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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 16:08

Sodome de Rubens : Lot et sa famille fuyant

Les corps abusés et le mythe de Sodome et Gomorrhe

 

Depuis quelque temps, chaque jour, de nouveaux scandales concernant le viol ou la pédophilie rappelle à l’homme sa propre fragilité. En réalité le scandale est si massif que nous avons peine à trouver la boussole qui pourrait orienter nos comportements. En fait, il existe, dans la Bible, aux chapitres 18 et 19 de la Genèse, un mythe susceptible de nous éclairer. Il s’agit du mythe de « Sodome et Gomorrhe ».


Une maladie très grave qui s’en prend au cœur de la société

 C’est l’église catholique qui est actuellement sous la lumière aveuglante des médias. 0r l’église catholique fait partie de la société : elle en est même une des principales instances morales et spirituelles. C’est dire que la maladie qui nous affecte est d’une extrême gravité : il s’agit de pédophilie avec des prêtres, parfois exemplaires aux yeux du public, de religieuses abusées par leur directeur spirituel, de la curie, proche du pape, qui cache ses incursions dans l’homosexualité en imposant aux fidèles des règles particulièrement homophobes. Pour sa part, le reste de la société n’échappe pas à de tels écarts : les milieux sportifs et les ONG sont affrontés à la pédophilie et les familles elles-mêmes ont de la peine à cacher de multiples dérives dans le domaine de l’inceste.


En abusant des corps cette maladie va à l’encontre de l’hospitalité

Pour bien faire comprendre de quoi il s’agit, le mythe met en parallèle l’hospitalité exemplaire d’Abraham et les pratiques scandaleuses de Sodome et Gomorrhe. Assez curieusement l’hospitalité d’Abraham s’intéresse particulièrement au bien-être du corps : il offre de l’eau pour que le passant puisse se laver les pieds, l’installe sous l’ombre d’un arbre, lui prépare des galettes et choisit le veau le plus tendre pour le restaurer.

Ayant levé les yeux, voilà qu'Abraham vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui ; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre.

Il dit : Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter.

Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre.

Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin ; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! Ils répondirent : Fais donc comme tu as dit.

Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes.

Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon ; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer.

Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux ; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent. (Gn 18,2-18,8)

 

 

Pour souligner qu’on est ici au cœur de la morale, le texte précise que, derrière les hôtes reçus par le patriarche, c’est Dieu lui-même qui se cache. Bien plus l’hospitalité s’inscrit dans la logique de la vie, puisque Sara, la femme d’Abraham, aura un fils l’an prochain.  

En opposition à ce récit, le texte nous décrit l’attitude des Sodomites lorsque Lot, le neveu d’Abraham, fait entrer chez lui, deux invités étrangers

Quand les deux Anges arrivèrent à Sodome sur le soir, Lot était assis à la porte de la ville. Dès que Lot les vit, il se leva à leur rencontre et se prosterna, face contre terre.

Il dit : Je vous en prie, Messeigneurs ! Veuillez descendre chez votre serviteur pour y passer la nuit et vous laver les pieds, puis au matin vous reprendrez votre route, mais ils répondirent : Non, nous passerons la nuit sur la place.

Il les pressa tant qu'ils allèrent chez lui et entrèrent dans sa maison. Il leur prépara un repas, fit cuire des pains sans levain, et ils mangèrent.

Ils n'étaient pas encore couchés que la maison fut cernée par les hommes de la ville, les gens de Sodome, depuis les jeunes jusqu'aux vieux, tout le peuple sans exception.

Ils appelèrent Lot et lui dirent : Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Amène-les-nous pour que nous en abusions.

Lot sortit vers eux à l'entrée et, ayant fermé la porte derrière lui,

il dit : Je vous en supplie, mes frères, ne commettez pas le mal !

Écoutez : j'ai deux filles qui sont encore vierges, je vais vous les amener : faites-leur ce qui vous semble bon, mais, pour ces hommes, ne leur faites rien, puisqu'ils sont entrés sous l'ombre de mon toit.

Mais ils répondirent : Ote-toi de là ! En voilà un qui est venu en étranger, et il fait le juge ! Eh bien, nous te ferons plus de mal qu'à eux ! Ils le pressèrent fort, lui Lot, et s'approchèrent pour briser la porte.

Mais les hommes sortirent le bras, firent rentrer Lot auprès d'eux dans la maison et refermèrent la porte. (Gn 19,1-19-10)

 

Elle se répand comme une traînée de poudre

Toute la population de la ville risque de disparaître. Abraham supplie Dieu de ne pas condamner le juste et le pécheur. S’il y a 50 justes, le Seigneur est prêt à épargner tous les habitants. Mais il n’y pas 5O justes. Peut-être y en a-t-il 40 ? Les quarante ne sont pas là. On descend jusqu’à 10. Une fois encore, les dix échappent à l’appel. En réalité seul Lot lui-même n’a pas été contaminé par la maladie qui s’est répandue comme une traînée de poudre. Lui seul a conservé la pratique de l’hospitalité. Par le jeu du mimétisme, tous les autres habitants ont cédé à la tentation de la jouissance en abusant du corps de l’autre et des autres. Ils sont tous là, jeunes et vieux, prêts à se jeter sur les hôtes étrangers de Lot. Si les corps sont abusés, il n’y a plus de place pour l’avenir car ce sont les corps qui portent la vie.


Elle détruit l’individu et le corps social

La contamination ne concerne plus seulement quelques individus : c’est la société tout entière qui est en danger parce qu’elle subit de plein fouet les assauts de l’épidémie. Lorsque le texte dit que « Yahvé fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu », cela signifie plus simplement que la vie n’est plus possible : la loi qui la régit est devenue complètement défaillante.


Pour la contrer il n’y a plus de demi-mesure

Le danger est désormais trop grand de voir le mal gagner la partie. Lot est averti, il ne doit plus regarder en arrière. Sa femme, pourtant, retenue par le souvenir et le regret, se retourne pour mieux prendre conscience de la situation : elle est aussitôt transformée en statue de sel, incapable d’offrir un espace à la vie. On s’est beaucoup interrogé, à Lyon, sur la responsabilité du cardinal Barbarin. Sans doute est-elle moins engagée que celle de ses prédécesseurs. Mais, en s’interrogeant, peut-être trop longtemps, sur l’importance du secret et le scandale possible, à l’intérieur de l’église, il n’a pas mesuré les risques de l’épidémie en cours. La justice a finalement condamné son comportement trop hésitant et le voici acculé à la démission, inapte à assumer la responsabilité de serviteur de la vie.


Revenir aux vertus de l’hospitalité qui cherche à restaurer les corps

Des corps ont été abusés ; ils sont fatigués. Il est temps de leur offrir une nouvelle hospitalité pour leur permettre de se refaire. Nous sommes renvoyés à l’attitude d’Abraham, pleine de bienveillance. C’est l’antidote la plus adaptée pour restaurer les corps et mettre fin à l’épidémie que nous sommes en train de traverser. Peut-être les chrétiens sont-ils amenés à réfléchir à l’hospitalité du Christ lui-même au moment de quitter ce monde. Non seulement il a pris soin des corps des hommes en leur ouvrant les portes de la résurrection mais, pour les accompagner, il leur a donné son propre corps à manger et son propre sang à boire. J’avoue que j’ai personnellement du mal à entrer dans un tel mystère. Et pourtant je suis très sensible à l’insistance sur l’importance décisive du corps au moment où notre civilisation contribue à le malmener au point de le mettre en danger.

Etienne Duval

 


 


   

 

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commentaires

C
Oui, c'est cela Étienne.
Avec ton texte, la lecture "les Couleurs de l’insecte"
- se déprendre du maternel - de Jean-Pierre Lebrun (Denoël 2015)
m'a aussi fait réfléchir sur cette confusion des places
qu'entraine une forme d'inceste actuel généralisé.
Alors comme dans "la légende de la Nonne"
du père Hugo, fredonnons avec Brassens
"Enfants,voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers ! "
Amicalement.
Répondre
E
Avec toi Charles, je laisse la parole à Brassens.
C
Grenoble, lundi 25 mars 2019
Etienne bonjour,
En réponse à ton texte j’ai d’abord regardé les quelques commentaires pour voir si le mien aurait quelqu’intérêt et me suis décidé finalement malgré ma réticence pour le "clérical" à aller voir le film Grâce à Dieu de François Ozon que j’ai trouvé remarquable de justesse parce que :
1) Il prend soin au passage de préciser que l’homosexualité n’est pas une perversion, si ce n’est au sens où l’Eglise, reléguant la sexualité à la stricte finalité de la reproduction, en fait la transgression d’une norme morale ou de la nature dont le pervers s’écarterait - ça se passe il me semble dans le l’inconscient du sujet par rapport à l’œdipe - alors que la pédophilie en est une : il y est question du rapport du sujet à l’objet de ses pulsions où, dit Sade "j’ai le droit de jouir de ton corps et qu’aucune limite ne m’arrête."
2) Il parle de "pédosexuel", mettant l’accent comme tu le fais sur le sexuel et non sur "phile" : φιλία amitié, amour d’un "pédo" παϊς pais enfant (garçon ou fille).
3) « Grâce à Dieu »… qu’il y ait prescription ! : remarquable lapsus, non pas pour justifier un acte pédophile - à l’exemple cité par un imam hier matin sur France-Culture de cette secte musulmane du 1er siècle de l’Hégire justifiant l’assassinat du prophète Ali par le fait que "le jugement n’appartient qu’à Dieu" - mais comme si la grâce de Dieu allait par le magistère des tribunaux ecclésiastiques se servir pour l’occasion de la prescription en vigueur dans notre justice civile au lieu d’agir pour la faire modifier comme le fit par ex. à Grenoble Eva Thomas avec Le sang des mots pour l’inceste.
Pour en revenir à ton texte l’épisode de Sodome et Gomorrhe qui dans la La Genèse apparaît sous forme de récit, tu nous le présentes comme un mythe. Contrairement à ce que je retiens d’un commentaire de Gérard Jaffredou, le mythe n’escamote pas le Réel, bien au contraire il s’en approche au plus près parce que, comme le langage poétique, le mythe parle par métaphores : " parler à la limite de la parole, nous dit Pierre Legendre dans L’inestimable objet de la transmission (p.131), parler au moyen d’une mise en scène de la vérité sans la dire tout à fait" ; il est en cela différent du discours scientifique qui s’en tient à l’énoncé où par ex. dans « Je crains qu’il ne vienne », "Je" est le sujet de l’énoncé, alors que le mythe porte sur le sujet de l’énonciation "ne" : « qu’il vienne ou qu’il ne vienne pas ? » et parle ainsi à notre inconscient, individuel et collectif. Dans la poésie grecque μΰθος le mythe c’est tout ce qui est dit par la bouche ; il est dit dans le Phédon 61b que "le poète doit mettre en œuvre, non point des théories mais des mythes ; ces fables d’Esope que j’avais sous la main et que j’ai versifiées, je les savais par cœur." Et parce qu’il devient "parole dans la société, dit encore Pierre Legendre, un mythe est un arrangement de discours, grâce auquel les enjeux de reproduction - des enjeux de différenciation par la généalogie, c.à.d. des enjeux de pouvoir - viennent au langage." Aussi, portes-tu notre attention dans ce mythe sur deux détails apparemment anecdotiques : l’hospitalité et le bien-être du corps.
L’hospitalité qui est d’ouvrir sa porte à l’autre, paradoxalement je la perçois personnellement comme sortir de son chez soi, y compris celui de son "moi idéal" et de son "idéal du moi" aurait ajouté Freud, donc de cette image idéale que nous nous faisons de la charité - faut-il ajouter "chrétienne" ! Une théologienne protestante et pasteur, MarionMuller-Colard, dans l’Autre Dieu , sa méditation sur Job, dit qu’il s’agit de "sortir de son enclos". Ouvrir sa porte n’est donc pas si simple, ne serait-ce que parce que c’est la fonction même du désir tel que le définit Lacan : "le désir du sujet c’est le désir de l’autre" ; ce qui s’entend dans les deux sens : aussi celui de l’autre, et de l’Autre. Merveille que cette équivocité du langage humain à la différence de l’instinct animal, plus univoque !
Si je transpose cette perception de l’hospitalité à la situation que tu abordes à propos de la pédophilie et du viol par rapport au corps et donc à la sexualité, c’est encore moins simple car ici, dit encore Lacan, "l’amour, c’est miam-miam", le désir se trouvant aux prises avec les pulsions, celles sur lesquelles ouvre la jouissance ; aussi ajoute-t-il : "Ne cède pas sur ton désir, sauf la jouissance" c.à.d. en instaurant une hiérarchisation du désir par rapport à la jouissance et que récuse notre néolibéralisme comme le souligne Bernard Stiegler que cite Jean-Pierre Lebrun dans les couleurs de l’inceste : "Le désir y est en souffrance : le désir, que Freud définit comme ce qui lie les pulsions, est ce que le populisme industriel détruit par le fait de le délier, c.à.d. de le décomposer en pulsions. La politique consiste justement à installer le règne du désir contre celui des pulsions qui ne peuvent que conduire à l’incivilité généralisée c.à.d. à une forme larvée de guerre civile."
Or le désir est inconfortable, "ne pas céder sur son désir" est inconfortable car le désir, en liant les pulsions, instaure le manque par rapport à notre besoin immédiat et violent de les satisfaire. Mais c’est en instaurant le manque que le désir donne sens à la jouissance - j’ouïe sens, dit Lacan - et vectorise nos vies, leur donne sens dans une dimension qui n’est plus seulement le rapport du sujet à l’objet de ses pulsions mais à "la chose", c.à.d. au Réel que nous fait justement saisir le mythe - non pas celui biblique de Sodome, bien qu’il y soit sous-jacent, mais celui de l’interdit de l’inceste que désigne le mythe grec d’Œdipe et qui parle à notre névrose commune, celui de Nicodème demandant à Jésus (Jn 3,4) : « Peut-on une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? » auquel Jésus répond : « Nul ne peut ! », c.à.d. non en termes d’impuissance, dont, par rapport notamment à la mort, la science pourrait repousser indéfiniment les limites, mais dans celui de cet impossible qu’est le Réel, tout en précisant : « à moins de naître d’eau et d’Esprit », c.à.d., non pour contourner cet impossible mais pour situer la question de Nicodème dans la dimension du Symbolique, celle qui dit le manque - l’exemple que donne Lacan du Symbolique : un livre qui dans la bibliothèque n’est pas à sa place - "qui dit" c.à.d., pour ce qu’il en est de l’inter-dit de l’inceste, de l’ordre du langage, celui de la castration symbolique qu’apporte la fonction paternelle et qui introduit non pas la notion de différence, qui est un concept identitaire - l’égalité entre hommes et femmes par ex. ne renvoie jamais qu’au même et aux autres, dont "le mariage pour tous" -, mais la notion d’altérité, celle de l’Autre, dont la mère, ce premier grand Autre primordial dont l’enfant a à se séparer pour que son désir s’humanise ; ce qui fait dire à une psychanalyste citée par J.P. Lebrun dans Les Couleurs de l’inceste (p.29) que "nous entendons par incestueux ce qu’il y a de non séparé dans le psychisme du sujet, toute absence d’altérité, de discrimination des affects, et non pas la réalisation d’un acte sexuel entre personnes de la même famille", notion plus large dans laquelle pourrait "s’apparenter", si je puis dire, celle de la pédophilie.
D’où l’importance de la fonction paternelle perçue dans celle du Symbolique qui marque le trou là où est le manque et où, lorsque sous le régime du patriarcat le Nom-du-Père était posé en clé de voûte de l’édifice social, la prévalence du Symbolique était assurée, c.à.d. celle du collectif sur l’individuel et de la différenciation des places, ce qui tend à ne plus l’être. Aujourd’hui, avec la disparition du patriarcat et qui est souhaitable dans la mesure où il y a confusion entre la notion d’autorité - celle dans la fonction paternelle qui est d’ordre symbolique - et la notion de pouvoir, on voit apparaître du même coup la disparition du Symbolique ; et ce n’est pas selon un processus identificatoire de mimétisme - thème cher à René Girard - ou au cours d’une épidémie passagère, mais beaucoup plus profond que cela et qui est, me semble-t-il, l’abandon du Symbolique du fait de la substitution de la fonction paternelle au profit de la seule fonction maternelle, ou de la mère célibataire qui croit pouvoir exercer les deux fonctions, ou encore du papa-poule qui en oublie sa fonction symbolique de père, ou enfin de l’éducateur ou du prêtre - nous y voilà ! - qui use de l’autorité symbolique dont il est investi par sa hiérarchie, ecclésiale ou de l’Education nationale, pour consciemment ou inconsciemment - transgressant l’interdit de l’inceste par la jouissance qui, à la différence du désir, ne lie pas les pulsions - abuser de l’enfant, du "fidèle", comme on dit, celui qui y croit à l’Autre Dieu … celui de l’altérité !
Amicalement.
Charles
Répondre
E
Merci Charles car tu me fais revoir tous mes classiques dans l’ordre de la psychanalyse :
- Le mythe n’escamote pas le réel, au contraire
- Le mythe de Sodome et Gomorrhe nous renvoie à l’hospitalité et au bien-être du corps
- Le désir du sujet est désir de l’autre
- Il instaure le manque
- Par là-même il nous introduit dans le symbolique
- Il nous ouvre à l’autre
Dans le sujet qui nous intéresse, le problème, c’est l’oubli de la fonction paternelle, qui dit l’interdit et finalement la loi. On peut dès lors se poser la question suivante : est-ce que l’église, dans la situation présente, n’escamote pas la fonction paternelle ? Peut-être en insistant trop exclusivement sur la notion de frères ? De ce fait nous assisterions au meurtre du fils (de l’enfant) et à une forme d’inceste parce que le prêtre oublierait de se positionner comme père lorsque sa fonction l’exige. En sortant du symbolique le défaillant sort du sujet et se trouve embarqué dans le mimétisme, où sa responsabilité ne serait plus consciemment engagée au moment même où elle est précisément exigée. Est-ce que nous sommes d’accord ?
C
Bonsoir Étienne,
ton texte à suscité de ma part plus de temps de réflexion et de rédaction que je ne pensais.
Voici mon commentaire en pièce jointe. Je ne sais si sur ton blog
les caractères gras pour faciliter la lecture passeront,
à toi de voir. En tout cas tu nous fais bosser !
Amicalement.
Répondre
E
Je transcris tout de suite ton texte.
E
Je t'envoie un texte que j'ai envoyé à Gérard Jaffredou, pour lequel nous étions d'accord l'un et l'autre.

Sans chercher tout de suite dans le détail du mimétisme, le mythe nous dit d’abord une chose essentielle : le mal dont souffre la société à travers le viol, la pédophilie, l’hypocrisie de ceux qui sont chargés de défendre les normes, est extrêmement grave car il s’attaque au fondement de l’humanité en s’attaquant à l’hospitalité. Or l’hospitalité est fondatrice de l’humanité.

Par ailleurs il met l’accent sur le rapport au corps. Le corps est essentiel dans l’hospitalité et nous avons tendance à le négliger, à le mépriser, à en abuser. C’est d’abord sur ces points qu’il faut travailler pour retrouver une véritable hospitalité

Si nous continuons dans cette direction, il faut considérer que l’institution est le corps même de l’église. C’est aussi parce que nous n’avons pas pris soin de ce corps que nous sommes tombés si bas. Il ne s’agit pas de critiquer l’institution en elle-même, parce qu’elle est indispensable, mais de remettre en cause son fonctionnement et les raisons de son dysfonctionnement.

Enfin le mimétisme lui-même, qui d’une certaine façon plonge les individus dans l’inconscience et l’irresponsabilité est lié à un dédoublement de la personnalité, qui oppose l’esprit et le corps, dans la mesure où il y a refoulement du corps et de la sexualité. C’est à ce niveau que nous pouvons arriver à comprendre ce qu’est l’inconscient : il y a une sorte de brisure de la conscience lorsqu’il y a refoulement.

Par ailleurs tu as sans doute raison d’invoquer l’abandon des normes. Il me semble que la raison en est dans l’oubli de l’interdit, qui va empêcher le dépassement nécessaire de l’interdit lui-même. Cet oubli de l’interdit est probablement en lien avec le refoulement du corps et de la sexualité.

Bonne fin de soirée !

Etienne DUVAL
Répondre
D
Freud est partout dans ma réflexion, notamment dans l'évocation du refoulement. En même temps il s'agissait pour moi d'expliciter ce que nous enseignait le mythe. Par ailleurs, ce que tu dénonces dans l'église, c'est précisément le problème de l'institution comme corps de l'église et alors nous sommes d'accord.

Bonne soirée !
D
Merci pour ton envoi.
Il y a pédophile et pédophile.
Un oubli dans ta réflexion. Freud.
Ce qui est bien souligné dans Grâce à Dieu, avec les pulsions.
J'entends encore les cris des puissants de l'église avec la théologie de la libération ; vois dans le dictionnaire Théo, remis à chaque 1er communiant, la notion de péché. Tout cela est désolant. Marx et l'économie, Freud et les pulsions sont ignorées de ces saints hommes d'ecclésiastique, bien fourrés, gros et gras.
La parole de dieu est ignorée ou confondue avec une exégèse pseudo-scientifique, dite critique. Quand l'esprit parle, il aimerait bien que la personne entende.
Dur dur d'être chrétien.
denis
G
Merci Etienne,

Je suis bien d'accord avec tout ce que tu dis, qui m'éclaire bien. Je n'ai rien à ajouter, et encore moins à opposer.

Bonne journée et bonne suite.
Répondre
E
C'est parfois laborieux mais on finit toujours par aller plus loin. Merci de ta ténacité qui fait progresser.
Bonne journée !
D
Respecter 'institution. O.K.
Prendre ses membres pour des demeurés. Bonjour les dégâts.
denis
Répondre
D
Si l'institution prend ses membres pour des demeurés cela veut tout simplement dire qu'elle fonctionne mal.

Bonne journée !
G
Cher Etienne ;
Je doute que le mot de « mimétisme » soit plus approprié pour appréhender l'affaire. Il déresponsabilise tout autant, comme tu le dis toi-même ; et d'ailleurs il te porte à réintroduire le statut de « victime » pour les auteurs ou les complices de ces actes.
De plus, le terme évoque, me semble-t-il, une tentation presque irrépressible, quasiment obligatoire, d'adopter les comportements du groupe auquel on appartient, ce qui supposerait une force du groupe et une constance de ces comportements. Est-ce vraiment le cas ?
Je dirais plutôt, en allant dans ton sens, que d'une manière assez générale nous vivons un abandon des normes (d'autant qu'elles se multiplient !), des références, des obligations notamment « morales » ou légales. L'absence de norme devient sinon la norme, du moins normal. Mais reste alors, pour chacun, les choix, qu'il faut bien assumer.

Tu as bien raison, toutefois, lorsque tu fais remarquer que des analyses seulement sociologiques, ou historiques, etc. peuvent être « borgnes », en manquant l'inconscient. Mais il se pourrait bien que le recours au mythe, s'il escamote trop vite le réel, rende également borgne, ou pire. Je ne peux m'empêcher de penser que le recours au « mimétisme » comme base (certes provisoire) d'une explication introduise inconsciemment une excuse, justifiant -inconsciemment et a priori- les faits, leurs auteurs et leurs complices. Les souhaiter « sujets responsables » ne peut commencer ainsi.
Je ne vois pas comment le mythe (celui-là du moins et dans ce cas) éclaire la part d'inconscient. Dommage. Car j'aurais aimé voir, dans ma réaction sévère inspirée par un peu d'histoire et un zeste de sociologie sommaire, quelle est la part et le jeu de mon propre inconscient.

Excuse ces réflexions de base, que je crains simplistes. Je crains plus encore que ce problème, grave, compliqué, qui touche cette institution (que nous connaissons bien !) et nos confiances d'autrefois, nous fasse éviter les évidences. Et pourtant il s'agit aussi de ne pas s'emballer.

Gérard,
19. III. 19
Répondre
E
Sans chercher tout de suite dans le détail du mimétisme, le mythe nous dit d’abord une chose essentielle : le mal dont souffre la société à travers le viol, la pédophilie, l’hypocrisie de ceux qui sont chargés de défendre les normes, est extrêmement car il s’attaque au fondement de l’humanité en s’attaquant à l’hospitalité. Or l’hospitalité est fondatrice de l’humanité.
Par ailleurs il met l’accent sur le rapport au corps. Le corps est essentiel dans l’hospitalité et nous avons tendance à le négliger, à le mépriser, à en abuser. C’est d’abord sur ces points qu’il faut travailler pour retrouver une véritable hospitalité
Si nous continuons dans cette direction, il faut considérer que l’institution est le corps même de l’église. C’est aussi parce que nous n’avons pas pris soin de ce corps que nous sommes tombés si bas. Il ne s’agit pas de critiquer l’institution en elle-même, parce qu’elle est indispensable, mais de remettre en cause son fonctionnement et les raisons de son dysfonctionnement.
Enfin le mimétisme lui-même, qui d’une certaine façon plonge les individus dans l’inconscience et l’irresponsabilité est lié à un dédoublement de la personnalité, qui oppose l’esprit et le corps, dans la mesure où il y a refoulement du corps et de la sexualité. C’est à ce niveau que nous pouvons arriver à comprendre ce qu’est l’inconscient : il y a une sorte de brisure de la conscience lorsqu’il y a refoulement.
Par ailleurs tu as sans doute raison d’invoquer l’abandon des normes. Il me semble que la raison en est dans l’oubli de l’interdit, qui va empêcher le dépassement nécessaire de l’interdit lui-même. Cet oubli de l’interdit est probablement en lien avec le refoulement du corps et de la sexualité.
F
Le cardinal Barbarin a annoncé dans un communiqué, mardi 19 mars, que le pape François avait refusé sa démission mais qu'il avait tout de même décidé de se "mettre en retrait pour quelque temps". "En invoquant la présomption d’innocence, [le souverain pontif] n'a pas voulu accepter cette démission", écrit-il. Philippe Barbarin précise qu'il sera remplacé par le père Yves Baumgarten.

Philippe Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles d'un prêtre de son diocèse. Le tribunal de Lyon a déclaré l'archevêque de Lyon "coupable" de n'avoir pas signalé à la justice en 2014 et 2015 les agressions pédophiles commises sur des scouts, un quart de siècle plus tôt, par le père Bernard Preynat.

Coupable d'avoir voulu "préserver l'institution"
Mais les avocats du cardinal Barbarin ont fait appel de cette condamnation. Le jugement reproche au religieux de 68 ans – qui avait martelé durant le procès, début janvier, n'avoir "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles" – d'avoir "fait le choix en conscience" de ne pas informer la justice "pour préserver l'institution à laquelle il appartient".

"Je suis étonné, je ne m'attendais pas à ce scénario qui est intermédiaire entre les deux scénarios prévisibles", a réagi le président de la Conférence des évêques, Georges Pontier. Selon lui, cette situation "inédite" résulte du "conflit entre deux exigences", celle de "respecter le cheminement de la justice" et celle de "se préoccuper du bien du diocèce de Lyon".

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules, le cardinal Barbarin est le plus haut dignitaire catholique français et sa condamnation a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Avant lui, deux évêques ont déjà été condamnés pour des faits similaires en 2001 et 2018 mais, depuis trois ans, le scandale lyonnais incarne la crise de l'Église face à la pédophilie.
Répondre
D
De retour de la fin de la terre, ton blog s'éclate sur mon écran.
Avec un très vieil ami, François Boudry, Geneviève et moi avons vu Grâce à Dieu.
S'il y a bien l'hospitalité, il y a aussi l’institution.
Je suis en train de peaufiner péché et faute, avec l'éternelle recommencement du péché originel.
Pescha et ses synonymes apparaissent au chapitre 14 de la Genèse. Je vérifie pour le "veau" d'or.
Quand une idée me tient, je la tiens.
Très amicalement et fraternellement.
Répondre
E
Oui j’ai vu aussi « Grâce à Dieu ». C’est un film très bien fait et près des faits. Tu as raison de souligner l’idée de l’institution. Je me demande si, en un sens, elle n’est pas le corps de l’église, sans doute un corps négligé, un corps non respecté et pourquoi pas un corps abusé. Il faut prendre soin de l’institution si on veut qu’elle fonctionne bien et pour le bien de l’Eglise. On peut critiquer l’institution mais il est bon de commencer par la respecter. Pour autant, il faut absolument éviter qu’elle se transforme en veau d’or car nous serions alors dans l’idolâtrie.
Y
Bonjour
Je suis en panne d’internet depuis une semaine.
J’ai lu le dernier texte sur mon smartphone.
Ce n’est guère pratique.
De toute évidence, il m’a paru complexe, il faudra que je le relise.
Je ne connais pas du tout ce mythe et je n’arrive même pas à saisir véritablement le lien que tu fais entre hospitalité et respect des corps. J’avoue avoir du mal à conscientiser toute cette symbolique contenu dans ce mythe.
Cordialement
Yves
Répondre
E
Le lien entre l’hospitalité et le soin du corps me paraît évident si l’on examine la manière dont Abraham exerce son hospitalité : il s’intéresse essentiellement au corps pour le laver, le mettre à l’ombre, le nourrir. Mais tu le verras facilement toi-même si tu le relis… Très bonne journée !
G
Cher Etienne,
Je m'avoue mal à l'aise devant ta réflexion. Je suis d'ailleurs très mal à l'aise devant le scandale réel et son amplification médiatique (que je ne crois pas imméritée quoique sans doute non dénuée de quelques intentions secondaires).
Nous sommes en ce moment de nouveau à Lesches en Diois. Nous avons retrouvé un couple d'amis d'ici, qui ont un parcours semblable au nôtre, avec qui la compréhension se fait facilement et profondément. Ils sont dans le même embarras que nous, avec une condamnation forte autant des actes dénoncés, que des hésitations et des silences de l'institution (épiscopale et vaticane notamment). Nos voisins leschois, protestants, ne font pas, quant à eux, dans la nuance.... Je ne suis pas porté à en faire beaucoup plus (de nuances) : mais, malgré mes très fortes prises de distance, je m'interroge sur ces faits, leur survenue, leur extension, leurs origines, et ce qu'ils disent de l'état actuel de l'Eglise comme institution, et sur son avenir possible comme porteuse (en principe), d'un message radicalement humain - au moins-, et pour lequel elle sera, je le crains, de moins en moins entendue, d'autres causes, moins circonstancielles agissant aussi.

Essayant de comprendre d'abord les faits, je ne me trouve guère aidé par ton recours à ce mythe (ce qui pourtant s'impose) mais fait partir dans les hauteurs comme dans un refuge.
Tu utilises à deux (ou trois) reprises le terme de « épidémie » pour évoquer le phénomène. Je le trouve un peu fallacieux. Il suggère que ces personnes qui se comportent comme on sait -ou comme on dit – sont en somme, eux d'abord, des victimes, comme ceux qui sont atteints malgré eux par un virus, et n'échappent pas à la « contamination », dis-tu, qui frappe toute la société. Cette approche, distanciée par la métaphore, ne permet pas d'analyse réelle du phénomène.
A mon sens, il faudrait distinguer deux voire trois phénomènes (liés) : ces actes de pédophilie commis par des membres du clergé ; le silence des autorités ; et de plus, la question du sexuel dans l'Eglise en général et dans le clergé en particulier. Sur ces points, des analyses sociologiques, historiques, psycho- ethnologiques ou que sais-je ? me sembleraient plus éclairantes que le recours au mythe, à ce mythe. Or il y aurait beaucoup à dire, que tout le monde sait déjà, sur ces questions.

Je considère, quant à moi, que la question est de ramener enfin sur terre la sainte institution, ses responsables et les autres, qu'ils acceptent pour de bon ! qu'existe la Loi humaine, qu'ils voient avant tout que les actes commis par eux, ou dont ils sont plus ou moins complices, sont des délits d'une grande gravité, voire des crimes, des atteintes irréparables à autrui, d'autant plus scandaleuses qu'il s'agit de jeunes gens, et qu'elles sont commises sans aucun doute derrière un discours qu'on connaît bien, de « charité chrétienne », de « pardon » et « d'amour », qui devient de ce fait un discours d'une profonde et irrecevable hypocrisie. Je ne peux supporter l'idée que ces gens-là passent a priori pour des victimes.

Mais je conviens que c'est la question du corps qui fait problème dans tout cela... Corps abusé, sans doute ! Parce que d'abord dénié, ignoré, refoulé, méprisé par l'institution et ses membres qui s'installent dans une « toute-puissance » illusoire et radicalement mensongère. Si on suit le mythe jusqu'au bout, il faut s'attendre à ce que s'abattent sur eux « le soufre et le feu ».

Je préfère donc me garder à distance.

Gérard Jaffrédou
15, 17. III. 2019
Lesches.
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D
Merci de tes réactions. Je comprends ton malaise et je suis heureux que tu l’exprimes et le détailles.
Personnellement je persiste à penser que le recours au mythe est d’une grande utilité. C’est pour cela que je me bats depuis longtemps. Que je le fasse bien est un autre problème.
Sur la critique du mot épidémie, tu as raison. J’ai utilisé ce mot parce qu’il était plus compréhensible que le mot mimétisme : chacun finit par imiter l’autre sans revenir à soi, sans faire réflexion sur le sens de ses actes. Cela n’excuse pas mais cela fait comprendre que nous pouvons être effectivement, pour une part, des victimes dans des événements qui nous dépassent. Finalement même les autorités sont marquées par le phénomène du mimétisme, si bien qu’elles ne sont pas au clair avec ce qu’il faudrait faire.
Sur les analyses souhaitables, je suis aussi d’accord avec toi. Mais je pense en même temps, que le mythe peut les éclairer, parce qu’il fait jouer, dans le même mouvement, le conscient et l’inconscient. Les analyses dont tu parles sont certes utiles, mais elles sont le plus souvent borgnes, dans la mesure où elles ne croient qu’à ce qu’elles voient, oubliant cette part inconsciente qui nous échappe. Ce n’est que lorsque je prends au sérieux l’obscurité qui nous égare, pour que nous y voyons plus clair, que je peux entrer dans une plus grande responsabilité. J’avoue que je n’ai pas fait ce qu’il aurait fallu faire. Mais je peux citer les problèmes soulevés directement ou indirectement par le mythe, auxquels il faudrait s’attaquer : l’inconscience manifeste sur la gravité de ses actes, le phénomène du mimétisme déresponsabilisant, le jeu entre le sujet et la société et l’incapacité de prendre en compte les deux en même temps, le secret qui renforce le rôle de l’inconscient, la peur qui renvoie en arrière, les manquements à l’hospitalité, fondatrice de l’humanité, la place du corps dans l’hospitalité…
Par ailleurs, c’est bien parce que nous risquons le soufre et le feu qu’il faut tout faire pour revenir aux respects des lois de la vie. Le soufre et le feu est une menace ; ce n’est pas une fatalité.
G
Cher Etienne,

J'avais commencé avant hier un bout de texte que voulais compléter. Je le fais et je te l'envoie très bientôt .

Nous sommes à Lesches depuis une quénzaine de jours -pas mal de choses à faire, dont une expo inattendue à préparer.

Le sujet que tu poses fait réagir et réflechir chez nos plus proches, certains un peu embarrassés .

A bientôt .Gérard
Répondre
E
J’attends avec beaucoup d’intérêt le fruit de ta réflexion.
P
Le dollar et son avenir par Chris Hedges
Boîte de réception
x

Pierre Decaillet via orange.fr
20:50 (il y a 1 heure)
À

Le dollar et son avenir par Chris Hedges (https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Hedges)
https://www.les-crises.fr/adieu-au-dollar-par-chris-hedges/
Parole du jour :
« Dans une société bien huilée, on ne dit pas ce que l’on sait, on dit ce qui est utile au pouvoir. »
Noam Chomsky
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D
Pierre Decaillet est un peu un habitué de ce blog. C'est pourquoi j'ai repris son annonce. Il ne s'agit pas de corps abusés mais de parole abusée par le pouvoir en place.
G
Cet article est maintenant référencé par google.
Répondre
H
J’admire ta capacité à t’élevers au dessus d’une actualité aussi lourde.



Amitiés



Hugues
Répondre
E
Merci Hugues, une fois encore, pour ta bienveillance.
Très bonne journée !
C
Merci cher Etienne , je lirai tout cela attentivement , mais je dois dire que cela me dépasse complétement et le « mix « entre le spirituel et la turpitude , me semble inapproprié ! Mais j’attendrai tes explications !!
Bises à toi .
CLAIRE H D
Répondre
E
Merci Claire pour ton attention bienveillante. C’est vrai que ma démarche est un peu audacieuse de vouloir démêler turpitude et spirituel. Mais il me semble que le mythe est fait pour cela. Alors j’en profite.

Je pense bien à toi et à Jean-Nicolas
O
Merci à Olivier pour sa référence à l'article.
Appuyer sur le nom de l'auteur
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V
Bonjour,

j'avais parfois l'impression d'être un "bouffeur de curés", mais la réalité dépasse la fiction. Je n'ai jamais été abusé, mais les menaces voilées de l’aumônier catholique du lycée et les rigueurs protestantes ne m'ont pas beaucoup aidé, bien au contraire.


Ce que nous découvrons, ce sont les conséquences du célibat des prêtres, de la misogynie des 3 monothéismes patriarcaux moyen- orientaux, les femmes sont là pour pétrir les galettes, bien qu'impures et c'est l' hypocrisie qui accompagne toujours les religions et les clergés. Le Vatican botte en touche en évoquant le diable, le paganisme (quel culot!), les familles, alors, c'est que l'Eglise est une bien grande famille.

Si l'Eglise doit disparaître, qu'elle disparaisse; dommage pour le folklore latin qui nous relie à l'Antiquité; que les belles églises soient conservées ou recyclées pour d'autres rencontres: musique, danse...
Amitiés

Vincent Gerbe
Répondre
F
Bonjour,

Une fois ce constat fait (il a déjà été fait des millions de fois!!)
Quelle est votre analyse? vos propositions?

Quelle est votre contribution ?
E
Merci Vincent pour tes réactions. Personnellement je me confronte à la réalité avec beaucoup d’humilité et je me demande pourquoi tant de mépris à l’égard de son propre corps et du corps de l’autre. La réalité qui m’offense et nous offense est là et pour la transformer il faut que je commence par l’accepter. Ce corps de l’autre défiguré, comment vais-je pouvoir lui redonner sa beauté et sa dignité à travers une hospitalité retrouvée. Et le problème s’accroît encore lorsque je découvre que celui qui défigure le corps de l’autre ne fait que révéler la défiguration de son propre corps.

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