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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 14:53

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Le big bang ou la grande explosion du partage de la création

 

Le piège de la rationalité  et le retour à la raison

 

Nous avons abordé le problème de la rationalité en étudiant le texte mythique sur la lutte de Jacob avec Dieu. Acculé à sortir du mensonge, Jacob se met en position de recherche de la vérité. Mais des obstacles se présentent et lui donnent l’impression de lutter contre un inconnu, qui se révèle être Dieu Lui-même. Paralysée, la vérité finit par prendre le pas sur l’autorité. Elle n’en a pourtant pas fini avec le balisage de sa voie car la toute-puissance la menace. L’homme prend conscience qu’il n’est pas Dieu et qu’il ne peut se servir de Dieu : comme un boiteux, il doit faire une place à tout ce qui n’est pas lui, à tout ce qu’il y a d’Autre dans le monde. A cette condition, il peut se construire comme sujet et recevoir la lumière nécessaire au fonctionnement de la raison. Et à terme, à l’horizon du chemin vers la vérité, se profile un monde où le partage généralisé produit la multiplication et donne naissance à la véritable richesse.

 

1. Nous nous appuyons sur une raison qui marginalise à notre insu

Nous croyons être maîtres de notre action et parvenir à un monde plus humain. Mais nous avons oublié de nous interroger sur l’outil principal que nous utilisons. Je veux parler de la raison elle-même. Or cet outil n’est pas sûr et semble miné de l’intérieur. Si nous observons ses résultats, nous constatons qu’elle marginalise à notre insu. Les riches ne peuvent prospérer sans engendrer une grande pauvreté et laisser sur le bord du chemin des mendiants, des hommes et des femmes qui ont faim et soif. Les pays les plus prospères condamnent les autres à la misère ou tout au moins à un développement hasardeux et très ralenti. A un autre niveau, ce sont les femmes qui sont mises à l’écart pour un plus grand bénéfice des hommes. Que dire encore des étrangers ? Ils servent constamment de boucs émissaires pour expliquer les difficultés des nations qui les accueillent avec le plus en plus de réticence ? Et finalement les travailleurs eux-mêmes, qui produisent la richesse, sont mis au ban de l’économie, pour être progressivement remplacés par des machines. L’homme cède peu à peu la place à la finance et à la technologie : si nous n’y prenons garde, il deviendra un déchet qu’il faudra faire disparaître. Comment en sommes-nous arrivés à une telle contradiction ? Beaucoup dénoncent à juste titre le système économique. En fait, comme nous l’avons souligné dès le départ, le mal est déjà à la racine, dans la raison qui construit des systèmes inhumains. Et c’est à ce niveau qu’il convient d’exercer notre vigilance, comme l’avaient bien vu, à leur époque, les philosophes des Lumières. Mais peut-être la raison sur laquelle ils se sont installés, n’est-elle pas la véritable raison dont nous avons cruellement besoin aujourd’hui.

 

Un des indices de la situation critique dans laquelle la raison nous a installés est la marginalisation de la mort elle-même. Alors qu’elle est appelée à jouer avec la vie pour le plus grand bien des humains, nous l’avons progressivement retirée du jeu parce qu’elle nous fait peur. Au lieu d’en faire une alliée, nous en avons fait une implacable ennemie, à tel point que la médecine, en toute bonne conscience, fait tout ce qu’elle peut pour l’écarter. Il semble de plus en plus évident qu’un monde qui refuse la mort ne peut conduire à la vie.

 

2. Comment nous avons perdu la raison

Alors que nous nous réclamons sans cesse de la raison et que nous voulons à tout prix avoir raison, nous avons, en réalité, perdu la raison, sans même nous en rendre compte.

 

La perte du symbolique et des grands équilibres

La raison, comme le réel lui-même, est bâti sur un jeu de contraires, qui constitue l’ordre symbolique, devant permettre d’assurer, dans la dynamique de la vie, une place à chaque être et à chaque élément du monde. Les couples de contraires sont multiples : intérieur / extérieur, même / autre, individu / groupe, passé / avenir, mort / vie, féminin /masculin, immanence / transcendance… Si le jeu se manifeste à l’intérieur de chaque couple, il se développe aussi entre les couples eux-mêmes, à tel point que la dynamique d’ensemble est toujours en changement pour favoriser les grands équilibres. Or nous constatons que les jeux se font mal et que les grands équilibres sont en partie rompus. Le symbolique semble fortement perturbé.

 

Une raison toute-puissante qui a rompu ses limites

Le mythe du sacrifice d’Abraham nous a fait comprendre que le grand égarement de l’homme est dans la toute-puissance ; c’est elle qu’il faut sacrifier et non pas les hommes eux-mêmes. Or, après avoir conquis ses lettres de noblesse, la raison a pris des ailes qui l’ont rapprochée du soleil et lui ont fait croire qu’elle pouvait s’approprier le monde. C’est pourquoi dans le mythe de la lutte de Jacob, la raison devient boiteuse et ne peut fonctionner comme si tout lui était possible. Elle acquiert la maturité lorsqu’elle prend conscience de ses limites. Ici encore nous sommes dans une jeu symbolique et nous ne pouvons dépasser les limites de la raison qu’en commençant par les accepter. En se libérant légitimement d’une autorité insupportable, elle semble ne pas savoir vraiment comment entrer dans le jeu des limites et de leur dépassement.

 

La confusion entre vérité et idéologie

Dans l’Idéologie allemande, Marx a attiré notre attention  sur l’obstacle que constitue l’idéologie dans la recherche de la vérité. Nous vivons dans un milieu défini, dans un rapport particulier aux structures économiques, sociales et culturelles, qui nous font appliquer à l’ensemble de la société des critères de vérité sur lesquels nous vivons, mais qui n’ont rien d’universels. Nous confondons vérité et idéologie. Sortant d’une campagne électorale, nous avons pu constater sans peine comment la vérité des uns devenait erreur ou mensonge pour les autres.

 

La séparation entre le dire et le faire et l’écartement du sujet

Les grandes sagesses ont bien montré qu’on ne pouvait rechercher la vérité sans la mettre en pratique : Marx disait tout simplement qu’elle était nécessairement liée à une praxis. Il est important en effet de conformer sa vie à la parole de vérité énoncée pour les autres. Or, aujourd’hui, plus que dans bien d’autres périodes, le dire et le faire ne vont pas de pair. Le sujet qui se construit normalement dans la recherche de la vérité au sens plein du terme, a de la difficulté à émerger, à tel point que la lumière permettant à la raison de fonctionner se transforme en obscurité ; dans le mythe de Jacob, Dieu avait fait comprendre au chercheur de vérité que la lumière nécessaire à sa progression jaillissait du sujet lui-même en pleine construction.

 

La non écoute de la parole de la femme

C‘est avec beaucoup de brio que Chahrazade, dans les Mille et Une Nuits, parle de la non écoute, par l’homme, de la parole de la femme. Elle en montre le mécanisme et l’importance radicale car elle a pour projet de guérir l’homme dont l’oreille est fermée pour remettre la société sur ses pieds. Quelle est donc cette parole de la femme que l’homme ne veut pas entendre ? La psychanalyse suggère qu’il s’agit de l’impuissance (au moins relative) de l’homme. De son côté, le texte de la chute, dans la Bible, n’est pas très loin d’un tel constat. Il est bâti en effet sur une tentation de la toute-puissance, qui affecte aussi bien la femme que l’homme. Mais la femme saura plus facilement tirer son épingle du jeu puisque c’est à elle qu’il appartiendra de marcher sur la tête du tentateur. Il est probable, aujourd’hui encore, que l’écoute de la parole de la femme peut amener l’homme à accepter son impuissance pour pouvoir la dépasser.

 

Le grand partage oublié

Depuis longtemps, les textes mythiques semblent avoir mis l’accent sur le grand partage qui doit conduire l’humanité à son épanouissement. Il est inscrit dans la vie elle-même, qui multiplie les cellules en les partageant. Et, au sein du christianisme, la multiplication des pains est posée comme un signe pour les temps futurs. Malheureusement, l’homme pense fermement aujourd’hui que le partage va conduire à son  appauvrissement. Alors que la richesse est au bout de l’impasse, l’homme moderne s’obstine à ne pas vouloir partager et risque ainsi de s’enfermer dans une crise à long terme.

 

3. La nécessaire élaboration d’un projet global de vie, qui se définirait  par la recherche de la vérité

Si le texte sur la lutte de Jacob avec Dieu définit un projet pour Israël, il n’en reste pas moins un texte mythique qui a une portée universelle. Israël est un simple précurseur qui ouvre la voie à toute l’humanité. Or il apparaît que la mission de l’homme est de rechercher la vérité à condition que le dire ne soit pas séparé du faire et que le spirituel ne soit pas délié du matériel. Dans ce cas, la raison retrouve une place centrale en s’incarnant dans la recherche de la vérité. Dépouillée de l’abstraction qui la fait tourner en rond, elle trouvera, dans l’axe concret ainsi défini, la vision qui lui permettra de fonctionner efficacement.

 

Une recherche de la vérité qui ne part pas de principes mais s'exprime par un jeu des contraires

Nous avons coutume de partir de principes pour définir le chemin de la vérité. En opérant ainsi nous ne faisons qu’ouvrir la voie à l’idéologie, c’est-à-dire à une vision très partielle de la vérité. En réalité la raison, comme le réel lui-même, est bâti sur un ordre symbolique, qui pousse à faire fleurir la vraie connaissance, dans toute son amplitude, en jouant avec les contraires :

-         Immanence / Transcendance (qui n’implique pas nécessairement la reconnaissance d’un Dieu particulier)

-         Mort / Vie

-         Ouverture / Limite

-         Passé / Avenir

-         Inconscient / Conscient

-         Intérieur / Extérieur

-         Même / Autre

-         Féminin / Masculin

-        

Le jeu des contraires entraîne dans une grande dynamique et une grande fécondité car il est fondé sur le partage qui multiplie.

 

C’est grâce à la recherche de la vérité que se construit le sujet

Dans le mythe de Jacob, la construction du sujet est intimement liée à la recherche de la vérité. En effet  le nouveau nom qui définit l’identité du lutteur souligne son combat pour le vrai. Et il apparaît, comme nous l’avons déjà souligné, que la fidélité à un tel combat apportera la lumière (ou la vision) nécessaire au fonctionnement de  la raison.

 

La recherche de la vérité n’a de sens que si elle conduit au grand partage qui multiplie

Si nous revenons, une fois encore, au mythe de la lutte de Jacob avec Dieu, nous constatons que le récit se termine par la bénédiction. Or, la bénédiction, dans le contexte d’une succession, dit le bon partage, orientant ainsi dans la dynamique d’une nouvelle vie qui se construit en partageant. Ici, la vérité ne fait que rejoindre la vie en son fondement : elle est soumission au partage inscrit dans la Vie elle-même.

 

Etienne Duval

 

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commentaires

O
<br /> <br /> Évocation des oeuvres de Platon<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> La connaissance chez Platon <br /> <br /> <br /> Résumons rapidement ce que nous avons vu. Pour rendre compte du phénomène de la connaissance, ainsi que pour distinguer l'Être de l'apparaître, Platon est obligé de<br /> poser un monde des Idées, distinct du monde sensible dans lequel nous vivons, peuplé d'Idées qui sont les équivalents idéaux, parfaits et immuables des objets qui peuplent le monde dans lequel<br /> nous vivons. Nous allons ici essayer d'approfondir cette thèse et de montrer en quoi elle permet réellement d'éclairer le mécanisme de la connaissance.<br /> <br /> <br /> Précisons dès maintenant que Platon utilise largement le mythe pour éclairer ses propos : ces mythes ne sont pas à prendre au pied de la lettre, ils sont un<br /> instrument pour nous rapprocher de la vérité.<br /> <br /> <br /> Voilà donc comment se présente, dans ses grandes lignes, la théorie platonicienne de la connaissance : Le monde des Idées, parfait et immuable existait avant le<br /> monde sensible ; celui-ci en est une copie imparfaite : là où dans le monde des Idées n'existe qu'une Idée parfaite de triangle (par exemple), il<br /> existe dans le monde sensible une infinité de triangles particuliers dont aucun n'épuise l'essence du triangle. Dès lors, comment pouvons nous acquérir la notion générale de triangle ? Il faut<br /> bien pour cela (puisque, comme nous l'avons vu, la sensation ne suffit pas) que nous ayons accès d'une manière ou d'une autre au monde des Idées. Or cette relation au monde des Idées pose<br /> problème, car celles-ci ne sont pas visibles, elles sont hors du monde dans lequel nous vivons. La solution que propose Platon à ce problème réside dans la théorie de la réminiscence.<br /> <br /> <br /> Avant de naître, avant que notre âme ne soit associée à un corps, elle a pu contempler le monde des Idées, avec les yeux de l'esprit. Mais au moment de la<br /> naissance, elle a tout oublié. Pourtant, lorsque nous contemplons des objets sensibles nous pouvons nous ressouvenir de l'Idée qui leur sert de modèle : c'est le phénomène de la réminiscence.<br /> Toute connaissance vraie est donc un souvenir.<br /> <br /> <br /> Reste à savoir ce qu'est exactement une Idée. On pourrait la caractériser comme la forme générale d'un objet, une sorte de schéma d'un objet (d'une chaise par<br /> exemple). Mais Platon ne s'arrête pas là, car les Idées ne sont pas isolées, elles entretiennent aussi des rapports entre elles : des rapports de participation ou de non participation. En effet,<br /> certaines Idées ont une plus grande dignité que d'autres, parce qu'elles en contiennent de nombreuses. Ainsi, l'Idée de meuble contient celles de chaise, de table, de placard… tout comme l'Idée<br /> de chaise contient toutes les chaises particulières qui nous entourent. Cette relation dite de participation (l'Idée de chaise participe de celle de meuble) constitue véritablement la<br /> connaissance.<br /> <br /> <br /> Ainsi pour connaître un objet particulier (par exemple une chaise), il faut, certes, accéder à l'Idée de chaise, mais ensuite, il faut aussi découvrir (toujours par<br /> réminiscence) les liens qu'entretient cette Idée avec les autres Idées (celles de meubles, de tabouret, de posture assise, de repos…). Si bien qu'une connaissance, si simple soit elle, finit par<br /> s'étendre à la connaissance de tout le monde des Idées, de toutes les Idées et de toute les relations entre les Idées.<br /> <br /> <br /> Pour finir, on voit que la connaissance va prendre la forme d'une pyramide, avec à sa base un nombre infini d'objets particuliers, puis des Idées proches des objets<br /> sensibles (chaise…), puis encore des Idées de plus en plus abstraites (meuble…), jusqu'à arriver au sommet de la pyramide à l'Idée qui ne participe d'aucune autre Idée, et dont toutes les autres<br /> participent : l'Idée du Bien ou de l'Un. Faire de la philosophie ne consistera en rien d'autre que chercher à connaître cette pyramide de la connaissance avec ses Idées et ses articulations.<br />  <br />  <br />  http://philosurlenet.perso.libertysurf.fr/Encyclopedie/PLATON.html<br /> <br /> <br />  (c) Quentin CHEVILLON, 1999.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> La théorie de l’Idée chez Platon <br /> <br /> <br /> La théorie des Idées est la caractéristique fondamentale de la philosophie platonicienne. C'est aussi ce qui, à nos yeux de modernes, paraît le plus aberrant. On<br /> considère souvent la théorie des Idées comme une loufoquerie qui n'a plus d'intérêt qu'historique, pourtant elle a joué un rôle important dans toute la suite de la philosophie (fut-ce à titre<br /> d'obstacle à éviter), et elle continue à avoir du poids dans la philosophie des mathématiques : un philosophe moderne comme Frege peut être considéré comme platonicien. Plutôt que de la<br /> critiquer, nous tenterons donc de montrer (au moins dans un premier temps) les raisons profondes qui ont poussé Platon et d'autres après lui à défendre une théorie en apparence aussi<br /> étrange.<br /> <br /> <br /> En quoi cette théorie consiste-t-elle ? Il n'est pas difficile d'en brosser les grandes lignes. Pour Platon, le monde dans lequel nous vivons, contenant les objets<br /> que nous percevons n'est pas le seul monde qui existe. Il existe également un monde des Idées, séparé du monde sensible dans lequel nous évoluons.<br /> Ce monde des Idées (comme son nom l'indique) est entièrement composé d'Idées. Qu'est-ce que Platon entend par Idée ? Ce ne sont pas ce que nous désignons généralement par ce terme (on appelle<br /> généralement "idée" le produit de notre pensée : une idée n'existe qu'en nous et dans la mesure où nous y pensons). Pour Platon Idée a un sens totalement différent, que l'on pourrait aussi<br /> traduire par Essence. Prenons un exemple : nous sommes entourés d'un grand nombre de chaises toutes différentes certaines sont grandes, d'autres petites, en paille, en bois… Pourtant, malgré ces<br /> différences, toutes reçoivent le même nom de chaise, preuve qu'elles sont aussi, d'une certaine manière, semblables. C'est cette essence de la chaise, ce qu'il y a d'identique dans toutes les<br /> chaises que Platon nomme Idée, ou "chaise en soi". Or, ce qui caractérise Platon, c'est que pour lui, cette "chaise en soi", cette essence de la chaise, existe véritablement dans un monde séparé,<br /> indépendant du nôtre : le monde des Idées. Ce monde est donc peuplé de l'Idée de Chaise, de l'Idée de table, mais aussi des Idées du triangle, du Juste, du Beau… Bref, tout ce qui dans notre<br /> monde existe en de nombreux exemplaires (chaises, tables, triangles, actes justes, objets beaux…) existe de manière unique, et parfaite dans le monde des Idées.<br /> <br /> <br /> <br />  http://philosurlenet.perso.libertysurf.fr/Encyclopedie/PLATON.html<br /> <br /> <br />  (c) Quentin CHEVILLON, 1999.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> <br />
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D
<br /> Je me suis beaucoup interrogé sur la qualité de cet article. Aussi j’en profite pour revenir aux sources en présentant certains textes importants sur la raison.<br /> J’ose espérer que je ne fatigue pas les lecteurs. Mais il faut bien donner les outils nécessaires pour une saine réflexion.<br /> <br /> <br />  <br />
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J
<br /> Merci pour ton article dont la lecture  m'a beaucoup intéressée. Il formule ce que je n'arriverais pas à exprimer aussi<br /> clairement  sur la nécessité des contraires et la dangereuse confusion entre vérité et idéologie .<br /> <br /> <br /> Parfois, j'ai l'impression d' être ringarde en affirmant qu'il me paraît souhaitable de faire coller les paroles et les actes alors le voir écrit me rassure<br /> ...<br />
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P
<br /> <br /> Le mythe de la caverne<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Intuition de Socrate dans le mythe de la caverne<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’homme est enchaîné par sa propre peur de la mort. De ce fait, il bloque le processus de la connaissance, se condamnant à ne voir que qu’une<br /> petite partie du monde qui l’entoure et que les ombres de la réalité. Il faut donc qu’il affronte sa peur de la mort pour la dépasser et accéder à une vraie connaissance. Il peut y arriver tout<br /> en sachant qu’il lui faudra le temps de l’accoutumance pour ne pas être tenté de retourner en arrière. Mais ensuite s’il veut aider les autres à se libérer pour accéder, à leur tour, à la<br /> connaissance, il se heurtera à leur propre peur de la mort. Il ne pourra poursuivre son travail de libération qu’en risquant sa vie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A travers ce mythe, Socrate semble exprimer sa propre expérience.<br />
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D
<br /> Commentaire du mythe de la caverne<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De l’ombre à la lumière ou de la servitude à la liberté<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 1. L’homme est libre lorsqu’il peut regarder la réalité en face<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 2. En fait, il est asservi parce qu’il tourne le dos à la lumière<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 3. Son éducation n’aboutit pas parce que la lumière qui lui sert de base est étriquée, et fonctionne comme dans un théâtre de marionnettes,<br /> où l’on ne voit qu’une partie des individus et où la vie est absente<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 4. L’homme ne voit que l’ombre des individus et de ce qu’ils portent ; par ailleurs il confond l’ombre et la réalité<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 5. La parole elle-même se trouve travestie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 6. En croyant nommer les êtres et les choses, ce sont des ombres qu’ils nomment<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 7. Dans ces conditions, si on essaie de délier l’homme pour qu’il retrouve une part de liberté, il éprouve de la souffrance<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 8. Il reste attaché à son ancienne vision des choses<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 9. Il refuse de se tourner vers la lumière<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 10. Pour le faire avancer, il faut le sortir de la situation où il se trouve pour le mettre en face de la réalité<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 11. Mais, en un premier temps, il sera incapable de voir les hommes, les êtres et les choses, tels qu’ils sont<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 12. Il faut du temps pour qu’il puisse s’accoutumer à la lumière<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 13. En s’accoutumant à la lumière, il finit par regarder la réalité en face ; il en arrive même à orienter son regard sur la source de<br /> la lumière elle-même<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 14. Ainsi libéré par la connaissance, il découvre le bonheur de sa nouvelle situation<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 15. Pour tous les trésors du monde, il ne veut pas revenir à son ancienne condition<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 16. Mais supposons qu’il revienne pour essayer de convaincre les autres du changement<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 17. Il aura de la peine à se réadapter à la situation d’ombre dans laquelle ils se trouvent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 18. On se moquera de lui<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 19. Il sera alors dans l’incapacité de se faire entendre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 20. Si, malgré cela, il s’avisait de vouloir les délier de leurs chaînes, il mettrait sa vie en danger<br /> <br /> <br /> 21. Considéré comme un être dangereux, on finirait peut-être par essayer de le tuer<br /> <br /> <br />  <br />
