Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:23

http://www.mlahanas.de/Greeks/Mythology/RM/AntigoneOedipusCFJalabeat.jpg

Antigone leads Oedipus out of Thebes,

Charles François Jalabert

Passer par Antigone pour comprendre le bouddhisme


Une des ambitions de ce blog, au cours de l’année 2012-2013, est d’ouvrir à une meilleure compréhension du bouddhisme, qui est un des socles majeurs de la culture mondiale. Pour cela nous proposons au lecteur un article que nous livre L’école occidentale de méditation dans sa newsletter de décembre 2012.

 

«Ce n’est pas pour partager la haine mais l’amour que je suis née»

Sophocle, Antigone

 

Le parti pris de l’amour

Les grandes paroles sur l’amour ne sont pas exclusives aux religions. L’une des plus frappantes et des plus héroïques a été prononcée par Sophocle dans l’une de ses pièces de théâtre les plus célèbres, Antigone. Comme tous les monuments, chaque lecture en renouvelle le sens qu’il faut toujours reprendre, questionner à neuf, chercher à mieux discerner. Antigone nous parle de la place de l’amour dans notre propre existence si bien que la lire encore aujourd’hui est une leçon.

 

La pièce de Sophocle Antigone raconte comment Polynice et Étéocle, fils d’Œdipe, se battent pour le trône de Thèbes. A la mort de leur père, les deux frères avaient convenu de régner à tour de rôle sur Thèbes. Mais le moment venu, Étéocle refuse de laisser le trône à son frère. Polynice, furieux, se rend à Argos et, ayant rassemblé une armée, part en guerre contre son frère. Étéocle et Polynice s’entretuent au cours d’un combat.

 

Le roi Créon décide de punir Polynice, qui a combattu contre sa patrie, en refusant de lui donner une sépulture. C’est un geste d’une violence extrême, Mais pour lui, la chose est claire : Polynice n’a pas le droit aux honneurs funèbres. Antigone, sœur des deux frères, décide en revanche de l’enterrer contre l’avis royal.

Elle est alors arrêtée. Le roi l’invite à renoncer à son action, mais Antigone lui répond : « Ce n'est pas pour partager la haine mais l'amour que je suis née ».

Cette phrase assume le véritable scandale de l’amour. L’amour  met à mal et  refuse l’ordre habituel qui fonde toute société.  Et en effet, dans la pièce, chacun, plein de bon sens et de bons sentiments, tente de raisonner Antigone. Mais elle, elle affirme que son amour n'est pas raisonnable ! Elle sait que l’amour appartient à un autre règne…

 

On la prévient. Elle va payer de sa vie son engagement pour l’amour. Mais Antigone  l’accepte. Elle est prête à mourir pour ceux qu’elle aime.

 

Un enfermement dans la subjectivité ?

Sophocle est avec Homère le grand instituteur de la Grèce. Homère établit le socle de la civilisation — et les jeunes gens en apprenant par cœur, pendant des générations, des chants de l’Iliade et de l’Odyssée, en ayant à l’esprit les exemples des grands héros qui y sont décrits, apprenaient à être ainsi plus amplement humain. Sophocle joua lui, un rôle dans l’établissement de la démocratie — la tragédie étant par excellence l’exposition d’un conflit exposé en un dialogue. Quel est le conflit ici présenté ?

On a souvent expliqué que nous assistions dans cette tragédie à l'opposition entre la Loi de la Cité et un désir particulier —  soit pour affirmer qu’Antigone est le sursaut de l’individu contre la loi qui devient arbitraire, soit pour dénoncer l’individualité excessive d’Antigone qui n’est pas encore advenue à une pleine pensée de la Loi. Pour Hegel notamment, Antigone  « invoque la loi des dieux, mais les dieux intérieurs du sentiment, de l’amour et du sang, et non pas les dieux diurnes de la vie libre et consciente de soi du peuple et de l’État». Antigone serait ainsi la passion de l’intérêt particulier contre celui de la communauté, l’intérêt familial contre la prospérité de la communauté, la piété familiale contre le bien public. Elle est la revendication ! de la loi intérieure de l'individu contre la loi générale de la communauté. Or, pour Hegel, nous devrions être prêts à un sacrifice individuel pour que la communauté soit. Il importe même, dirait-il, d’être prêt à renoncer à l'amour pour permettre la vie en commun et entrer ainsi dans l’ordre de l’objectivité.

 

Nous sommes les héritiers de cette vision — sans même le savoir. L’amour nous semble une question individuelle qui n’a pas à entrer en ligne de compte dans le champ social.

 

En vérité, pourtant, l’interprétation que donne Hegel de la tragédie restreint ce qui  est vraiment en jeu dans le texte de Sophocle. L’amour n'y est nullement une vérité individuelle, mais appartient au divin — et laisse absolument tout sans voix, même le discours de la philosophie. Et il n’est pas secondaire que cette parole soit celle d’un poète — c'est-à-dire de cette parole que la pensée Occidentale n’a jamais vraiment su entendre.

 

L’amour est démesure

Que dit cette parole poétique ? Que l’amour de Créon est mesuré et étroit.

Sans doute Créon aime-t-il les siens, mais il les aime comme tout le monde aime la plupart du temps, de manière narcissique. Il aime ses proches parce qu’ils manifestent et servent sa propre force. Il aime en faisant de l’amour un instrument de sa propre suffisance. C’est dire qu’au fond il ne les aime pas vraiment car leur être lui est entièrement inaccessible et que pour lui l’essentiel est d’affirmer et de croire en sa propre puissance.

 

Quand on lui demande s’il enverra vraiment à la mort la fiancée de son fils, il répond avec une entière grossièreté qui témoigne d’une profonde incompréhension de l’amour : « il trouvera d’autres ventres à labourer »… C’est qu’il ignore même l’amour et l’humanité de son propre fils.

Il est saisissant de constater que cette perspective est toujours la nôtre. Que notre monde pense comme Créon. L’amour est une question d’hormones dirait-on aujourd’hui…

Ma conviction est que Créon, comme toute société, tend à mépriser l’amour car, en vérité, il en a peur. Nous voulons aimer pour être rassurés, nous sentir bien, éprouver notre puissance. Mais en vérité l'amour est sans commune mesure avec notre intérêt personnel. Il est trop vaste.

Et telle est la beauté du geste d’Antigone. Elle nous rappelle que l’amour authentique est cet engagement de tout l’être qui outrepasse toute mesure individuelle et va jusqu’au plus intense sacrifice.

 

L’amour est confiance et inquiétude: la tragédie de l’amour

Antigone révèle ainsi que l’amour a une double nature — il est à la fois un état de confiance et de paix et, dans le même temps, la suprême inquiétude qui exige de tout risquer.

En effet, d’un côté l’amour est bien un état de confiance et d’absence de peur : Antigone aime son frère inconditionnellement et affronte, pour ce faire, tous les dangers. Et dans l’amour, nous sentons une plénitude entière et souveraine.

Mais d’un autre côté, l’amour est aussi l'inquiétant extrême, l’arrachement qui remet tout en cause en nous sortant de la quiétude et de l'habitude. L’amour est l'arrachement à l'activité coutumière et routinière du confort sécurisant. Il défait les ordres convenus qu’impose toute société.

 

Alors qu’Antigone proclame que l’amour est autorisé à déstabiliser le socle du pouvoir en ce qu’il n’est pas juste, Créon est précisément l’être humain soumis à ses limites jusqu’à l’aveuglement. Il est l’être du conformisme, de la parole toute faite, de l’absence de toute intégrité. L’homme enfermé dans son ignorance suffisante.

L’opposition éclate dans la phrase en exergue. Créon veut établir une distinction intangible entre l’ami et l’ennemi. Or c’est précisément ce qu’Antigone au nom de l’amour refuse. Car l’amour fait vaciller cette apparente distinction faisant apparaître une unité intrinsèque de l’être humain à son prochain : « Ce n'est pas pour partager la haine mais l'amour que je suis née ».

L’amour à partir duquel parle Antigone est d’une incomparable transcendance — et s’oppose ainsi à Créon sur un plan auquel lui n’a pas accès.

 

Nous voyons à présent plus clairement d'où vient cette peur qui fait que l’amour est partout refusé. L'amour ne se donne qu’à condition d’être capable de soutenir un certain rapport à l'impossible, et c’est pourquoi l’amour d’Antigone est aussi une tragédie. Antigone n'a plus de patrie et séjourne continuellement dans l’angoisse. Ne pouvant pas laisser son frère sans sépulture, elle habite désormais un univers insaisissable qui n’est ni celui de la communauté ni celui des morts.

Elle fait l’expérience que dans l'amour nous n'habitons plus nulle part et nous ne trouvons rien qui ne soit vraiment sécurisant.

 

Comme le souligne Créon d’une manière absolument inhumaine :

« — Descends donc en bas, puis, si tu as besoin d’aimer, aime ceux d’en bas »

La plus lumineuse lecture de cette phrase d’une brutalité insoutenable, c'est Simone Veil qui la donne : « C’est seulement chez les morts, dans l’autre monde qu’on a licence d’aimer. Ce monde-ci n’autorise pas l’amour ».

Il faut être bien assis pour pouvoir lire une telle phrase. Mais elle dit pourtant bien la vérité. Dans la plupart des relations humaines, dans la plupart des relations sociales, il n'y a pas de place pour l'amour car c'est l'intérêt qui prime. Telle est la tragédie de l’amour : l'amour n'a rien à voir avec nos idées romantiques et narcissiques. Il est absolument effroyable et hors de toute logique.

Nous sommes faits pour l'amour, nous sommes nés pour l'amour, nous ne pouvons pas vivre sans amour, et pourtant l’amour se situe hors de tous nos calculs. Or nous préférons presque toujours nos calculs à l’amour.

 

Nous désirons l’amour et nous le manquons

Entrer dans l’amour, nous révèle Antigone, nécessite d’entrer dans un sol plus profond que celui qui donne naissance aux amitiés et aux inimités ordinaires — celles là seules que connaît Créon.

 

C'est là le sens de la condition humaine : l'amour est ce qu'il y a de plus important. Il est la dimension la plus essentielle, mais nous le manquons parce qu'il est insaisissable. Nous voulons vivre dans le confort d’un ordre clair. Nous refusons la vraie profondeur.

Nous sommes ainsi dans une tension constante : nous aspirons à l'amour sans lequel rien n'a de sens et, dans le même temps, nous le refusons.

 

C’est seulement à qui reconnaît ce fait inconfortable, dérangeant que l’amour véritable peut apparaître. C’est pourquoi depuis deux mille six cents ans nous lisons Antigone. Nous y apprenons que l’amour n’est pas de ce monde et que pourtant, rien dans ce monde n’est possible sans lui.

 

Voyez, ces propos sur l’amour parlent en vérité aussi de la méditation. Car la méditation consiste précisément à apprivoiser le plan de l’amour, le plan qui n’est jamais de saison. Nous découvrons que nos idées, nos projets, notre force ne tiennent pour rien devant l’ampleur de la réalité.

 

www.ecole-occidentale-meditation.com

 

Newsletter de décembre 2012

Blog de mars 2013

Partager cet article

Repost0

commentaires

D
<br /> Oui Marie Claude Le monarque en question à volontairement oublié le poète :<br /> <br /> <br /> <br /> Le soc<br /> <br /> <br /> Sans égard<br /> <br /> <br /> Eventre<br /> <br /> <br /> Mutile<br /> <br /> <br /> Coupe<br /> <br /> <br /> Brutalise<br /> <br /> <br /> Arrache...<br /> <br /> <br /> <br /> La terre souffrirait-elle de tout ça ?<br /> <br /> <br /> <br /> Malgré la certitude de la récolte<br /> <br /> <br /> Un amour<br /> <br /> <br /> Comme un labour<br /> <br /> <br /> Est toujours un déchirement.<br /> <br /> <br /> <br /> Bernard Lacroix, Ciels, arbres et labours<br />
Répondre
M
<br /> "Tandis que Créon sait que l’Amour est là, juste placé dans un angle mort. Mais il n’en tiendra pas compte. Aussi discourtois pour ne pas dire mufle : Son<br /> ambition n’est pas tant d’avoir le pouvoir mais de jouir de priver l’autre du Tout . C’est ainsi qu’il provoquera une véritable hécatombe familiale qui lui reviendra comme un boomerang sur la fin<br /> de sa vie. Culpabilité intense qui le feront mourir de remords.<br /> <br /> <br /> Voilà ce que je peux dire entre autre !<br /> <br /> <br /> Danièle Pétel<br /> <br /> <br /> "<br /> <br /> <br /> J'aime ce commentaire  de Danièle Pétel et méditais sur  le monarque en question en attendant de prendre le temps de relire encore  "les" Antigone<br /> en rapport   au commentaire n° 2 de ce sujet .<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
A
<br /> <br />
Répondre
D
<br /> Merci Danièle. Oui témoigner de l’absence totale de l’Amour, c’est bien paradoxalement en reconnaître l’importance radicale, au sens où il est à la racine (radix)<br /> de tout.<br />
Répondre
D
<br /> Hé bien Etienne, je ne sais pas si le féminin est en connivence avec l’Esprit. Mais tout de même Antigone invoque bien l’absence totale de l’Amour. Il me semble<br /> que c’est déjà accorder à l’Amour une place de choix.<br /> <br /> <br /> <br /> Tandis que Créon sait que l’Amour est là, juste placer dans un angle mort. Mais il n’en tiendra pas compte. Aussi discourtois pour ne pas dire mufle : Son ambition n’est pas tant d’avoir le<br /> pouvoir mais de jouir de priver l’autre du Tout . C’est ainsi qu’il provoquera une véritable hécatombe familiale qui lui reviendra comme un boomerang sur la fin de sa vie. Culpabilité intense qui<br /> le feront mourir de remords.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voilà ce que je peux dire entre autre !<br /> <br /> <br /> Danièle Pétel<br />
Répondre
C
<br /> <br /> <br /> Créon<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
D
<br /> Merci pour ton texte. Et c’est bien que tu sois provoquant en prenant le parti de Créon pour relancer la discussion. C’est vrai que Créon  a la responsabilité  du bien de la communauté et personne ne saurait le lui reprocher. Mais  qu’il empêche Antigone d’enterrer son frère et par là de faire preuve d’humanité (puisque l’animal devient un homme lorsqu’il enterre ses morts), c’est une<br /> autre histoire.  Personnellement je trouve  qu’Antigone <br /> souligne  la transcendance  de l’amour, comme le lieu du retournement complet de l’homme,  comme la reconnaissance de l’absolu à partir duquel tout son comportement finit par prendre sens. Si Créon refuse le comportement d’Antigone, son pouvoir<br /> s’effondre.  Antigone est là pour lui montrer les limites  et l’assise véritable de ce pouvoir. Et, comme<br /> le montre le bouddhisme, il n’est pas nécessaire de croire en un dieu pour témoigner de l’amour fondateur du sujet humain. Mais, en même temps, rien n’empêche  d’établir un lien entre l’amour et la divinité. Et c’est peut-être bien pour tout le monde qu’Antigone et le bouddhisme  nous aident  à resituer l’essentiel  <br />
Répondre
Y
<br /> Propos d’un naïf une peu attardé ou tout au moins en retard<br /> <br /> <br /> <br /> Occupé à différentes tâches allant du soucis de la bonne tenue d’une A.G. d’une petite association à la fabrication et l’installation d’un système de goutte à<br /> goutte pour deux jardins de 1.200m2 pour finir aujourd’hui par la plantation des pommes de terre, j’en avais tout simplement oublié le blog jusqu’à aujourd’hui.<br /> <br /> <br /> L’histoire<br /> Je ne connaissais pas l’histoire d’Antigone et autres  que j’ai découvert dans le texte initial. Une chose m’a<br /> surpris dans ce texte et aussi à la lecture des commentaires concernant l’amour, le bouddhisme, l’éthique, l’histoire, et autres thèmes fondamentaux.<br /> <br /> <br /> C’est qu’on ne parle pas de cette histoire et surtout de son début.  Si on la prend toute entière, qui a raison de<br /> Créon ou d’Antigone ?<br /> <br /> <br /> Le trône de Thèbes, ce n’est ni l’UMP ni la Mairie de Paris, ni celle de Marseille, mais si les combats fraternels et fratricides se font par armées interposées,<br /> c’est sûr qu’on est dans un monde de fous, dont le vulgaire citoyen fait les frais. Si Copé et Fillon y laissent la peau, pas de raison de leur faire des obsèques nationales. Créon a raison.<br /> L’histoire ne peut pas se construire comme ça, démocratique ou pas. Qu’on assassine Trotsky passe encore, mais dans la discrétion. Donner raison à Antigone, c’est faire perdurer ces guerres<br /> débiles de succession dont on remplit la tête des pauvres bambins, en accordant bien des honneurs à des potentats mégalomanes.  Paix à l’âme de<br /> Beregovoy.<br /> <br /> <br /> L’amour<br /> Le texte initial et bien des commentaires tourne autour de l’amour avec un tellement grand A que ce n’est même plus la peine de l’utiliser. Pourtant le mot<br /> supporte tellement d’acceptions et aboutit dans les circonstances les plus tragiques (de l’euthanasie à l’immolation par le feu, que choisir) à des solutions si diverses qu’il conviendrait de<br /> l’utiliser avec des pincettes et autres préservatifs. A moins de tomber dans de grandioses et stériles déclarations.<br /> <br /> <br /> Des  questions<br /> <br /> <br /> Ne connaissant ni Jolif, ni Hegel, et pour être un peu sérieux, je voudrais soulever quelques questions auxquels je me heurte, malgré une certaine familiarité<br /> avec mon auteur préféré, Emmanuel Levinas, et ayant, je l’espère, un certain lien avec le thème.<br /> <br /> <br /> Pour s’en tenir au niveau interpersonnel,  on peut parler du thème de l’Autre avec la préoccupation majeur du souci<br /> pour l’Autre, thème proche de la compassion bouddhiste me semble-t-il.<br /> <br /> <br /> Lévinas en distingue soigneusement l’amour disons érotique, un univers où la parole devient roucoulement ou équivoque (sic) « une société sans<br /> langage ». Voir le chapitre « Phénoménologie de l’Éros » in « Totalité et infini » dont je cite « Le rapport, qui dans la volupté, s’établit entre les amants,<br /> foncièrement réfractaire à l’universalisation, est tout le contraire du rapport social. ».<br /> <br /> <br />  Même s’il utilise le terme de compassion pour définir cette sorte d’amour. Et si l’amour érotique s’achève ou se<br /> dépasse dans la paternité : « La fécondité du moi c’est sa transcendance même ».<br /> <br /> <br /> Mais passer  de l’amour de l’Autre, responsabilité morale ou de l’Éros à l’amour ou à la compassion universelle,<br /> c’est tout autre chose,  et les arguments, motivations, déterminations sont sans doute d’une toute autre nature.  Passer d’Antigone à Créon ?<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
D
<br /> <br /> <br /> Dante<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> Oui, tu as raison, Antigone parle à toutes les époques, comme si la vérité qu’elle exprimait était de tous les temps ou en dehors du temps. Elle souligne en effet<br /> la transcendance de l’amour véritable qui porte une forme d’absolu. Un amour de femme et d’homme, qui n’a pas peur de la mort parce que pour lui la mort est un simple passage, ou plus<br /> généralement parce qu’il concentre l’absolu dans un seul instant du temps. Mais peut-être aussi, comme tu sembles le suggérer, ce texte nous parle-t-il du mystère du féminin, qui est en<br /> connivence avec l’Esprit, qui serait essentiellement Amour...  Ou peut-être penses-tu à autre chose ?<br />
Répondre
D
<br /> Dante- Alighieri, 1700 ans plus tard, fait surgir de nouveau le sens d’Antigone. En effet Antigone trouve sa place aux lisières de l’Enfer et du Paradis, pour<br /> être plus précise au Purgatoire : là où le Pur et l’Impur se côtoient.<br /> <br /> <br />  Entendez si vous le voulez bien le Chant XXII qui commence ainsi « Déjà derrière nous l’Ange était resté, l’Ange qui<br /> nous avait acheminés vers le sixième cercle, après avoir effacé de mon front une empreinte ; en chantant heureux ceux qui ont désir de justice … »<br /> <br /> <br />  Dans ce Chant il y a bien sûr Antigone que nous connaissons un peu mieux, grâce au très beau texte de l’école<br /> occidentale de méditation. Il y a aussi Ismène soeur d’Antigone toujours aussi triste. Jocaste qui perdit à la fois ses deux fils, cause de sa double tristesse. Et bien d’autres encore…<br /> <br /> <br /> D’ailleurs Euripide fait dire au chœur des mères lesquelles venaient réclamer les corps de leurs enfants abandonnés sans sépulture : «Pour moi, revoir les<br /> membres de mes enfants est un spectacle cruel, beau cependant».<br /> <br /> <br /> De nos jours Antigone nous ouvre encore la Voie : où le Désir conjugué au féminin, n’est plus exclusivement dans la maternité, le mariage et le confort<br /> matérialiste.<br /> <br /> <br /> Voilà ce que je pense.<br /> <br /> <br /> Danièle<br />
Répondre
T
<br /> <br /> <br /> La tragédie d’Antigone<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> Je discerne dans tes propos les paroles d’un homme de théâtre. Et tu attires justement notre attention sur le sacrifice ultime car l’amour véritable est lié à la<br /> mort qui est une sorte de dépassement de la mort. Car faire sa place à l’autre comme l’impose notre destinée d’homme passe par l’exigence de faire sa place à la mort. L’acceptation de la mort<br /> creuse en effet en soi la place de l’autre. C’est un peu toute la tragédie qui est là, non seulement celle de la littérature mais surtout celle de l’homme à laquelle elle renvoie intimement. En<br /> même temps, la mort n’est pas le moment ultime de la vie, elle est un passage vers la plénitude de l’amour. L’amour humain fait la courte échelle à une sorte d’amour absolu, certains diront<br /> « amour divin », à travers la mort. C’est pour cela que la mort existe et qu’en même temps elle n’existe pas vraiment.<br />
Répondre
Y
<br /> Mes souvenires de la lecture d'Antigone datent quelque peu, toutefois je me souviens, au cours d'un travail sur "Iphigénie" de Racine d'une phrase extraite d'un livre de Rloand Barthes à propos<br /> de la tragédie :<br /> <br /> <br /> "Au delà de la souffrance et des larmes, il y a la conscience et la Liberté"<br /> <br /> <br /> Il me semble qu'Antigone comme Iphigénie, comme toutes ces héroïnes de la tragédie, qui face aux éxigences du pouvoir menant souvent à la tyrannie acceptent leur destin dictée par les dieux, à<br /> moins que ce ne soit leur conscience, jusqu'au sacrifice ultime et découvrent au travers de ce dernier, la force et la lucidité que leur procure cet abandon.<br /> <br /> <br /> Pour ma part si un parallèle peut être fait avec le Boudhisme, bien que mes connaissances de cette culture millénaire, soient toutes relatives, c'est que la méditation semble d'une certaine<br /> manière attendre du pratiquant comme un même sacrifice.<br /> <br /> <br /> La phrase de Simone WEIL : "C'est seulement chez les morts, dans l'autre monde qu'on a licence d'aimer, ce monde-ci n'autorise pas l'Amour" peut tout à fait être entendu si il s'agit au travers<br /> de ce sacrifice d'abandonner notre Ego.<br /> <br /> <br /> Je crois que de cet abandon peut dépendre l'accès à un instant d'Amour Compassion, sans pour autant qu'il est un caractère d'Absolu parce que cela laisserait entendre que notre mental veuille lui<br /> donner un sens  à vouloir le nommer.<br /> <br /> <br /> Je ne peux que témoigner du peu d'expérience de la méditation au travers de la pratique de l'Aïkido et plus récemment du Yoga.<br /> <br /> <br /> Il m'apparaït clairement lors de la méditation, que toujours semblent s'opposer cettte énergie qui nous vient de la Terre à celle qui provenant du Ciel.<br /> <br /> <br /> S'abandonner à ces deux forces sans juger d'une quelconque suprématie de l'une d'elles, en un mot laisser notre mental "à la porte du Temple", peut être la clef pour découvrir dans l'équilibre de<br /> ces deux forces un instant de Paix et de Lumière, avec l'impérieuse nécessité, comme tu me l'a fait, Etienne, si justement remarqué lors d'une récente discussion, de ne pas vouloir figer cet<br /> instant.<br /> <br /> <br /> "Revenir" en quelque sorte, de ce présent si intense, ne saurait être en contradiction, avec la réalité que nous impose notre vie dans la Cité, sans être comme le suggère HEGELL, en opposition<br /> avec l'intérêt de la communauté, mais au contraitre en ayant conscience de l'importance toute relative de nos rapports de force souvent dictés par nos émotions et autres états d'âme.<br /> <br /> <br /> Espérant ne pas trop paraphraser les propos de l'article en question.<br /> <br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> <br /> Yves<br />
Répondre
C
