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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 09:09

 

http://1.bp.blogspot.com/_fiIy12sGmPI/R1K7G2jNsoI/AAAAAAAAAfs/x7Olchjhjf0/s1600-R/EVE.jpg

 

Récit de la chute dans la Genèse

 

Nous continuons notre investigation sur les rapports entre hommes et femmes dans les mythes et les grands textes symboliques. Que se cache-t-il derrière une certaine mise à l’écart de la femme par l’homme, mise à l’écart qui l’empêche aujourd’hui encore d’être elle-même et de prendre toute sa place dans la société ? Nous abordons maintenant le texte de la chute que nous croyons connaître. Mais est-il aussi clair que certains peuvent le prétendre ?

 

 

La femme et l’homme ne peuvent manger

du fruit de l’arbre, situé au milieu du jardin

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs

Que Yahvé avait faits.

Il dit à la femme : "Alors Dieu a dit :

Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?"

La femme répondit au serpent :

"Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.

Mais du fruit qui est au milieu du jardin, Dieu a dit :

Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort."

 

« Vous ne mourrez pas » dit le serpent

Le serpent répliqua à la femme :

"Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !

Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez,

Vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux,

Qui connaissent le bien et le mal."

 

La femme et l’homme mangent et leurs yeux s’ouvrent

La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir,

Et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement.

Elle prit de son fruit et mangea.

Elle en donna aussi à son mari,

Qui était avec elle, et il mangea.

Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent

Et ils connurent qu'ils étaient nus ;

Ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.

 

Le procès et l’aveu

Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu,

Qui se promenait dans le jardin à la brise du jour,

Et l'homme et la femme se cachèrent devant Yahvé Dieu

Parmi les arbres du jardin.

Yahvé Dieu appela l'homme : "Où es-tu ?" dit-il.

"J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme :

J'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché."

Il reprit : "Et qui t'a appris que tu étais nu ?

Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger !"

L'homme répondit : "C'est la femme que tu as mise auprès de moi

Qui m'a donné de l'arbre et j'ai mangé !"

Yahvé Dieu dit à la femme : "Qu'as-tu fait là ?"

Et la femme répondit : "C'est le serpent

Qui m'a séduite et j'ai mangé."

 

Le serpent maudit

Alors Yahvé Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela,

Maudit sois-tu entre tous les bestiaux

Et toutes les bêtes sauvages.

Tu marcheras sur ton ventre

Et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie.

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien.

Il t'écrasera la tête et tu l'atteindra au talon."

 

Les conséquences apparentes de la faute

A la femme il dit : "Je multiplierai les peines de tes grossesses,

Dans la peine, tu enfanteras des fils.

Ta convoitise te poussera vers ton mari

Et lui dominera sur toi."

 

A l'homme il dit : "Parce que tu as écouté la voix de la femme

Et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger,

Maudit soit le sol à cause de toi !

A force de peine tu en tireras subsistance

Tous les jours de ta vie.

Il produira pour toi épines et chardons

Et tu mangeras l'herbe des champs.

A la sueur de ton visage, tu mangeras ton pain,

Jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré.

Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise."

 

Les tuniques de peau

L'homme appela sa femme "Ève",

Parce qu'elle fut la mère de tous les vivants.

Yahvé fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.

Puis Yahvé Dieu dit : "Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous,

Pour connaître le bien et le mal !

Qu'il n'étende pas maintenant la main,

Ne cueille aussi de l'arbre de vie,

N'en mange et ne vive pour toujours !"

 

L’homme expulsé du jardin

Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Eden

Pour cultiver le sol d'où il avait été tiré.

Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Eden les chérubins

Et la flamme du glaive fulgurant

Pour garder le chemin de l'arbre de vie.

(Bible de Jérusalem, Genèse, 3, 1-24)

