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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 13:47

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L'arbre dans la tradition chinoise
 

La vie et la mort

 

Jacques, un grand ami, vient de mourir et je voudrais en profiter pour évoquer les rapports entre la vie et la mort. Pendant de nombreuses années, j’ai animé un café philosophique et Jacques était l’un des plus fidèles participants.


Au café philosophique, Jacques prend toujours le contrepied de ce qui est énoncé

Au café philosophique, Jacques a sa méthode pour provoquer la discussion : il prend systématiquement le contrepied de l’interprétation proposée. Pendant un certain temps, les membres du groupe sont contrariés mais très rapidement je comprends qu’il s’agit d’un jeu et j’entre dans la compétition. Jacques est très marqué par la culture chinoise au point d’être devenu un peu taoïste. Dans notre culture, nous pensons que les choses sont ce qu’elles sont : le taoïste pense qu’elles sont ce qu’elles sont mais qu’elles sont aussi autre chose que ce qu’elles sont, il considère une sorte d’unité  dans la dualité, comme dans le yin et le yang. Et puisque le café philosophique a pour but d’apprendre à penser et à penser par soi-même, je m’aperçois sans peine que la philosophie de Jacques permet à la pensée  de marcher sur ses deux jambes. Aussi notre connivence se développera de séance en séance jusqu’à devenir une grande amitié.


Dans l’évocation des souvenirs, au crématorium, je cherche à provoquer un mini café philosophique

Je viens donc au crématorium, avec la famille et de nombreux amis de Jacques. Je demande à ce qu’on  rajoute mon nom à la liste des intervenants. Mon idée est de rendre hommage à celui qui vient de disparaître en simulant un petit café philosophique. Mais, à cette évocation, la personne qui dirige la cérémonie prend peur. Il faut que je m’arrête séance tenante car nous avons plus d’une demi-heure de retard. Désespéré, je demande  trois minutes, puis deux minutes et voyant que je n’ai pas gagné la partie, je transgresse l’ordre qui m’est intimé.

 

Un arbre plus vieux que le monde

En Inde, il y avait autrefois un arbre plus vieux que le monde. Chaque année, quel que soit le temps, l’arbre imperturbable se chargeait de fruits magnifiques. Mais il avait deux branches et selon une rumeur venue du fond des âges, l’une des deux branches portait des fruits empoisonnés. Aussi personne n’avait jamais goûté à l’arbre défendu. Or arrive une grande famine et la plupart des habitants vont mourir de faim. Un jour, ils sont une centaine sous l’arbre : ils se disent qu’ils pourraient échapper à une issue fatale s’ils savaient quelle est la branche des fruits empoisonnés. A ce moment précis, un vieillard qui doit mourir demain, se lève en chancelant. La mort ne lui fait plus peur. Il lève son bras encore valide et cueille un fruit sur la branche de droite. Mordant à pleine dent dans son précieux butin, il retrouve les joies de l’existence. Tous ses compagnons se précipitent sur la branche de droite et leurs visages s’illuminent d’un grand sourire de satisfaction.

Mais le soir les membres du conseil du village cherchent à retrouver le sens de la réalité et pour eux le mot « réalité » rime avec celui de « sécurité ». Unanimement, ils décident de couper la branche de gauche. Aussitôt, ils confient au  meilleur bûcheron de la contrée l’opération décisive et salvatrice. Le sauveur désigné s’exécute. Chacun dort alors d’un profond sommeil.

Le lendemain matin, les uns et les autres se précipitent vers l’arbre de vie. Mais l’arbre est mort. Il n’y a plus un fruit sur la branche de droite.


La vie et la mort sont liées : la mort est aussi une force de vie

Manifestement, les habitants du village n’étaient pas taoïstes : ils pensaient la vie et la mort séparément comme deux forces qui s’opposent alors qu’en réalité elles se fécondent l’une l’autre et s’allient dans une même unité. Dès la naissance, la mort est là pour faire gagner la vie : son rôle consiste à éliminer les déchets qui pourraient contrarier l’élan qui nous pousse vers l’avant. Il est probable que la mort conçue de cette manière est une force de guérison comme tous ces poisons qui constituent les trésors de la recherche pharmaceutique. Mais comme nous pensons mal nous nous privons des fruits de la force de mort. Et il est possible que certaines maladies comme le cancer soient, en partie, le symptôme des égarements de notre manière de penser.

Au terme de notre existence, ce que nous appelons la mort pousse le corps trop usé à lâcher prise car il n’est plus apte à servir de réceptacle à la plénitude de la vie qui nous sollicite. L’être se recompose pour nous ouvrir à une nouvelle existence. En tout cas, c’est ce que je pense, à partir de ma réflexion et de mon expérience, pour une part influencées par le taoïsme. Mais le véritable taoïste sait que nous n’avons pas épuisé ainsi les ressources d’une pensée qui doit marcher sur ses deux jambes. A chacun d’inventer son petit café philosophique intérieur pour trouver sa voie.

Etienne Duval

 

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commentaires

corine 28/03/2019 09:52

je me nomme corine âgée de 32 ans j'habite dans le 59139 wattignies . J'étais en relation avec mon homme il y a de cela 4 ans et tout allait bien entre nous deux puis à cause d'une autre femme il s'est séparé de moi depuis plus de 5 mois . J'avais pris par tout les moyens pour essayer de le récupéré mais hélas ! je n'ai fais que gaspiller mes sous.Mais par la grâce de dieu l'une de mes amies avait eut ce genre de problème et dont elle a eut satisfaction par le biais d'un ... nommé ishaou au premier abord lorsqu'elle m'avait parlé de ce puissant je croyais que c’était encore rien que des gaspillages et pour cela j'avais des doutes et ne savais m'engager ou pas. Mais au fur des jours vu ma situation elle insiste a ce que j'aille faire au moins la connaissance de ce puissant en question et c'est comme cela que je suis heureuse aujourd'hui en vous parlant.c'est à dire mon homme en question était revenu en une durée de 7jours tout en s'excusant et jusqu'à aujourd'hui et me suggéré a ce qu'on se marie le plus tot possible.je ne me plein même pas et nous nous aimons plus d'avantage. La bonne nouvelle est que actuellement je suis même enceinte de 2 mois. Sincèrement je n'arrive pas a y Croire a mes yeux qu'il existe encore des personnes aussi terrible , sérieux et honnête dans ce monde, et il me la ramené, c'est un miracle. Je ne sais pas de quelle magie il est doté mais tout s'est fait en moins d'une semaines.(pour tous vos petit problème de rupture amoureuses ou de divorce ,maladie ,la chance , les problèmes liés a votre personnes d'une manière, les maux de ventre, problème d'enfants, problème de blocage, attirance clientèle, problème du travail ou d'une autres) Vous pouvez le contacter sur: son adresse émail : maitreishaou@hotmail.com ou appelé le directement sur whatsapp numéro téléphone 00229 97 03 76 69 son site internet: www.grand-maitre-ishaou-13.webself.net

Beaudonnet Bernard 10/09/2017 09:43

Merci pour ce texte intéressant et utile à méditer….
Amitiés et à bientôt.

Etienne Duval 10/09/2017 09:44

Merci Bernard et à bientôt !

Paule Sassard 28/08/2017 08:49

Je vois bien qui était Jacques puisque il était déjà aux Cafés de la croix rousse, entassés les uns sur les autre. Epoque des contes du monde entier.
Brillant esprit qui nous quitte. C’est comme cela .J'ai aussi du chagrin car mon petit chat a été écrasé, il m'apportait beauté et tendresse et cela vaut pour moi au quotidien plus que la vélocité des neurones. Je t'embrasse .Paule

Etienne Duval 28/08/2017 08:50

Merci Paule de faire référence aux origines du café philosophique et à l’esprit brillant qui nous a quittés. Mais une mort n’efface pas tout le reste. Je comprends très bien que tu sois affectée par la disparition de ton chat si beau et si tendre.

Bien amicalement.

Gérard Jaffrédou 20/08/2017 12:08

Cher Etienne.
Merci aussi d'accepter mes réflexions d'amateur.

Il ne m'échappait pas qe' j'escamotais un problème (double) que tu formules, lorsque je rendais compte, sans les analyser, de ces rapports entre les proches disparus et moi-même, puisqu'ils restent présents dans ma vie par la mémoire et mes apprentissage, qui me permettent des choix. Comment la mémoire effectue en moi ce travail de continuation ; et comment agit la mort de ces proches – et comment agit aussi la mienne qui s'approche. C'est en effet sans aucun doute le fond du problème. Celui de la mort et de la vie – de chacune de nos vies, en tous cas.
Je dirais sans craindre le simplisme que la vie est faite de continuation -ou de continuité ? - , qu'assure la mémoire, puisque nous sommes des sujets, certes, mais historiques. Et que la mort nous rappelle notre finitude qui, de son côté, constitue l'histoire. Et c'est celle-ci qui nous « transcende » par sa durée, ses aléas, son incertitude fondamentale, et qui est la vie même, toute faite de mort, de séparations, et de survivances. Mais surtout de choix, donc de sens, que suggèrent les vies des autres, ces sens étant beaucoup plus discernables (ou susceptibles d'interprétations, donc de sens pour nous) lorsque leur vie a pris fin.
En d'autres termes, je ne pense pas que la mort renverrait à une « transcendance » extérieure à la vie, c'est-à-dire extérieure à l'histoire. (Les discours de « consolation chrétienne » me paraissent creux et illusoires – je sais bien que ce n'est pas du tout ce discours-là que tu tiens!). La mort , notamment de certains, proches ou non, renvoie à leur vie, à la force de l'histoire dans leur vie, et à la force qu'a leur vie , du fait de leur mort, dans la nôtre.
Je pourrais prendre et analyser sous cet angle quelques exemples, notamment personnels. Y a-t-il là le « rapport dialectique » que tu vois ? Est-ce répondre suffisamment à la question (double) ? Sûrement pas. Il faudrait analyser ou décrire comment nos affects nous renvoient à la mémoire et par conséquent à l'histoire ; et nous font vivre pour notre compte -et celui éventuellement de nos survivants- ces sens perçus dans les vies d'autrui. Je laisse les psychosociologues travailler la question. Du moins, ce point de vue me permet d'envisager cet événement minuscule et relatif (« qui ne manquera pas de se produire ») avec une sérénité elle aussi relative. Pour le moment.

Etienne Duval 20/08/2017 15:52

Je reprends le dialogue. C’est en un sens mineur que l’histoire nous transcende car, dieu merci, elle n’est pas un sujet. Et c’est pour y avoir cru, sans doute sous la pression des tyrans et des maîtres à penser, que des peuples entiers sont entrés en servitude. Je vois néanmoins ce que tu veux dire, d’autant plus que tu évoques le choix des individus, qui, eux, sont transcendants par rapport à l’histoire qu’ils contribuent à façonner, parce qu’ils sont d’authentiques sujets.
Personnellement je trouve que tu traites un peu légèrement la consolation chrétienne. En tout cas, à un moment donné, la foi en la résurrection ou à une vie éternelle a façonné l’histoire de l’humanité. Cette foi était déjà présente chez un homme comme Socrate et le récit de sa mort dans le Phédon reste un des plus grands chefs d’œuvre littéraires écrits par des hommes. Pour autant, personne n’est obligé de croire à une vie après la mort.
D’un point de vue personnel, je me situe sur ce sujet non pas vraiment dans la foi mais dans une certaine forme d’expérience ; depuis longtemps je vis dans la présence de l’Esprit, ce qui opère en moi un certain dépassement de la foi. Autrement dit j’ai fait un saut qui me situe à un autre niveau d’existence. Chacun est appelé à entrer dans un tel niveau d’existence et à percevoir directement ce à quoi nous ne pouvions accéder que par la foi, c’est-à-dire par le témoignage d’un autre. C’est ainsi que je vis dans un même mouvement la mort et la résurrection. Ce que tu appelles la consolation chrétienne n’est pas pour demain, elle est là aujourd’hui. C’est pourquoi elle n’a rien d’illusoire. Sans doute, à ce niveau, nous ne sommes pas encore en pleine lumière, mais la lumière que nous avons suffit à nous guider sans rien renier de notre humanité. Ce à quoi j’aspire, pour moi et pour les autres, c’est d’arriver à l’équilibre dans la jonction entre l’humain et le divin, là où il n’y a plus de rupture entre les deux. Je n’ai pas l’impression, pour autant, de vivre dans un mysticisme éthéré. J’ai plutôt la conscience que je marche enfin sur mes deux jambes.
Je pense maintenant à ta sœur. Sans doute va-t-elle t’amener à faire un passage où la tristesse se mêlera à une sorte de satisfaction intérieure. Je suis de cœur avec toi.

Gérard Jaffrédou 19/08/2017 19:14

Cher Etienne,
J'aurais du mal à répondre à ton texte, surtout au niveau où tu poses la question. Je fais donc simple.
Mon rapport avec la mort est d'abord le rapport que j'ai avec ces vivants maintenant morts et qui ont fortement déterminé ma vie. Je m'en aperçois avec l'âge et depuis leur mort. Je me dis parfois, avec optimisme peut-être, que quelque chose d'eux continue à vivre si du moins j'accepte de les continuer à ma manière.
Je pourrais sans doute rentrer dans le détail, en évoquant ces morts qui me font vivre encore. Mais ce serait inutile. Chacun a les siens et voit bien ce que je veux dire.
Ces morts-là m'aident aussi à considérer la mienne. J'ose espérer, sans aucune certitude, que je rendrai aux quelques survivants qui m'auront un peu connu le même service posthume. Sait-on jamais ? Mais, à vrai dire, j'aurai alors du mal à m'en réjouir ou, sinon, à m'en attrister.
Bien amicalement.
Gérard

Etienne Duval 19/08/2017 19:15

Merci Gérard de poursuivre la réflexion et surtout d’ouvrir un nouvel angle d’attaque à partir de la mémoire. Il s’agit alors de savoir comment ma mémoire retravaille ma relation avec des personnes disparues et comment elle contribue à transformer ma vie en fonction de l’apport de ceux qui ont quitté notre mode d’existence. Personnellement j’ai plutôt tendance à poser le problème à partir de la force de vie ou de la force de mort, ces deux forces me semblant interdépendantes et coordonnées. Comme toujours tu te situes en tant qu’historien et personnellement j’ai plutôt tendance à me poser en tant que psychosociologue. Mais ces deux positions ne sont pas hermétiques dans la mesure où nous avons à faire à des sujets et que nous sommes nous-mêmes des sujets, ce qui implique une certaine transcendance par rapport aux événements auxquels nous nous affrontons. Et sans doute la mort a-t-elle quelque chose à voir avec cette transcendance. Le problème alors est de savoir dans quelle mesure la mort est constitutive d’une telle transcendance. La notion de mort pourrait impliquer une forme de dépassement de la mort elle-même. Pourquoi, comment, la réflexion reste ouverte.

Mort de Gandhi 19/08/2017 17:15

MORT DE GANDHI

6 janvier 2007 |Le Devoir | Médias
Photo: La plupart des Hindous regardaient Gandhi comme un saint, et ajoutaient secrètement son image à la longue famille de leurs idoles traditionnelles.
Le Mahatma allait faire sa prière sur les gazons du palais Birla lorsque quatre balles l'ont atteint en pleine poitrine — La nation indienne en pleurs — Notes biographiques

Nouvelle-Delhi, 30 (Reuter). - Gandhi était sorti du Palais Birla, où il jouissait de l'hospitalité d'un riche industriel hindou et effectuait son jeûne de protestation contre le conflit indo-musulman. Il allait faire sa prière sur les gazons du palais, marchant péniblement en s'appuyant sur les épaules de ses petites-filles; une foule de 500 personnes s'ouvrait respectueusement sur son passage, lorsqu'un jeune homme vêtu d'une capote kaki de l'armée s'avança et décocha au mahatma 4 coups de revolver en pleine poitrine. Dès le premier coup de feu, une tache de sang rouge apparut sur sa cape blanche; au troisième, il offrit lui-même sa poitrine toute grande, et chancela dans les bras des femmes qui poussaient des cris et éclataient en sanglots. Transporté à l'hôpital, il rendit l'âme au bout d'une demi-heure.

Maîtrisé par des assistants, l'assassin a déclaré à la police qu'il était un Hindou Mahratte de Poona, et qu'il était indigné de la modération de Gandhi à l'égard des musulmans.

'Remercions le ciel, a dit une personnalité officielle anglaise des Indes, que l'assassin ne soit pas un musulman, sinon le pire serait à craindre'.

En effet, Gandhi se préparait, à l'issue de son jeûne, à entreprendre au Pakistan musulman une grande tournée de prédication et de pacification. On sait que les deux Dominions créés le 15 août dernier, Inde et Pakistan, sont déchirés depuis cette date par des troubles et des bagarres, surtout du fait que le Cachemire, de population en majorité musulmane, a été attribué au Dominion de l'Inde.

Gandhi ne cessait d'exhorter les Hindous à fraterniser avec les Musulmans, à leur rendre l'usage des mosquées qui avaient été converties en temples bouddhistes, à leur assurer garantie et sécurité dans les trains, sur les routes et dans leurs demeures. Il avait entrepris son jeûne comme un symbole d'auto-punition et blâmait énergiquement l'emploi de la violence pour résoudre le problème des relations indo-musulmanes. - 'Le jeûne', disait-il, 'm'est apparu comme l'effort le plus noble de la nature humaine, et la meilleure discipline pour parvenir à la nudité de la conscience.' [...]

Charles Lallemand 19/08/2017 15:29

c'est un bout de texte pour être plus explicite que les pointillés après "la tondeuse à gazons", mais qui peut te paraître hors de propos.
Amicalement.
Charles

Charles Lallemand 19/08/2017 15:30

Je suis bête, je n'avais pas vu la liaison avec le ras des pâquerettes...

bien amicalement.

Charles Lallemand 19/08/2017 15:11

Oui Étienne, mais dans cette dialectique de la mort et de la vie si je m'en tiens au ras des pâquerettes - en ce qui concerne la nouvelle technique macabre de la "tondeuse à gazons", je me dois de préciser : plus archaïque, il est vrai, que des bombardements par les "grandes puissances" et leurs "dommages collatéraux" sur les populations civiles !
Cordialement.
Charles

Etienne Duval 19/08/2017 15:14

Excuse-moi, Charles, je n'ai pas très bien saisi ce que tu veux dire...

