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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 15:53

milarepa2.jpg

Milarepa

 

 

 

http://milarepa.edublogs.org/about/

 

Pour le blog, le café philosophique et le groupe de la parole, nous nous intéresserons au bouddhisme, au cours de la nouvelle session 2012-2013. Ici, à chaque fois, nous associerons une citation de Bouddha et un conte bouddhiste. Le va et vient entre l’une et l’autre devrait permettre à la pensée de tous de pouvoir s’exprimer. Chacun est donc invité à entrer dans la réflexion et le débat.

 

 

Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie (Bouddha)

 

 

Milarepa attaqué par les démons

 

 

Alors que Milarepa était en retraite, un jour, en rentrant dans sa grotte, il se trouva face à une horde de démons terrifiants avec des yeux grands comme des soucoupes. Ils exhibèrent leurs pouvoirs faisant trembler le sol et déployant toutes sortes de manifestations terrifiantes. Milarepa essaya différents moyens pour les chasser : il adressa des prières à son lama Marpa, médita sur la divinité protectrice, menaça les démons, et tenta toutes sortes de stratagèmes. Ils se moquèrent de lui : A en croire son attitude, il semble qu’il ait perdu son équanimité et que nous l’ayons troublé.

 

Alors Milarepa se dit : Marpa Lodrakpa m’a enseigné que toutes les apparences sont projections de l’esprit, et que la nature de celui-ci est vide et lucide ; considérer ces démons comme extérieurs et vouloir les expulser est illusion.

 

Réalisant alors que la nature de l’esprit ne pouvait être affectée par ces manifestations, et qu’elle demeurerait inchangée même devant une myriade des démons les plus terribles, il comprit les démons comme l’expression des fixations et des pensées dualistes de son esprit. Alors, dépassant ses peurs, il accepta la présence des démons, et fit naître envers eux une compassion authentique.

 

Il se dit : Si ces démons veulent mon corps, je les leur offre ; la vie est transitoire, il est bon que je puisse aujourd’hui faire ainsi une offrande bénéfique. Cette attitude de profonde compassion et de compréhension de la vacuité apaisa les démons et finalement leur chef s’adressa à Milarepa : Croyant que tu avais peur de nous, nous pensions pouvoir te nuire ; mais si la pensée des démons n’apparaît jamais dans ton esprit, tu n’as nulle crainte à avoir. Puis ils disparurent.

Kalou Rinpoché, La voie du Bouddha, Points Sagesse, 2010,  p. 225-26.

 

Télécharger (le conte)

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Published by Duval Etienne
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Partageur 29/10/2012 15:21



Duval Etienne 29/10/2012 15:12


Charles, je retiens ta leçon, qui est, pour moi, extraordinaire : être heureux, c’est partager. Autrement dit l’aboutissement de l’action humaine, c’est la
création, c’est-à-dire le partage, c’est-à-dire finalement le bonheur. Décidément les Grecs avaient tout compris. Il y avait vraiment chez eux du daimôn ! Nous finissons par retomber dans le
bouddhisme car l’éveil, c’est le bonheur. Et faire le vide c’est rejeter tout ce qui n’est pas de l’ordre du partage. Quelle lumière !

Charles Lallemand 29/10/2012 15:09


Belle  "re-connaissance" Etienne ! Marcel Mauss  ne disait-il pas
déjà, tu le sais mieux que moi, qu’à l’origine de l’échange, il y a le don ! ( Essai sur le don
1923)


Oui, δαίμων : dieu, en tant qu’il intervient dans la destinée humaine, et déjà chez Homère δαίομαι c’est
 partager. Pour L’Alchimiste de Paulo Coelho
δαίμων  c’est, chacun, "sa légende personnelle". Quant à ευδαίμονία le bonheur ce n’est pas « que du bonheur ! » comme de gagner
au tiercé ; Aristote le définit comme "l’activité la plus parfaite de l’esprit humain en possession de son objet le plus élevé." (Ethique à Nicomaque X et VII,1). Mais ce bonheur ainsi défini, est-il accessible à tous ? Si sa contemplation strictement rationnelle tourne court,
c’est peut-être, comme tu le dis, parce qu’elle ne fait pas "sa part à l’autre" ! 


Charles

Peintre 29/10/2012 09:15




Le Buisson ardent



Duval Etienne 29/10/2012 09:07


« Celui qui ne perd rien de ce qu’il est en faisant sa part à l’autre »


 


Charles, j’ai beaucoup aimé ta retraduction du prologue de Jean : « Au début était la Médiation… » avec l’idée d’un Dieu qui fait des parts. Or,
après, tu revisites la Révélation du nom divin : « Je suis celui qui suis ». Dans cette traduction, il me semble que l’on a laissé tomber le plus intéressant. Il y a, en effet deux
révélations de Dieu : celle que tu signales et une autre basée sur la figure du Buisson ardent. Le Dieu qui se sacrifie (le feu du sacrifice)  ne
perd rien de ce qu’il est, en faisant sa part à l’autre et donc à l’homme. Autrement dit : le faire sa part à l’autre est inclus dans la définition de Dieu ainsi présenté. J’aurais presque
l’audace de dire que c’est là la vraie révélation de Dieu, celle qui le rapproche intrinsèquement de l’homme.

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