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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 09:16

Narcisse et Echo

http://mgr2.free.fr/redac-membres/narcisse.php


Le système de Narcisse destructeur du politique

ou

La confusion entre l’image et l’identité


 

Le débat sur l’identité nationale semble révéler une confusion entre l’image et l’identité. Une telle confusion qui s’exprime, aujourd’hui, à tous les niveaux, peut conduire à la destruction du politique et du sujet lui-même. Sans même que nous nous en rendions compte, Narcisse est en train  de diffuser son poison. Et, pour mieux atteindre son but, qui flatte le désir de chacun en le conduisant à sa perte, il a construit un système qui asservit les individus des principaux partis et les rend presque totalement aveugles ; ils croient maîtriser les événements alors qu’ils sont dirigés eux-mêmes par une main invisible qui les conduit vers leur propre anéantissement.

 

Le mythe de Narcisse

Narcisse est orgueilleux de sa propre beauté. Hommes et femmes sont attirés par lui mais il reste insensible à leurs avances. Lorsqu’il a été consulté, le devin Tirésias a prédit : « Narcisse vivra très vieux à condition qu’il ne se regarde jamais ». Malheureusement, le jeune homme n’est tourné que vers lui-même. Il ne s’intéresse pas à la parole des autres : il n’entend en fait que l’écho de sa propre parole. Tous ceux qu’il fascine n’arrivent pas à attirer son attention et sombrent dans le désespoir. Un jour, fatigué, il s’arrête près d’un ruisseau à l’eau très claire  et se penche pour étancher sa soif. Il découvre alors son propre reflet et devient amoureux de son image. Son désir grandit, s’excite et s’épuise. « Comment supporter à la fois de posséder et de ne pas posséder ? » Son image s’échappe chaque fois qu’il veut l’atteindre. Souffrant un martyre indicible, Narcisse finit par plonger un poignard dans sa poitrine. La semence de son sang donne naissance à un narcisse blanc à corolle rouge : la belle image, qui évacue l’autre, conduit à la mort.

 

Du mythe de Narcisse au système de Narcisse

En France, qu’ils soient de droite ou de gauche, la plupart des hommes et des femmes politiques sont pris au piège de Narcisse. Ils sont fascinés par le souci de se construire une image attirante pour atteindre le pouvoir. Le paraître l’emporte sur l’être et la réalité, et tous les moyens de communication sont bons pour atteindre leur but.  Le candidat devient un produit qu’il faut vendre. Il n’hésite pas à se transformer en marchandise et à utiliser pour sa promotion les techniques les plus sophistiquées de la vente. Il est alors à la merci des marchands de rêve, construisant pour lui le système de Narcisse, qui va progressivement l’enfermer. Son image finit par remplacer son identité et l’emballage l’emporte sur le contenu.  Bien plus, l’écho de sa parole est plus important que la parole elle-même.

 

Les médias produisent l’image et l’écho

Dans le système de Narcisse, les médias acquièrent une importance considérable. En dernier recours, ce sont eux qui vont construire l’image et l’écho. Sans cesse ils sont sollicités, adulés, parce qu’il leur appartient de produire le fameux sésame, qui ouvre les portes du pouvoir. Le passage sur les grandes chaînes de télévision à 20 heures est un atout important pour les hommes politiques et pour ceux qui rêvent de le devenir.  Aussi la privatisation des médias peut-elle intéresser les soutiens de telle ou telle tendance dans le gouvernement du pays. Non seulement la presse mais aussi l’argent font bon ménage avec le pouvoir. La confusion s’installe aux dépens de la vérité qu’il faut défendre. Seules la compétence, l’intégrité et l’indépendance des  journalistes constituent un rempart contre une telle dérive. Mais, souvent, le besoin de survivre et de prospérer amène plus ou moins discrètement la presse à céder à la démagogie, en flattant le besoin de caricatures chez les auditeurs et les téléspectateurs eux-mêmes. Une concurrence s’installe pour être les premiers à jouer avec les nouvelles qui font choc, et produire ainsi un supplément d’image et d’écho. Car la perversion est devenue si grande qu’elle a contaminé l’auditeur et le spectateur ; ils se nourrissent de plus en plus du système de Narcisse.

 

Les partis et les courants amplifient la bonne image et le bon écho

Le système a ses hauts parleurs : ce sont les partis et les courants qui deviennent les courtiers du pouvoir en place et de l’opposition elle-même. Ils fonctionnent comme l’orchestre pour renforcer la bonne image et le bon écho et assourdir et disqualifier tout ce qui leur est contraire. Ils sont au service des leaders, auxquels les serviteurs tendent à s’identifier, accentuant encore le rôle de l’image qui tue l’identité. Il ne s’agit plus de partager le pouvoir entre tous mais de le réserver à quelques privilégiés, qui doivent briller comme des étoiles dans le ciel politique.

 

Chacun entend l’autre à travers l’image qu’il s’en fait

 En fait l’autre n’existe plus. L’orchestre finit par le dissoudre dans le même. Chacun entend son vis-à-vis à travers l’image qu’il s’en fait. Ce ne sont plus des hommes qui se font face : ce sont les bonnes images d’un clan qui s’opposent aux mauvaises images de l’autre. Non seulement l’écho remplace la parole, mais l’écho lui-même est déformé lorsqu’il rencontre l’oreille de l’adversaire. La défense du pouvoir et l’opposition deviennent systématiques. Chacun est pris dans les mailles du système que Narcisse a contribué à mettre en place. L’homme ne pense plus vraiment. Sans même qu’il ne s’en rende compte, le système le fait à sa place à travers le jeu des images et des échos. Jeu qui renvoie sans cesse à des engagements initiaux non discutables ou à d’immémoriales prises de position, qui tiennent lieu de vérité.

 

Narcisse détruit le politique en détruisant le sujet

Comme nous le constatons, le culte de l’image finit par détruire le politique. En tenant lieu d’identité, l’image interdit l’accès au sujet que le politique devrait promouvoir. En fait ce qui est en cause, c’est l’autre. A l’origine du système de Narcisse, il y a la peur de l’autre. Narcisse est né d’un viol qui a laissé en lui un profond traumatisme : au lieu de susciter le désir et l’amour, l’autre est devenu celui qu’il faut éviter à tout prix. Mais alors comment se construire, si le sujet passe par l’autre ? Qu’à cela ne tienne, l’autre est remplacé par sa propre image, cet autre de soi-même. Nous touchons ici au fondement ultime de l’inceste. Le système de Narcisse est fondamentalement incestueux. C’est pourquoi il conduit à la mort du politique et du sujet. Sans doute faut-il s’aimer soi-même pour vivre et pour aimer les autres. Mais Narcisse ne s’aime pas vraiment. Il y a, en lui, une haine de soi, liée à la peur  de l’autre, qui le constitue malgré lui. Il choisit de se replier sur soi-même et donc de s’enfermer alors que la seule solution serait de s’ouvrir à l’autre.

Dans le contexte actuel, il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur l’identité nationale. Mais cette interrogation elle-même, adossée à la recherche de la bonne image, pourrait être le signe de la peur archaïque de l’étranger, qui pousserait à la confusion de l’image et de l’identité. Elle ne sera pourtant pas inutile si elle fait prendre conscience de la seule véritable voie pour sortir du système de Narcisse, qui empoisonne les uns et les autres : se régénérer en sachant accueillir convenablement l’étranger. Tout n’est pas encore perdu.                                 

