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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 21:41


 

Photo prise par Pierre Alain Gourion, ami de Jean-Louis
http://www.alaingourion.com/


Jean-Louis Conte nous a quittés
dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 février


  
Ceux qui l'ont connu peuvent témoigner de ce qu'ils ont vécu avec lui, en apportant leurs commentaires. Ce sera un témoignage laissé à ses filles et à tous ceux qui l'ont aimé.


Et maintenant, la vie en moi s'écoule,
Les jours d'affliction m'ont saisi.
La nuit, le mal perce mes os
Et mes rongeurs ne dorment pas.
Avec violence, il m'a pris par le vêtement,
Serré au col de ma tunique.
Il m'a jeté dans la boue,
Je suis comme poussière et cendre.

Ecoute, laisse-moi parler :
Je vais t'interroger et tu m'instruiras.
Je ne te connaissais que par ouï-dire,
Mais maintenant mes yeux t'ont vu.
(Job)


 

 


 

 

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commentaires

E
2ans déjà...
















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E
Madeleine Conte, la mère de Jean-Louis, est morte le 1er octobre 2008, à l'âge de 92 ans. Je retranscris le faire-part que m'a envoyé Françoise (la soeur), à cette occasion :Elle repose au cimetière de Désaignes, en Ardèche, près de son fils Jean-Louis (+12 février 2007) et de son époux Henri (+10 juillet 1964). Ses enfants savent qu'elle le souhaitait depuis longtemps.Robert et Jacqueline ConteFrançoise Conte et Jean-Pierre DürrenmathMichel Conte et Catherine HirschLa Collonge Basse - 07270 Empurany
 
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E
Je te signale Françoise que tu peux consulter l'analyse sommaire (surtout en ce qui concerne le sens) des Trois fileuses, sur le site http://mythesfondateurs.perso.cegetel.net/menu à gauche, dans les contes européens.Par ailleurs je m'aperçois que je n'avais pas complètement répondu à ton interrogation sur l'Islam. Je suis d'accord que l'exégèse ne suffit pas : il faut tenir compte de ce qui circule. Je m'en aperçois souvent, à mes dépens, notamment sur le blog.Bien amicalement.
 
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E
J'ai finalement mis la photo d'Alain, ami de Jean-Louis, en tête de ce blog.
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E
Ce serait bien si tu pouvais mettre le portrait de Jean-Louis sur le blog dans "Ajouter un commentaire".
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B
Je tombe par hasard, par l'intermédiaire de mon blog, sur celui-ci, sur l'hommage rendu à Jean-Louis et sur les témoignages d'affections, les souvenirs que son départ a suscité.
Je me souviens d'Annie (joli bouquin de lui chez l'éditeur ALEAS), et de Jean-Louis. La dernière fois que je l'ai vu, c'était au beau milieu de la place Bellecour, à Lyon. Une rencontre inopinée :
- t'es photographe toi ?
- ben oui...
- fais moi une photo alain...
Et de mon portable j'ai fais un rapide portrait qui es sur mon blog :
http://alaingourion.over-blog.com
Salut l'ami...
 
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E
Puisque tu le souhaites, Françoise, je retranscris ici le conte des trois fileuses :



Contes populaires et légendes de Provence, France Loisirs, Presses de la Renaissance, 1974
Il y avait une pauvre femme qui avait une fille de quinze à seize ans qui était quelque chose de beau à voir, mais qui passait toutes ses journées à la toilette et à la fenêtre pour voir les passants quand, au contraire, sa mère avait besoin de son travail. Ayant essayé de tous les moyens, et les avertissements restant sans effet, un beau jour, la mère prit un bâton et elle frappa et frappa jusqu'à en être lasse. Pendant qu'elle battait sa fille, le fils du roi vint à passer. Il demanda à cette femme pourquoi elle battait ainsi sa fille. "Parce qu'elle travaille tant qu'elle file jusqu'à la laine des brebis ! - S'il en est ainsi, dit le fils du roi, donnez-la-moi et je verrai si c'est vrai. " Il l'emmena dans son palais, l'enferma dans une chambre où il y avait des vêtements de toute sorte, des pendants d'oreille et des bagues. Il lui laissa un rup (8 kilos) de lin à filer dans la journée et lui fixa l'heure. Elle ne pensait aucunement au lin, mais aux bijoux qu'elle se mit à essayer devant la glace pour voir si cela lui allait bien. A la fin, comme il ne manquait plus que quelques minutes à l'heure fixée, elle se mit à pleurer et à se lamenter. En ce moment, elle vit un paquet de chiffons tomber dans l'âtre et une vieille femme en sortir. Cette vieille femme lui dit : " Ne t'effraie pas car je suis venu pour ton bien : je file, et toi, fais l'écheveau. " Au quart d'heure, tout le lin était bel et bien filé. Pendant le travail, le nez de la vieille s'allongeait. Alors, la jeune fille dit à la vieille : "Comment ferai-je pour vous récompenser ? - Moi, je ne veux rien autre chose qu'une invitation au dîner du fils du roi quant il t'épousera. Il suffit que tu appelles Columbina et je viendrai ; mais n'oublie pas nom car tu serais perdue ! "
 

Au bout d'un instant, le fils du roi arriva, il trouva le lin filé, et, tout à fait content, il dit : " Bien, demain, tu en fileras deux rups. " Le lendemain, au lieu de filer, elle fit ce qu'elle avait fait, le jour précédent, et quand l'heure fut proche, elle se mit encore à pleurer. Voilà que, de nouveau, elle vit tomber des chiffons de la cheminée et en sortir une autre vieille qui agit comme la première. Au bout d'un quart d'heure, le lin étant filé, la vieille, dont le nez était devenu deux fois plus long que l'autre, dit à la jeune fille qu'elle ne voulait qu'être invitée au dîner de noces : " Tu appelleras Columbara ; mais n'oublie pas mon nom ou gare à toi ! " Le prince arriva et dit à la jeune fille : " Tu as donc tout filé ? - Oui, il y a longtemps, que j'ai fini. ". Le fils du roi lui donna, pour dernière épreuve, trois rups de lin à filer, le lendemain. Les mêmes faits se reproduisirent une troisième fois, et la même demande, suivie de la même recommandation, fut faite par une troisième vieille, appelée Columboun, dont le nez était devenu aussi long que celui des deux autres ensemble. 
 

