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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 14:44

Raphaël, le jugement de Salomon


Le partage et la place vide

 

 

Les réflexions sur la multiplication des pains nous ont permis de comprendre que le partage est la loi de l’existence humaine. Sans partage il n’est pas d’avenir pour l’homme et pour la société dans son ensemble. Or ici une exigence s’impose : il faut une place vide pour que le partage soit possible.

 

C’est en partageant que l’homme devient un sujet humain

En Inde, un pauvre homme mendiait de porte en porte et n’avait, midi et soir, qu’une maigre pitance. Or il aperçut un jour, dans une des rues de la ville, un roi souriant et splendide, qui se promenait sur un chariot d’or. Il pensa aussitôt que sa vie de malheur allait trouver son terme. Le roi l’aperçoit, prosterné sur le sol. Il fait arrêter son char à sa hauteur. Étonné et tremblant, le pauvre se redresse et commence à marmonner quelque parole de remerciement. Mais le souverain tend une main vers lui en disant : « Qu’as-tu à me donner ? » Est-ce une moquerie ? Est-ce une nouvelle humiliation ? Le roi pourtant continue à le fixer avec un regard lumineux et plein de bonté. Sans comprendre, le mendiant va chercher dans sa besace et en retire un grain de riz qu’il donne au curieux personnage. Or le soir, en vidant  sa poche, il y découvre un grain d’or. « Que ne lui ai-je donné tout mon riz ! » se dit-il.  C’est une étonnante leçon que nous donne le conte indien, Le pauvre et le grain d’or. Il vaut mieux partager avec le pauvre que lui verser l’aumône car le partage l’élève à la dignité d’un roi.

 

Une place vide est nécessaire pour le partage

Autrefois il était de coutume de laisser une place vide à la table du repas commun. Sans doute était-ce une précaution pour recevoir le pauvre de passage. Mais c’était plus encore pour donner un espace de respiration secrète au partage de la famille. Un jour, en Chine, un jeune paysan, qui travaille du lever au coucher du soleil pour un  riche propriétaire sans gagner sa vie, décide d’aller demander au dieu de l’Ouest la raison d’une telle anomalie. Pendant les quarante jours de marche de l’aller, il rencontre plusieurs hôtes de passage, s’interrogeant aussi  sur les problèmes sans réponse qui jalonnent leur propre existence. Chacun verse dans la besace du jeune paysan la question qui lui tient le plus à cœur. Lorsqu’il arrive enfin, en Inde, près du temple du Dieu de l’Ouest, un vieux serviteur portant une superbe barbe blanche s’approche de lui : « Combien de questions veux-tu poser au dieu, demande-t-il ? – Quatre, répond le paysan chinois. – Il faut un nombre impair de questions, reprend le serviteur. Tu dois sacrifier une de tes questions ». Le jeune homme ne dort pas de la nuit. Au lever du jour, il décide de sacrifier sa propre question. Les trois questions restantes sont posées au dieu et les réponses arrivent aussitôt. Il fallait une question vide pour que le partage se fasse entre l’homme qui interroge et le dieu qui répond. Pour tous, la réponse est la même : le partage est la loi de la vie et il n’est pas possible de partager si le manque n’est pas là. Il faut la place du manque pour partager. Celui qui ne veut pas manquer ne peut partager. Les riches propriétaires de la Chine ne peuvent partager avec ceux qu’ils font travailler parce qu’ils ne veulent pas manquer. C’est la leçon du conte Échange et partage qu’a remis un jour une jeune étudiant chinois au groupe d’études dans lequel nous échangions avec lui.

 

Dans la vie courante, le sacrifice est un subterfuge facile pour ouvrir la place vide absente

Nous pensons souvent que le sacrifice a disparu de notre société. Or il n’en est rien. Lorsqu’une famille, un groupe, une communauté sont trop fusionnels, ils finissent par étouffer. La réaction instinctive est alors de sacrifier un ou plusieurs individus pour recréer la place vide absente. Souvent, ce sont les plus fragiles qui font les frais de l’opération : malades, personnes en échec, marginaux, étrangers… Mais le sacrifice et la mise à l’écart qui s’ensuit peuvent très bien provoquer la fragilité, la maladie mentale, la marginalité, des comportements répréhensibles qui conduisent à la prison… Un jeune couple, raconte une histoire arabe (Le foie), vit avec la mère du conjoint. La femme finit par ne plus supporter la belle-mère, qui lui ravit une part de l’affection de son mari et occupe une chambre, qui pourrait servir de pièce de repassage ou d’atelier. Elle fait pression auprès du fils pour qu’il fasse de la place en chassant sa mère en dehors de la maison et même en dehors du village. Maintenant c’est sa vie elle-même qui lui devient insupportable. La jeune femme tombe malade et prétend qu’elle ne pourra survivre sans manger le foie de la belle-mère. L’histoire dit que le jeune homme finit par emmener sa mère jusqu’au désert et lui arrache le foie encore chaud pour l’offrir à sa femme. En proie au tourment, il se précipite avec son offrande et trébuche sur le palier de la maison. Il pousse alors un cri de douleur. Une voix insolite se fait entendre : « Tu t’es fait mal, mon fils ? » L’amour de la mère fait encore une place à son enfant au-delà de la mort mais l’amour de la femme qui refuse de manquer ne peut ouvrir la place vide, nécessaire au couple, qu’en sacrifiant la pauvre belle-mère. Comme dans beaucoup d’autres situations, il lui fallait réinventer le bouc émissaire. Sans doute ne s’agit-il pas alors de véritable mort. Mais, comme le suggère le texte, le meurtre symbolique est aussi grave que le meurtre réel, puisqu’il consiste souvent à arracher la capacité d’amour de la victime et à détruire sa possibilité de partager.

 

Une contradiction manifeste : sacrifier l’autre pour ouvrir la place de l’Autre

En réalité, la place vide est celle du mystère, de l’inconnu ou de la transcendance. Elle est celle de l’Autre, qui fonde toute altérité. Il est donc impossible de l’ouvrir en sacrifiant un autre, quel qu’il soit, car il y aurait contradiction manifeste. Comme l’a bien compris le roi Salomon, il faut passer du sacrifice à la séparation et à l’acceptation du manque. Deux prostituées qui avaient une relation très fusionnelle venaient d’avoir un enfant. Prenant l’autre comme miroir, chacune s’identifiait à son amie et répétait à l’envi ce qu’elle faisait. Or, l’une d’entre elles, sans s’en apercevoir, finit par étouffer en dormant l’enfant qu’elle avait mis sur son sein. Comment son enfant pouvait-il être mort puisque celui de son amie était encore vivant ? Alors qu’il fait encore nuit, elle s’en va près de l’autre lit, ravit l’enfant vivant et met à sa place l’enfant mort. A son lever, l’autre femme ne reconnaît pas son bébé, comprend le stratagème et dénonce la supercherie. Rien n’y fait : l’amie ne veut rien entendre si bien que le roi Salomon doit intervenir. Il met l’enfant vivant devant lui et réclame sa grande épée. Il fera partager le bébé en deux pour que chaque femme ait sa part. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la véritable mère se réveille et propose que l’on remette l’enfant à l’autre mère. Rien n’y fait : la fausse mère veut que l’on partage le bébé. Il n’en faut pas plus au roi pour rendre l’enfant à la véritable mère. L’autre femme voulait un sacrifice pour retrouver la relation fusionnelle avec son amie : l’enfant devenait le bouc émissaire. Sa mort ne pouvait ouvrir une place vide puisqu’elle empêchait le surgissement de toute altérité. Par contre, en se dessaisissant de son enfant, en acceptant de manquer de lui, la véritable mère ouvrait l’espace vide de la séparation au point que même l’amie indigne pourrait avoir sa place. (Cf. Le jugement de Salomon, I Rois, 3-16-28)

 

La nécessité de réintégrer l’exclu pour retrouver une vraie place vide

L’exclusion et le partage font mauvais ménage puisque l’exclu est privé de sa possibilité de partager avec les autres. La place vide qui permet le partage est incompatible avec le sacrifice et donc avec l’exclusion quelle qu’elle soit. Dans les mythes égyptiens ce problème a surgi avec le personnage de Seth. Atoum était le dieu transcendant qui avait créé Shou et Tefnou. Et, à partir de ce couple primordial, par succession de générations, étaient nés le sept autres dieux, dont les plus célèbres sont Osiris, Isis et Horus. Il y avait donc un dieu primordial et neuf dieux secondaires qui géraient entre eux leurs propres affaires. Or les dieux secondaires n’avaient trouvé d’autres solutions pour s’entendre que d‘exclure Seth qui symbolisait la violence. Plus il était exclu et donc écarté du partage commun, plus sa violence redoublait au point de menacer la vie d’Horus lui-même. Les années passaient et les essais se multipliaient pour rétablir un minimum de concorde. Mais la situation ne faisait qu’empirer jusqu’au jour où Atoum (Ra-Horakhty) entra en scène. Par sa transcendance, il se situait dans la place vide évoquée jusqu’ici. Il comprit qu’il fallait absolument réintégrer Seth pour sortir de l’impasse. Il finit par dire : « Qu’on me confie Seth, fils de Nout. Il siègera avec moi, tel mon fils : il tonnera dans le ciel et on aura peur de lui ». Mais si le tonnerre fait peur, il provoque aussi la pluie bienfaisante, comme pour signifier que la violence n’est pas dépourvue de sens positif pour la vie elle-même, lorsque lui est offerte la place qui lui revient. Ainsi l’exclu ici finit par avoir un poste de choix lorsqu’il est réintégré : il devient fils de l’Autre parce que seul l’Autre peut lui donner une place.

 

La place vide qui est celle du don est aussi celle du pardon

A travers Seth, c’est le problème de la violence qui est traitée dans la pensée égyptienne, mais plus largement c’est aussi le problème de l’exclusion. Il n’est pas possible de pratiquer l’exclusion dans le partage commun, car le partage est précédé d’un don qui vient d’ailleurs (don de la vie et de l’existence) et ce don est offert à tout homme quel qu’il soit. Ainsi la place vide est là pour rappeler l’universalité du don qui doit entraîner l’universalité du partage. Bien plus l’universalité du don suppose l’universalité du pardon car l’homme est faillible et la faute ne peut arrêter le don. Rappel du don, la place vide est donc aussi rappel du pardon : il n’est pas possible de partager vraiment sans la présence du pardon. A la fin des Mille et Une Nuits, dans le dernier chapitre intitulé La Force de l’amour, lorsque la femme représentée par Séduction est sortie de terre où elle était enterrée vivante, chaque individu finit par trouver sa place pour permettre le grand partage de l’amour. Il reste pourtant Zoubayda, la première femme de l’Émir des croyants, qui avait tout imaginé pour que Séduction, la favorite du Souverain, fût endormie et finalement conduite en terre encore vivante. Tous ceux dont les noces venaient d’être célébrées au palais, Séduction, la première, s’empressèrent près du Grand Khalife  pour le supplier de pardonner à la coupable. Il n’était pas possible de partager l’Amour si une seule personne, fût-elle fautive, en était exclue. C’est pourquoi Zoubayda fut rétablie dans tous ses droits, avec les plus grands honneurs : en dépit de son forfait, elle aussi était admise au Grand Partage.

 

 

Etienne Duval

 

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commentaires

L
<br /> Le diable chinois à la pièce qui manque<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Je trouve personnellement qu'il y a beaucoup de sagesse dans ce que vous dites. Vous partez du jeu à la place vide, vous en arrivez à la fêlure qui laisse passer la lumière, pour finir sur la<br /> bienheureuse folie de l'homme : c'est lorsqu'il le sait qu'en un sens il ne l'est plus... Vous avez spontanément le sens du symbolique et du paradoxe. Si j'étais à votre place, j'utiliserais les<br /> contes pour édiquer les jeunes. Bonne réussite dans votre travail !<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Je n'avais pas réagi à ce message d' une grande qualité.<br /> Je voulais juste ajouter l'exemple de ce jeu ou l' on bouge une pièce vide pour reconstituer un puzzle dans une petite structure en plastique.<br /> Le jeu n est possible que parce qu il y a une piece vide qui permet le mouvement...<br /> Je suis tres attentif a cette pièe vide : c 'est pour ca que j essaie d' être éducateur.<br /> J aime les fêlés parce que c' est à travers la fêlure qu on voit la lumiere.<br /> <br /> Je dirai pour finir une dernière chose.<br /> Je trouve qu il y a deux catégories de personnes : les personnes qui sont folles<br /> et ceux qui ne l'ont pas encore compris.<br /> <br />  <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Il me semble que la case vide est aussi celle qui produit l'humour. Et Boris Vian n'en manque pas !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Bonjour Etienne, par le plus grand hasard, en lisant les derniers commentaires je me suis mise à chanter…<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Boris Vian  manquerait il d’une case vide ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La java des bombes atomiques<br /> <br /> <br /> Mon oncle un fameux bricoleur<br /> Faisait en amateur<br /> Des bombes atomiques<br /> Sans avoir jamais rien appris<br /> C'était un vrai génie<br /> Question travaux pratiques<br /> Il s'enfermait tout' la journée<br /> Au fond d'son atelier<br /> Pour fair' des expériences<br /> Et le soir il rentrait chez nous<br /> Et nous mettait en trans'<br /> En nous racontant tout<br /> <br /> Pour fabriquer une bombe " A "<br /> Mes enfants croyez-moi<br /> C'est vraiment de la tarte<br /> La question du détonateur<br /> S'résout en un quart d'heur'<br /> C'est de cell's qu'on écarte<br /> En c'qui concerne la bombe " H "<br /> C'est pas beaucoup plus vach'<br /> Mais un' chos' me tourmente<br /> C'est qu'cell's de ma fabrication<br /> N'ont qu'un rayon d'action<br /> De trois mètres cinquante<br /> Y a quéqu'chos' qui cloch' là-d'dans<br /> J'y retourne immédiat'ment<br /> <br /> Il a bossé pendant des jours<br /> Tâchant avec amour<br /> D'améliorer l'modèle<br /> Quand il déjeunait avec nous<br /> Il avalait d'un coup<br /> Sa soupe au vermicelle<br /> On voyait à son air féroce<br /> Qu'il tombait sur un os<br /> Mais on n'osait rien dire<br /> Et pis un soir pendant l'repas<br /> V'là tonton qui soupir'<br /> Et qui s'écrie comm' ça<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A mesur' que je deviens vieux<br /> Je m'en aperçois mieux<br /> J'ai le cerveau qui flanche<br /> Soyons sérieux disons le mot<br /> C'est même plus un cerveau<br /> C'est comm' de la sauce blanche<br /> Voilà des mois et des années<br /> Que j'essaye d'augmenter<br /> La portée de ma bombe<br /> Et je n'me suis pas rendu compt'<br /> Que la seul' chos' qui compt'<br /> C'est l'endroit où s'qu'ell' tombe<br /> Y a quéqu'chose qui cloch' là-d'dans,<br /> J'y retourne immédiat'ment<br /> <br /> Sachant proche le résultat<br /> Tous les grands chefs d'Etat<br /> Lui ont rendu visite<br /> Il les reçut et s'excusa<br /> De ce que sa cagna<br /> Etait aussi petite<br /> Mais sitôt qu'ils sont tous entrés<br /> Il les a enfermés<br /> En disant soyez sages<br /> Et, quand la bombe a explosé<br /> De tous ces personnages<br /> Il n'en est rien resté<br /> <br /> Tonton devant ce résultat<br /> Ne se dégonfla pas<br /> Et joua les andouilles<br /> Au Tribunal on l'a traîné<br /> Et devant les jurés<br /> Le voilà qui bafouille<br /> Messieurs c'est un hasard affreux<br /> Mais je jur' devant Dieu<br /> En mon âme et conscience<br /> Qu'en détruisant tous ces tordus<br /> Je suis bien convaincu<br /> D'avoir servi la France<br /> On était dans l'embarras<br /> Alors on l'condamna<br /> Et puis on l'amnistia<br /> Et l'pays reconnaissant<br /> L'élut immédiat'ment<br /> Chef du gouvernement<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Oui heureuse sauf si c'est la case vide qui manque...<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Heureuse donc cette case qui me manque !<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Suite sur le clinamen<br /> <br /> <br /> « Qu'un rien dévie en quelque chose de sa ligne, qui serait capable de s'en rendre compte ? Mais si tous les mouvements sont enchaînés dans la nature, si<br /> toujours d'un premier naît un second suivant un ordre rigoureux, si par leur clinamen les atomes ne provoquent pas un mouvement qui rompe les lois de la fatalité, et qui empêche que les causes ne<br /> se succèdent à l'infini, d'où viendrait donc cette liberté accordée sur terre (La Terre, foyer de l'humanité, est surnommée la planète bleue. C'est la troisième planète du système solaire en partant...) aux êtres vivants ;<br /> d'où viendrait, dis-je, cette libre faculté arrachée au destin, qui nous fait aller partout où la volonté nous mène ? [...]<br /> <br /> <br /> « Aux atomes aussi nous devons reconnaître cette propriété : eux aussi ont une cause de mouvement autre que les chocs et la pesanteur – une cause d'où<br /> vient le pouvoir inné de la volonté, puisque nous voyons que rien ne peut naître de rien [...] : or tel est l'effet d'une légère déviation des atomes, dans des lieux et des temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les...)<br /> non déterminés. »<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Voici quelques précisions scientifiques sur le clinamen dont nous a parlé Charles. Cf<br /> http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=1327<br /> <br /> <br /> Clinamen<br /> <br /> <br /> Dans la physique (La physique (du grec φυσικη) est étymologiquement la science de la nature. Son champ...) épicurienne, le clinamen (Dans la physique épicurienne, le clinamen est un écart, une déviation (littéralement une déclinaison) spontanée des...)<br /> est un écart, une déviation (littéralement une déclinaison) spontanée des atomes (Un atome (du grec ατομος, atomos, « que l'on ne peut diviser ») est la...) par rapport à leur chute verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur,<br /> donnée notamment par le fil à plomb.) dans le vide (Le vide est avant tout un concept philosophique. Il désigne l'absence de matière.), qui permet aux atomes de s'entrechoquer. Cette déviation est<br /> spatialement et temporellement indeterminée et aléatoire, elle permet d'expliquer l'existence des corps et la liberté humaine dans un cadre matérialiste. Bien que cette théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage...) ne<br /> se retrouve que dans le De natura rerum de l'épicurien latin Lucrèce elle est attribuée à Épicure lui-même, son œuvre ayant été en grande partie perdue depuis l'antiquité romaine.<br /> <br /> <br /> Rapport à l'indétermination quantique<br /> <br /> <br /> Dans son De natura rerum (De la Nature des choses, II, 216-219), Lucrèce décrit un concept très proche de l'indétermination quantique mais qui,<br /> loin de déboucher sur un océan<br /> (Un océan est représentée, en géographie, par une vaste étendue d'eau salée. En réalité il s'agit plutôt d'un<br /> volume,...) d'incertitude, a des accents libertaires et de grande certitude :<br /> <br /> <br /> « Voici encore, en cette matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses<br /> trois états les plus communs sont...), ce que je veux te faire connaître. Les atomes descendent en ligne droite dans le vide, entraînés par leur pesanteur (Depuis les expériences de Galilée, on observe que dans un lieu donné tous les corps libres chutent en subissant la même...).<br /> Mais il leur arrive, on ne saurait dire où ni quand, de s'écarter un peu de la verticale, si peu qu'à peine on peut parler de déclinaison. Sans cet écart ils ne cesseraient de tomber à travers le<br /> vide immense, comme des gouttes de pluie ; il n'y aurait point (Graphie) lieu à rencontres, à chocs, et jamais la nature n'aurait<br /> rien pu créer. [...]<br /> <br /> <br /> « C'est pourquoi, je le répète, il faut que les atomes s'écartent un peu de la verticale, mais à peine et le moins possible. N'ayons pas l'air de leur prêter<br /> des mouvements obliques que démentirait la réalité [...]<br /> <br /> <br /> « Qu'un rien dévie en quelque chose de sa ligne, qui serait capable de s'en rendre compte ? Mais si tous les mouvements sont enchaînés dans la nature, si<br /> toujours d'un premier naît un second suivant un ordre rigoureux, si par leur clinamen les atomes ne provoquent pas un mouvement qui rompe les lois de la fatalité, et qui empêche que les causes ne<br /> se succèdent à l'infini, d'où viendrait donc cette liberté accordée sur <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> L'arbre de vie<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> L'interdit ouvre l'espace de la vie, dans l'entre-deux...<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> L'interdit de la Genèse et la place vide<br /> A la fin des Mille et Une Nuits, il y a un très bel épisode où l'homme est en train de libérer la femme "enterrée vivante". Nous assistons alors à une véritable recréation et nous<br /> revivons la scène de la rencontre de l'homme et de la femme sous l'arbre de la connaissance. C'est alors que l'interdit reprend tout son sens : il est cet espace libre de la non appropriation de<br /> l'autre. Je ne puis entrer en relation avec l'autre que par la parole, c'est-à-dire à condition de ne pas en faire un objet sous l'effet de l'appropriation. Ici l'espace vide créé par l'interdit<br /> doit permettre le véritable amour entre l'homme et la femme.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Il s'agit bien en effet d'une sorte de clinamen, qui est producteur d'écart pour engager le mouvement vers l'humanisation. En même temps, nous avons la place vide créée par la conscience pour<br /> donner toutes les formes possibles au partage. De son côté Salomon avait bien compris que pour bien juger entre les hommes, il faut savoir partager.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> J’ai glané ce conte qui me semble bien illustrer la mise mouvement qu’évoque le « clinamen » auquel j’attache personnellement la responsabilité du choix.<br /> Bonne journée !<br /> <br /> <br /> Les Anciens aimaient à conter que, sur cette colline, un vieillard laborieux avait vécu autrefois. Il y possédait une modeste ferme et y cultivait un beau champ de<br /> blé. Son épouse lui avait donné deux fils. L'un d'eux avait pris femme et avait fondé une nombreuse famille. L'autre était resté célibataire. Lorsque le vieillard sentit que la mort approchait,<br /> il fit venir ses fils à son chevet pour leur faire ses ultimes recommandations, puis il rendit au Seigneur son âme paisible. Après avoir pleuré leur père et lui avoir donné une sépulture décente,<br /> les deux garçons allèrent au travail, car c'était le temps de la moisson. Chacun d'eux s'appropria la moitié du champ, et s'affaira sous la chaleur torride à entasser les gerbes précieuses,<br /> dorées par le soleil. Quand la nuit vint, l'un et l'autre rejoignirent leurs pénates, le père de famille retrouvant sa femme et ses enfants, et le célibataire son foyer solitaire. Mais à l'heure<br /> du sommeil, ni l'un ni l'autre ne parvint à trouver le repos. Des pensées identiques les maintenaient en éveil. Le célibataire se disait: « J'ai fait preuve d'égoïsme et de déraison en partageant<br /> le champ avec mon frère en parts égales. Lui, qui a de nombreuses bouches à nourrir, a besoin de plus de blé que moi. Que vais-je faire de tout ce grain alors que mes neveux manqueront de pain ?<br /> » Quant à l'homme marié, il songeait: « J'ai été stupide en ne laissant à mon frère que la moitié du champ. Mes fils grandiront et bientôt ils travailleront à mes côtés. Lorsque je serai vieux et<br /> que mes bras ne pourront plus pousser la charrue ni lancer la faux, ils travailleront pour moi. Mon frère, en revanche, n'aura personne pour lui porter secours. Il faut donc qu'il épargne pour<br /> ses vieux jours. » Finalement, au même instant, les deux frères abandonnèrent leur couche respective, et chacun d'eux se dirigea silencieusement vers la corne du champ où il avait amassé sa<br /> récolte. La nuit était noire et profonde. D'un geste identique, l'un comme l'autre des deux frères préleva sur sa moisson le plus grand nombre de gerbes que ses épaules pouvaient porter, puis, le<br /> corps ployé sous le fardeau généreux, il se dirigea vers le champ de son frère, afin d'y déposer en secret le tribut de l'amour fraternel. Ils parvinrent ensemble au milieu du champ, et à<br /> l'instant où leurs pas allaient se croiser, la lune se mit à briller entre deux nuages, et ils se reconnurent avec étonnement. En un instant ils comprirent qu'ils avaient eu la même idée et leurs<br /> cœurs éclatèrent de bonheur. Ils laissèrent tomber leur charge à terre et, les yeux pleins de douces larmes, ils s'étreignirent silencieusement.<br /> <br /> <br /> C'est ce lieu privilégié que le roi Salomon choisit pour y élever le plus grand, le plus majestueux des temples qu'il voulut dédier à tous les hommes de bonne<br /> volonté, quelles que fussent leurs nationalités, leurs races ou leurs religions, pourvu qu'ils se reconnussent comme fils du même père.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Si j'ai bien compris, c'est l'écart qui fait la différence et c'est la différence qui fait la liberté. Bienheureux clinamen qui nous ouvre à l'humanité ! Pour moi, je retrouve ici un peu l'écart de<br /> l'entre-deux, qui permet la distance et la relation, et finalement la dynamique de l'interaction...<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Etienne bonjour,<br /> le "clinamen", non, rien à voir avec le divan de la clinique psychanalytique, quoi que !<br /> <br /> <br /> Et pas besoin du Gaffiot; pour 13,50€ tu as en poche bilingue avec l'introduction d'Elisabeth deFontenay, au livre II  (v. 221 sq.) « Quod nisi<br /> declinare solerent…Sans cette déclinaison, tous, comme des gouttes de pluie, tomberaient de haut en bas à travers les profondeurs du vide ; entre eux nulle collision n’aurait pu<br /> naître, nul choc se produire ; et jamais la nature n’eût rien crée ». Déjà, elle est intéressante cette idée d’une création qui n’est pas ex nihilo mais à partir de la rencontre et<br /> de l’agglomération des corps ; il y a cette autre idée de la chute des corps, (et plus tard, avec Newton, de la gravitation) dont Lacan en 73 (Encore p.56) à propos du "signifié", dit combien elle est subversive : "La subversion, n’est pas d’avoir changé le point de virée de ce qui tourne,<br /> c’est d’avoir substitué au « ça tourne » un « ça tombe. Ce qui reste au centre, (la sphère immobile d’Aristote, cause première du mouvement), c’est cette bonne routine qui fait que<br /> le signifié garde en fin de compte toujours le même sens, le sentiment que chacun a de faire partie de son monde, c.à.d. de sa petite famille et de tout ce qui tourne autour. Chacun de vous, je<br /> parle même pour les gauchistes, vous y êtes plus que vous ne croyez attachés. ».Il y a enfin chez Lucrèce, avec sa notion de "clinamen", l’idée non moins subversive de dénoncer la<br /> superstitio, impiété majeure de ses contemporains fondée sur une croyance irrationnelle en leur destin, au "tout génétique", au "tout créationniste" etc. (v. 251 sq.) " Si toujours<br /> tous les mouvements sont solidaires, si toujours un mouvement nouveau naît d’un plus ancien suivant un ordre inflexible, si par leur déclinaison les atomes ne prennent pas l’initiative<br /> d’un mouvement qui rompe les lois du destin pour empêcher la succession indéfinie des causes, d’où vient cette liberté accordée sur terre à tout ce qui respire, d’où vient cette volonté arrachée<br /> aux destins , qui nous fait aller partout où le plaisir entraîne chacun de nous, et, comme les atomes, nous permet de changer de direction, sans être déterminés par le temps ni par le lieu,<br /> mais suivant le gré de notre esprit lui-même…   (v. 288 sq.) La pesanteur sans doute empêche que tout ne se fasse par des chocs, c.à.d. par une force<br /> extérieure : mais si l’esprit lui-même n’est pas régi dans tous ses actes par une nécessité intérieure, s’il échappe à cette domination et n’est pas réduit à une entière passivité, c’est<br /> l’effet de cette légère déviation des atomes -id facit exiguum clinamen principiorum- en un lieu, en un temps que rien ne détermine. "<br /> <br /> <br /> Belle " nécessité intérieure "veillant à ne pas nous prendre pour des électrons libres tout en nous gardant attentifs à l’imprévisible, « dans un<br /> sens oscillatoire et non linéaire », dirait Redouane.<br /> Charles<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Tu parles grec et latin aussi bien que français. Je suis allé voir sur mon Larousse, clinamen n'existe pas. Je suis allé sur un dictionnaire d'internet, clinamen n'existe pas non plus. Il m'a fallu<br /> ouvrir mon petit gaffiot, rien. Sur le dictionnaire grec, pas de clinamen, mais le mot clinê qui veut dire lit. J'en conclus qu'il s'agit de tomber (ée) du lit sans en être sûr.<br /> <br /> Pour moi, je trouve très intéressant ce que tu dis du peuple hébreu, une communauté d'étrangers. Cela donne un relief très particulier à la vocation d'Israël pour des croyants : l'évocation<br /> constante de l'étranger parmi les hommes. Cela concorde bien avec le fait que Dieu Lui-même apparaisse comme un étranger : tu dis comme un clandestin. Faut-il ajouter sans papiers ? Donc doublement<br /> étranger. Peut-être. Une idée que l'on pourrait développer pour éclairer l'actualité. Sans statut le sans-papier occuperait alors une place de choix, la place du vide que nous ne voulons pas<br /> vraiment ouvrir...<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Quant à ton texte sur la place vide, il a donné lieu à des commentaires<br /> très intéressants, dont le plus récent de Geneviève Pegaz que j'ai<br /> médité. Pour ma part, le vide, ça m'évoque surtout la chute des corps<br /> avec cette "dérive" tout autant par hasard que par nécessité, le<br /> "clinamen" de Lucrèce magnifiquement commenté le samedi 7 novembre dans<br /> "Répliques" de France-culture par Élisabeth de Fontenay (je l'ai<br /> enregistré), avec cette "physique" de ce poète latin contemporain de<br /> Cicéron qui parle tant à notre modernité.<br /> La place vide, tu fais bien d'y insister, c'est d'abord celle du tout<br /> autre, le grand Autre de Lacan, non pas le semblable, ni le même. Et<br /> Claudio Monge, dominicain italien qui enseigne à Fribourg, venu au CTM<br /> nous parler du "Dieu hôte", m'a fait découvrir que ce qui fonde les lois<br /> de l'hospitalité dans nos trois religions monothéistes, c'est le fait<br /> que le peuple hébreu se définit d'abord comme communauté d'étrangers, et<br /> Abraham comme "étranger et de passage", en voyage comme Ulysse, mais<br /> alors que celui-ci est en retour vers Ithaque, Abraham part sans retour<br /> et sans savoir où il va. Même Canaan, cette terre m'appartient, vous n'y<br /> êtes que des étrangers. Mais Dieu se fait lui-même étranger, clandestin,<br /> pour cheminer avec son peuple; d'où la gratuité du don dans l'aumône<br /> rituelle; la visite de l'ange, le don de la visite. Mais alors nous ne<br /> sommes déjà plus dans l'énoncé, cette métamorphose du "prochain" en un<br /> client du service humanitaire, il s'agit ici de l'énonciation, d'une<br /> annonciation.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Oral et écrit<br /> Je suis d'accord avec toi mais je sais pourtant que ce qui paraît parfois comme oral est en fait un écrit car parfaitement codé pour résister aux changements que peut imposer le<br /> temps.<br /> <br /> Culture locale/culture globale<br /> Le mot global est maintenant employé à la place de mondial. Mais c'est vrai qu'il y a là un piège. Il n'y a pas, de mon point de vue, une culture identifiable comme la culture<br /> bretonne, qui serait globale. Dans le meilleur des cas, la culture globale est l'interaction entre les différentes cultures. Elle ne peut être que dans le dynamisme, l'interaction et l'ouverture.<br /> Le problème, pour la culture bretonne, c'est qu'elle puisse être présente dans l'interaction entre les différentes cultures. Toute l'exigence est de la faire reconnaître comme une culture vivante à<br /> part entière pour qu'elle ait la Parole.<br /> C'est vrai, comme tu le dis, qu'en dehors de cette interaction un peu généralisée, toute culture est locale, cultivée localement.<br /> <br /> <br />
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G
<br />  Bien entendu. Les cultures orales peuvent passer à l'écrit (Cf. la<br />  biblio !) et l'écrit peut ouvrir à l'imagination, au symbolique (<br /> ce qui fait les "vraies" oeuvres). . Il reste que la "tradition orale"<br />  passée à<br />  l'écrit n'est plus de l'oral, mais est au moins un peu d'une autre<br />  nature, d'un autre fonctionnement. Tu as raison il faut approfondir<br /> cela.  Je ne suis pas expert.<br /> Cultures locales / cultures globales ? Je suis plus réticent là dessus. Je ne sais pas ce que cela veut dire.<br /> Toutes les cultures sont locales et toutes, si elles sont des cultures<br /> et non des modes, ou je ne sais quoi), sont globales .  Si, par<br />  exemple; j'ai une vraie bonne maîtrise du breton et accès au monde<br />  intellectuel dont cette langue est (reste encore ) le support et le<br />  vecteur, j'ai accès à d'autres cultures, voisines ou non. Ainsi<br /> j'accède aux domaines gallois, et avec un peu plus d'efforts aux<br />  domaines  irlandais, écossais par exemple,  et bien au- delà sans<br /> doute<br />  ; et par dessus le marché  aux Bororos ou aux Nambikwaras dont  la<br />  déculturation par assimilation est très directement mon problème !<br />  Cette distinction "Cultures locales / cultures globales"  sous-entend,<br />  je trouve,  dans le contexte français,  une  hiérarchie bizarre. La<br />  culture qualifiée  de « locale »,  qu'elle soit écrite ou orale et<br />  surtout dans ce dernier cas, est jugée indigne  de  signifer une<br /> culture, mais seulement un folklore, jugée incapable, donc, de porter<br /> une Parole, pour reprendre tes termes . D'ailleurs elle n'a  pas la<br /> parole. Sans vouloir anticiper sur les conclusions de certains<br /> débats ,<br /> si on retient cette distinction, il faudrait convenir que la culture<br /> française  n'est qu'une culture locale, par rapport à la culture<br /> étatsunienne par exemple, ou chinoise , ou.... mondiale ? Et qu'est ce<br /> que, concrètement, une "culture mondiale ?" .<br /> Je dirais quant à moi, que la culture est nécessairement "locale" et<br /> que, si elle est une vraie culture, elle m'ouvre sur  tous les<br /> hommes, à<br /> travers leur culture "locale" propre . C'est le critère même de la<br /> culture.<br /> Mais je ne doute pas que tu avais en vue, en fait,  quelque chose<br /> comme cela . Puisqu' on retrouve ton idée, que je partage : la différence<br /> fait la rencontre et la richesse ...du partage.<br /> Avec mon salut local et bien amical !<br /> Gérard<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Yves tu nous entraînes presque au coeur du mystère, derrière le voile du vide, où se cache le mystère de la transcendance, la source ultime d'où émerge l'Amour, la Compassion, la Charité. Mais j'y<br /> vois en même temps l'acte du Transcendant créateur, qui s'efface dans le vide, pour laisser la place à l'homme chargé de poursuivre la création. La place vide alors, comme tu l'exprimes si bien,<br /> devient le lieu de l'imaginaire où sont inventées des formes inédites et les nouvelles plastiques du corps dans le théâtre, avant que la Parole ne les fasse vivre.<br /> <br /> En nous replaçant du côté de l'imaginaire, tu donnes un nouveau souffle non seulement à la réflexion mais aussi à la création elle-même. Pour poursuivre en ce sens, tu nous obliges ainsi à passer<br /> de la réflexion à la Parole. Sommes-nous capables de faire ce passage ? C'est en tout cas le pari du blog, qui est le lieu de la question disputée. Or la question disputée ne peut trouver son<br /> dénouement que dans le dépassement vers la Parole.<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Le texte du dernier blog ainsi que bon nombre des commentaires s'y référant n'est pas sans me rappeller la lecture, déjà lointaine, d'un texte de Peter BROOK sur le Théâtre<br /> intitulé "l'espace vide", en résumant très grossièrement Peter BROOK y vante les mérites d'un espace scénique vide à partir duquel l'acteur va devoir s'appuyer sur son seul imaginaire pour<br /> apréhender le personnage, sans aucun artifice il va devoir remplir cette espace vide, la concentration sur cet espace  sera bien sûr la première phase de travail, ellle permettra au corps de<br /> l'cteur  de livrer sa propre lecture de cet espace.<br /> La méditation sans aucun doute, quelque soit sa forme où le support utilisé possède la même vertu car elle permet d'apréhender cet espace vide si bien défini par  différents<br /> intervenants, pour ma part le plus difficile est de capter cet espace de temps presque magique d'où émerge cet espace vide, de là il doit être facile de laisser  naître<br /> l'Amour, la compassion, la Charité, comme de multiples facettes d'une même source. Un exercice qui implique une part de sacrifice puisqu'il oblige à coup sûr à abandonner dans un premier<br /> temps ce qui pourtant nous semblaient être au départ, de vrais désirs. <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Le vide chez Antoine Watteau (Pélérinage à l'île de Cithère)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> Le vide entre les joueurs de cartes de Cézanne<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Je vois que je touche des points sensibles et cela permet de me réveiller pour prendre onscience des cadres mentaux dans lesquels nous fonctionnons et dans les quels je fonctionne personnellement<br /> sans même m'en rendre compte.<br /> <br /> L'ouverture sur l'universel<br /> <br /> Je pense que tu as raison : il faut sortir de l'universel abstrait. Comme tu le dis alors l'ouverture à l'universel devient "ouverture à tous les hommes possibles et réels ancrés dans leurs<br /> cultures respectives". De mon point de vue, je dirais ouverture à l'universel du sujet.<br /> <br /> Culture nationale et culture régionale<br /> J'étais encore dans la perspective d'Yvon Montigné qui est intervenu juste avant toi, dans un autre contexte. Il aurait mieux valu que je parle de culture locale sans y mettre une<br /> dimension d'infériorité par rapport à la culture nationale.<br /> <br /> Culture globale<br /> Je conçois tout à fait que la culture globale puisse produire des catastrophes dans la mesure où elle prétendrait englober toutes les autres cultures. Pour moi, la prétention d'une<br /> culture globale est extrêmement dangereuse. Mais je pense qu'il faut aller vers une interaction entre toutes les cultures, chaque culture devenant culture globale avec son originalité propre,<br /> c'est-à-dire réflétant les autres cultures.<br /> <br /> La culture inuit est celle qui nous sauvera des catastrophes où nous conduit notre culture globale<br /> A vrai dire je n'en sais rien personnellement. Mais ce dont je suis persuadé c'est que nous sortirons des catastrophes lorsque nous reconnaîtrons la culture inuit comme culture à<br /> part entière ; il enva de même, naturellement, pour la culture bretonne !<br /> <br /> Le renversement radical des hiérarchies<br /> <br /> Il y a, dans l'Evangile, un épisode qui peut nous faire comprendre ce que tu dis. Il s'agit du lavement des pieds. Le Christ sait qu'il va être livré par Judas. Judas pense qu'il faut que le messie<br /> soit grand, qu'il s'impose. Alors pour montrer ce qui le différencie d'une telle conception, Jésus se fait le serviteur de tous les autres en leur lavant les pieds. Pour lui, la véritable grandeur<br /> consiste à se mettre au service des autres quels qu'ils soient pour en faire des sujets à part entière. Ainsi une culture sera grande non pas dans la mesure où elle s'affirmera comme surpassant les<br /> autres, mais en valorisant ces autres cultures, en se décentrant comme tu dis pour les comprendre et permettre de les révéler...<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Tripatouillons donc.<br /> D'accord à ceci près .<br /> 1) Je ne sais si la culture ouvre à « l'universel ». Il me suffirait<br /> qu'elle ouvre universellement à tous les hommes possibles et réels ,<br /> ancrés (certes non enfermés !) dans leurs cultures respectives.<br /> 2)En distinguant culture nationale et culture régionale, je trouve que<br /> tu ré-introduis, quoi que tu en veuilles, une hiérarchie, que ces<br /> catégories impliquent. Je pense, sans doute comme toi, que ces<br /> catégories administratives  n'ont guère de sens pour appréhender et<br /> encore moins caractériser les cultures.<br /> 3)En ce qui concerne la culture bretonne, qualifiée de « régionale » (<br /> point sensible évidemment - et je te soupçonne d'y mettre une amicale<br /> malice ) , pourquoi devrait-on  « chercher dans les recoins » ce qu'elle<br /> pourrait offrir? La culture « nationale » offrirait-elle, seule,<br /> d'emblée, toute la richesse possible : l'accès à l'hypothétique<br /> « universel » ? Je me rappelle souvent cette réflexion de Jean Malaurie,<br /> lue il y a bien longtemps dans « Les derniers Rois de Thulé » : la<br /> culture Inuit (et ses semblables -donc des cultures « régionales » ! - )<br /> est celle qui nous sauvera un jour des catastrophes où nous conduit<br /> notre culture globale . (Je cite de mémoire). Bien. A condition qu'elle<br /> n'ait pas été tuée par cette dernière auparavant.<br /> 4)Je remarque bien que tu disais  presque cela en admettant l'intérêt<br /> « thérapeutique » de ces cultures « locales ». Mais dans la perspective<br /> de Malaurie, que je fais mienne depuis longtemps, il ne s'agit plus de<br /> thérapeutique (qui vise à préserver l'ordre, aboli seulement<br /> verbalement, et encore !)  , mais de renversement radical des<br /> hiérarchies. Et des urgences.<br />  <br /> Je pense que le fond du problème, encore une fois, est de ne pas être<br /> dupe des cadres mentaux implicites. C'est un intérêt, non des moindres, <br /> du dé-centrage et du décalage culturels.<br /> Bon. Je m'en vais cultiver le mien.<br /> Bien cordialement. Gérard<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> A force de tripatouiller les choses à plusieurs on va peut-être finir par aboutir à quellque chose de sensé. Suite à ce que tu dis et à tout ce qui a été dit<br /> jusqu'à présent, c'est l'ouverture à l'universel qui fait la culture. S'il n'y a pas d'ouverture à l'universel il n'y a ni culture ni identité culturelle. Aussi, on peut dire que la culture<br /> régionale n'est pas inférieure à la culture nationale. C'est seulement la capacité à atteindre l'universel (grâce à la place vide) qui fait la différence. Ainsi la culture grecque, celle d'un<br /> petit pays en somme, peut alimenter toutes les cultures. Et on peut imaginer que si l'on approfondit la culture bretonne jusque dans ses ultimes recoins, il est possible d'y découvrir des trésors<br /> qui pourront régénérer les autres cultures. C'est lorsque la très grande particularité ouvre sur le plus grand universel que le trésor apparaît.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Bien entendu. Les cultures orales peuvent passer à l'écrit (Cf. la<br /> <br /> <br /> biblio !) et l'écrit peut ouvrir à l'imagination, au symbolique ( ce qui<br /> <br /> <br /> fait les "vraies" oeuvres). . Il reste que la "tradition orale" passée à<br /> <br /> <br /> l'écrit n'est plus de l'oral, mais est au moins un peu d'une autre<br /> <br /> <br /> nature, d'un autre fonctionnement. Tu as raison il faut approfondir<br /> <br /> <br /> cela.  Je ne suis pas expert.<br /> <br /> <br /> Cultures locales / cultures globales ?<br /> <br /> <br /> Je suis plus réticent là dessus. Je ne sais pas ce que cela veut dire.<br /> <br /> <br /> Toutes les cultures sont locales et toutes, si elles sont des cultures<br /> <br /> <br /> (et non des modes, ou je ne sais quoi), sont globales .  Si, par<br /> <br /> <br /> exemple; j'ai une vraie bonne maîtrise du breton et accès au monde<br /> <br /> <br /> intellectuel dont cette langue est (reste encore ) le support et le<br /> <br /> <br /> vecteur, j'ai accès à d'autres cultures, voisines ou non. Ainsi <br /> <br /> <br /> j'accède aux domaines gallois, et avec un peu plus d'efforts aux<br /> <br /> <br /> domaines  irlandais, écossais par exemple,  et bien au- delà sans doute<br /> <br /> <br /> ; et par dessus le marché  aux Bororos ou aux Nambikwaras dont  la<br /> <br /> <br /> déculturation par assimilation est très directement mon problème !<br /> <br /> <br /> Cette distinction "Cultures locales / cultures globales"  sous-entend,<br /> <br /> <br /> je trouve,  dans le contexte français,  une  hiérarchie bizarre. La<br /> <br /> <br /> culture qualifiée  de « locale »,  qu'elle soit écrite ou orale et<br /> <br /> <br /> surtout dans ce dernier cas, est jugée indigne  de  signifer une<br /> <br /> <br /> culture, mais seulement un folklore, jugée incapable, donc, de porter<br /> <br /> <br /> une Parole, pour reprendre tes termes . D'ailleurs elle n'a  pas la<br /> <br /> <br /> parole. Sans vouloir anticiper sur les conclusions de certains débats ,<br /> <br /> <br /> si on retient cette distinction, il faudrait convenir que la culture<br /> <br /> <br /> française  n'est qu'une culture locale, par rapport à la culture<br /> <br /> <br /> étatsunienne par exemple, ou chinoise , ou.... mondiale ? Et qu'est ce<br /> <br /> <br /> que, concrètement, une "culture mondiale ?" .<br /> <br /> <br /> Je dirais quant à moi, que la culture est nécessairement "locale" et<br /> <br /> <br /> que, si elle est une vraie culture, elle m'ouvre sur  tous les hommes, à<br /> <br /> <br /> travers leur culture "locale" propre . C'est le critère même de la culture.<br /> <br /> <br /> Mais je ne doute pas que tu avais en vue, en fait,  quelque chose comme<br /> <br /> <br /> cela . Puisqu' on retrouve ton idée, que je partage : la différence fait<br /> <br /> <br /> la rencontre et la richesse ...du partage.<br /> <br /> <br /> Avec mon salut local et bien amical !<br /> <br /> <br /> Gérard<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Contrairement à ce que tu pensais, ce texte a tout à fait sa place ici. Comme tu le suggères fortement, ce qui rend possible, à la limite ce qui fait l'identité nationale ou autre, c'est<br /> l'ouverture à ce qu'elle n'est pas. S'il n'y a pas l'ouverture, s'il n'y a pas la place vide à l'intérieur de l'identité, quelle qu'en soit la forme, il n' y a pas d'identité possible.<br /> Autrement dit c'est l'autre ou l'ouverture à l'autre qui fait l'identité. Ainsi, c'est l'immigré, c'est la culture régionaliste, c'est la culture européenne qui rendent possibles l'identité<br /> nationale.<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Suite d'Yvon montigné<br /> <br /> <br /> il voit d’un mauvais œil l’expression d’une identité régionale. Les langues régionales, expressions les plus visibles des identités ont été combattues, bâillonnées,<br /> interdites pendant longtemps. Et pourtant aujourd’hui, face à ce gâchis, certains se sentent bretons, alsaciens, basques, etc., tout autant que français ou européens, porteurs de valeurs<br /> menacées, ignorées en tout cas dans la culture dominante.<br /> <br /> <br /> Ces cultures régionales, loin de s’enfermer dans un folklorisme passéiste, veulent contribuer à l’édification d’une identité nationale plus riche, moins<br /> stéréotypée, ouverte sur le monde. « Les vieilles charrues » de Carhaix me semblent un exemple de cette capacité à rassembler par delà les frontières les peuples issus d’une même<br /> culture comme d’intégrer, sans se perdre, les apports les plus contemporains de la musique, par exemple. Mais même dans l’armée, la plus  monolithique de nos institutions, il<br /> existe une formation musicale qui ne joue jamais la Marseillaise, c’est le Bagad de Lann Bihoué, près de Lorient. Comme quoi, il ne faut pas désespérer.<br /> <br /> <br /> Identité européenne, identité méditerranéenne, identité régionale sont trois des mises en perspective nécessaires à un travail sur l’identité nationale qui ne soit<br /> pas un enfermement d’un vieux pays insuffisamment ouvert à l’Autre.<br /> <br /> <br />                                                <br /> Marguerittes, le 9 novembre 2009, Yvon Montigné<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br />      Identité française – Pour une mise en perspective<br /> <br /> La question de l’identité nationale, française en l’occurrence, ne peut être correctement posée que si on la met en perspectives d’autres modes d’identification.<br /> Faute de quoi on risque de nourrir un nationalisme idéologique ne correspondant en rien à la réalité, teinté de suffisance, voire de xénophobie. Etre fier d’être français, peut-être, en y mettant<br /> des nuances et sans comparatisme sous jacent. Etre français, pour la plupart d’entre nous, nous n’y sommes pas pour grand chose, hasard de la naissance. Etre né ailleurs serait-il une tare, un<br /> moindre être, dont le corollaire logique devrait être la honte de ne pas être … français. On serait en plein délire nationaliste.<br /> <br /> <br /> Identité européenne<br /> <br /> <br /> L’identité française, comme celle de beaucoup d’autres identités s’est construite dans le temps par une succession d’évènements souvent difficiles parfois<br /> dramatiques.. En ce qui nous concerne : occupation romaine, invasions barbares, incursions des huns ou des arabes (en fait des berbères), occupations temporaires plus ou moins longues des<br /> anglais surtout, mais aussi des prussiens ou des allemands.<br /> Nous nous sommes par ailleurs enrichis des courants artistiques, techniques et autres qui ont parcouru l’Europe. Comme les autres peuples européens nous sommes redevables des grecs, des romains,<br /> des barbares, des arabes.<br /> <br /> <br /> D’immenses personnalités venus de différents pays ont joué un rôle éminent en politique, dans les domaines artistiques, philosophiques, techniques, soit qu’ils<br /> aient joué un rôle personnel en vivant, temporairement ou non, sur notre sol, soit qu’ils aient rayonné par leurs qualités, leurs écrits, leurs inventions, etc. à partir de leur pays. Notre<br /> histoire, en ce sens, n’est guère différente de celle des autres pays européens. Toute cette circulation a créé une identité commune que les autres pays du monde reconnaissent facilement.<br /> <br /> <br /> La religion partagée par ces pays, (en ce qui nous concerne le catholicisme, mais aussi le protestantisme), même si elle n’a plus le même rôle aujourd’hui, a été un<br /> facteur identitaire puissant dans les domaines de la pensée, des législations, de l’architecture, etc. Doit-elle, pour autant servir de frontières à l’Europe ? Je ne le pense pas.<br /> <br /> <br /> Identité méditerranéenne<br /> <br /> <br /> Nous avons aussi une identité méditerranéenne, surtout les français du Sud, identité que nous partageons avec les autres pays de l’Europe du Sud, avec plusieurs<br /> pays du Moyen Orient, avec ceux du Maghreb . Longue histoire d’échanges et de conflits que facilitent les routes maritimes, lesquelles se jouent de la continuité et de l’imperméabilité des<br /> frontières terrestres. Nous pouvons entrer directement en relation avec des pays éloignés riverains de la Mare Nostrum : lieu initial de la diaspora juive, de la mise en relation de l’Islam<br /> et de la chrétienté, du partage des savoirs et des techniques..<br /> Identité partagée<br /> <br /> <br /> Chacun de nous, français ou autre européen, a hérité de cette histoire, y adhère ou s’y oppose. Mais ce terreau commun, qui s’exprime localement avec bien des<br /> nuances de pays à pays et dans chaque pays d’individu à individu, devrait permettre une atténuation des revendications identitaires nationales, faciliter la curiosité bienveillante envers les<br /> autres, voire l’admiration, et nourrir des pratiques innovantes inspirés de nos partenaires dans ce vaste ensemble identitaire.<br /> <br /> <br /> Identité et immigration<br /> <br /> <br /> Y aurait-il dans  cette capacité d’assimilation  sous une forme propre d’un certain « universel » une spécificité<br /> française ? D’une manière générale, je ne suis guère en mesure d’y répondre.<br /> Tout au long de notre histoire, nos avons accueillis ou reçus, parfois été chercher, un grand nombre d’étrangers : masses anonymes des grands chantiers industriels des XIX° et XX° siècles,<br /> combattants de nos guerres fratricides, réfugiés ayant fui des dictatures ou des situations économiques, raciales, religieuses ou autres, intolérables. Des français aussi parfois ont du émigrer<br /> ailleurs pour les mêmes raisons, ne l’oublions pas.<br /> <br /> <br /> Cette immigration, cette intégration ne s’est pas faite, bien souvent, sans difficultés ni injustices. Mais certains ont magnifiquement réussi ; ayant acquis<br /> ou non la nationalité française ils sont devenus des gloires de notre histoire. Au risque de la récupération facile.<br /> <br /> <br /> Enracinés ailleurs, résidant sur notre territoire, n’ont-ils pas le droit d’être attachés et d’exprimer leur identité native ? Doivent-ils être d’abord<br /> français ou bien rester d’abord des espagnols, italiens, maghrébins, hongrois. Les itinéraires varient. Mais la cohabitation de cultures différentes dans un espace commun reste une question<br /> difficile. D’autres pays, me semble-t-il, réussissent mieux ce travail que nous sans sombrer dans le communautarisme ghettoïsant.<br /> <br /> <br /> La perspective régionaliste<br /> <br /> <br /> Celle-ci, qui semble bénéficier dans le contexte européen d’une nouvelle dynamique, n’est pas une donnée valorisée dans notre pays, lequel  a<br /> l’une des plus longues histoires en Europe. Assez rapidement constitué, dotée de beaucoup de frontières « naturelles », possédant une langue dominante pour ne pas dire dominatrice,<br /> gouverné et organisé d’une manière exceptionnellement centralisée, il voit d’un mauvais œil l’expression d’une identité régionale. Les langues régionales, expressions les plus visibles des<br /> ident<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Nous sommes bien toujours, en effet, dans cet espace vide qu'il faut mettre entre soi et l'autre, pour se connaître, partager et aimer. Partir pour pouvoir se retrouver...<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Bonjour Etienne, je pense que ce texte n’est en décalage avec le Blog en cette veille du 11 novembre. Danièle<br /> <br /> Jacques Higelin<br /> Extrait de l'album : Pour tout le monde Année de sortie : 1978<br /> <br /> Pars<br /> Pars, surtout ne te retourne pas<br /> Pars, fais ce que tu dois faire sans moi<br /> Quoiqu'il arrive je serai toujours avec toi<br /> Alors pars et surtout ne te retourne pas<br /> <br /> Oh pars... mais l'enfant<br /> L'enfant il est là il est avec moi<br /> C'est drôle quand il joue il est comme toi<br /> Impatient<br /> Il a du cœur, il aime la vie<br /> Et la mort ne lui fais pas peur<br /> <br /> Alors pars<br /> Surtout ne te retourne pas<br /> Oh pars<br /> Mais qu'est ce que t'as<br /> Oh pars et surtout reviens-moi vite<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> Nana Mouskouri et la place vide<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> La place vide<br /> <br /> <br /> by Nana Mouskouri<br /> <br /> <br /> Cette place vide à mes côtés<br /> Ne plus t'y voir me fait pleurer<br /> C'était la place où le soir venu<br /> La place où tu prenais ma main<br /> Maintenant dans les rues<br /> Je suis triste de voir la place vide<br /> <br /> {Refrain:}<br /> Tu as su mentir<br /> Il ne me reste plus que ce souvenir<br /> Cette place qui était la tienne<br /> Qui reste tienne<br /> A tout jamais, à tout jamais !<br /> Le ciel n'a plus les étoiles qu'il avait<br /> Sans toi, je ne sais que pleurer<br /> Je ne peux vivre près de ta place vide<br /> <br /> C'était la place de ma vie<br /> La place vide depuis<br /> Toi, tu peux encore la faire vivre<br /> Cette place vide<br /> <br /> {au Refrain}<br /> <br /> {x4:}<br /> Reviens, reviens, reviens vers moi<br /> Sans toi, cette place est trop vide<br /> Il faut que tu reviennes<br /> Il faut que tu reviennes<br /> Reviens, reviens, reviens vers moi<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Je crois que je n'ai plus rien à dire. Tu as tout dit. Ton histoire de la chaise vide illustre à mon avis parfaitement la scène jouée dans l'église : "Celle qui a dit oui". La Vierge, ici, ouvre<br /> une place toujours disponible pour l'hôte de passage, comme s'il était Dieu Lui-même. Tu as été toi-même comme "l'envoyé de Dieu" pour illustrer en acte ce qui était exprimé en parole. Heureusement<br /> que le blog est là pour donner un plus grand écho à ce qui est arrivé.<br /> Quant au texte du Tao il dit tout de l'intuition qui court à travers le blog : il faut le vide du non-Être pour que l'Être s'exprime...<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Ces développements sur « la place vide » me rappellent une anecdote récente<br />  <br /> J’arrivais un soir en l’église Saint Bonaventure à Lyon, pour assister au très beau spectacle que donnait une amie : « Celle qui a dit oui », présentation grâce à des textes littéraires et<br /> poétiques de quelques épisodes choisis de la vie de Marie adossés à des tableaux des maîtres anciens. On peut en avoir une idée, grâce au site ci-dessous et à ses liens:<br /> http://pvkaeldall.cathol.lu/cn_corinne_descote_main.html<br /> En haut de la nef, quelques habitués occupaient les premiers rangs, une place vide restait. Je demandais à la dame voisine :<br /> « -cette place est-elle libre ?<br /> -non me dit-elle doucement… »<br /> un instant de silence<br /> « …car elle est prise… par vous »<br />  Je ne sais pas lui donner d’autre sens que celui-ci : la place vide est faite pour être « prise » par celui qui vient et demande. Expression raccourcie de la « disponibilité »<br />  <br /> J’aime bien ton commentaire N°41.<br />  <br /> Et pour rester fidèle, voici un poème du Tao Te Qing. Ce n’est pas à proprement parler de « la place vide » qu’il est question, mais du « vide » nécessaire à la vie, comme les silences le sont à la<br /> musique :<br />  <br /> N° XI<br />  <br /> Trente rayons convergent vers le moyeu<br /> Mais c’est le vide médian<br /> Qui fait marcher le char.<br />  <br /> On façonne l’argile pour en faire des vases,<br /> Mais c’est du vide interne<br /> Que dépend leur usage.<br />  <br /> Un maison est percée de portes et fenêtres,<br /> C’est encore le vide<br /> Qui permet l’habitat.<br />  <br /> L’Etre donne des possibilités,<br /> C’est par le Non-être qu’on les utilise.<br />  <br />  <br /> Amitié,<br />  <br /> Jacques BESOMBES 08/11/2009<br />  <br />  <br /> <br /> <br />
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P
<br /> Le vide dans la peinture vietnamienne<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> Le mystère du tombeau pour les bergers d'Arcadie chez Nicolas Poussin<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> Danièle nous transmet le message qu'elle a reçu de Messaoud Berrimi : elle l'avait interpellé sur le blog<br /> Bonjour Danièle Etienne m'a transmis ton docu et tes 2 questions sur le Burkina Voici ce que j'ai trouvé pour toi sur le net et merci de m'avoir ramené à la mémoire de mes fabuleux<br /> voyages dans ce pays où j'arrivais à chaque fois face à des mitrailleuses postées en face de la descente de l'avion à cause de l'état d'urgence et de couvre feu de 2 coups d'état qui ont accueilli<br /> mes 2 seuls séjours de 3 mois dans ce beau pays. Ancienne colonie française, la Haute-Volta obtient l’indépendance en 1960. Le nom actuel du pays (Burkina Faso) date du 4 août 1984, sous la<br /> présidence du révolutionnaire Thomas Sankara. Il signifie la patrie des hommes intègres en langues locales mooré (burkina signifiant « intègre ») et bamanankan (faso se traduisant par « patrie »).<br /> C’est une combinaison dans deux langues principales du pays (le mooré parlé par les Mossi, ethnie majoritaire du Burkina et le bamanankan ou « langue des Bambara » ou des Dioula parlée dans la<br /> sous-région ouest-africaine). Burkinabè qui désigne l’habitant (homme ou femme) est en foulfouldé, langue parlée par les Peuls, peuple d’éleveurs nomades également présents dans de nombreux pays<br /> d’Afrique de l’Ouest.<br /> En français, on utilise Burkina ou Burkina Faso dans les usages courants, et Burkina Faso dans les usages officiels.<br /> Pour Kady Diarra, elle n'était pas dans ma 404 bijou j'ty l'y joure! Mais y'avait tant de belles et de vraies gens qui riaient de toutes leurs dents comme si nous allions tous mourir à chaque trou<br /> sur la piste qui propulsaient la voiture dans les airs ! Et avec la tôle ondulée de cette piste , il faut atteindre une certaine vitesse pour en atténuer les effets parkinsoniens qui nous faisaient<br /> claquer le squelette et l'ivoire des dents! Ce qui faisaient rire mes 26 congénères de cette folle équipée c'était de me voir découvrir , moi l'étranger (décidément...) comment on voyage en<br /> brousse; Enfin on s'est tous bien maré avec ces pilotes fous qui se croivent dans un rallye...<br /> Tout est resté dans mes souvenirs! Merci! Je comprend pas trop comment fonctionne les blogs mais il semble que ça rassemble! C'est le 1ère fois qu'on me contacte comme ça! Bonne journée et plein de<br /> soleil de La Réunion qui m'entoure pour vous et vos amis! Messa<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Oui bien sûr. Mais ce qui fait la difficulté, c'est qu'il y a deux écritures : le mythe ou le récit mythique qui est au fondement de la culture et la mise par écrit ( comme la loi) pour fixer les<br /> choses. La première écriture, tout entière dans le symbolique, nourrit la parole : elle est même la mère de la parole et fonctionne complètement dans l'ouverture. La seconde écriture au contraire<br /> la ferme. Il y a donc une double dialectique : Ecriture/Parole et parole/écriture. La littérature du roman actuel se situerait plutôt du côté du mythe, en raison de sa forte dimension symbolique.<br /> En un certain sens (limité quand même) elle serait une réactualisation du mythe.<br /> Les deux dialectiques énoncées me paraissent essentielles pour faire fonctionner la culture. Le problème c'est lorsque la dialectique est rompue ou lorsque l'écriture avec un petit e prend le pas<br /> sur l'écriture avec une grand E ; de même lorsque la parole avec un petit p prend le pas sur la parole avec un grand P.<br /> Par rapport aux cultures locales, l'important, me semble-t-il, n'est pas de privilégier la culture locale par rapport à la culture globale mais de faire en sorte qu'il y ait dialectique entre les<br /> deux. Mais le danger reste que, dans la culture globale, l'écriture soit déconnectée de l'Ecriture et que la parole doit déconnectée de la Parole. Les cultures locales peuvent alors avoir un effet<br /> thérapeutique en obligeant à un retour aux sources perdues et en multipliant les interactions Ecriture/Parole.<br /> Mais tout cela est à approfondir.<br /> <br /> <br />
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G
<br />   Suite du commentaire 52<br /> <br /> Eh bien ! Je ne me doutais pas, en évoquant les mythes celtiques,<br /> que j'introduirais une telle "problématique" !<br /> J'ai dailleurs là-dessus peu de lumières. Je sais seulement, par les<br /> travaux de Donatien Laurent, ethnologue au CRBC (Centre de recherches<br /> bretonnes et celtiques, laboratoire du CNRS) la force de l'oral dans la<br /> culture populaire bretonne (et les autres). Donatien a ainsi suivi de<br /> gwerz en gwerz (mélodies chantées transmettant une histoire, ou même une<br /> vision cosmique) c'est dire de génération en génération , la<br /> transmission d'un substantiel noyau de vérité, qui passait, conservé,<br /> l'émotion provoquée par le chanteur (souvent une chanteuse) et perçu par<br /> le public étant le critère même de vérité. Le chanteur précisant souvent<br /> "Ha gwir eo ! " et les auditeurs d'approuver : "Ya , ya !!!". J'ai<br /> entendu Donatien exposer cela sur un exemple et, arrivé au point<br /> central, de vérité, il a lui-même été pris par l'émotion, et son public<br /> aussi. C'était très étonnant.<br /> Par ailleurs, j'ai été beaucoup intéressé dans ma recherche par l'idée<br /> avancée par mon directeur de thèse, Yves Le Gallo, que le passage du<br /> breton au français, qui s'est  accéléré et généralisé après la seconde<br /> guerre mondiale, a été, disait-il " le passage d'une civilisation orale,<br /> rurale, bretonne, à une _autre civilisation_, écrite, urbaine,<br /> francophone". J'avais lu alors quelques travaux (De Certeau, Cholvy,<br /> Goody ?)  qui montraient les particularités très fortes de ces<br /> civilisations de l'oral, où jouent le poids du groupe et la force de<br /> l'émotion ; et la richesse et la complexité, souvent l'obscurité pour<br /> nous désormais, des symboles. L'écrit étant évidemment le domaine de<br /> l'individualité, de la raison, de la discipline et de l'immobilité (par<br /> exemple au moment de l'apprentissage déjà, et par lui), bref : de<br /> l'ordre établi. (En simplifiant un peu ....)<br /> Je ne sais si ceci nourrit  ta "problématique".<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> Pensées du Dalaï Lama, transmises par Messaoud Berrimi (qui rejoignent cet article du blog)<br /> Une atmosphère d'amour dans votre maison est le fondement de votre vie.<br /> <br /> Apprenez les règles correctement pour que vous sachiez comment les briser<br /> <br /> Passez du temps seul chaque jour<br /> <br /> Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleure réponse<br /> <br /> Ouvrez les bras au changement mais n'abandonnez pas vos valeurs<br /> <br /> Partagez vos connaissances. Il s'agit d'un moyen d'atteindre l'immortalité<br /> <br /> Soyez doux avec la terre<br /> <br /> <br />
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E
<br /> A vrai dire, je ne pensais à rien de bien précis au niveau d'une recherche concrète. Ce qui m'intéressait c'est la problématique dans laquelle tu nous a engagés à partir du couple<br /> parole/écriture. Je pense que cette problématique peut nous permettre de comprendre bien des évolutions. Disons aussi que c'est une problématique dans laquelle je me retrouve assez bien.<br /> Je suis en train d'étudier, avec un groupe, l'épisode de la femme adultère dans l'Evangile de Saint Jean (8 1-11). Il y a les scribes et les pharisiens qui voudraient faire lapider une femme<br /> adultère pour obéir à la Loi. Alors Jésus, qui est du côté de la parole vivante, se met à écrire sur le sol. Il veut nous montrer que l'Ecriture seule est inadaptée aux problèmes concrets des<br /> hommes. L'écriture qu'il trace sur le sol va être balayée par un homme ou une femme de service du Temple. Et surtout elle va être effacée par les pas des gens qui circulent et en particulier par<br /> les scribes et les pharisiens qui vont s'en aller ; ils se découvrent inaptes pour jeter des pierres sur la femme prise en flagrant délit d'adultère. Laissée seule l'Ecriture peut condamner et<br /> tuer. Par contre la Parole qui interpelle le sujet s'efforce de le relancer dans la vie. Grâce au pardon, ellle fait passer au-delà de la condamnation que proclament des hommes soumis à la Loi et<br /> pourtant coupables des forfaits qu'ils reprochent aux autres.<br /> Pour revenir à notre sujet, la parole ouvre la place vide alors que l'Ecriture réduite à elle-même la ferme. Cela nous renvoie d'ailleurs à notre justice, qui juge au nom de la Loi. Justice souvent<br /> injuste, elle ne fait la plupart du temps que d'actualiser ou de réactualiser le système du bouc émissaire.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Suite au commentaire 43<br /> Je ne pense rien du tout. J'ai regardé quant à moi, le " Lévy-Strauss<br /> par lui même" : est-ce bien plus sérieux ? Le sérieux aurait été que je<br /> le lise.<br /> Je n'ai pas bien saisi le sens de ta remarque : souhaites-tu que je<br /> précise un peu les données chronologiques de la question (des<br /> changements culturels) ;  ou bien les deux ou trois petits repères<br /> évoqués  te suffisent-ils ? . Je veux bien essayer. Mais il faudrait que<br /> je me replonge dans une matière assez énorme, complexe, controversée, <br /> que je n'ai jamais eu l'occasion d'étudier de près et surtout pas de<br /> première main. Et ça demanderait un peu de temps. De plus ce que j'ai<br /> là-dessus est assez partiel.  Je pourrais _*au besoin*_ en tirer un<br /> digest très sommaire ... et un peu risqué, d'auant que tes<br /> interlocuteurs sont sans doute au moins  aussi savants que moi sur ces<br /> questions. Dis moi ce que tu en penses.<br /> Gérard<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Quelle profondeur Geneviève ! Je retiens, pour le couple, "cette distance dans laquelle réside l'elan du desir". Tu dis tout ou presque tout en quelques mots !<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Encore une petite reflexion sur le partage<br /> <br /> Sans place vide il n'y a pas de partage, C'est l'espace qui nous separe qui permet la joie de la rencontre : à trop vouloir remplir ce vide on efface le mystère.<br /> Dans le couple, si on oublie de garder cette distance dans laquelle réside l'elan du desir, on s'enferme bien vite ;<br /> <br /> C'est la mème chose pour notre société du trop : on massacre l'essentiel<br /> <br /> <br /> <br />
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Z
<br /> Le vide suprême de Zhang Zaï, philosophe chinois (1020-1078)<br /> <br /> Le Vide suprême, c'est ce qui emplit le Ciel [...] et l'esprit. [ ...]<br /> Le Vide est la source du sens de l'humain. [...]<br /> A la racine du bon est la quiétude,<br /> à la racine de la quiétude est le Vide. [...]<br /> Le Ciel-Terre trouve sa vertu dans le Vide,<br /> le comble du bien étant le Vide.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Référence pour la place vide à la finale de foot<br /> <br /> http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=8907&forum=20<br /> <br /> <br />
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E
<br /> La place vide à la finale de foot !<br /> <br /> <br /> Final de foot<br /> Un homme est assis dans un stade de foot à la grande finale de la Ligue des Champions, où toutes les places sont sold-out !<br /> <br /> A côté de lui une place vide. Visiblement irrité, le gars assis de l'autre côté de la place vide lui demande à qui appartient la place vide, ou s'il le/la connaît, car c'est quand-même impossible<br /> et honteux de laisser une place libre un soir de finale !! Effectivement, l'homme lui répond que c'est la place de sa femme, qu'ils viennent ensemble au foot depuis qu'ils sont mariés, mais comme<br /> elle vient de décéder il n'y a pas si longtemps, eh bien...<br /> <br /> Le gars de l'autre côté s'excuse et lui présente ses condoléances.<br /> <br /> Puis il lui demande : " Et il n'y avait personne d'autre de la famille ou des amis proches qui auraient voulu sa place ?".<br /> <br /> L'homme répond : " Oh si, mais ils sont tous à l'enterrement !"<br /> <br /> <br />
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D
<br /> La place vide en Dieu chez Roublev<br /> <br /> Elle est représentée par la coupe au centre, qui contient l'homme, le Christ bien sûr, mais aussi toute l'humanité appelée à la filiation divine, et même toute la création promise à<br /> une transfiguration<br /> Pour l'homme, la place vide est celle de Dieu, de la transcendance, du mystère. Pour Dieu, en simplifiant, on peut dire, si on contemple la Trinité de Roublev, qu'elle est celle de l'Homme. Comme<br /> si l'homme était la révélation du Mystère de Dieu.<br /> <br /> <br />
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R
<br /> La Trinité de Roublev<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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