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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 18:27

La cour de Louis XIV

 

 

De l’idéologie à la vérité

 

Très fréquemment les progrès de la société et des individus sont constitués par un passage de l’idéologie à la vérité. Pour illustrer ce passage nous utiliserons le très beau conte arabe, intitulé « Le secret ». Ici, c’est le roi qui fait son passage, éclairé par un mendiant plein de sagesse, devenu son conseiller. Par ailleurs, en 1970, Althusser avait écrit, dans « La Pensée », n° 151, un article, qui reste, aujourd’hui encore, une référence essentielle : « Idéologie et appareils idéologiques d’Etat ». Pour tenter de jalonner le parcours que chacun est appelé à faire, nous nous situerons entre le conte et le texte théorique.

 

L’idéologie ou le règne de la sécurité

L’idéologie est le système de représentations que voudrait inculquer au peuple le grand vizir. Il s’agit d’assurer la sécurité des groupes et des individus. Sans doute la sécurité est-elle une exigence importante. Mais, lorsqu’elle détermine et surdétermine le mode de penser et la démarche politique, elle devient mortifère. Le but des groupes terroristes consiste souvent à nous affaiblir en nous enfermant dans l’idéologie.  Le souffle qui devrait animer la vie d’une nation ou d’un groupe de nations disparaît et nous sommes tous assignés à résidence sous la tutelle d’un Ministre de l’intérieur plus ou moins tout-puissant.

 

La sauvegarde et la multiplication des cordons ombilicaux

 Pour assurer la survie d’un enfant qui vient de naître, il est urgent de couper les cordons ombilicaux. Le bébé ne peut pas vivre fixé sur la mère même si la tentation est toujours grande, au cours de la vie, de retourner dans le calme et la paix du sein maternel, qui inspire les utopies sur le paradis perdu. Or l’idéologie voudrait nous empêcher de naître et de vivre. Il faut rester à l’ombre du roi pour avoir ses faveurs à court et à long terme. Alors, chaque fois qu’un problème se pose, les responsables politiques font voter une loi, pour faire prévaloir l’assurance sur la prise de risque. On pensait que la loi était pour le bien de tous : elle ne fait que légitimer un rapport de force à un moment donné, sous prétexte d’assurer la sécurité.

 

L’assujettissement ou le système de la Cour

 L’homme ou le prétendu citoyen ne sont que des sujets par procuration. Non seulement dans le royaume de Mahmoud mais aussi dans nos républiques actuelles, les cours se constituent avec des cercles concentriques. Plus je suis  proche du pouvoir et plus j’aurai de chances de recevoir la manne qui me fera vivre ou prospérer. Chacun joue des coudes pour entrer dans les préférences du « monarque ». Il faut faire allégeance pour recevoir l’autorisation d’exister. Ici, l’idéologie qui se développe avec l’assentiment des citoyens, conduit à l’assujettissement. Aussi la véritable parole tend-elle à disparaître ; elle est remplacée par la communication. Et le secret de la chambre basse, qui permet à Ayaz d’être soi-même, laisse la place à l’illusion de la transparence. 

 

La reproduction

 Dans un tel contexte, les hommes sont appelés à tourner en rond. La vie qui invente la vie s’arrête parce que le souffle qui l’anime ne peut plus produire de nouveauté. A défaut d’invention, la société devient la championne de la reproduction et de la standardisation. Et la pensée qui asphyxie cède le pas à une technocratie apparemment beaucoup plus efficace. Pendant ce temps, les hommes et les femmes de la Cour  bavardent avec brio mais l’éclat apparent de leurs mots d’esprit ne fait que masquer le vide de leur vie qui tourne en rond. Aussi la maladie mentale est-elle à la porte. C’est ce que met en évidence un conte que beaucoup trouvent anodin : il s’agit des « Trois fileuses ». La jeune femme qui veut gagner l’estime du fils du roi s’appuie sur le savoir faire de trois personnes, pleines d’expérience, qui font le travail à sa place. Au bout de quelques mois, elle finit par perdre la mémoire et s’enfonce dans la mélancolie jusqu’au jour où, grâce à son futur mari, elle prend conscience du côté burlesque d’une vie sans inventivité ; le rire lui sert alors de déclic pour entrer dans une existence sans cesse porteuse de nouveauté.

 

La vérité ou le pari de la liberté

 Comme dans le conte, il arrive un moment où le voile se déchire, ouvrant ainsi l’espace de la vérité. La recherche de la sécurité apparaît tout à coup trompeuse ; elle engendre en effet une violence arbitraire qui opprime la société et les individus. Œdipe, victime de l’idéologie, qui l’a empêché de voir la réalité telle qu’elle est, se crève les yeux pour entrer dans la pensée et dans la dynamique de la parole, plus proche de la dynamique de la vie. Et il aura fallu que le roi soit poussé dans le jeu idéologique du vizir, qui brise les individus, pour comprendre que la vérité est ailleurs, dans la chambre secrète du conseiller suspect ; elle n’est pas dans la recherche de la sécurité, elle est dans le pari de la liberté.

 

Le renoncement aux cordons ombilicaux

 Sous prétexte de promouvoir la sécurité, les cordons ombilicaux entravent le développement des individus. C’est en effet la première découverte de celui qui s’aventure sur le chemin de la vérité. Ayaz, le mendiant, a toujours refusé de s’enfermer dans la Cour, qui lui était hostile. Dans sa cellule, il n’y avait rien si ce n’est sa tunique déchirée, son bâton et son bol de mendiant. Il avait renoncé à tous les cordons ombilicaux pour entrer dans le manque, qui est le moteur de tous les désirs et en particulier du désir de liberté et de vérité. Chacun comprend sans peine qu’il faut cesser de bloquer les individus et la société par des garde-fous, des protections, des règlements et des lois inutiles, et même par un amour dépassé, pour mettre en marche les moteurs qui font avancer. A ce niveau, la vérité est pleine de violence et sans pitié, car elle dénonce toutes les béquilles de la bonne conscience, qui contrarie la véritable liberté.

 

Le primat du sujet responsable

 Le roi Mahmoud devient responsable lorsqu’il est mis en face de la vérité. En baisant le bas du manteau d’Ayaz, il devient sujet à part entière. Dans les révolutions récentes, c’est bien le primat du sujet responsable  que les insurgés revendiquent en découvrant les leurres dans lesquels les gouvernants les avaient enfermés. Et le malade psychique apprend, au cours de la cure thérapeutique, qu’il ne doit pas tricher avec ses ressentis, avec ses violences retenues, avec ses désirs frustrés, s’il veut, un jour, découvrir la liberté du corps et de l’esprit, c’est-à-dire la pleine liberté du sujet.

 

Le chemin vers la création

 La vérité est un chemin et elle mène à la création, car elle est l’alliée intime de la vie en mouvement. Dans le mythe d’Hiram, cher aux francs-maçons, les compagnons voudraient entendre du maître les secrets de la vérité, qui mène à la création du temple intérieur. Mais le maître ne peut leur livrer le message qu’ils sollicitent ; en effet, le secret est dans le constat que la vérité est un chemin inventé au cours de la vie de chacun. Il paiera de sa vie sa fidélité à la vérité, qui amène tout homme à inventer sa vie, c’est-à-dire à entrer dans le mystère de la création présent au cœur de la vie elle-même. En fait, sa propre vie a moins de prix que la vérité, qui vise finalement un certain dépassement de la mort.

 

La parole est dans le passage de l’idéologie à la vérité

Notre cheminement vers la vérité nous conduit au secret de la parole elle-même. C’est elle qui fait passer de l’idéologie à la vérité. Tout est dit dans l’échange entre le conseiller mendiant et le roi : « Tu n’as pas le droit d’être ici. Ici commence le royaume des pèlerins perpétuels. Mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ? – Pardonne-moi, dit le conquérant ». Devant l’esclave, il s’inclina et baisa le pan de son manteau ». Nous voyons ici que prendre la parole, au sens fort du terme, est un acte révolutionnaire ; il montre au maître qu’il est en réalité un esclave (de l’idéologie) et que l’esclave, dans l’enfermement de sa chambre basse, a acquis la maîtrise de la parole, qui libère en conduisant à la vérité. 

 

Le secret

 

Où se tenait Mahmoud, était Ayaz. Où souffrait Ayaz, souffrait Mahmoud. Il n’était pas au monde d’amis plus proches, ni plus soucieux l’un de l’autre. Pourtant, Mahmoud était roi et Ayaz son esclave.  « Ayaz à la blanche poitrine » : ainsi l’appelait-on, car il était d’une beauté parfaite. Il était arrivé en guenilles de vagabond dans la ville où régnait le conquérant superbe et redouté. Il avait longtemps cheminé, sans cesse assoiffé par la poussière des déserts, et plus encore par l’increvable désir d’atteindre un jour la lumière qu’il sentait brûler dans le fond secret de son âme, au-delà de toute souffrance. Mahmoud l’avait rencontré sur les marches de son palais et l’avait pris à son service, séduit par son visage et son regard de diamant noir. De cet errant misérable venu du fin fond des chemins, il avait goûté les paroles simples et jamais basses. Il avait fait de lui son conseiller. Il en fit un jour son frère de coeur.

 

Alors ses courtisans s’émurent. Que cet esclave leur soit préféré les scandalisa si rudement qu’ils complotèrent sa perte et se mirent à épier ses moindres gestes. Le vizir attacha quelques sbires discrets à sa surveillance. Un soir, lui fut rapportée une incompréhensible bizarrerie dans le comportement de cet homme qu’il détestait. Il s’en fut aussitôt à la haute salle au dallage de marbre où déjeunait Mahmoud, et s’inclinant devant le souverain terrible : « Majesté, lui dit-il, tu n’ignores pas que, pour ta précieuse sécurité, je fais surveiller tous les mortels, humbles ou fortunés, à qui tu accordes le privilège de ton incomparable présence. Or, il me parvient à l’instant d’inquiétantes informations sur Ayaz, ton esclave. Chaque jour, après avoir quitté la Cour, il va s’enfermer seul dans une chambre basse au fond d’un couloir obscur. Nul ne sait ce qu’il y trame. Quand il en sort, il prend soin de verrouiller la porte. A mon avis, il cache là quelque secret inavouable. Je n’ose penser, quoique ce soit possible, qu’il y rencontre de ces disgraciés, qui n’ont de désir que de te nuire. « Ayaz est mon ami lui répondit Mahmoud. Tes soupçons sont absurdes. Ils ne salissent que toi. Va-t’en ! » Il se renfrogna. Le vizir se retira discrètement satisfait : quoi qu’en dise le roi, son âme était troublée. Mahmoud, demeuré seul, resta, un moment pensif, puis fit appeler Ayaz et lui demanda, avant même de l’avoir embrassé : « Frère, ne me caches-tu rien ? – Rien, Seigneur, répondit Ayaz en riant. – Et si je te demandais ce que tu fais dans la chambre où tu vas tous les soirs, me le dirais-tu ? » Ayaz baissa la tête et murmura : « Non, Seigneur ». Le coeur de Mahmoud s’obscurcit. Il dit : « Ayaz es-tu fidèle ? – Je le suis, Seigneur ». Le roi soupira. « Laisse-moi, dit-il. » Il ne put trouver la paix.

 

Le soir venu, quand Ayaz sortit de sa chambre secrète, il se trouva devant Mahmoud, son vizir et sa suite dans le couloir obscur. « Ouvre cette porte, lui dit le conquérant. » L’esclave serra la clef dans son poing et, remuant la tête, refusa d’obéir. Alors Mahmoud le prit aux épaules et le gronda : « Si tu ne me laisses pas entrer dans cette chambre, la confiance que j’ai en toi sera morte. Veux-tu cela ? Veux-tu que notre amitié soit à jamais défaite ? Ayaz baissa le front. La clef qu’il tenait glissa de sa main et tomba sur le dallage. Le vizir la ramassa, ouvrit la porte. Mahmoud s’avança dans la pièce obscure. Elle était vide et aussi humble qu’une cellule de serviteur. Au mur pendait un manteau rapiécé, un bâton et un bol de mendiant. Rien d’autre. Comme le roi restait muet devant ces guenilles, Ayaz lui dit : « Dans cette chambre, je viens tous les jours pour ne pas oublier qui je suis : un errant en ce monde. Seigneur, tu me combles de faveurs, mais sache que mes seuls biens véritables sont ce manteau troué, ce bâton et ce bol de mendiant. Tu n’as pas le droit d’être ici. Ici commence le royaume des pèlerins perpétuels. Mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ? – Pardonne-moi, dit le conquérant ». Devant l’esclave, il s’inclina et baisa le pan de son manteau. (Conte arabe, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)

 

 Etienne Duval

 

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commentaires

D
<br /> <br /> Du Yi Qing à la théorie de l’inconscient<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai toujours été subjugué par le Yi Qing et c’est peut-être, comme tu le dis, la réflexion sur l’idéologie, qui permet d’en percevoir l’originalité et<br /> l’opportunité. L’idéologie est toujours là, prête à orienter la réflexion et l’action. Or le choix du hasard comme stratégie de départ m’oblige à décrocher de tous mes a priori pour me laisser<br /> guider par l’observation, l’écoute et le diagnostic basé sur une démarche rationnelle. Je trouve ta proposition assez astucieuse.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour moi, le travail sur le mythe d’Œdipe m’a permis de comprendre que les individus et les sociétés sont guidés sans le savoir par l’inconscient, qui structure nos<br /> comportements et nos réflexions. Nous aurions là l’origine fondamentale de l’idéologie qui nous conduit dans l’existence à notre insu. Pour ouvrir un espace au sujet, il semble essentiel de<br /> rechercher sur quels systèmes nous fonctionnons individuellement et collectivement, de repérer quelles sont ces structures inconscientes qui rythment nos existences sans que nous le sachions,<br /> pour échapper au destin et conquérir notre liberté.<br /> <br /> <br /> Sans doute, la vérité du comportement est-elle dans un croisement des deux démarches, celle que tu mets en évidence et celle que je propose.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Contre les idéologies savoir associer le hasard, l’observation et la logique<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Voici donc un article pour lequel le blog fonctionne bien : « 70 commentaires » et des longs, qui dit mieux ? J’hésitais à en rajouter….. mais j’ai quand même envie<br /> de dire ceci qui à mon avis manque :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Plutôt que dans la recherche de la vérité, de la justice qui restent des idéaux inaccessibles, la parade à l’idéologie ne serait-elle pas dans l’exercice d’une<br /> attitude d’observation, d’écoute, de diagnostic, aussi détachée que possible des idéologies, des préjugés, des « a-priori »  qui nous encombrent et cela pour chaque événement,<br /> chaque décision, chacun de nos choix, chacune de nos directions à prendre. Cette attitude qui exige une discipline difficile et constante étant suivie d’une action, motivée essentiellement par<br /> l’observation et non par une idéologie imposée de l'extérieur. Bien sûr, nos actions seront quand même conditionnées par ce que nous croyons juste (juste comme justesse, plutôt que comme justice)<br /> et cela ressemble à de l’idéologie, mais plus nous ferons nôtres ces préalables, plus nous ouvrirons large nos yeux et nos oreilles, moins nous céderons aux modes, dictats médiatiques, religieux<br /> ou politiques pour au contraire écouter, voir en notre cerveau et notre cœur, et moins nous serons soumis aux idéologies.<br /> <br /> <br /> J’ai mis très longtemps à comprendre et encore plus à admettre la justesse du fonctionnement de départ du « Yi Qing » chinois, considéré à tort par notre idéologie<br /> occidentale comme un ouvrage de divination, alors qu’il est en fait un « recueil de stratégies ». Dans ce processus de recherche d’une stratégie adaptée à chaque cas particulier de décision à<br /> prendre, le choix de départ est en quelque sorte laissé au hasard (choix d’un hexagramme), mais la suite se développe très logiquement. Comme si, avant tout il fallait assurer un choix initial<br /> libre de préjugés. Comme si les anciens Chinois avaient compris qu’aucun choix personnel n’est libre vis à vis des idéologies, des préjugés, des a-priori et que mieux valait, tout compte fait,<br /> s’en remettre au hasard.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je crois bien qu’on appelle cela « être pragmatique ».<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La vérité n’est pas soumise aux intérêts particuliers<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il est possible que l’article soit compliqué. En tout cas, c’est ton point de vue et je ne souhaite pas  défendre absolument le contraire. Mais il<br /> y a quelque chose qui n’est pas forcément apparent et va un peu à l’encontre des principes cartésiens. Je me situe le plus souvent dans l’ordre du symbolique et j’essaie alors de respecter la<br /> structure propre au symbolique, qui parle non seulement au conscient mais aussi à l’inconscient.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il est vrai que la prise de parole n’est pas toujours un acte révolutionnaire car il y a parole et parole. Elle l’est lorsque les peuples se révoltent contre la<br /> tyrannie. Elle l’est plus fondamentalement au sens où la vraie parole est l’affirmation d’un sujet. Le sujet est porteur d’un absolu, qui pose une limite aux pouvoirs de toute nature.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sur le principe de précaution, je suis d’accord avec toi, dans les cas que tu cites car nous avons une certaine responsabilité à l’égard de la nature, de la terre<br /> et des générations qui nous suivent. Quand je parle d’idéologie, je veux souligner les représentations du monde et de la société qui vont dans le sens de l’intérêt de quelques-uns, lié à certains<br /> rapports de forces, à un moment donné,  et non pas dans le sens de l’intérêt général. Le souci de la nature, de la terre et des générations futures va dans le sens de l’intérêt<br /> général. Mais il y a beaucoup de précautions qui infantilisent l’homme et le citoyen.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Un article bien compliqué<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'ai lu ton fichier relatif à la VÉRITÉ. Je trouve tout cela compliqué.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis d'accord avec l'affirmation selon laquelle le manque est à l'origine des désirs. Par contre, il me semble que la prise de parole n'est pas systématiquement<br /> un acte révolutionnaire, bien au contraire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Quid du principe de précaution qui fait obstacle à la prise de risque et à une certaine liberté, lequel est souvent appliqué dans notre société actuelle mais pas<br /> systématiquement du fait des besoins de la société? Je le trouve cependant opportun cpte tenu des dangers que constitue l'exercice de certaines activités (nucléaire, OGM, emploi inconsidéré des<br /> pesticides, etc.....)<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> <br /> Lit de Procuste,<br /> <br /> <br /> OGM et supranationalisme européen<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> observatoiredeleurope.com<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Idéologie, toute-puissance, idolâtrie<br /> <br /> <br /> Si j’ai bien compris, il y a un moment où l’idéologie peut se transformer en idolâtrie lorsque le pouvoir en place devient la norme de toute vérité. C’est peut être<br /> contre cette tragique déviation que certains peuples arabes se rebellent pour affirmer le primat du sujet, qui ne fait bon ménage avec aucune des formes du totalitarisme. Comme semble l’exprimer<br /> Paul Diel, le sujet ne peut pas être réduit à une mesure conventionnelle, qui imposerait qu’on coupe les pieds des uns et qu’on allonge le corps des autres pour être en conformité avec la norme<br /> imposée.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> De l’idéologie à la tyrannie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Robespierre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Robespierre, le 8 juin 1794 en ce dimanche de Pentecôte, conduit la première fête en l'honneur de l'Être suprême nouvelle<br /> divinité sans nom et sans visage. Robespierre marche en tête d'un cortège magnifique, un bouquet de fleurs et d'épis à la main. Le ridicule de la cérémonie suscite des ricanements dans la foule<br /> et dans son entourage. En effet notre incorruptible Robespierre dés le mois d’avril de cette année 1794 a recours à la Terreur contre les citoyens suspects de tiédeur révolutionnaire.<br />  Mais il ne veut tout de même pas priver le petit peuple de références religieuses et morales car il caresse l'idéal d’asseoir son autorité sur une société vertueuse,<br /> démocratique et égalitaire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Persistance du SYNDROME AUTORITAIRE (Nadine Picaudou)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Extrait<br /> <br /> <br /> Le projet totalitaire se distingue du simple régime autoritaire sur deux points fondamentaux : d’une part il ne vise pas seulement à dominer et à encadrer une<br /> société mais à la détruire, à en briser l’autonomie, à effacer la frontière entre système politique et société civile, entre privé et public. D’autre part, le totalitarisme est porteur d’une<br /> vision idéologique, d’un projet de transformation de la société et de construction d’un homme nouveau.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> SYNDROME de Procuste<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Brigand de la mythologie grecque qui attaquait les voyageurs: il étendait les grands sur un petit lit et coupait les pieds qui dépassaient ; il étendait les petits<br /> sur un grand lit et les étirait, jusqu'à ce qu'ils aient atteint la mesure du lit. Il réduisait quiconque passait à sa portée aux dimensions voulues. C'est le symbole de la banalisation, de la<br /> réduction de l'âme à une mesure conventionnelle (Paul Diel). C'est la perversion de l'idéal en conformisme.. C'est un symbole de cette tyrannie éthique et intellectuelle exercée par les personnes<br /> qui ne tolèrent les actions et les jugements d'autrui qu'à la condition qu'ils soient conformes à leurs propres critères. Symbole du tyran totalitaire, qu'il soit un homme, une femme, un parti ou<br /> un régime.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La vraie modernité et le retour aux textes d’origine<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis heureux de retrouver chez Nadine Picaudou une idée qui est à l’origine de ce blog et de tous les travaux effectués avec d’autres sur les mythes fondateurs.<br /> La modernité se construit à partir d’une relecture et donc d’une réinterprétation des textes d’origine. Et cela est d’autant plus nécessaire que les siècles passés, tout au moins les plus<br /> récents, ont souvent analysé les mythes et tous les récits symboliques comme s’il s’agissait de récits historiques. Une telle démarche conduit naturellement à une falsification de la vérité en<br /> idéologie et fréquemment à des pratiques idolâtriques.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Voilà un ouvrage qui bat en brèche l'idée selon laquelle l'islam serait par nature une religion plus politique les autres. On ne peut en effet, rappelle l'auteure,<br /> l'assimiler à sa version politique radicale. Et même l'analyse de l'islam comme idéologie politique nous montre que celui-ci est plus divers et plus complexe qu'il n'y paraît.<br /> <br /> <br /> Nadine Picaudou, historienne, remet en cause de manière systématique les idées reçues sur le rapport à la modernité du monde musulman, en concentrant son analyse<br /> sur la fin du XIXe siècle et le début du XXe.<br /> <br /> <br /> Nous découvrons ainsi qu'entre 1895 et 1911 en Egypte, au sein de la célèbre école coranique Al-Azhar, le modèle ancien de la madrasa est peu à peu<br /> remplacé par le modèle moderne de l'université. Une entreprise de réforme de l'islam traverse aussi les pays musulmans durant cette période, s'appuyant sur une démarche de retour aux<br /> textes.<br /> <br /> <br /> Est-ce pour autant du "fondamentalisme" au sens où on l'entend habituellement? La modernité occidentale, rappelle l'auteure, ne s'est jamais construite sur le déni<br /> de la tradition mais sur sa relecture. Un ouvrage extrêmement érudit et éclairant, d'une grande rigueur intellectuelle.<br /> <br /> <br /> L'islam entre religion et idéologie. Essai sur la modernité musulmane, Par Nadine Picaudou<br /> Ed. Gallimard (310 p., 21 euros).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Alternatives internationales<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> <br /> Louis Althusser<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> Or je reprends. ici une thèse que j'ai déjà avancée ce n’est pas leurs conditions d'existence réelles, leur monde réel, que les « hommes »<br /> « se représentent » dans l'idéologie, mais c'est avant tout leur rapport à ces conditions d'existence qui leur y est représenté. C'est ce rapport qui est au centre de toute<br /> représentation idéologique, donc imaginaire du monde réel. C'est dans ce rapport que se trouve contenue la « cause » qui doit rendre compte de la déformation imaginaire de la<br /> représentation idéologique du monde réel. Ou plutôt, pour laisser en suspens le langage de la cause, il faut avancer la thèse que c'est la nature imaginaire de ce rapport qui soutient<br /> toute la déformation imaginaire qu'on peut observer (si on ne vit pas dans sa vérité) dans toute idéologie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour parler un langage marxiste, s'il est vrai que la représentation des conditions d'existence réelle des individus occupant des postes d'agents de la<br /> production, de l'exploitation, de la répression, de l'idéologisation et de la pratique scientifique, relève en dernière instance des rapports de production, et des rapports dérivés des rapports<br /> de production, nous pouvons dire ceci : toute idéologie représente, dans sa déformation nécessairement imaginaire, non pas les rapports de production existants (et les autres rapports qui en<br /> dérivent), mais avant tout le rapport (imaginaire) des individus aux rapports de production et aux rapports qui en dérivent. Dans l'idéologie est donc représenté non pas le système des rapports<br /> réels qui gouvernent l'existence des individus, mais le rapport imaginaire de ces individus aux rapports réels sous lesquels ils vivent.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> S'il en est ainsi, la question de la « cause » de la déformation imaginaire des rapports réels dans l'idéologie tombe, et doit être remplacée<br /> par une autre question : pourquoi la représentation donnée aux individus de leur rapport (individuel) aux rapports sociaux qui gouvernent leurs conditions d'existence et leur vie collective<br /> et individuelle, est-elle nécessairement imaginaire ? Et quelle est la nature de cet imaginaire ? Ainsi posée la question évacue la solution par la « clique » [1] d'un groupe d'individus (Curés ou Despotes) auteurs de la grande mystification idéologique, ainsi que la solution par le caractère aliéné du monde<br /> réel. Nous allons voir pourquoi dans la suite de notre exposition. Pour l'instant, nous n'allons pas plus loin.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://classiques.uqac.ca/contemporains/althusser_louis/ideologie_et_AIE/ideologie_et_AIE.html<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> [1]     J'emploie à dessein ce terme très moderne. Car, même en milieux communistes, « l'explication » de telle déviation politique (opportunisme de droite ou de gauche) par<br /> l'action d'une « clique » est malheureusement monnaie courante.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Idéologie et appareils idéologiques d’État.<br /> (Notes pour une recherche de Louis Althusser)”. [1]<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Thèse I :<br /> L'idéologie représente le rapport imaginaire des individus à leurs conditions réelles d'existence.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> On dit communément de l'idéologie religieuse, de l'idéologie morale, de l'idéologie juridique, de l'idéologie politique, etc., que ce sont autant de<br /> « conceptions du monde ». Bien entendu, on admet, à moins de vivre l'une de ces idéologies comme la vérité (par exemple si on « croit » à Dieu, au Devoir, à la Justice, etc.)<br /> que l'idéologie dont on parle alors d'un point de vue critique, en l'examinant comme un ethnologue les mythes d'une « société primitive », que ces « conceptions du monde »<br /> sont en grande partie imaginaires, c'est-à-dire ne « correspondent pas à la réalité ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pourtant tout en admettant qu'elles ne correspondent pas à la réalité, donc qu'elles constituent une illusion, on admet qu'elles font allusion à la<br /> réalité, et qu'il suffit de les « interpréter » pour retrouver, sous leur représentation imaginaire du monde, la réalité même de ce monde (idéologie =<br /> illusion/allusion).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il existe différents types d'interprétation, dont les plus connus sont le type mécaniste, courant au XVIIIe siècle (Dieu c'est la<br /> représentation imaginaire du Roi réel), et l'interprétation « herméneutique », inaugurée par les premiers Pères de l'Église et reprise par Feuerbach et l'école<br /> théologico-philosophique issue de lui, par exemple le théologien Barth, etc. (pour Feuerbach par exemple, Dieu c'est l'essence de l'Homme réel). Je vais à l'essentiel en disant que, sous la<br /> condition d'interpréter la transposition (et l'inversion) imaginaire de l'idéologie, on aboutit à la conclusion que dans l'idéologie « les hommes se représentent sous une forme imaginaire<br /> leurs conditions d'existence réelles ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cette interprétation laisse malheureusement en suspens un petit problème : pourquoi les hommes « ont-ils besoin » de cette transposition<br /> imaginaire de leurs conditions réelles d'existence, pour « se représenter » leurs conditions d'existence réelles ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La première réponse (celle du XVIIIe siècle) propos une solution simple : c'est la faute aux Curés ou aux Despotes. Ils ont « forgé » de<br /> Beaux Mensonges pour que, croyant obéir à Dieu, les hommes obéissent en fait aux Curés ou aux Despotes, le plus souvent alliés dans leur imposture, les Curés étant au service des Despotes ou vice<br /> versa, selon les positions politiques desdits « théoriciens ». Il y a donc une cause à la transposition imaginaire des conditions d'existence réelle : cette cause, c'est<br /> l'existence d'un petit nombre d'hommes cyniques, qui assoient leur domination et leur exploitation du « peuple », sur une représentation faussée du monde qu'ils ont imaginée pour<br /> s'asservir les esprits en dominant leur imagination.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La seconde réponse (celle de Feuerbach, reprise mot pour mot par Marx dans ses œuvres de jeunesse) est plus « profonde », c'est-à-dire tout<br /> aussi fausse. Elle cherche et trouve, elle aussi, une cause à la transposition et à la déformation imaginaire des conditions d'existence réelles des hommes, bref à l'aliénation dans l'imaginaire<br /> de la représentation des conditions d'existence des hommes. Cette cause, ce ne sont plus ni les Curés, ni les Despotes, ni leur propre imagination active, et l'imagination passive de leurs<br /> victimes. Cette cause, c'est l'aliénation matérielle qui règne dans les conditions d'existence des hommes eux-mêmes. C'est ainsi que Marx défend dans la Question juive et ailleurs l'idée<br /> feuerbachienne que les hommes se font une représentation aliénée (= imaginaire) de leurs conditions d'existence parce que ces conditions d'existence sont elles-mêmes aliénantes (dans les<br /> Manuscrits de 44 : parce que ces conditions sont dominées par l'essence de la société aliénée : le « travail aliéné »).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Toutes ces interprétations prennent donc à la lettre la thèse qu'elles supposent, et sur laquelle elles reposent, à savoir que ce qui est reflété dans<br /> la représentation imaginaire du monde qu'on trouve dans une idéologie, ce sont les conditions d'existence des hommes donc leur monde réel.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Or je reprends. ici une thèse que j'ai déjà avancée ce n’est pas leurs conditions d'existence réelles, leur monde réel, que les « hommes »<br /> « se représentent » dans l'idéologie, mais c'est avant tout leur rapport à ces conditions d'existence qui leur y est représenté. C'est ce rapport qui est au centre de toute<br /> représentation idéologique, donc imaginaire du monde réel. C'est dans ce rapport que se trouve contenue la « cause » qui doit rendre compte de la déformation imaginaire de la<br /> représentation idéologique du monde réel. Ou plutôt, pour laisser en suspens le langage de la cause, il faut avancer<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Sortir de la peur pour prendre le chemin de la vérité<br /> <br /> <br /> Avec sa petite histoire qui nous évoque l’ascension, Danièle nous fait assister à la séparation du ciel et de la terre et elle nous dit que c’est la séparation qui<br /> engendre la peur. Et pourtant la séparation est nécessaire : elle fait partie de la création et du devenir des êtres humains. Comment l’enfant pourrait-il grandir s’il ne se séparait de la<br /> mère ? Comment la femme et l’homme pourraient-ils s’aimer s’ils ne créaient pas entre eux un espace de séparation ? Et, dans la foi chrétienne, comment les chrétiens pourraient-ils être<br /> sauvés, et devenir libres et créatifs, s’ils n’étaient pas séparés du Christ, qui leur cède la place ? Ainsi, l’idéologie est au service de la peur de grandir et contre la vérité qui nous<br /> invite à nous séparer d’une mère, d’un père, d’un frère, d’une sœur,… pour nous mettre en chemin, puisque la vérité est elle-même le chemin de la vie et de la liberté.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La peur, un assassin sanguinaire<br /> <br /> <br /> Qu’est-ce que la mort ? Eh bien Lili je ne sais pas. En général, nous naissons et mourrons qu’une seule fois. Elles sont peut<br /> être aussi inoffensives l’une et l’autre pour nous les humains, les animaux et les fleurs.<br /> <br /> <br /> Par contre la peur c’est autre chose, elle est méchante, très contagieuse, laide et nous la rencontrons tous plusieurs fois dans la vie.<br /> <br /> <br /> Une petite d’histoire ne te fera pas de mal<br /> <br /> <br /> C’était à l’époque où la terre était plate et légère. Oui, plate comme une crêpe dorée, ronde et fine, avec un coté pile un coté face, suspendu en plein espace. On<br /> ne vivait pas seulement sur le coté pile, d’ailleurs les habitants de chaque face étaient persuadés de vivre sur la partie du dessus, tout en imaginant que ceux qui vivaient en dessous avaient la<br /> tête à l’envers. Le Soleil se levait à l’est pour les uns et les autres vénéraient à l’apparition de l’astre à l’ouest<br /> <br /> <br /> Un beau jour, Geb décida d’aller voir ce qui se passait de l’autre coté. Arrivé devant un vaste vide, il s’agenouilla et tenta d’observer en dessous de la fine<br /> croûte de terre, mais en vain.<br /> <br /> <br /> Manquant de choir dans le vide à plusieurs reprises, malgré des douleurs dans les bras et les jambes il était bien résolu à poursuivre son exploration, il repéra de<br /> la végétation, de l’herbe et des racines, enfin quelque chose à quoi s’accrocher. <br /> <br /> <br /> Au prix de tous ses efforts il aperçut enfin un être du dessous. Il ne semblait pas bien différent, mis à part  quelques détails mais là c’est une<br /> autre histoire ….<br /> <br /> <br /> Geb était poli quoique opiniâtre, il s’empressa de héler son nouvel ami « Bonjour ! je viens du monde d’en haut ! »  L’ami se retourna, stupéfait.<br /> « Du monde d’en bas vous voulez dire. Pourquoi marchez-vous sur vos mains ? Geb n’accorda aucune attention aux inepties que déblatérait son ami. Qu’à cela ne tienne, il souhaitait lui serrer la<br /> main.<br /> <br /> <br /> Mais voilà que lorsqu’il détacha sa main pour serrer celle de l’ami, son autre bras ne put supporter le poids de son corps. Il entraîna son ami avec lui dans un<br /> perpétuel voyage au cœur de l’univers.<br /> <br /> <br /> Les habitants de la terre assistèrent à impuissants à la chute des deux compagnons. La rumeur se rependit comme une traînée de poudre. Ils crurent à une agression,<br /> à un meurtre prémédité, à une œuvre de cruauté absolue, à un complot.<br /> <br /> <br /> Eux si inoffensifs ! Et voilà qu’on envoya un assassin sanguinaire : LA<br /> PEUR<br /> <br /> <br /> Bonne fête de l’Ascension à tous Danièle<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> C’est étonnant de voir, à partir du dessin, comment l’idéologie, suscitée par la peur de la mort, nous entoure d’une carapace et nous empêche de grandir.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> comparateur.cinemaquiz.com<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La non reconnaissance de la violence constitutive de l’homme engendre aussi l’idéologie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Monsieur Maaher, dans son article précédent établit un lien entre la légitimation de la violence et l’idéologie. Sans doute est-ce une des dimensions possibles de<br /> l’idéologie. Mais certains pourraient ne pas hésiter, en s’appuyant sur une telle assertion, à considérer comme idéologique la position que nous défendons dans « Parole et violence ».<br /> En réalité, le mot «violence » n’a pas le même sens dans l’un et l’autre cas. Nous l‘utilisons dans son sens fondamental, au même titre que le désir. C’est elle qui va permettre de séparer,<br /> d’introduire le manque. Sans elle nous serions dans la confusion. Et surtout elle est à l’origine du processus de symbolisation qui va donner naissance à la parole. En ce sens, elle est au<br /> fondement de notre culture. Et notre projet est précisément de la reconnaître non seulement pour l’intégrer et la rendre inoffensive mais surtout pour promouvoir le développement de la culture et<br /> favoriser l’interculturel. Elle est une des composantes du chemin qui conduit à la vérité, et, dans ce sens précis, elle s’oppose à l’idéologie. Aussi la peur de la violence, qui est aussi une<br /> peur de la mort, pourrait être un des fondements essentiels de l’idéologie.<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Suite de l'Avant propos<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est dire que tout dépend de la « longueur » ou de l’épaisseur de la distance symbolique. Il est bien clair que plus on s’enfonce dans la modernité<br /> hyper-technologique et ses modes de production aliénants, plus on devient étrangers à nous-mêmes, éloignés de notre corps et des « vérités » essentielles qui le constituent. Le<br /> vieillissement, la mort, le désordre, la surprise, la prise de risque, la spontanéité, l’autre, tout ce qui dé-range et ce faisant renouvelle, est craint, rejeté et, parfois, eu égard<br /> aux effets aveuglants du fantasme, grossi jusqu’à l’angoisse.<br /> <br /> <br /> Les sociétés humaines les plus anciennes et dont les traces nous ont été notamment transmises par les mythes (c’est-à-dire les récits mythiques), durent faire avec<br /> la vie qui les animait lorsqu’ils commencèrent à prendre conscience. S’opère alors une séparation entre l’ordre de l’humanité et de l’animalité, la sortie progressive de la grotte et de l’arbre<br /> vers la création, c’est-à-dire la symbolisation : la tente, la maison. Plusieurs auteurs ont analysé ce passage fondamental, heureux et essentiel pour les uns, la culture étant le nécessaire<br /> et structurant refoulement de la nature sans en être la négation.<br /> <br /> <br /> René Girard a bien analysé la question du prix à payer constamment à travers des rites qui perpétuent et transmettent un inconscient culturel fondé grâce à la<br /> liquidation de la violence par la mise à mort sacrificielle d’une victime consentante ou supposée telle.<br /> <br /> <br /> Cette dimension collective ou sociologique est, selon Freud, individuelle à la base. C’est dans le Complexe d’Œdipe que Freud saisit l’essence du sacrifice :<br /> le renoncement par l’enfant (ou les frères) à la toute-puissance réelle ou imaginaire du père (de la horde), dont le meurtre réel airait été à la base de la culture et dont le meurtre symbolique<br /> est à la base de la fondation du sujet qui accède à la morale (c’est-à-dire au sentiment de culpabilité) par l’intériorisation de la pulsion agressive dirigée contre le père, ainsi incorporé,<br /> « avalé » et avec lui les interdits. Cette dimension du sacrifice comme renoncement est développée par Lacan, en ce que le sacrifice implique la dimension du fantasme et, par là, de la<br /> méconnaissance et de l’aveuglement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les récits bibliques et coraniques analysés ici soulignent avec des degrés de précision verbale nuancés, tout en partant d’une inspiration commune, l’importance de<br /> la violence comme composante essentielle de la vie. Les textes monothéistes, mais une lecture élargie à d’autres récits ou mythes le montreraient aussi, insistent sur la reconnaissance symbolique<br /> de la violence, son intégration nécessaire (ou inscription) à la fois dans le corps et dans la société ou communauté. Les rites et pratiques symboliques ne cessent de construire du lien social en<br /> rappelant une vérité devenue inconsciente : l’importance du sacrifice comme acte d’intégration de la violence dans le tissu culturel et par lui. La fête de l’Aïd,<br /> « fête du Sacrifice » en arabe, en est un exemple patent. Son origine remonte au sacrifice d’Abraham tel que revisité dans le Coran.<br /> <br /> <br /> C’est cette voix, qui est celle du corps et de la raison, du désordre et de l’harmonie, de la violence et de la mesure, qu’on souhaite faire entendre ici et<br /> maintenant, dans une modernité non seulement inquiète mais angoissée, dépassée par les forces qu’elle a mises en mouvement et qui ne sont pas contrôlées telles qu’elles devraient, à savoir<br /> symbolisées non niées. C’est la fonction essentielle des mythes et des grands récits : ils nous rappellent ce que nous étions et, par là, ce que nous sommes et serons. Comme le note<br /> Dany-Robert Dufour, « les mythes et les religions — et, depuis l’époque moderne, la littérature et l’art — semblent avoir fonctionné comme une sorte de mémoire stockant des formes<br /> que la logique et la philosophie ne pouvaient pas prendre en charge ».[1]<br /> <br /> <br /> Le mythe est une « structure » verbale qui nous permet de penser, de (re-)trouver nos vérités personnelles ou sociales. Ces vérités ne sont pas figées<br /> dans le temps ; elles ne sont pas historiques. Si la Bible et le Coran étaient des livres historiques, il y a bien<br /> longtemps qu’on les aurait oubliés. La vérité n’est pas non plus « scientifique ». Là encore ces deux livres échappent aux déterminismes scientifiques qui installent la vérité dans sa<br /> dimension diachronique, progressive et l’assujettissent au savoir.<br /> <br /> <br /> C’est de connaissance que nous parlent ces récits. Comme les mythes préservés dans les mémoires collectives, ils sont porteurs de vérités humaines, ces vérités qui<br /> ne vieillissent jamais.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Rédouane Abouddahab<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Avant-propos du livre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’étude qui suit est une réflexion sur la violence – ce qui rompt un lien – et son dépassement par le puissant processus de symbolisation, en se basant<br /> sur un ensemble de récits bibliques coraniques. Non pas les versets qui réglementent la guerre ou les transgressions sociales, mais ceux qui révèlent de quelle manière la violence est comme<br /> l’ombre de l’homme.<br /> <br /> <br /> L’étude porte également sur la violence comme acte fondateur. Car, si la violence se définit par la rupture du lien, elle est aussi et paradoxalement une manière de<br /> créer du lien. En ce sens, on peut la percevoir comme fondement d’une loi symbolique.<br /> <br /> <br /> Autrement dit, il s’agit de voir comment le Coran et la Bible font avec le réel du<br /> corps, c’est-à-dire la pulsion, cette énergie psychique qui « vit » dans le corps et peut, pour se satisfaire, l’instrumentaliser, à moins qu’elle ne soit, justement, adéquatement<br /> symbolisée, à savoir reconnue puis échangée dans le discours.<br /> <br /> <br /> Notre intérêt porte sur certains récits fondateurs du monothéisme, non pas comme religion mais comme culture. Réalité souvent ignorée : le monothéisme biblique<br /> et coranique sont une culture, à savoir une réalité humaine qui s’exprime à travers des médiums symboliques (dont la littérature,<br /> l’architecture, l’art…) et une éthique de vie. C’est une réalité culturelle géographiquement et historiquement étendue et diversifiées, mais en partie déterminée par ces récits fondateurs et<br /> leurs modalités d’inscription dans l’inconscient social.<br /> <br /> <br /> L’association entre la Bible et le Coran pourrait mais ne devrait pas étonner outre<br /> mesure. L’islam se présente comme le troisième et dernier acte pour ainsi dire des deux précédents monothéismes. Plus précisément, et en cela il adopte la même attitude que le Christ vis-à-vis<br /> des Juifs, le Coran veut rectifier la Bible dont il soupçonne partiellement l’authenticité narrative tout en<br /> reconnaissant l’esprit du « Livre ». Aussi y retrouve-t-on la plupart des récits bibliques fondateurs : la création d’Adam et Eve, le déluge, le sacrifice d’Abraham, Joseph,<br /> l’exode des Juifs. Les récits prophétiques de l’Ancien Testament ainsi que la naissance miraculeuse du Christ sont très présents dans le Coran.<br /> <br /> <br /> Cela dit, la reprise coranique de la plupart des récits bibliques ne devrait pas être lue comme une simple répétition, mais comme un acte narratif renouvelé. Ce<br /> renouveau introduit des nuances majeures, parfois des différences radicales. Par ailleurs, le discours coranique impose l’intertextualité puisque certains détours bibliques sont<br /> nécessaires pour « compléter » certains récits coraniques délibérément allusifs et elliptiques. Le récit des « deux enfants d’Adam » en est le meilleur exemple. En racontant<br /> l’histoire d’Abel et de Caïn, le Coran passe délibérément sous silence certains détails importants tel le nom des deux protagonistes (mentionné nulle part dans le Coran) forçant<br /> ainsi le lecteur à passer par La Genèse pour découvrir le nom et d’autres détails narratifs importants. C’est<br /> d’ailleurs ce qu’a fait la tradition islamique qui s’est souvent basée sur la Bible ou sur le Midrash pour fournir les<br /> détails situationnels utiles pour compléter le tableau. En cela, le Coran reste fidèle à l’une de ses intentions majeures : reformuler ce qu’il considère être le message monothéiste<br /> essentiel en n’en mentionnant que l’essence, justement. <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La violence est une composante essentielle de la vie. Parler d’une vie qui serait sans violence, c’est emprunter une voie sans issue, celle que dicte la dénégation<br /> et qui, au lieu de reconnaître le mal et, en l’intégrant, le désamorcer, le réprime, ce qui finit, chose paradoxale mais vérifiable, par le renforcer.<br /> <br /> <br /> Nietzsche critiquait à juste titre la tendance de la morale, de la philosophie et de la religion à nier les fondements de la vie ou la vie elle-même comme force<br /> continue.<br /> <br /> <br /> Sans le suivre entièrement, Etienne Duval et moi souscrivons cependant à sa critique de la philosophie qui a eu à l’égard de la violence une attitude peu<br /> satisfaisante, de la même nature que celle que Nietzsche lui reprochait s’agissant de la vie.<br /> <br /> <br /> La violence dont nous parlons dans cet ouvrage n’est autre que celle qui non seulement définit mais rend possible la vie. Elle est force de vie quand vie équivaut à<br /> la recherche constante d’équilibre et d’harmonie, et pour y parvenir, elle met constamment en mouvement des champs de force relevant de la mort, de la destruction.<br /> <br /> <br /> Freud avait mis en valeur à sa manière l’essentialité de la violence dans la vie, dans le corps et dans la structuration du sujet humain.<br /> <br /> <br /> Il a montré également que les sociétés humaines ne se fondent pas, comme certaines morales cherchent à nous le faire croire, sur l’amour comme un idéal, mais sur la<br /> haine de la division, la conscience aiguë d’un « mal » intrinsèque à l’homme. Pour être dans la culture ou dans la civilisation, il doit mettre à distance ce mal. Ce mal, cette<br /> « Chose » (Das Ding), Lacan l’appelle « jouissance », d’abord perçue comme étant cela même que l’ordre symbolique met à distance, avant d’être considérée comme l’état<br /> même de l’inconscient.<br /> <br /> <br /> C’est dire que tout dépend de la « longueur » ou de l’épaisseur de la distance symbolique. I<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> En écho à l’article sur l’idéologie, je publie, en fin de semaine,  avec Rédouane Abouddahab un livre sur la violence avec la présentation<br /> suivante.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La violence et la parole<br /> <br /> <br /> Lectures croisées de récits bibliques et coraniques<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Rédouane Abouddahab & Etienne Duval<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Éditions <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Vous retrouverez l'article précédent à l'adresse internet suivante :<br /> <br /> <br /> http://www.maaber.org/nonviolence_f/Ideologie_f.htm<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Idéologie<br /> <br /> <br /> Ce qui caractérise l’idéologie, c’est l’absolutisation d’une doctrine qui se présente comme l’expression indiscutable de « la vérité » à<br /> laquelle chacun doit se soumettre. Cette doctrine – elle peut être d’inspiration religieuse ou laïque – se fige en un bloc de concepts, de principes et de règles. Elle ne se communique plus dans<br /> l’échange ni dans le dialogue et ferme l’ouverture à l’autre. À la démarche de la rencontre et du dialogue avec l’autre se substitue l’affirmation d’un ensemble d’idées abstraites sans rapport<br /> avec la vie. Quand, chez un individu, la pensée se sclérose en une idéologie, il ne se bat pas pour faire advenir plus de justice, plus d’humanité, mais pour faire triompher une idée, un<br /> principe, une règle et, cela, au mépris de l’autre. La défense de l’intégrité de la pensée devient plus importante que la relation à l’autre. L’homme de l’idéologie devient inapte à la relation<br /> avec l’autre homme. L’idéologie rend autiste. Aucune communication, aucune entente n’est possible avec l’autre. Par son intolérance brutale, l’idéologie ignore la bonté. Plus que cela,<br /> elle la discrédite.<br /> <br /> <br /> Tout au long du dernier siècle, les idéologies ont ensanglanté le monde. Lorsqu’une idéologie se retire, on découvre toute l’étendue du mal qu’elle a<br /> fait aux hommes. Car le combat entre l’homme raisonnable et l’idéologie est inégal : pour imposer ses dogmes, étendre son pouvoir et défendre son empire, l’idéologie n’hésite pas à recourir<br /> aux pires moyens de la violence à l’encontre de celui qui refuse de lui faire allégeance. Pour les idéologues, toute dissidence ouverte est un crime qui doit être puni comme tel. À tout moment,<br /> celui qui ose braver les dogmes établis et tente de faire valoir les exigences de la conscience et de la raison risque d’être brisé par les instruments de violence dont la fonction est de<br /> rétablir le silence et l’ordre. Et il ne manque jamais d’hommes assez lâches ou assez faibles pour abdiquer leur propre raison, se laisser enrôler par l’idéologie et devenir les gardiens armés de<br /> son orthodoxie.<br /> <br /> <br /> Toute idéologie se sert de la violence et justifie la violence qui la sert. Toute idéologie est une idéologie de la violence nécessaire, légitime et<br /> honorable. Au nom du réalisme politique, les idéologues affirment que la violence est seule efficace pour agir dans l’histoire. Nous savons aujourd’hui qu’un tel « réalisme », qui<br /> s’accommode de la violence et fait de l’efficacité le critère absolu de l’action politique, est réellement criminel.<br /> <br /> <br /> La légitimation idéologique de la violence est un procédé de dissimulation qui vise à nier son inhumanité. L’idéologie permet à l’individu de<br /> commettre le mal avec la conscience de faire le bien. Le meurtre idéologique n’est pas considéré comme un mal, mais comme le moyen de lutter contre le mal. Il est donc un bien. Légitimer la<br /> violence, c’est à la fois l’autoriser et l’innocenter. On utilise la violence et on la justifie en affirmant qu’elle est nécessaire. Mais, en réalité, c’est l’utilisation et la légitimation de la<br /> violence qui la rendent nécessaire. L’idéologie prétend que la violence est la solution, alors qu’en réalité elle est le problème. Et cela d’autant plus que le recours à la violence rend<br /> impossible la recherche de la véritable solution.<br /> <br /> <br /> Bien sûr, c’est le désir de violence qui est en l’homme qui crée l’idéologie de la violence, et non l’inverse. Mais la fonction de l’idéologie est<br /> précisément de permettre à l’homme violent de justifier, de légitimer sa violence. Il s’établit ainsi une dialectique entre la violence et l’idéologie. Elles s’étayent, se soutiennent,<br /> s’affermissent et se renforcent mutuellement. La violence engendre l’idéologie et l’idéologie nourrit la violence. Si la violence est une passion, ce n’est pas l’idéologie qui déclenche la<br /> violence ; c’est la violence qui enclenche l’idéologie. La violence a besoin de se couvrir d’arguments rationnels qui lui donnent raison et fassent taire les objections, les indignations ou<br /> les hésitations de la conscience. L’idéologie n’allume pas le feu de la violence, mais elle concourt à le propager. L’idéologie est une propagande ; elle permet à la violence de<br /> s’im-planter (le verbe latin pro-pagere vient de pangere qui signifie « planter ») dans les esprits et les cœurs. L’idéologie cultive et entretient la violence. En<br /> définitive, c’est la violence, et non l’idéologie, qui se trouve à l’origine du mouvement de la dialectique. C’est pourquoi il ne suffit pas de déconstruire l’idéologie pour éliminer la violence.<br /> Il faut, dans le même temps, épuiser la violence en domestiquant le désir et l’énergie qui l’animent.<br /> <br /> <br /> La philosophie se situe sur un tout autre registre que celui de l’idéologie. Tandis que celle-ci est l’affirmation orgueilleuse et tapageuse<br /> d’un dogme définitif et infaillible, celle-là est la recherche humble, patiente et silencieuse de la vérité. L’idéologie a le terrible pouvoir de rassembler les hommes. Mais elle ne les<br /> unit pas, elle les agglomère, les amasse et les entasse. Il ne s’agit pas d’une association d’hommes libres, mais d’un troupeau d’hommes aliénés. L’adhésion à l’idéologie se fait par un<br /> entraînement collectif qui prive l’homme de toute autonomie de pensée. Tout au contraire, la recherche philosophique procède d’une démarche personnelle qui engage pleinement la responsabilité de<br /> l’individu en quête de sa propre humanité. L’engagement philosophique est toujours un désir de liberté qui provoque une rupture. Et cette rupture est un risque. L’un des défis majeurs du<br /> XXIe siècle est de reconstruire, sur les décombres des idéologies qui ont répandu le malheur et la mort aux quatre coins du monde, une philosophie qui redonne un sens à l’existence des<br /> hommes et une espérance à leur histoire.<br /> <br /> <br /> Il arrive que la non-violence soit accusée d’être une idéologie par ceux qui récusent son refus radical de transiger avec la violence. En réalité,<br /> l’enjeu de la non-violence n’est rien moins qu’idéologique : il s’agit de savoir si nous avons le droit de meurtrir l’autre homme qui nous fait face ou de s’accommoder de son meurtre.<br /> <br /> <br /> Philosophie <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La vérité s’esquive toujours au-delà de son incarnation<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Marie-Claude, tu as finalement beaucoup donné dans la vérité en donnant beaucoup de toi-même dans ce texte et sans doute aussi dans ta vie. Je suis d’accord avec<br /> toi, si on cherche à dire la vérité, on est dans l’idéologie, car la vérité, on ne peut jamais vraiment la dire. Ce qu’on peut faire peut-être c’est de réveiller l’écoute de l’autre, pour qu’il<br /> écoute la parole qui conduit à la vérité. La parole s’incarne lorsqu’elle conduit à la vérité, mais la vérité reste toujours au-delà de son incarnation.<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> quelqu'un se demande pourquoi si peu de lecteurs réagissaient au sujet émis par Etienne, et se posait la question du bloquage qui serait à l'origine de ce manque de réactions écrites...<br /> <br /> <br /> J'ai envie de dire que non, le silence c'est aussi réfléchir, réfléchir à la justesse , à la vérité et aux risques d'injustices et d'erreurs qu'une vérité affirmée peut entrainer, y compris sur<br /> ceux  sur qui un groupe se décharge en lui confiant l'autorité de la justice...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'ai pas encore tout lu de vos réactions mais j'abonde dans celles qui parlent de dichotomie, de celles qui montrent que des idéologies ploient ou conditionnent carément la vérité à la leur.<br /> Il est interessant que le Christ n'ai jamais donné de réponse idéologique de la Vérité... Ce ceux qui qui prennent pour des messies qui l'ont fait, et tant pis pour ceux qui ont adhéré au moins<br /> un temps à leur idéologie plus vraie que vraie... La société semble cahoter ainsi, les sectes veulent seulement aller plus vitge en besogne... Et la vie passe.<br /> <br /> <br /> A part la naissance et la mort qui sont, me semble-til du moins,  de réels événements c'est à dire , d'inéluctables vérités, comment nous autres pauvres Naissants et Mortels pensants,<br /> remplissons-nous nos vies d'idéologies qui tels des pièces de puzzles conditionnent notre quotidien et pas seulement le nôtre, celui d'autrui  par  contagion ou par ricochets,jusqu'à<br /> celui de   sociétés toute entière, du fait d'imbrcation d'autres idéologies avec leurs vérités -idéologies.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le Bien, le Bon, le juste,le Vrai, la Vie  et en même temps  ses non bien, non bon, non vrai,non juste , non vie...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> çà me renvoie à "les peuples heureux n'ont pas d'histoire"<br /> <br /> <br /> ! Mythe? idéologie ou vérité  de paradis perdu (cette pièce de liberté,avec son bol et son haillon) comme dans le conte  n'en finit pas de hanter l'humanité pour mieux asservir ou mieux<br /> libérer?  J'arrête là.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je vois bien, en effe,t que le sujet est "tripant" comme m'avait dit un élève qui avait beaucoup à dire et voyait qu'il  n'en avait pas le temps parce que son temps dans cet ici maintenant<br /> là, était lui aussi compté et que de plus  jamais on ne saurait vraiment  ce qu'il voulait écrire... Il n'était pas le seul n'est-ce pas?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La référence à l’article « De l’idéologie à la vérité » est sur facebook, twitter et le Réseau des créatifs culturels : http://demainmaintenant.ning.com/<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> http://www.montersonbusiness.com/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks.jpg<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Dialogue<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je trouve intéressant ta lecture de texte rigoureuse. Ce qui fait la différence entre nous c’est que tu insistes beaucoup sur la rationalité comme élément de<br /> compréhension alors que, personnellement, je pense qu’il faut une dialectique entre vision (intuition) et rationalité. Mais peut-être, à certains moments,y a-t-il, chez moi, un déséquilibre entre<br /> vision et rationalité et c’est bien que tu attires mon attention car le lecteur ne suit pas nécessairement.<br /> <br /> <br /> C’est vrai que je n’ai pas assez fait le lien entre le conte et la réflexion elle-même. En changeant de caractères et en isolant le texte à la fin, je pensais,<br /> peut-être à tort, que les lecteurs prendraient le soin de commencer par lire le conte, ce qui n’a pas été fait, dans chaque cas. Il faut dire qu’en un temps, j’ai eu des remarques, pour laisser<br /> la primeur de la lecture au commentateur. Il n’est pas toujours facile de trouver le juste équilibre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En ce qui concerne les groupes terroristes, le but n’est pas forcément chez les terroristes eux-mêmes, mais je voulais attirer l’attention sur un résultat qui les<br /> sert à long terme.  En renforçant la dimension trop idéologique des États, ils contribuent à les affaiblir.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sur Les trois fileuses, c’est vrai que j’ai pris de la liberté par rapport au texte en renforçant le côté vision sans pour autant détourner le sens du texte. On<br /> voit bien en effet que la jeune fille s’appuie sur l’expérience sans se mettre dans l’élan de la vie, qui produit, sans cesse de la nouveauté. C’est cela qui est à l’origine de sa névrose. Sans<br /> doute la suite du texte ne montre-t-elle pas directement le côté burlesque de la situation. Ce qui est burlesque ce sont les nez qui se touchent parce que les vieilles femmes sont dans le<br /> mensonge. Mais en insistant sur le mensonge, l’image montre bien, en définitive que le choix de la future princesse est lui-même burlesque. Entre nous, j’adore ce texte, car il dévoile assez<br /> simplement l’origine d’une assez grande partie des maladies mentales.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je trouve assez astucieux que tu nous renvoies à Wikileaks. Mais Julian Assange est-il une figure d’un Ayaz moderne ? Peut-être. En tout cas la présentation<br /> que tu en fais nous aide très utilement à comprendre son projet. Indirectement, on voit bien  pourquoi les États cherchent à s’assurer la maîtrise de la communication ; ils<br /> maintiennent ainsi le peuple dans l’idéologie et les empêchent de développer un rapport de force défavorable aux gouvernants. La divulgation des informations par Julian Assange a d’ailleurs<br /> favorisé les essais de révolution de ce printemps. Il resterait à mener une réflexion en ce sens pour donner plus de poids au projet de wikileaks.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En ce qui concerne le primat du sujet responsable, un sujet qui prend la parole, je reste fermement optimiste sur ce point. La prise de la parole a réussi en<br /> Tunisie et en Égypte. Elle est fortement contrée en Libye et en Syrie peut-être parce que les circonstances étaient moins favorables. Et, après tout, il est inévitable qu’il y ait des<br /> contre-offensives. Mais après la prise de parole, le temps proprement politique doit intervenir. Tant que ce temps n’aboutit pas, la révolution est en effet loin d’être achevée.<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> De l’idéologie à la vérité à Julian Assange (wikileaks)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La présentation de ce texte de réflexion est surprenante. Il faut arriver au conte, en pages 3 et 4, pour comprendre les références faites à lui dès la page 1.<br /> Soit.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Celle à Althusser : appareils idéologiques d’État, oui. Marx l'avait  bien explicité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai trouvé très intéressant le parallèle qui se dégage dans chacun des paragraphes entre le pouvoir du temps supposé du conte, et <br /> aujourd’hui.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> - Sur la sécurité, le cordon ombilical, le système de la Cour, la  reproduction, ça relativise le changement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n’ai pas compris l’assertion  sur le but des groupes terroristes.  La phrase qui suit me donne à penser que le Pouvoir<br /> utilise cette menace pour assigner le peuple à résidence (encore une actualité) mais  est-ce le but des terroristes ? Alors ils collaborent au pouvoir en <br /> place.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Les cordons ombilicaux se multiplient aujourd’hui avec le tout  sécuritaire, le principe de précaution et la superposition des lois<br /> et  des systèmes de contrôle et d’évaluation qui finissent par empêcher toute initiative.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le paragraphe sur la reproduction avec les mots d’esprit qui masquent l’absence de contenu est clair. En revanche je n’ai pas fait de lien avec le conte des 3<br /> fileuses que je suis allée lire sur  internet. Apparemment la version que j’ai lue ne propose pas la même  fin et du coup, dégage un sens différent.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />   Au sujet du renoncement aux cordons ombilicaux et du voile qui se  déchire, je joins le texte ci-dessous d’un Ayaz<br /> contemporain (qui n’est pas mendiant ni prophète).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J. A. constate une asymétrie d’information entre les pouvoirs publics et les citoyens et que cette asymétrie informationnelle profite essentiellement aux États. En<br /> d’autres termes, cela signifie que les  États sont, d’une part, en mesure de contrôler une grande partie des <br /> <br /> <br /> communications de leurs citoyens, et qu’ils tentent, d’autre part, de garder secrets de larges pans de l'information dont ils disposent.  Partant<br /> de ce constat, il estime que les innovations techniques  proposées par Internet offrent désormais la possibilité d'inverser  l'asymétrie observée en déployant<br /> une stratégie reposant sur deux axes essentiels. Le premier de ces axes vise à protéger les informations à  caractère personnel des citoyens par des moyens cryptographiques<br /> ;  moyens cryptographiques au développement desquels J.A a d’ailleurs <br /> <br /> <br /> déjà contribué activement et qu’il s’est attaché à diffuser gratuitement. De tels moyens sont susceptibles de pouvoir restreindre très fortement l'influence et le<br /> contrôle qu’exercent les États sur  leurs citoyens. Le second axe vise, lui, à organiser la publication/ divulgation systématique des connaissances dont disposent les<br /> pouvoirs  publics, et de parvenir ainsi à une minimisation de la fonction  étatique conçue en tant qu’autorité. « L’organisation de<br /> fuites <br /> <br /> <br /> constitue une action intrinsèquement anti autoritaire » revendique –t- il. Il convient de noter que l'asymétrie d'information constatée entre les autorités<br /> publiques et les citoyens constitue une grille de lecture applicable également à la compréhension du mode de fonctionnement des entreprises ; l'objectif final restant de mettre <br /> éventuellement à nu le cynisme susceptible d'en découler.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Je suis moins optimiste sur « le primat du sujet responsable » avec  l’allusion aux Révolutions récentes. On manque de recul.<br /> Je doute que  « mon ami Ben Ali » se repente, et Kadhafi… Quant à ceux qui vont  prendre les rennes et ouvrir à plus de liberté : Nous verrons. Pour l’instant<br /> c’est un vœu de certains mais les pièges de récupération à  d’autres fins ne manquent pas.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’aime la fin sur la vérité qui est un chemin « pour chacun ». Oui, car il n’y a pas de vérité absolue (ou révélée) me semble-t-il.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Amicalement,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Merci beaucoup! Après demain je pars au Rwanda pour une semaine de soins, et en rentrant je repars au Cambodge pour expertiser des victimes au procès des Khmers<br /> rouges! Quand les vieux voyagent!!!!<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Réapprendre à marcher<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’ai l’impression de me retrouver bien des années en arrière, au moment où je lisais les livres d’Althusser et où je suivais son cours sur l’idéologie. Tu résumes<br /> bien la complexité du sujet qu’il faisait lui-même ressortir. C’est vrai que l’on ne peut se passer de l’idéologie pour faire vivre les groupes : elle permet d’assurer leur cohésion. Mais<br /> alors, il faut être conscient de ce qu’on fait et en repérer les limites pour aller plus avant vers l’horizon de la vérité. S’il n’y a pas véritable opposition entre idéologie et vérité, il y a<br /> bien une dialectique entre les deux. C’est en allant de l’une à l’autre, de la première à la seconde que l’in fait germer la culture.<br /> <br /> <br /> Il y a pourtant une double question qu’il faut élucider : qu’est-ce que la vérité et qu’est-ce que la raison ? Je pense que la vérité se situe bien<br /> au-delà de la vérité scientifique et que la raison elle-même se situe au-delà de la raison scientifique. C’est dans la réduction de l’une à l’autre qu’il y a aujourd’hui idéologie et il me semble<br /> qu’elle nous conduit à une véritable errance. Il n’en reste pas moins que la vérité scientifique est une des composantes de la vérité et que la raison scientifique est une des composantes de la<br /> raison, qui est chemin vers la vérité. Il nous faut donc réapprendre à marcher.<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> L’opposition entre idéologie et vérité n’est pas si claire<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Entre idéologie et vérité je ne vois pas un rapport d'opposition, comme une certaine .... idéologie le laisse entendre. Assez volontiers, des scientifiques<br /> apportent leurs connaissances, présentées comme la vérité, et assez volontiers nous les croyons telles : ceci nous rassure dans les incertitudes de la vie. (J'ajoute que ce sont souvent<br /> probablement des assertions proches de la vérité, c'est-à-dire un discours qui rend compte assez exactement du réel -je suis conscient des problèmes que posent ces termes). L'idéologie est, de ce<br /> point de vue, le discours de l'autre, qui n'est pas informé ou qui est de mauvaise foi : ce sont des "spéculations littéraires", des "discours d'intello" etc. etc. suivant l'expert infaillible<br /> qui juge. Si j'ai bien lu Althusser (Pour Marx, p. 238 sq. ) et si je résume correctement : tout discours -même scientifique-, toute action -même la plus rationnellement pensée-, génère, "sécrète<br /> de l'idéologie". Celle-ci est un système cohérent et solide de représentations communes et admises, dont l'effet est de consolider des croyances et de lier entre eux les individus, ou "sujets",<br /> ou groupes. Ce qui a aussi pour effet secondaire de rassurer (sans doute plus que le discours scientifique, on voit bien pour quelles raisons ou parfois par quelles déraisons). Bien entendu,<br /> l'image, qui dispense d'analyser et provoque l'émotion autant qu'éventuellement la réflexion, est un support privilégié des constructions idéologiques et un moyen efficace de leur (rapide)<br /> diffusion. La question est, dès lors, d'identifier les idéologies, de voir de quel système de croyances et d'intérêts (! ) procèdent les unes et les autres, de voir leurs connexions, d'identifier<br /> les nôtres (! ) et, à travers toutes, d'apercevoir la réalité, de construire, malgré elles, voire en composant consciemment avec elles, un discours qui tend vers une vérité (qu'on admettra<br /> provisoire parce que relative à un cadre donné d'interrogations, de concepts ou catégories utilisés, etc. etc. ).<br /> <br /> <br /> Je reviens à mon problème présent qui me fournit un exemple. Il y a la réalité que j'essaie de comprendre et de décrire au mieux : la francisation, l'assimilation,<br /> l'intégration, de ces populations bretonnes dans la nation française, au XIXème siècle. Comment elle s'est faite, par quels facteurs, quelle est l'importance respective de chacun d'eux; comment<br /> cela a-t-il été vécu, voulu ou non, consenti ou non, ou bien refusé ou non, par les intéressés etc. etc. Il est évident que les mots que je choisis pour poser mon problème d'une manière que je<br /> voudrais neutre, sont autant de chausse-trappes, bourrés d'idéologie. Je puis ensuite rendre compte d'une manière neutre, des discours tenus par mes Inspecteurs des écoles primaires et Préfets et<br /> autres notables (de 1831, 33, 1866). Eux aussi produisent de l'idéologie en agissant et en commentant. Leurs propos sont saturés d'idéologie, celle-ci, dominante : celle de l'État qui les<br /> emploie. On peut continuer en observant la présentation qui est faite habituellement de cette "réalité" historique : une évolution heureuse, nécessaire, inéluctable. Mais, à l'évidence, c'est se<br /> rallier à l'idéologie, dominante, qui animait l'État et nos préfets. On peut, de plus, sourire avec indulgence devant la mise en question que je tente. On peut penser que tout cela est bien<br /> gentil, mais sans grand intérêt. La France est la France et entend le rester (comme "Honfleur, joli port de mer") : on est en plein dans l'idéologie, celle qui croit en l'identité nationale et la<br /> préserve ; bref, une "idéologie nationale" ou "du national" si on préfère, (et facilement nationaliste à l'occasion). Mais pourquoi pas ? C'est sans aucun doute au nom d'une autre idéologie que<br /> je m'interroge sur ces sujets. Je ne crois nullement à la neutralité de l'État, à son innocence, encore moins à son désir de faire le bonheur de ses ressortissants. "L'État" : c'est-à-dire,<br /> concrètement, les personnes, groupes ou classes qui le dirigent effectivement, sans compter ceux qui le servent. (Je ne développe pas). Je fais donc, en fonction de cette idéologie-ci que<br /> j'assume, ce pas de côté, hors des discours neutres sous prétexte d'objectivité -ceux de beaucoup d'historiens-. Je pense que, grâce à cet écart -par lequel je romps quelques cordons ombilicaux,<br /> quelques convenances universitaires par exemple, et par lequel je reste, je l'espère, fidèle à moi-même et à l'histoire qui m'a fait-, je m'approche davantage d'une vérité. Je crois percevoir<br /> plus au fond, par exemple, la nature (?) de l'État, le caractère très relatif, assez factice, de la nation, discerner mieux les blocages et les escamotages entretenus par "l'idéologie nationale"<br /> ou "du national". (Sous réserve, bien entendu, de vérifier sérieusement les réalités).Voir les choses sous cet angle, permet, me semble-t-il, d'agir, ou de penser une action (politique par<br /> exemple) -certes entourée d'idéologie(s) ou en suscitant- mais guidée par des choix radicaux, ou estimés supérieurs -de justice, de respect d'autrui et des cultures et de la culture- auxquels<br /> l'idéologie donne un espace d'existence et de discussion, et qui deviennent possibles. J'ajoute 1°) que l'affirmation, sous-entendue (ou la croyance) que l'opposition entre les tenants de la<br /> vérité (scientifique) et les esprits faibles soumis à l'idéologie ("politique" ou autre) est une mystification politique de l'idéologie dominante, qui ne se prive pas de la resservir : le mot<br /> disqualifie l'argumentation, tue la discussion. 2°) que se dégager de ces fausses oppositions, c'est contribuer au débat démocratique, constamment neutralisé par la domination des experts, qui<br /> eux seuls, savent (ils viennent dire que les mesures qu'ils préconisaient avant-hier et qui ont engendré la crise de hier étaient pourtant les bonnes, et que celles d'aujourd'hui, les mêmes, vont<br /> toujours dans le bon sens). Une difficulté et une urgence aujourd'hui... 3°) De l'avis de certains, Marx n'aurait pas assez approfondi cet aspect -le rôle de l'idéologie- (probablement pris, même<br /> lui, dans l'idéologie scientiste et positiviste de l'époque ???) Voir "Que faire, que penser de Marx aujourd'hui ? «.- Revue du M/A/U/S/S, N° 34, second semestre 2009.- Ed. La découverte,<br /> M/a/u/s/s. Mais faute de compétences, je n'en dis pas plus. Merci encore, et à la prochaine. Gérard<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Nous connaissons bien Pierre Duterte parce qu’il est intervenu plusieurs fois sur ce blog. Il essaie de remettre les victimes de<br /> la torture sur le chemin de la vie et je crois qu’il y arrive très souvent. Indirectement il se confronte aux idéologies totalitaires, qui détruisent les individus et confondent mensonge et<br /> vérité. Son édito sur les briseurs de rêves ouvre une nouvelle fenêtre pour notre réflexion sur l’idéologie et la vérité.<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Et si la vérité était du côté du rêve et l’idéologie du côté des briseurs de rêves<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Briseurs de rêves (édito de Paroles d’exil n°12)<br /> <br /> <br /> Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien ils l’ont construit avec leurs rêves. Bernard Moitessier<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A un jeune homme brillant à qui, grâce à Parcours d’Exil, il est proposé de faire un stage dans une grande école, il est répondu<br /> : « il faut être intelligent pour cela, tu n’as pas le niveau, ce n’est pas une école pour toi, c’est pour les bourgeois ! » Faut-il croire que venir d’un pays étranger est un handicap ? Faut-il<br /> absolument briser les rêves ? Face à une enfance brisée, est-il si indécent de croire que cela peut repartir ? Face au potentiel de la grande majorité de ces MIE*, on ne peut que rester pantois.<br /> Face à leur volonté de s’en sortir, on ne peut que rester admiratif. Face à leur courage et à la force qu’ils ont du déployer pour survivre et arriver jusqu’à nous, je ne peux que me poser la<br /> question : « y serais-je arrivé ? » On voudrait leur faire croire qu’ils manquent de réalisme ? Un professeur demande à ses étudiants de rédiger un texte décrivant ce qu’ils aimeraient faire<br /> lorsqu’ils seront adultes. Un jeune a expliqué qu’il voudrait posséder son propre ranch de deux cents arpents pour y élever des chevaux de course. Son professeur lui a attribué une mauvaise note,<br /> en lui expliquant que celle-ci était le reflet du manque de réalisme de son rêve. On a envie de rétorquer : « Reprenez votre échec, moi je garde mes rêves ! » Peut-être est-ce une grande école,<br /> mais qu’est ce qui empêche d’aller voir, d’aller expérimenter, de passer 5 jours d’observation ! « Il faut arrêter de rêver ! » lui a-t-on dit, « c’est très difficile et très peu de gens arrivent<br /> jusqu’au bout. » Mais de fait, très peu de gens et de jeunes résistent à l’enfer de leur pays, résistent à l’horreur et à la complexité de ce qu’il est convenu d’appeler dans un langage<br /> académique un trajet migratoire et qui n’est souvent qu’un triste enchaînement de difficultés à surmonter, de coups, d’humiliations, de tentatives maintes et maintes fois répétées. Et tout cela<br /> ils l’ont fait à 14, 15, 17 ans, et seuls le plus souvent. « Oubliez ça, c’est trop difficile, ça n’a pas de sens ». C’est aussi ce qui leur est proposé comme alternative à l’impossibilité de<br /> faire des études, le rêve n’a pas sa place face au pragmatisme. Vite un CAP, vite un boulot… Faut pas rêver ! Et bien si, essayons de rêver. Que serions-nous devenus si nous n’avions pas fait en<br /> sorte que certains de nos rêves se réalisent ? Si on ne rêve pas à 15 ans, à 18 ans, à 21 ans… à quel âge rêverons-nous ? Notre vie ne devrait-elle osciller qu’entre morne plaine et cauchemars ?<br /> Marre des briseurs de rêves ! Heureusement, le rêve de ce jeune homme est si réel qu’il a bien l’intention de le poursuivre. Sa motivation si évidente et ses compétences si flagrantes que nous<br /> allons continuer à l’aider à poursuivre son rêve ! Heureusement, ce jeune homme persévérant, brillant, comme tant d’autres, tente de refaire, envers et contre tout et… tous, confiance à la vie.<br /> Grâce à leurs rêves, ils pourront toujours traverser la frontière du pays où l’avenir est sans limites dans tous les domaines, celui du rêve qui devient réalité.<br /> <br /> <br /> Docteur Pierre Duterte<br /> <br /> <br /> Médecin Directeur<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> J’espère bien que ce ne sera pas la vérité du plus fort ou du plus riche. C’est bien là que devrait être la véritable bataille de la vérité contre<br /> l’idéologie…<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Merci pour te mots. Oui, il faudra beaucoup de temps pour accéder à quelle vérité ?<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Il n’est pas facile d’accepter sa partie sauvage et pourtant c’est la condition indispensable pour fabriquer de l’humain.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Je ne suis pas un cancer, je suis une personne <br /> <br /> <br />  La légende raconte que Raymond Lulle pendant sa jeunesse était un homme très amoureux qui utilisait la poésie des<br /> troubadours pour conquérir les belles dames. Vers 1265, Raymond Lulle, alors marié avec Blanche Picany, poursuivait une dame avec son cheval. La dame, identifiée comme Ambroise Castelló, entra<br /> dans une église pour fuir, convaincue que le jeune amoureux n'oserait pas entrer dans un lieu sacré. Mais Lulle, plein de passion, éperonna son cheval, monta les marches et entra dans l'église.<br /> Quand la dame le vit faire, elle découvrit son sein et lui le montra, déformé par un terrible cancer ».<br /> <br /> <br /> Espérons que entre idéologie et vérité chacun pourra retrouver sa double nature l’une domestiquée et l’autre un peu plus<br /> sauvage.<br /> <br /> <br /> Bonne semaine à tous Danièle<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> <br /> Ce que me révèle la contemplation du visage de l’autre<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> garandel.e-monsite.com<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> La vérité qui fait apparaître les merveilles encore cachées au regard de l’autre<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> C’est vrai, nous pouvons avoir tous les dons, être promis à un destin merveilleux, nous ne pouvons rien si nous ne sommes par reconnus par des êtres aimés. Je vois,<br /> dans les rues de Lyon, en ce moment, des photos d’hommes ou de femmes avec cette parole : « Je ne suis pas un cancer, je suis une personne ». Et, je me dis, que quoi que DSK ait<br /> fait, il reste une personne encore pleine de promesses pour ceux qui l’aiment. De même la femme de ménage, n’est pas simplement une victime, si tel est le cas, elle porte en elle toutes les<br /> femmes du monde. L’idéologie peut facilement condamner parce qu’elle joue avec les images et cherche à les sauver au détriment des êtres humains. La vérité, par contre, ne condamne pas :<br /> elle fait apparaître toutes les merveilles qui manquent encore au regard de l’autre.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Suite<br /> <br /> <br /> puis il crut manquer d’amis, et d’air et d’amour et d’argent et de reconnaissance et de pouvoir et de temps et de père et de sensations et même de Dieu. Sa vie<br /> durant, précisa la tendre épouse du souverain, il souffrit de toutes sortes de manques sans en trouver aucun dont la satisfaction lui apporte une durable sérénité. »<br /> <br /> <br /> Le Roi, qui s’était reconnu, ne parvenait pas à retenir ses larmes.<br /> <br /> <br /> « Sire, ajouta le Reine, il n’est d’autre manque que de qui l’on est vraiment.<br /> <br /> <br /> - Et c’est dans vos yeux, Madame, qu’il m’est donné de le voir ! Dans votre regard qui m’avait tant troublé ! »<br /> <br /> <br /> La Reine l’embrassa plus tendrement qu’elle ne l’avait jamais fait.<br /> <br /> <br /> « Retirez-vous maintenant, Madame, finit-il par dire, que je puisse tranquillement songer à tout cela.<br /> <br /> <br /> - Puis-je me permettre encore un mot, mon ami ? demanda-t-elle.<br /> <br /> <br /> - Dites, je vous en prie.<br /> <br /> <br /> - J’aime celui que vous êtes vraiment, Sire. En vous manquant, vous m’avez tellement manqué. »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La lumineuse histoire du Prince qui manquait de tout - Jacques Schecroun - éditions Albin Michel<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Celui qui manquait de tout<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le regard de madame DSK posé sur son époux, m’a énormément troublée.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A toutes les femmes qui endurent la douloureuse épreuve, de voire un être cher emprisonné à tort ou à raison, qu’il soit mari, amant, enfant, père, mère, animal<br /> préféré fusse t il un gorille un peu forban. Voici un conte<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Car Lire un conte nous invite à retrouver notre âme d’enfant. Les contes offrent à notre esprit un bain de fraîcheur qui renouvelle notre foi dans le monde.<br /> <br /> <br /> Parce que le merveilleux allège nos vies, ouvre des perspectives et finalement nous guérit de la lourdeur du monde, nous avons besoin de rêver pour redonner du sens<br /> à nos vies : le récit de Jacques Schecroun nous offre un lumineux petit coup de pouce.<br /> <br /> <br /> Guy Corneau (extrait de la préface)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La lumineuse histoire du Prince qui manquait de tout<br /> <br /> <br /> La Princesse dont le Roi avait jadis croisé le troublant regard lors d’un bal donné en son honneur était elle-même devenue Reine. Si, dans les premiers temps, elle<br /> avait essayé de rendre heureux son époux puisque c’était là le rôle qui lui avait été dévolu, force lui fut de constater que, toute Reine qu’elle était, elle n’en avait pas le pouvoir. Quoi<br /> qu’elle fasse, en effet, qui puisse contenter le souverain n’évitait jamais à Sa Majesté de toujours manquer de quelque chose.<br /> <br /> <br /> La Reine en avait pris son parti et avait résolu de simplement rayonner sa joie de vivre, en gageant que peut-être celle-ci déteindrait quelque peu sur la personne<br /> de son mari.<br /> <br /> <br /> Si, de temps à autre, elle avait eu l’impression d’y réussir, ce n’était plus arrivé depuis que le Roi avait enterré son fidèle Serviteur. Il ne parvenait pas, en<br /> effet, à sortir du désespoir dans lequel la quête de Dieu le plongeait.<br /> <br /> <br /> Du jour où il avait pris conscience du manque de Dieu, le monarque n’avait eu de cesse de vouloir le trouver. Ainsi le chercha-t-il en passant des mois dans la<br /> grande chapelle du palais, en s’entourant des plus grands docteurs de la foi, en lisant pendant des nuits entières entre les lignes des plus anciennes ecritures et en parcourant son royaume pour<br /> y contempler les représentations que les hommes en avaient fait. Mais il avait beau chercher, partout au-dehors, il ne le trouvait pas.<br /> <br /> <br /> Un jour qu’il était au plus mal, la Reine vint près de lui avec une infinie tendresse. Il leva les yeux, rencontra son regard, celui-là même qui l’avait jadis tant<br /> troublé, et lui dit :<br /> <br /> <br /> « Vous êtes lumineuse, Madame !<br /> <br /> <br /> - C’est votre propre lumière que vous voyez en moi, Sire.<br /> <br /> <br /> - Comment cela ? interrogea le Roi, surpris par l’étrange réponse que lui faisait sa bien aimee.<br /> <br /> <br /> - On ne voit jamais en l’autre, mon ami, que ce qui est en soi.<br /> <br /> <br /> - Vous êtes trop bonne ! répliqua le monarque.<br /> <br /> <br /> - Non point, contesta son épouse. Je dis ce qui est vrai et, pour le démontrer, je voudrais, s’il vous plaît, vous conter une histoire. Une histoire,<br /> précisa-t-elle, que votre mère m’a elle-même confiée avant de mourir.<br /> <br /> <br /> - Soit ! répondit le Roi qui se demandait ce que la Reine Mère avait bien pu raconter à sa belle-fille.<br /> <br /> <br /> - Il était une fois, commença la première dame du royaume, un bel enfant qui s’apprêtait à venir au monde sans manquer de rien. La femme qui le portait avec amour<br /> savait que la nature généreuse avait doté le fruit de ses entrailles de toutes les grâces et d’infiniment d’atouts.<br /> <br /> <br /> Un jour, cependant, peu de temps avant qu’elle n’enfante, une fée vint lui rendre visite.<br /> <br /> <br /> « Femme, lui dit cette fée, l’enfant que tu portes court un grand danger.<br /> <br /> <br /> - Un grand danger ! répéta, effondrée, la mère. Comment cela se peut-il ?<br /> <br /> <br /> - Cet enfant, lui dit la visiteuse, est une pure merveille...<br /> <br /> <br /> - Je sais, je sais, disait en pleurant la mère qui ne voyait pas où l’apparition voulait en venir.<br /> <br /> <br /> - Et lorsqu’il va naître, il lui faudra, pour s’adapter au monde, se couler dans un moule ; un moule si étroit qu’il ne pourra contenir toute cette merveille. Le<br /> fait est, continua la fée, que, pour survivre, il devra y renoncer au risque de la perdre a jamais. »<br /> <br /> <br /> La mère de l’enfant, qui sanglotait à chaudes larmes, parvint à articuler quelques mots :<br /> <br /> <br /> « Que faut-il faire ? demanda-t-elle. Comment éviter qu’il ne perde la beauté de son âme en s’adaptant à ce qu’on attend de lui ?<br /> <br /> <br /> - Confie-moi sa merveille, lui proposa la fée.<br /> <br /> <br /> - Et qu’en feras-tu ? s’inquiéta la mère.<br /> <br /> <br /> - Sois sans crainte, je la conserverai et je la placerai dans les yeux d’un de ses semblables où, un jour, sans doute, il se reconnaîtra. »<br /> <br /> <br /> La mère n’eut pas d’autre choix, poursuivit la Reine qui tenait l’histoire de feu la mère du Roi.<br /> <br /> <br /> Ainsi l’enfant naquit privé de ce qu’il était vraiment. Alors qu’il grandissait, il eut souvent le sentiment que quelque chose lui manquait, sans savoir exactement<br /> quoi. Un temps, il crut manquer de poneys, puis il crut manquer de place, puis il crut manquer d’amis, et d’air et d&rs<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> A Jacques Besombes pour l’article du blog Nörovison sur DSK<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je viens de parcourir l’article du blog Nörovision. La thèse défendue par l’auteur pourrait être résumée ainsi : la fabrication, par une équipe de<br /> communication, d’un candidat contre nature pour la gauche socialiste. En ce sens nous aurions ici le pur effet d’une idéologie sur commande, déconnectée du terrain.  Et<br /> l’idéologie sur commande explose en l’air parce qu’elle était hors réalité. Cette thèse a le mérite de déplacer le regard, de DSK vers l’équipe qui a construit le candidat et donc sur une<br /> pratique, qui dépasse de beaucoup le cas du seul DSK. Pour moi, il y a, par derrière cette étude de cas, la fabrication d’une théorie sociologique beaucoup plus que l’analyse d’un événement<br /> historique. La théorie m’intéresse mais l’analyse concrète me paraît trop simplificatrice, face au drame qui s’est produit et dont nous ne connaissons pas tous les détours.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> <br /> "Défendre la culture bretonne" de Nolwenn Leroy<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> http://www.trouveztout.org/images/Nolwen-Leroy-Bretonne.jpg<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Idéologie et idolâtrie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Avec l’assimilation, je pense en effet qu’il y a un gros travail idéologique, comme s’il s’agissait de créer un veau d’or pour susciter la soumission à la France.<br /> Sans doute ne t’a-t-il pas échappé que le mot idéologie est proche du mot idolâtrie. Le plus gros travail de l’idéologie est sans doute du côté des images. La Bretagne c’est minable lorsqu’elle<br /> est toute seule mais qu’est-ce qu’elle est belle lorsqu’elle fait partie du royaume de France ! Mais peut-être y a-t-il un moyen terme entre être laide, toute seule, et belle, englobée dans<br /> la nation française. Il y a la culture bretonne !  <br /> <br /> <br /> Je ne pense pas que tu retrouveras vraiment dans Pour Mars, la théologie d’Althusser sur l’idéologie. Elle est dans l’article que j’ai cité. Ce<br /> petit article est, pour moi, une œuvre majeure, comme la théorie de l’idéologie est quelque chose qui restera de Marx, après toutes les critiques qui lui seront adressées.<br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Assimilation et idéologie<br /> <br /> <br />                            <br /> <br /> <br /> J'ai bien reçu ta nouvelle invitation à réfléchir encore. Merci. Je vais m'y coller. Le sujet que tu proposes tombe bien, pour moi. Je me bats (à l'occasion de la<br /> rédaction d'un texte pour lequel je me suis plongé à nouveau dans mes vieilles recherches d'archives) avec quelques considérations que j'essaie de rendre claires. J'ai de nombreux exemples des<br /> efforts des représentants de l'État, d'alors (1796-1833, 1866) : Préfets et Inspecteurs de l'enseignement primaire et divers notables, qui travaillent à l'assimilation des populations bretonnes à<br /> la grande nation française, et leurs commentaires : il s'agit de"détruire absolument la langue bretonne" qui fait de cette population "un peuple, absolument à part». Si ce n'est pas de<br /> l'idéologie !.... Pour aller jusqu'au bout de l'idée (les conclusions provisoires qu'on peut en tirer) je convoque mes démons habituels : la manière dont, ensuite, cette histoire-là nous a été<br /> présentée comme une évolution naturelle, quasiment providentielle : idéologie, idéologie !!! Je retrouve mes auteurs préférés sur cette question : Anne-Marie Thiesse, Gérard Noiriel, Suzanne<br /> Citron, Mona Ozouf, Eric Hobsbawm, Marcel Détienne.... avec Aimé Césaire et Franz Fanon à l'arrière-plan. J'y réfléchis encore un peu. Je reprends mon Althusser, "Pour Marx».- Maspéro, 1965.- p.<br /> 238 sq. et passim, où il y a sans doute l'essentiel de l'article que tu signales.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> L’article du blog NOVÖVISION signalé par Jacques Besombes<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.rue89.com/2011/05/20/dans-la-chambre-2806-cest-la-bulle-dsk-qui-a-explose-204883<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> l'article d'un blog "NOVÖVISION". Bien qu'empreint d'une certaine naïveté (en particulier face à l'argent) et de quelques systématismes bien à gauche, il présente<br /> une vision des choses originale et qu'on peut avoir pressentie même si on l'a refoulée dans l'espoir simpliste de seulement "gagner". J'aimerais avoir ton avis sur cet article et sur le blog<br /> lui-même NOVÖVISION et sur Narvic son auteur +/- anonyme ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> amitié,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Jacques BESOMBES<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Ta référence à Héraclite et Platon est tout à fait bien venue. Les deux fragments se confortent l’un l’autre. Les murailles sont comme les murs qui, en plus, sont<br /> de terribles obstacles à la communication entre les hommes.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Les points de vue d’Héraclite et de Platon<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Juste un petit commentaire sur ton dernier blog:<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ton texte "De l'idéologie à la vérité" est intéressant. Pour alimenter un peu la réflexion je mentionne le Fragment 44 d'Héraclite: "Il faut que le peuple combatte<br /> pour sa loi comme pour ses murailles".  Mais Platon ajoutait "...la muraille ramollit d'ordinaire l'âme de la population." (Les Lois VI, 778d).<br /> <br /> <br /> Antoine.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Si, j’ai écouté Ivan Levaï, ce matin et j’ai bien apprécié. Et j’ai écouté bien d’autres informations. La version brute des faits me paraît impensable. Je crois que<br /> nous serons tous bien étonnés lorsque nous en saurons un peu plus. Pour le moment il est très difficile de trier le vrai du faux. Chacun interprète selon ses propres schémas idéologiques. Il<br /> faudra beaucoup de temps pour accéder à une certaine vérité.<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> La faiblesse des hommes !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci pour ce message . Je lirai ce texte la semaine prochaine car l'Actu de la semaine m'a bouleversée ( DSK + LVT) .<br /> <br /> <br /> Si tu n'as pas écouté l'édito d' Ivan Levaï ce matin ( 8H30 France Inter ) consulte le site ; i dit bien ce que je ressens et pense ...<br /> <br /> <br /> Que nous sommes faibles ! Une fois de plus Pascal dit tout en quelques mots .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bon dimanche et à bientôt .<br /> <br /> <br /> <br />
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