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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 17:56

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Esther devant Assuérus par Nicolas Poussin (évocation de Chahrazade)


 

 

La vie est un grand jeu symbolique qui repose sur la confiance réciproque


Dans les Mille et Une Nuits, nous retrouvons la matrice de la vie, qui est au fondement de toutes les grandes pensées et de toutes les grandes religions. Elle se présente comme un jeu d'interactions, qui permet à chaque être de trouver sa place et de se construire, dans sa relation aux autres, au fur et à mesure de l'évolution. Or le grand roi Chariyâr vient d'être trompé publiquement par sa femme et son harem, comme l'a été précédemment son frère, dans une moindre mesure. Ainsi trouve-t-il la confirmation de la faute initiale de la femme, qui perturbe l'existence humaine depuis tous les temps. Et, pourtant, une scène, qui pourrait remettre en cause cet a priori infondé surgit tout à coup devant ses yeux et ceux de son frère. Comme de nombreuses fois, dans les Mille et Une Nuits, le langage est très cru et très évocateur.


La parabole de l'ifrite et de l'adolescente


"Un cri retentit tout à coup au milieu de la mer, suivi par une clameur immense. La peur fit trembler le roi et son frère… Ils grimpèrent se cacher dans un grand arbre…Puis la mer se fendit et une colonne noire émergea des flots… La forme gigantesque atteignit la rive et se hissa sur la terre ferme où elle prit l'apparence d'une ifrite, oui, d'un djinn de couleur noire qui se dressa de toute sa taille et se mit à marcher, portant sur sa tête un coffre en verre fermé par quatre cadenas d'acier. L'être en question traversa la prairie et, voulant s'asseoir à l'ombre d'un arbre, n'en trouva, à son goût, que celui où étaient perchés les deux rois. Il s'arrêta dessous, posa sur le sol le coffre en verre, et, à l'aide de quatre clefs différentes, ouvrit les quatre cadenas. Et voilà que surgit une adolescente de taille parfaite, aux formes harmonieusement proportionnées… " Ô toi, la perle de toutes les favorites de la terre, dit-il, celle que j'ai enlevée la nuit même de ses noces, sache que j'aimerais dormir un peu. " Puis il mit la tête sur les genoux de la jeune femme et s'étendit de tout son long, ses pieds atteignant presque le bord de la mer. Sur quoi, il sombra dans in profond sommeil…

L'adolescente fit signe aux deux frères de descendre sans bruit la rejoindre… " Il faut absolument que vous veniez près de moi, leur dit-elle. " Eux cependant lui faisaient comprendre par signes que l'ifrite qui reposait près d'elle était l'ennemi implacable du genre humain… " Je vous somme de descendre, les menaça-t-elle, alors, sinon je réveillerai l'ifrite pour qu'il vous tue. "…Lorsqu'ils furent près d'elle, elle se coucha sur le dos, leva les jambes en l'air et leur dit : " Baisez-moi, faites-moi mon affaire, sinon je n'hésiterai pas à tirer l'ifrite de son sommeil pour qu'il vous tue ". …

Devant pareille insistance, ils ne purent s'empêcher d'obéir. Ils la conjoignirent donc tous les deux….Ils se levèrent de dessus l'adolescente, et celle-ci, en retour, leur ordonna : " Et maintenant passez-moi vos anneaux ". Elle sortit de l'intérieur de ses vêtements un petit sac, l'ouvrit et, le renversant, fit tomber à terre tout ce qu'il contenait, soit quatre-vingt-dix-huit anneaux, tous de couleurs et de modèles différents. " Savez-vous ce que sont ces anneaux ? demanda-t-elle. - Non, confessèrent-ils. - Leurs possesseurs ont tous couché avec moi. Sachez en effet que chaque fois qu'un homme me baise, je lui prends son anneau. Donc, puisque vous m'avez baisé tous les deux, vous n'avez plus qu'à me donner les vôtres…Lorsque la femme veut quelque chose, il n'est personne au monde qui puisse l'empêcher de l'obtenir. "…

Les deux frères tournèrent donc les talons et reprirent leur route. Tout en marchant, Chariyâr disait à son frère : " Ô Chahzamane, mon frère, considère le cas de cette adolescente. Par Dieu, l'infortune dont elle est la cause dépasse encore la nôtre… Retournons donc en notre royaume et dans notre ville, ô mon frère, et renonçons aux femmes. Quant à moi, je te ferai voir bientôt la conduite que j'ai décidé d'adopter ".
(Mille et Une Nuits, Phébus Libretto, édition intégrale établie par René R. Khawam, volume 1, 1986, p. 48-53)


Le roi Chariyâr ne comprend pas la leçon

Le roi ne voit pas que l'ifrite est tout simplement là pour représenter son attitude par rapport à la femme, et l'attitude de chacun des autres hommes. Les uns et les autres agissent comme des démons en choisissant une fille encore très jeune pour l'admettre comme leur épouse. Celle-ci ne connaît encore rien de la vie. Mais ils en font, dès le soir du mariage, une prisonnière qu'ils enferment à quatre tours. Comment pourrait-elle leur être fidèle puisque, dès le départ, il n'existe pas de confiance réciproque ? Dès qu'elle respire un petit air de liberté, elle tente d'échapper à leur emprise. La tromperie qu'ils subissent n'est rien d'autre que la conséquence de leur manque de confiance. Et pour bien souligner l'hypocrisie dans laquelle ils s'enferment, l'adolescente de la parabole confisque l'alliance des hommes qui trompent leur femme, et ils sont des centaines à le faire. La marque de leur fidélité est, en réalité, le symbole même de leur infidélité car elle a pour prix l'enfermement de la femme. Pris de compassion, le roi trouve cette jeune fille encore plus malheureuse que lui, mais il souligne alors qu'elle est elle-même la cause de son infortune. C'était pourtant le contraire que voulait souligner la parabole.


Pour que la vie soit un jeu, il faut inviter la mort

Désormais, le roi a peur de la mort, comme il a peur de la vie. Il veut bien engager une relation avec une femme mais ce ne sera que pour une nuit. Le matin même, le grand vizir se chargera de la faire disparaître. Il ne veut plus revivre la blessure profonde qu'a provoquée la tromperie de la reine et des femmes de son harem. En tuant la femme d'un soir, c'est à la mort qu'il croit s'attaquer, mais il oublie que la mort fait partie de la vie. En refusant de l'inviter au grand jeu de l'existence, il détruit le jeu car tout jeu est, en un sens, un jeu avec la mort pour faire gagner la vie. Aussi l'existence au palais devient-elle infernale. En croyant congédier la mort, le roi a congédié la femme et finalement il a congédié la vie elle-même.


Chahrazade, la femme qui veut sauver l'homme pour sauver la femme

Fort heureusement, une jeune femme extraordinaire, qui rappelle la grande reine Esther, épouse du roi Assuérus, à la Cour de Perse, surgit au milieu du désastre. Fille du Grand Vizir, elle refuse de cautionner le drame qui s'installe au cœur du royaume et propose à son père de devenir elle-même, pour un soir, la femme du roi. Le souverain cherche à écarter la mort du jeu de la vie : son premier soin va consister à l'inviter à nouveau. Elle sait qu'en entrant dans le lit du monarque c'est à la mort qu'elle va s'affronter ; cette condition fait partie du jeu qu'elle veut à nouveau engager. Mais encore faut-il qu'elle redonne au roi son statut de joueur en rétablissant chez lui la confiance nécessaire.
 

Le rejet de la femme lié à la peur de l'autre et à la peur de la parole
Même si elle n'a pas assisté à la scène de l'ifrite et de l'adolescente, Chahrazade a compris la contradiction dans laquelle le roi s'est enfermé : il ne fait pas confiance à la femme parce qu'il croit que la femme le trompe. Or elle le trompe parce qu'il ne lui fait pas confiance. Autrement dit, il y a, chez l'homme un rejet initial de la femme, lié tout simplement à la peur de l'autre, car la femme est d'abord l'autre de l'homme. Mais Chahrazade va plus loin encore : elle établit une équivalence entre faire confiance à l'autre et écouter sa parole. Si l'homme ne fait pas confiance à la femme c'est parce qu'il ne l'écoute pas ; plus ou moins confusément, il pense que la parole lui revient en propre. La femme ne peut être de cet avis. Son combat fondamental, en tout cas celui de Chahrazade, est contre la seule parole masculine : il est pour une parole partagée.

Pour Chahrazade thérapeute, il s'agit de rééduquer l'écoute de l'homme pour qu'il puisse entendre la parole de la femme.


