Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 08:50

http://farm6.static.flickr.com/5255/5497989380_3bbfe60448.jpg

 

La grotte de Cana


 

http://farm6.static.flickr.com/5255/5497989380_3bbfe60448.jpg

 

 

Le jour où le Christ fit sa révolution

 

Il comprit qu’il devait commencer par libérer l’homme du Dieu qui l’asservit

 

 

Le Christ était fatigué ;  sans cesse les malades le harcelaient pour obtenir leur guérison, d’autres se pressaient pour être témoins d’un miracle, d’autres encore voulaient simplement écouter sa parole. Et puis il y avait les pharisiens et les scribes qui cherchaient à le prendre en défaut, craignant qu’il ne jette le trouble au sein d’un peuple toujours insatisfait.

 

Le besoin de se reposer en dehors de la Palestine

  Jésus décide donc de prendre quelques jours de repos en dehors de la Palestine. C’était une époque où l’on marchait beaucoup. Il traverse la frontière, passe sans doute une nuit dans la grotte de Cana (à l’intérieur du Liban actuel) et se dirige avec ses disciples sur Tyr et sur Sidon (Saïda). Ce sont des endroits que j’ai souvent traversés au cours d’actions humanitaires au Liban.

 

Tout à coup, une femme, originaire de la région, interpelle le maître : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon ». Jésus, qui cherche à passer inaperçu, ne répond rien.

 

Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël

  Les disciples agacés par les cris de la femme supplient Jésus de faire quelque chose. Il ne veut pas et leur répond : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Témoin de la scène, la femme se prosterne et insiste pour que Jésus vienne à son secours. Sans doute ne peut-il pas comprendre les tourments qu’elle est obligée de supporter, jours et nuits, avec une fille à moitié folle.

 

Jésus pourtant ne s’intéresse pas à la fille ; il sait inconsciemment que tout vient de la mère. Il lui dit : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens ».

 

Le système des maîtres et des esclaves

  Puisque Jésus la provoque, la femme le provoque à son tour : « C’est vrai, dit-elle, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des maîtres ». Elle attire son attention sur le système à l’intérieur duquel il s’est enfermé. En ne voulant être que le serviteur du Dieu d’Israël, il divise le monde en deux parties : Israël où sont les maîtres et toutes les autres régions où sont les petits chiens. C’est une insulte à Dieu Lui-même : Il n’est pas vraiment Dieu pour tout le monde.

 

La révélation du vrai Dieu

  Jésus ressent la contradiction dans laquelle il se trouve et c’est la Cananéenne qui le renvoie au vrai Dieu. Instinctivement, il revient à la Révélation du Mont Sinaï (Ex. 3). Dieu s’est d’abord présenté sous la forme d’un buisson embrasé qui ne se consume pas : autrement dit il se sacrifie, c’est-à-dire il fait sa place à l’autre, sans se détruire. Il appartient à son être même d’être un libérateur pour quiconque. Puis il ajoute à Moïse : « Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ». Une telle affirmation pourtant ne saurait le définir comme Dieu. C’est pourquoi il précise : « Je suis celui qui est (ou « celui qui suis » ou encore « Je serai qui je serai »). Ce faisant il se présente comme l’horizon de toute vérité, celui sans qui il n’est pas de vérité possible.

 

Sans le vouloir Jésus a confondu Dieu avec la relation qu’il entretient avec Israël, et en a fait ainsi la propriété d’un seul peuple. Dieu est au-delà du Dieu d’Israël, même s’il s’est manifesté à ce peuple. La Cananéenne sollicitait, pour sa fille, une guérison de Jésus. Or c’est elle qui vient de le guérir, faisant ainsi le premier miracle et non le moindre : elle l’a libéré du Dieu qui asservit l’homme.

