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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 08:49

 

 

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La voie d’humanisation proposée par l’Islam

 

 

Une révélation divine est d’abord une intuition et il ne nous appartient pas de juger si la Parole de Dieu y est engagée. En même temps qu’elle peut susciter un échange entre l’homme et Dieu, elle est porteuse d’un projet humain qui peut faire avancer ou régresser l’humanité dans son ensemble. C’est à lui seulement que nous nous intéressons ici et nous pensons qu’en ce qui concerne l’Islam il est de grande qualité.

 

Le récit sur la rencontre de Salomon et la reine de Saba

Mohamed nous présente un récit intitulé « Salomon et la reine de Saba » dans la sourate XXVII des fourmis. Il s’appuie sur un passage de la Bible qu'il reprend à sa manière. Il affine ainsi notre compréhension de l'Islam. Il pense en effet que l’attitude profonde de soumission qu’il met en valeur a toujours existé chez les personnes les plus proches de Dieu. Ainsi Salomon et la reine de Saba sont présentés comme deux types fondamentaux  qui illustrent deux pratiques de l’Islam : une pratique, en partie, contestable, celle de Salomon, et la bonne pratique, celle de la reine de Saba.

 

Une voie royale : la fidélité indéfectible  à la recherche de la vérité

 Or, c’est une voie royale que Mohamed propose à toute femme et à tout homme quels qu’ils soient : elle concerne la fidélité dans la recherche de la vérité. Sans doute, la reine de Saba adorait-elle le soleil, mais son attitude intérieure était pure : elle était en recherche de vérité. Et lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est dans l’erreur, elle n’hésite pas à se soumettre à une vérité qui la dépasse et qui, dans son prolongement ultime, se manifeste dans le Dieu de Salomon.

 

Des écueils à affronter

Pour atteindre la vérité, Mohamed sait que l’homme devra affronter plusieurs écueils importants. Ces écueils sont illustrés par le comportement de Salomon.

 

La toute-puissance du masculin

 

Salomon est très étonné lorsqu’il apprend que Saba est gouverné par une femme, « comblée de tout » et possédant « un trône magnifique ». Il pensait que le pouvoir devait appartenir aux hommes. Or la réalité fait vaciller ses principes masculins mais il se rassure car la reine de Saba adore le soleil et n’est donc pas dans la vérité de l’existence.

 

La tyrannie du pouvoir

 

Provoqué, Salomon finit par se prendre pour Dieu Lui-même ; il exige la soumission de la reine de Saba. Son message envoyé à celle qui semble le défier dans sa fierté d’homme et de roi est le suivant : « C’est de la part de Salomon et c’est au nom de Dieu, le Tout miséricorde, le Miséricordieux : n’allez pas vous croire supérieurs à moi. Venez à moi faire votre soumission ». En pure exégèse, il pourrait s’agir d’une soumission à Dieu. Mais, en réalité, Salomon s’appuie sur Dieu pour défendre la suprématie de son pouvoir et demander la soumission de la reine à sa personne.

 

L’utilisation de la violence

 

Les tergiversations de la reine de Saba ne vont pas faire céder le roi. Elle voudrait s’expliquer, parler avec Salomon, entrer en relation avec lui. Pour le moment il n’est pas prêt. Alors il exige de celle qui semble le défier non seulement la soumission mais aussi la reddition. C’est avec son armée qu’il ira assaillir les habitants de Saba, une armée si forte qu’ils ne pourront résister. Il promet de « les expulser de leur cité, avilis et humiliés ».

 

Un itinéraire ambitieux pour dépasser les écueils 

 La reine de Saba n’est pas de nature à céder aux impulsions de Salomon car elle est déjà dans la recherche de la vérité. Elle va nous montrer, au contraire, comment les écueils qu’il met sur sa route suscitent en elle l’énergie nécessaire pour les dépasser. Et c’est donc l’itinéraire à suivre, offert à l’homme désireux d’aller jusqu’au bout de sa recherche de vérité, qu’elle propose à chacun d’entre nous.

 

Faire sa place à la femme

 

Ce n’est pas par hasard que Mohamed a proposé une femme comme modèle. Il connaît le machisme des hommes de son époque et il sait qu’ils ont besoin des qualités de la femme pour dépasser ce travers de leur toute-puissance, incompatible avec la soumission à la vérité. Dans le chef d’œuvre des Mille et Une Nuits, quelques siècles plus tard, Chaharazade inventera une forme de psychanalyse pour guérir l’homme de sa peur de la femme. Bien plus elle manifestera, avec un relief saisissant, la nécessité de faire sa place au féminin pour guérir la société de ses dysfonctionnements.

 

Le nécessaire recours à la parole pour faire face à la violence

 

Lorsque Salomon demande à la reine de Saba de se soumettre, elle fait appel à ses conseillers pour discerner quelle conduite adopter. Ils lui répondent  que le royaume est « détenteur d’une force et d’une puissance redoutable » mais ils lui laissent prendre sa décision. Alors elle réfléchit et leur dit : « Les rois, quand ils envahissent une cité, y font grand dégât, et réduisent les honorables citoyens à la vilenie ».  Elle sait que la violence engendre la violence, et ce sont les habitants qui en supportent les mortelles conséquences. Dans de telles conditions, il vaut mieux ouvrir l’espace de la parole en envoyant un cadeau au roi belliqueux. Sans doute, en un premier temps,  écoute-t-il sa fierté de monarque  et refuse-t-il le présent. Mais ce geste de la femme, à défaut d’ouvrir l’espace de la parole, commence à éloigner la violence en dégageant l’espace de la séduction.

 

Savoir reconnaître ses erreurs

 

C’est alors que Salomon tend un piège à celle qu’il veut connaître. Il demande à un djinn de lui confectionner un double du trône de la reine de Saba. A la grande surprise de tous, « l’image » est aussi belle que la réalité. Mais le roi, retrouvant un peu de sa sagesse, demande qu’on lisse de verre le palais de la souveraine. Lorsque la femme arrive, elle croit reconnaître son trône tout en émettant une certaine réserve (on dirait que c’est lui), et pénètre dans le palais. Alors, découvrant une nappe d’eau profonde tellement le sol a été poli, elle soulève sa robe et dénude ses jambes. Déjà séduit, le roi lui signale sa méprise. Elle n’hésite pas alors à reconnaître son erreur et se soumet, dans son esprit, à la vérité tout entière, en se convertissant au Dieu de Salomon.

 

Une intuition universelle contrariée par le pouvoir

 Pendant les premiers siècles, l’Islam a été un ferment puissant de civilisation, à tel point qu’il a pu se confronter pacifiquement et avec succès aux autres cultures et aux autres religions. Mais dès le douzième siècle, un blocage s’est produit. L’intuition de la fécondation de l’homme par la recherche inconditionnelle de la vérité semble avoir cessé de fonctionner. En prenant le pas sur elle, le pouvoir a contribué à détruire au moins en partie ce qui était un stimulant pour le développement de toute civilisation. Pour l’avenir de l’Islam et le progrès des cultures qu’il peut susciter, il apparaît nécessaire, face aux pouvoirs de toute nature, de redonner la première place à l’intuition universelle qui lui a donné naissance.

 

 

Sulaïmâane et la reine de Saba
(Sourate XXVII, " Les fourmis ")

 

1 Tâ sîne (T S). Ce sont là des signes du Coran et d'un Livre explicite
2 en tant que guidance et que bonne nouvelle pour les croyants
3 ceux qui élèvent la prière, acquittent la purification : ils ont certitude, eux, de la vie dernière
[…]
6 tu reçois certes le Coran du sein d'un Sage, d'un Connaissant.
7. Lors Moïse dit aux siens : " Je perçois un feu. Je vous en rapporterai une information, ou un brandon en flamme dont vous pourriez vous réchauffer ".
8. Quand il y parvint, il fut appelé : " Beni Celui qui est dans le feu et [Celui] qui l'entoure
- O transcendance de Dieu, Seigneur des univers !
9. - Moïse, Moi Je suis Dieu, le Tout-puissant, le Sage […] "
16. Sulaïmâane hérita de Dâwood. Il dit : " Humains, on nous a enseigné le langage des oiseaux, nous sommes gratifiés de tout [outîna min koulli chaïe]. "
- C'était là le privilège éclatant.
17. Et fut rassemblée par Sulaïmâane son armée de djinns, d'hommes et d'oiseaux, à sa discrétion.
18. Ils arrivèrent enfin à la vallée des fourmis. Une fourmi dit : " Fourmis, rentrons dans nos demeures, que Sulaïmâane ne nous écrase avec ses soldats, sans même s'en rendre compte ".
19. Sulaïmâane modéra en sourire le rire que lui inspirait ce propos : " Seigneur, dit-il, confirme-moi dans l'action de grâces pour le bienfait que Tu m'as dispensé comme à mon père et mère, et dans l'accomplissement de l'œuvre salutaire qui puisse Te contenter. Fais-moi entrer par Ta miséricorde au nombre de Tes adorateurs justifiés ".
20. Après avoir cherché parmi les oiseaux, il dit : " Comment ne vois-je pas la huppe ? Serait-elle parmi les manquants ? "
21. que je lui inflige une punition sévère ! Ou même l'égorge à moins qu'elle ne me présente une justification explicite "
22. or, sans l'avoir trop fait attendre, elle dit : " J'ai embrassé de mon savoir ce que tu ne sais pas. Je t'arrive de Saba avec une information de certitude
23. J'ai trouvé qu'une femme est leur reine [tamlikouhoum] : elle est comblée de tout [outïate min koulli chaïe], possède un trône magnifique [archoune âdîme]
24. J'ai trouvé qu'elle et son peuple se prosternent devant le soleil en place de Dieu. Satan leur pare leurs actions et les détourne du chemin, de sorte qu'ils ne se dirigent pas bien ".
25. - Quoi ! ne pas se prosterner devant Dieu qui met au jour ce qui est caché aux cieux et sur la terre, et connaît ce qu'ils cèlent et ce qu'ils publient
26. Dieu - il n'est de dieu que Lui -, c'est Lui le seigneur du Trône souverain [al-archi l'âdîme].
27. Sulaïmâane dit : " Nous verrons si tu dis vrai ou si tu n'es qu'une menteuse effrontée
28. pars avec ce mien écrit, et lance-le-leur, et puis prends quelque distance et observe leur réponse. "
29. Elle dit : " Conseil, il m'a été lancé un écrit généreux
30. "C'est de la part de Sulaïmâane et c'est au nom de Dieu, le Tout miséricorde, le Miséricordieux :
31. N'allez pas vous croire supérieurs à moi. Venez à moi faire votre soumission [muslimîne]." "
32. Elle dit : " Conseil, éclairez-moi sur ma décision. Je ne trancherai rien qu'en votre présence "
33. Ils dirent : " Nous sommes détenteurs d'une force et d'une puissance redoutable. La décision te revient. Vois toi-même que décider "
34. Elle dit : " Les rois quand ils envahissent une cité, y font grand dégât, et réduisent les Honorables citoyens parmi son peuple à la vilenie (adillah]. " - Ils en usent ainsi
35. c'est pourquoi je leur dépêche un messager avec un présent, puis j'attends pour voir ce que rapportent les messagers "
36. Quand le messager vint à Sulaïmâane, ce dernier lui dit : " Vous me feriez largesse d'argent ? Mais Dieu m'a donné davantage qu'à vous ! À vous plutôt de faire bombance avec votre présent !
37. Toi, retourne aux tiens. Je jure de les assaillir avec une armée à laquelle ils ne peuvent faire face, et de les expulser de leur cité, avilis et humiliés [adillah] ! "
38. " Conseil, dit-il, qui va m'apporter son trône avant qu'ils ne viennent à moi soumis ? "
39. Un djinn redoutable dit : " Je vais te l'apporter avant que tu ne te lèves de ta place, et je suis aussi sûr que fort "
40. Celui qui avait une connaissance du Livre dit : " Je te l'apporterai avant que tu n'aies cillé. " Quand Sulaïmâane eut vu le trône bien en place auprès de lui, il dit : " Cela n'est dû qu'à la grâce de mon Seigneur, aux fins de m'éprouver : serai-je reconnaissant ou ingrat ? Qui témoigne de gratitude ne le fait que pour lui-même, qui témoigne d'ingratitude… mon Seigneur est Suffisant-à-Soi, Généreux "
41. Il dit : " Transformez-lui son trône. Nous allons voir si elle va se guider ou si elle fait partie de ceux qui ne se guident pas "
42 quand elle fut venue, il lui fut dit : " Ton trône est-il bien ainsi ? "
- " On dirait que c'est lui ", répondit-elle. " Mais nous avions été dotés de la science avant elle, étant déjà musulmans (ou de Ceux-qui-se-soumettent)
43. tandis qu'elle trouvait un obstacle en cela qu'elle adorait en place de Dieu, appartenant à un peuple de dénégation. "
44. - On lui dit : " Entre dans le palais. " À sa vue, elle crut voir une nappe d'eau profonde et dénuda ses jambes. Sulaïmâane dit : " C'est un palais lissé de verre. " " Mon Dieu, dit-elle alors, j'étais inique envers moi-même. Avec Sulaïmâane je me soumets à Dieu, Seigneur des univers. "

(Traduction de Rédouane Abouddahab)

Mohamed Diab
Etienne Duval
 

 

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Duval Etienne 19/06/2011 09:13



Nigra sed formosa !


 


Je suis impressionné par votre insatiable curiosité et votre très grande érudition. Vous évoquez avec bonheur une tradition qui veut que la rencontre entre Salomon
et la reine de Saba soit à l’origine du Cantique des cantiques. Il est vrai que la reine de Saba est noire et très belle comme la bien-aimée du Cantique des cantiques.  En
latin, on avait traduit : « Nigra, sed formosa » (noire mais belle). Manifestement le sed (mais) est de trop, comme le soulignent, apparemment, les traducteurs de la TOB.



Pierre Monge 19/06/2011 09:12



Salomon, la reine de Saba et le cantique des cantiques


 


Merci pour les liens transmis vers les divers blogs consacrés en particulier à la mythologie. Ils contiennent des choses fort intéressantes. Notamment sur la reine
de Saba, également appelée


Balcaise, semble-t-il. On peut se demander si c’est la très brève lettre de Salomon citée dans le blog qui a rapproché ces deux êtres exceptionnels, ou bien si les
poèmes composés par le roi ont conquis le cœur de la belle. On dit que les Cantiques des cantiques reprendraient un chant d’amour composé dans ces circonstances. Ils ont valu en tout cas une
sorte d’enfer pour Fray Luis de Leon, qui fut condamné à une lourde peine de prison sur la demande de l’Inquisition, parce qu’il avait osé traduire ce texte en espagnol. Maisle résultat est là :
ce dernier est superbe et plein de poésie.


 


Excellente fin de semaine. Bien amicalement vôtre, Pierre Monge



Voltaire 13/05/2011 19:05



Voltaire






Voltaire 13/05/2011 18:58



Une leçon aux croyants que l’on n’attendait pas


 


La prière à Dieu de Voltaire


Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles
créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne
regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais
que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages
insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales
devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein
midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui
disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en
rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils
appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.


Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui
ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la
paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu'à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.


Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII


 



Duval Etienne 11/05/2011 16:02



Un avertissement pour les parents


 


Les barques, ce sont les propres enfants de Tap tap, qui est rattaché à l’arbre de vie (dont il tombe comme un fruit). Mais il ne sait pas s’en séparer ; il
les identifie à lui-même. Aussi lorsqu’il les laisse partir dans la vie, il craint toujours de les perdre. Et s’ils se perdent, c’est lui-même qui se perd. Pour retrouver pied dans l’existence,
il est amené à sacrifier ce qui lui permet de faire prospérer la vie (sa femme, sa vache). Alors il devient encore plus angoissé et veut garder ses enfants plus près de lui. Mais en les attachant
plus à lui, il les rend incapables de faire leur chemin dans la vie : au lieu de les préparer à la vie, il les prépare à la mort et lui avec.


 


Ce n’est qu’une proposition d’interprétation. D’autres peuvent prendre le relais.



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