Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 19:52

Marianne

 

Les gilets jaunes ou la révolte des sujets

 

Le mot sujet a deux sens. En un premier sens, il évoque la notion de soumission comme lorsqu’on parle des sujets du roi. A l’opposé, en tout cas dans le sens où la philosophie éclairée par la psychanalyse l’utilise, le sujet renvoie à la responsabilité, à la liberté, au rapport de soi à soi. Trois composantes permettent alors de le définir : l’individualité circonscrite par le corps, la dimension sociale et une forme de transcendance. Dans toute l’évolution politique, le mouvement de la vie et du combat à long terme cherche à faire passer du sujet soumis et opprimé au sujet responsable. C’était le cas dans l’antiquité lorsque les Hébreux quittèrent l’Egypte, cherchant une terre promise en traversant le désert. Ce fut aussi le cas lors de la révolution française et des guerres de libération à la suite de la colonisation. Aujourd’hui, la prise de conscience d’un sujet libre semble encore plus affirmée que par le passé au point que l’on pourrait assister à une véritable mutation.


L’étouffement et le blocage

A l’origine de la révolte actuelle, il y a le sentiment d’un blocage et d’un étouffement. Le pouvoir d’achat qui doit permettre de mener une vie normale est, pour beaucoup, insuffisant. Bien plus la dynamique du pouvoir politique se fait au détriment du peuple. Il n’a pas son mot à dire et se trouve impuissant à influer sur le cours des événement censés rythmer sa propre vie. Depuis quelque temps, le mouvement qui doit faire passer de la soumission à la liberté et à la responsabilité semble s’être inversé, alors même que des réformes importantes sont entreprises. Le jeu entre le pouvoir et le peuple tend à s’effriter et seuls les puissants arrivent à tirer leur épingle du jeu.


De la violence physique à la violence symbolique

Lorsque le blocage est trop important, l’homme essaie de se dégager en tentant d’inverser les rapports de force au point que des formes de violence physique menacent de s’installer. En même temps, presque tout, dans le mouvement des gilets jaunes, paraît montrer que l’on cherche à passer de la violence physique à la violence symbolique, qui fait appel à l’intelligence de chacun. Et pourtant les samedis qui se succèdent font craindre le pire : les commerces se barricadent et la police cherche à exercer une contrainte pour limiter les débordements en évitant que des morts viennent donner raison à la violence excessive des manifestants.


Les casseurs contrarient le mouvement

Les casseurs croient être réalistes face à des rêveurs qu’ils jugent en dehors de la réalité. La même tension s’exerce aussi du côté de la police si bien que la violence des uns semble justifier la violence des autres. En fait, un tel jeu est dangereux car il déshumanise le combat et peut conduire au désastre. Il y a contradiction entre le mouvement d’humanisation qui cherche à faire passer de la soumission à la liberté et le non-respect de l’autre que certains voudraient détruire. C’est pourquoi une responsabilité s’impose aux gilets jeunes comme à la police pour que le respect de l’autre finisse par prévaloir.


L’oubli du local et du sujet concret

La vie est toujours faite de tensions, entre le haut et le bas, entre le pouvoir et le citoyen, entre le central et le local. En France, nous nous heurtons, depuis longtemps, à un jacobinisme qui ne respecte pas de telles tensions. Les régions s’essoufflent par manque de crédits, les maires s’épuisent à se faire reconnaître et les citoyens de base ont parfois l’impression de ne pas exister. La vie est comme une étoffe qu’il faut savoir tisser en croisant la chaîne et la trame, le vertical et l’horizontal, le central et le local. Il nous faut retrouver le sens de la dialectique qui préconise le dialogue et l’interaction.


La revendication du droit à la parole et les ronds-points

La recherche du symbolique liée à la recherche d’humanisation du combat est présent dans l’utilisation des ronds-points. Sans doute veut-on faire prendre conscience du blocage de la société en bloquant le passage des voitures. Mais, en fait, c’est moins la circulation des véhicules qui intéresse les gilets jaunes que la circulation de la parole elle-même. Le rond-point permet de créer de nouvelles relations et de faire avancer les projets parce qu’il est le lieu de réinvention de la parole. Chacun prend ici conscience que la parole est le sang de la société dans la mesure où elle porte la vie. C’est pourquoi elle n’est pas seulement un droit, elle est d’abord une exigence pour que la société dans son ensemble puisse fonctionner. Elle doit être constamment entretenue comme le feu du foyer recréé sur chacun des ronds-points.

 

La revendication du droit à l’écriture et les cahiers de doléances

De nombreuses mairies viennent de permettre aux gilets jaunes et à tous les citoyens   de rédiger leurs doléances. Nous ne sommes plus dans la parole. Le passage à l’écriture permet une inscription dans l’histoire. Mais plus encore, elle est ouverture sur l’inconscient. En écrivant, j’établis un lien avec tout ce qui est enfoui dans mon être profond, les événements oubliés qui m’ont marqué, les traumatismes qui ont perturbé mon évolution. L’écriture est une thérapie qui guérit en révélant les manques susceptibles de freiner mon désir de vie. Bien plus, en inscrivant mes doléances, elle me donne l’énergie pour y faire face avec tous les autres


La nécessité d’un débat entre le pouvoir et les sujets

Il n’est plus possible de laisser le pouvoir se refermer sur lui-même pendant la durée d’un quinquennat. Comme il tient sa justification des sujets qui l’ont élu, il doit sans cesse revenir à la source. C’est ce qu’a compris à juste titre le président. En tout cas, il n’est pas possible de sortir de la crise sans passer par un débat. Et ce débat est à inventer de telle façon que les rôles soient justement répartis. L’avenir dira si les solutions ont bien été trouvées. Mais, sans doute faudra-t-il passer par des échecs pour dégager la voie la plus efficace, jusqu’à ce que le débat soit inscrit de manière permanente dans l’exercice du pouvoir.


Un jeu nécessaire entre la démocratie représentative et la démocratie directe

Il est bien évident que la démocratie représentative a fini par montrer ses limites. Elle donne trop d’importance au pouvoir en place faisant oublier qu’il est au service des citoyens eux-mêmes. Mais comment pourrait-il alors fonctionner sainement sans un aller et retour constant entre la base et le sommet ? C’est d’en bas que surgit le pouvoir et c’est vers le sujet à constituer progressivement qu’il doit revenir constamment. Le débat est un bon moyen de faire fonctionner la parole. Mais, en même temps, le référendum pourrait être un outil supplémentaire pour donner naissance en France à une démocratie plus adaptée à notre époque. Il faut parfois regarder vers les plus petits que soi car ils sont plus proches du terrain, et la Suisse, avec son expérience multiséculaire, pourrait nous montrer la voie.


La progressive reconstruction du sujet

Nous sommes partis du jeu qui fait passer du sujet soumis au sujet responsable. La crise actuelle montre qu’il nous faut faire un nouveau pas décisif pour aller vers plus de liberté. C’est pourquoi il devient urgent d’inverser les priorités car c’est le sujet à constituer, porteur de la dimension sociale et de la transcendance, qui est premier. Le pouvoir est à son service et le responsable politique peut devenir grand lorsqu’il accepte de n’être qu’un serviteur.

Etienne Duval

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

B
Bonsoir Etienne . Juste pour te dire, avant d'en avoir fait la lecture que nous venons de recevoir les 2 blogs de janvier et février, ce qui suppose que tu as pu revoir ta liste de diffusion comme dit lundi passé à Flumet. Grand merci . Prend soin de toi Suzanne et Paul
Répondre
D
Arrêtez d’enmerder les Français. Georges Pompidou.

Dès le matin, Juju revint à la mairie, et comme tous les conseillers municipaux venaient à lui, il s'assit et se mit à plaisanter. Jojo, son premier adjoint, et les autres conseillers lui présentèrent alors Jérôme qu'ils avaient surpris en mensonge de déclaration de revenus, après le dernier Conseil Municipal, et ils le placèrent au milieu d'eux.
Juju, dirent-ils, Jérôme a été pris en flagrant délit de dissimulation fiscal. Dans la loi, le code pénal a prescrit de lyncher médiatiquement ces hommes-là. Et toi, qu'en dis-tu ?
Mais se baissant, Juju se mit à tracer du doigt des traits sur son bureau. Comme ils continuaient à lui poser des questions, Juju leva la tête et leur dit :
Que celui d'entre vous qui n'a jamais menti au fisc lui disent de démissionner du Conseil. Et s'inclinant à nouveau, il se mit à tracer des traits sur son bureau.
Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l'un près l'autre, à commencer par le premier adjoint, et Juju resta seul avec Jérôme.
Juju se redressa et lui dit :
Jérôme, où sont-ils donc ? Personne ne t'a condamné.
Jérôme répondit : Personne, Juju.
Et Juju lui dit : moi non plus, je ne te condamne pas : va et désormais déclare tous tes revenus au fisc.

Pouvoir d’achat.

Ce qui m'importe n'est pas ce que je gagne, mais ce qui me reste après avoir payé impôts et taxes, directs ou indirects.
Ceci posé comme préalable, mon pouvoir d'achat se lie directement à ces derniers, donc à l'action de l'exécutif.
La demande peut avoir sa réponse dans la réforme du fonctionnement de l'Éat.
Balayer devant la porte des autres, c'est charité.
Balayer devant sa porte, c'est plutôt coquin.

Français, que fais-tu de tes impôts ?

Les 3 Pouvoirs.

Distinction née dans l’Esprit des lois de Montesquieu, elle reste à s’appliquer en France, car la tentation de l’Exécutif reste toujours de contrôler et de diriger le Législatif et le Judiciaire.

Pouvoir Exécutif.

Ce pouvoir respecte peu les 2 autres.
Main mise sur le Législatif par sa présentation massive des textes de lois au Pouvoir Législatif.
Main mise sur le Pouvoir Judiciaire en se réservant le droit de nommer ses hauts fonctionnaires.
Main mise sur la nomination des hauts fonctionnaires des différents conseils et agences.
Nomination des fonctionnaires de tout poil près les Collectivités Territoriales par l’intermédiaire des Directions Régionales.
La fonction de ce pouvoir est d’exécuter et non de nommer ses pions dans l’Administration et encore moins de troubler l’action des dirigeants territoriaux.

Pouvoir Législatif.

2 types de lois votées par les 2 Assemblées. La Chambre des Députés ayant tout pouvoir réel.
Il vaudrait mieux distinguer leurs compétences.

Sénat.
Vote des traités Européens et Internationaux. Compétence pour confirmer les nominations des agents des Pouvoirs Exécutif et Judiciaire, et pour contrôler l’action des élus.

Chambre des Députés.
Vote des lois concernant exclusivement l’activité intérieure de l’État, les personnes qui vivent en France et les collectivités territoriales.

En conséquence, supprimer les navettes entre ces 2 chambres.

La loi.

Entre 2016 et 2019, 12 lois furent votées sur la sécurité. Un beau maquis qui augmente l’insécurité et qui trouble l’action de la gendarmerie et de la police.
A l’instar du type d’adoption de loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse du 17 janvier 1975, dite loi Veil, il conviendrait d’en adopter le système pour toute loi d’une durée illimitée.
La législature vote la loi, avec application immédiate ; la législature suivante en analyse son efficacité et ses effets secondaires, puis l’adopte définitivement ou la supprime.

Pouvoir Judiciaire.

Nomination exclusive des membres des tribunaux par d’autres membres des tribunaux.

Etat et collectivités territoriales.

Compétences.

Pour un même objet, réunir les compétences diverses et variées sous une autorité unique.
En créant des statuts recomposés, l’Etat a commencé à réagir.
Exemple. Même statut pour l’ensemble des fonctionnaires du Ministère de l’Economie et des Finances, les agents pouvant passer de l’assiette au recouvrement.
A contrario. Pourquoi la sécurité de la route s’exerce-t-elle par l’autorité militaire, la gendarmerie, et l’autorité civile, la police ?
Pourquoi 2 types de laboratoire scientifique pour élucider les crimes et les assassinats ?
Pourquoi 3 directions de territoires, nationale, régionale et départementale ? Le transport, la route.
Pourquoi une Agence Nationale de la Santé et une Régionale ?
Avec Victor Hugo, j’en passe et des meilleurs.

Il y a mieux.
Dans l’enseignement.
Compétence du Ministère, de la Région, du Département et de la Commune. Non seulement pour les bâtiments, mais encore pour le personnel.
Il vaudrait mieux tout regrouper, par exemple à la Région.

Recrutement des agents.

A l’origine, le concours permettait de recruter un agent pour un poste
Depuis 1945, les agents peuvent passer d’un poste à l’autre avec plus de facilité. Le concours devient obsolète. Il vaudrait mieux faire le recrutement sur titre et travaux, voire analyser les motivations de l’exposant ou demandeur.
Cette difficulté est déjà soulignée par le concours des agents des collectivités territoriales qui n’offre pas de poste.

Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Cotisations sociales.

Moins qu’un impôt, il s’agit d’un revenu différé : maladie, retraite, etc.
Depuis la création de la Contribution Sociale Généralisée et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale sur les revenus du patrimoine et de placements financiers soumis à la CSG, son recouvrement se fait selon 2 sources :
travail pour l’employeur et l’employé ; revenu du travail et revenus financier et immobilier.
Il conviendrait de séparer ces 2 sources :
Travail avec ses taux propres.
Revenus financier et immobilier avec ses taux propres.
Et par voie de conséquence la suppression de tout ISI.

Retraite.

Un constat. Le Français passe souvent du statut privé au public, et vice-versa. A quand l’égalité devant la retraite pour les travailleurs du public et du privé, pour ceux qui passent de l’un à l’autre au cours de leur carrière ?

Ministère de l’Économie et des Finances de l'action et des comptes publics.

Supprimer toute fiscalité punitive et incitative.

Economie et chômage.
Les Gafam.
Au lieu de les taxer, même si c’est justice, se demander pourquoi ce type de société est né en dehors de la France et de l’Europe. Administration tatillonne ou incompétence des industriels européens ?
Sans industrie, le chômage restera au même taux. Car la règle d’or est :
Consommer autant que je produits, et nom pas pour autant que je produits.
Comme pour leFfrançais, le déficit de l’Etat s’impose.

Droits de succession.
Depuis le 1er Empire, les droits de successions minorés ont pour but de préserver le patrimoine familial. Ils sont donc liés à une conception historique de la famille.
Le mariage monogame a pour origine la tradition juive qui s’oppose à celle des états voisins qui entouraient la Palestine.
Cette conception s’est plus ou moins répandue à travers le monde.
Pour ce qui regarde l’Europe, elle est constante depuis le Ve s.
La notion de patrimoine familial a varié depuis cette époque.
Droit d’ainesse jusqu’au 4 aout 1789.
Droit familiale avec le 1er code civil, où le conjoint est exclu de la succession.
Pension de réversion.
Pour pallier à cet état de droit, en 1945, la pension de réversion fut instituée pour le conjoint survivant, souvent sans aucun revenu. En 1971, la condition de ressources se substitue à la notion de conjoint à charge. Fin 1972, la liquidation de la pension de réversion devient possible à partir de 55 ans au lieu de 65 ans.
La solution s’impose.
Le taux d’impôt des droits de succession devrait suivre celui de l’impôt sur le revenu : devenu un recouvrement à la source, les héritiers familiaux ou légataires universels extra familiaux se partageant l’héritage ainsi « défiscalisé ».
Plus de quotient familial. Plus de dégrèvement.
Impôt compris par tous. Recouvrement simple. Efficacité économique qui supprime les rentiers de la succession.
La fiscalité au bonheur du Ministre devrait passer à la fiscalité stable.

La joie par la fiscalité.

Ministère de l’Intérieur.

Vote.

Depuis la 5e République, le vote des élus se fait à 2 tours de scrutin, avec l’idée de supprimer l’influence les petits partis. Ce type d’élection était sensé mettre en place le modèle à un tour, britannique, en France et obtenir : un parti de gouvernement, un parti d’opposition.
Ce système échoua et provoqua des alliances politiques contre nature.

Référendum.

Vote à un tour, inconnu des Français et des dieux avant la constitution de 1958, Charles de Gaulle l’introduisit, article 3 de la Constitution, comme l’'une des 2 modalités d'expression de la souveraineté nationale ; il s’en servit pour s’autoproclamer. Pour en arriver à sa démission.
Modifié, il servit au même objet, sauf que le dernier, négatif pour l’Europe, Nicolas Sarkozy dut en faire voter le texte, peu modifié, par les parlementaires.
Ce vice doit se transformer en vote pour ou contre le texte même du référendum et non pour ou contre l’autorité qui le met en place.
En effet, pourquoi bannir ce que fait la représentation nationale par une consultation populaire ?
L’exemple de la votation suisse peut servir de modèle pour le réformer.
Les Suisses ont voté la suppression des étrangers venus prendre leur place dans l’économie. En fait, combattre l’activité des frontaliers qui travaillent chez eux.
Projet parfait en idée. Irréaliste dans les faits. Cette votation reste un coup d’épée dans l’eau.
Le référendum a aussi ses limites.

Référendum d’Initiative Populaire. R.I.P. Requiescat In Pace.

2 types de référendum sont à modifier.

Référendum national.
Articles 11, 88-5 et 89 de la Constitution, il couvre le champ législatif, celui des traités internationaux et le champ constitutionnel.
Consultation impérative sur un sujet d’ordre national ou international. Sans possibilité de contestation de l’autorité qui le propose, président de la République, Parlement, pétition populaire sur toute la France.

Référendum local.
Prévu par l’article 72-1, depuis la réforme constitutionnelle du 28 mars 2003, il participe au nouveau mouvement de la gouvernance locale.
Cet article sibyllin est resté sans effet réel.
Amendé, il deviendrait une consultation impérative sur un sujet d’ordre local. Sans possibilité de contestation de l’autorité de tutelle et de celle qui le propose, région, département, commune, il doit rester une pétition populaire limitée au territoire de la collectivité locale correspondante.

Élection des élus.

L’échec du vote à 2 tours de scrutin peut se corriger par celui à 1 tour.
Vote uninominal. Le candidat qui obtient le plus de voix, est élu.
Vote plurinominal ou par liste. La proportionnelle s’introduit de fait en fixant le pourcentage nécessaire pour obtenir des sièges dans chacune des collectivités territoriales.
Un statut des élus s’impose.

Nombre des collectivités territoriales.

Communes.
Aujourd’hui, ce nombre avoisine celui de 1789.
Un premier effort fit passer les paroisses fiscales de 40.000 de 1789 à 36500 communes environ à la fin du XIXe s., puis à 34400 en 2109.
Français, encore un effort. Ce nombre devrait se stabiliser autour de 10000 communes pour s’adapter aux pays européens.
De l’ancienne communauté de communes, la loi de 2015 en amena le regroupement. Cette entité doit disparaître au profit des communes fusionnées.
Régions.
Les provinces de 1789 passèrent à 83 départements en 1790, puis à 27 régions en 1958, et, enfin à 18 en 2016. L’effort est sensible.
Départements.
Le département pourrait devenir une entité administrative, comme le canton après 1958.
Dans tous les cas de figure, la dotation globale de l’État doit parvenir aux Régions et aux nouvelles communes fusionnées.
Chacune de ces collectivités devrait avoir une fiscalité propre, avec ses taux particuliers, indépendante de la fiscalité nationale.
Bonjour les responsables. Vous devrez justifier vos recettes et vos dépenses devant la Cour Régionale des Comptes.

Ministère de la Justice.

Tribunaux.

Créer 3 types de tribunaux :
-biens et amendes. Réparation financière. Sans emprisonnement.
-personnes : meurtre. Tuer une personne sans préméditation. Réparation financière, avec ou sans emprisonnement.
-personne : assassinat. Tuer une personne avec préméditation. Réparation financière et emprisonnement.
Pour les personnes âgées, par exemple de plus de 75 ans, aménagement de la peine à exécuter.
Supprimer les tribunaux d’exception autant que possible.

Prison.
Séparer les prisonniers bien portant des prisonniers malades, longue durée ou incurables.
Création d’un ou de plusieurs hôpitaux pénitentiaires par Région administrative.

Vente judiciaire.

Mobilier.

Meubles meublant.
Il s’agit le plus souvent de vente sur les personnes :
-en dessous du seuil de pauvreté
-au niveau du seuil de pauvreté
-juste au dessus du seuil de pauvreté.
Il conviendrait de supprimer ce type de saisie.
Et par voie de conséquence redéfinir le statut des officiers ministériels, commissaire priseur et huissier.

Saisie financière.
Rendre saisissable tout produit financier dépassant un seuil légal à créer, par exemple indexé sur le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance.

Immobilier.

Sur décision du juge du tribunal compétent, faire exécuter la vente, exclusivement, par le notaire, officier public, nommé par le ministre de la Justice, président de la chambre ou notaire du lieu du bien.

Divorce.

Créer un contrat de divorce à l’instar du contrat de mariage, enregistré à l’état civil, mentionné en marge de l’acte de mariage.
Le régime matrimonial de droit commun serait la séparation de biens entre les époux.
Le tribunal des affaires familiales restant compétent pour toute contestation postérieure.

Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche, et de l'innovation.
.
Dégraisser le Mammouth !

Mission.
Se charger des programmes et les faire appliquer, exclusivement, par la Région.

Enseignement supérieur.
Réintégrer les Grandes Écoles dans l’Université. Leur origine s’expliquant par la fermeture des Universités en 1790, et par la nécessité de former des cadres dès la 1re République.
Requalifier les diplômes, conformément aux directions européennes.
Exemple. DUIT et BTS en licence.
Libérer les Universités, libre et publique.

Rédaction des textes judiciaire et administratif.
Supprimer les interdits et promouvoir les obligations.
Exemple. Permis de construire. Attestation de non contestation de conformité, texte officiel. Attestation de conformité, texte à proposer.

Adaptation.
Appliquer les réformes au lieu d’en promouvoir de nouvelles, suivant l’humeur des Ministres, qui s’entassent et ses contredisent.
Exemple. La réforme de l’orthographe de 1990 reste inappliquée.

Je témoigne de ces faits et je les écris, et mes doléances sont véridiques. Il y en a bien d’autres que je pourrais rédiger et que proposent déjà d’autres Français. Si le Collège des garants les mettait par écrit, une à une, je pense que les serveurs du monde qui les recevraient, auraient du mal à les contenir.

Denis Jeanson
Paroisse Saint-Paul-en-Forez-Donzy.
denisjeanson@gmail.com
Répondre
E
Tu as vraiment fait un gros travail. Je suis admiratif. Je mets donc ton texte sur mon blog. Il y a entre 600 et 700 passages par mois. Mais, pour le reste il faut que tu interviennes toi-même sur le grand débat, sur les cahiers de doléances, sur le vrai débat (des gilets jaunes), en tant qu’administrateur. Je ne peux pas le faire à ta place. Bonne journée !
M
Commentaires autour du blog de janvier 2019


D’une manière générale je suis assez d’accord avec les remarques de François mais on peut aussi analyser ce mouvement des gilets jaunes à plusieurs niveaux, je prendrai celui du plus immédiat.
La comparaison que je présente va faire rire mais elle a l’avantage d’aider à la compréhension. Lorsque nous gardions les vaches, si nous voulions trop les contraindre elles pouvaient, dans un mouvement de révolte, se mettre à courir dans tous les sens. Les gilets jaunes sont une réaction semblable suite à une suite de contraintes auxquelles le gouvernement les a soumis, les 80 km/h ont eu un effet non négligeable après toutes les autres décisions qui les brimaient, comme aussi les nouvelles taxes sur les carburants. Tocqueville aurait parlé d’énervement de la population. Si on met une taxe incitative il faut qu’elle ait un effet, mais si ceux qui la subissent ne peuvent en aucune manière agir autrement, elle ne devient qu’une taxe supplémentaire. Ouvrez les yeux, messieurs du gouvernement !
Regardons le point suivant : Macron a eu, en nombre de voix, au premier tour de l’élection présidentielle, un peu plus de 20% des votants, or c’est au premier tour que l’on peut choisir son programme, au deuxième on ne fait qu’éliminer la personnalité dont on a peur. Or par un système pour le moins antidémocratique, on va élire une chambre qui ne pourra que voter ce que le président appellera son programme, dont on vient de voir qu’il n’a aucune légitimité. Les gilets jaunes ne disent pas autre chose, « monsieur le président vous n’êtes pas légitime, vous devriez vous limiter à votre responsabilité exécutive et laisser à une assemblée représentative du peuple le choix des décisions ».
Ce problème qui est une autre forme de la centralisation à la française naît de ce que nos institutions ne respectent pas la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif ou délibératif. C’est vrai au niveau des communes où, comme on veut un maire qui ne soit pas contesté, on fait en sorte qu’il y ait accord entre la majorité et le maire. Ainsi dans une commune où trois listes se partagent les voix, celle qui aura une voix de plus que les autres aura au moins 65% des sièges, celui qui aura conduit la liste sera maire, il fera élire ses adjoints et fera voter les indemnités des uns et des autres y compris de lui-même. La commune sera alors dirigée sans débat. Dans la plupart des pays européens le maire est désigné par une élection séparée de celle de l’assemblée et de ce fait ne pourra pas être contesté par elle, d’où aucune justification à ce qu’elle ne soit pas élue à la proportionnelle intégrale. Alors le maire pour chaque projet négocie une majorité auprès de chacune des listes et cherche un compromis, par de vrais débats où tous les conseillers sont impliqués, pour un projet qui au final sera meilleur que l’original grâce à l’apport de tous les élus*.
Généralisez cette approche à tous les niveaux y compris à celui de l’Etat et vous mettez en place une société qui apprend à discuter, à rechercher en commun le consensus. Il n’est alors plus nécessaire d’organiser de grands débats dont on ne sait pas sur quels sujets ils portent et sur quelles bases de réflexions ils reposent.
L’autre inconvénient de notre système est de mettre les responsables dans des situations de conflits d’intérêt fréquentes : Les maires et les adjoints se votent leurs nombres et leurs indemnités, les conseillers territoriaux s’élisent aux postes des nombreuses sociétés d’économie mixtes et « arrondissent » ainsi leurs rémunérations, le président de la république nomme des responsables d’organismes comme celui de la commission nationale du débat public et intervient dans leurs rémunérations dans un contexte de renvoi d’ascenseurs. Tout ceci est cause du manque de confiance envers les politiques.
Autre conflit d’intérêt qui se résout un peu comme dans les républiques bananières : les députés ont le pouvoir de définir leur mode d’élection, avec un peu de chance Macron voudrait décider les contours des assemblées avec lesquelles il gouvernerait et pourquoi pas changer son mode d’élection. La constitution ne devrait pas pouvoir être modifiée par ceux qui la pratiquent. Dernièrement à Genève la constitution a été modifiée, la procédure utilisée, classique dans tous les pays démocratiques, élection d’une constituante très ouverte, débats et rédaction puis vote par le peuple. Jamais en Suisse les constitutions ne peuvent être modifiées sans vote du peuple.
La deuxième faiblesse de notre démocratie tient au non respect du principe de subsidiarité qui voudrait que chaque décision relative au bien public soit prise par les personnes concernées et non par des organismes lointains. Les 80 km/h décidés par le gouvernement national en sont une illustration. Les départements seraient plus à même, étant par ailleurs responsables des routes, de décisions plus fines et plus justifiées. En quoi la région est-elle le niveau adéquat pour organiser le transport scolaire qui à son origine était géré avec efficacité par des associations locales, puis par les communautés de communes. Les lycées, même si la région, comme les Länder allemands, peut garder le rôle de juste répartition des moyens, n’ont aucune justification à être construits, gérés, entretenus par ces régions mais devraient l’être par les villes ou les communautés de communes d’implantation. L’exemple des écoles libres montre que cela est possible. Faire que le personnel de service des lycées ne dépende pas des autorités locales mais d’un service régional à Lyon, par exemple pour le lycée de Saint-Julien, est une aberration. Combien de services territorialisés soit de l’Etat, soit de la région, soit du département pourraient, avec une efficacité décuplée et la suppression des doublons être pris en charge par la collectivité la plus proche ? Une telle approche a l’avantage que Tocqueville a bien vu quand il dit : « Or, ôtez la force et l’indépendance de la commune, vous n’y trouverez jamais que des administrés et point de citoyens ». Le philosophe Yves Simon dit la même chose : « Toute fonction qui peut être assumée par l’inférieur, doit être exercée par l’inférieur, à peine de dommage pour l’ensemble tout entier. Car il y a plus de perfection dans un ensemble dont toutes les parties sont pleines de vie et d’initiative que dans un ensemble dont les parties ne sont que des instruments traversés par l’initiative des organes supérieurs de la communauté ».Le bénéfice de la subsidiarité est de responsabiliser les citoyens en leur donnant un espace de liberté et donc de responsabilité dans lequel ils apprennent l’initiative.

En conclusion les causes de nos malheurs et du soulèvement des gilets jaunes sont essentiellement dues à la centralisation dans toutes ses déclinaisons : territoriales, des pouvoirs, des responsabilités et par là sous une forme cachée à la corruption. Pour y remédier il faut une société de dialogue grâce à la séparation des pouvoirs et à la subsidiarité.

* Donnons cet exemple : à Stuttgart un maire écologiste n’était pas d’accord pour une rénovation de la gare, un référendum a donné un avis inverse et le maire n’a pu que s’exécuter.
Répondre
E
Tout est bien résumé dans ta dernière phrase : « il faut une société de dialogue grâce à la séparation des pouvoirs et à la subsidiarité. » Je retrouve les espaces intermédiaires dans la séparation des pouvoirs. Avec la subsidiarité, ils contribuent à la promotion des sujets, liée à la démocratie. C’est ce que je retiens.
M
Je me suis contentée de lire vos articles sans pouvoir y répondre mais ce dernier sur les gilets jaunes ou la révolte du sujet me semble remettre les choses à leur place dans une grande justesse et inviter à un temps de profonde réflexion . Je n'ai qu'une proposition c'est que vous puissiez faire circuler ce texte à un public plus large dans la presse ou des circuits autres ou personnels afin de faire contrepoids à ces informations données qui sont véhiculées actuellement comme des faits divers ou des scoops et ne peuvent enclencher aucun débat sérieux . Je viens de recevoir un message d'une niece qui me fait reflechir sur cette même question dans un mouvement de colère et vais essayer de lui envoyer ce texte .
Tous mes voeux vous accompagnent pour susciter ce débat au niveau où vous le posez
Répondre
E
Merci Monique pour votre bienveillance, dans laquelle je reconnais celle de Marius.
M
je viens de lire ton dernier blog que j'ai trouvé très philosophique mais aussi plein de sens ! Je l'ai transmis pour info à Françoise Mesi, la pasteure de l'Epuf Bresse-Dombes Revermont qui a accepté volontiers notre invitation pour mercredi prochain.
Répondre
E
A mercredi !
L
LES GILETS JAUNES, LES ELITES ET LA FAILLITE DU SYSTEME EDUCATIF (18 JANVIER 2019)

Accrochages entre les « gilets jaunes » et la police à Rouen, le 29 décembre. (DR)

Fracture sociale, fracture territoriale, fracture culturelle ou politique… D’innombrables analyses ont été publiées sur la crise des « gilets jaunes », ses causes, sa portée, et les moyens de calmer l’agitation qui secoue le pays depuis deux mois. Et pourtant, à l’heure où s’engage le « grand débat national », une question semble singulièrement absente des discussions, alors qu’elle joue un rôle clé dans ce mouvement : celle de l’éducation. Or l’éducation – ou plutôt la faillite du système éducatif – est à la fois la toile de fond et le grand impensé de la crise des gilets jaunes.

Qu’est-ce qui explique, en effet, que nombre de ceux qui protestent depuis plusieurs semaines sont enfermés dans la précarité, les emplois peu rémunérés, le chômage ou la pauvreté ? Avant tout, le manque de qualification, le déficit de formation. Dans une société qui demande toujours plus de compétences, de « savoir-être », d’agilité, d’ouverture au monde, ils n’ont pas les bons atouts. Résultat, ils se retrouvent menacés par la robotisation, l’essor de l’intelligence artificielle, la concurrence des pays à bas coût de main-d’oeuvre…

Nombre d’observateurs soulignent en outre le fossé vertigineux qui s’est creusé entre une partie de la population, souvent peu qualifiée et peu armée face aux évolutions technologiques, ou n’ayant pas « le bon diplôme » (pour cause d’orientation ratée), et les élites, le plus souvent diplômées, à l’aise dans la mondialisation, le numérique, les nouvelles technologies. Et le rejet des élites est aussi, pour une bonne part, un rejet des mieux formés, des diplômés des grandes écoles et des universités – de ceux qui réussissent. Pire : beaucoup des plus modestes et des « gilets jaunes » ne croient plus aux bienfaits de l’éducation : ils ont cessé d’espérer qu’elle leur apporte de meilleures conditions de vie, qu’elle joue son rôle d’ascenseur social. Non sans raison, d’ailleurs.

Lire aussi : « Le Monde des lecteurs » : Les deux France face à face

Il est vrai que cette colère contre « les élites » peut se comprendre, quand les écarts de richesse s’accroissent dans des proportions vertigineuses, quand s’étalent dans les journaux les rémunérations et les avantages multiples dont bénéficient certains, quand se répand le sentiment d’un « entre-soi » réservé à une « caste » de privilégiés.

Remarquons cependant que cette colère est aussi pleine d’incohérences. Nombre de « gilets jaunes » s’offusquent ainsi des rémunérations que perçoit tel ou tel grand patron, voire des 14.600 euros de salaire (brut) d’une Chantal Jouanno. Mais combien s’indignent quand des sportifs ou des pseudo-stars de la chanson ou du petit écran gagnent une petite fortune chaque mois ? Combien protestent quand les footballeurs bénéficient d’un statut fiscal dérogatoire ? Combien condamnent l’exil fiscal généralisé des tennismen, des champions automobiles, voire de certains animateurs de la télé ?

Lire aussi : « Les élites ne comprennent pas toujours les critiques de la société »

En réalité, ce que certains reprochent aux élites – leur cupidité, leur enrichissement excessif, leurs petits et gros avantages personnels (« parachutes en or », etc.) – n’est peut-être pas le plus grave. Leur vraie faute est ailleurs : c’est de ne pas remplir leur mission au service de l’intérêt collectif. C’est d’avoir conduit le pays sur des voies erronées, qui ont un impact direct sur la vie de millions de citoyens. Exemple, le choix de la désindustrialisation, du « capitalisme sans usines », qui a conduit à la perte de centaines de milliers d’emplois en France. Autre erreur funeste, à mettre au débit des « élites » françaises et européennes : ne pas avoir vu venir la vague du numérique et ses conséquences. Avoir laissé les Gafam et quelques autres faire main basse sur la quasi-totalité de l’industrie numérique, pour en aspirer les bénéfices, asphyxier la concurrence et siphonner gratuitement les données – bien souvent sans même payer leur juste part d’impôts. On pourrait allonger la liste des griefs – mais le sujet n’est guère d’actualité sur les ronds-points occupés par les gilets jaunes.

Dans ce contexte, il faut rappeler une évidence : malgré ses lacunes, l’éducation reste le meilleur moyen d’échapper au chômage, à la précarité et aux fins de mois difficiles. Toutes les enquêtes le montrent : les diplômés sont ceux qui s’en sortent le mieux. Et les rares exceptions ne remettent pas en cause ce constat. Aujourd’hui, par exemple, un jeune ingénieur, à sa sortie de l’école (et même avant sa sortie), ne connaît en général qu’un seul problème : choisir entre plusieurs offres d’emploi, toutes bien rémunérées, et toutes pour des projets passionnants.

Autre bienfait de l’éducation, qu’on oublie trop souvent : elle est aussi une arme contre les fausses informations, la démagogie et même la violence, qui déferlent depuis deux mois. Elle permet de ne pas céder aux affirmations des « complotistes » et aux promesses simplistes, de ne pas se laisser berner par les inepties économiques assénées ici ou là, d’être mieux armé pour peser les arguments des uns et des autres. Elle donne des repères pour évoluer dans un monde complexe. L’éducation rend les citoyens informés et libres.

Dès lors, il faut s’interroger. Comment est-il possible que, malgré les dizaines de milliards investis chaque année dans notre système éducatif (maternelles, primaire, collèges et lycées, universités et grandes écoles, enseignement technique, formation professionnelle), celui-ci laisse de côté tant de jeunes sans bagage, tant de décrocheurs, tant de personnes pour qui même la lecture pose problème ? Comment a-t-on pu rendre l’école, au sens large, aussi peu efficace et aussi peu attractive pour tant de jeunes ? Pourquoi peut-on entendre encore tant de raisonnements simplistes ou erronés, observer une telle méconnaissance des règles les plus élémentaires de l’économie, aboutir à une telle ignorance des principes de base de la vie en société – signes clairs d’un déficit massif d’éducation ?

Alors, oui, il faut bien se poser la question douloureuse, sacrilège aux yeux de certains, de la faillite de notre modèle éducatif. Tous les acteurs – pédagogues et enseignants, responsables politiques, parents d’élèves, entreprises, recruteurs, journalistes – doivent se la poser, sans esquiver, sans complaisance. Et prendre leur part de ce fiasco.

Comment y mettre fin ? N’est-il pas temps d’engager un effort massif en faveur de l’éducation ? De miser à fond sur quelques priorités clairement affichées – par exemple, les apprentissages de base, le numérique, l’alternance et le tutorat individualisé, l’orientation des jeunes ? Ce serait sans doute la réponse la plus efficace et plus pertinente aux attentes des « gilets jaunes ». Et dans cet effort, l’émergence des « edtech » pourrait être d’un grand secours.

Hélas, parmi les nombreuses revendications énumérées sur les ronds-points ou inscrites dans les cahiers de doléances, l’école et l’éducation sont loin de figurer en tête de liste. Rares sont ceux qui réclament davantage de bourses (sauf pour les étudiants étrangers…). Il n’y a pas grand monde pour exiger une plus large ouverture sociale de l’enseignement supérieur. Et pas davantage pour demander un effort accru en faveur de l’éducation…
Répondre
M
Bonjour Etienne,

Je t’ai parlé des économistes atterrés. Voici leurs coordonnées :

Les Économistes atterrés est une association créée le 22 février 2011 et regroupant des chercheurs, des universitaires et des experts en économie.
L'objet de l'association consiste à animer la réflexion collective et l'expression publique des économistes opposés à « l'orthodoxie néo-libérale ».
Leur action se traduit par des publications (notes, articles, communiqués, livres) et des interventions lors de réunions publiques et dans les médias qui les sollicitent.
site internet (http://www.atterres.org), compte twitter (https://twitter.com/atterres?lang=fr), compte Facebook (https://fr-fr.facebook.com/atterres)

ou des blogs sur d'autres plateformes, telles que Mediapart : blog visant à diffuser les analyses des Economistes Atterrés. Il y a aussi des conférences sur Youtube.


Aujourd'hui, j’apprends que l'État va vendre le barrages que nous avons payés avec nos impôts, à des multinationales.
Hier, c’était les autoroutes (sous Sarkozy).Hollande a été dans le même sens,
mais Macron donne de grands coups d’accélérateur.


Que tout ceci ne nous empêche pas de conserver le moral !
Monique
Répondre
E
Oui, cela ne m'empêche pas de garder le moral. Espérer nous permet d'avancer.
G
Cher Etienne,
Tu poses une question énorme. Je réfléchissais un peu : comment dire proprement en 20 lignes maximum, les ébauches de réponses que j'ai tenté d'échafauder pendant plus de cinquante ans.
Je tombe sur la réponse de François qui commence, si je l'ai bien compris, par ce que je pensais dire en premier lieu. Le non-dit général, qui escamote ces trois points essentiels qui permettraient de comprendre ce qui se passe réellement, et donc d'apporter une réponse un peu pertinente à ta question.

Nous sommes enfermés dans un discours idéologique très puissant parce que très répandu et constamment répété, et toujours présenté comme « scientifique », « rationnel », de « juste milieu » (le « ni-ni » en est un exemple). Il est plus confortable de l'accepter au titre d'un provisoire définitif, puisque, ainsi, il n'y a rien (d'important) à changer, ni rien d'urgent, ni rien de possible.
Les vraies décisions, déterminantes, se prennent « ailleurs », comme le signale aussi François ; et aucun pouvoir politique ne s'y oppose. Je l'ai déjà dit: l'avantage de la « démocratie » est surtout de faire croire qu'elle existe . Ni aucun pouvoir intellectuel.

Je pense donc que, s'il y a quelque chose à faire, c'est d'abord de rompre radicalement avec ce discours qui enferme et fait illusion. C'est-à-dire de voir -de faire apparaître- son caractère radicalement trompeur, qui utilise depuis …. ?.... , tous les artifices possibles pour faire accepter le monde comme il va, et où il va. Les cent dernières années -et un peu plus si besoin- sont riches en exemples de ces mensonges délibérés et des désastres consentis par aveuglements organisés ou choisis.
La parole en effet, libère, casse cet enfermement. Mais suffit-elle ?

De plus, pour « changer la société », il faut d'abord qu'elle vive ; c'est-à-dire qu'elle affronte l'effondrement dont la probabilité est enfin reconnue et débattue, et y survive assez bien (?) ; et pour cela, qu'elle reconnaisse les causes multiples de cet effondrement possible, presque certain, peut-être proche ? , et en voie la cause essentielle : cette course fallacieuse à la « croissance » sacrée, qui n'est nullement la croissance du bien- être de l'humanité, encore moins celle de la justice. On le sait bien, (sans tirer aucune conséquence pratique et immédiate -moi le premier) : c'est la croissance de la consommation, sacrée elle aussi, et du profit invisible et intouchable. On est ramené à la proposition précédente. Et à la perplexité qui s'ensuit. Et à la question bien connue : « Que faire ? ».

La seule réponse que, quant à moi, je puisse (me) faire, c'est de me soustraire autant que je peux à toutes les lois du capitalisme, à commencer par celles -plus ou moins intériorisées, insidieuses- qui prétendent commander ma réflexion et mes choix.
Les amitiés, un peu de gravure ..., y aident. Mais, évidemment, ne suffisent pas pour changer le monde. Les réponses -les actions en la matière ne peuvent être que collectives, pensées, et démocratiquement (faute d'un autre mot) organisées.
Salut et fraternité !
Gérard.
18. I. 2019
Répondre
F
Etienne, oui il faut trouver comment maintenir vivant un "débat" et
dialogue entre personnes et "points de vue" différents... merci pour ton
dernier blog

je viens de trouver aussi ce petit commentaire de la revue Croire, je te
fais suivre....


Les opinions, les croyances, les valeurs plurielles fleurissent. Pourtant, il est difficile d’entrer en débat de façon constructive. Le philosophe Bernard Manin en analyse les raisons.
LES CAHIERS CROIRE : SAIT-ON ENCORE DEBATTRE, EN France ?