 

Du Dieu qui asservit au Dieu qui libère

  Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver en ce qui concerne Dieu. Il faut bien le reconnaître, le Dieu annoncé aux hommes est, très souvent, un Dieu qui asservit et il asservit d’autant plus qu’il est présenté comme le Dieu qui libère. Jésus lui-même a dû faire sa révolution sous la pression d’une femme. Il sait maintenant que sa vocation doit d’abord l’amener à libérer les hommes du Dieu qui les asservit pour laisser la place au vrai Dieu qui libère.

 

Pour le signifier, il s’adresse à la Cananéenne en lui disant : « O femme, grande est ta foi ! » Il se range lui-même dans l’axe de cette foi, qui refuse un Dieu faisant des hommes de petits chiens et des esclaves au service des maîtres. Aussi renforcée dans sa conviction, la femme comprend qu’elle a  elle-même asservi sa fille, comme le font les maîtres à l’égard des esclaves. Jésus la renvoie alors à son vrai désir : « Qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et aussitôt la fille est guérie parce que la mère s’est libérée d’un amour qui étouffait celle qu’elle croyait aimer.

 

Guérison de la fille d’une Cananéenne

 Mt 15:21-

En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.

Mt 15:22-

Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " Mt 15:23-

Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. "

Mt 15:24-

A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. "

Mt 15:25-

Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! "

Mt 15:26-

Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " –

Mt 15:27-

" Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! "

Mt 15:28-

Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie.

 

Etienne Duval

 

Télécharger le texte

Partager cet article

Repost 0
Published by Duval Etienne
commenter cet article

commentaires

Anubis 20/04/2011 15:17




Anubis à tête de chien sauvage






Duval Etienne 20/04/2011 15:08



Le chien qui invente la Parole parce qu’il sait affronter la mort


 


Les chiens finalement ont un rôle essentiel dans le récit de la Cananéenne comme dans l’histoire de Manawee. Ils sont des passeurs à  condition
d’affronter la mort de manière réelle ou symbolique, comme s’ils étaient en relation directe avec l’Autre qui reste silencieux. Ce sont des inventeurs de la Parole, ceux qui trouvent la Parole
comme ils trouvent le gibier, sans doute parce que la parole à trouver est au-delà de la mort. Il y aurait beaucoup à méditer là-dessus…



Danièle Petel 20/04/2011 14:50



Suite


Son pelage était ensanglanté et sa mâchoire lui faisait mal, mais il avait bien en tête les noms des jeunes femmes et il arriva radieux auprès de Manawee. Avec douceur, Manawee lava ses blessures. Le petit chien lui raconta toute l'histoire et lui donna les noms des deux jeunes femmes. Manawee se précipita au village des jeunes femmes, le petit chien fièrement posé sur son épaule, avec ses oreilles flottant au vent comme deux queues de cheval.


Lorsque Manawee arriva auprès du père des jeunes femmes et donna leurs noms, les jumelles le
reçurent habillées pour voyager avec lui ; elles l'attendaient depuis tout ce
temps. C'est ainsi que Manawee obtint deux des plus belles jeunes filles du pays de la rivière Et tous les quatre, les sœurs, Manawee et le
petit chien vécurent en paix très longtemps.


Femmes qui courent avec les loups, extrait
du chapitre 4. Clarissa Pinkola Estés


 



Danièle Petel 19/04/2011 22:45



Le petit chien de Manawee


Il était une fois un homme qui courtisait deux sœurs jumelles. Mais leur père déclara «Tu ne les
auras pas en mariage tant que tu seras incapable de deviner leur noms.» Manawee essaya encore et encore, mais il ne pouvait deviner les noms des sœurs. Et le père des jeunes femmes secouait la
tête renvoyait Manawee


Un jour Manawee vint faire une nouvelle tentative, accompagné de son petit chien .Le chien vit que l’une
des sœurs était plus jolie que l'autre et l'autre était plus douce.


Aucune ne possédait toutes les qualités mais le petit chien les aimait bien, car elles le gâtai et étaient gentilles avec lui.


Manawee échoua à deviner leurs noms ce jour là encore et il rentra chez lui, dépité. Mais le petit chien
retourna à la case des jeunes femmes. Il glissa une oreille par en dessous et entendit les sœurs qui, en gloussant, vantaient la beauté et la virilité de Manawee. Tout en parlant, elles s'appelaient par leur nom et le
petit chien les entendit. Il courut à toute vitesse le dire à son maître.


Mais en route, une bonne odeur lui parvint de la brousse. Un lion avait abandonné
près du sentier un os énorme encore tout plein de viande. Sans hésiter, le petit chien se mit à faire un festin, jusqu'à ce qu'il ne reste plus la
moindre parcelle de viande sur l'os. Soudain, il se rappela ce qu'il avait à faire, mais voilà qu'il avait oublié les noms des jeunes femmes.


Il revint donc auprès de la case des jumelles. Cette fois, la nuit était tombée.
Les jeunes femmes s'enduisaient les bras et les jambes d'huile et se préparaient comme pour quelque cérémonie. De nouveau, le petit chien les entendit s'appeler par leur nom. Il bondit de joie et
fila sur le chemin qui menait à la case de Manawee. Mais en route, une odeur de noix muscade fraîche vint à ses narines.


Le petit chien n'aimait rien autant que la noix muscade. Il quitta le sentier et
fila jusqu'à un tronc d'arbre sur lequel une jolie tarte aux kumquats fumait encore. La tarte fut bientôt finie. Le petit chien reprit le chemin de
chez lui avec une haleine parfumée à la noix muscade et un ventre bien rempli. Or, tandis qu'il essayait de se rappeler les noms des jeunes femmes, il s'aperçut qu'il les avait encore
oubliés.


Il se rua de nouveau vers la case des jumelles
et, cette fois, elles s'apprêtaient pour leurs
noces. «Oh non ! Pensa le petit chien, il n'y
a plus de temps à perdre ! » Et lorsque les
sœurs s'appelèrent par leur nom, le petit chien mit ces noms dans un
coin de sa tête et fila, bien résolu cette fois à ce que rien ne l'arrête avant qu'il ait pu donner à Manawee les
deux noms précieux.


Il aperçut bien sur le chemin du petit gibier
fraîchement tué, mais il l'ignora. Il crut
sentir fugitivement un fumet de noix muscade,
mais il l'ignora. Il courait droit vers son
maître. Il n'avait pas-prévu, néanmoins, qu'un
homme noir, un étranger, sortirait de la brousse, bondirait sur lui, le saisirait par la peau du cou et le secouerait à lui détacher la queue.


C'est pourtant ce qui se passa. L'étranger hurlait « Dis-moi les noms ! Dis-moi quels sont les noms des jeunes femmes, que je puisse les obtenir ! »


Le petit chien crut s'évanouir, tant la poigne qui
lui serrait le cou était ferme, mais il se battit vaillamment. Il
grogna, griffa, rua et finit par mordre l'étranger entre les doigts, avec des dents qui piquaient comme des guêpes. L'étranger poussa un mugissement de buffle d'eau, mais le petit chien ne lâcha pas prise et l'étranger s'enfuit dans les
broussailles, le petit chien pendu à sa main. Lâche-moi, petit chien, lâche-moi et je te lâcherai ! supplia
l'étranger tout noir. Entre ses dents, le petit chien gronda : Ne reviens jamais, ou tu ne verras plus la
lumière du jour ! Alors, l'étranger s'enfuit dans la brousse en gémissant et en serrant contre lui sa main
endolorie. Et mi-courant, mi-boitant, le petit chien reprit le chemin de chez lui.


Son pelage était ensanglanté et sa mâchoire lui
fai



Danièle Petel 19/04/2011 22:35



Effectivement Charles nous nous pourrions enfin nous passer du rôle des grandes tragédiennes
Grecques, pour nous engager dans une vie simple à rencontrer les autres comme vraiment humains et avoir un aperçu
de la nature de Dieu.


Dans le texte de la Cananéenne.


Les petits chiens sont les seuls à sentir, entendre, et à voir la double nature dans l’homme : maître - esclave.



  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.perso.cegetel.net/
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -