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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 16:04

 

Oedipe et Antigone d'Antoni Brodowski

 

Comment le mythe d’Œdipe et Antigone peut nous aider à sortir de la crise actuelle

La vie est faite de secrets qu’il nous faut déchiffrer pour continuer notre route. Les mythes sont là pour nous aider dans le déchiffrage des passes difficiles et le mythe d’Œdipe et Antigone, en particulier, est celui qui nous livre la plus grande lumière. Il est le mythe des mythes, et, dans la complexité actuelle, il peut nous aider à sortir des impasses. La psychanalyse n’a retenu qu’une petite partie de son message.


Le secret essentiel du mythe : à l’origine de nos plus grands maux, il y a la peur de la mort

Il se trouve que je viens de perdre un frère. Lundi, il y a une dizaine de jours, nous avons longuement parlé au téléphone et il était encore plein de projets pour le printemps. Dans la nuit de mercredi, il est tombé au pied des escaliers et il s’en est allé discrètement jeudi à une heure du matin. C’est dire que la mort vient de me traverser et que le mythe d’Œdipe et Antigone m’apparaît en ce moment avec une lumière accrue. Car ce mythe popularisé par la psychanalyse nous parle essentiellement de la mort et plus particulièrement de la peur de la mort. C’est cette peur qui perturbe le fonctionnement de nos vies sans que nous en ayons conscience. Averti par l’oracle de Delphes, Laïos sait qu’il aura un fils, mais ce fils finira par tuer son père. Alors, pris de peur, le père confie l’enfant qui vient de naître à un vieux berger de son entourage, avec mission de l’exposer à la mort dans la montagne voisine. Mais le berger qui a la vie entre les mains ne peut se résoudre à l’obéissance mortifère. Il confie Œdipe, l’enfant de Laïos, à un ami, berger, au service du roi de Corinthe. Privé de descendance, le roi reçoit l’enfant comme un cadeau et décide de l’adopter.


La peur de la mort conduit à la peur de l’autre

La vie finit par contourner la mort, mais elle ne peut l’esquiver car, en définitive, la mort non seulement fait partie de la vie mais elle est, avant tout, force de vie. Malheur à ceux qui veulent couper la branche des fruits empoisonnés que porte l’arbre de vie : c’est la vie elle-même qu’ils condamnent à mort. La vie, en effet, est emportée par l’élan de l’évolution qui procède par mutations comme si elle décrochait d’elle-même pour avancer. Or ce décrochage, c’est précisément ce que nous appelons la mort : il ne fait que pousser la vie en avant. Sans lui l’évolution est impossible. Ainsi la mort devient le secret de la vie. Sans elle, je ne peux avancer vers l’autre, qui, tel un passeur nécessaire, m’ouvre le chemin. Si j’ai peur de la mort, j’ai peur de l’autre et cet autre devient la figure du meurtrier. Le fils est l’autre du père, et, si la peur de la mort prend le dessus, l’imaginaire le présentera comme l’assassin désigné pour tuer celui qui l’a engendré. Et, c’est là que s’enracine la toute-puissance qui veut échapper à la main du meurtrier. Loin d’être un héros, le tout-puissant est une victime de la peur de la mort.


Œdipe, c’est la représentation de l’homme tout-puissant

L’homme est d’abord un animal et il a droit à un examen de passage pour franchir le saut qui le sépare de l’humanité. Dans le mythe, c’est le sphinx, qui est chargé de lui faire passer l’examen, en posant la question : « Qu’est-ce-que l’homme ? ». Le sphinx a une tête de femme et un corps de lion ; il est l’image de la mère archaïque, chargée d’engendrer l’homme tout en n’étant pas complètement dégagée de l’animalité. Œdipe répond à sa question : l’homme commence à marcher à quatre pattes comme l’animal, il devient véritablement humain en se dressant sur ses deux pieds, et puis il se dirige vers la mort en s’appuyant sur un bâton. En réalité l’examen ne fait que constater un passage déjà fait précédemment en passant de la paternité subie avec Laïos, à l’adoption avec le roi de Corinthe. Pour donner naissance à un fils, l’homme ne doit pas simplement l’engendrer physiquement, il doit ensuite l’adopter. Œdipe est véritablement un homme parce qu’il a été adopté. Il n’échappe pourtant pas à la peur de la mort qui nourrit sa toute-puissance, car il ne sait pas encore faire sa place à l’autre. Un vieil homme a voulu obstruer sa route, alors il l’a tué comme s’il était un animal. Sans le vouloir, parce qu’il n’avait pas encore fait le passage par l’altérité, il a tué son père et il a tué un homme qui était roi. De même que le fils est l’autre du père, le père est l’autre du fils. C’est d’abord dans l’alliance avec le père que le fils (ou la fille) accède à l’altérité et c’est lorsque l’homme devient autre qu’il se transforme en roi (ou en reine).


Pour sortir de la toute-puissance, Oedipe passe du voir à l'écoute en se crevant les yeux

Oedipe est aveugle car, en fait, il est victime d’un jeu qu’il ne maîtrise pas. Beaucoup s’interrogent sur le mal, au sens fort du terme. En fait, le mythe nous montre que le mal se révèle dans cette partie de nous-mêmes que nous ne maîtrisons pas. Au lieu de faire de nous des êtres responsables, il en fait des victimes. Œdipe a tué son père et épousé sa mère sans le savoir. Tirésias lui indique la voie pour sortir de ce destin fatal. Il faut être aveugle, comme lui, pour voir vraiment. Le voir est du côté de la raison et l’écoute est du côté du cœur. A un moment donné, lorsque le destin nous détourne de notre chemin, il convient de réunir le cœur et la raison et de donner la priorité au cœur et à l’écoute. Pour faire bonne mesure Œdipe se crève les yeux, cherchant ainsi à ouvrir le chemin de l’amour en écoutant battre le cœur de l’autre.


Le grand retournement : Œdipe accepte de passer par la mort pour ouvrir un nouvel espace à la vie

Maintenant qu’il est aveugle, Œdipe voit enfin que la peur de la mort est à l’origine de tous les maux qui l’ont poursuivi. Il lui appartient désormais de montrer la voie aux humains, qui, comme lui, se sont égarés. Alors, il s’en va vers la mort pour retrouver la paix et ouvrir un nouvel espace à la vie. Le sens de ce nouvel horizon sera révélé par Antigone.


Une femme, Antigone, prend le relais d’Œdipe : elle fait triompher l’amour

La peste avait envahi le royaume de Thèbes. Mais elle vient de disparaître au moment où Œdipe est reconnu coupable. Le héros prend alors son bâton pour rejoindre le bosquet des Erinyes, déesses chargées de punir les parricides. Antigone, sa fille, l’accompagne et toute la Grèce est secouée d’émotion à la vue de ce vénérable vieillard, en chemin vers la mort, accompagné par une ravissante jeune fille. De son côté, Thésée, le roi d’Athènes, voudrait l’arrêter et lui offrir un gîte convenable. Mais le marcheur sollicite simplement un vêtement neuf pour effectuer son grand passage. Au moment venu, il retrouve la vue et descend la marche qui conduit au monde inférieur.

Pendant ce temps, les fils d’Œdipe, Etéocle et Polynice se disputent le pouvoir et finissent par perdre la vie dans un ultime combat fratricide. Seul Etéocle a droit à des funérailles nationales et le corps de Polynice est exposé à la rapacité des bêtes sauvages. Personne n’a le droit de l’enterrer sous peine de mort. Pour Antigone, chez qui le cœur a pris le pas sur la raison, le devoir de l’amour fraternel l’autorise à enfreindre les ordres du roi. Dans la nuit, elle fait une sépulture à son frère. Condamnée à être enterrée vivante, elle préfère se pendre à son voile plutôt que de laisser au roi la responsabilité de sa mort.

C’est ainsi qu’Antigone fit triompher l’amour sur la toute-puissance.


Pour sortir de la crise, Macron est amené à suivre l’exemple d’Œdipe : il doit accepter la remise en cause de son programme

Macron se trouve à un moment important de notre vie politique. Il lui appartient, pour sortir de la crise, d’opérer une mutation qui le remet presque fondamentalement en cause. Chaque mutation, comme nous l’avons déjà souligné, est une forme de mort qui doit provoquer un sursaut en avant pour repartir sur de nouvelles bases. Par un réflexe de sagesse, le président a accepté de se mettre à l’écoute du peuple en lui donnant la parole à travers un grand débat et l’organisation locale de cahiers de doléances. Il n’a pourtant pas été jusqu’au bout de la démarche. En se crevant les yeux, Œdipe voulait faire passer l’écoute avant le voir, le cœur avant la raison. Macron se cramponne encore démesurément à la raison pour rester fidèle à ceux qui l’ont élu. Il cherche à éviter le chemin par la mort. Or c’est une partie de son programme qu’il doit accepter de remettre en cause s’il veut amener l’Etat et les citoyens à faire le passage.


Il lui appartient enfin de féminiser le pouvoir pour que chacun trouve sa place

C’est une femme, Antigone, qui prend le relais d’Œdipe. Si les femmes donnent naissance, il leur appartient aussi d’accompagner jusqu’à la mort. Sans doute ne faut-il pas prendre à la lettre ce genre de considération. Il n’en reste pas moins qu’elles sont un peu la mémoire du monde et qu’alors leur rôle est essentiel lorsqu’il faut aller vers une renaissance : regrouper tous les bagages pour opérer le grand déménagement vers la terre promise. En tout cas, il faut que tout le monde soit là, et principalement les femmes qui ont souvent été oubliées. Leur absence, à un moment aussi décisif, serait catastrophique car ce sont bien elles qui ont le secret de la vie et de l’amour.

Etienne Duval

 

 

 


 

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commentaires

yannick noah 18/01/2021 09:21

c'est vraiment coll tabernak je retourne dans mon char prendre mon chandail avec ma blonde

pralinot 09/05/2020 19:05

Je trouve cette analyse du mythe plutôt intéressante et bien mise en rapport avec l'actualité. Cela laisse ç réfléchir...

Petra Gonzalez 04/05/2020 00:03

Dr Ilekhojie QUI M'AIDE À ENREGISTRER MA RELATION.TEXT OU À L'AJOUTER SUR WHATSAPP: +2348147400259

Je veux témoigner d'un lanceur de sorts formidable et puissant que mon mari m'a laissé et les enfants pendant 2 semaines quand je l'ai appelé, il n'a pas décroché quand il est revenu à la maison la 3ème semaine, il m'a dit qu'il voulait un divorce j'étais si triste J'ai pleuré toute la nuit, il est reparti j'étais si seul le lendemain, je cherchais quelque chose en ligne quand j'ai trouvé un lanceur de sorts appelé Dr Ilekhojie qui a aidé tant de gens à résoudre leurs problèmes, alors je l'ai contacté avec mes problèmes, il m'a dit que ça allait prenez 24 heures et mon mari sera de retour pour moi, j'ai fait tout ce qu'il m'a dit de faire et le lendemain, mon mari est revenu à genoux et suppliant d'avoir annulé le divorce, nous sommes maintenant heureux ensemble. contactez-le sur WhatsApp Dr Ilekhojie au +2348147400259 ou par e-mail (gethelp05@gmail.com)

maria 02/12/2019 19:40

J'avais de graves problèmes avec mon mari et cela l'a amené à déménager chez ses amis. Tout a empiré parce qu'il a commencé à fréquenter les bars et les clubs de strip-tease souvent avec ses amis, se saouler et s'évanouir. Il m'a toujours menacé au téléphone chaque fois que je l'appelle en raison de tous les mauvais conseils que ses amis lui donnaient. Je l’aime et nous étions ensemble depuis 8 ans avant le changement soudain. Je ne pouvais pas tomber enceinte et j'ai appris que c’était de ma faute. J'étais tellement triste et frustré jusqu'au jour où j'ai parcouru Internet et vu une dame raconter son témoignage au sujet d'un puissant sort de sortilège DR, SUNNY, qui l'a aidée à lui ramener son mari avec un sort, alors j'ai décidé de le lui donner. essayer aussi et j'ai contacté le DR. SUNNY par e-mail à drsunnydsolution1@gmail.com et j'ai expliqué tous mes problèmes à lui et à DR. SUNNY m'a dit que je ne devais pas m'inquiéter, qu'il m'aiderait à résoudre mes problèmes, mon mari rentrerait à la maison et serait en RD. SUNNY m'a aussi dit qu'il pourrait aussi faire un sort de grossesse. Il m'a également dit que le sort ne me causait pas de tort, pas plus que mon mari. J'ai décidé d'essayer et j'ai fait tout ce qu'il m'a dit de faire immédiatement et il a fabriqué le sortilège pour moi. Deux jours plus tard, mon mari est rentré à la maison et il s'est excusé en disant qu'il était désolé de ce qu'il m'avait coûté. Nous sommes maintenant heureux et vivons ensemble heureux. Deux mois plus tard, j'ai réalisé que j'étais enceinte. Je suis vraiment heureux maintenant parce que je ne sais plus quoi dire, mais si vous lisez ceci et avez le même problème avec une relation ou avez de la difficulté à être enceinte, un mari ou un petit ami ou un problème de quelque nature que ce soit, en dehors du pouvoir médical s'il vous plaît contacter DR, SUNNY sur son email est: drsunnydsolution1@gmail.com ou WhatsApp lui +2349030731985 et être 100% sûr qu'il a la solution à vos problèmes.

Yves Bajard 08/03/2019 19:43

J'avoue avoir pêché peut-être par pessimisme en négligeant un des aspects de l'article concernant le rôle que les femmes pourraient être amenées à jouer si elles continuent à investir le champ politique car elles semblent moins enclines à se laisser griser par le goût du pouvoir.
Elles sont effectivement plus aptes à abandonner cette toute puissance au profit d'une véritable construction démocratique.
Mais cette place qui doit leur être accordée ne concerne pas uniquement le domaine politique mais aussi les champs économique et artistique, elles sont encore trop peu nombreuses dans les réalisations cinématographiques et les créations théâtrales.

Etienne Duval 08/03/2019 19:45

C’est effectivement un aspect très important aujourd’hui. Merci pour ce complément de réflexion

Yves Bajard 08/03/2019 11:34

Je te suis reconnaissant pour l’intérêt que tu sembles accorder aux commentaires que je peux apporter sur ce blog ; aussi j’ai peur de devoir te décevoir en avouant mon incapacité à adopter une posture au regard de la situation sociale, politique et économique que nous traversons. Ce n’est pas faute de m’y intéresser, de tenter de comprendre. Je n’ai de cesse d’écouter ou bien de lire tel ou tel commentateur avisé, qu’il soit économiste, sociologue, homme politique.
Bien sûr je suis sensible et souvent je te rejoins, au regard des parallèles que tu sais établir avec les mythes qui ont construit notre civilisation et qui nous permettent de mieux comprendre ce que nous vivons.
Bien sûr qu’accepter notre propre disparition c’est abandonner nos peurs, c’et s’ouvrir à autrui, imaginer d’autres possibles, c’est laisser surgir ce quelque chose qui dépasse la raison.
Admettons que notre président ne soit pas comme certains le prétendent qu’un simple imposteur, qu’il soit effectivement sincère lorsqu’il déclare vouloir une société plus égalitaire et qu’à fortiori la marge de manœuvre de nos politiques soit réelle.
A partir de ce postulat, imaginons qu’il sacrifie ce qui semble être son principal cheval de bataille, à savoir la certitude qu’il doit favoriser les investisseurs, tous ceux qui à leur manière sont susceptibles de créer de l’emploi, de dynamiser la croissance. Ce seul sacrifice qui pourrait être effectivement considéré comme un véritable suicide politique au regard de la partie la plus libérale de son électorat, ce sacrifice suffirait -il à transformer notre société, suffirait-il à convaincre tous ceux qui semblent voir dans leurs privilèges que la juste compensation de leurs talents, de leurs savoirs faire, de leur science, de leur pouvoir ou que sais-je encore. Il me semble impérieux que d’autres acceptent de revêtir les habits d’Antigone.
J’aimerais avoir ton espérance et croire que nous sommes à l’aube d’une véritable mutation, mais j’ai bien peur que nous soyons à l’aube d’un éternel recommencement et que toujours s’impose à nous cette question récurrente qui traverse toute notre histoire et celle de tous les continents, comment construire un monde plus juste, plus tolérant, plus solidaire.
Au moment où j’écris ces lignes, je me demande ce que je suis moi-même prêt à sacrifier.

Etienne Duval 08/03/2019 11:35

Au moins tu es honnête lorsque tu te demandes si tu es prêt à sacrifier des choses. Pour le reste, c’est vrai que je suis plus optimiste que toi. Je crois en effet que nous sommes face à une véritable mutation, qui dépasse la France et peut-être l’Europe elle-même. C’est ce qui m’autorise à aller chercher dans les mythes, et en particulier, dans le mythe d’Œdipe et Antigone, une matrice du changement à entreprendre. Le changement envisagé me paraît être une refondation de la démocratie, avec un jeu plus appuyé entre le pouvoir et le peuple et une participation beaucoup plus importante des femmes aux postes de responsabilité.

Josiane Bochet 04/03/2019 10:58

Bonjour Etienne ,

comme tu le constates , je viens seulement de lire ton article donc , avec du retard , je me permets de te présenter mes condoléances
émues . Même si je pense que tu n'as pas tout à fait la même approche de la mort que la majorité d' entre nous , je ne peux m 'empêcher de penser que ton coeur souffre à la disparition de ton frère .

Oui " la mort fait partie de la vie" comme tu l 'écris , aussi difficile soit-il de le vivre ...
Je partage la dynamique que l 'analyse des mythes te permet et espère que E.Macron saura " féminiser " sa gouvernance car il y a urgence à sortir de cette crise .
C'est une des raisons qui me poussent à participer , ce soir au débat organisé dans ma commune .
Antigone m ' a toujours beaucoup touchée : enterrer ses morts , les accompagner , c'est vital .

Bien amicalement . Prends soin de toi .

Josiane

Etienne Duval 04/03/2019 11:08

Merci Josiane pour ton message. Quoi qu’on pense, c’est toujours dur d’être séparé de quelqu’un de proche. Sa porte est à côté mais nous n’avons pas encore la clé.
Par ailleurs, je persiste à penser que les mythes très anciens peuvent encore nous servir de guides aujourd’hui. Macron saura-t-il envisager les remises en cause nécessaires et ouvrir une plus grande place du pouvoir aux femmes. Je l’espère mais je suppose que ce ne sera pas si facile. Oui Antigone, comme Shahrazade, est une belle figure de femmes, qui peut nous inspirer pour l’avenir.

Pierre Decaillet et Vida Salvador 03/03/2019 16:25

Pierre Decaillet et Vida Salvador conseillent de lire : Stopper la montée de l’insignifiance. Par Cornelius Castoriadis - 1998
https://www.monde-diplomatique.fr/1998/08/CASTORIADIS/3964
J’en ai retenu un petit passage significatif :


Çà et là, on commence quand même à comprendre que la « crise » n’est pas une fatalité de la modernité à laquelle il faudrait se soumettre, « s’adapter » sous peine d’archaïsme. On sent frémir un regain d’activité civique. Alors se pose le problème du rôle des citoyens et de la compétence de chacun pour exercer les droits et les devoirs démocratiques dans le but — douce et belle utopie — de sortir du conformisme généralisé.

Etienne Duval 03/03/2019 16:32

La crise est précisément le moment où il faut se réveiller pour ouvrir un nouvel espace à la vie.

Geneviève Dupont 28/02/2019 21:45

Quand tu parles de la peur de l'inconnu, cela rejoint la racisme, antisémitisme l'homophobie etc.
Personnellement, je me sens de plus en plus concernée par l'égalité de tout être humain, différence de couleur, de religion, du handicap physique et psychique...
Je vais lire ton article, n'en n'ayant pas eu le temps à l'heure où j'écris.
La maladie de notre fils nous a ouvert de nouveaux horizons, nous a enrichis, je pense.

Etienne Duval 28/02/2019 21:53

Tu as raison, Geneviève, l’inconnu nous fait peur et entraîne le rejet. Et quelles que soient nos différences, connues ou inconnues, nous sommes fondamentalement égaux, car nous avons la même dignité de sujets. Et qui dit sujet renvoie à une forme de transcendance, qui nous arrache à toutes nos petitesses.

Jean-Marc Dupont 28/02/2019 18:26

Bonjour Etienne,

J’ai lu avec beaucoup d'intérêt ton dernier article sur le mythe d'Œdipe et d'Antigone. Je ne connaissais qu'une toute petite partie de ce mythe, celle abordée par la psychanalyse.

Dans le 3ème paragraphe intitulé la peur de la mort conduit à la peur de l'autre, tu écris, très justement, que la mort non seulement fait partie de la vie mais qu'elle est avant tout force de vie. Par ailleurs, je me demandais si on ne peut pas dans le lien que tu établis entre la peur de la mort et la peur d'autrui, une angoisse par rapport à l'inconnu que constitue l'au-delà (notamment pour les non croyants), et une forme de méfiance provenant de la méconnaissance des autres.

J'ai été également très intéressé par le paragraphe où tu évoques la primauté du cœur sur la raison. Malheureusement et, ce n'est sans doute pas un hasard, en politique la raison l'emporte souvent sur le cœur. L'idéal serait de concilier les deux.

Merci pour ton excellent article, source inépuisable de réflexion.

Bonne soirée.

Etienne Duval 28/02/2019 18:27

Tu as raison, il y a une peur de l’inconnu et, en même temps, je deviens véritablement homme lorsque j’accepte de faire une place à l’inconnu, en tout, à ce qui dépasse ma possibilité de connaissance.
Et, entièrement d’accord avec toi, il faut faire passer le cœur avant la raison, et c’est ce qu’on appelle l’amour. Antigone nous en fait la démonstration.
Merci de prendre part à la réflexion commune.

Etienne Duval 27/02/2019 15:32

L’HOMME RENAÎT AVEC LA FEMME, AVEC ANTIGONE
Œdipe représente l’homme masculin. Il s’en va vers la mort et ouvre un nouvel espace de vie. Ce nouvel espace de vie, c’est celui de la femme, celui d’Antigone. L’homme devient pleinement homme lorsqu’il reconnaît la femme et qu’il lui donne une place importante dans le monde politique. Sans doute une des grandes mutations d’aujourd’hui sera-t-elle l’avènement de la femme.

Google 26/02/2019 17:08

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Reprise Etienne 25/02/2019 17:30

Merci Anne-Marie pour tes condoléances. Dans le mythe d’Œdipe et Antigone, il est aussi question de vie et de mort. Œdipe, à la fin, assume sa propre mort car il sait qu’elle ouvre un nouvel espace de vie. Il a appris qu’à l’origine de tous nos maux, il y a souvent la peur de la mort. Dans la crise que nous traversons, Macron se cramponne à la raison. Il ne veut pas mourir (au sens symbolique), c’est-à-dire remettre en cause son programme ou une partie de son programme. La véritable sagesse devrait pourtant l’amener à faire ce pas ultime pour sauver l’avenir et sortir de la crise.

Anne-Marie 25/02/2019 17:31

Je partage.

Les Labdacides (Laïos) 25/02/2019 16:53

HISTOIRE DES LBDACIDES (famille de Laïos)
Heureux qui jusqu’en son vieil âge ignore le goût du malheur !
Quand une fois le ciel a frappé la maison,
la ruine de proche en proche
gagne et n’épargne pas un seul des descendants.

( Antigone de Sophocle )
Tout commence lorsque Zeus, prenant l’apparence d’un superbe taureau, enlève Europe, la fille d’Agénor. Ce dernier demande à ses fils de partir à sa recherche. Après avoir parcouru tout l’univers, l’un d’eux, Cadmos, consulte l’oracle, qui l’invite à ne pas s’inquiéter de sa sœur mais plutôt à suivre une génisse et à fonder une ville là où elle s’étendra. C’est ainsi que sera créée Thèbes (en Béotie, ce qui veut dire « le pays de la génisse »).
Malheureusement, un dragon garde la seule source de la contrée. Cadmos le tue, et Athéna lui ordonne de semer les dents du dragon. Aussitôt des hommes armés jaillissent des sillons et s’entretuent. Ceux qui survivent deviennent les compagnons de Cadmos. De ces hommes belliqueux proviennent les Spartes ( les « semés »).
Cadmos épouse ensuite Harmonie la fille d’Arès, le dieu de la guerre. Ils ont un fils et quatre filles. L’une d’elle, Sémélé, est séduite par Zeus. Devenue sa maîtresse, elle se heurte à la jalousie d’Héra qui, prenant l’apparence d’une vieille femme, lui fait croire que son amant est un menteur et qu’il se fait passer pour le roi des dieux. Afin d’être certaine que son amant ne lui ment pas, Héra suggère à Sémélé de lui demander d’apparaître dans toute sa splendeur divine ; ce que Sémélé fait. Elle est aussitôt consumée, un humain ne pouvant supporter de la vue d’un dieu. L’enfant qu’elle portait sera sauvé de la mort par Zeus qui le place dans sa cuisse ( sorte de couveuse artificielle ). Il s’agit de Dionysos, le dieu né deux fois.
Agavé, une autre fille de Cadmos, a pour fils Penthée. Celui-ci devient roi de Thèbes et s’oppose à l’introduction du culte du jeune dieu Dionysos, son cousin. Ce dernier se venge : Penthée sera tué sur le mont Cithéron, décapité par sa propre mère et les bacchantes (ces femmes qui se livrent au culte de Dionysos, dont le nom romain est Bacchus).
Labdacos, un petit-fils de Cadmos, donne son nom à la famille des Labdacides. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est à partir de ce personnage que les choses tournent mal dans la maison royale de Thèbes (Labdacos signifie «le boiteux» ; son règne est boiteux, instable. C'est un temps de violence, de désordre). En effet, en mourant, Labdacos laisse un fils âgé d’un an, Laïos.
S’ensuit, durant la période de régence ( le roi Laïos étant trop jeune pour régner ), une période de trouble, et Laïos devra fuir chez Pélops. Plus tard, rentrant à Thèbes pour y régner, il enlève le fils de son hôte, Chrysippos, dont il est devenu amoureux. Cet enlèvement provoque la colère d’Héra qui maudit la famille. Un peu comme dans la bible ( pensez à l’épisode d’Adam et Ève chassés du Paradis ), ce sont les parents et toute leur descendance qui sont maudits. Une autre version affirme que c'est Pélops qui lance contre Laïos une imprécation en demandant que la lignée des Labdacides soit vouée à l'anéantissement.
Laïos épouse Jocaste. L’oracle leur interdit d’avoir une descendance : elle causerait la perte de Thèbes ( c’est un thème fréquent. Le prince Pâris, par exemple, provoquera la perte de Troie ). Contre toute attente, ils ont pourtant un fils, Œdipe
Ses parents confient l’enfant à un homme qui doit le tuer. N’en ayant pas le courage, il l’abandonne sur le mont Cithéron ( autre thème fréquent que celui de l’enfant abandonné : Moïse, Blancheneige... ), pendu par un pied à un arbre (Œdipe signifie « Pieds enflés »). Un berger le recueille et le confie à Polybe, le roi de Corinthe qui l’élève comme son fils, sans jamais lui dire qu’il a été adopté.
Devenu adulte, Œdipe consulte l’oracle qui lui dit qu’un sort terrible lui est promis : il tuera son père, et épousera sa mère. Voulant fuir ce funeste destin, Œdipe quitte Corinthe. Sur le chemin, il croise un homme qui ne veut pas lui céder le passage. Ils se disputent, et Œdipe le tue. Cet homme qu’il vient de tuer est Laïos, son propre père, parti consulter l’oracle de Delphes afin de savoir comment se débarrasser du terrible monstre ( le Sphinx ) qui ravage Thèbes. On voit comment en voulant fuir son destin, Œdipe précipite sa réalisation.


Se dirigeant vers Thèbes, Œdipe rencontre le Sphinx qui lui pose une énigme à laquelle il doit répondre s’il veut rester en vie : « Quel animal a quatre pieds le matin, 2 à midi et 3 le soir ? ». Personnellement, je préfère cette version de la devinette :


Sur terre il est un être à deux, quatre, trois pieds,
et même voix toujours ; le seul dont le port change
parmi tous ceux qui vont rampant au ras du sol,
qui montent dans les airs ou plongent dans l’abîme.
Quand, pour hâter sa marche, il a plus de pieds,
c’est alors que son corps avance le moins vite.
Œdipe trouve la réponse ( cette histoire de pieds a pu être facilement résolue par Œdipe dont le nom évoque précisément le pied ). Il s’agit de l’homme qui, au matin de la vie, marche à quatre pattes puis à deux pattes et enfin, au soir de la vie, devenu vieux, à trois pattes ( l’homme s’aidant d’une canne ). Le Sphinx disparaît aussitôt, consumé. C’est en triomphateur qu’Œdipe entre dans Thèbes. Le roi Laïos étant mort, Œdipe vainqueur du Sphinx devient roi et épouse Jocaste sans savoir qu’elle est sa mère ( la prophétie de l’oracle est réalisée ).
Ils ont quatre enfants, deux fils ( Étéocle et Polynice ) et deux filles ( Ismène et Antigone ). Les dieux envoient la peste dans Thèbes pour punir cette cité dans laquelle tant de crimes ont été commis. Après les révélations de Tirésias, Œdipe découvre la vérité, se crève les yeux, et part en exil à Colone. Il sera guidé par sa fille Antigone. Jocaste se pend.
Pendant l’exil d’Œdipe, une guerre éclate entre les deux frères, Étéocle et Polynice qui veulent tous deux le pouvoir ( autre grand sujet de la littérature : les frères ennemis ). Le plus jeune, Étéocle, chasse l’aîné Polynice, auquel devait revenir le trône. Polynice s’allie aux Argiens pour reprendre Thèbes. Tous deux mourront dans un duel au corps à corps. Créon, le frère de Jocaste, devient le roi et fait d’Étéocle un héros défenseur de la cité tandis qu’il interdit que Polynice soit enterré. Sans funérailles, son corps sera dévoré par les oiseaux carnassiers, et son âme ne pourra rejoindre le royaume des morts.
Bravant l’interdiction de Créon, sa sœur Antigone tente d’ensevelir le corps. Elle sera condamnée à être emmurée vivante (cf. Antigone de Jean Anouilh).
Arbre généalogique

http://www.ralentirtravaux.com/lettres/sequences/troisieme/oedipe/genealogie_labdacides.php

Jean Puel 25/02/2019 15:09

Effectivement je trouve que ton mail est bien compliqué mais je me méfie de mon intelligence limitée et de mon manque d'instruction; je ne comprends plus les gilets jaunes qui manifestent et qui cassent alors qu'initialement je leur donnais raison car j'estime que Macron a trop avantagé les riches au détriment du reste de la population; j'avais voté pour lui car j'étais totalement opposé au programme de Marine LE PEN et je ne vois pas comment il peut leur donner satisfaction sur le r.i.p. qui me paraît être totalement irréaliste alors que je suis favorable à un système de référendum d'initiative citoyenne et que je suis d'accord pour avoir une démocratie plus équilibrée que l'actuelle. J'ai le sentiment d'être maintenant totalement hors course face aux jeunes qui ne travaillent pas car les emplois disponibles ne leur conviennent pas et qui préfèrent vivre des minima sociaux. J'estime qu'être président de la république en France est devenu un job très difficile car je pense qu'une partie de nos concitoyens sont devenus trop exigeants et sont entièrement irréalistes.

Amicalement de tous deux.

Etienne Duval 25/02/2019 15:18

Je partage un peu tes réactions. Mais le mythe d’Œdipe et Antigone me montre que Macron ne va pas jusqu’au bout de la démarche. Il commence à écouter avec le grand débat, mais il évite le chemin qui passe par la mort, c’est-à-dire par la remise en cause de son programme ou d’une partie significative de son programme. Sans l’appui du mythe, je ne l’aurais pas vu.
Merci et bien amicalement à tous les deux.

Yves Bajard 25/02/2019 14:54

Bonjour Etienne,

Je découvre seulement aujourd'hui, sur ma boîte : bajrip@hotmail.fr, une adresse mail que je consulte qure très rarement, le mail par lequel tu nous faisais part du décès de ton frère Jean.
Tu voudras bien me pardonner pour ce retard, aussi je voulais au travers de ce message te témoigner toute mon affection au regard de la douleur que nous inflige la perte d'un être cher.
Je sais bien que les mots sont une maigre consolation mais ils agissent parfois comme un pansement sur une blessure et aide à la cicatrisation.
Je ne manquerai pas de lire le dernier article du blog et te suggère de supprimer cette adresse hot-mail et ne conserver que l'adresse :
yves.bajard@gmail;com

Affectueusement

Yves Bajard 25/02/2019 15:05

Merci Yves.Je viens de supprimer ta mauvaise adresse et j’attends ta lecture. Tes réactions m’intéressent : elles sont toujours très personnelles et toujours très adaptées.
Bonne fin de journée !

Vida Salvador 25/02/2019 11:30

Bonjour Etienne,

Je te présente mes condoléances à la suite du décès de ton frère. Je suis fille unique mais je me suis attachée à mes cousins, sans doute, d’une façon inconsciente, remplaçaient-ils les frères que je n’ai pas eu. On sait qu’on doit mourir mais cela n’enlève rien à notre chagrin.

Je voulais aussi t’informer sur la personne qui signe Pierre dans ton blog. Ce monsieur je l’ai rencontré leur de la signature d’un livre qu’il a écrit sur ses aïeuls, venus de Suisse, qui se sont installés en Algérie avant la colonisation française. Suite à la lecture de son livre j’ai échangé avec lui car ses parents et lui même habitaient Bordeaux, par hasard ils ont en tant que protestants connu et fréquenté Jaques Ellul, auteur connu par certains écolos
, dont j’ai lu deux livres : « la foi au prix du doute » et « l’espérance oubliée », peu de gens connaissent cet auteur en France. Etant toujours avide d’échanges, j’entretiens, par courriel interposé, une sorte de dialogue et échange de livres. Il m’a prêté des DVD, « à l’origine du christianisme » et « Corpus Christi » de G. Mordillat. Cela m’a beaucoup appris.
D’autre part, dans ta réponse je devine ta prudence car, effectivement, Pierre Décaillet, c’est son nom, est très GJ. Je crains cependant que Macron ne change pas, la façon dont il oeuvre avec les manifestants, à travers son ministre, laisse penser qu’il pari plus sur le pourrissement de la situation que sur l’apaisement. Pour tout dire je me sens aussi GJ.

Je te remercie pour tes réflexions qui sont quelques fois, pour moi, un peu difficiles à interpréter mais me donnent l’occasion d’approfondir.

Amicales pensées.

Etienne Duval 25/02/2019 11:43

Merci Vida pour ta sympathie et tes propres réflexions. Oui j’ai été prudent avec Pierre, percevant bien ses engagements mais c’est un homme sincère. Personnellement je suis aussi critique par rapport à Macron en pensant qu’il évite le chemin par la mort, c’est-à-dire la remise en cause de son programme. Mais je reconnais qu’il a déjà fait un pas en organisant le grand débat. Il faut bien qu’on y mette chacun du sien pour avancer.
Comme toi, je reconnais que je suis parfois un peu compliqué.
Bien amicalement.

Benoit Paul 25/02/2019 04:51

Bonsoir Etienne . Juste pour te dire, avant d'en avoir fait la lecture que nous venons de recevoir les 2 blogs de janvier et février, ce qui suppose que tu as pu revoir ta liste de diffusion comme dit lundi passé à Flumet. Grand merci . Prend soin de toi Suzanne et Paul.

Etienne 25/02/2019 09:10

J’ai été content de vous retrouver. Vous étiez dans les abonnés du blog. J’espère que vous ne serez pas désarçonnés par cet article à partir du mythe d’Œdipe et Antigone. Œdipe n’a plus peur de la mort, de la grande remise en cause… Macron est encore trop sur la défensive. Il cherche encore trop à esquiver la remise en cause de son programme.

Version plus complète d'Oedipe et Antigone 24/02/2019 21:59

OEDIPE ET ANTIGONE



Il y a bien longtemps, Thèbes était gouverné par le roi Laïos et la reine Jocaste. Ils n’avaient pas d’enfant et souhaitaient en vain un garçon pour assurer leur succession.

Un jour, le roi envoya un messager à Delphes pour demander au fameux oracle ce qu’il fallait faire pour apaiser le courroux des dieux. Ce fut une atroce prédiction que rapporta l’homme à ses souverains : le monarque en resta muet d’horreur. « Il te naîtra un fils, et, avec lui, le malheur s’abattra sur ton palais. Tu mourras toi-même de sa main. » Désespérée, la reine passa ses nuits à pleurer. Aussi, lorsque Jocaste mit au monde un garçon, la joie céda la place à la terreur. Laïos ne voulut pas voir l’enfant et ordonna sur-le-champ qu’un vieux berger l’emporte dans la montagne et l’abandonne aux animaux sauvages. Mais le berger prit pitié de cet innocent et le sauva de la mort. Il l’emmena chez un de ses amis, berger lui aussi, qui gardait les troupeaux du roi de Corinthe. Puis il s’en revint à Thèbes en prétendant avoir accompli sa fatale mission. Alors Laïos se calma et, après quelques mois, la reine sécha ses pleurs et oublia son malheureux nouveau-né. Puis le couple royal se fit à l’idée qu’il n’aurait pas de descendance.

Le berger qui avait recueilli le petit garçon lui donna pour nom Oedipe et l’emmena dans la cité de Corinthe. Le roi de ce pays, qui lui aussi n’avait pas d’héritier, s’attacha à l’enfant et l’adopta. Oedipe prit ses forces et grandit sans se douter le moins du monde de ses véritables origines : le secret en était bien gardé.

Lorsqu’il devint adulte, son père adoptif organisa une grande fête en son honneur. Les vins les plus fins égayèrent les visages et les esprits des joyeux convives. Puis les invités se mirent à raconter des histoires vraies ou fausses et ceux qui avaient le sang chaud se mirent à se disputer. Oedipe, qui était lui aussi un tempérament très passionné, prit part à la querelle. C’est alors qu’un homme, pris de boisson, voulant cruellement l’offenser, s’exclama : « J’en ai assez de me disputer avec toi. Seuls les dieux savent de qui tu es le fils. Sûrement pas celui de notre roi ». Le jeune homme domina sa colère et se tut car une étrange pensée venait de le priver à jamais de la paix du coeur. La première chose qu’il fit le lendemain fut de demander au roi et à la reine si on lui avait dit la vérité. Ils essayèrent de le rassurer, et se fâchèrent contre l’imprudent bavard. Doutant de leur sincérité, Oedipe sourit tristement sans les croire. Et, comme les soupçons le troublaient chaque jour davantage, il décida, sans en demander la permission, d’aller consulter l’oracle de Delphes. Mais il quitta Delphes encore plus troublé qu’il n’y était arrivé, car une sinistre prédiction lui avait été faite : « Fuis ton père ! Si tu le rencontres, tu le tueras de tes propres mains, et tu épouseras ta mère ».

Aussitôt, la résolution d’Oedipe fut prise : il ne retournerait pas chez ses parents adoptifs, qu’il croyait être ses véritables parents. Il prit la direction opposée à Corinthe, erra dans des pays inconnus et suivit les étoiles de façon que sa route ne le ramène jamais vers sa patrie, car il craignait de voir s’accomplir le présage fatal. Un jour, il rencontra un char à la croisée de deux chemins. Sur ce char, un vieillard et deux serviteurs. Comme ils étaient pressés, ils interpellèrent Oedipe : « Laisse-nous passer et vite ! » Notre héros ne bougea pas mais se mit à se quereller avec le conducteur impatient, et le jeta à bas de son siège. Alors le vieillard entra dans une grande colère et voulut frapper le jeune homme. Mais celui-ci, plus rapide que lui et doté d’un caractère fort emporté, le tua, massacra ses serviteurs, et, enfin calmé, poursuivit sa route.

Peu de temps après, Oedipe aperçut les remparts de la ville de Thèbes. Comme il se sentait fatigué, il s’assit sur une pierre en bordure du chemin pour se reposer. Soudain, il vit apparaître un voyageur marchant d’un pas très rapide et qui semblait fuir la cité. L’homme s’arrêta devant notre héros et s’exclama : « Qui es-tu donc pour t’arrêter aussi calmement ? Je ne conseillerais pas cela même à mon pire ennemi ». Oedipe regarda le nouveau venu avec stupéfaction. « L’un se repose tandis que l’autre court, dit-il, tu fuis Thèbes tandis que moi j’y vais. – Tu vas à Thèbes, s’écria le voyageur terrifié. Mais ne sais-tu pas qu’un Sphinx s’est installé sur un rocher près des murs de la ville ? – Je viens de Corinthe, répondit le jeune homme, et je n’ai parlé à personne en chemin. – Eh bien, écoute, lui murmura l’homme. Le Sphinx est une créature à tête de femme et au corps de lion. Sur son dos, il a des ailes. Chaque jour, un habitant de la ville doit aller le voir pour qu’il lui pose une énigme. S’il ne la résout pas, le Sphinx le précipite dans l’abîme. Personne n’arrive à trouver la réponse, c’est une véritable sorcellerie. Aussi, je suis bien content de n’être pas Thébain. Dès que je suis arrivé dans la cité et que j’ai su le funeste sort qui la frappait, j’ai pris mes jambes à mon cou. Puisque toi aussi, tu es étranger, n’y va pas, fuis avec moi. – Poursuis ta route, dit Oedipe, ta vie t’est sans doute très chère si j’en juge par la façon dont tu la protèges. Quant à moi, si je meurs, j’échapperai à une terrible fatalité. » Ayant prononcé ces paroles, il se leva et, perdu dans ses tristes pensées, s’avança vers la ville. Resté seul, le voyageur hocha la tête : « Il n’est pas de Thèbes et il veut se mêler de cela ! Grand bien lui fasse ! » Et il reprit sa course.

Ayant atteint la cité, Oedipe se dirigea aussitôt vers le palais royal où il trouva la reine Jocaste et son frère Créon. Le roi Laïos était parti à Delphes pour demander à l’oracle comment délivrer le royaume. Il n’en était pas revenu et l’on supposait qu’il avait été attaqué et tué par des voleurs de grand chemin. Aussi, pour le moment, Créon régnait-il à la place du défunt. Le jeune homme s’avança devant lui et dit : « Je sais le fléau qui s’est abattu sur ton peuple. Je vais aller trouver le Sphinx et j’essaierai de résoudre son énigme ». Jocaste et Créon furent surpris par tant de ténacité et le frère de la reine soupira tristement : « Les dieux aident les braves. Mon fils lui aussi a été victime de ce maudit sort et nous le serons tous à notre tour si personne ne trouve la solution de l’énigme. Je serai heureux de céder mon trône à qui nous délivrera du Sphinx. » La reine contempla le jeune homme avec admiration sans se douter qu’il était son propre fils. Le lendemain, tous les citoyens de Thèbes accompagnèrent le héros à l’une des sept portes de la ville ; mais ils n’osèrent pas s’aventurer plus loin. Oedipe escalada le sentier abrupt qui menait au rocher où se tenait le Sphinx. Déjà celui-ci attendait sa victime. Il cligna de l’oeil et lança au jeune homme un regard rusé. « Ecoute attentivement, scanda la voix avec une dureté inhumaine : Le matin, il a une tête et quatre jambes. A midi, il n’en a plus que deux. Et, le soir, il en a trois. Plus il a de jambes et moins il a de forces ». Oedipe sourit : grâce à son intelligence, la question lui avait paru facile. « C’est l’homme, dit-il. Au matin de sa vie il marche à quatre pattes. Au midi, qui représente l’âge adulte, il marche droit sur ses deux jambes, et au soir de sa vie il a besoin d’un bâton pour étayer sa faiblesse. Ce bâton, c’est sa troisième jambe. – Tu as résolu l’énigme, hurla le Sphinx », et il se précipita dans l’abîme.

Lorsque du haut des remparts les Thébains aperçurent Oedipe qui revenait, sain et sauf, de sa mission, leur joie éclata bruyamment. Ils l’accueillirent en libérateur et Créon lui céda le trône. Ainsi le jeune homme devint roi de Thèbes et reçut la reine Jocaste pour épouse. Longtemps Oedipe régna avec bonheur et justice. La reine donna naissance à deux fils, Etéocle et Polynice, et à deux filles, Antigone et Ismène, sans que personne ne soupçonne que le enfants du roi étaient aussi ses frères et ses soeurs. Les années passèrent. Les fils devinrent des hommes, les filles des femmes. C’est alors que la peste s’abattit sur le pays. La Mort fit des ravages dans toutes les demeures, des familles entières furent décimées et une grande anxiété s’empara de ceux qui espéraient encore survivre. Même le bétail dans les prés se fit rare. Les bergers disparaissaient et les troupeaux périssaient. Les vallons, qui auparavant retentissaient de meuglements, étaient maintenant silencieux et déserts. Le peuple terrifié supplia Oedipe d’intercéder en sa faveur : depuis sa victoire sur le Sphinx, on le pensait protégé par l’Olympe. « Rentrez tranquillement chez vous, répondit le héros. Ce soir, Créon, le frère de ma femme, reviendra de Delphes avec une prédiction. Nous obéirons à la volonté exprimée par les dieux et chasserons le fléau de notre pays. »

Avant même que le jour soit tombé, un char tiré par des chevaux écumants s’arrêta devant le palais et Créon en descendit rapidement pour faire part au roi de ce que lui avait dit l’oracle. « Ce ne sera ni facile ni rapide de soulager notre peine, dit-il au souverain. Le meurtrier du roi Laïos est dans nos murs. Tant qu’il ne sera pas puni nous ne serons pas débarrassés de la peste. » Aussitôt Oedipe fit annoncer dans toute le royaume que quiconque aurait un témoignage à fournir concernant l’assassinat du défunt roi était prié de se présenter au palais sans aucun délai. Il convoqua ainsi l’aveugle Tirésias auquel les dieux avaient accordé le don de prophétie. Mais celui-ci refusa plusieurs fois d’obéir à cet appel et, lorsque finalement il fut forcé de se rendre au palais, il montra une grande réticence, refusa de franchir la porte et resta obstinément sur le seuil. Oedipe sortit le rejoindre : « Entre donc, insista-t-il, nous attendons avec impatience ton sage conseil. – Renvoie-moi, ô roi, supplia alors l’aveugle, il serait préférable, pour toi comme pour moi, que je ne te révèle pas le nom du coupable. L’ignorance est parfois précieuse. – Parle, l’encouragea le héros, nous souhaitons tous délivrer Thèbes. Tu ne dois pas être une exception. Chacun, ici, désire t’entendre. – Ne m’oblige pas à dévoiler le secret. Permets-moi de me taire : un horrible fléau s’est abattu sur nos têtes, mais un malheur bien plus grand te frappera si je parle. – Très bien, s’exclama le roi. Je comprends pourquoi tu gardes le silence : je pense que tu es le complice des meurtriers. Tu es traître à ton pays et, si tu n’étais pas aveugle, je dirais que tu es toi-même l’assassin. » Après une telle réprimande, Tirésias ne résista plus et révéla ce qu’il savait depuis longtemps. « Tu veux connaître la vérité ? Eh bien, je vais te le dire. Tu as toi-même tué Laïos et tu as épousé ta propre mère ! » Se souvenant du lointain présage, Oedipe s’alarma. Mais bientôt la colère chassa ce troublant souvenir. « Qui a inventé cela ? s’écria-t-il : Créon ou toi ? Vous voulez donc vous emparer de mon trône par la traîtrise et par la fourberie ? Ou bien peut-être es-tu fou ? – Il te semble que j’ai perdu la raison, répondit le prophète, pourtant tes parents me considéraient comme un sage. L’avenir montrera qui a dit la vérité et qui n’a pas voulu comprendre. » Et, sur ces mots, le vieil aveugle quitta le palais. La reine Jocaste consola le bouillant Oedipe : « Quelle importance a donc la prophétie de Tirésias ? Ne te tracasse pas. Je peux te donner l’exemple d’un faux présage : mon premier mari Laïos, avait lui aussi consulté l’oracle qui lui avait prédit qu’il périrait de la main de son propre fils. Et notre unique enfant est mort dans la montagne. Quant à Laïos, il fut tué par des voleurs, au croisement de deux routes en revenant de Delphes. – A un croisement de chemins, reprit vivement Oedipe. Et à quoi ressemblait-il ? – Il était grand, répondit la reine, ses cheveux blanchissaient sur les tempes et il te ressemblait beaucoup. – L’aveugle avait raison », s’écria Oedipe horrifié. Et il se mit à poser des questions à sa femme. Plus il obtenait de réponses, plus il se sentait coupable et malheureux. L’histoire du défunt roi, tué par des voleurs s’évanouit, faisant place à l’horrible supposition qu’Oedipe lui-même était le meurtrier.

C’est alors qu’arriva de Corinthe un messager apportant la nouvelle de la mort du roi et offrant au héros le trône vacant. Jocaste demanda des précisions sur la mort du souverain et lorsqu’elle apprit que celui-ci était mort de vieillesse dans son lit, elle courut trouver son époux et lui dit, avec un radieux souvenir, « Tu t’es fait bien du souci : pendant ce temps, ton père passait paisiblement de vie à trépas ». Mais cette annonce n’apaisa pas Oedipe. Il ne pouvait s’empêcher de penser aux propos de l’ivrogne qui avaient gâché sa jeunesse. « Je ne retournerai pas à Corinthe, dit-il au messager, car ma mère y vit encore. – Seigneur, si tu crains ta mère, je vais te rassurer : ni le roi ni la reine n’étaient tes parents : c’est moi-même, qui t’ai apporté dans la cité alors que tu n’étais qu’un tout petit enfant. – Et où m’as-tu trouvé ? s’enquit Oedipe. – Un vieux berger du roi de Thèbes t’a confié à moi, un jour dans la montagne. » A ces mots, Oedipe poussa un horrible cri et s’enfuit du palais. Il n’y avait plus de doute possible : l’affreuse prédiction s’était accomplie. Il parcourut la ville en demandant à tous les citoyens qu’il rencontrait de le tuer et de délivrer ainsi le pays du mal qui le rongeait. Mais les Thébains avaient pitié de leur roi et n’arrivaient pas à le haïr. Alors le malheureux revint au palais, fermement décidé à se punir lui-même. Il y trouva les servantes en pleurs. Ses filles terrorisées lui montrèrent la chambre où la reine Jocaste venait de se pendre. Oedipe se précipita vers elle, prit une épingle d’or de son voile et se creva les yeux. Rendu aveugle par sa propre volonté, il appela Créon : « Prends le trône et bannis-moi ! »

Le nouveau souverain s’efforça pourtant de le garder à Thèbes. La peste avait disparu, la paix et la prospérité revenaient. Mais personne n’arriva à persuader Oedipe de rester dans la ville. Il partit, appuyé sur un bâton, accompagné de sa fille aînée Antigone. Elle seule avait refusé d’abandonner son père dans le malheur. Bientôt ce couple d’étranges voyageurs fut connu de toute la Grèce : le vieil aveugle conduit par la ravissante jeune fille. Ils erraient tous les deux à la recherche des bosquets des Erinyes, déesses chargées de punir les parricides, car l’oracle avait prédit qu’Oedipe y trouverait la paix.

Pendant ce temps les fils d’Oedipe, Etéocle et Polynice, avaient grandi et se disputaient le trône de Thèbes. Leur rivalité était bien loin de rendre service au pays et Créon, inquiet de cette discorde, leur conseilla de régner chacun à leur tour. Les frères acceptèrent. Polynice allait régner une année, puis Etéocle lui succéderait pour douze mois avant de lui céder le trône pour une nouvelle année. Mais il advint que pendant son année de gouvernement Etéocle assura tellement bien son pouvoir que Polynice dut fuir le royaume. Etéocle devint roi de Thèbes et son frère partit à l’étranger pour rassembler une armée afin de reconquérir le trône par la force. Comme les deux prétendants avaient le caractère aussi vif que leur père, aucun des deux ne voulut céder et la guerre fut bientôt sur le point d’éclater. Chacun souhaita alors s’assurer l’appui d’Oedipe car il avait été prédit que celui qui le gagnerait à sa cause serait victorieux. Aussi se mirent-ils en quête de l’aveugle et, pour la première fois, depuis tant d’années, s’inquiétèrent de son sort.

A ce moment, Oedipe était arrivé non loin d’Athènes et, enfin, il sentait, en son coeur, que le moment où il trouverait la paix était proche. Il s’assit, avec Antigone, à la lisière d’un bois pour se reposer. Soudain, il entendit un bruit de sabots et une troupe de chasseurs conduits par le roi d’Athènes, Thésée, s’arrêta devant lui. Ce souverain reconnut aussitôt l’aveugle, il sauta à bas de son cheval et vint le saluer : « Pauvre Oedipe, dit-il, je sais ton triste sort et aimerais t’offrir mon aide. Viens avec nous à Athènes, tu pourras y vivre une vieillesse paisible. Bientôt la nuit froide va tomber et tu ne peux rester ici dans le bois destiné aux Erynies ». Quand Oedipe apprit où il était, il se réjouit car son voyage était fini. Aussi il remercia le roi avec douceur et tranquillité : « Merci, ô Thésée, mais j’ai achevé mon périple. Je partirai bientôt pour le royaume des ombres. Si tu veux me rendre un dernier service, dis à tes serviteurs de m’apporter des vêtements neufs pour que je ne vive pas en guenilles ce moment solennel ». Accédant à sa prière, le souverain envoya ses gens à Athènes et s’assit à côté d’Oedipe. A peine la suite royale était-elle partie que retentit à nouveau le bruit de chevaux au galop, et ce fut cette fois Polynice qui mit pied à terre devant l’aveugle. Enfin, il avait retrouvé son père ! Il tomba à genoux, se plaignant de son frère qui l’avait privé du trône, et supplia Oedipe de se joindre à lui dans sa lutte fratricide. « Pendant des années, tu ne t’es pas soucié de moi, répondit le héros à ses lamentations, et maintenant que tu veux t’emparer du pouvoir tu voudrais que je t’aide dans cette lutte contre nature ? Reçois donc le conseil de ton père, au seuil de la mort : si tu attaques Thèbes, tu subiras le même sort que celui que tu souhaites à ton frère. Va-t’en d’ici ! Même mes yeux aveugles peuvent voir le sang de ton frère imprimé sur ton glaive. » Fou de rage, Polynice sauta sur son cheval, et, sans dire adieu, partit rejoindre son armée. Etéocle, quant à lui, envoya Créon en ambassadeur à son père pour le persuader de revenir à Thèbes. Créon arriva aux portes d’Athènes alors que Polynice, le visage contracté par la colère, quittait Oedipe. Il était tellement perdu dans ses amères pensées qu’il ne reconnut même pas son oncle, mais sa vue donna à Créon l’espoir de réussir sa délicate mission. Il se précipita donc vers le bois pour présenter sa requête. Mais Oedipe, dégoûté par ces manoeuvres, détourna la tête. Au moment de quitter la vie, il devinait les terribles conséquences de la guerre de Thèbes et ne voulait plus se mêler des affaires terrestres. A son tour, Créon le quitta. Pendant ce temps, les serviteurs étaient revenus d’Athènes et l’aveugle revêtit le vêtement qu’ils lui avaient rapporté. Il fit à tous ses adieux et demanda à Thésée d’aider Antigone à retourner dans son pays natal. Puis, comme si soudain, la vue lui était revenue, il pénétra d’une marche assurée dans le bois dédié aux déesses infernales. Au plus profond des buissons, il trouva l’entrée du monde inférieur. Il y disparut et la terre se referma silencieusement après son passage. Personne ne retrouva jamais son corps.

Antigone revint à Thèbes alors que les troupes de Polynice encerclaient déjà la ville. Six courageux commandants se présentaient à six portes de la cité tandis que Polynice se chargeait lui-même de la septième. Craignant un siège prolongé, Etéocle se montra sur les remparts et s’écria : « Pourquoi, mon frère, de braves guerriers périraient-ils de part et d’autre pour une querelle que nous pouvons régler nous-mêmes ? Mesure ta force à la mienne. Si tu es vaincu, tes troupes se retireront, si tu es vainqueur, tu deviendras roi de Thèbes sans qu’il y ait eu de guerre et les Thébains t’ouvriront leurs portes ». Polynice accepta la proposition de son frère. Les deux armées se confondirent et se rassemblèrent en dehors des murs de la ville. Les soldats se mirent aussitôt à faire des paris sur l’issue du combat. Etéocle et Polynice se jetèrent l’un sur l’autre en brandissant leurs armes et, sous les regards de leurs concitoyens, commencèrent leur combat fratricide. Les lames sifflaient dans les airs avant de rebondir sur les boucliers qu’ils tenaient à bout de bras. Les deux frères lançaient leurs assauts avec rage, encouragés par leurs guerriers, mais les boucliers arrêtaient tous les coups. Le premier qui commit une imprudence fut Etéocle, qui laissa une jambe à découvert. Aussitôt, celle-ci fut impitoyablement sectionnée d’un coup de lance, à la grande joie des troupes de Polynice. Le malheureux, surmontant la souffrance causée par sa blessure, ressaisit son épée. Polynice fit de même et le combat continua. Soudain, Etéocle arriva à s’approcher très près du côté où son adversaire n’était pas protégé par son bouclier. Il prit son élan et lui porta un coup mortel. Polynice s’écroula aux pieds de son frère. Mais alors qu’Etéocle se penchait sur le mourant, celui-ci ouvrit une ultime fois les yeux, et, rassemblant ses dernières forces, brandit l’épée et tua son frère. Tous deux rendirent l’âme en même temps. Les frères étaient bien morts, mais une violente dispute s’éleva aussitôt entre les armées en présence, l’une soutenant qu’Etéocle était le vainqueur, l’autre affirmant le contraire. Par chance pour les Thébains, ils avaient pensé à prendre leurs armes, alors que les partisans de Polynice avaient oublié les leurs. En conséquence, l’armée de Thèbes fut la plus forte et celle de Polynice amorça une retraite qui se termina en fuite éperdue. La troupe victorieuse put faire son entrée dans la ville ainsi libérée.

Une fois de plus, Créon prit le pouvoir. Comme Etéocle était mort pour sauver sa patrie, il eut droit à des funérailles solennelles, quant à Polynice, puisqu’il avait levé les armes contre sa propre ville, son corps fut condamné à rester à l’air libre, en dehors de Thèbes. Les oiseaux de proie et les chiens sauvages se partageraient sa dépouille. Quiconque oserait l’enterrer serait puni de mort, et Créon envoya même des gardes pour s’assurer que personne ne désobéissait à son ordre. Cet arrêt inhumain attrista Antigone : comment l’âme de son frère pourrait-elle trouver la paix, si elle n’était pas enterrée ? « Ma soeur, dit Antigone à Ismène, le corps de Polynice gît hors de l’enceinte de cette ville. Viens avec moi, allons nous occuper de lui avant que les bêtes ne passent à notre place. – Ne sais-tu pas que cela signifie la mort ? demanda Ismène, effrayée. – Mourir pour une action agréable aux dieux et aux hommes est une belle fin, répondit Antigone. – Il n’est pas toujours possible de faire le bien, se défendit Ismène. Créon est puissant et tu ne lui échapperas pas. – Je lui ai déjà échappé, dit Antigone. Il peut me tuer pour avoir obéi à l’amour humain et fraternel. Mais il ne peut supprimer l’amour et la charité. Si tu ne veux pas venir avec moi, j
’irai seule. » Elle n’essaya pas davantage de convaincre sa soeur. Profitant de l’obscurité de la nuit, elle s’échappa du palais et sortit de la ville. Le mort était couché le long des remparts de la cité, tandis que non loin de là sommeillaient les gardes. Sans bruit, elle tira le corps de son frère vers une rivière où elle le lava avant d’oindre son corps d’huile ; puis elle le couvrit de terre. Dès l’aurore, elle revint à Thèbes. La fraîcheur du matin réveilla les sentinelles. Elles s’aperçurent alors que l’endroit où gisait la dépouille était vide et imaginèrent la colère de Créon. Aussi cherchèrent-ils fébrilement les traces de l’enlèvement, et, en les suivant, atteignirent la rivière où ils découvrirent la tombe inachevée. Ils enlevèrent la pierre qui recouvrait le corps et s’embusquèrent pour confondre le coupable. Ils attendirent ainsi toute la journée et lorsque l’obscurité fut tombée ils remarquèrent une sombre silhouette. C’était Antigone qui allait achever sa tâche. Elle s’arrêta devant la sépulture profanée mais, au lieu de s’attarder, prit des poignées de terre et se mit à les jeter pour combler à nouveau le trou. Comme elle se penchait pour la seconde fois, les gardes quittèrent leur cachette et s’emparèrent d’Antigone, qui n’opposa aucune résistance et ne nia pas les faits.

« Comment as-tu pu désobéir à mes ordres ? s’écria Créon, fort en colère. – Ce n’était pas le commandement de Zeus, mais celui du roi, répondit Antigone, donc il ne peut compter davantage que l’amour et la charité. Il y a des lois qui sont au-dessus de celles que peuvent instituer les souverains. – Tu es bien la seule à avoir cette opinion, hurla le roi. – Non, dit la jeune fille, le peuple de Thèbes pense la même chose, mais il n’ose pas le dire. – N’es-tu pas honteuse d’être unique en ton genre ? demanda Créon. – Je ne regrette pas d’avoir honoré mon frère défunt. La mort donne les mêmes droits au vaincu et au vainqueur. Et tu ne peux m’ôter plus que la vie. – Tu parles bravement, mais nous verrons si tu es aussi courageuse devant le chemin qui mène au royaume des ombres. A moi, gardes ! » Les hommes en armes accoururent à l’appel de Créon qui leur ordonna d’emmener Antigone dans une grotte isolée, puis de l’y enterrer vivante. La troupe était déjà partie avec sa prisonnière lorsque le fils du roi, Hémon, qui était son fiancé, apprit ce qui s’était passé. L’insensible Créon fut sans pitié. Alors Hémon s’enfuit du palais, espérant arriver à empêcher l’accomplissement de l’injuste punition. Pendant ce temps, le prophète aveugle Tirésias se fit conduire au palais et mit en garde le roi contre une aussi cruelle décision. De très mauvais présages avaient prévenu le vieil homme que de lourdes menaces pesaient sur la famille royale. Après son départ, Créon se mit à réfléchir. Puis, soudain, il prit peur de la punition des dieux immortels. Il fit harnacher ses chevaux, sauta dans son char et galopa jusqu’à la grotte. Mais, déjà en chemin, lui parvinrent de terribles nouvelles : Antigone s’était pendue à son voile et son fils Hémon s’était transpercé le corps de son glaive devant sa défunte fiancée. Lorsque la femme du roi apprit ce malheur, elle se suicida. Comme Créon eût été plus heureux s’il avait pu faire revivre les morts ! Mais tel est le destin des rois tyranniques : sur un seul ordre, ils peuvent décider du sort de leurs sujets et les priver à jamais du bonheur ; mais nul de leurs ordres ne peut, par contre, rendre le bonheur aux sujets ni la vie aux morts. Créon vécut tristement, avant de rejoindre ses victimes au royaume des ombres. (Mythes te légendes de la Grèce antique, éd. Gründ)

Le mythe d'Oedipe 24/02/2019 21:32

LE MYTHE D’OEDIPE
Dans le royaume de Thèbes, vit un roi du nom de Laïos. Celui-ci est marié à la ravissante Jocaste. Tout deux n’ont pas d’enfants et commencent à s’inquiéter sur l’héritier du trône. Alors Laïos va consulter l’oracle de Delphes afin d’être éclairé. Mais la Pythie lui fait une terrible révélation. Laïos aura un fils qui le tuera et se mariera avec sa mère. Cette révélation est tellement incroyable qu’elle relève de l’absurde. Mais la Pythie ne se trompe jamais alors c’est remplis de tristesse que les deux époux décident d’abandonner leur enfant à sa naissance. Ils le confient à un serviteur, un berger qui va traiter l’enfant comme du bétail. Il lui transperce les chevilles afin de faire passer une corde pour mieux le tenir par les pieds. C’est d’ailleurs par cette anecdote que l’enfant sera appelé Œdipe qui veut dire « pieds enflés ». Quoiqu’il en soit, le berger monte l’enfant sur une montagne afin de l’exposer aux bêtes qui finiront par le dévorer. Mais en chemin il croise par hasard la route des hommes de Polybe, roi de Corinthe. Ces derniers proposent au berger de recueillir l’enfant et de le ramener à Polybe qui lui rêve d’en avoir un mais n’y parvient pas. Alors le berger accepte et voilà le jeune Œdipe conduit jusqu’au royaume de Polybe. Durant toute sa jeunesse il est élevé avec amour et abondance par le roi et la reine qu’il croit être ses vrais parents.
Mais un jour alors qu’il jouait avec un de ses camarades, Œdipe se fâche avec celui-ci et la dispute vire aux insultes. Là son ami le traita de « bâtard » ce qui laisse donc sous-entendre que les parents d’Œdipe ne sont pas ses parents biologiques. Sous l’emprise du doute le prince interroge ses parents qui nient évidement. Mais Œdipe n’est pas rassuré pour autant, il est même perplexe. Alors il décide d’aller consulter lui aussi l’oracle de Delphes pour en avoir le cœur net. Seulement comme l’avait annoncé la Pythie à Laïos, Œdipe apprend qu’il va tuer son père et se marier avec sa mère. Au passage je tiens à préciser que ce terme sera développé par Freud par le « complexe d’Œdipe », cette attitude infantile où les garçons désirent inconsciemment leur mère et rejettent leur père. Quoiqu’il en soit, Œdipe est anéanti par la nouvelle de la Pythie. Il décide alors de quitter Corinthe à tout jamais afin d’être sûr de ne pas tuer son père Polybe et sa mère Périboea. Sauf qu’en fuyant il va inconsciemment faire tout l’inverse, Polybe et Périboea n’étant pas ses parents mais Laïos et Jocaste. Ainsi le jeune garçon se dirige vers la ville la plus proche qui n’est autre que Thèbes. Sauf qu’en route il croise le char de Laïos le conduisant à Delphes (pour consulter à nouveau l’oracle). Imaginez-vous la scène, deux chars qui se croisent en plein milieu du désert avec en son bord, d’un côté Œdipe qui croit que son père est à Corinthe et de l’autre Laïos qui pense que son fils est mort. Les chars, donc, se croisent mais la route est si étroite que l’un des deux doit céder le passage. Mais Laïos estime que ce n’est pas à lui de s’arrêter car il est le roi de Thèbes et de son côté Œdipe refuse de laisser passer l’autre char car il est le prince de Corinthe. A partir de cette stupide anecdote, les deux hommes se disputent et le conflit tourne au drame. Laïos donne un coup de canne à Œdipe et les deux hommes se battent. Emporté par la rage, Œdipe tue le roi Laïos, son vrai père ainsi que les cochers et les serviteurs du roi. Sauf un qui parvient à prendre la fuite. C’est donc sans le savoir qu’une partie de l’oracle a été réalisé et qu’Œdipe à finalement tué son père. Mais ne sachant rien de tout cela et s’estimant en position de légitime défense, le jeune prince continue sa route et arrive quelques jours plus tard à Thèbes.
Apprenant la mort de Laïos, et n’ayant pas de fils, c’est Créon, son frère, donc l’oncle d’Œdipe qui monte sur le trône. Mais un terrible fléau s’abat sur cette ville. Il s’agit de la Sphinx, une créature possédant une tête de femme, un corps de lion et des ailes de vautour qui terrorise la ville. Elle arrête chaque visiteur et lui pose une énigme. Si celui-ci ne trouve pas la solution elle le dévore vivant, de sorte que bientôt la ville est pratiquement désertée.
Mais alors qu’Œdipe arrive aux portes de Thèbes, il croise le chemin de la Sphinx qui lui pose sa terrible énigme : « quelle créature possède quatre jambes le matin, deux le midi et trois le soir, sachant que plus elle a de pattes, plus elle faible ? ». Très malin Œdipe parvient à répondre sans difficulté : il s’agit de l’homme, qui est à quatre pattes le matin de sa vie, debout sur ses deux jambes à l’âge adulte et appuyé sur une canne lorsqu’il est vieux. Or selon la prophétie, la Sphinx devait mourir le jour où quelqu’un parviendrait à résoudre son énigme. C’est ainsi que la Sphinx se jeta d’un rocher et s’écrasa au sol. La ville débarrassée du monstre acclame Œdipe tel un héros, il est même félicité en personne par le roi Créon. Ce dernier voulant le remercier, offre la veuve Jocaste (la mère d’Œdipe) à celui-ci. Et c’est de cette façon que la prophétie se réalisa totalement. Œdipe tua son père et fini par se marier avec sa mère. Toujours dans le déni, le nouvel époux donnera à sa nouvelle femme quatre enfants : Etéocle, Polynice, Ismène et Antigone. Les vingt prochaines années vont être paisibles : Œdipe va monter sur le trône de Thèbes au côté de sa mère/femme Jocaste, élevant ses quatre enfants. Seulement voilà un jour un deuxième fléau s’abat sur la ville. Cette épidémie est d’une monstruosité sans nom, chaque femme accouche d’enfants mort-nés ou d’êtres monstrueux. Plus aucune naissance ne se déroule normalement. Inquiet, Œdipe envoi un de ses serviteurs consulter l’oracle de Delphes afin de trouver une solution. A son retour celui-ci explique que pour que l’épidémie cesse, l’assassin de Laïos doit être à son tour assassiné. Ignorant totalement que l’homme qu’il eut tué des années auparavant était son père, Œdipe envoi tous ses hommes partir à la recherche du meurtrier. Or ceux-ci on l’idée d’interroger le plus grand devin de tout les temps : Tirésias. Evidemment celui-ci connait toute la vérité et préfère ne pas la révéler. Alors Œdipe décide de s’en charger personnellement et va réussir à le faire parler par ses propres moyens. Tirésias avoue tout, c’est bien Œdipe qui a tué Laïos, qui au passage est son vrai père et qu’il a épousé sa mère. Il cite même des détails, que Laïos a été tué sur une route déserte alors qu’il se rendait à Delphes pendant que son assassin partait sur Thèbes. Devant une telle histoire, personne ne croit le devin, Jocaste prend la défense de son mari et la cour ne croit pas une seconde qu’Œdipe aurait tué Laïos. Cependant cette histoire de carrefour rappelle de vagues souvenirs au roi qui commence à douter. Et comme les choses ne se font pas au hasard, à ce moment même un voyageur véhicule sur le royaume de Thèbes, que le roi de Corinthe, Polybe est mort. Rassuré que ce ne soit pas lui qui ai tué son père, Œdipe ressent néanmoins un profond sentiment de chagrin. Le voyageur tente de l’apaiser en lui apprenant que Polybe n’était pas son vrai père, qu’il avait recueilli un enfant abandonné par ses parents, exposé sur une montagne par un berger. Et là tout commence à s’assembler, Œdipe convoque ce même berger, qui force du destin se révèle être le seul survivant du massacre des chars. Là il confie qu’en effet l’enfant qu’il devait abandonner était bien l’enfant de Laïos et de Jocaste qui a ensuite été recueilli par le roi de Corinthe Polybe. Donc l’oracle avait bien raison, Œdipe a bien fini par tuer son père et épouser sa mère. Horrifiée par cette terrible révélation, Jocaste se suicide par pendaison. En découvrant sa mère qui en même temps est sa femme, Œdipe saisit une broche maintenant sa robe et se laboure les yeux avec. Ce châtiment est en adéquation avec son crime, celui de n’avoir rien vu, d’avoir été aveugle du début jusqu’à la fin. La fin de sa vie est tout autant tragique, Œdipe décide de quitter le trône de Thèbes et de s’exiler où il vivra une vie de vagabond, accompagné de sa fille Antigone qui lui servira de guide. Pendant ce temps Créon reprendra le trône de son neveu. La fin d’Œdipe se déroulera lorsque celui-ci croisera les Erynes, ces terribles divinités issues du sang de Cronos lors de sa castration, dont leur rôle est de punir les crimes familiaux. Ici on peut dire qu’Oedipe est le champion toutes catégories, c’est ainsi qu’il y perdra la vie. Sa dépouille sera enterrée avec tous les honneurs par son ami Thésée. Et depuis ce lieu sera considéré comme un lieu sacré d’Athènes.


http://mythe.canalblog.com/archives/2010/08/06/18756776.html

Olivier Schmidt-Chevalier 24/02/2019 21:18

Merci à Olivier Schmidt-Chevalier, qui, presque chaque fois, comme aujourd'hui, fait référence aux différents articles du blog. Appuyez sur son nom.

Anne-Marie 24/02/2019 20:50

Cher Étienne.


Je te présente toutes mes condoléances pour le décès de ton frère.

Déces soudain, .... sans doute n'a-t-il pas trop souffert

Mais toujours il est toujours difficile de perdre un frère, un être aimé,

Ce que nous avons tous connu ou vécu....



Quand j'ai accouché de mon fils, Antoine, je l'ai tenu dans les bras et lui ai dit :

"JE TE DONNE LA VIE ET LA MORT"

Je n'ajouterai pas de détails....

et ton blog m'interpelle..........

Oedipe - Antigone

il y a aussi l'histoire de st Nicolas et de st Nicolas ...........



Macron ???

Etienne Duval 24/02/2019 21:02

Merci Anne-Marie pour tes condoléances. Dans le mythe d’Œdipe et Antigone, il est aussi question de vie et de mort. Œdipe, à la fin, assume sa propre mort car il sait qu’elle ouvre un nouvel espace de vie. Il a appris qu’à l’origine de tous nos maux, il y a souvent la peur de la mort. Dans la crise que nous traversons, Macron se cramponne à la raison. Il ne veut pas mourir (au sens symbolique), c’est-à-dire remettre en cause son programme ou une partie de son programme. La véritable sagesse devrait pourtant l’amener à faire ce pas ultime pour sauver l’avenir et sortir de la crise.

Pierre Decaillet 23/02/2019 22:31

Bonsoir Vida,

Merci pour ce message.
Le raisonnement d’Étienne est tout à fait exact, mais je crains que notre Président soit affecté d'une maladie mentale qui ne lui permet plus de regarder les faits en face.
Je crains qu'il ne soit plus "raisonnable". Il a en quelque sorte perdu la raison.
Tout autre personne lucide et dans un état psychologique normal aurait déjà fait quelque chose pour écouter le peuple depuis longtemps.
Espérons que d'autres évènements interviendront bientôt qui bousculeront ce gouvernement légal mais pas légitime.
Bien amicalement,

Pierre

Etienne Duval 23/02/2019 22:40

Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu car la situation est difficile mais je crois que Macron devrait sortir de la maîtrise pour laisser parler son cœur et par là même désarmer la violence inutile.

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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