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commentaires

D
Bonjour!!!Suite à une rupture avec mon conjoint, j’ai demandé l’aide du maître GOUGBE avec un envoûtement de retour affectif de magie noire.Il a su me mettre en confiance et m’écouter. Honnêtement je croie en la magie mais je ne pensais pas obtenir des résultats aussi rapidement. Tout c’est construit petit à petit et mon homme est revenu de lui-même en confiance .Nous nous sommes revus …. Aussi amoureux qu’au premier jour !Étant persuadé que c’est la bonne, j’espère que ça continuera sachant que je suis au 3ème jour du rituel de retour affectif ! Le résultat est incroyable et le sourire est revenu sur mon visage ! Par conséquent, je ne le remercierai jamais assez …Pour continuer je lui ai commandé un talisman de Venus qui je suis sur sera renforcer notre relation ! Encore mille merci a vous maître GOUGBE. Voici ses contacts: whatssap : +229 96 28 35 52    Mail :gougbeatso2@gmail.com
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O
Bonjour!!!Je me nomme Christiaan RICHEMOND, j'habite RIGGARGATAN 16 D, GALVE ,80286, SWE. Je n’ai pas l'habitude d'écrire mon vécu sur les forums mais cette fois-ci c'est la goutte d'eau qui a débordé la vase.<br /> En effet mon homme avec qui j'ai fait 7 années de relation conjugal ou nous avons eu 2 enfants me laissa pour une autre et mieux ils se sont installés ensemble, 2 mois sans nouvelle c'est ainsi j'ai parlé de ma situation a ma collègue de service qui me donna le contact du Maitre Marabout Voyant GOUGBE spécialiste dans les travaux de retour affectifs, dès que je l'ai contacter et expliqué ma situation, il m’a promis de dormir à tête reposée en 3 jours mon homme est revenu à la maison et très amoureux de moi ...(pour tous vos problèmes de ruptures amoureuses ou de divorces ,maladies ,la chance...)Voici ses contacts:MAIL : gougbeatso2@gmail.com   WHATSSAP : +229 96 28 35 52
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C
Bonjour a vous<br /> Du fond du cœur nous disons merci au GRAND MAÎTRE GOUGBE pour ce qu’il fait et a fait pour nous tous qui sommes présente pour faire ce vrai et vivant témoignage.Ça n’a pas été facile comme vous le savez mais tout est rentré dans l’ordre grâce à ses pouvoirs invisibles des sciences occultes. Grâce à lui MEDIUM GOUGBE ,notre vie en couple est plus radieuse,nos maris sont devenus très amoureux de nous et même très demandeur pour s’impliquer dans une vraie relation amoureuse sérieuse et ils sont beaucoup plus attentif à nos désirs depuis que nous avions fait ensemble la connaissance de ce grand MAÎTRE sur un forum car ce n’est  pas une chose facile avec tout ce qui se passe aujourd’hui sur le net.Mille fois merci à vous medium voyant GOUGBEVoici ses contacts :Mail : gougbeatso2@gmail.com  Whatssap : +229 96 28 35 52
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N
Bonjour je me prénomme nadia mère de 3 enfants. Je vivais à briouze avec mon mari, quand en 2018 il <br /> <br /> décida d'aller en voyage d'affaire à Bresil , où il tomba sur le charme d'une jeune vénézuélienne et ne <br /> <br /> semblait même plus rentrer. Ces appels devenaient rares et il décrochait quelquefois seulement et après du <br /> <br /> tout plus quand je l'appelais. En février 2019, il décrocha une fois et m'interdit même de le déranger. <br /> <br /> Toutes les tentatives pour l'amener à la raison sont soldée par l'insuccès. Nos deux parents les proches <br /> <br /> amis ont essayés en vain. Par un calme après midi du 17 février 2019, alors que je parcourais les annonce <br /> <br /> d'un site d'ésotérisme, je tombais sur l'annonce d'un grand marabout du nom ZOKLI que j'essayai toute <br /> <br /> désespérée et avec peu de foi car j'avais eu a contacter 3 marabouts ici en France sans résultât. Le grand <br /> <br /> maître ZOKLI promettait un retour au ménage en au plus 7 jours . Au premier il me demande d’espérer un <br /> <br /> appel avant 72 heures de mon homme, ce qui se réalisait 48 heures après. Je l'informais du résultat et il <br /> <br /> poursuivait ses rituels.Grande fut ma surprise quand mon mari m’appela de nouveau 4 jours après pour <br /> <br /> m'annoncer son retour dans 03 jours. Je ne croyais vraiment pas, mais étonnée j'étais de le voire à <br /> <br /> l'aéroport à l'heure et au jour dits. Depuis son arrivée tout était revenu dans l'ordre. c'est après <br /> <br /> l'arrivé de mon homme que je décidai de le récompenser pour le service rendu car a vrai dire j'ai pas du <br /> <br /> tout confiance en ces retour mais cet homme m'a montré le contraire.il intervient dans les domaines <br /> <br /> suivants<br /> <br /> Retour de l'être aimé<br /> Retour d'affection en 7jours<br /> réussir vos affaires , agrandir votre entreprises et trouver de bon marché et partenaires<br /> Devenir star<br /> Gagner aux jeux de hasard<br /> Avoir la promotion au travail<br /> Envoûtements<br /> Affaire, crise conjugale<br /> Dés-envoûtement<br /> Protection contre les esprits maléfices<br /> Protection contre les mauvais sorts<br /> Chance au boulot évolution de poste au boulot<br /> Chance en amour<br /> La puissance sexuelle.<br /> agrandir son pénis <br /> Abandon de la cigarette et de l'alcool<br /> <br /> voici son adresse mail : maitrezokli@hotmail.com vous pouvez l'appeler directement ou l 'Ecrire sur <br /> <br /> whatsapp au 00229 61 79 46 97
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F
Archeologia del mistero (2014) Al matematico Odifreddi<br /> <br /> I. Ipotesi sulla non creazione di Eva<br /> <br /> L’Uomo Erectus, nato in Africa un milione di anni fa, fu il vero padre ancestrale dell’Uomo Sapiens. L’Uomo Erectus possedeva una costola mobile, cioè delle reni, in più del Sapiens. Egli usò il fuoco. Anche l’uro, “bos primigenius” dipinto anche a Lascaux, possedeva una costola in più del dio toro, un dio non ancora antropomorfizzato a livello psichico. Il Sapiens, ossia Uomo di Cro-magnon, vero portento nella caccia, però, visse per un po’ a contatto con quello di Neanderthal, un antropofago per lo più europeo, dal carattere sessuale più libero, dicono i paleontologi, e che tingeva di ocra rossa i morti e decorava le salme con fiori in caverne dei Monti Zagros, tra Iraq ed Elam. Io suppongo che Lilith, come demone biblico, in vero fosse un Neanderthalensis e che mal si accoppiava col Sapiens. Quando, poi, in rito sciamanico, e dopo una sonnolenta glaciazione, nella primitiva tribù umana si volle paragonare a forza vitale una rara bellezza di Sapiens Sapiens, cioè Eva, prodotto di una mutazione, si disse che essa nacque da costola di un Uro/Adamo. Ciò parrebbe molto strano, ma io inviterei ad osservare le corna di bovide che sormontano l’uomo raffigurato seduto di fronte a una donna nel cosiddetto Sigillo della Tentazione, ritrovato in Iraq, dove compare sia un albero dai bei frutti che il serpente: fin dagli inizi della storia vi è una simbiosi tra l’uomo e un simbolo di potenza animale. Eva, come nome ebraico, è l’onomatopea del vagito, per questo è detta la Vita. Una domanda: se nella Sacra Bibbia di Eva ce n’era una sola, come mai quell’omicida patentato di nome Caino vi trovò moglie, nell'iranico Paese di Nod? Il nome Caino indica un fabbro e i primi siti dov’era praticata la metallurgia nella storia sono attestati in Iran, proprio dove egli fuggì.<br /> <br /> <br /> <br /> II. Sul mitico serpente<br /> <br /> Il serpente, collegato a misterico matrismo (non proprio un matriarcato), alla trasmigrazione delle anime, e studiato anche dalla Gimbutas, comparve in certe statuette in terracotta a somiglianza umana, di esseri nudi, a El Obeid, nel quattromilaseicentocinquanta a. C. (confronta data con l’inizio del calendario ebraico!). Il serpente prese ad essere adorato anche in Egitto tra i primi coltivatori di frumento, ed essi ebbero contatti coi primi mesopotamici, osservati certi manici ben lavorati di coltello in pietra. Il periodo di El Obeid accadde prima dei Sumeri, i quali non erano originari della Mesopotamia: insediativisi, canalizzarono la regione e vi fortificarono città-stato. El Obeid è una località presso l’antica Eridu; allora, sorgeva presso il mare, il Nar Marattu, ovvero Il Mare Orientale degli Accàdi. Anche in Oriente vi è un fiume che ci ricorda la lingua mesopotamica di Sargon di Akkad: l’indiano Narmada. Da non soltanto vasi del Belucistan, raffiguranti estinti bovidi, ma anche da tavolette in cuneiforme di antiche città della Babilonia noi sappiamo degli scambi marittimi con quel subcontinente asiatico. Esistevano, infatti, delle bulle in terracotta che contenevano allora gettoni e sigilli di vario genere per gli scambi commerciali e su questi spicca una specie di zebù. Ancora i segni dei sigilli della valle dell'Indo non sono stati decifrati, benché a mio avviso la parola dio sia una ruota e non dissimile dal raggiante "dinghir" sumerico-babilonese. Una domanda: se le statuette ofidie di El Obeid si ricollegano idealmente alla cosiddetta Tentazione, da chi furono scacciati quegli adamiti, dagli angeli o dai Gutei calati dai Monti Zagros? Forse dai topi, come accadde, poi, a suo tempo a esercito assiro? In questo caso, però, benché la Bibbia dica che l’assiro si ritirò dal campo di battaglia a causa di un angelo, non così è scritto in certi documenti in cuneiforme. Il non lontano giardino di Gu.edin.nah, sito tra le città di Umma e Lagash, un tempo era paradisiaco e fu persino proiettato in cielo come costellazione rintracciabile in Pegaso.<br /> <br /> <br /> <br /> III. Sulla Sfinge di Giza e una dissertazione sull’Esodo<br /> <br /> C’è un particolare nella Tavolozza di Narmer (protodinastia egizia, 3200 a.C., Museo delle antichità de Il Cairo) sfuggito all’esame degli esperti. Su una sua faccia, e lì dove Narmer indossa la corona bianca, ben si nota il falco solare sul corpo, come insabbiato, di un’asiatica sfinge coronata da steli di papiro. Stesso copricapo egizio, persino la barbetta poi perduta dalla Sfinge di Giza. Secondo me, essa era la base scultorea per la Sfinge di Giza e la sua testa venne riscolpita all’epoca di re Chefren, mentre gli arti di leone le furono aggiunti scavando alla sua base, ma la sua fattura è chiaramente più antica e appartenente al Popolo del papiro, quello che la Bibbia chiama Misraim. Ma Misraim non è Misri, l’Egitto predinastico non è il dinastico! Se, peraltro, osserviamo la storia dell'Egitto per come ci viene descritta da reali documenti, possiamo individuare persino il vero faraone dell'Esodo biblico in Amenofi II, figlio del valoroso Thut-mosi III, quello di 17 campagne belliche contro il Popolo di Mitanni per la conquista di Meghiddo, in Palestina. Secondo l'archeologo Gardiner, durante la seconda spedizione il suo dio Amon circondò i nemici con larghi fossati di fiamme e fumo: che ciò siano le famose colonne di fuoco con cui si annunciava il dio israelitico non mi par dubbio, ma da parte di astrofisici e alcuni archeologi molto noti, come il Di Cesare, ciò è riconducibile a un impatto meteoritico che causò la caduta di antiche civiltà, come in Mesopotamia così altrove. Di sicuro un meteorite si trova nella Ka’ba della Mecca. Certo, questioni astrofisiche, come eclissi di luna, registrate dagli antichi spostano datazioni di certi eventi. Stando così le cose, primo: Abramo, come patriarca, aveva avuto una schiava egizia di epoca hyksos, dunque fu vissuto all'epoca di Hammurabi di Babele (non di Babilonia, che è una regione!) e di Ariok di Ellasar, ovvero Rim-Sin, re di Larsa, e di Kedorlaomer, alias Kudur-Lagamar di Elam (chi cerca trova un bel libro di Arborio Mella); secondo: Gerico fu, invece, presa e incendiata solo ai tempi di Ekh-en-Aton, e lo fu a causa dei Habiru (come già sosteneva Sigmund Freud in uno dei suoi saggi psicoanalitici su Mosè, e anche un dimenticato Sir Marston), quindi ai tempi di rilassatezza politica, non essendoci ignoto che molto più tardi Ramesse II si recò in Galilea, nel 1272 a. C., mentre più a Nord proprio la città di Gerico era vuota e deserta da molto, molto tempo. E c'è da chiedersi come mai la Bibbia (pare che re Giosìa, poi ucciso in battaglia da faraone, ne abbia trovato una versione nelle profondità segrete del Tempio di Salomone. Chissà se la adottò come testo ufficiale!) ci descriva cose in altra maniera. Cosa si vuole forse nascondere, che Ramesse II, anni dopo la battaglia di Qadesh, fece un'alleanza di mutua assistenza con gli Ittiti anatolici e che essi si divisero tutti i terrritori e i gruppi umani nelle terre di mezzo? Di certo Mer-en-Ptah, successore al trono di Ramesse II, disperse tribù ribelli nel deserto, e tra di esse vi cita una tribù di nome Israele, non già quel futuro regno. La notizia di ciò fu scolpita sulla stele nera guarda caso già appartenuta a Amenofi II (Amen-hotep). In conclusione, accennando a notizie dell’egittologo Donadoni in cui Israele persino partecipò a campagne belliche in Egitto ai tempi dei Persiani e a quelli di Bagoa, allora governatore di Giudea, in cui in Alto Egitto, a Elefantina, venne costruito tempio dedicato a Geova, se si vuole proprio credere veritiera la parola del biblista, la Legge dei padri fu, però, compilata quando i due scettri non avevano più influenza sulle province costiere: solo dopo Ramesse III, che sconfisse nel delta del Nilo i cosiddetti Popoli del Mare, solo allora si potè dichiarare che la regina Nefert-ari, moglie di Ra-messes, si fu infatuata di un certo Mosè, senza incappare nella vendetta dei faraoni contro la calunnia (ma forse di Mosè ne esistettero più di uno e, come scrisse il giornalista americano Lehrner, uno era solo egiziano: egli attraversò le paludi del Mar Rosso e fabbricò serpenti in rame nell’oasi sinaitica di Qetta con fonderie, appunto, egiziane). Una certa bestia ha diecimila occhi e orecchi dappertutto e riferisce tutto al visir.
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E
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D
<br /> <br /> Un dieu à l’image de l’homme avec d’imperceptibles retouches<br /> <br /> <br />  <br /> Dans le récit de la chute, on voit bien que Dieu est à l’image de l’homme. On peut imaginer qu’il réagit comme s’il était le père de la femme, inquiet de la distance qu’elle est en train de<br /> prendre à son égard, dans sa relation avec un homme. Tout va se jouer dans le passage de la fille à la femme, à travers l’expérience de la sexualité. Par la force des choses, un tel changement ne<br /> peut se faire sans une transgression, qui va permettre de passer d’un statut à un autre. C’est alors la naissance de la culpabilité chez l’une et chez l’autre et le dieu apparaît alors comme un<br /> justicier, comme celui qui veut maintenir les choses en l’état et empêche la libération nécessaire de la sexualité.<br /> <br /> <br /> Et pourtant, de petits indices nous montrent que ce dieu commence à prendre de la distance par rapport à sa représentation sociale. Sans en avoir l’air, il bénit la<br /> femme, en s’adressant au serpent : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’attendras au talon ». Il laisse<br /> l’homme entrer dans l’intimité avec celle qui est devenue son épouse, en l’autorisant à lui donner un nom. Bien plus, sachant qu’ils s’engagent dans une vie nouvelle, il leur confectionne en<br /> cadeau deux tuniques de peau, ce qui n’est pas sans rappeler les costumes neufs, qui étaient offerts autrefois à ceux qui « faisaient leur communion solennelle » à la sortie de<br /> l’enfance. En les reconnaissant dans leur passage, il les accompagne dans leur évolution, qui en fait des hommes à part entière et les libère de la pression et de la morale sociale. Pour avoir<br /> une tunique de peau, il faut sacrifier l’animal qui est en soi pour accéder au statut de sujet. De son côté, Dieu aussi est sur le chemin de la transgression pour libérer Adam et Ève des images<br /> qui les enferment et pour se libérer de l’emprise idolâtrique, qui l’empêche d’être lui-même.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La femme qui porte la vie et la mort<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mélusine fait repenser à la parole de Yahvé adressée au serpent : « Le lignage de la femme t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon ». La femme<br /> est porteuse de la vie et la beauté dans la partie supérieure de son corps mais, en même temps, elle porte la mort dans sa partie inférieure proche du serpent. Elle est entre le ciel lumineux et<br /> la terre, qui charrie des forces obscures. Le regard de l’homme peut renforcer son côté lumineux mais il a aussi le pouvoir de donner force à sa dimension nocturne s’il transgresse la loi de la<br /> pudeur…<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Légende de<br /> Mélusine<br /> <br /> <br /> www.mythofrancaise.asso.fr/.../MErecitC.htm -<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> LA LÉGENDE DE MÉLUSINE<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le roi Hélinas d'Albanie rencontre une belle inconnue au bord d'une fontaine, et elle<br /> accepte de l'épouser pourvu qu'il lui promette de ne pas la voir pendant ses couches.<br /> <br /> <br /> Celle-ci, Pressine, met bientôt au monde trois filles : Mélusine,<br /> Mélior et Palestine. Mais Hélinas ne peut s'empêcher d'entrer alors qu'elle les baigne. Aussitôt, Pressine s'enfuit avec les bébés, et gagne l'île d'Avalon.<br /> <br /> <br /> Ayant grandi, les trois soeurs apprennent la faute de leur père. Elles décident de le punir en<br /> l'enfermant sous une montagne. Pressine, qui n'avait sans doute pas oublié Hélinas, ne peut rien changer à leur geste, mais, furieuse, elle punit à son tour ses filles : Mélior sera<br /> condamnée à garder un épervier dans un château d'Arménie ; Palestine sera enfermée dans le mont Canigou, avec le trésor de son père ; et Mélusine se transformera tous<br /> les samedis en serpente "du nombril en aval" et ne pourra échapper à cette malédiction qu'en épousant un homme qui accepte de ne point la voir en cette situation.<br /> <br /> <br /> Raimondin, dont le père, le comte de Forez, avait lui aussi rencontré une fée au bord<br /> d'une fontaine, est élevé chez son oncle, le comte de Poitiers. Hélàs, Raimondin le tue accidentellement au cours d'une chasse au sanglier. Eperdu de douleur, il erre à l'aventure à travers la<br /> forêt de Coulombiers.<br /> <br /> <br /> C'est ainsi qu'il parvient à une fontaine où se tenaient "trois dames de grand pouvoir". Tout à<br /> sa peine, il ne les remarque pas, mais Mélusine quitte ses compagnes, vient vers lui et arrête son cheval. Il est immédiatement ébloui par sa beauté. Elle l'appelle par son nom, et lui promet<br /> bonheur et prospérité s'il l'épouse. Il devra seulement ne jamais chercher à savoir, ni révéler à quiconque où elle va et ce qu'elle fait le samedi.<br /> <br /> <br /> C'est ainsi que Raimondin va devenir le plus puissant seigneur du Poitou. Les noces sont somptueusement<br /> célébrées. Près de la fontaine où ils se sont rencontrés, Mélusine édifie le château de Lusignan. Et elle donne naissance à dix fils, dont les huit premiers sont porteurs d'une tare physique.<br /> Mais aucun nuage ne vient pour autant ternir le bonheur et la prospérité du couple ...<br /> <br /> <br /> Jusqu'au jour où le frère de Raimondin insinue des choses sur les activités de Mélusine le samedi.<br /> Raimondin, bouleversé, ne peut s'empêcher de rejoindre le bas de la tour où elle s'est enfermée. De son épée il perce un trou dans la porte, et il découvre sa femme prenant son bain,<br /> " jusquà la taille, blanche comme la neige sur la branche, bien faite et gracieuse, le visage frais et lisse. Certes on ne vit jamais plus belle femme. Mais son corps se termine par une<br /> queue de serpent, énorme et horrible. "<br /> <br /> <br /> Le pauvre homme, pris de frayeur, se signe. Mais, très vite, il rebouche le trou. Il retourne auprès de<br /> son frère et c'est contre lui qu'il rejette sa fureur. Il déclare Mélusine irréprochable, et le met à la porte du château.<br /> <br /> <br /> Mélusine, de son côté, feint de ne s'être aperçue de rien, et la vie continue comme avant ...<br /> <br /> <br /> Jusqu'au jour où un de leurs fils, Geoffroy la Grand'Dent, incendie sauvagement l'abbaye<br /> de Maillezais, avec les moines qu'avait rejoints son frère Fromont. Raimondin, horrifié, voit là le signe du caractère diabolique de sa femme, et il ne peut<br /> s'empêcher de la traiter en public de "très fausse serpente".<br /> <br /> <br /> C'en était trop, le serment était rompu. Mélusine saute par la fenêtre. Elle redevient serpente, et<br /> s'envole. " Elle fait trois fois le tour de la forteresse, poussant à chaque tour un cri prodigieux, un cri étrange, douloureux et pitoyable. "<br /> <br /> <br /> Raimondin ne l'a jamais revue. Mais on dit qu'elle revint nuitamment allaiter ses deux derniers fils qui<br /> n'étaient pas sevrés. Et qu'elle se manifeste, en criant, chaque fois que la mort va toucher sa descendance, ou que son château s'apprête à changer d'occupant.<br /> <br /> <br /> <br />
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M
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B
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Pour quant à moi, je m’appelle Ugène, pour vous servir, ma belle enfant !... Mais, je vous en prie, ne restez pas comme ça assise su ce banc de pierre, vous<br /> pourriez attrapper un rhûme de cerveau ! Faites-moi plutôt l’honneur d’avoir l’avantage de vous laisser mener jusqu’au Pied-Humide, c’est à deux pas… et d’accepter que je vous offrisse un<br /> aparitif que vous facilitera vot’digestion. Donnez-moi vot’cabas, ça vous soulagera le bras. »<br /> <br /> <br /> Moi, je pouvais pas moins faire que de me laisser faire, et nous sommes allés nous asseoir tous les deusses derrière la buvette du Pont du Palais, su un banc<br /> qu’était contre le parapet. Alorsse y m’a payé un bon petit verre de crème de menthe et d’eau de noix pendant qu’il avalait ses trois litres de vin à quarante-six sous. Et puis, y s’est mis à me<br /> poser un tas de questions su mon âge, su ma santé, su mon méquier, combien j’avais de meubles… et céleri et scélérat… y parlait tant et si tellement, que je n’en étais toute abasourdie et n’en<br /> prenais le vertige.<br /> <br /> <br /> Si bien que de fils en anguille, de charipe en syllabe, je lui ai dit que j’avais un lit de bois, une garde-robe, une table à rallonges, six chaises rembourrées,<br /> quat’paires de draps, une batterie de cuisine, un sautoir en doublé, deux obligations Lombardes et trois chats.<br /> <br /> <br /> Alorsse y m’a pris ma taille en me disant : « Oh ! mon bel Hortensia… Si mon cœur vous a tapé dans l’œil soyez mon épouse ! « Et y s’est<br /> levé brusquement pour mettre la main en mon cœur. Je m’attendais pas à ce coup de temps ! Je m’étais assis su le fin bout du banc par convenance, le banc a fait trabuchet, j’ai tombé le<br /> derrière par terre, le banc m’est revenu sur le nez qu’a renvoyé ma tête roquer contre la cadette du pont… et j’ai perdu connaissance.<br /> <br /> <br /> Quand je suis revenue t’à moi, j’étais dans ses bras… Y me faisait reprendre les sens en me frottant le nez avec une gousse d’ail.<br /> <br /> <br /> Et voilà comment qu’on s’est mariés, moi et mon homme !...Mais ma lune de miel n’a pas été une grosse lune, elle m’a vite ensauvée au dernier quarquier. Ça n’a<br /> pas duré… D’abord, il a commencé par jeter mes trois chats en Saône. J’ai pas dit grand’chose, je pensais que du moment qu’y me privait de mes bêtes, c’est qu’il avait l’intention de les<br /> remplacer par son assiduité et son amour. Pourvu qu’y me fasse pas de z’infidélités… Y se sait joli garçon !... Enfin quoi. C’est comme ça. Faut rien regretter. Ce qui est fait est fait…<br /> C’est ben souvent dans la vie qu’on croit de bien faire… et qu’après on s’aperçoit qu’on a fait à côté.<br /> <br /> <br /> (Benoist-Mary, « Contes lyonnais des autrefois », éditions lyonnaises d’art et d’histoire.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Le pas de côté chez la mère Cottivet<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est ben souvent dans la vie qu’on croit de bien faire… et qu’après on s’aperçoit qu’on a fait à côté.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les premières amours de Virginie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ma fi tant pis ! J’y tiens plus, ma langue me démange… Je vas vous raconter sur le pouce l’histoire de mes premières amours légitimes et matrimonieuses… Quand<br /> j’y pense !... Tout de même !... Ce qu’est que de nous !... On a ben raison de dire que nos destinées, c’est comme les faux chignons, ça tient que par des épingles ! Tout d’un<br /> coup elles vous lâchent et vous êtes déchignonnée !...<br /> <br /> <br /> Moi, je peux ben vous y dire, je pensais pas plus aux hommes qu’au grand Truc, vu que j’ai jamais été portée su le dévergondage… Aussi mon mariage s’est fait tout<br /> drôlement… C’est mêmement mes avarices avancées aux mollets, qui pissent d’eau tout le temps, mes oignons et mes cors aux pieds qui en sont les causes.<br /> <br /> <br /> Maginez-vous qu’un matin… Non !... C’était le soir… Attendez donc… Était-ce bien le soir ?... Non ! non, vous avez raison, c’était bien le matin su<br /> le coup de huit heures ; j’étais descendue à Lyon pour aller prendre des nouvelles de la Garite, mon ancienne voisine qu’était venue demeurer en rue Port du Temple et que relevait de<br /> maladie… Oh ! manière de dire ! C’était pas une maladie de contagion. Elle s’était fait tomber sa grande coquelle su le pied de gauche, ça lui avait tout marpaillé le gros z’arpion… ça<br /> la faisait marcher comme une sauterelle. Vous l’avez bien connue la Garite, quan elle était chanteuse à Saint-Just dans le temps. Vous savez ben … c’te grande maigre qu’avait le trembleau<br /> depuis une frayeur qu’elle avait eue toute gamine… Elle a sa tête que cigogne et que saute comme une machine à coudre !... on dirait toujours qu’elle fait signe que « non ».<br /> Surtout quan elle a sa capote qu’a une aigrette de jais. C’est p’t’être bien à cause de son « non » ! qu’elle s’est jamais mariée.<br /> <br /> <br /> Pour vous en reveni ; en sortant de chez la Garite, je me dis « Pisque t’es en ville, y faut n’en profiter pour faire ton marché, te paiera des fois<br /> quêques sous de moins qu’en haut ! «  - J’enfile la rue Mercière pour avoir un pain long ; en rue Grenette, j’achète un bouilli avec un os à miaule par dessure le marché : je<br /> passe quai Saint-Antoine, j’achète deux kilos de truffes, un paquet de raves, des pieds de céleri, des racines jaunes, des poireaux, du moue pour mes chats, une queue de morue à dessaler, un kilo<br /> de pruneaux bâtards pour me relâcher et une livre de croquets qu’avions fait la montre. Mon cabas était plein, je l’avais pendu à mon bras ; je tenais mon pain long d’une main, mon<br /> en-tout-cas de l’autre et je retroussais ma robe avec ce qui me restait de libre.<br /> <br /> <br /> Nen pouvant plus, je m’étais agrognée sur un banc, à seule fin de me délasser avant que de remonter le Chemin Neuf, vu qu’à l’époque je restais place des Minimes…<br /> fran su le derrière du cordonnier… Vous savez ben, le père Bessac, ce petit vieux de 93 ans, si vigoret, que faisait la cour aux dames. C’était le propriétaire. J’aurais voulu une chambre avec<br /> une croisée en rue des Farges, pour voir monter et descendre les commis que travaillent à Lyon ; mais comme y avait rien de libre, le père Bessac m’avait loué son derrière à 16 francs par<br /> mois.<br /> <br /> <br /> Pour vos en reveni, je m’étais donc agrognée su un banc…Oh ! si ça avait été la tombée de la nuit, je me serais pas en rien assise quai Saint-Antoine…. On<br /> m’aurait ben prise pour une créature putréfiante et une femme à crochets !... Maintenant, c’est un vrai escandale nos quais de Saône et de Rhône… C’est plein de poutrônes assises su les<br /> bancs ou campe contre les parapets, que se relichent le museau avec des hommes… et les trois quarts du temps c’est des moutardes qu’on leur z’y donnerait le fouet… avec des gamins, des<br /> blancs-becs de dix-sept ans… qu’on leur z’attraprait le nez y n’en sortirait du lait !... des petits morveux qu’ont pas rien tant de moustaches que moi !... ça fait regret.<br /> <br /> <br /> Bref !... y avait pas cinq minutes que j’étais su ce banc, voilà un homme que vient s’asseoir à côté de moi… Y avait pas de mal ! C’était son droit, faut<br /> le reconnaître… le banc n’était pas loué… J’regardais c’t homme sans faire semblant de rien, tout en ayant l’air d’arregarder en Saône : et je me pensais : « Voilà un homme qui<br /> m’est sympathique… une homme convenable, rassi… raisonnable, qu’a l’air d’être bien de chez lui… et que ne doit pas être capable d’abuser de mon innocence… » vu que, dans ce temps, j’étais<br /> encore toute jeunette… j’avais que quarante-huit ans.<br /> <br /> <br /> Je me joins et je joins mon cabas pour lui laisser une place plus espacieuse… Voilà une homme que se met à me parler… Oh ! que les hommes sont<br /> entrepreneurs  tout de même ! « Vous gêne-je, Madame ? » Alorsse moi je me suis rebifée : « Monsieur, vous pourriez ben me dire Mademoiselle…<br /> est-ce que j’ai l’air d’une demoiselle mariée ?...Vous saurez que je suis une vierge que n’a jamais fréquenté, souffre vot’respect… même qu’un jour mon cousin remué de germain voulait<br /> m’embrasser… je me suis tournée var le mur si vitement qu’y n’a pas pu m’attrapper et que ça lui a fait tout racler son nez contre. En conséquence et par conséquent, je n’ai pas besoin qu’on<br /> m’appelle Madame ! »<br /> <br /> <br /> Vous fâchez pas, belle Napolitaine ! Quand on ne sait pas, on ne peut pas savoir… et je n’ai jamais eu l’intention de vous mistifriser. Comment vous<br /> appelez-vous de vot’petit nom, ma petite Loulette ?<br /> <br /> <br /> Virginie, que je lui réponds.<br /> <br /> <br /> Virginie !... Oh ! que j’aime ce nom-là ! y sent le jasmin… Le jasmin de Virginie que ne sent rien du tout !... Pour quant à moi, je m’appelle<br /> Ugène, pour vous servir, ma belle enfant !... Mais, je vous en prie, ne restez pas comme ça assise su ce banc<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> <br /> Le rayon de lune<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> La chute dans les contes africains<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le rayon de lune<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quand il vécut ce que je vais vous dire, Mackam était un jeune homme au coeur bon, à l’esprit rêveur, à la beauté simple. Il souffrait pourtant d’une blessure<br /> secrète, d’un désir douloureux qui lui paraissait inguérissable et donnait à son visage, quand il cheminait dans ses songes, une sorte de majesté symbolique. Il voulait sans cesse savoir. Savoir<br /> quoi, il n’aurait pas su dire. Son désir était comme une soif sans nom, une soif qui n’était pas de bouche, mais de coeur. Il lui semblait que sa poitrine en était perpétuellement creusée,<br /> asséchée. Il en tombait parfois dans un désespoir inexprimable.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il fréquentait assidûment la mosquée, mais, dans ses prières, ce n’était pas le savoir qu’il désirait. Il les disait pourtant, tous les soirs, lisait le Coran,<br /> cherchait la paix dans sa sagesse. Il s’y décourageait souvent. En vérité, plus que les paroles sacrées, il goûtait le silence qu’il appelait à voix basse : «  le bruit du rien »,<br /> à l’heure où la lune s’allume dans le ciel.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La lune, il l’aimait d’amitié forte et fidèle. Elle lui avait appris à dépouiller la vie de ses détails inutiles. Quand elle apparaissait, il la contemplait comme<br /> une mère parfaite. Sa seule présence simplifiait l’aridité et les obstacles du monde. Ne restait alentour que la pointe de la mosquée, l’ombre noire de la hutte, la courbe pure du chemin, rien<br /> d’autre que l’essentiel, et cela plaisait infiniment à Mackam.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Or, une nuit de chaleur lourde, comme il revenait, le long du fleuve aux eaux sombres et silencieuses, de l’école coranique, où il avait longtemps médité, l’envie<br /> le prit de dormir dans cette tranquillité où son âme baignait. A la lisière du village, il se coucha donc sous un baobab, mit son Coran sous sa nuque, croisa ses doigts sur son ventre et écouta<br /> les menus rien alentour. Le ciel était magnifique. Les étoiles brillaient comme d’innombrables espérances dans les ténèbres. Le coeur de Mackam en fut empli d’une telle douceur que sa gorge se<br /> noua. « Savoir la vérité di monde, soupira-t-il, savoir ! » Ce mot lui parut plus torturant et beau qu’il ne l’avait jamais été jusqu’à cette nuit délicieuse. Il regarda la<br /> lune.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Alors il sentit un rayon pâle et droit comme une lance entrer en lui par la secrète blessure de son esprit. Aussitôt, le long de ce rayon fragile, il se mit à<br /> monter vers la lumière. Cela lui parut facile.  Il était soudain d’une légèreté merveilleuse. Une avidité jubilante l’envahit. La pesanteur du monde, les chagrins de la terre<br /> lui parurent bientôt comme de vieux vêtements délaissés. Il se dit qu’il allait enfin atteindre cette science qu’il ne pouvait peut-être jamais apprendre de personne, mais qui l’apaiserait pour<br /> toujours. Il bondit plus haut. Les étoiles disparurent alentour de la lune ronde. Il se retint de respirer pour ne point rompre le fil qui le tenait à l’infini céleste. Il s’éleva encore, parvint<br /> au seuil d’un vide immense et lumineux.