Etienne Duval

 

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commentaires

D
<br /> L'identité de Jésus entre l'ombre et la lumière<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Qui sommes-nous vraiment ? Yves Bajard tente de répondre à cette quetion :<br /> <br /> Même semée d'embûches, c'est une route merveilleuse que celle qui nous conduit vers l'indicible.<br /> <br /> Des années de théâtre  il me semble que je n'ai retenu que cette phrase de "Shakespeare" dans la Tempête :<br /> "Nous sommes de cette étoffe dont nos rêves sont faits, notre petite vie est entourée par un sommeil".<br /> <br /> Il me faut ôter le voile qui recouvre mes songes.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> L'icône au-delà de l'image : elle renvoie à la Parole<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Η Γεννησις<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L'icône de la Nativité s'inspire du récit de Saint Luc<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> « Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva. Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de<br /> langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’abri destiné aux voyageurs. » (Luc, 2, 6-7)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Oui, je pense comme vous que l'homme est à l'aube d'une nouvelle identité plus spirituelle et plus universelle. Et vous avez raison de dire que Christophe Galfard travaille en ce sens en passant du<br /> langage scientifique au langage symbolique. Le langage scientifique est froid et univoque, s'enfermant dans le rationnel. Il n'atteint que ceux qui font partie du cénacle. Il n'atteint pas l'homme.<br /> Le langage symbolique est plus humain : il assume le corps et toutes ses émotions. Autrement dit, à travers lui, le langage scientifique s'incarne et peut ainsi participer à un élargissement de<br /> notre identité. C'est une piste de réflexion très intéressante.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Le big bang expliqué en trois minutes.<br /> J’apprécie bien cette proposition du scientifique Christophe Galfard:<br /> Car sans infliger de blessure narcissique ni aux scientifiques, ni aux croyants ni aux philosophes. Il déconstruit simplement les tabous<br /> Quand ce même scientifique explique les forces de vie en toute simplicité dans son ouvrage. ‘’Le prince des nuage’’ là je suis admirative :<br /> <br /> Le prince des nuages est l’épopée de trois adolescents en but avec les forces du bien et du mal. Ils partent à la poursuite d’un tyran cruel. Ils devront donc dans leur quête parcourir le ciel et<br /> comprendre ce que sont les éclairs et les nuages, ce qui se cache la nuit dans le noir entre les étoiles, pourquoi le ciel est bleu le jour et rouge le soir...<br /> <br /> Il lâche le jargon scientifique pour entrer dans la symbolisation.<br /> Il me semble que Christophe Galfard comme d’autres, nous invite à élargir notre identité spirituelle.<br /> <br /> Nous sommes à notre place tout simplement.<br /> Votre exemple de la vie humaine de 70 ans qui représente sixième de seconde est soumis au même principe concernant le rapport espace temps qu’une autre vie humaine de 35 ans qui elle représente un<br /> douzième de seconde.<br /> L’homme qui porte en lui le mystère comme on porte un enfant, se doit de penser d’espérer et d’aimer<br /> Je pense que l’humanité est à l’aube d’une nouvelle identité plus spirituelle plus universelle.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Nous voilà remis à notre place dans l'histoire de l'univers depuis le Big Bang. Si la durée de l'univers est d'une année, une vie humaine de 70 ans ne représente qu'un sixième de seconde ! Mais<br /> l'univers  n'espère pas, n'aime pas. Nous sommes un tout petit fétu de paille, mais un fétu de paille qui pense. En chacun de nous se contracte une durée de plusieurs milliards d'années, en<br /> chacun de nous se poursuit le mystère du big bang.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Fin du calendrier<br /> <br /> <br /> 31 décembre<br /> <br /> <br /> 12h : Apparition des cétacés et des primates<br /> <br /> <br /> 18h : Apparition des mammifères géants<br /> <br /> <br /> 21h : apparition de l'australopithèque<br /> <br /> <br /> 23h50 : Domestication du<br /> feu<br /> <br /> <br /> 23h56 : Apparition de l'Homo Sapiens<br /> <br /> <br /> 23h58 : Apparition de l'homme<br /> de Cro-Magnon et peuplement des Amériques<br /> <br /> <br /> 31 décembre à 23h59<br /> <br /> <br /> 35s : invention de l'agriculture<br /> <br /> <br /> 51s : invention de l'alphabet<br /> <br /> <br /> 56s : naissance de Jésus de<br /> Nazareth<br /> <br /> <br /> 57s : naissance du prophète Mahomet<br /> <br /> <br /> 58s : croisades<br /> <br /> <br /> 59s : période de la Renaissance<br /> <br /> <br /> Minuit<br /> <br /> <br /> Aujourd'hui.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Suite du calendrier de Carl Sagan<br /> <br /> <br /> Janvier à novembre<br /> <br /> <br /> 1er janvier : Big Bang<br /> <br /> <br /> 1er mai : formation de la Voie<br /> Lactée<br /> <br /> <br /> 9 septembre : formation du système solaire<br /> <br /> <br /> 14 septembre : formation de la Terre<br /> <br /> <br /> 25 septembre : origines de la vie sur Terre<br /> <br /> <br /> 2 octobre : Formation des plus vieilles roches connues sur Terre<br /> <br /> <br /> 9 octobre : Fossilisation des plus vieux organismes vivants<br /> <br /> <br /> 1er novembre  : Apparition du sexe dans les microorganismes<br /> <br /> <br /> 12 novembre : premières cellules de type eucaryotes (à noyaux)<br /> <br /> <br /> Décembre<br /> <br /> <br /> 1er: Formation d'une atmosphère avec<br /> oxygène<br /> <br /> <br /> 15 : Explosion du<br /> Cambrien<br /> <br /> <br /> 17 : premiers invertébrés<br /> <br /> <br /> 18 : plancton océanique<br /> <br /> <br /> 19 : poissons et premiers vertébrés<br /> <br /> <br /> 20 : premières plantes sur la terre<br /> ferme<br /> <br /> <br /> 21 : Le silurien : envahissement de<br /> la terre ferme par les plantes<br /> <br /> <br /> 22 : premiers amphibiens et insectes volants<br /> <br /> <br /> 23 : premiers arbres et reptiles<br /> <br /> <br /> 25 : apparition des dinosaures<br /> <br /> <br /> 26 : premiers mammifères<br /> <br /> <br /> 27 : premiers oiseaux<br /> <br /> <br /> 28 : début du Crétacé<br /> <br /> <br /> 30 : Fin du crétacé, disparition des dinosaures<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Danièle nous fait passer le calendrier de Carl Sagan<br /> <br /> <br /> Calendrier cosmique de Carl Sagan<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Est un calendrier<br /> inventé par l'astronome américain Carl Sagan afin de ramener à l'échelle humaine l'histoire de l'Univers, du Big Bang à aujourd'hui.<br /> <br /> <br /> Description<br /> <br /> <br /> Dans le premier épisode de la série Cosmos, Sagan ramène l'histoire entière de<br /> l'Univers dans un calendrier d'un an. Il place ainsi la naissance de l'Univers à la première seconde le premier janvier de l'année et le temps présent à minuit le 31 décembre. Par la suite, il<br /> note les « dates » de certains événements dans l'histoire de l'Univers, événements clés, selon les connaissances actuelles, à l'apparition de l'être humain sur la Terre.<br /> <br /> <br /> Dans ce calendrier, chaque seconde équivaut à un peu plus de 400 ans, ce qui fait environ 37,5 millions d'années par jour pour un total de 13,7<br /> milliards d'années pour l'année.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> Le big bang<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> L'identité de l'Univers<br /> Un exploit : Le Big Bang en trois minutes par Christophe Galfard (France inter, La tête au carré)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> es<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> par Mathieu Vidard<br /> du lundi au vendredi de 14h à 15h<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> menu<br /> <br /> <br /> <br /> > présentation<br /> <br /> > émission<br /> <br /> > à venir<br /> <br /> > archives<br /> <br /> > nous écrire<br /> <br /> > commentaires<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> jeudi 17 décembre 2009<br /> <br /> <br /> Le Goût des sciences<br /> <br /> <br /> <br /> La Tête au carré reçoit aujourd'hui les Lauréats du prix "Le goût des sciences 2009".