Chahrazade cherche à rééduquer l'écoute du roi et sa confiance en lui racontant des histoires

Les histoires que Chahrazade va raconter au roi viennent de tout le Moyen Orient, de l'Inde jusqu'à la Mésopotamie en passant par la Perse. Du 10è siècle avant Jésus-Christ, elles s'étalent comme un courant deux fois millénaire, jusqu'au dixième siècle après sa mort. C'est la vie elle-même avec toutes ses interactions, ses égarements et ses reprises, qui prend figure dans cette Écriture qui veut défier le temps. Ce qu'il ne veut pas entendre va venir, chaque nuit, frapper à son oreille. A chaque conte, la parole de la femme sollicite le roi pour le guérir de la surdité, qui lui fait perdre la tête. Afin de redoubler ses coups, elle s'interrompt une journée entière pour revenir à la charge dès la nuit suivante. Puisque le roi adulte n'entend pas, elle s'adresse maintenant à l'enfant, traque le moment lointain, hors du temps, où il n'a plus voulu écouter la voix de sa mère, de ses grands-mères, relayée par la parole de toutes les femmes. Manifestement il a oublié les vibrations du chant ancien à plusieurs voix où les paroles jouaient entre elles, paroles de femmes et paroles d'hommes, qui constituaient ensemble le chant même de la création. Alors petit à petit, la voix de Chahrazade, pendant Mille et Une nuits, reconstitue l'oreille perdue de l'homme. Il peut entendre maintenant la parole de son épouse, qui lui annonce, avec un ou même deux ans de retard, la naissance de leurs trois enfants.

 

Un engendrement réciproque par l'écoute de la parole de l'autre
Chariyâr, le roi, comprend maintenant, qu'il n'est pas qu'une parole : il y en a deux, celle de la femme et celle de l'homme. C'est dans leur conjugaison, et dans la bonne entente de l'une et de l'autre, qu'elles peuvent devenir créatrices. Chacun est alors engendré, au jour le jour, par l'écoute de la parole de l'autre. Il n'y a plus rien à craindre : la confiance réciproque peut désormais faire son apparition, dès que la parole féminine est entendue et que la femme trouve enfin sa place dans le grand jeu symbolique de la vie.


Etienne Duval

 

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commentaires

M
<br /> <br /> Les mathématiques et l'écriture<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Elles sont nées en même temps, et sont très liées. Une mathématique nécessite un support écrit, mais à l'inverse, le besoin de garder trace des transactions fut essentiel pour l'invention de<br /> l'écriture. L'écriture fut inventée dans des états du Moyen Orient ou en Chine pour gérer des biens, calculer des impôts... Les numérations écrites marquent un progrès fondamental. Des calculs<br /> sur des nombres de plus en plus grands deviennent possibles.<br /> <br /> <br /> http://www.mediamaths.net/2-categorie-11318033.html<br />
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D
<br /> Je dirai, ce qui revient au même : "Dieu écrit et le monde se fait". Mais il faut alors étudier les rapports entre les mathématiques et l'écriture...<br />
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C
<br /> Blog(fermaton.over-blog.com),No-7. THÉORÈME 2 VOIES. - Dieu calcule et le monde se fait.<br />
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C
<br /> Blog(fermaton.over-blog.com),No-7. THÉORÈME 2 VOIES. - Dieu calcule et le monde se fait.<br />
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F
<br />  blog(fermaton.over-blog.com),No-29. - THÉORÈME GOTIT. -   ÉNIGMES JEUX HASARD.<br />
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M
<br /> <br /> Signature de Michael Jackson<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> Signez l’appel des femmes arabes<br /> <br /> <br /> Un an après les révolutions, France Inter consacre l’ensemble de ses programmes à la situation des femmes dans le monde arabe et lance avec le journal Le Monde un<br /> Appel pour la Dignité et l’Egalité rédigé par 8 femmes, tunisiennes, égyptiennes, libyenne, syrienne et algérienne.<br /> <br /> <br /> >> Signez l'Appel<br /> <br /> <br /> L'appel peut être signé par tout citoyen. La pétition sera remise au Secrétaire Général de la Ligue des Etats<br /> Arabes, mardi 13 mars au Caire, ainsi qu'au Président du Conseil Européen à l'occasion du Sommet des Chefs d'état et de gouvernement de l'Union Européenne à Bruxelles le 25 mai 2012.<br /> <br /> <br /> Rappel de l’appel<br /> <br /> <br /> Nous, femmes arabes impliquées dans les luttes pour la démocratie, la dignité et l'égalité, nous, actrices au premier plan des changements exceptionnels que connaît<br /> le monde arabe, tenons à rappeler à l'opinion publique que les femmes sont en droit de<br /> bénéficier au même titre que les hommes du souffle de liberté et de dignité qui gagne cette région du monde.<br /> <br /> <br /> Depuis toujours, les femmes mènent des luttes pour obtenir des acquis, plus ou moins importants selon les pays. Mais ces acquis demeurent en deçà de leurs aspirations et font de leur statut un des plus reculés dans le monde.<br /> <br /> <br /> Les violences demeurent répandues tant dans l'espace public que privé et très peu de mesures sont prises pour mettre fin à ce fléau.<br /> <br /> <br /> Les codes de la famille ne sont dans la plupart des pays arabes que des textes instituant l'exclusion et la discrimination.<br /> <br /> <br /> Les autres lois que sont le code de la nationalité, certains codes civils et les lois pénales ne font que renforcer ces discriminations. Ces lois violent les droits les plus élémentaires et les libertés<br /> fondamentales des femmes et des fillettes par l'usage de la polygamie, le mariage des mineures, les inégalités en matière de mariage, de divorce, de tutelle sur les enfants ou encore l'accès à la<br /> propriété et à l'héritage.<br /> <br /> <br /> Certaines lois permettent même à la parentèle masculine de tuer des femmes et des filles avec le bénéfice de circonstances atténuantes dans le cadre des crimes d'honneur.<br /> <br /> <br /> Si la majorité des pays arabes (à l'exception du Soudan, et de la Somalie) a ratifié avec plus ou moins d'empressement la Convention sur l'élimination de toutes les<br /> formes de discrimination à l'égard des femmes (Cedaw), adoptée par l'ONU en 1979, ces<br /> ratifications sont restées sans impact réel sur le statut et la condition des femmes.<br /> <br /> <br /> Aujourd'hui que le monde arabe est en phase de construction démocratique pour la consolidation de l'Etat de droit et des droits humains, nous considérons que si<br /> l'égalité ne peut se réaliser sans la démocratie, la pleine jouissance de cette<br /> démocratie ne peut se réaliser sans une égalité totale entre les hommes et les<br /> femmes.<br /> <br /> <br /> C'est pourquoi nous appelons les Etats, les partis politiques et la société civile dans ces pays à tout faire pour que la dignité des femmes et leur égalité avec les hommes ne soient pas une fois de plus sacrifiées au<br /> nom de prétendues priorités.<br /> <br /> <br /> Aucune démocratie en effet ne peut se construire au<br /> détriment de la moitié de la société. Ensemble nous avons fait notre présent, ensemble nous construirons un avenir meilleur.<br /> <br /> <br /> Nous exigeons<br /> <br /> <br /> :<br /> - la préservation des acquis, l'égalité totale et effective et l'inscription des droits des femmes dans les constitutions ;<br /> - les mesures législatives et administratives afin d'éradiquer les violences<br /> faites aux femmes ;<br /> - la ratification et le respect de la Cedaw sans réserve dans son esprit et dans toutes ses implications concrètes ;<br /> - l'adoption de lois qui protègent les femmes des inégalités sociales et économiques, des discriminations, en particulier familiale ;<br /> - les mesures d'action positive afin d'assurer l'accès des femmes aux postes de décision<br /> et à leur pleine participation à la vie politique et associative ;<br /> - la dénonciation des voix qui s'élèvent ici et là pour discriminer les femmes au<br /> nom d'une lecture rétrograde des préceptes religieux ainsi que celles qui voudraient leur interdire une participation pleine et entière à une vie digne et respectueuse des droits humains ;<br />
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A
<br /> L’ADN<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Tu fais allusion à l’écriture primordiale, la vraie matrice de la parole, la mère de toutes les langues et la source de tous les mots. Elle plonge ses racines dans<br /> le mystère de la création, en deçà des limites et des frontières, comme les lettres d’un alphabet en gestation, qui va fixer les gènes de chaque espèce et de chaque individu…<br />
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D
<br /> Oui la parole des femmes est l’écriture<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je pense à Andrée Chedid : mère du chanteur Louis Chedid et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La source des mots<br /> <br /> <br /> <br /> « Je débutais<br /> <br /> <br /> Au fond des lagunes<br /> <br /> <br /> De la parole<br /> <br /> <br /> Immergé dans ses remous<br /> <br /> <br /> Et dans la source des mots<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De ce temps-là<br /> <br /> <br /> J’englobais toutes les langues<br /> <br /> <br /> Je regorgeais de sons<br /> <br /> <br /> Je jouais l’impossible<br /> <br /> <br /> Sur mon clavier<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais bientôt je naquis<br /> <br /> <br /> Au monde des limites<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bientôt vos appels<br /> <br /> <br /> Décryptèrent mon maquis<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bientôt vos voix<br /> <br /> <br /> M’établirent en lieu<br /> <br /> <br /> Et en frontières<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bientôt vos gestes<br /> <br /> <br /> Tracèrent des règles<br /> <br /> <br /> Dans ces marais d’infini »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Andrée Chedid, Rythmes, Gallimard, Collection blanche, 2003, pp. 27-28.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A bientôt Danièle<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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F
<br /> <br /> Femmes voilées ou non voilées en Egypte<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> suite<br /> <br /> <br /> - Wassyla Tamzali, féministe et essayiste, algérienne.<br /> <br /> <br /> Soutenues par :<br /> <br /> <br /> Sylviane Agacinski, philosophe ; Keren Ann, chanteuse ; Elisabeth Badinter, philosophe ; Josiane Balasko, comédienne ; Juliette Binoche, comédienne ;<br /> Dominique Blanc, comédienne ; Louis Chedid, chanteur ; Umberto Eco, écrivain ; Marianne Faithfull, chanteuse ;<br /> René Frydman, obstétricien ; Juliette Gréco, chanteuse ; Claudie Haigneré, astronaute et femme politique ; Françoise Héritier,<br /> anthropologue ;Isabelle Huppert, comédienne ; Axel Kahn, généticien ; La Grande Sophie, chanteuse ; Talisma Nasreen, écrivain ; Olivia Ruiz, chanteuse ; Rayhana, auteure et comédienne ; Annette Wieviorka, historienne ; Mazarine Pingeot, professeure de philosophie et écrivain.<br />
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L
