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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 22:55
http://www.pagesorthodoxes.net/fetes/images/noel.jpg


http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/fetes_noel_naissance.htm



Ma plus belle histoire de Noël

 

Marine Four (http://domino-marineslife.blogspot.com/), qui blogue tous les jours, m’a donné une idée pour cette période de fêtes : raconter chacun sa plus belle histoire de Noël.

Je vais vous raconter la mienne :

J’ai trois ans et demi. Il y a donc bien longtemps. Le « Petit Jésus » vient de m’apporter dans la cheminée une superbe voiture rouge. Mes frères plus grands, un peu délaissés parce que leur parrain, plus pauvre que le mien, leur apporte des jouets plus communs, s’acharnent sur la voiture et, en quelques jours, la laissent dans un piètre état. Je crie mon désespoir à qui veut bien m’entendre. Mon père qui passe par là essaie de me consoler et, voyant que c’est inutile, me propose de laisser ma voiture dans la cheminée, le soir même. Au cours de la nuit, je dors à peine, épiant tous les bruits de la maison.  A cinq heures du matin, n’y tenant plus, je saute de mon lit, descends précipitamment les escaliers et me dirige vers la cheminée. Ô miracle ! La voiture est là, remise à l’état neuf. Je regarde comment travaille l’artisan du ciel : il a utilisé un tout petit fil de fer pour raccorder les pièces disjointes. Il travaille comme mon père ! Ce jour là, pour moi, le ciel et la terre se sont étrangement rapprochés. Cette histoire restera comme un des plus beaux souvenirs de mon enfance. Toute ma vie reprenait sens : le ciel s’intéressait à moi. Et, aujourd’hui, où je ne crois plus vraiment comme à trois ans et demi, je découvre que  mon père a souvent été dans la ligne de la fête de Noël.

Pour vous convaincre, je vais vous raconter une histoire plus spectaculaire encore. Cette fois, j’ai huit ans. Je viens de sortir de l’école, et, au lieu d’aller au catéchisme, avec quelques camarades, je monte sur un arbre fruitier, dans un verger voisin, pour y cueillir des cerises. Les fruits sont si bons que nous oublions le catéchisme. Le curé s’impatiente, fait sa petite enquête et vient, à grands pas, nous chasser du paradis. Surpris en plein travail, l’un après l’autre, nous descendons de l’arbre, dans l’état piteux de ces êtres qui se sentent coupables d’une faute qu’ils n’ont pas commise. Nous voilà conduits devant une grande croix en bois sculpté au tournant d’une route. C’est le lieu du supplice. Comme des pénitents nous devons nous agenouiller pour offrir nos joues aux gifles de notre curé. Manifestement le bon prêtre, sans bien s’en rendre compte, perd le sens de la mesure et, pour faire bon poids, nous impose de recopier cinq cents fois une phrase dont j’ai oublié le contenu. Le lendemain matin, je suis malade, incapable de reprendre le chemin de l’école. Mon père, qui a bien saisi ce qui s’était passé, me dit : « J’ai une petite affiche à faire pour convoquer à une réunion. C’est toi qui vas l’écrire ». Et aussitôt, il va chercher son stylo waterman muni d'une plume en or, avec un réservoir qu’il remplissait à l'aide d'une pipette. Habituellement, c’était ma mère qui en avait la garde et malheur à qui se hasarderait à usurper le pouvoir du père. Maintenant, le père lui-même franchit l’interdit : je dois utiliser son stylo personnel pour recopier le texte de l’affiche. Sans critiquer le prêtre, il dénonce ainsi son attitude insensée et s’efforce de guérir le traumatisme qu’il a provoqué injustement. Dieu lui-même, si je crois qu’il existe,  est en train de changer de camp, et c’est là que surgit la révélation de Noël. Il n’est pas dans l’autorité abusive du curé qui s’est égaré, il est dans l’attention bienveillante du père qui cherche à faire de son fils un homme véritable.  C’est peut-être là que devrait résider la signification du Père Noël…

Je viens de raconter mon histoire ; à chacun maintenant de rapporter la sienne.

Etienne Duval, le 26 décembre 2009

 

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Published by Duval Etienne
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Duval Etienne 25/01/2010 18:02


Il me semble qu'il y a dans le christianisme une nouveauté radicale. J'essaie d'être objectif sans forcément adopter la position du croyant pour laisser libres ceux qui ne croient pas. Pour le
croyant, Celui qu'on appelle le Fils de Dieu est transformé au coeur de Lui-même. Il ne peut plus être pensé sans son humanité, sans l'humanité. Il y a une sorte de conception nouvelle opérée par
le Père et l'Esprit. Et, du coup, nous assistons à une sorte de nouvelle gestation de Dieu dans sa globalité. Sans doute beaucoup ne sont-ils pas d'accord avec une telle formulation parce qu'ils
sont contaminés par une certaine appréhension philosophique de la divinité, une divinité immuable. Dans le christianisme, ce n'est pas seulement la créature qui change, c'est Dieu Lui-même parce
qu'il ne peut plus être pensé sans l'humanité du Fils.


lucette daubrée 25/01/2010 17:42


"ce que dit la foi n'est pas évident pour beaucoup d'entre nous" écrivez-vous, Etienne. mais j'ajouterais même pour un croyant !
mais croire pour moi, c'est espérer. et sans doute que chacun espère.
le dieu auquel s'adresse Job, était celui des hébreux. Est-ce le même que celui des chrétiens, celui des musulmans, des soufis, le bouddha, cette énergie de la nature, ou cet Autre de Lacan ?
pour moi oui. 
j'ai toujours trouvé le terme "dieu" très étriqué, et pour cela j'aime comment les musulmans le définissent par ce qu'il n'est pas.
nous retrouvons le manque, qui est très lié au désir.
le désir de l'homme est le désir de l'Autre, pense Lacan. Je suis d'accord avec vous, Charles, on peut s'y perdre... car de quel autre s'agit-il ? celui qui est extérieur à moi, ou celui qui est
intérieur à moi, tous deux si difficiles à accepter...
alors, comme je suis limitée comme une fourmi à qui on demanderait d'additionner 1+1, j'aime penser plutôt en "altérité".
car, l'altérité est ce qui altère, ce qui change l'état d'une chose, comme les dièses ou bémols qui modifient les notes naturelles. Mais c'est aussi ce qui désaltère, quand nous avons soif, notre
gorge est altérée.
voulez-vous essayer de vous asseoir en tailleur ? vos jambes vont naturellement se croiser d'une certaine façon. observez votre assise. puis, un petit temps après, décroisez-les, et recroisez-les
différemment, la jambe qui était dessous allant dessus. et vous serez altérés.
j'ai soif d'être guidée.
 


charles lallemand 25/01/2010 11:36


"Expliciter", oui c'est cela Étienne, comme de "déplier" la belle nappe à la venue d'un hote inattendu, ou le linge dont va être délicatement enveloppé le nouveau-né,
et Lacan, avec son expérience clinique que je n'ai pas, est plus explicite encore quand il écrit que : "si cette parole est accessible pourtant, c'est qu'aucune vraie parole n'est seulement
parole du sujet, puisque c'est toujours à la fonder dans la médiation à un autre sujet qu'elle opère, et que par là elle est ouverte à la chaîne sans fin -mais non sans doute indéfinie, car elle se
referme- des paroles où se réalise concrètement dans la communauté humaine, la dialectique de la reconnaissance." Ecrits I
(Points 9€ p.352)
Cette "chaîne sans fin" pourrait, il me semble, servir de prologue, ou plus modestement de premier ou dernier commentaire  à ton "histoire du chauffeur de car" que déjà tu contes à nos mille et une nuits, décidément "en avance d'un métro", pardon "d'un car", certains métro ne
disposant malheureusement déjà plus que de "télé-conducteurs".
Charles


Duval Etienne 24/01/2010 23:04


Je crois que tu explicites ce que je voulais dire par l'absolu du désir. Tout dépend de ce qu'on entend par désir de l'Autre : au-delà de l'autre, je désire l'Autre, ou l'Autre lui-même désire et
définit l'horizon du désir...


charles lallemand 24/01/2010 19:28


Ta réponse Étienne, porte à la réflexion : " Il y a dans la référence à l'Autre, écris-tu, que Dieu soit nommé ou non, la certitude que l'absolu est au cœur du désir et comme la
condition de ce désir." Mais qu'est-ce que "l'absolu" et qu'est-ce que ce grand Autre ?
Jacques Lacan pose comme une énigme que "le désir de l'homme est le désir de l'Autre" (Écrits 814) (cf.
Le vocabulaire de Lacan de Jean-Pierre Cléro) :
 l'Autre non pas comme un "semblable" (autrui), mais comme  le lieu symbolique de la loi,
 "de" comme "la détermination subjective" (disent les grammairiens), à savoir que c'est en tant qu'Autre qu'il désire, véritable portée de la passion humaine.
Va comprendre, Charles !


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