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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 08:02

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La Tour de Babel de Brueghel

 


Une mise en garde face à la mondialisation

 
Le respect nécessaire des différences et de l’altérité

 

Le récit de Babel est une formidable mise en garde,  face à une mondialisation, basée sur une langue technicisée, et sur la volonté d’uniformiser les comportements économiques, politiques et culturels, sans respecter les différences et l’altérité. C’est pour répondre au souci d’Yvon Montigné que la réflexion s’oriente dans une telle direction.

 

Babel

 

Tout le monde se servait d'une même langue et des mêmes mots.

Comme les hommes se déplaçaient à l'orient,

Ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s'y établirent.

Ils se dirent l'un à l'autre : "Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu".

La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier.

Ils dirent : "Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour

Dont le sommet pénètre les cieux !

Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés par toute la terre !"

 

Or Yahvé descendit pour voir la ville

Et la tour que les hommes avaient bâties.

Et Yahvé dit : "Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue,

Et tel est le début de leurs entreprises !

Maintenant aucun dessein ne sera irréalisable pour eux.

Allons ! Descendons ! Et là confondons leur langage

Pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres."

Yahvé les dispersa de là sur toute la terre

Et ils cessèrent de bâtir la ville.

Aussi la nomma-t-on Babel,

Car c'est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre

Et c'est là qu'il les dispersa sur toute la face de la terre.

 (Bible de Jérusalem, Genèse XI — 1 à 9)

 

 

Après la désolation du déluge, l’homme, dans une prétention étonnante, cherche à refonder l’humanité. Il réalisera son rêve par le faire. C’est le projet de la cité idéale, qui émerge dans son esprit. En faisant la cité idéale, il se fera lui-même.

 
Une même langue

L’homme a compris qu’il a besoin d’une même langue et de mêmes mots pour faire. S’il veut maîtriser la matière, il doit commencer par maîtriser les concepts qui permettent de la comprendre et d’agir sur elle. Le mot doit se mouler sur la matière pour avoir prise sur elle. Une forme de langue commence à faire son apparition. Ce n’est pas encore la langue scientifique. C’est pour le moins une langue technique.

Ainsi l’univers technique envahit la vie de tous les jours. Et la langue faite pour communiquer dans tous les domaines de l’existence finit par se confondre avec la langue technique elle-même. Le monde s’appauvrit dangereusement, au point de se cantonner dans le domaine du faire ; l’amour et la poésie n’ont plus leur place, à moins qu’ils ne se moulent dans les standards et la répétition qui voudraient les inventer à nouveau. En voulant devenir scientifique ou technique, l’art lui-même se dissout dans l’ennui et la prétention.

Pour atteindre son but, la langue technique doit à tout prix éliminer le sujet fait de particularité et d’incommunicabilité. La parole ici est un simulacre de parole. Elle ne fait que répéter ce que lui dit la langue et contraint le manque et l’incompréhensible à l’exil. Des pans entiers de l’univers sont ainsi en train de s’effondrer.


La standardisation

Les comportements se plient à la standardisation de la langue. Un fossé se creuse entre le petit nombre de ceux qui conçoivent et la foule de ceux qui exécutent. Ainsi la plupart sont condamnés à un travail répétitif pour faire des briques toutes identiques les unes aux autres. Pour unique consolation, ils ont la perspective de participer au Grand Œuvre de la communauté.  Chaque individu est lui-même comme une brique dans un grand ensemble, transformé en chose et condamné à ressembler à tous ceux qui l’entourent.

 

Habituellement, chacun reçoit son nom d’un autre, pour bien marquer le lien qui l’unit à l’origine de l’homme à travers une filiation qui se déroule dans l’histoire tout entière. Ici, on ne reçoit pas son nom, on va le fabriquer en réalisant le Grand Œuvre, qui marquera la suite des temps. Il sera le même pour tous, signe étincelant d’une refondation de l’humanité. Ainsi tous les malheurs passés et, en particulier, le grand désastre du déluge, seront rayés de la conscience, soulignant ainsi la volonté manifeste d’évacuer l’inconscient lui-même.

 

La rébellion du langage

Au bout d’un certain temps, le projet insensé de maîtriser la langue et de se fabriquer un nom se heurte au langage lui-même. Le langage, qui renferme les structures symboliques de l’homme, est toujours déjà donné. Il est ce à partir de quoi je peux parler, il me précède comme pour m’empêcher de le manipuler. Or, c’est bien à une sorte de manipulation que le projet de Babel voudrait procéder. Aussi le langage se met-il à résister : il entre dans la confusion et provoque la folie, disant ainsi qu’il ne marche pas dans le travestissement qu’on veut lui imposer. Nous ne pouvons nous heurter à l’invariant qui nous constitue sans provoquer des désastres. L’oreille se bouche et les mots qui doivent porter le sens suscitent l’incompréhension. Parce que les hommes ne s’entendent plus, la violence meurtrière est à la porte.


L’altérité absente

La confusion du langage est révélatrice d’une altérité absente. Il n’y a pas d’autre pour écouter si bien que la parole se transforme en échos qui interfèrent les uns avec les autres. C’est le brouillage des ondes de la transmission qui est ici à l’œuvre. Le brouillage, d’ailleurs, se reproduit à tous les niveaux, prenant la forme d’un mimétisme indépassable, qui affecte le désir aussi bien que la violence. Le cancer qui désorganise le corps, par la multiplication de cellules identiques, se met à perturber le psychisme lui-même et à contrarier toute émergence du sujet. En voulant tout maîtriser, l’homme n’arrive plus à réguler la machine qui devait produire de l’homme, parce qu’elle révèle son impuissance à engendrer de l’altérité et ne peut que s’enfermer dans l’écho de la répétition.

 

La dispersion des hommes pour un  nouvel ensemencement de l’univers

Le récit de Babel nous fait percevoir qu’il existe dans le langage une violence qui va provoquer la dispersion des hommes. Elle est constitutive du langage lui-même, dans la mesure où elle est là pour porter la différence et l’altérité. Or il n’existe ni différence ni altérité si les hommes restent enfermés dans un même moule. C’est bien pourtant une sorte de matrice que constitue le langage, appelé à produire de l’humain. Mais cette matrice est de l’ordre du symbolique ; elle est capable d’associer les contraires, comme la mort et la vie, dans un même paradoxe. Il appartient au langage de promouvoir différence et altérité pour que la graine de l’homme puisse ensemencer la terre entière. « Et c’est là qu’il dispersa les habitants sur toute la face de la terre. »

 

Chacun est appelé à réinterpréter le mythe à sa manière pour trouver des outils de réflexion  adéquats face à une mondialisation plus soucieuse d’une efficacité liée à la standardisation que du respect des différences et de l’altérité du sujet.