<br /> En écho à la parole de Chahrazade<br /> <br /> <br /> L'appel des femmes arabes pour la dignité et l'égalité<br /> <br /> <br /> Nous, femmes arabes impliquées dans les luttes pour la démocratie, la dignité et l'égalité, nous, actrices au premier plan des changements exceptionnels que connaît<br /> le monde arabe, tenons à rappeler à l'opinion publique que les femmes sont en droit de bénéficier au même titre que les hommes du souffle de liberté et de dignité qui gagne cette région du monde.<br /> <br /> <br /> Depuis toujours, les femmes mènent des luttes pour obtenir des acquis,<br /> plus ou moins importants selon les pays. Mais ces acquis demeurent en deçà de leurs aspirations et font de leur statut un des plus reculés dans le monde.<br /> <br /> <br /> Les violences demeurent répandues tant dans l'espace public que privé et très peu de mesures sont prises pour mettre fin à ce fléau.<br /> <br /> <br /> Les codes de la famille ne sont dans la plupart des pays arabes que des textes instituant l'exclusion et la discrimination.<br /> <br /> <br /> Les autres lois que sont le code de la nationalité, certains codes civils et les lois pénales ne font que renforcer ces discriminations. Ces lois violent les droits les plus élémentaires et les libertés<br /> fondamentales des femmes et des fillettes par l'usage de la polygamie, le mariage des mineures, les inégalités en matière de mariage, de divorce, de tutelle sur les enfants ou encore l'accès à la<br /> propriété et à l'héritage.<br /> <br /> <br /> Certaines lois permettent même à la parentèle masculine de tuer des femmes<br /> et des filles avec le bénéfice de circonstances atténuantes dans le cadre des crimes d'honneur.<br /> <br /> <br /> Si la majorité des pays arabes (à l'exception du Soudan, et de la Somalie) a ratifié avec plus ou moins d'empressement la Convention sur l'élimination de toutes les<br /> formes de discrimination à l'égard des femmes (Cedaw), adoptée par l'ONU en 1979, ces ratifications sont<br /> restées sans impact réel sur le statut et la condition des femmes.<br /> <br /> <br /> Aujourd'hui que le monde arabe est en phase de construction démocratique pour la consolidation de l'Etat de droit et des droits humains, nous considérons que si<br /> l'égalité ne peut se réaliser sans la démocratie, la pleine jouissance de cette démocratie ne<br /> peut se réaliser sans une égalité totale entre les hommes et les femmes.<br /> <br /> <br /> C'est pourquoi nous appelons les Etats, les partis politiques et la société civile dans ces pays à tout faire pour que la dignité des femmes et leur égalité avec les hommes ne soient pas une fois de plus sacrifiées au<br /> nom de prétendues priorités.<br /> <br /> <br /> Aucune démocratie en effet ne peut se construire au détriment de la<br /> moitié de la société. Ensemble nous avons fait notre présent, ensemble nous construirons un avenir<br /> meilleur.<br /> <br /> <br /> Nous exigeons :<br /> - la préservation des acquis, l'égalité totale et effective et l'inscription des droits des femmes dans les constitutions ;<br /> - les mesures législatives et administratives afin d'éradiquer les violences faites aux femmes<br /> ;<br /> - la ratification et le respect de la Cedaw sans réserve dans son esprit et dans toutes ses implications concrètes ;<br /> - l'adoption de lois qui protègent les femmes des inégalités sociales et économiques, des discriminations, en particulier familiale ;<br /> - les mesures d'action positive afin d'assurer l'accès des femmes aux postes de décision et à leur<br /> pleine participation à la vie politique et associative ;<br /> - la dénonciation des voix qui s'élèvent ici et là pour discriminer les femmes au nom d'une lecture<br /> rétrograde des préceptes religieux ainsi que celles qui voudraient leur interdire une participation<br /> pleine et entière à une vie digne et respectueuse des droits humains ;<br /> <br /> <br /> Les huit signataires de l'appel :<br /> <br /> <br /> - Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), tunisienne ;<br /> <br /> <br /> - Bochra Belhadj Hmida, avocate, cofondatrice et ex-présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates, tunisienne ;<br /> <br /> <br /> - Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste, égyptienne ;<br /> <br /> <br /> - Nawal El Saadawi, médecin psychiatre, écrivain et féministe historique, égyptienne ;<br /> <br /> <br /> - Tahani Rached, réalisatrice, égyptienne ;<br /> <br /> <br /> - Samar Yazbek, écrivain,<br /> syrienne ;<br /> <br /> <br /> - Azza Kamel Maghur, avocate<br /> internationale et membre du Conseil Libyen des Droits de l'Homme, libyenne ;<br /> <br /> <br /> - <br />
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D
<br /> Merci François pour ton commentaire plein de piment. Je suis heureux que tu aies ainsi accroché à la parole double qu’il faut échanger pour vivre. De mon point de<br /> vue, c’est très important. Et ce n’est pas le seul mérite des Mille et Une Nuits de nous le rappeler. Il y a toute cette invention d’une forme originale de psychanalyse, à partir des<br /> contes : le patient se trouve renvoyé à lui-même pendant les interruptions du récit.      <br />
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F
<br /> Je viens aussi de découvrir ton beau texte sur la parole double à échanger pour vivre. C'est incroyable comme cette leçon, pourtant vécue par beaucoup, dieu merci,<br /> et même dans bien plus de mille et une nuits (nous devons en être du côté de quinze mille !) reste niée un peu partout. Y compris dans la psychanalyse, sauce Lacan, où la "parole du père" a le<br /> monopole. Pour les femmes, c'est toujours "sois belle et tais toi !"  Et que dire de l'absence de la parole féminine dans le culte catholique ? Ca suffit à m'envoyer de temps en<br /> temps chez les protestants !  Mais il y a des brèches dans le monopole sexiste, même ici, malgré les rappels à l'ordre d'un clergé masculin affolé par sa raréfaction... Il<br /> faudra revenir sur ton rappel constant du rôle de la mort dans cette histoire. J'espère que nous allons pouvoir travailler un peu sur "l'espérance" dans notre groupe sur les neurosciences. Ses<br /> formulations sont au moins à revoir quand on a fait son deuil des discours dualistes sur "l'âme immortelle", etc... Nous n'avons plus d'autres solution que de ressusciter !<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> <br /> Je ne me sens pas compétent pour juger de ce que dit Clovis Simard : je ne suis pas mathématicien. Mais d’autres personnes seront peut-être intéressées par<br /> les propos et les réflexions qu’il livre sur son blog : http://fermaton.over-blog.com/<br /> <br />
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C
<br /> Je vous livre ce qu’écrit Clovis Simard sur son blog :<br /> <br /> <br /> http://fermaton.over-blog.com/<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Only tradition suggests someting original !<br /> <br /> <br /> Dali, Dali, Dali, tells you !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sur son lit de mort, Einstein a livré à la postérité entre autre, une liste de symboles et de nombres rationnels<br /> qui sont les clefs mathématiques qui révèlent comment l'Esprit se manifeste dans les lois de l'univers (Ref: Einstein his life and univers. Walter Isaacson, ed: Simon and<br /> Schuster-2007).<br /> <br /> <br /> Einstein, jusqu'à la fin des ses jours à travaillé à réunifier la théorie de la relativité et la physique<br /> quantique ses deux (2) fils. L'enfant prodigue (la physique quantique) a quitté avec son héritage et le fils premier-né (la relativité) est resté à la maison avec son père (Einstein). Le<br /> père seul (Einstein) savait comment réunir ses deux (2) fils, mais le temps lui faisait défaut.<br /> <br /> <br /> Sur son testament intellectuel, Einstein nous a livré les clefs de l'énigme. Les six (6) paires composantes<br /> numériques (les Clefs) qui dépendent l'une de l'autre ont générées dans un premier temps, le tenseur de Riemann qui est l'épine dorsale de la théorie de la relativité. La géométrie du FERMATON<br /> (la plus petite unité de la conscience, Ref: Clovis Simard(czim)-Les Mathématiques.net-cours de mathématiques supérieures),  dérivée des mêmes composantes numériques d'Einstein, représente<br /> la table dressée par le père (Einstein) pour fêter enfin la réconciliation des deux (2) fils .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cette dernière théorie (Le Fermaton) est aussi révolutionnaire que les deux (2) premières (Relativité et la<br /> Physique Quantique) et nous révélera, la nature de la conscience humaine et animale.<br />
Répondre
(
<br /> Voir mon blog(fermaton.over-blog.com),No-25. - THÉORÈME DU TOUT. -  TU AIMES LE MONDE ?<br />
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E
<br /> Le complot d’Haman dévoilé par Esther et sa condamnation à mort<br /> <br /> <br /> 7.1<br /> <br /> <br /> Le roi et Haman allèrent au festin chez la reine Esther.<br /> <br /> <br /> 7.2<br /> <br /> <br /> Ce second jour, le roi dit encore à Esther, pendant qu'on buvait le vin: Quelle est ta demande, reine Esther? Elle te sera accordée. Que désires-tu? Quand<br /> ce serait la moitié du royaume, tu l'obtiendras.<br /> <br /> <br /> 7.3<br /> <br /> <br /> La reine Esther répondit: Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, ô roi, et si le roi le trouve bon, accorde-moi la vie, voilà ma demande, et sauve mon peuple,<br /> voilà mon désir!<br /> <br /> <br /> 7.4<br /> <br /> <br /> Car nous sommes vendus, moi et mon peuple, pour être détruits, égorgés, anéantis. Encore si nous étions vendus pour devenir esclaves et servantes, je me<br /> tairais, mais l'ennemi ne saurait compenser le dommage fait au roi.<br /> <br /> <br /> 7.5<br /> <br /> <br /> Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther: Qui est-il et où est-il celui qui se propose d'agir ainsi?<br /> <br /> <br /> 7.6<br /> <br /> <br /> Esther répondit: L'oppresseur, l'ennemi, c'est Haman, ce méchant-là! Haman fut saisi de terreur en présence du roi et de la reine.<br /> <br /> <br /> 7.7<br /> <br /> <br /> Et le roi, dans sa colère, se leva et quitta le festin, pour aller dans le jardin du palais. Haman resta pour demander grâce de la vie à la reine Esther,<br /> car il voyait bien que sa perte était arrêtée dans l'esprit du roi.<br /> <br /> <br /> 7.8<br /> <br /> <br /> Lorsque le roi revint du jardin du palais dans la salle du festin, il vit Haman qui s'était précipité vers le lit sur lequel était Esther, et il dit:<br /> Serait-ce encore pour faire violence à la reine, chez moi, dans le palais? Dès que cette parole fut sortie de la bouche du roi, on voila le visage d'Haman.<br /> <br /> <br /> 7.9<br /> <br /> <br /> Et Harbona, l'un des eunuques, dit en présence du roi: Voici, le bois préparé par Haman pour Mardochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la<br /> maison d'Haman, à une hauteur de cinquante coudées. Le roi dit: Qu'on y pende Haman!<br /> <br /> <br /> 7.10<br /> <br /> <br /> Et l'on pendit Haman au bois qu'il avait préparé pour Mardochée. Et la colère du roi s'apaisa. (Traduction juive)<br /> <br /> <br /> http://www.harissa.com/D_Religion/megillatesther.htm<br /> <br /> <br />  <br />
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E
<br /> Esther se présente au roi et l’invite avec Hamam pour un festin<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 5.1<br /> <br /> <br /> Le troisième jour, Esther mit ses vêtements royaux et se présenta dans la cour intérieure de la maison du roi, devant la maison du roi. Le roi était assis<br /> sur son trône royal dans la maison royale, en face de l'entrée de la maison.<br /> <br /> <br /> 5.2<br /> <br /> <br /> Lorsque le roi vit la reine Esther debout dans la cour, elle trouva grâce à ses yeux; et le roi tendit à Esther le sceptre d'or qu'il tenait à la main.<br /> Esther s'approcha, et toucha le bout du sceptre.<br /> <br /> <br /> 5.3<br /> <br /> <br /> Le roi lui dit: Qu'as-tu, reine Esther, et que demandes-tu? Quand ce serait la moitié du royaume, elle te serait donnée.<br /> <br /> <br /> 5.4<br /> <br /> <br /> Esther répondit: Si le roi le trouve bon, que le roi vienne aujourd'hui avec Haman au festin que je lui ai préparé.<br /> <br /> <br /> 5.5<br /> <br /> <br /> Et le roi dit: Allez tout de suite chercher Haman, comme le désire Esther. Le roi se rendit avec Haman au festin qu'avait préparé Esther.<br /> <br /> <br /> 5.6<br /> <br /> <br /> Et pendant qu'on buvait le vin, le roi dit à Esther: Quelle est ta demande? Elle te sera accordée. Que désires-tu? Quand ce serait la moitié du royaume, tu<br /> l'obtiendras.<br /> <br /> <br /> 5.7<br /> <br /> <br /> Esther répondit: Voici ce que je demande et ce que je désire.<br /> <br /> <br /> 5.8<br /> <br /> <br /> Si j'ai trouvé grâce aux yeux du roi, et s'il plaît au roi d'accorder ma demande et de satisfaire mon désir, que le roi vienne avec Haman au festin que je<br /> leur préparerai, et demain je donnerai réponse au roi selon son ordre.<br /> <br /> <br /> 5.9<br /> <br /> <br /> Haman sortit ce jour-là, joyeux et le coeur content. Mais lorsqu'il vit, à la porte du roi, Mardochée qui ne se levait ni ne se remuait devant lui, il fut<br /> rempli de colère contre Mardochée.<br /> <br /> <br /> 5.10<br /> <br /> <br /> Il sut néanmoins se contenir, et il alla chez lui. Puis il envoya chercher ses amis et Zéresch, sa femme.<br /> <br /> <br /> 5.11<br /> <br /> <br /> Haman leur parla de la magnificence de ses richesses, du nombre de ses fils, de tout ce qu'avait fait le roi pour l'élever en dignité, et du rang qu'il lui<br /> avait donné au-dessus des chefs et des serviteurs du roi.<br /> <br /> <br /> 5.12<br /> <br /> <br /> Et il ajouta: Je suis même le seul que la reine Esther ait admis avec le roi au festin qu'elle a fait, et je suis encore invité pour demain chez elle avec<br /> le roi.<br /> <br /> <br /> 5.13<br /> <br /> <br /> Mais tout cela n'est d'aucun prix pour moi aussi longtemps que je verrai Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi.<br /> <br /> <br /> 5.14<br /> <br /> <br /> Zéresch, sa femme, et tous ses amis lui dirent: Qu'on prépare un bois haut de cinquante coudées, et demain matin demande au roi qu'on y pende Mardochée;<br /> puis tu iras joyeux au festin avec le roi. Cet avis plut à Haman, et il fit préparer le bois. (Traduction juive)<br /> <br /> <br /> http://www.harissa.com/D_Religion/megillatesther.htm<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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E
<br /> <br /> La reine Esther dans une angoisse mortelle<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Esther décide d’aller voir le roi pour sauver les Juifs, comme Chahrazade décide de pénétrer dans la chambre de Chahryâr pour sauver les<br /> femmes<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 4.1<br /> <br /> <br /> Mardochée, ayant appris tout ce qui se passait, déchira ses vêtements, s'enveloppa d'un sac et se couvrit de cendre. Puis il alla au milieu de la ville en<br /> poussant avec force des cris amers,<br /> <br /> <br /> 4.2<br /> <br /> <br /> et se rendit jusqu'à la porte du roi, dont l'entrée était interdite à toute personne revêtue d'un sac.<br /> <br /> <br /> 4.3<br /> <br /> <br /> Dans chaque province, partout où arrivaient l'ordre du roi et son édit, il y eut une grande désolation parmi les Juifs; ils jeûnaient, pleuraient et se<br /> lamentaient, et beaucoup se couchaient sur le sac et la cendre.<br /> <br /> <br /> 4.4<br /> <br /> <br /> Les servantes d'Esther et ses eunuques vinrent lui annoncer cela, et la reine fut très effrayée. Elle envoya des vêtements à Mardochée pour le couvrir et<br /> lui faire ôter son sac, mais il ne les accepta pas.<br /> <br /> <br /> 4.5<br /> <br /> <br /> Alors Esther appela Hathac, l'un des eunuques que le roi avait placés auprès d'elle, et elle le chargea d'aller demander à Mardochée ce que c'était et d'où<br /> cela venait.<br /> <br /> <br /> 4.6<br /> <br /> <br /> Hathac se rendit vers Mardochée sur la place de la ville, devant la porte du roi.<br /> <br /> <br /> 4.7<br /> <br /> <br /> Et Mardochée lui raconta tout ce qui lui était arrivé, et lui indiqua la somme d'argent qu'Haman avait promis de livrer au trésor du roi en retour du<br /> massacre des Juifs.<br /> <br /> <br /> 4.8<br /> <br /> <br /> Il lui donna aussi une copie de l'édit publié dans Suse en vue de leur destruction, afin qu'il le montrât à Esther et lui fît tout connaître; et il ordonna<br /> qu'Esther se rendît chez le roi pour lui demander grâce et l'implorer en faveur de son peuple.<br /> <br /> <br /> 4.9<br /> <br /> <br /> Hathac vint rapporter à Esther les paroles de Mardochée.<br /> <br /> <br /> 4.10<br /> <br /> <br /> Esther chargea Hathac d'aller dire à Mardochée:<br /> <br /> <br /> 4.11<br /> <br /> <br /> Tous les serviteurs du roi et le peuple des provinces du roi savent qu'il existe une loi portant peine de mort contre quiconque, homme ou femme, entre chez<br /> le roi, dans la cour intérieure, sans avoir été appelé; celui-là seul a la vie sauve, à qui le roi tend le sceptre d'or. Et moi, je n'ai point été appelée auprès du roi depuis trente<br /> jours.<br /> <br /> <br /> 4.12<br /> <br /> <br /> Lorsque les paroles d'Esther eurent été rapportées à Mardochée,<br /> <br /> <br /> 4.13<br /> <br /> <br /> Mardochée fit répondre à Esther: Ne t'imagine pas que tu échapperas seule d'entre tous les Juifs, parce que tu es dans la maison du roi;<br /> <br /> <br /> 4.14<br /> <br /> <br /> car, si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d'autre part pour les Juifs, et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait<br /> si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté?<br /> <br /> <br /> 4.15<br /> <br /> <br /> Esther envoya dire à Mardochée:<br /> <br /> <br /> 4.16<br /> <br /> <br /> Va, rassemble tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, sans manger ni boire pendant trois jours, ni la nuit ni le jour. Moi aussi, je<br /> jeûnerai de même avec mes servantes, puis j'entrerai chez le roi, malgré la loi; et si je dois périr, je périrai.<br /> <br /> <br /> 4.17<br /> <br /> <br /> Mardochée s'en alla, et fit tout ce qu'Esther lui avait ordonné. (Traduction juive)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.harissa.com/D_Religion/megillatesther.htm<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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G
<br /> <br /> Giotto, à Padoue<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Danièle pour tes évocations !<br />
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D
<br /> La parabole de l’ifrite et de l’adolescente<br /> <br /> <br /> <br /> Je pense à : JULIA KRISTEVA<br /> <br /> <br /> « Je pense aussi à Giotto qui déplie les textes sacrés dans des images vivantes de la vie quotidienne des hommes et des femmes de son temps, et met le monde moderne<br /> au défi de secouer le rite toxique du spectacle aujourd’hui omniprésent. »<br /> <br /> <br /> Bonne soirée, Daniéle<br />
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D
<br /> Et si la parole de la femme était l’écriture, c’est-à-dire la matrice de la parole elle-même<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La parole de Chahrazade n’est rien d’autre que l’Écriture, c’est-à-dire le lieu d’articulation de toutes les paroles, le lieu d’où pourra surgir la parole de<br /> l’homme. Chahrazade, par rapport au roi Chahryâr, est comme une mère par rapport à son enfant. Elle lui raconte des histoires pour lui apprendre la vie, pour lui apprendre la parole et donc lui<br /> apprendre à parler. Lorsqu’elle parle, elle dit l’écriture, elle est mémoire et matrice à la fois, le terreau même du jardin de la parole. C’est à elle qu’il appartient principalement d’ouvrir<br /> l’oreille de l’homme pour qu’elle intègre ce terreau d’où pourra jaillir sa propre parole. Autrement dit, elle ouvre cette oreille pour que naisse l’écoute, et, avec elle, le désir de la parole<br /> elle-même. Elle vient mettre du désir dans la parole pour que celle-ci devienne créatrice. Mais, pour être créatrice, la parole doit être parole de femme et parole d’homme, écoute et parole, en<br /> même temps, et donc aussi écriture et parole, dans le même mouvement. Mais si, chez la femme, la parole est d’abord écriture, elle est aussi parole proprement dite. Et si, chez l’homme, la parole<br /> est d’abord parole, elle ne pourra vraiment exister que si elle intègre l’écriture.  <br />
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P
<br /> La jeune fille et la mort de Pierre Puvis de Chavannes<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> Une autre version du rendez-vous de Samarcande<br /> <br /> <br /> SAMARCANDE... où le rendez-vous manqué<br /> <br /> <br /> <br /> Depuis plusieurs jours Saïd a quitté Samarcande et marche sur la piste désertique qui mène à Ispahan.<br /> Son génie protecteur lui avait confié qu' Elle avait rendez-vous avec lui dans quatre jours exactement, au soir, à Samarcande.<br /> Puisqu'il n'avait jamais quitté Samarcande auparavant, Elle ne pouvait évidemment le rencontrer que là...<br /> Il se sentait pourtant bien dans sa peau. Encore jeune. La vie était belle et il pensait que c'était quand même un peu tôt pour La rencontrer...<br /> Alors, il avait décidé de partir et comme il avait la passion des roses, il s'en alla vers Ispahan.<br /> Mais au détour d'une colline de sable ocré, il se trouve soudainement en face d'Elle.<br /> <br /> La Faucheuse !<br /> Encore plus repoussante qu'il ne l'avait imaginée...<br /> Squelette noirâtre, d'où pendent quelques lambeaux de peau tannée et quelques loques de ce qui avait pu être une tunique. Elle barre la piste de sa faux rouillée.<br /> Elle parait aussi stupéfaite que Saïd !<br /> - Où vas-tu ainsi, Saïd ?<br /> - Je vais à Ispahan.<br /> - Mais tu ne dois pas aller à Ispahan, puisque c'est à Samarcande que j'ai rendez-vous demain, avec toi !<br /> - Justement... et comme je n'ai aucune envie de te rencontrer, j'ai décidé d'aller à Ispahan...<br /> - Tu dois retourner à Samarcande !<br /> - Non ! Je n'irai pas à Samarcande et de tout façon je ne pourrai plus y arriver avant l'heure de notre rendez-vous et alors, il sera trop tard pour toi !... D'ailleurs, c'est ton problème... pas<br /> le mien ! Allez, sors-toi de mon chemin et laisse-moi passer.<br /> Et puis tu es vraiment trop laide !<br /> La Mort reste figée sur place, indignée. C'est bien la première fois que ses projets sont contrariés et qu'en outre, on lui parle sur ce ton !<br /> Saïd la contourne avec répugnance, reprend sa marche et bientôt disparait derrière l'horizon.<br /> <br /> La Mort se ressaisit et comme elle a quelques pouvoirs, elle se met à creuser fébrilement deux trous dans le sol, qu'elle relie par un sillon. Invoquant le ciel, l'enfer et les quelques génies<br /> malins qui traînent toujours dans le désert à l’affût d’un mauvais coup, elle proclame que le premier trou est Samarcande et le second trou Ispahan. Puis, prennant avec quelque difficulté la<br /> terre jaune entre les os de ses mains, elle verse la terre du premier trou dans le deuxième et celle du deuxième dans le premier.<br /> Satisfaite, Elle ricanne bruyamment des quelques chicots qui lui restent et reprend sa marche en se disant que Saïd se retrouverait à Samarcande, pensant arriver à Ispahan...<br /> Saïd, qui n'a pas de pouvoirs particuliers, mais une bonne cervelle dans les os de son crâne, pense, lui, que la Mort ne lâchera pas sa proie et se mettra à sa poursuite !<br /> Alors, il s'arrête, réfléchit et fait demi-tour en sortant de la piste pour ne pas risquer de La rencontrer.<br /> C'est ainsi que croyant retourner à Samarcande, il se retrouve, malgré tout à Ispahan, tandis que la Mort le cherche vainement dans toutes les ruelles de Samarcande<br /> <br /> La légende dit qu’il vécut de nombreuses années, qu’il épousa<br /> une jeune veuve, belle, vertueuse et bonne ménagère et qui’il éleva<br /> les roses les plus merveilleuses qui se puissent imaginer...<br /> ...mais bien sûr, c’est une légende<br /> <br /> ...parce qu’il n’y a plus de roses à Ispahan !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://pacolem.blogspot.com/2008/06/samarande-o-le-rendez-vous-manqu.html<br /> <br /> <br />  <br />
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F
<br /> La jeune fille et la mort de Franz Schubert<br /> <br /> <br /> <br /> Quatuor à cordes en ré mineur D. 810 (mars 1824) considéré comme son quatuor le plus achevé. Atteint de syphilis, Schubert puise de sa souffrance et de sa mort<br /> éminente une inspiration pour nous livrer une musique d'une rare profondeur afin d'accompagner le poème de Matthias Claudius (1740-1815):<br /> <br /> Das Mädchen<br /> Vorüber! Ach, vorüber!<br /> Geh wilder Knochenmann!<br /> Ich bin noch jung, geh Lieber!<br /> Und rühre mich nicht an.<br /> <br /> Der Tod<br /> Gib deine Hand, du schön und zart Gebild!<br /> Bin Freund, und komme nicht, zu strafen.<br /> Sei gutes Muts! ich bin nicht wild,<br /> Sollst sanft in meinen Armen schlafen!<br /> La Jeune Fille<br /> Va-t'en, ah, va-t'en!<br /> Disparais, odieux squelette!<br /> Je suis encore jeune, disparais!<br /> Et ne me touche pas! »<br /> <br /> La Mort<br /> Donne-moi la main, douce et belle créature!<br /> Je suis ton amie, tu n'as rien à craindre.<br /> Laisse-toi faire! N'aie pas peur<br /> Viens sagement dormir dans mes bras<br /> <br /> http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/La_jeune_fille_et_la_mort<br /> <br /> <br />  <br />
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S
<br /> <br /> Samarkand<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Ainsi, quoi que nous fassions, lorsque la mort nous donne rendez-vous, elle a toujours le dernier mot. Faut-il rapprocher ce texte de la parabole relative à<br /> l’ifrite et à l’adolescente ? Et si la femme était là pour nous aider à intégrer la mort que nous fuyons sans cesse, jusqu’à Samarkand ?  <br />
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D
<br /> Ce soir à Samarkand<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un matin, le khalife d'une grande ville vit accourir son premier vizir dans un état de vive agitation. Il demanda les raisons de cette apparente inquiétude et le<br /> vizir lui dit :<br /> <br /> <br /> - Je t'en supplie, laisse-moi quitter la ville aujourd'hui même.<br /> <br /> <br /> - Pourquoi ?<br /> <br /> <br /> - Ce matin, en traversant la place pour venir au palais, je me suis senti heurté à l'épaule.<br /> <br /> <br /> Je me suis retourné et j’ai vu la mort qui me regardait fixement.<br /> <br /> <br /> - La mort ?<br /> <br /> <br /> - Oui, la mort. Je l'ai bien reconnue, toute drapée de noir avec une écharpe rouge. Elle est ici, et elle me regardait pour me faire peur. Car elle me cherche, j'en<br /> suis sûr.<br /> <br /> <br /> Laisse-moi quitter la ville à l'instant même. Je prendrai mon meilleur cheval et je peux arriver ce soir à Samarkand.<br /> <br /> <br /> - Était-ce vraiment la mort ? En es-tu sûr ?<br /> <br /> <br /> - Totalement sûr. Je l'ai vue comme je te vois. Je suis sûr que c’était elle. Laisse-moi partir, je te le demande.<br /> <br /> <br /> Le khalife, qui avait de l'affection pour son vizir, le laissa partir. L'homme revint à sa demeure, sella le premier de ses chevaux et franchit au galop une des<br /> portes de la ville, en direction de Samarkand.<br /> <br /> <br /> Un moment plus tard, le khalife, qu'une pensée secrète tourmentait, décida de se déguiser, comme il le faisait quelquefois, et de sortir de son palais. Tout seul,<br /> il se rendit sur la grande place au milieu des bruits du marché, il chercha la mort des yeux et il l'aperçut, il la reconnut.<br /> <br /> <br /> Le vizir ne s'était aucunement trompé. Il s'agissait bien de la mort, haute et maigre, de noir habillée, le visage à demi dissimulé sous une écharpe de coton rouge.<br /> Elle allait d'un groupe à l'autre dans le marché sans qu'on la remarquât, effleurant du doigt l'épaule d'un homme qui disposait son étalage, touchant le bras d'une femme chargée de menthe,<br /> évitant un enfant qui courait vers elle.<br /> <br /> <br /> Le khalife se dirigea vers la mort. Celle-ci le reconnut immédiatement, malgré son déguisement,<br /> <br /> <br /> et s'inclina en signe de respect.<br /> <br /> <br /> - J'ai une question à te poser, lui dit le khalife, à voix basse.<br /> <br /> <br /> - Je t'écoute.<br /> <br /> <br /> - Mon premier vizir est un homme encore jeune, en pleine santé, efficace et honnête.<br /> <br /> <br /> Pourquoi ce matin, alors qu'il venait au palais, l'as-tu heurté et effrayé ? Pourquoi l'as-tu regardé d'un air menaçant ?<br /> <br /> <br /> La mort parut légèrement surprise et répondit au khalife:<br /> <br /> <br /> - Je ne voulais pas l'effrayer. Je ne l'ai pas regardé d'un air menaçant. Simplement, quand nous nous sommes heurtés, par hasard, dans la foule et que je l'ai<br /> reconnu, je n'ai pas pu cacher mon étonnement, qu'il a dû prendre pour une menace.<br /> <br /> <br /> - Pourquoi cet étonnement ? demanda le khalife.<br /> <br /> <br /> - Parce que, répondit la mort, je ne m'attendais pas à le voir ici. J'ai rendez-vous avec lui ce soir, à Samarkand.<br /> <br /> <br /> Farid ud-Dîn Attar, poète et mystique soufi de la Perse, né vers 1140 et mort vers 1230 à Nishapu<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Merci Danièle pour toutes ces précisions. Il est étonnant que nous ayons de telles différences dans la traduction des Mille et Une Nuits lorsque nous avons affaire<br /> à des traducteurs très sérieux. Je pense qu’ils ne doivent pas avoir la même source au départ.<br /> <br /> <br />  A mon avis, tu as raison sur le déni, la colère et la fuite après un choc.<br /> <br /> <br />  Ce qui reste problématique, pour moi, c’est l’interprétation de la parabole de l’ifrite et de l’adolescente. Mais chaque interprétation peut avoir sa part de<br /> vérité.<br /> <br /> <br />  En ce qui concerne le texte de la Bible, il n’est pas là pour charger la femme ou l’homme ou encore mettre en valeur l’action d’un tentateur. Il me semble<br /> qu’il alerte sur la nécessité d’intégrer le manque dans la sexualité pour passer de la pulsion au désir.<br /> <br /> <br />  Sur la sagesse populaire des contes, je suis tout à fait d’accord avec toi.<br />
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D
<br /> Précisions<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Texte des Mille et Une Nuits, présenté et annoté par Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel. Bibliothèque de la Pléiade édition Gallimard<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le déni, la colère et la fuite après un choc<br /> <br /> <br /> Les raisons de mon intervention : Ne sommes nous pas des pauvres filles et des pauvres types le jour ou survient un choc, tel que l’infidélité, la perte d’emploi,<br /> la perte de liberté, la mort d’un proche, ou autre violence.<br /> <br /> <br /> Comme le roi Chariyâr nous passons par des phases de Déni et de Colère de fuite en avant marchandage, de recherche responsabilité d’un dieu juge ou d’un démurge. Il<br /> est vrai que ne nous sommes pas très brillant(es) dans ces moments là et quelque peu tyrannique pour notre entourage.<br /> <br /> <br /> Si je m’en tiens au texte<br /> <br /> <br /> La jeune épouse du démon abuse sexuellement des deux frères de plus sous la contrainte de la peur et son cortège de la pornographie.<br /> <br /> <br /> La question que je pose.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le démon ou la démone ?<br /> <br /> <br /> Cette référence au Texte Biblique (Adam et Ève) est peut-être là pour nous aider à lâcher nos apriorismes concernant le Tout Autre ? Aurions-nous<br />  toujours à lutter avec ce démon ou cette démone ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La sagesse populaire des contes<br /> <br /> <br /> A mon sens les contes sont des récits symboliques véhiculent avec eux la sagesse populaire dans toutes les cultures. Ils sont intemporels et, pour cette raison<br /> permettent une réflexion sur soi, sur le monde, sur les échanges et les liens que nous entretenons avec notre prochain.<br /> <br /> <br /> Voilà ce que je pense Etienne en partage d’amitié. Danièle<br /> <br /> <br />  <br />
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G
<br /> Gustave Moreau, Hésiode et la muse, 1891<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Le nouveau couple Prométhée/Chahrazade<br /> <br /> <br /> Aujourd’hui, la femme semble prendre peu à peu sa place dans la vie sociale et politique, au moins dans notre sphère culturelle. C’est alors que se dessine un<br /> nouveau couple, qui associe Prométhée et Chahrazade. Prométhée serait la figure de l’homme, lutteur et rationnel. Chahrazade est évidemment la figure de la femme, davantage tournée du côté des<br /> valeurs. Nous poussions ainsi voir émerger un nouvel équilibre, qui favoriserait une nouvelle dynamique faite de réactions entre les deux figures mythiques, s’incarnant dans des hommes et des<br /> femmes en chair et en os.<br />
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D
<br /> Merci Danièle de ta nouvelle version ou de ta nouvelle traduction, qui permet d’autres interprétations. Personnellement, j’en reste à ma première<br /> interprétation : cette parabole veut faire comprendre que les tromperies éventuelles de la femme tiennent au fait que l’homme ne lui fait pas confiance. Dans ta version, il me semble que le<br /> traducteur ne fait pas simplement que traduire ; il interprète en même temps et finit par charger la femme en revenant à l’interprétation première des hommes. Mais, face à un texte<br /> symbolique, chacun est libre de donner son interprétation.<br /> <br /> <br /> Je voudrais donc savoir deux choses de ta part :<br /> <br /> <br /> -          Quel est le traducteur du texte que tu nous transmets ?<br /> <br /> <br /> -          Quelle est ton interprétation ?<br /> <br /> <br /> Tu pourras répondre ce soir à Samarkand, si tu le désires…<br />
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D
<br /> Je vois que la mésaventure du Roi Chariyâr soulève beaucoup d’émotions chez certains blogueurs.<br /> <br /> <br /> Pour un instant mais pour un instant seulement je me rangerai au coté du raisonnement d’Yvon Montigné pour qui, je le cite, "Le roi et son collègue ont plutôt l’air<br /> de pauvres types qui n’ont pas eu de chance avec l’arbre ni avec la fille encore que "<br /> <br /> <br /> Pour répondre en partie à cette question je confie à Etienne cet extrait du conte du Roi Shâhriyâr et de son frère le roi Shâh Zamân :<br /> <br /> <br /> Au bout d'un moment, la mer fut soulevée comme par un tourbillon et il en surgit une colonne noire, dressée vers le ciel, qui se dirigeait de leur côté. Les<br /> deux hommes furent saisis de peur et grimpèrent tout en haut du grand arbre où ils se trouvèrent protégés par le feuillage. Ils regardèrent ce qui se passait et virent apparaître un démon d'une<br /> taille immense qui avait un crâne énorme et une large poitrine. Il portait sur la tête un coffre de cristal à quatre serrures d'acier. Il mit pied sur le rivage, se dirigea vers l'arbre où<br /> s'étaient réfugiés les deux rois et s'assit à son ombre. Il prit quatre clés et ouvrit le coffre dont il retira un coffret. De ce coffret sortit une adolescente d'un éclat sans pareil. Elle<br /> semblait être ce soleil dont parle le poète:<br /> <br /> <br /> Elle prête sa lumière à l'aube et c'est le jour.<br /> <br /> <br /> De sa clarté s'irradient les soleils levants,<br /> <br /> <br /> de son éclat les lunes s'illuminent.<br /> <br /> <br /> Lorsqu'elle apparaît en déchirant ses voiles,<br /> <br /> <br /> les créatures se prosternent devant elle.<br /> <br /> <br /> Quand ses regards lancent leurs éclairs,<br /> <br /> <br /> comme des flots de larmes se déversent les pluies.<br /> <br /> <br /> Le démon la regarda et lui dit:<br /> <br /> <br /> « Ô reine des femmes libres, enlevée le jour de ses noces, je désire dormir un peu.»<br /> <br /> <br /> Il posa sa tête sur ses genoux, étendit ses jambes qui touchèrent le rivage et s'endormit. La jeune fille leva les yeux vers le feuillage et y aperçut les deux<br /> rois. Elle souleva la tête du démon, la reposa sur le sol et se mit debout. Elle fit signe aux deux hommes de descendre sans crainte.<br /> <br /> <br /> «Par Dieu, lui répondirent-ils, dispense-nous de cette affaire.<br /> <br /> <br /> — Et par Dieu je vous dis, moi, que si vous ne m'obéissez pas, je le réveillerai pour qu'il vous tue horriblement §»<br /> <br /> <br /> L'effroi les fit descendre. Elle s'étendit sur le dos, écarta les cuisses:<br /> <br /> <br /> «Frappez hardiment de la lance, leur dit-elle. Donnez-moi la charge ou  je le tire de son sommeil.»<br /> <br /> <br /> Shahriyâr terrorisé, demanda à son frère d'obtempérer.<br /> <br /> <br /> «Je n'en ferai rien si tu ne le fais d'abord » répondit Shâh Zamân.<br /> <br /> <br /> Ils étaient ainsi à se disputer pour savoir qui la baiserait le premier:<br /> <br /> <br /> «Qu'avez-vous donc à vous chamailler de la sorte? Gronda-t-elle. Obéissez ou je le réveille. »<br /> <br /> <br /> Effrayés, ils s'exécutèrent l'un après l'autre.<br /> <br /> <br /> «Mes compliments leur dit-elle sortant de son corsage une bourse qui contenait un collier fait de quatre-vingt-dix-huit bagues de couleurs et de formes<br /> différentes. «Savez-vous ce que sont ces bagues? Demanda-t-elle.<br /> <br /> <br /> — Non, répondirent-ils.<br /> <br /> <br /> — Tous ceux qui les portaient, expliqua-t-elle, ont couché avec moi sous le nez et à la barbe de ce démon cornu. Donnez-moi vos anneaux à votre tour puisque<br /> vous m'avez baisée. »<br /> <br /> <br /> Ils les lui remirent et elle leur raconta son histoire:<br /> <br /> <br /> «Ce démon m'a enlevée la nuit de mes noces. Il m'a enfermée dans un coffret et a mis ce coffret dans un coffre qu'il a fermé à l'aide de sept serrures. Il a<br /> déposé le tout au fond de la mer venteuse dont les vagues se font houleuses. Il ne savait pas que ce que femme veut, Dieu le veut.<br /> <br /> <br /> Comme dit le poète:<br /> <br /> <br /> Jamais à femme ne te fie ! Jamais n'écoute ses serments.<br /> <br /> <br /> Qu'elle soit satisfaite ou furie, tout de son vagin dépend.<br /> <br /> <br /> Elle mime un amour menteur alors que traîtrise l'habille.<br /> <br /> <br /> Souviens-toi de Joseph pour te garder de ses ruses.<br /> <br /> <br /> C'est grâce à Ève que Satan du ciel fit expulser Adam.<br /> <br /> <br /> Ou comme dit cet autre:<br /> <br /> <br /> Ne me reproche rien, car l'objet de ton blâme<br /> <br /> <br /> saura faire en ton cœur demain naître ta flamme et joindra au désir un amour éperdu.<br /> <br /> <br /> Si je suis amoureux, je vivrai dans l'amour<br /> <br /> <br /> ce que d'autres amants amoureux ont connu. Et serait admirable, et la nuit et le jour,<br /> <br /> <br /> quiconque échapperait au trouble de leurs charmes.»<br /> <br /> <br /> Les deux rois restèrent stupéfaits.<br /> <br /> <br /> « Voilà donc un démon qui, tout démon qu'il est, subit un plus grand outrage que le nôtre. Cela doit nous consoler. »<br /> <br /> <br /> La jeune femme revint auprès du démon, remit sa tête sur son giron et fit signe aux deux princes de s'en aller. Ils décidèrent de repartir sur l'heure et s'en<br /> revinrent à la capitale de Shâhriyâr.<br /> <br /> <br /> De retour à son palais, celui-ci fit décapiter son épouse, servantes et ses esclaves. Il combla son frère Shâh Zamân de cadeaux et de richesses de toutes sortes<br /> et le renvoya à Samarkand.<br /> <br /> <br /> Donc à demain soir à Samarkand<br /> <br /> <br /> Danièle<br /> <br /> <br />  <br />
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D
<br /> Ta manière de procéder semble révéler quelque chose d’important. Lorsque la thérapie, qui joue principalement dans l’ordre symbolique, est adaptée, il y a rencontre<br /> entre le rationnel et le symbolique. L’un et l’autre se renforcent, comme si Chahrazade nous révélait, sans vraiment le vouloir, le lieu de l’humain, c’est-à-dire cet espace intermédiaire où<br /> toutes les dynamiques se conjuguent. Aujourd’hui, encore, il me semble qu’il y aurait à chercher de ce côté-là, notamment en médecine où la tentation de la toute-puissance basée sur l’efficacité<br /> de la technique est loin d’être absente et  peut annihiler le sujet humain.<br /> <br /> <br />  <br />
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J
<br /> Je vais pouvoir te raconter la suite.<br /> <br /> <br /> Il s'agit donc d'une affaire de morale politique: Charhazade ne supporte plus que Chariyar traite les pauvres filles de son peuple comme des animaux. L'histoire<br /> prend alors une portée plus générale: que peut-on faire face au tyran?<br /> <br /> <br /> Dans ce cas particulier, on voit que les changements se font par des gens instruits et qui sont suffisamment proches du pouvoir pour agir. Charhazade est très<br /> instruite et, elle est la fille de l'homme de confiance du roi. On peut imaginer que, par son père, elle a connaissance des crimes de Chariyar, mais aussi, de sa psychologie. Le grand vizir ne<br /> pouvant se maintenir en place qu'en gardant la confiance de son maître.<br /> <br /> <br /> La clé est là: Charhazade va tout faire pour ne pas éveiller la méfiance de Chariyar et gagner peu à peu en influence.<br /> <br /> <br /> L'hypnose, c'est de l'influence.<br /> <br /> <br /> Chariyar s'était influencé lui même en décidant qu'il ne pouvait faire confiance en aucune femme.<br /> <br /> <br /> Charhazade va l'amener à découvrir qu'il y a au moins une femme digne de confiance.<br /> <br /> <br /> Pour cela, contre toute attente, elle va se présenter comme volontaire pour passer une nuit avec le roi. Chariyar est étonné, comment une jeune fille belle,<br /> instruite, très bien éduquée peut-elle décider de marcher ainsi vers la mort? Etonné et flatté car elle l'a choisi, lui qui est contraint de faire débusquer, rabattre, contraindre les<br /> malheureuses qui ont eu la malchance de rencontrer ses sbires. Gageons que ces dernières ne se montreront pas pleinement consentantes dans le lit du roi.<br /> <br /> <br /> Donc Chariyar est dans de bonnes dispositions et Chahazade va sans doute faire tout ce qui sera en son pouvoir pour qu'il se sente le mieux possible à ses côtés.<br /> Cette situation insolite va insinuer le doute en son esprit. Charhazade va tout faire pour que ce doute chemine, s'amplifie jusqu'à ce qu'il crée un espace suffisant pour accueillir une<br /> suggestion.<br /> <br /> <br /> N'allons pas trop vite.<br /> <br /> <br /> Au moment où Chariyar est euphorique, peut-être sans le savoir, déjà désireux de prolonger un moment de bonheur, la petite soeur intervient. Si Charhazade avait<br /> proposé de raconter une histoire, la méfiance du roi aurait pu s'éveiller. Mais la petite soeur est une tierce personne, d'aspect innocent, d'autant plus qu'elle a un bon prétexte pour demander<br /> une histoire: la fin prochaine de son aînée. Son désir suscite celui de Chariyar: si la petite soeur insiste, c'est que, sans doute, Charhazade est une bonne conteuse. Pourquoi ne pas en<br /> profiter?<br /> <br /> <br /> L'histoire est évidemment le prétexte à accorder un sursis à Charhazade. Elle fait replonger le roi dans son enfance, car il a grandi au harem et, il a le souvenir<br /> des épouses de son père qui s'occupaient de lui avec tous les égards dus au futur roi. Charhazade n'a rien demandé, elle a tout donné, elle parait accepter docilement son sort. Elle a si bien<br /> joué que la méfiance du roi est endormie. Il est passé sous son charme. Reste à renforcer sa décision de sursis en créant une habitude qui se perpétuant de jour en jour, dans le plaisir et sans<br /> contre partie apparente, va créer une accoutumance, un renforcement positif dans lequel le roi va pendre confiance, en lui, puis, en Charhazade.<br /> <br /> <br /> La suite au prochain numéro...<br /> <br /> <br />  <br />
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L
<br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> A bientôt, en pleine santé !<br />
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J
<br /> Bien reçu ton blog, je le télécharge mais pour le moment je chôme…<br />
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D
<br /> Comme tu dis, il s’agit d’une autre solution  pour l’entente des hommes et des femmes. La médecine est parfois toute-puissante. Faut-il la<br /> suivre ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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G
<br /> Voici une autre solution pour l'entente des hommes et des femmes :<br /> <br /> <br /> Un très grand laboratoire médical vient de mettre au point un médicament pour homme contre les querelles de couples. Après plusieurs années de recherche, les<br /> laboratoires Pfizer annoncent l'arrivée en pharmacie d'un nouveau traitement qui atténue les conflits au sein du ménage. Il s'agit en fait d'une quadrithéraphie à prendre quotidiennement au<br /> moment des repas  du midi et du soir :<br /> <br /> <br />  DICOMEL<br /> <br /> <br /> FAICOMEL<br /> <br /> <br /> PENSCOMEL<br /> <br /> <br /> EPIFERMLA<br /> <br /> <br /> Sensation immédiate de bien être, de tranquillité, de paix. Sans effets secondaires. Garanti par les tests en laboratoire.<br />
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H
<br /> L’hypnose éricksonienne<br /> <br /> <br /> <br />
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H
<br /> L’hypnose<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Jacques pour toutes ces précisions.<br />
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J
<br /> <br /> L'auto-hypnose involontaire procède d'une défense contre l'angoisse et le débordement des émotions lorsque le cerveau ne sait pas, mais que, dans l'urgence, il<br /> doit essayer quelque chose. Si la solution a la moindre efficacité, il ne se déjuge pas et se rassure en faisant "comme si" il avait trouvé la bonne formule. Il s'auto-convainct de son pouvoir<br /> sur le monde, ce qui permet de repousser les angoisses, au moins provisoirement.<br /> <br /> <br /> Chariyar en butte aux angoisses qui menacent sa toute puissance se repasse le film de ses mésaventures conjugales en rêve. Mais les systèmes de défense qui le<br /> protègent de ses angoisses d'impuissance vont jouer contre l'ébauche d'une solution. Il va en sortir avec la conviction, renforcée par le souvenir de son rêve (l'auto-hypnose aboutit ici à un<br /> renforcement) que la solution est de se montrer impitoyable pour tuer dans l'oeuf toute nouvelle tentative d'agression de son narcissisme.<br /> <br /> <br /> D'après moi, l'adultère remet en cause l'ordre de la société dont il s'investit comme le gardien, mais, de plus, il met à jour une conspiration. Sa femme a agit<br /> avec la complicité du personnel du harem: ses autres épouses et concubines, le service d'ordre chargé du fonctionnement de l'institution. Si la révolution commence au sein des institutions de<br /> prestige de la cour qui sont le symbole de sa virilité, de sa puissance et de son importance, sa destitution n'est pas loin.<br /> <br /> <br /> Ce conte des mille et une nuit me parait plus social, dirigé contre le pouvoir absolu du "grand roi" que centré sur les relations homme-femme.<br /> <br /> <br /> A demain, pour la suite, inch Allah...<br /> <br />
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D
<br /> Merci Jacques pour ta nouvelle intervention Je te suis avec intérêt ton discours parce qu’il me dépayse un peu.  Je ne saisis pas bien la<br /> technique hypnotique de Chahrazade et l’autohypnose du roi. Par contre je vois bien que la conception du monde de Chariyar ne fait aucune place à l’expression de la volonté féminine ; je<br /> dirais plus simplement « à la parole de la femme ». Je suis heureux de voir que le blog te permet de poursuivre ta réflexion personnelle. Il te reste peut-être à mieux faire comprendre<br /> ton point de vue, qui ne nous est pas toujours familier.<br />
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