Le fils du roi, complètement satisfait, dit alors : " Bien, alors tu seras ma femme. " En attendant, il donna les ordres nécessaires pour la fête et il envoya des cavaliers, de tous côtés, inviter les seigneurs et les nobles. Mais, le jour du banquet, au moment de se mettre à table, l'épouse se rappela qu'elle devait inviter les trois vieilles ; mais elle pensa et pensa en vain, elle ne savait plus leurs noms. Elle ne rit plus, ne parla plus et tomba en une mélancolie qui donnait à penser. Le prince lui demanda ce qu'elle avait, il tenta tous les moyens à sa portée pour la faire parler, mais en vain. Il appela tous les plus habiles saltimbanques et les plus drôles farceurs de son pays pour la faire rire : tout fut inutile, de manière qu'il décida de tout renvoyer à un autre jour plus propice. Il alla seul, un jour, à la chasse ; il fut surpris par l'orage, au milieu de la forêt, et il se mit à l'abri dans une petite cabane. Pendant qu'il était là, il entendit une voix qui appela : " O columbina, Columbara, Columboun, montez la marmite pour faire la polente ; cette maudite épouse devra nous la payer ! " Il se retourna et il aperçut trois vieilles qui avaient un nez monstrueux ; l'un était plus long que l'autre. En retournant chez lui, il se disait : "Tiens, maintenant, je sais comment la faire rire ; si elle ne rit pas à présent, elle ne rira vraiment jamais ! " 
 

Il l'appela et lui dit : " Ecoute tu vas rire ; aujourd'hui, pour me mettre à l'abri de la pluie, je suis entré dans une cabane : j'ai entendu appeler Columbina ! Columbara ! Coloumboun ! Je me retournai et je vis trois vieilles au nez énorme ; je m'imagine que le plus long était celui de Coloumboun. " L'épouse eut un éclat de rire de folle et dit au prince : " Commande le repas de mariage ; mais accorde-moi une grâce : puisque ce sont ces vieilles avec leur long nez, qui m'ont faire rire, je te prie de les inviter au repas. " Le fils du roi, content d'avoir pu faire rire sa femme, commanda la fête, pour le lendemain, et, pour avoir occasion de rire, il fit inviter les trois vieilles. De fait, elles vinrent, mais elles furent mises à part autour d'une petite table ronde, assez grande à peine pour placer un plat où elles pouvaient manger toutes trois ensemble, de manière que les nez se rencontraient et se battaient l'un contre l'autre de façon à faire crever de rire. A la fin, le fils du roi leur demanda ce qui avait pu leur procurer un nez aussi long. Columbina répondit : "  Pour moi, c'est parce que j'ai filé un rup de lin en un quart d'heure. - Pour moi, dit Columbara, je l'ai deux fois plus long, parce que j'ai filé deux fois plus dans le même temps. - Et moi, ajouta Columboun, je l'ai trois fois plus long, parce que j'ai filé trois fois plus de lin aussi dans un quart d'heure. C'est nous qui avons filé le lin que vous aviez donné à votre femme. Si elle l'avait filé, elle aurait maintenant un nez aussi long que nos trois nez réunis. " Le fils du roi, apprenant ces choses, dit aux trois vieilles: "Avez-vous vos instruments à filer ? - Oui ; nous les portons toujours avec nous. - Bien, montrez-les ! " Et il les fit brûler aussitôt, parce que, si filer fait venir le nez long, personne ne doit le faire. Quant à moi, je pense que le nez ne devient long qu'à ceux qui cherchent à tromper les autres et qui sont eux-mêmes trompés. En somme il fut fait une noce à tout casser. Il y avait trois plats : un poisson frit, une immense omelette, un chat salé. Et moi, j'ai fini de conter.
 


 


 


 


 


 


 

 
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F
Etienne, j'ai été très touchée de ta réponse (je me permets le tutoiement,  je n'ai pas envie d'être loin).En effet, je regrettais un peu mon message  sur ton blog : il réclame beaucoup et donne peu ; ce n'est pas le but ! Je vais me replonger dans le conte des trois fileuses; Si j'arrive à le  copier-coller, je le mettrai sur le blog. Pour l'instant, je n'arrive pas à  faire les bonnes manip.Ce que tu dis de l'effet de ce conte sur vos relations est très intéressant  : j'ai eu la chance de ne connaître quasiment que celles "d'après fileuses", et  je crois avoir su l'apprécier. Je vais réfléchir la-dessus, il y a quelque chose  de très fort ! Votre dernier Noël ensemble, il m'en avait parlé, et je me  dis que tu as bien senti ce que cette journée a été pour lui... comme  toujours, d'après ce que je peux en savoir. Notre léger échange en redescendant à pied du cimetière me laisse un goût  d'inachevé. Tu te souviens peut-être d'une réaction que j'ai eu sur la notion de  soumission à Dieu dans l'Islam. En gros, je critiquais. En En détail, tu aurais  bien expliqué, affiné, fait de l'exégèse si je puis me permettre !Eh bien, je crois qu'il y a deux niveaux, toujours, sur les sujets de ce  genre : celui  des lieux communs qui circulent dans la population et  forgent les pensées et les actes, et celui de ceux qui ont une culture plus  pointue sur le sujet. Je t'ai transmis une phrase de la première catégorie, tu  m'as répondu par une de la deuxième. Ressemblant en çà en mon frangin, je serais  vite partie sur ton terrain à toi, celui de la culture, de la philo, de la  machinerie intellectuelle. Mais, car il y a un gros "mais", je suis persuadée  que la prise en compte de ce qui circule chez le plus grand nombre, même erroné,  peut-être  à cause de çà d'ailleurs,doit être sujet de réflexion chez ceux  qui réfléchissent. Et, surtout, d'action chez ceux qui agissent, je pense à  toute la sphère politique. Merci de m'avoir permis cet échange, par ta belle réponse.  Françoise
 
 
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E
Bonjour Françoise,
J'ai eu avec Jean-Louis beaucoup de moments heureux. Le premier, c'était, il y a dix-neuf ans. Jean-Louis fêtait son anniversaire à Desaignes. Avec Michel Aviron-Violet, Mairie-Josèphe sa femme, Lise, une ancienne danseuse étoile, nous avons décidé de lui faire une surprise. Vers 7 heures du soir, après le travail, nous avons pris le chemin de Désaignes. Deux heures plus tard, alors que personne ne nous attendait, nous avons frappé à la porte. Une bonne partie de la famille était réunie. Quel étonnement de nous voir ainsi arriver à une heure pareille ! Jean-Louis était heureux. Il en a reparlé jusqu'à la fin de ses jours.
Je me souviens aussi de nombreux noëls passés à la maison. Il ne voulait pas être seul à l'occasion de cette fête et je le savais. Alors, je l'invitais régulièrement. Pour le dernier noël, il était là avec d'autres amis pour le repas. L'après-midi, une famille libanaise est arrivée avec le père, la compagne du père et trois enfants, dont deux ont une vingtaine d'années et un autre beaucoup plus jeune, qui "s'est présenté", il y a à peine quatre ans. Ils avaient perdu leur frère tragiquement pendant l'été et souhaitaient retrouver dans la fête avec des proches le courage de la vie. Malgré ses difficultés de parole, Jean-Louis a animé tout l'après-midi avec des histoires, des mots d'esprit et de la bonne humeur. Les jeunes se sont sentis à l'aise et ont admiré l'humour, intelligence et l'à propos de cet homme qui avait su retrouver sa jeunesse pour les accueillir et les distraire agréablement.
J'ai encore un autre souvenir assez drôle. Pendant longtemps, Jean-Louis m'a mis sur un piédestal. Mais, au bout d'un certain temps, il cherchait à desceller la statue qu'il avait si haut placée. Or, à l'occasion d'une réunion du "Groupe de la parole", nous étions une douzaine à disserter sur le conte des trois fileuses qu'il avait lui-même choisi. Surpris par un tel choix, j'ai tout de suite compris que c'était de lui dont il voulait parler. Il était en effet question de la mélancolie. Je l'interpelle à demi-mot sur ce sujet. Il entre alors dans une violente colère, me signifiant que je ne connaissais rien à la mélancolie. La séance est, en même temps, animée et perturbée. De retour à la maison, je me penche sur le texte et essaie d'en faire l'analyse. C'est de la genèse de la dépression et de sa guérison dont il s'agit. Je lui envoie mon interprétation, avec le modèle approprié. Il n'en revient pas. Il veut que nous en discutions ensemble ;  je lui rends visite et lui montre comment ce texte l'interpelle. Il est alors séduit, décide d'en parler avec son psychothérapeute, qui donne raison au texte. Depuis ce jour, c'est-à-dire depuis cinq ans au moins, Jean-Louis ne m'a plus jamais agressé et nos discussions n'ont plus subi les hauts et les bas de sa maladie. Il y a eu, à cette occasion,  une vraie guérison, qui a concerné la relation qu'il entretenait avec moi.
Voilà Françoise quelques souvenirs de Jean-Louis, qui a été pour moi un être exceptionnel, y compris dans sa grande souffrance.
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F
Mon étape actuelle, je crois que cela va être l'écriture ...
J'aimerais que vous m'envoyiez  un ou deux souvenirs marquants que vous avez eu avec mon frère : un bon ? un mauvais ?
Je ne sais ...
Mais je sais qu'il y aura une suite, que je vous transmettr
Françoise, la soeur de Jean-Louis, à qui vous pouvez écrire  par internet :
francoiseconte07@aol.com
Merci.
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A
Jean-Louis aimait beaucoup Jacques Bertin: ce chanteur qui souvent broie du noir mais dont la poésie fait jaillir les couleurs de la vie.Cette ferveur dans la beauté qui transcende, Jean-Louis en était habité.Notre longue amitié me rappelle toujours cette chanson que Jean-Louis aimait tellement: "Je voudrais une fete étrange et très calme avec des musiciens silencieux et doux, ce serait par un soir d'automne, un dimanche, un manège très lent, une fine musique..."(Bertin)Par la musique et la chanson, Jean-Louis est toujours présent.Notre amitié est intacte.Annick et Jean-Pierre
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C
Camille lit un texte de son père

Le pantin4 février 1988

Le pantin (et la pantomine - chère Colombine)moi, vieux Pierrotlunaire                    seul                    isolé                    esseulé                    solitaire                    les beaux enfants                    les si belles filles                    Alice                    Emie                    Camille mes amours grands et forts                    nées d'Eros et d'Aphrodite, de Vénus et d'Apollondans le plaisir, la joie, explosant, explosée, explosive, enplein soleil de minuit et tous mes amis et toutes mes amieset mon père et la rose et le mimosa et l'eucalyptusla mer caressant mes cheveux une huître perlière au creux demoi la bouche offerte au sel et au goût fort de moulescrues sur la côte sauvage, seul fuguant dans la Bretagneinconnu, beau comme un dieu à Palmyre et au Krachdes chevaliers, nu, vierge, le sexe lumineux et pur.
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E
Je voudrais tout d'abord remercier ceux, et tout particulièrement mon oncle Michel, qui ont permis que nous puissions rendre hommage à Jean-Louis sur cette terre ardéchoise qu'il chérissait tant.
Mon père aimait le formalisme, les choses solennelles. C'était son petit côté "tradi", conservateur dans son progressisme affirmé. Je me souviens qu'il aimait débuter des discussions qu'il jugeait essentielles à ma construction, à sa construction, par cette phrase : "je te dis solennellement ma fille..." et j'esquissais inévitablement un sourire moqueur, qu'il réprimandait bien sûr, tout en se questionnant sur l'identité "cet apôtre" - autre expression favorite que j'adorais l'entendre employer - qui avait transmis à sa fille un tel goût du sarcasme. Lui bien sûr ! se régalait-il, et moi avec lui. Mais il me répétait encore cette phrase pour que je l'écoute vraiment cette fois, que j'entende solennellement.
Alors je veux vous dire solennellement combien mon père savait nous aimer chacun d'entre nous.
Certes mon père était, avant tout, un homme en pleine souffrance, une souffrance terrible qui lui rongeait l'âme.
Une souffrance qui créait inéluctablement un éloignement avec les autres. Tous ceux qui ont entretenu une relation affective avec Jean-Louis savent combien il était difficile de trouver et de garder le juste équilibre.
Nous avons retrouvé un texte que Jean-Louis a écrit il y a plus de quinze années déjà :                                  Lecture de  "Qui dira la tristesse"Il souffrait d'une souffrance exceptionnelle, d'une "putain de maladie" comme il le disait, qui nous éloignait bien sûr.
Mais, malgré tout cela, Jean-Louis avait l'art de créer des relations d'une richesse incroyable : Un être d'exception enfermé dans une exceptionnelle souffrance en quelque sorte.
Dès l'adolescence, j'ai aimé sa sensibilité exacerbée dont je me sentais si proche. On discutait comme de vieux amis de nos émois amoureux et puis on discutait des vrais amours, de mon régulier comme il aimait dire.
J'aimais sa délicatesse, sa justesse, son engagement politique, sa verbe sarcastique, son humanisme qu'il voyait plustôt chez les autres que chez lui-même : qui ne l'a pas entendu dire, par exemple à propos des représentants du corps médical qu'il fréquentait pas mal, naturellement, "quel humaniste ! quel brave homme ! quelle brave femme !" Il gagnait d'ailleurs facilement toute l'affection du personnel hospitalier.
J'aimais bien entendu son incroyable culture, politique, littéraire, musicale qu'il me transmettait avec ses livres, ses CD, ses petits "post it", ses articles, ses mots griffonnés, difficilement déchiffrables. Ah son cher Bach joué par son cher Glenn Gould (avec une passion incroyable pour l'art de la fugue, oeuvre majeure de Bach, me disait-il, celle qu'il retiendrait s'il devait n'en retenir qu'une), son Schubert aussi ! A cause de lui, je n'arrive pas à écouter une seule note de Mozart. Je me console en me disant que grâce à lui j'ai découvert Jacques Bertin.
En rendant hommage à mon père, je veux aussi rendre hommage à ceux qui sont bien vivants qu'il a aimés et qui l'ont aimé. Je crois qu'il aurait aimé cette idée.
Je voudrais rendre hommage à ses amours anciennes et récentes, pour qui l'émotion doit être vive encore - je pense bien à toi Jacqueline - et à ses amis, toutes et tous ceux qui ont accompagné admirablement et chacun à leur manière Jean-Louis tout au long de son tortueux chemin.
Je voudrais aussi rendre un hommage particulier à ma mère, Dominique. Si elle n'avait pas été là à tous les instants - et Jean-Louis la respectait infiniment aussi pour cela - je n'aurais peut-être jamais tissé cette relation avec lui qui a construit aussi ce que je suis aujourd'hui.EmilieDésaignes, le 16 février 2007
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A
A mon père, de la part de sa fille aînée
Il aimait bien ces formules, "ma fille aînée', "mes filles".Sa compagne Jacqueline m'a dit plusieurs fois ces dernières années, combien il aimait nous voir, nous "ses filles", combien cela lui faisait plaisir, combien il était fier de nous et de nous présenter, à un ami ou à un restaurateur chez qui l'on mangeait. Je le savais bien, et en même temps, forcément les relations avec Jean-Louis étaient compliquées, du fait de sa maladie, parfois distendues par de longues périodes de mal-être.
Donc, mon père, merci, pour avoir été bercée dans mon enfance par Jean-Sébastien Bach, mais aussi les Beatles et "salut les copains".
pour le TNP, Théâtre National Populaire, à Villeurbanne, quand j'étais adolescente. Même si, une fois ou deux fois, on est parti avant la fin tellement on trouvait ça "chiant". Papa se l'autorisait car c'était des places obtenues gratuitement par "L'Evénement du Jeudi" !
pour les discussions que l'on a eu sur lui, sa maladie, son histoire. J'avais besoin de savoir, de chercher à comprendre ce que c'était que cette maladie, pour lui et pour moi, car j'ai trouvé difficile de se construire, de grandir avec une telle souffrance, si proche de moi. Il le comprenait parfaitement, il en était affecté, et tenait à me donner les clés de compréhension que je cherchais.
pour les discussions plus politiques, avec ses convictions et en même temps sa grande tolérance. Mais "un con restait un con" ! Je crois que c'était une grande qualité de Jean-Louis : la tolérance, qui pour moi allait de pair avec sa curiosité, son goût de la découverte.
pour les souvenirs de Michel Seurat, qui est mon parrain. Souvenirs envahissants de la part de Jean-Louis, mais beaux souvenirs, de belles lettres, de très belles photos. Et le souhait de Michel d'être mon parrain au sens où il l'entendait, comme il l'a écrit à l'époque depuis Damas, "Gide, l'enthousiasme ...", "cette lumière qui vient de l'Orient". Et ça me parlait beaucoup d'être une filleule gidienne !
Alors, merci, de m'avoir transmis tout cela, d'avoir partagé tous ces plaisirs, tous ces savoirs.
Une dernière chose, Jean-Louis est parti, je crois, avec le "moral". Car il avait plutôt le moral ces derniers mois. Et, pour moi, c'est essentiel qu'il soit parti avec le goût de la vie.
Alice Conte Jansen
 
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J
Père de ma souffrance15 av ril 1989, 10 heuresPère de ma souffrance, fils de ma douleurEnfant de mon mal, triste de ma tristesseJe ne générerais plus ni mal, ni douleurni souffrance, ni tristesse, ni mélancolie profondeni détresse.Je ne suis responsable que devant moila descendance est une imposture que les cagots nous balancent à la gueule quandils n'y ajoutent pas les parents qui, paraît-il,ont engendré pour pour que nous vivionsVivre mais quoi, pour quoi, pour quoiQuand on fige ses propres enfants dans un passédans un musée comme si le temps était venu dene plus les voir et surtout qu'ils ne vous voient plus. Vivre pour des enfants dont on est séparéla galéjade quand on sent qu'on pleurequ'ils seraient là, à côté, en facerieurs, dormant, boudeurs, que cela n'y changerait                                   rienIl est temps ami de mettre fin à l'illusionL'illusion que demain tu ne seras pas triste                              ô tu ne l'es pas toujoursMais demain, maintenant et hier encore je suis tristeEt la tristesse est dans mon ventre qui ne cesse del'accoucher douloureusement et la tristesse est dansmon corps douloureux depuis trop d'années et la tristesseest dans ma tête et ma tête ne cesse de me faire malet ma tristesse est dans mon pas et dans mon doset dans ma main à mon réveil, à mon coucher, dansle titre du journal, dans un prélude de Bach, au théâtre,au concert, au cinéma, au travail, dans les chiottes,dans mon miroir, dans ma baignoire, dans mon lit,dans mon salon,dans mes livres, dans ma crasse(a-t-on pensé à ce qu'était la crasse du malade, ô mes frères souffrants ?)
La tristesse est dans la beauté, dans la femmeque j'apprends à connaître, dans celle qui est partie par tristesse, dans celle - l'Eternel féminin -qui a fui ma folie et qui hante encore mafolie, dans mon ami mort en captivité commeon dit joliment aujourd'hui.La tristesse est dans les visages rayonnants et insultantsLa tristesse est dans l'éclat du soleil qui au moinscache mes yeux mouillés mais ne sèche pas ma gorge etmes narines purulentes de morve.                    J'ai mal, vous dis-je, j'ai mal merdeQui m'obligera à poursuivre cette vie frelatée, baisée,à la faire côtoyer encore et encore aux amis, aux enfants,à celle que j'aime bien et qui, c'est sûr, payera elle aussi devant la tristesse                          Je ne veux plus donner ni recevoir                          Je ne veux plus donner ce que les gens croient bien                          Je ne veux plus recevoir car tout est soin de la                           Tristesse                          Et tous ces soins sont toujours éphémères                          et la distraction n'est plus dans mon monde.                          Enfant de moi, je n'ai plus qu'à retourner ausable, à la terre, à la mer, m'y enterrer etm'y nager.                           Je n'en veux à personne                           Vous ricanerez que le Grand Pardon à la veille du                           Grand Départ c'est facile et pourquoi pas c'est ???                            Mais le Pardon c'est celui que je demande,                             de toutes les forces qui me restent                            à ceux qui m'aiment. S'ils ne                            pardonnent pas, qu'ils comprennent.                            S'ils ne comprennent pas ce n'était pas mes amis                                                            à Tristesse
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J
Qui dira la tristesse15 avril 1989, au réveil
Qu dira la tristesse au réveilquand j'enregistre pour la bien-aiméedu moment sans doutele plus beau Bachque tout devient noirles larmes brouillant le regardla tristesse molle et fortequi ne cesse de durer ;depuis des jours qu'il m'en faut me coucherdepuis des mois qu'il me faudrait oublierdepuis des années qu'il me faudrait enfouirMais n'ai-je pas le droit au câlin du jour dans ma nuitMais n'ai-je pas le droit au câlin de prolonger celui de la veilleMais comment oublier ce qui fut heureux dans la noirceur du passéMais comment ne pas penser à ce qui fut sordide dans la noirceur du passéComment ne pas penser à l'aimante partieComment ne pas penser aux enfants qui grandissentComment ne pas penser à l'ami mort tragiquementComment ne pas penser à la grande passion stupidement perdueComme ne pas penser à la mort et à l'hôpitalComment ne pas penser qu'il est bien dur d'espérerqu'une musique de Bach conduira à la tendresseau moins la tendresse, au moins la tendresseQuand je voudrais l'amour à partagerEt qu'on ne me dise pas que si je m'écouteQue je guette ma tristesse pour m'en repaîtreElle est dans la cafetière que je tiensQui dira la tristesse du matin et celle dede tout-à-l'heure, et celle de tout-à-l'heureQuand les images viennent cogner dans la têtela cafetière à la main, la journée dans la têteoù rien n'est triste pourtant
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M
Je voulais envoyer un message de sympathie à Alice, Emilie et Camille, mais j'ai tardé car j'ai été impressionnée par la qualité d'écriture de tous les beaux messages d'amitié que j'ai lus sur ce blog. Enfin, je me lance... Je suis Marie, la fille de Jacqueline et, pour moi, qui ne côtoyais Jean-Louis que temps en temps, je me rends compte qu'il nous manquera notamment pour les nombreuses attentions qu'il avait pour nous.Parmi ces attentions, il y a la "revue de presse" qu'il réservait à chacun d'entre nous. Il découpait les articles de journaux tout à fait variés (Le Monde, l'Express et des journaux féminins comme "Femme actuelle" qu'il piquait dans la salle d'attente de son médecin !). Pour Maher, mon époux, il sélectionnait les articles sur la mer, le monde arabe, la nature ; quant à moi, jeune maman active, je recevais des articles sur la santé et l'éducation des enfants, le monde du travail et sur les activités à Paris. C'était amusant de voir l'image que nous lui renvoyions à travers les centres d'intérêt qu'il nous attribuait. Si une de mes cousines devait travailler sur un exposé pour l'école et qu'elle demandait conseil à Jean-Louis, elle pouvait être sûre de recevoir quelques jours plus tard des articles découpés, à son attention, sur le thème à étudier. En général, il semble qu'il était bien plus passionné qu'elles par le débat autour du sujet de l'exposé !Autre attention : les cadeaux - de la musique et des livres bien sûr ! - qu'il nous faisait pour les fêtes. Notre CDthèque a bien augmenté depuis que nous le connaissions. Si seulement notre culture avait pu suivre la même courbe !Et puis Jean-Louis était ma référence en matière d'orthographe et de grammaire et je n'hésitais pas à l'appeler depuis mon lieu de travail pour écarter un doute, sachant que je le trouverais chez lui et qu'il serait ravi de m'avoir enseigné quelque chose.Enfin, il était le conseiller de toute la famille en droit du travail et aidait tous ceux qui se trouvaient dans des situations litigieuses à s'en sortir mieux. Jean-Louis aimait les "gens", quelle que soit leur condition, et il aimait donner ce qu'il avait à partager.Je tiens à ajouter une anecdote. Jasmine notre fille de deux ans aimait bien téléphoner à Jean-Louis. Après son opération, il parlait très bas et elle lui répondait de même. Nous lui disions ; "Parle plus fort", mais rien n'y faisait. Elle chuchotait, elle aussi dans le téléphone, ce qui, finalement, faisait rire toute le monde. Jean-Louis aimait aussi les enfants et aurait été très heureux de connaître les vôtres. J'espère ne pas vous blesser avec ce propos. Je tiens juste à témoigner, moi aussi, qu'il parlait beaucoup de vous trois et vous aimait profondément.Marie Mercy
 
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P
Je n'ai pas pu venir il y a juste 15 jours aujourd'hui , à l'enterrement de Jean-Louis Conte, mais crois moi que j'étais avec vous par la pensée ! Son décès ne m'a pas laissé indifférent , d'autant que je le voyais de tps à autre à la cantine . Malgré tout ce qui pouvait nous séparer , nous avons partagé un certain nombre de moments ensembles , sympas ou parfois moins agréables . . .
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J
J'ai eu souvent Jean-Louis Conte en atelier d'écriture. Il occupait toujours une place singulière, élégante, dans un groupe. Nous sommes devenus proches avec les années. Il avait écrit ce texte au cours d'un stage réalisé à la Roseraie de Berty, à Largentière.     Jean Antonini
/*     Je n'aimais pas
     Je n'aimais pas quand on allait à Lamastre, la petite ville à sept kilomètres de mon village, l'obligation d'aller dire bonjour à la tante Rose dont j'ignorais le lien de parenté qui pouvait bien la lier au petit garçon que j'étais, car c'était une personne âgée à laquelle nous devions le respect.     A Lyon, je n'aimais pas l'obligation d'aller à la roseraie du Parc de la Tête d'Or auprès duquel nous habitions.     J'ai longtemps cru que l'on disait "rose crémière" et non pas "rose trémière". J'ignore d'ailleurs ce qu'est une rose trémière, peut-être une rose cultivée qui monte droit sur un treillis.     Dans le langage des fleurs, j'ignore ce que signifie offrir une ou des roses à une femme - ce qui au demeurant paraît bien conventionnel -, mais je crois savoir la signification du geste audacieux d'offrir des mimosas, à savoir : "j'ai envie de coucher avec vous." Démentez-moi, que je ne commette pas de bévues.     Il me semble que Rosa était le prénom de la femme d'un président des États-Unis d'Amérique. Peut-être était-ce Rosa Eisenhower. Pardonnez-moi si je me trompe, j'étais si jeune alors.     Plus-tard, je me suis vaguement intéressé aux Rose-Croix, sorte de secte ou de lobby dont j'avais dû découvrir l'existence dans quelque numéro de la collection du Crapouillot, laissée par mon père. Le Crapouillot était une revue mensuelle, iconoclaste, un peu anarchisante ; elle finit par tomber dans les mains de l'extrême droite qui, heureusement, n'a pas su ou pu la maintenir en vie - elle devenait tout simplement ignoble et ignominieuse (je ne sais pas ce que veut dire exactement ignominieux : selon le Dictionnaire de notre temps, 1992, édité par Hachette, ignominieux signifie "qui couvre d'ignominie, d'opprobre").     Je me souviens d'avoir écrit ce vers :              "Je n'aurais plus peur de la rosée."
     */Jean-Louis Conte/*
 
 
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L
Je pleure un ami très cher, qui nous laisse. Ma mémoire, maintenant, est confuse, mais je sais que tu es toujours vivant dans les souvenirs qu'on a de toi et dans l'amour de ceux qui t'ont connu.
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J
Merci de m'avoir informé de cette triste nouvelle. Je viens seulement de l'apprendre aujourd'hui car j'étais en congé lorsque c'est arrivé.
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E
Récemment, Jean-Louis m'a donné un livre de poésies (spirituelles). Je pense qu'il aimait celle de Francis Jammes. Je la confie au lecteur comme un témoignage ultime.
Prière pour aller au paradis avec les ânes
Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faitesque ce soit par un jour où la campagne en fêtepoudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas, choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.Je prendrai mon bâton et sur la grande routej'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :Je suis Francis Jammes et je vais au paradis,car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon-Dieu.Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,pauvres bêtes chéries qui,d'un brusque mouvement d'oreille,chassez les mouches plates, les coups et les abeilles...
Que je vous apparaisse au milieu de ces bêtesQue j'aime tant parce qu'elles baissent la têtedoucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits piedsd'une façon bien douce et qui vous fait pitié.J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,suivi de ceux qui portèrent au flanc des corbeilles,de ceux traînant des voitures de saltimbanquesou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,de ceux qui ont au dos des bidons bossués?des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,de ceux à qui l'on met de petits pantalonsà cause des plaies bleues et suintantes que fontles mouches entêtées qui s'y groupent en rond.Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je vous vienne.Faites que, dans la paix, des anges nous conduisentvers des ruisseaux touffus où tremblent des ceriseslisses comme la chair qui rit des jeunes filles,et faites que, penché dans ce séjour des âmes,sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânesqui mireront leur humble et douce pauvretéà la limpidité de l'amour éternel.
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P
salut Etienne, j'ai appris la nouvelle à mon retour de congé ce matin, peux tu mettre sur le blog la phrase suivante  à l'attention de Jean-Louis "à un collègue de travail qui par sa présence et sa pensée ne laissait pas indifférent dans un monde où la norme est la référence"Pascal
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G
"J'ai eu la chance et le bonheur d'avoir connu Jean-Louis et de travailler à ses côtés pendant presque 10 ans.Il m'a accueillie quand je suis arrivée de ma Bretagne natale à la DRTE de Lyon, cité administrative.Nous avons toujours eu des rapports amicaux. J'ai été une de ses secrétaires pendant toutes ces années et j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec lui. Pour moi, il était enrichissant, cultivé, savait manier l'humour avec talent, philosopher sur la vie, clairvoyant sur sa maladie. Il était attachant, d'une grande gentillesse, prenait des nouvelles de notre famille, il était ouvert et très sensible aux autres.Je le trouvais d'une grande intelligence, il adorait le français et la précision des mots, parfois j'avais du mal à déchiffrer ses notes mais c'était une nécessité de le déranger pour un mot de vocabulaire. Chaque mot a sa valeur, me disait-il. Ses rapports qu'il rédigeait étaient scrupuleusement analysés pour évaluer au plus juste possible la meilleure synthèse pour la défense du salarié en général.Il me parlait aussi de ses trois filles qui avaient l'âge de mes trois garçons, nous échangions souvent des mots sur l'éducation de nos enfants.Il m'a marqué dans ma vie et je garde un excellent souvenir de Jean-Louis".
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C
Etant en vacances cette semaine , je viens de prendre connaissance de cette mauvaise nouvelle.J'espere qu'il est parti en paix avec lui même.
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C
Jean-Louis, ce vendredi je n'ai pu être ni à Lyon, ni à Désaignes en Ardèche, me trouvant avec ma fille Magali et ses deux enfants à Grenoble;mais à l'annonce qu'Etienne m'a faite de ta mort, me reviennent des paroles de Ressusciter de Christian Bobin à qui tu avais écrit parce que tu pensais peut-être, comme je le pense, que "la littérature" ce peut parfois n'être pas seulement le regard des autres, pas de la littérature :"Devant la mort nous serons comme à notre naissance, radicalement privés de toute puissance. C'est à cette faiblesse en nous que l'amour devrait s'adresser pour ne jamais se perdre."Et aussi : "Entrer dans le sein de Dieu" est une expression qui se trouve dans la Bible. La Bible est un livre que plus grand monde ne lit, si épais qu'il ressemble à une forêt abandonnée, envahie de broussailles et parcourue par des bêtes sauvages qui vivent loin du regard des hommes. J'ai longtemps cru que cette expression n'était qu'une manière poétique de parler, donnant une belle lumière comme il s'en trouve par milliers dans la Bible et les forêts en déshérence. Ce n'est que ce matin, en regardant les moineaux s'engouffrer par dizaines dans le feuillage odorant du tilleul que j'ai enfin compris ce que c'était, le sein de Dieu, et quel délice ce pouvait être d'y entrer un jour."C'est tout cela que m'évoque la douceur, la tendresse que j'ai reçues de toi, Jean-Louis.Charles Lallemand
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M
Cher Jean-Louis,"Je me souviens" de ta mémoire incisive (si précise).Je me rappelle ces premiers accueils (l'intronisation amicale).
De tes reproches sensibles (jamais cruels).Attentif par desssus tout comme si, à chaque instant, (fût-ce dans une faute de français), se jouait l'essentiel et toi qui t'abîmais dedans, plein de pensées pour l'autre.Au soleil vivant de ta mélancolie, tu devinais -sous les ombres- la tendre âpreté de l'être.Démasqués par tes mots, pelures d'oignons sans cesse renouvelées sur des vallées de larmes.J'aime les hommes qui pleurent, vigoureux combattants de la Grande Nuit, émerveillés par le mal et si prompte à le défaire, hommes boucliers malgré eux (paratonnerres de l'indicible).Tu me laisses en partant un de ces vides à l'âme, qui t'aura si souvent hanté, et aussi l'empreinte de ces pas à peine imprimés sur le sable et si profonds pourtant.Un peu de l'abandon de toi dont ce départ témoigne, abandon de soi qui signe -qui sait- une paix recouvrée pour celui qui s'éloigne (?).L'Ami fidèle par dessus tout, si incroyablement solide dans tes tempêtes, je ne t'oublierai pas.Et je me promets de venir puiser dans nos trop rares moments partagés ces élans d'attention (vibrants - concentrés) et l'immense courage de tes inquiétudes.
MaudLyon, le 18/02/2007Retour de voyage
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Y
 
 
A Jean-Louis ;
 
 
Il est de ces rencontres qui bousculent votre vie ; la nôtre, même si elle ne s’est pas faite sous les meilleurs  «  hospices », à un moment où chacun de nous marchions en titubant persuadés que « notre besoin de consolation était impossible à rassasier » ; elle aura permis néanmoins de laisser naître une solide amitié.
 
C’est prétentieux de ma part de me croire détenteur d’un tel héritage, alors qu’aujourd’hui, même si je sais bien que tu enviais  mon côté saltimbanque, j’ai le sentiment que tu m’as beaucoup plus donné de réconfort que je n’ai pu t’apporter de soutien. Très vite nous avons compris que la disparition du père tant idéalisé avait laissé chez chacun d’entre nous un peu une même blessure, une même trace. Ta richesse intellectuelle m’aura permis de me déculpabiliser de nombreuses fois, elle m’a aussi aidé à me débarrasser de ce sentiment d’ « inculture » ; c’est cette même richesse intellectuelle qui t’a souvent permis de rester lucide même aux moments les plus douloureux de la dépression,  c’est cette même lucidité qui nous aura souvent permis lors de nos face à face de savourer des tranches de fou rire et c’est ces moments là que j’entends sauvegarder.
Souvent je te citais ce texte de Tchekhov que je ne sais plus qu’à moitié : « D’ici deux cents ou trois cents ans la vie sur terre sera incroyablement belle  éblouissante, et même s’il ne la connaît pas encore, l’homme doit l’attendre, s’y préparer, il doit par conséquent voir et connaître plus que ce qu’a vu et connu son père et son grand-père » ; en cela Jean-Louis je suis sûr que tu m’auras aidé.
Aujourd’hui je veux te faire partager cette phrase d’un auteur de théâtre, découverte  récemment chez un petit imprimeur :
« Puisque nos société nous abrutissent de paroles bruyantes pour camoufler le désastre qu’elles organisent en silence, mettons-nous bruyamment au cœur du désastre pour organiser silencieusement la parole » ; je te la livre car je suis sûr que tu aurais aimé que je te la dise lors de notre prochaine rencontre.
 
 
                                                                                                       Yves
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F
Bonsoir Etienne,nous nous sommes entre-aperçus aujourd'hui et j'ai vu à quel point tu étais affecté par le départ de Jean-louis, il me reste en mémoire quelques échanges entre vous où Jean-louis se montrait plutôt taquin à ton égard.C'est ce que j'aime garder comme image de lui.Par la suite je t'ai cherché partout pensant que tu allais revenir et que tu allais manger avec Colette et les autres et que je pourrais me joindre à vous avec Fatima.Nous avons compris finalement que vous étiez déjà partis et comme nous l'avons prévu nous sommes parties aussi pour l'ardèche.Malheureusement, à la sortie de Tain l'Hermitage et plus exactement vers le pont d'Uzon , je me suis aperçue que la route était assez tortueuse et je n'ai pasosé aller plus loin, il était déjà 14h30. Nous sommes rentrées après à Lyon.
A toi que je connais comme ayant été le plus proche de Jean -Louis je formule mes sincères condoléances.A bientôt                                                     Faouzia
 
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C
A Jean-Louis,
Tu étais loin... depuis mon départ en Haute-Savoie...Mais ton souvenir, lors de nos soirées lyonnaises, dans les petits théâtres, ou à dîner ensemble, est resté très présent.
Je souhaite de tout mon coeur que tu trouves enfin la paix en toi.Je pense profondément à toi.
Et j'adresse mes meilleures pensées à ta famille et tous ceux qui t'entouraient.
Claude LALLEMENT
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S
Jean-Louis, tu étais un véritable ami, fidèle, amusant, fin, délicat, discret et présent dans les moments difficiles. Tu me manques déjà beaucoup.
 

Aujourd’hui, je viens me joindre à Jacqueline, à tes filles et à ta famille pour partager leur peine.
 
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S
Cher Jean-Louis,
Je viens d'apprendre la nouvelle de ton départ; heureusement que je t'avais vu avant; je ne te voyais déjà pas souvent, dans le groupe parole quand l'un de nous deux y faisait son apparition. Tu avais remarqué que je me mettais toujours à côté de toi, à table aussi? quelque chose en toi me rassurait et tu me parlais toujours si gentiment. Je sais que tu m'aimais bien et tu savais que je t'aimais beaucoup. Et à notre dernière rencontre, échangé par écrits, tu m'as encore parlé du livre que tu m'as prêté et que j'ai toujours gardé et de celui que je t'ai prêté et que tu as toujours gardé... avec toute la sincérité du monde dans ton regard, toute la douceur dans tes gestes et toute la bienveillance dans tes propos et cette façon unique de s'intéresser à l'autre comme s'il portait en lui tout l'intérêt du monde; quelle humilité!
Merci à la destinée d'avoir fait croiser nos chemins, un moment dans le cheminement de chacun.
 
 
 
 
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I
Je garde en moi bien vivant et lumineux le souvenir de la dernière fois où j'ai  vu Jean-Louis, étonnamment apaisé comme je ne l'avais jamais vu, et du plaisir que nous avions à parler de nos vies respectives ; j'ai pensé alors que cette maladie avait un bon effet, elle guérissait des démons, à défaut des vicissitudes physiques ; cette dernière étape de sa vie lui a permis de réaliser des liens familiaux auquel  il aspirait depuis longtemps et d'atteindre une certaine sérénité. J'en suis heureuse pour lui et pour sa famille. Il repose  à présent en paix, j'en suis certaine.
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J
Ton regard profond comme un puits de silence, Ton écoute aiguë du vent de tous les déserts, Les étendues immenses de ton intelligence, Ton esprit révolté et caustique, ne me manqueront pas . Tu étais, tu es autre, et tu restes mon frère .
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J
"Jean-Louis,A Dieu, tu nous a quittés et tu l'as rejoint.Ta sensibilité extrême a été source de beaucoup de souffrances. J'ai eu souvent le sentiment de mon incapacité à atténuer celles qui t'accablaient.Je conserve le souvenir de nos échanges. Je crois maintenant que tu as trouvé la paix et la sérénité.Notre amitié demeure. A la "revoyure!"
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G
Cest grace à Etienne que j'ai eu la chance de rencontrer Jean Louis.  J'ai apprecie la vivacite de ses reparties lors des cafés philo.  En partageant des repas chez Etienne  j'ai pu constater sa detresse et notre impuisance à le secourir.  Je souhaite qu'il trouve aujour d'hui  la paix.  A sa famille à ses amis j'adresse ma profonde symphathie ; je fais le voeu que le depart de Jean Louis soit pour eux l'occasion d'un nouveau depart; si dur soit-il.
  J'ai moi meme accompagné, samedi, mon ami pour son dernier voyage. Qui nous aidera à secourir ceux qu'on aime ?
 
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M
Jean LouisAvec toi j'ai appris à ne pas avoir peur de la vérité au fond de l'être : généreux dans l'interpellation, transparent dans le partage, douloureux dans la lucidité de ce que tu affrontais. La seule beauté qui demeure c'est celle qui ne craint pas la mort. Tu nous devances aujourd'hui et nous encourages dans ce travail de la parole qui nous fait chaque soir davantage homme et femme.Je mesure la chance de t'avoir connu.Un très grand merci et toute mon affection pour Jacqueline et tes filles en ce jour de séparation.
 
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Y
"Tu étais vraiment un ami et je ne t'oublierai jamais. Ton bonheur que nous soyions ensemble se manifestait par ton regard, ton sourire, tes réparties pleines d'humour et tes taquineries toujours drôles.  Je crois que tu sentais bien combien j'appréciais la finesse de ton esprit, ta culture étendue et la pertinence de tes jugements artistiques, même si quand nous n'étions pas d'accord, cela provoquait des joutes amicales pleines de saveur. Lors de nos dernières rencontres, de ta dernière venue à la maison avec Jacqueline, tu évitais de t'apesantir sur ta maladie, malgré tes difficultés de parole et la gêne constante dans laquelle tu étais. Marie-Louise  s'associe à moi, elle qui t'appréciait bien aussi (et la réciproque est vraie, aussi, nous le savions). La musique, qui se passe de mots, me parlera de toi, de cet espace où nous sentions que nous étions amis."
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M
"Depuis plus de dix ans, j'ai perdu de vue Jean-Louis, mais je me souviens d'une certaine connivence au sein du Groupe de la parole. Je me souviens aussi qu'il parlait de la musique qu'il aimerait pour ses funérailles. Je n'ai pas assez prêté attention au morceau qu'il évoquait, cela me paraissait si lointain. Et voilà que l'heure est venue ! Je me souviens, enfin, que Georges Perec a inspiré Jean-Louis, et que, dans son cent-troisième Je me souviens, il écrit : Je ne me rappelle plus la phrase, que j'aurai dû "positiver" comme jargonent désormais mes publicitaires un peu psy, que je mourrai dans l'incertitude de cette alternative - de ma propre mort. Voilà un paradoxe : Je me souviens que je ne me rappelle plus. Le paradoxe est maintenant dépassé pour toi Jean-Louis. Je pense que l'accord parfait de la musique de "l'autre rive" fait éclater l'incertitude de toute alternative."
 
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L
J'ai revu Jean-Louis il y a peu le 23 janvier, je suis allée vers lui, ilm'a montré la maladie, cela m'a émue, j'ai failli craquer, je me suisreprise et il me serre le bras et j'entends Jean-Louis m'encourager d'aller de l'avant.... je lui dis de bien s'occuper de lui et de sa santé, je lui serre le bras moi aussi ...  Nous échangions quelques mots aux détours des couloirs du RIL, j'étais en quelque sorte rassurée de l'apercevoir à la cantine, je me disais : "Il ne se laisse pas aller". J'ai toujours eu de l'estime dès le premier jour.... Il fallait que je le revoie avant qu'il ne s'en aille (cela n'était pas prévu, j'ai quitté la DR pour la DD) c'est comme un rendez-vous qu'on ne peut manquer. Il y a quelques mois, une jeune femme est partie beaucoup trop jeune, c'est injuste...
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D
C'était pour moi quelqu'un de brillant et sensible.A une époque, il avait senti mes difficultés sentimentales, et était là pour m'écouter.Malgré sa souffrance , il gardait un humour subtil.J'aimais beaucoup ses écrits
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A
J'ai été frappée d'apprendre le décés de Jean Louis Conte.
Je ne sais pas si je te l'avais dit, je ne le croisais pas souvent mais visiblement il affectionnait une librairie à côté de chez moi et il y a très peu de temps on avait assisté ensemble à une lecture d'un auteur dont le premier ouvrage nous avait attiré tous les deux. Il traitait de la mémoire des corps à travers un roman sur les séquelles physiques et psychiques des blessés de la guerre de 14.
On avait parlé de poésie, de la DR...
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J
D un cyber cafe de Maradi au coeur du Niger avec un clavier qwerty que je ne connais pas...Je suis stupefait et bouleverse par le deces de Jean Louis .Je serai de tout coeur avec vous et avec Jacqueline ce vendredi .Je vais demander a la mission catholique de prier pour lui (300 chretiens au milieu de 300000 musulmans...).Je te demande de transmettre ce petit message a Jacqueline et a nos amis .
 
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P
J'ai seulement un souvenir global de la présence de Jean-Louis, dans le Groupe de la  Parole, de sa réserve, de sa timidité qui le faisait rester un peu en  retrait, jusqu'à ce que l'ambiance ouverte le mette à l'aise ou que  quelque propos suscite son désaccord. Alors, il surgissait avec,  parfois, une certaine véhémence pour dénoncer, rétablir les faits, ou  bien se moquer, tantôt gentiment avec un humour subtil, tantôt  caustique, presque féroce. Sa sensibilité, à fleur de peau,  l'entraînait parfois à l'excès dans son propos ou, au contraire, lui  permettait de développer des analyses extrêmement fines et nuancées ;  elle lui permettait aussi, de voir très vite  s'il avait blessé, ce  qu'il vivait très mal, et de chercher à s'excuser.
Je le revois aussi très affecté par sa séparation, l'éloignement de  ses enfants et la disparition de Michel Seurat, des blessures qui  avaient en lui un très fort retentissement surtout quand un évènement  venait raviver l'une ou l'autre.
Quand je l'ai connu, il m'a paru distant et il a fallu quelque temps  pour que je découvre un coeur doux mais douloureux, et un homme  chaleureux, pour qui acceptait de le découvrir et de ne pas s'arrêter  à la première apparence.
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E
Jean-Louis, je viens de perdre un ami d'une très grande qualité et d'une grande fidélité. Tu es parti furtivement sans crier gare. Je te connaissais depuis 1974. Tu étais alors dans ta plus grande forme, brillant, entreprenant, parfois cinglant. Et puis, la maladie est arrivée, sournoise, indomptable. Elle était plus forte que toi, mais elle n'était pas toi. Peu à peu je crois avoir compris le sens de ce qui se passait. Même, dans ta plus grande détresse, tu étais  un combattant. Au milieu des ténèbres, il y avait des braises, une lumière, que tu voulais défendre à tout prix. C'était le trésor de la vie que tu cachais et que tu affinais, bon gré, mal gré, de jour en jour.
Dans le groupe de la parole, des éclats de ce trésor jaillissaient parfois comme une fusée. Pascale, Jacqueline t'ont aidé, de leur côté, à maintenir le feu qui couvait. Et, depuis quelque temps, tu t'es rapproché de tes filles et tes filles se sont rapprochées de toi. J'ai eu l'impression que tu devenais père une seconde fois. Tu étais heureux. C'était, je crois, une des plus grandes joies de ta vie. Alors, tout était prêt pour transmettre le trésor menacé que tu avais ciselé dans la douleur. Là était le merveilleux cadeau que tu voulais laisser à Alice, Emilie et Camille. Alors tu t'es effacé devant ce qui était plus grand que toi. Le principal était fait. Tu pouvais partir en paix. Adieu Jean-Louis !
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C
Cher Jean-Louis, tu étais le frère de Lucien en poésie. Vous étiez très proches et vous recherchiez ensemble la meilleure expression possible et, très souvent, vous nous offriez des fleurs superbes. Nous avons cheminé ensemble depuis 24 ans dans le groupe de la parole. Pour mes enfants et moi, ton départ est une très dure séparation. Mais nous restons toujours très proches et ta mémoire demeure pour nous dans l'amour universel.
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