 

Etienne Duval

 

 

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commentaires

D
<br /> <br /> Babel, la vision et la raison<br /> <br /> <br />   Quelle que soit la vérité, il me semble que la légende de la soie est une belle fable pour nous montrer comment sortir de Babel. Au départ une sorte de<br /> lumière survenue par hasard. Ensuite le développement qu’en a fait la raison. L’intelligence des peuples et des individus est faite, en même temps, de vision et de raison. Babel fait son<br /> apparition lorsqu’on ne veut prendre qu’une dimension de l’intelligence : la vision ou la raison. La Babel d’aujourd’hui est faite d’une raison qui tourne sur elle-même. Elle a perdu la<br /> vision et se transforme en idéologie qui nous oppose les uns et les autres. Il n’existe plus aujourd’hui de grande vision qui pourrait régénérer l’intelligence et le monde lui-même. C’est<br /> pourquoi l’idée est venue de travailler sur les grands textes symboliques : les mythes, certains contes, les grands textes religieux.  Les textes symboliques portent la<br /> vision ; leur interprétation développe la raison. Le jeu entre les deux peut développer une intelligence capable de transformer le monde au-delà des grandes tours, qui peuvent être de faux<br /> semblants de la puissance et la cible des apprentis sorciers…<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Les codes du commerce<br /> <br /> <br /> Hé!bé! Thé!! Des circonvolutions ascensionnelles verticales de la tour de Babel au fil de soie en passant par l'horizontalité  d'un labyrinthe avec son mangeur<br /> d'hommes au centre, ce Minotaure au corps d'homme et tête sans paroles et sans langue, que de chemin!  En tout cas nous revoilà sur le chemin du commerce, et de ses langages, tous ceux qui<br /> émaillèrent le chemin de la soie.... Un point commun entre tous ces peuples et ces langues, les codes du commerce... Pourquoi et comment le chemin de ce fil de soi (e) s'est-il perdu pour les<br /> uns, ou continué dans une diversification des matières  et un élargissement au commerce mondial avec ses langues qui échappent au quidam que je suis?  <br /> <br /> <br /> O "Bas Belle", quelle tour! tu nous as fait!<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Lucette pour cet éclairage sur les fonctions de la peau, dont celle que je retiens plus particulièrement d'élimination, enfin "sans la retenir", pour précisément<br /> la laisser agir, et ne pas retenir "mon Ego" qui s'y trouve, si je puis dire "à fleur de peau",comme l'observait Freud en 1927 Essais de<br /> psychanalyse : "Le moi est finalement dérivé des sensations corporelles, principalement de celles qui ont leur source dans la surface du corps. Il peut ainsi être<br /> considéré comme une projection mentale de la surface du corps." Paul Valéry aussi en savait quelque chose qui, dix ans plus tôt composait La<br /> jeune parque :   Toute ? Mais toute à moi, maîtresse de mes chairs,                           <br />                                   Durcissant d'un frisson leur étrange<br /> étendue,                                                                       <br /> Et dans mes doux liens, à mon sang<br /> suspendue,                                                                    <br /> Je me voyais me voir, sinueuse, et<br /> dorais                                                                           <br /> De regards en regards, mes profondes<br /> forêts.                                                                     <br /> J'y suivais un serpent qui venait de me mordre.<br /> <br /> <br /> Et ce serpent, n'est-ce pas ce que, bien plus tard, Jacques Lacan comprendra comme ce "vice de structure originel", ce sujet divisé, barré, qui ne cesse de "se barrer", insaisissable, tel le<br /> "huit intérieur", cette bande de Möbius à une seule face, qui n'a donc pas d'image spéculaire, irréductible à un envers et un endroit auquel nous sommes habitués, puisque chaque point de la<br /> surface est aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, d'où cette impossibilité de tout dire, "un manque, ajoute-t-il (Séminaire<br /> X Seuil p.161), auquel le symbolique ne supplée pas", ce point obscur, ce rien, ce vide, qui, paradoxalement, m'invite, m'autorise à dire...et à vous rejoindre sur<br /> le blog.<br /> <br /> <br /> Charles Lallemand<br />                                                                                                       <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Charles, voici comment est perçue la peau par la "neurovégéto" thérapie (cerveau neuro-végétatif qui est celui des affects). Peut-être que cela vous aidera...<br /> <br /> <br /> la peau :<br /> <br /> <br /> "La peau dont la superficie est d'environ 2m carrés est un organe qui occupe une position intermédiaire entre les organes à innervation volontaire qui expriment un énènement psychologique et ceux<br /> indépendants de notre volonté. Nous, nous retenons que la peau est plus que l'organe du sens tactile. La peau est constituée de l'épiderme (provenant de l'ectoderme embryonnaire), constitué de<br /> cellules juxtaposées très serrées ; et du derme (provenant du mésoderme) qui contient des fibres et une substance fondamentale non structurée. L'union entre épiderme et derme se fait par une<br /> "membrane" qui assure ainsi un rôle de filtre. (je passe sous silence les questions + médicales du nombre des mélanocytes, et des composants polysaccharidiques !)<br /> <br /> <br /> Ses fonctions :<br /> <br /> <br /> * Cette membrane est une zone de TRANSITION, mais aussi une unité structurelle et fonctionnelle essentielle surtout lorsque l'on étudie les phénomènes de cicatrisation.<br /> <br /> <br /> * La peau a une fonction PROTECTRICE contre la pénétration des agents toxi-infectieux<br /> <br /> <br /> * C'est un organe sensoriel de première importance du fait de la présence de récepteurs nerveux spécifiques qui mettent l'organisme en RELATION avec le milieu ambiant.<br /> <br /> <br /> * Une fonction de sécrétion et d'excrétion, régulation réflexe de la température du corps<br /> <br /> <br /> * une fonction IMMUNITAIRE (allergies) ;de récentes recherches ont confirmé qu'i existe dans la peau différentes fonctions endocrines : c'est pour cela qu'elle est considérée comme la plus grande<br /> glande endocrine de l'organisme.<br /> <br /> <br /> Au niveau psychologique :<br /> <br /> <br /> La peau comme l'oeil, est un moyen d'expression et un point de contact entre le milieu interne et le milieu externe. Paul Valéry écrivait "ce qu'il y a de plus profond chez l'homme, c'est sa peau<br /> !" Le langage courant parle des yeux et de la peau (dont les cheveux font partie) en utilisant parfois des adjectifs tels : lumineux, vaporeux. ou sortir de sa peau, laisser sa peau, ne pas être<br /> dans sa peau, être bien ou mal dans sa peau, avoir une peau d'éléphant, chair de poule, sueur froide, prurit, urticaire, horripilation...<br /> <br /> <br /> Toutes ces manifestations sont liées à l'affectivité. Il s'agit de phénomènes neuro-végétatifs qui influent sur les muscles périphériques et sur l'irrigation sanguine. Tendances<br /> sadomasochistes... mère souvent inadéquate ou hyperprotectrice, cad peu stimulante ou rejetante... stress, tensions sexuelles, le prurit est un équivalent masturbatoire, transpiration<br /> psychologique au niveau des paumes ou plantes de pieds..<br /> <br /> <br /> On retrouve la peur d'affronter une relation interpersonnelle directe et l'incapacité à manifester la destructivité.<br /> <br /> <br /> Les manifestations dermatologiques "sèches" expriment une carence énergétique, les "humides" un excès énergétique.<br /> <br /> <br /> Toutes ces manifestations dermatologiques impliquent les capillaires dans leur fonction de DECHARGE des métabolites toxiques. C'est une élimination, donc du positif.<br /> <br /> <br /> Du contact est bien venu : massages. (excusez, je vais vite, je dois partir)<br /> <br /> <br /> La peau est un gigantesque cerveau périphérique, gardien toujours vigile, qui signale au cerveau chaque désordre, chaque menace, chaque agression venant de la périphérie !<br /> <br /> <br /> Prenez soin de vous.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> les cellules de la peau comme celles de l'oreille, c'est bien possible ! Quant au malentendu de celui entre Klara et Jean-Louis, puisse Oscar, le chien de Klara, m'apprendre comment sagement<br /> faire avec !<br /> <br /> <br /> J'ai bien apprécié Etienne, la justesse des titres que tu as donnés aux différents paragraphes de mon texte pour l'aérer et le rendre plus compréhensible. Charles<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Pourquoi pas ?<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Suite du commentaire sur Europe<br /> <br /> <br /> A moins que ce rêve étrange quoique bucolique soit justement là pour nous permettre d’installer une<br /> vigilance face à cette soi-disant vérité sur le plan d'aide à la Grèce…<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> J'aurais une interprétation légèrement différente de la tienne. Je me souviens que les cellules de la peau sont pratiquement les mêmes que celles de l'oreille. Autrement dit, la peau est aussi<br /> faite pour entendre. Autrement dit, tes boutons traduiraient un malentendre, au moins provisoire entre Jean-Louis et sa femme, malentendre que tu n'as pas voulu entendre. Mais tu es le seul à<br /> pouvoir dire si cette interprétation a quelque part de vérité.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> introduit un principe d’indétermination relevant tout autant de l’aléatoire que de la nécessité, tel un coin qu’il enfoncerait, faisant éclater nos belles tours de<br /> Babel si rationnelles : « Si toujours tous les mouvements sont solidaires, si toujours un mouvement nouveau naît d’un plus ancien suivant un ordre inflexible, si par leur déclinaison<br /> les atomes ne prennent pas l’initiative d’un mouvement qui rompe les lois du destin pour empêcher la succession indéfinie des causes, d’où vient cette liberté accordée sur terre à tout ce qui<br /> respire, d’où vient cette volonté arrachée aux destins qui, comme les atomes, nous permet de changer de direction sans être déterminés ni par le temps, ni par le lieu, mais suivant le gré de<br /> notre esprit lui-même…Si l’esprit lui-même n’est pas régi dans tous ses actes par une nécessité intérieure, s’il échappe à cette domination et n’est pas réduit à une entière passivité, c’est<br /> l’effet de cette légère déviation des atomes, en un lieu, en un temps que rien ne détermine. » (Livre II<br /> 255sq) Lucrèce rejoint en cela son maître grec Épicure affirmant que « mieux vaudrait suivre le mythe sur les dieux que de s’asservir au destin des<br /> physiciens », …et à nos  inconditionnels contemporains du "tout génétique".<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La parole du désir<br /> <br /> <br /> Bon, cette histoire de peau, avec l’haletant (et allaitant !) suspens dans l’attente des résultats de l’institut Pasteur et d’une "solution" (ou dissolution),<br /> ne saurait faire la trame d’une écriture dans laquelle Narcisse se laisse prendre au jeu (et je). Car si la peau peut apparaître comme  l’expression extérieure de ce qui se<br /> passe à l’intérieur, de même que le regard –je me suis surpris à certains moments, suite à une douleur persistante, avec « un regard de chien battu », cette question du paraître ce<br /> n’est pas la vraie question. La peau, après tout, n’est qu’une surface plane, celle du miroir qui opère seulement dans l’imaginaire et dans un certain confort. La vraie question, c’est celle que<br /> cherche à dire mon corps qui est celle du désir et tout simplement de la vie, serait-ce dans un certain "discorps", là où je retrouve Lucrèce et son "clinamen", légère<br /> déviation imprévisible de corps animés. Car dans le corps, il n’y a pas de dedans et de dehors, ni de surface plane -la caresse nous révèle combien la peau elle-même est loin d’être une surface<br /> plane - mais il y a des orifices, des lieux de retournement, lieux de mon désir qui n’est jamais de pure solitude, parce qu’ils sont lieu d’écoute et de<br /> transmission, lieu de parole et porteurs symboliques du sujet en devenir qu’est le signifiant de l’Autre. Va comprendre, Charles !<br /> <br /> <br /> Tout cela pour te dire Etienne, qu’à l’opposé de la tour de Babel,  j’ai trouvé auprès de l’équipe dermato de l’hôpital une belle<br /> solidarité, et une écoute attentive, peut-être parce que dans le "non-savoir", dans le questionnement.<br /> <br /> <br /> Charles   <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> La déconstruction de ma tour de Babel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De retour de 10 jours d’hôpital suite à une pustulose (n’allez pas sur google, vous<br /> prendriez des boutons !), je retrouve avec intérêt le travail de déconstruction de "la tour de Babel" que vous poursuivez les un(e)s les autres sur ton blog Etienne<br /> et que, non sans étonnement, je m’aperçois avoir poursuivi durant tout ce temps έκαστος de mon côté, à partir de moi, aux prises avec mon propre corps. Mais que cherche-t-il à dire ce corps,<br /> comme toi-même Etienne, tu m’interroges ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le clivage<br /> <br /> <br /> Ce qu’il y a de génial dans cette histoire, c’est que les internes dermato de l’hôpital ont l’honnêteté de reconnaître que, jusqu’à présent, ils n’en connaissent<br /> pas la cause et, maniant l’art de la tautologie, ils en notent seulement les effets « éruption pustuleuse du corps évolutive évoquant une toxidermie » ; on s’en serait douté !<br /> L’origine, disent leurs livres savants, serait un médicament, sans autre précision. Je leur ai d’abord dit que je ne prenais jamais le moindre médicament et puis je me suis souvenu que pour<br /> l’arthrose j’avais pris récemment une pommade à base d’huiles essentielles, ce qui peut entraîner d’après eux une certaine allergie, mais pas jusqu’à ce point. De retour chez moi, en fouillant<br /> dans ma pharmacie, j’ai retrouvé aussi des gélules pour l’arthrose périmées depuis 12 ans et je me suis alors souvenu en<br /> avoir pris quelques unes mais quand, depuis plus d’un mois, ou de retour de Prague après 25 heures de voyage ?<br /> C’est le genre de clivage que j’ai appris à connaître, le léger glissement d’un comportement « je ne prends jamais de médicament » à son contraire, sauf ce jour-là, celui qui traînait<br /> par là ; notre langage en est lui-même porteur (cf.Charles Melman)  "to cleave" fendre et "kleben" en allemand coller, "Stimme" la voix et "stumm" muet. Un pharmacien m’a rassuré, après<br /> plusieurs années ces sortes de sulfates deviendraient inactives. Une autre piste à caractère psychosomatique, ce que le corps médical  n’aime pas trop : l’un de mes fils m’aurait<br /> « donné des boutons », celui depuis 6 ans à Prague sans papiers et qui, rentré avec moi à Grenoble, a pu en trois jours obtenir selon une procédure simplifiée des plus légale –demande<br /> de régularisation émanant de son employeur tchèque- et son passeport et son permis de conduire. Par contre leur couple, avec leur fils de deux ans bientôt, c’est loin d’être réglé comme du papier<br /> à musique ; mais c’est leur histoire, pas la mienne.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le clinamen ou la déviation<br /> <br /> <br /> Et pour en revenir à la déconstruction de ma propre "tour de Babel", ce corps avec lequel je me sentais pourtant en harmonie, telle cette « chaude maison<br /> travailleuse » qu’évoque Péguy parlant de son enfance, je me dois de préciser que j’avais à l’hôpital apporté avec moi  De la<br /> nature de Lucrèce, mon maître du moment, en édition bilingue avec une belle introduction d’ Élisabeth de Fontenay (pas Geneviève, pas "la dame au chapeau" des miss France), et<br /> j’observais avec lui que non seulement dans cette histoire les dieux n’y sont pour rien, tel le sacrifice d’Iphigénie d’autant plus cruel qu’il fut inutile, sacrilège, criminel, « tant la<br /> religion peut conseiller de crimes » (livre I, 120), mais que les sacrifices d’animaux ne le sont pas moins, tel ce<br /> veau dont « la mère désolée, parcourant les vertes prairies, cherche à reconnaître sur le sol l’empreinte de ses sabots fourchus, fouillant des yeux tous les endroits, dans l’espoir d’y revoir peut-être le petit qu’elle a perdu » (Livre II 355). Avec Lucrèce je retrouvais mon corps, animal parfois souffrant, souffrant parfois jusqu’à la mort, car comme eux nous sommes<br /> mortels, « seule la mort est immortelle ».<br /> <br /> <br /> Depuis,  je suis retourné au rendez-vous que m’avaient fixé les dermato à l’hôpital et qui sont sur une nouvelle piste : non pas un<br /> médicament mais un parasite provenant de chiens, qque chose assez proche des tics ; et moi qui m’étais laissé griffer amicalement en Tchéquie  par le brave gros chien de<br /> Klara, ma belle fille, je me suis souvenu que ces égratignures il y a plus d’un mois qui depuis avaient suppuré, c’était peut-être bien ça l’origine ? Mais les résultats, ce ne sera que dans<br /> une semaine à l’institut Pasteur de Lyon ; c’est loin ! Alors je suis retourné à mon Lucrèce qui avec sa notion si poétique de "clinamen<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> j'ai une idée : et si l'Europe passait par moi.<br /> <br /> <br /> et si commencer par y voir clair à l'extérieur, commençait par discerner en moi...<br /> <br /> <br /> écouter mon désir profond, écouter ma construction du monde,  en passant par mon imaginaire symbolique ? en quoi l'écoute des mythes peut m'aider. Et si je tendais mon oreille à cette<br /> sagesse originelle ? et si je laissais oeuvrer la lumière qui est en moi, et si je me faisais confiance ?<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> L'Europe va-t-elle nous faire retrouver, aujourd'hui, notre fil d'Ariane ? Nous en aurions bien besoin....<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Europe<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Europe jeune princesse fit un jour un rêve étonnant où deux continents personnifiés tentaient de<br /> la séduire. Le matin venu, pour chasser ce rêve étrange, elle alla avec ses suivantes cueillir des fleurs dans une prairie voisine. C'est là que Zeus aperçut la jeune fille jouant avec ses compagnes et il en tomba<br /> immédiatement amoureux. Il jugea plus prudent de se changer en taureau pour échapper à la surveillance de sa femme Héra et pour mieux approcher les jeunes filles sans les effaroucher. Il prit la<br /> forme d'un beau taureau blanc au front orné d’un disque d’argent et surmonté de cornes en croissant de lune. Il se mêla paisiblement aux jeux des jeunes filles; il se laissa même caresser par<br /> Europe qui tomba sous son charme et s'assit sur son dos. Alors le dieu s'éloignant doucement de la terre, et se rapprochant des bords de la<br /> mer, bat d'un pied lent et trompeur la première onde du rivage; et bientôt, fendant les flots azurés, il emporte sa proie sur le vaste océan. Europe tremblante regarde le rivage qui<br /> fuit…<br /> <br /> <br /> Europe fut aimée de Zeus, et lui donna entre autre un fils nommé Minos père d’Ariane.<br /> <br /> <br /> Mais c’était un temps déraisonnable ou les dieux faisaient des enfants aux filles des<br /> hommes<br /> <br /> <br /> A moins que ce rêve étrange soit justement…<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> NÉCESSITÉ FAIT LOI<br /> <br /> <br /> ou, le principe de réalité vient toujours réguler le principe de plaisir.<br /> <br /> <br /> Si j'écoute les infos sur ce qui se passe dans notre vieille europe, habituée au principe de plaisir, et au chacun pour soi des nationalismes, avec la dégringolade de la monnaie euro,<br /> l'endettement de plusieurs états membres, et cette "crise" qui nous concerne tous, je commence enfin à trouver tout cela intéressant.<br /> <br /> <br /> Figurez-vous que je respire !<br /> <br /> <br /> A la maison, quand je veux faire un bon ménage, je commence par bouger tous les meubles. Mais j'ai un caractère rebelle, ou révolutionnaire, je vous l'accorde.<br /> <br /> <br /> Néanmoins, la nécessaire prise en compte de la réalité nous fait sortir de notre "mensonge du tout va aller bien, et surtout pour moi" installé là au milieu de nous. Nous voilà concernés,<br /> impliqués, sommés de réfléchir et d'oeuvrer avec sens. Nous n'avons même plus à devoir sortir du mensonge. Nous en sommes délogés par la réalité.<br /> <br /> <br /> Premièrement, elle oblige les concernés à se réunir, ensuite à s'écouter, enfin trouver une issue, même si certains renâclent à abandonner quelques prérogatives. On comprend que l'on ne pourra<br /> pas aller de l'avant, tant que nous resterons cramponnés à ce qui a été, et ne convient plus.<br /> <br /> <br /> Cela ne veut pas dire que ce qui a été, était mauvais. Pas du tout. En son temps, c'était une bonne réponse, mais comme tout est impermanent dans la vie, et que le propre de l'humain est sa<br /> capacité d'adaptation, et d'innovation, la mondialisation est une nouvelle réalité, un nouveau défi. Même si cela m'effraye, j'ai confiance.<br /> <br /> <br /> Les pays "émergents" la Chine, l'Inde, l'Amérique du Sud, la Turquie, ont le précieux rôle de ne pas nous laisser vieillir, de reconsidérer notre place, souvent arrogante... C'est la Chine qui<br /> prête aux USA jusqu'à présent, mais elle va peut-être avoir le désir d'investir cet argent pour la promotion de son peuple, et nous, nous devrons inventer d'autres qualités.<br /> <br /> <br /> Cela se fera, avec ou sans nous. Et cette dynamique de s'asseoir tous ensemble pour discuter nous est offerte dans ce blog d'Etienne. Je pense que nous ne l'utilisons pas avec assez de feu !<br /> Voilà plusieurs jours que les braises se refroidissaient.<br /> <br /> <br />  Quels sont vos points de vue ? Quels moyens mettre en oeuvre ... outre les mythes ! Que pouvons-nous faire émerger à notre niveau si petit soit-il, autour de soi ? Comment nous fédérer ? Ne<br /> dit-on pas que les gouttes d'eau font les rivières ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Josiane, je suis assez d'accord avec ce que tu dis. Dommage que je n'aie pas vu le film de Coline Serreau. Personnelllement je pense qu'avant toute intervention militante, qu'elle soit<br /> individuelle et collective, il faut tenter modestement de faire la lumière car nous n'y voyons pas très clair. Il est nécessaire de sortir du mensonge ou des à peu près, en somme essayer de faire<br /> oeuvre de vérité.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Merci pour ton approche pertinente de la mondialisation . Pour une fois , je n'ai pas eu de mal à suivre ton analyse ... Le mythe de la Tour de Babel  est d' une étrange modernité . Il nous<br /> renvoie à ces termes  curieux : " global English , continental breakfast, musique d 'aéroport " et à l'échec de l'esperanto car ce n'est pas une vraie langue .<br /> <br /> Les  exemples montrés dans le dernier film de Coline Serreau "Solutions globales / un désordre global " s'imposent -au moins à notre réflexion ! même si certains propos sont contestables<br /> .<br /> <br /> Les initiatives individuelles , relayées par les associations me paraissent nécessaires . En plus ,elles replacent l'homme-sujet au coeur du système, il n'est plus objet , cible du marketing<br /> .<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Mythes, raison, imaginaire et création<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour moi, les mythes sont du côté de la vision. D’une part ils donnent à voir ce qui fonde la raison. En même temps ils cachent, signifiant que la lumière<br /> originelle est toujours au-delà de ce que la raison peut appréhender. Mais cacher, c’est toujours donner à voir ; dans la burka, par exemple, comme le dit Axel Kahn, on donne plus à voir<br /> qu’avec la minijupe et l’exposition ostentatoire des seins féminins. Les mythes sont dans la séduction, révélant et cachant pour mettre en marche le désir de connaître et l’imaginaire lui-même.<br /> Aussi la raison n’est-elle rien sans cette lumière qui nous est donnée et que nous n’avons pas produite nous-mêmes, lumière bien au-delà de notre expérience.  Laissée à<br /> elle-même, elle finit par tourner en rond et par produire de la toute-puissance et de l’idéologie. C’est bien de cette Babel dont nous sommes menacés aujourd’hui. A mon sens, et je l’ai déjà<br /> exprimé, c’est pour un tel motif qu’il est urgent de revenir aux grands textes symboliques, qui contrairement à ce que nous pensons, sont à la source de la raison elle-même. Ils sont aussi à la<br /> source de la création parce qu’ils fondent aussi l’imaginaire.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Puisque nos échanges sur la mondialisation ont fait apparaître l'urgence de l'émergence du Sujet en chacun de nous, je voudrais partager avec vous tous, une réflexion de JUNG, sur un très ancien<br /> concept le MISONÉISME, c'est-à-dire la peur de ce qui est nouveau et inconnu. (cf L'Homme et ses symboles, livre cité dans cet article)<br /> <br /> <br /> ce commentaire pourrait s'intituler RAISON, MISONÉISME et SYMBOLISATION<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L'homme utilise le mot parlé ou écrit pour transmettre à autrui ce qu'il a à l'esprit. Son langage est rempli de symboles. Le symbole implique quelque chose de vague, d'inconnu ou de caché pour<br /> nous. Donc, un mot ou une image sont symboliques lorsqu'ils impliquent quelque chose de plus que leur sens évident et immédiat. Ce mot, ou cette image, ont un aspect "inconscient" plus vaste, qui<br /> n'est jamais défini avec précision, ni pleinement expliqué. Personne d'ailleurs, ne peut espérer le faire. Lorsque l'esprit entreprend l'exploration d'un symbole, il est amené à des idées qui se<br /> situent au delà de ce que notre raison peut saisir. C'est parce que d'innombrables choses se situent au-delà des limites de l'entendement humain que nous utilisons constamment des termes<br /> symboliques pour représenter des concepts que nous ne pouvons ni définir, ni comprendre pleinement. C'est aussi une des raisons pour lesquelles les religions utilisent un langage symbolique et<br /> s'expriment par images.<br /> <br /> <br /> L'homme crée des symboles de façon inconsciente et spontanée, bien qu'il ne perçoive jamais rien pleinement, comme nous nous en rendons compte sitôt que nous réfléchissons, car notre perception<br /> (vision) de la réalité comporte des aspects inconscients. A ces aspects inconscients de nos perceptions conscientes, il faut ajouter les événements dont nous n'avons pas pris note consciemment.<br /> Ils sont restés, en quelque sorte, en dessous du seuil de conscience. Ils se sont produits, mais nous les avons enregistrés subliminalement, à notre insu. L'homme n'a développé sa conscience, sa<br /> raison, que graduellement, laborieusement, au cours d'un processus qui s'est prolongé pendant des siècles innombrables. Elle est fragile, menacée par des dangers spécifiques, aisément blessée, et<br /> susceptible de se fragmenter.<br /> <br /> <br /> Notre esprit a une faculté d'une grande valeur, qui est de pouvoir concentrer notre attention sur une chose à la fois, à l'exclusion de ce qui le sollicite par ailleurs. Mais il y a une grande<br /> différence entre la décision que nous pouvons prendre de mettre à part, et le fait de supprimer momentanément une partie de notre psyché, et ce, à notre insu, sans le consentement du sujet, et<br /> même contre sa volonté.<br /> <br /> <br /> Nous constatons que l'unité de notre conscience (vision + raison) reste quelque chose de précaire. Ensuite, JUNG, étudie la faculté de symbolisation de l'homme à travers les rêves, champs<br /> d'exploration du symbolique.<br /> <br /> <br /> (Tiens ! les mythes et les rêves auraient une parenté !) Les uns comme les autres dévoileraient des schèmes fondamentaux. Ils nous révèlent pourquoi notre conscience résiste naturellement à tout<br /> ce qui est inconnu, ou inconscient.<br /> <br /> <br /> Je ne sais pas si je suis hors-sujet, mais j'ai l'impression de tenir un fil d'Ariane... <br /> <br /> <br /> Qu'en pensez-vous ?<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Imaginez un seul instant, cette photo avec seulement les grands lasers se projetant dans le ciel...<br /> <br /> <br /> Elle aurait un autre langage : scruter le ciel sombre, ou encore une enflure de l'orgueil humain. C'est parce qu'à chaque fenêtre une petite flamme brille que les lasers sont là comme un<br /> embrasement, une couronne de Lumière.<br /> <br /> <br /> Tout au début de l'article Ibrahim a une expression qui convient à cette photo "entre gens de bonne volonté". Et ce n'est même plus une question religieuse, c'est le socle que donne l'espérance<br /> d'un langage partagé.<br /> <br /> <br /> Je repense encore à ce qu'à dit Gérard Jaffredou  dans cet article : (de mémoire) de l'infiniment grand à l'infiniment petit. C'est aussi une voie. Avec Babel, nous tentons de nous hisser<br /> vers l'infiniment grand, et nous oublions la petite flamme de notre infiniment petit, nous oublions que les lasers de lumière vers le ciel n'ont de sens que par les multiples petites flammes.<br /> <br /> <br /> Ainsi, commençons par allumer chacun notre esprit, tant que nous avons encore la chance d'avoir un corps pour cela.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> La fête des lumières à Lyon<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Il manque en effet le tiers. En dernière instance, je pense qu'il s'agit de l'Esprit Saint qui communique, en même temps, Lumière et Raison, ou de l'Esprit (qui est la même chose) pour ceux qui<br /> ne se situent pas dans la foi.<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> DE LA VISION ET LA RAISON<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Vous retirez le condensé de nos réflexions. Car il est intéressant de mettre en relation ces deux éléments : à mon sens, il leur manque un troisième terme qui leur permettrait l'étincelle - la<br /> question de l'altérité du sujet -.<br /> <br /> <br />  Nous pouvons constater que nous sommes entrain de vivre le temps de la dispersion des hommes, et la direction vers la standardisation que curieusement elle entraîne. Une défense sans doute<br /> contre notre peur d'inventer, d'être neufs.<br /> <br /> <br /> Les mythes révèleraient un langage symbolique et hors du temps qui nous aiderait à sortir de Babel. pour cela je pense venir au prochain café philo, qui traite d'un sujet auquel je travaille (sur<br /> moi) pour le moment.<br /> <br /> <br /> Quand vous parlez de vision, parlez-vous d'elle comme du prophétisme ? ou comme celle décrite par Platon dans le Banquet ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une sagesse indienne dit que l'on s'enlève une épine avec une autre épine. En quelque sorte, la solution est dans le problème. Or, comme à l'évidence l'altérité est en défaut, ne serait-ce pas<br /> récupérer notre altérité de sujet qui serait une voie ?<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Babel, la vision et la raison<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quelle que soit la vérité, il me semble que la légende de la soie est une belle fable pour nous montrer comment sortir de Babel. Au départ une sorte de lumière<br /> survenue par hasard. Ensuite le développement qu’en a fait la raison. L’intelligence des peuples et des individus est faite, en même temps, de vision et de raison. Babel fait son apparition<br /> lorsqu’on ne veut prendre qu’une dimension de l’intelligence : la vision ou la raison. La Babel d’aujourd’hui est faite d’une raison qui tourne sur elle-même. Elle a perdu la vision et se<br /> transforme en idéologie qui nous oppose les uns et les autres. Il n’existe plus aujourd’hui de grande vision qui pourrait régénérer l’intelligence et le monde lui-même. C’est pourquoi l’idée est<br /> venue de travailler sur les grands textes symboliques : les mythes, certains contes, les grands textes religieux.  Les textes symboliques portent la vision ; leur<br /> interprétation développe la raison. Le jeu entre les deux peut développer une intelligence capable de transformer le monde au-delà des grandes tours, qui peuvent être de faux semblants de la<br /> puissance et la cible des apprentis sorciers…<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Hé!bé! Thé!! Dzq circonvolutions ascentionnelles verticlales de la tour de BBL , au fil de soie en passant par l'horizontalité  d'un labyrinthe avec son mangeur d'hommes au centre, ce<br /> Minminotaure au corps d'homme et tête sans paroles et sans langue , que de chemin!  