Bernard Manin : Je crains une érosion de la culture du débat qui se traduit par une coexistence d’opinions qui ne dialoguent pas entre elles. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, il y avait des raisons de s’inquiéter pour le pluralisme et de le défendre. Le communisme ne l’admettait pas. D’un autre côté, les évolutions sociales semblaient favoriser un consensus moyen, marginalisant ainsi les opinions conflictuelles. Aujourd’hui au contraire, les opinions en conflit, parfois virulent, se multiplient, sur l’immigration par exemple, sur la globalisation ou encore sur les questions sociétales. Le pluralisme a manifestement gagné. Mais les opinions opposées dialoguent rarement entre elles. Nous sommes entrés dans l’ère du pluralisme sans débat. Le phénomène n’est peut-être pas aussi marqué en France que dans d’autres démocraties, mais les expériences étrangères montrent que le danger n’est pas imaginaire. La valeur du débat doit être réaffirmée et défendue car l’attachement au dialogue menace de s’éroder.
COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CETTE EROSION ?
B. M. : Il y a tout d’abord des raisons internes, d’ordre psychologique. Le débat n’est pas chose naturelle. Nous n’aimons pas nous confronter à des opinions différentes des nôtres. Les psychologues ont montré que nous sommes spontanément enclins à chercher des amis, et à nouer des relations avec des personnes qui ont des opinions proches des nôtres et à éviter le contact avec les opinions opposées. Je suis, par exemple, frappé de voir ce qui se passe actuellement aux États-Unis, où j’enseigne. On voit même se développer, dans les enquêtes d’opinion, une opposition grandissante aux « intermariages ». Il ne s’agit pas ici de mariages interraciaux, mais d’opinions politiques ! Une famille de républicains n’acceptera pas volontiers une alliance avec une famille de tradition démocrate, et réciproquement ! Les États-Unis sont à présent le théâtre d’une polarisation des opinions sans précédent. Les centristes et les modérés disparaissent au profit de deux groupes, situés aux extrêmes, dont les désaccords ne cessent de s’approfondir. Autre raison : notre esprit… qui sélectionne et ne retient que les informations qui confortent notre opinion, et évite ou omet celles qui ne vont pas dans notre sens. C’est ce qu’on appelle « le biais de confirmation ».
Il y a également des raisons contextuelles. Le débat se raréfie car les lieux de rencontres physiques et d’échanges, de frictions, tendent à disparaître. La « ségrégation résidentielle » est un phénomène connu. Les individus ont tendance à se regrouper sur un territoire donné (un quartier, une ville, une commune, etc.) en fonction de leur catégorie sociale, culturelle et religieuse. Dans un quartier donné, on croise de moins en moins au café, à la boulangerie ou au marché des gens qui ont une culture, des croyances et des habitudes différentes des nôtres. Ce phénomène s’étend aussi au lieu de travail. Auparavant, le travail était un point de rencontre entre des personnes aux profils différents ; aujourd’hui c’est de moins en moins le cas avec le développement du travail à distance ou à domicile. Tous ces facteurs conjugués aboutissent à une sorte d’ignorance pluraliste : une juxtaposition de croyances, de valeurs, d’opinions qui ne se rencontrent plus – et quand c’est le cas, qui restent campées sur leurs positions et regardent l’autre avec indifférence ou hostilité.
SUR LES RESEAUX SOCIAUX, JUSTEMENT NE RESTE-T-ON PAS TROP ENTRE SOI ?
B. M. : Les réseaux sociaux fonctionnent effectivement selon le principe du regroupement par affinités, mais ils nous exposent aussi à des contenus aléatoires, non sollicités, choisis par l’algorithme. L’effet des réseaux sociaux fait l’objet de controverses entre les spécialistes. De plus, il ne faut pas surestimer l’importance des réseaux sociaux. Les raisons psychologiques et géographiques que je viens d’évoquer sont plus déterminantes. J’entends aussi des critiques contre les médias, qui seraient trop uniformes. Je ne partage pas ce point de vue. Ils jouent leur rôle en offrant au public des débats contradictoires sur des questions de société. Mais, là encore, chacun retient ce qu’il veut retenir…
QUEL DEBAT DE SOCIETE A ETE, SELON VOUS, ALA HAUTEUR DES ENJEUX ?
B. M. : La loi sur le port des signes religieux à l’école publique, préparée par le rapport de la « commission Stasi », constitue sans doute un modèle de débat public entre des positions a priori divergentes. Il y a débat lorsque chacun des protagonistes prend en considération la substance de ce que dit l’opposant et s’efforce de montrer en quoi sa position est insuffisante ou défectueuse.
ET LE CONTRE-EXEMPLE ?
B. M. : Le « débat » sur le mariage pour tous : refus d’écouter l’autre, caricature des positions opposées, invectives du côté gouvernemental comme de celui de l’opposition.
Quand on aborde la question de la PMA, de l’euthanasie, de l’immigration, les débatteurs dégainent souvent l’argument du politiquement correct pour contrer leurs adversaires et les accuser de vouloir stériliser le débat.
COMMENT ANALYSEZ-VOUS CELA ?
B. M. : La notion de politiquement correct empêche de débattre. Elle n’est qu’un instrument rhétorique, au mauvais sens du terme, qui sert à disqualifier a priori une opinion différente de la sienne. Je ne crois pas que la pluralité des opinions, des croyances et des valeurs soit menacée en France par un prétendu phénomène d’homogénéisation. Ce qui est vrai, c’est que la culture politique française est pour partie ambivalente sur la valeur du débat. Une part de la tradition française valorise la discussion et l’échange d’arguments. Mais une autre part met plus haut que tout l’unité, l’homogénéité et la capacité à trancher. C’est là une autre raison pour laquelle il n’est pas inutile de défendre aujourd’hui la valeur du débat.
COMMENT PEUT-ON PROMOUVOIR CETTE CULTURE DU DEBAT ?
B. M : L’absence de confrontation à laquelle nous assistons est en réalité une absence de considération. « Tolérer » l’existence d’un point de vue qui nous dérange sans nous interroger et sans l’interroger, c’est ne pas considérer son contenu, ni ses raisons. Pour débattre, il faut accorder de la considération – au sens fort du terme – aux opinions opposées. Cela veut dire concrètement les entendre, chercher à les comprendre et prendre le temps de répondre avec civilité, c’est-à-dire en refusant de blesser, d’insulter ou de diminuer la stature de son interlocuteur. Autrement dit argumenter sur le fond, sans virulence. Si je suis attaché à la valeur de l’égalité, si je crois que tous les êtres humains sont égaux, alors je ne peux que reconnaître l’importance de leur point de vue. Cela signifie aussi croire que la diversité des opinions et des expériences est une source d’enrichissement pour moi et pour la société.
DE QUELLE FACON L’ENRICHIT-ELLE ?
B. M. : Le débat, à la différence de la simple discussion, comporte un enjeu qui dépasse le cadre interpersonnel et concerne la société tout entière : nous avons des choses à faire ensemble, des décisions collectives à prendre qui s’imposeront à tous. Nous avons besoin de débattre pour préparer notre action, pour mieux appréhender la réalité forcément complexe. Le débat nous éclaire sur des réalités (sociales, économiques, religieuses, etc.) dont nous n’aurions jamais eu connaissance autrement. Le débat implique des prises de conscience, des remises en question chez les participants. L’un avance un argument en faveur d’une thèse, l’autre concède tel autre, les interlocuteurs recherchent, ensemble, des points d’accord...
LE DEBAT DOIT-IL FORCEMENT CONDUIRE A UN CONSENSUS ?
B. M. : Non, l’intérêt du débat est de révéler des positions divergentes et de mettre à l’épreuve leur solidité. Une décision éclairée doit tenir compte des opinions et des réalités qui se sont manifestées au cours du débat. Et si celui-ci n’aboutit pas à un consensus, comme c’est le cas le plus souvent, la majorité doit trancher. Mais la décision de la majorité ne doit pas être le dernier mot absolu, elle doit toujours être révisable (ou du moins autant qu’il est possible) parce qu’un débat peut toujours être incomplet et que de toute façon les êtres humains sont faillibles et peuvent commettre des erreurs. Au fil du temps et des expériences, les réalités évoluent
Répondre
E
Le problème est ici bien posé, avec justesse et équilibre.
D
Très bonne idée !
Pouvoir d'achat.
Ce qui m'importe n'est pas ce que je gagne, mais ce qui me reste après avoir payé impôts et taxes, directs ou indirects.
Ceci posé comme préalable, mon pouvoir d'achat se lie directement à ces derniers, donc à l'action de l'exécutif.
La demande peut avoir sa réponse dans la réforme du fonctionnement de l'état.
Balayer devant la porte des autres, c'est charité.
Balayer devant sa porte, c'est plutôt coquin.
Français, que fais-tu de tes impôts ?
Répondre
F
Oui Tio,

Mais l'essentiel est ailleurs. il est dans le non dit. Je m'étonne des discours de la presse et ses pseudo spécialistes/analystes autoproclamés qui ne soulignent que très rarement du haut de leur chaire les trois points fondamentaux:

- La mondialisation fait que le pouvoir échappe au politique et passe aux puissances économiques. L'ISF en est un exemple didactique bien qu'économiquement insignifiant. La richesse est de plus en plus volatile, elle passe d'un paradis fiscal à l'autre et l'imposer signifie la chasser.

- L'Europe est globalement en décadence ou plutôt pour le sujet d'aujourd'hui, en décroissance. Ses statistiques économiques montre que sa faible croissance ne couvre pas les gains de productivité engendrant appauvrissement et chômage. les différences de performance à l'intérieur du continent ne doivent pas masquer la tendance de fond. la relative performance individuelle un peu plus élevée qu'ailleurs masque de moins en moins le temps de travail très inférieur aux autres régions du monde. L'économie et sa performance sont basées sur la création de richesse qui, particulièrement en Europe privée de ressources naturelles, se fait par le travail.

- Le véritable pouvoir est maintenant dans la parole, la communication. Celle ci est monopolisée par la presse, une caste (par conséquence anti démocratique) qui devient un vecteur d'opinion par sa monoculture parisienne post Bobo qui est beaucoup plus éloignée de la base que ce que l'on peut reprocher à Mr Macron. On voit aussi se multiplier les émissions de débats où les consultants dont le métier n'est plus leur spécialité mais leur prestation télévisuelle, se relaient d'une chaine à l'autre assenant leur vérité mono-colore. Ce n'est pas un hasard si certains gilets jaunes s'en prennent à elle

Le paradigme étant fixé, On voit inexorablement un affaissement des revenus plus marquants chez les moins nantis qui ne bénéficie pas de la mondialisation. Les plus riches ayant la possibilité d'investir à l'étranger ou dans des multinationales qui n'ont de Français plus que le nom (Renault-Nissan!!!, Schneider dont le directorat est maintenant basé à Hong-Kong, etc.) et dont la richesse provient de ses activités hors de notre continent. Les gouvernants quels qu'ils soient sont impuissants et condamnés à gérer, à la remorque des cabales incessantes qui résonnent dans les médias, cette chute qui semble s’accélérer.

A partir de là, on peut s'interroger sur le sens de la révolte et du blocage. La solution n'est pas individuelle elle passe tout d'abord par la parole qui est essentielle pour partager, tout d'abord le diagnostic avant d'envisager de travailler sur des solutions.

Pour cela, je partage ton constat il faut rendre la parole au gilets Jaunes et au monde qu'il représente. mais il faut aller la chercher dans les médias et non plus chez les politiques.

bises

Francois Duval
Répondre
E
Et si à l’occasion de l’article du blog http://mythesfondateurs.over-blog.com/2019/01/les-gilets-jaunes-ou-la-revolte-des-sujets.html, nous ren-trions dans un débat tous azimuts pour émettre des idées pour la transformation de notre société …
J’attends vos propositions …
Répondre
F
Je reçois cet éditorial de la revue La Vie, je crois. Assez
intéressant.... à bientôt -Francesco

GRAND DEBAT OU GROS DEBALLAGE
Conjuguer ordre et progrès, colmater les brèches sociales, renforcer une légitimité sans cesse remise en cause. Aucun de ces trois défis n’est nouveau. Des tentatives de les relever ont existé dans le passé, et pas seulement sous la république gaullienne. On cite souvent un mot d’Henri Rochefort dans La Lanterne du 1er juin 1868. « La France compte 36 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement », écrivait celui qui fut, à sa manière, à la fois journaliste et « gilet jaune », au point de filer au bagne. Les sujets de mécontentement ne sont pas moins nombreux qu’à la fin du Second Empire. La population, elle, a presque doublé. Et les esprits sont moins dociles face à des autorités de plus en plus vite contestées – qu’elles soient chef d’État, chef d’Église, chef d’expertise, d’éditorial, de tribune, de tout ce que vous voulez.
COMMENT LE GRAND DEBAT PEUT-IL RATER ?
Drôle de question, me direz-vous ; mais elle est dans toutes les têtes, même les mieux disposées. D’abord, tout se complique avant même de commencer. On suspecte, en vrac : ce qui est dans l’ordre du jour… ce qui n’y est pas… ce qui semble y être… ce qui pourrait se cacher comme le diable dans les détails… ceux qui organisent… ceux qui synthétiseront… combien on les paye… L’expérience calamiteuse du Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui avait cru malin de bricoler à la va-vite sa propre consultation autour de Noël, pour constater qu’elle avait surtout rassemblé les partisans de la Manif pour tous, incite à une certaine circonspection. Pire encore : le Cese a candidement fait savoir qu’à l’avenir on ne l’y reprendrait plus, car il filtrerait sans vergogne.
Plus les temps sont relativistes, plus chacun s’accroche à son petit cercle de vérité, parfois paranoïaque.
IL N’EN FAUT PAS PLUS POUR ALIMENTER LA MACHINE A DOUTE LEGITIME ;
Peut-on librement s’exprimer ? Qu’est-ce qu’on ne peut pas dire ? Que fera-t-on de ce que l’on dira ? Garde-fous, espéreront les uns. Halte aux tabous, trépigneront les autres. Tout le monde voit le grand débat à sa porte, comme une caisse de résonance de ses militances, une occasion de déballer des idées de plus ou moins grande fraîcheur, mais auxquelles on tient. Il n’est pas certain que notre époque aspire à la délibération, à l’écoute, à l’échange, autant de qualités dont on aime se parer. Le temps semble plutôt au procès d’intention, à la suspicion et aux diabolisations. Plus les temps sont relativistes, plus chacun s’accroche à son petit cercle de vérité, parfois paranoïaque.
ET SINON ? COMMENT LE GRAND DEBAT PEUT-IL REUSSIR ?
Supposons que les oppositions jouent (un peu) le jeu. Supposons que la majorité présidentielle n’essaie pas de (trop) tirer les marrons du feu. Supposons que les débats soient (à peu près) respectueux. Supposons que ce temps d’expression nous permette simplement de nous rencontrer. Supposons même, plus simplement encore et de façon sans doute plus réaliste, qu’il fasse diversion. Parmi les objectifs légitimes, il y a sans doute celui de faire baisser un peu la température sociale. Ce ne serait pas un mal, en ce sens que nous avons tous besoin non seulement d’échanger des idées, mais de nous changer les idées.
POUR QUE LE GRAND DEBAT NE VIRE PAS AU GROS DEBALLAGE, il faudra aussi que chacun accepte de se laisser un peu déplacer. Juste un peu, ce serait déjà magnifique. C’est l’expérience que nous avions tentée dès les premiers États généraux du christianisme, et que nous appelions « ouverture de cœur ». De notre point de vue, ce n’était pas un gros mot… Est-ce encore possible ? Vu de notre porte, oui, La Vie n’étant pas, il est vrai, engagé pour ou contre les « gilets jaunes », la rédaction essayant juste de comprendre le mieux possible ce qui se passe. Mais ramener les plus hargneux de tous bords à un espace borné par la raison, par la civilité et par la recherche du compromis, non, ce ne sera décidément pas une mince affaire.
Répondre
E
Je trouve cet article intéressant. Mais il me semble qu’il reste à mi-chemin. Il faudrait plus d’engagement, plus de pari. Puisqu’on nous donne la parole et l’écriture, essayons de les prendre et de laisser agir leur ferment qui peut être révolutionnaire en dépit des intentions du pouvoir.
G
Oui, il faut prendre au sérieux les événements qu'on devine porteurs de nouveaux possibles.
Puis on fait ce qu'on peut.
A bientôt sans doute !
Gérard
Répondre
E
A bientôt pour les événements porteurs de nouveaux possibles.
M
Entre nous, l’ISF n’est que le sommet visible de l’iceberg.
Sur tous les chapitres, il a permis de détourner des sommes énormes en faveur des plus riches et sans contrepartie.

Sans parler des réductions de charges de fonctionnement qui se font à tous les niveaux aux dépens des plus modestes.
Où a-t-on vu un président promettre aux salariés une augmentation, en réalité soustraite sur les cotisations chômage ?

Tu sais où il serait bien ce président ? Au Nigéria qui est le paradis du capitalisme libéral, où l’État n’a aucun rôle économique ni régulateur.

Tu devrais lire les nombreuses interventions des économistes atterrés qui sonnent l’alerte au niveau mondial.
Bon, à bientôt pour la suite,
Monique
Répondre
E
Merci pour ces précisions. Je vais essayer d’être plus attentif.
G
Cet article est référencé par google.
Répondre
M
Bonjour Etienne,
je le trouve remarquable ton article ! Parfait, clair, pédagogique, équilibré, il se situe a la bonne distance.
Sans parti-pris.
Bien que nous n’ayons pas le même point de vue sur Macron :
* - toi tu le voies comme un homme, capable d’évoluer psychologiquement,
* moi je le vois comme le « sujet » (au premier sens) d’un pouvoir mondial, celui de la banque
qui n’a aujourd’hui d’autre choix pour survivre le plus longtemps possible que de persévérer dans l’erreur qui finira par nous conduire au crach ou au clash (ou au crack ?).
Ce pouvoir mondial (le clan qui l’a soutenu et lui a permis de devenir président de la République française)
ne lui donnera pas "le choix individuel » de changer de politique, même si d’aventure ce désir lui est venu.
Mais ton point de vue vaut d’être diffusé.
Je me permettrai, si tu n’y vois pas d’inconvénient, de diffuser ton article dans mon réseau, sous ta signature évidemment !
Répondre
E
Chacun est libre de son jugement sur Macron. C’est vrai que sa position par rapport à l’ISF pourrait aller dans ton sens. Mais il arrive souvent que les grandes décisions qui vont dans le bon sens sont plus efficaces si elles sont prises par des gens qui ne leur étaient pas favorables au départ et qui sont passés par une forme de conversion personnelle. Personnellement je préfère, pour le moment, rester optimiste. La force du mouvement qui s’est engagé avec les gilets jaunes et qui se poursuit avec le grand débat peut avoir le dessus. Par ailleurs, tu as toute liberté pour diffuser cet article de ton côté, si tu le souhaites.
G
Je suis content que nous soyons d'accord, et j'en suis rassuré. Ton texte m'a conduit à mettre un peu d'ordre dans ce que j'essayais de penser sur la question. Merci donc. Mais je doute que ce j'ai pondu là, dans le confort des échanges virtuels, ouvre l'horizon de Macron.
Je reste intéressé, curieux, à l'égard de ce "Grand débat", mais très perplexe et quelque peu sceptique. Avançons quand même ...
Gérard
Répondre
E
Ce qui me paraît intéressant dans ce que tu dis c’est que, tout à coup, le monde s’ouvre et ce qui était caché devient visible. Autrement dit il faut prendre au sérieux ce qui est révélé.
Pour le débat, le mouvement est lancé et Macron ne pourra pas tout maîtriser. Il me paraît essentiel que les citoyens s’en emparent. C’est pour moi une occasion inespérée.
O
Merci à Olivier qui fait référence à cet article dans son blog de blogs. Appuyez sur son nom.
Répondre
J
Etienne bonsoir. Ton pensum sur les gilets jaunes est bien parvenu. Il est très intéressant. J'ai l'intention de participer à la consulltation par internet car je ne suis pas certain que le Maire du CRES en organise une, de plus je suis actuellement absent de mon patelin où je suis électeur alors qu'ici je ne suis rien à contrario de Raymonde qui vote ici et qui participe à diverses activités municipales. En tout état de cause, attendons de voir si MACRON et ses ministres vont accepter de se faire serviteurs du peuple.