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est alors qu’il entendit un cri d’enfant lointain, menu, pitoyable. Un bref instant, il l’écouta. Quelque chose, en lui, remua, un chagrin oublié peut-être, un<br /> lambeau de peine terrestre emporté dans le ciel. Mackam se sentit descendre, imperceptiblement. Le cri se fit gémissant dans la nuit. Il s’émut, s’inquiéta. « Pourquoi ne donne-t-on pas<br /> d’amour à cet enfant ? » se dit-il, et il eut, tout à coup, envie de pleurer. Il se tourna sur le côté. Il était à nouveau dans son corps, sous l’arbre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Et, dans son corps, les yeux mi-clos à la lumière des étoiles revenues, il vit la cour d’une case, et, dans cette cour, un nourrisson couché qui sanglotait, les<br /> bras tendus à une mère absente. Mackam se dressa sur le coude, le coeur battant, la bouche ouverte. Il n’y avait pas d’habitation, à cet endroit du village. Il murmura : « Qui est cet<br /> enfant ? – C’est toi-même, répondit une voix fluette, au-dessus de sa tête ». Il leva le front, tendit le cou et vit un oiseau noir perché sur une branche basse du baobab. Il lui<br /> demanda : « Si c’est moi, pourquoi ai-je crié ? – Parce que la seule puissance de ton esprit ne pouvait suffire à atteindre la vraie connaissance, lui dit l’oiseau. Il y fallait<br /> aussi ton coeur, ta chair, tes souffrances, tes joies. L’enfant qui vit en toi t’a sauvé, Mackam. S’il ne t’avait pas rappelé, tu serais entré dans l’éternité sans espérance, la pire mort, celle<br /> où rien ne germe. Brûle-toi à tous les feux, autant ceux du soleil que ceux de la douleur et de l’amour. C’est ainsi que l’on entre dans le vrai savoir ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’oiseau s’envola. Mackam se leva et s’en fut lentement par les ruelles de son village. De-ci, de-là, devant des portes obscures, brillaient des lumières. Près du<br /> puits, l’âne gris dormait, environné d’insectes. Sous l’arbre de la place, une chèvre livrait son flanc à ses petits. Au loin, un chien hurlait à la lune. Pour la première fois, elle parut à<br /> Mackam comme une soeur exilée et il se sentit pris de pitié pour elle qui ne connaîtrait jamais le goût du lait et de la chaleur d’un lit auprès d’un être aimé. (Conte africain,<br /> Henri Gougaud, L’arbre aux Trésors, Ed. du Seuil)<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> De la chute de la femme à sa renaissance<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il est étonnant ce conte qui met en scène une femme punie par son père tout puissant pour une faute imaginaire liée sans doute à la naissance de la sexualité. C’est<br /> alors un enfermement dans le sein de la mer (mère), qui la prépare pour une nouvelle naissance. Un autre homme intervient alors, par le plus grand des hasards, pour la délivrer de la mort à<br /> laquelle elle semblait définitivement condamnée. Il la repêche de son malheur : elle renaît alors de sa larme et de son cœur, à la source du chant recréateur de sa vie. Ici l’homme est la<br /> cause de la chute de la femme, mais il devient ensuite l’artisan de sa renaissance. Il est amené à se faire pêcheur de femmes ! Mais sans la mère (mer) protectrice de la vie (à venir) rien<br /> ne serait passé. C’est elle qui a servi de médiation.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Vas pour l’intuition Etienne! Peut être qu’entre la chute et la remontée nous devons tous (je veux dire hommes et femmes) rencontrer Dame Mort.<br /> <br /> <br /> Cette histoire ancestrale qu’on raconte chez les Inuits est animée d’un très grand esprit de religiosité et j’en réponds !<br /> <br /> <br /> Danièle<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La Femme Squelette<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Elle avait fait quelque chose que son père désapprouvait, mais dont personne ne se souvenait. Toujours est-il que son père l'avait traînée jusqu'à la falaise et précipitée dans la mer. Les<br /> poissons avaient mangé sa chair, dévoré ses yeux. Et elle gisait sous les eaux, son squelette ballotté par les courants. Un jour, arriva un pêcheur. En fait, ils étaient plus<br />  d'un à pêcher à cet endroit, autrefois, mais celui-ci avait été entraîné bien loin de chez lui et il ignorait que les<br /> <br /> <br /> pêcheurs des environs se tenaient à l'écart de cette crique, disant qu'elle était hantée.Or, voilà que l'hameçon du pêcheur vint à se prendre dans les os de la cage thoracique de la Femme<br /> Squelette. « Oh, pensa le pêcheur, je tiens là une grosse prise ! » Il imaginait déjà le nombre de personnes que ce magnifique poisson allait nourrir, combien de temps il durerait, combien de<br /> temps il lui permettrait de ne plus retourner pêcher. Alors, tandis qu'il se bagarrait avec ce poids énorme ; la mer se mit à bouillonner, secouant son kayak comme un fétu de paille, car celle<br /> qui était sous la surface se débattait pour essayer de se libérer. Et plus elle luttait, plus elle s'emmêlait dans la ligne. Elle avait beau faire, elle était inexorablement tirée vers le haut,<br /> accrochée par les côtes.<br /> <br /> <br /> Le chasseur s'était retourné pour rassembler son filet. Il ne vit donc pas son crâne chauve apparaître au-dessus des vagues. Il ne vit pas non plus les petites créatures coralliennes qui<br /> scintillaient dans ses orbites, ni les crustacés sur ses vieilles dents d'ivoire. Quand il se retourna avec son filet, le corps tout entier avait émergé et était suspendu à l'extrémité de son<br /> kayak par ses longues dents de devant. «Aaah ! » hurla l'homme. De terreur, son cœur fit un bond terrible et ses yeux allèrent se réfugier à l'arrière de sa tête, tandis que ses oreilles<br /> devenaient cramoisies. « Aaah ! » Il lui assena un coup de pagaie et se mit à pagayer comme un fou vers le rivage. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle était entortillée dans sa ligne. Aussi<br /> <br /> <br /> semblait-elle le pourchasser, debout sur ses pieds. Il était de plus en plus terrifié. Il avait beau faire des zigzags, elle suivait, et son haleine dégageait des nuages de vapeur au-dessus de<br /> l'eau et ses bras se tendaient, comme pour se saisir de lui et l'entraîner dans les profondeurs.« Aaaaaaaaaah ! » gémit-il en touchant terre. Il ne fit qu'un bond hors de son kayak et se mit à<br /> courir, sa canne à pêche serrée contre lui, traînant derrière lui, avec sa ligne, le cadavre de corail blanc de la Femme Squelette, toujours emberlificoté dedans. Il escalada les rochers, Elle<br /> suivit. Il se mit à courir sur la toundra gelée. Elle suivit. Il courut sur le poisson qu'on avait mis à sécher dehors, le réduisant en pièces sous ses nuikluks. Elle suivait tout du long. En<br /> vérité, elle s'empara au passage d'un peu de poisson séché et se mit à le manger, car il y avait bien longtemps qu'elle ne s'était nourrie. Enfin, l'homme atteignit son igloo, plongea dans le<br /> tunnel et rentra à l'intérieur à quatre pattes. Hors d'haleine, il resta là, à hoqueter dans l'obscurité, le cœur battant la chamade. Enfin en sécurité, oh oui, oui, grâce aux dieux, Corbeau,<br /> oui, merci Corbeau, et Sedna la toute-bienfaisante, en sécurité enfin... Et voilà que lorsqu'il alluma sa lampe à huile de baleine, c'était là, elle était là, recroquevillée sur le sol de neige,<br /> un talon par-dessus l'épaule, un genou contre la cage thoracique, un pied sur le coude. Plus tard, il serait incapable de dire ce qui le poussa peut-être la lueur du feu adoucit-elle ses traits,<br /> ou bien c'était le fait qu'il était un homme seul. Toujours est-il que la respiration du pêcheur se fit plus attentive, que, doucement, il tendit ses mains rudes et, avec les mots d'une mère à<br /> son enfant, il se mit à la désenchevêtrer de la ligne. «Na, na... » Il commença par désentortiller la ligne de ses doigts de pied, puis de ses chevilles. « Na, na... » Il travailla jusqu'à la<br /> nuit, jusqu'à ce qu'il la vête de fourrures pour lui tenir chaud. Et les os de la Femme Squelette étaient dans l'ordre qui convenait. Il fouilla dans ses parements de cuir, prit son silex et se<br /> servit de quelques-uns de ses cheveux pour faire un supplément de feu. Tout en huilant le bois précieux de sa canne à pêche et en moulinant la ligne, il la regardait. Elle, dans ses fourrures, ne<br /> disait mot elle n'osait pas de peur qu'il ne s'empare d'elle, la jette sur les rochers et la mette en pièces.<br /> <br /> <br /> L'homme commença à somnoler. Il se glissa sous les peaux et bientôt se mit à rêver. Or parfois, dans le sommeil des humains, une larme vient à perler à leur paupière ; nous ignorons quelle sorte<br /> de rêve en est la cause, mais ce doit être un rêve triste, ou bien un rêve où s'exprime un désir. C'est ce qui se passa pour cet homme. La Femme Squelette vit la larme briller à la lueur du feu<br /> et soudain elle eut terriblement soif. Elle déplia ses os et se glissa vers l'homme endormi, puis posa sa bouche sur la larme. Cette unique larme fut une rivière A ses lèvres assoiffées. Elle but<br /> encore et encore, jusqu'à étancher la soif qui la brûlait depuis si longtemps. Pendant qu'elle était allongée auprès de lui, elle plongea la main en l'homme endormi et mit au jour son cœur, ce<br /> puissant tambour. Elle s'assit et tapa sur les deux côtés du cœur: Boum, boum ! Boum, boum! Tandis qu'elle jouait ainsi, elle se mit à chantonner: « De la chair, de la chair, de la chair ! » Et<br /> plus elle chantait, plus son corps se couvrait de chair. Elle chanta pour une chevelure, elle chanta pour des yeux, elle chanta pour des mains potelées. Elle chanta pour une fente entre ses<br /> jambes, pour des seins longs, assez profonds pour tenir chaud, et tout ce dont une femme a besoin. Et quand ce fut terminé, elle chanta pour ôter les vêtements de l'homme endormi et se glissa<br /> avec lui dans le lit, peau contre peau. Elle rendit à son corps le tambour magnifique, son cœur, et c'est ainsi qu'ils se réveillèrent, l'un et l'autre emmêlés d'une façon différente, maintenant,<br /> après la nuit passée, de bonne et durable façon.<br /> <br /> <br /> Les gens qui ont oublié ce qui avait causé son malheur, au départ, racontent qu'elle s'en alla avec le pêcheur et qu'ils furent largement nourris par les créatures de la mer qu'elle avait connues<br /> durant son séjour sous l'eau. Cette histoire, disent-ils, est vraie, et ils n'ont rien à ajouter.<br /> <br /> <br /> Femmes qui courent avec les loups Clarissa Pinkola Estés<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Une évocation de la chute dans les mythes nordiques<br /> <br /> <br /> Le loup Fenrir<br /> <br /> <br /> L’homme serait le résultat de la chute d’un dieu, dont la main fut tranchée par le loup Fenrir, sorte de concrétisation des forces du mal. Il serait donc un<br /> dieu manchot, affecté par un manque radical.<br /> <br /> <br /> Fenrir, enfant de Angerboda et de Loki, était un loup monstrueux que les Ases élevèrent quand il était<br /> jeune après avoir écarté les deux autres enfants de Loki car une prophétie annonçait qu'ils les anéantirait et ravagerait la Terre lors du Ragnarok.<br /> <br /> <br /> Au fils des années, Fenrir devenait de plus en plus gros, et de plus en plus agressif envers les dieux. Seul Tyr osait encore l'approcher pour le nourrir.<br /> <br /> <br /> Ils décidèrent alors de l'enchaîner mais comme le loup ne se laissait pas faire, ils lui proposèrent un jeu où il devait montrer sa puissance en essayant de casser<br /> la chaîne qui le retiendrait.<br /> <br /> <br /> Les Ases prirent pour l'enchaîner un lien très solide qu'ils nommèrent Loeding, mais Fenrir le brisa sans aucune peine.<br /> <br /> <br /> Ils firent alors un deuxième lien deux fois plus solide que le premier qu'ils appelèrent Dromiqui ne résista pas mieux à la force incroyable de Fenrir.<br /> <br /> <br /> Alors ils dépêchèrent Skirnir, le messager de Freyr, au pays des Elfes noirs, au Svartalaheim, pour leur demander de fabriquer une chaîne que personne ne pourrait briser. Elle était<br /> composée de six éléments presque introuvables comme le bruit des pas d'un chat, de la barbe de femme, des tendons d'ours, des racines de montagne, du souffle des poissons et de la salive des<br /> oiseaux. Le résultat fut assez étonnant car le lien ressemblait à un ruban de soie très fin et très souple qui fut nommé Gleipnir.<br /> <br /> <br /> Les dieux proposèrent une nouvelle fois à Fenrir de jouer avec eux sur l'îlot de Lyngvi (où pousse la bruyère), au centre du lac Amsvartnir. Mais il se méfia en<br /> voyant une chaîne si fine et demanda en gage de sa délivrance qu'un des dieux place une main dans sa gueule pendant l'épreuve. Les dieux hésitèrent ; alors Tyr tendit son bras droit.<br /> <br /> <br /> Ce dernier fut attaché et ne peut pas rompre ses liens. Comme les dieux refusèrent de le délivrer, il trancha la main de Tyr.<br /> <br /> <br /> Puis les dieux attachèrent le cordon nommé Gelgia qui sortait du lien, à un énorme rocher plat, le Gioll, qui fut recouvert d'un autre énorme rocher le Thviti.<br /> Comme Fenrir mordait tous ceux qui l'approchaient, ils lui plantèrent une épée dans la gueule. Depuis ce temps, le loup hurle et laisse couler de la bave qui a donné naissance au fleuve Van<br /> (espoir).<br /> <br /> <br /> Les dieux ne tuèrent pas Fenrir car ils ne voulaient pas souiller l'Asgard de son sang.<br /> <br /> Fenrir restera attaché jusqu'au Ragnarok où il cassera ses chaînes. Puis ayant avalé le soleil, il livrera un dernier combat contre Odin qu'il tuera.<br /> <br /> <br /> Vidar vengera le meurtre d'Odin en tuant Fenrir d'un coup de brodequin magique fabriqué dès la création du monde.<br /> <br /> <br /> http://grenier2clio.free.fr/nordique/fenrir.htm<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> La chute de Camus : résumé par La Lettre, site littéraire<br /> <br /> <br /> La chute de la Genèse est manifestement en arrière-fond de ce récit.<br /> <br /> <br /> Première journée<br /> <br /> <br /> Jean-Baptiste Clamence aborde un compatriote dans un bar douteux d'Amsterdam, le Mexico-City. Il lui propose de lui servir d’interprète auprès du barman.<br /> Il se présente et indique qu’il est "juge-pénitent". Nous apprendrons plus tard que cette étrange profession consiste à s’accuser soi-même afin de pouvoir ensuite être juge. Clamence raccompagne<br /> son interlocuteur. En traversant le quartier juif, il évoque les horreurs de la guerre et les crimes des nazis. Il lui parle aussi de la Hollande, terre de songe et d‘histoire, " pays de<br /> marchands et de rêveurs ". Clamence quitte son interlocuteur devant un pont : il s’est juré de ne plus jamais franchir un pont la nuit. Il donne rendez-vous à son interlocuteur pour le<br /> lendemain.<br /> <br /> <br /> Deuxième journée<br /> <br /> <br /> Clamence évoque son passé. Il raconte à son interlocuteur comment, jadis avocat à Paris, il mena une brillante carrière. Il était respecté de tous et épris des<br /> nobles causes. Il était heureux. Il avait également une haute opinion de lui-même . Il se sentait au dessus des autres et du jugement du commun des mortels. En parfait accord avec lui-même et<br /> avec les autres , " sa vie était une fête, et il était heureux "<br /> <br /> <br /> Un soir d’automne, Clamence entendit, sur un pont de Paris, un rire mystérieux. Il rentre chez lui, contrarié. Lorsqu’il se regarde dans le miroir, son sourire lui<br /> semble double.<br /> <br /> <br /> Troisième journée<br /> <br /> <br /> Clamence continue sa confession. Ce rire sur le pont lui a ouvert les yeux sur sa vanité. Cette prise de conscience de son orgueil a été confirmé une autre fois,<br /> lorsqu’il s’en est pris violemment à un automobiliste. Il s’est rendu compte par la même occasion que ses relations avec les femmes étaient elles aussi régies par cette vanité. Puis cette remise<br /> en cause lui a permis de se rappeler que deux ou trois ans auparavant, il avait vu, un soir, une jeune femme se jeter dans la Seine. Comme paralysé par le froid, il n’a rien fait pour la sauver<br /> et a poursuivi son chemin.<br /> <br /> <br /> Quatrième journée<br /> <br /> <br /> La confession se poursuit dans une île du Zuyderzee. Ayant découvert sa propre duplicité, Clamence a essayé de rechercher l’amour de ses contemporains, mais il ne<br /> s’est heurté qu’à leur jugement péremptoire. Se rendant compte que tout n’était que comédie, il n‘eut alors comme objectif que de dévoiler la duplicité humaine et se mit à tout tourner en<br /> dérision . Il s’est alors ingénié à se rendre odieux pour casser l’image d’honnête homme qu’on avait de lui. Après cette période stérile, il éprouva encore plus durement la souffrance qui le<br /> hantait.<br /> <br /> <br />  Le même jour ( quelque temps après )<br /> <br /> <br /> Sur le bateau qui le ramène à Amsterdam, Clamence évoque avec nostalgie la beauté et la pureté de la Grèce, puis revient à son récit. Il a essayé de trouver<br /> l’amour, mais en vain. Ecœuré , il se livra alors à la débauche, puis sombra dans le " mal confort " , avant d'admettre sa culpabilité et de se convaincre que tous les hommes sont<br /> coupables. Le Christ lui-même a donné l’exemple en mourrant sur la croix pour une faute , le massacre des enfants de Judée, dont il se sentait obscurément coupable.<br /> <br /> <br /> Cinquième journée<br /> <br /> <br /> Clamence, malade, reçoit son compagnon dans sa chambre. Il a la fièvre et est au lit. Il raconte à son interlocuteur comment, pendant la guerre, alors qu’il était<br /> prisonnier, il avait volé de l'eau à un compagnon agonisant. A présent, dans le placard de sa chambre, il a caché un tableau , les juges intègres de Van Eyck , que recherchent toutes les polices<br /> du monde. Il a l’espoir que ce recel lui vaudra un jour d'être arrêté. Il explique enfin en quoi consiste son métier de juge-pénitent : il se confesse aux autres des fautes que chacun peut avoir<br /> commises , puis il implique peu à peu son interlocuteur et pour finir, retourne le miroir afin que chacun puisse s’accuser à son tour. Il est donc d’abord pénitent, puis devient juge et se<br /> libère. Malgré sa fièvre, il souhaite se lever pour aller voir tomber la neige ; ce qu’il fait , puis se recouche. Chaque fois qu'il aborde un "client", il espère que ce sera un policier<br /> venu l’arrêter pour le recel du tableau. cette fois encore, il avait l'espoir. Mais l'inconnu abordé dans ce bar d'Amsterdam se trouve être, un avocat parisien, comme lui...<br /> <br /> <br /> http://www.alalettre.com/camus-oeuvres-la-chute.php#R%C3%A9sum%C3%A9<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Le lendemain, Dédale réveilla Icare de bonne heure. Il attacha en premier ses propres ailes, les agita et s’éleva dans les airs. Puis il montra à son fils comment<br /> il devait se servir des siennes, tout comme un oiseau apprend à son petit à voler. Icare s’élança comme son père et se mit à rire de plaisir en tournoyant au-dessus des arbres et des falaises.<br /> « Fais bien attention, recommanda l’artisan, ne vole pas trop haut car le soleil ferait fondre la cire et flamber tes ailes. Ne vole pas non plus trop bas, car les vagues te mouilleraient et<br /> t’alourdiraient avant de t’entraîner au fond de la mer. » Dédale embrassa son fils et tous deux s’envolèrent. Le père allait en avant et se retournait sans cesse pour surveiller son élève<br /> qui suivait scrupuleusement ses instructions. En bas, les bergers admiraient leurs évolutions en pensant qu’il s’agissait sûrement de dieux de l’Olympe se rendant sur terre pour voir comment<br /> vivent les hommes. Les mains des pêcheurs qui tiraient leurs filets se mirent à trembler dès qu’ils les aperçurent. Puis Dédale et Icare survolèrent la mer. A leur vue, les rameurs cessèrent de<br /> ramer et fixèrent avec émerveillement les deux points dans le ciel.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La Crète était déjà loin derrière eux et Dédale, heureux du succès de son entreprise, s’abandonnait à de joyeuses pensées sur sa patrie qu’il allait enfin<br /> retrouver. Quant à Icare, il battait l’air de ses ailes légères avec ravissement. Il aurait bien aimé s’élever un peu plus, mais, tant que son père se retournait, il n’osait pas lui désobéir.<br /> Maintenant que celui-ci, songeur, oubliait de le regarder, il en profita pour enfreindre ses ordres. Il s’envola plus haut, encore plus haut : grisé par l’altitude, il se mit à chanter. Il<br /> s’approcha de l’équipage du dieu soleil si près qu’il put admirer le char en or. De grosses gouttes jaunes tombèrent dans la mer. Les fils et les plumes se décollèrent et laissèrent passer le<br /> vent. Icare battit l’air une dernière fois de ses bras nus et tomba en poussant un cri. Il périt noyé tandis que les crêtes étincelantes des vagues rejetaient une poignée de blanc duvet.<br /> Entendant la voix de son fils, Dédale se retourna et l’appela. Personne ne lui répondit. Le ciel immense était vide et la mer déserte. Dédale se rapprocha de l’eau, la fouillant du regard. Il ne<br /> trouva que quelques plumes mouillées. Le cœur brisé, il se porta sur une île proche et quitta ses ailes. Plongé dans une immense détresse, il resta assis toute la journée. Le soir, lorsque le<br /> soleil eut achevé son chemin, la mer lui rapporta le corps de son fils et le déposa sur la plage. Il creusa alors une tombe sous le ciel étoilé.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un oiseau solitaire se posa sur la terre fraîchement remuée : c’était un vanneau qui, oubliant pour une fois sa timidité, était venu rappeler à Dédale son<br /> meurtre d’autrefois.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tel un homme traqué, celui-ci remit ses ailes et quitta l’île, tournant le dos à sa patrie. Il se posa en Sicile où il édifia des constructions plus magnifiques que<br /> jamais. Il conçut un lac artificiel et un château fort royal au sommet de rochers, mais il ne retrouva jamais la paix et le bonheur. L’île où il enterra son fils a été appelée Icarie en souvenir<br /> de son tragique destin. (Mythes et légendes de la Grèce antique, éd. Gründ, Prague 1991)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> La chute d’Icare<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il y a bien des années, l’artisan le plus fameux de la Grèce s’appelait Dédale. Il était à la fois sculpteur et architecte et travaillait aussi bien le bois que le<br /> métal. Devant ces édifices, chacun se demandait si c’était là une œuvre divine ou bien une construction humaine. Quant à ses statues, la légende rapporte qu’elles semblaient vivantes. Dédale se<br /> promenait souvent dans les champs où se dressaient les colonnes des temples inachevés, entouré par une foule d’apprentis issus des plus nobles familles d’Athènes. Pourtant son élève le plus doué<br /> n’était ni noble ni riche. C’était Talus le fils pauvre de sa propre sœur. Alors que les autres garçons portaient des noms fameux par leurs pères, Talus allait lui-même gagner sa renommée. A<br /> peine âgé de douze ans, il avait déjà inventé le tour du potier. Ayant remarqué la forme dentelée de l’épine dorsale des poissons, il avait imaginé la première scie. C’est aussi lui qui inventa<br /> le compas en tendant un lien entre deux morceaux de bois de même longueur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour que le maître inspectait le chantier d’un nouveau palais, il entendit des ouvriers bavarder de l’autre côté du mur contre lequel il se tenait.<br /> « N’est-ce pas que Dédale est le plus grand artisan du monde ? disait l’un d’eux. – Talus le surpassera, attends qu’il grandisse, répondit un autre. »  Cette<br /> conversation plongea le génie dans d’amères pensées. Il n’était pas habitué à mettre en doute sa première place parmi les architectes. A partir de ce jour, il ne supporta plus la présence de son<br /> neveu. Le jeune garçon avait déjà tant appris que Dédale était sûr qu’il deviendrait fameux et il voyait d’avance l’étoile de sa renommée se ternir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Talus ne comprenait pas la colère et les réprimandes continuelles de son oncle, aussi accepta-t-il avec joie, un soir, la proposition d’aller se promener avec lui.<br /> Il ne se doutait pas que son oncle ne faisait que dissimuler sa haine pour se débarrasser de lui.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En effet, après avoir entraîné Talus dans le château d’Athènes, Dédale, profitant de l’obscurité profonde, le jeta du haut des remparts. Après ce forfait, le<br /> criminel descendit pour enterrer le corps et effacer les traces de son acte. Quelle ne fut pas sa surprise à ne rien trouver ! La déesse Athéna, charmée par l’intelligence et l’adresse du<br /> jeune garçon, l’avait arrêté dans sa chute et l’avait transformé en oiseau : il était devenu un vanneau. De nos jours encore, les vanneaux craignent l’altitude ; ils volent bas et font<br /> leurs nids dans les mottes de terre. Ce sont des animaux prudents qui préviennent leurs congénères en cas de danger.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le crime de Dédale ne resta pas longtemps ignoré. Un homme, qui était sorti se promener le soir fatal, avait tout vu et avait dénoncé le coupable. Sachant qu’il<br /> n’aurait pas échappé au châtiment, Dédale partit avec son petit garçon Icare à destination de l’île de Crète. Le roi de Crète, Minos, fut très heureux d’accueillir le fameux artisan : il<br /> cherchait justement un architecte capable de construire une prison parfaite pour le Minotaure. Celui-ci était un monstre à tête de taureau et au corps de géant, nourri par le cruel souverain de<br /> victimes humaines.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Dédale inventa, pour lui, un labyrinthe. Des multitudes d’esclaves cassèrent des pierres, scièrent des poutres et érigèrent des murs. Ils travaillaient du petit<br /> matin à la tombée de la nuit. Les sentiers s’entrecroisaient, contournaient les coins, s’enroulaient et se déroulaient comme un nœud de vipères. L’être monstrueux y fut enfermé et lorsque<br /> l’ensemble fut terminé, Dédale sortit le dernier du sinueux labyrinthe en effaçant lui-même toutes les traces indiquant le chemin à suivre, tant et si bien qu’il faillit s’égarer.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Minos organisa alors une grande fête en l’honneur de l’ingénieux inventeur. Mais ni la gloire ni les cadeaux ne donnèrent l’envie à l’artisan de rester en Crète. Il<br /> ne voulait pas demeurer chez ce roi tyrannique et sanguinaire, sa patrie lui manquait. Chaque soir, il allait avec son fils Icare sur la plage et, regardant la mer, fixait à l’horizon l’endroit<br /> où le ciel se fondait avec l’eau. Le pays natal de Dédale se trouvait là-bas. D’abord il espéra qu’un bateau surgissant des vagues le ramènerait chez lui. Mais personne n’aurait osé emmener avec<br /> lui quelqu’un que Minos ne voulait pas laisser partir. Au lieu d’une voile, symbole d’espérance, le malheureux voyait toujours le même paysage : une mer déserte, des rochers et des masses<br /> d’oiseaux tourbillonnant au-dessus de l’eau. Il se mit alors à envier leur liberté. Eux au moins pouvaient voler au-dessus des montagnes et des mers ; ils ne connaissaient ni les frontières<br /> ni les obstacles. Bientôt ces pensées l’obsédèrent jour et nuit. Il en perdit le sommeil. Il étudia le dessin de leurs ailes, suivit attentivement leur vol du regard et élabora un plan secret de<br /> fuite. Après avoir ramassé des plumes de différentes longueurs, il se mit en cachette à l’ouvrage en les assemblant avec des fils de lin, les petites d’abord, les grandes ensuite. L’ensemble fut<br /> fixé avec de la cire et délicatement courbé pour imiter la forme des ailes. Il en construisit deux grandes pour lui et deux petites pour son fils. Ayant achevé ce travail, il le regarda avec<br /> satisfaction. « La Crète appartient sans doute au roi, pensa-t-il, mais le ciel est à moi. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le lendem<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> <br /> Le mythe de Phaéton par Rubens<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> La terre torturée supplia Zeus d’arrêter ses souffrances et Zeus l’exauça en précipitant la foudre sur Phaéton. Les chevaux s’échappèrent de l’attelage et se jetèrent de côté, tandis que le char<br /> allait s’écraser en direction opposée. Quant à Phaéton, il fit une chute vertigineuse à travers l’espace brûlant et alla s’écraser à terre, sans vie.<br /> <br /> <br /> Quelques nymphes des eaux trouvèrent son corps et l’enterrèrent. Accablé de chagrin , son père Hélios se voila la face et, au milieu du jour, ce fut la nuit, éclairée uniquement par la lueur des<br /> feux qui embrasaient encore la terre. La mère de Phaéton erra longtemps à la recherche de la tombe de son fils et, lorsqu’elle la trouva, elle pleura et embrassa l’argile sous laquelle il<br /> reposait. Ses soeurs aussi eurent beaucoup de peine : elles se lamentèrent et portèrent le deuil pendant des mois entiers. Puis, un jour, elles sentirent qu’elles étaient enracinées dans le<br /> sol ; elles tordirent leurs cheveux, mais ce furent des feuilles qu’elles froissèrent entre leurs doigts. Leur mère, pour les sauver, attacha les branches portant des bourgeons. Des gouttes<br /> s’échappèrent des blessures, le soleil les durcit et elles devinrent de l’ambre. La douleur avait changé en aunes les soeurs de Phaéton. De nos jours encore, le soleil pleure son fils : le<br /> soir, après son coucher, des larmes coulent des étoiles, ces yeux argentés de la nuit. Les hommes les nomment la rosée. (Mythes et légendes de la Grèce antique, éd. Gründ)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Phaéton, un autre mythe grec de la chute<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour, le jeune Phaéton accourut en larmes vers sa mère. « Personne ne veut croire que mon père est un dieu, sanglotait-il, les garçons avec qui je joue se<br /> moquent de moi en disant que je me vante. » Sa mère l’embrassa et le consola : « Mon petit garçon, ton père est vraiment un dieu. Regarde le ciel. Ce soleil éblouissant et brûlant<br /> qui l’illumine, c’est ton père. Il te voit jouer et nager dans la rivière, il voit tout ce qui se passe sur la terre. Ton père est Hélios, le dieu Soleil ». Phaéton regarda le soleil et eut<br /> envie de rejoindre son père. « Je vais le voir, dit-il à sa mère, j’ai envie de connaître mon père. » Sa mère ne le lui interdit pas. « Va, dit-elle, en lui caressant les cheveux,<br /> il sera sûrement heureux de te voir. Tu dois aller droit vers l’est jusqu’à un grand rocher. Un sentier grimpe au flanc du rocher et, tout au bout du sentier, dominant le ravin, est bâti le<br /> palais de ton père Hélios. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’impatient Phaéton se prépara bien vite à ce voyage. Il marcha inlassablement vers l’est, et parvint au grand rocher. Le palais du dieu soleil brillait au loin et<br /> les colonnes d’or qui le supportaient s’embrasaient dans le ciel. Les doubles barrières qui, forgées dans des rayons d’argent, se dressaient devant la palais pour accueillir Phaéton bien que, en<br /> bas, sur la terre, la nuit soit tombée depuis longtemps déjà. Phaéton entra, mais dut bientôt s’arrêter et fermer les yeux, tant la lumière était éblouissante. Au milieu de la galerie était assis<br /> le dieu Hélios lui-même, sur un trône serti de pierres précieuses. Les Heures, les Jours, les Mois, Les Années et les Siècles l’entouraient. Lorsque les yeux de Phaéton se furent accoutumés à<br /> tant d’éclat, il distingua d’étranges silhouettes derrière le trône de son père. Il y avait le jeune Printemps avec une guirlande dans les cheveux, l’Eté avec une couronne d’épis de blé,<br /> l’Automne avec la robe maculée de jus de raisin et l’Hiver avec ses cheveux gris et ébouriffés. C’est alors que la voix du dieu Hélios retentit dans le palais : « Sois le bienvenu, mon<br /> fils Phaéton. Pourquoi as-tu fait tout ce chemin pour me voir ? » Phaéton surmonta sa timidité et s’avança bravement en face de son père. « Sur terre, les hommes se moquent de moi,<br /> ils disent que je mens et que je me vante et que mon père n’est pas un dieu. Peux-tu, s’il te plaît, montrer vraiment à tous que je suis ton fils ? »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Hélios rejeta les rayons étincelants qui entouraient sa tête et, attirant Phaéton, l’embrassa et lui dit : « Tu es mon fils, Phaéton, et je veux te le<br /> prouver. Demande-moi n’importe quoi et je te l’accorderai ». Phaéton sourit fièrement. « Je sais que tu conduis chaque jour, à travers le ciel, de l’Est à l’Ouest, un char d’or tiré par<br /> des chevaux extraordinaires. J’aimerais, juste une fois, le conduire moi-même. » Hélios s’effraya et regretta sa promesse. Il essaya de raisonner son fils : «  Demande-moi autre<br /> chose. Tu es jeune et tu ne peux tenir les rênes des coursiers sauvages. Le voyage du char est périlleux. Le matin, il s’élève tout droit vers le ciel et lorsqu’il est tout en haut, même moi je<br /> me sens étourdi par la hauteur du midi. Puis le sentier descend à pic vers la mer. Il faut une main très forte pour éviter que le char, le conducteur et les chevaux aillent se jeter la tête la<br /> première dans les profondeurs ». Malgré tous ces arguments, Hélios ne put dissuader Phaéton, trop impatient de montrer à ses amis et à tout le monde qu’il était le fils du dieu. Hélios dut<br /> se résoudre à tenir sa promesse. Avec un soupir, le dieu mit son bras autour des épaules de son fils et le conduisit vers le char doré qui envoyait ses rayons dans toutes les directions.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pendant que Phaéton s’émerveillait, l’Etoile du matin ouvrait les barrières pourpres de l’Est et montrait des salles pleines de roses. La nuit s’envolait devant le<br /> ciel rougissant et le moment approchait d’atteler les coursiers impétueux. Le dieu Soleil mit un onguent magique sur les joues de Phaéton pour le protéger de la chaleur et lui donna ce dernier<br /> conseil : « Mon cher fils, puisque rien ne peut te dissuader d’entreprendre ce périlleux voyage, aie au moins la prudence de ne pas emmener ce char trop haut, pour ne pas brûler les<br /> cieux, ou trop bas, pour ne pas consumer la terre. N’utilise pas le fouet : les chevaux galopent d’eux-mêmes. Tu trouveras facilement le chemin d’après les traces de mes roues :<br /> suis-les ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Phaéton acquiesça, bien qu’il écoutât à peine les paroles de son père. Il sauta dans le char, prit les rênes et partit au galop. L’équipage étincelant s’éleva dans<br /> les airs à travers le brouillard. Au début, les chevaux suivirent le chemin habituel. Les cheveux de Phaéton voltigeaient autour de sa tête. Puis les coursiers s’aperçurent qu’ils étaient<br /> conduits par une main étrangère et malhabile et que le char était plus léger que d’habitude. Ils se secouèrent de façon à faire lâcher prise à leur jeune maître et quittèrent le sentier. Le char<br /> vacilla tandis qu’ils se précipitaient où bon leur semblait. Terrifié, Phaéton regarda la terre du haut des cieux. Loin, au-dessous de lui, il vit les montagnes, les rivières et les villes<br /> qu’illuminait son char. Il trembla et fut saisi de vertige. Les rênes glissèrent de ses doigts et se mirent à flotter librement sur le dos des chevaux. Ceux-ci se cabrèrent et se précipitèrent<br /> vers les étoiles, puis ils traversèrent les nuages en direction de la terre. Lorsque le char fut près du sol, celui-ci devint aussitôt aride et des flammes s’élevèrent. L’argile se fissura,<br /> provoquant l’inquiétude du roi des profondeurs, surpris de voir la lumière violer son royaume de ténèbres infinies. L’herbe, le blé, les arbres, tout était en feu et les villes n’étaient<br /> plus  qu’un monceau de cendres. Les rivières sifflèrent et s’évaporèrent, les montagnes rougirent avant de s’écrouler, en cendres. Les poumons et la bouche irrités par l’air<br /> chaud, Phaéton comprit sa faute, tandis que, sous lui, le char rougeoyait. En Afrique où l’attelage frôla la terre, la peau des nations entières noircit et d’immenses déserts se formaient. La<br /> terre elle-même se mit à bouillir, et les poissons durent se réfugier dans les profondeurs. La terre torturée supplia Zeus d’arrêter ses souffrances et Zeus l’exauça en précipitant la foud<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Arbre de la connaissance et arbre de vie : arbre de parole et arbre d’amour et de lumière<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le texte parle de deux arbres : l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie. Il me semble qu’il faille passer par le premier pour arriver au second.<br /> <br /> <br /> Le premier est le lieu de la structuration par la parole, le passage par la loi et par la raison. En ce sens il est un lieu d’épreuve où les échecs sont possibles,<br /> sans pour autant qu’ils soient décisifs. L’aboutissement semble être l’intégration de la violence et de la mort.<br /> <br /> <br /> Le second est le lieu de notre accomplissement par l’amour et se manifeste par la lumière, qui témoigne d’elle-même au-delà de la parole. Avec le premier, il y a<br /> beaucoup de travail et d’efforts. Avec le second, c’est le don qui prévaut avec notre capacité à le recevoir.<br /> <br /> <br /> Concrètement, les deux peuvent être mêlés au point que certains préféreront parler d’un seul arbre à deux branches, avec une interaction entre les deux. « Il y<br /> avait un arbre plus vieux que le monde. Mais cet arbre avait deux branches : l’une portait de très bons fruits et l’autre portait des fruits empoisonnés. Personne ne connaissait la branche<br /> qui portait le vie et celle qui portait la mort jusqu’au moment d’une famine où le secret fut dévoilé. Très intelligemment les hommes voulurent, un soir, couper la branche de la mort. Au petit<br /> matin, il n’y avait plus un seul fruit sur l’arbre : il était mort pendant la nuit. » (Le conte indien de l’arbre)<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Une autre chute, lorsqu’il y a refus de partager<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le fil d’araignée<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voici ce qui advint un jour au paradis. Shakiamouni flânait solitaire et serein dans la beauté des fleurs, au bord d’un lac céleste. La brise parfumée ridait à<br /> peine l’eau. C’était un matin de printemps ordinaire, doux et parfait. Or, comme ce dieu tranquille cheminait à pas lents dans l’herbe tiède de la rive, son regard se laissa captiver par le<br /> scintillement du soleil sur les vagues transparentes. Il fit halte et le désir lui vint de regarder, au travers de l’eau claire, ce qui se passait ce matin-là dans le tréfonds du monde où était<br /> l’enfer. Car sous ce lac du paradis, infiniment lointains mais parfaitement visibles aux yeux divins de Shakiamouni, étaient les marais de sang et de feu où remuait la foule épaisse des<br /> damnés.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Parmi cette foule, le dieu remarqua un homme qui se débattait plus furieusement que les autres, s’acharnait à se hisser sur les échines, à tendre les mains aux<br /> cieux vides, à s’agripper aux flammes errantes pour hurler sa révolte dans les fumées de soufre. Shakiamouni le reconnut : c’était Kandata, un bandit de grande force et de haute gueule. Cet<br /> homme n’avait occupé son séjour terrestre qu’à piller, incendier et violer sans vergogne. Avait-il jamais eu le moindre élan de bonté, même infime ? Shakiamouni s’interrogea, et lui vint,<br /> comme une brume légère, un souvenir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour que Kandata traversait une forêt, traqué par une armée de justiciers, il avait failli sur son chemin écraser une araignée. Mais il avait retenu sa botte,<br /> par respect pour la vie de cette bête, et avait eu pour elle une fugitive pensée fraternelle. Shakiamouni savoura cet événement menu dans son esprit avec un bonheur imperceptible, mais infini.<br /> « Peut-être est-il possible de racheter Kandata » se dit-il. Près de lui, une araignée du paradis tissait sa toile entre deux fleurs de lotus. Il saisit délicatement son fil entre ses<br /> doigts d’ivoire et, à travers les eaux du lac, le dévida jusqu’aux marécages de l’enfer.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Au milieu des maudits épuisés de tortures dont les faces blafardes et gémissantes dérivaient autour de lui, Kandata, seul rebelle, battant les flasques sanglantes<br /> et chassant les feux follets comme nuées d’insectes, vit tout à coup luire ce fil d’araignée dans le ciel noir. Il leva la tête et s’aperçut qu’il descendait en droite ligne d’un trou brillant<br /> comme une étoile, au plus haut de la voûte. Son coeur aussitôt bondit dans sa poitrine et l’espoir exaltant lui vint de s’évader de ces miasmes où il croupissait. Avidement, il empoigna le fil et<br /> de toutes ses forces se mit à grimper. En bon voleur qu’il était, il savait agilement escalader dans les ténèbres, mais l’étoile était lointaine, et le paradis plus haut encore. Il s’essouffla à<br /> s’élever, perdit ses forces, et bientôt incapable de mettre un poing devant l’autre, il décida de s’accorder un instant de repos.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il cessa donc de se hisser et regarda en bas. Il ne s’était pas exténué en vain : les marais infernaux étaient déjà presque indistincts, perdus dans une brume<br /> fauve, et dans l’air qu’il respirait ne régnait plus l’oppressante puanteur qui accablait les lieux d’où il venait. « Encore un effort et je suis sauvé, se dit-il avec une jubilation féroce.<br /> A moi le paradis, à moi ! » Avant de reprendre son ascension, à nouveau il pencha la tête pour se donner courage et s’emplir une dernière fois le regard de l’enfer qu’il fuyait.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Alors, il vit, au fond des fonds, semblables à des fourmis dans des lueurs de feux, des grappes de damnés, affolés d’espérance, s’agripper au bout de la fine corde<br /> qu’il gravissait, et s’élever à sa suite. « Malheur, se dit-il, ne voient-ils pas que le fil est fragile ? Il ne me supporte que par miracle. Comment pourrait-il résister à cette armée<br /> de malandrins ? Il va se rompre et nous allons tous retomber en enfer, moi et ces maudits invivables !  Halte ! cria-t-il de toutes ses forces, tremblant d’effroi et de<br /> colère. Qui vous a permis de grimper ? Ce fil est à moi, à moi seul, damnés, lâchez-le ! » A peine avait-il dit ces mots, la bouche contre ses poings, que le souffle de sa voix, -<br /> ce seul souffle – brisa le fil tout net.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Au bord du lac du paradis, Shakiamouni vit Kandata tomber comme un point de braise et tournoyer jusqu’à se fondre dans les lointaines brumes infernales. Il était à<br /> jamais perdu maintenant. Rien ne pouvait plus le sauver. « Comme les hommes sont étranges et peu simples, se dit le dieu, soudain mélancolique. Pourquoi ce brigand a-t-il voulu se sauver<br /> seul ? » Il reprit sa promenade paisible au bord de l’eau, dans la brise indifférente et les fleurs au parfum parfait. Il était midi au paradis et le soleil dans le ciel n’avait pas<br /> encore rencontré le moindre nuage. (Conte de l’Inde, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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P
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D
<br /> <br /> Une des leçons importantes du texte : le sexe est lié à la parole<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En diversifiant les approches, j’essaie surtout de susciter des réactions et si possible de multiplier les interactions qui font la dynamique d’un<br /> blog.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une des fonctions du texte est aussi d’attirer notre attention sur le lien entre le sexe et la parole. D’une part, c’est à la parole qu’il appartient de sortir de<br /> l’amour fusionnel car elle introduit l’espace de séparation nécessaire entre deux êtres qui s’aiment. Par ailleurs, dans la procréation, le nouvel être qui vient au monde est non seulement le<br /> résultat de la rencontre sexuelle, il est aussi le fruit de la Parole. Dans l’interdit au moins provisoire de toucher à l’arbre de la connaissance, il y a l’expression d’une sagesse qui dirige<br /> l’univers, d’une loi inhérente à la nature humaine, peut-être de la relation à un Autre, à coup sûr de la raison qui structure notre monde. Nous sommes dans une société humaine où mettre au monde<br /> un enfant ne consiste pas simplement à faire naître un petit animal, c’est aussi faire advenir un être de raison. Et le texte nous dit : attention, l’avenir de l’humanité est soumis à une<br /> loi qui organise le rapport à l’autre et pour le moins à la loi de la raison. Refuser de se soumettre à cette loi, c’est aller vers la mort.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Le pont aux ânes dans le cheminement du désir<br /> <br /> <br /> Le texte de la chute nous met en face du cheminement du désir. Il s’exprime d’abord chez la femme, qui se laisse tenter par le fruit de l’arbre de la connaissance.<br /> Elle désire connaître ce fruit et sans doute connaître l’autre à travers l’expérience de la sexualité (ce qui est une des voies de l’interprétation) et elle amène l’homme à se situer lui-même<br /> dans la voie du désir. Elle doit alors réaliser un passage difficile pour continuer son parcours et, pour cela, effectuer un recul pour s’assurer comme l’alpiniste lui-même, en s’aidant de la<br /> corde de la parole. Promue comme première de cordée elle minimise la difficulté et effectue son passage sans précaution. C’est alors la chute et celle de son compagnon. Mais la chute n’est pas<br /> irrémédiable. Bien plus elle est une expérience qui va faire réfléchir, un vaccin qui prémunira comme une rechute. Autrement dit l’homme et la femme peuvent ressortir plus forts de leur premier<br /> faux  pas, qui, un jour ou l’autre, se présentait comme  une éventualité prévisible. Aussi le texte n’est-il pas une condamnation : il est l’avertissement<br /> du danger qui va se présenter dans la structuration du désir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Et si ce qu’on appelle le péché originel était comme le baptême originel de l’homme<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Avec l’apparent faux-pas relaté par le mythe de la chute, la femme et l’homme font l’expérience de la limite nécessaire et du risque de mort : limite de<br /> l’écoute (Ève qui écoute le serpent) et du désir (le désir du fruit de l’arbre de la connaissance). L’échec lié à la faillibilité originelle de l’être humain devient alors le socle à partir<br /> duquel la femme et l’homme prennent leurs marques pour entrer dans la vie. C’est lui qui va permettre le passage à un autre niveau proprement humain, avec le rapport à l’autre<br />  et la parole. Autrement dit, il fonctionne comme un baptême propulsant aux frontières de la mort pour relancer dans une vraie vie humaine. Et l’homme comme la femme vont avoir<br /> chacun leur rôle dans ce baptême, à condition qu’un espace soit ouvert à un au-delà d’eux-mêmes pour que la présence d’un tiers, favorisant l’interaction, soit possible.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> <br /> La femme et la psychanalyse<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Yvon, je pense que tu as une qualité assez rare, c’est celle d’être honnête et je te remercie très sincèrement de ton texte. Loin de moi l’idée saugrenue de<br /> considérer que tu es traditionnel : je te connais assez pour savoir que ce n’est pas du tout le cas. Par ailleurs tu as l’art de penser par toi-même et tu n’hésites pas à puiser à toutes les<br /> sources, nouvelles ou anciennes sans sectarisme, parce que tu sais que la vérité a besoin d’espace ouvert, qu’il lui faut puiser dans la tradition pour avoir les ressources nécessaires à<br /> l’invention de nouvelles manières de voir. C’est peut-être ce qui te permet d’être réellement révolutionnaire à tes heures. J’apprécie ta manière de marcher sur tes deux jambes : c’est aussi<br /> mon ambition, disons mon utopie, depuis ma découverte de la Chine.<br /> <br /> <br /> Tu m’excuseras d’être parfois un peu provocateur sans le vouloir et de m’apercevoir après coup que j’ai été maladroit. Disons qu’il s’agit souvent de taquinerie<br /> implicite ou explicite, et donc avec un petit sourire en coin.<br /> <br /> <br /> Si je fais parfois référence à la psychanalyse, c’est parce qu’avec la sémiotique elle fournit des clefs pour l’analyse des textes symboliques. Cela est tout à fait<br /> normal, puisque, comme la raison elle-même, elle a ses racines dans le mythe. C’est, pour moi, un outil parmi d’autres. Le danger serait qu’il soit exclusif et c’est sans doute ce qui pourrait te<br /> mettre mal à l’aise. Je conçois tout à fait que personne ne veut être enfermé dans un seul registre.<br /> <br /> <br /> Inutile de te préciser que tu es très précieux pour le blog et je serais ravi si j’étais assuré que ce blog est un espace utile et agréable pour te permettre<br /> d’exposer ta pensée.<br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> . Ni même me faire analyser par des professionels ou des amateurs. Les grands espaces ne manquent pas. De plus j'avoue ne pas être féministe. Je dirai même que,<br /> selon moi, pour un homme, ça n'est pas très clair. Je n'ignore pas cependant pour ça l'inégalité homme femme. J'ai épousé et épouse encore un certain nombre de causes; j'y vais librement. Chacun<br /> a ses priorités. Je respecte les choix de chacun. Les choix sont divers, le monde est si vaste.<br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> Explications<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ma participation au blog<br /> <br /> <br /> <br /> Concernant le blog, j'étais un peu triste que ce deuxième blog ait eu du mal à redémarrer. Sur ton invitation générale, je me suis fendu d'un premier texte. Sur ta<br /> deuxième  invitation plus personnelle et justifée, j'ai envoyé une deuxième intervention. Je craignais d'avoir blessé Charles et réduit indirectement sa liberté de parole. Au lieu de me<br /> situer en face de la question du blog, j'ai lu simplement le texte en essayant d'être naïf. On ne l'est jamais, car on porte son histoire, sa culture, ses préoccupations du moment, son système<br /> d'analyse. Il se trouve que j'ai vu cette émission sur Arte. Le lien s'est fait avec le blog que je porte souvent dans mon inconscient dans ma paisible et relativement désoeuvrée vie de retraité.<br /> C'était une émission sur une société indienne de prostitués. Moi, je l'ai lu comme un positionnement de ces personnes dans l'humanité. Typique d'une dérivation du refoulé, diras-tu. Bon, je veux<br /> bien. En tout cas il n'y avait rien de polémique dans mon texte.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une manière personnelle de tenir les choses ensemble<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Chacun son histoire, chacun sa vie. Si je raconte la mienne, on peut la voir comme passablement incohérente, même pour ceux qui me connaissent et qui je pense<br /> malgré tout me reconnaissent dans le temps. Même si l'on intègre ou abandonne des centres d'intérêts, des fonctions, des activités, des solidarités, il y a quelque chose qui fait que l'on reste<br /> soi-même, une certaine manière de tenir les choses ensembles, d'avoir des relations, d'être dans le positionnement et même d'ignorer certaines choses Ce n'est pas aujourd'hui que je vais<br /> radicalement changer. J'ai tendance à tenir fortement mais aussi à lâcher facilement, d'où mes errements Parce que il y a deux critères qui interviennent, qu'on peut juger comme on veut, celui<br /> d'agrément et celui d'utilité. Je peux faire des choses très désagréables, voire dangereuses si elles me semblent utiles, ou des choses très agréables mais parfaitement inutiles. Mais si un<br /> engagement me semble du temps perdu car sans résultat, et en même temps plein de désagrément, je passe à autre chose. Je ne cherche pas à convaincre au delà de ce qui me paraît avoir quelque<br /> chance d'avoir une quelconque utilité. C'est de l'égoïsme sans doute et du court terme, mais c'est peut-être ma constitution. Facile excuse. C'est vrai pour beaucoup de choses et aussi pour le<br /> blog. Je m'y reconnais assez pour y participer ou bien il y a quelque chose qui me semble ne pas aller et je passe à autre chose. Je pense que l'esprit critique est une bonne chose, mais s'il<br /> détruit un "collectif", il n'est plus admissible. Voilà pour mon positionnement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le blog, un échange par le biais des mots<br /> <br /> <br /> <br /> Le blog est un échange par le biais des mots. Il en est d'autres ( des modes d'échange ou de relations) que je vis aussi sans avoir besoin d'en faire la liste. Et<br /> même l'échange par le biais des mots, je le vis ailleurs, d'une manière interpersonnelle ou dans des conseils d'administrations par exemple. Mais j'aime bien le blog car c'est un lieu particulier<br /> qui m'apporte et où j'espère un peu apporter.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Evier de ranger l’autre dans des catégories<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'aime pas trop être catalogué traditionnel ou autre. Je trouve que ranger dans une catégorie c'est une facilité qui permet de  se positionner d'une manière<br /> avantageuse et qui ne fait pas droit au caractère authentique j'espère de la personne. En tout cas c'est ce que je travaille à être. Mieux vaut se positionner comme défricheur que comme suiveur,<br /> comme novateur que comme homme de la tradition. Et on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. Ni l'un ni l'autre ne font partie de mes critères d'appréciation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Eviter de voir l’autre à travers la psychanalyse<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour ce qui est de la place de la sexualité dans le blog, c'est un sujet trop vaste pour que je l'aborde aujourd'hui. Le freudisme fait partie de la culture<br /> d'aujourd'hui. Qui n'a pas lu Freud. Un certain nombre de vocables font partie du langage courant; ils servent même parfois d'insulte, rarement de louange. On y trouve une liste de comportements<br /> maladifs, immatures ou pervers. Leur utilisation correcte est me semble-t-il lié inéluctablement  à la pratique psychanalytique, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de monde. Et même ceux<br /> qui sont des praticiens ne sont pas à l'abri des dérives. J'en connais. Ce sont des vocables qui caractérisent des personnes. Les utiliser ou y faire discrètement allusion dans une analyse de<br /> texte, c'est viser plus loin que le texte, la personne. Jamais je ne me le permettrais, quoique je sache ou crois savoir de mes interlocuteurs, même si c'est c'est un moyen imparable de<br /> discréditer l'autre sans même avoir besoin de prêter la moindre attention à ce qu'il dit. Je n'ai pas envie de servir de trampoline pour qu'y rebondissent les adultes, les vrais, libres et<br /> épanouis, qui n'ont pas peur d'aborder les vrais sujets.<br /> <br /> <br /> J'ai fait un commentaire du texte qui n'a pas abordé le thème de la sexualité, comme c'était attendu. Et alors. Bon, si c'est hors sujet, pour les raisons qu'on<br /> sait (traditionalisme, blocage, manifestation du refoulé), je me retire. On peut vivre hors du blog, même ce genre de questions.<br /> <br /> <br /> Par ailleurs, je ne suis ni jungien, ni freudien, ni lacanien, et disserter sur la symbolique du zizi, du pénis ou du phallus n'est pas ma tasse de thé. D'autres<br /> peuvent le faire à longueur de pages avec plus de compétence.souvent sans finalement rien dire de personnel.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le rapport homme/femme<br /> <br /> <br /> <br /> Pour ce qui est du rapport homme-femme ou de la réhabilitation de l'égalité homme femme,je me suis exprimé en proposant plusieurs pistes. Apparemment ce n'était pas<br /> la bonne manière d'aborder le sujet, personne n'ayant réagi. Dont acte. Je ne vais pas y revenir. Ce serait être désagréable après savoir été inutile( voir plus haut). J'accepte mes limites voire<br /> mes limitations. Et j'en tire les conclusions. Ce n'est pas si grave. Je ne vais pas me tortiller pour entrer dans un cadre ou dans un moule qui n'est pas fait pour moi. Ni même me faire analyser<br /> par des professionels ou des amate<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Le prendre et le recevoir<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai demandé son avis à Jean Duval alors que je l’avais au téléphone. Il m’a dit : « Pour moi, c’est très simple ; tout est dans le prendre et le<br /> recevoir ». Le péché originel c’est quand on prend parce qu’on ne fait pas confiance en l’autre. C’est un peu l’attitude de Prométhée. Par opposition, il y a l’attitude du recevoir dans la<br /> confiance, attitude évangélique ou proche de l’Évangile. Lorsque Yahvé dit au serpent : « La femme t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon », la femme serait celle qui<br /> débraie pour passer la vitesse supérieure. Elle écrase la tête du serpent en appuyant sur la pédale ! Peut-être que le serpent l’atteint au talon en appuyant sur le frein. (Dans ces deux<br /> phrases, c’est moi qui parle).<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Il fut pris de la terrible colère des dieux et immédiatement imagina un nouveau châtiment. Il fit venir Héphaïstos le dieu boiteux, artiste renommé qui vivait au<br /> pied d’un volcan fumant où il avait ses ateliers, et lui commanda la statue d’une femme très belle. Héphaïstos obéit et bientôt Zeus put contempler une beauté comme personne n’avait jamais pu<br /> rêver d’en voir une. La déesse Athéna donna à la jeune fille un voile superbe, un vêtement éblouissant de blancheur et une magnifique ceinture. La déesse de la beauté, Aphrodite, lui donna une<br /> grâce aérienne, et, quant à Hermès, le messager des dieux, il lui offrit une parole éclatante et vive et une voix splendide. Puis ils mirent une couronne sur sa tête. Zeus lui donna pour nom<br /> Pandore – ce qui veut dire ornée de tous les dons – et lui confia une boîte en or. Enfin Hermès emmena Pandore sur terre, chez le frère de Prométhée, Epiméthée. Prométhée avait souvent prévenu<br /> son frère qu’il ne fallait accepter aucun présent des dieux, mais, devant la beauté de Pandore, Epiméthée oublia toutes les recommandations et l’accueillit dans sa maison, elle et sa boîte en or.<br /> Curieux de voir ce que les dieux lui avaient envoyé dans cette boîte, il demanda à Pandore d’en soulever le couvercle, ce qu’elle fit volontiers. La Maladie, la Souffrance, la Misère et la<br /> Détresse s’échappèrent alors de la boîte en sifflant, grognant et geignant. Elles s’élevèrent au-dessus de la maison et se répandirent partout dans le monde qui jusque-là avait ignoré le mal.<br /> Pandore elle-même s’effraya et referma vite le couvercle. Tout ce qu’il y avait de mauvais s’était échappé de la boîte, et seul l’Espoir était resté dedans : la Maladie et la Détresse<br /> l’avaient étouffé tout au fond du coffret de façon que seule une toute petite partie puisse s’en échapper dans le monde. La Pauvreté et le Mal envahirent les maisons, et la Mort vint sur leurs<br /> talons. La Souffrance et l’inquiétude réveillèrent les hommes pendant leur sommeil et les mauvais rêves les étouffèrent. Seul l’espoir n’était pas répandu, car il était resté presque entier dans<br /> la boîte de Pandore.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La colère de Zeus frappa aussi Prométhée. Le roi des dieux envoya aussi Héphaïstos et ses aides pour attacher le rebelle avec les chaînes les plus lourdes et les<br /> plus solides à un rocher élevé des montagnes du Caucase. Contraint à obéir, Héphaïstos attacha si bien Prométhée au rocher qu’il ne pouvait plus bouger. Prométhée était suspendu entre ciel et<br /> terre juste au-dessus des abîmes où flottaient les brouillards, mais il ne s’humilia pas et n’implora pas la pitié de Zeus. Lorsque ce dernier comprit Prométhée ne lui demanderait pas pardon et<br /> supporterait fièrement son destin, il envoya au Caucase un aigle gigantesque. Chaque jour, l’aigle devait arracher le foie de Prométhée et le manger. Pendant la nuit, le foie repoussait et le<br /> lendemain l’aigle renouvelait son supplice. C’est ainsi que Prométhée fut condamné à souffrir pour toujours. Beaucoup d’années passèrent mais il ne fléchit pas.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Après des siècles, pendant lesquels Prométhée subit la torture et la solitude, Héraclès, fils de Zeus, remarqua le héros enchaîné sur le Caucase. Il passait devant<br /> lui, en allant cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides tandis que l’aigle arrivait pour prendre sa nourriture. Héraclès posa sa massue, tendit son arc, visa, et d’un seul trait tua le<br /> monstrueux oiseau de proie. Puis il rompit les chaînes et rendit au captif sa liberté. Pour amadouer Zeus et accomplir sa peine, Prométhée dut porter un anneau de fer renfermant une pierre du<br /> Caucase. Il resta ainsi « enchaîné pour toujours », selon les voeux du dieu suprême. Depuis ce temps, les hommes portent des anneaux ornés de pierres en mémoire de l’épreuve de<br /> Prométhée. Ils les portent encore aujourd’hui, bien qu’ils aient oublié depuis longtemps Prométhée, qui ne voulut pas se soumettre aux dieux et prit fidèlement parti pour les hommes.<br /> (Mythes et légendes de la Grèce antique, Gründ)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Prométhée ou la version grecque du récit de la chute<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le ciel se mirait dans les eaux et les eaux étaient remplies de poissons. De grands vols d’oiseaux passaient dans le ciel et des troupeaux paissaient dans les<br /> prairies. Mais personne ne s’occupait des troupeaux, personne n’attrapait les poissons et personne n’écoutait le chant des oiseaux. Sur terre, il n’y avait pas d’homme. Prométhée, descendant de<br /> la famille sacrée des Titans, errait tristement sur terre et cherchait en vain des êtres vivants marchant debout comme lui et dont le visage aurait été semblable au sien.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais il voyait l’argile d’où surgissaient l’herbe, les plantes et les arbres ; il voyait aussi les fortes pluies tombant sur la terre. L’eau de pluie gardait<br /> la nature en vie, et là où elle ne tombait pas les arbres et les buissons mouraient, laissant place au désert. Lorsque Prométhée découvrit la force de la terre et de l’eau, il mélangea de<br /> l’argile et de l’eau de pluie, moulant la forme du premier homme. Cette forme ressemblait à celle des dieux. Pallas Athéna, déesse de la sagesse et de l’esprit, insuffla une âme à la forme sans<br /> vie : la grise argile devint rose, un coeur se mit à battre en elle et les bras et les jambes, encore immobiles, se mirent à bouger. C’est ainsi que Prométhée envoya sur terre le premier<br /> homme.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Longtemps, les hommes ne surent que faire de leur âme, don de Pallas Athéna. Ils vivaient comme de petits enfants. Ils voyaient mais ne reconnaissaient pas, ils<br /> entendaient mais ne comprenaient pas, ils marchaient sur terre comme dans un rêve. Ils ne savaient ni cuire les briques, ni couper du bois, ni construire des maisons. Semblables à des fourmis,<br /> ils grouillaient sur la terre et sous la terre, dans les recoins sombres des grottes. Ils ne savaient même pas que l’été succédait au printemps et que l’automne suivait l’été.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Prométhée descendit alors parmi les hommes et leur apprit à élever des maisons, à lire, à écrire, à compter et à comprendre la nature. Il leur montra comment<br /> atteler des animaux à des charrettes pour ne pas avoir à porter sur leurs dos de lourds fardeaux. Il leur enseigna l’art de construire des bateaux, leur expliquant comment les voiles aidaient le<br /> rameur dans sa tâche. Il les conduisit dans les profondeurs de la terre, à la recherche des trésors cachés. Le dur travail des mineurs arracha aux entrailles du sol le fer, le cuivre, l’argent et<br /> l’or. Avant cette époque, les hommes ne connaissaient pas la médecine, ils ne pouvaient discerner ce qui leur faisait du bien de ce qui leur faisait du mal ; aussi Prométhée leur montra<br /> comment préparer des onguents et des médicaments. Il enseigna tous les arts aux hommes stupéfaits et ils les apprirent tous avec avidité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les dieux, assemblés sur le mont sacré de l’Olympe, jetaient des regards soupçonneux sur cette génération d’hommes sur la terre qui, grâce à Prométhée, avaient<br /> appris le travail, les sciences et les arts. Zeus, dieu souverain, fronçait les sourcils, chaque jour davantage. Il<br /> appela                Prométhée et lui dit : « Tu as appris aux hommes à travailler et à<br /> penser, mais tu ne leur as pas assez appris à vénérer les dieux, ni à leur offrir des sacrifices, ni à les adorer. Tu dois savoir que c’est des dieux que dépendent la fertilité u sol, la<br /> prospérité ou le malheur des hommes. Les dieux décident de leur destin. Moi-même, j’envoie ma foudre quand je le veux. Retourne chez les hommes, et dis-leur de nous offrir des sacrifices, sinon<br /> notre courroux s’abattra sur eux. – Les hommes vont offrir des sacrifices aux dieux, répondit alors Prométhée, mais il faut que tu viennes toi-même, ô Zeus, choisir ce qu’ils doivent<br /> sacrifier ». Prométhée tua un taureau, cacha la chair dans le cuir du taureau et disposa des entrailles par      -dessus. Il fit un autre tas avec les<br /> os, mais les recouvrit avec la graisse de telle sorte qu’ils étaient invisibles. Le tas d’os recouvert de graisse était plus gros et plus appétissant. Dès que tout fut prêt, Zeus sentit l’odeur<br /> délicieuse du sacrifice préparé et descendit sur terre. Prométhée vit Zeus et s’exclama : « Ô grand Zeus, choisis la part que tu préfères. Celle que toi, roi des dieux aura choisie sera<br /> celle que les mortels continueront à te sacrifier ». Zeus comprit bien que Prométhée cherchait à le tromper. Pourtant, il ne montra pas sa colère, mais choisit délibérément le tas luisant de<br /> graisse. Alors, tout souriant, Prométhée s’approcha, écarta la graisse : les os dénudés apparurent. Par contre, lorsqu’il ôta le cuir du taureau de l’autre tas, la chair fraîche apparut,<br /> dégageant son agréable odeur. Depuis ce jour, les hommes sacrifièrent aux dieux la graisse et les os et gardèrent la chair pour eux.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais Zeus ne laissa pas impuni cet acte effronté : il décida de priver les hommes du feu, et, si la meilleure part – la chair – leur était réservée, ils<br /> devaient dorénavant la manger crue. Zeus ordonna immédiatement aux nuages d’éteindre tous les feux avec leur pluie. Quant au vent sauvage, il devait disperser la cendre chaude et l’éparpiller<br /> dans la mer. Ainsi les hommes perdirent le feu, indispensable au travail et à la vie ; ils ne pouvaient même plus cuire leur pain. Les forges furent abandonnées et les ateliers se vidèrent.<br /> Lorsque les journées étaient froides et qu’il gelait la nuit, les hommes ne trouvaient nulle part à se réchauffer.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Prométhée voit quel désastre s’était abattu sur eux ; il les prit en pitié et ne les abandonna pas. Sachant que, dans le palais de Zeus, brillait, jour et<br /> nuit, un feu étincelant, il rampa la nuit jusqu’en haut de l’Olympe vers le palais sacré du dieu suprême. Sans être vu, tout doucement, il prit un peu du feu qui brillait dans la cheminée de Zeus<br /> et le cacha dans un bâton creux. Puis, tout joyeux, il s’en retourna chez les hommes avec son précieux larcin. Les flammes s’élevèrent à nouveau dans les maisons et les ateliers, et l’odeur de<br /> plats cuits et de viandes grillées monta dans les cieux, jusqu’aux narines des dieux.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Zeus abaissa ses regards vers la terre et vit la fumée s’élevant des cheminées.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> <br /> Le péché originel dans la peinture de Chagall<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> L’opposition juive à la notion de péché originel<br /> <br /> <br /> [Les textes de la tradition juive ne sont pas homogènes. L'existence d'un ton polémique indique soit une opposition entre Juifs et chrétiens (notamment contre saint ¨Paul[1]),<br /> soit une opposition interne au judaïsme, le courant minoritaire devenant progressivement effacé des sources juives.]<br /> <br /> <br />  Adam n'a été cause que pour lui-même<br /> <br /> <br /> L'Apocalypse de Baruch syriaque<br /> <br /> <br /> La construction doctrinale élaborée sur le péché originel et ses conséquences était connue de l'auteur de l'Apocalypse<br /> de Baruch syriaque (54, 15-19), mais il la rejette catégoriquement. Il déclare :<br /> <br /> <br /> « Si Adam a péché et amené sur nous tous une mort prématurée, chacun de ceux qui sont issus de lui est responsable du tourment préparé pour son âme, et chacun<br /> d'eux à choisi pour lui-même les gloires à venir... Adam n'a donc été la cause que pour lui-même, et chacun de nous est devenu l'Adam de sa propre âme. » Apocalypse de Baruch syriaque (54,<br /> 15-19)<br /> <br /> <br />  Malgré un cœur mauvais, l'homme peut encore être victorieux<br /> <br /> <br /> Pour l'auteur de 4 Esdras, bien que la loi n'ait pas extirpé le mal qui réside en l'homme, ce dernier reçut malgré tout un moyen de choisir le bien. [Il n'y a pas<br /> de place ici pour la notion de péché originel avec le besoin d'un rédempteur].<br /> <br /> <br />  Il constate :<br /> <br /> <br /> « Tu n'as cependant pas extirpé d'eux le cœur mauvais, pour que ta loi portât du fruit en eux. Car un cœur mauvais habitait le premier Adam dès l'origine, et<br /> il transgressa et fut vaincu, et avec lui touts ceux qui naquirent de lui. » (4 Esdras 3)<br /> <br /> <br /> L'ange dit :<br /> <br /> <br /> « Telle est la loi du combat que chaque homme né sur terre soit soutenir ; s'il est vaincu, il doit souffrir ce que tu viens de dire ; mais s'il est<br /> victorieux, il recevra ce dont j'ai parlé. C'est de cette voie que Moïse, de son vivant, à parlé au peuple en disant : Choisis la vie, afin que tu vives ! » (4 Esdras 7)<br /> <br /> <br />  http://www.mariedenazareth.com/13862.0.html?&L=0<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Luther et le péché originel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Luther (1483-1546), dont l'enseignement reste ici traditionnel dans ses grandes lignes, présente Adam comme créé bon, puis se pervertissant<br /> par un manque de foi et transmettant à sa race une corruption totale par la génération. L'état de l'humanité déchue se résume dans le mot de concupiscence, par lequel il ne faut pas entendre<br /> seulement un désir d'ordre physique ou sexuel ; c'est plutôt un mal radical, racine de tous les désordres de l'esprit, un égoïsme foncier, qui prend Dieu en haine. La pensée de Luther est centrée<br /> sur la description du pécheur pardonné et racheté, mais ressentant toujours la concupiscence. On pourrait presque la résumer dans la parabole évangélique du pharisien et du publicain, qu'il cite<br /> parfois. La justice s'obtient en recommençant toujours à reconnaître devant Dieu son péché et à solliciter son pardon. En faisant miséricorde, Dieu commence seulement à guérir du péché l'homme,<br /> qui, de son côté, résiste à la concupiscence. Mais nous ne pouvons expier nos péchés à force de bonnes oeuvres. Luther, qui a multiplié prières, jeûnes et pénitences dans les premières années de<br /> sa vie religieuse sans parvenir à la paix intérieure, est persuadé que le pécheur pardonné demeure pécheur, à la fois juste et pécheur. Dieu n'impute pas à l'homme ses fautes passées, ni non plus<br /> ce péché présent qu'est la concupiscence qui demeure encore dans le chrétien justifié. Augustin avait dit que la concupiscence, née du péché, était pardonnée au baptême, non pas pour être<br /> supprimée, mais pour n'être plus imputée comme péché. Luther reprend la formule, mais en la modifiant. C'est le péché lui-même qui est pardonné, non pas pour être supprimé, mais pour n'être pas<br /> imputé. Car la concupiscence, qui ne peut être totalement extirpée en cette vie, est un véritable péché ; ses mouvements, tout involontaires et inévitables qu'ils soient, sont un péché en<br /> opposition avec le commandement divin : « Tu ne convoiteras pas. » Seulement Dieu n'impute pas de tels péchés à ceux qu'il a graciés et commencé ainsi de guérir et de renouveler. Il y a chez<br /> Luther une inspiration profondément chrétienne. La dialectique du « déjà » et du « pas encore » est celle de tout le Nouveau Testament et en particulier de Paul parlant des effets du baptême.<br /> Paul aussi avait dit, reprenant les termes d'un psaume, que Dieu n'impute pas les péchés. Mais cette expression occasionnelle, équilibrée chez lui par d'autres plus positives, devient chez Luther<br /> le dernier mot de la doctrine.<br /> <br /> <br /> Encyclopedia universalis<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Saint Augustin voit, dans le péché d'origine, le prototype et le modèle de tout péché, qui serait fondamentalement une désobéissance à Dieu. Par ailleurs il souligne le lien entre ce péché et le<br /> désordre qui s'établit dans la sexualité. D'une certaine façon, l'homme est faillible : il est pécheur dès l'origine.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Saint Augustin et le péché originel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sa conception de l'innocence originelle est conditionnée par l'idéal stoïcien : l'impassibilité, l'ataraxie doivent être la condition du sage,<br /> qui commande absolument à toutes les passions agitant le vulgaire. Augustin pense retrouver une telle domination de la raison sur la sensibilité dans la notation du récit de l'Éden : le premier<br /> couple était nu et n'en rougissait pas (Genèse, II, 24), ce qui suppose, d'après lui, qu'il contrôlait intégralement les mouvements de ses passions, notamment sexuelles. Ce qui fait, par<br /> contraste, ressortir la gravité de la situation actuelle, où, bien évidemment, un tel contrôle n'existe pas. C'est là pour Augustin une juste conséquence du péché. La créature humaine, ayant par<br /> sa désobéissance refusé de se soumettre à Dieu, son créateur, a été châtiée par la rébellion des créatures inférieures ; à l'intérieur d'elle-même, déjà, les passions sensibles ne sont plus<br /> soumises à la volonté raisonnable. Cette condition se transmet de génération en génération et constitue l'état peccamineux dans lequel naît chaque homme, à moins qu'il ne faille admettre la<br /> transmission à tous de la culpabilité personnelle d'Adam, le premier pécheur. La question est particulièrement obscure et se compliquait pour Augustin de ses incertitudes sur l'origine de l'âme.<br /> Un trait original de la conception d'Augustin, trait à vrai dire peu accentué et présent avec des hésitations dans quelques écrits seulement, est l'idée que tous les péchés des hommes, et non pas<br /> la seule transgression d'Adam, constituent un héritage qui se transmet à leurs descendants. C'était rejoindre une vue biblique, « Dieu qui châtie les péchés des pères sur leurs enfants jusqu'à la<br /> troisième et la quatrième génération ». Il y avait là une considération intéressante, qui tirait le péché d'Adam de son isolement, évitait d'en faire une catastrophe incompréhensible, tendait à<br /> le présenter comme un cas particulier, bien qu'infiniment plus grave que les autres, d'une loi générale de solidarité s'appliquant dans le mal, mais aussi dans le bien grâce à Jésus-Christ. Mais<br /> cette vue, rarement développée, n'a exercé qu'une<br /> <br /> <br /> influence minime par la suite, et les textes où elle s'exprimait ont souvent été vidés de leur contenu propre par les théologiens médiévaux<br /> qui les ont cités. Dans l'ensemble, Augustin a déterminé en une très large mesure la problématique du péché originel, au moins en Occident. C'est à lui que remonte la conception de la<br /> concupiscence, comme aussi la conviction tacite que le péché originel ne limite pas ses effets à la vie terrestre présente, qu'il est plus qu'un obstacle à une droite vie religieuse sans un temps<br /> d'épreuve, plus qu'un handicap dont la justice de Dieu tiendrait compte quand elle rendrait à chacun selon ses oeuvres.<br /> <br /> <br /> Encyclopedia universalis<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Bernard, nous sommes tous, en même temps compétents et incompétents. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes plus compétents lorsque nous réfléchissons à plusieurs.<br /> Je le vois en particulier pour le texte de la chute. Petit à petit et au fur et à mesure des interventions, la lumière se fait. Cela signifie que nous avons aussi besoin de ton point de vue pour<br /> sortir des fausses pistes sur les quelles nous ont entraînés, pendant des siècles, des interprétations trop naïves ou faussement savantes.<br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Des textes à revisiter sans cesse pour aller vers la vérité<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'ai pas beaucoup ouvert ton blog depuis plusieurs mois par manque de temps et surtout de disponibilité intellectuelle pour avoir quelque chance de dire quelque<br /> chose d'intéressant. J'avoue par ailleurs me sentir très incompétent sur des sujets qui demandent des connaissances linguistiques, exégétiques,  historiques,"mythologiques"...<br /> Ce que je peux dire cependant c'est qu'il est certainement fondamental de revisiter ces textes  à chaque époque en tenant compte de son contexte culturel, sous peine de risquer<br /> des contresens qui pourront ensuite avoir de graves conséquences : ainsi tirer une image positive ou négative de la femme de ces textes fondateurs pourra conduire les théologiens à bâtir une<br /> théologie morale sur les rapports hommes/femmes, le mariage, la sexualité qui perdurera pendant des siècles et pourra se révéler en contradiction avec ce qu'ont voulu signifier les auteurs de ces<br /> textes. D'où aussi la nécessité de les revisiter sans cesse, de les mettre en rapport avec le contexte culturel de l'époque, de mettre en perspective ces textes très anciens de l'Ancien Testament<br /> avec le Nouveau Testament et en particulier bien sûr l'Évangile...<br /> <br /> <br /> <br />
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L
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D
<br /> <br /> Le rapprochement entre la plante de l’entendement et la drogue<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Danièle, quelle étonnante intuition vous nous proposez maintenant ! Je cherchais un lien entre la toute-puissance dans la connaissance et la sexualité et voici<br /> que vous m’en proposez un. En même temps, vous apportez une des pièces essentielles au puzzle que nous essayons de recomposer ensemble. Il y a quelques années, j’ai vu jusqu’où pouvait mener la<br /> drogue dure chez des proches, et le texte de la chute avait alors été pour moi une révélation. Il y avait un avertissement qui nous venait des temps immémoriaux pour nous dire : faites<br /> attention à la drogue, elle peut vous conduire à votre perte. Je ne dis pas que cette interprétation est la seule et la plus décisive, mais elle me semble présente. Il ne faut pas essayer de<br /> revenir au paradis perdu en utilisant l’artifice de plantes hallucinatoires et aphrodisiaques. Ou plus simplement il est dangereux de vouloir revenir au paradis perdu, par quelque moyen que ce<br /> soit, en croyant atteindre ainsi l’absolu du pouvoir et de la connaissance. Merci Danièle de nous avoir fait passer par Flavius Josèphe.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La plante de l’entendement et Flavius Josèphe<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Etienne, Oh combien ! il est violent ce texte de la chute, car percutant en tous lieux et tous temps Voici une autre traduction contemporaine à Jésus christ : La<br /> plante de l’entendement. Dieu donc invita Adam et la femme à goûter de tous les végétaux, mais à s'abstenir de la plante de l'entendement, les prévenant que, s'ils y touchaient, ils<br /> s'attireraient la mort. A cette époque où tous les animaux parlaient une même langue , le serpent, vivant en compagnie d'Adam et de la femme, se montrait jaloux des félicités qu'il leur croyait<br /> promises , s'ils se conformaient aux prescriptions de Dieu, et, espérant qu'ils tomberaient dans le malheur en désobéissant, il engage perfidement la femme à goûter de la plante de l'entendement<br /> ; « on y trouve, disait-il, le moyen de discerner le bien et le mal » ; dès qu'ils le posséderaient, ils mèneraient une vie bienheureuse qui ne le céderait en rien à la vie divine. Il ébranle par<br /> ses mensonges la femme au point de lui faire négliger la recommandation de Dieu ; elle goûta de la plante, en apprécia la saveur et persuada à Adam d'en manger aussi. Alors ils se rendirent<br /> compte qu'ils étaient nus et que leur sexe était à découvert, et ils songèrent à se couvrir ; la plante, en effet, aiguisait l’intelligence. Aussi se couvrirent-ils de feuilles de figuier, et,<br /> après s'en être fait une ceinture, ils crurent leur félicité plus grande puisqu'ils avaient trouvé ce qui leur manquait auparavant. Mais, comme Dieu entrait dans le jardin, Adam, qui jusqu'alors<br /> venait souvent converser avec lui, eut conscience de sa faute et se déroba. Dieu trouva son attitude étrange et lui demanda pourquoi, tandis que naguère il se plaisait à converser avec lui, il<br /> fuyait maintenant l'entretien et se détournait. Comme Adam ne disait mot, se sentant coupable d'avoir contrevenu à l'ordre divin, Dieu lui dit : « J'avais décidé que vous mèneriez une vie<br /> heureuse, à l'abri de tout mal, sans qu'aucun souci vous torturât l'âme ; tout ce qui contribue à la jouissance et au plaisir devait s'offrir spontanément à vous, de par une providence, sans<br /> labeur, sans souffrances pour vous ; avec ces avantages, la vieillesse ne vous aurait pas atteints rapidement, et une longue vie eût été votre partage. Mais voici que tu as outragé mon dessein en<br /> méprisant mes ordres ; ce n'est pas par vertu que tu gardes le silence, c’est parce que ta conscience est troublée » Adam cherchait à se disculper et priait Dieu de ne pas s'irriter contre lui ;<br /> il rejetait sa faute sur la femme, et disait qu'elle l'avait, par sa ruse, induit à pécher ; à son tour, la femme accusait le serpent. Dieu jugea Adam digne de punition pour avoir succombé à un<br /> conseil de femme ; il déclara que désormais pour eux la terre ne produirait plus rien d'elle-même et que, en retour d'un labeur acharné, parfois elle donnerait des fruits, parfois elle les<br /> refuserait. Quant à Ève, il la punit en lui infligeant l'enfantement et les souffrances qui l'accompagnent, parce que, s'étant laissée prendre aux tromperies du serpent, elle avait entraîné Adam<br /> dans le malheur. Il priva aussi le serpent de la parole, irrité de sa malice à l'égard d'Adam ; il lui mit du venin sous la langue le désigna comme un ennemi des hommes et ordonna qu'on le<br /> frappât à la tête, parce que c’est là que gît l'origine du mal qui a atteint les hommes et que c’est là aussi que ses adversaires lui porteront le plus aisément le coup mortel ; enfin il le<br /> condamna à n'avoir plus de pieds et à se traîner en se tordant sur la terre. Dieu, leur ayant infligé ces châtiments, fit sortir Adam et Ève du jardin et les transporta dans un autre lieu.<br /> <br /> <br /> Flavius Josèphe ANTIQUITES JUDAÏQUES livre 1<br /> <br /> <br /> Stupéfiant ce texte, à moins que ce soit la plante de l’entendement stupéfiante ? Les médecins (hommes ou femmes) de l’antiquité utilisaient des plantes aux vertus<br /> sédatives et antispasmodiques sous forme de baume pour soulager les douleurs de l’enfantement. D’autres (hommes ou femmes) se prétendaient plus intelligents plus scientifiques et sages comme le<br /> serpent, proposaient cette plante pour ses propriétés soit disant gustatives et aphrodisiaques mais ce qu’il ne disait pas c’est qu’elles déclenchaient des hallucinations pouvant aller jusqu'à la<br /> mort.<br /> <br /> <br /> Daniéle<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Sommes-nous les victimes d’un refoulement de la sexualité ?<br /> <br /> <br /> La position défendue ici est proche de celle d’Yvon Montigné. Elle est naturellement tout à fait défendable et elle a toutes les autorités pour la défendre. Mais<br /> ici encore je n’arrive pas à comprendre comment on peut sauter à pied joint sur le problème de la sexualité pourtant évoqué tout au long du texte : le serpent qui a la forme du sexe<br /> masculin, les pagnes pour couvrir le sexe lui-même, la honte de la nudité devant l’Autre, l’enfantement dans la peine, la convoitise qui pousse vers le mari. N’assiste-t-on pas ici au résultat du<br /> mécanisme du mythe, qui pousse le lecteur vers une voie de traverse pour maintenir caché le véritable message ? Il y a aussi l’idée du refoulement de la sexualité, qui signifierait que le<br /> problème évoqué se situe bien à ce niveau. Mais c’est vrai que, dans le langage symbolique, une signification n’évacue pas forcément l’autre. Alors j’en reviens à la question que j’ai déjà<br /> posée : quel peut être le rapport entre l’acte sexuel et la connaissance du bien et du mal ou le pouvoir absolu ?<br /> <br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br /> L’arbre de la connaissance ou le pouvoir absolu<br /> <br /> <br /> Il semble plutôt que l'arbre de la connaissance symbolise le pouvoir absolu. En hébreu, comme dans les autres langues sémitiques, on aime indiquer une totalité par<br /> ses deux extrêmes. Ainsi, « le ciel et la terre » signifie l'univers (voir Ex 20,11; 31,17; 2 R 19,15; Is 37,16). De cette manière, « le bien et le<br /> mal » ne signifierait pas l'un ou l'autre de ces deux réalités, mais les deux, c'est-à-dire « tout » (comparer 2 S 14,17 avec 14,20 où dans un cas on utilise<br /> l'expression « bien et mal » et dans l'autre le mot « tout »). Quant au mot « connaissance », il n'a pas le sens abstrait que nous lui donnons dans nos langues. Dans<br /> les langues sémitiques, il implique connaissance profonde, intimité, pouvoir. Quand on connaît, on a créé des liens intimes et puissants avec le connu. Les lecteurs de la Bible connaissent aussi<br /> le sens sexuel du mot; en effet, pour une femme, « connaître un homme » implique la relation sexuelle intime (voir Gn 4,1.17.25; 19,5.8; 24,16; Lc<br /> 1,34).<br /> <br /> <br />      L'arbre de la connaissance du bien et du mal symboliserait donc un autre désir profond de l'humain : celui d'être en mesure de<br /> connaître tout et d'utiliser ce pouvoir de façon absolue. En ce sens, le serpent dit à la femme, en reprenant l'expression « connaître le bien et le mal », que la manducation du fruit<br /> de cet arbre les rendrait comme des dieux (3,5). Être comme un dieu, avec un pouvoir absolu, c'est-à-dire ne plus être limité par la condition humaine, c'est bien là une tentation<br /> universelle pour tout humain à toutes les époques.<br /> <br /> <br /> Hervé Tremblay, OP<br /> <br /> <br /> Professeur au Collège dominicain de philosophie et de théologie (Ottawa)<br /> <br /> <br /> http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2003/clb_031219.htm<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> <br /> Remontée après la chute<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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