En tout cas ne revoilà sur le chemin du commerce, et de ses langages, tous ceux qui émaillèrent le chemin<br /> de la soie.... Un point commun entre tous ses peuples et ses langues, les codes du commerces... Pourquoi et comment le chemin de ce fil de soi (e) s'est-il perdu pour les uns, ou continué dans<br /> une divesification des matières  et un élargissement au mondial commerce avec ses langjes qui échappent au quidam que je suis?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> O "Bas Belle", quelle tour! tu nous a fait!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La mondialisation de la Soie<br /> <br /> <br /> La chine gardera le secret de sa fabrication pendant plusieurs siècles, la divulgation de ce secret étant puni de mort, l'Europe ne pourra se procurer le<br /> textile qu'à prix d'or. La soie restera synonyme de richesse pendant longtemps.<br /> La<br /> légende dit que la découverte de son principe est due à un hasard et à une jeune princesse chinoise qui prenait son thé sous un mûrier. Un cocon de Bombyx (qui se nourrit exclusivement de feuilles<br /> de mûriers) échoue dans sa tasse. Voulant le retirer, elle s'aperçoit que le cocon se dévide en un fil très fin.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> Je reste sur ma position non-merci Lucette point Danièle<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Je rentre d'un petit voyage dans ma belle-famille clermontoise, et ne vous réponds que maintenant, Danièle.<br /> <br /> <br /> Vous posez une question intéressante sur "les valeurs religieuses ou politiques de l'ordre de l'intime", même si vos termes sont inexacts, car je réfléchissais plus sur des valeurs spirituelles<br /> et non religieuses, et à des valeurs de promotion de l'humanité sous leur jour d'engagement. A tout cela, la philosophie peut conduire.<br /> <br /> <br /> Alors, cela est-il de l'ordre de l'intime, ou du personnel, ce qui est proche, mais non semblable. Les valeurs politiques, philosophiques, religieuses, sont personnelles de fait, et en ce sens<br /> elles ne peuvent être qu'exposées, discutées, mais jamais imposées. Qu'elles soient personnelles, n'impliquent pas qu'elles ne soient pas publiques.<br /> <br /> <br /> A la réflexion, Danièle, que vous aurais-je imposé ?<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Mon non-merci est adressé à Lucette,<br /> Je<br /> pense que les valeurs politiques ou religieuses sont du domaine de l’intime. Elles ne doivent jamais m’être imposées de façon aussi trachées.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Pour que ce soit clair pour tout le monde, il faudrait Danièle que vous explicitiez votre non-merci ! Enfin si vous voulez...<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> Non-merci Lucette ne la part de Danièle<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br />  Etienne, cet amour-là est brûlant. C'est l'amour mystique... et c'est vrai qu'il n'y a pas de<br /> hiérarchie comme je l'avais compris. vous m'aidez.<br /> <br /> <br /> POUR RELANCER LE DEBAT SUR LA MONDIALISATION<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La Conférence d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) se tient à New York en mai 2010. La communauté<br /> internationale se dit prête à engager un processus de désarmement nucléaire après les déclarations de Barack Obama. Mais la France se dit opposée à participer à un tel processus. L’Assemblée<br /> générale des Nations Unies a voté en 2007 le principe d’une Convention d’élimination des armes nucléaires, le Parlement de l’Union européenne en a émis la recommandation en avril 2009, de<br /> nombreuses commissions et personnalités en soulignent l’urgence.<br /> <br /> <br /> j'ai écrit à herve.morin@defense.gouv.fr pour que la France s'engage dans un désarmement nucléaire, bien<br /> que je ne sois pas une "personnalité" ! A nous tous, de la base, l'urgence pousse, haut les coeurs !<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Le lien entre l’Un et l’amour dans l’Évangile de Saint Jean<br /> <br /> <br />   <br /> <br /> <br /> Jn 17:20-                Je ne prie pas pour eux<br /> seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à   leur    parole, croiront en moi,<br /> <br /> <br /> Jn 17:21-                afin que tous soient un. Comme<br /> toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi   soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé.<br /> <br /> <br /> Jn 17:22-                Je leur ai donné la gloire que<br /> tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un :<br /> <br /> <br /> Jn 17:23-                moi en eux et toi en moi, afin<br /> qu'ils soient parfaits dans l'unité, et que le  monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Je reprends l'expression de Lucette : "L'amour a pour fin ultime le mystère de l'Un". Cette formule me gêne car ce n'est pas l'Un qui est mystère, c'est l'amour lui-même. L'Un n'est pas au-delà<br /> de l'amour. Il est un effet de l'amour. Et dans l'amour, chacun est soi-même en étant dans ou avec l'autre. Il n'y a pas dépassement de l'être ou de l'être soi mais promotion de l'être soi dans<br /> l'être avec. Pour moi, l'amour est au-delà de l'unité illusoire que serait la fusion. Mais tout peut être discuté.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> La fusaïole<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La fusaïole, est un petit peson conique percé d’un trou retrouvée dans des sépultures antiques. Sur l’une d’elle cette inscription: "la femme active et diligente"<br /> Je pense la fusaïole, fait aussi office de plombage de la chaîne. (voir le métier à tisser des temps anciens Commentaire n°75)<br /> La dame de Roumanie illustre de façon merveilleuse ce qui sera la trame. Il est intéressant de noter que ses ouvrages sont tissés dans la même la laine. La chaîne est cordée donc plus solide et<br /> moins moelleuse que la trame, ce qui donne à ce travaille fait main une souplesse inégalable.<br /> Peut être serait il utile de rappeler que l’architecte Dédale avec la complicité d’Ariane, en secret, mirent au point cette solution pour sortir du labyrinthe: le fameux fil d'Ariane.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> l'Amour a pour fin ultime le mystère de l'Un.<br /> <br /> <br /> Je pourrais encore partager une autre approche d'Ariane, figure de la femme, illustrant l'anima de la psyché du sujet masculin, ou la Liberté guidant les révolutionnaires français par<br /> Delacroix... ou la Sibylle qui communiquait avec les dieux... mais, je culpabilise, car Danièle, vous et moi sommes encore les seuls à intervenir pour le moment. Et Yvon nous a déjà une fois<br /> alertés...Alors, je me tairai tant que d'autres ne feront pas écho.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Nous avons besoin d'Ariane mais nous avons aussi besoin du passé pour inventer l'avenir au-delà de Babel ; comme le souligne la chanson, le fil de laine tisse le temps et nous relie à toutes les<br /> générations qui nous ont précédés.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Nous avons besoin d'Ariane et nous avons aussi besoin du passé car le fil de laine nous relie à toutes les générations passées comme le souligne la chanson.<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> File la laine de Robert Marcy<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dans la chanson de nos pères<br /> Monsieur de Malbrough est mort<br /> Si cétait un pauvre hère<br /> On n'en dirait rien encore<br /> Mais la dame à sa fenêtre<br /> Pleurant sur son triste sort<br /> Dans mille ans, deux mille peut-être<br /> Se désolera encore.<br /> <br /> File la laine, filent les jours<br /> Garde ma peine et mon amour<br /> Livre d'images des rêves lourds<br /> Ouvre la page à l'éternel retour.<br /> <br /> Hennins aux rubans de soie<br /> Chansons bleues des troubadours<br /> Regrets des festins de joie<br /> Ou fleurs du jolie tambour<br /> Dans la grande cheminée<br /> S'étaint le feu du bonheur<br /> Car la dame abandonée<br /> Ne retrouvera son cœur.<br /> <br /> File la laine, filent les jours<br /> Garde ma peine et mon amour<br /> Livre d'images des rêves lourds<br /> Ouvre la page à l'éternel retour.<br /> <br /> Croisés des grandes batailles<br /> Sachez vos lances manier<br /> Ajustez cottes de mailles<br /> Armures et boucliers<br /> Si l'ennemi vous assaille<br /> Gardez-vous de trépasser<br /> Car derrière vos murailles<br /> On attend sans se lasser.<br /> <br /> File la laine, filent les jours<br /> Garde ma peine et mon amour<br /> Livre d'images des rêves lourds<br /> Ouvre la page à l'éternel retour.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> <br /> Le filage de la laine à l’ancienne<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Du don de l’Autre au miracle de l’homme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> "Si tu es victorieux, tu pourras retrouver ta route grâce au fil que tu auras dévidé".<br /> <br /> <br /> Dans nos contrées, pour filer les toisons de laine, l'homme du Néolithique a commencé en utilisant ses mains et sa cuisse qui servait à rouler la fibre, puis grâce<br /> à une petite tige de bois fixée sur un poids en terre, cuite ou non, en pierre, en os (la fusaïole sorte du pendule de Foucault) le travail est devenu plus rapide et plus régulier. Cet outil, le<br /> fuseau, a été utilisé jusqu'à récemment parce qu'il pouvait s'emmener partout. Ainsi les Marcheurs bergers, ou voyageurs de tous poils pouvaient filer la laine où qu'ils soient, une main évidait<br /> un flocon de laine, le pouce et l’indexe de l’autre main distribuait les fibres à la fusaïole pour que le brins effectuent une torsion naturelle… C’est par une activité juste (les mains), mesurée<br /> (le fil), en acceptant le don de l’Autre (un flocon de laine ou autre) que l’homme accomplit son propre miracle, retrouve ainsi un idéal qui est puissamment renouvelé et infini (la marche<br /> ).<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La femme et le mythe de Thésée associé au fil d’Ariane<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le mythe de Thésée rejoint étonnamment les Mille et une Nuits, qui cherchent à humaniser l’homme en faisant une place à la femme et au féminin. Dans le mythe de<br /> Thésée, nous assistons à une transformation du pouvoir. Le minotaure est la représentation de la toute-puissance masculine. Il y a bien un corps d’homme mais la tête est celle d’un animal. Thésée<br /> qui n’est qu’un homme ne pourra seul vaincre le minotaure. En secret Ariane lui donne une épée magique pour tuer le monstre et un fil qu’il attachera à un pilier pour se retrouver dans le<br /> labyrinthe, une fois son travail accompli. C’est son pouvoir de femme qu’elle associe ainsi au pouvoir déjà extraordinaire de l’homme Thésée. Il n’en faudra pas plus pour venir à bout du monstre<br /> et de la tyrannie du pouvoir. Grâce à l’apport secret du féminin, la force et le courage du héros acquièrent une dimension magique et son intelligence décuplée par un surplus de finesse permet de<br /> trouver la meilleure issue aux difficultés les plus inextricables. On aurait aimé qu’Ariane suive Thésée pour devenir la reine d’Athènes. Mais ce n’était probablement pas encore le moment pour<br /> donner à la femme toute la place qui lui revient. Ce sera pour plus tard, un moment que nous attendons encore. Toutefois, les hommes ont pu provisoirement progresser dans le sens de la<br /> démocratie. Le nouveau royaume de Thésée est fondé sur la liberté et la sagesse, avec une assemblée nouvelle de conseillers, permettant d’échapper à la tyrannie d’un seul.<br /> <br /> <br /> Lucette, je crois que vous avez déjà trouvé la réponse à votre problème. L’être est du côté de l’acte d’exister, l’Être suprême fonde l’acte d’exister et l’au-delà<br /> de l’Être suprême est l’Un, tout au moins pour des philosophes tels que Plotin.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> LE SUJET<br /> <br /> <br /> Le conte de Thésée, n'est pas si éloigné de ce que nous fait travailler cet article, à savoir la constitution du sujet dans son environnement, qu'il soit une famille, un groupe, ou une société.<br /> <br /> <br /> J'y lis la constitution de l'Être dans le désir : par la rencontre de l'autre. On peut comprendre la puissance des mythes qui ne sont pas des récits fabuleux de quelques poètes antiques, mais des<br /> discours à finalité didactique. Ici, Ariane, qui se tenait à côté du père, va s'en démarquer en osant aller contre sa volonté vers un autre. De même Thésée, à travers le labyrinthe éprouvant, va<br /> affronter la figure du père, et le tuer. Dans les deux cas, on retrouve le mythe d'Oedipe, et sa sortie. Oser devenir soi-même grâce à l'autre, grâce à l'Amour de l'autre, en bravant ses peurs.<br /> <br /> <br /> Le sujet ne peut se constituer sans altérité, dans un va et vient, qui est pour moi le langage symbolique.<br /> <br /> <br /> J'ai écouté hier soir sur France Culture, Lucien Jerphanion, historien de la philosophie. C'est curieux comme ce blog m'ouvre à ce domaine que je n'avais côtoyé qu'en terminale... Il parlait bien<br /> sûr d'Augustin, avant qu'il ne soit saint, de ses aspirations terrestres qui l'ont conduit à être un haut fonctionnaire à Rome, côtoyant des personnages éminents, avant de reconnaître enfin son<br /> désir d'être quelqu'un, un sujet. Le premier à employer le "je" dans un mouvement introspectif, de conversion, pour se tourner vers l'ineffable.<br /> <br /> <br /> Lucien Jerphanion a évoqué aussi Plotin, pour qui le langage ne peut pas rendre compte de toute la réalité. Car "l'Un se dérobe à tout énoncé à son sujet, étant au-delà de l'Être, au-delà de la<br /> vérité, il est impossible de dire quoi que ce soit à son sujet". Et ce philosophe a lâché une phrase qui m'a beaucoup questionnée, et pour laquelle j'aimerais que vous m'aidiez : il disait que<br /> St-Augustin n'avait compris que deux dimensions de la pensée de Plotin qui en comprenait trois.<br /> <br /> <br /> L'être, l'Être Suprême, et l'Au-delà de l'Être.<br /> <br /> <br /> Augustin n'aurait été que jusqu'à l'Être Suprême. <br /> <br /> <br /> Que pouvons-nous entendre par "l'Au-delà de l'Être" ?<br /> <br /> <br /> Ah j'oubliais Danièle. Oui, le petit prince de St-Exupéry demandait qu'on lui dessinât un mouton. Mais avec une muselière, car il avait une rose, "unique" parce qu'il en était responsable, et que<br /> rose et mouton...hum ! Et si m'écouter penser est métaphorisé par l'image de la navette, je ne puis plus la déposer. Je reste sensible à votre pensée de moins "faire".<br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Pendant ce temps, en suivant le fil d’Ariane, Thésée retrouvait son chemin. Il rejoignit bientôt ses compagnons. Tous voulurent l’embrasser et lui témoigner leur<br /> reconnaissance. Soudain, la princesse sortit devant eux comme si elle était sortie de terre. « Suivez-moi vite, s’écria-t-elle, mon père a découvert que je vous avais aidés. Il est furieux<br /> et ne veut pas tenir sa promesse. Avant qu’il ne lance ses gardes à notre poursuite, nous devons embarquer à bord de votre bateau. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Aussitôt ils se mirent tous à courir derrière Ariane, qui les fit sortir du labyrinthe par un chemin qu’elle seule connaissait et qui menait droit à la mer.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  (Mythes et légendes de la Grèce antique, éd. Gründ, Prague 1991)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Le fil d’Ariane (Thésée)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ariane, la fille du roi, qui se tenait auprès de lui, écouta cette conversation avec émerveillement. Elle ne pouvait détacher son regard de ce beau jeune homme. Son<br /> image demeura en elle lorsqu’il fut parti. Elle se mit à le plaindre, sachant que sans son concours, il n’échapperait pas à la mort. Son désir de sauver Thésée fut le plus fort. La nuit venue,<br /> elle se leva en cachette, traversa le palais et se rendit à la prison où étaient enfermés les jeunes gens. Ils dormaient tous d’un sommeil agité, sauf Thésée, qui était éveillé. Ariane ouvrit le<br /> cadenas secret et l’appela doucement. Le héros avait espéré une aide divine, et voici qu’elle venait sous la forme d’une ravissante jeune fille. « Je sais que tu veux tuer le Minotaure, lui<br /> murmura-t-elle vivement, mais tu auras du mal à le vaincre seul. Je t’ai apporté un écheveau de fil. Dès que tu seras entré dans le labyrinthe, attaches-en une extrémité à un pilier et défais-le<br /> tout au long du chemin. Tu ne pourrais pas tuer le monstre avec une arme ordinaire : voici un glaive magique. Si tu es victorieux, tu pourras retrouver ta route grâce au fil que tu auras<br /> dévidé. » Thésée voulut remercier la princesse, mais Ariane avait déjà disparu dans l’obscurité de la nuit. Si elle ne lui avait pas laissé l’écheveau et l’épée, il eût douté de sa présence<br /> et aurait cru avoir rêvé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le lendemain matin, les gardes ouvrirent les portes de la prison et emmenèrent les futures victimes au labyrinthe. Les garçons baissaient la tête, les filles<br /> pleuraient. Seul le héros marchait la tête haute, en encourageant ses compagnons. Il avait caché, sous ses vêtements, les présents d’Ariane. Ils pénétrèrent dans le sinistre ensemble de passages<br /> sinueux et de sombres cavernes. Thésée ordonna à ses compatriotes de rester près de la sortie et, quant à lui, il partit à la recherche du Minotaure. Obéissant aux consignes qui lui avaient été<br /> données, Il attacha le fil au premier pilier et se mit à le dérouler au fur et à mesure qu’il avançait. L’imposante construction de Dédale demeurait aussi silencieuse qu’un tombeau. Le jeune<br /> homme se frayait un chemin dans les sentiers obscurs, tandis que des chauves-souris affolées lui cognaient la tête de leurs ailes. Il traversa des pièces où les murs avaient craqué sous la<br /> chaleur du soleil, et pénétra dans des grottes sentant la pourriture et le moisi. Tout était silencieux. Seules quelques souris se hâtaient vers leur trou en se sauvant sur son passage tandis<br /> qu’une araignée abandonnait la toile qu’elle tissait. Thésée épongea la sueur de son front et s’engagea dans le long couloir. Les rayons du soleil l’éclairèrent un moment, lui permettant<br /> d’apercevoir les taches de sang séchées. Soudain, éclata un rugissement aussi fort que le tonnerre. Le héros se saisit de son glaive magique et s’approcha de l’endroit d’où venait le bruit. Le<br /> fracas s’amplifia, devint semblable au grondement de la mer démontée et au claquement de la foudre dans le ciel. Les piliers du couloir se mirent à trembler comme si une tempête s’y était<br /> déchaînée.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A un tournant, Thésée aperçut le Minotaure. Il piétinait un amas d’os blanchis en secouant sa monstrueuse tête de taureau. Son corps était celui d’un homme, mais<br /> gigantesque. Des flammes vertes et jaunes s’échappaient de ses naseaux et il exhalait un souffle empoisonné. Il tendit ses bras velus pour écraser le héros. Mais celui-ci, d’un bond, se mit hors<br /> d’atteinte, obligeant l’ignoble créature à se retourner pesamment. Alors Thésée prit son élan et enfonça son arme droit dans le cœur du Minotaure. La terre trembla tandis que le monstre tombait<br /> et s’enfonçait dans le sol. L’écho de sa chute résonna dans tous les sentiers, les grottes et les couloirs. Ceux qui avaient accompagné le jeune homme dans le labyrinthe furent saisis de panique<br /> en entendant ce fracas : « Le Minotaure a attaqué Thésée et l’a tué, » dirent-ils avec désespoir. Et accablés de chagrin, il attendirent leur tour.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> <br /> Danièle vient de nous jeter le fil d’Ariane<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> <br /> Nous étions bloqués<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> C'est drôle ! Le thème du prochain blog sera le fil d'araignée, une version très proche du fil d'Ariane...<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Vous être d’accord Lucette !<br /> <br /> <br /> Donc, je reprend mon petit texte :<br /> <br /> <br /> « Un mouton c’est<br /> joli un mouton dans un parc, et aussi efficace qu’une tondeuse… », cette phrase est une proposition symbolique de ma part. Que vous preniez votre temps et de la distance pour me répondre cela<br /> va de soi. Par votre « mais dessinez-moi un mouton » vous symbolisé l’infant "Le petit prince" face à Saint-Exupéry.<br /> <br /> <br /> Je ne suis pas Saint-Exupéry, mais fille<br /> d’un autre homme, qui pratique le Vol à Voile : avion sans moteur "Le Planeur". Mais je n’ai pas acquis ses compétences.<br /> <br /> <br /> « Un mouton avec une muselière ! » Certainement pas. « Vous devinez pourquoi » Non je ne devine rien.<br /> <br /> <br /> Par contre : et là je vais vous surprendre. Je suis maître d’apprentissage dans filaire du textile.<br /> <br /> <br /> Je vous propose donc Lucette et à titre personnel de poser votre navette.<br /> <br /> <br /> Merci Danièle<br /> <br /> <br /> Au maître incontestable de ce blog, je veux dire Etienne Duval<br /> <br /> <br /> Je pense que nous avons tous à comprendre La Toile et peut être même le fil d’Ariane. Car vu du<br /> ciel Babel est peut être le<br /> labyrinthe qui mène au Minotaure.<br /> <br /> <br /> Ps : Le bitume malencontreusement utilisé comme ciment par les hommes de<br /> Babel, est aussi utilisé par Noé afin de calfeutrer le dedans et le dehors de<br /> l’Arche.<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Danièle, je ne vous ai pas répondu pour le mouton qui pourrait remplacer la tondeuse. Je suis d'accord, mais dessinez-moi un mouton avec une muselière ! Vous devinez pourquoi...<br /> <br /> <br /> je n'adhère pas à cette assertion de l'homme chef de la femme, et elle cou de lui. La relation ne serait-elle pas confondue avec dépendance. Intéressante remarque cependant qui peut nous<br /> interroger sur l'image des membres qui forment un corps reprise par l'Ecriture - celle des individus qui forment une société - ou des fils qui tissent une étoffe.<br /> <br /> <br /> Cet ancien métier à tisser de haute-lisse me parle. Tout ce qui est a une parole. Serais-je animiste, car l'oiseau, la graminée ou la goutte de rosée lourde sur elle me parlent aussi ?<br />  Voilà ce que j'entends quand mes yeux tendent leurs oreilles. <br /> <br /> <br /> D'abord un cadre, qui forme des limites. Des fils de chaîne qui ont un commencement et une fin, car ici pas de rouleau d'ensouple. Je peux y lire ma vie ou celle de l'humanité. Nous sommes<br /> inscrits dans le Temps.<br /> <br /> <br /> Et là, toute la liberté : le choix des fils de trame.  Un brin rouge ? mais c'est l'ocre qui est venu... la capacité d'étonnement de l'instant qui tisse des séquences, elles-mêmes tissant un<br /> tout, qui ne se comprend que l'écoulement du temps passé, toute volonté de contrôle ayant cédé. Je remarque que la trame se construit par deux entrées, haut et bas, abstrayant toute topique,<br /> corps et esprit. Interrogeant non ? Quel est cette énergie qui trame vers une rencontre ?<br /> <br /> <br /> Résonne encore en moi cette parole d'Eugène Duval "la parole ne vient pas du groupe" qui se tisse avec celle d'Etienne "la constitution du sujet est une exigence sociale".<br /> <br /> <br /> A nos navettes !<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> J'aimerais beaucoup, Etienne, faire un bref rappel sur le commentaire posté le 06/06/2009 par monsieur Denis Jeanson : « si l'homme est le chef de la femme, joli jeu de mot, la femme reste le cou<br /> de l'homme, et donc pas de mouvement du chef sans qu'il ne prenne son origine dans le cou »<br /> Pour le cou... Ecouter et récouter la Conférence excellente et lumineuse de "Michel Serre sur la révolution numérique"<br /> Petite note très personnelle :<br /> Je vous conseille de regarder cette vidéo aussi en version muette, afin d’y découvrir l’expression corporelle de monsieur Serre c’est tout un programme…Ses Mains !!! Elan Spirituel<br /> Grand merci pour cette découverte. A bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
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