<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> invités<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Ronan James<br /> Il est l'initiateur du festival « Les chercheurs font du cinema". Prix 2009 "Le Gout des sciences", prix "Les scientifiques communiquent".<br /> <br /> Association LES ATOMES CROCHUS<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Jean-Luc Robert-Esil<br /> Il est Chercheur au Laboratoire Astroparticule et cosmologie de l'université Paris 7-Denis Diderot et ingénieur de recherche au CNRS<br /> <br /> LABORATOIRE ASTROPARTICULE ET COSMOLOGIE<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Jacques Paul<br /> Il est attaché scientifique au laboratoire Astroparticule et cosmologie (APC, Université Paris Diderot) et chercheur au CEA.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Christophe Galfard<br /> Il est Docteur en Physiquqe théorique, ancien élève de Stephen Hawking et écrivain.<br /> <br /> Son livre "Le Prince des nuages" a reçu le prix 2009 "Le Gout ds sciences", prix "La Science expliquée aux jeunes".<br /> <br /> <br /> Il a aussi obtenu le Prix des radios francophones, lors de l'émission du 23 octobre dernier, pour son explication (en 3 minutes !)de la théorie du Big Bang, dont voici le texte:<br /> <br /> <br /> LE BIG BANG EN TROIS MINUTES<br /> <br /> <br /> par Christophe Galfard<br /> <br /> <br /> "Tout ce que nous savons de notre univers, c’est depuis notre planète, la Terre, que nous l’observons.<br /> <br /> <br /> En comparant la lumière qui nous parvient des galaxies lointaines à celle qui brille près de nous, les scientifiques ont découvert que toutes les étoiles du fin fond du cosmos<br /> s’éloignent les unes des autres, et s’éloignent de nous, en permanence, comme si l’espace s’étirait et allongeait les distances.<br /> <br /> <br /> De cette observation, une seule conclusion est possible : notre univers grandit et gonfle avec le temps.<br /> <br /> <br /> Et si l’univers grandit, alors il était forcément plus petit avant.<br /> <br /> <br /> Depuis qu’ils savent cela, les scientifiques essayent de remonter le temps et tentent de comprendre la naissance de notre monde.<br /> <br /> <br /> Aujourd’hui, il fait moins 270 degrés dans l’espace et les galaxies et les étoiles sont bien visibles, permettant aux scientifiques de scruter le cosmos à la recherche d’indices<br /> provenant du passé. Ils ont vu des étoiles naître et mourir, ils ont photographié des galaxies par milliers, mais ils n’ont pas pu aller plus loin car ils sont tombés sur un mur<br /> opaque, un mur qui s’est dissipé il y a 13,7 milliards d’années. L’univers avait alors 300 000 ans. Il y faisait 3000 degrés et il était si petit et si dense que la lumière ne<br /> pouvait pas s’y déplacer.<br /> <br /> <br /> Pour découvrir ce qui s’est passé avant, nos télescopes ne peuvent plus nous aider.<br /> <br /> <br /> Alors fermons les yeux et imaginons l’univers qui continue à rétrécir et à chauffer.<br /> <br /> <br /> Des dizaines de milliers d’années s’écoulent. L’espace est maintenant tellement chaud que les atomes se brisent, libérant leurs électrons et leurs noyaux.<br /> <br /> <br /> Environ 100 secondes après l’origine de l’univers, il fait près de 10 milliards de degrés et c’est au tour des noyaux des atomes de se désintégrer. Les protons et les neutrons qui<br /> y étaient collés les uns aux autres sont projetés dans toutes les directions et se mélangent à l’incroyable énergie qui les entoure.<br /> <br /> <br /> Nous sommes maintenant à un millième de seconde après l’origine de l’univers. Il fait 1000 milliards de degrés. Les protons et les neutrons, ces particules parmi les plus solides<br /> qui soient, se cassent à leur tour et soudain, alors que la température ambiante avoisine le million de milliard de degrés, les forces de la nature telles que nous les connaissons<br /> aujourd’hui commencent à changer.<br /> <br /> <br /> L’univers devient une soupe d’énergie pure.<br /> <br /> <br /> La matière se transforme continuellement en lumière et la lumière en matière. La différence entre les deux devient superflue.<br /> <br /> <br /> Mille milliardième de milliardième de milliardième de secondes après son origine présumée, notre univers fait 10 mètres de diamètre et continue à rétrécir. Tout ce qu’il contient<br /> est chauffé à un milliard de milliard de milliard de degrés et sa température continue à augmenter.<br /> <br /> <br /> Alors qu’on croyait toucher au but, tout s’accélère encore et l’univers s’effondre soudain sur lui-même à une vitesse folle. De 10 mètres de diamètre, il rétrécit jusqu’à la<br /> taille d’un proton. La concentration d’énergie atteinte est phénoménale.<br /> <br /> <br /> Un infime moment plus tard, les lois de la nature telles que nous les connaissons ne s’appliquent plus et même l’espace et le temps perdent tout leur sens. Nous venons d’atteindre<br /> un nouveau mur au-delà duquel la physique moderne est incapable de dire ce qui se passe.<br /> <br /> <br /> Derrière, l’univers devient un mystère dans lequel se mêlent sciences, croyances et philosophies. Ce mystère, cet endroit fabuleux qui marque la limite de nos connaissances, nous<br /> lui avons donné un nom. Nous l’avons appelé le Big Bang."<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Quelques fois, les questions mal posées ne sont pas inutiles parce qu'elles amènent les individus et les institutions à se positionner autrement et à révéler les intuitions fortes qui les portent.<br /> C'est en tout cas ce que fait très utilement la Fédération des Centres sociaux de France : Nous agissons pour que chacun puisse être acteur de sa vie et acteur dans la société où il vit. Je<br /> préfère personnellement cette approche qui met en avant le sujet plutôt que l'insistance sur la cohésion sociale et l'appartenance dans la mesure où le politique ne peut plus échapper aujourd'hui à<br /> la question du sujet. Ces approches ne sont pas inutiles mais elles me semblent moins centrales : elles révélent la diversité des points de vue de ceux qui ont rédigé la Déclaration.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Suite de la Déclaration de de La Fédération des Centres sociaux et socio-culturels de France<br /> <br /> <br />       Ne confondons donc pas solidarités communautaires et communautarisme. De plus les recours à des symboles identitaires<br /> sont d’autant plus nombreux et extrêmes que la société d’accueil est moins « intégrante ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Ne voyons pas dans ces symboles un danger, mais un effet des pratiques discriminatoires : « quand la République se<br /> retire, comment s’étonner que des gens trouvent une autre façon de définir leur identité ? ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Posons-nous également la question : un français de « souche » qui ne respecte pas les lois de la République, qui ne met<br /> pas en oeuvre un peu de solidarité autour de lui, qui se désintéresse de la « chose publique », qui utilise un pouvoir confié par son employeur ou par le suffrage universel à son profit plutôt<br /> que dans l’intérêt général, ne vient–il pas plus gravement égratigner l’identité nationale que l’apport de cultures nouvelles ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Nous demandons au Gouvernement de lancer un débat sur la cohésion sociale. Avec pour questions :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       ·         Comment développer un sentiment d’appartenance à notre<br /> communauté nationale en faisant appel au plus grand nombre, en laissant leur place à chacun ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       ·         Comment qualifier, améliorer les fonctionnements<br /> démocratiques dans toutes nos organisations particulièrement dans le fonctionnement de nos institutions ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       ·         Comment atténuer ce qui porte atteinte à la cohésion<br /> sociale : injustices sociales, systèmes d’exclusion, de compétition, discriminations ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       ·         Comment développer les occasions, les lieux,<br /> les moyens qui puissent renforcer le contrat social qui nous permet de vivre ensemble de façon harmonieuse ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Ce sont des chemins de nature à promouvoir la construction d’un véritable vivre ensemble.<br /> <br /> <br />      <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Déclaration de la fédération des Centres sociaux et socio-culturels de France<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Lors de sa réunion du 12 Décembre 2009, le Conseil d’Administration de la Fédération Nationale a adopté à l’unanimité  la déclaration<br /> suivante:<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       La cohésion sociale plutôt que l’identité nationale.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       En référence aux valeurs inscrites dans notre pacte républicain et à celles de sa Charte, la Fédération des Centres<br /> sociaux et socioculturels de France, forte de ses 1200 Centres adhérents, refuse de s’inscrire dans le débat sur l’identité nationale tel qu’il est posé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       La mission première des Centres sociaux est d’agir au service de la cohésion sociale. Pour cela, nous sommes des<br /> chercheurs de convergence, d’intérêts partagés, d’enjeux communs pour bâtir, consolider, améliorer notre contrat social.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Dans le respect de la laïcité et de la dignité des personnes, le développement de la solidarité, la pratique de la<br /> démocratie, nous agissons pour que chacun puisse être acteur de sa vie et acteur dans la société où il vit .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Nous sommes depuis longtemps des impulseurs de dynamiques d’intégration, d’intégration dans la société française.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Le débat sur l’identité nationale tel qu’il est lancé vient poser des questions qui séparent, il prend le risque des<br /> amalgames en désignant notamment les personnes issues de l’immigration comme celles pouvant porter atteinte à l’identité nationale.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Organiser ce débat juste avant une campagne électorale pour les élections régionales fait prendre le risque d’en faire<br /> plutôt une manœuvre politicienne qu’une véritable démarche de recherche de cohésion. Nous ne pouvons pas méconnaître que les thématiques liées notamment aux questions de l’immigration et à<br /> l’idéologie sécuritaire sont exploitées par l’extrême droite pour faire naître des sentiments de peur qui aggravent les tensions. Comment le gouvernement peut-il ignorer ces mécanismes ? Veut-il<br /> en jouer ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Plutôt que celle de l’identité nationale nous préférons aborder la question de l’appartenance. Celle-là est productrice<br /> de cohésion sociale.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       La question posée par Monsieur BESSON est centrée sur la notion de Nation et de fierté d’être français. Il y a d’autres<br /> façons de débattre de ce qui nous réunit, de ce qui fait cohésion sociale. La fierté n’est pas une valeur, c’est un sentiment qui se construit et se mérite et jamais définitivement acquis. Il ne<br /> s’agit pas d’être fier d’être français (ce sentiment est le prétexte à des manifestations violentes et xénophobes qui se sont développées au cours des âges) mais de ce que les Français sont<br /> capables tous les jours, de vivre, de mettre en oeuvre, d’inventer pour l’avenir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Chaque personne doit faire une démarche d’intégration quel que soit son origine. Par exemple les questions posées dans<br /> le Livre Vert du Haut Commissariat à la Jeunesse le prouvent, notre société a besoin de faire un réel effort pour « intégrer » tous les jeunes, de même qu’un effort est demandé à chaque jeune<br /> pour « prendre sa place » dans la société.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Les parcours d’intégration nécessitent que les personnes puissent se sentir reconnues pour ce quelles sont, avec leur<br /> histoire, leurs capacités, leurs particularités. Les processus de reconnaissance s’enrichissent au cœur des communautés. Se réunir entre personnes de même origine, de même religion… est naturel.<br /> Trouver dans ces communautés un appui, un lieu réconfortant, où se nouent des solidarités nous semble légitime. Comment font les français à l’étranger ? C’est en s’appuyant sur des solidarités<br /> que les processus d’intégration se mettent en œuvre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />       Ne confondons donc pas solidarités communautaires et communautarisme. De plus les recours à des symboles identitaires<br /> sont d’autant plus nombreux et extrêmes que la société d’accueil est moins « intégrante ».<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> Les deux compères du musée de Lwov<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Le culte de l'image conduit à l'idolâtrie<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> L'adoration du veau d'or par Nocolas poussin<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Suite : C'est en inventant une Parole avec la Palestine qu'Israël peut retrouver son identité<br /> Mais pour cela il doit sacrifier son image comme Abraham a sacrifié  le bêlier, afin d'entrer dans la Parole avec Isaac...<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Israël/Palestine ou la parole impossible<br /> Je me demade si Israël, encore traumatisé par la Shoah, provisoirement incapable d'en faire le deuil, n'est pas tombé dans le mythe de Narcisse. Il est obnubilé par sa propre image<br /> au point de perdre son identité et de rendre impossible celle de l'autre. La situation devient explosive aux dépens aussi bien d'Israël que de la Palestine. Il devient urgent de réveiller<br /> l'identité d'Israël pour permettre que la Palestine puisse exister.<br /> Ecoutez plutôt l'émission de Clémentine Autain sur France-Culture :<br /> http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10714-24.11.2009-ITEMA_20205303-0.mp3<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Frédéric N signale cet article du blog dans ses commentaires au blog de Laurent de Boissieu, journaliste politique :<br /> http://www.ipolitique.fr/archive/2009/11/23/psychiatrie-lourde.html<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Françoise pour cet encouragement.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Merci pour cet apport passionnant . Je me permets de l'envoyer à des amis , des enfants et à notre équipe MCC qui va réfléchir en janvier sur le thème de l'identité nationale .<br /> <br /> Avec amitié .                     Françoise<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> <br /> Lyon, un chantier limousin. Les maçons migrants, 1848 – 1940<br /> par Jean-Luc de Ochandiano<br /> <br /> Novembre 2008<br /> 264 pages, 250 illustrations<br /> format 22 x 24,5 cm<br /> Prix de vente 30 euros TTC<br /> ISBN 978-2-914528-59-7<br /> <br /> <br /> Au milieu du XIXe siècle, les montagnes du Limousin, rurales et enclavées, semblent totalement coupées de la métropole lyonnaise, centre national de la soierie. Et<br /> pourtant, un lien s’est tissé entre ces deux univers, lien constitué par les migrations saisonnières qu’entreprennent, chaque printemps, plusieurs milliers de paysans limousins vers les chantiers<br /> lyonnais.<br /> <br /> <br /> D’abord repliés sur eux-mêmes dans des quartiers comme la Guillotière, les migrants s’intègrent peu à peu et jouent un rôle crucial non seulement dans le<br /> développement de la ville mais aussi dans l’évolution de la condition ouvrière et la naissance du syndicalisme. L’ouvrage, qui nous fait parcourir un siècle de construction dans l’agglomération<br /> lyonnaise, souligne les étapes de l’évolution de la profession entre 1848 et la seconde guerre mondiale, en donnant notamment un aperçu des techniques de construction et des conditions de<br /> travail. Enrichi par de nombreux documents et photographies d’époque, il retrace les trois grandes phases de ces migrations limousines, tout en les replaçant dans leur contexte national, et même<br /> international, avec l’apparition de filières de migrations plus récentes. Cette publication très documentée donne à voir le quotidien de ces paysans creusois devenus maçons lyonnais, qui ont<br /> largement façonné la ville que nous connaissons aujourd’hui.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.lieuxdits.fr/LD/pat_rhone08.html<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> A côté de l'immigration extérieure, il y a aussi l'immigration intérieure. Il n'y a pas si longtemps, des troupes de maçons limousins sont venus à Lyon pour transformer la ville. Ils ont laissé sur<br /> place de très grandes entreprises comme Pitance et la coopérative l'Avenir. En travaillant à l'embellissement et à la restauration des rues et des quartiers ils ont aussi transformé l'identité de<br /> la cité...<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Suite d'Yvon montigné<br /> <br /> <br /> il voit d’un mauvais œil l’expression d’une identité régionale. Les langues régionales, expressions les plus visibles des identités ont été combattues, bâillonnées,<br /> interdites pendant longtemps. Et pourtant aujourd’hui, face à ce gâchis, certains se sentent bretons, alsaciens, basques, etc., tout autant que français ou européens, porteurs de valeurs<br /> menacées, ignorées en tout cas dans la culture dominante.<br /> <br /> <br /> Ces cultures régionales, loin de s’enfermer dans un folklorisme passéiste, veulent contribuer à l’édification d’une identité nationale plus riche, moins<br /> stéréotypée, ouverte sur le monde. « Les vieilles charrues » de Carhaix me semblent un exemple de cette capacité à rassembler par delà les frontières les peuples issus d’une même<br /> culture comme d’intégrer, sans se perdre, les apports les plus contemporains de la musique, par exemple. Mais même dans l’armée, la plus  monolithique de nos institutions, il<br /> existe une formation musicale qui ne joue jamais la Marseillaise, c’est le Bagad de Lann Bihoué, près de Lorient. Comme quoi, il ne faut pas désespérer.<br /> <br /> <br /> Identité européenne, identité méditerranéenne, identité régionale sont trois des mises en perspective nécessaires à un travail sur l’identité nationale qui ne soit<br /> pas un enfermement d’un vieux pays insuffisamment ouvert à l’Autre.<br /> <br /> <br />                                                <br /> Marguerittes, le 9 novembre 2009, Yvon Montigné<br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Reprise d'un texte d'Yvon Montigné présenté sur le dernier blog<br /> <br /> <br /> Identité française – Pour une mise en perspective<br /> <br /> <br /> La question de l’identité nationale, française en l’occurrence, ne peut être correctement posée que si on la met en perspectives d’autres modes d’identification.<br /> Faute de quoi on risque de nourrir un nationalisme idéologique ne correspondant en rien à la réalité, teinté de suffisance, voire de xénophobie. Etre fier d’être français, peut-être, en y mettant<br /> des nuances et sans comparatisme sous jacent. Etre français, pour la plupart d’entre nous, nous n’y sommes pas pour grand chose, hasard de la naissance. Etre né ailleurs serait-il une tare, un<br /> moindre être, dont le corollaire logique devrait être la honte de ne pas être … français. On serait en plein délire nationaliste.<br /> <br /> <br /> Identité européenne<br /> <br /> <br /> L’identité française, comme celle de beaucoup d’autres identités s’est construite dans le temps par une succession d’évènements souvent difficiles parfois<br /> dramatiques.. En ce qui nous concerne : occupation romaine, invasions barbares, incursions des huns ou des arabes (en fait des berbères), occupations temporaires plus ou moins longues des<br /> anglais surtout, mais aussi des prussiens ou des allemands.<br /> Nous nous sommes par ailleurs enrichis des courants artistiques, techniques et autres qui ont parcouru l’Europe. Comme les autres peuples européens nous sommes redevables des grecs, des romains,<br /> des barbares, des arabes.<br /> <br /> <br /> D’immenses personnalités venus de différents pays ont joué un rôle éminent en politique, dans les domaines artistiques, philosophiques, techniques, soit qu’ils<br /> aient joué un rôle personnel en vivant, temporairement ou non, sur notre sol, soit qu’ils aient rayonné par leurs qualités, leurs écrits, leurs inventions, etc. à partir de leur pays. Notre<br /> histoire, en ce sens, n’est guère différente de celle des autres pays européens. Toute cette circulation a créé une identité commune que les autres pays du monde reconnaissent facilement.<br /> <br /> <br /> La religion partagée par ces pays, (en ce qui nous concerne le catholicisme, mais aussi le protestantisme), même si elle n’a plus le même rôle aujourd’hui, a été un<br /> facteur identitaire puissant dans les domaines de la pensée, des législations, de l’architecture, etc. Doit-elle, pour autant servir de frontières à l’Europe ? Je ne le pense pas.<br /> <br /> <br /> Identité méditerranéenne<br /> <br /> <br /> Nous avons aussi une identité méditerranéenne, surtout les français du Sud, identité que nous partageons avec les autres pays de l’Europe du Sud, avec plusieurs<br /> pays du Moyen Orient, avec ceux du Maghreb . Longue histoire d’échanges et de conflits que facilitent les routes maritimes, lesquelles se jouent de la continuité et de l’imperméabilité des<br /> frontières terrestres. Nous pouvons entrer directement en relation avec des pays éloignés riverains de la Mare Nostrum : lieu initial de la diaspora juive, de la mise en relation de l’Islam<br /> et de la chrétienté, du partage des savoirs et des techniques..<br /> Identité partagée<br /> <br /> <br /> Chacun de nous, français ou autre européen, a hérité de cette histoire, y adhère ou s’y oppose. Mais ce terreau commun, qui s’exprime localement avec bien des<br /> nuances de pays à pays et dans chaque pays d’individu à individu, devrait permettre une atténuation des revendications identitaires nationales, faciliter la curiosité bienveillante envers les<br /> autres, voire l’admiration, et nourrir des pratiques innovantes inspirés de nos partenaires dans ce vaste ensemble identitaire.<br /> <br /> <br /> Identité et immigration<br /> <br /> <br /> Y aurait-il dans  cette capacité d’assimilation  sous une forme propre d’un certain « universel » une spécificité française ? D’une manière<br /> générale, je ne suis guère en mesure d’y répondre.<br /> Tout au long de notre histoire, nos avons accueillis ou reçus, parfois été chercher, un grand nombre d’étrangers : masses anonymes des grands chantiers industriels des XIX° et XX° siècles,<br /> combattants de nos guerres fratricides, réfugiés ayant fui des dictatures ou des situations économiques, raciales, religieuses ou autres, intolérables. Des français aussi parfois ont du émigrer<br /> ailleurs pour les mêmes raisons, ne l’oublions pas.<br /> <br /> <br /> Cette immigration, cette intégration ne s’est pas faite, bien souvent, sans difficultés ni injustices. Mais certains ont magnifiquement réussi ; ayant acquis<br /> ou non la nationalité française ils sont devenus des gloires de notre histoire. Au risque de la récupération facile.<br /> <br /> <br /> Enracinés ailleurs, résidant sur notre territoire, n’ont-ils pas le droit d’être attachés et d’exprimer leur identité native ? Doivent-ils être d’abord<br /> français ou bien rester d’abord des espagnols, italiens, maghrébins, hongrois. Les itinéraires varient. Mais la cohabitation de cultures différentes dans un espace commun reste une question<br /> difficile. D’autres pays, me semble-t-il, réussissent mieux ce travail que nous sans sombrer dans le communautarisme ghettoïsant.<br /> <br /> <br /> La perspective régionaliste<br /> <br /> <br /> Celle-ci, qui semble bénéficier dans le contexte européen d’une nouvelle dynamique, n’est pas une donnée valorisée dans notre pays, lequel  a l’une des plus<br /> longues histoires en Europe. Assez rapidement constitué, dotée de beaucoup de frontières « naturelles », possédant une langue dominante pour ne pas dire dominatrice, gouverné et<br /> organisé d’une manière exceptionnellement centralisée,<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> L'exemple est bien choisi. Il y a en effet déconstruction du système de Narcisse et reconstruction de l'identité grâce à l'écart que produit le départ et grâce aussi à la confrontation aux autres<br /> et ici à la confrontation à d'autres cultures.<br /> Je pense un peu que toute identité, au départ, est narcissique, et qu'il faut la quitter pour la retrouver, mourir à Narcisse et renaître à soi-même.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Le film Golden door d'Emanuele Crialese permet d’entrevoir la possibilité d’une déconstruction du système de Narcisse, cela peut être un acte créateur de l’identité.<br /> <br /> Le film raconte le parcours d'immigrés siciliens cherchant à tout prix a accéder au Nouveau Monde, un nouveau monde qu'ils voient comme une sorte de pays de conte de fée qui n'acceptent que des<br /> gens vertueux et dans la norme.<br /> Mais pour devenir citoyen du Nouveau Monde, il faut mourir et renaître un peu. il faut être sain de corps et d'esprit savoir obéir et jurer fidélité si l'on veut franchir "La Porte d'Or".<br /> <br /> Entretien avec le réalisateur :<br /> Je crois que Golden Door est né de ma propre expérience d’immigré aux Etats-Unis. Je suis parti il y a 16 ans vivre à New York. J’ai quitté ma patrie pour aller faire des choses ailleurs. J’ai<br /> changé. Mon identité a été un peu bouleversée : Je crois que l’identité, c’est la force d’un homme. Dans le film, les protagonistes se rendent compte qu’ils sont italiens au moment même où ils<br /> quittent leur patrie. Nous croyons que c’est quelque chose d’établi d’être français ou italien quand on vit dans son propre pays, alors que l’on commence vraiment à se sentir français ou italien<br /> justement quand on s’éloigne de sa patrie. Moi même, je n’avais pas vraiment conscience de ma culture, jusqu’au jour où je me suis confronté à d’autres cultures...<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Quand l'image prend le pas sur l'identité<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> Lidentité de Milan Kundera par Sébastien Fritsch<br /> <br /> <br /> http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2007/11/07/6705094.html<br /> <br /> <br /> Milan Kundera - L'Identité<br /> <br /> <br /> Kundera utilise une banale histoire d'amour et ses banals doutes pour nous interroger sur l'identité.<br /> <br /> <br /> L'identité de celui que l'on aime.<br /> L'aimerait-on de la même façon s'il était différent ? Aimerait-on autant quelqu'un qui lui ressemblerait en partie ? L'aimera-t-on encore quand le temps l'aura changé ? C'est ce type de questions<br /> qui harcèlent Jean-Marc, le personnage masculin principal, à propos de Chantal. Mais Chantal fait naître aussi des interrogations : aime-t-on l'autre pour ce qu'il est ou pour ce qu'on imagine à<br /> son sujet ?<br /> <br /> <br /> L'identité de celui que l'on est.<br /> Sommes nous vraiment ce que nous voulons être ? Sommes nous vraiment ce que nous prétendons être ? Jean-Marc se dit marginal et anticonformiste. Il vit au crochet de sa femme, dans le confort.<br /> Chantal, pour sa part, a l'impression d'avoir deux visages : dans le privé, elle est sympathique, ouverte, anticonformiste également ; au bureau, elle se plie au protocole de sa boîte de pub, où<br /> l'efficacité froide prime sur l'humain, où l'on sourit à tous, même si on souhaiterait en tuer la moitié.<br /> <br /> <br /> Ce roman est attachant surtout pour ces questionnements dans lesquels il nous entraîne sans lourdeur. Ce ne sont pas de grandes envolées philosophiques, mais des dialogues, des situations qui<br /> posent les sujets et apportent des réponses, propres à chaque personnage. Aucune de ces réponses n'est définitive, assenée comme la grande vérités. Elles ressemblent plus à des invitations à<br /> chercher nos propres réponses.<br /> <br /> <br /> Le style, quant à lui, n'est pas désagréable à lire, mais on sent qu'il n'est qu'un outil pour véhiculer des idées, faire avancer l'intrigue (car il y en a une, et on veut savoir jusqu'où iront<br /> les deux personnages dans leur quête de leur véritable identité et dans leur rejet des autres identités qu'on leur prête ou qu'ils se sont inventés). Il n'y a donc pas de chaleur ni de poésie<br /> dans l'écriture, mais une efficacité à conduire son sujet et à nous entraîner derrière lui qui, finalement, nous fait passer un bon moment. Mais un moment troublant. Comme sont troublants les<br /> doutes que l'on peut concevoir sur soi-même.<br /> <br /> <br /> Et j'ai retenu cette phrase : "Quel est le moment précis où le réel s'est transformé en irréel, la réalité en rêverie ? Où était la frontière ? Où est la frontière ?"<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je pense qu'on n'est plus vraiment dans le sujet....<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Réponse au Commentaire n°35<br /> Bonjour Etienne<br /> Pour Lucas :<br /> Je pense qu’il y a la possibilité de révéler III identités.<br /> Sujet- Père Sujet- Enfant Sujet-Mère<br /> Ceci est applicable dans toutes créations dans tous les domaines.<br /> Dans le cas contraire Lucas serait le rejeton d’un humain et d’une humaine.<br /> Bonne soirée !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je viens de lire dans les Droits de l'homme de 1789 une phrase qui me paraît suprenante : Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut<br /> exercer d'autorité qui n'en émane expressément. Je crois que c'est quelque chose qui te fait réagir depuis longtemps : la nation promue au stade de principe métaphysique. Quel statut pour les<br /> cultures dites locales et pour les contre-pouvoir ?<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Note bien que j'ai dit : "on peut (encore) penser ". Ce qui permet ,<br /> selon moi, au sujet d'exister, hors idolâtrie et narcissisme et avec une<br /> place vide, c'est d'abord des conditions de vie concrètes : les droits<br /> de l'homme sont évidemment bons à prendre ; et surtout la décision , qui<br /> ne peut être qu'un effet d'une liberté , de construire (travail de<br /> Sysiphe) ces conditions, ce qui implique qu'on n'en soit pas dupe, qu'on<br /> ne s'identifie pas, qu'on ne se réduise pas  à elles : qu'on cultive le<br /> paradoxe (si je t'ai bien compris) , ce qu'aucun texte, bien évidemment,<br /> ne peut décréter, ni permettre. Je viens de lire Daniel Cordier .- Alias<br /> Caracalla. J'y trouve une illustration.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je ne voudrais pas être trop critique par rapport aux Droits de l'homme, qui font progresser la civilisation. Mais personnellement, je ne suis pas sûr qu'ils posent le sujet. Le sujet, ici, reste<br /> trop abstrait pour être un sujet. Il s'agit plutôt d'un certain nombre de conditions de possibilité pour qu'un sujet puisse être posé. Il faudrait que je les relise, mais je suppose a priori qu'il<br /> manque une condition essentielle de ce qui fait le sujet c'est-à-dire le paradoxe.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Tu as paraitement saisi ce que j'avais en vue.<br /> Juste deux, trois remarques.<br /> 1)Mon digest est sommaire, encadré par ta problématique ... et la<br /> mienne. Je ne pense pas cependant avoir trahi mes sources, même si je<br /> les ai (re)lues rapidement<br /> 2)On peut (encore) espérer qu'en libérant EN PRINCIPE l'homme et le<br /> citoyen , nanti de ses "Droits",  la Révolution pose le Sujet . Mais<br /> elle pose aussi ce cadre uniformisateur et assimilateur.<br /> 3) Comment, c'est à dire à quoi? Je ne dirais pas par la volonté de<br /> détruire  les cultures locales. mais en les absorbant  dans UNE culture<br /> locale dominante, qui sera  dite  universelle, supérieure . Tentation<br /> permanente pour nos narcissismes.<br /> <br /> Et source de pas mal de confusions sans doute. Je n'y échappe pas plus<br /> que d'autres.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Personnellement, je vois quand même dans cette évolution un appauvrissement par volonté d'unifier. La dimension individuelle, concrète et symbolique, qui fait toute la richesse d'un ensemble,<br /> s'efface devant l'illusion d'une nation promue au rang d'individu, susceptible de contenir toutes les individualités. Il y a bien là, apparemment, le remplacement du symbole par une sorte d'image<br /> universelle, qui en perdant le concret a perdu le sujet. Tout semble être mis en place déjà pour tirer l'identité du sujet du côié de l'image. Alors est-ce l'effet de l'imaginaire romantique ? Je<br /> ne sais pas. Il s'agirait plustôt d'une volonté de détruire les cultures locales, qui serait peut-être à l'origine d'un repli sur l'imaginaire au dépens du symbolique. Il faudrait alors se demander<br /> si le romantisme ne trouve pas ses racines dans une exigence de la Révolution française elle-même...<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Un premier coup d'oeil dans ce que j'ai (De BAECQUE Antoine et MELONIO<br /> Françoise .- Lumières et liberté, Les dix-huitième et dix-neuvièmes<br /> siècles. Histoire culturelle de la France, T. 3.- Coll. Points Histoire<br /> ; et THIESSE  Anne-Marie .- La création des Identités nationales, Europe<br /> XVIIIè- XXè siècles.- Points Histoire ) me suggère cette synthèse<br /> grossière.<br /> <br /> Le romantisme apparaît en France dans l'après Révolution, qui laisse des<br /> individus (le terme « d'individualisme » apparaît alors) dans un horizon<br /> où les grands symboles ont été bousculés.<br /> Il va (donc) en chercher dans une reconstruction d'un passé mythique.<br /> Ainsi l'Académie Celtique a soutenu les efforts de La Villemarqué qui<br /> ressuscitait les antiques gwerzioù bretonnes susceptibles d'être une<br /> base  identitaire pour la « Nation », qu'on voulait gauloise,  issue de<br /> 1789, 1794 etc ... . La « découverte » de la Chanson de Roland a<br /> supplanté ce projet : les Francs contre les « arabes »  -en fait des<br /> basques -, cela faisait mieux l'affaire, au moment de la colonisation de<br /> l'Algérie.<br /> Cependant tout le XIXè est occupé par la construction politique,<br /> économique, donc juridique et culturelle de la « nation » qui doit être<br /> une personne, unie par la langue, les lois, guidée par la Raison et la<br /> Science désormais.<br /> Dès lors un ordre moyen s'impose peu à peu aux esprits :  par les<br /> Académies , la française en premier chef, normatives ;  par les lycées ,<br /> napoléoniens ! c'est à dire de conception  militaire ; par l'école<br /> primaire, moralisatrice sur la base d'une sorte de  kantisme pour tous ;<br /> et l'ensemble de l'administration.  Les populations se fondent peu à peu<br /> dans cette uniformisation par un processus d'assimilation. Victor Hugo<br /> représente la synthèse d'un ordre républicain modéré et d'un romantisme<br /> contenu.<br /> Reste, à la fin du siècle, apparemment contre cet ordre,  une sorte de<br /> romantisme de la révolte verbale  (Beaudelaire, Rimbaud ....) ou une<br /> affirmation solipsiste de l'Art pour l'Art , c'est à dire des  formes<br /> probables du Narcissisme ......<br /> La troisième république met enfin en place les symboles nationaux en<br /> gestation depuis 1789, 1794 .... : la Nation une, dont les composantes<br /> deviennent un folklore, L'Etat républicain aussi centralisé que  la<br /> Monarchie, ou plus !, avec la garantie de la « Laïcité » , dogmes<br /> intangibles et modèles universels, bases de « l'identité nationale»,<br /> drapeau tricolore en tête, prétention au "cartésianisme" par derrière :<br /> sources inépuisables de représentation<br /> mystificatrices ... et narcissiques.<br /> Ce qui laisse assez peu de place à l'imagination et au romantisme qui, à<br /> mon avis, n'est pas mort de lui-même.<br /> <br /> <br /> Voilà un résumé de mes (re)lectures bien rapides. C'est un peu<br /> caricatural sans doute. Mais il y a parfois un peu de vérité dans la<br /> caricature. Et cela permet de fixer -provisoirement- ls idées. Les<br /> miennes au moins, sur cette intéressante question.<br /> <br /> Merci de l'avoir posée. Bien amicalement.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Marie-Claude, je trouve très intéressant ce que nous dit Julien, un ancien "Malgré nous". Il est très paradoxal qu'il évoque son patois lorsqu'il veut nous parler d'identité nationale. Ce serait<br /> par sa culture locale qu'il se sentirait rattaché à l'identité nationale. Pour moi, en effet, le sujet, et donc l'identité au sens fort du terme se construit dans un va et vient, entre la<br /> communauté et la société, entre la culture locale et la culture nationale. Autrement dit la culture locale serait une médiation nécessaire pour faire advenir du sujet concret, pour faire advenir de<br /> l'identité. Si nous voulions en tirer les conséquences, il y aurait bien des choses à revoir ; je pense en particulier aux populations maghrébines.<br /> <br /> Sur la manière d'intervenir chacun fait comme il sent, en brain storming ou en discours plus réfléchi. Il faut que la pensée ici soit livre, sinon il n'ya plus de pensée ni de parole.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Voilà la réponse de mon vieil ami alsacien, avant de lire ton blog et le sujet,<br /> portant en partie sur l'identité nationale... Il va me téléphoner et nous<br /> pourrons mieux discuter lui et moi à ce sujet et même de la question<br /> image/identité.<br /> Julien donc s'est toujours senti l'âme française, pourquoi comment?<br /> En tout cas à le lire comme çà , sans qu'il y ait réfléchi voilà ce qu'il m'a dit. Pour<br /> moi il y a une identité nationale. Je peux en parler. Nous passions<br /> tous les ans pendant notre jeunesse nos vacances en Allemagne. Nous étions<br /> encore invités en été aux noces d'or d'une cousine.<br /> Nous étions de même en Slovénie, pays de mon père. J'ai noté dans un livre<br /> "Guide touristique de la France" En Slovénie<br /> * en train avec nos parents et Brigitte, ma sour en 1937<br /> * en 1971, 2 fois en 1972, en 1974, 1975, 1977 et 1978.<br /> *Une dizaine de missions humanitaires en 1992. Nos 2 cousins à Ljubljana<br /> nous ont toujours hébergés. Nous nous sommes rendus plus au sud en<br /> Bosnie-Herzégovine et une dernière fois en train du 14 au 20 mai 2003 avec<br /> René mon frère et Gilles, le petit fils de ma sour<br />  Chaque pays a sa fierté. Nos deux filles travaillent en Allemagne et nous<br /> faisons beaucoup d'achats dans les Lidl, Aldi et autres en Allemagne où<br /> c'est moins cher que chez nous.<br /> C'est clair qu'après ces guerres sanglantes, il n'y a  plus d'animosité<br /> entre nous et les Allemands. Nous trouvons qu'ils sont en avance sur nous.<br /> Eux aussi ont leur identité nationale.<br /> Je ne sais pas comment ceux de l'intérieur le voient .Nous les Lorrains<br /> parlant le patois allemand le voent ainsi. Malheureusement ce patois se<br /> perd, nos filles et les jeunes ne parlent que le français.<br /> Les Alsaciens, même les jeunes, gardent leur patois (allemand), quelquefois<br /> difficile à comprendre.<br /> Coucou<br /> <br /> Comment en effet malgré tous les patois qui existaient même en France (ma mère née au début des années 1900 ne comprenait pas le patois de ses beaux-parents parlant entre eux (par ailleurs<br /> tous  parlaient et écrivaient le Français), tous ces divers patoisants se sentaient français....<br /> C'est quoi l'identité nationale, sinon une intime conviction d'être de telle ou<br /> telle nationalité... comme de dire je suis le fils de , j'appartioens à telle<br /> famille même s'il s'avère avec le temps qu'on a été adopté... on rejoint la<br /> question du nature et culture. Il m'est avis que c'est notre Président  qui a<br /> envie d'une psychanalyse sauvage à travers ses "administrés"....<br /> En fait c'est lui qui devrait nous expliquer çà: "la France m'a tout donné", et<br /> la suite dans sa phrase... que rend-elle ou que  rend il?<br /> <br /> Je n'ai pas répondu sur le blog parce-que les discussions ne vont pas de ce<br /> côté, ou alors est-ce que c'est parce-que je n'ai eu le temps que de lire en<br /> diagonale (çà a été idem pour le morbide naissant lors de Deux place vides... à<br /> un certain niveau psycologique, je n'ai plus su où préciser ma pensée... en fait<br /> il y a beaucoup de "brain storming, c'est à dire jeter sur la toile ce qui<br /> nous vient à l'idée) alors je me suis demandée ce que tu préférais, du construit<br /> ou de "l'immédiat-jaillissant?)<br /> <br /> Bien à toi. Je vais me faire un plaisir de relire tout ce qui a jailli de tes<br /> amis, y compris en profondeur bien construite, et bien sûr de ton sujet et<br /> commentaires, ce week end je pense.<br />  Une bonne fin de semaine à toi!<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Et donc, pour Lucas, une nouvelle identité à inventer !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Si tous les moyens de communication sont bons pour atteindre leur but. Ils sont bien dans la crasse<br /> Il me semblerai bon de prendre la crasse du tympan pour en faire le sacre du printemps.<br /> <br /> Ah! Oui nous en étions à : Image Identité, vie toujours a inventer.<br /> Comme le hasard fait bien les choses :<br /> Ce 9 novembre 2009 à 0 h 32 à Môlay Lucas est né<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> Je ne suis pas spécialiste non plus, ni de la littérature, ni du XIXè s.<br /> Mais c'est intéressant. Je jette un coup d'oeil dans ce que j'ai sous la<br /> main.<br /> Gérard<br /> <br /> <br />
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E
<br /> C'est parce que l'identité comme la vie est toujours à inventer qu'elle n'est jamais réductible à l'image...<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Vous avez raison, tout est déjà en promesse pour l'identité du bébé dès la premièer cellule souche. Mais je persiste à penser que tout est encore à inventer. Maintenir ce paradoxe me paraît<br /> essentiel lorsqu'il s'agit de l'homme et peut-être même de tout être vivant car la vie n'a jamais fini d'inventer la vie.Le hasard est là dès le départ...<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Bonjour Etienne<br /> Il est vrai que l'identité reste quelque chose de bien complexe!<br /> A ceci près que le pouvoir intentionnel de la nature donc imaginatif est déjà en devenir dans la première cellule vivante nommée Luca qui réside en son centre.<br /> Il en va de même en ce qui concerne l’être humain. Dès sa conception « A partir d’une seule cellule, l’organisme du bébé est rapidement constitué» Et c’est à partir de cette cellule souche que le<br /> bébé va révéler son identité qui est en devenir…<br /> Et ceci malgré les tentatives de décentrage narcissique :<br /> Garçon ou Fille, Brun Roux ou Blond, LUCAS<br /> <br /> <br />
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E
<br /> J'apprécie, en vous lisant, votre non sectarisme et j'ai eu la même impression en allant regarder vos articles de Démocrate sans frontière. Il est si facile, sur un sujet comme celui-là,<br /> d'aller dans le sens de la critique systématique et de fermer l'avenir à toute transformation possible. En effet le sectarisme est aussi du côté du miroir et du narcissime comme le racisme<br /> lui-même. Même Chirac a le droit d'être lui-même comme Juppé, quelles que soient mes choix politiques. Car l'identité réelle est d'abord dans la capacité d'être soi-même avec les facettes multiples<br /> de l'être soi.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Bonjour, merci à Olivier du metablog de m'orienter ici, ce billet est passionnant. Il décrit bien le système dans lequel sont plongés les personnalités politiques (Cf. la première citation d'Obama<br /> dans le billet en lien : http://demsf.free.fr/index.php?post/2009/11/21/reve-americain ). On pourrait je crois en creuser<br /> encore les conséquences. Il me semble que Narcisse élimine ses propres défauts, lisse son image dans le miroir de l'eau, et en oublie d'être fort, grand, bon, ... beau.<br /> <br /> J'ai l'impression que les personnalités publiques (aussi les footballeurs ou acteurs) ont cent fois plus à perdre à dire quelque chose de dissonant, qui sera répété en boucle, qu'ils n'ont à gagner<br /> en apportant quelque chose de neuf, de personnel, au débat. Alors ils répètent en boucle des banalités de communicant, et comptent sur leur "non-verbal", leur brushing et leur assurance, pour<br /> convaincre et attirer à eux.<br /> <br /> Je l'écris parce que convaincu qu'il y a des exceptions. Quand François Bayrou a parlé de "devoir de liberté" pour les écrivains, en réponse aux propos d'Eric Raoult contre Marie NDiaye, ça m'a<br /> fait un coup. Je me suis dit : c'est évident, c'est le bon sens. Mais comment se fait-il qu'aucun autre ne l'ait dit ? Où est la chape de plomb qui les ferait taire ? Il n'y en a aucune, seulement<br /> la boucle narcissique, caméra-écran, qui les conduit à se pencher dans le miroir de l'eau au lieu de penser la tête haute.<br /> <br /> Par ailleurs il me semble que les catégories lacaniennes (quoi que je les comprenne mal) sont bien adaptées en l'espèce, merci à Jean-Pierre Bègue.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Symbolique<br /> <br /> <br /> Le symbolique c’est l’accès aux mots, au langage.<br /> <br /> <br /> Au début le sujet ne fait qu’un avec la mère, puis cette unité fusionnelle va se fragmenter pour donner un puzzle avec une multitude de pièces qui tiennent ensemble pour conserver l’unité ;<br /> mais à un moment donné, une des pièces du puzzle va être symbolisée et disparaître de ce fait du réel : ce peut être une odeur, une sensation corporelle, une impression visuelle ou<br /> acoustique, bref un élément de l’unité.<br /> <br /> <br /> Cet élément mythique premier qui disparaît du réel pour être promu dans la sphère du symbolique par le biais d’un signifiant (d’une syllabe, d’un mot) devient le premier élément constitutif du<br /> sujet désirant.<br /> <br /> <br /> Cet élément perdu va mettre en route le désir par la nostalgie qu’il engendre, le sujet voudrait le retrouver pour restaurer l’unité maintenant rendue impossible du fait de cette perte.<br /> <br /> <br /> Le désir lié au manque va se transmettre par contiguïté à d’autres éléments qui viendront accéder au symbolique par la suite et le désir s’éloignera de ce fait toujours plus loin de sa source<br /> originelle.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Imaginaire<br /> <br /> <br /> L’imaginaire, toujours dans la théorie lacanienne, n’est pas ce qui relève de l’imagination ni du fantasme, mais tous les faits qu’on peut rassembler comme effet de l’image, c’est à dire le<br /> caractère formateur de l’image.<br /> <br /> <br /> Par exemple, à travers l’expérience du miroir, l’enfant va prendre conscience de sa forme corporelle, dans un premier temps il confond son reflet avec la réalité ; il veut saisir cette<br /> image, en vain, puis il réalise que cette image c’est la sienne, que son moi à cette forme humaine contenante.<br /> <br /> <br /> Il n’est plus tout ou dans tout, il n’est qu’une image dans le miroir. Il se forme à l’image de la forme qu’il voit et acquiert ainsi sa forme physique mais pas encore son individualité<br /> psychique.<br /> <br /> <br /> L’enfant est toujours l’autre ; s’il voit un autre enfant tomber il pleure. Peu à peu il va se voir dans les autres et les reconnaître comme des semblables distincts de lui. Le moi est<br /> d’abord un objet, quelque chose de l’extérieur qui le représente mais qui n’est pas lui.<br /> <br /> <br /> De la même façon, l’image des parents, la vision de leurs comportements va former le moi de l’enfant et le déterminer bien au-delà de ce qu’il peut en savoir : image du père ou de la mère,<br /> de l’adulte tout puissant, bienfaisant ou punisseur, image de frère ou de sœur rivale ou compagnon.<br /> <br /> <br /> À ces images visuelles vont s’ajouter les images acoustiques, les signifiants qui eux aussi vont former le moi.<br /> <br /> <br /> Le je adviendra par la suite, c’est à être nommé dans le discours que l’enfant va se nommer par son prénom, par le pronom personnel il, puis il va acquérir le tu et enfin le je. Le je est<br /> différent du moi, il est le pilote à l’intérieur du moi et celui qui dans l’analyse cherchera qui il est.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Réalité et réel<br /> <br /> <br /> <br /> Il convient d’établir une distinction entre le réel et la réalité. Le réel dans la théorie lacanienne, contrairement à la définition du Larousse, n’est pas la réalité.<br /> <br /> <br /> Ce qui nous est accessible, c’est la réalité c’est à dire le discours qui décrit et crée une vision du monde pour tous ceux qui y participent. C’est le monde tel que nous le percevons avec nos<br /> sens (limités et spécifiques) et notre intelligence.<br /> <br /> <br /> Par contre le réel se définit à partir d’une limite du savoir, limite à partir de laquelle il ne peut être appréhendé mais plutôt cerné et déduit ; le réel dans sa globalité et sa complexité<br /> c’est l’impossible à décrire donc l’impossible à dire.<br /> <br /> <br /> Le réel pour l’enfant in utero c’est l’unité avec la mère, l’endroit où tous les besoins sont satisfaits, l’endroit où il n’y a pas d’absence ni de manque. Quand on ne fait qu’un avec la mère ou<br /> qu’un avec le monde on est dans le réel.<br /> <br /> <br /> Après la naissance l’enfant va s’identifier au lien affectif qui le lie à sa mère, il va s’aimer comme elle l’aime (privé de cet amour il peut en mourir même si ses besoins alimentaires sont<br /> assurés), il veut être tout pour elle y compris et surtout le complément de son manque à être ou à avoir.<br /> <br /> <br /> À cette époque, il est encore massivement dans le réel car il n’y a qu’un embryon de limites entre lui et le monde extérieur ou les personnes qui l’entourent. Tout ce qu’il voit est lui : il<br /> est le rideau qui bouge, cette main qui le caresse, ce visage qui lui sourit. Tout ce qu’il entend est lui : cette musique, ce bruit, cette voix ; tout ce qu’il touche est lui : la<br /> douceur d’une étoffe, la rugosité d’un objet. Il y a une continuité entre le dedans et le dehors, entre le moi embryonnaire et l’autre d’où une relation duelle à la mère qui peut dans certains<br /> cas se révéler aliénante si cette dernière ne souhaite pas le voir grandir par exemple ou s’il lui sert de substitut à un manque.<br /> <br /> <br /> <br />
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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