "la femme squelette", anorexique, enfermée dans son manque, qui va prendre chair par l’amour d’un autre que son père (com.69), et ce<br /> conte africain (com.71) avec Mackam qui contemple la lune comme une mère parfaite dans laquelle il cherche à savoir la v&eacu<br /> <br /> <br /> <br />
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