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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 23:42

  

 Jean Kergrist, le Sous-secrétaire d'étable


 

La parole qui rit
 
La parole s’épanouit dans le rire. Elle trouve, avec la distance de l’humour, son propre accomplissement. Le sourire a le pouvoir d’ouvrir l’âme pour que l’homme se dévoile dans sa pudeur et sa vérité. Ici, c’est en même temps le cœur et l’oreille qui sont sollicités. Mais au-delà du sourire bien humain qu’elle tient toujours en haleine, la parole qui rit semble venir d’un au-delà de l’homme. Elle n’a l’air de rien et pourtant elle porte le rire de Dieu, devant sa création. Sa voix est celle du Magnificat et des Béatitudes. « Elle renverse les puissants de leur trône et élève les humbles, elle comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides ». Elle fait craquer les apparences de la stabilité, déplace les montagnes, et inverse les situations pour révéler une réalité toujours en mouvement qui force l’espace du possible. Comme dans la fête, la violence est tellement intégrée qu’elle s’allie à la douceur et à la tendresse. Puissance d’accouchement, la parole qui rit nous fait naître à notre humanité. 
C’est bien ce que montrent les propos de Nasr Eddin Hodja, personnage du Moyen Âge, devenu légendaire, tellement ses histoires nous enchantent encore aujourd’hui. A sa manière, Jean Kergrist, le célèbre clown breton, prend le relais. Après avoir été clown atomique, et bien d’autres choses encore, il devient Sous-secrétaire d’étable. Le matou qui dort a encore plus d’un tour sous son oreiller.
 
Nasr Eddin, un Imam pas comme les autres
 
Nasr Eddin, dans le contexte des Mille et une nuits, est un personnage du Moyen Age, qui a fait école bien au-delà de son port d’attache, si bien qu’il n’est pas toujours facile de donner, à son sujet, des repères précis et d’identifier ses propres écrits. Une certaine littérature officielle dit qu’il est né en Anatolie, une province de Turquie, en 1208, et qu’il est mort, fort âgé pour l’époque, en 1284. Après de bonnes études, il est devenu l’Imam d’un village, à la suite de son père. Élevé dans la tradition soufie, il a choisi, pour éduquer ses fidèles, de leur raconter des histoires drôles ; il se mettait en scène jusqu’à se rendre ridicule, au plus haut point. Chacun pouvait alors, sans peur, ausculter sa propre vie pour repérer et corriger ses propres idioties.
 
Un oiseau merveilleux
Sur le marché, un camelot propose un oiseau aux merveilleuses couleurs. Il en demande deux pièces d’argent. Les clients trouvent qu’il est trop cher. Le vendeur insiste : « Mon oiseau est un perroquet qui parle le turc ». Rien n’y fait. Le marchand doit repartir avec sa bête. 
Le lendemain matin, Nasr Eddin arrive avec un superbe dindon qu’il installe sur un perchoir. Il en demande trois pièces d’argent. Les gens qui passent se demandent s’il n’est pas devenu fou. Ils se hasardent à lui poser une question : « Pourquoi demandes-tu une aussi forte somme d’argent alors que l’on pourrait avoir, pour le même prix, un troupeau tout entier ? – Ignorants, rétorque-t-il, si l’oiseau d’hier valait deux pièces d’argent, le mien en vaut au moins cinq. – Mais l’oiseau parlait. – Bien sûr, il parlait ; le mien fait beaucoup plus, il pense ».
Chacun peut alors s’interroger pour savoir s’il ne se détourne pas de la parole, en répétant, comme le perroquet, ce qu’il entend autour de lui. Et ne se glorifie-t-il pas d’une pensée, qui n’en a que les pompeuses apparences ?
 
Deux femmes dans une barque
Avec les femmes, les hommes sont parfois d’une grande hypocrisie. C’est ce que veut leur montrer Nasr Eddin avec cette nouvelle histoire. Le conteur a deux femmes qu’il transporte sur une barque. Elles veulent avoir le cœur net de l’amour qu’il leur porte et lui demandent laquelle des deux il préfère. Avec une grande prudence, il répond qu’il les aime également toutes le deux. Elles insistent. Il persiste. Un peu plus malicieuse que sa compagne, la plus jeune l’interroge à nouveau : « Si la barque chavire, laquelle de nous deux sauveras-tu la première ? » Se tournant alors vers la plus âgée, Nasr Eddin lui demande : « Toi, tu sais nager un peu, non ? »
 
Les riches et les pauvres
Au Moyen Âge, comme aujourd’hui, le prédicateur doit faire face à l’épineux problème de la richesse… Une grande sécheresse a sévi sur toute la région et la population est fortement menacée de famine. Les riches, il est vrai, ont su faire d’amples réserves mais les sacs des pauvres diminuent à vue d’œil et sont presque complètement vides. Khadidja, la femme de Nasr Eddin, interpelle son mari : « Ne reste donc pas les bras croisés : rassemble toute la population sur la place et invite les riches à donner à manger aux pauvres. » Emu par la sagesse de Khadidja, l’homme applique son conseil. Au bout de quelques heures, il revient en rendant grâce à Allah, le Miséricordieux. « C’est bien, dit la femme : tu as donc réussi ? – Oh ! Ce n’était pas facile, reprend le mari. J’ai réussi à moitié. – A moitié ? – Oui j’ai réussi à convaincre les pauvres. »
 
Comment sauver un avare de la noyade
En réalité, le riche est si attaché à son argent qu’il est difficile de le sauver, en ce monde et dans l’autre. Un jour, Mustafa, l’homme qui avait la plus grande fortune de la ville, tombe dans la rivière. Ne sachant pas nager, il se laisse entraîner par le courant. Intrigués par ses appels au secours, les riverains se précipitent, se penchent vers lui, les bras tendus : « Donne ta main, crient-ils ». Le désespéré les regarde, affolé, sans réagir. C’est alors que Nasr Eddin arrive à vive allure. « Prends ma main, prends, supplie-t-il ». Il prend et son sauveur le sort de l’eau. Allah, comme son serviteur, est si miséricordieux qu’il en vient à prendre les hommes à leur propre jeu pour les tirer d’affaire.
 
L’âne volé
C’est l’imagination qui nourrit la peur beaucoup plus que les dangers de la réalité… A la fin de la journée, un individu malveillant s’est introduit chez Nasr Eddin et a volé son âne. L’Imam, qui tient à son compagnon, promet une forte somme d’argent à celui qui lui rapportera l’animal. Personne ne se présente. Alors, il annonce que le voleur bientôt identifié sera durement châtié et fouetté en public s’il ne rend pas la bête avant la fin du jour. La nuit arrive sans le retour de l’âne. Eh bien ! Puisqu’il en est ainsi, Nasr Eddin fera ce qu’a fait son père. Le lendemain matin, à la première heure, le voleur très apeuré est à la porte avec son butin. Il interroge le propriétaire : « Tu aurais fait ce que tu as promis ? – Sans aucune hésitation. – Et, qu’est-ce qu’il a fait ton père ? – Il a racheté un autre âne ».
 
La perte de l’âne
A force de dévotion mal placée, les fidèles finissent par prendre Allah pour un idiot... Nasr Eddin a toujours des histoires avec son âne. Il vient de lui échapper dans les collines des environs. L’homme ne songe pourtant pas à le rechercher. Il parcourt les rues de la ville, en criant : « Louanges à Allah, louanges à Allah ! » Ses fidèles s’étonnent de son comportement. « Mais, vous ne comprenez rien leur dit-il : je rends grâces à Allah de n’avoir pas été sur le dos de mon âne, lorsqu’il s’est égaré. »  

Références : Sublimes paroles de Nasr Eddin, éd. Phébus, Pocket et Le cercle des menteurs de J. C Carrière, éd. Plon.                                                               

Etienne Duval 


Jean Kergrist et le Sous-secrétaire d’étable

 

En 1975, peu après ma sortie de l’ordre dominicain, je suis entré en profession clownesque, mon nouvel « ordo praedicatorum ». Maintenant retraité du spectacle, j’ai gardé à mon répertoire un personnage de « Sous-secrétaire d’étable aux colloques agricoles », de plus en plus sollicité pour animer bénévolement de ses discours déjantés meetings et manifs : réchauffement climatique, tests ADN, sans-papiers, incinérateurs et pollutions diverses… 

Un personnage qui n’a peur de rien

Mon Sous-secrétaire s’amène en véhicule de fonction -un vélo de clown- et cause à tout va, à s’en échauffer la cervelle, proposant des solutions à des problèmes que vous n’avez même pas posés, positivant tous les ennuis de la planète, faisant l’autruche à s’en éclater de mauvaise foi. Un couteau sanguinolent lui traverse d’ailleurs la tête, c’est dire qu’il n’a peur de rien. 

La bouée du rire pour s’éloigner du bateau en perdition

Aujourd’hui je demeure encore étonné de mes capacités à faire rire. Dans le quotidien, je suis loin d’être un marrant. Je ne retiens aucune des bonnes blagues qui font l’apanage des humoristes de compagnie. Mon humour a toujours un côté plutôt grinçant. Une sorte d’élégance des causes désespérées, du genre « puisque tout est foutu, mieux vaut en rire ! ».
Le clown saisit à pleines mains la bouée du rire pour s’éloigner du bateau en perdition. Alors que les militants y croient encore, l’humoriste a déjà transporté son camp ailleurs. Il est d’une autre planète. Mais il espère, malgré tout, sans trop le dire, que son humour noir aura la vertu de réveiller quelques résistances, quelques barouds de dernier souffle.
 
Je préfère rire du dominant plutôt que du cocu

L’humour existe-t-il ? Il ne se trouve peut-être que des sujets de rigolades et, d’un comique à l’autre, mille manières de les traiter. Je préfère rire du dominant plutôt que du cocu… même s’il est toujours possible d’émarger aux deux catégories à la fois. Je ne donnerais pas un fifrelin pour écouter les blagues machistes d’un Jean Marie Bigard, le comique troupier du moment. J’imagine que, de son côté, il n’en a rien à cirer de mes gags clownesques. Nous habitons deux planètes différentes qui ne sont pas prêtes de se croiser. Comme le disait Pierre Desproges : « on peut rire de tout, tout dépend avec qui ».           

Amplifier jusqu’à l’outrance une propagande
  

Les personnages clownesques de mes spectacles d’autrefois (atomique, agricole, chômeur, pape, docteur...), plus longs et plus construits, avaient tous comme point commun de se laisser aliéner au discours du pouvoir dominant, de faire du zèle en amplifiant jusqu'à l'outrance une propagande, fausse parole aujourd'hui présentée sous la charmante dénomination de "politique de communication" enrobée, plus récemment, de « politique de civilisation ». Se retrouvant ensuite le cul par terre au contact de la réalité, mes héros déclenchaient le rire politique, celui qui introduit le spectateur au recul critique sur lui-même, devenu objet manipulé par le pouvoir. Le rire devient alors instrument de recherche, exercice de doute cartésien.

L’exercice plein de tendresse de ma fonction citoyenne
           
Ce rire clownesque n'a jamais été pour moi une simple forme, habillant après coup des idées. Le rire est l'exercice même de ma fonction citoyenne. Brecht en avait fait le coeur de ce qu'il appelait la distanciation, même si ses disciples furent parfois moins heureux à se l'approprier.
Mais je lui ai toujours aussi fixé ses limites, évitant de le transformer en ironie, impuissance de l'intellectuel blasé. Pour ce faire, j’ai toujours gardé sur mes héros aliénés un regard de tendresse. Leur naïveté les déculpabilise.
           
Faire voler en éclat le baratin justifiant notre esclavage 
 
J'ai découvert par hasard cette arme atomique du rire, mais ne l'ai utilisée qu'à bon escient, respectant toujours le faible, qui, dans sa chute, n'est jamais ridicule. Seul le puissant donne à rire de son triomphe. Ce rire-là, oui, je le jette toujours au vent avec jubilation, par l’entremise de ce personnage de Sous-secrétaire d'étable rescapé.
Quel plaisir de faire voler en éclats le baratin des maîtres justifiant notre esclavage ! Les éclats de rire deviennent alors plus efficaces que des éclats d'obus. Éclats à têtes multiples mettant aussi à bas la militance triste et le monde gris collabo qu'elle nous prépare. Vive la résistance joyeuse !
 
À lire : Chronique brouillonne d’une gloire passagère de Jean Kergrist, préface de Jean Bernard Pouy, éditions Keltia Graphic, février 2008
 
 
                                                                                              Jean Kergrist
 
 
 
 
 
 
  Coluche.jpg
 

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commentaires

E
Si vous voulez voir les images de Plogoff et les précédentes, allez directement à l'adresse suivante :http://pagesperso-orange.fr/kergrist/pagecadre.html
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E
Jean, je m'excuse, mais je n'arrive plus à faire passer tes photos, pourtant très parlantes, sur over-blog. Il faudra que j'aille voir ce qui se passe.
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J
Les échos (du plus récent aux plus anciens) sont toujours datés et jamais modifiés après coup... aux risques et périls de réactions spontanées de l'auteur.
 
PLOGOFF revu en dansant
28 ANS APRÈS
La transmission est assurée.
Le cercle celtique de Douarnenez, sous la houlette de Gildas Sergent, ne se confine pas à la célébration du folklore breton.
 
Les 26 et 27 avril 2008, à Douarnenez, devant une foule compacte, leur création dansée "Plogoff an Arvest"" a fait l'unanimité. Nous avons désormais notre "Breizh Side Story".
 
En s'attaquant à l'histoire de la lutte de Plogoff, presque trente ans après, le risque était réel : celui de tomber d'un côté dans le réalisme de la reconstitution historique, ou, de l'autre, dans le machiavélisme d'un affrontement sans parole entre bons et méchants.
 
Ils s'en tirent à la perfection en évitant tous les pièges, avec 60 acteurs danseurs, batteurs de fûts et musiciens, une troupe comme les compagnies professionnelles aimeraient aujourd'hui s'en offrir.
 
Il faut voir les gardes mobiles danser d'un bloc compact en envoyant valser les barricades. Dans leur élan, ce sont toutes les créations poussives des cultureux, ringardes d'avant gardisme, qui voltigent de ridicule. Pas de danger que les "Korriged Is" soient invités au Quartz ! Et c'est tant mieux !
 
La complainte de Plogoff, création du groupe Kornog, chantée autrefois par Mona Jaouen, aujourd'hui par une jolie pensardine en tricot rayé (Koulmig Hascoët), nous émeut toujours aux larmes. L'ombre du regretté Jean Marie Kerloch, l'ancien maire de Plogoff, plane alors sur l'assistance.
 
Le nouveau "clown atomique", Claude Le Bozec, est arrivé (cf son initiation sur la photo Ouest-France 28/04/08 ci-dessus, en tenue d'époque). Il ne lui restera plus qu'à affronter les gardes mobiles "in situ" lors d'un prochain conflit. Cela ne devrait pas manquer, par ces temps où les multinationales veulent imposer aux états leurs diktats (cf par exemple "Ploufragan" ci-dessous). 
 
Les anciens combattants toujours jeunes : Félix et Nicole le Garrec (leurs images de "Des pierres contre des fusils" sont projetées sur écran)... en compagnie des journalistes de l'époque, aujourd'hui retraités (ah l'ineffable Jean Charles Pérazzi ! auteur de l'article O-F ci-contre du 15/03/80), étaient au premier rang pour assurer la transmission de la flamme anti-atomique à ceux qui, à l'époque, pour la plupart, n'étaient pas nés.
Souvenirs, souvenirs...
PS : Bizarrement, le site officiel de la mairie de Plogoff (http://www.plogoff-pointeduraz.com/htfr/0005.htm) ne consacre pas une ligne à ces évènements, qui ont pourtant fait la renommée internationale de la commune. Sur leur site (il est vrai en gestation) les photos de paysages de la commune sont superbes, mais pas un merci à ceux qui ont contribué à les préserver. Trou de mémoire ? Ça se soigne ! 
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E
Dommage que les images ne soient pas passées !
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J
Paru en mars 2008 chez Coop Breizh
"La cordillère des jambes"  roman (poche, 10 euros)
Le mythe de Manon du Faouët revisité par une voleuse au grand cœur. Le roman de la Bretagne intérieure.

Pour assurer la pérennité de son trône sur la petite île de Béni Tanb, le cheik Al Fayed Kamal Koutchma, dit l'émir de Langoélan, cherche une mère porteuse en Bretagne. Albert le Gall, manipulateur au CIA (Centre d'Insémination Animale) de Plounévézel, va lui donner un sérieux coup de main.
Tableau de couverture : Jean René Ghéroldi(La dame en rouge)
EXTRAIT
Nos deux héros sont arrêté à un barrage d'agriculteurs protestant contre une rave.      Laissèrent la R5 en équilibre instable sur la glissière. Rampèrent, par-dessus le talus, jusqu'à un champ de maïs sous plastique. Dernière technique en vogue pour faire filer plus rapidement les pesticides vers la rivière. Coupèrent ensuite par une étendue de genêts. Enfin la protection hospitalière d'un chemin creux. La nuit tombait. La journée avait été rude. Décidèrent de souffler un peu. Se glissèrent à l'abri d'une vieille souche.    -Si je comprends bien, vous avez, vous aussi, vos Talibans !    -Au début on n'a pas vu le coup venir. Les gars du barrage, même les plus rupins, même le grand binoclard à la barre à mine, sont que des pauvres types. Manipulés jusqu'à la corde par tout un système qui quadrille les campagnes. Les coopératives, celles que nous avions mises en place avec notre idéal de Jeunesse Agricole Catholique, avec l'idée de partager les risques, nous ont peu à peu échappé. De coopérateurs, nous sommes progressivement devenus employés. Les directeurs de coopérative sont devenus les vrais patrons. La course au rendement nous a happés. Leurs techniciens, payés par les boîtes d’aliments et d’engrais, passaient deux fois par semaine. Fallait faire toujours mieux que le voisin. Acheter le tracteur le plus gros. Construire le poulailler le plus grand. Doper tes vaches au soja pour leur faire pisser le lait comme curé ses prières. C'était ça ou crever.     Venaient nous seriner à l'oreille qu'un paysan sur deux allait disparaître. Que c'était une loi de la nature. Incontournable. Alors, au lieu de jouer la solidarité, on a joué la concurrence. Épié le voisin par-dessus le talus. Diviser pour régner.  À chaque fois que l'un de nous buvait la tasse, les autres serraient les fesses. Tout faire pour ne pas être de la prochaine fournée. La banque, elle, s'en sortait toujours. Plus il y avait d'éclopés, plus elle récupérait en hypothèques et ça repartait pour un tour du manège. Avec d'autres naïfs qu'ils dressaient à pédaler pour eux.     Tu fermes ta gueule et ils te nomment administrateur de la banque, de la coopérative ou du syndicat. T'as le privilège de monter en cravate à la tribune lors de l'assemblée générale, avec kir cacahouètes et casse-croûte gratuit. C'est comme monter à la première marche du podium des jeux olympiques pour chercher ta médaille. Leurs élections se bricolent toujours à candidats choisis et liste bloquée. De toute façon personne n'est capable de foutre le nez dans leurs bilans. T'es assommé par des pages de chiffres auxquels tu comprends rien. Une fois administrateur, tu deviens une huile locale respectée. Un intouchable. Dans la foulée, t’es élu conseiller municipal. Tu vends tes vaches plus chères que la moyenne. Tu gagnes tous les concours de comice agricole. Pour annoncer ton enterrement, dans le journal c’est au moins vingt faire-parts des conseils d’administration bidons auxquels t'appartiens.    -Personne ne résiste ?    -Sur le tard, les écolos nous ont un peu foutu la frousse. Notre merde devenait trop voyante. Le saccage trop généralisé. On se sentait presque un peu fautifs d’avoir rasé les talus. Bousillé toutes les zones humides à grands coups de drainage. Pour nous reprendre en main, nos patrons n'ont pas tardé à trouver la parade. Se sont regroupés avec les marchands de tracteurs et produits chimiques pour inventer un nouveau truc : l'agriculture "raisonnée". Un cache-sexe pour continuer comme avant. Surtout rien changer. Sous couvert de diminuer les doses de poison.    -T'as jamais essayé de réagir avant ?    -Que veux-tu faire quand toute ton énergie est utilisée à pas crever ? Tu dors mal. Tu sors presque plus. Tu vois que des collègues, et encore ! Des années sans mettre le nez dans un bouquin, à part l’annuaire téléphonique. Tu deviens plus taciturne que tes bêtes. Plus con que tes pieds. Tu parles plus qu'à ta fourche. Et gare à celui qui se met en travers ! Devient la cause de tous tes malheurs. Arrivés à ce stade, on est tous prêts à cogner. D’ailleurs certains s’en privent pas. Ça commence sur les animaux. À coup de fourche. Si les vétérinaires dénonçaient les sévices dont ils sont témoins, la ligue de protection des animaux ne saurait plus où donner du procès.     -Et ta femme ?    -Encore plus conditionnée que moi. C'est elle qui tient la bourse. Me pousse au cul quand le compte vire au rouge. Parle toujours de se jeter sous un train. Heureusement y a plus de trains. Ont tout misé sur le TGV. Désormais faut aller à perpette pour trouver une micheline. Et comme ma femme n’a pas son permis…    -Vous avez quand même réussi à élever sept gamins.    -J'appelle pas ça élever. Ou alors comme on élève des poulets. En batterie. En gavant les canards pour qu'ils ferment leur gueule. Au lycée agricole, on t’apprend à connaître par cœur toutes les marques de tracteurs, mais, sorti de là, t’es incapable de leur aligner deux idées qui tiennent debout. Deviennent tous aussi cons que leurs pères.
QUATRIÈME DE COUVERTURE :
Le mythe de Marion du Faouët est ici revisité avec humour. Ça débute comme un polar, ça flaire le roman régionaliste, puis ça vous propulse aux quatre coins cardinaux. C'est avant tout un Kergrist, drôle, impertinant, émouvant, jubilateur, ravageur. Culs et chemises flirtent avec larrons en foire dans une quête du Graal où la belle Manon, voleuse au grand cœur, se dérobe à la vitesse du big bang. 
 
 Paru en février 2008 chez Keltia Graphic  
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E
Une naïve, qui n'est pas si naïve que ça, au contraire.
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E
 J'ai bien reçu ton message Je constate une fois de plus que les grands chefs peuvent voir loin et font tomber dans leurs filets les pauvres naïves qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
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G
On peut même chanter la mort sinon en rireJean ferrat, dans "Nuits et brouillard" chante ceux qui ont disparu dans les camps...Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliersNus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombésQui déchiraient la nuit de leurs ongles battantsIls étaient des milliers, ils étaient vingt et centIls se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombresDepuis longtemps leurs dés avaient été jetésDès que la main retombe il ne reste qu'une ombreIls ne devaient jamais plus revoir un étéLa fuite monotone et sans hâte du tempsSurvivre encore un jour, une heure, obstinémentCombien de tours de roues, d'arrêts et de départsQui n'en finissent pas de distiller l'espoirIls s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou SamuelCertains priaient Jésus, Jéhovah ou VichnouD'autres ne priaient pas, mais qu'importe le cielIls voulaient simplement ne plus vivre à genouxIls n'arrivaient pas tous à la fin du voyageCeux qui sont revenus peuvent-ils être heureuxIls essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âgeLes veines de leurs bras soient devenues si bleuesLes Allemands guettaient du haut des miradorsLa lune se taisait comme vous vous taisiezEn regardant au loin, en regardant dehorsVotre chair était tendre à leurs chiens policiersOn me dit à présent que ces mots n'ont plus coursQu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amourQue le sang sèche vite en entrant dans l'histoireEt qu'il ne sert à rien de prendre une guitareMais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'étéJe twisterais les mots s'il fallait les twisterPour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiezVous étiez vingt et cent, vous étiez des milliersNus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombésQui déchiriez la nuit de vos ongles battantsVous étiez des milliers, vous étiez vingt et centCe courriel est envoyé dans le but de former une chaîne du souvenir en mémoire des 6 millions de juifs, 20 millions de russes, 10 millions de chrétiens, 1900 prêtres catholiques, tziganes, homosexuels, résistants qui ont été tués, violés, brûlés, humiliés ou sont morts de faim par ceux qui cherchaient un "autre chemin" ! Aujourd'hui, plus que jamais, avec les efforts de l'Iran et d' autres paysayant déclaré que la Shoah était une "légende", il est impératif de tout faire pour que le monde n' oublie jamais.
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E
Mais Geneviève, c'était pour rire !
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G
bonsoir EtienneTu dis qu'il faut apprendre à ecouter son fou. Je pense en effet que c'est un travail d'une vie entière. Perdre sa toute puissance pas de soucis la vie s'en charge. Mais garder le plus longtemps possible ses enfantillages,  je veux dire par la sa fraicheur d'esprit. Pour ma part j'aimerais bien me defaire de ma bêtise. JE fais fausse route d'accord,  j'ai besoin d'aides pour m'aider à avancer  et me mettre dans le droit chemin. Mais ce que j'affirme sans aucune erreur c'est qu'elle fut ma route et reste encore d'une grande richesse.  Rires   et amitiés font partis de mon patrimoine.   
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E
Bravo au garde républicain, qui n'en fait qu'à sa tête !
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J
ENQUÊTE PUBLIQUE et mairie annexe Le commissaire enquêteur chargé, avec ses deux acolytes, de recueillir les dépositions concernant la centrale thermique de Ploufragan (voir plus bas à "Ploufragan") vient de transmettre au préfet des Côtes d'Armor ses conclusions (que ce dernier, bien évidemment, ignorait jusqu'ici  !). L’avis est favorable. Les petites réserves, émises pour la forme, ne peuvent faire illusion. L'intérêt de GDF passe avant l'intérêt général. Le vote négatif de la totalité des treize municipalités concernées ainsi que celui, tout aussi unanime, de la Communauté d’Agglomération (CABRI), comptent pour du beurre.Photo J-F AndrieuxIl fallait s’attendre à une telle conclusion : le chargé de communication de GDF, commanditaire de cette centrale, n’a pas lâché le commissaire enquêteur d’une semelle pendant toute l'enquête, se permettant de porter l’antienne à tous les citoyens venus déposer en mairie sur le registre public. Étrange liberté prise avec l'esprit du code de l’environnement concernant les enquêtes publiques, qui prend pourtant toutes précautions pour que l’enquête publique ne soit pas placée sous influence :(Loi 2002-276 du 27 février 2002 art. 138 Journal Officiel du 28 février 2002)Article L123-6 Ne peuvent être désignées comme commissaires enquêteurs ou comme membres de la commission d'enquête les personnes intéressées à l'opération à titre personnel ou en raison de leurs fonctions, notamment au sein de la collectivité, de l'organisme ou du service qui assure la maîtrise d'ouvrage, la maîtrise d'oeuvre ou le contrôle de l'opération soumise à enquête.    De Plogoff à Ploufragan à il n’y a que quelques lettres manquantes (deuxième f et o) pour y lire un superbe anagramme. Dans les deux cas, l’enquête publique a été pipée. C’est dire, qu’à 28 ans de distance, les mœurs politiques n’ont guère évolué. Les enquêtes, soi-disant démocratiques, destinées à recueillir l’avis de la population, sont toujours sous haute surveillance et le peuple est prié de se satisfaire d’une décision déjà prise.Ne restait plus qu’à faire le lien entre ces deux évènements. C’était l’objectif de la manif réunissant ce samedi 8 mars 2008, à Ploufragan, à l'initiative du CURC (Comité Urgence Réchauffement Climatique), 300 citoyens venus inaugurer avec humour une « mairie annexe ». Un garde républicain, déjà présent à Plogoff, surveillait l’opération, bouée à la main (il s'agit d'une zone humide), pour empêcher GDF d'approcher et de venir troubler cette nouvelle enquête, placée, cette fois, sous le contrôle des citoyens et des élus locaux, présents en masse. Un gros bloc à échantillons a été présenté à la population qui a pu choisir librement... la couleur du paper peint du bureau du directeur de la centrale. Vous voyez qu'on vous consulte !Le burlesque n’est pas du côté qu’on croit.photo Michel Guillaume   
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E
Le fou du soiLa parole qui rit en chacun de nous, ce n'est pas tout à fait le fou du roi, c'est le fou du soi. C'est peut-être ce que certains appellent l'ange gardien, celui qui nous apporte un peu du "rire de Dieu" pour nous détourner tendrement de nos dérives et de nos inepties : "Allons, Geneviève ! tu ne vois donc pas que tu es en train de faire fausse route !"
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E
Je crois, en effet, que les fous du roi sont utiles à toute époque. On peut déjà les faire renaître à travers internet. Et puis il y a un fou en chacun. Nous devons apprendre à l'écouter pour sortir, en même temps, de nos enfantillages et de nos toute-puissances.Bon vote à toi et à bientôt !
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G
J'aime bien l'histoire du fou du roi. Mon voeu serait de voir renaitre ces bouffons sages, qui seraient capables de  modérer un peu les propos delirants de notre chef suprème.Mais les rêves sont fait pour être revés !!!!!!Bon vote A bientot
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E
Bonne nouvelle !
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L
Vesoul (Haute-Saône)Sarkozy, zen, cite Coluche, Nathalie Schuck vendredi 07 mars 2008 | Le Parisien POUR UN PEU, on croirait qu'il n'est pas concerné. A trois jours du premier tour des municipales, Nicolas Sarkozy a fait mine hier d'ignorer les sondages qui prédisent une déroute à la droite, affichant une tranquillité à toute épreuve : « Moi, je ne suis pas candidat aux municipales ! » Venu visiter un centre de formation des apprentis à Vesoul (Haute-Saône), il n'a pas soufflé mot des élections. Comme pour rappeler que son échéance personnelle est fixée à la fin de son quinquennat.Fait rare, l'homme pressé s'est attardé dans les ateliers boulangerie, charcuterie ou mécanique, couvant du regard les apprentis au travail, et picorant volontiers pâtisseries et rillettes : « C'est bon, hein ? » « Faut prendre le temps ! », explique le président, zen comme rarement ces dernières semaines. S'invitant dans un cours de soins esthétiques, il blague avec des apprenties maquilleuses. « Ce soir, toi, tu sors ! » lance-t-il à l'une d'elles, fraîchement fardée. A l'atelier charcuterie, Sarkozy, qui a annoncé qu'il ne sacrifierait pas ses ministres après les élections, observe attentivement un apprenti... désosser une pièce d'agneau. Chassant les nuages noirs, le chef de l'Etat a préféré parler des bonnes nouvelles, à commencer par les chiffres « excellents » du chômage, retombé à 7,5 % fin 2007 : « On doit bien y être un peu pour quelque chose. » Alors qu'on l'accuse de ne pas maîtriser ses nerfs, il a donné des leçons de sagesse à la présidente de région, Marie-Guite Dufay (PS), qui l'interpellait. « Moi je ne m'énerve pas, je m'explique », a-t-il répliqué, en citant Coluche. Enterrées, les municipales ? Mercredi, il n'avait pas évoqué le sujet lors du Conseil des ministres. Hier, il donnait l'impression d'avoir digéré une probable défaite. Et d'être passé à l'étape suivante.
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G
Le fou du roi : Ou comment la folie peut-elle éclairer la raison ?Au Moyen-Âge, les traités de bonne gouvernance recommandent l’emploi d’un « fou » aux côtés du roi. Shakespeare lui-même leur rend hommage : « C’est un métier aussi ardu que l’état de sage, dit-il, car la folie dont il ne fait montre que sagement est ingénieuse ». Qui sont ces fous du roi ? Et quel est leur rôle ?Rencontre avec Gilles Lecuppre, historien médiéviste.Quand apparaissent les premiers fous du roi ?Dès le XIème siècle, on trouve des « fous à gage » dans les cours féodales. Il s’agit de monstres, de fous pathologiques ou de comédiens qui simulent la folie pour couvrir leurs pitreries. Peu à peu, des fous « professionnels » s’installent de façon fixe, en Angleterre notamment. En France, c’est en 1316, qu’est créé le premier office de bouffon. Geoffroy, le fol de Philippe V, devient en quelque sorte le premier fou fonctionnaire !Comment expliquer cet emploi de fous professionnels ?L’arrivée des « fous du roi » correspond à l’émergence de ce qu’on appelle communément « l’Etat moderne ». Mais ne voyez pas là un paradoxe. En réalité, plus le pouvoir royal s’accroît, plus son exercice devient « technique ». Au premier abord, le fou répond à un besoin de divertissement personnel du roi.Qu’est-ce qui caractérise le « fou du roi » au Moyen-Âge ?Le fou est le spécialiste des mots. Son répertoire est large, des devinettes aux histoires en passant par les chansons et autres sarcasmes. Et sa liberté d’expression est immense : ne peut-on pas tout dire sous le déguisement du fou ? Il se distingue également par son accoutrement, et notamment sa « marotte » : un simulacre de sceptre surmonté d’une tête de roi hilare couverte de grelots. Le fou est donc littéralement le double du roi. Il est d’ailleurs aux côtés du monarque en permanence, en privé comme en public. Sa mission première reste la drôlerie : il se moque du roi, voire de ses visiteurs. Mais il est bien plus qu’un simple amuseur. Alter ego du roi, il lui rappelle en permanence ce qu’il est (un homme) et ce qu’il ne doit pas devenir (un tyran). Tous les traités de gouvernance du Moyen-Âge (les « Miroirs des Princes ») insistent sur ce rôle : par son extravagance, le fou met le pouvoir en perspective. Il est un garde-fou, en somme !Le fou intervient-il dans les décisions royales ?Indirectement, oui. Il faut savoir qu’au Moyen-Âge, le roi ne gouverne pas seul. Il est entouré en permanence d’un réseau de conseillers - des nobles, essentiellement, qui constituent une cour où se conjuguent flagornerie et défense des intérêts individuels. Dans ce cadre, le fou jouit d’une position privilégiée : sa folie, réelle ou supposée, l’autorise à intégrer dans son discours les choses qui déplaisent et que les autres courtisans ne peuvent se permettre de dire. Sans atteindre le rôle de conseiller, il a le privilège tortueux de remettre le roi à sa place. En un sens, on peut aussi considérer qu’il représente une certaine opinion publique, même si tel n’est pas son rôle. Il exerce donc bien une influence... même si elle reste subliminale.Le fou a donc au fond quelque chose d’un sage...Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de véritables fous. Au début peut-être, mais rapidement cette charge très prisée (c’est un emploi à vie !) est dévolue à d’anciens savants, médecins ou apothicaires qui se « reconvertissent » en poètes. C’est notamment le cas du plus célèbre d’entre eux, Triboulet, bouffon de François Ier dont Victor Hugo a fait le personnage central de sa pièce, « Le roi s’amuse ».Et quand disparaissent-ils ?La dernière figure importante est celle de L’Angély, qui officiait auprès de... Louis XIV ! Mais déjà à l’époque il n’a plus les attributs du fou et son discours s’est lissé, penchant de plus en plus vers la satire bienséante et fidèle. Au fond, le fou du roi « se dissout » à mesure que toute la cour se pique de faire de bons mots. Pas besoin de fou du roi à l’époque de Voltaire ou Beaumarchais !Aujourd’hui, plus personne ne joue donc ce rôle ?Les fonctions de gouvernement sont devenues trop sérieuses pour accepter des fous au sein même des palais. Même si la satire, elle, se porte bien ! Cela dit... Prenez George Bush : lors d’une cérémonie officielle récente à la Maison Blanche, il est apparu le mois dernier accompagné d’un sosie. Toute la soirée, ce dernier s’est ri des travers du Président - y compris de ses gaffes commises lors de déplacements à l’étranger. On retrouve bien là l’idée du « double du roi » !Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure et agrégé de l’Université, Gilles Lecuppre est maître de conférences en histoire médiévale à l’Université Paris X - Nanterre. En 2005, il a publié aux PUF « L’imposture politique au Moyen-Age ».publié le 31/05/2006http://www.decisio.info/Le-fou-du-roi.html 
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C
La sagesse de Coluche Mieux vaut fermer sa bouche et se faire passer pour un "con" que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet. Quand une plaisanterie a besoin d'explications c'est qu'il valait mieux ne pas la faire.Je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire. On dit qu'il y a trois millions de personnes qui veulent du travail. C'est pas vrai, de l'argent leur suffirait.Si tous ceux qui n'ont rien n'en demandaient pas plus, il serait bien facile de contenter tout le monde.La dictature c'est "Ferme ta gueule !", la démocratie c'est "Cause toujours !". Mon père était fonctionnaire et ma mère ne faisait rien non plus.Rappelez-vous l'essentiel: le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme, c'est le contraire ! On n'est pas payé pour ce qu'on vaut mais pour ce qu'on rapporte.Je n'ai rien contre les étrangers. Le problème, c'est que, d'une part, ils parlent pas français pour la plupart... Et selon le pays où on va, ils parlent pas le même étranger. L’humour a toujours été contre le pouvoir, quel que soit le régime. Un crédit à long terme, ça veut dire que moins tu peux payer, plus tu payes. La vie est finie quand tu ne surprends plus personne. Si j’ai l’occasion, j’aimerais mieux mourir de mon vivant ! De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent! On croit que les rêves sont faits pour être réalisés. C'est le problème des rêves. Les rêves sont faits pour être rêvés.
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E
Tu veux me faire dire que je suis moins enthousiaste que toi. C'est un peu vrai. J'ai souvent entendu Desproges sur France inter : il était très intéressant mais je trouvais chez lui un peu d'amertume, qui le faisait grincer... Un peu trop à mon goût, mais sans doute pas au goût de nombreux admirateurs. Faut-il vraiment être grinçant pour décaper ? C'est là ma question.
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D
Etienne, j'approuve Desproges! Sais-tu qu'il avait une maison en Vendée au bord de l'océan à St Gilles-Croix-de-Vie, que je connais bien?Au fait, je n'ai jamais employé l'expression "révolution de 68" ... mais ce n'est pas très important.Dominique
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D
http://robertgiraud.blog.lemonde.fr/files/2007/09/dessin-desproges.1191165949.jpg
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E
En réponse à Dominique : le rire selon DesprogesPeut-on rire de tout ?Peut-on rire avec tout le monde ?À la première question, je répondrai oui sans hésiter.Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.S'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout.À la seconde question, je répondrai : c'est dur.C'est quelquefois au-dessus de mes forces, dans certains environnements humains : la compagnie d'un stalinien pratiquant me met rarement en joie. Près d'un terroriste hystérique, je pouffe à peine, et la présence à mes côtés d'un militant d'extrême droite assombrit couramment ma jovialité monacale.
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D
Merci Etienne de m'avoir donné la clé pour accéder à ton blog et balayer du regard les commentaires: la photo signée Pouchard est un petit chef-d'oeuvre comique! Je te conseille le dossier de Télérama sorti ce jour sur Desproges ,c'est un régal d'humour ravageur!
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C
http://staticblog.hi-pi.com/gisblogMnt-artblog/artman11/images/gd/1196197474.jpg 
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E
Merci de votre petit clin d'oeil ! J'en suis presque à me dire que ce n'est pas très sérieux de pousser à rire lorsque certains se heurtent à des problèmes graves comme vous en Guinée. Mais, après tout, le rire de Coluche continue à soulever des montagnes de générosité avec les restaurants du coeur... Il nous faut inventer un autre rire pour susciter le creusement d'une multitude de puits là où le besoin s'en fait sentir ! Nasr Heddin nous dit qu'il n' y a que les plus pauvres pour s'en soucier : c'était sa manière à lui de réveiller les plus riches...
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B
Merci de ton texte sur le rire! Il est de circonstance, l'actualiténationale ou internationale nous laisse peu de moments de détente! Nous rentrons de Guinée ( Conakri ) où nous avons passé 15 jours , Yves allant pour une mission en vue d'installer des points d'eau dans de villages de brousse très reculés; voyage très riche en rencontres , réflexions .... nous revenons avec des milliers de questions qui n'auront sans doute pas de réponses, la situation étant terriblement complexe.amitiés de nous deux Brigitte
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E
Je crois que je suis assez d'accord avec toi. Il n'y a pas de processus univoque. Et le flou peut tout à fait être utilisé par le dominant pour maintenir sa domination. J'avais étudié d'assez près les horaires personnalisés. Il pouvaient favoriser le mouvement d'individualisation ou d'individuation pour construire le sujet. Mais il y avait toujours une perversion possible pour favoriser les intérêts de l'entreprise aux dépens des salariés. Peut-être que le flou offre aussi la possibilité d'un choix dans un sens ou dans l'autre...A suivre .... 
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B
rebonjour, précisons... "Mais il me semble que la force de la parole qui rit intègre parfaitement la violence et ne saurait avoir pour fonction de renforcer la soumission"Ben oui...où est le désaccord ? La parole qui rit s'inscrit dans un contexte d'opposition (de violence) et permet la désinhibition salutaire, ou de "gène" (dans la mesure ou les hiérarchies sont floues), même résultat souhaité..et a bien comme fonction 1) pour le dominé de sortir de sa position d'infériorité..MAIS AUSSI 2) pour le dominant de maintenir ce flou...et sa dominance de façon non coercitive, en créant un paradoxe ( ce que je dis ne colle pas avec mon attitude bienveillante.C'est (à la louche, pour les droitiers)  le cerveau gauche qui parle, et le cerveau droit qui perçoit et produit le rire... d'où induction d'une confusion permettant éventuellement une redistribtion des cartes hiérarchisantes...Encore à préciser ? Jacques
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E
Merci pour tes réactions. Je suis heureux de constater que tu résonnes bien à cette forme d'humour. Le sourire nous ouvre le coeur et le rire nous remet à notre place, nous ouvrant de plein pied aux autres. Personnellement j'aime bien la tendresse de Nasr Eddin que l'on retrouve chez Jean Kergrist. Desproges me paraît plus grinçant mais peut-être aussi assez décapant.Ne penses-tu pas que vis à vis de tes élèves, il peut y avoir une pédagogie tirée des deux exemples présentés dans la blog ? Je me souviens avoir fait des exposés très techniques uniquement à partir des contes, et les étudiants s'en sont souvenus pendant longtemps.
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J
Pardon de répondre tardivement à "La parole qui rit" .Merci de m'avoir permis de faire la connaissance de ces 2 humoristes de grand talent ! J'espère avoir l'occasion d'entendre et de voir le "Sous-secrétaire ..." Ses propos distinguant l'humour respectueux  de l'ironie me semblent pertinents : L'ironie peut être mordante , en effet . Les réponses philosophiques du sage oriental ressemblent à des histoires que tu racontes. J'aimerais m'en souvenir pour avoir des réparties aussi fines- mais je ne me fais pas d'illusion ! Un supplément de Télérama consacré à Desproges va sortir ; D. nous manque beaucoup . Nous donnons trop dans l'humour vache .Rire de soi est salutaire aussi ; pas toujours facile mais à cultiver ...essayons! Rire ou sourire : une forme d'élégance , sans doute. Je laisse ces divagations pour te signaler que Régis Debray sera à la Bibliothèque de La Part-Dieu le 27 Mars à 18H30 à l'occasion de la parution de son dernier ouvrage : "Un candide en Terre Sainte" . Le résumé de ce livre donne envie de le lire...
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J
Jacques nous remet en mémoire une histoire assez drôle du Général de Gaulle. Au cours d'un voyage, il entend un cri tout près de lui : "Mort aux cons !" Tournant alors son regard vers l'individu malveillant, il s'exclame : "Vaste programme !"
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E
Merci Jacques de relancer le débat par un biais qui ne va pas dans le sens développé jusqu'ici. C'est cela qui est intéressant. Je te rejoins volontiers dans un certain nombre de cas. Mais il me semble que la force de la parole qui rit, c'est qu'elle intègre parfaitement la violence et ne saurait avoir pour fonction de renforcer la soumission. Au contraire, elle serait refus de la soumission et revendication du droit à la parole. N'est-ce pas ce qui s'est passé en 1968, qui a été, comme le dit Cohn Bendit un grand éclat de rire. Lorsque Chirac répond à celui qui lui lance "connard"  : "enchanté, moi, je m'appelle Chirac", il n'y a pas soumission mais dépassement par le haut., avec une violence parfaitement maîtrisée, qui retourne les positions de chacun.La parole qui rit, c'est aussi le refus de la toute-puissance : "oui, tu as en partie raison, mais il y a aussi cela que tu ne prends pas en compte". Autrement dit la parole qui rit donnerait à la parole elle-même sa véritable position dans un dialogue qui donne sa place à l'autre...A suivre...
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B
Bonjour à toutes et à tous (avec le sourire).. Le rire ? peut être au moins un vieux réflexe animal archaïque désinhibiteur, témoigant et signifiant la fin d'une lutte par soumission. "on va pas se détruire,j'arrête, t'as gagné...et je vais pas rester couché à ta merci encore longtemps à produire du cortisol qui m'intoxique... Oh, t'as vu ma mimique ?" Chez l'homme c'est un peu pareil, en plus doux... mais le rire témoigne tout de même souvent d'un mécanisme de suspension d'une certaine tension sociale désinhibitrice... Si vous n'avez pas l'impression que notre socio-culture est assez hiérarchisée et productrice de hiérarchies de dominance/soumission, n'allez pas plus loin... Si oui le rire reflète semble-t-il assez souvent une façon de se déclarer ou positionner dans une relation sociale non pas pour assurer une dominance, mais plutôt une séduction (ce qui serait la version soft d'y parvenir)... Tout ça combiné à la parole, ce qui n'y change pas grand-chose.. Que ce soit pour essayer de "se défendre", ou "parvenir à ses fins", en "plaisant" ou"charmant"... Restent les situations où le rire et la parole combinées seraient fondatrices de relations coopérantes....Mais pour se faire il serait nécessaire d'approfondir la biologie des comportements...afin de nous méfier des automatismes (ou inconscients) bio-sociaux-culturels. A suivre, amicalement.
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D
          12345 Jésus le Dieu qui riait : Résumé"Jésus a-t-il jamais ri? Aucun texte n'en fait mention. Aucune tradition. Aucune œuvre d'art. Grave et ténébreux, tragique et poignant, tel est le visage du Christ en mélancolie, sinon en larmes, que contemplent depuis deux mille ans des millions de chrétiens. Pourtant, Jésus pleinement homme aime l'amitié, les escapades en bateau et les poissons grillés, le bon vin et ces fêtes dont est prodigue le calendrier juif - son calendrier. Pourtant, Jésus pleinement Dieu vient nous annoncer le plus merveilleux et le plus radieux des messages : la mort vaincue, une promesse d'éternité pour chacun d'entre nous. Il y a décidément trop de jubilations dans ces trente-trois années d'Incarnation pour que le rire en soit banni. Et si ce rire a éclaté quelquefois, son écho doit bien résonner quelque part dans les évangiles. Alors, scrutons, cherchons, fouillons. Il ne s'agit pas de détourner les textes mais de les retourner à la manière du champ dans lequel est enfoui un trésor. Ecrit comme un roman (non pour camoufler mes trouvailles mais pour leur donner un écrin, aussi modeste soit-il), ce livre n'est pas toute l'histoire du Christ, mais sa seule histoire joyeuse : la quête et la relation du versant lumineux d'un Dieu saisi par le bonheur d'aimer et partageant ce bonheur avec le monde entier. Ces pages me sont aussi l'occasion, après Il fait Dieu, de confirmer mon éblouissement inusable devant Celui qui nous a donné un sens et un avenir en nous ouvrant les portes de la Joie".Didier Decoin
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E
Dans les commentaires sur votre texte "La parole qui rit"; il est question du rire de Dieu. A ce propos, il y a un livre de Didier Decoin intitulé "Jésus le Dieu qui riait". Je l'ai lu, il y a quelques années. Malheureusement, je ne l'ai pas retrouvé dans la bibliothèque... 
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P
Proverbes drôles  Le chat qui se fait moine n’oublie pas ses habitudes.(Ethiop.) Regarde la mère avant la fille.(Roum.) Si la femme était bonne, Dieu aussi en aurait une.(Rus.) La marmite dit au chaudron : « Tu as le derrière noir. » (F.) Si tu fais l’âne, ne te plains pas que les gens te montent dessus.(Am.) Il vaut mieux arriver en retard qu’arriver en corbillard.(F.) Un jour de loisirs, c’est un jour d’immortalité.(Chinois) Quand l’homme meurt, ses pieds s’allongent.(Berbère) Le chien attaque toujours celui qui a les pantalons déchirés.(F.) Si la chance te sourit, pourquoi cours-tu ? Et si elle ne te sourit pas, pourquoi cours-tu ?(Juif) La gaieté est la moitié de la santé.(Tchèq.) Ne consulte pas le médecin, mais celui qui a été malade.(Grec) Si vous voulez savoir le prix de l’argent, essayez d’en emprunter.(F.) Qui place tout son bien en un lieu, le place au beau milieu du feu.(Ital.) C’est le riche qui commet la faute et c’est le pauvre qui demande pardon.(Roum.) Les petits voleurs sont pendus ; devant les grands voleurs on enlève son chapeau.(Allem.) Le pauvre chante les chansons, le riche ne fait que les écouter.(Rus.) Le pauvre cherche la nourriture, le riche cherche l’appétit.(Ind.) La vache perdue donnait beaucoup de lait.(Géorg.) Quand le renard se met à prêcher, prends garde à ta poule.(Basq.) En année de bonne récolte, le pauvre est encore plus à plaindre.(Coréen) Même un mal de tête est une bonne chose s’il est gratuit.(Ind.) Je donne une datte au pauvre pour en goûter la vraie saveur.(Arabe) Ne t’avise pas de vendre de la glace aux Esquimaux.(Am.) Qui vend du poison prend une enseigne fleurie.(Hongr.) Les hommes achètent des biens, mais ce sont les biens qui les achètent.(Juif) N’achète pas la maison avant d’avoir acheté le voisin.(Arabe) Les serments d’amour prouvent son inconstance.(Esp.) Le vautour a embrassé la poule jusqu’à son dernier soupir.(Rus.) L’amour sans jalousie est comme un Polonais sans moustaches.(Pol.) Celui qui t’aime te fera pleurer, celui te hait te fera rire.(Oubykhs) Tel se crève les deux yeux pour rendre son ennemi borgne.(Esp.) La passoire reproche à l’écumoire d’avoir des trous.(Pers.) Après avoir mangé neuf cents rats, le chat part en pèlerinage.(Ind.) Le voleur est inquiet pour sa maison et l’homme adultère pour sa femme.(Juif) Plus le singe s’élève, plus il montre son cul pelé.(F.) Une chaussure trop grande fait trébucher.(Angl.) En voulant sauter jusqu’à la lune, vous pourriez tomber dans la boue.(Am.) Le bélier qui veut foncer commence par reculer.(Africain) La justice est comme la cuisine ; il ne faut pas la voir de trop près.(F.) Le juge est comme l’essieu de la charrette : dès qu’on le graisse il cesse de grincer.(Roum.) Une injustice également partagée est la justice même.(Pers.) Sois brigand, sois voleur, mais ne cesse pas d’être juste.(Turc) Celui qui a volé de l’or est mis en prison, celui qui a volé un pays est fait roi.(Japonais) Qui gagne son procès gagne poule et perd vache.(Chinois) Un âne se croit savant parce qu’on le charge de livres.(Am.) Le doute est la clef de toute connaissance ; qui ne doute de rien, ne sait rien.(Pers.) On ne s’égare jamais si loin que lorsqu’on croit connaître la route.(Chinois) Laisse toujours une petite place à l’erreur.(Chinois) Celui qui sait qu’il ne sait pas sait beaucoup.(Juif) Un bon renard ne mange jamais les poules de son voisin.(F.) Un brochet fait plus qu’une lettre de recommandation.(F.) Qui ne sait être fou n’est pas sage.(F.) Trop de sagesse est un peu fou.(Allem.) Si on jugeait les gens à la barbe, le bouc pourrait prêcher.(German.) Le singe n'a jamais autant l'air d'un animal que lorsqu’on l’affuble de vêtements d’homme.(Ind.) Le sage ne dit pas ce qu’il sait et le sot ne sait pas ce qu’il dit.(Turc) Le fou est l’échelle du sage.(Africain) Qui mange l’oie du roi, cent ans après, il en rend les plumes.(F.) Il n’y a point de grand homme pour son valet de chambre.(F.) Quand un blanc a pété, c’est le nègre qu’on met dehors.(F.) C’est la poule qui pond et c’est le coq qui chante.(Kurde) Qui a tué un homme est un meurtrier ; qui en a tué des milliers est un héros.(Ind.) Il est impossible de se tenir debout en ce monde sans jamais se courber.(Japonais) Quand le chat est absent, le rat monte sur le trône.(Vietnamien) Il faut croire ses domestiques et ne pas les écouter.(Chinois) En acquérant la renommée, on cesse bientôt de la mériter.(Juif) Il faut se courber pour ramasser.(Juif) La grande barbe et le long chapelet ne font pas le marabout.(Africain) L’épine s’est enfoncée dans le pied du roi et c’est du pied du valet qu’on l’a retirée.(Créole) Dis à ton ami un mensonge et s’il en garde le secret, alors dis-lui la vérité.(Port.) Le chacal pieux prie au milieu des moutons.(Ethiop.) Si tu regardes ce que le canard mange, tu ne mangeras pas le canard.(Créole) Ce n'est pas parce que le cabri fait des crottes comme des pilules qu’il est pharmacien.(Créole) Putain au printemps, dévote à l’automne.(Catal.)Celui qui n'a que des vertis n'est guère meilleur que celui qui n’a que des défauts.(German.) Le bâton atteint les os, mais n’atteint pas les vices.(Africain) A pisser contre le vent, on mouille sa chemise.(F.) Les tonneaux vides sont ceux qui font le plus de bruit.(F.) Un mot dit à l’oreille est entendu de loin.(F.) Si tu veux que l’on garde ton secret, que ne le gardes-tu pas ?(Ital.) Plus le cœur est petit, plus la langue est longue.(Ital.) Nul ne prêche aussi bien que la fourmi et elle ne dit rien.(Am.) Un conseil est comme un remède qui est d’autant meilleur qu’il est plus amer.(Serbo-croat.) C’est l’auditeur qui anime le discours de l’orateur.(Pers.) Ne confie pas ton secret à un ami car lui aussi a des amis.(Tadjik) Seul le muet peut faire taire un bavard.(Géorg.) Ce qu’un homme ne dit pas est le sel de la conversation.(Japonais) L’insecte silencieux perce les murailles.(Japonais) La connaissance est plus près du silence que de la parole.(Arabe) L’art est de cacher l’art.(F.) Tous les hommes d’action sont des rêveurs.(Am.) On apprend peu par la victoire mais beaucoup par la défaite.(Japonais) C’est par des chutes qu’on apprend à marcher.(Arabe) La meilleure ruse consiste à ne pas user de ruse.(Arabe) Le diable devenu vieux se fait ermite.(F.) Qui est près de l’église est souvent loin de Dieu.(F.) Quatre D. font tout : Dieu, diable, dame et denier.(Occ.) Tel a le chapelet en main, qui a le diable au corps.(Esp.) Le diable sait s’embusquer à l’ombre de la croix.(Esp.) Quand le diable s’incarne, il se déguise en moine ou en avocat.(Esp.) Mieux vaut tenir le diable que de le mettre à la porte.(Angl.) Là où Dieu a son église, le diable a sa chapelle.(Angl.) Il n’est froc si béni que le diable n’y puisse trouver abri.(Allem.) Le diable est le prince du lendemain.(Allem.) La cloche appelle à l’église mais elle-même n’y va pas.(German.) Les diables ont plus de douze apôtres.(German.) Le diable des Noirs est blanc.(Bulg.) Si tu laisses le diable dans l’église, il grimpera sur l’autel.(Balt.) L’église est proche, Dieu est loin.(Balt.) La paon a de belles plumes mais de vilaines pattes.(Angl.) Du taureau au bœuf, il n’y a qu’un pas.(Am. Lat.) Le pire ennemi, c’est un bonheur de longue durée.(Juif) Notre chien est si bon que le renard a fait ses petits dans notre poulailler.(Rus.)
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J
Le prix des œufs  L’histoire se passe en Pologne,Dans les temps difficile.Une femme entre dans une épicerieEt demande une douzaine d’œufs.« C’est vingt kopecks, lui dit l’épicier.-         Vingt kopecks !Mais le crémier, de l’autre côté de la rue,les vend quinze kopecks la douzaine.-         Malheureusement, il n’en a plus.-         Eh oui, dit l’épicier.Moi aussi, quand je n’en ai plus,Je les vends à quinze kopecks. »(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière) 
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J
La bonne prière  Un pauvre homme entra dans une mosquée,Se joignit à la prière commune,A laquelle il ajouta une prière particulière, personnelle, Qu’on appelle un dua.Il demandait à Allah de lui donner de la nourriture,D’apporter, dans sa maison démunie, des fruits,De la viande, des légumes, de la semoule,Et surtout de ne pas oublier une bouteille de raki,Une liqueur qu’il aimait beaucoup. Un homme, qui se tenait devant lui,Entendit sa prière, se tourna et lui dit :« Au lieu de demander à Allah du raki,Ne ferais-tu pas mieux de lui demanderDe fortifier ta foi, afin que tu sois sauvé,Au jour du Jugement dernier ?-         Mais non, répondit le pauvre homme.J’ai demandé à Allah ce qui manque dans mavie.Et ce qui me manque, ce n'est pas la foi, c'est le raki"(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
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N
Le soleil et la lune  Un jour, on demande à Nasr Eddin :« Nasr Eddin, toi qui es versé dans les sciences et les mystères,Dis-nous quel est le plus utile du soleil ou de la lune ?-         La lune, sans aucun doute.Elle éclaire quand il fait nuit,Alors que ce stupide soleil luit quand il fait jour. »(Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin, éd. Phébus, Pocket) 
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J
Marcher sous la pluie  Un Chinois marche lentement sous la pluie.Un passant pressé lui demande :« Pourquoi tu ne marches pas plus vite ?-         Il pleut aussi devant, répond l’homme. »(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
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J
Le froid dehors  C’est l’hiver.Un Juif entre dans une aubergeEt laisse la porte ouverte.Quelqu’un lui crie :« Eh, vous, là-bas !Fermez la porte !Il fait froid dehors !-         Et vous croyez vraiment, répond le Juif,Que si je ferme la porte,Il fera moins froid dehors ? »(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière) 
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J
Le miroir chinois  Un paysan chinois se rend à la villePour vendre son riz.Sa femme lui dit :« S’il te plaît, rapporte-moi un peigne. » A la ville, il vend son riz Et boit l’alcool avec des compagnons.Au moment de partir, le souvenir de la femme lui revient.Elle lui a demandé quelque chose, mais quoi ?Impossible de se rappeler.Il achète un miroir dans un magasin pour femmesEt revient au village. Il donne le miroir à sa femmeEt sort de la pièce pour retourner aux champs.Sa femme se regarde dans le miroir et se prend à pleurer.Sa mère, qui la voit pleurer,Lui demande la raison de ses larmes.La femme lui tend le miroir en disant :« Mon mari a ramené madame Seconde. »La mère prend à son tour le miroir,Le regarde et dit à sa fille :« Tu n’as pas à t’inquiéter,car elle est déjà bien vieille. »(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière) 
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J
La clé perdue (une histoire de fou)  Il fait nuit.Nous sommes dans la rue, près d’une lanterne publique.Un homme se tient baissé, le nez près du sol,Et semble chercher quelque chose.Un autre homme passe et lui demande :«  Qu’est-ce que tu cherches,-         Je cherche ma clé.-         Tu as perdu ta clé ?-         Oui.-         Et tu l’as perdue ici ?-         Non.-         Mais alors, si tu l’as perdue ailleurs,Pourquoi la cherches-tu ici ?-         Parce que, ici, il y a de la lumière.(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière) 
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J
Une langue étrangère  Un Juif vint en visite à Londres.Il se rendit dans un restaurant juif,Qu’on lui avait recommandéEt fut très étonné de voir Que le garçon qui le servait était Chinois. Il fut encore plus étonnéQuand il entendit ce garçon s’adresser à lui En assez bon yiddish.Pendant tout le repas, Le garçon ne lui parla qu’en yiddish.A la fin, au moment de quitter le restaurant,L’homme s’approcha du propriétaire et lui demanda :« Comment se fait-il que votre garçon chinois parle yiddish ?-         Chut ! … fit le patron.Il est venu à Londres pour apprendre l’anglais. »(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)   
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E
Jacques Chrac avait parfois le sens de la parole qui ritIl sortait, un dimanche, de l'église de Bormes-les-Mimosas. Une personne l'invective "Connard'. "Enchanté, lui répond, le Président. Moi, je m'appelle Chirac !"Comme quoi l'humour et le rire ont plus de force que l'invective !
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J
SouriezPhoto de Yves Pouchard Juste pour sourire !
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J
Nicolas et la religion (Riyad, Latran, CRIF)"L'instituteur ne remplacera jamais le pasteur, le curé, le mollah"
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G
Un peu plus méchant, mais c'est pour rireLe petit Nicolas déménage à la campagne et achète un âne à un vieux fermier pour 100 euros. Le fermier doit livrer l' âne le lendemain mais justement, le lendemain.... - Désolé fiston, mais j' ai une mauvaise nouvelle: L âne est mort. - Bien alors, rendez-moi mon argent. - Je ne peux pas faire ça. Je l' ai déjà tout dépensé... - OK alors, vous n' avez qu' à m' apporter l'âne. - Qu' est-ce que tu vas faire avec.....? - Je vais le faire gagner par un tirage au sort à une tombola. - Tu ne peux pas faire tirer un âne mort comme lot ! - Certainement que je peux. Je ne dirai à personne qu'il est mort.  Dans sa situation, le fermier se dit qu'il ne peut pas vraiment refuser. Il amène donc l'âne au petit Nicolas.  Un mois plus tard, il revient voir le petit Nicolas : - Qu' est devenu mon âne mort ? - Je l' ai fait tirer au sort. J'ai vendu 500 billets à 2 Euros: ça m'a fait...une recette de 1.000 euros. - Et personne ne s' est plaint ?  - Seulement le gars qui a gagné. Ça fait que je lui ai rendu ses 2 euros.  Nicolas a vieilli et est devenu président de la République. Et pour gagner plus, il est toujours entouré d' ânes ... Bonne journée.
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E
Mai 1968, un grand éclat de rireDominique nous a rappelé très opportunément le mot de Cohn Bendit : "Mai 1968, cela a été un grand éclat de rire". Sans doute tout n'a-t-il  pas été parfait. Il y a eu une escroquerie intellectuelle, qui consistait à répéter : "Il est interdit d'interdire". Mais le grand mérite de cette révolution a été de redonner la parole à tous dans une société bloquée par une militarisation sournoise. Or ce n'est pas la violence physique qui a obtenu un tel résutat : c'est la violence de l'éclat de rire. En ce sens, 1968 nous porte encore aujourd'hui et ne sera jamais dépassé.Nicolas commence à nous faire rireNicolas commence à nous faire rire, même à l'étranger, ce qui est un peu inquiétant pour notre prestige !  Il est intelligent : il a compris que nous sommes bloqués par des idéologies dépassées et que le vent qui peut faire avancer la barque de l'Etat n'a pas de couleur, il n'est ni de droite ni de gauche. Il est aussi plus malin que beaucoup d'entre nous. En fait, nous l'avons collectivement élu comme président et nous avons envie qu'il réussisse pour le bien de tous les citoyens. Mais il nous fait rire parce que c'est un petit qui se prend pour un grand. Nous sommes tous petits.Dans la réalité, seul devient grand celui qui accepte d'être petit. Normalement, c'est le passage de l'adolescence à l'âge adulte qui nous apprend cela et nous conduit à renoncer à la toute-puissance infantile. Nicolas est encore infantile et notre rire peut le lui révéler à bon escient pour le faire changer. La preuve qu'il est encore un enfant : il n'a pas appris à se taire pour laisser la parole aux autres. Bien plus il nous parle un peu trop souvent de Dieu. A croire que Dieu lui a parlé. Srulek, le Nasr Eddin polonais nous livre à ce sujet une histoire pleine de saveur. Il s'en va, un jour, voir un rabbin : "Dieu a parlé à Pinkus, il me l'a dit.- Oh, je crois bien que Pinkus est un menteur, réplique le rabbin. - Ah oui ! reprend Srulek. Je ne savais pas que Dieu parlait à des menteurs !"Le côté "infantile" de Nicolas est encore plus manifeste lorsqu'il prétend faire tout ce qu'il dit. Et les ministres de renchérir : "Oui nous faisons cela parce que Nicolas l'a promis". C'est à croire qu'ils ont perdu la parole, répétant tous à l'unisson ce que le chef a dit. François n'est pas en reste. Chaque fois que Nicolas parle, il se croit obligé de prendre le contre-pied. Du coup, chacun sait à l'avance ce qu'il va dire et personne ne veut vraiment écouter un perroquet. Il s'est lui-même, comme les ministres, laissé piéger par Nicolas. Il faut savoir parler pour ne rien dire, simplement pour le plaisir. C'est une toute petite hirondelle qui l'a appris au grand Salomon. Salomon était un grand sage qui avait la réputation de tout savoir. Or, un jour, il circulait avec majesté dans le temple qu'il avait construit. En même temps une hirondelle mâle s'amusait avec une hirondelle femelle. Celle-ci ne voulait pas se laisser faire. Alors le mâle, montant sur ses petites pattes, lui dit : "Tu ignores à qui tu parles. Je suis capable de renverser la coupole du temple sur la tête de Salomon". Entendant cela, le roi qui comprenait le langage des oiseaux appelle l'hirondelle et lui fait des reproches : "Comment peux-tu dire de pareilles idioties ? - Tu est grand, reprend l'oiseau, se redressant à nouveau sur ses petites pattes, mais il y a des choses que tu ne comprends pas : il ne faut pas rendre aux sérieux tout ce que disent les amoureux." Alors Salomon a souri et l'a renvoyé, en lui disant : "Allez va-t-en, tu as raison". Il venait de comprendre, lui le grand amoureux, qu'un monde où l'on fait tout ce qu'on dit est un monde où l'amour n'est plus possible.Il n'y a que Dieu qui ne se prend pas pour DieuUn des problèmes de Nicolas, c'est qu'il se prend pour le président de la république. La présidence, c'est sa fonction, ce n'est pas son être profond. Je crois personnellement que Dieu lui-même ne se prend pas  pour Dieu. Pourquoi ? Parce que notre image de Dieu est un idole et que Dieu ne peut pas s'identifier à une telle représentation. Et puis, Dieu est aussi un enfant qui naît et renaît sans cesse pour être ce qu'il est. Il n'est pas prisonnier de notre raison limitée ; il est toujours au-delà de qu'il est. C'est pourquoi, me semble-t-il, le rire est inscrit au plus profond de son être. Il sait rire de Lui-même pour pouvoir être, en même temps, ce qu'il est et au-delà de  ce qu'il est. Il n'y a que le diable qui ne rit pas : il ne sait que ricaner. Il est le seul à se prendre pour Dieu. C'est là son drame.  L'enfer, les camps de concentration, les goulags sont des systèmes où le rire est exclu. Nous n'en sommes pas là, Dieu merci. Si nous rions de Nicolas, ce n'est pas pour l'enfoncer, c'est, comme l'hirondelle, pour lui apprendre à rire de lui-même, à comprendre qu'il doit aussi savoir parler pour ne rien dire, simplement pour rire : nous avons besoin de l'espace du rire pour avoir droit à la parole, penser et aimer.
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  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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