<br /> <br /> <br /> L’ange, gardien de la transcendance de l’amour<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> J’ai un peu tiré Jolif du côté de la théologie pour évoquer la parenté d’une philosophie de la médiation  avec la<br /> théologie de la médiation qui pose le Christ comme Médiateur. Ce que je voulais signaler c’est une semblable structure de pensée dans les deux cas. Mais passons. L’homme devient un sujet<br /> lorsqu’il s’ouvre à l’autre, quel qu’il soit. Cette ouverture à l’autre est, en même temps,  médiatisée par une pratique, et immédiate notamment dans<br /> l’acte d’aimer. L’acte d’aimer transcende la médiation éthique et la médiation éthique n’a de sens que si elle est constamment corrélée à la transmédiation de l’amour. Parce que l’amour est<br /> d’abord un don  avant d’être une construction morale. Mais il est vrai que l’amour risque de s’étioler s’il ne s’appuie pas sur une pratique éthique.<br /> Et, en même temps, l’éthique n’a de sens que si elle accepte d’être dépassée et même transgressée par l’acte d’aimer. C’est bien ici la position transgressive d’Antigone dans laquelle nous nous<br /> reconnaissons.  Dans l’Évangile, et excuse-moi de sortir de l’athéisme méthodologique, il y a les deux figures de Marthe (du côté de la<br /> pratique)  et de Marie (du côté de l’acte d’aimer). Et c’est Marie qui a choisi la meilleure part parce qu’elle est dans le dépassement de la pratique<br /> éthique. C’est dans la tension entre les deux que je me construis comme sujet humain. Ce qui semble être en cause c’est la place du désir.  <br />
Répondre
G
<br /> Cher Etienne. J'ai le sentiment de t'envahir et d'occuper abusivement ton blog. Je vais arrêter. Il se trouve que -tu l'as compris- le sujet que tu poses est -<br /> pris de biais comme je le fais- en plein dans mes préoccupations du moment, mes retrouvailles, excuse cette familiarité, avec Jolif. Et j'essaie de bien comprendre ce qu'il peut nous dire, en<br /> apercevant toutes sortes de difficultés -mais ceci serait un autre sujet sans doute. Voici. <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je ne prétends nullement être un bon connaisseur de Jolif, de son enseignement, de sa pensée. J'ai seulement passé en peu de temps dans son cours d'éthique et ce<br /> n'est pas fini. Je ne vois pas que tes objections, évidemment pertinentes, seraient acceptées telles qu'elles.<br /> <br /> <br /> Lorsque tu dis : "Ce que je reproche à Jolif dans sa théorisation du sujet concret, c’est d’exclure a priori non pas le don du Christ mais une sorte d’antériorité<br /> du don de l’Esprit inscrit dans la création elle-même, qui s’accomplit, après la mort du Christ, à la Pentecôte". Sur le fond, je n'en sais rien. Mais sur la démarche : il me semble que tu te<br /> places d'emblée sur un plan théologique, à partir duquel tu reproches à Jolif, des insuffisances, des exclusions opérées dans une démarche qui se veut philosophique, c'est-à-dire : pensées dans<br /> un cadre (tu le sais bien !) où certaines questions sont pensables, d'autres non. On ne peut transgresser sans risques les cadres (On retrouve Antigone ?).<br /> <br /> <br /> Dans le cadre de sa démarche philosophique Jolif revendique "un moment d'athéisme". (Pour ma part je m'y tiens). Dans ce cadre-là, il pose l'homme dans la<br /> "médiation de la pratique". Mais ce cadre n'est pas une "prétendue clôture identitaire qui enfermerait l’homme dans son humanité", Et cette "médiation de la pratique" n'est pas un absolu., c'est<br /> ... une médiation, -nécessaire- par laquelle l'homme se pose dans l'histoire, qui est sa condition réelle, y vit réellement son "historicité" et "se pose comme homme". C'est -si j'ai bien<br /> compris- cette nécessaire ouverture sur la réalité et d'abord sur "les autres"--le fait de "se poser comme homme"--, qui rend possible, qui opère une ouverture réelle sur le "tout autre" qu'on<br /> peut appeler comme on veut : l'absolu, l'amour compassionnel, etc.( ou Dieu, en passant dans un autre cadre)<br /> <br /> <br /> J'avoue que ce qui m'intéresse -à titre personnel-, c'est de penser philosophiquement ce cadre, qui invite à considérer "l'historicité", -- à travers laquelle on<br /> peut admettre qu'existe -voire : on peut réaliser ?- une ouverture sur "l'AUTRE". Sans cette médiation par "l'histoire"-ou l'historicité-, cette "ouverture" serait la recherche d'une "présence<br /> immédiate de soi à soi", une illusion, une fuite (dans un absolu abstrait et ce qu'on veut : les bons sentiments, etc ). Rien à voir, me semble-t-il, avec ce que -dans un autre cadre, lui non<br /> philosophique- on appelle l'Incarnation...Mais je ne m'avancerai pas dans ce cadre-là.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C'est probablement très banal de le dire. Ce que je comprends de Jolif, et ce qui m'intéresse, c'est cet effort pour ramener le "christianisme" sur terre, dans<br /> les réalités ; en espérant qu'il y trouve, comme on dit, son compte, c'est à dire sa vérité acceptable. Le christianisme, c'est-à-dire : les femmes et les hommes qui s'en réclament. Le bouddhisme<br /> peut-il le faire autant ? S'il y contribue, il est le bienvenu.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'aurais aimé Antigone plus jolifienne que bouddhiste.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je vais arrêter là. Il faut que je relise Jolif.<br /> <br /> <br /> Bien cordialement<br /> <br /> <br /> Gérard<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> PS Il aurait été utile, je pense, de signaler la source de mon envoi.: "Jean-Yves Jolif, Cours d'introduction à l'Ethique, La Tourette, 1964-65, Chapitre<br /> I,"L'univers éthique" (conclusion). Transcription d'après notes GJ).<br />
Répondre
D
<br /> Le bouddhisme fait partie d’une autre culture et sa compréhension n’est pas toujours très aisée. Lorsqu’il dit que l’absolu n’existe pas cela veut dire qu’il<br /> n’existe pas en lui-même et par lui-même, qu’il n’est pas la dernière instance à partir de laquelle il faille juger de la réalité. D’ailleurs il dira plutôt : il existe et il n’existe pas<br /> selon le niveau auquel on se situe. Par contre je pense que l’amour de compassion est bien ce à partir de quoi on peut peser toute conduite humaine. Autrement dit si l’absolu n’existe pas,<br /> l’amour de compassion est bien une forme d’absolu.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, ce n’est pas moi qui ai choisi Antigone pour introduire au bouddhisme, c’est L’école occidentale de<br /> méditation qui l’a fait pour essayer de faire comprendre à quoi conduit la méditation. Or la méditation dont elle parle est en lien avec le bouddhisme.<br /> <br /> <br /> Enfin, dans la dynamique du bouddhisme, il ne s’agit pas d’insérer l’exigence de l’amour de compassion avec son caractère absolu, mais par une pratique<br /> progressive, marquée par la présence à ce qu’on fait et le juste milieu, d’accéder à l’éveil. Et l’éveil lui-même est lié à l’amour de compassion. Pour nous l’amour peut être une exigence morale.<br /> Pour le bouddhisme il est l’aboutissement de la pratique bouddhiste et ne saurait donc être imposé.<br />
Répondre
G
<br /> Je suis resté perplexe après ton rappel que le Bouddhisme n'envisage pas l'absolu, ne le propose ni ne le nie. Alors, pourquoi, me disais-je, avoir choisi<br /> Antigone pour nous conduire vers le bouddhisme ?<br /> <br /> <br /> Je vois bien qu'il y a de l'amour, chez Antigone, - et j'admets bien que dans le bouddhisme aussi. Mais je fais d'Antigone une autre lecture (qui ne m'est<br /> nullement personnelle, d'ailleurs !) Antigone n'est pas (pas surtout) "la passion de l’intérêt particulier contre celui de la communauté", elle se réfère peut-être à la "loi des dieux, mais les<br /> dieux intérieurs du sentiment, de l’amour et du sang".<br /> <br /> <br /> Ce que je vois (ce dont je me souviens à son propos) est que cet amour, tout intérieur qu'il soit,-et parce qu'intérieur- est opposé à la loi de la Cité (fût-elle<br /> imposée par le père de celui qu'elle aime). Or cet amour est bien"l'inquiétant extrême, l’arrachement qui remet tout en cause", qui est " autorisé à déstabiliser le socle du pouvoir en ce qu’il<br /> n’est pas juste" (et même s'il l'est ?). L'amour et l'exigence de justice sont donc, personnalisés par Antigone, des ABSOLUS. Donc comment Antigone nous mènerait-t-elle au bouddhisme, que<br /> l'absolu n'intéresse pas ?<br /> <br /> <br /> Il ne s'agit pas d'opposer des bons sentiments personnels, même forts et légitimes, à des bons ou moins bons sentiments collectifs, même légalisés. Mais il s'agit<br /> bien d'opposer quelques absolus, singulièrement : l'exigence de justice – et d'amour qui va avec ! - au relatif du politique et de l'historique. Et pas seulement d'opposer, mais d'insérer cette<br /> exigence AVEC SON CARACTÈRE D'ABSOLU, DANS la réalité concrète.<br /> <br /> <br /> Depuis Sophocle, en passant par Marx et Jolif (Hegel, je ne sais pas), c'est tout le problème de la démocratie. Et c'est un problème aussi concret que théorique.<br /> Je n'ai pas de solution.<br /> <br /> <br /> Cela dit, si le bouddhisme apporte un supplément d'âme tant mieux ! Le christianisme a déjà essayé.<br /> <br /> <br /> Jolif aussi a pensé la question. Je réfléchirai à ta dernière réponse à son propos, qui est, me semble-t-il, une autre piste, parallèle peut-être. Et convergente<br /> néanmoins, en quelque point.<br /> <br /> <br /> Merci en tout cas pour ces forts stimuli.<br /> <br /> <br /> Bien cordialement<br /> <br /> <br /> Gérard<br />
Répondre
D
<br /> Et si tu essayais d’entrer dans le débat, amorcé par Gérard, ce serait bien, car ton expérience particulièrement riche nous aiderait à avancer au-delà de<br /> l’éthique et du sujet pratique, tout en leur accordant leur place indispensable.<br />
Répondre
B
<br /> Bravo Etienne, pour la tenue de ton blog avec toujours des textes<br /> <br /> <br /> intéressants..<br />
Répondre
D
<br /> Jolif a raison de nous rappeler que nous sommes des sujets concrets et que nous avons besoin de la médiation de la pratique. Même si, depuis longtemps, je me suis<br /> senti disciple de Jolif, j’accepte, en même temps, de l’être dans la distance et dans la possibilité critique. Ce qu’il dit est inscrit pour une part dans l’univers chrétien qui a perçu la<br /> nécessité d’un Médiateur pour atteindre Dieu. Autrement dit je ne peux atteindre vraiment Dieu sans devenir moi-même, sans actualiser ma propre humanité. Et, en même temps, faire de l’humanité un<br /> passage vers Dieu suppose que l’homme est élevé au niveau de Dieu, non par sa pratique mais par le don d’un Autre. Ce don peut passer par le Christ, comme le professe le christianisme. Il est<br /> aussi antérieur au Christ dans le don de l’Esprit dès le début de la création. Ce que je reproche à Jolif dans sa théorisation du sujet concret, c’est d’exclure a priori non pas le don du Christ<br /> mais une sorte d’antériorité du don de l’Esprit inscrit dans la création elle-même, qui s’accomplit, après la mort du Christ, à la Pentecôte. C’est le don de l’Esprit, dans cette manière de<br /> penser, qui permet d’aimer de l’amour même de Dieu, c’est-à-dire de faire sauter une prétendue clôture identitaire qui enfermerait l’homme dans son humanité, dans le sujet concret et dans une<br /> pratique éthique. J’en reviens à ce que j’ai déjà dit : à savoir qu’il existe une dialectique entre l’historique et le transhistorique. Le bouddhisme ne parle ni de Dieu ni de l’absolu. Mais il<br /> prétend qu’il est possible, par une pratique, d’atteindre l’amour de compassion, qui constitue, en une sens, la nature de l’esprit.<br />
Répondre
G
<br /> Le refus du sujet concret et le refus de l’éthique<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> (...) l'esprit en se saisissant de lui-même se saisit d'impassibilité (?) infinie, et accède à la sagesse spéculative, qui est la satisfaction<br /> d'emblée "saturante". (...) Cf. Ethique, V, prop. 36, scolie : le bonheur du Sage est la sagesse (d'être sage) devant Yahwé.  C'est-à-dire<br /> que la satisfaction est à la fois illimitée et pleinement accomplie, sans retour possible.<br /> <br /> <br /> Il faut noter que le sage vit "en" Dieu l'infini de son esprit, qui n'est pas l'infini au-delà de lui-même.<br /> <br /> <br /> Cela implique une identité entre l'Esprit humain et Dieu.  L'infini (est atteint) sans médiation, (sans une médiation<br /> immanente à l'esprit ? ) .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ceci ne se conçoit que dans la mesure où (on admet) une compréhension de la situation de l'homme selon un schème dualiste, - qui (établit) une séparation des<br /> conditions données de l'existence.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais c'est aussi un rejet de l'éthique, qui procède, non pas d'une "mauvaise foi", mais de l'essence même des choses. L'expérience (de la<br /> sagesse) supprime tout domaine où l'éthique pourrait se déployer. Pour le sage, il n'y a rien à faire. Tout est donné dans l'acte de la connaissance.<br /> <br /> <br /> Quel serait alors le rôle de la raison pratique ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Par l'action, l'homme n'est pas de plain-pied dans l'absolu, et n'y tend pas. Si la distance est nulle entre l'homme et l'absolu, l'action n'a pratiquement pas de<br /> sens. C'est une entreprise morale sans signification. (Vouloir, penser)  cette distance nulle, c'est faire abstraction des conditions, des données de<br /> l'existence (qui rendent) impossible une telle identification à l'absolu.<br /> <br /> <br /> Or les conditions données de l'existence requièrent une pratique. Le Tout est au-delà de moi.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une telle entreprise (d'identification à l'absolu), est (de la) métaphysique, un refus du sujet concret.  C'est une impatience des limites, un désir d'immédiateté avec l'absolu, (mais) c'est un ressort puissant de l'homme.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le refus de l'éthique est le refus de l'Histoire, c'est un envol vers l'idée platonicienne. Cf. L'Antigone de J. Anouilh, qui est le<br /> type du désir d'absolu et de pureté.  La vie n'est qu'un demi-bonheur. Il faut être sûr de tout l'aujourd'hui. (Cf Valéry, Le cygne ,<br />  ou ste Thérèse de l'Enfant Jésus).  C'est un désir puissant qui méprise le bonheur, et qui tend vers une<br /> plénitude toute donnée.<br /> <br /> <br /> C'est une fuite vers un monde purement imaginaire. Voir Parménide, ou la VIIIème Elégie de Duino.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En tout cas, cette ascension (?) dialectique annule les conditions (concrètes) d'existence<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
D
<br /> <br /> <br /> La bible : historicité et vérité<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> Je me pose la question de l’historicité et surtout je n’ai pas l’envie d’en faire un absolu. Je ne sais pas si j’ai raison, mais je pense qu’il y a du<br /> transhistorique dans l’homme et peut-être dans l’historique lui-même. Autrement dit le temps de l’homme dans la Présence serait dans le jeu dialectique entre les deux. Personnellement je ne pense<br /> pas que le retrait dans un monastère soit une solution pour tout le monde. Il n’est alors qu’une voie pour quelques-uns. Mais heureusement le bouddhisme peut très bien être vécu dans la vie<br /> quotidienne de tout le monde. En tout cas, il met en relief l’insuffisante dimension spirituelle de la culture occidentale. Mais si le bouddhisme parle de l’esprit, il ne parle pas d’absolu. Pour<br /> lui, je pense que l’absolu n’existe pas, ce qu’il faut encore savoir interpréter.<br />
Répondre
G
<br /> Merci pour cette utile (pour moi) mise au point à propos du bouddhisme, que je connais trop peu pour oser une position critique. Me voilà encore plus<br /> prudent.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je voulais simplement (mais ce n'est pas simple !) poser la question de l'Absolu (voulu, postulé) et de l'historicité -du relatif et du contingent- (constatée,<br /> assumée- ou niée, fuie) ; et la question du rapport entre les deux : que devient l'absolu dans le contingent ? J'esquissais une réponse : l'absolu est de tenir absolument un combat qui pose<br /> absolument l'homme, l'humain contre tout ce qui, historiquement et très concrètement, le nie. L'humain, l'homme (tu dirais sans doute le "sujet" ?) ne peut être posé que dans et par cette<br /> négation, qui ne peut être qu'historique. Et il l'est alors absolument.<br /> <br /> <br /> Antigone vient à propos dans notre temps où tout est "relatif", où nous sommes constamment et insidieusement invités à nous soumettre à la "Loi de la réalité", où<br /> les "marges de manoeuvre"sont "étroites", etc.<br /> <br /> <br /> (Je traduis là en mon langage, pour les besoins de la dispute, ce que j'ai cru comprendre de Jolif -de son cours d'introduction à l'Éthique-, et à quoi je<br /> souscris ... absolument)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cela dit j'admets très bien que le bouddhisme propose, lui aussi, une forte vision de l'humain, rappelant utilement sa dimension spirituelle ( comme absolu ?). La<br /> question que je me pose est : comment vivre cette dimension ? Et j'admettrais aussi que le retrait dans un monastère (même bouddhiste) peut être, comme témoignage du spirituel, un acte<br /> "historique". Est-ce historiquement le plus urgent ? Mais pourquoi pas ?<br /> <br /> <br /> Bien amicalement<br /> <br /> <br /> Gérard<br />
Répondre
D
<br /> Oui, j’aurais pu mais l’article n’est pas de moi. J’ai  mis les références au début et à la fin du texte. Pour des<br /> chrétiens, ce qui est intéressant, c’est de voir que ce qu’on appelle le message évangélique est inscrit dans la création elle-même parce que l’Esprit Saint est présent dès l’origine. Mais je<br /> n’ai pas du tout l’envie d’emprunter cette voie car ce serait laisser croire que les chrétiens ont la vérité et que tout doit être jugé à son aulne. Il y va du respect de tous les chercheurs de<br /> vérité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tu as raison pour l’orthographe de Simone Weil. Je n’avais pas repéré la faute ni l’ambiguïté.<br />
Répondre
A
<br /> <br /> <br /> Ton commentaire sur Antigone est intéressant. Tu aurais pu comparer l'amour chez Antigone ou dans le boudhisme à celui dans l'évangile ou les lettres de Jean. Une<br /> petite remarque: je suppose que la citation que tu donnes n'est pas de Simone Veil mais de Simone Weil, la philosophe.<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
S
<br /> <br /> <br /> Spiritualité de la Chine au Nouvel An<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> Le bouddhisme n’écarte pas la matière et le temps, mais il ouvre une place essentielle à l’esprit. Toute sa démarche consiste dans<br /> une progression évolutive qui va de la matière à l’esprit et cette spiritualisation de l’existence conduit à la lumière et à l’amour de compassion parce que la nature de l’esprit lui-même est<br /> faite de lumière et d’amour. Peut-être une des insuffisances de notre monde tient-elle à la place insuffisante faite à la dimension spirituelle de l’homme. Et aux chrétiens qui ont fait de<br /> l’amour leur Evangile, il rappelle que l’amour est déjà présent au coeur du monde et qu’on peut le trouver sans nécessairement passer par le don d’un Autre. Ce qui pourrait signifier que ce don<br /> est déjà là. Enfin aux politiques il montre que la justice est au centre de sa démarche  avec la défense de la compréhension juste, de la pensée<br /> juste, de la parole juste, de l’action juste, des moyens d’existence justes, de l’effort juste, de l’attention juste, de la concentration juste.<br /> <br /> <br /> Le bouddhisme ouvre aux hommes une des voies possibles pour réaliser leur humanité. Il y en a d’autres. Et peut-être un des apports<br /> qu’il peut livrer à notre société actuelle, c’est qu’il est possible de tenir en même temps la matière, le temps et l’esprit, le relatif et l’absolu,  l’amour et la recherche de la justice prônée par le politique. Et lorsqu’on songe qu’il structure, pour une part importante, la culture asiatique, l’influence de<br /> la Chine sur le monde, de manière indirecte, pourrait aller bien au-delà de l’économique en ouvrant une place plus grande à la dimension spirituelle de l’homme.<br />
Répondre
G
<br /> Antigone peut-elle se retirer dans un monastère bouddhiste ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’amour, l’amour..., il y a pas mal de contre-façons<br /> <br /> <br /> Qui pourrait ne pas être d'accord ? L'Amour est un Absolu, qui transcende tout, y compris les lois humaines; les conventions qui séparent et enferment. Une<br /> remarque de Yann Page, dans une de nos vieilles rencontres d'octobre, m'a frappé et je l'ai gardée en mémoire : " Comment se fait-il que,  dans nos<br /> socétés, on n'ose jamais,dire aux personnes qu'on aime, qu'on les aime ?". Oui. Mais je conserve aussi cette autre remarque de notre cher Roland Ducret : " L'amour, l'amour ... Il y a aussi pas<br /> mal de contre-façons". Je ne suggère pas que le bouddhisme est une contre-façon. Je ne dis pas qu'entre ce qui pourrait passer pour du scepticisme et ce qui semble une belle confiance dans la<br /> force de l'amour, il faut trouver un juste milieu, car nous serions alors chez Créon. Et, bien que la question soit intéressante, je ne me demanderai pas non plus si Antigone conduit au<br /> bouddhisme, et comment ; ni si le bouddhisme est la meilleure expression ou la plus belle forme de l'amour, car je connais Antigone seulement de loin, et le bouddhisme d'encore plus loin.<br /> <br /> <br />    <br /> <br /> <br /> Antigone a un rapport direct avec l’absolu<br /> <br /> <br /> Antigone a un rapport direct à l'absolu, au dessus des lois humaines, contingentes, historiques. Jean- Yves Jolif, que j'ai un peu relu ces derniers temps,<br /> faisait remarquer que les sociétés mythiques entretiennent -par la représentation mythique-, ce rapport direct  à l'absolu, où elles trouvent leur<br /> vérité, leur norme. Elles échappent au temps, à son pouvoir destructeur, c'est-à-dire à l'histoire. (Je ne donne pas raison pour autrant à un penseur contemporain célèbre qui a invité les<br /> Africains à entrer enfin dans l'histoire,-- comme s'ils n'y étaient pas déjà, et bien malgré eux. Mais c'est une autre question).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le temps et la matière forment bien le monde dans lequel nous<br /> vivons<br /> <br /> <br /> Or le temps et la matière forment bien le monde dans lequel nous vivons, et dans lequel il nous faut nous débattre. Avec ses continuités, ses contradictions, et<br /> ses lois, censées rendre la vie sociale possible. Et par conséquent celle de chacun, Antigone comprise. Dans ces conditions, l'amour -et sa traduction  concrète : la gratuité, le don (recommandé par la doctrine "sociale" de l'Eglise - Cf.  Le Monde<br /> d'aujourd'hui, 5. III. 2013 : supplément,p. 14 ,) sont utiles, comme lubrifiants sociaux qui font accepter l'impitoyable "Loi du marché" et la rigueur des lois de l'Etat. Il n'y a donc<br /> pas lieu de camper sur des positions extrémistes. Dans ces conditions, Antigone n'a pas sa place. Au mieux, son amour est une petite affaire privée, qu'il est indécent d'étaler sur la place<br /> publique, et avec laquelle il est excessif de perturber l'ordre -et vain de chercher à le faire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Antigone n’ira pas au gouvernement<br /> <br /> <br /> On peut invoquer l'amour tant qu'on veut, vouloir le "consensus", proclamer que "sans l'amour rien ne vaut", qu'une mauvaise négociation vaut mieux qu'un dur<br /> conflit, etc : tout cela, c'est des mots, des invocations. La justice sociale n'est pas un résultat de l'amour. Elle ne le garantit pas non plus ! <br /> Mais sans justice véritable, je ne vois pas comment peut exister un amour autrement qu'à titre privé (ce qui est déjà ça) ou que, socialement, comme mystification. La "Loi du marché",<br /> prétendument d'airain, est incompatible avec les bons sentiments. Ceux-ci : l'amour du prochain, la tolérance, etc. – alors que celle-là sévit partout, ne donne, au mieux, que ce que Bernard<br /> Maris appelle un "socialisme de curé". Antigone n'ira pas au gouvernement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La place de l’absolu est possible et nécessaire<br /> <br /> <br /> La question est bien de savoir si ce qu'on appelle "l'absolu" a encore sa place  - et comment. Je le vois, quant à<br /> moi,  possible et nécessaire, dans le combat lui-même, et par tous les moyens à notre portée,-- et non dans l'appel aux grands sentiments. Il y<br /> faut  de la lucidité, de l'analyse, du jugement, de l'organisation, des alliances, de la liberté, de la parole... Il faut -- contre l'expertise qui<br /> gère -- :  du politique qui décide dans l'histoire qui se fait. Un combat qui doit être impitoyable et permanent, bref :<br /> absolu, contre l'injustice, contre le mépris des femmes et des hommes, et contre ce qui y pousse : la recherche stupide et cupide du profit, qui nous fait cette société<br /> in-humaine qui ne supporte pas qu'Antigone se dresse contre elle. Ou qui la laisse s'indigner, hausse les épaules,   et retourne à ses<br /> affaires.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je serais très triste et un peu déçu de voir Antigone se retirer dans un monastère bouddhiste.<br /> <br /> <br />  Et désespéré de la voir s'immoler par le feu. Même si c'est un beau geste d'amour.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Gérard Jaffrédou. 5. mars 2013<br />
Répondre
D
<br /> Je suis ravi, de mon côté, que cet article vous ravisse ! Comme quoi passer par Olivier peut conduire à Antigone ! C’est un des plus grands témoignages<br /> de femme que nous ayons dans la culture.  Comme quoi l’amour est au fondement de l’homme, et de la femme bien sûr. C’est pour en témoigner qu’elle est<br /> si apte à transgresser toutes les lois qui nous enferment et nous empêchent de progresser.<br />
Répondre
M
<br /> J'arrive de chez Olivier et je suis ravie de lire " Passer par Antigone pour comprendre le bouddhisme ".Merci c'est vraiment très intéressant, je vais relire une 2ème fois !<br /> <br /> <br /> Bonne fin de journée.<br />
Répondre
R
<br /> <br /> <br /> « Les origines de la culture » de René Girard : Au commencement était<br /> le meurtre…<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
G
<br /> La référence à l’article : « Passer par Antigone pour comprendre le bouddhisme est sur google ».<br />
Répondre
O
<br /> Merci à Olivier Schmidt-Chevalier de faire référence à cet article du blog dans son blog de blogs :<br /> <br /> <br /> http://blogoliviersc.org/.<br /> <br /> <br /> Il fait preuve d’une grande fidélité. Cet homme de théâtre m’a appris beaucoup de choses pour la fabrication des sites. C’est une nouvelle occasion, pour moi, de<br /> le remercier.<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
D
<br /> Je pense que tu es un peu dur pour la parole de nos politiciens. Mais Créon n’est pas Antigone !<br />
Répondre
D
<br /> Cher Étienne,<br /> <br /> <br /> *Alors qu’Antigone proclame que l’amour peut déstabiliser le socle du pouvoir injuste, Créon est l’être humain soumis à ses limites jusqu’à l’aveuglement. Il est<br /> l’être du conformisme, de la parole toute faite, de l’absence d’intégrité. L’homme enfermé dans sa suffisance.* Je corrige et rejoins la parole prophétique de la dernière campagne<br /> électorale : suffisant et pas nécessaire.<br />
Répondre
D
<br /> Nous sommes en effet à la racine de nos cultures religieuses et séculières.<br /> <br /> <br /> Merci pour ta réactivité.<br />
Répondre
H
<br /> Merci, Etienne, de cette belle réflexion sur l'amour à la racine de nos cultures religieuses et séculières.<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> Hugues<br />
Répondre
G
<br /> Je compte bien sur tes commentaires surtout si tu expliques pourquoi il faut passer par Jolif pour comprendre Antigone. Pourquoi  pas. Sauf que Jolif, ce n’est pas tout à fait du mythe ou du théâtre ! Mais c’est une boutade !<br />
Répondre
D
<br /> Si j’ai attendu pour publier un nouveau texte, c’est que je voulais faire en sorte que l’article et surtout ses commentaires servent un peu de référence dans les<br /> discussions sur le mariage pour tous, car j’avais fait en sorte de mettre un certain nombre de positions, parmi les plus importantes. Autrement tout va bien.<br />
Répondre
J
<br /> Bonsoir Etienne,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci pour ce message et ce texte que je lirai plus tard car j'ai de gros soucis...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'allais te demander de tes nouvelles car je te savais très occupé mais commençais à trouver le temps long sans proposition de lecture ...<br /> <br /> <br /> Comment vas-tu ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Amitiés.<br />
Répondre

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles RÉCents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -