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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 18:55
Au-delà de l'église catholique, la pédophilie concerne la société toute entière

Au-delà de l’église catholique, la pédophilie concerne la société toute entière

 

Lorsqu’il s’agit de pédophilie, on aurait tort de braquer son regard uniquement sur l’église catholique. Un tel désordre concerne la société dans son ensemble. Dans le domaine du désir et de la violence, les comportements se règlent sur l'imitation de l’autre. Aussi ce qui se passe dans une partie du corps social renvoie-t-il à d’autres espaces : ceux de la famille, de l’éducation, de la religion dans son ensemble : certaines écoles musulmanes et le bouddhisme lui-même n’échappent pas à un tel phénomène.


Ce qui est reproché à l’église catholique est de l’ordre de l’inceste

Normalement les parents ne doivent pas simplement engendrer à la vie : ils doivent aussi engendrer à la parole, c'est-à-dire à la culture en ses origines. Aussi sont-ils amenés à dépasser le domaine du désir sexuel, à ne pas entrer dans le jeu mimétique de ce désir avec leurs propres enfants. Sinon ils fonctionnent dans l’inceste et risquent de compromettre tout le développement ultérieur des êtres qu’ils ont mis au monde.

Il en va de même pour tous ceux qui exercent une charge éducative et les membres de l’église en font partie au niveau spirituel. Les anciens disaient que la corruption est extrême, lorsque c’est le meilleur qui est concerné : « Corruptio optimi pessima ».

 

Sous peine de crime, l’enfant ne peut être l’objet du désir sexuel de l’adulte

L’enfant a son propre développement qui n’est pas celui de l’adulte et la sexualité en fait partie. Un respect absolu de ce développement est nécessaire pour permettre son individualisation. Dans le cas contraire, l’adulte fait de l’enfant une chose pour assouvir son propre désir et son propre plaisir. Il entre alors dans une démarche de possession, qui est la figure même du comportement attribué à celui qu’on appelle le diable. Autrement dit, l’inceste d’où qu’il vienne est une acte diabolique, c’est-à-dire complètement destructeur.

 

Le cas d’Emmanuelle

Il y a quelques années, j’ai reçu Emmanuelle, une jeune fille d’une vingtaine d’années. Elle voulait que je lui fasse une analyse graphologique. A la suite d’examens divers, j’avais réussi à m’inscrire à un syndicat professionnel dans cette discipline, ce qui me donnait une autorité dans une pratique, qui restait, pour moi, assez marginale.

Très rapidement, après avoir parcouru son écriture, je lui fais la remarque : « Vous avez été victime d’inceste ? » Elle est très surprise de ma perspicacité sans s’apercevoir qu’elle me l’a révélé inconsciemment dans la discussion.

De neuf à treize ans, elle a couché régulièrement avec son père, sans se rendre compte de la gravité d’une telle pratique. Puis la culpabilité s’est manifestée : elle a pensé qu’elle était à l’origine du comportement de son père, par un effet involontaire de séduction.  Bloquée dans son développement, elle a dû faire appel à une psychothérapeute. Et, de fil en aiguille, Emmanuelle a acquis assez de force pour dénoncer son père à la justice. Il est en prison pour quelques années encore, mais elle redoute son comportement à la sortie. La culpabilité n’a pas disparu et la reconstruction est encore longue et difficile.

 

L’interdit de l’inceste est fondateur pour toute société

La société et l’individu ne peuvent se construire si l’inceste est présent et notamment s’il est accepté par une part significative du corps social. C’est ce qu’ont compris depuis longtemps les anciens qui ont pratiquement imposé l’interdit de l’inceste pour assurer une saine évolution de l’humanité. Sans cet interdit, il n’y a pas d’avenir pour la société dans son ensemble.

 

Un risque épidémique qu’il faut endiguer à tout prix

Partant de la famille pour aboutir dans tous les circuits éducatifs, l’inceste agit comme un virus. L’épidémie, d’abord latente, puis plus manifeste, pourrait, au bout d’un certain temps, devenir incontrôlable, si l’on n’y prend garde. Le mimétisme, qui agit en sourdine empêche la prise de conscience et diminue la culpabilité. Et, pendant ce temps, les victimes déconstruites dans leur parole elle-même, oscillent entre la culpabilité et la rage contre ceux qui ont abusé d’elles. C’est elles qu’il faut d’abord prendre en compte pour favoriser leur reconstruction tout en assumant les frais que suppose le recours à la justice et à la thérapie. Mais il est aussi indispensable de s’intéresser aux abuseurs pour qu’ils sortent de leur pratique destructrice.

 

La solution pour en sortir manifestée par le mythe du serpent d’airain

Dans l’épisode du serpent d’airain, il ne s’agit plus des dérives du désir mais de celles de la violence. Or il se trouve que la violence peut avoir aussi un  caractère mimétique qui, dans certains cas, peut provoquer des situations incontrôlables. C’est ce qui s’est passé pour les Hébreux lorsqu’ils ont cheminé dans le désert, à leur sortie d’Egypte. Pendant de nombreux jours ils souffrirent de la faim et de la soif si bien que la confiance en Moïse finit par s’estomper et la violence souffla comme une tornade au point qu’ils finirent par s’entretuer. Le texte dit qu’ils étaient mordus par des serpents brûlants. Mais c’était là une figure pour indiquer qu’ils ne maîtrisaient plus la situation et qu’ils ne voyaient que la violence de l’autre sans se rendre compte qu’ils étaient aussi porteurs de cette force destructrice. Quelques personnes se mirent d’accord pour aller parler à Moïse : l’ensemble du peuple pouvait être décimé. Il s’agissait de vie et de mort. Moïse perçut tout de suite qu’il s’agissait d’un problème difficile à résoudre et s’adressa à Yahvé Lui-même.

Le Tout-Puissant lui dit de représenter la violence par un grand serpent d’airain qu’il placerait sur un étendard, disposé sur la montagne à la vue de tout le monde. Aussi lorsque quelqu’un serait enfermé dans une mutinerie, il regarderait le serpent et découvrirait sa propre violence et non seulement celle de l’autre. Il retrouverait ainsi sa maîtrise dans un combat dont il croyait être une simple victime et pourrait sortir de la violence mimétique, de tous contre tous, dans laquelle il s’était enfermé.

 

La décision de produire un grand rapport, minutieux et rigoureux, sur la pédophilie dans l’église, allait dans le bon sens

Le rapport Sauvé, même s’il consterne les responsables de l’église institutionnelle et les fidèles eux-mêmes, agit comme le serpent d’airain. Chacun se voit projeté en face d’une réalité qu’il ignorait, pour une part au moins, et peut ainsi dévoiler sa responsabilité face au drame qui s’impose à lui. Si les autorités se trouvent maintenant installés au pied du mur, le simple croyant découvre qu’il n’a opposé aucune résistance à ce qui s’est passé. Il va ainsi apprendre qu’on ne peut être croyant sans être un résistant.

Sans doute, tout reste à faire : l’aide à apporter aux victimes pour réparer en eux la parole détruite, une aide aussi bien financière que psychologique et spirituelle. Mais aussi la transformation des comportements dans l’église, à tous les niveaux. Et si les abuseurs doivent être dénoncés et punis par la justice, ils ont aussi droit à la miséricorde de l’institution, parce qu’ils sont aussi, pour une part au moins, des victimes d’une situation dont ils ne sont pas entièrement responsables. 

 

La société, dans ses différentes strates, est aussi concernée par la démarche qui s’impose aujourd’hui à l’église catholique

Comme nous l’avons souligné dès le départ, ce sont tous les espaces de la société qui sont contaminés par le drame de la pédophilie : les familles d’abord, les autres religions, les différentes structures éducatives, qu’elles soient sportives, scolaires, médicales, spirituelles, le politique lui-même…. Aussi la société dans son ensemble et toutes les strates qui la composent sont-elles, aujourd’hui, interpellées pour faire leur propre ménage. Mais, en même temps, si l’église catholique arrive à mener une démarche exemplaire, en ce domaine, son travail rejaillira sur l’ensemble de la société.

Etienne Duval   

Au-delà de l’église catholique, la pédophilie concerne la société toute entière

 

Lorsqu’il s’agit de pédophilie, on aurait tort de braquer son regard uniquement sur l’église catholique. Un tel désordre concerne la société dans son ensemble. Dans le domaine du désir et de la violence, les comportements se règlent sur l'imitation de l’autre. Aussi ce qui se passe dans une partie du corps social renvoie-t-il à d’autres espaces : ceux de la famille, de l’éducation, de la religion dans son ensemble : certaines écoles musulmanes et le bouddhisme lui-même n’échappent pas à un tel phénomène.


Ce qui est reproché à l’église catholique est de l’ordre de l’inceste

Normalement les parents ne doivent pas simplement engendrer à la vie : ils doivent aussi engendrer à la parole, c'est-à-dire à la culture en ses origines. Aussi sont-ils amenés à dépasser le domaine du désir sexuel, à ne pas entrer dans le jeu mimétique de ce désir avec leurs propres enfants. Sinon ils fonctionnent dans l’inceste et risquent de compromettre tout le développement ultérieur des êtres qu’ils ont mis au monde.

Il en va de même pour tous ceux qui exercent une charge éducative et les membres de l’église en font partie au niveau spirituel. Les anciens disaient que la corruption est extrême, lorsque c’est le meilleur qui est concerné : « Corruptio optimi pessima ».

 

Sous peine de crime, l’enfant ne peut être l’objet du désir sexuel de l’adulte

L’enfant a son propre développement qui n’est pas celui de l’adulte et la sexualité en fait partie. Un respect absolu de ce développement est nécessaire pour permettre son individualisation. Dans le cas contraire, l’adulte fait de l’enfant une chose pour assouvir son propre désir et son propre plaisir. Il entre alors dans une démarche de possession, qui est la figure même du comportement attribué à celui qu’on appelle le diable. Autrement dit, l’inceste d’où qu’il vienne est une acte diabolique, c’est-à-dire complètement destructeur.

 

Le cas d’Emmanuelle

Il y a quelques années, j’ai reçu Emmanuelle, une jeune fille d’une vingtaine d’années. Elle voulait que je lui fasse une analyse graphologique. A la suite d’examens divers, j’avais réussi à m’inscrire à un syndicat professionnel dans cette discipline, ce qui me donnait une autorité dans une pratique, qui restait, pour moi, assez marginale.

Très rapidement, après avoir parcouru son écriture, je lui fais la remarque : « Vous avez été victime d’inceste ? » Elle est très surprise de ma perspicacité sans s’apercevoir qu’elle me l’a révélé inconsciemment dans la discussion.

De neuf à treize ans, elle a couché régulièrement avec son père, sans se rendre compte de la gravité d’une telle pratique. Puis la culpabilité s’est manifestée : elle a pensé qu’elle était à l’origine du comportement de son père, par un effet involontaire de séduction.  Bloquée dans son développement, elle a dû faire appel à une psychothérapeute. Et, de fil en aiguille, Emmanuelle a acquis assez de force pour dénoncer son père à la justice. Il est en prison pour quelques années encore, mais elle redoute son comportement à la sortie. La culpabilité n’a pas disparu et la reconstruction est encore longue et difficile.

 

L’interdit de l’inceste est fondateur pour toute société

La société et l’individu ne peuvent se construire si l’inceste est présent et notamment s’il est accepté par une part significative du corps social. C’est ce qu’ont compris depuis longtemps les anciens qui ont pratiquement imposé l’interdit de l’inceste pour assurer une saine évolution de l’humanité. Sans cet interdit, il n’y a pas d’avenir pour la société dans son ensemble.

 

Un risque épidémique qu’il faut endiguer à tout prix

Partant de la famille pour aboutir dans tous les circuits éducatifs, l’inceste agit comme un virus. L’épidémie, d’abord latente, puis plus manifeste, pourrait, au bout d’un certain temps, devenir incontrôlable, si l’on n’y prend garde. Le mimétisme, qui agit en sourdine empêche la prise de conscience et diminue la culpabilité. Et, pendant ce temps, les victimes déconstruites dans leur parole elle-même, oscillent entre la culpabilité et la rage contre ceux qui ont abusé d’elles. C’est elles qu’il faut d’abord prendre en compte pour favoriser leur reconstruction tout en assumant les frais que suppose le recours à la justice et à la thérapie. Mais il est aussi indispensable de s’intéresser aux abuseurs pour qu’ils sortent de leur pratique destructrice.

 

La solution pour en sortir manifestée par le mythe du serpent d’airain

Dans l’épisode du serpent d’airain, il ne s’agit plus des dérives du désir mais de celles de la violence. Or il se trouve que la violence peut avoir aussi un  caractère mimétique qui, dans certains cas, peut provoquer des situations incontrôlables. C’est ce qui s’est passé pour les Hébreux lorsqu’ils ont cheminé dans le désert, à leur sortie d’Egypte. Pendant de nombreux jours ils souffrirent de la faim et de la soif si bien que la confiance en Moïse finit par s’estomper et la violence souffla comme une tornade au point qu’ils finirent par s’entretuer. Le texte dit qu’ils étaient mordus par des serpents brûlants. Mais c’était là une figure pour indiquer qu’ils ne maîtrisaient plus la situation et qu’ils ne voyaient que la violence de l’autre sans se rendre compte qu’ils étaient aussi porteurs de cette force destructrice. Quelques personnes se mirent d’accord pour aller parler à Moïse : l’ensemble du peuple pouvait être décimé. Il s’agissait de vie et de mort. Moïse perçut tout de suite qu’il s’agissait d’un problème difficile à résoudre et s’adressa à Yahvé Lui-même.

Le Tout-Puissant lui dit de représenter la violence par un grand serpent d’airain qu’il placerait sur un étendard, disposé sur la montagne à la vue de tout le monde. Aussi lorsque quelqu’un serait enfermé dans une mutinerie, il regarderait le serpent et découvrirait sa propre violence et non seulement celle de l’autre. Il retrouverait ainsi sa maîtrise dans un combat dont il croyait être une simple victime et pourrait sortir de la violence mimétique, de tous contre tous, dans laquelle il s’était enfermé.

 

La décision de produire un grand rapport, minutieux et rigoureux, sur la pédophilie dans l’église, allait dans le bon sens

Le rapport Sauvé, même s’il consterne les responsables de l’église institutionnelle et les fidèles eux-mêmes, agit comme le serpent d’airain. Chacun se voit projeté en face d’une réalité qu’il ignorait, pour une part au moins, et peut ainsi dévoiler sa responsabilité face au drame qui s’impose à lui. Si les autorités se trouvent maintenant installés au pied du mur, le simple croyant découvre qu’il n’a opposé aucune résistance à ce qui s’est passé. Il va ainsi apprendre qu’on ne peut être croyant sans être un résistant.

Sans doute, tout reste à faire : l’aide à apporter aux victimes pour réparer en eux la parole détruite, une aide aussi bien financière que psychologique et spirituelle. Mais aussi la transformation des comportements dans l’église, à tous les niveaux. Et si les abuseurs doivent être dénoncés et punis par la justice, ils ont aussi droit à la miséricorde de l’institution, parce qu’ils sont aussi, pour une part au moins, des victimes d’une situation dont ils ne sont pas entièrement responsables. 

 

La société, dans ses différentes strates, est aussi concernée par la démarche qui s’impose aujourd’hui à l’église catholique

Comme nous l’avons souligné dès le départ, ce sont tous les espaces de la société qui sont contaminés par le drame de la pédophilie : les familles d’abord, les autres religions, les différentes structures éducatives, qu’elles soient sportives, scolaires, médicales, spirituelles, le politique lui-même…. Aussi la société dans son ensemble et toutes les strates qui la composent sont-elles, aujourd’hui, interpellées pour faire leur propre ménage. Mais, en même temps, si l’église catholique arrive à mener une démarche exemplaire, en ce domaine, son travail rejaillira sur l’ensemble de la société.

Etienne Duval   

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commentaires

F
Merci beaucoup, Etienne, c'est très intéressant et très juste. Je vais faire lire ton blog à..;
Nous avons pu faire un petit tour au bord du lac hier après-midi mais ce matin il tombe des seaux d'eau!!!
J'espère que le temps est meilleur à Lyon.
Répondre
D
Bon séjour à Labergement !
V
Bonjour Etienne

très bon et long exposé sur ton blog au sujet de la pédophilie ,
peut-être as- tu déjà vu l’émission ci-dessous.
Je te souhaite une bonne journée Vida
Répondre
E
Merci Vida. J'ai commencé à regarder l'émission dont tu parles. Je la trouve assez équilibrée, échappant, pour partie au moins, à l'idéologie.
Très bonne fin de journée !
G
Je te laisse le dernier mot. A bientôt.
Répondre
G
C'est en effet ce à quoi invite la raison et c'est ce qui guide vers une cohérence (à l'horizon) .

Dans l'immédiat je vais me mettre dans une position horizontale pour sauver les forces de la vie. Par nécessité de cohérence.

Gérard
Répondre
E
Merci et à bientôt !
G
que OUI !

j'essaie quant à moi de conserver une cohérence, dans une réflexion et les choix, et les fidélités possibles. Mais ça ne m'aide pas toujours à dormir.

Gérard
Répondre
E
Il ne faut pas simplement suivre la cohérence et la raison, il faut aussi faire confiance aux forces de la vie....
G
Donc moi de même.

Je dormirai mieux ce soir.

Gérard
Répondre
D
Suis ton chemin et tu dormiras toujours tranquille.
Depuis longtemps, j'essaie de suivre le mien, qui m'a conduit vers la parole ; c' est un outil merveilleux pour donner sa place à chacun.
G
Mon cher Etienne !

Je suis d'accord avec toi sur un point important : notre société est dans un état de confusion intellectuelle, sans guère de repères ni de réflexion sérieuse, de discussions honnêtes.Tout semble permis, rien n'est si grave, rien n'est « tabou » . A la fois, ce qui peut faire du scandale est posé en spectacle, ne fait pas l'objet d'une analyse et d'une réflexion. Et encore moins de décisions.

Mais il ne faudrait pas pour autant escamoter les responsabilités individuelles ou collectives, c'est-à-dire dans ce cas, institutionnelles. Une irresponsabilité générale et une culpabilisation générale, provoquent une indifférence générale par une mise à distance de presque tout. De ce fait (si c'en est un ?) s'installe un état d'esprit volontiers inhumain : sommes-nous toujours et encore « responsables de nos frères » ?. Et comment ? Ceci non dans l'abstrait, mais dans des situations très concrètes … et historiques, et quotidiennes.

C'est pourquoi je maintiens qu'il serait salutaire et légitime que cette question (de la pédophilie dans l'église -et ailleurs !) soit sérieusement examinée, non pour condamner les personnes, mais pour mieux comprendre et modifier (!!!???) l'organisation et le fonctionnement de la sainte Eglise, donc le statut et les pouvoirs de ceux qui s'y reconnaissent encore en son sein.

J'ajoute que ce n'est plus tout à fait mon cas. Mais la question me reste.

Bien amicalement !

Gérard
Répondre
E
Je crois maintenant que je suis entièrement d'accord avec toi.
Bien amicalement.
N
Il va falloir un effort considérable pour guérir . Seul l’Esprit Saint peut nous aider dans ce combat . Saurons nous lui demander son aide ?
Répondre
E
Il me semble que le rapport Sauvé est dans la ligne de l'Esprit et qu'il peut nous aider à avancer.
Très bonne soirée !
G
Je te comprends mieux (je crois) ; je comprends ton point de vue, mais je reste réservé quant aux conclusions que tu en tires. Je vais y réfléchir un peu plus.

Par ailleurs je ne suis pas satisfait de mon propos, maladroit et inexact , au sujet de l'inceste.

A bientôt sans doute.

Gérard
Répondre
E
J'avoue que le point de vue que je voulais défendre était un peu particulier en raison de mes recherches personnelles. Et il est bien normal qu'il y ait conclusions avec lesquelles tu ne sois pas d'accord.
A bientôt !
G
Pour une fois, je ne peux être complètement d'accord avec toi.



1) D'entrée, tu relativises les faits : la sainte Eglise n'est pas la seule à abriter ces méfaits. Certes. Encore faudrait-il relativiser beaucoup cette relativisation par des chiffres, des enquêtes, des témoignages recueillis avec rigueur -comme celui-ci.

2) Le désordre du monde est bien réel. Le recul de tous les principes censés « civiliser » les comportements humains en est un signe, ou un résultat autant qu'une cause, sûrement pas une sorte d'excuse.

3) Assimiler cette pédophilie à l'« inceste » est bien hasardeux, artificiel. L'attirance vers les enfants puis le viol, n'est nullement l'autorité ni la tendresse d'un père pour sa descendance. En d'autres termes, je doute beaucoup que ce soit la tendresse qui pousse à l'inceste, ni l'amour qui pousse au viol. .

4) Faire de l'Eglise (le « personnel » et les « fidèles ») une « victime » de l'affaire me paraît inacceptable. L'ignorance feinte ou de principe, et le silence prudent et protecteur qui en résulte sont, de fait, une complicité.

5) L'idée d'un « dédommagement » pour toute réponse me paraît scandaleuse. Cela ressemble trop à un marchandage rétrospectif : « A combien la passe ? » (je me rappelle m'en être soustrait rue des Archers, à Lyon, autrefois).

6) Achever l'argumentation sur ce point est bien court. Ce vrai scandale (dans un contexte toujours polémique et de confusion) met en question, Dieu merci, l'Eglise elle-même comme institution sociale, politique, idéologique. Elle se veut -ou se vit- comme immuable, en dehors du temps, et très au-dessus des lois communes ; c'est-à-dire en dehors des dispositions convenues qui règlent la vie entre les hommes, bref : une « civilisation », aussi peu satisfaisante qu'elle soit. Et aussi barbare que soit celle-ci, l'Eglise en admet parfois sans scrupule (Cf. des exemples historiques proches). Aujourd'hui, elle gagnerait à relire Matthieu XVIII, 1-7.

7) Je garde à l'esprit et dans mes tiroirs informatiques un texte, transmis par Paul il y a quelque temps. L'auteur en est un vieux frère du Saulchoir qui récapitule les dispositions canoniques et autres, qui ont organisé et légitimé depuis les 12ème, 13ème siècles, la position de l'Eglise (catholique) hors du monde réel, de ses règles, de ses lois, de ses pouvoirs : posée au-dessus de lui. Avec une domination masculine exclusive. Il n'est pas étonnant que cette existence en dehors du réel pousse certains à la folie. J'en suis sorti, heureusement, assez tôt, très régulièrement. Intellectuellement : c'est moins sûr. Sur ce plan je dois beaucoup à ce bref passage. Et j'y conserve le meilleur de mes amitiés.



Bien amicalement.

Gérard
Répondre
E
Bonjour Gérard,

J’aime bien quand tu réagis de cette manière et je puis qu’accepter un certain nombre de choses que tu exprimes.
Mais, de mon point de vue, tu as un peu foncé dans une problématique que je voulais éviter, à savoir accuser l’autre en se mettant en dehors du jeu. Nous sommes tous d’une façon ou d’une autre impliqués dans cette affaire parce que nous faisons partie d’une société qui s’égare et la condamnation d’une partie du corps social, en l’occurrence l’église, ne nous écarte pas du champ du soupçon. Même si je n’ai pas abusé d’enfants, suis-je totalement au clair avec ma sexualité ? Comment se fait-il que tant d’abuseurs aient pu échapper à la culpabilité, si la société dans laquelle nous baignons tous n’avait pas implicitement donné son autorisation si ce n’est son approbation ?
C’est la problématique de l’accusation que je veux éviter, celle qui me permettrait d’échapper personnellement à un problème qui nous interpelle tous aujourd’hui. La question à laquelle je ne veux pas échapper : comment se fait-il que la société à laquelle nous appartenons tous ait permis une telle dérive. Et moi personnellement ne suis-je pas complice ou en tout cas non résistant à ce dévoiement social qui dépasse largement la seule église catholique ? Mais c’est vrai, cela ne doit pas m’ empêcher de m’interroger sur les problèmes et les écarts de l’église elle-même.
Enfin je maintiens fermement l’accusation d’inceste, pour certains prêtres, parce qu’ils partagent aussi la charge d’éducation des enfants, ce qui est incompatible avec les dérives sexuelles.
Bonne soirée !
J
Merci cher Etienne pour cette réflexion. Elle est intéressante car elle apporte des éléments supplémentaires d'analyse. Je ne sais pas si le phénomène est en augmentation du fait de la postmodernité ou non. Sans éléments quantitatifs, j'aurais tendance à penser que cette pratique s'est surtout transformée et peut-être déculpabilisée, au moins à l'époque de la "libération sexuelle". C'est le livre de Camille Kouchner.
je te transmets un texte écrit sur le sujet pour le Lien d'Oran, adressé à des non-français.
Répondre
E
Merci de ton attention au texte que je t'ai envoyé. "Flagrant délit"" m'a paru très intéressant surtout de la part d'un responsable dans l''Eglise. La Parole, en ce moment est importante aujourd'hui à i'égard de ceux qui ont été abusés. Je pense qu'il sortira un bien de cette affaire, mais cela n'efface pas la très grande gravité de ce qui s'est passé.
Bien fraternellement.
E
Merci Francesco pour ton commentaire. Je suis d’accord avec tes nuances. Le concret n’est pas en noir et blanc, et chaque cas est particulier et ne peut répondre à un seul schéma. Personnellement, j’ai toujours réagi contre les pourcentages des statistiques qui cachaient la diversité des situations à l’intérieur d’une même tranche de population.
En fait, les deux approches sont nécessaires.
Répondre
F
Etienne une première réaction sur ta réflexion sur de la "pédophilie".
Je me retrouve bien d'accord sur l'ouverture de la question que tu fais
sur la société toute entière, ayant eu l'épreuve pas facile de gérer des
situations aussi bien dans l'église que dans la société et de garder
un peu le suivi et le contact avec ces personnes. Certainement si un
domaine bouge et assume des changements à plusieurs niveaux, comme on
espère pour l'Eglise de France et d'ailleurs, peut-être des retombées
sur la société se feront aussi...

Je garde deux nuances qui me semblent importantes:

1- ne pas fonctionner que sur blanc/noir, innocent/coupable,
victime/abuser et se centrer uniquement sur ""victime" et sur
condamnation du "coupable".. Il est essentiel de bien analyser et
comprendre d'abord le fonctionnement et le comportement des deux acteurs
et ensuite, comme tu soulignes aussi, de "soigner" et "accompagner" les
deux parties, chacune étant bien "victime" de son histoire et de ses
profondeurs, et la "prison" souvent n'arrange pas grand-chose...

2- et il me semble qu'il faut aussi faire attention à ne pas faire "un
seul paquet" de tout, comme s'il s'agissait de viol ou d'inceste
automatiquement et pour tout le monde... reconnaître te prendre en
compte la diversité des situations et les différents degrés d'une
relation affective, comportementale, imposée à 100% ou pas... Degrés
divers de comportements, de pulsions, de gravité etc etc... pas tout le
monde dans le m^me moule d'analyse et de soutien...

Bonne continuation pour tout, avec cette attention à la racine profonde
de toute action et construction de l'avenir que tes réflexions nous
proposent...Francesco



--
Répondre
E
Merci Francesco pour ton commentaire. Je suis d’accord avec tes nuances. Le concret n’est pas en noir et blanc, et chaque cas est particulier et ne peut répondre à un seul schéma. Personnellement, j’ai toujours réagi contre les pourcentages des statistiques qui cachaient la diversité des situations à l’intérieur d’une même tranche de population.
En fait, les deux approches sont nécessaires.
J
Le chrétien apprend qu’ être croyant c'est résister à l'institution.
Merci, je l'ai appris à 14 ans, et je continue.
A samedi.
Répondre
E
Cela ne m'étonne pas de ta partt ;
E
Cela ne m'étonne pas de ta part :

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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