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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 15:54

http://fabrice.blanc.cc/ballades/notre_dame/images/lurcat.jpg

 

Tapisserie de Lurçat dans l'église du Plateau d'Assy

 

 

Le grand opéra de la création ou la genèse du monde

 

A force de décrypter, de décortiquer, nous sommes devenus incapables de saisir sous sa globalité le processus dans lequel nous sommes engagés. La création a ses péripéties multiples, ses hésitations et ses drames, mais elle est aussi une fête grandiose. Et le mot le plus adapté pourrait être celui de « grand opéra » qui exprimerait, à sa manière, la gestation du monde, avec un chef d’orchestre mystérieux, que nous hésitons à nommer mais dont nous sommes obligés de reconnaître les immenses talents d’un parfait musicien. Ici la musique se présente comme la matrice de la parole et la parole n’a de véritable justification que si elle conduit à un amour créateur.

 

Au commencement était le souffle créateur

Tout commence par un grand souffle. « Le souffle d’Élohim planait sur la face des eaux », comme le traduit André Chouraqui, au début de la Genèse, dans la bible hébraïque. Et le Nouveau Testament donne la réplique avec le récit de la Pentecôte : « Et c’est tout d’un coup un bruit du ciel, comme la venue d’un souffle violent ; il remplit toute la maison où siègent les apôtres » (André Chouraqui). De leur côté, les différentes cultures ont leur mot singulier avec une sonorité particulière pour exprimer la nature du souffle vital, qu’il soit divin ou humain : ruah en hébreu, er-ruh en arabe coranique, pneuma en grec, prana en sanscrit,  shi en chinois, k’i en japonais, spiritus en latin et esprit en français. Et, depuis les temps les plus anciens, le berger souligne, à sa manière, la naissance de l’amour, en soufflant dans un morceau de sureau qu’il a percé de petits trous.

 

Tout se met à vibrer

Le grand souffle des origines produit une immense vibration. Les savants parlent du big bang. Et aujourd’hui encore la matière résonne de cette vibration des origines,  qui chante et oscille non seulement au niveau de l’atome et du cosmos, mais aussi au niveau de la cellule. A tous les niveaux, la vibration est présente comme une énergie d’information à tel point que le nom et prénom tracent une voie, non complètement écrite, il est vrai, pour le devenir des humains. Ils fonctionnent intérieurement comme un mantra qui peut transformer, en profondeur, les individus.

 

Associé aux vibrations, le nombre donne naissance à la musique

Après l’immense vibration, le nombre intervient comme le grand ordonnateur. Dans Le Timée, Platon écrit : « Lorsque le Tout eut commencé de s’ordonner, tout au début, le feu, l’eau, la terre  et l’air avaient bien quelque trace de leur forme propre, mais, pour l’ensemble, ils demeuraient évidemment dans l’état où il est naturel que soit toute chose d’où le Dieu est absent. Et c’est alors que tous ces genres ainsi constitués ont reçu de lui leurs figures, par l’action des Idées et des Nombres. Car, autant qu’il se pouvait, de ces genres qui n’étaient point ainsi disposés, le Dieu a fait un ensemble, le plus beau et le meilleur. Prenons donc partout et toujours cette proposition-là comme base ». Il devient dès lors possible de représenter la structuration de l’Univers par une approche mathématique. Mais bien avant Platon, Pythagore avait montré que la musique est un acte mathématique. On dit que, « dans une forge, il écoute résonner une enclume par des marteaux de masses différentes. Il comprend que les différences de l’enclume répondent à une loi mathématique. Il établit ainsi la gamme musicale qui repose principalement sur les quatre intervalles consonants (unisson, octave, quinte, quarte). Il montre par exemple qu’à partir d’un do, une corde deux fois plus courte permettrait d’entendre un do élevé d’une octave, une corde trois fois plus courte donnerait un sol… ».

 

La musique engendre la danse, première forme d’écriture

La musique s’imprime dans le corps et le corps peut exprimer, à sa façon, le rythme et les variations qui la constituent, sous la forme de la danse. On pourrait dire que la danse est la mise en musique du corps lui-même. L’homme commence ainsi à écrire avec tout son corps : élaborant le mouvement, il dessine des figures plus ou moins complexes qui traduisent le son  et ses multiples expressions en formes et en figures. Progressivement, à partir du souffle et des vibrations originelles, le monde et l’homme lui-même se construisent, passant d’un niveau à un autre. Pour le moment il est donc en train d’inventer l’écriture.

 

L’écriture est à l’origine du langage et des langues

L’écriture précède la parole, dont elle est la mère, en suscitant intérieurement la pensée, sorte d’écriture intérieure, qui se charge de sens, sous l’impulsion des images qui s’organisent en symboles. Et puis elle invente un langage universel, comme fut inventé récemment le langage informatique, pour que l’homme puisse communiquer aux autres ses propres pensées. Sans doute ce que nous disons en peu de mots a-t-il pris des siècles entiers pour se mettre en place comme si la nature avait tout son temps. Mais le langage ne saurait suffire pour se faire comprendre. L’informaticien est obligé de passer par des programmes ; de la même façon, les hommes inventent de multiples langues, selon leur milieu d’origine, pour communiquer entre eux. Si le langage est unique, les langues se diversifient en se multipliant. Babel essaie bien de confondre le langage et la langue pour unifier l’humanité, mais il sombre alors dans la confusion, c’est-à-dire dans la folie. Comprenant qu’ils s’engagent ainsi sur une mauvaise voie, les hommes se résignent à passer du langage à la langue.

 

Chacun peut parler dans sa langue et la parole est d’abord un chant d’amour

L’élan de la vie, prenant pour véhicule la musique et l’écriture, aboutit à la parole, mais la parole est d’abord un chant. Chant de guerre parfois mais surtout chant d’amour car la violence est là pour opérer les séparations nécessaires à la concorde des hommes. Ainsi le chant de guerre est-il peut-être, paradoxalement, un appel au chant d’amour. C’est ce que soulignent les grands chants qui sont à la base des cultures : l’Iliade et l’Odyssée pour la culture grecque, la chanson de Roland pour la culture française…

 

 Pour Saint François, qui fait passer de la violence à l’amour, en prenant le chemin du détachement,  le chant n’est plus qu’un chant d’amour. « Le chant des créatures », dans lequel il s’exprime tout entier, se présente non seulement comme une des pièces maîtresses du grand opéra de la création mais aussi, plus humblement, comme l’acte inaugural de la littérature italienne. Nous le donnons dans sa version originale pour laisser s’exprimer la musique intérieure qui le soutient.

 

Le cantique des créatures de Saint-François


Altissimu, onnipotente bon Signore,
Tue so' le laude, la gloria e l'honore et onne benedictione.

Ad Te solo, Altissimo, se konfano,
et nullu homo ène dignu te mentovare.

 

Ad Te solo, Altissimo, se konfano,
et nullu homo ène dignu te mentovare.

 

Laudato sie, mi' Signore cum tucte le Tue creature,
spetialmente messor lo frate Sole,
lo qual è iorno, et allumini noi per lui.
Et ellu è bellu e radiante cum grande splendore:
de Te, Altissimo, porta significatione.

 

Laudato si', mi Signore, per sora Luna e le stelle:
in celu l'ài formate clarite et pretiose et belle.

 
Laudato si', mi' Signore, per frate Vento

et per aere et nubilo et sereno et onne tempo,
per lo quale, a le Tue creature dài sustentamento.

 
Laudato si', mi Signore, per sor'Acqua.

la quale è multo utile et humile et pretiosa et casta.


Laudato si', mi Signore, per frate Focu,
per lo quale ennallumini la nocte:
ed ello è bello et iocundo et robustoso et forte.


Laudato si', mi Signore, per sora nostra matre Terra,
la quale ne sustenta et governa,
et produce diversi fructi con coloriti fior et herba.


Laudato si', mi Signore, per quelli che perdonano per lo Tuo amore
et sostengono infrmitate et tribulatione.

 Beati quelli ke 'l sosterranno in pace,


Laudato s' mi Signore, per sora nostra Morte corporale,
da la quale nullu homo vivente pò skappare:
guai a quelli ke morrano ne le peccata mortali;
beati quelli ke trovarà ne le Tue sanctissime voluntati,
ka la morte secunda no 'l farrà male.

 
Laudate et benedicete mi Signore et rengratiate

e serviateli cum grande humilitate.

 
Traduction

Etienne Duval

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commentaires

D
La version overblog vient d'être changée. J'espère que cela n'entraînera pas trop de perturbations et que chacun finira par s'y habituer. Pour le moment, je ne sais pas comment introduire une image dans un commentaire. Si quelqu'un connaît la méthode pour y arriver, je serais heureux qu'il me la communique.
Répondre
F
A propos du grand opéra de la création ou la genèse du monde<br /> <br /> Quelques remarques au fil des paragraphes<br /> <br /> Premier paragraphe<br /> <br /> Pour Etienne Duval : musique  parole  amour créateur.<br /> On pourrait voir normalement la création : origine inconnue et inaccessible = l’amour créateur  Dieu… d’où sort la parole = le Verbe (biblique).<br /> <br /> La musique, alors, qui apparaît comme :<br /> <br /> • le signe de l’amour créateur et (au-delà et en-deçà) de la parole<br /> • la réponse des humains à l’amour créateur inconnu mais désiré et postulé.<br /> • La postulation entre les humains que la parole que nous pratiquons est insuffisante<br /> <br /> La musique est/serait alors :<br /> <br /> - la trace de l’amour premier créateur<br /> - le signe d’une absence immédiate<br /> - l’appel à la présence inconnue<br /> - le lieu et le lien des humains en désir<br /> <br /> <br /> Deuxième paragraphe<br /> <br /> Le souffle vital<br /> <br /> Ce que dit E. D. <br /> Montre la parenté des mots concernés avec la dominante des consonnes gutturales et fricatives = qui permettent l’audition la plus forte du souffle.<br /> <br /> NB. L’allusion au berger et à sa flûte me paraît décalée ici = avec lui, on est dans l’expression d’un sentiment humain à travers un instrument technique.<br /> <br /> Troisième paragraphe<br /> <br /> La notion de vibration paraît essentielle, certes.<br /> <br /> Mais, tout le paragraphe galopant fait des sauts gigantesques – infinis – entre :<br /> <br /> • le souffle (supposé) des origines<br /> • la vibration de la lumière<br /> • la vibration de la vie<br /> • la vibration de la voix des géniteurs à travers le prénom…<br /> <br /> NB. L’hypothèse actuelle du big bang n’en est qu’une entre plusieurs et met en jeu la notion d’expansion de l’univers…<br /> <br /> Quatrième paragraphe<br /> <br /> Le monde structuré par le nombre <br /> cf. la philosophie platonicienne (mais aussi aristotélicienne : l’esprit nombre donne forme et ordre)<br /> et déjà Pythagore : musique et nombre, l’harmonie des sphères.<br /> <br /> Mais aussi les maths et la physique occidentale depuis les XVIIè, XVIIIè, XIXè, XXè et XXIè siècle<br /> <br /> Retour au lien entre musique et nombre :<br /> Soit, en occident = Rameau<br /> <br /> Mais question sur les autres musiques : <br /> Sont-elles structurées autrement ?<br /> <br /> Genre « naïve » (béotienne, relative…)<br /> Et perfide (ouverture politique !)<br /> La musique occidentale serait-elle la seule à s’inscrire dans l’ordre du monde ?<br /> (voir même ce qui concerne le « nombre d’or »)<br /> <br /> Cinquième paragraphe<br /> <br /> « La musique engendre la danse, première forme d’écriture », dit E.D.<br /> <br /> Tout ce paragraphe est séduisant et me renvoie à une présentation d’un livre (récent) de Pascal Tuignard à lire, sûrement !<br /> <br /> Mais alors quelques remarques :<br /> <br /> - Pour moi, le corps vivant est déjà musique et danse par tout ce qui est rythme (peut-être plus encore (sensible senti par la femme…) et pulsations<br /> - Bien entendu le corps qui marche, qui trace un chemin, qui danse et invente un parcours … ouvre le tracé de l’écriture.<br /> La musique elle-même accompagne historiquement, semble-t-il les premières scansions poétiques, les premières danses sacrées.<br /> - Le corps vivant, en pulsations, en mouvements, en souffle, en voix criée ou chantée, n’appellerait-il pas lui-même la musique ?<br /> <br /> Sixième paragraphe<br /> <br /> TRÈS CONFUS  j’y perds le fil…<br /> <br /> <br /> Quelques remarques amorcées :<br /> <br /> 1. Historiquement, il est faux de dire que l’écriture précède la parole en suscitant la pensée…<br /> <br /> Peuples sans écriture /peuples avec écriture :<br /> Ils parlaient<br /> Pensaient<br /> Créaient déjà<br /> <br /> 2. Dans l’histoire du développement individuel, l’enfant<br /> <br /> - grandit dans le corps d’une femme<br /> - entend sa voix qui parle à d’autres dans une langue définie (ou plusieurs)<br /> - perçoit des voix humaines, de bruits humains<br /> <br /> <br /> - naît dans un contexte de parole = échange humain<br /> dans langages variés : gestes mimiques + spectacles<br /> d’une langue dominante pour lui<br /> <br /> <br /> - acquiert progressivement<br /> le mouvement, le déplacement<br /> la compréhension des signes non verbaux, préverbaux<br /> l’usage répétitif de ces signes, puis inventifs<br /> jusqu’à dessiner, écrire, etc.<br /> <br /> 3. Grosse contestation sur « l’invention des langues »<br /> <br /> - Il n’y a pas grand-chose de commun entre<br /> L’élaboration des langues vernaculaires à travers l’histoire des peuples<br /> Même de pensées par les réformateurs, linguistes, etc. (ex. Ronsard et du Bellay au 16è siècle)<br /> Et la fabrication délibérée d’un code : (ex. codes secrets, télégraphe, code informatique ? langage<br /> - L’une des différences majeures, sinon la plus déterminante<br /> • dans un code signifié et signifiant se superposent exactement<br /> • dans tout autre langage humain, il y a du jeu, de la polyvalence, de l’ambiguïté, ce qui permet des interprétations, émergence d’un sens inépuisable – et qui est la chance des humains libres. C’est dans cette épaisseur que jouent images, symboles, archétypes peut-être et que se négocient les rapports entre individus et sociétés et entre les individus eux-mêmes<br /> - Effectivement, la variété des langues donne à l’humanité les chances d’approfondir langages et parole en in-formant la pensée elle-même.<br /> <br /> (cf. Livre de Hagège sur l’intérêt pour l’humanité de ne pas laisser l’anglais (basique en plus !) confisquer la recherche scientifique – sauf à mutiler la pensée elle-même !)<br /> Une langue unique n’unirait pas des humains pensants et libres et créateurs, mais colmaterait des clones, objets inertes !<br /> <br /> Septième paragraphe<br /> <br /> L’élan de vie, dans le corps, passe entre les hommes par <br /> - le déplacement/ la stature<br /> - le geste<br /> - la voix criée<br /> • parlée<br /> • chantée<br /> - le regard<br /> comme autant de langages, expressions d’une parole proprement humaine<br /> • adressée dans l’immédiat local, temporel pi différée dans le temps où l’espace<br /> • médiée par les techniques<br /> • sublimée à travers les arts avec appui et obstacle - de la matière (ex.sculpture/peinture) – des instruments (ex.musique, tous les arts…)<br /> <br /> L’écriture trouve sa place :<br /> - support technique/transmission codifiée<br /> - expression artistique = création matérielle, mentale, spirituelle<br /> - élaboration réflexive entre pensée et écriture : la relation est double et circulante (car même l’abandon à l’écriture automatique, censée éliminer la pensée, est encore une quête de connaissance)<br /> - expression à l’intérieur d’une relation interpersonnelle, différée et médiée, elle permet de surmonter la double violence du silence et du geste.<br /> <br /> Paragraphe 7 et 8<br /> <br /> Il est bien évident que les grandes œuvres collectives ou personnelles - de l’humanité, quand elles sont traces écrites, transmises, écoutées ou lues, ou contemplées, récapitulent un cheminement du désordre à l’ordre (même s’il est brisé), de la violence subie, donnée, submergeante à tout coup, à une forme d’amour, sortie du solipsisme, entrée dans le besoin et la reconnaissance de l’Altérité.
D
Pour moi, le huit représente la révélation de la totalité, et c'est le 9 qui représenterait le sujet. Nous ne sommes pas très loin dans nos interprétations. Bonne journée !
S
En mathématique le symbole de la perfection , de l'infini est représenté par un 8 couché.<br /> Le Nombre 8 est figure l'éternité immuable : Il représente la totalité et la cohérence de la création en mouvement. <br /> Il est aussi le symbole de l'incarnation dans la matière qui devient elle-même créatrice et autonome.<br /> En Chine, le 8 exprime la totalité de l'univers. <br /> Selon les Égyptiens le huit et le nombre de l'équilibre et de l'ordre cosmique. <br /> Les pythagoriciens ont fait du nombre 8 le symbole de l'amour, de l'amitié, de la prudence et de la réflexion.<br /> Il représente aussi le point d'arrêt de la manifestation Divine. « C'est le nombre du repos, après le 7e jour de la création » quelle étrange l'idée ? Pour des raisons de nostalgie à nous de jouer les enfants : <br /> Pour ce faire il nous faut un ruban de papier, de la colle, des ciseaux, un stylo noir. Colorier ce ruban d’un fond blanc de motifs noirs et de l'autre coté de ce même ruban, colorier sur fond noir des motifs Blancs. Coller les deux bouts comme si on voulait faire un cercle avec un dedans et un dehors, mais Attention ! avant de les coller, nous devons effectuer une demi-torsion. Et vous voyez les enfants nous n’avons plus de dedans plus de dehors mais le beau «uit » des oiseaux…<br /> Danièle Pétel
D
Merci pour cette belle chanson !
T
hijo de la luna (fils de la lune)
D
Nous rejoignons avec le Pérek Chirah l’intuition du « Grand opéra de la création », avec l’idée que tous êtres de ce monde, en étant ce qu’ils doivent être, révèlent ensemble dans un immense concert fait d’harmonie, Celui qui les fait exister. Comme l’exprime Heidegger, avec l’idée du Dasein, la vocation de l’homme serait d’être lui-même pour révéler, avec tous les vivants, ce qui sous-tend les êtres, ou plus largement ce qu’il n’est pas. Ici le croyant et l’incroyant se complèteraient, le premier renvoyant à une révélation de l’Être et le second à une révélation de la Vacuité du monde.
L
Lorsque David eut achevé le livre des Psaumes, il fut envahi par une vague de bonheur pour ce qu’il avait accompli. Il dit à l’Éternel : « Existe-t-il au monde un être créé qui entonne des chants et des louanges supérieurs aux miens? » Au même moment vint à passer une grenouille, qui l’interpella : « David, ne t’enfle pas d’orgueil, car je chante des cantiques et des louanges qui surpassent les tiens ! Béni soit le nom de la gloire de Son royaume à tout jamais! » En effet, le monde entier n’est qu’un sublime choeur d’où s’élève une immense symphonie. Nos sages nous décrivent les hymnes que chaque créature chante à son Créateur. Depuis le majestueux soleil à la plus petite fourmi, du gazouillement de l’oiseau au rugissement du lion, il n’est pas de créature qui ne consacre de louanges à Dieu. La terre déclare qu’elle-même et que tout ce qu’elle contient Lui appartiennent. Les étoiles proclament que c’est Dieu seul qui crée les armées célestes...<br /> Est-ce que véritablement les animaux composent des chants comme les hommes ? Ce concept dépasse notre entendement. Le plus merveilleux chant que puissent chanter les créatures, c’est d’être elles-mêmes, c’est à dire exercer leur rôle dans le cycle de la création, en contribuant au maintien de l’ordre du monde. Quand tous les éléments de la création s’unissent harmonieusement, cela même constitue les plus impressionnantes louanges pour la magnificence de l’oeuvre divine.<br /> Et même si le chant des créatures doit se cantonner à louer l’ordre de la nature, il reflète d’une manière éclatante la puissance divine autant que les événements miraculeux et les phénomènes surnaturels de la création.<br /> <br /> Ces chants ont été rassemblés par le roi David et son fils, le roi Salomon dans un recueil nommé le ‘Pérek Chirah’. On notera que ce recueil date de plus de mille huit cents ans avant notre ère, et qu’il est antérieur à la Michna. En fait le Pérek Chirah est partagé en six sections et compte au total 84 paragraphes dans lesquels sont rapportés tour à tour les versets que les créatures de Dieu disent chaque jour pour lui envoyer leurs louanges. Le rav Zoundel Louria compare la personne récitant le Pérek Chirah à un chef d'orchestre qui associe 84 instruments de musique différents, transformant ainsi le tout en une symphonie universelle!<br /> <br /> Paroles de nos sages sur le Pérek Chirah<br /> <br /> Rabbi Yéoudah Hanassi dit : « Tout celui qui se consacre au Pérek Chirah dans ce monde, qui mérite de l’étudier de l’enseigner, de le garder et de l’appliquer, son étude restera dans sa main. Il sera sauvé du mauvais penchant, des mauvaises rencontres, de la douleur du corps dans la tombe, du jugement de l’enfer, des souffrances de l’époque du messie, et il prolongera ses jours. Il méritera de vivre à l’époque messianique et d’acquérir le monde futur.<br /> <br /> Rabbi Eliézer dit : « Tout celui qui récite le Pérek Chirah dans ce monde, méritera de le dire dans le monde futur. Ainsi qu’il est écrit : « Alors Moïse se mit à chanter ainsi que les enfants d’Israël... » (Exode 15,1), et non pas « Moïse chante » car il chantera aussi dans le futur.<br /> <br /> Rabbi Eliézer le Grand, dit : Celui qui se consacre au Pérek Chirah chaque jour, (Moi Dieu) Je lui promets qu’il verra le monde futur, qu’il sera sauvé des mauvaises rencontres, du mauvais penchant, du mauvais jugement, du Satan, de toutes sortes de calamités. Ton coeur et ton âme comprendront mes voies, tu seras aux portes de mon palais et de ma Torah, et tu garderas mes commandements et mes décrets. Ma Torah sera dans ton coeur, et devant tes yeux ma crainte. Tu préserveras ta bouche et ta langue de toutes fautes et je t’accompagnerais dans tous les endroits où tu te rendras et je t’enseignerais la sagesse et l’intelligence de chaque chose ; afin que l’on sache que tout ce qu’a créé le Saint béni Soit–Il, Il l’a fait pour Sa gloire, comme il est dit tout ce qui est appelé en mon Nom et en ma gloire, je l’ai créé, je l’ai formé et je l’ai fais.<br /> <br /> La tradition transmise autour du Pérek Chirah raconte qu'il faut dire durant quarante jours consécutifs et demander chaque fois, à la fin de la lecture ce dont nous avons besoin. Et après quarante jours, si la personne mérite, elle devrait voir son souhait se réaliser… Or après avoir été exaucés, les gens ont l'habitude de diffuser dans la presse religieuse l'annonce suivante: &quot;J'ai dit Pérek Chirah pendant quarante jours et j'ai été comblé!&quot; C'est là une ségoulah pour la réussite en tout et pour la prospérité. Il a été prouvé que celui qui le récite chaque jour et particulièrement le matin, verra toutes ses demandes exaucées. Le Pérek Chirah aide notamment pour la guérison, la subsistance, l’enfantement ainsi que pour tous les problèmes de la vie.
U
Hier, 28 avril 2013, les chorales « Santé en chœur » et « Le Chœur de Montessuy », animées toutes les deux magistralement par Gérard Thouy, dans l’église Saint Romain de Cuire-Caluire, pleine à craquer, nous ont convié à un moment de paradis. Comme si le grand opéra de la création avait trouvé ici le moyen de concrétiser sa présence.
D
Merci pour ces pensées profondes. Pour moi, la constitution du sujet, c'est-à-dire être soi-même, devient une exigence politique, face à la dictature du on développée par la mondialisation progressive. C'est désormais une condition de survie de l'humanité tout entière.
P
La dictature du on<br /> &quot;C'est ainsi, sans attirer l'attention, que le on étend imperceptiblement la dictature qui porte sa marque. Nous nous réjouissons et nous nous amusons comme on se réjouit ; nous lisons, voyons et jugeons en matière de littérature et d'art comme on voit et juge ; mais nous nous retirons aussi de la grande masse comme on s'en retire ; nous trouvons révoltant ce que l'on trouve révoltant (...) Tout ce qui est original est terni du jour au lendemain comme archi-connu.Tout ce qui a été enlevé de haute lutte passe dans n'importe quelle main. Tout secret perd sa force. (....) Chacun est l'autre, aucun n'est lui-même.&quot;<br /> <br /> (Martin Heidegger, Être et Temps, 1927)
P
L'esprit libre<br /> &quot;Par chance je suis dépourvu de toute ambition politique ou sociale, en sorte que je n'ai à craindre aucun danger de ce côté-là, rien qui me retienne, rien qui me force à des transactions et à des ménagements ; bref j'ai le droit de dire tout haut ce que je pense, et je veux une bonne fois tenter l'épreuve qui fera voir jusqu'à quel point nos semblables, si fiers de leur liberté de pensée, supportent de libres pensées.&quot;<br /> <br /> (Friedrich Nietzsche, lettre à Malwida von Meysenbug, 25 octobre 1874)
L
De la peinture à la musique !
M
Les pans de verre musicaux sont l'oeuvre du musicien Xénakis, collaborateur de Le Corbusier
R
Ronchamp, comme le cri d'un oiseau qui va s'envoler
M
Remarquer l'unité entre l'architecture du cloître et la musique.
L
Etonnant ! Uranus, la voix de la terre...
Q
Qu'est-ce que l'opéra ? Appuyez et vous trouverez !
H
Appuyez sur Histoire de l'opéra et vous aurez ce que vous cherchez
N
De la même façon appuyer sur Nicolas poussin pour avoir Orphée et Eurydice !
N
Mieux encore, il suffit d'appuyer sur Nathalie Dessay, pour avoir l'air de la reine de la nuit de la flûte enchantée.
D
Bravo! Pamina
E
De rien c'est un plaisir de vous aider!
E
Autre essai : appuyer sur mon nom pour avoir &quot;Orphée et Eurydice&quot; de Nicolas poussin.<br /> Merci Elise !
E
Exactement! Ca fonctionne, Bon blog a tous!
E
J'ai compris. Il suffit d'appuyer sur mon nom pour avoir un passage de &quot;La flûte enchantée&quot; par Nathalie Dessay.
E
Une fois que vous avez trouvez une page web qui vous interresse, vous faite un &quot;copier coller&quot; de l'adresse http du site web en question puis sur votre blog vous rentrez comme d'habitude votre nom prenom puis adresse mail et dans le 3eme encadré nommé &quot;site web&quot; vous coller le lien. Il faut juste le suprimer lors de votre prochain commentaire pour ne pas le republier et signaler a vos blogeurs de cliquer sur votre nom lors d'une publication d'image.
D
Oui ça marche. Maintenant, il faut que je sache comment vous avez opéré...
E
En cliquant sur mon nom vous pourrez voir l'image que j'ai jointe.
E
Je ne sais pas ce que cela donnera c'est un essai pour que vous puissiez vous échanger des images. Désolée si ca ne marche pas et bonjour a vous tous. La fille de Danièle.
E
Il ne reste plus qu'à faire entendre &quot;La flûte enchantée&quot; mais je ne sais pas faire...
D
C'est simple comme bonjour ! Essai<br /> Une nuit de pleine lune, le jeune Lulu fils de roi, s’est égaré près de la demeure de la fée Perefine. La dite fée remet à Lulu en grand secret une flûte qui dit on fait des merveilles ainsi qu’une bague magique. Notre Héros à pour mission en jouant de la flûte de délivrer et la fille et le mari de Perefine,<br /> En effet sa fille Sidi et son époux Sabalem, envoûtés par le terrible magicien Delsengbrun. C’est alors que Lulu se transforme en vieillard, grâce à la bague, et sa flûte charme jusqu'aux animaux de la forêt. Delsengbrun, piégé, s'enfuit sous la forme d'un hibou; Sidi et son père sont délivrés et les adolescents qui s'aiment, bien évidemment sont unis…<br /> Une Flûte qui fait tant de merveilles n’a certainement pas dit son dernier mot. Car voilà ce conte est à la genèse, il se déploie dans toute sa singularité dans Opéra &quot;La Flûte enchantée&quot;, œuvre chérie de Mozart.<br /> Chacun peut reconnaître une transposition des personnages :<br /> De la fée Perefine en Reine de la Nuit.<br /> Du magicien Delsengbrun, en grand prêtre Sarastro.<br /> La jeune fille Sibi enlevée en Pamina<br /> Lulu, le prince libérateur Tamino. <br /> Pour la flûte, elle est restée.<br /> Danièle
D
Si vous voulez mettre des commentaires, vous pouvez le faire directement sans passer par un mail. Une seule condition, faire le toilettage de son texte avant de valider. C'est simple comme bonjour !
E
Je suis entièrement d'accord avec toi. Je me suis fait à l'idée que le chant est antérieur à la parole et qu'il intervient avec l'apparition du nombre. <br /> Nous sommes donc sur la même longueur d'onde et je suis ainsi flatté d'avoir la caution d'un musicologue reconnu ! En même temps que celle d'un de nos plus grands savants, puisque Einstein lui-même parle d'un flûtiste inconnu qui conduirait la danse du monde.
Y
Je trouve intéressante cette approche musicienne de la compréhension du monde. Effectivement Dieu peut être imaginé comme un musicien et c’est la vision des Anciens, qui le voient comme l’ordonnateur de l’harmonie des sphères…<br /> <br /> L’ordre serait donc : souffle, vibration, nombre, musique, danse, écriture, chant, parole.<br /> Pourtant dans ce texte, tu parles de la parole avant le chant et je ne vois pas comment il y aurait une antériorité du chant. <br /> <br /> Pourquoi le chant ne vient-il pas immédiatement après le nombre ? La musique découle du chant. La danse transpose dans l’espace et le mouvement l’intentionnalité du vivant.<br /> Pour que l’écriture vienne avant la parole, il faut bien sûr la comprendre au sens très originel d’une inscription, en analogie avec la danse…<br /> L’écriture suppose une intelligibilité, elle vient en quelque sorte « après », tandis que le chant est pure intentionnalité.<br /> <br /> Que cette intentionnalité soit chargée d’amour me convient parfaitement…
E
<br /> Le flûtiste invisible<br /> <br /> <br /> Dans son dernier livre, le grand Philippe Labro nous offre une très belle réflexion sur la vie autour de trois passionnantes histoires mélangeant vécu et<br /> imaginaire. Ce mélange fait de ce livre un hybride entre essai et roman, qui embarque le lecteur page après page sans le laisser décrocher et lui offre une réflexion sur la vie sans que la forme<br /> nuise à une lecture agréable. Et c’est avec plaisir que je vais faire mon premier billet littéraire en traitant de cette œuvre que j’ai dévorer en une petite semaine.<br /> <br /> <br /> L’explication du titre n’est plus un secret, et est révélée dès la première page du livre. L’expression du « Flutiste Invisible » fait référence à une<br /> citation d’Albert Einstein qui dit que : « tout est déterminé, le<br /> commencement comme la fin, par des forces sur lesquelles nous n’exerçons aucun contrôle. C’est déterminé tant pour l’insecte que pour l’étoile. Les humains, les légumes ou la poussière cosmique,<br /> nous dansons tous au son d’une musique mystérieuse, Jouée de loin par un flutiste invisible. » Ce « Flutiste Invisible » représente ce que Labro appellera dans<br /> son livre « l’élément inconnu », ce fait, cette décision, cette action, qui intervient dans la vie d’une personne et fait que sa vie change. Cette très belle métaphore a l’avantage de<br /> pouvoir convenir à toutes les formes de croyances qui peuplent la terre. Pour certain, ce ne sera que le hasard. Pour d’autre, Dieu, les esprits, les fantômes, ou que sais-je encore ? Nous<br /> connaissons tous cela. Ce petit coup de chance qui fait qu’à un moment, les chose s’arrange et s’embellissent.<br /> <br /> <br /> Le livre contient trois histoire qui s’imbrique dans une seule scène commune, la pensée de l’auteur. Nous sommes dans sa tête, ce qui nous permet de suivre sa<br /> réflexion sur les histoires qu’il est en train d’entendre. Entre chaque histoire, l’auteur pense et nous fait par de ses idées sur le déroulement de la vie, cet « élément inconnu » qui<br /> survient. Toutes ces histoires le concerne, ont un lien direct avec sa vie personnelle. L’une d’entre elle raconte même l’histoire d’un homme qui, le voyant dans un restaurant, l’aborde et lui<br /> raconte qu’il l’a eu dans sa ligne de mire en Algérie pendant la guerre, mais qu’il ne l’a pas tué. Il se dit alors à lui-même que la vie ne tient finalement à rien. Personnellement c’est mon<br /> histoire préféré, car la chute est inattendue et franchement très belle. Je trouve au contraire la première non pas moins bien écrite, ni moins bien racontée, mais moins en rapport avec la<br /> réflexion globale de l’œuvre, bien que son articulation autour de la musique, et d’un titre de jazz en particulier, m’a séduit. D’autant que le personnage principal féminin est très réussit, je<br /> n’en dirais pas plus.<br /> <br /> <br /> Après avoir vaguement tracé le contenu du livre, sans trop en dire mais en espérant en avoir raconté assez pour vous donner envie de le lire, revenons à la<br /> réflexion que nous propose Philippe Labro dans son livre. La vie est-elle réellement un immense morceaux de musique dont nous ne voyons jamais la partition ? C’est une idée un peu fataliste. Tout<br /> ne serais que tracé, la lutte serait inutile. Pourtant, si la citation de Einstein va dans ce sens, le récit de Philippe Labro nous amène vers une autre définition de la vie. Dans ses histoires,<br /> les personnages ne sont pas prisonniers de leur destin. Bien au contraire, ils font des choix fort qui ne font pas que changer leur vie, mais qui la bouleverse totalement. Là où intervient cet<br /> « élément inconnu », c’est dans le fait que les choix et actions des différents personnages s’entrecroisent. Si l’Homme est un navire, le cap choisit par le capitaine représente le<br /> choix et l’ »élément inconnu » le vent. Il peut jouer en faveur ou défaveur de l’Homme, mais il n’est pas impossible d’agir même quand le vent est contre nous. C’est là un précieux<br /> enseignement sur la vie, que Philippe Labro nous donne en jouant le rôle qui lui va le mieux, celui du journaliste de l’imaginaire.<br /> <br /> <br /> http://reflexionnocturne.wordpress.com/2013/03/26/le-flutiste-invisible-lart-de-conter-la-vie/<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> <br /> <br /> Le chant et la danse au Congo<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Marie-Claude pour cet air venu d’ailleurs. C’est bien possible que la danse nous vienne d’Afrique, en même temps que le chant. Au début était le chant et la<br /> danse. Au début était l’Afrique, puisque c’est là où nos ancêtres sont nés.<br />
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M
<br />  ETIENNE EST DANS LE VENT? oui, oui.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Culture Mardi, 22 Novembre 2011 10:00 <br /> <br /> <br /> OUVERTURE DU 3E FESTIVAL CULTUREL INTERNATIONAL DE DANSE CONTEMPORAINE AU PALAIS DE LA CULTURE<br /> <br /> <br /> À l’origine était la danse<br /> <br /> <br /> Par : Amine IDJER <br /> <br /> <br /> C’est une cérémonie minimaliste, sans fioritures, que les organisateurs ont proposée au public, dimanche passé, à 18h30, au palais de la culture<br /> Moufdi-Zakaria, en présence de la ministre de la Culture, Khalida Toumi.<br /> <br /> Après les courtes allocutions de bienvenue de Fatma-Zohra Namous, présidente d’honneur de l’édition 2011 du festival, et Mme Kaddouri, commissaire de ladite manifestation, l’assistance, fort<br /> nombreuse, a été conviée à découvrir les spectacles prévus en cette occasion. En premier, c’est la troupe El Badr de Tindouf qui a charmé les présents avec une danse en duo, sur des airs de<br /> tindi.<br /> Deux corps, celui d’une femme et d’un homme bougeaient aux rythmes de la musique et des chants. Deux se contorsionnaient, se mouvaient avec aisance. Ils racontaient une histoire, d’amour bien<br /> sûr. Un homme courtise sa dulcinée. La troupe de la maison de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou prend le relais.<br /> Un groupe de filles, telles des nymphes, exécutèrent une chorégraphie que l’on peut qualifier de mix entre le classique et le moderne, et non contemporain (la danse contemporaine fait suite à la<br /> danse moderne et met le corps à l’épreuve, jusqu’aux derniers retranchements). Par ailleurs, l’invité d’honneur du FCIDC 2011, l’artiste mexicaine au talent multiple (musicienne, danseuse et<br /> comédienne), Sonia Amelio a gratifié le public de trois numéros de danse. Celle qui est surnommée dans son pays la Prima Ballerina a émerveillé par son jeu de crotales (ancêtres des castagnettes<br /> espagnoles). Droite comme un I, l’artiste, avec grâce et élégance, commençait à se mouvoir sur des airs de musique classique universelle (Brahms et Liszt) jouant des mains dont les doigts avec<br /> dextérité et légèreté actionnaient les crotales qui reproduisaient le même air musical, plus appuyé, plus intense, l’agrémentant d’une danse où le corps bouge dans tous les sens, au gré de la<br /> musique et du claquement des crotales.<br /> En outre, une projection d’une dizaine de minutes d’images retraçant le parcours de cette artiste a été présentée. Le spectateur a pu découvrir la vie artistique de Sonia Amélio qui a effectuées<br /> plusieurs tournées à travers le monde, décrochant près de 280 prix nationaux et internationaux, obtenant entre autre les clés de la ville de Manille. À la fin de la projection, un projecteur<br /> éclaire la scène : un corps étendu. Aux premières notes, elle se lève avec grâce et commence à battre la cadence avec ses pieds. Des crotales, elle passe aux claquettes… Une vision artistique<br /> flirtant avec différents styles. Avant le tomber du rideau, l’artiste mexicaine a été honorée en compagnie de la doyenne des danseuses au Sénégal Yaye Katy Sene qui ont reçu des mains de la<br /> ministre de la Culture, outre le traditionnel bouquet de fleurs, un burnous blanc brodé. Émues, elles se sont drapées dans cet habit traditionnel. Pour rappel, le 3e FCIDC, placé sous le thème de<br /> “Traces” compte la participation de 16 pays en sus de l’Algérie. Jusqu’au 26 du mois en cours, le public a rendez-vous avec des spectacles de danses, des conférences, des workshops et une<br /> exposition qui se tient en marge du Festival.<br /> Amine IDJER<br />
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M
<br /> Danse africaine et clin d'oeil au bretonneux:<br /> <br /> <br /> Transcription - Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. Moreau de Saint-Méry, "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique".<br /> <br /> <br /> Moreau de Saint-Méry (Médéric, Louis, Elie). Danse, article extrait d'un ouvrage de M. L. E. de St Mery ayant pour titre : "Répertoire des notions coloniales par ordre alphabétique".<br /> A Philadelphie, imprimé par l'auteur, imprimeur-libraire. pp. 36-40.<br /> <br /> <br /> Le nègre, lorsqu'il s'est préservé de la folle manie de singer, a une danse qui lui est propre, et qui, apportée originairement d'Afrique, a un grand charme pour les hommes nés dans cette partie<br /> du monde. Les nègres créoles la chérissent aussi, parce que c'est celle qu'ils ont connue depuis la plus tendre enfance.<br /> <br /> <br /> Les peuples Africains me servent encore ici de preuves de la passion qu'ont pour la danse les habitants placés entre les tropiques, puisqu'ils sont tous sensibles à ce plaisir avec les<br /> proportions que j'ai annoncées comme dépendantes du genre de vie et de la nourriture. Les nègres de la Côte-d'Or, belliqueux, sanguinaires, accoutumés aux sacrifices<br /> humains, ne connaissent que des danses féroces comme eux: tandis que le Congo, le Sénégalais et d'antres Africains pätres on cultivateurs, aiment la danse comme un délassement, comme une source<br /> de voluptés. Amenés de toutes les parties d'Afrique dans nos Colonies, dont le climat est analogue au leur, les nègres y apportent et y conservent leur penchant pour la danse, penchant si<br /> puissant, que le nègre le plus fatigué par le travail, trouve toujours des forces pour danser et même pour aller à plusieurs lieues satisfaire ce désir.<br /> <br /> <br /> Quand les nègres veulent danser, ils prennent deux tambours, c'est-à-dire, deux espèces de tonneaux d'inégales longueurs, dont l'un des bouts reste ouvert, tandis que l'autre reçoit une peau de<br /> mouton bien tendue. Ces tambours (dont le plus court se nomme Bamboula, parce qu'il est fait quelquefois d'un très-ros gros bambou qu'on a creusé), raisonnent sous les coups de poignet et le<br /> mouvement des doigts du nègre qui se tient à califourchon sur chaque tambour. On frappe lentement sur le plus gros, et avec beaucoup de vélocité sur l'autre. Ce son monotone et grave est<br /> accompagné par le bruit d'une certaine quantité de petites calebasses où l'on a mis des cailloux et qui sont percées dans leur longueur par un long manche qui sert à les agiter. Des Banzas,<br /> espèces de guitares grossières à quatre cordes, se mêlent an concert dont les mouvements sont réglés par le battement de mains des négresses qui forment un grand cercle. Elles composent toutes<br /> une sorte de choeur qui répond à une ou deux chanteuses principales, dont la voix éclatante répète on improvise une chanson.<br /> <br /> <br /> Un danseur et une danseuse, ou des danseurs pris en nombre égal dans chaque sexe, s'élancent an milieu de l'espace et se mettent à danser, en figurant toujours deux à deux. Cette danse peu<br /> variée, consiste dans un pas fort simple où l'on tend successivement chaque pied et où on le retire en frappant plusieurs fois précipitamment de la pointe et du talon sur la terre, comme dans<br /> l'anglaise. Des évolutions faites sur soi-même ou autour de la danseuse qui tourne aussi et change de place avec le danseur, voilà tout ce qu'on aperçoit, si ce n'est encore le mouvement des bras<br /> que le danseur abaisse et relève en ayant les coudes assez près du corps et la main presque fermée; la femme tient les deux bouts d'un mouchoir qu'elle balance. On croirait difficilement, quand<br /> on n'a pas vu cette danse, combien elle est vive, animée, et combien la rigueur avec laquelle la mesure y est suivie, lui donne de grâce. Les danseurs et les danseuses se remplacent sans cesse,<br /> et les nègres s'y enivrent d'un tel plaisir, qu'il faut toujours les contraindre à finir cette espèce de bals nommés Kalendas [En Celte GAL-VEN-DA; ce qui<br /> signifie Appèle donc; sans doute à cause du bruit du tambour.], qui ont lieu en plein champ et dans un terrain uni, afin que le mouvement des pieds ne puisse y rencontrer aucun<br /> obstacle.<br /> <br /> <br /> Il serait difficile de méconnaître à ces traits une danse simple, primitive, et appartenant à des peuples chez lesquels la civilisation a encore presque tout à faire. Cette disposition<br /> circulaire, ces battements de mains, ce chant à refrain, ces instruments bruyants, tout dépose en faveur de l'ancienneté de cette danse qui, comme je l'ai dit, appartient à l'Afrique, où ses<br /> caractères existent presque partout, même chez les Hottentots.<br /> <br /> <br /> Bibliographie<br /> <br /> <br /> <br /> Regards sur les Antilles : Collection Marcel Chatillon, Catalogue de l’exposition au Musée d'Aquitaine de Bordeaux, 23 septembre 1999 - 16 janvier 2000, Paris, RMN, Bordeaux,<br /> Musée d'Aquitaine, 1999.<br /> <br /> Gabriël ENTIOPE, Nègres, danse et résistance (La Caraïbe du 17ème au 19ème siècle) , Recherches et Documents Amériques latines, éd. L'Harmattan.<br /> <br />
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P
<br /> <br /> <br /> Pan’gu séparant le ciel et la terre<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je retiens que l’humanité est née de l’âme du géant Pan’gu. C’est dire qu’en elle se cristallise tout l’univers, comme disaient les philosophes du Moyen<br /> Âge : « Homo est omnia ».<br />
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D
<br /> La métamorphose de Pan’gu et la création du monde<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le conte de Pan’gu<br /> <br /> <br /> (Inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de Chine)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> PARTIE 2<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La mort Pan’gu bouleversa l’univers entier. Et dans un lent et douloureux vagissement tout son corps se métamorphosa.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ses quatre membres devinent des montagnes.<br /> <br /> <br /> A l’Est les collines du Dragon Vert. Vert tendre des premiers bourgeons de printemps<br /> <br /> <br /> Au Sud les dunes du Phénix Rouge. Rouge de l’astre qui enflamme l’été<br /> <br /> <br /> A l’Ouest les hauts plateaux du Tigre Blanc. Blanc des matins brumeux de l’automne.<br /> <br /> <br /> Au Nord le mont de la Tortue Noire. Noir des longues nuits d’hivers.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Son sang se transforme en fleuves et en rivières. Ses veines sont les chemins, les routes qui courent dans toutes les directions.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ses muscles sont les champs fertiles, ses dents, ses os et sa moelle se cristallisent en perles, en jade et en minéraux précieux.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les poils de sa peau se métamorphosent en prairies et en forêts. Sa sueur tombe en rosée et en pluie qui arrosent la végétation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Son œil gauche est le Soleil flamboyant, son œil droit, la Lune claire. Ses cheveux et sa barbe se changent en une multitude d'étoiles.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Son souffle se transforme en brise printanière donnant vie aux êtres vivants, aux nuages, aux brumes suspendus dans le ciel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un monde splendide et merveilleux est ainsi créé grâce à la force prodigieuse et à l'esprit d'abnégation du géant Pan’gu.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quant à l'humanité, on dit qu'elle est née de l'âme du géant...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Belle journée à tous Danièle<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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S
<br /> L’abbaye romane de Sénanque<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je trouve très suggestif le lien que tu fais, à propos de l’art roman, entre l’architecture et la musique. C’est sans doute parce que nous<br /> avons oublié ce lien, que l’acoustique de nos grands édifices, y compris ceux de le Corbusier, est si défectueuse.<br />
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A
<br />  <br /> <br /> <br /> L’église romane chante<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les anciens (depuis au moins 3 millénaires avant notre ère) présentent la musique<br /> comme auxiliaire de l’architecture. C’est la musique qui permet l’éveil de la conscience latente. Ouverture de l’oreille intérieure, de l’œil intérieur. Le visible, l’audible, quand il est bien<br /> regardé, bien entendu, permet de saisir des lois invisibles, des tracés, des chemins, des ouvertures.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La musique fait partie des arts libéraux régis par le nombre : arithmétique, géométrie, musique, astronomie (le quadrivium des universités médiévales).<br /> <br /> <br /> Pas les nombres en soi mais les relations entre les nombres. C’est une science, et une véritable représentation du monde. Les intervalles musicaux rendent<br /> audibles l’harmonie cosmique (l’harmonie des sphères). <br /> <br /> <br /> Pour  Vitruve, l’architecte romain du 1° siècle, comme pour  Leon Battista Alberti l’architecte de la coupole de la cathédrale de Florence, il faut calculer les proportions architecturales d’après les intervalles musicaux<br /> ( AlbertiDe re aedificatoria 1485).<br /> <br /> <br />  Et les maîtres d’œuvre font des tests acoustiques pour contrôler la bonne exécution des<br /> voûtes elliptiques. Emploi des vases acoustiques. C’est un savoir hérité, de la Grèce et de l’Égypte.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’admiration de Pythagore (570-490 av. JC.), qui entend des sons harmonieux venant<br /> d’une forge,  tient à ce que l’observation lui fait découvrir des intervalles justes (octave, quinte, tierce). 6-8-9-12 sont des nombres entiers. Il<br /> est anecdotique que Pythagore ait constaté l’harmonie des sons frappés sur l’enclume dans les ténèbres d’une forge.<br /> <br /> <br /> Mais cette suite dite harmonique est une constante.  (Attention, intervalle mélodique = sons successifs ; intervalle harmonique = simultanéité de<br /> sons). Soucieux de vérifier son hypothèse de la juste proportion  6 8 9 12, Pythagore spatialise<br /> l’expérience : il utilise une corde tendue sur un support gradué, pour vérifier la justesse des sons émis : le son monte d’une octave chaque fois que l’on divise la longueur de<br /> la corde par 2.  (1/2=octave ; ¾ quarte 2/3 quinte) .<br /> <br /> <br />  Un monocorde : une corde unique tendue sur<br /> une caisse rectangulaire avec un chevalet mobile permettant de modifier la longueur de la corde vibrante, la hauteur du son produit par le pincement de la corde.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Avec les nombres figurés, le triangle de Pythagore, le monocorde, les Grecs proposent<br />  une merveilleuse façon d’enseigner l’abstrait par le concret, en tenant compte qu’il n’est de science que de mesurable. Ainsi il n’est de musique que<br /> comptée-décomptée, rythmée. La proportionnalité = le partage d’un grand intervalle en 2 plus petits; Moyenne arithmétique 9 pour 6 et 12 ; moyenne harmonique 8 pour 6 et 12<br /> <br /> <br /> 6/12 octave<br /> <br /> <br />  6/9 et 8.12 quinte<br /> <br /> <br /> 6/8 ou 9/12 quarte<br /> <br /> <br />                                                     <br /> <br /> <br /> <br /> Pour l’ancien monde, pas de cloisons étanches entre les diverses branches du savoir et entre les techniques.<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sur Internet quadrivium ; vases acoustiques ; Michel VIRET enseignement de la musique au Moyen Age)<br />
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M
<br /> <br /> <br /> La musique bretonne<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je suis d’accord avec toi. Il faut sortir du grandiloquent, introduire la liberté dans la musique et le chant. Je ne suis pas assez bon connaisseur pour repérer<br /> les limites de l’opéra, sans doute trop dépendant du metteur en scène. Le souffle qui construit le monde, introduit le nombre et la musique, est aussi celui qui confère à chaque sujet sa propre<br /> liberté. Il n’est donc pas possible pour moi de défendre le chant et la musique sans défendre, en même temps, la liberté de chaque sujet.<br />
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G
<br /> Pour une liberté collective de recréation constante à l’intérieur de règles admises<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bon. Je change de ton. Je passe en mode mineur, avec des bémols. L'opéra, je préfère m'en méfier. Tout est écrit d'avance, parole et musique, la mise en scène n'y<br /> change rien, bien que chaque metteur en scène croie refaire le monde, ayant enfin et lui seul, compris le sens de ce qui est en jeu. Je viens de retrouver un constat d'Oscar Wilde, cité par mon<br /> vieux collègue Bernard Merdrignac dans son dernier travail (en date) : D'une Bretagne à l'autre, Les migrations bretonnes entre histoire et légendes, Presses universitaires de Rennes, 2012, p. 12<br /> : "C'est parce que l'humanité n'a jamais su où elle allait qu'elle a trouvé son chemin". Ce qui ne dispense pas de nommer les choses en chemin. La culture bretonne, puisque tu l'invoques-merci-,<br /> la musique plus particulièrement -notamment sous sa forme traditionnelle- est à cet égard plus suggestive que l'opéra. Rien de solennel, rien de grandiloquant, rien d'écrit (en principe) : on<br /> reste dans l'oral, avec quelques rites ou rituels comme points de repères communs pour une danse toujours collective, en rond ou en ligne, et en avant !!! sur un air scandé"komifo"(comme disait<br /> ma grand-mère) certes, mais que les chanteurs ou les sonneurs puisent sans vergogne dans un fonds commun et arrangent à leur manière. Et cela soude la collectivité, dans le plaisir d'être serrés<br /> ensemble et celui de la surprise due à la fantaisie des sonneurs ou chanteurs. Chacun y va de son pas s'il veut -celui de sa paroisse- mais c'est pour tous la même gavotte, le même plin, le même<br /> fisel, le même kost-ar-c'hoat , le même an-dro ou hanter-dro, ...et pour tous le même bonheur. Les uns, - les danseurs -, sont portés en effet par le souffle des autres -les sonneurs, et<br /> inversement. Et ça peut durer ainsi dix, quinze minutes, plus encore si les danseurs réclament "Hir ! Hir !" (plus long !) C'est par cette liberté collective de re-création constante à<br /> l'intérieur de règles admises, de formes respectées et souples, transmises et renouvelées de génération en génération, pratiquées sans cesse -et non regardées comme un spectacle ou conservées<br /> dans un formol académique-, que la musique et la danse traditionnelles, ici, sont restées populaires et vivantes. Evel-just, en soufflant dans le biniou on ne refait pas le monde. Mais au moins<br /> on se maintient en vie. C'est déjà ça.Gérard<br />
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L
<br /> <br /> <br /> Devenir berger pour jouer de la flûte toute la journée !<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Gérard pour ton invitation à refaire le monde en prenant soin de bien distinguer les êtres, les choses, les situations, les nuances elles-mêmes pour leur<br /> donner le nom le plus adéquat. C’est sans doute une exigence impérieuse dans la confusion et le tohu-bohu actuels. Une telle exigence m’a toujours paru essentielle et j’ai souvent répété :<br /> « Pas de relation sans séparation ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Lorsque j’ai écrit le texte du blog, je voulais suggérer que la musique était un moment de la création du monde, une de ses dimensions essentielles, car, au-delà<br /> de la séparation qu’introduit l’apparition du nombre, elle est la recherche du bon accord. C’est alors que la vie elle-même vibre dans toute sa beauté et produit la joie intérieure. N’est-ce pas<br /> aussi cela dont nous avons besoin pour sortir d’une crise qui nous étouffe et nous angoisse ? Pour refaire le monde, comme tu le dis, nous avons besoin de réinventer la musique et, par là<br /> même, de réinventer le chant d’amour. Alors réendossons notre vieux manteau de berger et sortons la flûte du coffre où nous l’avons enfermé pour faire chanter les amoureux en sommeil et les<br /> entraîner dans la danse. N’est-ce pas là un savoir ancestral de la culture bretonne ?<br />
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G
<br /> Une invitation à séparer et nommer, et finalement à refaire le monde<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je ne sais pas par quel bout entrer dans ton très beau texte, qui se suffit à lui-même comme célébration de ce magnifique texte de la Genèse, qui est lui, une<br /> célébration lyrique des débuts du monde et de l'humanité. Il est vrai que l'histoire de l'humanité, dans ses aspects très contemporains, ne porte pas au lyrisme, ni à la célébration, mais au<br /> scepticisme et à la condamnation. Je ne sais si la relecture de la Genèse, sous l'angle que tu suggères, serait d'un grand secours pour l'humanité. Ou seulement pour le moral des descendants<br /> lointains du Glébeux, qui sont plus bas que terre, certains, ou presque à terre, pour beaucoup. Si un peu de souffle peut les remettre debout, ce serait déjà ça. Ce qui me frappe à la relecture<br /> de Chouraqui, c'est en effet le souffle lyrique du récit de la création. Élohim est mis en scène face aux ténèbres et à l'abîme : il décide, parle, crée, nomme, sépare, et crie à la lumière, à la<br /> ténèbre, au plafond du ciel, au sec, à la mer, et s'écrie, "Quel bien !". Le travail est en fait de séparer les éléments du monde les uns des autres, pour les ordonner. J'ai lu ailleurs (dans<br /> Moussa Nabati) que la tradition juive reprend, comme fondamentale, cette idée de séparation des "choses", c'est-à-dire du vivant. Ainsi, sans doute, peut-on considérer que Babel est bien dans la<br /> continuité de la création: La séparation des langues entre elles est une nécessité inhérente à la condition humaine, tout comme l'obligation, pour le Glébeux, de travailler, de procréer,<br /> d'enfanter, etc. : c'est la proclamation de son historicité (dirait peut-être Jolif), dès que l'homme se trouve -se reconnaît- sur terre. On peut interpréter ces séparations comme nécessaires<br /> afin que passe, dans la tension, entre les hommes, entre les hommes et le reste du vivant, et entre les vivants, la vibration -qui est la vie elle-même. Pour ne prendre qu'un exemple, la<br /> différence entre les langues fait exister et circuler une quasi infinité de sens, du moins de nuances qui ne peut qu'enrichir l'intelligence des hommes et la compréhension du monde. A ton<br /> évocation des multiples dénominations de l'esprit, autrement dit du souffle, j'ajoute ce que dirait le breton : ar c'hwéz, dans le sens général, ur c'hwezadenn, en singulatif, pour un souffle<br /> particulier, mais aussi ur furc'hadenn, s'agissant de colère, ou ur mouch-avel pour un souffle de vent, ur mouch diwezan a vuhez pour le dernier souffle, un ézenn, pour un zéphyr (dans lequel se<br /> promenait Yawhé, allant s'enquérir de ses créatures, au jardin), et ar spered pour l'esprit, l'intelligence, qui n'est pas loin de an esper : l'espoir. Toutes nuances et subtilités gommées par la<br /> triste et morne uniformité du français standard et obligatoire, qui refoule les langues "minoritaires" dans le folklorique, c'est-à-dire hors de l'histoire, dans l'insignifiance, le non humain.<br /> (J'ai relu il y a peu le De Certeau, Julia, Revel, Une politique de la langue, 1975, paru en Folio, qui réactive mon radotage sur la question) De plus, le grand récit de la création du monde<br /> (magna Opera Domini ... etc.) s'ouvre, significativement (bien sûr !) sur la séparation des choses en les nommant. .Au risque de schématiser, une fois de plus, des situations complexes, je ne<br /> peux m'empêcher de penser que notre époque gagnerait à s'en souvenir et à en reprendre de la graine. Il m'apparaît que nous vivons dans un temps de grandes confusions, de mutations accélérées et<br /> complexes, dont le langage ne rend pas compte, ou qu'il masque. On ne sait plus appeler chat un chat, voyou un voyou, menteur un menteur, capitaliste un capitaliste, exploité un exploité etc.<br /> (ceux qui s'y essaient sont priés de se calmer). La liste serait longue, autant que celles des euphémismes lénifiants, "éléments de langage", jargon d'experts, qui sont substitués à la langue,<br /> noyant ce qui reste de pensée dans un tohu-bohu permanent. Je comprends ce récit comme une invitation à nommer les choses, à distinguer, à séparer sans crainte, pour les faire vivre, et nous<br /> faire vivre, dans une tension salutaire. N'ayons pas peur de refaire le monde. Constamment. Gérard Jaffrédou 15. IV. 2013<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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S
<br /> <br /> L’œuf<br /> d’or de Salvador Dali<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br />  <br /> <br /> <br /> J’attends la seconde partie du conte. Ce qui me frappe, dans la première partie, c’est le lien entre la valse et la naissance de la vie, avec la constitution de<br /> l’œuf primordial. Mais je m’interroge sur la mort de Pang’u. Peut-être dans la seconde partie va-t-on nous annoncer sa résurrection !<br />
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D
<br /> Bonjour Etienne,<br /> <br /> <br /> Selon les conceptions taoïstes, tout est souffle… Sorte d'essence immatérielle, invisible et inodore, qui anime et réchauffe les corps selon un mode de<br /> circulation précis…<br /> <br /> <br /> Voici un conte qui me semble explique bien ce phénomène.. Conte que je présenterai en deux parties :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le conte de Pan’gu<br /> <br /> <br /> (Inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de Chine)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> PARTIE 1<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dix-huit mille ans avant que le Cosmos soit notre Cosmos, l'univers était à la dérive aussi froid que méduse flottant entre Obscurité et Chaos. Et c’est pourtant<br /> là au milieu de nul part, les éléments gazeux et les particules solides commencèrent s’incorporer,  d’un pas à peine perceptible se mirent à tourner<br /> d’une noble valse lente, très lente donnant ainsi naissance à un énorme Œuf qui entra en incubation pendant encore dix-huit mille ans.<br /> <br /> <br /> A l’intérieur de ce cosmos fondamental, le souffle primordial, principe organisateur entra dans un sommeil, de dix-huit mille ans. En ouvrant les yeux, le Dieu<br /> rencontra l'obscurité. La sensation d'étouffement et d'ennui qu'il éprouva le mit dans une colère terrible. Il ouvrit ses énormes mains, souleva ses bras colossaux, de toutes ses forces, il donna<br /> un coup sur la paroi. Dans un bruit de tonnerre et pan ! et gu ! La matrice se brisa en deux moitiés tous ses éléments, figés depuis des milliers et des milliers d'années, se déplièrent en tous<br /> sens.<br /> <br /> <br /> C’est alors que le bien nommé Pan’Gu grandit de dix pieds par jour, il se redressa pour empêcher la terre encore fluide et le ciel de se mêler à nouveau. Les<br /> parties transparentes et légères  se mirent à flotter pour constituer le Ciel. Les parties lourdes et opaques à se solidifièrent pour former la<br /> Terre.<br /> <br /> <br /> Dix-huit mille ans s'écoulèrent encore. Pan’gu atteignait quelque quarante cinq mille kilomètres, le Ciel était déjà très haut et la Terre était très épaisse tout<br /> risque de les voir à se réunir étaient éliminés. L'aspect obscur et chaotique de l'univers n'était plus qu'un lointain souvenir. Hélas, épuisé par se dur labeur, Pan’gu s’allongea et dans un<br /> dernier souffle mourut<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A bientôt Danièle<br />
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D
<br /> Bonjour Marie-Claude. Je suis ravi de ton texte sur la danse. Il apporte un peu d’eau à mon moulin, lorsque je souligne que la danse est une sorte d’invention de<br /> l’écriture et donc un puissant moyen de communication. Je suis d’accord avec Maurice Béjard lorsqu’il dit que la danse est un langage universel. Il y aurait bien des réflexions à faire à partir<br /> de l’article que tu nous livres. Personnellement je suis un peu pris de court par diverses activités mais je pense que d’autres sauront réagir justement.<br />
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M
<br /> <br /> pour la suite<br /> <br /> <br /> http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?article165<br /> <br />
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M
<br /> (suite)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> N’est-ce pas cette lacune qui a amené l’homme du XXe siècle à s’intéresser de plus en plus à l’art du mouvement ? En ce moment précis, il se préoccupe de faire accepter à<br /> ses semblables qu’« il y a des êtres qui arrivent, en dehors de tout contexte linguistique, à - faire passer - ce qu’ils veulent exprimer » [4].<br /> C’est dans ce cadre précis que Maurice Béjart fait remarquer que :<br /> « ... La danse est un langage universel qui, en fait, s’adresse à l’homme total et non pas à cette petite partie du corps, célébrale, intellectuelle et plus ou moins vide.<br /> Ce n’est pas une mode, c’est une soif ! Le succès actuel de la danse n’est pas dû à tel ou tel chorégraphe à telle ou telle compagnie, il est dû à la<br /> danse ! » [5]<br /> Assurément, ce langage du corps ne peut être qualifié de miracle, parce que démuni de phrases et de mots. Ce moyen de communication n’est pas du tout nouveau. Ce qu’on veut<br /> actuellement de ce langage, est qu’il soit autant revalorisé comme le langage parlé. Dans la société africaine par exemple, ce moyen de communication a été chaque fois utilisé<br /> pour s’exprimer et exprimer toutes les circonstances de la vie de l’homme.<br /> Qu’il s’agisse de fêtes de naissance, de fêtes de mariage, de fêtes religieuses, de fêtes d’intronisation de chef, etc... qu’il s’agisse d’un deuil, l’Africain danse. Il exprime<br /> par le fait même, à travers la danse, ce qu’il est, ce qu’il sent et ce qu’est son intérieur. Cependant, il faut dire que cette catégorisation des danses n’existe pas uniquement<br /> pour réjouir ou pour ressortir la beauté esthétique.<br /> Il y a aussi l’élément communication qui échappe, puisque le corps et l’esprit font que la danse soit plus au-dessus de la simple réjouissance. « Danser, c’est avant tout<br /> communiquer, s’unir, rejoindre, parler à l’autre dans les profondeurs de son être. La danse est union, union de l’homme avec l’homme, de l’homme avec le cosmos, de l’homme avec<br /> Dieu » [6].<br /> Il suffit par exemple d’observer les fresques ou les photographies de danseurs qui se sont rassemblés pour un deuil ou un mariage ou encore pour honorer et faire offrande à<br /> Dieu. La pensée du danseur est vite et facilement comprise en observant uniquement ces fresques ou ces photographies, d’autant plus que les attitudes décrites, les gestes et<br /> l’expression de la physionomie suffisent pour faire comprendre et traduire l’intention et le sentiment du danseur. Bertrand et Dumont se joignent à nous et pensent que<br /> « des photographies de mouvements dits rythmes, de rythmique, de danse... représentent l’exécutant bras en l’air, offert, tête rejetée en arrière. Selon le thème<br /> dramatique, tragique ou comique, le visage prend un rictus de joie, de colère ou d’extase, et le public de dire : « Voila qui est senti ! », « Quelle<br /> expression ! » [7]<br /> Nous disions dans les lignes précédentes que, quand le danseur danse, il communique non seulement avec les spectateurs, mais encore avec le surnaturel.<br /> Nous pensons que c’est la raison pour laquelle en Afrique, par exemple, maintes danses sont sacrées. Cette nature sacrée de la danse est due à la place que l’Africain donne au<br /> monde invisible. La danse, disait Platon, « est un don des dieux. Elle doit être consacrée aux dieux qui l’ont créée » [8]. La danse dans de nombreux pays<br /> d’Afrique a toujours été la matrice de la culture et par surcroît la façon sublime de vivre leur vie. Ainsi, il existe des danses destinées à faire tomber la pluie ou danses de<br /> récolte, qui constituent des manifestations de joie collective. On remarquera partout en Afrique par exemple, avant la campagne de semailles ou de récolte, l’assemblée exécute<br /> la danse appropriée à la circonstance, afin d’honorer et de remercier l’Etre Suprême, car la danse semble être un des éléments principaux auxquels on recourt pour communiquer<br /> avec lui.<br /> « Pour s’adresser à lui, l’homme utilise les gestes, la danse et les chants » [9].<br /> Chez les Yoruba, par exemple, avant de s’adonner à une quelconque manifestation (semailles, récolte, naissance, mariage ou initiation, etc...), on devait absolument s’adresser à<br /> travers les danses aux divinités LEGBA et FA. La danse est en outre une façon de vaincre le chaos qui, selon les divinités FA et LEGBA, en anéantissant l’homme et le mettant en<br /> insécurité, l’empêche de se livrer à sa besogne quotidienne.<br /> C’est ce que confirme Germaine Acogny lorsqu’elle écrit :<br /> « Chez les Yoruba, avant de commencer toute cérémonie, il fallait d’abord calmer la divinité LEGBA, dieu du sexe et du désordre. Formé d’un homme flanqué d’une grosse verge<br /> en bois, divinité protectrice du pays, de la ville, de la maison et à laquelle on offre en sacrifice un coq en signe de la puissance de l’homme chargé de la procréation. On<br /> invoque ensuite FA, divinité de la paix. Les instruments de musique utilisés sont, l’un grand, l’autre petit.<br /> Le premier a le son aigu, l’autre grave (...) les rythmes et les chants sont connus des batteurs et des danseurs initiés. Car chaque divinité a son rythme et c’est la divinité<br /> qui conduira la danse » [10].<br /> Il ressort de toutes ces considérations que la danse joue un double rôle sur le plan de la communication : elle est à la fois une communication avec les esprits et avec la<br /> société.<br /> <br /> <br /> 2.1. Communication avec les esprits<br /> <br /> <br /> Le danseur ne communique pas seulement avec le spectateur, il communique aussi avec Dieu. Dans la cosmogonie africaine, l’Etre-Suprême (Dieu) est à la fois immanent et<br /> transcendant. Placé au-dessus de l’homme et éloigné dans l’espace temporel et matériel, ce Dieu ne peut être approché que par les moyens intermédiaires, dont la danse. Cette<br /> communication s’accomplit, se réalise par les offrandes, les incantations, les gestuels qui accompagnent la danse. Il s’opère généralement une double action dans ce schéma de<br /> communication qu’on pourrait résumer par la relation pensée-mouvement. _ En effet, au moment où le danseur lève les mains en haut pour implorer la bénédiction divine sur les<br /> plantes qui périssent par la sécheresse, la pensée de souffrance, d’espérance et d’offrande précède ; par une sorte de concentration intérieure, le gestuel qui<br /> alors déclenche le mouvement global de la danse. Cette relation pensée-mouvement est tellement importante qu’à partir d’une pensée, d’un sentiment quelconque, le<br /> corps-instrument peut agir, c’est-à-dire, faire un mouvement.<br /> Ce mouvement permet au corps de préciser de plus en plus la pensée à tradu<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> 2. Développement et sociétés<br /> <br /> <br /> <br /> LA DANSE : LANGAGE ET MOYEN DE COMMUNICATION<br /> <br /> <br /> Kashemwa CISHUGI<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Imprimer<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Ethiopiques n°46-47<br /> Revue trimestrielle de culture négro-africaine<br /> Nouvelle série 3ème et 4ème trimestre 1987-volume 4<br /> <br /> <br /> Auteur : Kashemwa CISHUGI<br /> <br /> <br /> Le corps humain, l’instrument que l’homme utilise pour s’exprimer, a des possibilités diverses dans l’accomplissement total des mouvements naturels.<br /> Pour que le mouvement puisse être pur et spontané, il est en fait normal que notre « maison en argile » respecte les limites de ses possibilités dans une pratique quelconque de<br /> mouvements corporels. Dans toutes les formes de danses, le corps impose certes, ses limites qui vont de paire avec les exigences de la danse. Ainsi, devons-nous comprendre la préoccupation et<br /> l’intérêt qui nous animent à vouloir livrer ces quelques réflexions sur la danse, comme étant un moyen de communication. Même s’il faut reculer vers le premier âge du fer, c’est-à-dire l’an<br /> 1.000 avant notre ère, et nonobstant les altérations qu’ont subi et subissent encore nos danses, nous pensons néanmoins qu’elles gardent toujours leur valeur intrinsèque, c’est-à-dire, le<br /> double aspect concomittant : réjouissance, d’une part, et communication de la pensée, d’autre part.<br /> Qu’il s’agisse des danses guerrières, des danses lugubres, des danses d’initiation ou des danses religieuses, etc..., tous les aspects humains émis par le corps à travers elles, traduisent la<br /> pensée du danseur au public.<br /> Georges Noverre, dans ses lettres sur la danse et le ballet (1759), parlant d’« action exprimée par la danse », c’est-à-dire, du « ballet d’action », notait :<br /> « L’action, dans la danse, c’est l’art de faire passer les émotions et les actions dans l’âme du spectateur par l’expression vraie de nos mouvements, de nos gestes et de notre<br /> corps » [1].<br /> La danse renferme plusieurs éléments constitutifs tels que le symbolisme, le rythme, le mouvement et l’expression du corps (forme), l’espace, le temps qui, en somme, font que la danse mérite<br /> d’être classée comme art du mouvement à la fois temporel et spatial. Depuis des siècles, chez tous les peuples de cette planète, la danse n’a cessé de constituer une des expressions artistiques<br /> les plus innées de l’homme. La danse ne doit pas paraître aux yeux du profane comme une simple virtuosité physique, mais un moyen d’expression et de communication fait remarquer R.<br /> Garaudy :<br /> « A toutes les époques et dans tous les peuples (...) la danse a donc été enracinée dans toutes les expériences vitales des sociétés et des individus : celle de l’amour et de la mort,<br /> des guerres et des religions. La vie quotidienne peut s’exprimer par le langage, mais pas les événements qui la transcendent. La danse exprime cette transcendance. Pour dire ce qui l’émeut ou<br /> ce qu’il honore l’homme danse » [2].<br /> Ainsi, la danse se présente comme un langage, un moyen de communication. Mais contrairement au langage articulé, elle est moins exposée à des problèmes de communication.<br /> <br /> <br /> 1. LE LANGAGE ARTICULE ET SES PROBLEMES<br /> <br /> <br /> Entrevoyons par exemple un entretien entre deux personnes de même expression linguistique, et acceptons que les vocables utilisés par elles-mêmes pour s’exprimer aient la même signification et<br /> la même résonnance. Après la conversation, les deux interlocuteurs se sépareront satisfaits et la pensée exprimée sera bien comprise, car le véhicule - phrase - a traduit les sentiments, les<br /> états d’âmes de chacune de deux parties.<br /> En supposant que les deux se soient bien compris, ils s’apprécient tous comme étant un.<br /> Examinons un cas contraire au précédent, c’est-à-dire, le dialogue entre deux personnes parlant deux langues différentes. D’emblée, la difficulté est considérable. Certes, les mots qui sont au<br /> service de la pensée n’ont pas la même signification et la même résonnance comme dans le cas précédent. La volonté de se comprendre peut y être, mais chacun de ces deux interlocuteurs veut à<br /> tout prix exprimer sa pensée dans sa langue. En ce moment s’établit la confusion et commence le langage des sourds-muets.<br /> Les deux modes d’expression linguistique n’ont rien de commun et présentent les difficultés sur tout point de vue. Dans le second cas, jusqu’à la fin de l’entretien, la pensée de chacun reste<br /> incomprise et l’ambiguïté demeure.<br /> Dégager cet aspect qui est aussi important ne nous amène pas du tout à confirmer catégoriquement que le langage parlé n’arrive pas à mettre en parfait d’accord les êtres humains qui l’utilisent<br /> pour s’exprimer. Mais il faut souligner que ce mode d’expression n’arrive pas parfois à rendre la pensée comme souhaitée.<br /> En effet, comme on pourra le remarquer, la difficulté réside au niveau même de ce véhicule. Maurice Béjart, pour sa part, pense plutôt que :<br /> « Le langage parlé reste du domaine de l’illusion ; les mots, lorsque nous croyons les comprendre, nous cachent ou nous dévoilent des images trompeuses, nous entraînent dans le<br /> labyrinthe toujours recommencé de la sémantique de Babel.<br /> Lorsque les hommes se mettent à parler longtemps ; il y a rarement accord. Discuter veut dire se disputer. La langue divise » [3].<br /> Quand les êtres humains se mettent à discuter ou à converser, c’est souvent autour d’un sujet bien déterminé, en vue de chercher la vérité. Or on remarque le plus souvent dans une causerie que<br /> lorsque les deux interlocuteurs conversent et n’arrivent pas à trouver la vérité, c’est tout simplement parce qu’ils se mettent difficilement d’accord, à cause soit du raisonnement, soit des<br /> arguments pouvant déguiser l’essence de la pensée, et parce qu’ils se butent aux nombreux problèmes linguistiques de contact, notamment la non-maîtrise de concepts, la formulation inexacte des<br /> idées et émotions, etc..., ce qui est différent du langage dans le contexte corporel.<br /> <br /> <br /> <br /> 2.LANGAGE DANS LE CONTEXTE CORPOREL<br /> <br /> <br /> Sans souvent se rendre compte, et c’est une omission grave, l’homme oublie de temps en temps que son corps constitue un instrument de communication.<br /> Il oublie surtout que le geste est aussi porteur de sens pour communiquer des émotions plus complexes. Il pense peut-être que le véhicule le plus ordinaire qui puisse permettre de sortir de lui<br /> quelque chose à donner à son semblable, c’est le langage articulé. Il est vrai que ce véhicule le plus connu est le plus utilisé, mais comme nous venons de le dire, celui-ci n’amène pas<br /> toujours les semblables à se comprendre parfaitement.<br /> N’est-ce pas cette lacune qui a amené l’homme du XXe siècle à s’intéresser de plus en plus à l’art du mouvement ? En ce moment précis, il se préoccupe de faire accepter à ses semblables<br /> qu’« il y a des êtres qui arrivent, en dehors de tou<br /> <br />
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M
<br /> (Loll!)  Etienne, suite à ton post ci-haut,voudrais-tu dire  qu'il vaudra  mieux ne pas y<br /> participer affublé de rhume?<br /> <br /> <br /> le samedi 20 avril à 15 heures, nous avons un café philosophique avec Vincent Cao, grand spécialiste du bouddhisme, sur l’intelligence transcendantale, avec des<br /> temps de méditation et de réflexion.<br />
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D
<br /> Compagnie des Fleurs Coupées et Patrick Bleuzen en Résidence – Danse Buthô<br /> <br /> <br /> Du 13 au 19 avril 2009<br /> <br /> <br /> <br /> En Hommage à Darwin, que nous fêtons à l’occasion de son bi centenaire, La Cité des INSECTES a invité la Compagnie des Fleurs Coupées en résidence. Groupe de recherche et de création qui<br /> travaille sur l’expression du corps. Les quatre artistes ont rencontré Patrick Bleuzen, personnage éclectique, directeur animalier, passionné d’insectes et collectionneur de pièces rares sur le<br /> monde des insectes. Ensemble ils nous ont invité à partager une rencontre improbable entre la danse Buthô et le monde fantastique des insectes, à la croisée de l’imaginaire et des sciences. Deux<br /> chemins révélateurs de la présence instable et impénétrable qu’est la vie !<br /> <br /> Du 13 au 19 avril, Patrick Bleuzen a répondu aux questions des visiteurs et a présenté certaines pièces culturelles de sa collection personnelle : masques insectes, objets papous qu’il a<br /> collecté lors de ses voyages lointains. Il a abordé les thèmes aussi variés que superstitions, croyances, arts premiers ou classiques, littérature, septième art mais aussi origine des insectes et<br /> biodiversité.<br /> La Compagnie des Fleurs coupées vous a proposé des ateliers de danse et des performances dansées.<br /> <br /> Du lundi 13 au vendredi 17 avril, Sandra Déjardin et Aurélie Pras vous ont proposé des ateliers de danse Buthô. La danse proposée dans ces ateliers était accessible à tous les<br /> âges de 5 à 99 ans ! Des thèmes tirés de la vie des insectes ont été proposés pour inviter chacun à improviser en entrant dans sa propre danse.  <br /> Les artistes vont puiser dans les métamorphoses, le camouflage et l’adaptation au milieu extérieur des insectes.<br /> Deux ateliers journaliers ont été proposés à des groupes de 15 personnes au plus :<br />    · L’un de 10h30 à 12h30 réservé aux enfants de 5 à 15 ans - 12€ l’atelier<br />    · L’autre de 15h à 17h30 consacré aux adultes - 25€ l’atelier<br /> <br /> Les samedi 18 et dimanche 19 avril à 15h - performances dansées « Corps Multiple » en jeu d’apparition et de disparition  par la Compagnie des Fleurs<br /> coupées. Performances mises au point pendant leur résidence à La Cité des INSECTES. 8€<br /> « Les insectes appellent à un réveil « des corps ».<br /> Réalité et intention relative s'harmonisent poétiquement,<br /> Quand nous puisons dans nos corps, cette force d’évolution et de transformation, que la vie rend nécessaire.<br /> Où allons-nous ?<br /> Et vers quoi l’on tend ?<br /> Eclosion, développement, obstacles et chutes,<br /> Jusqu’au point culminant,<br /> Nous marchons, boiteux, en cadence légère »<br /> <br /> Vous êtes venus nombreux pour cette semaine pleine de moments d’échange à vivre passionnément, avec des gens de passion, à la croisée des démarches scientifique et artistique.<br /> <br /> « L’homme n’a qu’un but : choisir en vue de son propre avantage, la nature, au contraire, choisit pour l’avantage de l’être lui-même ».<br /> Darwin, L’Origine des espèces.<br />
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A
<br /> <br /> <br />  <br /> La<br /> danse des cigognes<br /> <br /> <br /> <br /> http://caravane.wordpress.com/tag/aquarelle/<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> NOUN, LA DANSE DES ÉLÉMENTS OU LE VOYAGE DES OISEAUX<br /> <br /> <br /> avec Assia Guemra<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> On raconte que, dans les temps anciens, les oiseaux du monde entier se réunirent pour choisir un Roi. Ils décidèrent de rechercher le Simorgh, cet oiseau rare,<br /> fabuleux et puissant, digne de les guider et de les gouverner. Au cours de leur périple, ils passèrent les épreuves du Noun, celle des éléments de la puissance.<br /> <br /> <br /> L’eau, le feu, le bois, le fer et la terre, l’air et l’éther, chacun des éléments fut chargé de tester la valeur des oiseaux. Lorsqu’ils furent dignes de se<br /> présenter devant le simorgh, ils se virent en lui. Contenant et contenu formèrent la lettre primordiale Noun. Ils étaient le Simorgh, et étaient en eux le Simorgh. Ce dernier leur dit alors : «<br /> Le soleil de ma majesté est tel un miroir ; celui qui vient s’y mirer y voit son âme et son corps, il s’y voit tout entier. Puisque vous êtes venus ici trente oiseaux, vous vous trouvez<br /> trente oiseaux (Si Morgh) dans ce miroir. S’il venait encore quarante ou cinquante oiseaux, le rideau qui cache le Simorgh serait également ouvert. Quoique vous soyez extrêmement changés, c’est<br /> vous que vous voyez là ».<br /> <br /> <br /> Cette parabole fantastiquement chorégraphiée est l’œuvre d’Assia Guemra, danseuse, chorégraphe et comédienne – metteur en scène reconnue. Elle<br /> enseigne depuis près de trente ans la danse dans différentes écoles de danse, anime des cours, stages, formations, masters class et ateliers.<br /> <br /> <br /> http://www.imarabe.org/danse/noun-la-danse-des-elements-ou-le-voyage-des-oiseaux<br />
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A
<br /> <br />
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D
<br /> J’ai essayé de mettre en place une structure pour comprendre la genèse de la parole à partir du souffle créateur. Un des points qui me paraissaient importants<br /> était le passage par la musique, qui marque de son empreinte tous les développements ultérieurs. Il me semble qu’on peut la considérer comme une matrice de la parole. Mais comment passer de la<br /> musique à la parole sans faire intervenir l’écriture, initiée dans la danse ? C’est à partir d’elle qu’il est possible de penser le langage et les langues à travers lesquels, la parole<br /> va faire son apparition sous la forme d’un chant. Et, à ce niveau, tu interviens pour dire que le chant existe déjà avant la parole, dès l’émergence de la musique et nous en trouvons la trace<br /> dans le chant de l’alouette du merle ou du pinson. Comme si le temps des oiseaux ponctuait le devenir de l’homme. Dans notre animalité, à un moment donné, ils ont signifié, pour une part, le<br /> passage par la musique. Selon Saint François qui va plus loin encore, nous aurions été soleil, lune, eau, feu, terre. Et même la mort est une étape de notre devenir, la dernière comme si nous<br /> devenions vraiment homme au moment où nous acceptons de la traverser. Dans l’homme, c’est tout l’univers qui se trouve transfiguré, anobli. Et, au terme, je parle en poète, il appartiendrait à<br /> l’être humain, de faire une sorte de retournement, pour donner la parole à l’univers, dans toutes ses composantes, pour chanter la gloire du souffle créateur.<br />
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M
<br /> Les oiseaux chantent mais ne dansent pas<br /> <br /> <br /> Surtout ne cherche pas dans mes remarques un imprimatur ou un refus d’imprimatur à ton texte. Des remarques, je me sens bien incapable d’en faire, me sentant<br /> perdu, aveugle, devant ton texte. D’où viens-tu, où vas-tu ?... Je me sens impuissant à suivre ta pensée en bottes de sept lieues, qui effleurent des sommets et les relient par des sauts<br /> imprévisibles. Tu m’aventureras à remarquer que les oiseaux chantent, amorce de parole, mais ne décrivent ni n’écrivent. Ils ne dansent pas, même si les alouettes et les pipits s’élèvent dans les<br /> airs en chantant et en tournant par des ronds qui ne sont pas une danse. A contrôler.<br /> <br /> <br />  <br />
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E
<br /> <br /> <br /> Eole, le dieu du vent<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Laisse fonctionner ton imagination : c’est bien pour tous. Alors, est-ce que le souffle créateur était Eole ? C’était plutôt un souffle<br /> perturbateur ! Mais peut-être que sa seule issue pour ne pas perturber la création, c’était précisément d’inventer la musique. Va savoir !<br />
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D
<br /> Oui Etienne, une bien pénible expérience cette grippe de printemps comme ci elle se trompait de saison. Depuis hier j’en suis au moins à<br /> <br /> <br /> ma troisième pastille Valda. J’espère ne pas trop te déranger avec mon imagination parfois hasardeuse.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A vous Blogueur qui n'êtes pas de la génération d’Alice aux pays des Vermeilles, écoutez au moins la voix de cette grande dame : « Imaginez vous un peu, dans une<br /> cuisine style année 50 du siècle dernier, nous attendions que la TSF nous délivre du dernier épisode de la Famille Duraton. Pour enfin, nous entendre, sur les ondes de Radio Luxembourg, comme une<br /> alerte à la bombe le fameux « Attendez-vous à savoir ». de Geneviève Tabouis. Cette voix pourrait peut être concerner l'actualité d'aujourd'hui! Mais bon ne soyons pas plus loyaliste<br /> <br /> <br /> que le Roy »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> « Au commencement était le souffle créateur » Mais oui, Mais bon sang c'est bien sûr! Au commencement était Éole le souffle de Dieu. Éole tournoyait au dessus de<br /> l’océan l’infini. Entendez le souffle puissant et salé d’Éole, faisant glisser le continent comme une poterie brisée inanimée et inoccupée. Craignant le pire Dieu cousit avec une dextérité de<br /> facteur de musique, les ailes des vents impétueux dans outre de peau et la jeta au fond de la mer. C’est ainsi que encore aujourd’hui nous pouvons entendre ces Instruments d'Eau : les<br /> Mouettes<br /> <br /> <br /> Chantantes, le Bullophone, le Pluviophone, la harpe aquatique…<br />
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L
<br /> <br /> Référence<br /> pour l’image<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> http://chrisbernardine55.wordpress.com/2009/11/28/passee-au-crible-grippe-ah1n1-bas-les-masques/<br />
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L
<br /> <br /> La<br /> grippe qui fait régresser<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> <br /> Lorsque le souffle s’essouffle…<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis en train de faire une expérience pénible avec l’arrivée de la grippe. Ma respiration perd beaucoup de son ampleur. Alors, l’écoute se fait moins précise,<br /> comme si une forme de brume s’introduisait à l’intérieur de mes oreilles. Aussi le plaisir d’écouter de la musique s’estompe et encore plus l’envie de danser ma vie. Peu à peu, l’écriture<br /> elle-même devient plus difficile car l’inspiration fait défaut, et le plaisir de chanter ou de faire de grands discours finit par se tarir. Même la pensée perd beaucoup de son acuité car le<br /> cerveau s’enrhume. Tout cela pour dire que finalement tout est suspendu au souffle : « Au commencement était le souffle<br /> créateur ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> C’est effectivement un thème difficile et avec de multiples possibilités d’interrogation ou de développement. Lorsque tu auras du temps, tu peux toujours prendre<br /> une première piste et essayer de la défricher. Je ne sais pas encore quand il y aura un nouvel article sur le blog. Mais tu sais que, le samedi 20 avril à 15 heures, nous avons un café<br /> philosophique avec Vincent Cao, grand spécialiste du bouddhisme, sur l’intelligence transcendantale, avec des temps de méditation et de réflexion.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A bientôt si tu peux !<br />
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C
<br /> Tu proposes des thématiques qui m'intéressent mais j'ai eu des soucis avec mon internet. De plus je suis assez occupée en ce moment (JE NE SUIS PAS A LA RETRAITE,<br /> MOA, ...)<br /> <br /> <br /> Pour être plus précis, la thématique sur la genèse de la musique et la parole ou le langage, de la parole à la musique, l'apparition du langage et des langues,<br /> l’apparition des langues indo-européennes en France et en Europe, la suprématie de la langue anglaise sur les autres langues indo-européennes et autres.<br /> <br /> <br /> Voilà, nous pouvons nous pencher sur au moins ces réflexions.<br /> <br /> <br /> Quand est le prochain rdv?<br />
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S
<br /> <br /> <br /> Apprendre à lire sur les lèvres quand on est sourd<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Charles, je retiens trois phrases de ton texte : « Lire à haute voix », « Lire sur les lèvres », « Apprendre par<br /> cœur ». S’il y a lecture, c’est qu’il y a écriture, y compris sur les lèvres. Et la mémoire n’est-elle pas le lieu où la parole se transforme en écriture ? Ainsi la parole semble<br /> inséparable de l’écriture. Ce sont les deux faces d’une même réalité.<br /> <br /> <br /> L’écriture n’est-elle pas alors l’inconscient de la parole, la structure sans laquelle la parole ne tient pas ? Elle est toujours là, même<br /> lorsque je ne la vois pas. C’est pourquoi j’ai toujours pensé que le psychanalyste aurait tout intérêt à faire écrire le patient pour que s‘exprime son inconscient.<br />
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C
<br /> Suite<br /> <br /> <br /> http://dl.free.fr/mBrqFV84z<br /> <br /> <br /> Le fichier est protégé par le mot de passe suivant: 12345<br />
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C
<br /> Étienne bonsoir,<br /> <br /> <br /> Au 40ème commentaire à ton texte de ce mois, plutôt que de me précipiter à ajouter le mien, j'ai écouté samedi dernier 6 avril à 11h dans<br /> l'émission de France-Inter "Sur les épaules de Darwin" une réflexion passionnante de Jean-Claude Ameisen "Aux origines du langage" qui fait suite aux émissions des deux samedi précédents. Je te<br /> la transmets en pièce jointe, ne sachant trop si tu peux la faire entendre sur le blog. Jean-Claude Ameisen nous dit (14'45'') que la lecture d'un texte consiste à*traduire en sons ce dont<br /> l'écriture avait laissé la trace*, car l'écriture est aussi ancienne que la parole (en cela je te rejoins). Mais jusqu'au 5ème siècle on lisait à voix haute, au point que Saint Augustin dit son<br /> étonnement de voir un évêque *lire sans parler*. Mais lisons nous vraiment sans parler ? Car nous avons un langage intérieur quand nous lisons. Ameisen s'interroge sur le fait d'apprendre à lire<br /> (18'47'')  qui consiste à associer des signes visuels à des sons, la *traduction visuelle d'une langue orale*. Et la langue originelle, c'est *la<br /> langue orale*, la seule que nous connaissions avant d'apprendre à parler, dans cette dialectique du son et du visuel, (même si Écho précède Narcisse), et où l'enfant, c'est sur les lèvres de sa<br /> mère qu'il apprend à lire : regarder sa mère lui parler, c'est déjà apprendre à parler.<br /> <br /> <br />  Ensuite Ameisen s'intéresse à tout ce que la technique permet maintenant dans la connaissance du<br /> cerveau humain, ces "cellules miroirs" qui font des assemblages de phonèmes : nous entendons "bababa" et nous lisons "gagaga" en faisant la synthèse avec un nouveau phonème "dadada". Il y a aussi<br /> ce décalage entre le visuel et l'auditif, un peu comme lorsque nous voyons l'éclair de la foudre bien avant d'entendre la déflagration.<br /> <br /> <br /> Pour ma part, je retiens que si le langage symbolique, notamment le langage mathématique, est fait de signes conventionnels (ce qu'apprend un<br /> enfant en maternelle avec sa maîtresse ou son maître qui ne sont pas sa mère c'est qu'un "S" ce n'est pas cette lettre érotisée, un serpent, mais un S,  point<br /> <br /> <br /> barre !), il reste que "le langage" c'est d'abord la langue, la bouche, "*lire sur les lèvres*" comme ce langage que de nouvelles inspectrices<br /> du permis de conduire ont appris pour permettre à des sourds-muets de réussir à passer leur permis. Et pour en revenir à cette "lecture à voix haute", je me dis que si cela avait une telle<br /> importance, c'est que les textes étaient transmis par la voix, c'était d'abord quelque chose d'oral, et comme le son de la voix quelque chose de tellement éphémère comme l'opéra ou le théâtre, le<br /> temps que dure la pièce et que le public soit là), que pour que ça puisse se transmettre, il fallait "*apprendre par cœur*", c'est à dire apprendre par la langue, par la bouche, par la voix :<br /> ainsi le mythes qu'on se transmettait de bouche à oreille, comme dans le *Phédon* (*61 b*) Socrate confie à Cébès comment ses premiers poèmes dédiés aux dieux furent composés à partir des fables<br /> d’Ésope que "je savais par cœur". Ainsi le Coran récité cinq fois par jour. Ainsi les Évangiles, comme dit Christian Bobin : "Ce qu'il y a de biens dans les Évangiles, c'est que personne ne les a<br /> jamais lus" (*Les ruines du ciel*) ; Ainsi "le par cœur", le paradoxe du vivant !<br /> <br /> <br /> Bonne écoute.<br /> <br /> <br /> Ma pièce jointe dépassant 25 Mo, je te la transmets par Free.<br /> <br /> <br /> Amicalement, Charles<br /> <br /> <br /> Vous pouvez acceder au fichier "auxoriginesdulangagesJeanClaudeAmeisen.mp3" à l'adresse suivante:<br /> <br /> <br /> http://dl.free.fr/mBrqFV84z<br /> <br /> <br /> Le fichier est protégé par le mot de passe suivant: 12345<br /> <br /> <br />  <br />
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G
<br /> <br /> <br /> Giotto et Saint-François<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Francesco. Je reconnais bien ton talent de spécialiste de Saint François. Tu nous montres comment François passe par  la souffrance et le manque pour arriver à se situer au niveau du souffle de la création. Puis c’est la lumière faite de vibration. Ensuite il s’insère dans la<br /> dynamique et la mélodie de la gestation du monde. Et poussé par un tel élan, il ne chante pas vraiment  lui-même mais il donne la parole au soleil, à<br /> la lune, à tous les êtres du monde et même à la mort, pour qu’ils célèbrent, par leur chant, la gloire du créateur. Je suis séduit par cette idée que l’homme ne doit pas garder la parole pour lui<br /> mais qu’il doit la donner à toute la création pour qu’elle se révèle dans sa beauté (de la musique) et dans son mystère (la parole chantée).<br />
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F
<br /> Note sur le Cantique des Créatures  - de la part de Francesco<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> … En suivant le fil de ta proposition, qui fait des liens entre l’écriture, la parole, la musique, par rapport à ‘la<br /> création du monde’, entre souffle de vie et cris de guerre, je suis allé regarder quelques textes anciens des premiers biographes de st-François d’Assise, qui racontent dans leur  style moyen-âge les conditions d’écriture et de composition, de ‘création’, de ce cantique, et j’ai été surpris de découvrir quelques remarques que j’essaie de<br /> synthétiser….<br /> <br /> <br /> Le chant du Cantique des créatures, paroles et musique,  jaillit chez François<br /> non d’une façon magique, ni spontanée, ni par enthousiasme béat et joyeux devant le soleil et la lune et les étoiles… mais au bout de longs moments de souffrance, par son état de santé très<br /> éprouvé et affaibli, et aussi au bout d’une sorte de combat et d’un trouble intérieur, marqué par une grande interrogation sur le sens de la vie, sur l’avenir, sur la ‘guérison possible ou non de<br /> l’âme et du corps’… C’est donc par une gestation de souffrance, dans l’épaisseur d’une expérience humaine physique et intérieure, troublée et interrogative que François découvre au plus profond<br /> le sens, l’ouverture, la musique intérieure qui lui font regarder ‘au-delà’ des apparences, du sensible, du visible, pour chercher et voir l’invisible (le premier mot du chant : Altissimu,<br /> le Très-haut…) pour voir et entendre et parler ensuite ce qui est au cœur de l’expérience humaine (le dernier mot du chant : cum grande humilitate, le Très-Bas…).<br /> <br /> <br /> Et la strophe sur le pardon est composée et chantée comme leit-motif d’une intervention de médiation réelle dans un conflit<br /> assez dur qui oppose l’évêque et le maire d’Assise qui s’excommunient réciproquement…<br /> <br /> <br /> Et la strophe sur la mort est composée et chantée en situation réelle, au moment de sa fin de vie, en train de mourir, les<br /> derniers instants de son combat spirituel et corporel, comme chant qui appelle une victoire invisible et réconciliée sur le visible obscur et lourd.<br /> <br /> <br /> Toute chose visible ‘porte signification’ d’une autre réalité plus profonde et intérieure, c’est ce qui permet une écriture<br /> et une composition d’un cantique et d’une musique, là où il peut y avoir source et souffle de sens  et de vie, mais au prix d’un combat… Oui, parole,<br /> musique, chant, opéra cosmique, mais jaillissant dans et par un terroir de souffrance et d’interrogation, de recherche de sens, qui seule permettrait d’ouvrir des horizons insoupçonnés.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> « ….Il fut cinquante jours et plus sans pouvoir supporter pendant la journée la lumière du soleil, ni pendant la nuit<br /> la clarté du feu. Il demeurait constamment dans l’obscurité à l’intérieur de la maison, dans sa cellule. Ses yeux le faisaient tellement souffrir qu’il ne pouvait se reposer et qu’il ne dormait<br /> pour ainsi dire pas, ce qui était très mauvais pour ses yeux et pour ses autres maladies….<br /> <br /> <br /> Une nuit, comme il réfléchissait à toutes les tribulations qu’il endurait, il eut pitié de lui-même et dit<br /> intérieurement : « Seigneur, secours-moi dans mes infirmités, pour que j’ai la force de les supporter patiemment ! » Et soudain il entendit en esprit une voix :<br /> « Dis-moi, frère : si, en compensation de tes souffrances et tribulations on te donnait un immense et précieux trésor d’un royaume : la masse de la terre changée en or pur… les<br /> cailloux en pierres précieuses… l’eau des fleuves en parfum… ne  regarderais-tu pas comme néant la terre, les cailloux et les<br /> eaux ? »<br /> <br /> <br /> Le bienheureux François répondit : « Oui Seigneur ce serait un bien grand trésor, très précieux, inestimable,<br /> au-delà de tout ce qu’on peut aimer et désirer ! »<br /> <br /> <br /> « Eh bien, frère -dit le voix-  réjouis-toi et sois dans l’allégresse au<br /> milieu de tes infirmités et tribulations : dès maintenant tu peux vivre en paix  car tu partages déjà mon Royaume ! »<br /> <br /> <br /> Le lendemain au lever, il dit à ses compagnons :  « ….   ….  … et Dieu m’a donné une telle grâce et bénédiction qu’il a daigné, dans sa miséricorde, me donner la<br /> certitude à moi, son pauvre et indigne serviteur, vivant encore ici-bas, que je partagerais les trésors de son Royaume… Aussi, pour sa gloire, pour ma consolation et l’édification du prochain, je<br /> vais composer une nouvelle « Laude » au Seigneur par et pour ses créatures dont nous usons chaque jour… »<br /> <br /> <br /> …   ….    … Il<br /> s’assit, se concentra un moment, puis s’écria : « Altissimu… » et composa sur ces paroles une mélodie qu’il enseigna aussi à ses compagnons….<br /> <br /> <br /> (Légende de Pérouse 43-44)<br /> <br /> <br />  <br />
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P
<br /> <br /> <br /> La greffe d’un arbre<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je n’ai pas corrigé le premier texte parce que cela m’amènerait à déplacer de nombreuses réactions, car  si je corrige un texte il faut que j’annule le premier  et que j’en ouvre un second, qui  viendra après tous les autres déjà mis en forme.  Par  contre, je me<br /> suis permis de reprendre le second texte dont j’ai fait le toilettage. Pour qu’un texte sorte de la meilleure manière, il convient de l’écrire d’abord sous Word, de faire alors toutes les<br /> corrections, y compris avec le correcteur  automatique. Ensuite, il faut  le mettre en taille 10, pour<br /> qu’il sorte correctement sur le blog.<br /> <br /> <br /> Tu m’amuses avec tes réactions sur  le dessin concernant  l’intussusception.  J’ai repris exprès ce dessin pour introduire un peu d’humour. Et puis c’est aussi lui qui m’a permis de comprendre ce que signifiait un mot pas du tout courant.<br /> Il m’a fait penser à la greffe d’un arbre, que j’ai appris à faire lorsque j’avais 14 ans. Le greffon s’insère sur la branche sauvage, en récupère toute la sève et finit par transformer<br /> l’arbre  tout entier ; il fait passer  cet arbre à un niveau supérieur.<br />
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M
<br /> Merci à Etienne s'il peut ôter les duplications dans ma palabre précédente. C'est en effet fort gênant<br /> pour sa lecture. Mais de toute façon rien ne vaudra Marcel Jousse dans son intuition de cette forme d'intuition préalable ou inhérent au mot et qu'il dénomme intussusception.<br /> <br /> <br />  Je m'attendais bien un peu à voir sortir une telle plate  sortie au sujet de l'intussusception, même sans poisson d'avril, c'est la définition moderne<br /> de dictionnaire courants, mais cherchez donc un peu plus. Allons, allons," bas chasse" à/ou " anatomie <br /> intestinale",  c'est tout ? C'est bien "pôvre" çà mmmeuh! et je n'aimerais  pas que l'on livre les années de labeur de chercheurs découvreurs et applicateurs (avec succès)  à<br /> ces  pour le moins polissonneries de vents ou de vannes là!<br /> <br /> <br /> Un exemple d'intussusception?  En voilà une Jean-Claude, tu en donnes un exemple avec le  mot<br /> "corse" et du coup "corsé" :<br /> <br /> <br /> Dans  "soussrou" et "sussurement" on trouve tout le volume du ressenti de ce dont parle Jean-Claude,<br /> le mot en est né à partir de 'l'habitation  du bruit si particulier de l'eau par corps écoutant" qui l'a transmis (culture) à d'autres corps sensible ou non dès lors à sa plénitude musicale<br /> rendue tant dans la musicalité du mot que dans sa forme écrite<br /> <br /> <br /> -s/ou/s/ou ¨: s sinusoïde et douceur d'un son discontinu dans son intensité<br /> <br /> <br /> -(s/u/s/u plus aigu pour d'autres oreilles, autre culture)  redondants<br /> <br /> <br /> - la douceur d'un r roulé, comme un rouli<br /> <br /> <br /> à l'instar du mot écrit et dit qui  convient au mouvement et au son de la fontaine  qui n'en<br /> fini pas de-ce  que appelle alors en Français -SUSSURER.<br /> <br /> <br /> D'autres que Marcel Jousse développeront  l'intussusception au niveau  kinesthésique sorte de<br /> mimétisme des  organes phonatoires jusqu'au contour du mot, vous savez comme quand on sens un mot dont on dit: je l'ai sur le bout de la langue pour dire qu'on en sens la forme... forme dont<br /> on pourrait dessiner à condition d'y prêter une vive et sérieuse attention... Ce mot là serait comme la trace  écrit e précédant la forme académique (telle qu'écrite dans le dictionnaire par<br /> exemple, ou sur le chier d'écolier)  du mot recherché.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Allez je vais me "chambrer" au dodo, rien ne vaut le repos et l'auto-dérision!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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