Charles Lallemand 19/08/2017 12:00

Merci Étienne pour ton appel hier et pour ton article sur le blog.
Je n'étais pas à au crématorium le 1er août pour la commémoration de Jacques mais tu y étais et, avec cet article "La vie et la mort", tu nous invites, si je comprends bien, à poursuivre avec Jacques en ce mois d'août une sorte de Café-philo, lui qui en était l'un des plus anciens et fidèles - voire "infidèles" - participants.
Alors ton article, je ne vais pas comme il aurait aimé le faire pour alimenter la discussion, en prendre le contre-pied car je partage pleinement ta réflexion ; je vais plutôt évoquer ce qui me vient comme ça à l'esprit.
Tout d'abord cette histoire qui fait la trame du film iranien Le goût de la cerise d'Abbas Kiarostami que notre Ciné-philo du 18 mars nous a donné à voir : un homme qui a projeté de se suicider cherche désespérément quelqu'un qui voudra bien jeter des pelletées de terre le lendemain à l'aube sur son corps au fond de la fosse qu'il aura creusée durant la nuit. Ainsi serait-il vrai que même celui qui se suicide, ne meurt jamais tout-à-fait seul ?
Et, paradoxalement, alors que j'avais tendance à considérer la mort comme un passé arrivé aux autres plutôt qu'un futur m'arrivant à moi et donc, comme on dit, "laissons les morts enterrer les morts", je redécouvrais, bien après Antigone, l'importance de ces cérémonies d'enterrement ou de crémation dans ce qui fait - qui que nous soyons- la solidarité de notre espèce humaine.
Autre histoire, celle d'un rosier qu'avec ma compagne nous avions il y a 30 ans acheté un dimanche matin au marché du quartier de La Villeneuve où nous habitions pour aller le planter - à défaut de pierre tombale - en pleine terre sur la tombe de sa mère, 1908-1987, qui venait de décéder. Je l'ai un peu connue quand je suis arrivé à Grenoble ; elle était devenue hémiplégique au point que sa fille, ma compagne, avait dû beaucoup s'occuper d'elle et - ce qui la désespérait - pas assez, me confiait-elle, de son fils, alors adolescent puis mort à 33 ans, "refroidi" une nuit, alors qu'il rentrait chez lui, par des tueurs à gage... J'entretenais régulièrement cette tombe mais depuis la mort de ma compagne, enterrée auprès de son fils dans une autre commune - est-ce son attachement à un bout de terre, elle voulait être enterrée, pas incinérée ! - je n'y étais pas retourné.
Je n'ai d'abord pas retrouvé l'emplacement et c'est le rosier, encore bien vivace, qui m'a assuré que c'était bien là, pas ailleurs, qu'était enterrée sa maman avec son nom sur une petite plaque discrète et des ronces que je viens d'arracher pour le dégager.
L'histoire de ce rosier peut paraître bien dérisoire, mais à la lecture de ton article, Étienne, c'est comme une métaphore pour moi-même de la vie et la mort impliquées l'une et l'autre dans un même dynamisme, et non pas la dualité du Bien et du Mal si destructrice, celle de Trump comme de Al Quaïda et sa nouvelle technique terroriste de "la tondeuse à gazons"...
Parce que, comme Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, " si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il fait, ce n'est pas important ça ? "
Amicalement,
Charles

Etienne Duval 19/08/2017 12:02

Merci Charles de poursuivre la réflexion comme tu sais le faire avec ton amour de l’écriture.

Oui tu as raison, les cérémonies sont importantes au moment de l’enterrement ou de la crémation, pour remettre le mort au cœur des vivants et pour nous faire comprendre que la mort est, en même temps, une perte mais aussi un fête, tellement la dimension de fête est toujours présente, sauf cas exceptionnels, au moment des funérailles.

J’aime bien ton image du rosier qui, comme dit le conte, doit faire éclore une fleur d’éternité. La tombe avait presque disparu mais le rosier étant bien là, toujours prêt à donner naissance à une rose pour nous dire que celle que l’on croit morte au milieu des ronces n’a pas dit son dernier mot. La fleur est une parole qui nous relie à la mort pour nous dire qu’elle n’est pas une fin mais un commencement, un éternel recommencement.

Hugues Puel 19/08/2017 09:49

Merci, Etienne, de ton très beau texte sur la mort de Jacques.

Je rentre de vacances familiales en Aquitaine.

Je pense que dans la tradition évangélique la mort fait partie de la vie, mais sous une forme dont nous ignorons tout.

Amitiés

Hugues

Etienne Duval 19/08/2017 09:58

Merci Hugues d'entrer dans le partage de la réflexion sur la mort et la vie. Ce problème est évidemment central dans la réflexion chrétienne puisque la foi en une vie éternelle est essentielle. Personnellement je ne pense pas que nous ignorons tout de la mort dans la vie évangélique car il y a, sur ce point, l'expérience de chaque croyant avec sans doute une réelle incertitude qui demeure. Personnellement j'ai l'impression de vivre, en même temps, la mort et la résurrection.

La mort de Jean Jaurès 19/08/2017 08:54

LA MORT DE JEAN JAURES

Centenaire de la mort de Jean Jaurès
Le 31 juillet 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, Jean Jaurès, journaliste et homme politique socialiste et pacifiste, est assassiné...

Il est 21H40, ce 31 juillet 1914. Jean Jaurès dîne au « Café du Croissant », à Paris, au coin de la rue Montmartre et de la rue du Croissant, près des Grands Boulevards. Sur le trottoir, un homme écarte le rideau du bistrot parisien, sort un revolver et porte l’estocade sur Jean Jaurès.
Le tueur Raoul Villain, militant nationaliste de 29 ans, membre de la Ligue des Jeunes amis de l’Alsace-Lorraine, est rapidement appréhendé et emprisonnée. Pour lui, Jean Jaurès le pacifiste internationaliste cherchant à empêcher la guerre est un «traître» et il doit être «puni ». L’assassinat de Jean Jaurès provoque une émotion considérable. Toutefois, survenu dans un contexte déjà mouvementée, elle sera rapidement occultée par la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France le 3 août 1914, qui va faire basculer la gauche pacifiste française dans une « union sacrée patriotique » face à l’agresseur allemand. Acculée, la France décrète la mobilisation nationale en dépit des actions menées par le défunt Jaurès.

Jaurès : artisan de la paix

Jean Jaurès s’était dépensé sans compter pour tenter d’empêcher cette guerre qui semble inéluctable.
Suite à l’attentat de Sarajevo, Jaurès mesurant le chaos annoncé, tente de mobiliser l’internationale socialiste dans l’optique d’haranguer les foules et de promouvoir le pacifisme : « Il n'y a plus qu'une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c'est que le prolétariat rassemble toutes ses forces [pour écarter] l'horrible cauchemar», lance-t-il le 25 juillet à Lyon. Les manifestations pacifistes se multiplient les jours suivants en Europe, comme en France.
Le vendredi 31 juillet, quelques heures avant sa mort et alors que la Russie vient de mobiliser, raconte un autre historien français, Jean-Yves Le Naour, Jean Jaurès découvre que « jamais Paris n'a déconseillé la manière forte à Saint-Pétersbourg ». Furieux, il apostrophe le ministre de l'Intérieur, Louis-Jean Malvy, à la Chambre des députés : « La France est-elle la vassale de la Russie ? ». « Il faut négocier encore !, ajoute-t-il. La France de la République entraînée par les moujiks contre l'Allemagne de la Réforme, vous allez permettre ça? ».
Ce même jour, alors qu’il s'apprête justement à rédiger un article pour son journal, L'Humanité, en faveur de la paix, avec l'espoir de stopper la marche entamée vers un conflit mondial, son dos est transpercé de deux balles, il décèdera des suites de ses blessures.

http://www.hachettebnf.fr/centenaire-de-la-mort-de-jean-jaures

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Henry Duméry 18/08/2017 15:46

MORT DE DIEU

La théologie de la mort de Dieu est née dans des cercles protestants d'Allemagne et d'Amérique du Nord. Ses principaux représentants sont : Thomas J. J. Altizer, de l'université d'Emory ; Paul M. Van Buren, de l'université de Temple ; William Hamilton, du séminaire théologique de Colgate-Rochester ; Herbert Braun, de l'université de Mayence. On peut citer également, bien que son intention soit très différente, Gabriel Vahanian, de l'université de Syracuse (N.Y.). Et l'on peut mentionner comme inspirateurs — à des degrés variables — Dietrich Bonhoeffer, Paul Tillich, William Blake, sans négliger les ancêtres que se reconnaissent les « théologiens radicaux » : Hegel, Nietzsche, Wittgenstein.
Au premier abord, cette théologie athée semble jouer sur les mots. « Dieu est mort », proclamait Nietzsche : ce qui invitait chacun à le tuer pour son compte. Ici, au contraire, « Dieu est mort en Jésus-Christ » : sa mort est celle de l'idée de Dieu, car rien ne s'oppose davantage au concept de Dieu souverain que l'impuissance du Tout-Puissant qui meurt. En conséquence, la religion théiste doit disparaître (au besoin, on montre, avec les ressources du positivisme logique et de l'analyse du langage, que le sujet Dieu ne peut entrer dans une proposition sensée) ; il faut lui substituer une théologie conséquente de l'Incarnation, avec une foi sans mythes. Pratiquement, l'éthique chrétienne, la vie pour la justice, à la limite l'engagement révolutionnaire sont la réalité du Dieu vécu, incarné, du Dieu qui « se vide » dans l'immanence de l'histoire (thème de la kénose, du dépouillement), quand l'histoire devient un combat pour une société fraternelle. On retrouve l'intuition mosaïque et prophétique : Dieu est sans visage, sans image ; il n'est que le règne de la justice et de l'amour. Au sein d'une culture sécularisée, la religion est morte ; mais la foi qui change le monde reste possible.

Henry DUMÉRY

Appuyez sur le titre "Henry Duméry"

La mort selon Dostoïesvski 17/08/2017 17:46

LA MORT SELON DOSTOÏESVSKI

Mourir pour mieux renaître. Ainsi pourrait-on résumer l’expérience de jeunesse de Dostoïevski. En effet, son engagement dans un groupuscule révolutionnaire lui a valu de vivre le supplice psychologique ultime : un simulacre d’exécution organisé par le Tsar Nicolas Ier. Dans L’Idiot, Dostoïevski, par la voix du Prince Mychkine, revient sur cet évènement crucial.
La jeunesse de Dostoïevski est pour le moins agitée. Il fréquente les milieux révolutionnaires et notamment le cercle fouriériste de Pétrachevski, un groupe hétéroclite au sein duquel on trouve des libéraux, des anarchistes et des socialistes. L’année 1848 voit l’Europe entière ébranlée par le Printemps des peuples (Italie, France, Autriche…). Ce contexte de forte instabilité provoque l’inquiétude du Tsar Nicolas Ier qui décide de réprimer les agitateurs en organisant leur arrestation.
À cette époque, Dostoïevski s’est lié d’amitié avec Nicolas Spechnev qu’il a rencontré au cercle Pétrachevski. Avec quelques autres, ils vont fonder une organisation secrète qui fomente une révolution paysanne. Dans ce climat tendu, Dostoïevski est arrêté avec les autres membres du groupe Spechnev en avril 1849. Il va passer plusieurs mois emprisonné dans la forteresse Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg.
Dostoïevski ne le sait pas encore mais il est à un tournant majeur de son existence. Le 22 décembre 1849, dans le froid de l’hiver russe, les membres du groupe Spechnev sont amenés sur la place Semenov pour un simulacre d’exécution. Les conspirateurs montent à l’échafaud, un officier lit leur condamnation à mort, on recouvre leur tête d’un sac de tissu. Ils attendent. Après plusieurs minutes d’un supplice psychologique sans pareil, les « condamnés » apprennent par une missive officielle que le Tsar « miséricordieux » a décidé de commuer la peine de mort en peine d’emprisonnement au bagne. Mise en scène sordide : aucune condamnation à mort n’avait été signée de la main de l’Empereur.
Un des prisonniers rapportera plus tard les paroles de Dostoïevski à Spechnev, quelques instants avant l’annonce de la commutation : « Nous serons avec le Christ. » Paroles inattendues mais annonciatrices du destin de l’écrivain. Par ailleurs, Dostoïevski qualifiera cette période – celle qui va de son arrestation à la fin du bagne sibérien – de phase de « régénération de [ses] convictions ».
Dans une lettre adressée à son frère, Dostoïevski écrit : « La vie c’est un cadeau, la vie c’est le bonheur, chaque minute peut-être une éternité de bonheur… Maintenant, en changeant de vie, je renais sous une forme nouvelle. » C’est au Prince Mychkine que Dostoïevski transmettra ce sentiment exalté envers la vie, ce vitalisme, cette passion pour la « vie vivante ». Pour Dostoïevski, la vie est à présent un miracle, un don de Dieu, la preuve de son existence en nous.


Le Prince Mychkine raconte
Pour Joseph Frank, biographe de Dostoïevski, « il immortalisera ce qu’il a éprouvé en ce moment tragique dans L’Idiot, le plus autobiographique de ses grands romans. » En effet, alors qu’il est l’invité de la générale Epanchkine, le Prince Mychkine rapporte aux trois filles Alexandra, Adélaïda et Aglaia le témoignage d’un homme condamné à mort. « Mais je préfère vous raconter l’histoire d’un cas fort curieux par sa rareté. L’homme dont je vous parle fut un jour conduit à l’échafaud avec d’autres condamnés et on lui lut la sentence qui le condamnait à être fusillé pour un crime politique. Vingt minutes plus tard, on lui notifia sa grâce et la commutation de sa peine. Pendant les quinze ou vingt minutes qui s’écoulèrent entre les deux lectures, cet homme vécut dans la conviction absolue qu’il allait mourir dans quelques instants. » Et le Prince de continuer : « Cet homme me déclara que ces cinq minutes lui avaient paru sans fin et d’un prix inestimable. Il lui sembla que, dans ces cinq minutes, il allait vivre un si grand nombre de vies qu’il n’y avait pas lieu pour lui de penser au dernier moment. »
L’homme en question est évidemment Dostoïevski lui-même. La beauté de ce passage tient dans le fait qu’il est un témoignage direct de l’auteur sur cette expérience qui a bouleversé sa vie. La confrontation radicale avec l’idée de mort met en lumière la positivité de la vie. Face au néant, chaque instant de vie révèle son infinie richesse. « Mais il déclarait que rien ne lui avait été alors plus pénible que cette pensée : « Si je pouvais ne pas mourir ! Si la vie m’était rendue ! Quelle éternité s’ouvrirait devant moi ! Je transformerais chaque minute en un siècle de vie […] » Après cette terrible épreuve, Dostoïevski éprouve une sorte de réenchantement. À nouveau, il contemple (au sens du thomasein grec) le monde. À nouveau, il s’étonne. L’angoisse de l’idée de fin le renvoie à la simplicité des débuts. Dostoïevski épargné porte un regard régénéré, un regard d’enfant sur les choses. Seul celui qui a regardé la mort en face peut revenir à l’innocence perdue.
Ce retour à l’idiotie (au sens dostoïevskien) du regard implique également une distorsion du temps. Chaque « minute » devient « un siècle de vie ». Le caractère infiniment précieux, divin de l’instant oblige Dostoïevski à une extase perpétuelle dans l’immanence. Dès lors, chaque seconde de vie foudroie par l’évidence de sa beauté. Un témoin raconte également que, peu avant le simulacre d’exécution, Dostoïevski avait déjà montré les symptômes d’une spontanéité aimante que l’on retrouvera plus tard chez le Prince Mychkine. Il avait éprouvé le besoin d’étreindre les autres condamnés, de pardonner et d’être pardonné. « Ce sentiment aigu d’une existence humaine fragile et éphémère permettra bientôt à Dostoïevski d’exprimer, avec une puissance inégalée, le commandement chrétien inconditionnel et absolu de l’amour mutuel, universel et de la miséricorde infinie », estime Joseph Frank. Ce sentiment, c’est le Prince Mychkine qui l’incarne.

Dans ce même passage, au témoignage quasi-autobiographique de Dostoïevski succèdent des considérations intéressantes sur la guillotine : « Soudain il entend au-dessus de lui glisser le fer. Car il est certain qu’on l’entend. Moi, si j’étais couché sur la bascule, j’écouterais exprès ce glissement et je le percevrais ! Peut-être ne dure-t-il qu’un dixième de seconde, mais il n’en est pas moins perceptible. Et imaginez qu’on discute encore jusqu’à présent la question de savoir si la tête, séparée du tronc, a ou n’a pas conscience qu’elle est décapitée pendant une seconde encore. Quelle idée ! Et qui sait si cela ne dure pas cinq secondes ? » Cette dénonciation peut-être considérée comme une métaphore de l’expérience qu’a vécue Dostoïevski. Contempler son corps séparé de sa tête, est-ce autre chose que de voir sa propre mort ? Ce 22 décembre 1849, Dostoïevski s’est vu mourir, il a appréhendé la séparation de l’âme avec son corps. Il s’est vu quitter la terre dans un envol avant de brutalement retomber sur ses pieds.
Dostoïevski aurait-il été Dostoïevski s’il n’avait vécu ce simulacre d’exécution ? Dans un sens, on peut dire que Dostoïevski est bien mort ce jour là. Le jeune Dostoïevski, socialiste et révolutionnaire, a disparu pour laisser place au Dostoïevski mystique et conservateur.

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LA MORT DE JEANNE D'ARC 17/08/2017 15:08

LA MORT DE JEANNE D’ARC

Le 24 mai 1431 au soir, Jeanne est traînée au cimetière de l'abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Sur une estrade se tient le cardinal de Winchester. Le bourreau est prêt à l'ouvrage. On la menace de torture et on lui montre les instruments. Puis l'évêque Cauchon lit l'acte d'accusation par lequel il la livre au bras séculier afin qu'elle soit brûlée (l'Église s'interdit de procéder elle-même à une exécution). Mais il lui fait savoir aussi que, si elle se rétracte et renonce à ses habits d'homme, elle sera confiée à l'Église et échappera à la mort.
Le prédicateur Guillaume Evrard a la maladresse de s'en prendre au roi : «Ton roi est hérétique et schismatique ! — J'ose bien vous dire et vous jurer sur ma vie que c'est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, ceui qui aime le mieux la foi et l'Église. Il n'est pas tel que vous le dites», bondit la malheureuse.
Jeanne, épuisée, signe un document par lequel elle accepte de se soumettre à l'Église et de reprendre ses habits de femme. La sentence de mort est commuée en un emprisonnement à vie.
Jeanne d'Arc revient dans sa cellule au grand mécontentement des Anglais qui auraient voulu une exécution rapide. Les soldats menacent même de s'en prendre aux juges et à l'évêque... Mais quelques jours plus tard, s'étant fait dérober ses vêtements et craignant à juste titre pour sa vertu, elle reprend des habits d'homme, ce qui lui vaut d'être cette fois condamnée au bûcher comme relapse (se dit de quelqu'un qui retombe dans l'hérésie).
Vêtue d'une robe soufrée destinée à la faire brûler plus vite et coiffée d'une mitre sur laquelle sont écrits des mots infâmants, la jeune fille est conduite sur le lieu de son supplice. Détail sordide : le bûcher étant trop élevé, le bourreau Geoffroy Thérage se trouve dans l'impossibilité d'étrangler sa victime avant que les flammes ne l'atteignent, ce qui vaut à Jeanne de périr vive dans de grandes souffrances.
Comme Winchester souhaite un ultime aveu, l'évêque Cauchon s'approche des flammes mais c'est pour s'entendre dire : «Évêque, je meurs par vous ! ». Et dans un dernier défi, elle murmure: «Que j'aie bien fait, que j'aie mal fait, mon Roi n'y est pour rien !...» Un des juges, pris de remords, confiera : «Je voudrais que mon âme fût où je crois qu'est l'âme de cette fille ! »
Après le supplice, le bourreau se voit chargé de jeter les cendres dans la Seine afin d'éviter qu'elles ne deviennent objet de ferveur.

Appuyez sur La mort de Jeanne d'Arc

LA MORT DE SOCRATE 17/08/2017 14:26

LA MORT DE SOCRATE

Les deux dernières pages de Phédon relatent la mort volontaire de Socrate, qui fut la mort d’un sage. Avec une sérénité parfaite, Socrate prit la coupe, que l’homme lui tendit. «— Que dirais-tu, demanda-t-il, si je versais un peu de ce breuvage en libation à quelque dieu? — Nous n’en broyons [du poison], Socrate, dit l’homme, que juste ce qu’il en faut boire. — J’entends, dit-il. Mais on peut du moins et l’on doit même prier les dieux pour qu’ils favorisent le passage de ce monde à l’autre; c’est ce que je leur demande moi-même et puissent-ils m’exaucer! Tout en disant cela, il portait la coupe à ses lèvres, et il la vida jusqu’à la dernière goutte avec une aisance et un calme parfait […]. [I]l dit que ses jambes s’alourdissaient et il se coucha sur le dos, comme l’homme le lui avait recommandé. Celui qui lui avait donné le poison, le tâtant de la main, examinait de temps à autre ses pieds et ses jambes; ensuite, lui ayant fortement pincé le pied, il lui demanda s’il sentait quelque chose. Socrate répondit que non. […] [L]evant son voile, car il s’était voilé la tête, Socrate dit, et ce fut sa dernière parole: “Criton, nous devons un coq à Asclèpios: payez-le, ne l’oubliez pas”. “Oui, ce sera fait, dit Criton, mais vois si tu as quelque autre chose à nous dire.” À cette question, il ne répondit plus; mais quelques instants après il eut un sursaut. L’homme le découvrit: il avait les yeux fixes. En voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux. Telle fut la fin de notre ami […], d’un homme qui, nous pouvons le dire, fut, parmi les hommes de ce temps que nous avons connus, le meilleur et aussi le plus sage et le plus juste» (Phédon, Paris, Garnier-Flammarion, 1965, p. 179-180).

Saint Jean de la Croix 17/08/2017 14:20

SAINT JEAN DE LA CROIX

Ce qui se passe de l'autre côté, quand tout pour moi aura basculé dans l'Eternité... Je ne le sais pas ! Je crois, je crois seulement qu'un grand Amour m'attend. Je sais pourtant qu'alors, pauvre et dépouillé, je laisserai Dieu peser le poids de ma vie. Mais ne pensez pas que je désespère... Non, je crois, je crois tellement qu'un grand Amour m'attend. Maintenant que mon heure est proche, que la voix de l'Eternité m'invite à franchir le mur, ce que j'ai cru, je le croirai plus fort au pas de la mort. C'est vers un Amour que je marche en m'en allant, c'est vers son Amour que je tends les bras, c'est dans la vie que je descends doucement. Si je meurs ne pleurez pas, c'est un Amour qui me prend paisiblement. Si j'ai peur... et pourquoi pas ? Rappelez-moi souvent, simplement, qu'un Amour m'attend. Mon Rédempteur va m'ouvrir la porte de la joie, de sa Lumière. Oui, Père ! voici que je viens vers toi comme un enfant, je viens me jeter dans ton Amour, ton Amour qui m'attend.

Pascal 17/08/2017 14:10

LA MORT SELON PASCAL

«L'immortalité de l'âme* est une chose qui nous importe si fort, et qui nous touche si profondément, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et toutes nos pensées doivent prendre des routes si différentes selon qu'il y aura des biens éternels à espérer ou non [...] Ainsi notre premier intérêt et notre premier devoir est de nous éclaircir sur ce sujet...»

Ou Dieu existe ou il n'existe pas. L'âme est mortelle ou immortelle. Tout ce que je sais est que je dois bientôt mourir, mais ce que j'ignore le plus est cette mort même que je ne saurais éviter. Je ne sais pas d'où je viens, ni où je vais. En sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant ou dans les mains de Dieu.

«Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée dans l'éternité précédant et suivant le petit espace que je remplis et même que je vois, abîmé dans l'infinie immensité des espaces que j'ignore et qui m'ignorent, je m'effraie et m'étonne de me voir ici plutôt que là, car il n'y a point de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. Qui m'y a mis? Par l'ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi?»

L'incertitude et le doute s'emparent de moi. Il me faut choisir, gager et parier. Il faut peser le gain et la perte. Si Dieu existe et si l'âme est immortelle, je gagne tout. Si Dieu n'existe pas et si l'âme est mortelle, je ne perds rien. En effet, j'ai tout à gagner en pariant sur Dieu, car Pascal, celui que Voltaire*appelle «le misanthrope sublime», montre la vanité et la fragilité de la vie sur terre:

«Il ne faut pas avoir l'âme fort élevée pour comprendre qu'il n'y a point ici de satisfaction véritable et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanité, que nos maux sont infinis, et qu'enfin la mort qui nous menace à chaque instant nous doit mettre dans peu d'années, et peut-être en peu de jours dans un état éternel de bonheur, ou de malheur, ou d'anéantissement. Entre nous et le ciel, l'enfer ou le néant il n'y a donc que la vie qui est la chose du monde la plus fragile ; et le ciel n'étant pas certainement pour ceux qui doutent si leur âme est immortelle, ils n'ont à attendre que l'enfer ou le néant.»

Le sentiment d'imminence de la mort peut nous perturber et engendrer l'angoisse. Elle peut ébranler nos certitudes, «Qu'on s'imagine, écrit-il, un nombre d'hommes dans les chaînes, et tous condamnés à mort, dont les uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent vivent leur propre condition dans celle de leurs semblables, et, se regardant les uns les autres avec douleur et sans espérance, attendent à leur tour. C'est l'image de la conditions des hommes.» On cherche en vain à échapper au spectre de la mort. On peut se jeter dans le divertissement et chercher l'oubli.

La certitude de la proximité *ou de l'imminence de la mort crée chez l'homme la conscience de sa fragilité. Mais de cette vulnérabilité, reconnue et acceptée, naît sa grandeur, car il pourra développer son aptitude à penser. Ainsi, la mort fonde la pensée et la culture*: L'homme est le roseau le plus faible de la nature, mais c'est un «roseau pensant».

Guillaume Apollinaire 16/08/2017 10:59

L’ADIEU DE GUILLAUME APOLLINAIRE
J’ai cueilli ce brin de bruyère.
L’automne est morte, souviens-t’ en.
Nous ne verrons plus sur terre
Odeur du temps, brin de bruyère,
Et souviens-toi que je t’attends.

Henry Scott-Holland 16/08/2017 10:57

HENRY SCOTT-HOLLAND
La mort n’est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l’a toujours été,
sans emphase d’aucune sorte,
sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

Paul Eluard 16/08/2017 10:55

PAUL ELUARD
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, Faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.

Poème hawaïen 16/08/2017 10:55

POEME HAWAÏEN
Maintenant que je suis parti, laissez-moi aller
Même s’il me restait encore des choses à voir et à faire.
Ma route ne s’arrête pas ici.
Ne vous attachez pas à moi à travers vos larmes.
Soyez heureux de toutes les années passées ensemble.
Je vous ai donné mon amour,
Et vous pouvez seulement deviner combien de bonheur vous m’avez apporté.
Je vous remercie pour l’amour que vous m’avez témoigné
Mais il est temps maintenant que je poursuite ma route.
Pleurez-moi quelques temps, si pleurer il vous faut.
Et ensuite, laissez votre peine se transformer en joie
Car c’est pour un moment seulement que nous nous séparons
Bénissez donc les souvenirs qui sont dans votre cœur.
Je ne serai pas très loin, car la vie se poursuit
Si vous avez besoin de moi, appelez-moi, je viendrai
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher. Je serai près de vous.
Et si vous écoutez avec votre cœur,
Vous percevrez tout mon amour autour de vous dans sa douceur et sa clarté.
Et puis, quand vous viendrez à votre tour par ici,
Je vous accueillerai avec le sourire
Et je vous dirai: « bienvenue chez nous».

François Cheng 16/08/2017 10:53

FRANCOIS CHENG
La mort n’est point notre issue,
Car plus grand que nous
Est notre désir, lequel rejoint
Celui du Commencement,
Désir de vie.
La mort n’est point notre issue,
Mais elle rend unique tout d’ici ;
Ces rosées qui ouvrent les fleurs du jour,
Ce coup de soleil qui sublime le paysage,
Cette fulgurance d’un regard croisé,
Et la flamboyance d’un automne tardif,
Ce parfum qui assaille et qui passe, insaisi,
Ces murmures qui ressuscitent les mots natifs,
Ces heures irradiées de vivants, d’alléluias,
Ces heures envahies de silence, d’absence,
Cette soif qui jamais ne sera étanchée,
Et la faim qui n’a pour terme que l’infini…
Fidèle compagne, la mort nous contraint
A creuser sans cesse en nous
Pour y loger songe et mémoire,
A toujours creuser en nous
Le tunnel qui mène à l’air libre.
Elle n’est point notre issue.
Posant la limite,
Elle nous signifie l’extrême
Exigence de la Vie,
Celle qui donne, élève,
Déborde et dépasse.”

Victor Hugo 16/08/2017 10:52

VICTOR HUGO
La tombe dit à la rose :
– Des pleurs dont l’aube t’arrose
Que fais-tu, fleur des amours ?
La rose dit à la tombe :
– Que fais-tu de ce qui tombe
Dans ton gouffre ouvert toujours ?La rose dit : – Tombeau sombre,
De ces pleurs je fais dans l’ombre
Un parfum d’ambre et de miel.
La tombe dit : – Fleur plaintive,
De chaque âme qui m’arrive
Je fais un ange du ciel !

Saint-Exupéry 16/08/2017 10:51

LE PETIT PRINCE DE SAINT-EXUPERY
Cette nuit-là, je ne le vis pas se mettre en route. Il s’était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre, il marchait, décidé, d’un pas rapide.
Il me dit seulement :
― Ah ! Tu es là …
Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore :
― Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J’aurai l’air d’être mort, mais ce ne sera pas vrai …
Moi, je me taisais.
― Tu comprends. C’est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là.
C’est trop lourd.
Moi, je me taisais.
― Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée.
Ce n’est pas triste les vieilles écorces.

Duval Etienne 15/08/2017 10:36

LES FEMMES ET LA MORT

Jusqu’ici il n’y a que des femmes qui ont commenté cet article portant sur la vie et la mort. Puis-je en déduire qu’elles sont plus à l’aise que les hommes avec la mort parce qu’elles en ont une expérience plus intime ? Peut-être savent-elles intuitivement que la vie a toujours le dernier mot. C’est pourquoi elles n’en auraient pas peur. Qu’en pensez-vous ?

Martine Mouquet 15/08/2017 09:49

Bonjour Étienne, c'est toujours triste de perdre un ami...je compatis à ta peine. Je console toujours ceux qui me livrent leurs sentiments d'abandon par cette phrase: "nul ne meurt jamais vraiment tant qu'il reste présent dans la mémoire des autres"...toi, en plus, tu associes cette belle histoire...les arbres ont besoin de toutes leurs branches pour vivre, l'Homme coupe arbitrairement car il obéit à des "histoires anciennes" qui le manipulent, certains préceptes religieux, de quelque religion qu'ils soient d'ailleurs, font abstraction de réflexion au moment de prendre une décision, là, en l'occurrence, la population meurt faute de nourriture...ils mangent, ils vivent...pourquoi ne réfléchissent ils pas au bien-fondé de leur croyance et derechef coupent l'autre branche! La remise en question de soi doit être permanente...la mort d'un proche donne cette "chance" de revoir ses certitudes et ses acquis. L'idée de mourir est nécessaire à la vie, les deux sont indissociables, on a besoin des deux "branches" pour tenir debout.
Bonne fête de l'Assomption... J'ai été élevée dans le christianisme, il m'en reste une chose, la foi et non la croyance. J'ai foi en la vie, elle est toujours à découvrir.
Bises. MM

Etienne Duval 15/08/2017 09:50

Tu as raison, Martine. Garde cette foi en la vie. Elle te sauvera. C’est peut-être le message de l’assomption : la vie elle-même ne peut pas mourir pour de bon…
Très bonne journée !

Grimm 15/08/2017 09:33

La mort marraine


C’était un très pauvre homme qui avait douze enfants et qui devait travailler nuit et jour pour arriver à leur donner leur pain quotidien ; Quand naquit son treizième enfant, le pauvre homme, ne sachant plus vers qui se tourner, s’en alla se planter dans une grande rue, bien décidé, dans sa détresse, à demander au premier venu, homme ou femme, de servir de parrain ou de marraine à ce dernier enfant. Le premier qui se présenta n’était autre que le Bon Dieu, qui savait bien tout ce que le pauvre homme avait sur le cœur, et qui lui dit :

- Je veux bien servir de parrain à ton enfant, mon brave homme, ta pauvreté me fait peine, et je veillerai sur lui pour qu’il soit heureux sur cette terre.
- Qui es-tu ? demanda l’homme.
- Je suis le Bon Dieu.
- Alors je n’ai aucun besoin de Toi comme parrain, déclara l’homme. Tu donnes aux riches et tu laisses les pauvres se mourir de faim !

Et il se détourna du Seigneur pour s’en aller plus loin. Alors, ce fut le Diable qui vint à sa rencontre et qui lui dit :

- Que cherches-tu ? Si tu me prends comme parrain, pour ton enfant, il aura l’or à profusion et les richesses à foison, sans parler de tous les plaisirs de la vie, par-dessus le marché.
- Qui es-tu ?
- Je suis le Diable.
- Alors, je ne veux pas de toi comme parrain, dit l’homme. Tu trompes et tu déçois les hommes que tu induis en tentation.

Il lui tourna le dos et s’en alla plus loin, où vint vers lui la Mort squelettique, qui lui offrit d’être la marraine de l’enfant.

- Qui es-tu ? demanda l’homme.
- Je suis la Mort, devant qui tous sont égaux.
- Ta justice est la même pour tous, dit l’homme, tu ne fais pas de différence entre le riche et le pauvre et tu prends tout le monde semblablement. Tu seras la marraine de mon enfant.
- Je donnerai à ton fils la richesse et la célébrité qui ne manquent jamais à ceux qui m’ont comme amie.
- Le baptême se fera, dimanche prochain, dit l’homme, je compte donc sur toi sans faute.




La Mort se présenta comme elle l’avait promis et tint l’enfant sur les fonds baptismaux comme le devait une parfaite marraine.

Après des années, quand le garçon fut devenu grand, sa marraine vint le voir un jour et lui dit de la suivre. Il l’accompagna donc et ils allèrent dans la forêt, où elle lui fit connaître une plante qui poussait là.

- Tu vas recevoir à présent ton cadeau de baptême, lui dit-elle. Je vais faire de toi un médecin fameux : quand tu seras appelé auprès d’un malade, je t’apparaîtrai chaque fois, et si tu me vois à la tête du malade, tu pourras hardiment annoncer que tu te charges de le guérir. Tu n’auras qu’à lui administrer de cette plante, et il se rétablira. Mais si tu me vois à ses pieds, tu sauras qu’il m’appartient et tu pourras affirmer, en toute assurance, que rien au monde, ni aucun médecin, ne pourra le sauver. Mais garde-toi bien d’employer la plante contre mon gré, sinon tu aurais à t’en repentir.

Il ne fallut pas longtemps pour que le jeune homme devint le docteur le plus fameux au monde. « Au premier coup d’œil qu’il jette sur le malade, disait-on de lui, il sait déjà où il en est, s’il guérira ou s’il devra mourir. » On accourait de partout pour le consulter, on lui amenait des malades de tous les coins du monde et il recevait tant d’or qu’il devint très vite un homme richissime. Et voilà que le roi tomba malade et qu’il fut appelé à son chevet pour dire si la guérison était possible. Comme il entrait dans la chambre, il vit aussitôt la Mort qui se tenait aux pieds de sa Majesté, et il sut qu’aucune plante ici-bas ne pouvait plus rien pour ce malade-là. « Si je pouvais, pour une fois, ruser avec la Mort, pensa le médecin, elle le prendra sûrement très mal de ma part, mais quand même, je suis son filleul et son ressentiment finira par tomber. Je vais risquer la chose. » Vivement, il prit l’auguste malade et le coucha dans l’autre sens, de façon que la Mort se trouvât à la tête pendant qu’il lui administrait la plante guérisseuse. Le roi se rétablit et retrouva la parfaite santé. Mais la Mort vint trouver le médecin, lui fit un sombre et menaçant visage en lui disant, le doigt levé, d’un ton sévère : " Tu m’as dupée. Je te le pardonne, pour cette fois, parce que tu es mon filleul. Mais ne t’y risque pas une seconde fois. Ce serait sans pardon pour toi et je t’emmènerais sur l’heure. "

Or, peu après, la fille du roi tomba très gravement malade. Le roi, dont elle était l’unique enfant en pleurait nuit et jour à s’en brûler les yeux. Il fit proclamer que qui saurait l’arracher à la mort deviendrait son époux et recevrait la couronne en héritage. Le médecin fameux, quand il se présenta au lit de la malade, vit la Mort à ses pieds. Il aurait dû se rappeler l’avertissement de sa marraine et sa menace, mais la princesse était si belle, et devenir son époux lui promettait un tel bonheur, qu’il en fut ébloui, enivré, et n’eut plus d’autre idée. Il ne vit point que la Mort le surveillait d’un regard courroucé, levant son bras décharné en fermant son poing osseux pour le menacer. Non, il ne la vit point et tourna le malade pour lui remettre la tête aux pieds et les pieds à la tête, lui faisant prendre aussitôt la plante merveilleuse. Et le rouge lui revint aux joues, la vie reprit en elle et sa guérison fut assurée.

La mort, voyant, pour la seconde fois, lui échapper une vie qui lui appartenait, s’avança d’un pas lent vers le médecin et lui dit : " De toi, c’en est fini, c’est maintenant ton tour. "

Elle le prit et le serra si fort de sa froide main que toute résistance lui fut impossible. Il la suivit dans une cavité souterraine immense, où il vit, en rangées innombrables, des milliers et des milliers de flambeaux de toutes tailles, les uns grands, d’autres à demi consumés déjà, d’autres enfin tout près de s’éteindre et n’ayant plus qu’une minuscule flamme vacillante. A chaque instant, d’aucuns s’éteignaient et d’autres s’allumaient, et l’on eût dit que les petites flammes ne faisaient que sauter d’ici pour se poser là.

- Tu vois, dit la Mort, ce sont les flammes de vie des hommes. Les grandes sont celles des enfants, les moyennes sont celles des vieillards qui sont près de mourir. Mais il y a aussi beaucoup d’enfants et de jeunes gens qui n’ont, eux, qu’une toute petite flamme.
- Montre-moi la mienne, demanda le médecin, qui s’imaginait la voir, encore bien haute.

La Mort lui indiqua une flamme si minuscule que c’était à peine si elle brûlait encore, tellement elle était près de s’éteindre. « Tu vois, te voilà », lui dit-elle.

- Oh ma chère marraine, supplia le médecin atterré, allumez m’en une autre, de grâce ! Faites-le pour l’amour de moi, que je puisse jouir encore d’un temps de vie, devenir un roi et l’époux de la belle princesse !
- Je ne le puis, dit la Mort. Il faut qu’une flamme s’éteigne pour qu’une autre s’allume.
- Alors posez la vieille sur une nouvelle, qui continuera de la faire brûler quand elle sera au bout ! proposa le médecin.

La mort feignit d’accéder à son désir et choisit une belle flamme toute jeune et vivace, comme pour y mettre la flamme presque inexistante. Mais elle avait à se venger et, comme par mégarde, elle laissa tomber la flamme minuscule qui s’éteignit aussitôt. Et le médecin tomba inerte sur le sol, livré désormais aux mains de la seule Mort. (Selon la version des frères Grimm)

Corynne 14/08/2017 15:29

Bonjour Etienne,

Quel ne fut pas ma tristesse d'apprendre la mort et disparition relative de Jacques, personne que j'appréciai beaucoup dans le groupe. Je viens d'apprendre la nouvelle en consultant mes mails aujourd'hui. J'ai manqué sa crémation mais bon mes pensées sont avec lui. Peut-être nous regarde-t-il du haut du cosmos (mon esprit bouddhiste).
Il faut dire que cette année, depuis le début de l'année des personnes très cher apparentées famille, des parents d'ami-e-s, des personnalités que tout le monde connait ont disparu. Les meilleures à mon sens mais bon je dis cela parce qu'ils touchaient mon cœur, mon âme et mon esprit.
Là en ce moment, je suis en sursis avec ma maman d'éducation qui outre un cancer en rémission qui l'a beaucoup fragilisé s'étiole au fur et à mesure que la Grande Roue de la vie tourne. Je profite d'elle au maximum (il s'agit de ma marraine) qui a fait devenir en grande partie ce que je suis (avec du courage, de la discrétion, de l'abnégation, de la constance, de la persévérance) aujourd'hui: porteuse de projet dont le projet arrive à terme.
En effet, je n'habite plus en Rhône-Alpes depuis que vous ne me voyez plus mais j'ai encore ma mummy qui y vit. A qui je vais rendre visite tous les 2 ou 3 mois. J'en profite donc pour rester plusieurs jours et rendre visite aux connaissances rhodaniennes.


Je vis en Bourgogne du Sud à la frontière du Jura dans un endroit classé natura 2000. J'ai dû m'acclimater à une population locale, très fermée sur elle-même et dont tout apport de nouvelles personnes qui plus est d'apparence étrangère, métis ou autre traduit chez eux une peur, un dérangement et donc des préjugés, des aprioris. Mais bon je me déplace autour de la mêlée.

Je travaille, discute, m'épanouis avec des étrangers européens et internationaux. Ceux-là même me renvoient une image du français négatif. Je trouve cela triste et grave. En même temps il s'agit de petits villages.
Nous pleurons, nous nous plaignons sans savoir la chance "encore" que nous avons de pouvoir manger à notre faim, penser relativement librement, de réaliser nos rêves, nos projets,... Par contre les quarante années qui viennent de se dérouler ont créé une société nouvelle génération de paresseux, de suffisants, de prétentieux, d'arrogants, de chauvins et j'en passe...

Dans l'espoir de se revoir à la rentrée de septembre (lorsque je passerai dire bonjour à ma mummy), je vous envoie toutes mes pensées positives.

Etienne Duval 14/08/2017 15:30

Merci Corynne pour toutes tes réflexions que je mets sur le blog « La vie et la mort » proposé à l’occasion de la mort de Jacques. Comme toi, je vois partir de nombreux proches, le plus souvent atteints d’un cancer. Cette maladie semble vouloir conjurer la mort en multipliant les cellules sans éliminer celles qui existent déjà. Jacques en a souffert pendant 8 ans et il a fini par partir dans la paix entouré de sa famille. Tu parles, de ton côté, de cœur, d’âme et d’esprit. Je vois que j’ai oublié le cœur, le principal puisqu’il s’agit de la vie au sens fort du terme.

Je connais bien les petits villages avec leurs qualités et leurs défauts, leur trop grande proximité qui rend un peu difficile l’intégration des étrangers. C’est étonnant que tu sois si pessimiste par rapport à la nouvelle génération. Ceux qui ont vingt ans aujourd’hui me paraissent plus simples que nous, peut-être un peu dispersés à cause des nouvelles technologies. Mais j’aime bien leur absence de complexes, ce qui n’est peut-être qu’une apparence.

Nous aurons tous du plaisir à te revoir au café-ciné. A partir du mois d’octobre, nous verrons les grands films russes. Personnellement j’adore ce pays et sa culture, qui est restée sous-jacente dans la période du communisme soviétique.

A bientôt Corynne !

Le livre tibétain de la Vie et de la Mort 14/08/2017 10:36

LE LIVRE TIBETAIN DE LA VIE ET DE LA MORT

Dans cet ouvrage, Sogyal Rinpoché concilie l'ancienne sagesse du Tibet et la recherche contemporaine sur la mort et les mourants, sur la nature de l'esprit et de l'univers.
Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort clarifie, pour la première fois, la vision complète de la vie et de la mort telle que nous l'offre la tradition tibétaine. L'auteur explique notamment les "bardos", ces états de conscience après la mort qui ont tant fasciné et fait s'interroger artistes, psychologues, scientifiques, médecins et philosophes occidentaux depuis la publication, en 1927, du bardo Thödol (le Livre des Morts Tibétain).
Sogyal Rinpoché montre que dans la mort, comme dans la vie, l'espoir existe et qu'il est possible à chacun de nous de transcender sa peur ou son refus pour découvrir ce qui, en nous, survit et ne change pas. Il propose des "pratiques" simples mais puissantes que chacun, quelle que soit sa religion ou sa culture, peut accomplir afin de transformer sa vie, se préparer à la mort et aider les mourants?
Ce livre présente également une introduction lucide et complète à la pratique de la méditation, ainsi qu'aux notions de renaissance et de karma.
A ceux qui accompagnent les mourants, l'auteur indique comment les assister avec amour et compassion et comment leur apporter l'aide spirituelle à laquelle tout être humain a droit. A ceux qui travaillent en milieu hospitalier, médecins ou personnel soignant, il donne des conseils qui enrichiront leur expérience. L'auteur nous fait partager sa vision personnelle de l'expérience de proximité de la mort (NDE) selon la perspective tibétaine.
Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort n'est pas seulement un chef-d’œuvre spirituel. C'est aussi un manuel, un guide, un ouvrage de référence et une source d'inspiration sacrée.

Appuyer sur le titre !

Françoise Le Roux 13/08/2017 17:59

à chacun sa route, ça ne me désespère pas que quelque chose finisse. Quand la pièce est finie, il faut savoir quitter la scène

à bientôt

Etienne Duval 13/08/2017 18:02

On peut quitter la scène pour un spectacle encore plus beau ?

Einstein 13/08/2017 16:45

La vie après la mort pour Einstein : appuyez sur Einstein

Françoois Le Roux 13/08/2017 10:28

Bonjour, je viens de lire le blog. Je t'avais entendu conter ce conte. Je le trouve sage. Pour moi, la certitude de la mort est une raison pour bien se comporter, et plus cela se rapproche, plus je le pense. Le temps est compté, mais la roue tourne, d'autres suivent. Et "le tombeau des morts, c'est le coeur des vivants".

Etienne Duval 13/08/2017 10:38

Personnellement, comme toi, je pense que la mort et la vie sont liées. Mais je ne pense pas que ce soit la mort qui donne sens à la vie, au point qu’un jour tout serait fini. C’est au contraire la vie qui donne sens à la mort. Dans cette perspective, la mort nous ouvre à la Vie qui n’a pas de limite.

Ligue contre le cancer 12/08/2017 21:03

J’ai évoqué l’idée que le cancer pourrait être le symptôme d’un refus de la mort par la société elle-même… Voici ce que dit la ligue contre le cancer.

https://www.ligue-cancer.net/article/278_qu-est-ce-que-le-cancer-



Qu'est-ce qu'une cellule cancéreuse ?
C'est une cellule qui devient totalement indisciplinée, suite à une agression ou un dommage et liée à une modification de la structure d’un gêne ; c’est ce qu’on appelle une « mutation ». Parfois, l'agression est violente et courte. Le plus souvent elle est de faible intensité, mais s'étend sur une longue période.
Cette altération intime de la cellule constitue la base même de tous les cancers. La cellule n'arrête plus de se multiplier, et reste en vie dans un organe où habituellement les cellules meurent et se renouvellent rapidement. Cette prolifération va aboutir à la formation de la tumeur, qui, en se développant arrive à détruire les cellules normales avoisinantes.
Comment passe-t-on d'une cellule cancéreuse à un cancer?
Une cellule cancéreuse se multiplie beaucoup : elle commence à former un regroupement de cellules. Ces cellules ne ressemblent plus beaucoup aux autres cellules voisines : leur noyau est plus gros, traduisant leur intense activité, parfois leur taille est également plus grande, voire énorme.
Les premiers regroupements de cellules sont généralement sans danger, restent "sous contrôle" (ne se développent pas). Ils sont parfois même détruits par le système immunitaire. Il faut un regroupement d'environ 100.000 cellules pour que l'on commence à parler de tumeur.
Une tumeur devient dangereuse (maligne) lorsqu'elle commence à "s'infiltrer", c'est-à-dire que les cellules cancéreuses au lieu de rester groupées les unes aux autres, commencent à former des extensions vers des zones voisines. Cette infiltration devient néfaste car les cellules cancéreuses commencent à détruire les cellules normales, et mettent en danger le fonctionnement de l'organe.

Appuyer sur Ligue contre le cancer.

Google 12/08/2017 18:50

Vous pouvez facilement trouver cet article sur google si vous précisez, Etienne Duval ou mythesfondateurs

Claire Hérique-Dumont 12/08/2017 17:48

Cher Etienne, Bien reçu ton « conte » si explicite, merci !
C’est bien dommage que tu n’aies pas pu prendre la parole, lors des funérailles : il faut toujours « résister » quand on ne se sent
pas écouté ou reconnu dans un groupe, nous exprimer c’est notre droit et notre devoir, sinon c’est notre faute.
C’est pourquoi, j’ai vraiment apprécié que tu nous soumettes ton point de vue, à nous tes amis.

Que la régénération existe entre le bien et une autre façon de faire le bien ? EXEMPLE / donner de l’argent / Apprendre
à gagner de l’argent soi-même. De même du Mal ressort encore d’autres maux. Mais de la Mort, je ne vois pas ce qu’il peut sortir, sinon une autre vie à la spiritualité que nous ne pouvons même pas envisager : l’Au-delà qui nous dépasse, mais que nous devons humblement reconnaitre.
Bonne idée que nos échanges, du rien …sortent quelques idées !
Chaleureusement
Claire HD

Etienne Duval 12/08/2017 17:49

Merci Claire. Tu es toujours aussi bienveillante.

En fait, j’ai pu m’exprimer lors des funérailles car j’ai transgressé l’interdit. Et plusieurs personnes m’ont remercié de l’avoir fait. La personne elle-même qui m’avait bloquée, m’a avoué que la plantation de l’arbre en début de cérémonie, était la meilleure chose qui avait été faite par les intervenants. Je ne m’en glorifie pas car c’était une pulsion plus forte que moi.

Nicolas Michaux 12/08/2017 17:31

Entre deux rendez vous,
je vous déclare ma flamme
Entre deux rendez vous,
je vous déclare ma flamme
A la vie à la mort

On sait bien que demain
N'appartient qu'à la nuit
Mais cela ne fait rien
On se donne à la nuit
A la vie à la mort

Et les mots que l'on dise
ne disent pas grand-chose
Mais vous ne m'en voulez pas

Nous livrons à l'hiver
des combats difficiles
Et des ardennes à la mer
On enregistre des films


A la vie à la mort

Nous portons au bûcher
les chagrins de l'enfance
Et courons délivrés
tenter notre chance
A la vie à la mort

Et le vent dans la plaine
Semble souffler pour rien
Vous ne vous envolez pas

Quand la neige aura fondu
Nous battrons la campagne
En attendant déçus
Que la campagne nous gagne

A la vie à la mort

Et les mots que l'on dit
Ne veulent rien dire du tout
Mais vous ne m'en voulez pas

Sous un ciel inutile
Nous nous faisons nos adieux
Que quelques mots futiles
Pour se faire ses adieux
A la vie à la mort
A la vie à la mort

Appuyer sur Nicolas Michaux

Nolwen Leroy 12/08/2017 17:27

À la vie à la mort
À la vie à la mort
Je te jure que si l'on s'en sort
On prendra tout le temps
Tout le temps qu'il faut
Pour faire le tour du monde
En train, en bateau
Pour filer sur l'onde
Les pieds dans l'eau
Et s'aimer encore et encore et encore...

À la vie à la mort
C'est nos rêves qui nous rendront forts
La vie est un voyage
Dont on n'sait pas trop
S'il mène au bout du monde
Ni même s'il fera beau

Pour filer sur l'onde
Les pieds dans l'eau

Et s'aimer encore et encore et encore...

À la vie à la mort
On dérive et puis on s'endort
En oubliant le temps
Et les efforts qu'il faut
Pour échapper au monde
Et le rendre plus beau
Pour filer sur l'onde
Les pieds dans l'eau
Et s'aimer encore et encore et encore...

Appuyer sur Nolwen Leroy

Scientifiques allemands 12/08/2017 10:42

Des scientifiques allemands prouvent qu’il y a une vie après la mort

Berlin | Une équipe de psychologues et des médecins associés à la Technische Universität de Berlin, ont annoncé ce matin qu’ils avaient prouvé par l’expérimentation clinique, l’existence d’une certaine forme de vie après la mort. Cette annonce étonnante est basée sur les conclusions d’une étude utilisant un nouveau type de médicalement d’expériences de mort imminente contrôlées, qui permettent aux patients d’être cliniquement mort pendant près de 20 minutes avant d’être ramené à la vie.
Ce processus controversé qui a été répété sur 944 volontaires pendant ces quatre dernières années, nécessite un mélange complexe de médicaments, y compris d’adrénaline et de dimethyltryptamine, destinés à permettre au corps de survivre à l’état de mort clinique et au processus de réanimation sans dommages. Le corps du cobaye a ensuite été placé dans un état de coma artificiel induit par un mélange d’autres médicaments qui devaient être filtrés par l’ozone dans son sang durant le processus de réanimation 18 minutes plus tard.
La très longue durée de l’expérience a été récemment rendue possible par le développement d’une nouvelle machine de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) du nom d’AutoPulse. Ce type d’équipement a déjà été utilisé au cours des dernières années, pour ranimer les gens qui avaient été ‘morts’ entre 40 minutes à une heure.
lusieurs hypothèses concernant les expériences de mort imminente ont été émises dans diverses revues médicales dans le passé, comme ayant les mêmes caractéristiques que les hallucinations, mais le Dr Ackerman et son équipe, au contraire, les considèrent comme des preuves de l’existence d’un ‘au-delà’ et d’une forme de dualisme entre l’esprit et le corps.
L’équipe de scientifiques dirigée par le Dr Berthold Ackermann, a surveillé les opérations et a compilé les témoignages des sujets. Bien qu’il y ait de légères variations d’un individu à l’autre, tous les sujets ont quelques souvenirs de leur expérience de mort clinique et une grande majorité d’entre eux ont décrit quelques sensations très similaires.
La plupart des souvenirs communs comprennent un sentiment de détachement du corps, des sentiments de lévitation, de sérénité totale, de sécurité, de chaleur, de dissolution absolue, et la présence d’une lumière écrasante.
Les scientifiques disent que les cobayes sont bien conscients de leur mort et qu’un grand nombre de leurs conclusions choqueraient beaucoup de gens, comme le fait que les croyances religieuses des divers sujets semblent n’avoir eu aucune incidence du tout sur les sensations et les expériences qui ont été écrites à la fin de l’expérience. En effet, les bénévoles comptaient dans leurs rangs un certain nombre d’éminents représentants du christianisme, de l’islam, du judaïsme, du bouddhisme et de l’athéisme.
« Je sais que nos résultats pourraient perturber les croyances de beaucoup de gens », dit M. Ackerman. « Mais dans un sens, nous venons de répondre à l’une des plus grandes questions de l’histoire de l’humanité, donc nous espérons que ces gens seront en mesure de nous pardonner. Oui, il y a la vie après la mort et il semblerait que cela vaut pour tout le monde ».

Appuyez sur scientifiques allemands.

Françoise Le Roux 11/08/2017 20:30

Je vais lire l'article. Bien à toi, Françoise;

Etienne Duval 11/08/2017 20:31

J'attends tes remarques...

Olivier Schmidt-Chevalier 11/08/2017 18:56

Merci à Olivier de faire référence à cet article. Appuyez sur son nom pour entrer dans son blog de blogs.

Didier Glehello 11/08/2017 18:45

PENSEES SUR LA VIE ET LA MORT

La vie n'est qu'un vain rêve qui s'efface, la mort est l'heure où tout commence.
Citation de Lazare Wogue ; La vérité israélite (1862)
En savoir plus sur http://www.mon-poeme.fr/citations-vie-mort/#CKiVHAwWr8BmAQZo.99

Quand on sait que la mort est là, la vie prend toute son importance.
Citation de Abla Farhoud ; Le fou d'Omar (2005)
En savoir plus sur http://www.mon-poeme.fr/citations-vie-mort-2/#FWmD2ltwOAsskc7l.99

Qui fuit la mort fuit la vie, car la mort est la vie même.
Citation de Vladimir Jankélévitch ; La mort (1966)
En savoir plus sur http://www.mon-poeme.fr/citations-vie-mort-2/#FWmD2ltwOAsskc7l.99

Qui aime vraiment la vie ne peut haïr la mort.
Citation de Louis Scutenaire ; Mes inscriptions (1943-1944)
En savoir plus sur http://www.mon-poeme.fr/citations-vie-mort-2/#FWmD2ltwOAsskc7l.99

Quand on a raté sa vie, il faut au moins essayer de réussir sa mort.
Citation de Frédéric Beigbeder ; Nouvelles sous ecstasy (1999)
En savoir plus sur http://www.mon-poeme.fr/citations-vie-mort-2/#FWmD2ltwOAsskc7l.99

La vie égalise tous les hommes ; la mort en révèle les éminents.
Citation de George Bernard Shaw ; L'homme et le surhomme (1903)
En savoir plus sur http://www.mon-poeme.fr/citations-vie-mort-2/#FWmD2ltwOAsskc7l.99

Josiane Bochet 11/08/2017 18:24

bonjour Etienne ,

merci pour ton article que je lirai plus tard . Toutes mes amicales pensées en ces moments où l'on se trouve au pied du mur = face à soi même . Décès récent aussi d'une amie ...qui n'a pas réussi à se préparer à quitter la vie .

amitiés.
Josiane

Etienne Duval 11/08/2017 18:27

Je suis toujours surpris par les nombreuses rencontres que provoque un enterrement. Des joies se glissent entre les moments de peine et de regret.

Arbre dans la tradition chinoise 11/08/2017 15:48

L'ARBRE DANS LA TRADITION CHINOISE

Difficile d'embrasser l'arbre
sans parler de l'arbre !

Et plus encore sans aimer
l'arbre !

L'arbre est omniprésent dans la tradition
chinoise.
Energétique, peinture, acupuncture,
horoscopie, calligraphie, Taijiquan,
Kung-fu Wushu, Xingyiquan,
Méditation Zhan Zhuang ou Zhan Chan
(Zen) utilisent conjointement l'image
de l'arbre
Il est donc difficile de parler de
l'Elément Bois,
de l' enracinement, des troncs célestes
et des branches terrestres,
des points racine ou des
branches collatérales, du Monastère de la
Petite Forêt (Shaolin), de se tenir debout
droit comme un pin dans la montagne
et de négliger ou d'oublier l'arbre !

Appuyer sur le titre pour retrouver le contexte de ce texte

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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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