Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 08:50

http://farm6.static.flickr.com/5255/5497989380_3bbfe60448.jpg

 

La grotte de Cana


 

http://farm6.static.flickr.com/5255/5497989380_3bbfe60448.jpg

 

 

Le jour où le Christ fit sa révolution

 

Il comprit qu’il devait commencer par libérer l’homme du Dieu qui l’asservit

 

 

Le Christ était fatigué ;  sans cesse les malades le harcelaient pour obtenir leur guérison, d’autres se pressaient pour être témoins d’un miracle, d’autres encore voulaient simplement écouter sa parole. Et puis il y avait les pharisiens et les scribes qui cherchaient à le prendre en défaut, craignant qu’il ne jette le trouble au sein d’un peuple toujours insatisfait.

 

Le besoin de se reposer en dehors de la Palestine

  Jésus décide donc de prendre quelques jours de repos en dehors de la Palestine. C’était une époque où l’on marchait beaucoup. Il traverse la frontière, passe sans doute une nuit dans la grotte de Cana (à l’intérieur du Liban actuel) et se dirige avec ses disciples sur Tyr et sur Sidon (Saïda). Ce sont des endroits que j’ai souvent traversés au cours d’actions humanitaires au Liban.

 

Tout à coup, une femme, originaire de la région, interpelle le maître : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon ». Jésus, qui cherche à passer inaperçu, ne répond rien.

 

Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël

  Les disciples agacés par les cris de la femme supplient Jésus de faire quelque chose. Il ne veut pas et leur répond : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Témoin de la scène, la femme se prosterne et insiste pour que Jésus vienne à son secours. Sans doute ne peut-il pas comprendre les tourments qu’elle est obligée de supporter, jours et nuits, avec une fille à moitié folle.

 

Jésus pourtant ne s’intéresse pas à la fille ; il sait inconsciemment que tout vient de la mère. Il lui dit : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens ».

 

Le système des maîtres et des esclaves

  Puisque Jésus la provoque, la femme le provoque à son tour : « C’est vrai, dit-elle, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des maîtres ». Elle attire son attention sur le système à l’intérieur duquel il s’est enfermé. En ne voulant être que le serviteur du Dieu d’Israël, il divise le monde en deux parties : Israël où sont les maîtres et toutes les autres régions où sont les petits chiens. C’est une insulte à Dieu Lui-même : Il n’est pas vraiment Dieu pour tout le monde.

 

La révélation du vrai Dieu

  Jésus ressent la contradiction dans laquelle il se trouve et c’est la Cananéenne qui le renvoie au vrai Dieu. Instinctivement, il revient à la Révélation du Mont Sinaï (Ex. 3). Dieu s’est d’abord présenté sous la forme d’un buisson embrasé qui ne se consume pas : autrement dit il se sacrifie, c’est-à-dire il fait sa place à l’autre, sans se détruire. Il appartient à son être même d’être un libérateur pour quiconque. Puis il ajoute à Moïse : « Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ». Une telle affirmation pourtant ne saurait le définir comme Dieu. C’est pourquoi il précise : « Je suis celui qui est (ou « celui qui suis » ou encore « Je serai qui je serai »). Ce faisant il se présente comme l’horizon de toute vérité, celui sans qui il n’est pas de vérité possible.

 

Sans le vouloir Jésus a confondu Dieu avec la relation qu’il entretient avec Israël, et en a fait ainsi la propriété d’un seul peuple. Dieu est au-delà du Dieu d’Israël, même s’il s’est manifesté à ce peuple. La Cananéenne sollicitait, pour sa fille, une guérison de Jésus. Or c’est elle qui vient de le guérir, faisant ainsi le premier miracle et non le moindre : elle l’a libéré du Dieu qui asservit l’homme.

 

Du Dieu qui asservit au Dieu qui libère

  Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver en ce qui concerne Dieu. Il faut bien le reconnaître, le Dieu annoncé aux hommes est, très souvent, un Dieu qui asservit et il asservit d’autant plus qu’il est présenté comme le Dieu qui libère. Jésus lui-même a dû faire sa révolution sous la pression d’une femme. Il sait maintenant que sa vocation doit d’abord l’amener à libérer les hommes du Dieu qui les asservit pour laisser la place au vrai Dieu qui libère.

 

Pour le signifier, il s’adresse à la Cananéenne en lui disant : « O femme, grande est ta foi ! » Il se range lui-même dans l’axe de cette foi, qui refuse un Dieu faisant des hommes de petits chiens et des esclaves au service des maîtres. Aussi renforcée dans sa conviction, la femme comprend qu’elle a  elle-même asservi sa fille, comme le font les maîtres à l’égard des esclaves. Jésus la renvoie alors à son vrai désir : « Qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et aussitôt la fille est guérie parce que la mère s’est libérée d’un amour qui étouffait celle qu’elle croyait aimer.

 

Guérison de la fille d’une Cananéenne

 Mt 15:21-

En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.

Mt 15:22-

Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " Mt 15:23-

Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. "

Mt 15:24-

A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. "

Mt 15:25-

Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! "

Mt 15:26-

Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " –

Mt 15:27-

" Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! "

Mt 15:28-

Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie.