Amicalement.
Répondre
E
Merci de ton écho, Jean. Je pense que cette affaire des gilets jaunes est un symptôme beaucoup plus important qu'on ne le pense. Et le débat lui-même pourrait apporter des choses inattendues. Tu as bien raison de chercher à y participer.

Bien amicalement
G
La « crise des gilets jaunes » et l'élection de Macron ont le même ensemble de causes , qu'on peut résumer ainsi : la politique avec ses mécanismes et acteurs traditionnels et associés (les partis, les syndicats, les hommes, les élus) est disqualifiée, rejetée. D'où le « ni-ni » de Macron et son relatif succès, et la masse jaune dans son refus d'organisation (pour le moment).
On peut y voir plusieurs causes liées entre elles et qu'il faudrait hiérarchiser : l'incapacité des partis à analyser sérieusement les situations réelles (économiques et sociales, hexagonales, européennes ou mondiales), qui sont complexes et lointaines ; l'impossibilité pour ces partis de produire et faire entendre une explication acceptable ; les simplifications, les dramatisations superficielles servies presque systématiquement par la plupart des médias trop pressés, lors des nombreux événements qui mériteraient une analyse réelle (celles des causes complexes etc.) ; leur obstination à utiliser des catégories superficielles et fallacieuses (« les partis populistes »...- et les autres, honorables, eux ) ; la toute puissance, par conséquent, des « experts »-qui-ne-font-pas-de-politique (eux non plus) , dont le discours est quasiment unique : l'impossibilité de faire autrement – et, quoi qu'il en soit, « on va dans le bon sens ».
Tout ceci me semble alimenté ou porté, historiquement dès l'origine, par l'organisation institutionnelle du politique, qui écarte en fait, autant que possible, les « citoyens » -qui le sont ainsi de moins en moins. La France est jacobine dans son fond et son fonctionnement, moins du fait des « Jacobins » que de la centralisation administrative et politique (préparée par le Directoire qui installe « la République sans la démocratie » ) , cette double centralisation construite par le Consulat, le Premier empire, et nullement remise en cause puisqu'elle a formé l'Etat-Nation sacré. L'Union européenne est née d'abord de finalités économiques ( le Plan Marshall, la CECA, le Marché commun ) et d'un contexte de politique internationale (le Traité de Bruxelles, puis l'OTAN) le tout emballé dans un discours de paix et de concorde. Et de « démocratie », mais avec des institutions qui tiennent le citoyen bien loin des centres de décisions réels . C'est encore plus vrai avec les institutions internationales.
Or ces institutions protègent une logique unique qui est l'expansion maximum et continue (et « en même temps » destructrice) du système capitaliste. Cette « logique » n'est pas une abstraction : elle est faite de décisions (financières, organisationnelles – et inhumaines) très concrètes, aux résultats qui le sont encore plus. Dans cet étage très lointain du « monde libre » où se décide véritablement la marche du monde -on devine et déjà on voit vers quoi !-, le citoyen de base n'a strictement rien à faire ni à dire.
Le Macron-ni-ni non plus, par choix, étant au fond d'accord avec ces situations et évolutions.
Les « gilets jaunes » ressentent cette exclusion , l'expriment fortement, dans une grande confusion de termes ou d'analyses, que personne n'a produites. Ou peu, mais inaudibles-
Le « monde politique » se tait par prudence, ou par aveuglement volontaire ou non, ou dépassés, faute de réflexion de fond et de long terme.
La partie campée à l'extrême droite exulte et se tient prête (fait-elle croire), avec les idées simplistes qui font autorité quand les systèmes s'écroulent et que la pensée s'en va : nationalisme, xénophobie, racisme, antisémitisme, violences de toutes sortes (mais ceci n'est pas très nouveau...). Ni particulier à l'hexagone...

Le nouveau est que tout ceci devient tout à coup visible, voire évident, et massif. Et que chaque apport, par le pouvoir, d'une prétendue solution (de la répression brutale à ce prétendu « Grand débat », en passant par les discours télévisés ou écrits, assez lamentables) ne fait, me semble-t-il, qu'aggraver un peu plus la crise, qui devient ainsi une vraie crise.

En d'autres termes, on a bien un « vertical » qui se perd dans les nuages, bien à l'abri, et un « horizontal » rendu stérile et muet, la parole remplacée par des rapports de force brutale parce que dus à la peur d'un côté et le désespoir de l'autre ; et des deux côtés une absence de pensée, qu'on aimerait, d'un côté : honnête - et de l'autre, bien informée et lucide. Et partagée.
Que faire ?
Gérard Jaffrédou
15.I. 2019
Répondre
E
Merci Gérard. Je suis d’accord avec tout ce que tu dis. Par contre mon parti est d’utiliser le débat : il est une opportunité qui offre un espace de liberté à ceux qui veulent s’en servir. L’important c’est déjà qu’il ouvre l’horizon de chacun et, en particulier celui de Macron et du pouvoir en général.
Bien amicalement.
G
Cher Etienne,

Je viens de trouver et lire ton texte, que je trouve profond parce qu'il embrasse tous les niveaux du problème, du politique au symbolique, de l'individuel au collectif, ce qui est, parmi ce que j'ai entendu ou lu, très nouveau. Ton texte est ainsi, selon moi, un bon point de départ pour une recherche sur les causes et les éventuelles conséquences de l'événement dans ce qu'il a, lui aussi, de nouveau.

Merci.
Répondre
E
Merci pour ton accueil bienveillant du texte.

A bientôt !
D
Le sujet, l'homme, j'embrasse toutes les femmes, la personne. Où est leur différence ?
Cela m'est toujours paru assez fumeux.
denis
Répondre
E
La différence c’est pour sortir de la confusion (le fumeux comme tu dis) et entrer dans le réel.
H
Bravo pour tin texte.

Les FJ sont des poujadistes en plus violents.

Parviendront-t-ils à se situer au niveau politique. ? J’en doute.

Amitiés

Hugues
Répondre
E
Je pense que nous sommes face à un mélange de bon grain et d’ivraie. Personnellement je parie sur le bon grain pour lui donner sa chance. Par contre si on regarde le mouvement à travers les lunettes du poujadisme, on ne trouvera que l’ivraie. Il y a un sens qui échappe au poujadisme, au travers de tous les gestes symboliques qui émaillent les manifestations.
A
Je suis assez d'accord avec ce que tu as écrit. Toutefois, je voudrais faire une remarque sur l'opposition entre la démocratie directe et la démocratie représentative. A mon avis, la démocratie ne peut être que représentative. Mais le problème est que la démocratie dite représentative en fait ne l'est pas. Une démocratie n'est représentative que si le "représentant" est en liaison directe avec le "représenté", ce qui n'est en général pas le cas. Cela suppose qu'il y ait différents niveaux de représentativité, c'est-à-dire une hiérarchie entre les différents niveaux en interaction. Le peuple ne peut pas être une pluralité non-organique d'individus, sinon on aboutit à l'anarchie. Il existe une autre solution qui est celle de Confucius qui avait le souci de l'unité du peuple avec le prince : les citoyens doivent partager le "sens de l'humain" (Ren), c'est-à-dire avoir de la mansuétude ou de l'amour les uns pour les autres, et manifester le respect mutuel par des rites (le rituel, li).

Antoine
Répondre
E
Je suis d’accord qu’il est difficile d’échapper à la démocratie représentative mais seule, elle est insuffisante, elle doit être complétée par un peu de démocratie directe. En même temps, je me retrouve dans le sens partagé de l’humain.
D
Ton texte se résume ainsi :
d'abord l'homme, puis l'homme en société, puis l'économie où je dépense, de suite ou à retardement, autant que je produits.
Pas très nouveau !
denis
Répondre
E
Je ne me reconnais pas complètement dans ton commentaire. Par exemple je parle précisément du sujet et pas de l'homme en génral. C'est là qu'il y a toute la différence...

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -