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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 14:45

http://etienneduval.perso.neuf.fr/images/Livre%20sur%20violence.jpg

 

Le sacrifice d'Isaac par Marc Chagall

 

 

Rédouane Abouddahab et Etienne Duval présentent, en tant qu’auteurs, un livre sur la violence qui vient de sortir. Ils souhaitent que les futurs lecteurs puissent consigner ici leurs commentaires avec la plus grande liberté. S’ils n’arrivent pas à faire la manipulation nécessaire, il leur suffira d’adresser leurs réactions à Etienne Duval, qui gère ce blog, à l’adresse suivante : etienne.duval@cegetel.net .

 

La violence et la parole

Lectures croisées de récits bibliques et coraniques

Rédouane Abouddahab & Etienne Duval

 

Éditions Merry World

 

 

Cet ouvrage est une réflexion sur la violence et son dépassement. Il prend appui sur un ensemble de récits bibliques et coraniques, dont le rapprochement même ici opéré met en lumière le fertile fond commun des trois monothéismes. Si l’ouvrage s’intéresse aux récits fondateurs du monothéisme, il n’aborde pas celui-ci comme une religion mais comme une culture. Réalité souvent ignorée : le monothéisme est avant tout une culture, à savoir une réalité humaine qui s’exprime à travers des médiums symboliques (dont la littérature, l’architecture, l’art…), et une éthique de vie. C’est une réalité culturelle géographiquement et historiquement étendue et diversifiée, mais en partie déterminée par ces récits fondateurs et leurs modalités d’inscription dans l’inconscient social. L’ouvrage porte également sur la violence comme acte fondateur. Car, si la violence se définit par la rupture du lien, elle est aussi et paradoxalement une manière de créer du lien. En ce sens, on peut la percevoir comme fondement de la loi symbolique.

Rédouane Abouddahab est enseignant-chercheur à l’Université de Lyon, Etienne Duval est sociologue dominicain. Ils animent ensemble Formidec, association lyonnaise active dans le domaine de l’échange inter-culturel et inter-civilisationnel.

 

 

Etienne Duval

Sociologue dominicain, Etienne Duval est diplômé de l’École Pratique des Hautes Études (1969), et docteur en sociologie sur l’idéologie (1973). Il a publié une quarantaine d’articles, notamment dans Lumière et Vie, Économie et Humanisme, Travail et Emploi, Alternatives

non violentes... Il a également publié plusieurs ouvrages, dont

La question juive (Éditions Universitaires, 1969),

Réussir l’aménagement du temps dans l’entreprise (l’ANACT, 1982)

Réenchanter la ville (ÉditionsJeanson, 1994),

L’Évangile raconté àMohamed (Éditions Jeanson, 2001),

Parole intérieure (édition numérique, 2002),

Désir et violence (numéro spécial de« Fêtes et Saisons », janvier 2002).

Etienne Duval anime plusieurs sites, et notamment un blog sur Internet où il publie régulièrement des articles (une soixantaine publiés jusqu’à aujourdřhui).

Voir, entre autres,

http://mythesfondateurs.over-blog.com  (une sorte d’agora philosophique sur Internet),

http://etienneduval.perso.neuf.fr/mythesfondateurs/ (mythes et contes du monde entier)

http://etienneduval.perso.neuf.fr/  (poursuite de mythes et contes et nombreux articles publiés sur internet)

http://etienneduval.perso.neuf.fr/groupedelaparole/ (Groupe de la « parole »).

 

Etienne Duval anime un Café philosophique dans le cadre de Formidec, association lyonnaise active dans le domaine de l’interculturalité.

http://etienneduval.perso.neuf.fr/cafephilosophique

 

 

 

Rédouane Abouddahab

Maître de conférences à lřuniversité Lumière-Lyon2 où il enseigne la littérature anglophone depuis 1993, Rédouane Abouddahab est docteur en littérature américaine. Il a publié de nombreux articles sur la théorie littéraire et sur la littérature américaine dans des ouvrages collectifs ou dans des revues spécialisées telles Psychanalyse et Recherches Universitaires, Revue Française d’Études Américaines, Écarts d’Identité(s)…. Il a dirigé un recueil d’études sur les nouvelles d’Hemingway pour The Journal of the Short Story in English (2007),

un ouvrage sur la littérature et l’art américains (Textes dAmérique : écrivains et artistes américains entre américanité et originalité, Presses Universitaires de Lyon, 2008),

un autre en collaboration avec Pascal Bataillard (Écriture et libération. Trauma, fantasme, symptôme, Lyon, Merry World, 2009), et un autre, en collaboration avec Josiane Paccaud-Huguet (Fiction, Crime, and the Feminine, Bristol, Cambridge Scholars Publishing, 2011). Il vient de publier un autre ouvrage chez Merry World (Leurres de l’identité, lueurs du désir. L’écriture comme création trans-identitaire, 2011). Son dernier travail sur la

poétique de Hemingway (La musique de la cruauté) paraîtra bientôt.

Rédouane Abouddahab est le président-fondateur de Formidec (Forum International pour le Dialogue des civilisations), association qui oeuvre depuis 2004 pour le rapprochement entre les cultures et les civilisations du monde.

 

Si vous voulez commander le livre directement, allez sur

 

  http://www.merry-world.com/liste_produits.asp?categorie=Spiritualit%E9&categorieid=14 


 

Pour contacter l'éditeur (libraire ou autre)


 

http://www.merry-world.com/contact.asp

 

 

 

 

 

 

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commentaires

E
<br /> Le livre est référencé par Eannu<br /> <br /> <br /> http://fr.eannu.com/20livre,3.html<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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W
<br /> La violence et la parole est sur « World book center », distributeur du livre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.worldbookcenter.net/<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> La Tourette, le 3 décembre, La violence et la Parole<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une vingtaine de personnes étaient réunies, à La Tourette (Couvent Le Corbusier), le 3 décembre, autour de Rédouane Abouddahab et Etienne Duval, auteurs du livre<br /> « La violence et la Parole ». La matinée a été consacrée à la présentation  du livre. L’après-midi, les participants ont été invités à lire en commun trois<br /> textes : « La lutte de Jacob avec Dieu », « Le sacrifice d’Ismaël » dans le Coran et « Daniel dans la fosse aux lions ». Cette expérience a permis de constater<br /> l’intérêt de la lecture en commun. Les points de vue sont différents et peuvent multiplier les interprétations d’un texte. Nous avons pu ainsi interroger la violence, sous ses différentes<br /> faces : la force de mort dans la vie, le manque, la séparation, l’affrontement à la mort, le sacrifice de la toute-puissance, la lutte à mort avec l’Autre pour la connaissance, le passage de<br /> la violence à la parole… Constitutive de la vie à l’origine, la violence dans son lien avec la force de mort est également constitutive de la parole.<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Tes remarques ne font pas pâle figure à côté de celles des autres. Au contraire parce que tu fais preuve d’une grande bienveillance. Personnellement j’ai besoin de<br /> critiques pour avancer mais j’ai aussi besoin de bienveillance pour me conforter. Et je dois dire que critique et bienveillance sont faites pour aller ensemble, comme le doute et la conviction<br /> dans la foi. Si la critique est déliée d’une bienveillance initiale, elle finit par tuer et prive l’autre de la parole au lieu de le confirmer comme interlocuteur. Tu as choisi, au départ, la<br /> bienveillance, et je t’en remercie parce que tu as fait le choix fondamental.<br />
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J
<br /> Je suis très honoré de figurer dans ton blog que j'ai parcouru avec intérêt.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mes remarques font pâle figure à côté de celles de tes amis. Mais, en tout cas, elles sont sincères et je t'invite à poursuivre dans cette voie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je peux t'assurer que tu as pleinement atteint la cible. Mais de quelle cible s'agit-il ? Pour moi, tu fais preuve dans cet ouvrage (ouvrage que, pour l'instant,<br /> j'ai lu partiellement) d'une certaine pédagogie qui permet une meilleure compréhension de certains textes bibliques. Ces textes sont d'autant plus importants qu'ils restent d'une très grande<br /> actualité. On a besoin aujourd'hui, plus que jamais, de retourner à de vraies valeurs pour prendre du recul avec les événements quotidiens et redonner du sens à notre vie.<br />
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M
<br /> Suite<br /> <br /> <br /> aurait donc mis plusieurs siècles pour être acceptée par tous les musulmans. Les partisans d'Ali, que l’on finit par appeler les chiites, sont évidemment les plus<br /> critiques à l’égard de la version coranique officielle jusqu’au 10e siècle de l’ère chrétienne. A ce moment-là, pour des raisons historiques précises - le 10e siècle étant celui de<br /> l’établissement définitif des dogmes et de l’orthodoxie islamiques, notamment concernant le sacralité absolue du Coran officiel -, il devient extrêmement périlleux de mettre en doute<br /> l’authenticité de ce dernier. La thèse de la falsification va donc peu à peu être abandonnée. Et pourtant, il y a toujours eu dans le chiisme un courant minoritaire, presque « souterrain »<br /> qui va soutenir cette thèse de la falsification, et ce jusqu’à nos jours.<br /> <br /> <br /> Les influences extérieures<br /> <br /> <br /> Les chiites, qui sont les vaincus de l’Histoire, massacrés pendant des siècles, persécutés, marginalisés et taxés d’hérésie, se rendent compte à partir du 3e siècle<br /> de l’Hégire que la confrontation frontale avec leurs adversaires majoritaires ne mène nulle part. Ils donnent donc une perspective métaphysique à leurs difficultés, présentant par exemple le<br /> conflit entre Ali et ses adversaires comme le prolongement d’un Combat universel qui a eu lieu à l’aube de la création entre les forces de l’Intelligence cosmique et celles de l’Ignorance<br /> cosmique. C’est l’avènement, l’arrivée massive des croyances qui sont issues d’autres religions et d’autres croyances spirituelles en islam, par l’intermédiaire du chiisme. Je veux parler par<br /> exemple des mouvements gnostiques, des courants néoplatonisants, d’un certain nombre d’autres croyances datant de l’antiquité tardive et ayant imprégné tout l’Orient méditerranéen.<br /> <br /> <br /> Afin d’avoir une vision plus ample, plus distanciée, de l’histoire qui est tragique pour les chiites, ceux-ci semblent avoir ressenti le besoin de recourir à ce<br /> genre de traditions pour expliquer, justifier, donner sens à leur foi et en même temps se donner des raisons d’espérance. La figure cosmique de l’imam, qui devient le premier être créé, serait un<br /> exemple de l’influence des commentateurs de l’Evangile de Jean avec l’idée d’un Jésus préexistant ; ou encore, l’histoire du monde pour ces premiers chiites qui est l’histoire d’un combat<br /> entre la Connaissance et l’Ignorance, entre la Lumière et l’Obscurité, semble issue des doctrines dualistes qui trouvent leurs racines dans le manichéisme, ou chez les gnostiques marcionites ou<br /> bardesaniens. Le messianisme chiite a sans doute des fondements dans le messianisme juif. Tous ces mouvements sont d’ailleurs, il faut le rappeler, fort présents et actifs en terre d’islam<br /> pendant plusieurs siècles –la dernière église manichéenne de Bagdad est détruite au 10e siècle, soit 4 siècles après l’avènement de l’islam.<br /> <br /> <br /> L'influence judéo-chrétienne et manichéenne<br /> <br /> <br /> Bien sûr les écrits hagiographiques et idéologiques islamiques ne le disent pas, mais l’islam dans son ensemble et comme toute religion est héréditaire de ce qui le<br /> précède. On trouve dans la religion musulmane l’héritage du judaïsme, du christianisme, du judéo-christianisme ou du manichéisme. On n’a d’ailleurs pas encore mesuré le poids de l’influence<br /> manichéenne en islam. J’ai l’habitude de rappeler que 4 des 5 piliers de l’islam semblent avoir des antécédents chez les manichéens : la profession de foi, les cinq prières quotidiennes, un<br /> mois de jeûne par an, l’aumône, tout cela fait partie des fondements du manichéisme et se retrouve en islam. Le chiisme sert de catalyseur et de porte d’entrée à de multiples influences qui vont<br /> ensuite imprégner l’islam parfois dans son intégralité.<br /> <br /> <br /> Je rappelle pour conclure que je n’ai évidemment aucun parti pris dans mes travaux. Je ne suis pas plus pro-chiite que pro-sunnite ; mon propos est simplement<br /> de dire que le chiisme, malgré le fait qu’il soit minoritaire, a été un élément absolument central dans la naissance et le développement de divers aspects de l’islam, soit directement, soit de<br /> manière indirecte, dans le sens où beaucoup d’éléments en islam ont été élaborés en réaction au chiisme. Celui-ci joue donc un rôle capital dans la formation des doctrines, des institutions, des<br /> rites, ou encore des courants de pensée en islam. Il me paraît par conséquent indispensable de prendre au sérieux les sources chiites dans l’étude de l’histoire et des doctrines de l’islam et ne<br /> plus considérer ce mouvement comme secondaire, isolé et négligeable puisque minoritaire. De plus, comme c’est d’ailleurs le cas dans les autres religions, les mouvements qui sont considérés<br /> progressivement comme  "hérétiques", sont généralement plus anciens que  "l’orthodoxie" qui prend forme en réaction à ces mouvements peu à peu jugés hétérodoxes, et<br /> ensuite ils jouent un rôle central dans la formation des croyances, des rituels, des pratiques etc. Enfin, comme je l’ai déjà souligné, quelques informations de premier ordre fournies par les<br /> sources chiites sont corroborées par la recherche scientifique et nous fournissent un nouveau et cohérent cadre de théorisation de l’histoire de l’islam naissant.<br /> <br /> <br /> Pour aller plus loin :<br /> <br /> <br /> Mohammad Ali Amir-Moezzi, Le Coran silencieux et le Coran parlant. Sources scripturaires de l’islam entre histoire et ferveur, CNRS Editions, 266<br /> p., 28 €.<br /> <br /> <br /> http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/le-coran-silencieux-et-le-coran-parlant-30-11-2011-2045_110.php<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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M
<br /> Un point de vue sur l’Islam<br /> <br /> <br /> Le Coran silencieux et le Coran<br /> parlant<br /> <br /> <br /> publié le 30/11/2011<br /> <br /> <br /> A l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le Coran silencieux et le Coran parlant. Sources scripturaires de l’islam entre histoire et<br /> ferveur (CNRS Editions), l’islamologue Mohammad Ali Amir-Moezzi, Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE/Sorbonne), nous parle de son ouvrage, du chiisme et plus<br /> généralement de l’islam, dans une approche aussi novatrice et originale que rigoureuse.<br /> <br /> <br /> "Le Coran silencieux et le Coran parlant" est une expression qui provient de sources anciennes de ce courant<br /> minoritaire de l’islam que constitue le chiisme, et qui résume bien le propos de mon livre. Avant de parler du pourquoi de ce titre, il faut peut-être expliquer le sujet de l’ouvrage. Il s’agit<br /> de l’étude de l’articulation entre deux phénomènes : l’élaboration des sources sacrées de l’islam, à savoir le Coran et le Hadith, et les guerres civiles, les conflits fratricides qui ont<br /> marqué la naissance et le développement de l’islam pendant les 3 ou 4 premiers siècles de son histoire. Ces deux phénomènes ont été étudiés longuement et à de très nombreuses reprises par les<br /> spécialistes, mais curieusement l’articulation entre ces deux faits a été elle très insuffisamment examinée. C’est d’autant plus étonnant que, bien sûr, les deux événements sont liés, et qu’ils<br /> ont eu une immense influence l’un sur l’autre ; les guerres civiles ont influencé la constitution du Coran et du Hadith, et la constitution du Coran et du Hadith ont influencé la nature et<br /> le développement des conflits. Dans ce livre j’ai donc essayé d’étudier l’articulation de ces deux phénomènes à travers quelques textes chiites anciens, 5 livres majeurs mais méconnus qui datent<br /> du début du 2e siècle de l’Hégire (c’est-à-dire le 8e siècle de l’ère chrétienne) au début du 4e siècle (10e siècle de l’ère chrétienne). A travers l’histoire de ces textes, de leur contenu, de<br /> leur nature, des courants de pensée qu’ils représentent, j’ai essayé de dégager une nouvelle grille de lecture de l’histoire de l’islam naissant et de l’élaboration de ses sources sacrées.<br /> <br /> <br /> La succession du prophète Muhammad<br /> <br /> <br /> Ce qui déclenche les violences fratricides de l’islam et qui vont durer plusieurs siècles, aurait très probablement été la question de la succession du prophète<br /> Muhammad. Pour bien comprendre ces événements, il faut avoir une lecture critique et distanciée des sources ; et pour cause, aucune de ces sources, aucun de ces auteurs n’est neutre, ni du<br /> côté chiite - la minorité vaincue -, ni du côté sunnite - la majorité victorieuse. La seule façon de lire de manière adéquate ces textes pour tenter d’avoir une idée des faits historiques est de<br /> confronter perpétuellement les sources entre elles, de repérer l’appartenance politico-religieuse de leurs auteurs, d’étudier leurs contradictions, leurs hésitations afin de dégager peut-être une<br /> réalité historique. Mon propos en dernier lieu revient à ceci : jusque-là, on a toujours fondé notre vision de l’histoire de l’islam naissant sur les sources sunnites, c’est-à-dire des<br /> sources émanant de cette majorité de vainqueurs, au détriment des sources chiites, la minorité vaincue. Dans une logique d’impartialité scientifique, il est donc primordial d’accorder au moins<br /> autant d’importance à cette minorité chiite qu’à la majorité sunnite. L’importance que peuvent avoir les sources chiites se confirme d’ailleurs d’autant plus que certains faits, malgré leur<br /> caractère "subversif", sont parfois repris par des auteurs sunnites, et plus encore parce que certaines affirmations chiites sont désormais corroborées par les études critiques modernes.<br /> Ainsi, ce que disent les chiites sur les violences qui ont marqué la succession du prophète ou le fait que le Coran a été altéré trouvent une résonnance dans les études critiques modernes.<br /> <br /> <br /> La falsification du Coran<br /> <br /> <br /> Pour revenir à cette succession du Prophète, les chiites pensent qu’Ali, gendre et cousin germain de Muhammad, était désigné par le prophète lui-même, mais qu’il a<br /> été écarté par la majorité des fidèles au profit d’Abou Bakr qui devient le premier calife de l’islam. Cette arrivée au pouvoir d’Abou Bakr marque pour les chiites le début de la corruption et de<br /> la trahison du message du Prophète. C’est donc à partir de là que l’islam majoritaire devient une religion déviante par rapport au message prophétique, puisque la majorité des musulmans n’a pas<br /> respecté la volonté du Prophète, pas plus que la volonté de Dieu. Pour ces "partisans de Ali" ("Shi’a ‘Ali" en arabe, d’où provient le terme chiite), ceux qui, après la mort du<br /> Prophète, prennent la tête de la majorité des croyants sont des adversaires de l’islam qui, une fois au pouvoir, s’empressent de falsifier le Coran parce que celui-ci, dans sa<br /> version"originelle", désigne de manière explicite Ali comme le successeur du Prophète.<br /> <br /> <br /> On revient donc à ce lien entre les guerres fratricides et l’élaboration des sources scripturaires. La conséquence première du conflit entre les partisans de Ali et<br /> l’islam majoritaire, c’est la falsification de la version originelle du Coran par les adversaires de Ali. Ainsi, Le livre, à cause de cette falsification, devient difficilement compréhensible. Le<br /> couple que l’on trouve donc dans les textes chiites des premiers siècles de l’islam, "le Guide (ou le Coran) muet(ou silencieux)" désigne ce Coran falsifié par les<br /> adversaires de l’islam. Ce Coran qui demeure un guide mais rendu inintelligible. Parallèlement, "le Coran parlant" désigne l’imam, le guide de la communauté, soit Ali et ses descendants,<br /> lesquels, par leurs enseignements, redonnent au Coran sa parole perdue. Le titre de mon livre, Le Coran silencieux et le Coran parlant est tiré de ces traditions.<br /> <br /> <br /> Il faut ajouter que cette théorie de la falsification du Coran est appuyée par un grand nombre d’orientalistes qui, se servant de sources sunnites comme chiites,<br /> ont montré que pendant les trois ou quatre premiers siècles de l’islam, plusieurs Corans, de forme et de contenu différents, ont circulé sur les terres musulmanes. La version officielle, qui, au<br /> bout d’un véritable travail rédactionnel, a été élaborée et fixée aux environs de la fin du premier siècle de l’Hégire sous le contrôle du califat omeyyade, aurait donc mis plusieurs<br /> siècles<br />
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J
<br /> Je partage totalement ce que tu viens de dire. La vraie croyance passe par l'épreuve du doute. C'est ce que j'avais osé dire à l'occasion d'une réunion de<br /> préparation à la communion solennelle d'Alexandre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cette intervention avait été très mal perçue par les participants à cette réunion (parents de communiants), à l'exclusion du prêtre qui avait défendu mon point de<br /> vue.<br />
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D
<br /> Ce sont les lecteurs qui diront l’intérêt de ce livre. Et, pour moi, le témoignage de Jean-Marc, comme un certain nombre d’autres, me montrent que nous n’avons pas<br /> complètement raté la cible.<br />
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G
<br /> Je suis surprise, Etienne, que tu aies pu douter de l'intérêt de ton livre... Sur le fond, je suis certaine que tu apportes une pierre à l'édifice, qui nourrit la<br /> réflexion.<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Je suis heureux de voir que tu apprécies ce livre. Lorsque j’ai écrit ma partie, j’avais l’impression de dire des choses importantes. Après, à la suite de certaines<br /> critiques, je me suis mis effectivement à douter. Mais, pour moi, le doute est un passage salutaire pour aller vers plus de vérité. On ne peut pas être totalement sûr de soi car il y a toujours<br /> quelque chose qui nous échappe. Le doute peut-être le lieu d’une ouverture. Même les croyants n’échappent pas au doute.<br />
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J
<br /> Je ne comprends pas que tu puisses douter de l'intérêt de ton livre. Au contraire cet ouvrage me paraît fondamental et devrait être diffusé largement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L'interprétation des récits bibliques permet d'apporter un éclairage sur des textes parfois obscurs et (ou) mal interprétés. Grâce à toi j'ai revisité le récit<br /> d'Abel et Caïn. Je n'avais retenu que le remord de Caïn mais pas le rôle social qu'il avait eu tout au cours de son exil et qui finalement était sans doute l'épisode le plus intéressant.<br />
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D
<br /> Tu me confirmes dans mon appréciation, car s’il y a page blanche, il y a sans doute référence à l’inconscient. Et, pour moi, c’est l’inconscient et donc aussi<br /> l’insatisfait qui vient nourrir l’écriture.<br />
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C
<br /> Merci Étienne pour les titres en gras que tu as mis sur les paragraphes, c'est tout-à-fait juste et ils facilitent la lecture. Quant à l'écriture, c'est d'abord<br /> pour moi une page blanche et jamais une mise en équation ; en ce sens elle n'est pas symbolique comme l'entendent les mathématiciens ; et moins encore "une mise en boîte" ; elle serait plutôt<br /> comme le symptôme de mon insatisfaction, celui que la médecine moderne voudrait éradiquer par toutes sortes d'euphorisants, alors que lié à un conflit intérieur, il vient barrer la pulsion. Et<br /> comme tu le dis, peut-être l'écriture est-elleaussi pour moi comme une mère ; ou comme le mythe.<br /> <br /> <br /> Merci à toi,<br /> <br /> <br /> Charles<br />
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D
<br /> Charles, il me semble que tu es d’abord un homme de l’écriture. C’est elle qui t’apprend à penser et à parler. Elle est<br /> pour toi comme une mère car elle puise sa source dans l’inconscient avant d’aller chercher l’inspiration chez Lacan. En plus tu sembles y prendre du plaisir. Tu nous en donnes aussi à te lire.<br /> Merci.<br />
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C
<br /> Suite<br /> <br /> <br /> Ce peut-être à l’autre, c’est l’autre qui m’en prive, non pas l’Autre de l’altérité mais l’autre qui désire le même objet,<br /> du même au même, en miroir, d’où les guerres et la théorie du Mimétisme de René Girard avec sa victime expiatoire pour apaiser les conflits. Ce peut être aussi s’en prendre à soi-même et reporter<br /> de façon suicidaire la pulsion de mort qu’on portait sur l’autre.<br /> <br /> <br /> Rédouane au chapitre V, le dernier de sa lecture avec nous passionnante de Récits coraniques, nous fait entendre dans la<br /> sourate XXVII "Les fourmis" la voix féminine de la reine de Saba et son pouvoir symbolique dicté par la sagesse qu’elle dresse devant le pouvoir militaire de Sūlaïmâane qui m’évoque la fonction<br /> tiers de Dunyazade auprès de Schâhriâyr dans les Nuits : « je me soumets non pas à toi, Sūlaïmâane, roi qui te crois<br /> tout-puissant, mais avec toi, à Dieu, seul.» L’homme (côté masculin) veut être maître et souverain de la jouissance de la femme et quand elle dénude sa jambe (verset 44), sa pulsion<br /> sexuelle rejoint sa pulsion du pouvoir ; mais il ne peut confiner cette jouissance de la femme, parce que sa jouissance, la femme, elle la trouve pour une part dans le défaut justement de<br /> jouissance absolue pour l’homme,  dans une "jouissance autre", autre que phallique, la "joui-absence" comme l’écrit Lacan, le grand Autre barré,  le<br /> Rien.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La violence conjugale…<br /> <br /> <br /> Demain, nous-dit-on, c’est la journée de solidarité pour les femmes victimes de violence conjugale. Or si je trouve pour<br /> ma part assez malsain ce côté "victimisation", il est vrai que, comme l’écrit Françoise Héritier dans L’atlas des minorités (Hors-série<br /> du Monde) "dans le rapport des sexes, la « valence différentielle des sexes » découlant de celle des générations fait des<br /> femmes des cadettes en situation permanente de minorité d’âge, donc d’infériorité, et représentées de façon explicite comme minorité de groupe parmi d’autres." Il reste qu’il faudrait plutôt<br /> parler de violence conjugale tout court, car cette violence interpelle autant la femme que l’homme. Si dans nos sociétés, la femme a encore un retard considérable à rattraper par rapport à<br /> l’homme, cela ne saurait gommer la différenciation sexuelle et cette proximité structurale qu’il y a pour l’homme entre "la mère" et (la) "femme", la femme objet du désir sexuel si proche de la<br /> mère qui représente l’Autre infini mais ne fait que le représenter, (cf. "l’Immaculée Conception" chez les catholiques etc.), d’où  la violence conjugale née de cette<br /> différenciation des places qui fait que ça ne fonctionne pas en miroir du même au même mais de l’autre à l’autre, tellement Autre ! Bonne journée quand même.<br />
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C
<br /> Du livre à la parole<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Etienne bonjour,<br /> <br /> <br /> Nous avons eu la chance jeudi dernier à Grenoble de te voir venir avec Rédouane présenter La violence et la parole au Café des Arts, ce dont m’avait déjà prévenu Hassan, un ami venu comme moi se rafraichir la mémoire, et plus encore puisque sa<br /> propre terre natale, le Liban, fut traversée jadis par ces récits biblique et coranique sur lesquels vous avez, non l’un sans l’autre, " labouré ". Hassan fut  le<br /> dernier à intervenir dans le débat avant que le groupe musical Nashwa ne vienne m’évoquer personnellement ces versets du "Livre", ceux<br /> des psaumes comme du Coran, non seulement lus mais chantés, mastiqués cinq fois par jour dans un lent balancement du corps et transmis dés l’enfance d’une génération à l’autre. Hassan, c’est sur<br /> "le politique" qu’il nous interpela à propos de ces récits.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une démarche subversive<br /> <br /> <br /> Or quoi de plus "politique" que la démarche subversive que vous avez prise l’un et l’autre pour approcher ces récits, il<br /> est vrai de manière plus subtile chez Rédouane, et en cela je rejoins Yvon, que chez toi Etienne, peut-être prisonnier comme nous du catéchisme de notre enfance : « Yahvé a dit »<br /> même si ce ne sont pas moins des lois, les lois de la parole. Politique et pas seulement culturelle votre démarche, au sens où la conversion intérieure, (l’Ijthihâd du soufisme et non<br /> pas la Jihâd de la guerre sainte et des croisades) nourrit l’interrogation du discours privé sur le discours public et réciproquement, autrement dit la question de "l’Autre" par rapport<br /> à l’exercice du pouvoir et de sa toute puissance. Votre lecture de ces récits coranique et biblique nous découvre en effet un Dieu qui certes "domine l’autre en tant que Créateur" », comme<br /> l’écrit Rédouane (p.162), mais "ne relève pas de l’exercice de la toute-puissance". Bien plus, dans le récit coranique du sacrifice d’Ibrâhîm, Dieu n’intervient pas de l’extérieur, c’est Ibrâhîm,<br /> à partir de son propre inconscient : « Mon enfant je me vois en songe t’égorger » (p.233), de même Samuel croyant d’abord que c’est Eli qui l’appelle (I S.3).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De l’énigme de la mort à l’énigme de l’Autre<br /> <br /> <br /> C’est alors une toute autre démarche à laquelle nous invite votre lecture qui est de nous ouvrir à un espace symbolique,<br /> déjà par le seul fait de l’écriture. Dans la matérialité de notre existence, nous nous trouvons à un moment ou à un autre aux prises avec la violence, celle émanant de nous-mêmes, celle chez les<br /> autres ou par les autres. La mort en est la forme extrême et elle demeure pour moi une énigme, un "impossible" en quelque sorte qui ne cesse pas de ne pas s’écrire. Pourtant, Juifs, Chrétiens,<br /> Musulmans sont les "peuples du Livre", peuples possédant un Livre saint "Ahl al-Kitâb" descendu tanzïle du Ciel qui ne cesse de nous confronter à cette énigme. Au regard de<br /> l’incroyance, ils apparaissent comme possédant la réponse à cette énigme, l’explication par " les fins dernières " la cause finale d’Aristote, et nous invitent à lire le Livre<br /> corâane (p.148) « lis !», rejoignant en cela le savoir scientifique qui aux prises avec une inconnue, la met entre parenthèses, l’écrivant sous forme de symbole. Lacan, du reste, procède<br /> de même quand son "objet petit a", il l’écrit sous forme de lettre. Or, loin de nous enfermer dans un savoir dont le religieux posséderait seul la clef, cette lecture en recherche du<br /> sens vrai haqïqat nous conduit de l’énigme de la mort à l’énigme de "l’Autre". Qu’est-ce en effet qu’un écrit s’il n’est là pour être lu, qu’est-ce que la lecture si elle n’est là pour<br /> être entendue, qu’est-ce qu’être entendu si ce n’est pour entendre, enfin qu’est-ce que l’énoncé si nous n’entendons pas l’énonciation et, sous-jacente, son interrogation, une parole articulée,<br /> adressée, avec, comme dans « je t’aime », toutes les nuances possibles de la voix ? Et nous voilà rendus aux Lois de la parole dont ce code d’Hammourabi du <br /> 4ème millénaire qui déjà manifeste, à la différence du langage animal, les  incertitudes du langage humain et leur dimension symbolique, celle du désir en même temps<br /> que de l’inter-dit.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’’insatisfaction de ne pouvoir retourner dans le sein maternel<br /> <br /> <br /> Car si l’énigme de l’Autre nous interroge, et cette interrogation, Etienne et Rédouane, court tout au long de votre<br /> lecture à propos de la violence, c’est qu’elle naît d’une insatisfaction fondamentale, celle déjà de ne pouvoir retourner dans ce grand Autre que fut  le sein maternel, et qu’il<br /> soit à jamais barré. Or nous sommes dans un bain de langage déjà bien avant notre naissance, si bien que cette insatisfaction d’origine, avant même le mythe œdipien de la métaphore paternelle, va<br /> faire de nous des sujets humains parasités par le langage : il y a toujours quelque chose qui ne va pas, un impossible, ne pouvoir tout dire, pas plus que de pouvoir écrire le chiffre de<br /> cent divisé par trois, le tout que nous ne pouvons saisir, et ce symptôme de notre insatisfaction  marque ainsi notre discours, qu’il soit privé ou public, sous forme à des<br /> degrés divers de névrose, de psychose ou de perversion. Alors cet objet structurellement qui manque et qui articule notre désir, notre névrose commune c’est de faire en sorte de le maintenir<br /> comme insatisfait, maintenir la porte entrebâillée, jusqu’au moment où nous y renonçons définitivement, renonçant comme vous le dites à notre toute-puissance, ce qui s’appelle "la castration<br /> symbolique". Et celui qui n’y renonce pas va s’en prendre à qui ? C<br />
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D
<br /> <br /> Tu me mets à un niveau auquel je n’ose aspirer !<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Cher Etienne, j'ai le livre et des que j'ai terminé la lecture de "la psychanalyse de Freud" de P.Janet 1913 je passe au tien. J'espère pouvoir participer au<br /> prochain café philo<br /> <br /> <br /> T'espérant en pleine forme je te salue affectueusement<br /> <br /> <br /> Paule.<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Rappel de la description de l'évènement au café des arts à Grenoble:<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le groupe Nashwa allie africanité du Maroc, dans les chants populaires, aux souvenirs<br /> <br /> <br /> d”Al-Andalous”, l’Espagne multi-culturelle, pour une soirée débat autour du nouvel ouvrage<br /> <br /> <br /> “La violence et la parole”: Lectures croisées de récits bibliques et coraniques" par Rédouane Abouddahab et Etienne Duval à l'invitation de Interstices.<br /> <br /> <br /> Possibilité de dîner à 19h30 sur réservation au 04 76 54 65 31.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> LIEU : 38000 Grenoble<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Merci pour ta lecture du livre. Pour ma partie j’entends bien tes remarques et tes critiques. Je vais résumer simplement mon propos pour que les choses soient plus<br /> claires. La violence fondamentale n’est rien d’autre que la présence de la mort et de la force de mort dans la vie. Mort et vie sont unies dans la vie elle-même. La symbolisation de la violence,<br /> permet, d’une certaine façon, son dépassement en assurant notamment son inscription dans la  vie par le biais de son inscription dans la parole. Tu as raison de souligner<br /> l’importance du silence et de l’écoute, qui, pour moi, font partie de la parole.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je fais part maintenant de tes commentaires à Rédouane.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il nous reste maintenant à attendre le résultat de ta seconde lecture.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> Une lecture sérieuse et nuancée du livre « La violence et la parole »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai lu le livre que tu as eu la gentillesse de me faire parvenir. J’y  retrouve les fils conducteurs  de la pensée et des<br /> analyses du blog, parfois poussées plus loin ou plus systématisés, avec des aperçus intéressants mais dont je n’ai pas toujours vu le lien avec le récit  qui les avait<br /> occasionnés. La violence comme annoncé dans le titre est une clé fondamentale pour interpréter  les récits mythiques et ouvrir le sens du devenir<br /> humain. <br /> <br /> <br /> Le terme y prend une extension extrême jusqu’à devenir une  sorte de  deus ex machina, voire quasiment un attribut divin.<br /> J’avoue avoir un peu de mal à t’y suivre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La parole, deuxième terme de la problématique, plus simplement  positif, m’y semble davantage prise pour elle-même, sans que sur le<br /> fond,  ce thème ne soit très développé.<br /> <br /> <br /> Pour la bonne compréhension de la dynamique en question, je me demande  s’il ne serait pas intéressant de le situer par rapport à<br /> d’autres  problématiques, dont certaines mais pas toutes, ont été aussi au centre de préoccupations philosophiques, et d’autres des thèmes fondamentaux du texte biblique. Je<br /> pense au silence, à l’écoute (Ecoute, Israel), à l’action, symbolique ou non (celle des prophètes par exemple), qui me semblent des réponses  fondamentales comme peut l’être la<br /> parole, et des ingrédients indispensables de la correction de la réponse. Parole et réponse, parole ou réponse?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je ne connaissais pas le co-auteur du livre, Radouane Aboudabbah. Au  début, j’ai été un peu déconcerté par le vocabulaire de<br /> la  narrotologie qui me reste un peu abscons. Et puis, j’ai pris plaisir à  le suivre, comme quelqu’un qui écoute un conteur et qui s’ouvre à<br /> des  compréhensions et à des interrogations nouvelles.  J’ai bien aimé sa  manière de suivre le texte au plus près, et de faire jouer les<br /> textes entre eux. Il m’ a semblé qu’il était, avec bonheur, plus près de la  lecture que de l’interprétation,  le sens qui en émerge n’étant<br /> que <br /> <br /> <br /> plus fulgurant et plus convaincant. Et en même temps, il laisse  ouvert, en blanc, une possibilité de reprendre soi-même le texte pour aller, sans<br /> doute, encore plus loin. J’ ai essayé de le lire comme il  conseille de lire le Coran. A pas mal de pages de distance, c’est  comme une rivière souterraine qui<br /> resurgit, nouvelle et même. Je me suis surpris parfois à rire de l’humour discret et interrogatif qui  s’en  dégage. Je pense au cheminement d’Ibraahim par<br /> exemple ou à la lecture de la rencontre de Sulaïmâane et de la reine de Saba. On a  envie d’en entendre d’autres pour être dé-rangé. Des questions sont posées, une direction se<br /> dessine pour qui veux bien, un chemin est  ouvert.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voilà quelques réflexions sommaires après une première lecture. Je  reprendrai la lecture plus tranquillement ces jours-ci.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Amicalement, Yvon<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Et le lutteur sait que, plus il s’arrache à sa nature terrestre, plus il arrache la bénédiction du Ciel en se hissant<br /> jusqu’a sa nature divine. Moins il s’établit dans sa condition périssable, plus il s’ancre sur l’autre rive. C’est le combat de toute une vie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’aimerais insister ici sur un point important qui permettra une fois encore de distinguer le plan psychologique du plan<br /> spirituel ainsi que leurs enjeux respectifs. Depuis plusieurs années, à la suite des travaux de Carl Gustav Jung mal assimilés, on entend principalement parler de la double polarité<br /> animus-anima et, surtout dans les ateliers de développement personnel, de réconciliation du masculin et du féminin.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cette réconciliation est souvent présentée comme la fin et la finalité du travail intérieur, ce qui est une imposture. En<br /> effet, l’union ou l’harmonie entre les polarités masculine et féminine concerne le plan psychique : elle peut assurer à l’individu une certaine quiétude, un accord avec l’autre sexe, la paix des<br /> ménages... mais elle n’est nullement l’équivalent de la naissance spirituelle. Ce qui requiert l’attention et les forces du chercheur spirituel est tout autre et se situe par-delà. Il ne s’agit<br /> pas d’un accord horizontal entre masculin et féminin, mais d’une union entre l’humain et divin, donc d’une verticalisation de l’être. Naître à l’Esprit, ou faire naître Dieu en<br /> soi (comme le disent Maître Eckhart et Angelus Silesius, entre autres), dépasse et perce aussi le plafond psychique sous lequel s’abritent les mortels. C’est ce que Jésus appelle, lors de son<br /> entretien avec Nicodème, « naître d’en haut » (Jn 3, 3). Il ne s’agit donc pas, dans une perspective de salut, de ressusciter en individu masculin, ou féminin, ou androgyne, mais de<br /> ressusciter de l’Esprit. Mais la plupart des contemporains préfèrent au Royaume divin ce qu’ils nomment sans rire leur épanouissement personnel... <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Jacqueline Kelen<br /> <br /> <br /> Pp 205-216<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Et voici l’ultime rival qui est l’autre intime, ce «  quelqu’un » qui force Jacob à le connaître et à l’étreindre<br /> pour toujours.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Au lever du jour, tandis que l’adversaire mystérieux veut se dégager, Jacob exige d’abord sa bénédiction. C’est alors<br /> qu’il est gratifié d’un nouveau nom, Israël, qui en soi est béni puisqu’il témoigne de l’union avec Dieu et avec les hommes. Ingénument, Jacob demande à l’autre quel est son nom à lui, ce à quoi<br /> il ne peut être répondu que par le silence de l’union et par la bénédiction qui consacre une alliance.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il n’est pas de réponse aux questions majeures, touchant à l’être intérieur et à ses mutations. Mais la blessure reçue<br /> répond de la question posée, et plus celle-ci est juste et acérée, plus la marque s’inscrit profonde dans la chair. Les questions essentielles n’entraînent pas de réponses, encore<br />  moins de solutions, mais des révélations. D’ou le nom nouveau que reçoit Jacob, qui accède à l’état de conscience exprimé par Israël. <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais quel tumulte intérieur, quelle passionnée patience, avant de parvenir à cette révélation ! Tout l°épisode ne parle<br /> que de « passer », de «  passage » et de «  gué », parce qu’il relate la longue traversée que l’homme doit accomplir pour aborder sur la rive divine. Et il n’est pas de percée vers<br /> Dieu qui ne se traduise par une atteinte profonde – pour Jacob, le déboitement de la hanche, pour les mystiques une flèche dans le cœur. Aussi, dans le parcours philosophique et spirituel qu’il<br /> retrace dans sa Lettre au Greco, Kazantzaki assure-t-il : « Au plus profond de moi-même, ce que j’ai désiré, tant qu’a duré ma jeunesse, ce n’était pas la guérison, mais la<br /> blessure. Depuis a commencé, désormais conscient et sans pitié, mon combat avec 1’Invisible. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est toujours de haute lutte que le pèlerin de l’âme reçoit la bénédiction divine, les lumières de 1’Esprit. Mais ce<br /> n’est pas tant pour lui-même qu’il entreprend le combat périlleux, tandis que dorment les siens, mais bien pour 1’Autre, pour attester de « quelqu’un » qui ne le lâche pas et que la plupart<br /> des humains ne voient pas. Ainsi Israël est celui qui combat pour Dieu autant que pour les hommes, afin qu’advienne dans la conscience aveugle des créatures la  Lumière<br /> de 1’éternelle aurore.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Gagner le Ciel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La boiterie de Jacob au lever du jour rappelle une loi spirituelle à laquelle beaucoup d’apprentis chercheurs de Dieu<br /> aimeraient se soustraire : il faut perdre quelque chose (d’extérieur, de terrestre) pour accéder à autre chose (d’intérieur, d’immortel). Nul ne peut devenir Israël, l’Homme<br />  fort et droit, sans qu’en 1ui Jacob, le tortueux, ait été amoindri. Notre identité divine s’accroît, se révèle d’autant que notre humaine, charnelle nature est abaissée,<br /> mortifiée ou simplement endommagée.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Or nous aimerions tous bénéficier de grâces et de pouvoirs miraculeux sans avoir à passer par les douleurs et les<br /> arrachements. De la main divine nous voudrions bien recevoir la bénédiction mais en nous soustrayant à la blessure. Comme si l’on souhaitait avoir dans sa maison de larges et hautes fenêtres qui<br /> ne laisseraient passer que les rayons du soleil, non la brume ni la nuit, ou bien un bel escalier qui ne ferait que monter. Dès qu’un individu s’ouvre, il reçoit tout avec la même intensité :<br /> plus que d’autres il ressentira la joie et l’amour, plus que tous les autres il ressentira aussi le désespoir et l’horreur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La lutte de Jacob a montré que blessure et bénédiction sont indissociables dans l’avènement d’un nouveau nom, d’un état de<br /> conscience supérieur. Ainsi, l’aurore ne vient pas après la nuit, elle est enclose dans la nuit comme la bénédiction dans la meurtrissure. Elle est déjà là, mais c’est la tâche de l’Homme de<br /> délivrer l’aurore de sa matrice de ténèbres et de porter aux yeux de tous sa blessure comme un signe de faveur.<br /> <br /> <br />   <br /> <br /> <br /> La bataille n’est pas gagnée d’avance. C’est un combat, non un marché « donnant-donnant ». Ainsi, une maladie<br /> est une occasion de croître sur un autre plan ; elle ne représente pas un gain céleste déjà accordé, mais en offre la possibilité, le défi. Le dolorisme commet la grave erreur<br /> de  sanctifier la souffrance en soi et a la faiblesse de penser que  toute épreuve est envoyée par Dieu : c’est une façon de rester dans les ténèbres de<br /> l’ignorance et de l’inertie. Au combattant spirituel, Dieu ne demande pas de subir et de souffrir, mais d’œuvrer à partir de la maladie, de transfigurer les coups et les blessures qu’apporte<br /> l’existence. Et le lutteur sait que, plus il s’arrache à sa nature terrestre, plus il arrache la bénédiction du Ciel en se hissa<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Le coup porté à Jacob touche le nerf sciatique qui relie le talon (origine du nom même de Jacob, « qui<br /> supplante, qui tient par le talon ») à la hanche (que frappe l’inconnu). La douleur doit être vive, quelque chose d’ancien a été réveillé. C’est le nerf de la guerre, si l’on veut, mais d’une<br /> guerre intérieure. La blessure faite au creux de la cuisse rappelle l’infinie perte de la Transcendance : c’est une douleur lancinante et une nostalgie. Jacob a fait traverser le gué à ses<br /> femmes, à tous ses gens, à sa nombreuse progéniture. Il a sauvegardé le troupeau charnel, sa descendance de patriarche. Mais il est promis à un autre destin, éveillé dans la nuit du Yabboq à un<br /> manque essentiel, relié à sa nature divine et éternelle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Nous avons déjà mentionné que tout ce qui touche la cuisse ou la hanche concerne les parties viriles et le pouvoir de<br /> procréer: pour Jacob, déjà chargé de onze enfants, il s’agit de passer à une autre fécondité, à enfanter selon l’Esprit, à se rattacher à sa lignée céleste. La cuisse est aussi le lieu du serment<br /> : c’est là que les Anciens plaçaient leur  main en guise d’engagement, de parole donnée. L’adversaire que l’on a nommé Ange, au sortir de la lutte nocturne, échange avec Jacob<br /> un serment qui reste inscrit dans le creux de la hanche. Désormais, le lutteur de Dieu sera boiteux, hésitant dans sa démarche entre le pied et l’aile, oscillant entre la créature terrestre et la<br /> figure angélique : il est encore un homme, mais il est en allé, il a pris son essor après avoir roulé dans la poussière du monde.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Frapper et bénir<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tel est le paradoxe dont les récits initiatiques sont coutumiers afin de faire sentir une autre réalité : c’est parce<br /> qu’intérieurement Jacob s’est relevé, redressé, lui le rusé, l’esprit tortueux, que pour les autres hommes à présent il paraît claudiquer. Il n’est plus adapté à ce monde, il ne marche plus comme<br /> le commun des mortels, fiers de leurs deux jambes qui désignent pourtant une dualité. Jacob a franchi un seuil dont il portera la marque tout le reste de ses jours. Aussi reçoit-il un nouveau nom<br /> en même temps, qu’une bénédiction. Il obtient tout ensemble, juste avant le lever du jour, la blessure, le nom, la bénédiction. Il a gagné son ciel avec douleur, à l’arraché, en s’arrachant à<br /> lui-même, à ses racines terrestres, et il n’a rien gagné. Mais  il a vu l’aurore se lever.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le coup reçu est une bénédiction. La main de Dieu est si puissante qu’elle blesse en bénissant et qu’en frappant<br />  elle bénit. Ce qu’exprimera saint Jean de la Croix en commentant la chanson de l’âme intitulée Vive flamme d’amour : « Ô Vie divine, tu ne tues que pour<br /> donner la vie et tu ne blesses que pour guérir. Oui, tu m’as blessée pour me guérir, ô divine main ! Tu as donné la mort à ce qui me tenait dans la mort... »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Comme tous les combats spirituels, la lutte nocturne de Jacob ne sert à rien de particulier, mais elle sert un Absolu.<br /> Elle est à la fois indispensable et gratuite. Même si Jacob en sort physiquement amoindri, elle se mène à égalité : ni l’un ni l’autre ne l’emportent. Cela ne veut pas dire qu’ils sont identiques<br /> mais de force équivalente. Jacob est de taille à lutter avec l’Autre, de taille à rencontrer, à enserrer l’Absent. Telle est sa grandeur d’homme qu’il découvre, qu’il met au monde au plus noir<br /> des ténèbres.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un adversaire est quelqu’un de précieux parce que, grâce à la différence, à la confrontation, il permet à son<br /> interlocuteur de se préciser, de s’affermir et de s’affirmer. Loin d’être un ennemi, un adversaire est un allié possible et, d’abord, quelqu’un avec qui engager le dialogue, la lutte. Il est<br /> celui qui permet d’aller vers l’unité parce qu’il offre à l’autre d’être lui et à lui d’être l’autre, tour a tour. Ce combat est beau, qui semble enlacement. Un adversaire — pour Jacob, pour<br /> chacun — est souhaitable parce qu’il permet à tout homme d’advenir à sa véritable dimension : aussi la taille, la puissance de l’adversaire renseignent-elles déjà sur la mesure de celui qui<br /> l’affronte. Et, ajouterai-je, la blessure dont il blesse est à la mesure de sa bénédiction, et réciproquement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Un nom nouveau<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Durant l’interminable nuit ou Jacob est seul sans pourtant être seul, puisque non loin se trouve sa famille endormie,<br /> puisqu’il rencontre Personne, ou son Image céleste, son Visage non encore révélé, dans cet esseulement où il va se perdre et se surpasser, il n’y a qu’un enjeu : devenir  un.<br /> Donc témoigner de l’Un. Jusque-là, Jacob n’a connu  ou suscité que la rivalité, la dualité : avec son frère jumeau  Esaü, entre les deux filles de Laban qu’il<br /> épouse, entre ses épouses légitimes et leurs servantes qui tour à tour procréent et revendiquent… Et voici l’ultime rival qui est l’autre intime, ce «  quelqu’un » qui force Jacob à le<br /> connaître et à l’étreindre pour toujours.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Fabrique d’un ange<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Jacob est touché, blessé, par «  quelqu’un » qui, sur sa requête pressante, le bénira et lui donnera un nouveau nom,<br /> Israël, « celui qui a lutté avec Dieu ». Il est à jamais marqué, au creux de la cuisse, par « quelqu’un » qu’il ne voit pas mais dont il ressent la présence, <br /> « quelqu’un » qui ne dit pas son nom et paraît s’évaporer lorsque le jour se lève. Ces indications ont donné à penser à plusieurs commentateurs que cette lutte s’était déroulée en rêve,<br /> puisque le même Jacob avait déjà été gratifié d’un grand songe en voyant l’échelle céleste sur laquelle montaient et descendaient des anges.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour moi, ce « quelqu’un » sonne étrangement comme « personne ». Il ne s’agit pas d’un rêve, ou la conscience<br /> est en berne, ou l’imagination vagabonde, mais d’un  événement capital qui se passe à l’intérieur de soi, au plus secret de la conscience ou du cœur, qui demeure donc<br /> invisible.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dans la nuit du Yabboq où Jacob chargé de femmes et d’enfants est renvoyé à lui-même, renvoyé ou plutôt<br /> élevé  à sa solitude, où il étreint une Force grandiose qui le blesse et le bénit tout à la fois, il n’y a personne, et il y a Personne.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> On se rappelle dans l’Odyssée l’épisode ou Ulysse, qui n’est pas moins rusé que Jacob, se sauve de la caverne du<br /> cyclope Polyphème après avoir crevé son œil unique. Au cyclope plongé dans la nuit de la cécité, qui lance cris et malédictions, Ulysse déclare s’appeler Personne (en grec outis). Ainsi,<br /> lorsque les compagnons de Polyphème lui demanderont qui a causé ce mal irrémédiable, le géant répondra que c’est personne... Le jeu de mots est possible en plusieurs langues, ainsi le grand<br /> écrivain portugais amateur d’hétéronymes se sentait fier finalement d’avoir reçu Pessoa (Personne) comme nom de naissance. Et le célèbre poème de Paul Celan fait surgir, impalpable et réelle,<br /> « l’absence de tous bouquets » dont rêvait Mallarmé :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> «  Loué sois-tu, Personne.<br /> <br /> <br /> C’est pour te plaire que nous voulons<br /> <br /> <br /> fleurir.<br /> <br /> <br /> A ton<br /> <br /> <br /> encontre.<br /> <br /> <br /> Un Rien,<br /> <br /> <br /> voila ce que nous fûmes, sommes et<br /> <br /> <br /> resterons, fleurissant :<br /> <br /> <br /> Ia Rose de Néant, Ia<br /> <br /> <br /> Rose de Personne. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sans nul doute, l’Absent est le qualificatif qui convient le moins mal à l’Absolu qu’aucun homme ne peut saisir ni<br /> retenir. De la même manière, la marque ineffaçable — cicatrice sur la cuisse d’Ulysse, boiterie de Jacob — est l’humain témoignage d’une rencontre essentielle, inscrite pour toujours, mais qui ne<br /> peut se dire qu’en creux, en manque.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’autre rive<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   L’Absent est l’infini Désiré, celui qui toujours manque  et assoiffe, que parfois<br /> l’on croit tenir de près, même serrer dans ses bras, mais qui au matin nous laisse décontenancé  sur la rive terrestre parce que le temps n’est pas accompli — notre durée<br /> d’existence ou les temps d’obscurité précédant l’Apocalypse. Et il faut retourner vers ses tâches terrestres, vers sa famille, ses proches désormais si lointains,  il faut faire<br /> prospérer ses biens, tout en sachant — d’où le déchirement du cœur, la hanche disloquée — que là n’est pas l’essentie1, que c’est un temps d’attente et une œuvre à parfaire, tout en sentant que<br /> l’Absent nous fait vivre réellement - mais à qui le confier, et à qui le montrer, ce  Personne qui agit incognito, cet Absent qui m’assaille dans la nuit tandis que tous dorment<br /> et qui fulgure aussi d’un éclat d’aurore ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le coup porté à<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> En référence au combat de Jacob avec Dieu dans le livre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Auteur : Jacqueline Kelen<br /> <br /> <br /> Titre : Divine Blessure<br /> <br /> <br /> Editeur : Albin Michel 2007<br /> <br /> <br /> 299 pages – 9 € 50<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le gué du Yabboq<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Longue est la nuit des lutteurs de Dieu. »<br /> <br /> <br /> Depuis vingt-huit siècles que l’épisode en a été transcrit dans la Bible, le combat de Jacob avec celui que l’on est<br /> convenu de nommer l’Ange a inspiré de très nombreux artistes et suscité de multiples commentaires : c’est dire que le combat se poursuit et qu’il continuera, en passant le relais, jusqu’a la Fin<br /> des Temps, jusqu’au triomphe définitif de la Lumière.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Rappelons le contexte dans lequel se déroule cette scène puissante et mystérieuse que décrit la Genèse (32, 23-63). Fils<br /> de Rébecca et d’Isaac, Jacob a un frère jumeau, Esaü, qui est né juste un peu avant lui. De nature rusée, Jacob obtient sans difficulté de son frère le droit d’aînesse puis usurpe la bénédiction<br /> de son père. Quittant la terre familiale, il va s’engager chez son oncle Laban et travaille pour lui durant vingt ans. Il y rencontrera des peines mais aussi quelque douceur, épousera Léa puis<br /> Rachel qu’il aime tendrement, deviendra père de onze enfants nés de ses épouses et de ses concubines.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour, il rentre au pays, avec ses femmes et ses enfants, ses troupeaux, ses serviteurs, et toutes les richesses<br /> durement acquises pendant vingt ans de labeur chez son oncle. Durant ce temps, Esaü a-t-il oublié sa colère, lui qui se sait doublement spolié ? Prépare-t-il une vengeance redoutable ? Pour<br /> calmer la violence de son frère, Jacob a prévu des cadeaux, mais suffiront-ils à transformer un chasseur, un homme sauvage, en ami ? Les messagers envoyés en ambassade ont dit à Jacob qu’Esaü<br /> arrivait à sa rencontre, ayant avec lui quatre cents hommes. De quoi avoir grand peur. Et voici que la nuit tombe sur les tentes et les troupeaux, faisant frissonner les femmes et les enfants,<br /> voici que la nuit enveloppe Jacob.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un singulier combat<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La Genèse raconte : « Cette même nuit, il se leva, prit  ses deux femmes, ses deux servantes, ses<br /> onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu’il possédait. Et Jacob resta seul. Et quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever<br /> de l’aurore. Voyant qu’il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l’emboiture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui. » <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dans la traduction simple et sobre donnée par la Bible de Jérusalem, qui peut être approfondie par l’étude du texte<br /> hébraïque et les commentaires de la Kabbale, on comprend que le combat est long, violent, qu’il n’y a nul échange de paroles et que l’adversaire n’a pas plus de nom que de visage. Jacob ne voit<br /> rien, il ne sait rien d’autre que son devoir de lutter. Un devoir surhumain.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il n’est pas mentionné d’ange, bénéfique ou malveillant, mais seulement «  quelqu’un », en hébreu Ish,<br /> « un homme ». Selon les interprétations, selon les religions, ce « quelqu’un » sera appréhendé comme un ennemi, un ange de la mort, un adversaire, voire Dieu lui-même ; et on verra<br /> tantôt que Jacob lutte contre quelqu’un, tantôt avec lui.<br /> <br /> <br /> Ce que mentionne le texte hébraïque, c’est que les deux personnes en présence sont « empoussiérées » (un mot qui<br /> n’appara3t qu’une seule fois dans toute la Torah) : on peut comprendre qu’elles ont roulé sur le sol ou bien, par leur acharnement, ont fait lever des nuages de poussière. Avant d’être frappé à<br /> la hanche, Jacob s’est sali, a été terrassé, le  respectable patriarche a mordu la poussière.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce combat serré, opiniâtre, ou nul ne relâche l’autre et que la nuit protège est un affrontement et un enlacement. Le<br /> corps à corps fiévreux exprime une lutte, mais non moins une danse ou la force finit par ployer sous la grâce amoureuse - et le coup de grâce est donné à la hanche, lorsque paraît l’aurore. Jacob<br /> en restera boiteux pour le restant de ses jours. Cette marque ne signifie ni qu’il a été vaincu, puisqu’il est vivant au petit matin, ni qu’il a triomphé, mais qu’il y eut entre lui et l’Autre<br /> une rencontre grandiose qu’il ne peut effacer.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Le livre inscrit à la BNF<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Abouddahab, Rédouane (1962-....) <br /> La violence et la parole [Texte imprimé] : lectures croisées de récits bibliques et coraniques / Rédouane Abouddahab & Étienne Duval. - Lyon : Éd. Merry world, DL 2011 (impr.<br /> en Italie). - 1 vol. (290 p.) ; 21 cm.<br /> <br /> ISBN 2-916320-19-9 (br.) : 22 EUR. - EAN 9782916320199.<br /> <br /> Violence -- Aspect religieux -- Études comparatives<br /> Violence dans la Bible<br /> Violence dans le Coran<br /> Classification Dewey : 205.619 7 (22e éd.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://bibliographienationale.bnf.fr/Livres/M14_11.h/cadre200-1.html<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Prochaine signature du livre à Grenoble : le 17 novembre à 18 heures,au café des arts<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une signature du livre, organisée par des amis sur Grenoble au café des arts, aura lieu le 17 novembre à 18 heures. Ce sera l’occasion de partager nos réflexions,<br /> nos critiques et nos propositions sur le problème de la violence. Les auteurs du livre prétendent qu’il faut l’intégrer non seulement pour qu’elle ne tue pas l’autre mais aussi pour qu’elle<br /> devienne un moyen de progresser en humanité, à condition de renoncer à sa propre toute-puissance.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Le problème de la toute-puissance<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Faire de la mort une force de vie est bien le problème essentiel. Le rôle de la mort intégrée dans la vie consiste à booster la vie elle-même, à la faire passer à<br /> un niveau supérieur. C’est vrai que c’est moins clair lorsqu’on est directement affronté à la mort. Mais à terme on ne peut s’en sortir que si on l’accepte comme un fait qui s’impose et c’est<br /> cette acceptation qui permettra de la dépasser.<br /> <br /> <br /> J’avais un peu anticipé tes questions dans une intervention précédente sur le blog : « Passer de la théorie à la pratique »<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, dans ton paragraphe « Quelle place faites-vous à la violence… ? », tous les exemples que tu donnes sont des cas de toute-puissance. Et<br /> la réponse est dans le sacrifice de la toute-puissance, avec le sacrifice d’Abraham. On voit alors que le problème réel est moins celui de la violence que celui de la toute-puissance, ce qui<br /> n’exclut pas bien sûr la violence elle-même. La violence, c’est la marque de la mort dans la vie. Et la mort, que je le veuille ou non, est inscrite dans toute vie : elle est constitutive de<br /> la vie. Il faut savoir ce que nous en faisons. Et le miracle c’est que ce que nous voulons rejeter est précisément ce qui doit nous faire avancer et progresser.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Comment passer de la théorie à la pratique ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'ai lu le premier chap. de votre livre ; voici quelques remarques décousues et purement personnelles étant donné mon état d'esprit actuel.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Beau poème introductif<br /> <br /> <br /> - "Création de l'homme "  me gène ... p 34<br /> <br /> <br /> - "Faire de la mort une force de vie " oui mais c'est dur pour en ce moment pour moi, pour nous  même si nous y consacrons toutes nos<br /> forces...<br /> <br /> <br /> -  Modestement, je crois avoir compris l'histoire d’Abel et Caïn = en quoi les communautés fermées sur elles-mêmes conduisent au meurtre. Suis<br /> d'accord.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -Dans votre analyse, quelle place faites-vous à la violence de l'ostentation de la fortune ? l'insolence affichée de la richesse ?<br /> <br /> <br />  du terrorisme ? du kamikaze ?<br /> <br /> <br />  de la peine de mort : exécution à froid ?<br /> <br /> <br />  des enfants qui se moquent des autres (le" rouquin " par ex.)<br /> <br /> <br />  des relations non consenties (notion de "consentement" floue d’ailleurs, ce qui arrange le prédateur ...)<br /> <br /> <br />  de la brutale répression en Syrie ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Comment passer de la théorie à la pratique ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Je pense aussi au vers d' Apollinaire " Dieu que l'espérance est violente " .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Est-ce que  le livre de M.M Laurent " Du bon usage de la violence "  Ed. du Cerf  juillet 2011 (présenté<br /> dans Le Pèlerin   que lisent mes parents)  rejoint vos propos ?<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Merci pour cette information. J’ai déjà l’eau à la bouche. Je ne vais pas hésiter à acheter votre livre et peut-être vos deux livres. J’en parlerai de vive voix à<br /> notre prochain café philosophique, samedi prochain.<br /> <br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Après avoir rédigé<br />                                             <br /> <br /> <br /> Le hors- série du MONDE <br /> <br /> <br /> Sur la philosophie<br /> <br /> <br /> En octobre 2009<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   J’ai préparé d’autres jeux plus faciles, plus amusants <br /> édités   dans la collection<br /> <br /> <br />  Les<br /> cahiers ludiques et savants chez Eyrolles<br /> <br /> <br /> La Philosophie d’Hélène<br /> Soumet,<br /> <br /> <br /> Ce  cahier propose un voyage  philosophique, des premiers penseurs de la Grèce jusqu’aux<br /> philosophes contemporains. Sous forme de quiz et de jeux, la pensée est expliquée et le lecteur apprend progressivement les grandes idées qui ont bouleversé l’histoire de l’humanité. Le lecteur<br /> se détend en lisant des histoires drôles, des anecdotes ou en apprenant comment les philosophes se mettent à table ! En fin de chapitre, dans la rubrique ETOILES OUBLIEES il découvre les<br />  femmes philosophes que l’histoire a oubliées<br /> <br /> <br /> Vous apprendrez que les premiers penseurs de la Grèce, contemplant le ciel étoilé ont pensé le monde d’une manière<br /> extraordinairement moderne, vous vous saurez qu’il faut éviter de dîner avec un épicurien, vous comprendrez que Machiavel n’est pas machiavélique, que Descartes n’était pas si cartésien, lui<br /> qui recommandait de ne faire qu’une heure de philosophie par jour pas plus !<br /> <br /> <br /> La Grèce antique, (coup de cœur de la FNAC),<br /> <br /> <br /> Un voyage ludique en Grèce antique, périple plein de surprises: jeux, quiz, recettes de cuisine antique, secrets de beauté,<br /> histoires drôles, anecdotes étonnantes. Les corrigés, rédigés avec soin, se lisent avec plaisir. Les sept chapitres illustrés permettent de saisir l’essentiel de la culture grecque sans<br /> jamais s’ennuyer. A la fin de chaque chapitre une rubrique : ETOILES OUBLIEES cite les femmes célèbres, créatrices, savantes ou philosophes qui ont marqué leur époque.<br /> <br /> <br /> Vous connaitrez mieux la mythologie qui voit s’affronter  les puissances du désordre et de<br />  d’ordre. Vous découvrirez le lien entre cosmos et cosmétique. Un peu de philosophie avec la figure emblématique de Socrate, et l’extraordinaire naissance de la démocratie.<br /> Pour tous les curieux, les voyageurs, comme pour ceux qui voyagent dans l’imaginaire, adultes et adolescents, et pour se détendre et rire en famille : merveilleux cadeau pour les jeunes<br /> hellénistes<br /> <br /> <br /> En savoir plus, voir les diaporamas réalisés avec les superbes illustrations d’Ugo Pinson : site de l’auteur<br /> <br /> <br /> www.helene-soumet.fr<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br /> Chers amis du café philosophique de Lyon, <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai le plaisir de vous signaler  la parution en juin dernier d’un de mes livres, destiné à  ceux qui aiment la culture et plus<br /> particulièrement la philosophie.<br /> <br /> <br /> Il s’agit d’un  parcours, certes un peu hâtif à cause des impératifs éditoriaux, dans toute l’histoire de la philosophie, parcours ludique mais<br /> savant  qui permet de connaître et de retenir les grands mouvements de la pensée  en évitant l’ennui et la terminologie obscure.<br /> <br /> <br /> Voici les références de cet ouvrage: LA PHILOSOPHIE  de Hélène Soumet collection Les cahiers ludiques et savants chez Eyrolles <br /> Prix: 9, 40 euros<br /> <br /> <br /> Vous pouvez découvrir cet ouvrage  sur le fichier joint ainsi que sur mon site : www.helene-soumet.fr   et  le trouver sur Amazon, Fnac, Eyrolles  ou autres sites<br /> <br /> <br /> Dans l’attente de votre retour  et en espérant que cet ouvrage  vous réjouira.<br /> <br /> <br /> Bien cordialement  et félicitations pour vos travaux  sur les mythes.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Hélène Soumet <br /> <br /> <br /> Professeur de philosophie et de culture générale<br /> <br /> <br /> Auteur de Connaissez- vous la philosophie : Hors série du MONDE<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> De la théorie à la pratique<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’étude des textes de la Bible et du Coran nous conduit à une position théorique mais que faut-il faire lorsque nous sommes en face d’une violence concrète ?<br /> Autrement dit ; comment passer de la théorie à la pratique ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Eviter de tomber dans la violence mimétique<br /> <br /> <br /> Lorsque nous nous affrontons à une violence extérieure, nous risquons de ne voir que la violence de l’autre. Et, de ce fait, nous allons répondre à la violence par<br /> la violence. C’est ce qui s’est passé avec Moïse et les Juifs ont alors compris qu’il était très difficile de sortir de la circularité de la violence. L’intuition de Moïse a été de faire<br /> comprendre à chacun que la violence était aussi en soi.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Passer de la violence réelle à la violence symbolique<br /> <br /> <br /> Tout le problème est de passer de la violence à la parole. Mais un tel passage ne peut se faire par un simple effort de volonté. Un tel cas s’est présenté à<br /> Salomon, qui devait séparer deux femmes qui réclamaient le même enfant. Il n’est pas sorti immédiatement de la violence pour faire la leçon aux deux femmes. Il a mimé, en utilisant l’épée, ce<br /> qu’elles étaient en train de faire : leur démarche allait conduire à la mort de l’enfant vivant. Alors ce simple geste a fait surgir la parole de la vraie mère pour sauver son bébé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sacrifier sa toute-puissance pour pouvoir donner la parole à l’autre<br /> <br /> <br /> La parole est un don comme la vie et je ne puis parler que parce que la parole m’est donnée. Or comment est-il possible de recevoir la parole comme un don ? Il<br /> ne suffit pas de passer à la parole pour enlever à la violence sa dimension destructrice. Encore faut-il que chacun fasse sa place à l’autre en rejetant et en sacrifiant la toute-puissance qui<br /> l’habite. Et c’est lorsque j’ai sacrifié mon emprise sur l’autre que je peux lui donner la parole et tout simplement entrer dans la parole.<br /> <br /> <br /> Le sacrifice de la toute-puissance est le seul passage pour faire exister une véritable parole. Or, il peut arriver qu’un acteur essentiel ne sorte pas de la<br /> toute-puissance. Il n’y a alors d’autre solution que de prendre la parole qui m’est refusée pour faire céder cette toute-puissance, qui n’a aucune justification réelle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La parole vient alors féconder le désir pour faire naître l’amour<br /> <br /> <br /> Lorsque la toute-puissance a cédé, la parole est là pour faire sa place à l’autre. C’est elle qui vient creuser le désir pour que l’amour soit possible. Il fallait<br /> que la violence se transforme en parole, au-delà de la toute-puissance, pour qu’elle puisse venir féconder le désir et engendrer l’amour.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Deux auteurs qui se complètent<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai eu le plaisir de te retrouver et assister à cette mini-conférence de présentation de votre livre commun. Je n’ai rien à ajouter sur tes thèses que je connais<br /> bien et sur lesquelles nous avons déjà beaucoup échangé. Par contre ton co-auteur dont j’ai hâte de découvrir le texte m’a paru tout en rondeur et réellement bien incarné. Il semble bien te<br /> compléter et semble ajouter à ton intellectualisme cette note qui relève du sensible, et qui, pour moi, est si importante pour la compréhension. Mais il est possible que je me trompe. A bientôt<br /> j’espère. Geneviève.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> <br /> Je me souviens encore de cette chanson très impressionnante car elle nous arrivait comme un tonnerre, surtout avec le mot Melocoton. Mais elle nous invitait à nous<br /> donner la main. Une bonne leçon pour notre sujet sur la violence et la parole.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Une chanson pour Nada<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Désolée je ne puis faire mieux pour le moment,<br /> <br /> <br /> Grand Merci Daniéle<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Chanson pour la convalescente Nada Al Jendi qui a du blues dans sa voix<br /> <br /> <br /> Melocoton et Boule d’Or<br /> <br /> <br /> Deux gosses dans un jardin ...<br /> <br /> <br /> Melocoton, où elle est Maman ?<br /> <br /> <br /> J’en sais rien; viens, donne-moi la main<br /> <br /> <br /> Pour aller où ?<br /> <br /> <br /> J’en sais rien, viens<br /> <br /> <br /> Papa il a une grosse voix<br /> <br /> <br /> Tu crois qu’on saura parler comme ça ?<br /> <br /> <br /> J’en sais rien ; viens, donne-moi la main<br /> <br /> <br /> Melocoton, Mémé elle rit souvent<br /> <br /> <br /> Tu crois qu’elle est toujours contente ?<br /> <br /> <br /> J’en sais rien ; viens, donne-moi la main<br /> <br /> <br /> Perrine, elle est grande, presque comme Maman<br /> <br /> <br /> Pourquoi elle joue pas avec moi ?<br /> <br /> <br /> J’en sais rien ; viens, donne-moi la main<br /> <br /> <br /> Christophe il est grand, mais pas comme Papa<br /> <br /> <br /> Pourquoi ?<br /> <br /> <br /> J’en sais rien ; viens, donne-moi la main<br /> <br /> <br /> Dis Melocoton, tu crois qu’ils nous aiment ?<br /> <br /> <br /> Ma petite Boule d’Or, j’en sais rien<br /> <br /> <br /> Viens... donne-moi la main<br /> <br /> <br /> (Colette MAGNY)<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Une très bonne initiative !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est une très bonne initiative et je l’attends avec plaisir. Ce serait bien que nous parlions, par exemple,  à partir du sacrifice d’Ismaël ou<br /> d’Isaac ou encore d’Abraham. Nous sommes là sur un sommet de la pensée. Figure-toi que nous avons commencé à échanger de cette manière, en faisant des conférences sur la violence à partir des<br /> mêmes textes, mais chacun à partir de sa tradition. C’était vraiment très intéressant. C’est de là que nous est venue l’idée de faire un livre en commun. Je ne m’étais jamais rendu compte que<br /> nous étions si  proches.  <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Une réunion où chacun parlera à partir du même récit<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci Etienne, je n'ai pas encore lu le livre, j'ai aimé votre réflexion, mais j'étais fatiguée avec le grippe. Je vais le lire et j'ai parlé avec Rédouane :<br /> on va faire une soirée dans un restaurant, on va présenter le livre et je veux que vous et Rédouane vous analysiez un récit, c'est-à-dire que vous  parliez du même récit, chacun<br /> de son point de vue, et moi je vais faire une présentation en arabe. Vous avez dit qu'on a un désir quand on a du manque ; on ne peut pas avoir du désir sans manque. A bientôt !<br /> Nada<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Violence fondamentale et processus qui va conduire à la parole, au sujet et à l’amour<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci Marie-Madeleine. Je vais essayer de répondre pour ce qui me concerne. C’est vrai que nous n’avons pas assez croisé nos interventions. Pour moi, la violence<br /> fondamentale c’est la présence de la mort dans la vie, ce qui entraîne pulsion de mort et force de mort. Mais l’intérêt c’est que cette violence va être le levier de l’évolution. Sans doute y<br /> a-t-il des rapports dialectiques entre violence et parole mais il y a un entrelacement tel qu’il est difficile de parler de l’une sans parler de l’autre. Elles sont intérieures l’une à l’autre<br /> comme la mort et la vie. Comme nous l’avons répété, la parole est une symbolisation de la violence. Mais la violence, d’elle-même, ne peut aboutir à la parole. Il faut une sorte de parole de Dieu<br /> qui précède, disons le langage qui nous est donné et qui va permettre la symbolisation cherchée. En un sens, le langage est une machine à symboliser la violence pour donner naissance à la<br /> parole.<br /> <br /> <br /> J’ai personnellement essayé de décliner les différentes étapes du processus, qui va de la violence à la parole et à la constitution du sujet, puis à<br /> l'amour :<br /> <br /> <br /> -          Reconnaissance de la présence de la violence en soi<br /> <br /> <br /> -          Intégration du manque qui est une forme de violence, et qui permet d’accéder à l’humanité<br /> <br /> <br /> -          Intégration de la séparation, qui est aussi une forme essentielle de la violence, et qui va permettre les relations entre les hommes<br /> <br /> <br /> -          Intégration du langage qui est la condition pour une symbolisation de la violence<br /> <br /> <br /> -          Sacrifice de la toute-puissance pour favoriser l’avènement du sujet<br /> <br /> <br /> -          La parole du sujet va structurer le désir et donner naissance à l’amour.<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Un intérêt, une critique et des questions<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'ai assisté à la présentation du livre mais ne l'ait pas encore lu. La présentation côte à côte, de ce fait, prudente, de la bible et du coran sous l'angle de la<br /> violence est fort intéressante. C'est le chemin de dialogue qu'ont choisi les auteurs/chercheurs Etienne et Rédouane qui livrent leur expérience nourrie des relations, débats et réflexions menés<br /> depuis longtemps au plus près du concret. Bravo et merci. L'une et l'autre vont s'éclairer mutuellement au fil de ma lecture sans doute. Je regrette quand même que leur présentation n'ait pas été<br /> plus "croisée", ouvrant à un débat un peu problématisé. Voici quelques questions auxquelles je vais chercher des éléments de réponse au cours de ma lecture attentive<br /> <br /> <br /> - que recouvre exactement pour chacun des auteurs le terme de violence ? pas sûr que ce soit comparable mais il faudrait pouvoir nous y repérer<br /> <br /> <br /> - quels peuvent être les rapports dialectiques entre violence et parole justement,<br /> <br /> <br /> - quels processus (physique, psychique, social...) à l'oeuvre pour cette "intégration" de la violence.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Marie Madeleine Culem<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Une soixantaine de personnes pour discuter sur la violence et la parole<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il y a eu hier à La Procure de Lyon, une rencontre signature autour du livre « La violence et la parole ». En dehors des présentations par le libraire et<br /> les deux auteurs, il y a eu d’assez longues discussions, la plupart du temps très ouvertes. J’ai pourtant remarqué que les idées sur la violence n’étaient pas très claires et qu’il reste, chez<br /> certains, une sorte d’identification entre la violence et le mal. Pour simplifier, la violence fondamentale n’est rien d’autre que la présence de la mort dans la vie ; il existe donc des<br /> pulsions et des forces qui poussent à la destruction. Et pourtant les textes de la Bible et du Coran nous montrent que cette violence fondamentale va jouer un rôle clef dans l’évolution humaine<br /> mais l’homme a la responsabilité de cette évolution : il doit reconnaître la violence présente en lui, l’intégrer sous la forme du manque et de la séparation de l’autre. Il lui appartient<br /> aussi de lui faire franchir le saut de la symbolisation pour parvenir jusqu’à la parole. La vraie parole est de la violence symbolisée, mais le saut de la symbolisation ne pourrait pas se faire<br /> s’il n’y avait pas une parole qui précède, dont les contours sont présents dans le langage qui nous est donné comme le don de la vie. Aussi la symbolisation de la violence suppose-t-elle aussi<br /> l’intégration du langage. Enfin, la violence, ferment de l’évolution, si elle est prise en compte et traitée, peut opérer un retournement, en sacrifiant la toute-puissance de l’individu. C’est<br /> ainsi que la violence nous conduit jusqu’à la construction du sujet, car l’homme devient réellement sujet lorsqu’il sacrifie sa toute-puissance et permet ainsi à l’autre, de devenir sujet à son<br /> tour. Et comme la parole a pour fonction, à terme, de féconder le désir, la violence dans son évolution en vient à favoriser l’éclosion et le développement de l’amour.<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Je suis moi-même pris par l’écriture<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je viens d'acquérir le livre d'Etienne (et Rédouane Abouddahad), que j'ai commencé avec l'intérêt habituel que je trouve à lire les subtiles interprétations de<br /> notre Etienne. Pour l'essentiel, je suis bien d'accord : les monothéismes sont d'abord une culture. Ils ont des points communs fondamentaux, qu'il est urgent de retrouver. Le détail, il me reste<br /> à l'explorer en essayant de comprendre. (Je lisais tout récemment les entretiens d'Edgar Morin.- Mon chemin.- Points / Fayard, 2008. qui va dans la même direction : un invitation à ne pas mourir<br /> idiot dans son coin et dans ses peurs) Outre les travaux diois de l'été, toujours recommencés, ou jamais achevés, (y compris deux expos sympathiques et locales, qui font connaître du monde bien<br /> intéressant), je me suis lancé de mon côté dans la rédaction d'un (trop) long texte, sous l'impulsion amicale et habile de Jean Rohou qui est l'auteur de 'Fils de Ploucs" - il m'avait sollicité<br /> pour ce travail-là, et de : "Le Christ s'est arrêté à Rome", qui a été remarqué et que vous connaissez sans doute. Je lui avais soumis, sur ce sujet-ci, quelques réflexions sommaires, qu'il m'a<br /> sommé de développer afin de publier. J'en suis venu à bout, sauf repentirs probables. Pour aller plus loin, il faudrait que je sois convaincu que tout cela présente quelque intérêt. J'en doute,<br /> bien entendu. Voilà, en gros, où j'en suis.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Cultura<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La violence et la parole<br /> <br /> <br /> De Rédouane Abouddahab,Etienne Duval<br /> <br /> <br /> Cet ouvrage est une réflexion sur la violence et son dépassement. Il prend appui sur un ensemble de récits bibliques et coraniques, dont le rapprochement mê ...<br /> <br /> <br /> <br /> Lire la suite<br /> <br /> Date de sortie : le 01/05/2011<br /> <br /> <br /> <br /> Quantité(s)<br /> <br /> <br /> - +<br /> <br /> <br /> <br /> Expédié sous 9 à 10 jours<br /> <br /> <br /> voir les conditions<br /> <br /> <br /> 22,00 €<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Syndicat des libraires de la littérature religieuse<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> *** 1ere Rencontre d’Octobre 2011 ***<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Rencontre avec Etienne DUVAL<br /> & Rédouane ABOUDDAHAB<br /> <br /> <br /> Autour de leur dernier livre<br /> <br /> <br /> « La violence et la parole »<br /> <br /> <br /> Lectures croisées de récits bibliques et coraniques<br /> <br /> <br /> Paru aux éditions Merry World<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mardi 4 octobre 2011<br /> <br /> <br /> à 18h<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> à la librairie La Procure-Léo<br /> <br /> <br /> 9 rue Henri IV – 69002 Lyon<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> NB : Cet ouvrage est une réflexion sur la violence et son dépassement. Il prend appui sur un ensemble de récits bibliques et<br /> coraniques, dont le rapprochement même ici opéré met en lumière le fertile fond commun des trois monothéismes. Si l’ouvrage s’intéresse aux récits fondateurs du monothéisme, il n’aborde pas<br /> celui-ci comme une religion mais comme une culture. Réalité souvent ignorée : le monothéisme est avant tout une culture, à savoir une réalité humaine qui s’exprime à travers des médiums<br /> symboliques (dont la littérature, l’architecture, l’art…), et une éthique de vie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les auteurs : Rédouane Abouddahab est enseignant-chercheur à l’Université de Lyon,<br /> <br /> <br />                     Etienne Duval est sociologue dominicain.<br /> <br /> <br /> Ils animent ensemble Formidec, association lyonnaise active dans le domaine de l’échange inter-culturel et inter-civilisationnel.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Une société sans violence n’est pas possible<br /> <br /> <br /> Dans la mesure où la violence est constitutive de l’homme, une société sans violence n’est pas possible. Mais il est de notre responsabilité de l’intégrer et de la<br /> transformer pour construire l’homme. S’il n’y avait pas de violence, il n’y aurait pas de désir humain mais seulement de la pulsion. Il n’y aurait pas non plus de parole ni de sujet<br /> humain.<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Une société sans violence est-elle possible ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le thème de votre livre est intéressant, mes préoccupations allant cependant surtout vers la violence dans le travail humain aujourd'hui. Dans le n°d’Esprit de ce<br /> mois d¹octobre, tu peux lire un article sur le thème. Il n¹est pas dans la problématique de votre ouvrage, mais le thème est omniprésent. Une société sans violence est-elle possible, pensable<br /> même ? Nous n¹avons pas fini d¹y réfléchir.<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Paroisse Sainte Madeleine en côte roannaise<br /> <br /> <br /> Œcuménisme et interreligieux<br /> <br /> <br /> Rencontre avec Etienne Duval et Rédouane Abouddahab<br /> <br /> <br /> Autour de leur dernier livre "La violence et la parole : Lectures croisées de récits bibliques et coraniques", paru aux éditions Merry<br /> World, mardi 4<br /> octobre, à 18h, à la librairie La Procure-Léo, Lyon 2ème.<br /> Contact : laprocureleo@wanadoo.fr / 04 78 37 63 19<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Mairie du 2è arrondissement<br /> <br /> <br /> Mardi 4 octobre 2011 à 18 h<br />  « La violence et la parole »<br /> Rencontre avec Etienne DUVAL & Rédouane ABOUDDAHAB<br /> Lectures croisées de récits bibliques et coraniques<br /> Paru aux éditions Merry World<br /> Cet ouvrage est une réflexion sur la violence et son dépassement. Il prend appui sur un ensemble de récits bibliques et coraniques, dont le rapprochement même ici opéré met en lumière le fertile<br /> fond commun des trois monothéismes. Si l’ouvrage s’intéresse aux récits fondateurs du monothéisme, il n’aborde pas celui-ci comme une religion mais comme une culture. Réalité souvent ignorée : le<br /> monothéisme est avant tout une culture, à savoir une réalité humaine qui s’exprime à travers des médiums symboliques (dont la littérature, l’architecture, l’art…), et une éthique de vie.<br /> Les auteurs : Rédouane Abouddahab est enseignant-chercheur à l’Université de Lyon, Etienne Duval est sociologue dominicain.<br /> Ils animent ensemble Formidec, association lyonnaise active dans le domaine de l’échange interculturel et inter-civilisationnel.<br /> Librairie la procure Léo, 9 rue Henri IV, 04 78 37 63 19, laprocureleo@wanadoo.fr www.laprocureleo.com<br /> laprocureleo@wanadoo.fr<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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