 

Etienne Duval

 

Télécharger le texte

Partager cet article

Repost0

commentaires

A
<br /> <br /> <br /> Anubis à tête de chien sauvage<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Le chien qui invente la Parole parce qu’il sait affronter la mort<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les chiens finalement ont un rôle essentiel dans le récit de la Cananéenne comme dans l’histoire de Manawee. Ils sont des passeurs à  condition<br /> d’affronter la mort de manière réelle ou symbolique, comme s’ils étaient en relation directe avec l’Autre qui reste silencieux. Ce sont des inventeurs de la Parole, ceux qui trouvent la Parole<br /> comme ils trouvent le gibier, sans doute parce que la parole à trouver est au-delà de la mort. Il y aurait beaucoup à méditer là-dessus…<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Son pelage était ensanglanté et sa mâchoire lui faisait mal, mais il avait bien en tête les noms des jeunes femmes et il arriva radieux auprès de Manawee. Avec douceur, Manawee lava ses blessures. Le petit chien lui raconta toute l'histoire et lui donna les noms des deux jeunes femmes. Manawee se précipita au village des jeunes femmes, le petit chien fièrement posé sur son épaule, avec ses oreilles flottant au vent comme deux queues de cheval.<br /> <br /> <br /> Lorsque Manawee arriva auprès du père des jeunes femmes et donna leurs noms, les jumelles le<br /> reçurent habillées pour voyager avec lui ; elles l'attendaient depuis tout ce<br /> temps. C'est ainsi que Manawee obtint deux des plus belles jeunes filles du pays de la rivière Et tous les quatre, les sœurs, Manawee et le<br /> petit chien vécurent en paix très longtemps.<br /> <br /> <br /> Femmes qui courent avec les loups, extrait<br /> du chapitre 4. Clarissa Pinkola Estés<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Le petit chien de Manawee<br /> <br /> <br /> Il était une fois un homme qui courtisait deux sœurs jumelles. Mais leur père déclara «Tu ne les<br /> auras pas en mariage tant que tu seras incapable de deviner leur noms.» Manawee essaya encore et encore, mais il ne pouvait deviner les noms des sœurs. Et le père des jeunes femmes secouait la<br /> tête renvoyait Manawee<br /> <br /> <br /> Un jour Manawee vint faire une nouvelle tentative, accompagné de son petit chien .Le chien vit que l’une<br /> des sœurs était plus jolie que l'autre et l'autre était plus douce.<br /> <br /> <br /> Aucune ne possédait toutes les qualités mais le petit chien les aimait bien, car elles le gâtai et étaient gentilles avec lui.<br /> <br /> <br /> Manawee échoua à deviner leurs noms ce jour là encore et il rentra chez lui, dépité. Mais le petit chien<br /> retourna à la case des jeunes femmes. Il glissa une oreille par en dessous et entendit les sœurs qui, en gloussant, vantaient la beauté et la virilité de Manawee. Tout en parlant, elles s'appelaient par leur nom et le<br /> petit chien les entendit. Il courut à toute vitesse le dire à son maître.<br /> <br /> <br /> Mais en route, une bonne odeur lui parvint de la brousse. Un lion avait abandonné<br /> près du sentier un os énorme encore tout plein de viande. Sans hésiter, le petit chien se mit à faire un festin, jusqu'à ce qu'il ne reste plus la<br /> moindre parcelle de viande sur l'os. Soudain, il se rappela ce qu'il avait à faire, mais voilà qu'il avait oublié les noms des jeunes femmes.<br /> <br /> <br /> Il revint donc auprès de la case des jumelles. Cette fois, la nuit était tombée.<br /> Les jeunes femmes s'enduisaient les bras et les jambes d'huile et se préparaient comme pour quelque cérémonie. De nouveau, le petit chien les entendit s'appeler par leur nom. Il bondit de joie et<br /> fila sur le chemin qui menait à la case de Manawee. Mais en route, une odeur de noix muscade fraîche vint à ses narines.<br /> <br /> <br /> Le petit chien n'aimait rien autant que la noix muscade. Il quitta le sentier et<br /> fila jusqu'à un tronc d'arbre sur lequel une jolie tarte aux kumquats fumait encore. La tarte fut bientôt finie. Le petit chien reprit le chemin de<br /> chez lui avec une haleine parfumée à la noix muscade et un ventre bien rempli. Or, tandis qu'il essayait de se rappeler les noms des jeunes femmes, il s'aperçut qu'il les avait encore<br /> oubliés.<br /> <br /> <br /> Il se rua de nouveau vers la case des jumelles<br /> et, cette fois, elles s'apprêtaient pour leurs<br /> noces. «Oh non ! Pensa le petit chien, il n'y<br /> a plus de temps à perdre ! » Et lorsque les<br /> sœurs s'appelèrent par leur nom, le petit chien mit ces noms dans un<br /> coin de sa tête et fila, bien résolu cette fois à ce que rien ne l'arrête avant qu'il ait pu donner à Manawee les<br /> deux noms précieux.<br /> <br /> <br /> Il aperçut bien sur le chemin du petit gibier<br /> fraîchement tué, mais il l'ignora. Il crut<br /> sentir fugitivement un fumet de noix muscade,<br /> mais il l'ignora. Il courait droit vers son<br /> maître. Il n'avait pas-prévu, néanmoins, qu'un<br /> homme noir, un étranger, sortirait de la brousse, bondirait sur lui, le saisirait par la peau du cou et le secouerait à lui détacher la queue.<br /> <br /> <br /> C'est pourtant ce qui se passa. L'étranger hurlait « Dis-moi les noms ! Dis-moi quels sont les noms des jeunes femmes, que je puisse les obtenir ! »<br /> <br /> <br /> Le petit chien crut s'évanouir, tant la poigne qui<br /> lui serrait le cou était ferme, mais il se battit vaillamment. Il<br /> grogna, griffa, rua et finit par mordre l'étranger entre les doigts, avec des dents qui piquaient comme des guêpes. L'étranger poussa un mugissement de buffle d'eau, mais le petit chien ne lâcha pas prise et l'étranger s'enfuit dans les<br /> broussailles, le petit chien pendu à sa main. Lâche-moi, petit chien, lâche-moi et je te lâcherai ! supplia<br /> l'étranger tout noir. Entre ses dents, le petit chien gronda : Ne reviens jamais, ou tu ne verras plus la<br /> lumière du jour ! Alors, l'étranger s'enfuit dans la brousse en gémissant et en serrant contre lui sa main<br /> endolorie. Et mi-courant, mi-boitant, le petit chien reprit le chemin de chez lui.<br /> <br /> <br /> Son pelage était ensanglanté et sa mâchoire lui<br /> fai<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Effectivement Charles nous nous pourrions enfin nous passer du rôle des grandes tragédiennes<br /> Grecques, pour nous engager dans une vie simple à rencontrer les autres comme vraiment humains et avoir un aperçu<br /> de la nature de Dieu.<br /> <br /> <br /> Dans le texte de la Cananéenne.<br /> <br /> <br /> Les petits chiens sont les seuls à sentir, entendre, et à voir la double nature dans l’homme : maître - esclave.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> <br /> Les petits chiens, qui restent compagnons de l’indignité<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> http://img22.xooimage.com/files/6/6/2/mauvais-riche-et-...re-lazare-4c1980.jpg<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> J’apprécie bien ce mot dignité. C’est bien sur cette valeur que tout semble s’être joué dans l’épisode de la Cananéenne. Elle ne pouvait être assimilée à un chien<br /> et Jésus l’a bien compris puisqu’il en a reçu la leçon. A la limite, elle était prête à recevoir les miettes du chien si ces miettes pouvaient l’aider, comme tu dis, à sauver sa dignité de femme<br /> et de mère.<br /> <br /> <br /> A samedi ! Nous aurons beaucoup à discuter au café philosophique : le mythe d’Œdipe m’est apparu beaucoup plus complexe que ce que j’en avais perçu<br /> jusqu’ici.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> Il y a aussi Souha Bechara "la femme qui chante", cette libanaise de 21 ans qui dans les années 1985 a passé 10 ans de détention dont 6 en cellule d'isolement dans la<br /> prison de Khiam de l'Armée du Liban-Sud (ALS) pour laquelle Wajdi Mouawad écrira pour le théâtre en 2003 Incendies, une tragédie<br /> oedipienne reprise dans un film magnifique qui se passe à la fois au Canada et au Liban, avec Nawal la mère, pour la paix mais prise dans l'engrenage de "la société des frères" et de leur lutte<br /> fratricide: "Nous n'aimions pas la guerre ni la violence, nous avons fait la guerre et avons été violents. A présent, il nous reste encore notre possible dignité. Nous avons échoué en tout, nous<br /> pourrions peut-être sauver encore cela : la dignité", ces petites miettes comme tout simplement donner la vie ; née de l'amour.<br /> <br /> <br /> A samedi, Charles<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Je pense que parler de quelqu’un de malmené par un démon, cela signifiait que la personne était contrariée par un souffle mauvais (pour elle) ou plus simplement<br /> qu’elle était bloquée par une relation dont elle ne connaissait pas l’origine. Ici, dans l’Évangile, il s’agissait manifestement de la relation possessive de la mère et Jésus semble l’avoir<br /> compris. En bon psychologue il savait que si la mère retrouvait le juste chemin de son désir, elle allait par contrecoup libérer sa fille.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Les Belles Captives, ensorcelées par leur mère<br /> <br /> <br /> Où sont-ils passés ces esprits impurs de jadis, ces ex-sorcières que l'on brûlait sur le bûcher, c’est belles captives, malmenées par un<br /> démon ou quelques maléfices tissés par la parole d‘une trop bonne mère qui gémissait doucement, sur le mauvais sort de leur commune<br /> féminité<br /> <br /> <br /> Suivant les époques traversées, cette pathologie (l’hystérie) est passée par des théories très différentes, de l'utérus baladeur, de la supercherie, de la possession, de la suffocation, de<br /> la frustration sexuelle, du dysfonctionnement du système nerveux, de simulation, d'une dissociation, d'une névrose.<br /> <br /> <br /> C’est grâce, ces femmes merveilleuses, la Anna O, les Dora aux visages tristes, à ces paroles de souffrances, que les pères de la psychanalyse ont découvert un mode entièrement nouveau<br /> l’inconscient.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Jésus guérisseur<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Du Jésus officiel au vrai Jésus<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis très content parce que tu es allée de l’interprétation au texte lui-même. Et finalement tu as pu faire ta propre interprétation. Même s’il se trouve qu’elle<br /> n’est pas différente de la mienne, tu as fait jouer au texte le rôle de tiers et je pense que c’est très important.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Personnellement je trouve que ce texte est fondamental. Il nous montre un Christ révolutionnaire au sens où il est transgresseur par rapport au milieu religieux de<br /> son époque. Par rapport à ce milieu le plus intransigeant, il prenait la figure d’un athée, de celui qui commence par démolir la statue du Dieu officiel pour se confronter à Celui qu’il considère<br /> comme le vrai Dieu. Et ce qui est plus surprenant encore, c’est que ce soit une femme, une païenne de surcroît, qui l’ait engagé dans sa transgression salvatrice.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’idée de possession par des esprits impurs court dans tout l’Évangile. Ce n’est pas si loin de la psychanalyse, car il y a en effet des individus rendus malades<br /> parce qu’ils ont établi ou subi un lien qui les empêche d’être eux-mêmes ou les rend étrangers à eux-mêmes. Et cela concerne de nombreux malades mentaux. Je suis très attentif à la manière dont<br /> Jésus les aborde. Ici il est passé par la mère qui a elle-même délié sa fille. Même s’il n’était pas psychanalyste au sens rigoureux du terme, il était un très bon thérapeute.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De l’interprétation au texte<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bonsoir Etienne,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - 15 jours de déplacements ne m’ont pas laissé le répit de lire ce  texte avant, ni de prendre connaissance des réactions.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce texte m’a enthousiasmée. Ou plutôt l’interprétation d’Etienne m'a  enthousiasmée : quelle modernité ! - C’est extraordinaire cette série de<br /> retournements et de prises de  consciences alternées ! Une histoire dialectique qui irait bien dans  une pièce de Brecht. Jésus qui est un Dieu-homme se met en<br /> question et modifie son point de  vue, ça surprend ! (Après tout les dieux grecs faisaient toutes sortes  de bêtises)… Mais du fils de l’Unique qui fait partie<br /> de l’unique je ne m’y attendais pas.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Seulement je suis là confrontée en direct à l’interprétation  d’Etienne. Et c’est ça qui me séduit. Si je lisais le texte original est-ce<br /> que  je comprendrais ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis  allée sur internet qui m'a donné l’évangile selon Saint Marc.  L’histoire tient en peu de lignes que voilà :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Car une femme, dont la fille était possédée d'un esprit impur,  entendit parler de lui, et vint se jeter à ses<br /> pieds.<br /> <br /> <br /> 26 Cette femme était grecque, syro-phénicienne d'origine. Elle le pria de chasser le  démon hors de sa fille. Jésus lui dit :<br /> <br /> <br /> 27 Laisse d'abord les enfants se rassasier ; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.<br /> <br /> <br />  28 Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des  enfants.<br /> <br /> <br /> 29 Alors il lui dit : à cause de cette parole, va, le démon  est sorti de ta fille.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Cette version ne m’inspire pas d’interprétation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Celle que tu as choisie est beaucoup plus riche et percutante :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   - " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent  des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres<br /> ! "<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Là je comprends le sens et je suis d’accord avec l’interprétation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -  Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il <br /> <br /> <br /> t'advienne selon ton désir !  Et de ce moment sa fille fut guérie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Là aussi je suis d'accord. Même si le commentaire m’a fait sourire : « Jésus pourtant ne s’intéresse pas à la fille ; il sait inconsciemment que tout vient de la<br /> mère ». (Je vois qu’il a étudié la  psychologie du XXème siècle, teintée de psychanalyse, Jésus).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Accessoirement (et hors du sujet), il me semblait que la croyance dans les esprits impurs qui s’emparaient des être humains faisaient partie des<br /> traditions païennes condamnées par l’Église ?  (En même  temps il y a eu des curés exorciseurs jusqu’au XIX ème siècle ?)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Amicalement,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Monique Douillet<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Une païenne qui renvoie le Christ à sa propre identité<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il est étonnant de voir comment le Christ est renvoyé à sa propre identité par une païenne. C’est elle qui, par un jeu de miroir, le met sur le chemin du vrai Dieu,<br /> au-delà d’Israël. Même si elle est païenne, elle porte en elle l’image de Dieu, qui la constitue comme sujet, et cette image est, en fait, le miroir dans lequel le Christ va pouvoir se<br /> reconnaître. Dans une optique de foi, cela pourrait signifier que même l’agnostique et l’athée peuvent êtres des chemins vers le vrai Dieu car ils ont, plus que d’autres, la perception des idoles<br /> qu’ils rejettent et que tout croyant doit rejeter. On peut même dire que, depuis l’épisode de la Cananéenne, ils sont devenus des passages obligés pour cheminer vers la vérité de l’homme et de<br /> Dieu.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
V
<br /> <br /> La Tyr ancienne<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Le Liban, une terre sacrée<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je sais Mohamed que tu connais bien le Liban et surtout cette région que Jésus a parcourue, puisque c’est le lieu même de ta naissance juste à côté de Tyr. C’est<br /> aussi là que l’on trouve les premiers chrétiens ; les pêcheurs avec lesquels nous sommes partis sur la mer étaient héritiers d’une longue lignée de croyants, dont les plus anciens avaient<br /> connu le Christ vivant. Par contre le Cana de l’eau changée en vin n’est pas le Cana du Liban mais celui d’Israël selon les exégètes les plus orthodoxes.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je pense comme toi que cette terre du Sud Liban est une terre sacrée, car c’est là apparemment que Jésus a pris conscience de sa mission universelle. Bien plus<br /> c’est une femme de cette contrée qui l’a mis sur le chemin de la vérité, se reconnaissant plus proche de Dieu qu’il ne l’imaginait dans le miroir que lui a tendu une femme que l’on disait<br /> païenne. Et elle-même a appris dans le miroir de Jésus que sa foi était grande avant même qu’elle n’en prenne conscience, et c’est cette foi même qui a ouvert le chemin de la<br /> liberté  à sa fille, prisonnière de l’amour d’une mère trop possessive.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est avec plaisir que je reviendrai sur le jeu de miroirs qui a transformé la vie de trois êtres dans le sens d’une plus grande liberté.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Le passage de l’erreur à la vérité<br /> <br /> <br /> Il y a des terres qui se prêtent assez bien aux révélations divines, des terres de rêves d'argile de pins et de lumiére, une terre de pèlerins perpétuels qui<br /> "épuisent le vertige insensé des étoiles qui raniment les nuits ou conversaient les Dieux" tel le Liban.<br /> <br /> <br /> Les hommes et femmes palestiniens ramènent de Nazareth le secret du jasmin et le vent printanier de la ville de Tyr et quelques grenades de la ville de Cana,<br /> village de thym et de martyrs.<br /> <br /> <br /> Cette terre témoin de bonheur de colère et de gloire mais aussi de la rage du destin, est-ce un hasard que notre Christ l'ait choisie pour y réaliser son premier<br /> miracle en transformant l'eau en vin.<br /> <br /> <br /> Si les anges ont pour fonction d'annoncer les bonnes nouvelles, tu as bien raison Etienne Jésus a pour devoir de commencer par libérer l'homme de Dieu qui<br /> l'asservit.<br /> <br /> <br /> La femme Cananéene lance un appel à l'Autre. Pour elle le rapport à la vérité suppose au minimum que quelque chose puisse être partiellement vraie pour elle et<br /> quelques autres personnes.<br /> <br /> <br /> Le christ prisonnier de sa conviction d'une vision ou dogme refuse de guérir l'enfant qui n'est pas une enfant d'Israël.<br /> <br /> <br /> Je croie qu'Il est sous l'emprise d'une  prétendue vérité, une vérité qu'il serait seul à percevoir et à dire, et  qui est pour moi la définition même de<br /> l'erreur.<br /> <br /> <br /> Je pense que tu es là Etienne sur une très bonne intuition, je serai ravi de continuer à y réfléchir avec toi encore.<br /> <br /> <br /> Mohamed<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> C’est bien Danièle de nous renvoyer à l’image de Dieu, présente en chaque homme. C’est bien pour cela que le Dieu de Jésus ne peut être uniquement le Dieu d’Israël.<br /> Il est ce Dieu universel dont chacun porte l’image. En prenant parti pour lui, le Christ exprime non seulement sa fidélité à Dieu mais aussi sa fidélité à l’homme et en particulier à la<br /> Cananéenne et à sa fille.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> La parabole du fils "prodigue"<br /> <br /> <br /> Il me plait à croire que cette parabole illustre bien la personne de Jésus (mort et résurrection<br /> amour du père, mauvaises fréquentations du fils). Mais une parabole peut être un message aussi subversif que numineux.<br /> <br /> <br /> Autre parabole :<br /> <br /> <br /> Rendez donc à César ce qui est à César<br /> <br /> <br /> Parabole sur laquelle nous pouvons broder indéfiniment, à ceci prés que là nous avons des références historiques : César,<br /> les Pharisiens, les Hérodiens.<br /> <br /> <br /> Comme chacun sait, la domination romaine s'impose à<br /> la Palestine dés 37 av. J.-C. Puis, en 6 ap. J-C, le pays devient officiellement une province romaine, la Judée. De 26 à 36, le représentant de Rome est Ponce Pilate. Tous les habitants de la<br /> province de Judée payent un tribut, symbole de la soumission à Rome « le denier à l’effigie de César ».<br /> <br /> <br /> Après avoir exercé des activités politiques et religieuses, 100 av. J.-C, les Pharisiens sont exclut<br /> du plus haut tribunal et du conseil juif.Les Pharisiens se centrent sur l'obéissance de la Loi écrite ou Torah, auraient<br /> ils oublié que Dieu créa l'homme à son<br /> image, si l’effigie de César se trouve sur les pièces de métal, où se trouve l’effigie de Dieu<br /> ? si ce n’est dans l’homme.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Les Hérodiens secte, parti politique collecteurs d’impôts ou<br /> milice à la solde de la dynastie fondée par Hérode? En effet, le roi en place à la naissance de Jésus se nomme Hérode il<br /> est juif, et doit  son pouvoir uniquement aux Romains. On prêtant même qu’il se prenait pour le Messie,<br /> il fit brûler les archives où l'on conservait les mémoires généalogiques de la maison de David. Sa cruauté et son<br /> impopularité ont laissé des traces dans l’Evangile selon Matthieu.<br /> <br /> <br /> Pharisiens – Hérodiens. Quel curieux attelage a t’on envoyé à l’homme Jésus ce jour là.<br /> <br /> <br /> Méchants, hypocrites, c’est peut dire.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Enjeux sous-jacents à l’article<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je remarque que cet article entraîne peu de réactions. C’est pourquoi je voudrais révéler les enjeux importants qui sont sous-jacents, enjeux qui ne concernent pas<br /> simplement les croyants mais aussi tout homme en recherche de vérité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le Dieu qui n’est pas le Dieu de tous les hommes est un Dieu qui asservit<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est le problème qui s’est posé à la Cananéenne. Le Dieu qui serait uniquement le Dieu d’Israël structurerait la société en maîtres et en esclaves, les maîtres<br /> étant en Israël et les esclaves dans toutes les autres régions comme celle de Tyr et de Sidon. La notion même de Dieu implique qu’il soit le Dieu de tous les hommes. Sinon il ne peut être qu’un<br /> faux dieu construit par les hommes eux-mêmes et ne peut que tromper ceux qui lui sont assujettis.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Du Dieu qui asservit au Dieu qui libère<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Comme le révèle l’épisode du Buisson ardent, Dieu est par définition un Être qui libère, c’est-à-dire un Être qui fait sa place à l’autre. La liberté et la<br /> libération appartiennent à la notion du Dieu qui est censé se révéler à Moïse et ce Dieu est universel. Il se révèle comme Celui qui est, c’est-à-dire Celui qui est l’auteur de sa propre<br /> existence et, par voie de conséquence, l’auteur de toute existence.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le passage par la transgression<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Si je suis soumis au Dieu qui asservit, c’est-à-dire à un Dieu construit par les hommes pour garantir leur pouvoir et asseoir leur toute-puissance, je ne puis<br /> passer au Dieu qui libère que par la transgression. Un tel passage va engendrer de la culpabilité car la société et le pouvoir qui la gouverne vont tout faire pour que le Dieu qui asservit passe<br /> pour le vrai Dieu. Dans un tel cas, la transgression se manifeste alors comme un acte de désobéissance.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est par fidélité à Dieu et à l’homme que Jésus devient transgresseur<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’épisode de la cananéenne nous suggère comment Jésus devient transgresseur par rapport à un pouvoir religieux, qui tend à s’approprier Dieu. Lorsqu’un pouvoir,<br /> quel qu’il soit, cherche à s’approprier Dieu, il construit un faux Dieu qui va asservir les hommes. Si Jésus devient transgresseur, ce n’est pas d’abord par hostilité à ce pouvoir, mais c’est par<br /> une double fidélité au vrai Dieu et à l’homme, représenté par la cananéenne elle-même. Ce faisant, il nous montre le chemin et nous invite à être vigilants et à devenir nous-mêmes des<br /> transgresseurs.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce qu’on appelle la faute originelle est peut-être la transgression qui fait l’homme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Notre réflexion sur la transgression nous renvoie à l’interprétation de ce qu’on a appelé la faute originelle. Et si cette transgression de la faute, considérée<br /> comme un acte de désobéissance et de toute-puissance, n’était en fait que le passage d’un Dieu à l’Autre, passage par une liberté qui autorise l’avènement de l’homme ? Simple question que<br /> l’on ne peut esquiver par fidélité à la vérité. Si la réponse à la question est positive, cela pourrait signifier que l’idée de la faute originelle est une pure construction des partisans du Dieu<br /> qui asservit. Personnellement je ne me prononce pas car je sais que la question est complexe.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> L'article se retrouve aussi sur le site : Mythes et pensée<br /> <br /> <br /> http://etienneduval.perso.neuf.fr/<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
W
<br /> <br /> L'article est repris par wikio : http://www.over-blog.com/profil/blogueur-1082857.html<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Partout existent parmi nous une fureur et une haine infernale contre Jésus-Christ. C’est donc elle qui a fait s’étendre sur nous l’anathème ! Ah ! mon<br /> Sauveur, la France n’est plus aujourd’hui qu’un vaste Calvaire qui, comme le premier, retentit d’invectives et de blasphèmes contre vous. Comme sur le premier, ô mon Sauveur et mon Dieu,<br /> pardonnez, pardonnez à vos blasphémateurs ».<br /> <br /> <br /> Les excès de la campagne antireligieuse eurent l’effet contraire à celui recherché. La France renoua avec Jésus à la fin du Consulat grâce à Chateaubriand dont le<br /> Génie du Christianisme présentait le fils de Marie sous des traits aimables et comme le «  meilleur ami du genre humain » : «  Voici que le fils d’un charpentier, dans un<br /> petit coin de la Judée, est un modèle de douleurs et de misère ; il est flétri publiquement par un supplice ; il choisit ses disciples dans les rangs les moins élevés de la<br /> société ; il ne prêche que sacrifices, que renoncement aux pompes du monde, au plaisir, au pouvoir ; il préfère l’esclave au maître, le pauvre au riche, le lépreux à l’homme sain ;<br /> tout ce qui pleure, tout ce qui a des plaies, tout ce qui est abandonné du monde fait ses délices…Il établit des relations nouvelles entre les hommes, un droit nouveau des gens, une nouvelle foi<br /> publique ; il élève ainsi sa divinité, triomphe de la religion des Césars, s’assied sur leur trône et parvient à subjuguer la terre. Non, quand la voix du monde entier s’éleverait contre<br /> Jésus-Christ, quand toutes les lumières de la philosophie se réuniraient contre ses dogmes, jamais on ne nous persuadera qu’une religion fondée sur une pareille base soit une religion humaine.<br /> Celui qui a pu faire adorer une croix, celui qui a offert pour objet de culte aux hommes l’humanité souffrante, la vertu persécutée, celui-là, nous le jurons, ne saurait être qu’un Dieu.<br /> Jésus-Christ apparaît au milieu des hommes plein de grâce et de vérité ; l’autorité et la douceur de sa parole entraînent. Il vient pour être le plus malheureux des mortels, et tous ses<br /> prodiges sont pour les misérables. «  Ses miracles, dit Bossuet, tiennent plus de la bonté que de la puissance ». Pour inculquer ses préceptes, il choisit l’apologue ou la parabole, qui<br /> se grave aisément dans l’esprit des peuples. C’est en marchant dans les campagnes qu’il donne ses leçons. En voyant les fleurs d’un champ, il exhorte ses disciples à espérer dans la Providence,<br /> qui supporte les faibles plantes et nourrit les petits oiseaux ; en apercevant les fruits de la terre, il instruit à juger de l’homme par ses œuvres.. Ceux qui observent ses préceptes et<br /> ceux qui les méprisent sont comparés à deux hommes qui bâtissent deux maisons, l’une sur le roc, l’autre sur un sable mouvant…Il n’y a point de philosophes de l’Antiquité à qui l’on n’ait<br /> reproché quelques vices ; les patriarches même ont eu des faiblesses ; le Christ seul est sans taches ».<br /> <br /> <br /> Chateaubriand voulait restaurer le catholicisme le plus rigide. Mais, en donnant du Christ un visage aimable et populaire, il préparait la voie à la révolution<br /> renanienne, celle qui soulignerait la dimension humaine et uniquement humaine d’un modeste rabbin galiléen….<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Quand Jésus était révolutionnaire ou chouan…<br /> <br /> <br /> Marianne, le 22/12/2004 à 17 h 27 par Patrick Girard<br /> <br /> <br /> <br /> En 1789, de nombreux révolutionnaires ont vu dans le Christ le premier des sans-culottes de<br /> l’Histoire. A l’inverses, pour les monarchistes, l’exécution de Louis XVI fut une nouvelle Passion que la France devait expier.<br /> <br /> <br /> Il faut toujours lire Balzac pour bien comprendre certaines passions françaises. Dans ses Employés, il met en scène un curieux personnage, Desroys, qui « <br /> s’occupait de la réhabilitation de Robespierre, considéré comme le continuateur de Jésus-Christ ». L’homme avait sans doute lu et relu l’Histoire des Montagnards d’Esquiros, un des<br /> classiques de l’époque, selon lequel «  la Révolution française est sortie de l’Evangile ; que dis-je ? C’est l’Evangile lui-même incarné dans un fait ».<br /> <br /> <br /> Pourtant, à la veille de la convocation des Etats Généraux, Jésus semblait s’être installé aux pieds du trône et de l’autel et passait pour un solide garant de<br /> l’ordre établi. Dans son mandement pour l’année 1789, l’archevêque de Bordeaux, aristocrate et fier de l’être, pouvait exhorter «  le troupeau chéri de Jésus » à ne pas s’abandonner à «<br /> de sinistres conseils. Ne cherchez pas à renverser totalement des différences sur lesquelles repose l’ordre de la société ».<br /> <br /> <br /> Le haut clergé pouvait dire et faire ce qu’il voulait, l’humble piétaille des curés de campagne était souvent plus proche des délégués du tiers état et ses cahiers<br /> de doléances le montrèrent aisément. Dès la transformation des Etats généraux en Assemblée constituante, l’on vit des prêtres siéger aux côtés des Girondins et des Feuillants. Parmi eux, l’abbé<br /> Grégoire, futur évêque constitutionnel de Blois, défenseur des Noirs et des Juifs, pour lequel «  telle est l’admirable constitution du christianisme, qu’elle s’adapte à toutes les<br /> institutions politiques ». On vit donc la formation d’un clergé patriote et éclairé, vantant les mérites d’un Jésus ami des pauvres et adepte de la Déclaration des Droits de l’Homme. La<br /> liturgie tenta de se mettre au goût du jour. Ainsi, l’office des décadis de l’An II contenait cet Ave : «  Je vous salue, sans-culottides, nom révéré, que la fin de l’année doit<br /> présenter tour à tour à notre culte. Vertu, Génie, Travail, Opinion, Récompense, je vous salue ; vous réunissez tout ce que le monde moral peut offrir de beau, de sublime, d’utile ».<br /> C’est dans les cercles proches des disciples d’Hébert, le pittoresque directeur du très vindicatif Père Duchesne, que se recrutèrent les adeptes d’un Jésus jacobin et sans-culotte. Hébert<br /> n’hésitait pas à réécrire les Evangiles en faisant dire au Christ : «  J’ai toujours prêché la liberté et l’égalité ; je n’ai cessé de défendre les pauvres contre les riches ;<br /> j’étais de mon temps le Jacobin le plus engagé de Judée ».<br /> <br /> <br /> Ce portrait d’un Jésus ami du peuple, victime des aristocrates et défenseur attitré de la Montagne, on le retrouve aussi chez les adhérents du Cercle social, un<br /> groupe mystico-révolutionnaire qui faisait de la France une nouvelle Palestine où s’établirait le règne de l’Evangile. Ainsi, Lamourette, dans ses Prônes civiques ou Le Pasteur patriote,<br /> écrivait : «  La France était appelée à être le berceau de la liberté du genre humain et à devenir, par là, le centre du ralliement de tous les peuples à l’Evangile…Dieu vient donc de<br /> déposer dans nos foyers l’étincelle qui doit embraser toute la terre du feu de la charité évangélique, et le salut sortira de notre patrie pour se communiquer à tout le genre<br /> humain ».<br /> <br /> <br /> Le déclenchement de la campagne antireligieuse mit un terme à ces tentatives. Jésus dut céder la place à l’Etre suprême, et le culte des saints à celui des martyrs<br /> de la liberté. Plus que dans le monde biblique, ce fut dans l’Antiquité gréco-romaine que la Révolution alla chercher ses héros, même si une brochure compara Marat à Jésus, «  tombé lui<br /> aussi sous les coups du fanatisme, en travaillant de toutes ses forces à opérer le salut du genre humain ».<br /> <br /> <br /> A l’inverse, la thématique chrétienne fut rapidement récupérée par les partisans de la monarchie. En Vendée, on se souleva au nom du Christ-Roi pour défendre la<br /> foi, le souverain et le seigneur local. Et l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, fut considérée comme une répétition de la Passion du Christ. En montant sur l’échafaud, Louis Capet<br /> imitait le Christ parcourant son chemin de croix et s’offrant en victime pour sauver l’humanité. Ce fut le thème de bien des libelles et des brochures circulant alors clandestinement, comme ce<br /> Parallèle des Juifs qui ont crucifié Jésus Christ, leur Messie, et des Français qui ont guillotiné Louis XVI, ou de cette Mort et passion de Louis XVI, roi des Juifs et des Français. Un thème<br /> repris et amplifié par les théoriciens de la contre-révolution et du nouvel absolutisme, en particulier Joseph de Maistre et Louis de Bonald.<br /> <br /> <br /> Dans ses Considérations sur la France, le premier soutenait l’idée que la Révolution était un châtiment voulu par Dieu pour punir un pays indigne de sa vocation<br /> chrétienne. La Providence divine s’exerça à travers le régicide, Dieu offrant son oint pour racheter les fautes de ses enfants. S’appuyant sur «  le dogme universel de la réversibilité des<br /> douleurs de l’innocence au profit des coupables », de Maistre en concluait à la nécessité théologique de la Restauration, puisque «  tous les monstres que la Révolution a enfantés n’ont<br /> travaillé que pour la Royauté ». Quant à Bonald, il résumait sa pensée de ce mot : «  Ce que je vois de plus clair dans tout ceci est l’Apocalypse ».<br /> <br /> <br /> Un texte antirévolutionnaire anonyme, l’Amende honorable à Jésus, proclamait : «  O Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Dieu, la colère de votre Père<br /> s’est déchaînée contre nous ; sa fureur nous a enveloppés , sa main vengeresse frappe à grands coups ; la verge de sa justice nous a couverts de plaies, et des plaies les plus<br /> douloureuses et les plus profondes ! Partout existent parmi nous une fureur et<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Réveiller le monde (Mylène Farmer)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Fragile abîme<br /> Pâle horizon<br /> Son Être se fige<br /> C'est l'abandon<br /> Les eaux qui souffrent en nous<br /> Sont dérision<br /> Devant le souffle démon<br /> De la soumission<br /> <br /> Mettre en danger<br /> Tous nos secrets<br /> Ouvrir les portes<br /> Diminuer l'obscurité<br /> Si ce n'est vain<br /> Pourquoi demain<br /> <br /> [Refrain]<br /> Réveiller le monde<br /> Rêver d'un autre "été"<br /> Être doit répondre<br /> Réveiller l'humanité<br /> Révolus les mondes<br /> Sans une révolution<br /> J'appelle au grand nombre<br /> Le droit d'aimer<br /> <br /> C'est le tumulte, je sais<br /> Je n'y vois plus<br /> Que des anges aux pieds<br /> Qui saignent<br /> Aux coeurs cousus<br /> <br /> Je suis un nom<br /> Sommes légion...<br /> Et de lumière<br /> Sur les pavés<br /> Coule le ré<br /> De rébellion<br /> De nos prières<br /> <br /> [Refrain] x3<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> L’idéologie de l’homme parfait<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je veux bien te suivre, mais dis-moi, d’après le texte, pourquoi  le Christ s’extasie devant la foi de cette Cananéenne ? Il paraît évident<br /> qu’il a pris progressivement conscience de sa mission universelle et cet Évangile me semble être un moment clef de cette évolution. C’est, en tout cas, ce que semblent penser les chrétiens<br /> libanais. Pour moi le Christ est un homme comme nous et comme nous il est soumis à la règle du temps. Le considérer en être parfait, dès le départ, comme le veut une certaine idéologie des<br /> premières communautés chrétiennes est, pour moi, une offense à la vérité qui désincarne la personne de Jésus.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> L’art du dialogue<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> "Le Christ ft sa révolution", c'est bien gentil, mais c'est en opposition totale à sa façon de dialoguer dans les Evangiles. Jésus questionne les personnes qui<br /> l'abordent ou qu'il aborde pour éprouver leur confiance et les mettre en face de leur vérité. Lire, par exemple, le dialogue avec la Samaritaine. Si Jésus répond: "Je ne suis venu que pour les<br /> brebis perdues de la maison d'Israël", c'est d'une part parce que la Cananéenne l'interpelle en le qualifiant de "fils de David", et d'autre part et par voie de conséquence pour précisément lui<br /> faire réaliser qu'il n'est pas venu sulement pour Israël. D'autant plus que les enfants d'Israël risquent de mettre le "pain" en miettes et le (re)jeter (voir la controverse avec les Pharisiens à<br /> propos des pratiques de pureté alimentaire dans la passage précédent). De nombreux passages dans les Evangiles montrent que Jésus ne s'est jamais montré comme enfermé dans le rôle exclusif de<br /> serviteur du Dieu d'Israël, comme la parabole du Bon Samaritain, le dialogue avec la Samaritaine...<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
H
<br /> <br /> Je suis tout à fait d'accord.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Un grand merci à Olivier Schmidt-Chevalier, qui signale, dans son blog de blogs http://blogoliviersc.org/, ce nouvel article, comme il le fait régulièrement depuis très longtemps.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Ce sont des Libanais qui m’ont fait connaître ce texte. Ils y sont très attachés non seulement les chrétiens mais aussi des musulmans chiites  et<br /> peut-être sunnites. Tous les Libanais,  me semble-t-il, sont très proches de la personne du Christ, qu’ils considèrent comme un des leurs.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Merci, Etienne de ta christologie : elle me plaît bien, montrant  Jésus découvrant peu à peu l'ampleur de sa mission... Ce genre de textes en<br /> témoigne mieux que ceux qui sont "montés en mythe" comme la  tentation ou la transfiguration, pourtant très significatifs eux  aussi, mais dans leur ordre<br /> propre...<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Moi qui pensais que le texte était parfaitement clair ! Dans les religions, les idoles sont partout. Lorsque je dis idoles, je pense à des représentations de<br /> Dieu qui sont de pures projections de l’homme et qui viennent conforter certains intérêts des sociétés. Au bout d’un certain temps, me semble-t-il, le premier travail du Christ a été de faire<br /> disparaître de telles idoles. Que de fois il a lutté contre la sacralisation du sabbat, comme s’il s’agissait d’une institution divine.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br /> Désolée mais, malgré certains efforts, ton texte reste incompréhensible pour moi ... Je lirai les commentaires ( brefs ) !<br /> <br /> <br /> Pour marquer le carème , je médite un peu même si je ne suis guère croyante et pratiquante . Ces dates nous structurent, je pense que nous devons conserver ces<br /> repères .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Un bel acte de foi !<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> *Il se range lui-même dans l’axe de cette foi, qui refuse un Dieu faisant des hommes de petits chiens et des esclaves au service des maîtres. C'est toi, mon Dieu.<br /> c'est toi que j'aime.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> denis jeanson<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> En effet, ce qui fait l’universalité divine, c’est que chaque être humain compte pour Dieu.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br /> Je fais suite à ton blog "Révolution du X." Ns ns trouvons donc devant un double enseignement: celui de l'étroitesse de la vue humaine et celui de l'universalité<br /> divine (Dieu considère tout être humain). Amicalement.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles RÉCents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -