Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 11:07

Les leçons de deux pigeons ramiers

 

Depuis toujours, j’aime le pigeon ramier, avec son air élancé, sa forte corpulence, la rapidité de son vol, sa couleur bleutée et son collier blanc qui lui donne une distinction inégalable et presque royale. Dans notre région, à l’orée de l’automne, il part avec ses congénères prendre ses quartiers d’hiver en Espagne où la température est plus clémente. Il lui faut alors affronter les périls des Pyrénées où l’attendent chasseurs et dresseurs de pièges. Mais il en sort plus aguerri et beaucoup retrouveront leurs nids la saison prochaine, sans entamer la fidélité de leur couple.

 

Le pigeon qui fait son nid avec du bois mort

Or, du 15 juillet au début août de cette année, j’ai assisté, de ma fenêtre qui donne sur une cour intérieure, à une scène très étrange. Il y a, à 15 mètres, un bouleau dont les branches supérieures ont séché. Or pendant 15 jours, un pigeon ramier est venu décortiquer toutes les petites branches sèches. Il en avait besoin pour faire son nid.


La mort est là pour protéger la vie en ses commencements

Les animaux sont parfois des témoins plus fidèles de la vie que les humains eux-mêmes. Ils portent la règle sans se poser de question et font ce que l’instinct leur commande. Ils ne s’interrogent pas sur la vie et la mort. Et, pourtant, le pigeon ramier, en construisant son nid avec des morceaux de branches mortes, nous montre, sans discours, que la mort fait le lit de la vie en ses commencements. Sa mission est alors de protéger la vie à sa naissance, d’être la bonne fée qui va garantir un avenir heureux aux petits oiseaux qui vont sortir de l’œuf.

 

Une vie en communion avec les animaux sauvages

J’ai la chance d’appartenir à une famille nombreuse de  dix enfants. Or, lorsque nous étions très jeunes, à la campagne, nous vivions en communion avec les animaux sauvages. Nous connaissions le renard, qui, de temps en temps, venait déjeuner dans notre poulailler. Il était beau, malin, mais il restait notre ennemi déclaré. Nous observions aussi le lapin de garenne, qui, de temps en temps, sous nos yeux, venait faire ses besoins, à l’entrée de son terrier. Le dimanche, les plus grands organisaient de grands jeux dans les forêts proches du village. Nous appréciions les jeux de pistes qu’ils préparaient pour les plus jeunes. Nous étions accompagnés par les chiens bergers qui gambadaient autour de nous. Il y avait, en particulier deux « Dick », celui de notre famille et son cousin germain, qui appartenait au voisin. Le nôtre était très gentil, mais son cousin était belliqueux, comme son maître lui-même. En réalité le maître était fort en paroles, mais il était loin d’être méchant.

Ici, dans la forêt, à part les jeux de pistes, nous étions constamment en contact avec les reptiles. Les grandes couleuvres nous narguaient en traversant le chemin devant nous et nous faisaient très peur. Elles étaient pourtant inoffensives contrairement aux vipères jaunes et vertes, beaucoup plus petites, qui pouvaient nous envoyer de vie à trépas. C’est pour cette raison que les plus grands nous mettaient fermement sur nos gardes.

 

Le pigeon sauvage apprivoisé

La vie journalière de la semaine avait d’autres rythmes commandés par le temps de l’école. Celle-ci se terminait à quatre heures et demie et nous avions alors du temps pour nous intéresser aux oiseaux. Jean, un frère plus grand, qui avait trois ans de plus que moi, connaissait tous les nids à 5OO mètres de la maison et les visitait régulièrement. Il était intrépide et apprenait aux plus jeunes à grimper sur les arbres, sans toutefois leur livrer tous ses secrets. Nous devions nous contenter des nids les plus proches que nous visitions dès la ponte jusqu’à l’envol des oiseaux. Il fallait éviter de toucher les œufs surtout lorsqu’il s’agissait de corbeaux, qui étaient très sourcilleux et prêts à sacrifier une nichée entière. Nous nous régalions avec les petites pies mais les jeunes corbeaux étaient immangeables. Les petits pigeons, par contre, constituaient un délice pour toute la maison. Or nous avions repéré un nid avec deux petits ramiers, à peine sortis de l’œuf. Nous avons alors décidé de les apprivoiser au lieu de les manger. Le jour venu, alors qu’ils avaient mis quelques plumes, nous les avons subtilisés du nid et ramenés à la maison. Sans que nous n’y prenions garde, notre chat « Nabot » a choisi l’un des deux pour en faire son repas. A mon instigation, il a été très sévèrement puni. Le pigeon restant a été mis dans une cage de pigeons domestiques, avec un couple déjà constitué. Les deux nouveaux parents l’ont nourri et lui ont appris à voler. C’est alors que nous l’avons mis dans une autre cage, qui lui était réservée. Il y est resté pendant une dizaine d’années mais sans vouloir se croiser avec d’autres pigeons domestiques. C’était pourtant là qu’était notre projet.

 

C’est son côté sauvage qui le rendait attachant

 Assez bizarrement ce pigeon était, pour nous, beaucoup plus proche que les autres, parce qu’il était sauvage. L’écart, qui nous en séparait, lui donnait une personnalité, qui le rapprochait des hommes. Il était connu de beaucoup de monde dans le village. Il circulait dans le ciel sur de grandes distances mais, tous les soirs, il revenait dormir dans la cage que nous lui avions réservée.

 

Blessé par un chasseur, il vient mourir dans la cour de notre maison

Après bien des années, un chasseur le visa sans le distinguer des autres pigeons sauvages. Je pense alors qu’il n’a pas voulu finir dans son assiette et qu’il a préféré, au dernier moment, donner sa chair à manger à ceux qui étaient ses amis depuis longtemps.  Peut-être ne pensait-il pas comme nous, mais il aimait tout simplement, tout naturellement.

 

Un repas rituel ou la communion dans l’amour partagé

Le pigeon pesait une livre. Il a constitué une partie de notre repas un jour où nous étions dix à table. Nous en avions chacun cinquante grammes Or ce que nous partagions ensemble, ce n’était pas de la chair ou de la viande, c’était le souvenir d’un oiseau qui s’était humanisé à notre contact. Nous avions alors l’impression qu’il était là au milieu de nous et que nous communiquions avec lui dans un même amour réciproque. Un pigeon ramier était en train de nous faire comprendre ce qui reste incompréhensible pour la plupart des hommes, à savoir l’eucharistie chrétienne.

 

Etienne Duval

 

PS. Réponse à Charles, le 21 septembre 2021

 

Merci Charles pour ta réponse. Ce que tu sembles oublier, c’est qu’avec le pigeon ramier, nous sommes dans un repas, qui est à la base du symbolisme et de la naissance de la parole. Le spirituel est inscrit jusque dans l’animal. La spiritualisation ne s’effectue pas de bas en haut mais de haut en bas. Elle vient marquer le corps de l’homme mais aussi le corps de l’animal, comme pour les oiseaux de Saint-François.

Ici nous sommes dans un repas qui implique le pigeon lui-même. Il est inscrit dans le partage entre tous et dans la naissance de la parole. Blessé par un chasseur, en venant mourir dans la cour de notre maison, il prend la parole indirectement en nous disant qu’il nous donne sa vie en partage, parce que nous sommes ses amis. Et le repas rituel que nous effectuons ne consiste pas à nourrir notre corps mais à célébrer l’amour qui nous unit. C’est pourquoi un tel repas nous aide à comprendre ce qu’est l’eucharistie : la naissance d’une nouvelle parole qui exprime un partage de l’amour entre un homme qui vient de mourir et ses amis restés sur terre.

Mais il ne s’agit là que d’une introduction à une réflexion qui doit être poursuivie.

 

 

 

PS. Réponse à Charles, le 21 septembre 2021

 

Merci Charles pour ta réponse. Ce que tu sembles oublier, c’est qu’avec le pigeon ramier, nous sommes dans un repas, qui est à la base du symbolisme et de la naissance de la parole. Le spirituel est inscrit jusque dans l’animal. La spiritualisation ne s’effectue pas de bas en haut mais de haut en bas. Elle vient marquer le corps de l’homme mais aussi le corps de l’animal, comme pour les oiseaux de Saint-François.

Ici nous sommes dans un repas qui implique le pigeon lui-même. Il est inscrit dans le partage entre tous et dans la naissance de la parole. Blessé par un chasseur, en venant mourir dans la cour de notre maison, il prend la parole indirectement en nous disant qu’il nous donne sa vie en partage, parce que nous sommes ses amis. Et le repas rituel que nous effectuons ne consiste pas à nourrir notre corps mais à célébrer l’amour qui nous unit. C’est pourquoi un tel repas nous aide à comprendre ce qu’est l’eucharistie : la naissance d’une nouvelle parole qui exprime un partage de l’amour entre un homme qui vient de mourir et ses amis restés sur terre.

Mais il ne s’agit là que d’une introduction à une réflexion qui doit être poursuivie.

 

 

PS. Réponse à Charles, le 21 septembre 2021

 

Merci Charles pour ta réponse. Ce que tu sembles oublier, c’est qu’avec le pigeon ramier, nous sommes dans un repas, qui est à la base du symbolisme et de la naissance de la parole. Le spirituel est inscrit jusque dans l’animal. La spiritualisation ne s’effectue pas de bas en haut mais de haut en bas. Elle vient marquer le corps de l’homme mais aussi le corps de l’animal, comme pour les oiseaux de Saint-François.

Ici nous sommes dans un repas qui implique le pigeon lui-même. Il est inscrit dans le partage entre tous et dans la naissance de la parole. Blessé par un chasseur, en venant mourir dans la cour de notre maison, il prend la parole indirectement en nous disant qu’il nous donne sa vie en partage, parce que nous sommes ses amis. Et le repas rituel que nous effectuons ne consiste pas à nourrir notre corps mais à célébrer l’amour qui nous unit. C’est pourquoi un tel repas nous aide à comprendre ce qu’est l’eucharistie : la naissance d’une nouvelle parole qui exprime un partage de l’amour entre un homme qui vient de mourir et ses amis restés sur terre.

Mais il ne s’agit là que d’une introduction à une réflexion qui doit être poursuivie.

 

 

 

 

 

 

Les leçons de deux pigeons ramiers

 

Depuis toujours, j’aime le pigeon ramier, avec son air élancé, sa forte corpulence, la rapidité de son vol, sa couleur bleutée et son collier blanc qui lui donne une distinction inégalable et presque royale. Dans notre région, à l’orée de l’automne, il part avec ses congénères prendre ses quartiers d’hiver en Espagne où la température est plus clémente. Il lui faut alors affronter les périls des Pyrénées où l’attendent chasseurs et dresseurs de pièges. Mais il en sort plus aguerri et beaucoup retrouveront leurs nids la saison prochaine, sans entamer la fidélité de leur couple.

 

Le pigeon qui fait son nid avec du bois mort

Or, du 15 juillet au début août de cette année, j’ai assisté, de ma fenêtre qui donne sur une cour intérieure, à une scène très étrange. Il y a, à 15 mètres, un bouleau dont les branches supérieures ont séché. Or pendant 15 jours, un pigeon ramier est venu décortiquer toutes les petites branches sèches. Il en avait besoin pour faire son nid.


La mort est là pour protéger la vie en ses commencements

Les animaux sont parfois des témoins plus fidèles de la vie que les humains eux-mêmes. Ils portent la règle sans se poser de question et font ce que l’instinct leur commande. Ils ne s’interrogent pas sur la vie et la mort. Et, pourtant, le pigeon ramier, en construisant son nid avec des morceaux de branches mortes, nous montre, sans discours, que la mort fait le lit de la vie en ses commencements. Sa mission est alors de protéger la vie à sa naissance, d’être la bonne fée qui va garantir un avenir heureux aux petits oiseaux qui vont sortir de l’œuf.

 

Une vie en communion avec les animaux sauvages

J’ai la chance d’appartenir à une famille nombreuse de  dix enfants. Or, lorsque nous étions très jeunes, à la campagne, nous vivions en communion avec les animaux sauvages. Nous connaissions le renard, qui, de temps en temps, venait déjeuner dans notre poulailler. Il était beau, malin, mais il restait notre ennemi déclaré. Nous observions aussi le lapin de garenne, qui, de temps en temps, sous nos yeux, venait faire ses besoins, à l’entrée de son terrier. Le dimanche, les plus grands organisaient de grands jeux dans les forêts proches du village. Nous appréciions les jeux de pistes qu’ils préparaient pour les plus jeunes. Nous étions accompagnés par les chiens bergers qui gambadaient autour de nous. Il y avait, en particulier deux « Dick », celui de notre famille et son cousin germain, qui appartenait au voisin. Le nôtre était très gentil, mais son cousin était belliqueux, comme son maître lui-même. En réalité le maître était fort en paroles, mais il était loin d’être méchant.

Ici, dans la forêt, à part les jeux de pistes, nous étions constamment en contact avec les reptiles. Les grandes couleuvres nous narguaient en traversant le chemin devant nous et nous faisaient très peur. Elles étaient pourtant inoffensives contrairement aux vipères jaunes et vertes, beaucoup plus petites, qui pouvaient nous envoyer de vie à trépas. C’est pour cette raison que les plus grands nous mettaient fermement sur nos gardes.

 

Le pigeon sauvage apprivoisé

La vie journalière de la semaine avait d’autres rythmes commandés par le temps de l’école. Celle-ci se terminait à quatre heures et demie et nous avions alors du temps pour nous intéresser aux oiseaux. Jean, un frère plus grand, qui avait trois ans de plus que moi, connaissait tous les nids à 5OO mètres de la maison et les visitait régulièrement. Il était intrépide et apprenait aux plus jeunes à grimper sur les arbres, sans toutefois leur livrer tous ses secrets. Nous devions nous contenter des nids les plus proches que nous visitions dès la ponte jusqu’à l’envol des oiseaux. Il fallait éviter de toucher les œufs surtout lorsqu’il s’agissait de corbeaux, qui étaient très sourcilleux et prêts à sacrifier une nichée entière. Nous nous régalions avec les petites pies mais les jeunes corbeaux étaient immangeables. Les petits pigeons, par contre, constituaient un délice pour toute la maison. Or nous avions repéré un nid avec deux petits ramiers, à peine sortis de l’œuf. Nous avons alors décidé de les apprivoiser au lieu de les manger. Le jour venu, alors qu’ils avaient mis quelques plumes, nous les avons subtilisés du nid et ramenés à la maison. Sans que nous n’y prenions garde, notre chat « Nabot » a choisi l’un des deux pour en faire son repas. A mon instigation, il a été très sévèrement puni. Le pigeon restant a été mis dans une cage de pigeons domestiques, avec un couple déjà constitué. Les deux nouveaux parents l’ont nourri et lui ont appris à voler. C’est alors que nous l’avons mis dans une autre cage, qui lui était réservée. Il y est resté pendant une dizaine d’années mais sans vouloir se croiser avec d’autres pigeons domestiques. C’était pourtant là qu’était notre projet.

 

C’est son côté sauvage qui le rendait attachant

 Assez bizarrement ce pigeon était, pour nous, beaucoup plus proche que les autres, parce qu’il était sauvage. L’écart, qui nous en séparait, lui donnait une personnalité, qui le rapprochait des hommes. Il était connu de beaucoup de monde dans le village. Il circulait dans le ciel sur de grandes distances mais, tous les soirs, il revenait dormir dans la cage que nous lui avions réservée.

 

Blessé par un chasseur, il vient mourir dans la cour de notre maison

Après bien des années, un chasseur le visa sans le distinguer des autres pigeons sauvages. Je pense alors qu’il n’a pas voulu finir dans son assiette et qu’il a préféré, au dernier moment, donner sa chair à manger à ceux qui étaient ses amis depuis longtemps.  Peut-être ne pensait-il pas comme nous, mais il aimait tout simplement, tout naturellement.

 

Un repas rituel ou la communion dans l’amour partagé

Le pigeon pesait une livre. Il a constitué une partie de notre repas un jour où nous étions dix à table. Nous en avions chacun cinquante grammes Or ce que nous partagions ensemble, ce n’était pas de la chair ou de la viande, c’était le souvenir d’un oiseau qui s’était humanisé à notre contact. Nous avions alors l’impression qu’il était là au milieu de nous et que nous communiquions avec lui dans un même amour réciproque. Un pigeon ramier était en train de nous faire comprendre ce qui reste incompréhensible pour la plupart des hommes, à savoir l’eucharistie chrétienne.

 

Etienne Duval

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

P
merci pour ce merverveilleux recit qui de surcroit fait partie de ton vecu et qui illustre si bien le message sous jacent du mystère de l'Eucharistie.Toute vie repose sur cet autre mYstère qu'est l'amour ,l'amitié ,la beauté et la poesie
Merci encore Etienne.Paule
Répondre
E
Merci Paule. Je suis heureux de te revoir sur les commentaires. Je te rejoins tout à fait.
Très bonne journée !
P
merci pour ce merverveilleux recit qui de surcroit fait partie de ton vecu et qui illustre si bien le message sous jacent du mystère de l'Eucharistie.Toute vie repose sur cet autre mYstère qu'est l'amour ,l'amitié ,la beauté et la poesie
Merci encore Etienne.Paule
Répondre
V
Bonjour Etienne,

Je viens de lire sur ton blog « Les leçons de deux pigeons ramiers »

Ceci pour te dire, que bien que je ne me manifeste pas, je te lis régulièrement

avec de plus en plus de difficulté puisque ma DMLA ne fait que s’aggraver.

J’espère pouvoir continuer à faire le minimum pour ne pas trop peser sur

mon entourage. Ce matin en bêchant mon potager, un joli papillon faisait ses rondes

autour de moi, et curieusement je pensais à « ton pigeon », en effet, quelques

jours plus tôt j’avais « sauvé « une grosse chenille qui sans doute avait mué

en papillon et bizarrement j’imaginais qu’il me remerciait !!

Moi aussi, comme toi, j’ai passé mes jeunes années proche de la nature
mais moi j’étais fille unique ce qui ne m’a jamais empêché d’avoir beaucoup de copains.

J’espère que ta santé est bonne, autant qu’on peut le souhaiter à nos âges.

Avec toute mon amitié. Vida
Répondre
E
Merci Vida pour ton commentaire qui m'a fait très plaisir. Je suis prêt à penser que ton papillon était bien la chenille que tu as sauvée. Personnellement, je suis en admiration devant les mouches, qui portent la vie tout entière.
J'espère que ta dmla va s'essouffler. Je suis le Qi Gong des yeux, qui, pour moi, est miraculeux : je te l'envoie. Mais je n'ai pas la DMLA.

https://www.youtube.com/watch?v=RtOT7t_TYhc


Bien amicalement. Je t'embrasse.

Ma santé va bien. Ce qui me sauve c'est que j'ai conscience d'avoir tous les âges y compris la mort.
J
Merci pour ton texte sur les pigeons : histoire émouvante . Les animaux ont beaucoup de choses à nous apprendre ...
Répondre
E
Oui, tu as raison, les animaux ont beaucoup de choses à nous apprendre.

Bonne soirée !
G
La fausse note est de moi.
Répondre
E
Autant pour moi.
Bonne fin de soirée !
G
Des oiseaux sans fausse note. C'est bien mieux ainsi.

Gérard
Répondre
E
Je ne pense pas que les oiseaux chantent faux. Ils sont parfois nos maîtres !
G
Merci pour ta réponse. Me voilà soulagé.

J'ai eu tort de prendre la question à la légère, sachant pourtant que le problème est cosmique.

et que les oiseaux sont, pour la plupart, nos frères proches.

Je ne les connais pas tous par leurs noms. Monique et une amie de là-bas sont plus savantes et beaucoup plus attentives. Pas au point, hélas, de les rassembler, respectueux et amicaux, autour d'elles.

Mais nous hébergeons dans le toit de notre maison leschoise trois ou quatre familles qui semblent nous accepter. Tout comme nous avons trouvé et bien accueilli, l'une de nos premières années, au sommet du pilier près de l'entrée, un superbe nid. Peu de jours après, le nid chantait, en saluant (avec nous) les allers retours de papa-maman qui assuraient l'intendance. Et quelques jours plus tard, ses petits occupants, les uns après les autres, se lançaient dans la vie, à travers nos grandes pièces. Sauf un, timide, qui n'osait pas franchir la muraille du logis, celui-ci trop en altitude à son goût. Je n'ai pas cru pouvoir lui montrer comment faire (malgré les invitations insistantes de Monique). Je lui ai tendu la main, munie d'un balai dont il a accepté les poils. Le l'ai porté ainsi vers une sortie à sa hauteur. Après quelques hésitations et quelques chants de remerciement et d'adieu, il est parti pour de bon sans davantage se retourner.

Nous sommes restés tristes et émerveillés. Te lisant, je croirais volontiers que nos amis actuels qui logent dans le toit, sont nos rouge-queues du pilier qui avaient accepté notre arrivée -et dont nous avions salué le départ- , ou leurs descendance.

Voilà des continuités qui me réjouissent et me font croire à la vie.

Bonne fin de dimanche, et merci d'avoir ramené ces petites histoires heureuses à la surface.
Répondre
E
Je viens de te lire avec grand plaisir. Nous sommes maintenant sur la même longueur d'ondes.

Très bonne soirée à tous les deux !
G
Cher Etienne,

Je souhaite me débarrasser d'un scrupule et peut-être d'un malentendu.

La rareté relative mais devenue évidente de mes oiseaux de Lesches me navre et m'inquiète. Si j'évoque à la la "modernité" et l'insouciance de mes contemporains (leschois ou autres) à ce sujet, ce n'est nullement pour la partager, mais pour la dénoncer par une ironie (lourde, j'en conviens). Me croiras-tu si je t'affirme ma préférence pour les continuités vitales, et ma grande méfiance pour bien des nouveautés prétendument salvatrices. C'est pourquoi je suis sans réserve du côté des oiseaux. Et d'une hostilité sans réserve et sans effet pour ceux qui les tuent par et avec plaisir.

C'est pourquoi, malgré la différence de nos expériences passées, je n'ai "rien à redire" -bien au contraire- à ton témoignage et à ta réflexion, que je partage totalement.

Cela dit, mon dimanche sera sans doute meilleur.

Gérard



envoyé : 25 septembre 2021 à 21:01
Répondre
E
Je suis très sensible à ta réaction et je comprends mieux ta position. Personnellement j'adore les oiseaux, un peu moins les corbeaux que les pigeons ou les chardonnerets. Encore que ces fanfarons m'amusent un peu dans la littérature et la réalité !
Si les oiseaux se faisaient trop rares, la nature manquerait de son opéra et de sa joie !

Bon après-midi de la part des oiseaux qui animent ma cour intérieure même si les merlettes viennent me voler les olives que produit l'olivier de ma terrasse !
G
Bien sûr !
Répondre
E
Bonne soirée !
G
Cher Etienne

J’avoue avoir été un peu embarrassé après la lecture de ton blog. Car pour l’essentiel je n’ai rien à redire, même si je n’ai pas tout à fait les mêmes expériences – ou à cause de cela. Mon enfance et ma jeunesse se sont passées sur le port de commerce de Brest (généralement vide), ses tas de charbon, ses foules de barriques de vin d’Algérie, qui étaient nos terrains de jeux ; mais pas ceux des moineaux, à peine celui de quelques hirondelles furtives. D’énormes goélands venus du large passaient en altitude et faisaient leurs nids dans les quartiers bourgeois de la ville d’en haut, bouchant de leurs nids les cheminées, se soulageant sur le zinc des toits, et pourchassés sans pitié.

Outre mes sorties scoutes (« Le Scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu : il aime les plantes et les animaux »), seuls de courts séjours chez un oncle à Kerzu-kreis qui était encore la campagne, m’ont approché des oiseaux. Mes cousins, un peu plus âgés, m’acceptaient sur leurs talus coiffés de chênes et de noisetiers qui portaient des nids connus d’eux seuls. Mais c’était pour dénicher les oiseaux, extraire les œufs, les casser –je ne sais pourquoi- non sans avoir admiré la coque et sa décoration délicate.

Quelque trente années plus tard, je me réjouissais à Lesches-en-Diois, de voir à la fin de l’été les rassemblements joyeux de rouge-queues et d’hirondelles autour de notre maison, prêts au départ vers d’autres cieux, et promettant le retour. Quarante années plus tard, quelques rescapés sortent timidement des quelques haies rescapées elles aussi après un remembrement généreux et moderne, du moins modernisateur ; les tracteurs qui labourent à 40 cm ont plus de droits que ces oiseaux inutiles. D’ailleurs, pour la chasse, on libère à temps de leurs cages les perdreaux qui, perdus dans la forêt inconnue d’eux (ce qui en reste), donneront de glorieux butins.

Somme toute, les oiseaux ne sont plus ce qu’ils étaient. Devenus encombrants, parasites, salissants, voire dangereux, ils chantent avec tristesse la fin d’un monde.

Peut-on encore les considérer comme des symboles de la vie et de l’amour ? Les pigeons restants ressemblent aux dindons de la farce, même quand on les partage dans un repas commun d’un fort, nécessaire et salutaire symbolisme.

Gérard

25 septembre 2021
Répondre
E
Je n’ai pas tout à fait la même expérience que toi et même si les temps ont changé, je suis encore capable de retrouver le monde des animaux sauvages dans la campagne d’aujourd’hui. Je suis de ceux qui pensent que la continuité est plus importante que le changement. Ai-je raison, ai-je tort, je n’en sais rien. En tout cas, le pigeon ramier qui est venu casser les petites branches mortes de mon bouleau me semble être le même que celui que nous avons hébergé pendant dix ans dans la ferme de mes parents. Heureusement d’ailleurs car je crois qu’il nous appartient aujourd’hui de redonner toute sa noblesse à la dimension sauvage des animaux qui nous entourent pour retrouver certains équilibres perdus.
G
Bien reçu, et lu avec grand plaisir !

Ce soir nous n'avons que des crêpes, qui n'empêchent pas la réflexion ni l'amitié, bien au contraire.

A bientôt ?

G.
Répondre
E
A bientôt ?
L
Bonjour Etienne,
La nature m’a fait découvrir, que j’ai appréciées, des scènes rares, ne serait-ce que l’études des traces découvertes le matin après que la neige ait tout recouvert durant la nuit. Et cette découverte faite à la promenade du soir, les journées avaient bien raccourci, je suivais mon chien qui longeait une haie bordant un pré (en ville) quand relevant la tête pour balayer le pré du regard j’ai eu la surprise d’y voir trois renardeaux qui jouaient comme le font les petits chats...Il est difficile de rendre les émotions ressenties, ces partages ne se font pas !
Cordialement.
Répondre
E
Cette évocation des petits renardeaux en train de jouer me procure un grand plaisir et la recherche de marques sur la neige me rappelle quelques souvenirs. On y voit des traces de multiples oiseaux : merles, pies corbeaux, pigeons et plus souvent même celles de sangliers évoluant en groupes… On voit et on imagine.
Merci Loulou de faire l’exercice avec moi.
C
Tu vas être déçu par ma réponse, car ton témoignage de souvenir d'enfance est très émouvant : 1) ce pigeon à mon avis ne va pas chercher loin ce qu'il lui faut, il ne se demande pas la nature de ce qu'il utilise, on trouve dans les nids un peu de tout. 2)je n'aurai pas pu manger un peu de quelqu'un avec qui j'aurai eu une relation intime, l'eucharistie nous est présentée par un objet symbolique, j'adhère au symbole aussi je participe. 3) évidement là, il s'agit d'une communauté, aussi la responsabilité de chacun est enfoui dans l'agir commun, ce qui est encore différent pour l'action particulière.
Pour moi, l'eucharistie est une action personnelle, agir et resssentir, même si j'aime beaucoup la communauté agissant avec la même foi, et de plus je ressens avec indignation le fait que certains en soient exclus, ne supportant que difficilement de les voir allez à l'autel les mains croisés sur la poitrine. J'ai toujours dit que je préfèrerais cesser de communier si le refus atteignait un des miens.
Etienne Duval22/09/2021 18:12
Répondre
E
Merci Charles pour ta réponse. Ce que tu sembles oublier, c’est qu’avec le pigeon ramier, nous sommes dans un repas, qui est à la base du symbolisme et de la naissance de la parole. Le spirituel est inscrit jusque dans l’animal. La spiritualisation ne s’effectue pas de bas en haut mais de haut en bas. Elle vient marquer le corps de l’homme mais aussi le corps de l’animal, comme pour les oiseaux de Saint-François.
Ici nous sommes dans un repas qui implique le pigeon lui-même. Il est inscrit dans le partage entre tous et dans la naissance de la parole. Blessé par un chasseur, en venant mourir dans la cour de notre maison, il prend la parole indirectement en nous disant qu’il nous donne sa vie en partage, parce que nous sommes ses amis. Et le repas rituel que nous effectuons ne consiste pas à nourrir notre corps mais à célébrer l’amour qui nous unit. C’est pourquoi un tel repas nous aide à comprendre ce qu’est l’eucharistie : la naissance d’une nouvelle parole qui exprime un partage de l’amour entre un homme qui vient de mourir et ses amis restés sur terre.
Mais il ne s’agit là que d’une introduction à une réflexion qui doit être poursuivie.
L
Bonsoir Ginou,

J’ai lu le texte qui m’a plu et promené dans mes années passées…Je pense avoir approché la nature de plus près qu’Etienne, ce qui me permet de corriger quelques détails insignifiants. Tous deux nous sommes promenés dans la nature en appréciant ses bons cotés. Ce pigeon ramier est la « Palombe » que l’on massacre hélas dans les Pyrénées. De nos jours beaucoup de Ramiers se sont sédentarisés et passent l’hiver dans nos villes. Les parcs et jardins de Paris dont ceux de l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Etienne l’a noté le ramier refuse de s’accoupler au pigeon domestique et garde son coté sauvage. Il y a quelques années, en février peut-être ils se groupaient sur les arbres dépouillés de leurs feuilles, et leur nombre était impressionnant, je pense à un rassemblement avant le départ.

Je partais vers 5h1/4 il faisait encore nuit et nous pouvions assister à l’éveil de la nature. C’est beau pour qui sait apprécier !Quand je voyais un renard c’était toujours une vision furtive et rare car la bête est extrêmement méfiante. Par exemple j’ai en certaines périodes rencontré les panneaux « Avis de piégeage » ou « Poison » des chasseurs. J’ai aussi croisé des chevreuils que le vent complice m’avait permis d’approcher sans être détecté…C’était une communion avec la nature.

Bonne nuit et bisous.

Loulou
Répondre
E
Merci Loulou pour ce partage d’expériences. Je vois que nous sommes proches, l’un et l’autre, de ce monde sauvage que la plupart des citadins connaissent peu. Que c’est beau de voir un renard se faufiler le long d’un champ de blé ! Le pigeon ramier lui-même est d’une très grande élégance. Tous ces animaux révèlent tout ce qu’il y a de sauvage en nous, de non exploré et de non développé.
Geneviève m’a beaucoup parlé de vous parce que vous étiez très proche au moment de la maladie de Jean-Marc. Elle semble vous apprécier beaucoup. En tout cas merci pour vos réflexions.
C
Oui Étienne ; et en ce sens, ce qui m'a fait écrire ainsi "remord" n'a peut-être pas été le fait du hasard !
mordre et encore mordre ? si ce n'est tels "les chiens du Seigneur" : fraternellement ! Charles
Répondre
E
Bravo pour ls chiens du Seigneur !
C
Ton histoire, Étienne, me remue le fer dans la plaie ; mais, en m'ouvrant un tout autre horizon, peut-être saura-t-elle me réconcilier avec moi-même ?
Enfant, j'accompagnais l'un de mes oncles qui, à travers champs dans la Drôme, chassait de petits oiseaux, qu'en nous régalant, nous faisions revenir à la poêle !
Puis il se trouve qu'il y a quelques années, voyant des pigeons déposer leur fiente sur le rebord de ma fenêtre - est-ce le souvenir heureux des balades avec mon oncle qui chassait ? -
j'en ai attrapé un un et m'en suis fait une fricassée ; mais quel n'a pas été ensuite mon remord quand le mâle ou la femelle est venu(e) à la recherche de son partenaire, car ils formaient un couple !
Je n'ai depuis plus jamais attrapé aucun animal ; je n'aime du reste pas trop la volaille, ayant pendant la guerre mangé durant 8 jours une oie rance que mon père nous avait rapportée ; à Paris, nous avions faim !
Amicalement. Charles
Répondre
E
Nous avons un peu les mêmes souvenirs avec la même évolution. D’abord une volonté de nous approprier ces animaux sauvages, qui semblaient n’appartenir à personne. Puis le désir de les libérer et de les respecter. De ce fait, nous allons vers un supplément d’humanisation, qui correspond à une plus grande autonomisation pour les animaux eux-mêmes.

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -