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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:33

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Françoise Dolto et son fils Carlos : le miracle de la parole

 


« Dis-moi ton nom, mon divin père !

Car un homme revit lorsqu’il est appelé par son nom »

 

Ce sont les paroles adressées par Isis au dieu Rê, dans le dernier blog. Pour aller plus loin dans notre interrogation et notre réflexion, nous allons, dans ce second temps, changer de registre. Il s’agira non plus d’interpréter à partir du texte mais de parler sur la base de notre ressenti. Qu’évoque, en nous, la phrase prononcée par Isis ?

 

Rê et Isis (mythe égyptien)

   

Paroles du dieu qui vint à l’existence de lui-même, qui créa le ciel, la terre et l’eau, le souffle de la vie et le feu, les divinités et les hommes, le bétail, les serpents, les oiseaux et les poissons ; le roi des hommes et des dieux réunis dont les limites vont au-delà des années, et possédant beaucoup de noms, inconnus de celui-ci ou inconnus de celui-là.

 

Isis souhaite connaître le nom de Rê

Isis était une femme intelligente ; son cœur était plus habile que celui de millions d’hommes ; elle avait plus de discernement qu’un million de dieux ; elle était plus judicieuse qu’un million d’esprits. Elle n’ignorait rien de ce qui était dans le ciel et sur la terre, à l’égal de Rê, qui avait créé ce qui est sur la terre. Mais elle souhaitait, en son cœur, connaître le nom de ce dieu auguste.

 

Elle façonne un serpent sacré

Rê, chaque jour, entrait à la tête de son équipage et s’asseyait sur le trône des Deux Horizons. Le grand âge du dieu rendait sa bouche molle ; aussi laissait-il tomber sa salive sur le sol, ou bien il crachait en la jetant à terre. Isis (un jour) la pétrit en ses mains avec la terre sur laquelle elle se trouvait ; elle lui donna la forme d’un serpent sacré, et le modela tel un trait prêt à s’élancer. Mais, devant elle, il ne bougea pas ; aussi put-elle le placer à la croisée des chemins que le dieu auguste avait coutume de suivre, selon son désir, sur le Double Pays.

 

Le dieu mordu par le serpent sacré

Le dieu fit son apparition hors des portes de son palais, tandis que les divinités du palais étaient en sa suite, afin de se promener, comme chaque jour. Alors le serpent sacré le mordit, et le feu de la vie sortit de lui, puis l’animal se cacha dans les roseaux. Le dieu ouvrit la bouche et la voix de Sa Majesté atteignit le ciel. Son Ennéade dit : « Qu’est-ce donc ? Qu’est-ce donc ? » ; les dieux dirent : « Quoi donc ? Quoi donc ? » Il ne pouvait leur répondre, ses lèvres tremblaient, ses membres étaient secoués, car le poison avait pris possession de son corps, de même que le grand Nil charrie tout derrière lui.

 

Le grand dieu affermit alors son cœur et il appela ceux qui étaient en sa suite : « Venez à moi, vous qui êtes venus à l’existence hors de mon corps, dieux qui êtes issus de moi, afin que je vous fasse connaître ce qui m’est arrivé. Une chose douloureuse m’a mordu. Mon cœur ne la connaît pas, mes yeux ne l’ont pas vue, ma main ne l’a pas faite. Je ne reconnais en elle aucun des éléments de ma création. Mais je n’ai jamais ressenti une souffrance comme celle-là ; il n’y a rien de plus pénible que cela. Je suis un Souverain, fils de Souverain, une semence divine venue à l’existence comme dieu. Je suis le Grand, fils du Grand, celui dont le nom fut pensé par son père. J’ai beaucoup de noms et beaucoup de formes. Ma forme est aussi en chaque dieu. Je suis celui que l’on appelle Atoum et Horus le loué. Mon père et ma mère m’ont dit mon nom, et je l’ai caché en mon corps hors de portée de mes enfants de peur qu’un pouvoir soit donné à un magicien contre moi. Or je sortais pour voir ce que j’avais créé, je me promenais sur le Double Pays que j’avais fait, lorsqu’une chose me mordit que je ne connais point. Ce n’est pas le feu, ce n’est pas l’eau, mais mon cœur brûle, mon corps tremble et mes membres ont froid. Que mes enfants, les dieux me soient amenés, avec des paroles bénéfiques – les dieux qui savent les formules magiques et dont la connaissance atteint le ciel ».

 

« Je tremble »

Alors les enfants du dieu vinrent à lui, chacun d’eux se lamentant. Isis s’en vint avec son pouvoir et ses incantations magiques, possédant le souffle de la vie, avec ses incantations magiques pour repousser la maladie, avec ses paroles capables de rendre la vie à une bouche qui étouffe. Elle dit : « Qu’est-ce-donc ? Qu’est-ce donc ?  ô mon divin père ! L’un de tes enfants aurait-il levé la tête à ton encontre ? Alors je le ferai tomber grâce à mon pouvoir magique parfait, et je ferai qu’il soit chassé de la vue de tes rayons ».

 

Le dieu auguste ouvrit la bouche : « En vérité, je marchais sur le chemin, je me prosternais dans le Double Pays, mon cœur souhaitant de revoir ce que j’avais créé, lorsque je fus mordu par un serpent que je n’aperçus même point. Ce n’est pas le feu, ce n’est pas l’eau, mais je suis plus froid que l’eau et plus chaud que le feu ; tout mon corps transpire, et je tremble ; mon regard n’est pas ferme, je ne vois plus ; et le ciel fait que l’eau inonde mon visage comme au temps de l’été ».

 

« Dis-moi ton nom »

Isis répondit : « Dis-moi ton nom, mon divin père ! Car un homme revit lorsqu’il est appelé par son nom ».  – « Je suis celui qui a fait le ciel et la terre, qui a lié les montagnes, qui a créé ce qui existe sur eux. Je suis celui qui a fait l’eau, de telle sorte que la vache nommée Mehet-Ouret put venir à l’existence. J’ai fait le taureau pour la vache, de telle sorte que la jouissance sexuelle vînt aussi à l’existence. Je suis celui qui a fait l’empyrée et les mystères des deux horizons, j’ai placé là les ba des dieux. Je suis celui qui fait venir la lumière lorsqu’il ouvre les yeux, et amène l’obscurité lorsqu’il les ferme. L’eau du Nil coule selon son ordre, celui dont les dieux ignorent le nom. Je suis celui qui a fait venir à l’existence les heures et les jours, je suis celui qui a établi la répartition des fêtes de l’année, et qui a créé le fleuve. Je suis celui qui a fait le feu de la vie, afin de donner existence aux œuvres des temples. Je suis Khepri au matin, Rê au zénith, Atoum dans le soir/ »

 

Mais cela n’arrêta pas le poison dans sa course, et le grand dieu ne se remettait point. 

 

Isis dit alors à Rê : « Ton nom n’est pas parmi ceux que tu m’as dits. Dis-le-moi donc, et le poison sortira, car un homme revit lorsque son nom est prononcé ».

 

Le grand dieu divulgua son nom auprès d’Isis

Le poison brûlait de toute sa brûlure, il était plus fort que la cuisson du feu. Alors Rê dit : « Prête-moi tes oreilles, ma fille Isis, de telle sorte que mon nom passe de mon corps dans ton corps. Le plus divin des dieux l’a caché, pour que ma place soit vaste dans le navire des millions d’années. Lorsqu’il sera sorti de mon cœur, dis-le à ton fils Horus, en le liant par un serment divin, en ayant placé Dieu devant son regard ». Et le grand dieu divulgua son nom auprès d’Isis, la Grande Magicienne.

 

« Rê vit, le poison est mort »

« Ecoule-toi, poison du scorpion. Sors de Rê et de l’œil d’Horus ! Sors du dieu, ô brûlant, selon mon incantation ! Je suis celle qui agit et je suis celle qui chasse. Va-t-en dedans la terre, puissant poison ! Vois, le grand dieu a divulgué son nom. Rê vit, le poison est mort ! » - Selon les mots d’Isis, la grande magicienne, la maîtresse des dieux, qui connaît Rê par son nom.

 

Paroles à prononcer sur une image d’Atoum, Horus le loué, une figure d’Isis et une image d’Horus, peintes sur la main du malade et qui doivent être léchées par cet homme. Cela peut être fait aussi sur une bande de lin très fin que l’on placera sur la gorge du malade. Ceci est un procédé pour agir contre le poison du scorpion. Ou bien encore, on pourra agir de même avec de la bière et du vin qui seront bus par l’homme qu’un scorpion a mordu. C’est cela qui détruit le poison. Vraiment efficace, un million de fois.

(Textes sacrés et textes profanes de l’ancienne Egypte II, traductions et commentaires par Claire Lalouette, Connaissance de l’Orient, Gallimard)

 

 

Télécharger le texte de Rê et Isis

 
Analyse synthétique

 

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Published by Duval Etienne
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Diogène 19/10/2010 15:51




Vivre comme Diogène sans superflu


 






Duval Etienne 19/10/2010 13:55



Danièle, votre intuition rejoint un texte très célèbre de Saint Paul.


Texte des Philippiens sur la kénose


 Lui de condition divine,


Ne retint pas jalousement


Le rang qui l’égalait à Dieu.


 


Mais il s’anéantit lui-même,


Prenant condition d’esclave,


Et devenant semblable aux hommes.


 


S’étant comporté comme un homme,


Il s’humilia plus encore,


Obéissant jusqu’à la mort,


Et à la mort sur une croix!


 


Aussi Dieu l’a-t-il exalté,


Et lui a-t-il donné le Nom


Qui est au-dessus de tout nom,


 


Pour que tout, au nom de Jésus,


S’agenouille au plus haut des cieux,


Sur la terre et dans les enfers,


 


Et que toute langue proclame,


De Jésus-Christ, qu’il est Seigneur,


À la gloire de Dieu le Père.


(Philippiens, 2, 6-11)



Danièle Petel 19/10/2010 13:46



Lâcher le superflu


 


Merci Etienne, pour avoir souligner le rapprochement que l’on peut faire entre les 99 plus beaux Noms d'Allah et ceux évoqués par François d’Assise. Lien que l’on
pourrait peut être étendre la quête d’Isis : Dans sa recherche d’origine, de racines et de finalité "Le Nom". La phrase prononcée par Isis me semble être une invitation au "Divin Père" à lâcher
le superflu. Pour enfin retrouver sa véritable essence divine. Un seul nom évoqué par Mohamed ou François d'Assise y suffirait? Le plus humble serait il, entraînerait à sa suite les autres noms.
Mots clé irréfutable provoquant une ouverture vers la voix (ou et) la voie "Comme une enluminure en début d’un texte" Voici une légende que vous publiez peut être. Pour le cas ou "lâcher le
superflu" semblerait être un encouragement à une exaltation unique vers l’esprit ou bien, une exaltation unique vers la matière. Jadis le ciel et la terre n’étaient pas encore distincts et les
principes mâles et femelles n’étaient pas séparés non plus. Tout n’était qu’une seule masse informe, semblable à un oeuf, dont l’étendue est inconnue et qui contenait le principe de vie. Puis
l’essence la plus ténue, la plus pure, s’élevant peu à peu, forma le ciel (l’esprit); la partie la plus lourde s’abaissa et devint la terre (la matière). L’élément le plus léger s’unifia
promptement, mais le plus lourd ne s’assembla qu’avec lenteur et difficulté. « C’est pourquoi le ciel fut formé le premier, la terre en second et plus tard les Kami (divinités) furent engendrés
dans l’espace qui les séparait. Ici, la divinité ne peut apparaître qu’à l’intérieur de cet espace qui tient à distance le ciel pur, évidemment et la terre forcément lourde… »Danièle



Duval Etienne 18/10/2010 15:23



Le village sans nom


 


Un village qui n’avait pas de nom empêchait la vie de se développer. Les femmes ne pouvaient avoir d’enfants et tout convergeait vers la mort jusqu’au
jour où un oiseau accompagna, dans la brousse, le chant d’une jeune femme. Intriguée, elle lui demanda son nom. Mais l’oiseau espiègle la renvoya à elle-même en lui demandant le nom de son
village. C’en était trop : elle lui tira une pierre et l’oiseau tomba mort sur le sol. Sans doute fit-on de belles funérailles au laro, qui était un oiseau marabout. Mais en fait il avait
offert sa vie pour donner son nom au village. Et alors le village se peupla d’enfants et retentit de mille chansons. Et si le vieux Rê, au seuil de son existence, avait voulu donner son nom à
Isis, pour que la vie du Grand dieu puisse se perpétuer chez les descendants de la déesse et notamment chez son fils Horus ?


 


Il était une fois un village qui n’avait pas de nom. Personne ne l’avait jamais présenté au monde. Personne n’avait jamais présenté la parole par laquelle une somme
de maisons, un écheveau de ruelles, d’empreintes, de souvenirs sont désignés à l’affection des gens et à la bienveillance de Dieu. On ne l’appelait même pas « le village sans nom », car
ainsi nommé, il se serait aussitôt vêtu de mélancolie, de secret, de mystère, d’habitants crépusculaires, et il aurait pris place dans l’entendement des hommes. Il aurait eu un nom. Or, rien ne
le distinguait des autres, et pourtant il n’était en rien leur parent, car seul il était dépourvu de ce mot sans lequel il n’est pas de halte sûre. Les femmes qui l’habitaient n’avaient pas
d’enfants. Personne ne savait pourquoi. Pourtant nul n’avait jamais songé à aller vivre ailleurs, car c’était vraiment un bel endroit que ce village. Rien n’y manquait et la lumière y était
belle.


 


Or, il advint qu’un jour une jeune femme de cette assemblée de cases s’en fut en chantant par la brousse voisine. Personne, avant elle, n’avait eu l’idée de laisser
aller ainsi les musiques de son coeur. Comme elle ramassait du bois et cueillait des fruits, elle entendit soudain un oiseau répondre à son chant dans le feuillage. Elle leva la tête, étonnée,
contente. « Oiseau, s’écria-t-elle, comme ta voix est heureuse et bienfaisante ! Dis-moi ton nom que nous le chantions ensemble ! » L’oiseau voleta de branche en branche parmi
les feuilles bruissantes, se percha à portée de main et répondit : « Mon nom, femme ? Qu’en feras-tu quand nous aurons chanté ? – Je le dirai à ceux de mon village. – Quel est
le nom de ton village ? – Il n’en a pas, murmura-t-elle, baissant le front. - Alors, devine le mien ! » lui dit l’oiseau dans un éclat moqueur. Il battit des ailes et s’en fut. La
jeune femme, piquée au coeur, ramassa vivement un caillou et le lança à l’envolé. Elle ne voulait que l’effrayer. Elle le tua. Il tomba dans l’herbe, saignant du bec, eut un sursaut misérable et
ne bougea plus. La jeune femme se pencha sur lui, poussa un petit cri désolé, le prit dans sa main et le ramena au village.


 


Au seuil de sa case, les yeux  mouillés de larmes, elle le montra à son mari. L’homme fronça les sourcils, se renfrogna et dit : « Tu as
tué un laro. Un oiseau-marabout. C’est grave ». Les voisins s’assemblèrent autour d’eux, penchèrent leur front soucieux sur la main ouverte où gisait la bestiole. « C’est en effet un
laro, dirent-ils. Cet oiseau est sacré. Le tuer porte malheur. – Que puis-je faire homme, que puis-je faire ? » gémit la femme, tournant partout la tête, baisant le corps sans vie,
essayant de le réchauffer contre ses lèvres tremblantes. « Allons voir le chef du village, dit son mari. »


 


Ils y furent, femmes, époux et voisins. Quand la femme eut conté son aventure, le chef du village catastrophé dit à tous : « Faisons-lui de belles
funérailles pour apaiser son âme. Nous ne pouvons rien d’autre. Trois jours et trois nuits, on battit le tam-tam funèbre et l’on dansa autour de l’oiseau marabout. Puis on le pria de ne point
garder rancune du mal qu’on lui avait fait, et on l’ensevelit.


 


Six semaines plus tard, la femme qui avait la première chanté dans la brousse et tué le laro se sentit un enfant dans le ventre. Jamais auparavant un semblable
événement n’était survenu au village. Dès qu’elle l’eut annoncé, toute rieuse, sous l’arbre au vaste feuillage qui ombrageait la place, on voulut fêter l’épouse féconde et l’honorer comme une
porteuse de miracle. Tous, empressés à la satisfaire, lui demandèrent ce qu’elle désirait. Elle répondit : « L’oiseau-marabout est maintenant enterré chez nous. Je l’ai tué parce que
notre village n’avait pas de nom. Que ce lieu où nous vivons soit donc appelé Laro, en mémoire du mort. C’est là tout ce que je veux. – Bien parlé, dit le chef du village ». On fit des
galettes odorantes, on but jusqu’à tomber dans la poussière et l’on dansa jusqu’à faire trembler le ciel.


 


La femme mit au monde un fils. Alors toutes les épouses du village se trouvèrent enceintes. Les ruelles et la brousse alentour s’emplirent bientôt de cris
d’enfants. Et aux voyageurs fourbus qui vinrent (alors que nul n’était jamais venu) et qui demandèrent quel était ce village hospitalier où le chemin du jour les avait conduits, on répondit
fièrement : « C’est celui de Laro ». A ceux qui voulurent savoir pourquoi il était ainsi nommé, on conta cette histoire. Et à ceux qui restèrent incrédules et exigèrent la vérité,
on prit coutume de dire : « D’abord fut le chant d’une femme. Le chant provoqua la question. La question fit surgir la mort. La mort fit germer la vie. La vie mit au monde le
nom ». (Conte africain, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)


 


 


 


 


 




Duval Etienne 16/10/2010 21:57



Le nom et le visage


Personnellement je ressens l’utilisation du il ou elle comme une exclusion de la personne. Si appeler quelqu’un par son nom le fait vivre, le désigner par il ou par elle apparaît comme le refus
de lui donner la vie une seconde fois, de lui reconnaître sa place dans la société. Le il ou le elle utilisés seuls nous livrent un homme ou une femme sans visage. Le nom et surtout le prénom
sont une manière de rendre visible le visage de l’autre.



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