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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 10:16

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Le capitalisme peut-il se réformer ?

http://www.crayondenuit.com/archives/2009/05/16/13749094.htm

 

 

 

La crise, l'Europe et la démocratie

De l'inquiétude à la lucidité et au possible

 

Par Gérard Jaffrédou



La "crise" impose, dit-on, ses dures réalités. Mais aussi elle met à nu les mécanismes de notre système économique et les forces qui les meuvent. La capitalisme apparaît dans toute sa brutalité. Du coup les limites de la "démocratie" sont visibles, et la démocratie elle-même apparaît menacée. Notamment en Europe.


Le demos, c'est là qu'est l'os

Le sort de la Grèce en fournit un exemple caricatural, mais significatif.
Le demos de base a été invité à accepter les décisions venues d'un ailleurs inaccessible, et à se taire. On à trouvé scandaleux qu'il s'indigne, et inacceptable qu'on lui ait demandé son avis. Cependant on ne se scandalise guère que les riches -qui le sont immensément (dans cet exemple : l'Eglise orthodoxe et le puissant lobbies des armateurs)- soient, eux, à l'abri de tout effort sinon de tout reproche. L'Etat soutient ainsi ceux qui sont supposés, sans plus d'examen, faire le bien du pays. Le peuple, coupable de ramasser les miettes, paiera. Et il acceptera des dirigeants venus d'on ne sait où, qui feront comme les précédents, en pire sans doute, puisque, dans leurs positions antérieures, ils ont été à l'origine du désastre. Au moins sont-ils des connaisseurs.

La Grèce, comme l'Italie, nous révèle, outre peut-être notre avenir, la vérité de notre monde. Comment ne pas voir, sous cet éclairage, que le pouvoir n'est plus dans "le peuple" (l'a-t-il d'ailleurs jamais été réellement ? La "souveraineté", peut-être, ce qui est autre chose : une notion jusridique). La vie de milliers, de dizaines et centaines de milliers d'hommes et de femmes, de millions à l'échelle de la planète, voire l'avenir de la planète elle-même, dépend de décisions qui sont prises dans le secret des Conseils d'Administration des Banques, des grandes firmes, des instances internationales, contre lesquelles on ne peut que "s'indigner". Et subir. Personne ne s'indigne que ce sont "les investisseurs", les marchés", les "agences de notation" qui jugent et font, et surtout défont, la politique des Etats et non plus les citoyens .

Dans ces conditions, qui sont mondiales, comment soutenir que nous sommes "en démocratie" ? Il existe bien des systèmes représentatifs, où le vote est autorisé, et requis. Mais sont requis, bien davantage, les dollars, les euros qui font les candidats et font de ceux-ci des élus du peuple qui devront reconnaissance à leurs protecteurs. Ces systèmes démocratiques ont un avantage, qui est de faire croire que La Démocratie existe.


L'Europe, l'Europe, l'Europe !

L'Europe n'est ni un modèle, ni une garantie de démocratie.
Il faut se souvenir que "l'Europe" (celle de "l'Union") a été construite à l'issue de la guerre, et d'une manière telle que la démocratie a été bien discrète. Il fallait faire vite. Le nazisme était vaincu militairement sinon moralement. Les "démocraties occidentales" en avaient espéré qu'il détruise la Russie bolchévique et s'épuise dans ce combat. Elles se trouvent face à face avec cette dernière augmentée de son prestige de vainqueur et dans un statut d'alliée encombrant. Elle était une force d'attraction pour beaucoup, et restait un danger absolu pour beaucoup d'autres. L'Est de l'Europe était devenu un glacis protecteur pour la "patrie des soviets" après l' avoir été, contre celle-ci, pour les "démocraties occidentales" après 1918 jusqu'aux années trente.

Pour que l'Europe (de l'Ouest) échappe au "communisme" tentateur, il fallait vite la reconstruire matériellement, l'armer moralement. On connait l'histoire : Les Etats-Unis avaient des surplus qu'ils mettaient à la disposition de l'Europe jusqu'à l'Oural et au delà, moyennant un contrôle sur leur usage. Par-dessus le marché, leur culture, le jazz, le cinéma..., étaient plus consommables que le "réalisme socialiste".
On connait aussi la suite. Les soviétiques refusent, et du même coup les pays "de l'Est". Leur reprise économique -sur des bases inégales- n'en a évidemment pas été facilitée ; mais les difficultés étaient imputables au "socialisme réel".

Les pays de l'Ouest, eux, les acceptent. Or les Etats-Unis souhaitent un interlocuteur sinon unique, au moins organisé. L'idée européenne est née de cette exigence pratique, à laquelle se sont ajoutées des considérations idéologiques, politiques et économiques : opposer, d'urgence, au "socialisme réel" la prospérité capitaliste, dont l'Allemagne de l'Ouest était la vitrine. Construire les alliances diplomatiques et militaires : à défaut d'une Communauté Européenne de Défense, le Traité Atlantique Nord et son organisation, l'OTAN, y pourvoyait : une défense "tous azimuts" dans la doctrine officielle française, mais qui privilégiait certains axes de tir, toujours vers l'Est. Pour soutenir ces efforts, la première "Communauté européenne" fut créée pour produire du Charbon et de l'Acier . On habille le tout de bons sentiments : les nécessités de la réconciliation avec nos frères d'outre-Rhin ( après une "une guerre fratricide" a dit Giscard : les nazis étaient-ils nos frères ?). Le reste institutionnel a suivi comme il a pu. Les Etats, à quelques opérations chirurgicales près, sont restés ce qu'ils étaient au XIXème : encore souverains ; les nations, protégées par eux pensait-on, sont demeurées fières et sûres d'elles-mêmes, ou plus ou moins, chacune se méfiant toutefois des voisines. Les citoyens quant à eux, suivent loin derrière, un peu indifférents, rarement enthousiastes, plutôt vaguement bienveillants, souvent perplexes. Et maintenant sceptiques et désemparés..

L'Europe est née dans des circonstances qui faisaient d'elle un instrument de la guerre froide : cela lui donnait un brevet de démocratie congénitale. Mais elle n'a jamais eu de substance démocratique. Dès l'origine, les institutions ont été construites sans "le peuple", et en tenant celui-ci éloigné des centres officiels de décision (la Commission européenne, le Conseil des ministres -a fortiori l'administration). On connaît à peine les élus au parlement qu'on connaît assez pour le peu de poids qu'il a.
"L'Europe", qui a oublié pourquoi elle existe, ses raisons d'être initiales ayant disparu, ne sait plus où elle va. Elle peine à reconnaître ce qui la meut, qu'elle a déchaîné et qui maintenant la domine : la "toute-puissance des marchés", qu'elle ne remet pas en cause. Elle se perpétue, pour l'essentiel, telle qu'elle est.
Comment pourrait-on vouloir "plus d'Europe " si c'est "plus de cette Europe-là" ?


Un triomphe mondial

Il ya une circonstance aggravante.
Michel Rocard a eu raison de dire, puissamment, dans une tribune du Monde, il y a quelques années, que "le capitalisme a triomphé". En effet. Il a triomphé de la démocratie. Ou est en voie de le faire totalement. Déjà, il a vaincu le "socialisme réel". Il en reste quelques poches. On ne peut dire qu'elles résistent beaucoup, ni qu'elles proposent à la réflexion des références, ni encore moins des exemples : Cuba, la Corée du Nord, le Vietnâm, même. Et la Chine ? Est-elle devenue un "tigre de papier" ? Même pas. Elle pourrait constituer une sorte de modèle pour nos pays capitalistes soucieux d'efficacité. Un parti unique, qui assure le pouvoir des puissants de l'économie, maintient le peuple à l'écart, réduit les poches de résistance notamment culturelle (comme, par exemple le Tibet ...), uniformise, elle aussi, par la prétendue modernisation. Le modèle social et politique qui nous attend, sera-t-il, comme les grille-pain qui se détraquent, Made in China ?


Passivités

Si l'avenir est peu prévisible, la situation où nous sommes ne l'était pas.
Je me suis souvent rappelé, en voyant le cours des choses, ce souhait exprimé par la "Trilatérale", qui réunissait en 1975 ou 76, les têtes pensantes du monde politique, technocratique et de quelques syndicats. Le parti communiste avait épinglé la conclusion du rapport final et la citait souvent : "le bon fonctionnement de la démocratie requiert une certaine passivité des citoyens et des groupes". Nous y sommes.

Le rôle des Etats, leur mode de fonctionnement, ont évolué conformément à ce programme. La bourgeoisie triomphante au XIXème siècle a inventé ces Etats dans leur forme "nationale", les a unifiés, organisés au mieux de ses affaires du moment. La tâche de chacun d'eux était de créer un marché accessible, à l'intérieur des frontières protégées, tout en assurant la position de la classe dirigeante. Dans ce rôle, les Etats apparaissent aujourd'hui comme, au XVIIIème siècle les formes du féodalisme : caducs. Les affaires de la bourgeoisie mondiale sont... mondiales. Les grandes instances internationales lui conviennent mieux. Le rôle des Etats est, maintenant, d'assurer, à leur échelon, la marche des affaires internationales qui se décide ailleurs, du côté de Washington, pour le moment, voire déjà de Pékin. Bref, les Etats doivent principalement satisfaire les "marchés mondiaux", garantir les retours sur investissements ...et les passivités nécessaires. Dans cette perspective, tout est bon pour limiter la démocratie .


Extrémismes

Les moyens sont nombreux et ont été efficaces. Les démocraties savent très bien transformer le résultat d'un vote en son contraire. Le NON presque franc et assez massif à un référendum devient un OUI sans réserve. Il suffisait de faire voter cette fois les élus, dont la majorité pense bien puisqu'elle ne pense pas comme le demos irresponsable qu'elle représente. On peut aussi au besoin, faire voter "le peuple" à nouveau, jusqu'à ce qu'il comprenne comment il faut voter. Les experts expliqueront savamment "qu'il n'y a pas de plan B", et que si le peuple vote mal, il entraînera le continent, voire la planète dans la catastrophe. Puis, le bon vote obtenu, les décisions ardemment souhaitées ayant été prises -démocratiquement, bien sûr-, où sommes nous ? Au bord du gouffre. En avant ! Encore un pas ! C'est la bonne direction. Il n'y en a pas d'autre. Et nous marchons. On arrive presque à penser qu'accepter ces injonctions, c'est cela la démocratie. S'y opposer, c'est de "l'extrémisme".


Charmes

Un Etat policier est même inutile.
Le marché a ses "lois d'airain". Il a aussi son charme. Nous avons, nous, des moments de lucidité. Et d'inévitables complicités. Notre voiture nous porte pour nos presque moindres déplacements. Tous les samedis, nous remplissons le caddie, preuve suffisante de notre liberté. Après un sevrage forcé, nous allumons en hâte la télé et nous voilà plantés devant. Nous savons bien, au fond, que ces conduites sont absurdes, que ce système-là est mortifère. Mais nous le faisons marcher autant qu'il nous fait marcher. Comment vouloir autre chose que ce qui nous tient si bien en laisse ? Comment imaginer qu'une autre vie soit possible (sur terre, s'entend) ? Il est entendu et évident (suivant le mot significativement à la mode : l'évidence dispense de penser) qu'on ne peut rien, que tout est trop compliqué pour qu'on agisse. Il faut être réaliste, responsable, accepter le monde comme il est, puisqu'il n'y en a pas d'autre (sur terre, s'entend).

"Le capitalisme a triomphé. Le problème de la gauche est de l'accepter", précisait Rocard. En effet. Les deux partis supposés seuls aptes à gouverner, le répètent d'une seule voix. Leur cohabitation ne semble pas avoir été un grand moment de confrontation loyale, l'occasion d'une discussion féconde, où l'un aurait mis en question son arrogance ; où l'autre aurait au moins esquissé un effort de pensée critique. Et inversement. L'un se pense toujours dépositaire, de droit divin, du pouvoir ; l'autre semble n'avoir rien vu, rien compris du système, du moins de sa malfaisance, après l'avoir dirigé pendant dix-sept ans ( pas seul, pas continûment, mais sans être jamais très loin). Si la droite est dans son rôle, plus facile, de conserver les choses en l'état en prétendant "réformer" (quoi ? pour qui ?), on aurait attendu de la gauche dite gouvernementale un petit effort d' "élaboration programmatique", elle qui voulait "changer la vie".... Pour les uns, il s'agit de libérer aussi vite et autant que possible le capital qui souffre d'entraves insupportables et coûteuses : la législation du travail, la protection sociale des travailleurs, le peu qui reste du contrôle de l'Etat. Pour les autres, il s'agit d'y aller un peu moins vite, ou moins visiblement, ou en limitant un peu les dégâts. Puisque la différence entre les uns et les autres n'est plus visible, on en conclut qu'elle n'a plus de raison d'être.

Le mécanisme, très hexagonal, de l'élection présidentielle au suffrage universel, produit ces deux partis dominants et très voisins, aux limites poreuses, qui cherchent l'un et l'autre à ratisser large. Il leur faut des discours séduisants et rassurants. La politique est devenue affaire de communication par devant, et de technocrates (pardon : d'experts) par derrière. La séduction et la technique imposent leurs vérités, excluent le jugement, la parole, et le choix, c'est-à-dire la politique. En d'autres termes : la démocratie. Puisqu'il n'y a plus de débats, il reste les coups bas. Ce qui ne rend pas la démocratie", devenue sa propre caricature, plus aimable. A défaut de discussions, elle offre un spectacle souvent peu ragoûtant.

 

Sidérations
D'autant que les vieilles recettes mobilisatrices ne marchent plus guère, malgré une sorte d'acharnement thérapeutique, ou des nostalgies tenaces.
Qui peut défendre de bon coeur un Etat, la res publica, qui liquide le service public ? Pour le quotidien, il obéit aux "marchés", en adopte les normes, qu'il applique à ce qui lui reste de ses propres services (après la Santé, par exemple, l'Education nationale...) et navigue à vue. La Nation, comme "le mollusque dans sa coquille", tient par l'Etat, qui, lui, ne tient plus guère que par la Nation elle-même et l'idée qu'elle se fait de son"identité", celle qui lui est inculquée et où elle ne se retrouve plus.
Jusqu'à il y a peu, chacun se croyait protégé dans le corps de la mère-patrie. On mourait pour elle. On dirait plutôt, aujourd'hui : à cause d'elle. Un arsenal de symboles soudait en une "grande nation", "les masses", comme en 14. Parfois, aujourd'hui, celles-ci en ont la nostalgie , mais le plus souvent, elles en sourient, plus dupes. Les efforts pour vénérer à nouveau "l'identité nationale" ont excité quelques uns et laissé beaucoup indifférents. On y voyait trop le nationalisme borné, la xénophobie hargneuse. On y devinait presque "la bête immonde" qui s'y love. Et les gardiens de la bête sont toujours là, prêts à la lancer sur les mauvais Français, sur la racaille, quoi.

Les partis survivent dans ce cadre national et sur le modèle étatique, et grâce à eux. Ils ne sauraient les mettre en cause. Ils en assurent plutôt la pérennité. Ils se substituent aux citoyens, restent méfiants à l'égard des revendications ou interrogations ou contestations qu'ils ne peuvent contrôler comme au bon vieux temps et encore moins impulser. Celles-ci ne rentrent pas -ou ne rentrent plus, ou de moins en moins- dans les schémas sav'ants et dans les cadres institués ; par-dessus tous ceux-ci : le cadre étatique-national rigide et le lointain cadre européen. Les partis contribuent, comme l'Etat, comme l'Europe, à maintenir les citoyens à l'écart des débats et décisions. Du même coup, le décalage s'accroît entre eux et leurs propositions (quand ils en ont) , et les citoyens eux-mêmes. Cela n'empêche nullement les institutions "démocratiques" de fonctionner, bien au contraire elles reposent sur cette illusion de réprésentativité qui est une dichotomie de fait .
.
On ne bouge pas. L'Etat paraît républicain et démocratique puisque centralisé. La Nation, dans sa conception hexagonale, serait un modèle universel parce que fixé dans une uniformité abstraite. Les symboles et les mythes qui protègent l'un et l'autre apparaissent de mieux en mieux pour ce qu'ils sont : des mystifications commodes pour le gouvernement des masses (qui y tiennent encore un peu) ...alors qu'elles sont dangereuses pour l'avenir. Ce fétichisme de la Nation et de l'Etat, ce double culte, cet attachement à la monarchie républicaine sidère les esprits. Il empêche -ou rend difficile- que la France si exemplaire mue en une véritable démocratie. Elle ne peut imaginer pour elle une sorte de fédéralisme -surtout pas ! - solution pourtant raisonnable, qui pose les pouvoirs aux niveaux où se posent les problèmes à résoudre. Elle ne peut donc le vouloir pour l'Europe. L'Europe politique pourrait avoir cette forme, et y gagner, peut-être elle aussi, en démocratie. On en évoque l'hypothèse, quelques fois. Mais le passage à l'acte n'est probablement pas pour demain. A moins que les faits, les crises, l'évolution des esprits -ceux des citoyens d'abord-, ne l'imposent plus vite qu'on ne s'y attend.

 

Une victoire
En attendant, les nations éternelles doutent de leur avenir, se méfient des Etats qui continuent de se discréditer, mais qui sont encore précieux. On commence à apercevoir cependant qu'ils font surtout le bien de leurs puissants protecteurs, et feignent de croire que ceux-ci feront le bien de tous, si on les laisse libres. Un connaisseur, William Buffett, première fortune mondiale avec ses 62 milliards de dollars en 2008, déclarait : "La guerre des classes existe et c'est la mienne qui est en train de l'emporter" .
Il me paraît excessivement optimiste d'estimer que cette victoire-là est celle de la démocratie.
Je m'étonne que personne encore n'ait affirmé que le bilan du capitalisme, bien contestable et si peu contesté, est "globalement positif". Je le regrette. Cela aurait permis de rire un peu.

Ne désespérons pas. Il se pourrait que "les masses", saisies enfin par quelques évidences de plus en plus fortes, se défassent de leurs peurs, se saisissent de leur avenir et deviennent une force collective...

Car il se peut, mes frères, qu'elles entendent l'avertissement de Bossuet , qu'elles en percent le sens et agissent en conséquence :

"Le Ciel se rit des prières qu'on lui fait pour éloigner de soi les malheurs
dont on persiste à vouloir les causes".

 

Gérard Jaffrédou 17. XII. 2011

 

 

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commentaires

G
<br /> A la grand-mère bretonne et à Danièle<br /> <br /> Je prends note que la grand mère bretonne est bien bretonne, selon toutes les apparences. Mais elle ne me semble pas si grand-mère que ça, en tout cas, pas si fatiguée qu'on aurait pu le croire.<br /> Je lui présente donc mes excuses navrées. je pense que le coup de pompe n'est que passager, et j'imagine qu'elle continuera la lutte avec le talent et l'ardeur qu'on lui devine à lire sinon sa<br /> vie, au moins son oeuvre. Merci par ailleurs à Danièle. Le texte, ce rappel très opportun au mythe -qu'il est bon de retrouver, après mes élucubrations pédantes faites de la science des autres-<br /> aurait suffi, ou presque. Notre midas international (non ce n'est pas une marque de pneus) transforme tout en fric -en source de fric, et du même coup, abolit l'humanité (en nous tous). Mais<br /> Danièle le dit plus joliment.<br /> Je vais essayer de masquer, quant à moi, mes grandes oreilles : peut être un bachi marin ?<br /> Gérard<br />
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D
<br /> A Danièle Pétel<br /> <br /> <br /> J’aime bien l’histoire du roi Midas, tellement attiré par l’or qu’il faillit en mourir. Elle illustre bien la dérive dans laquelle la finance nous a entraînés au point que notre existence s’en<br /> trouve menacée. Sans doute faut-il à notre tour suivre le conseil de Bacchus : il est nécessaire de plonger dans l’eau de la vie pour nous purifier de l’attrait excessif de l’argent, comme s’il<br /> s’agissait de passer par un nouveau baptême pour entrer dans la symbolique de l’existence où chacun peut avoir la part de paillettes d’or qui lui revient sans prendre la part de l’autre.<br />
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D
<br /> C'est beaucoup trop d'humilité...<br />
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J
<br /> A Gérard Jaffrédou<br /> <br /> <br /> Merci ... je me sens tellement petite et taiseuse ...<br />
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N
<br /> Midas se purifiant dans le Pactole par Nicolas Poussin<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Merci Etienne, pour le texte de Gérard Jaffrédou d’une lucidité aiguë qui m’a permis de mesurer ma propre faiblesse dans ce domaine.<br /> Danièle<br /> <br /> J’ai bien envie de livrer cette petite fable un peu rustique Aux grands spéculateurs de la crise<br /> Pourquoi Maître Midas porte-il un bonnet phrygien ? Il était une fois...<br /> Le pneu Midas – vont dire nos enfants de la Pub.<br /> Eh bien non, vous vous trompez, chers enfants<br /> A l’époque archaïque qui précéda la chute de Troie, un roi nommé Midas régnait sur la Phrygie renommée pour ses immenses richesses.<br /> Quelquefois, le si aimable dieu Bacchus se rendait dans cette contrée, accompagné de son ami et précepteur Silène. Silène s'attardait toujours à boire quelques gorgées à l'eau des fontaines.<br /> Un jour, le roi Midas ajouta du vin à l'eau, Silène, but goulûment le breuvage, puis s'endormit sous le poids des ans et de l’ivresse du vin. Alors, Midas le conduisit en son palais, et, pendant<br /> deux fois cinq jours et autant de nuits consécutifs, il organisa de grandes fêtes en l'honneur de son hôte. Le onzième jour, Midas ramena Silène au dieu du vin. Fou de joie, Bacchus promit en<br /> reconnaissance de lui accorder tout ce qu’il lui demanderait. Midas eut la folie de désirer voir se changer en or tout ce qu’il toucherait. Ce désir exaucé, la nourriture et la boisson devenait<br /> or. Midas ne pouvait plus goûter aux aliments, il ne pouvait plus étancher sa soif. Désespéré, Midas supplia Bacchus de lui retirer ce don. Le dieu magnanime ordonna au roi de plonger dans le<br /> fleuve Pactole, et l'étrange pouvoir de Midas disparut. Mais, depuis, l'eau du Pactole est chargée d'une multitude de paillettes d'or.<br /> Une légende différente rapporte que, les dieux Pan et Apollon luttaient, l’un sur la flûte et l’autre sur la lyre, ils prirent Midas pour arbitre, et celui ci décida en faveur de Pan. Apollon ne<br /> voulant pas que des oreilles aussi stupides gardent la forme humaine changea les oreilles de Midas en oreilles d’âne. Le roi honteux de cette laideur animale, cachait ses oreilles sous un bonnet<br /> phrygien, mais son barbier s’en aperçut. Ce secret lui pesait tant qu’il finit par creuser un trou en terre sainte, auquel il confia quelles oreilles il a vues à son maître Et là poussèrent des<br /> roseaux qui répétaient, lorsque le vent les agitait : « Le roi Midas a des oreilles d’âne ».<br /> Chapeau bas ! Messieurs et Mesdames les grands réformateurs de la crise.<br /> Et je signe une grand mère un peu pédante car j’adore faire la pédante. Danièle<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Je trouve cette pauvre grand-mère vraiment très, très, très fatiguée. Il se peut bien hélas, que dans sa sagesse de bonne vieille qui a beaucoup, beaucoup, beaucoup travaillé (et un peu vu le<br /> monde), elle dise ce que bon nombre de ses contemporains sont tentés de dire. Je ne m'y associerai pas ; car je suis convaincu que les adversaires (discrets mais résolus -pas près de se fatiguer,<br /> eux) de la démocratie sont revigorés par ce genre de considérations. Ils espèrent nous avoir à l'usure.<br /> P.S. Je ne connais pas de grand-mère bretonne qui tienne ce genre de propos. Paour-kez mamm-gozh !<br />
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D
<br /> Je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit la grand-mère. Mais l'intérêt de ce texte n'est pas dans l'accord ou le désaccord qu'il peut susciter. Il est dans le ressenti d'une personne qui<br /> s'exprime apparemment avec une grande honnêteté. Il nous renvoie peut-être notre propre image que nous ne voulions pas exprimer en public. Le mérite de cette grand-mère est aussi de l'avoir fait<br /> pour nous.<br />
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U
<br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Bonsoir, Etienne,<br /> Je te transmets le texte que je viens de recevoir, à toutes fins utiles. Je partage en partie le point de vue de la soi-disant grand-mère.<br /> Amicalement<br /> <br /> <br /> UNE GRAND-MÈRE INDIGNÉE, FATIGUÉE DU SYSTÈME…<br /> <br /> <br /> Je suis fatiguée.<br /> <br /> J'ai 70 ans.<br /> <br /> J'ai travaillé, à l'école ; réussi ma carrière sans l'aide de mes parents ; fille d'ouvriers j'en n'ai pas honte mais je m'aperçois que tout va de travers de plus en plus chaque jour.<br /> <br /> Les semaines de travail étaient longues sans 35 heures ni RTT. C'était comme ça ; on s'en plaignait pas vraiment. Je n'ai pas hérité de biens substantiels ; Ma position professionnelle et sociale<br /> ne m'a pas été donnée non plus ; j'ai travaillé pour ça.<br /> Au soir de ma vie, Je suis fatiguée.<br /> <br /> Je suis fatiguée de m'entendre dire que je dois partager ce que j'ai avec des gens qui n'ont pas mon honnêteté<br /> <br /> Fatiguée de constater qu'en permanence nos gouvernements, de quelque bord qu'ils soient, me prennent de l'argent pour donner à des gens trop paresseux pour travailler. Bien sûr je veux bien aider<br /> ceux que le sort a brutalement frappés : chômage, maladie grave... Mais ce n'est pas le cas de la majorité des personnes concernées.<br /> <br /> Je suis fatiguée de m'entendre rappeler combien la France va mal, par la faute bien sûr de la droite, et aussi des socialistes (ou apparentés)<br /> millionnaires<br /> comme<br /> Mrs Fabius,<br /> Strauss-Kahn<br /> (avant la chute),<br /> Noah,<br /> Berger,<br /> Mmes Bouquet,<br /> Balasko, etc.<br /> <br /> Fatiguée de recevoir des leçons des mêmes, qui appellent de leurs voix une France ouverte à tous alors que tant d'entre eux résident à l'étranger pour ne pas payer leurs impôts en France.<br /> <br /> Dans 20 ans ou 30 ans, si on continue à les suivre comme on le fait déjà, nous aurons l'économie d'un pays sous développé, la liberté de la presse de la Chine, la violence du Mexique et la même<br /> intolérance que l'Iran.<br /> Je suis fatiguée du comportement hégémonique des syndicats qui ne représentent pas grand monde mais n'hésitent pas à paralyser tout Le pays pour satisfaire des intérêts purement corporatistes,<br /> pour beaucoup hors du temps, sans strictement aucun souci du bien de la collectivité.<br /> <br /> Je suis fatiguée que notre tolérance vis à vis des autres cultures nous amène à considérer comme normal que l'Arabie Saoudite finance chez nous des mosquées où l'on prêche la haine de l'Occident,<br /> avec les subsides qu'elle tire du pétrole, alors qu'elle proscrit sur son sol la construction d'églises et synagogues.<br /> Je suis fatiguée d'entendre à longueur de temps que je dois diminuer mes émissions de CO2 parce que c'est « bon pour la planète », alors que la Chine inaugure 2 à 3 centrales thermiques par<br /> semaine.<br /> Je suis fatiguée de m'entendre dire que notre tradition d'asile nous oblige à accepter tous les miséreux de la planète et à payer pour eux, même quand ils sont clandestins ou n'ont jamais<br /> travaillé ni cotisé un centime chez nous ; et je suis encore plus fatiguée de constater que nos personnages politiques, de droite comme de gauche, trouvent apparemment ça très bien puisqu'ils ne<br /> font rien pour y remédier quand ils sont au pouvoir, ou approuvent quand ils sont dans l'opposition.<br /> Je suis fatiguée des Français je crois ; prétentieux, donneurs de leçons, égoïstes, assez lâches et finalement pas sérieux.<br /> Fatiguée de devoir payer des impôts fonciers largement augmentés alors qu on s'est privé pour payer notre maison et maintenant on paye un loyer pour l'Etat.<br /> Je suis heureuse d'avoir 70 ans. Je ne verrai pas le Monde que nous préparons consciencieusement par veulerie. Mais je plains sincèrement mes descendants.<br /> <br /> <br /> Et si vous pensez comme moi alors envoyez ce texte à tous ceux qui pensent comme nous.<br /> Une grand-mère indignée.<br />  <br /> 19:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : payer, clandestin, cotisation, sociale, droite, gauche, pouvoir, impôts, retraite, héritage, partager,<br /> richesses, millionnaires<br />
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D
<br /> Jean Puel et Hugues Puel sont, en effet, deux personnes différentes.<br />
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G
<br /> "Pour bien lire ton article et le comprendre il faut y revenir deux fois.. . C'est qu'il n'est pas assez clair ; et il est, de plus, sorti d'un contexte (que je t'enverrai si tu veux, pour<br /> information, quand tout ceci sera fini : il te faudra bien changer de sujet et d'intervenant !!!).<br /> <br /> Par ailleurs, n'y avait-il pas à Economie Humanisme un Puel (Hugues ?). Jean n'est donc pas le même homme ?<br /> <br /> Je redescends (dans ma cave-atelier) pour quelques travaux de gravure en retard.<br />
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G
<br /> Réponse à Josiane Bochet<br /> <br /> <br /> La cause - une des causes- est pourtant assez visible ... J'ai vu de mon côté, hier soir, "les Nouveaux chiens de garde" de Balbastre et Kergoat, qui ne me donne pas tort -sur le fonctionnement<br /> réel des médias, qui fausse -presque tue- la démocratie (bien que je me trouve après avoir vu cela, bien modéré dans ma diatribe, et presque coupable de consensus mou). Bossuet, s'il nous invite<br /> à ouvrir l'oeil, et le bon, nous conduira-t-il sur le chemin de la démocratie ? Suffira-t-il ? Quelles lunettes faudrait-il chausser ? Les mécanismes à déceler - et à combattre ; et par quels<br /> moyens ? - ne me semblent pas résider dans le Ciel, ni exister seulement dans nos têtes. Comme disait Castoriadis, "l'Art est (devrait être) une fenêtre sur le Chaos".A la prochaine.Gérard<br />
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J
<br /> Merci de la com. de la réponse de Gérard Jaffrédou ; elle me permet d'avancer dans mon analyse de la situation politique actuelle.<br />
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C
<br /> Le difficile changement de vie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> J'ai vu « Le Souper » jeudi soir au Rail Théâtre à Vaise  joué par des amateurs au profit de la recherche sur l’autisme. Les propos attribués à Talleyrand et Fouché, leur personnalité, sont<br /> d’une étrange modernité. Il me semble qu'ils  se rapprochent des mots écrits par monsieur Jaffrédou. J'ai bien peur que Bossuet ait toujours raison quand on voit combien on ne sait pas, ne<br /> veut pas changer de mode de vie (après la crise de 2008 par exemple) ...<br /> C'est comme pour une maladie, il convient de traiter la cause et non pas les symptômes apparents. Mais on ne connaît pas toujours la cause.<br />
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G
<br /> La parole d'un sage, à propos de Cassandre et de Jeanne d'Arc !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Eh oui ! Le travail de prophète est un dur métier ...<br />
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G
<br /> Réponse à Jean Puel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Que dire de plus ?<br /> Sans aucun doute la "construction européenne" a garanti la paix, au moins sur ce petit bout de continent. C'est déjà ça. Mais, en réalité, qui avait vraiment intérêt, sur ce petit bout de<br /> continent, à chercher la guerre ?<br /> On peut aussi remarquer l'incapacité de "l'Europe", c'est à dire de "l'Union Européenne"  à empêcher les guerres  dans les régions voisines, sur ce bout  de continent, du côté des<br /> Balkans par exemple (et plus loin) . De plus, aucun pays européen ne peut intervenir militairement sans l'appui et quelques moyens (renseignement, drônes) venant de l'autre côté de l'Atlantique<br /> (voir l'intervention en Lybie -avec quels résultats réels, c'est une autre question). Pour ne rien dire de l'incapacité à prendre rapidement une décision commune.<br /> <br /> Ceci pour redire qu'il n'y a pas "assez d'Europe" : il faut un vrai pouvoir commun, fonctionnant  avec la rapidité voulue, et surtout : démocratiquement Je ne vois pas d'autre solution que<br /> dans un fédéralisme adapté à la situation historique européenne, incluant le contrôle d'un exécutif par le suffrage universel (comment ? je ne suis pas constitutionaliste) et dans des conditions<br /> honnêtes de démocratie - conditions qui me semblent actuellement ménacées par la crise, c'est-à-dire : sa réalité et les prétextes qu'elle fournit. Bref, il faut une Europe enfin démocratique<br /> ...Les pouvoirs actuels le veulent-ils ?<br /> <br /> J'estime que les Etats-nations sont des formes du XIXème siècle. Ils veulent d'abord se perpétuer. Il est temps de penser à autre chose, dans notre monde compliqué où tout se tient. Et d'évoluer<br /> rapidement.<br /> <br /> C'est pourquoi le discours nationaliste et réactionnaire au sens propre (si on peut dire) et fort et  "le souverainisme" en général  me semblent complètement incongrus, fous, hors de la<br /> réalité. Dangereux.<br /> Notamment dans leur  forme lepéniste.<br /> D'autant que ces gens-là jouent sur la limite de l'acceptable pour masquer  l'inacceptable absolu (des soi-disant défenses de la laïcité, par exemple, masquant un anti-sémitisme, du racisme<br /> etc On adopte les "valeurs républicaines" pour combattre ce qu'elles défendent en principe).  Derrière cela on aperçoit  un  arrière-plan idéologique  détestable et<br /> scandaleux, qui ne  scandalise nullement un bon tiers des Français (le Monde 12. I. 2012). Il y aurait beaucoup à dire sur ce phénomène nauséabond qui se développe sur une certaine réalité<br /> de problèmes et sur l'incapacité des partis - ceux considérés comme honorables  a  priori - à y faire face ; c'est-à-dire à faire face à leurs causes réelles et profondes .Incapacité<br /> qui s'explique : ils sont à l'origine des décisions qui les ont provoqués ou aggravés -le cadre européen aidant : c'est là le drame ! Les voilà disqualifiés en même temps que l'Europe !<br /> Donc on se tourne vers des têtes qu'on croit nouvelles (après le petit Sorkozy, la jeune Le Pen ...).<br /> Or on voit mal comment ces gens-là  pourraient faire mieux, car on ne voit chez eux aucune analyse critique de ces mécanismes générateurs des crises réelles et des malaises vécus dont ils<br /> vivent comme d'un fonds de commerce. Ils n'ont pas véritablement de programme. Ils exploitent  des peurs soigneusement et généralement entretenues. Le jeu électoraliste y trouve son compte<br /> (de voix).<br />  <br /> On ne peut s'en sortir (de la "crise" et des "confusions" -c'est un autre mot qui me vient- à la Le Pen père et fille pour ne parler que d'eux, puisqu'ils sont évoqués) que par une réflexion de<br /> fond sur la réalité de la société et de l'économie, de ses mécanismes réels, etc etc, et on en est loin. ("S'indigner" ne suffit pas, ni  .... ni ....)<br /> <br /> Ce qui est sûr, disait Edgar Morin, c'est que rien n'est sûr.<br /> Je le dis autrement : tout reste possible.  Ou : tout doit toujours rester possible. Sauf le pire, de préférence.<br /> Gérard Jaffrédou<br /> 13.I. 2012<br /> <br /> <br />
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D
<br /> De Jeanne d'Arc à Cassandre, il n'y a qu'un pas : les voix sont toujours là<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Jeanne d'Arc écoutant ses voix<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je me demande si notre Damoiselle Marine n’aurait pas troqué sa panoplie de Jeanne d’ Arc contre celle de Cassandre. C’est juste une question<br /> que je me pose.<br />
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D
<br /> Non, Marine ne sera pas élue. Mais, quand même, l'attrait que son mouvement exerce sur les Français est inquiétant. Il souligne en face un certain vide politique.<br />
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J
<br /> J'ai lu le dernier fichier (Europe- Démocratie) que tu m'as transmis. Tout à fait d'accord avec l'analyse de notre État démocratique. Pour ce qui est de la construction européenne, je pense que<br /> son grand progrès est de nous avoir apporté la paix. Quant à sa réponse aux problèmes résultant de la mondialisation, je crois que sa construction est nécessaire; il me semble qu'il faut<br /> continuer à avancer et non revenir en arrière; je suis partisan d'une plus grande intégration politique avec davantage de fédéralisme. Je ne suis donc pas favorable au programme de LE PEN et<br /> j'espère qu'elle ne sera pas élue.<br /> Amicalement.<br />
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B
<br /> L'article est recensé par Bonweb : http://www.bonweb.fr/rss.php?s=2549789<br />
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D
<br /> Ne t'inquiète pas. C'est un sujet difficile. Tu as bien joué ton rôle. Jusqu'ici, le blog n'a pas si mal marché et j'espère bien qu'il y aura encore une suite.<br /> <br /> <br /> Repose-toi bien dans la lecture d'un livre qui doit être intéressant.<br /> <br /> <br /> Etienne Duval<br /> <br /> <br />  <br />
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G
<br /> Attendons la suite, s'il y en a une. J'ai l'impression d'avoir assommé tes lecteurs habituels par mes diatribes (habituelles elles aussi, au moins sur ces sujets). Comment faire un tour de la<br /> question, si complexe, en une page ou même quatre, avec des nuances et sans grande compétence personnelle ? Je trouve dans le Monde Diplo de ce mois des analyses historiques et techniques, et<br /> politiques, qui me confirment dans ce que je pense et cherche à dire.<br /> <br /> Pour me reposer, je lis en ce moment de Gérard Israël.- La question chrétienne, une pensée juive du christianisme.-, Payot , 1999, 2002,- Nouvelle édition Payot Rivages 2011.- 426 p. Coll. petite<br /> bibliothèque Payot, Tu connais sûrement.<br /> A plus tard.<br />
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G
<br /> J'ai vu la réponse d'André ce matin et rédigé rapidement ceci, que je n'ai pu envoyer ... Ca semble mieux marcher ce soir.<br /> Mais je n'ai pas vu ton propre commentaire. Voilà ce qui m'est venu. (Je m'accuse d'avoir par ailleurs des brefs échanges fractionnistes avec Denis)<br /> Je suis bien entendu d'accord, André, avec vos remarques (y compris la nécessité de nuancer mon propos). Je suis bien d'accord que la démocratie ne se décrète pas (pas plus qu'elle ne s'imopose<br /> par des moyens militaires...). Je pense d'ailleurs que nous vivons selon une conception très religieuse (en fait : cléricale) du politique, selon laquelle le peuple ignorant et a priori damné<br /> d'origine, doit être sauvé et guidé par un clergé compétent : les experts et les aparatchiks, voire un messie : l'homme providentiel. Et rester respectueux et obéissant. (Mais ceci nous<br /> entraînerait bien loin). Dieu merci, ou grâce à l'histoire, on ne part pas de rien. Je suis quant à moi sensible aux fortes résistances, très concrètes (et très discrètes -encore que ...)<br /> opposées par le système dans lequel nous vivons. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, par exemple, ont décrit comme personne le milieu : la classe sociale, la seule existant réellement à<br /> leurs yeux comme classe, qui tient le pouvoir. Ce qui limite les rêves en suggèrant la réalité concrète du problème. Je pense que pour l'immédiat, la seule possibilité (outre spéculer et<br /> réfléchir au mieux), c'est d'aller dans le sens que vous dites : faire exister la démocratie -politique et économique- au quotidien et localement. Je le disais ailleurs : il s'agit de mettre le<br /> capitalisme hors- la-loi, hors des lois qui gouvernent nos vies. Autant que possible. Et pour le moins. Dans cette perspective, la question du pouvoir réel des citoyens se pose (les dispositifs<br /> en trompe-l'oeil ne trompent personne). Par conséquent, se pose aussi celle de l'organisation générale et formelle du pouvoir -ou des pouvoirs- , ce à quoi l'histoire aide à réfléchir. (Et aussi<br /> le Blog d'Etienne)Bon 2012, en méditant tout cela...Gérard Jaffrédou<br />
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D
<br /> Je crois que je suis assez d'accord avec toi. Mais je laisse Gérard répondre à ton commentaire.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs j'ai prévu, pour la fin janvier, un blog sur la sortie de crise à partir du mythe grec du déluge. La problématique n'est pas contraire à la tienne mais elle part d'un point de vue<br /> différent.<br />
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A
<br /> Je voudrais apporter quelques commentaires aux commentaires  du texte la Crise, l'Europe et la Démocratie.<br /> <br /> Le diagnostic est assez juste même si il faudrait apporter ici ou là quelques nuances. La partie solution me parait plus délicate.  En effet comment l'aborder   à partir de rien.<br /> Je veux dire qu'il faut bien commencer d'un bout. Ou bien on veut recréer une démocratie à partir du<br /> sommet et on est conduit à laisser faire une élite  qui décidera selon son intérêt. L'autre solution c'est de reconstruire en partant de la base et là nous avons tous notre responsabilité.<br /> Il nous faut donc commencer par faire vivre la démocratie dans son village ou son quartier<br /> puis faire monter de proche en proche vers le haut les principes  qui seront apparus pertinents tels que celui de la subsidiarité. Dans le domaine économique le regain d'intérêt pour<br /> l'Economie Sociale et Solidaire sous ses différentes formes: SCOP, AMAP, monnaies locales,<br /> Associations de services nous montrent d'une certaine manière la voie. Peut-être avez-vous lu "La Foret des 29" d'Irène Frain qui retrace l'histoire des Bishnoïs en Inde, elle est en partie<br /> exemplaire de ce qui est à construire. Un principe observé par cette communauté bien que non<br /> répertorié en tant que tel s'écrit: "Ne compter que sur soi-même et la communauté, ne rien n'attendre des puissants". Je crois qu'il  faut en passer par là.<br /> <br /> Par ailleurs on peut observer que le traité qui a été substitué à la constitution a gardé la possibilité à un million de citoyens d'interpeler la Commission Européenne. Or il y a peu la France<br /> trainait encore les pieds pour permettre la mise en œuvre de cette mini-tentative<br /> de démocratie directe.<br />
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W
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G
<br /> Je suis d'accord avec la plupart des points qu'évoque Paul. La démocratie est moins malade en Europe que dans beaucoup de régions du monde. Nous avons des soucis de riches. Il faut se réjouir que<br /> la misère recule ici et là. Et d'accord sur l'essentiel peut-être : on  prend mieux conscience des limites de la planète, de la nécessité urgente de changer de mode de vie, c'est<br /> c'est-à-dire de consommation, notamment d'énergie. On perçoit  mieux la domination  qu'opère le capitalisme (dérégulé ou non), de plus en plus jugée insupportable etc etc. Je veux<br /> croire aussi que le "demos" comprend bien des choses, pourvu qu'il soit bien informé. Je pense même que, sur bien des points, il comprend beaucoup mieux que la plupart de "forces politiques"<br /> actuelles, enfermées dans des a priori, schémas et programmes de circonstance.  Le "demos" possède désormais des niveaux d'instruction et des capacités de réflexion qui rendent bien des<br /> changements "réellement possibles" (et pas seulement théoriquement, ou abstraitement, ou en rêves romantiques...).<br /> Je suis bien d'accord que l'évolution de l'Europe vers plus de démocratie  sera longue et "pas facile", étant donné d'abord, la manière dont l'Europe a été construite, et celle dont elle<br /> fonctionne (je l'ai évoqué, schématiquement : je n'y reviens pas). Mais cela  pourrait se faire.  Sans doute faudrait-il d'abord établir des règles simplifiées et souples. D'accord sur<br /> le caractère quasiment illisible, par exemple, du  projet de constitution  (que pourtant j'ai attentivement ...parcouru, comme beaucoup). Mais les refus portaient aussi sur le contenu<br /> et la et protestation visait aussi le simulacre de démocratie. <br /> A l'inverse, il faudrait associer enfin honnêtement les peuples, les citoyens, à cette élaboration. Il faudrait aussi que cessent ces crispations anciennes, très franco-françaises, <br /> entretenues autour de "l'identité nationale", renoncer à croire à la supériorité du modèle étatique français etc.. (ce qui ne sera pas le plus facile). Mais l'idée vient peu à peu.<br /> J'observe  que l'idée de "fédéralisme" apparaît de temps à autre, dans le débat français (voir la tribune de Jean-Yves Le Drian, Président PS  de la Région administrative <br /> "Bretagne", dans le Monde du 16.  XII. 2011). <br /> Je pense donc que, tout cela étant, les changements nécessaires peuvent s'imposer plus vite qu'on ne s'y attend. L'optimisme, de ce point de vue, est raisonnable.<br /> <br /> Je diverge un peu en essayant de rester (trop ?)  raisonnable. Je maintiens -pour le moment- que la démocratie est en danger pour l'immédiat, ou le court terme, ou plus. Le poids monstrueux<br /> des forces économiques, notamment financières, les mécanismes qui ont été déchaînés délibérément, leur  complexité, les habitudes déjà, de gouvernement (la gouvernance ! : on gère !) <br /> sont tels, que le risque d'un gouvernement de fait par les "experts"  n'est pas un fantasme. Les experts ont forcément raison, contre les citoyens. L'Europe fonctionne pratiquement <br /> ainsi, de même les instances mondiales (et les Etats disqualifiés : voir ce qui est imposé à la Grèce, à l'Italie ).<br /> Le risque est d'autant plus réel que le système est aux abois (arrive à ses limites). Il ne produit aucune décision efficace ( les multiples G20 : de quoi ont-ils accouché ?). On pourrait sans<br /> doute démontrer que les quelques décisions prises ne feront qu'aggraver le processus de crise. Mais je ne suis pas assez technicien pour cela et ce serait long ; en tout cas elles aggravent le<br /> sentiment d'injustice et l'incompréhension, l'impatience d'un demos, lui, de plus en plus lucide. Qu'en sortira-t-il ? Le pouvoir peut chercher à élire un autre peuple, comme disait Brecht....<br /> s'il ne peut le faire taire. Il lui échappe déjà.<br /> Je diverge aussi  sur l'affirmation selon laquelle "NOUS vivons  au dessus de nos moyens" . Pas faux, peut-être, dans les grandes masses statistiques ? Mais je refuse totalement cette<br /> culpabilisation générale qu'impose un discours dominant. "Nous" avons subi et subissons encore une incitation constante, forcenée, délirante à consommer tout et n'importe quoi, tout "devenant<br /> marchandise",  donc source de profits, et prétexte à crédit, donc à rentes (pour dire vite). <br /> Or cette "logique" folle est le moteur du système. C'est lui le coupable, c'est-à-dire ceux qui le soutiennent ou le bénissent  et que ce "NOUS" cache et absoud.  Allons expliquer au<br /> Smicard, au travailleur précaire,  aux 350 ouvriers de la SOBRENA bientôt licenciés, à ma voisine qui touche le RSA,  aux sept millions de personnes dans l'hexagone qui survivent en<br /> dessous du seuil de pauvreté, aux millions d'exploités, dépossédés de leurs terres,  en Afrique, en Asie et ailleurs, qu'ils vivent au-dessus de leurs "moyens raisonnables".... Je m'écarte<br /> sur la pointe des pieds et laisse d'autres plus convaincus faire ce travail.<br /> <br />  Selon moi, citoyen de base, il faut mettre en cause :<br /> 1° la production des richesses, insuffisante et aberrante ( mais qui a  démantelé l'industrie, "délocalisé" systématiquement,  et pour quelles raisons véritables ? et quel type de<br /> "richesse" produit-on ? ) ; à rétablir et à ré-inventer, avec des vrais pouvoirs au plus près des problèmes. <br /> 2° la répartition de ces richesses, injuste ( la baisse de la part des salaires  -de 10 %- dans le PIB, qui signifie des écarts monstrueux et croissants et à tous les échelons : "nationaux"<br /> et planétaires) ; à refaire, par des moyens, enfin, sérieux.<br /> 3° et somme toute, le "modèle" de croissance, mortifère,  qui est à changer d'urgence afin  que cesse le pillage désastreux  de la planète (mais sous l'impulsion et au profit réel<br /> de qui ?). <br /> <br /> Ce sont ces mécanismes-là, issus de décisions précises,  qu'une démocratie réelle devrait mettre en évidence et devrait permettre de changer.<br /> Je pense que les systèmes représentatifs actuels sont faits au contraire pour les masquer et les protéger.  Par presque tous les moyens et avec les conséquences qu'on peut imaginer (qu'on<br /> voit).<br /> <br /> Je suis bien d'accord pour ne pas désespérer du demos. Je ne vois d'ailleurs pas qui d'autre pourrait imposer un autre cours des choses. Le voudra-t-il ? Entendra-t-il Bossuet ?<br /> <br /> Et je ne veux pas sous-estimer les forces  mondiales  qui tiennent le pouvoir réel, n'entendent pas le lâcher si facilement, (dussions-nous tous en crever).<br /> On peut se demander, comme à propos du cadavre d'Amédée : "comment s'en débarrasser" ?  et la réponse n'est pas simple. Se poser cette question : là est l'optimisme. .<br /> <br /> Gérard Jaffredou, 1. I. 2012<br /> <br />    <br />  <br /> <br />
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D
<br /> Je crois aussi que le système est à bout précisément parce que notre culture aborde une dimension planétaire.<br />
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G
<br /> Je suis bien d'accord avec tout ton commentaire<br /> <br /> Par ailleurs, un échange -en OFF- avec Denis qui m'a directement interpellé sur la messagerie familiale, et qui me disait qu'il est impossible de "penser à partir de ce texte" (ce qui m'a<br /> surpris, intrigué et à nouveau inquiété) m'a conduit à reformuler mon hypothèse de base. Je crois que le système arrive à des limites (voire à ses limites) et que la croyance que nous conservons<br /> dans la "démocratie" (telle qu'elle semble exister dans nos contrées -ou dans un absolu) empêche de bien voir cela ou de l'admettre. C'est peut-être en pressentant cela que j'ai éprouvé le besoin<br /> de montrer (comme j'ai pu) les limites de cette démocratie et les dangers qui la menacent. Peut être verra-t-on mieux, alors, que le système est à bout (et tabou ?) : ce que permet de voir aussi<br /> une vision non hexagonale ou européo-centrée, mais planétaire.<br />
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P
<br /> Etablir une « vraie » démocratie  pour l’Union européenne n’est pas si facile que vous le dites. Il faut du temps, et surtout en période de crise, pour que le démos puisse évaluer ce<br /> qu’apporte et peut apporter l’Europe.  Considérant la complexité des traités soumis aux référendums,  une bonne réponse à ces questions ne peut être obtenue, d’où des votes de<br /> protestation. Je pense que les référendums devraient être réservés à des questions simples, claires et très importantes. Mais, comment avancer dans la construction d’une Europe fédérale et<br /> démocratique sans consulter le peuple ? Les réponses ne sont pas si simples. On peut quand même dire, relativement à d’autres pays, que la démocratie est encore bien présente en Europe. La crise,<br /> difficile à supporter par beaucoup, permet déjà de mettre le doigt sur les limites de ce capitalisme « triomphant ». Je suis optimiste devant la situation à venir. Le « démos » va de mieux en<br /> mieux comprendre ce que peut apporter l’Europe, la complexité internationale, la nécessité de prendre en compte le développement des autres pays…Il sait que les ressources naturelles sont<br /> limitées, que la pollution, le changement climatique doivent être pris en compte. C’est nouveau ; les changements dans notre mode de vie sont souhaitables. On doit réduire très vite notre<br /> consommation d’énergie, en développer d’autres, consommer moins et plus juste, partager plus…Nous (chacun, l’état, les collectivités territoriales..) avons vécu et nous vivons encore au dessus de<br /> moyens « raisonnables ».<br /> S’agissant de votre constat sur la situation actuelle et le « triomphe du capitalisme », il est juste et fait par tous (le pouvoir de la finance, une trop rapide mondialisation, des écarts de<br /> revenus inacceptables, la montée de la pauvreté dans nos pays..). La situation actuelle doit, cependant, être analysée par sa confrontation aux situations passées et à la situation des autres<br /> pays. On ne peut que se réjouir du développement des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil etc. dont la pauvreté, la misère, l’éducation changent très vite.<br /> Face à ces changements, la démocratie ne peut que devenir plus grande même dans notre Europe ! Une vision limitée à la France et à l’Europe n’est plus tenable.<br /> Un peu plus d’optimisme<br />  Paul Duval<br />
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D
<br /> L'originalité de notre période c'est que le sujet n'est plus simplement un horizon comme il l'a toujours été, mais un projet politique, qui oblige tous les peuples au risque de sombrer dans une<br /> crise à long terme. Si nous voulons survivre nous sommes tenus d'intégrer en même temps l'individu et la dimension mondiale de l'existence. Les clivages principaux ne seront plus alors entre<br /> gauche et droite mais entre ceux qui insisteront sur la dimension mondiale de nos problèmes et ceux qui chercheront à sauver la dimension individuelle. Je parle bien de clivages principaux, mais<br /> il est évident qu'il y aura aussi d'autres clivages, par exemple entre ceux qui voudront intégrer la sauvegarde de la terre dans le projet politique  et ceux qui resteront plus insensibles à<br /> l'urgence d'un tel problème...<br />
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G
<br /> Cher Etienne, oui, bien sûr ! J'évoquais une "discussion ouverte, oubliant les étiquetages" qui enferment dans des a priori, des présupposés et des procès d'intention, empêchent d'aller au fond.<br /> Ainsi font trop souvent les médias, qui agitent du futile,  des questions artificielles, saturent de bruit et imposent une diversion constante. De même  les échéances politiques, qui<br /> construisent des postures, des formules auxquelles personne ne croit, vides de pensée.  Dans ces conditions-là, ni "la gauche" ni "la droite" ne  pourront et n'oseront penser aucune<br /> solution,  et la démocratie meurt - de trouille. On passera la suite aux experts. On sait ce dont ils sont capables...<br /> <br /> Alors, "le sujet" dans tout ça, est-ce la solution ? Pourquoi pas ?   Mais comme horizon, comme disait Jolif. A l'avènement futur du sujet, il n'y aura ni gauche ni droite,  ni<br /> Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni .... Mais d'ici là,  il faut bien marcher, et sur terre.<br /> Car jusqu'à preuve du contraire, les sujets sont incarnés, c'est-à-dire historiques. Il y a  donc des choix concrets à faire,  qui requièrent des jugements, et qu'on tranche, avec<br /> peut-être une forme de  violence (je t'ai entendu sur  ces questions - et j'en redemande !).<br /> Ces choix, s'ils vont au fond, créeront inévitablement des clivages nouveaux, une nouvelle dispostion des "forces politiques" : "gauche / droite" ? .... ou autre chose ? Ce n'est pas<br /> l'important.<br /> <br /> L'important est de savoir par quel bout commencer. A mon sens, rien ne doit aller de soi, surtout pas les discours assénés (le mien compris) et convenus. Un préalable absolu est la reconnaissance<br /> et le respect d'autrui (et ton blog est précieux - et Cf. Ricoeur). J'énumère quelques bizarreries historiques qui rendent, selon moi,  la démocratie malade et pour une part illusoire, et<br /> son avenir très incertain (et par conséquent : les "valeurs" de "nos" sociétés - formule que j'avance avec des pincettes) ; avenir incertain, mais nullement bouché, à y regarder de près et à<br /> plusieurs. On peut en débattre. L'énumération proposée indique une direction.  Avançons sans peur. Ne tournons pas en rond, autour  du "sujet" (...si j'ose dire).<br /> G.J. 30.XII. 2011<br /> <br />
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D
<br /> Personnellement je pense que les bonnes solutions ne sont ni à droite ni à gauche mais dans un au-delà qu'il faut inventer, associant, en même temps, les avancées économiques et les avancées<br /> sociales. Dans cet au-delà le but fondamental à rechercher n'est ni la performance économique ni même la solidarité (même si elle fait partie de la solution) mais le sujet qui lie l'individuel et<br /> le collectif.<br />
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G
<br /> De droite à gauche, les analyses peuvent converger mais les solutions divergent<br /> <br /> Il se trouve que je pense, sur les points évoqués, comme le copain de Monique. Je pense en effet que a crise met "le roi à nu" : la réalité même du système économique, social et politique devient<br /> de plus en plus visible et son mécanisme essentiel plus souvent analysé. Ces analyses ont nourri la mienne, moi qui ne suis expert en rien. Il est intéressant qu'il y ait de multiples<br /> convergences, certaines inattendues, sur le "diagnostic".  Cela semble signifier que le  besoin de comprendre ce qui se passe réellement est largement partagé. Je suis convaincu, quant<br /> à moi, que tous les points de vue, sincères et honnêtement informés -même ou surtout venant de non-"experts"officiels- contiennent une part de vérité et contribuent à une juste compréhension,<br /> qu'il appartient à chacun de construire.<br /> Puis les réponses (je n'ose parler de "solutions") divergent... Je suis d'accord aussi que dans l'état actuel des choses, on peut dire "de droite" les réponses visant à conserver le "système"<br /> (économique, politique, social etc ), qui peuvent obéir à diverses stratégies ou tactiques  qui vont  du raidissement autoritaire au réalisme des "compromis responsables", en passant<br /> par la rigueur "républicaine" et les nuances intermédiaires (suivez mon regard).  Et "de gauche", les efforts pour  imaginer, penser, que le système capitaliste n'est pas plus éternel<br /> qu'autrefois le système féodal (et ses expressions politiques et sociales) ; et vouloir,   pour le moyen ou le très long terme (mais sait-on jamais ?) , un système où la course au<br /> profit -qui engendre la course à la consommation et à l'accumulation- ne dominerait plus la société. Cela portait autrefois le joli nom de "communisme".<br /> C'est là que les difficultés commencent. Mais elles peuvent être dépassées, si on les identifie bien.<br /> La première est qu'il est infiniment plus difficile d'imaginer "autre chose" (qui serait un -progressif ?-  bouleversement du monde -au moins "européen"-) que de conserver l'existant (en le<br /> bricolant pour qu'il dure encore un peu). Les "conservateurs" (la "droite" dans ma définition) se passent donc d'analyse fondamentale (le technique suffit) ; tandis que les autres, qui se<br /> proposent d'inventer "un autre monde", sont sommés de tout définir  a priori. Ne pouvant, pour d'évidentes risons, le faire, ils sont qualifiés d'utopistes (comme Thomas Moore qui finit,<br /> come on sait,  décapité). Et, puisqu'ils rejettent le "consensus" conservateur, ils sont qualifiés "d'extrémistes". Les procès d'intention, sur la base d'approximations et falsifications<br /> historiques   pétrifient avec efficacité  les idéologies contraires, stérilisent les débats. Le credo du "libéralisme" domine ce qui est qualifié de "catéchisme idéologique<br /> marxiste". etc etc etc .<br /> Dans la situation de crise, qui n'est pas seulement dans les esprits (ce que sous-entend l'orateur cité, qui entend conserver, lui aussi, la réalité pour l'essentiel), la grande difficulté des<br /> débats de fond, liée à l'impuiissance ( en partie choisie  ou consentie) des institutions (européenne, étatiques)  est une crise grave de la démocratie, qui peut déboucher sur tout, y<br /> compris le pire, mais aussi sur des réveils salutaires. Dans l'état actuel des choses, on ne peut avancer que par des débats ouverts, non polémiques, oubliant les étiquetages, se gardant des<br /> confusions ou illusions tentantes, allant au fond. A cette condition, il n'est pas fou d'espérer que des "sujets- pensants-"librement, deviennent une force collective qui n'aurait qu'un <br /> lointain rapport avec l'organisation actuelle de ce qu'il est convenu d'appeler les "forces politiques" - et qui le sont d'ailleurs de moins en moins, étant de plus en plus décalées par rapport<br /> aux prises de conscience qui montent .<br /> Je nous souhaite un bon 2012.<br /> Et j'arrête là pour le moment.<br /> Gérard Jaffredou.<br /> 29. XII. 2011.<br /> <br /> Le texte cité n'est-il pas de Salvandy (Narcisse). Le volcan me disait quelque chose. Pour le détail, voir Petit Robert, p 1607.<br />
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G
<br /> Voici ce que je peux et souhaite répondre pour le moment à Monique et son copain, que je remercie (après qu'ils m'aient un peu inquiété). Je lirai plus tard tes deux nouveaux messages.<br /> Gérard<br />
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D
<br /> Cela m'est en effet revenu à la mémoire, peu de temps après avoir pensé à Cohn Bendit !<br />
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M
<br /> Langue au chat<br /> <br /> Il s'agit d'un discours de Tocqueville à la chambre des députés, en  1848 ! Quand je l'ai lu par hasard, écrit "mon copain de droite", j'ai été  surpris par l'actualité du propos. Comme<br /> quoi, plus ça change, plus  c'est pareil !<br /> Monique<br />
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M
<br /> Texte proposé par Monique Douillet que j'avais oublié de de mettre sur le blog (Etienne Duval)<br /> <br /> <br /> Devine de qui... et quand ?<br /> <br /> Messieurs, je ne sais si je me trompe, mais il me semble que l’état actuel des choses, l’état actuel de l’opinion, l’état des esprits en France, est de nature à alarmer et à affliger. Pour mon<br /> compte, je déclare sincèrement à la Chambre que, pour la première fois depuis quinze ans, j’éprouve une certaine crainte pour l’avenir ; et ce qui me prouve que j’ai raison, c’est que cette<br /> impression ne m’est pas particulière : je crois que je puis en appeler à tous ceux qui m’écoutent, et que tous me répondront que, dans les pays qu’ils représentent, une impression analogue<br /> subsiste ; qu’un certain malaise, une certaine crainte a envahi les esprits ; que, pour la première fois peut-être depuis seize ans, le sentiment, l’instinct de l’instabilité, ce sentiment<br /> précurseur des révolutions, qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naître, que ce sentiment existe à un degré très grave dans le pays. [...]<br /> Messieurs, si le spectacle que nous donnons produit un tel effet vu de loin des confins de l’Europe, que pensez-vous qu’il produit en France même sur ces classes qui n’ont point de droits, et<br /> qui, du sein de l’oisiveté à laquelle nos lois les condamnent, nous regardent seuls agir sur le grand théâtre où nous sommes ? Que pensez-vous que soit l’effet que produise sur elles un tel<br /> spectacle ? Pour moi, je m’en effraye. On dit qu’il n’y a point de péril, parce qu’il n’y a pas d’émeute ; on dit que, comme il n’y a pas de désordre matériel à la surface de la société, les<br /> révolutions sont loin de nous. Messieurs, permettez-moi de vous dire, avec une sincérité complète, que je crois que vous vous trompez. Sans doute, le désordre n’est pas dans les faits, mais il<br /> est entré bien profondément dans les esprits. Regardez ce qui se passe au sein de ces classes ouvrières, qui aujourd’hui, je le reconnais, sont tranquilles. Il est vrai qu’elles ne sont pas<br /> tourmentées par les passions politiques proprement dites, au même degré où elles ont été tourmentées jadis ; mais ne voyez-vous pas que leurs passions, de politiques, sont devenues sociales ? Ne<br /> voyez-vous pas qu’il se répand peu à peu dans leur sein des opinions, des idées, qui ne vont point seulement à renverser telles lois, tel ministère, tel gouvernement, mais la société même, à<br /> l’ébranler sur les bases sur lesquelles elles reposent aujourd’hui ? Ne voyez-vous pas que, peu à peu, il se dit dans leur sein que tout ce qui se trouve au-dessus d’elles est incapable et<br /> indigne de les gouverner ; que la division des biens faite jusqu’à présent dans le monde est injuste ; que la propriété y repose sur des bases qui ne sont pas des bases équitables ? Et ne<br /> croyez-vous pas que, quand de telles opinions prennent racine, quand elles se répandent d’une manière presque générale, quand elles descendent profondément dans les masses, elles amènent tôt ou<br /> tard, je ne sais pas quand, je ne sais comment, mais elles amènent tôt ou tard les révolutions les plus redoutables ? Telle est, messieurs, ma conviction profonde ; je crois que nous nous<br /> endormons à l’heure qu’il est sur un volcan; j’en suis profondément convaincu.[...]<br /> Voilà la véritable cause. Eh ! messieurs, s’il est juste d’avoir cette préoccupation patriotique dans tous les temps, à quel point n’est-il pas juste de l’avoir dans le nôtre ? Est-ce que vous ne<br /> ressentez pas, messieurs, par une sorte d’intuition instinctive, qui ne peut pas se discuter, s’analyser peut-être, mais qui est certaine, que le sol tremble de nouveau en Europe ? Est-ce que<br /> vous n’apercevez pas… que dirai-je ? un vent de révolution qui est dans l’air ? Ce vent, on ne sait où il naît, d’où il vient, ni, croyez-le bien, qui il enlève ; et c’est dans de pareils temps<br /> que vous restez calmes en présence de la dégradation des mœurs publiques, car le mot n’est pas trop fort.”<br /> <br /> <br /> <br />  <br />
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M
<br /> Suite message du " copain de droite", en rapport avec l'article.<br /> Mon inculture historique ne me permettra pas d'identifier l'auteur. Merci de me le dire...<br /> Monique<br />
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L
<br /> Bon article, en effet. C'est un état des lieux sans concession, on   en voit de plus en plus de ce genre en ce moment. Signe que la crise  oblige à une remise en question.<br />  Tu vois bien que le clivage "gauche" "droite" n'a plus aucun sens.   Quant à "extrême", je ne sais même pas ce que ça veut dire. La ligne  de partage se fera ailleurs, entre<br /> ceux qui veulent continuer sur la  même ligne et qui disent : "ça ne fonctionne pas, on va droit dans le mur, alors appuyons sur  l'accelérateur et recommençons encore plus" / ...et les<br /> autres.<br />  (sur l'extrêmisme, lire le bas de la page 5 : « est qualifié d'extrême  tout ce qui s'oppose à l'état actuel des choses).<br /> <br />  Et toi, qu'en penses-tu ?<br />
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M
<br /> Eh bien voici la réponse de mon copain de droite (un peu identitaire,  électeur du FN sans en partager toutes les vues, mais pas encarté).<br /> Monique<br />
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G
<br /> En écrivant et réécrivant ce texte je me suis constamment demandé, en effet, comment il peut être perçu ou compris. J'ai, par Monique Douillet, une réponse (qui m'inquiète un peu). En fait, je<br /> cherchais, dans un premier temps, à établir un diagnostic -sommaire, mais aussi équilibré que possible- de la menace qui frappe la démocratie du fait de la crise économique, devant laquelle les<br /> institutions européennes sont inopérantes, d'autant que celles-ci ont approuvé et amplifié les causes mêmes de cette crise : le capitalisme, et en dérégulant ses mécanismes. Ce diagnostic est-il<br /> d'extrême-droite ou d'extrême-gauche ? je ne sais, et est-ce cela l'important ? Je serai toutefois curieux de savoir ce que dit le "copain de droite" de Monique.<br /> Je réservais pour un peu plus loin ou plus tard, l'évocation de réponses possibles. Ce sont ces réponses qui peuvent être jugées "de droite" ou "de gauche" Mais elles me semblent toutes<br /> illusoires si elles ne reposent pas, d'abord, sur un diagnostic lucide.<br />
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M
<br /> Lucide, <br /> à seconde vue aussi. Il pourrait me semble-t-il être agréé d'un homme  d'extrême gauche comme d'extrême droite. Il ne propose ni n'envisage rien, sinon de possibles dérives. Je n'ai pas vu<br /> de réactions sur le  blog, ai-je mal consulté ?<br /> Amicalement,<br /> Monique<br /> P.S. Je vais tester "mon copain de droite" dessus.<br /> <br />
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S
<br /> L'article est sur "Seenthis".<br /> <br /> <br /> http://seenthis.net/messages/47781<br />
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D
<br /> Dans Que faire ? Lénine leur a coupé la tête, les pieds,et  bien d'autres choses. Pour lui, le militant est un exalté, donc irrationnel et dangereux. Il lui préfère le camarade qui obéit au<br /> parti.<br /> denis<br /> <br />
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D
<br /> Où as-tu trouvé cette phrase de Lénine ? Je doute que ce soit dans "Que faire ?" Ou alors, dès le départ, Lénine leur a coupé la tête ! Ce n'est pas possible ?<br />
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