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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 18:27

La cour de Louis XIV

 

 

De l’idéologie à la vérité

 

Très fréquemment les progrès de la société et des individus sont constitués par un passage de l’idéologie à la vérité. Pour illustrer ce passage nous utiliserons le très beau conte arabe, intitulé « Le secret ». Ici, c’est le roi qui fait son passage, éclairé par un mendiant plein de sagesse, devenu son conseiller. Par ailleurs, en 1970, Althusser avait écrit, dans « La Pensée », n° 151, un article, qui reste, aujourd’hui encore, une référence essentielle : « Idéologie et appareils idéologiques d’Etat ». Pour tenter de jalonner le parcours que chacun est appelé à faire, nous nous situerons entre le conte et le texte théorique.

 

L’idéologie ou le règne de la sécurité

L’idéologie est le système de représentations que voudrait inculquer au peuple le grand vizir. Il s’agit d’assurer la sécurité des groupes et des individus. Sans doute la sécurité est-elle une exigence importante. Mais, lorsqu’elle détermine et surdétermine le mode de penser et la démarche politique, elle devient mortifère. Le but des groupes terroristes consiste souvent à nous affaiblir en nous enfermant dans l’idéologie.  Le souffle qui devrait animer la vie d’une nation ou d’un groupe de nations disparaît et nous sommes tous assignés à résidence sous la tutelle d’un Ministre de l’intérieur plus ou moins tout-puissant.

 

La sauvegarde et la multiplication des cordons ombilicaux

 Pour assurer la survie d’un enfant qui vient de naître, il est urgent de couper les cordons ombilicaux. Le bébé ne peut pas vivre fixé sur la mère même si la tentation est toujours grande, au cours de la vie, de retourner dans le calme et la paix du sein maternel, qui inspire les utopies sur le paradis perdu. Or l’idéologie voudrait nous empêcher de naître et de vivre. Il faut rester à l’ombre du roi pour avoir ses faveurs à court et à long terme. Alors, chaque fois qu’un problème se pose, les responsables politiques font voter une loi, pour faire prévaloir l’assurance sur la prise de risque. On pensait que la loi était pour le bien de tous : elle ne fait que légitimer un rapport de force à un moment donné, sous prétexte d’assurer la sécurité.

 

L’assujettissement ou le système de la Cour

 L’homme ou le prétendu citoyen ne sont que des sujets par procuration. Non seulement dans le royaume de Mahmoud mais aussi dans nos républiques actuelles, les cours se constituent avec des cercles concentriques. Plus je suis  proche du pouvoir et plus j’aurai de chances de recevoir la manne qui me fera vivre ou prospérer. Chacun joue des coudes pour entrer dans les préférences du « monarque ». Il faut faire allégeance pour recevoir l’autorisation d’exister. Ici, l’idéologie qui se développe avec l’assentiment des citoyens, conduit à l’assujettissement. Aussi la véritable parole tend-elle à disparaître ; elle est remplacée par la communication. Et le secret de la chambre basse, qui permet à Ayaz d’être soi-même, laisse la place à l’illusion de la transparence. 

 

La reproduction

 Dans un tel contexte, les hommes sont appelés à tourner en rond. La vie qui invente la vie s’arrête parce que le souffle qui l’anime ne peut plus produire de nouveauté. A défaut d’invention, la société devient la championne de la reproduction et de la standardisation. Et la pensée qui asphyxie cède le pas à une technocratie apparemment beaucoup plus efficace. Pendant ce temps, les hommes et les femmes de la Cour  bavardent avec brio mais l’éclat apparent de leurs mots d’esprit ne fait que masquer le vide de leur vie qui tourne en rond. Aussi la maladie mentale est-elle à la porte. C’est ce que met en évidence un conte que beaucoup trouvent anodin : il s’agit des « Trois fileuses ». La jeune femme qui veut gagner l’estime du fils du roi s’appuie sur le savoir faire de trois personnes, pleines d’expérience, qui font le travail à sa place. Au bout de quelques mois, elle finit par perdre la mémoire et s’enfonce dans la mélancolie jusqu’au jour où, grâce à son futur mari, elle prend conscience du côté burlesque d’une vie sans inventivité ; le rire lui sert alors de déclic pour entrer dans une existence sans cesse porteuse de nouveauté.

 

La vérité ou le pari de la liberté

 Comme dans le conte, il arrive un moment où le voile se déchire, ouvrant ainsi l’espace de la vérité. La recherche de la sécurité apparaît tout à coup trompeuse ; elle engendre en effet une violence arbitraire qui opprime la société et les individus. Œdipe, victime de l’idéologie, qui l’a empêché de voir la réalité telle qu’elle est, se crève les yeux pour entrer dans la pensée et dans la dynamique de la parole, plus proche de la dynamique de la vie. Et il aura fallu que le roi soit poussé dans le jeu idéologique du vizir, qui brise les individus, pour comprendre que la vérité est ailleurs, dans la chambre secrète du conseiller suspect ; elle n’est pas dans la recherche de la sécurité, elle est dans le pari de la liberté.

 

Le renoncement aux cordons ombilicaux

 Sous prétexte de promouvoir la sécurité, les cordons ombilicaux entravent le développement des individus. C’est en effet la première découverte de celui qui s’aventure sur le chemin de la vérité. Ayaz, le mendiant, a toujours refusé de s’enfermer dans la Cour, qui lui était hostile. Dans sa cellule, il n’y avait rien si ce n’est sa tunique déchirée, son bâton et son bol de mendiant. Il avait renoncé à tous les cordons ombilicaux pour entrer dans le manque, qui est le moteur de tous les désirs et en particulier du désir de liberté et de vérité. Chacun comprend sans peine qu’il faut cesser de bloquer les individus et la société par des garde-fous, des protections, des règlements et des lois inutiles, et même par un amour dépassé, pour mettre en marche les moteurs qui font avancer. A ce niveau, la vérité est pleine de violence et sans pitié, car elle dénonce toutes les béquilles de la bonne conscience, qui contrarie la véritable liberté.

 

Le primat du sujet responsable

 Le roi Mahmoud devient responsable lorsqu’il est mis en face de la vérité. En baisant le bas du manteau d’Ayaz, il devient sujet à part entière. Dans les révolutions récentes, c’est bien le primat du sujet responsable  que les insurgés revendiquent en découvrant les leurres dans lesquels les gouvernants les avaient enfermés. Et le malade psychique apprend, au cours de la cure thérapeutique, qu’il ne doit pas tricher avec ses ressentis, avec ses violences retenues, avec ses désirs frustrés, s’il veut, un jour, découvrir la liberté du corps et de l’esprit, c’est-à-dire la pleine liberté du sujet.

 

Le chemin vers la création

 La vérité est un chemin et elle mène à la création, car elle est l’alliée intime de la vie en mouvement. Dans le mythe d’Hiram, cher aux francs-maçons, les compagnons voudraient entendre du maître les secrets de la vérité, qui mène à la création du temple intérieur. Mais le maître ne peut leur livrer le message qu’ils sollicitent ; en effet, le secret est dans le constat que la vérité est un chemin inventé au cours de la vie de chacun. Il paiera de sa vie sa fidélité à la vérité, qui amène tout homme à inventer sa vie, c’est-à-dire à entrer dans le mystère de la création présent au cœur de la vie elle-même. En fait, sa propre vie a moins de prix que la vérité, qui vise finalement un certain dépassement de la mort.

 

La parole est dans le passage de l’idéologie à la vérité

Notre cheminement vers la vérité nous conduit au secret de la parole elle-même. C’est elle qui fait passer de l’idéologie à la vérité. Tout est dit dans l’échange entre le conseiller mendiant et le roi : « Tu n’as pas le droit d’être ici. Ici commence le royaume des pèlerins perpétuels. Mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ? – Pardonne-moi, dit le conquérant ». Devant l’esclave, il s’inclina et baisa le pan de son manteau ». Nous voyons ici que prendre la parole, au sens fort du terme, est un acte révolutionnaire ; il montre au maître qu’il est en réalité un esclave (de l’idéologie) et que l’esclave, dans l’enfermement de sa chambre basse, a acquis la maîtrise de la parole, qui libère en conduisant à la vérité. 

 

Le secret

 

Où se tenait Mahmoud, était Ayaz. Où souffrait Ayaz, souffrait Mahmoud. Il n’était pas au monde d’amis plus proches, ni plus soucieux l’un de l’autre. Pourtant, Mahmoud était roi et Ayaz son esclave.  « Ayaz à la blanche poitrine » : ainsi l’appelait-on, car il était d’une beauté parfaite. Il était arrivé en guenilles de vagabond dans la ville où régnait le conquérant superbe et redouté. Il avait longtemps cheminé, sans cesse assoiffé par la poussière des déserts, et plus encore par l’increvable désir d’atteindre un jour la lumière qu’il sentait brûler dans le fond secret de son âme, au-delà de toute souffrance. Mahmoud l’avait rencontré sur les marches de son palais et l’avait pris à son service, séduit par son visage et son regard de diamant noir. De cet errant misérable venu du fin fond des chemins, il avait goûté les paroles simples et jamais basses. Il avait fait de lui son conseiller. Il en fit un jour son frère de coeur.

 

Alors ses courtisans s’émurent. Que cet esclave leur soit préféré les scandalisa si rudement qu’ils complotèrent sa perte et se mirent à épier ses moindres gestes. Le vizir attacha quelques sbires discrets à sa surveillance. Un soir, lui fut rapportée une incompréhensible bizarrerie dans le comportement de cet homme qu’il détestait. Il s’en fut aussitôt à la haute salle au dallage de marbre où déjeunait Mahmoud, et s’inclinant devant le souverain terrible : « Majesté, lui dit-il, tu n’ignores pas que, pour ta précieuse sécurité, je fais surveiller tous les mortels, humbles ou fortunés, à qui tu accordes le privilège de ton incomparable présence. Or, il me parvient à l’instant d’inquiétantes informations sur Ayaz, ton esclave. Chaque jour, après avoir quitté la Cour, il va s’enfermer seul dans une chambre basse au fond d’un couloir obscur. Nul ne sait ce qu’il y trame. Quand il en sort, il prend soin de verrouiller la porte. A mon avis, il cache là quelque secret inavouable. Je n’ose penser, quoique ce soit possible, qu’il y rencontre de ces disgraciés, qui n’ont de désir que de te nuire. « Ayaz est mon ami lui répondit Mahmoud. Tes soupçons sont absurdes. Ils ne salissent que toi. Va-t’en ! » Il se renfrogna. Le vizir se retira discrètement satisfait : quoi qu’en dise le roi, son âme était troublée. Mahmoud, demeuré seul, resta, un moment pensif, puis fit appeler Ayaz et lui demanda, avant même de l’avoir embrassé : « Frère, ne me caches-tu rien ? – Rien, Seigneur, répondit Ayaz en riant. – Et si je te demandais ce que tu fais dans la chambre où tu vas tous les soirs, me le dirais-tu ? » Ayaz baissa la tête et murmura : « Non, Seigneur ». Le coeur de Mahmoud s’obscurcit. Il dit : « Ayaz es-tu fidèle ? – Je le suis, Seigneur ». Le roi soupira. « Laisse-moi, dit-il. » Il ne put trouver la paix.

 

Le soir venu, quand Ayaz sortit de sa chambre secrète, il se trouva devant Mahmoud, son vizir et sa suite dans le couloir obscur. « Ouvre cette porte, lui dit le conquérant. » L’esclave serra la clef dans son poing et, remuant la tête, refusa d’obéir. Alors Mahmoud le prit aux épaules et le gronda : « Si tu ne me laisses pas entrer dans cette chambre, la confiance que j’ai en toi sera morte. Veux-tu cela ? Veux-tu que notre amitié soit à jamais défaite ? Ayaz baissa le front. La clef qu’il tenait glissa de sa main et tomba sur le dallage. Le vizir la ramassa, ouvrit la porte. Mahmoud s’avança dans la pièce obscure. Elle était vide et aussi humble qu’une cellule de serviteur. Au mur pendait un manteau rapiécé, un bâton et un bol de mendiant. Rien d’autre. Comme le roi restait muet devant ces guenilles, Ayaz lui dit : « Dans cette chambre, je viens tous les jours pour ne pas oublier qui je suis : un errant en ce monde. Seigneur, tu me combles de faveurs, mais sache que mes seuls biens véritables sont ce manteau troué, ce bâton et ce bol de mendiant. Tu n’as pas le droit d’être ici. Ici commence le royaume des pèlerins perpétuels. Mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ? – Pardonne-moi, dit le conquérant ». Devant l’esclave, il s’inclina et baisa le pan de son manteau. (Conte arabe, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)

 

 Etienne Duval

 

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Published by Duval Etienne
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Duval Etienne 14/06/2011 21:24



Du Yi Qing à la théorie de l’inconscient


 


J’ai toujours été subjugué par le Yi Qing et c’est peut-être, comme tu le dis, la réflexion sur l’idéologie, qui permet d’en percevoir l’originalité et
l’opportunité. L’idéologie est toujours là, prête à orienter la réflexion et l’action. Or le choix du hasard comme stratégie de départ m’oblige à décrocher de tous mes a priori pour me laisser
guider par l’observation, l’écoute et le diagnostic basé sur une démarche rationnelle. Je trouve ta proposition assez astucieuse.


 


Pour moi, le travail sur le mythe d’Œdipe m’a permis de comprendre que les individus et les sociétés sont guidés sans le savoir par l’inconscient, qui structure nos
comportements et nos réflexions. Nous aurions là l’origine fondamentale de l’idéologie qui nous conduit dans l’existence à notre insu. Pour ouvrir un espace au sujet, il semble essentiel de
rechercher sur quels systèmes nous fonctionnons individuellement et collectivement, de repérer quelles sont ces structures inconscientes qui rythment nos existences sans que nous le sachions,
pour échapper au destin et conquérir notre liberté.


Sans doute, la vérité du comportement est-elle dans un croisement des deux démarches, celle que tu mets en évidence et celle que je propose.



Jacques Besombes 13/06/2011 23:47



Contre les idéologies savoir associer le hasard, l’observation et la logique


 


Voici donc un article pour lequel le blog fonctionne bien : « 70 commentaires » et des longs, qui dit mieux ? J’hésitais à en rajouter….. mais j’ai quand même envie
de dire ceci qui à mon avis manque :


 


Plutôt que dans la recherche de la vérité, de la justice qui restent des idéaux inaccessibles, la parade à l’idéologie ne serait-elle pas dans l’exercice d’une
attitude d’observation, d’écoute, de diagnostic, aussi détachée que possible des idéologies, des préjugés, des « a-priori »  qui nous encombrent et cela pour chaque événement,
chaque décision, chacun de nos choix, chacune de nos directions à prendre. Cette attitude qui exige une discipline difficile et constante étant suivie d’une action, motivée essentiellement par
l’observation et non par une idéologie imposée de l'extérieur. Bien sûr, nos actions seront quand même conditionnées par ce que nous croyons juste (juste comme justesse, plutôt que comme justice)
et cela ressemble à de l’idéologie, mais plus nous ferons nôtres ces préalables, plus nous ouvrirons large nos yeux et nos oreilles, moins nous céderons aux modes, dictats médiatiques, religieux
ou politiques pour au contraire écouter, voir en notre cerveau et notre cœur, et moins nous serons soumis aux idéologies.


J’ai mis très longtemps à comprendre et encore plus à admettre la justesse du fonctionnement de départ du « Yi Qing » chinois, considéré à tort par notre idéologie
occidentale comme un ouvrage de divination, alors qu’il est en fait un « recueil de stratégies ». Dans ce processus de recherche d’une stratégie adaptée à chaque cas particulier de décision à
prendre, le choix de départ est en quelque sorte laissé au hasard (choix d’un hexagramme), mais la suite se développe très logiquement. Comme si, avant tout il fallait assurer un choix initial
libre de préjugés. Comme si les anciens Chinois avaient compris qu’aucun choix personnel n’est libre vis à vis des idéologies, des préjugés, des a-priori et que mieux valait, tout compte fait,
s’en remettre au hasard.


 


Je crois bien qu’on appelle cela « être pragmatique ».



Duval Etienne 08/06/2011 09:15



La vérité n’est pas soumise aux intérêts particuliers


 


Il est possible que l’article soit compliqué. En tout cas, c’est ton point de vue et je ne souhaite pas  défendre absolument le contraire. Mais il
y a quelque chose qui n’est pas forcément apparent et va un peu à l’encontre des principes cartésiens. Je me situe le plus souvent dans l’ordre du symbolique et j’essaie alors de respecter la
structure propre au symbolique, qui parle non seulement au conscient mais aussi à l’inconscient.


 


Il est vrai que la prise de parole n’est pas toujours un acte révolutionnaire car il y a parole et parole. Elle l’est lorsque les peuples se révoltent contre la
tyrannie. Elle l’est plus fondamentalement au sens où la vraie parole est l’affirmation d’un sujet. Le sujet est porteur d’un absolu, qui pose une limite aux pouvoirs de toute nature.


 


Sur le principe de précaution, je suis d’accord avec toi, dans les cas que tu cites car nous avons une certaine responsabilité à l’égard de la nature, de la terre
et des générations qui nous suivent. Quand je parle d’idéologie, je veux souligner les représentations du monde et de la société qui vont dans le sens de l’intérêt de quelques-uns, lié à certains
rapports de forces, à un moment donné,  et non pas dans le sens de l’intérêt général. Le souci de la nature, de la terre et des générations futures va dans le sens de l’intérêt
général. Mais il y a beaucoup de précautions qui infantilisent l’homme et le citoyen.



Jean Puel 07/06/2011 18:27



Un article bien compliqué


 


J'ai lu ton fichier relatif à la VÉRITÉ. Je trouve tout cela compliqué.


 


Je suis d'accord avec l'affirmation selon laquelle le manque est à l'origine des désirs. Par contre, il me semble que la prise de parole n'est pas systématiquement
un acte révolutionnaire, bien au contraire.


 


Quid du principe de précaution qui fait obstacle à la prise de risque et à une certaine liberté, lequel est souvent appliqué dans notre société actuelle mais pas
systématiquement du fait des besoins de la société? Je le trouve cependant opportun cpte tenu des dangers que constitue l'exercice de certaines activités (nucléaire, OGM, emploi inconsidéré des
pesticides, etc.....)



Europe et OGM 06/06/2011 09:16




Lit de Procuste,


OGM et supranationalisme européen






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