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P
<br /> Suite<br /> <br /> <br /> — Quant à ces ombres de là-bas, s'il lui fallait recommencer à en connaître et à entrer, à leur<br /> sujet, en contestation avec les gens qui là-bas n'ont pas cessé d'être enchaînés, cela pendant que son regard est troublé (a) et avant que sa vue y soit faite, si d'autre part on ne lui<br /> laissait, pour s'y accoutumer, qu'un temps tout à fait court, est-ce qu'il ne prêterait pas à rire? est-ce qu'on ne dirait pas de lui que, de son ascension vers les hauteurs, il arrive la vue<br /> ruinée, et que cela ne vaut pas la peine, de seulement tenter d'aller vers les hauteurs ? et celui qui entreprendrait de les délier, de leur faire gravir la pente, ne crois-tu pas que, s'ils<br /> pouvaient de quelque manière Ie tenir en leurs mains et le mettre à mort, ils le mettraient à mort, en effet?<br /> <br /> <br /> —    C'est tout a<br /> fait incontestable ! dit-il.  Platon, La Pléiade, La République, Livre VII, 514a-517a)<br />
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D
<br /> Suite<br /> <br /> <br /> ; quand, en raison de ses éblouissements, il sera impuissant à regarder lesdits objets,<br /> (d) dont autrefois il voyait les ombres, quel serait, selon toi, son langage si on lui disait que, tandis qu'autrefois c'étaient des billevesées qu'il voyait, c'est maintenant, dans une<br /> bien plus grande proximité du réel et tourné vers de plus réelles réalités, qu'il aura dans Ie regard une plus grande rectitude ? et, non moins naturellement, si, en lui désignant chacun des<br /> objets qui passent le long de la crête du mur, on le forçait de répondre aux questions qu'on lui poserait sur ce qu'est chacun d'eux ? Ne penses-tu pas qu'il serait embarrassé ? qu'il estimerait<br /> les choses qu'il voyait autrefois plus vraies que celles qu'on lui désigne maintenant ?<br /> <br /> <br /> — Hé oui ! dit-il, beaucoup plus vraies !<br /> <br /> <br /> — Mais, dis-moi, si on le forçait en outre à porter ses regards du côté de la lumière<br /> elle-même, (e) ne penses-tu pas qu'il souffrirait des yeux, que, tournant Ie dos, il fuirait vers ces autres choses qu'il est capable de regarder ? qu'il leur attribuerait une réalité<br /> plus certaine qu'à celles qu'on lui désigne ?<br /> <br /> <br /> — Exact ! dit-il. - Or, repris-je, suppose qu'on le tire par force de là où il est, tout<br /> au long de la rocailleuse montée, de son escarpement, et qu'on ne Ie lâche pas avant de l'avoir tiré dehors, à la lumière du soleil, est-ce qu'à ton avis il ne s'affligerait pas, est-ce qu'il ne<br /> s'irriterait pas d'être tiré de la sorte ? et est-ce que, une fois venu au jour, (a) les yeux tout remplis de son éclat, il ne serait pas incapable de voir même un seul de ces objets<br /> qu'à présent nous disons véritables ?<br /> <br /> <br /> — II en serait, dit-il, incapable, au moins sur-le-champ ! — Il aurait donc, je crois,<br /> besoin d'accoutumance pour arriver à voir les choses d'en haut. Ce sont leurs ombres que d'abord il regarderait Ie plus aisément, et, après, sur la surface des eaux Ie simulacre des hommes aussi<br /> bien que des autres êtres ; plus tard, ce serait ces êtres eux-mêmes. A partir de ces expériences, il pourrait, pendant la nuit, contempler les corps célestes et le<br /> ciel lui-même, fixer du regard la lumière des astres, celle de la lune, (b) plus aisément qu'il ne Ie ferait, de jour, pour le soleil comme pour la lumière de celui-ci.<br /> <br /> <br /> — Comment n'en serait-il pas ainsi ? — Finalement, ce serait, je pense, le<br /> soleil qu'il serait capable dès lors de regarder, non pas réfléchi sur la surface de 1'eau, pas davantage 1'apparence du soleil en une place où il n'est pas, mais le soleil lui-même dans le lieu<br /> qui est le sien ; bref, de le contempler tel qu'il est.<br /> <br /> <br /> — Nécessairement ! dit-il.<br /> <br /> <br /> — Après quoi, il ferait désormais à son sujet ce raisonnement que, lui qui<br /> produit les saisons et les années, lui qui a le gouvernement de toutes les choses qui existent dans le lieu visible, il est aussi la cause, (c) en quelque manière, de tout ce que, eux,<br /> ils<br /> <br /> <br /> voyaient là-bas.<br /> <br /> <br /> — Manifestement, dit-il, c'est qu'après cela il en viendrait.<br /> <br /> <br /> — Mais quoi! Ne penses-tu pas que, au souvenir du lieu qu'il habitait d'abord, au souvenir de la<br /> sagesse de là-bas et de ses anciens compagnons de prison, il se louerait lui-même du bonheur de ce changement et qu'il aurait pitié d'eux ?<br /> <br /> <br /> — Ah ! je crois bien !<br /> <br /> <br /> — Pour ce qui est des honneurs et des éloges que, je suppose, ils échangeaient jadis, de<br /> l'octroi de prérogatives à qui aurait la vue la plus fine pour saisir le passage des ombres contre la paroi, la meilleure mémoire de tout ce qui est habituel là-dedans quant aux antécédents,<br /> (d) aux conséquents et aux concomitants, le plus de capacité pour tirer de ces observations des conjectures sur ce qui doit arriver, es-tu d'avis que cela ferait envie à cet homme, et<br /> qu'il serait jaloux de quiconque aura là-bas conquis honneurs et crédits auprès de ses compagnons ? ou bien, qu'il éprouverait ce que dit Homère et préférerait très fort « vivre, valet de<br /> boeufs, en service chez un pauvre fermier» ; qu'il accepterait n'importe quelle épreuve plutôt que de juger comme on juge là-bas, plutôt que de vivre comme on vit là-bas ?<br /> (e)<br /> <br /> <br />  — Comme toi, dit-il, j'en suis bien persuadé : toute épreuve serait acceptée de lui plutôt que de vivre à la<br /> façon de là-bas !<br /> <br /> <br /> — Voici maintenant quelque chose encore à quoi il te faut réfléchir : suppose un pareil homme<br /> redescendu dans la caverne, venant se rasseoir à son même siège, ne serait-ce pas d'obscurité qu'il aurait les yeux tout pleins, lui qui, sur-le-champ, arrive de la lumière ?<br /> <br /> <br /> — Hé oui ! ma foi, je crois bien ! dit-il.<br /> <br /> <br /> — Quant à ces ombres de l&agra<br />
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P
<br /> Le mythe de la caverne chez Platon<br /> <br /> <br />  (a) Après quoi, repris-je, figure-toi, en comparaison avec une situation telle que<br /> celle-ci, la condition de notre propre naturel sous le rapport de la culture ou de l’inculture. Représente-toi donc des hommes qui vivent dans une sort de demeure souterraine en forme de caverne,<br /> possédant, tout Ie long de la caverne, une entrée qui s'ouvre largement du côté du jour ; à l'intérieur de cette demeure ils sont, depuis leur enfance, enchaînés par les jambes et par Ie cou, en<br /> sorte qu'ils restent à la même place, (b) ne voient que ce qui est en avant d'eux, incapables d'autre part, en raison de la chaîne qui tient leur tête, de tourner celle-ci<br /> circulairement. Quant à la lumière, elle leur vient d'un feu qui brûle en arrière d'eux, vers le haut et loin. Or, entre ce feu et les prisonniers, imagine la montée d'une route, en travers de<br /> laquelle il faut te représenter qu'on a élevé un petit mur qui la barre, pareil à la cloison que les montreurs de marionnettes placent devant les hommes qui manoeuvrent celles-ci et au-dessus de<br /> laquelle ils présentent ces marionnettes aux regards du public.<br /> <br /> <br /> — Je vois ! dit-il.<br /> <br /> <br /> — Alors, le long de ce petit mur, vois des hommes qui portent,(c) dépassant Ie mur,<br /> toutes sortes d'objets fabriqués, des statues, (a) ou encore des animaux en pierre, en bois, façonnés en toute sorte de matière; de ceux qui le longent en les portant, il y en a,<br /> vraisemblablement, qui parlent, il y en a qui se taisent.<br /> <br /> <br /> — Tu fais là, dit-il, une étrange description et tes prisonniers sont étranges!<br /> <br /> <br /> — C'est à nous qu'ils sont pareils ! répartis-je. Peux-tu croire en effet que des hommes dans<br /> leur situation, d'abord, aient eu d'eux-mêmes et les uns des autres aucune vision, hormis celle des ombres que Ie feu fait se projeter sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?<br /> <br /> <br /> — Comment en effet l'auraient-ils eue, dit-il, si du moins ils ont été condamnés pour la vie à<br /> avoir la tête immobile ? (b) — Et, à 1'égard des objets portés le long du mur, leur cas n'est-il pas identique ?<br /> <br /> <br /> — Évidemment!<br /> <br /> <br /> — Et maintenant, s'ils étaient à même de converser entre eux, ne croiras-tu pas qu'en nommant ce<br /> qu'ils voient ils penseraient nommer les réalités mêmes ?<br /> <br /> <br /> — Forcément.<br /> <br /> <br /> — Et si, en outre, il y avait dans la prison un écho provenant de la paroi qui leur fait face ?<br /> Quand parlerait un de ceux qui passent Ie long du petit mur, croiras-tu que ces paroles, ils pourront les juger émanant d'ailleurs que de 1'ombre qui passe Ie long de la paroi ?<br /> <br /> <br /> — Par Zeus ! dit-il, ce n'est pas moi qui Ie croirai !<br /> <br /> <br /> — Dès lors, repris-je, (c) les hommes dont telle est la condition ne tiendraient, pour être Ie vrai,<br /> absolument rien d'autre que les ombres projetées par les objets fabriqués.<br /> <br /> <br /> — C'est tout à fait forcé !  dit-il.<br /> <br /> <br /> - Envisage donc, repris-je, ce que serait le fait, pour eux, d'être délivrés de leurs<br /> chaînes, d'être guéris de leur déraison, au cas où en vertu de leur nature ces choses leur arriveraient de la façon que voici. Quand 1'un de ces hommes aura été délivré et forcé soudainement à se<br /> lever, à tourner le cou, à marcher, à regarder du côté de la lumière ; quand, en faisant tout cela, il souffrira ; quand, en raison de ses éblouissements, il sera impuissant à regarder lesdits<br /> objets, (d) dont autrefois il voyait les ombres, quel serait, selon toi, son langage<br />
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A
<br /> Aristote définit l’homme par la capacité de raisonner et par le langage<br /> <br /> <br /> <br /> Aristote fonde ses réflexions sur l’éthique et sur la politique par rapport à une certaine conception de la nature de l’homme. Ceci dit, il faut se pencher sur<br /> l’âme en ce quelle est proprement humaine et qui est en quelque sorte le principe d’accomplissement de l’homme. Pour Aristote, l’âme (Psuchè) a cinq facultés auxquelles participe l’humain. La<br /> faculté commune à tous les vivants est la faculté nutritive (1), la faculté sensitive (2) serait commune à tous les animaux, la faculté appétitive (3) et motrice (4) seraient propres aux animaux<br /> qui se déplacent, et finalement la faculté rationnelle (5) de l’âme serait le propre du divin, ou de l’intellect (Nous), auquel l’homme participe pour la brève durée de son existence. On peut<br /> dire que c’est aussi la faculté propre à l’homme dans une moindre mesure que celle qui est attribué au divin. Cela dit, le but de l’homme est contenu à l’intérieur même de son âme, il est en<br /> puissance (Dunamis) et cette finalité serait de réaliser (Entelecheia) au mieux son humanité. Ceci dit, il y a ici une difficulté, c’est que la faculté rationnelle de l’âme ne fait pas partie du<br /> corps pour Aristote, qu’il n’y aurait pas non plus d’âme sans corps selon lui et que l’intellect est aussi pour lui une faculté de l’âme mais qui est en quelque sorte séparée de celle-ci et qui<br /> possiblement ne périrait pas avec la mort physique. Cela fait en sorte qu’il devient problématique de cerner la véritable nature de l’intellect et de la fin humaine qui lui correspond, car le<br /> sujet demeure relativement ambigu et sujet à plusieurs interprétations. L’intellect est vu par Aristote comme plus qu’humaine et la vie pratique comme simplement humaine. Bien entendu, Aristote<br /> prend le parti de pousser l’homme vers le divin, auquel il participe, et que cela serait son excellence la plus élevée que de pratiquer le plus possible l’activité divine de l’intellect par la<br /> faculté qu’il a de raisonner.<br /> <br /> Selon Aristote, l’homme serait le seul animal à posséder un langage (Logos), qui n’est pas seulement la capacité d’émettre des sons pour se plaindre ou pour se réjouir, mais bien la capacité de<br /> raisonner, et cela ferait partie de la nature de l’homme. Ce langage permettrait de signifier par le dialogue (Dialogos) l’avantageux et le nuisible, le bien et le mal, puis le juste et<br /> l’injuste. Se sont justement ces notions partagées en commun qui font une famille ou une cité pour Aristote, alors ces communautés sont aussi naturelles pour lui. L’homme est ainsi, à l’instar<br /> des animaux grégaires tels que les abeilles ou les fourmis, un animal social ou politique (Zoon Politikon) et de plus, se serait même l’animal politique par excellence puisque seul lui réalise la<br /> communauté politique. La communauté (Koinônia) est en quelque sorte antérieure à l’individu, tel que le tout par rapport à la partie, et la cité (Polis) est ce qu’il y a de plus naturelle car<br /> elle est l’achèvement de la genèse, qui est la communauté, puisque la nature d’une chose, comme le mentionne Aristote, est aussi son achèvement le plus complet. En ce sens, la cité est le lieu de<br /> l’éclosion de l’humanité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://boni-spqr.keumforum.com/t29-l-ethique-et-le-politique-l-habilete-et-l-education-chez-aristote<br /> <br /> <br />  <br />
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P
<br /> <br /> Confusion de Babel et amour impossible<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Un article qui oppose rationalité formelle et RATIONALITÉ INTÉGRALE,  supposant<br />  un ensemble de rationalités  multiples<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Article - REVUE RELATIONS<br /> <br /> <br /> Version imprimable Partager <br /> <br /> <br />   La mondialisation comme idéologie<br /> <br /> <br /> Juan Carlos Scannone, s.j.<br /> <br /> <br /> L’auteur, jésuite argentin, enseigne aux Facultés de philosophie et de théologie de San Miguel<br /> <br /> <br /> La mondialisation est à la fois un fait et une idéologie. Non qu’il y ait des faits bruts, un fait est toujours en quelque sorte interprété. Mais il devient une<br /> idéologie quand l’interprétation qu’on en donne s’absolutise et devient exclusive. La « pensée unique » à teneur néolibérale est de cet ordre. Elle idéologise la compréhension de la<br /> mondialisation en considérant le mode dans lequel celle-ci se vit et se pense comme indépassable, sans alternative. Elle véhicule une conception particulière de l’être humain. J’estime qu’une<br /> critique de la mondialisation idéologique doit être en mesure aussi de remettre en question cette image.<br /> <br /> <br /> En se fondant sur la conception classique depuis les Grecs – l’être humain comme être rationnel (zôon logikôn) –, la mondialisation idéologique réduit la<br /> rationalité à une seule de ses dimensions, à savoir la rationalité formelle. Dans l’ordre théorique, elle se définit comme abstraite, objective, déracinée de l’histoire, de la culture et de la<br /> société, et purement individuelle. Dans l’ordre pratique, elle se montre instrumentale, opérationnelle et procédurière. Une telle rationalité formelle permet à l’être humain, au moyen de la<br /> science et de la technique, une maîtrise et une domination efficaces de son environnement. Cependant, si elle en vient à caractériser exclusivement, ou même principalement, l’être humain et sa<br /> raison, on tombe dans un réductionnisme idéologique dangereux.<br /> <br /> <br /> <br /> L’absence de sens de la vie, le nihilisme, le relativisme éthique, l’individualisme compétitif et consumériste sont les conséquences culturelles de ce réductionnisme qui laisse de côté la<br /> question des fins, du sens, des valeurs, mutilant ainsi l’être humain de dimensions essentielles.<br /> <br /> <br /> <br /> La domination de la rationalité formelle dans nos sociétés ne fait pas que reposer de manière aiguë la question du sens véritable de l’existence, mais aussi la « nouvelle question<br /> sociale ». Car elle sous-tend une idéologie désastreuse sur le plan social – le marché autorégulé et régulateur du vivre-ensemble, excluant toute médiation éthique et politique. Il ne s’agit<br /> pas seulement de l’exploitation du travail par le capital. Pensons aussi à l’exclusion de classes – et même de nations, jusqu’à des sous-continents entiers comme l’Afrique subsaharienne –, au<br /> fossé qui se creuse toujours plus entre les nations riches et les nations pauvres, et, en chacune d’elles, entre les riches et les pauvres, et enfin à la primauté de la finance sur la production.<br /> Tout cela est le signe de la désarticulation radicale entre la rationalité économique, la rationalité politique et la rationalité éthique, à mille lieues d’une conception intégrale, bien que<br /> différenciée, de la raison et par conséquent de l’être humain défini comme être rationnel.<br /> <br /> <br /> En réaction salutaire à l’idéologie de la globalisation, du « tout au marché », à son individualisme compétitif et égoïste, à son réductionnisme de la<br /> raison purement formelle et instrumentale, on voit poindre des semences d’une mondialisation alternative. S’y dévoile une autre conception de l’être humain et de sa rationalité, plus en accord<br /> avec la compréhension chrétienne.<br /> <br /> <br /> Ce tournant anti-individualiste dans la pratique sociale et politique se constate en particulier dans le réveil de la société civile : sa recherche du bien<br /> commun et public, la création de réseaux de solidarité, qui s’étendent même à l’échelle internationale, et de forums sociaux mondiaux, regroupant des mouvements écologiques, féministes,<br /> pacifistes, etc.<br /> <br /> <br /> <br /> Il ne s’agit pas encore d’une tendance socioculturelle dominante. Ce sont des germes de nouveauté supposant un nouveau type d’humanisme social accompagné d’un nouvel imaginaire culturel –<br /> traduisant une image plus solidaire et relationnelle de l’être humain – et d’une recherche à tâtons d’une mondialisation alternative.<br /> <br /> <br /> Ces phénomènes constituent un défi pour la pensée et la praxis, dans le cadre de l’utopie d’une mondialisation de et dans la solidarité, selon<br /> l’expression de Jean Paul II. La Commission justice et paix de l’épiscopat français l’a résumé en opposant deux symboles bibliques : d’un côté, la figure de Babel, représentant la menace de<br /> fragmentation de tous contre tous et, de l’autre, la figure de la Pentecôte, à savoir la communion globale dans la reconnaissance mutuelle des différences. À ce symbole d’une mondialisation<br /> alternative correspond une nouvelle conception de l’être humain et de la rationalité intégrale qui ne renonce pas aux avancées techniques de la raison formelle et instrumentale, mais les inscrit<br /> dans un ensemble de rationalités multiples, sous l’horizon de questions ultimes comme celles portant sur le bien commun, la vérité, le sens.<br />
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E
<br /> <br /> Maison et jardins d’Érasme<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Éloge de la folie d’Érasme (1469-1536)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> " Voici ceux qu'on appelle ordinairement religieux ou moines, quoique ces deux noms ne leur conviennent nullement,<br /> puisqu'il n'y a peut-être personne qui ait moins de religion que ces prétendus religieux...<br /> <br /> La plupart de ces gens-là ont tant de confiance dans leurs<br /> cérémonies et leurs petites traditions humaines, qu'ils sont persuadés que ce n'est pas trop d'un paradis pour les récompenser d'une vie passée dans l'observation de toutes ces belles choses. Ils ne pensent pas que Jésus-Christ, méprisant toutes ces vaines pratiques, leur demandera s'ils ont observé le grand précepte de la charité.*<br /> <br /> <br /> <br /> L'un montrera sa bedaine farcie de toutes sortes de poissons , l'autre videra mille boisseaux de psaumes, récités à tant de centaines par jour ; un<br /> autre comptera ses myriades de jeûnes, où l'unique repas du jour lui remplissait le ventre à crever ; un<br /> autre fera de ses pratiques un tas assez gros pour surcharger sept navires , un autre se glorifiera de<br /> n'avoir pas touché à l'argent pendant soixante ans, sinon avec les doigts gantés, un autre produira son capuchon, si crasseux et si sordide qu'un<br /> matelot ne le mettrait pas sur sa peau ; un autre rappellera qu'il a vécu plus de onze lustres au même lieu, attaché comme une éponge ; un autre<br /> prétendra qu'il s'est cassé la voix à force de chanter ; un autre qu'il s'est abruti par la solitude ou qu'il a perdu, dans le silence perpétuel, l'usage de<br /> la parole.<br /> <br /> Mais le Christ arrêtera le flot sans fin de ces glorifications: "Quelle est, dira-t-il, cette nouvelle espèce de Juifs ? Je ne reconnais qu'une loi pour la mienne ; c'est la seule dont nul<br /> ne me parle. Jadis, et sans user du voile des paraboles, j'ai promis clairement l'héritage de mon père, non pour des capuchons, petites oraisons ou abstinences, mais pour les oeuvres de foi et de charité." (Extraits)<br />
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V
<br /> Éloge de la raison de Voltaire<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Enfin il y a quelque temps qu’il leur prit envie d’aller à Rome en pèlerinage, déguisées, et cachant leur nom (Raison et Vérité), de peur de l’inquisition. Dès<br /> qu’elles furent arrivées, elles s’adressèrent au cuisinier du pape Ganganelli, Clément XIV. Elles savaient que c’était le cuisinier de Rome le moins occupé. On peut dire même qu’il était, après<br /> vos confesseurs, messieurs, l’homme le plus désoeuvré de sa profession.<br /> <br /> <br /> Ce bon homme, après avoir donné aux deux pèlerines un dîner presque aussi frugal que celui du pape, les introduisit chez sa Sainteté, qu’elles trouvèrent lisant les<br /> Pensées de Marc-Aurèle. Le pape reconnut les masques, les embrassa cordialement, malgré l’étiquette. « Mesdames, leur dit-il, si j’avais pu imaginer que vous fussiez sur la terre, je vous aurais<br /> fait la première visite. »<br /> <br /> <br /> Après les compliments, on parla d’affaires. Dès le lendemain, Ganganelli abolit la bulle In coena Domini, l’un des plus grands monuments de la folie humaine, qui<br /> avait si longtemps outragé tous les potentats(55). Le surlendemain il prit la résolution de détruire la compagnie(56) de Garasse, de Guignard, de Garnet, de Busembaum, de Malagrida, de Paulian,<br /> de Patouillet, de Nonotte; et l’Europe battit des mains. Le surlendemain il diminua les impôts, dont le peuple se plaignait. Il encouragea l’agriculture et tous les arts; il se fit aimer de tous<br /> ceux qui passaient pour les ennemis de sa place. On eût dit alors dans Rome qu’il n’y avait qu’une nation et qu’une loi dans le monde.<br /> <br /> <br /> Les deux pèlerines, très étonnées et très satisfaites, prirent congé du pape, qui leur fit présent non d’agnus et de reliques, mais d’une bonne chaise de poste pour<br /> continuer leur voyage. La Raison et la Vérité n’avaient pas été jusque-là dans l’habitude d’avoir leurs aises.<br /> <br /> <br /> Elles visitèrent toute l’Italie, et furent surprises d’y trouver, au lieu du machiavélisme, une émulation entre les princes et les républiques, depuis Parme jusqu’à<br /> Turin, à qui rendrait ses sujets plus gens de bien, plus riches et plus heureux.<br /> <br /> <br /> Ma fille, disait la Raison à la Vérité, voici, je crois notre règne qui pourrait bien commencer à advenir après notre longue prison. Il faut que quelques-uns des<br /> prophètes qui sont venus nous visiter dans notre puits aient été bien puissants en paroles et en oeuvres, pour changer ainsi la face de la terre. Vous voyez que tout vient tard; il fallait passer<br /> par les ténèbres de l’ignorance et du mensonge avant de rentrer dans votre palais de lumière, dont vous avez été chassée avec moi pendant tant de siècles. Il nous arrivera ce qui est arrivé à la<br /> Nature; elle a été couverte d’un méchant voile, et toute défigurée pendant des siècles innombrables. A la fin il est venu un Galilée, un Copernic, un Newton, qui l’ont montrée presque nue, et qui<br /> on ont rendu les hommes amoureux.<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Quelques éléments d’analyse de l’écriture de Descartes<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’écriture ici est beaucoup plus retenue et maîtrisée que celle de Pascal. La pensée est très réfléchie. Il y a aussi beaucoup de grâce mais<br /> moins de légèreté : l’intuition très forte fait corps avec la perception méthodique de la réalité, comme si elle s’était incarnée en elle au point de ne faire plus qu’un.<br />
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D
<br /> <br /> Lettre de Descartes<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> L’originalité de Descartes<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> « Grâce à Descartes, ce n'est plus la religion qui dicte à l'homme ce qu'il doit penser, mais l'homme<br /> lui-même, sa pensée, le «je pense». Il place donc la personne humaine au centre de son système et il l'étudie par la méthode rationnelle, applicable à tous les domaines de la<br /> connaissance. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’originalité de Descartes est d’associer à la méthode rationnelle l’intuition fondamentale du « je pense »<br />  présente dans le sujet. Nous retrouvons ici une des idées, soulignées dans le mythe de La lutte de Jacob avec Dieu.<br />
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D
<br /> Suite<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Méditations métaphysiques (1641)<br /> <br /> <br /> Moins connues du grand public, les Méditations apparaissent comme le développement des principes énoncés dans le Discours. Descartes s'attache à<br /> démontrer l'existence de Dieu et à expliquer la nature de l'âme.<br /> <br /> <br /> - Lettres à la princesse Elisabeth (1642-1649)<br /> <br /> <br /> Descartes entretint une correspondance avec la fille du roi Frédéric V de Bavière, femme fort cultivée et admiratrice critique. En tentant de<br /> lui expliquer le problème de l'union de l'âme et du corps, Descartes sera peu à peu amené à préciser sa morale.<br /> <br /> <br /> - Traité des passions (ou Les Passions de l'âme)<br /> (1644)<br /> <br /> <br /> Cet ouvrage fait suite aux questions abordées dans les Lettres à la princesse Elisabeth. Descartes essaie de montrer comment les mouvements du<br /> corps peuvent agir sur l'âme et vice-versa.<br /> <br /> <br /> * Apport<br /> <br /> <br /> Ayant affirmé la primauté du «je», de la personne, Descartes apparaît comme le premier philosophe moderne. Et il a unifié tous les domaines de<br /> la connaissances en les soumettant à un principe unique : la méthode rationnelle.<br /> <br /> <br /> -La méthode : La pratique des mathématiques montre que la raison peut arriver par elle-même à des vérités évidentes sans le recours à<br /> l'expérience. Fondant la connaissance sur la raison et le bon sens donc, Descartes l'a pour ainsi dire mise à la portée de tout le monde: chacun peut parvenir à la vérité.<br /> <br /> <br /> -La métaphysique : Soucieux de ne pas heurter les autorités ecclésiastiques, mais aussi par conviction, Descartes a voulu harmoniser sa<br /> philosophie, potentiellement subversive, avec les vérités de la religion.<br /> <br /> <br /> -La science : Descartes fut aussi un grand mathématicien. Son plus grand titre de gloire dans ce domaine réside dans l'invention de la géométrie<br /> analytique, c'est à dire de l'application de l'algèbre à la géométrie. Et, bien que ses idées en physique soient pour la plupart caduques, il a découvert, en optique, les lois de la réfraction<br /> qui portent son nom.  <br /> <br /> <br /> http://www.antiseche.com/ap/descartes.php<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> La raison chez Descartes<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> DESCARTES1596 - 1650 <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Philosophe français, né en Touraine; il fut séduit d'abord par la carrière des armes, il passa la plus grande partie de sa vie en Hollande,<br /> soucieux de se mettre à l'abri des persécutions de l'Église.<br /> <br /> <br /> Philosophe classique par excellence et symbole de l'esprit d'un peuple tout entier, il est de fait qu'il imposa à notre culture un style de<br /> pensées par «idées claires et distinctes», et qu'il libéra la réflexion philosophique de toute autorité (religieuse ou politique), inaugurant ainsi la pratique de la «méditation<br /> personnelle».<br /> <br /> <br /> Grâce à Descartes, ce n'est plus la religion qui dicte à l'homme ce qu'il doit penser, mais l'homme lui-même, sa pensée, le «je pense». Il place<br /> donc la personne humaine au centre de son système et il l'étudie par la méthode rationnelle, applicable à tous les domaines de la connaissance.<br /> <br /> <br /> Présenté comme le créateur du rationalisme, il est d'abord un homme de la méthode, écrivant en français et utilisant la raison. Car il veut des<br /> règles (évidence, analyse, synthèse, dénombrement) et il se fonde sur l'évidence et l'intuition. Or, au milieu de tous les doutes possibles subsiste le Cogito, c'est à dire la pensée et c'est la<br /> première vérité certaine. Toutes les autres preuves et raisonnements de Descartes se rattachent à ces connaissances intimes, biologiques et passionnelles de l'être.<br /> <br /> <br /> -        <br /> Discours de la méthode (1637)<br /> <br /> <br /> Descartes fut d'abord, comme Pascal, un mathématicien; il acquit par la pratique des sciences pures la rigueur de l'esprit, une confiance<br /> absolue dans la raison, un besoin d'évidence et de clarté qui sont les principes de sa réforme philosophique.<br /> <br /> <br /> Aussi son originalité consiste-t-elle à rejeter l'autorité, et à repousser le syllogisme, méthode de raisonnement tout au plus susceptible de<br /> démontrer la vérité déjà admise mais incapable de nous en faire découvrir d'autres.<br /> <br /> <br /> Descartes veut que nous raisonnions avec notre bon sens, c'est à dire avec notre raison, «la chose du monde la mieux partagée», mais aussi celle<br /> dont nous savons le moins faire usage, faute d'une méthode. Il va donc dans son discours nous apprendre à raisonner, au moyen de l'analyse et de la synthèse.<br /> <br /> <br /> <br /> Les quatre règles de la méthode de Descartes :<br /> <br /> <br /> -         <br /> «Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment telle» <br /> C'est le critérium de l'évidence substitué à celui de l'autorité. Toute une partie de la philosophie moderne en dérive. Mais encore faut-il savoir chercher et reconnaître les caractères<br /> distinctifs de cette évidence; et c'est ici que Descartes fait intervenir la méthode mathématique de l'analyse, qui est sa seconde règle.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - «Diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux résoudre».<br /> <br /> <br /> <br /> Ainsi procèdent les mathématiciens chaque fois qu'ils ont un problème à étudier, pour chercher les rapports d'où ils tireront leur solution.<br /> <br /> <br /> <br /> - «Conduire par ordre mes pensées en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusqu'à la connaissance des plus<br /> composés».<br /> <br /> <br /> <br /> C'est la synthèse qui, après l'analyse, reconstruit, au moyen de l'intuition, ce que l'analyse avait divisé.<br /> <br /> <br /> - «Faire des dénombrements entiers».<br /> <br /> <br /> Ces énumérations complètes sont nécessaires pour qu'aucun terme du problème ne reste obscur, et pour qu'aucune conséquence de sa solution ne<br /> nous échappe.<br /> <br /> <br /> Après avoir ainsi substitué au raisonnement par le syllogisme scolastique celui des mathématiques, Descartes se l'applique à lui-même. Il fait<br /> table rase de toutes ses connaissances antérieures, et par le doute méthodique, il essaie de retrouver les principes évidents d'une philosophie. Mais s'il doute, il pense et s'il pense, il existe<br /> : c'est le fameux «Je pense, donc je suis» («Cogito, ergo sum»).<br /> De sa pensée, il s'élève à la connaissance de l'âme, puis à celle de Dieu : il a en effet l'idée de l'infini, laquelle ne peut lui venir ni de lui-même, être essentiellement borné, ni du monde<br /> extérieur.<br /> <br /> <br /> Et aussi....<br /> <br /> <br /> - Méditations<br /> m&e<br />
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D
<br /> Quelques éléments d’analyse de l’écriture de Pascal<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Très grande rapidité, acuité de la vision, finesse, sens de l’esthétique, alliance extrême entre une logique rigoureuse et la sensibilité, entre le cœur et la<br /> raison. Il y a apparemment une puissance intérieure, extraordinaire, qui conduit la pensée tout en fusionnant avec elle.<br />
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P
<br /> <br /> L’écriture de Pascal<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> Le choix de l’équilibre chez Pascal : la raison, le cœur et la foi (Les pensées)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 265. La foi dit bien ce que<br /> les sens ne disent pas, mais non pas le contraire de ce qu’ils voient. Elle est au-dessus, et non pas contre.<br /> <br /> <br /> …<br /> <br /> <br /> 267. La dernière démarche de<br /> la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela. Que si les choses naturelles la surpassent, que<br /> dira-t-on des surnaturelles ?<br /> <br /> <br /> …<br /> <br /> <br /> 271. La sagesse nous envoie à<br /> l’enfance. Nisi efficiamini sicut parvuli45.<br /> <br /> <br /> 272. Il n’y a rien de si<br /> conforme à la raison que ce désaveu de la raison.<br /> <br /> <br /> 273. Si on soumet tout à la<br /> raison, notre religion n’aura rien de mystérieux et de surnaturel. Si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule.<br /> <br /> <br /> 274. Tout notre raisonnement<br /> se réduit à céder au sentiment. Mais la fantaisie est semblable et contraire au sentiment, de sorte qu’on ne peut distinguer entre ces contraires. L’un dit que mon sentiment est fantaisie,<br /> l’autre que sa fantaisie est sentiment. Il faudrait avoir une règle. La raison s’offre, mais elle est ployable à tous sens ; et ainsi il n’y en a point.<br /> <br /> <br /> 275. Les hommes prennent<br /> souvent leur imagination pour leur coeur ; et ils croient être convertis dès qu’ils pensent à se convertir.<br /> <br /> <br /> 276. M.Roannez disait : « Les<br /> raisons me viennent après, mais d’abord la chose m’agrée ou me choque sans en savoir la raison, et cependant cela me choque par cette raison que je ne découvre qu’ensuite.» Mais je crois, non pas<br /> que cela choquait par ces raisons qu’on<br /> <br /> <br /> trouve après, mais qu’on ne trouve ces raisons que parce que cela choque.<br /> <br /> <br /> 277. Le coeur a ses raisons<br /> que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses. Je dis que le coeur aime l’être universel naturellement, et soi-même naturellement selon qu’il s’y adonne ; et il se durcit contre<br /> l’un ou l’autre à son choix. Vous avez rejeté l’un et conservé<br /> <br /> <br /> Vous avez rejeté l’un et conservé l’autre : est-ce par raison que vous vous aimez ?<br /> <br /> <br /> 278. C’est le coeur qui sent<br /> Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au coeur, non à la raison.<br /> <br /> <br /> 279. La foi est un don de<br /> Dieu ; ne croyez pas que nous disions que c’est un don de raisonnement. Les autres religions ne disent pas cela de leur foi : elles ne donnaient que le raisonnement pour y arriver, qui n’y mène<br /> pas néanmoins.<br /> <br /> <br /> 280. Qu’il y a loin de la<br /> connaissance de Dieu à l’aimer !<br /> <br /> <br /> 281. Coeur, instinct,<br /> principes.<br /> <br /> <br /> 282. Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais<br /> encore par le coeur ; c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c’est en vain que le raisonnement qui n’y a point de part essaye de les combattre. Les<br /> pyrrhoniens, qui n’ont que cela pour objet, y travaillent inutilement. Nous savons que nous ne rêvons point ; quelque impuissance où nous soyons de le prouver par raison, cette impuissance ne<br /> conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, mais non par l’incertitude de toutes nos connaissances, comme ils le prétendent. Car la connaissance des premier principes, comme qu’il y a<br /> espace, temps, mouvements, nombres, est aussi ferme qu’aucune de celles que nos raisonnements nous donnent. Et c’est sur ces connaissances du coeur et de l’instinct qu’il faut que la raison<br /> s’appuie, et qu’elle y fonde tout son discours. (Le coeur sent qu’il y a trois dimensions dans l’espace et que les nombres sont infinis et la raison démontre ensuite qu’il n’y a point deux<br /> nombres carrés dont l’un soit double de l’autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent et le tout avec certitude, quoique par différentes voies.)<br />
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P
<br /> <br /> La prise de la Bastille<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> L’infirmité de la raison et l’oubli de la communauté et des cultures locales par la Révolution française<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Nous pensons que la Révolution française a oublié la communauté et les cultures locales parce qu’elle s’en tenait à la philosophie des Lumières la plus classique,<br /> privant la raison de son enracinement dans la vie et dans des lieux particuliers. Elle a pensé, en toute bonne conscience, que le sujet pouvait se construire dans une société à visée universelle,<br /> sans passer par la communauté et son environnement local. Il me semble que nous pâtissons encore aujourd’hui d’une telle conception ; nous avons une extrême difficulté à faire une place aux<br /> populations nouvelles, arrivant de l’étranger avec leurs communautés et leur culture particulière. Bien plus nous souffrons d’un jacobinisme excessif qui voudrait universaliser sans tenir compte<br /> des particularités des individus. Il y avait pourtant l’héritage de Rousseau, le philosophe le plus génial de sa génération, en France, dont les politiques ont insuffisamment tenu compte, à<br /> l’époque de la Révolution.<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Consonnes, voyelles et accent tonique<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les consonnes donnent la structure, qui représente l’armature principale des mots à tel point qu’en hébreu et en arabe, les voyelles elles-mêmes ne sont pas<br /> indiquées. Et pourtant la voyelle représente le corps et en particulier le cœur. De son côté l’accent tonique va permettre de localiser une langue. Or la raison que nous critiquons, c’est celle<br /> qui ignore la voyelle et l’accent tonique, c’est-à-dire le corps, le cœur et l’ancrage dans un lieu. C’est une infirmité qu’avait bien repérée Rousseau. C’est pourquoi contrairement à la tonalité<br /> générale des Lumières, il opposait le sentiment à la raison sans renoncer ni à l’un ni à l’autre. Et comme il était théoricien de la musique, il pouvait critiquer le grand Maître Rameau, qui, en<br /> voulant s’en tenir aux règles, ignorait l’accent tonique.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Nous cherchons ici à donner des images pour aider à comprendre l’enjeu véritable d’une critique de la raison.<br />
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U
<br /> <br />
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A
<br /> La légende de l'âne et du puits<br /> <br /> <br /> Un jour , l'âne d'un fermier est tombé dans un puits. L'animal gémissait pitoyablement pendant des heures et<br /> le fermier se demandait quoi faire.<br /> Finalement, il a décidé que l'animal était vieux et le puits devait disparaître. De toute façon, ce n'était pas rentable pour lui de récupérer l'âne.<br /> Il a invité tous ses voisins à venir l'aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à boucher le puits.<br /> Au début, l'âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de chacun, il s'est tu.<br /> Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu'il a vu.<br /> Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui l'âne faisait quelque chose de stupéfiant : il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.<br /> Bientôt, chacun a été stupéfié que l'âne soit hors du puits et se mit à trotter !<br /> <br /> <br /> La vie va essayer de vous engloutir de toutes sortes d'ordures. Le truc pour se sortir du trou est de se<br /> secouer pour avancer.<br /> Chacun de nos ennuis est une pierre qui nous permet de progresser.<br /> Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en n'arrêtant jamais. Ne jamais abandonner ! secouez-vous et foncez !<br /> <br /> <br /> Rappelez-vous ces cinq règles simples pour être heureux :<br /> <br /> <br /> 1. Libérez votre coeur de la haine.<br /> 2. Libérez votre esprit des inquiétudes.<br /> 3. Vivez simplement.<br /> 4. Donnez plus.<br /> 5. Attendez moins.<br />
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M
<br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Médée<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> Médée<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Fille d'Æétès, roi de Colchide, et de l'océanide Idyie dont le nom signifie, comme<br /> celui de Médée, rusée et savante.<br /> <br /> <br /> Très tôt, Médée, comme sa tante Circé, devint une magicienne habile et une prêtresse d'Hécate.<br /> Quand les Argonautes débarquèrent en Colchide, pour conquérir la Toison d'or, ils se heurtèrent à l'hostilité du roi Aeétès, gardien du<br /> trésor. Cependant ils reçurent l'appui de Médée, la fille du roi, qui s'était éprise de Jason.<br /> Médée d'après © Evelyn de Morgan<br /> <br /> <br /> Experte en magie, elle donna à son amant un onguent dont il devait s'enduire le corps pour se protéger des flammes du dragon qui veillait sur la Toison d'or. Elle<br /> lui fit aussi présent d'une pierre, qu'il jeta au milieu des hommes armés, nés des dents du dragon: aussitôt, les guerriers s'entre-tuèrent et le héros put s'emparer de la Toison. Pour remercier<br /> Médée, Jason lui proposa de l'épouser. La magicienne s'enfuit alors avec lui, et, afin d'empêcher Aeétès de les poursuivre, elle tua et dépeça son frère Absyrtos, dont<br /> elle sema les membres sanglants sur sa route. Parvenue à Iolcos en Thessalie et reçue en grande pompe, par amour pour Jason, elle se livra à toutes sortes de crimes.<br /> <br /> <br /> Ainsi, elle incita les filles de Pélias, sous prétexte de le rajeunir, à tuer leur père, en le découper en<br /> morceaux et en le jeter dans un chaudron d'eau bouillante. Aussi, chassés par Acaste, le fils de Pélias, les deux époux se réfugièrent à Corinthe, où Médée donna le jour à deux fils, Phérès et Merméros.  Au bout de quelques années de bonheur, Jason abandonna Médée pour Créuse (appelée aussi Glaucé), la fille de Créon, roi de Corinthe. Répudiée et bafouée, Médée médita une vengeance exemplaire. Elle offrit à Créuse une<br /> tunique qui brûla le corps de la jeune épousée et incendia le palais; puis elle égorgea ses propres enfants.<br /> Après ces crimes, elle s'enfuit à Athènes sur un char attelé par deux dragons ailés, et épousa le roi Egée, dont elle eut un fils. Bannie<br /> par Thésée, qu'elle avait vainement tenté de faire périr, elle retourna enfin auprès de son père en Colchide et, selon une tradition, descendit aux Champs-Elysées, où elle s'unit à<br /> Achille.<br /> <br /> <br /> http://mythologica.fr/grec/medee.htm<br />
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D
<br /> Je pense que le mythe de Médée nous révèle la toute-puissance possible de la femme, celle qui n’arrive pas à faire vraiment la place de l’autre en elle-même.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai souvent fait des analyses graphologiques de femmes et fréquemment j’ai constaté, qu’entre la fille et sa mère, il y avait connivence et agressivité. La trop<br /> grande proximité produit la connivence mais elle a sa face inverse qui est l’agressivité : il faut de la séparation pour que puisse se faire la relation. La séparation n’est pas la guerre ni<br /> même de l’hostilité, elle est cet espace nécessaire pour que chacun ait sa place et sa propre identité. Si la séparation n’existe pas, la fille est condamnée à reproduire le destin de la mère.<br /> Autrement dit, il n’y a pas de fatalité. La fille a toujours le pouvoir de mettre de la distance par rapport à sa mère et de construire sa propre vie, qui n’est pas une reproduction de la vie de<br /> la mère.<br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> Bonsoir Etienne,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Qu'est-ce que le mythe de Médée? Pourquoi y-a-t-il souvent rivalité entre mère et fille? Comment se fait-il que des filles n'arrivent pas à construire leur vie de<br /> femme lorsqu'une mère n'a jamais pu se fixer avec un homme, pourquoi une mère n'arrive pas à se fixer d'ailleurs?Pourquoi une femme peut avoir peur de faire sa vie avec un homme? Si elle veut y<br /> remédier comment faire? Pourquoi y-a-t-il des mères plus louves que d'autres? Pourquoi y-en-a-t-il des castratrices?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De nombreuses questions d'ordre existenciel sur le positionnement de la femme dans la société ou l'hyménée.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Corynne<br />
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R
<br /> Le Rousseau du sentiment et le Rousseau de la raison<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Rousseau pose un problème: celui de l'unité de son œuvre. Il semble qu'il y ait une contradiction entre le Rousseau écrivain et le Rousseau philosophe et, en<br /> particulier, un fossé entre le Rousseau du cœur, celui du sentiment (exaltation de la nature, Rêveries etc.) et le Rousseau intellectuel à la fois auteur d'une pédagogie (Émile) et d'une<br /> importante œuvre politique (Du Contrat Social...).<br /> <br /> <br /> <br /> Cette contradiction a été expliquée par certains en disant qu'il y aurait une sorte de tragédie chez Rousseau, que celui-ci, menacé de folie par des échecs sentimentaux, se serait réfugié dans<br /> les idées. Il deviendrait en somme intellectuel par dépit amoureux sans parvenir à détruire sa sensibilité.<br /> <br /> <br /> <br /> Peut-être faut-il dépasser cette contradiction apparente. Rousseau en fait ne se contredit pas mais cherche à retrouver l'unité de l'homme. On peut dire, en effet, qu'il existe chez Rousseau un<br /> rationalisme d'un type nouveau. Avant lui, chez Descartes par exemple, la raison s'oppose à l'affectivité et ne comporte, ne concerne que<br /> l'intellect c'est-à-dire la faculté de pensée. Chez Rousseau au contraire il semblerait qu'il y ait un essai de réconcilier les deux, de réconcilier intellect et sensibilité. La raison ne serait<br /> plus simple intellect mais essaierait d'englober les deux. Si c'est le cas alors la philosophie de Rousseau a une unité.<br /> <br /> <br /> <br /> Si ce que nous venons de dire est vrai, cela signifie que Rousseau est peut-être la première figure du rationalisme moderne et ceci avant Kant qui lui ira jusqu'au bout de cette synthèse intellect / sensibilité.<br /> <br /> <br /> <br /> Le problème central chez Rousseau est celui de l'homme. Dans Émile (livre I chapitre 1) il écrit: " Notre véritable étude est celle de la condition humaine ". Dans la<br /> préface au Second Discours, il dit: " La plus utile et la moins avancée de toutes les connaissances humaines me paraît être celle de l'homme " On peut en conclure que<br /> la philosophie de Rousseau est une anthropologie philosophique. Il s'agit de retrouver l'unité de l'homme, unité qui ne doit rien perdre de la nature foncière de l'homme comme individu ni du<br /> reste de la sociabilité de l'homme comme dénaturation légitime. Il faut comprendre l'homme à la fois comme être naturel et comme être social. La théorie politique tout comme la pédagogie de<br /> Rousseau est liée à ces problèmes anthropologiques.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://sos.philosophie.free.fr/rousseau.php<br /> <br /> <br />  <br />
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L
<br /> <br /> La grotte des rêves perdus<br /> <br /> <br /> <br />
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H
<br /> Dès le XVIIIè siècle, la protestation de l’homme concret<br /> <br /> <br /> Et il est incontestable, qu'à bien des égards, le XVIIIème siècle est le siècle des lumières, celui du rationalisme, du déisme et de la libre pensée, voire parfois<br /> à la limite, du matérialisme et de l'athéisme, le siècle de Voltaire, de Diderot, d'Helvétius, de d'Holbach, celui de Hume et de Gibbons en Angleterre, de Wolf et de Kant en Allemagne.<br /> <br /> <br /> N'est-il que cela ?<br /> <br /> <br /> Mais n'est-il que cela ? Se réduit-il à cette seule philosophie ? Caractériser tout le XVIIIème siècle comme le siècle du rationalisme, le siècle des lumières<br /> n'est-ce pas seulement désigner « l'idéologie dominante» ? N'est-ce pas désigner la partie, une partie pour le tout ? Car très tôt, et pas seu­lement, comme on le dit très souvent, à partir de<br /> 1760, en France, plus encore en Europe et en Angleterre, se manifeste un certain rejet de l'analyse critique, et du rationalisme et dans le prolongement du matéria­lisme, d'un certain «<br /> scientisme » (avant la lettre). On assiste à un retour de la sensibilité, du sentiment, de l'imagination «A l'impérialisme d'une fonction désincarnée la raison s'oppose la protestation de l'homme<br /> con­cret, à la recherche de son être ...l'homme concret, celui du cœur et du sentiment, celui de la sensibilité et de l'imagination » (Georges Gusdorf).<br /> <br /> <br /> Ainsi le XVIIIème est sans doute le siècle des esprits éclairés mais aussi celui des âmes sensibles, le siècle de la raison mais aussi celui du senti­ment, celui de<br /> l'expérience mais aussi celui de l'imagination, celui du cal­cul mais aussi celui de la passion, et s'il apparaît à certains comme le siècle du matérialisme, il est également celui qui voit<br /> naître ou renaître religio­sité et certaines formes de spiritualités. Comme l'écrit G. Gusdorf «On assiste à la révolte contre les activités de la raison et de la science au nom des évidences de<br /> la sensibilité, du désir, de la passion ; on assiste à l'expé­rience du mal vivre, de la mélancolie» et apparaissent les thèmes qui exal­tent certains aspects sous-terrains et nocturnes de la<br /> réalité humaine ». Quelques textes nous le montreraient.<br /> <br /> <br /> «La sensibilité écrit Sénancour, n'est pas seulement l'émotion doulou­reuse mais la faculté donnée à l'homme parfaitement organisé de recevoir des émotions<br /> profondes de tout ce qui peut agir sur des organes humains ». L'homme sensible n'est pas celui qui s'attendrit, qui pleure, mais l'homme qui reçoit des sensations là où les autres ne trouvent que<br /> des perceptions indifférentes ». Pour Senancour l'homme véritable ce n'est pas l'homme de la raison mais celui de la sensibilité, celle-ci étant considérée comme le fondement même de son être, de<br /> sa personnalité. Cette priorité de l'ordre affectif sur l'ordre intellectuel ou rationnel, on la retrouverait dans ce texte de Chamfort : «Quand un homme et une femme ont l'un pour l'autre<br /> une passion violente, il me semble que quels que soient les obstacles qui les séparent... les deux amants sont l'un à l'autre de par la nature, qu'ils s'appartiennent de droit divin malgré la loi<br /> et les conventions humaines ». Ici l'ordre individuel et passionnel est considéré comme au-dessus de l'ordre de la convention et de la société. On affirme la validité du sentiment, de la<br /> sensibilité, voire de la passion. Mais ceux-ci mêmes nous ouvrent la voie à une autre dimension de l'existence humaine, celle qui aspire à l'infini, qui permet d'accéder ou tout au moins de<br /> s'élancer vers l'infini. Ainsi Jean-Jacques Rousseau dans sa «Lettre à Malesherbes» écrit : «Quand tous mes rêves se seraient tournés en réalité, ils ne m'auraient pas suffi ; j'aurais<br /> imaginé, rêvé, désiré encore, je trou­vais en moi un vide inexplicable, que rien ne saurait remplir... mon cœur resserré dans les formes de l'être s'y trouvait trop à l'étroit ; j'étouffais dans<br /> l'univers, j'aurais voulu m'élancer vers l'infini ».<br /> <br /> <br /> Certains vont jusqu'à dire que la Vérité n'est pas seulement et surtout atteinte par le discours mathématique et scientifique, mais au contraire par le sentiment et<br /> l'imagination. Ils affirment qu'il y a une autre réalité que la réalité matérielle, celle que nous délivre le calcul, et que si l'on veut comprendre l'homme lui-même dans sa nature, dans sa<br /> dimension essen­tielle l'imagination du poète, la sensibilité de l'artiste sont de meilleurs outils que la règle à calculer du savant et la table des logarithmes. Ils pen­sent que la vérité doit<br /> être proportionnée à la qualité de celui qui la reçoit et qu'il faut à tout homme une sorte de préparation, de propédeutique existentielle pour la recevoir. En bref comme l'écrit René Jasenski<br /> «Le siècle des lumières est aussi ce siècle de l'illuminisme ».<br /> <br /> <br /> Paul Valéry dans une page admirable traduit la nature complexe de ce siè­cle, (Variétés V) «de cette société voluptueusement curieuse d'arcanes ». « J'imagine,<br /> écrit-il, que cette époque fut une des plus brillantes et des plus complètes que des hommes aient pu connaître. On y trouve l'étince­lante fin d'un monde et les puissants efforts d'un autre qui<br /> veut naître... toutes les forces et toutes les grâces de l'esprit ». «Il y a de la magie et du calcul différentiel, autant d'athées que de mystiques, les plus cyniques des cyniques et les<br /> plus bizarres des rêveurs ». «Les excès de l'intelligence n'y manquent pas, compensés et parfois dans les mêmes têtes par une éton­nante crédulité. Tous les thèmes de la curiosité<br /> intellectuelle illimitée que la Renaissance avait repris des anciens ou tirés de son beau délire, repa­raissent au XVIIIème siècle plus vifs, plus aigus, plus précis ». «Alors coexistent<br /> dans plus d'un esprit, des curiosités et des espoirs dont la réu­nion étonne. Le rationnel et l'irrationnel s'y combinent bizarrement ».<br /> <br /> <br /> Conférence prononcée le samedi 19 novembre 1988 au Cercle Condorcet Brossolette, par Henri Tort-Nouguès, passé Grand Maître de la Grande Loge de<br /> France.<br />
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H
<br /> « Les racines de l’homme sont au ciel » (Platon)<br /> <br /> <br /> ...<br /> <br /> <br /> Car l'homme du 20ème siècle, comme celui du XVIIIème siècle, même s'il vit dans une société d'abondance et de richesse, de progrès économique et social (quand il y<br /> a abondance, richesse et progrès), s'interroge encore et toujours ; il s'interroge et continue de s'interroger , interrogation essen­tielle, sur son origine et sur sa fin, sur le cosmos et sur<br /> Dieu, sur l'amour et sur le bonheur, sur la vie et sur la mort. Cette interrogation, pathétique et essentielle sur le cosmos et sur lui-même, sur le temps et l'éternité, jalonne l'expérience du<br /> franc-maçon dans sa loge ; au premier degré où il découvre l'univers et les lois qui le régissent, au deuxième degré où il apprend, grâce à la géométrie, à aborder symboliquement le chaos, au<br /> troisième degré où il rencontre la présence de la mort et la promesse de l'éternité.<br /> <br /> <br /> Cette interrogation, et quelle que soit la réponse que lui donne chaque maçon est un signe, le signe que l'homme est en tant que tel « plus que l'homme », que sa<br /> nature n'est pas seulement terrestre et matérielle mais, selon la belle parole de Platon, que « ses racines sont au ciel ». En tradui­sant, nous dirons que l'on ne saurait penser l'homme en<br /> dehors d'une structure de transcendance et en dehors d'une dimension à proprement parler métaphysique.<br /> <br /> <br /> Cette interrogation signe de l'homme est celle de l'homme de notre temps comme elle fut celle de l'homme du XVIIIème siècle et comme elle est celle de l'homme de<br /> tous les temps. Elle est celle du philosophe des lumiè­res, oui, et celle de l'illuminisme, du musicien des lumières et du musicien de l'illuminisme, le musicien de «La Lumière», je veux dire<br /> Mozart.<br /> <br /> <br /> Mozart, maçon de la loge « L'espérance nouvellement couronnée » de Vienne, a composé de la musique maçonnique et vous savez que son opéra «La flûte enchantée» est<br /> un opéra maçonnique. Mais ce soir, comme témoin et comme exemple de cette méditation musicale sur la mort, je voudrais que nous écoutions en terminant «La symphonie funè­bre maçonnique ». Cette<br /> oeuvre fut certainement composée pour accom­pagner la cérémonie rituelle d'exaltation à la Maîtrise, c'est-à-dire au troi­sième degré de la maçonnerie symbolique. Celle-ci s'ordonne autour de la<br /> mort tragique du Maître Hiram, l'architecte du temple de Salomon, tué par les mauvais compagnons et régénéré, ressuscité par les trois bons compagnons. Elle met le franc-maçon en face de l'idée<br /> de la mort, de son mystère, du désespoir qu'elle engendre et aussi de l'espérance qu'elle peut aussi faire naître. Méditation pathétique et tragique et ultime message de foi et d'espérance en la<br /> vie, celui que nous délivre la gnose : «La mort est la vraie lumière ».<br /> <br /> <br /> Conférence prononcée le samedi 19 novembre 1988 au Cercle Condorcet Brossolette, par Henri Tort-Nouguès, passé Grand Maître de la Grande Loge de<br /> France.<br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> <br /> L’émerveillement désenchanté<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je trouve que tu as l’art de mettre de la clarté dans le débat. Personnellement, je ne choisirais pas entre l’émerveillement et le désenchantement face à la<br /> création. Je préfère penser les deux à la fois car ils rendent ainsi mieux compte de la réalité. Comme si la mort devait se frayer une voie dans la rationalité elle-même pour y inscrire<br /> l’irrationalité. Dans ce cas, la prise en compte et la prise au sérieux de la mort seraient des conditions  nécessaires pour redonner à la rationalité sa dimension<br /> symbolique.<br />
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M
<br /> De l’émerveillement au désenchantement<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cher Etienne, je suis très sensible à ton message en retour. Il me fait revenir sur la façon d'envisager les rapports entre foi et raison, langage de la religion,<br /> langage de la philosophie. Dans ma mémoire d'octogénaire, je me suis demandé quelle intuition avait été première entre celle de la religion et celle de la philosophie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’émerveillement devant la création divine<br /> <br /> <br /> En effet, nous admettons que le temps a commencé, qu'il y a eu une création et des penseurs comme Mircea Eliade ont soutenu l'idée que l'homme avait ressenti un<br /> très grand émerveillement devant la création divine. C'était la thèse qui avait cours chez les savants babyloniens au IV° siècle av.Jésus-Christ, au moment où aurait été rédigé le récit de la<br /> création en 6 jours. La tournure du récit implique plutôt l'existence d'un Dieu personnel qui aurait mis sa création au service de l'homme pour qu'il y soit heureux et qu'il vive dans l'action de<br /> grâce.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La création comme une chute<br /> <br /> <br /> Mais on peut tout aussi bien penser que la création est l'oeuvre d'une instance bienveillante qui n'aurait pas fait l'homme à son image et à sa ressemblance,<br /> conformément à ce que pensaient certains philosophes de l'Antiquité grecque dont se réclament les philosophies de la connaissances et les philosophies idéalistes avec Platon en tête. Ceci étant,<br /> il semble que les premières inspirateurs des philosophies de l'Existence qu'on oppose aux philosophies de la Matière  et aux philosophies de l'Esprit, auraient plutôt envisagé<br /> la création comme une chute, un accident fâcheux qui fait dire à Lamartine" l'homme est un dieu déchu qui se souvient des cieux" et fait dire à Heidegger que l'homme est un Dasein un être-là,<br /> tombé par hasard qui s'éprouve lui même comme "sans secours, hilflösigkeit", perdu dans le monde qu'il essaye de penser du milieu de son impuissance.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Châtiment et rédemption<br /> <br /> <br /> C'est une autre langue dont il est difficile de dire si elle est mieux faite, où l'angoisse métaphysique a pris la place de l'émerveillement. On y retrouve la<br /> nuance d'un châtiment qui pèserait sur la condition humaine et expliquerait la rédemption. A l'échelle minuscule de ma petite personne, ce Dieu Rédempteur qui descend dans mon intimité pécheresse<br /> m'attire davantage, mais comme dit Bernard Feillet "la spiritualité est affaire de tous" et j'entends bien qu'on puisse préférer une religion purgée du mystère de Dieu à la religion à mystères du<br /> P Festugière. Ai-je éclairé le débat ? Ne crains pas de me faire part de tes remarques.<br />
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D
<br /> Il me semble que la femme plus âgée représente Ève en particulier et toutes les femmes à sa suite jusqu’à la Madone au serpent, ce qui accréditerait la thèse qu’il<br /> appartient à la femme d’emmener l’homme au-delà de l’animalité. Dans ce cas, le serpent nu représente l’animalité et la femme serait celle qui va donner un vêtement à l’homme, le vêtement étant,<br /> en même temps, le signe de la culture et de la beauté. C’est ce que suggère, en fait, un conte des Indiens d’Amérique : « Comment les hommes et les femmes se<br /> rencontrèrent ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais comment rapprocher une telle idée du thème que nous traitons à propos du piège de la rationalité ? Peut-être que la culture est ce qui donne à l’homme en<br /> général et à la raison en particulier sa dimension symbolique. Si bien que la garantie du retour à cette dimension symbolique devrait prendre toute son ampleur lorsque la femme trouvera toute sa<br /> place dans la société.<br />
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L
<br /> <br /> La madone au serpent du Caravage<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> La madone au serpent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci Etienne de nous rappeler qu’il appartient aux femmes de marcher sur la tête du tentateur. Certes nous avons de nombreuses représentations de la Vierge Marie<br /> écrasant de son pied nu la tête du serpent et nous y avons lu "La femme écrase la tête du serpent". Alors que dans la version du texte hébreu, ce n'est pas la femme, mais sa lignée, son<br /> descendant, qui écrase la tête du serpent. D’où la difficulté à saisir la portée de ce geste hautement symbolique. Difficulté que l’on pourrait croire insurmontable. Mais nous allons voir qu’il<br /> n’en est  rien sous le pinceau clair-obscur du Caravage "La Madone au Serpent" le tableau représentant la Vierge Marie qui offre un profil lumineux empli de grâce d’amour, de<br /> sagesse. De son pied elle fait mordre la poussière à un horrible serpent.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais j’entends surtout la voix de la Mère de bon conseil, pleine de tendresse, de fermeté. Qui encourage l’enfant Jésus Nu à marcher, à surmonter sa peur, sa<br /> répulsion du serpent rusé. On se souviendra peut être qu’Adam et Ève étaient nus et ils n'en avaient pas honte; que le serpent était le plus rusé des animaux. Or, en hébreu, rusé et nu prennent<br /> leurs racines dans le même mot : arom (d’après Emmanuel Lévinas).<br /> <br /> <br /> En ce concerne la partie plus obscure du tableau il y a un autre personnage féminin qui peut être intéressera les spécialistes de l’inconscient…<br /> <br /> <br /> Bonne Soirée Danièle<br />
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D
<br /> Le risque de perdre la dimension symbolique de la raison<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> On voit bien que l’Encyclopédie vise une sorte de savoir universel. Elle est bâtie comme le nombre d’or lui-même pour atteindre « la clef » de la<br /> connaissance elle-même. Horizon inatteignable parce que nous sommes alors dans l’ordre du symbolique, qui est une visée et non un point d’aboutissement. Peut-être, par un sentiment de<br /> toute-puissance, a-t-on quitté la visée pour le remplacer par le point d’aboutissement. Dans ce cas, c’est la dimension symbolique de la raison que l’on a perdu.<br />
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N
<br /> <br /> La clé universelle de l’harmonie ou le nombre d’or<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Extrait du commentaire : L'Encyclopédie se présente comme une vaste entreprise de promotion du savoir.<br /> Diderot affirme clairement, dès le début de son article son ambition didactique d'enseigner au monde des connaissances : « Ce mot signifie enchaînement de connaissances; il est composé<br /> de la préposition grecque en, et des substantifs kuklos, cercle, et paideia, connaissance. » La référence à l'étymologie du mot « encyclopédie » accentue la visée didactique et<br /> l'ambition éducative de Diderot qui présente cette œuvre comme objective et dispensant un savoir précise te scientifique. Il développe la genèse et le fonctionnement d'un tel projet en montrant<br /> l'ambitieuse promotion du savoir désirée : « le but d'une Encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la terre; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous<br /> vivons, et de le transmettre aux hommes qui viendront après nous ». Il s'agit donc de « rassembler » (c'est-à-dire à la fois collecter et trier des informations),<br /> « exposer » ( présenter d'une manière claire et raisonnée) et de « transmettre » ( dédier ce travail à la postérité). L'Encyclopédie s'inscrit donc dans un mouvement de<br /> jonction de trois paradigmes temporels : le passé (où il faut puiser les connaissances), le présent (auquel il faut expliquer le passé) et le futur (auquel il faut transmettre cet héritage).<br /> La promotion du Savoir visée par l'Encyclopédie est celle d'un savoir total ( relever ici les expressions nombreuses suggérant l'idée de totalité et d'exhaustivité : « sur la<br /> terre…toutes les branches de la connaissance humaine…tout examiner, tout remuer sans exception et sans ménagement… »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.devoir-de-francais.com/commentaire-denis-diderot-article-encyclopedie-encyclopedie-10694-5559.html<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Article "Encyclopédie", Encyclopédie, 1751.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Extrait étudié : Denis Diderot, Article "Encyclopédie", Encyclopédie, 1751. Encyclopédie. Ce mot signifie<br /> enchaînement de connaissances; il est composé de la préposition grecque en, et des substantifs kuklos, cercle, et paideia, connaissance. En effet, le but d'une Encyclopédie est de rassembler les<br /> connaissances éparses sur la terre; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de le transmettre aux hommes qui viendront après nous, afin que les travaux des siècles<br /> passés n'aient pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succéderont; que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux, et que nous ne<br /> mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain. [...] C'est à l'exécution de ce projet étendu, non seulement aux différents objets de nos académies, mais à toutes les branches de la<br /> connaissance humaine, qu'une Encyclopédie doit suppléer; ouvrage qui ne s'exécutera que par une société de gens de lettres et d'artistes, épars, occupés chacun de sa partie, et liés seulement par<br /> l'intérêt général du genre humain, et par un sentiment de bienveillance réciproque. [...] J'ai dit qu'il n'appartenait qu'à un siècle philosophe de tenter une Encyclopédie; et je l'ai dit, parce<br /> que cet ouvrage demande partout plus de hardiesse dans l'esprit, qu'on n'en a communément dans les siècles pusillanimes du goût. Il faut tout examiner, tout remuer sans exception et sans<br /> ménagement; oser voir [...] que ceux qui sont venus après les premiers inventeurs n'ont été, pour la plupart, que leurs esclaves; que les productions qu'on devait regarder comme le premier degré,<br /> prises aveuglément pour le dernier terme, au lieu d'avancer un art à sa perfection, n'ont servi qu'à le retarder, en réduisant les autres hommes à la condition servile d'imitateurs. [...]<br /> Il faut fouler aux pieds toutes ces vieilles puérilités; renverser les barrières que la raison n'aura point posées; rendre aux sciences et aux arts une liberté qui leur est si précieuse.<br /> [...] Je sais que ce sentiment n'est pas celui de tout le monde; il y a des têtes étroites, des âmes mal nées, indifférentes sur le sort du genre humain, et tellement concentrées dans leur petite<br /> société qu'elles ne voient rien au-delà de son intérêt. [...] A quoi bon divulguer les connaissances de la nation, ses transactions secrètes, ses inventions, son industrie, ses ressources, ses<br /> mystères, sa lumière, ses arts et toute sa sagesse ! Ne sont-ce pas là les choses auxquelles elle doit une partie de sa supériorité sur les nations rivales et circonvoisines ? Voilà ce qu'ils<br /> disent; et voici ce qu'ils pourraient encore ajouter. Ne serait-il pas à souhaiter qu'au lieu d'éclairer l'étranger, nous pussions répandre sur lui des ténèbres, et plonger dans la barbarie le<br /> reste de la terre, afin de le dominer plus sûrement ? Ils ne font pas attention qu'ils n'occupent qu'un point sur ce globe, et qu'ils n'y dureront qu'un moment; que c'est à ce point et à cet<br /> instant qu'ils sacrifient le bonheur des siècles à venir et de l'espèce entière.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.devoir-de-francais.com/commentaire-denis-diderot-article-encyclopedie-encyclopedie-10694-5559.html<br />
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P
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Notre chien est si bon que le renard a fait ses petits dans notre poulailler (proverbe russe)<br /> <br /> <br /> <br />
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