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Lundi 18 février 2008

  

 Jean Kergrist, le Sous-secrétaire d'étable


 

La parole qui rit
 
La parole s’épanouit dans le rire. Elle trouve, avec la distance de l’humour, son propre accomplissement. Le sourire a le pouvoir d’ouvrir l’âme pour que l’homme se dévoile dans sa pudeur et sa vérité. Ici, c’est en même temps le cœur et l’oreille qui sont sollicités. Mais au-delà du sourire bien humain qu’elle tient toujours en haleine, la parole qui rit semble venir d’un au-delà de l’homme. Elle n’a l’air de rien et pourtant elle porte le rire de Dieu, devant sa création. Sa voix est celle du Magnificat et des Béatitudes. « Elle renverse les puissants de leur trône et élève les humbles, elle comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides ». Elle fait craquer les apparences de la stabilité, déplace les montagnes, et inverse les situations pour révéler une réalité toujours en mouvement qui force l’espace du possible. Comme dans la fête, la violence est tellement intégrée qu’elle s’allie à la douceur et à la tendresse. Puissance d’accouchement, la parole qui rit nous fait naître à notre humanité. 
C’est bien ce que montrent les propos de Nasr Eddin Hodja, personnage du Moyen Âge, devenu légendaire, tellement ses histoires nous enchantent encore aujourd’hui. A sa manière, Jean Kergrist, le célèbre clown breton, prend le relais. Après avoir été clown atomique, et bien d’autres choses encore, il devient Sous-secrétaire d’étable. Le matou qui dort a encore plus d’un tour sous son oreiller.
 
Nasr Eddin, un Imam pas comme les autres
 
Nasr Eddin, dans le contexte des Mille et une nuits, est un personnage du Moyen Age, qui a fait école bien au-delà de son port d’attache, si bien qu’il n’est pas toujours facile de donner, à son sujet, des repères précis et d’identifier ses propres écrits. Une certaine littérature officielle dit qu’il est né en Anatolie, une province de Turquie, en 1208, et qu’il est mort, fort âgé pour l’époque, en 1284. Après de bonnes études, il est devenu l’Imam d’un village, à la suite de son père. Élevé dans la tradition soufie, il a choisi, pour éduquer ses fidèles, de leur raconter des histoires drôles ; il se mettait en scène jusqu’à se rendre ridicule, au plus haut point. Chacun pouvait alors, sans peur, ausculter sa propre vie pour repérer et corriger ses propres idioties.
 
Un oiseau merveilleux
Sur le marché, un camelot propose un oiseau aux merveilleuses couleurs. Il en demande deux pièces d’argent. Les clients trouvent qu’il est trop cher. Le vendeur insiste : « Mon oiseau est un perroquet qui parle le turc ». Rien n’y fait. Le marchand doit repartir avec sa bête. 
Le lendemain matin, Nasr Eddin arrive avec un superbe dindon qu’il installe sur un perchoir. Il en demande trois pièces d’argent. Les gens qui passent se demandent s’il n’est pas devenu fou. Ils se hasardent à lui poser une question : « Pourquoi demandes-tu une aussi forte somme d’argent alors que l’on pourrait avoir, pour le même prix, un troupeau tout entier ? – Ignorants, rétorque-t-il, si l’oiseau d’hier valait deux pièces d’argent, le mien en vaut au moins cinq. – Mais l’oiseau parlait. – Bien sûr, il parlait ; le mien fait beaucoup plus, il pense ».
Chacun peut alors s’interroger pour savoir s’il ne se détourne pas de la parole, en répétant, comme le perroquet, ce qu’il entend autour de lui. Et ne se glorifie-t-il pas d’une pensée, qui n’en a que les pompeuses apparences ?
 
Deux femmes dans une barque
Avec les femmes, les hommes sont parfois d’une grande hypocrisie. C’est ce que veut leur montrer Nasr Eddin avec cette nouvelle histoire. Le conteur a deux femmes qu’il transporte sur une barque. Elles veulent avoir le cœur net de l’amour qu’il leur porte et lui demandent laquelle des deux il préfère. Avec une grande prudence, il répond qu’il les aime également toutes le deux. Elles insistent. Il persiste. Un peu plus malicieuse que sa compagne, la plus jeune l’interroge à nouveau : « Si la barque chavire, laquelle de nous deux sauveras-tu la première ? » Se tournant alors vers la plus âgée, Nasr Eddin lui demande : « Toi, tu sais nager un peu, non ? »
 
Les riches et les pauvres
Au Moyen Âge, comme aujourd’hui, le prédicateur doit faire face à l’épineux problème de la richesse… Une grande sécheresse a sévi sur toute la région et la population est fortement menacée de famine. Les riches, il est vrai, ont su faire d’amples réserves mais les sacs des pauvres diminuent à vue d’œil et sont presque complètement vides. Khadidja, la femme de Nasr Eddin, interpelle son mari : « Ne reste donc pas les bras croisés : rassemble toute la population sur la place et invite les riches à donner à manger aux pauvres. » Emu par la sagesse de Khadidja, l’homme applique son conseil. Au bout de quelques heures, il revient en rendant grâce à Allah, le Miséricordieux. « C’est bien, dit la femme : tu as donc réussi ? – Oh ! Ce n’était pas facile, reprend le mari. J’ai réussi à moitié. – A moitié ? – Oui j’ai réussi à convaincre les pauvres. »
 
Comment sauver un avare de la noyade
En réalité, le riche est si attaché à son argent qu’il est difficile de le sauver, en ce monde et dans l’autre. Un jour, Mustafa, l’homme qui avait la plus grande fortune de la ville, tombe dans la rivière. Ne sachant pas nager, il se laisse entraîner par le courant. Intrigués par ses appels au secours, les riverains se précipitent, se penchent vers lui, les bras tendus : « Donne ta main, crient-ils ». Le désespéré les regarde, affolé, sans réagir. C’est alors que Nasr Eddin arrive à vive allure. « Prends ma main, prends, supplie-t-il ». Il prend et son sauveur le sort de l’eau. Allah, comme son serviteur, est si miséricordieux qu’il en vient à prendre les hommes à leur propre jeu pour les tirer d’affaire.
 
L’âne volé
C’est l’imagination qui nourrit la peur beaucoup plus que les dangers de la réalité… A la fin de la journée, un individu malveillant s’est introduit chez Nasr Eddin et a volé son âne. L’Imam, qui tient à son compagnon, promet une forte somme d’argent à celui qui lui rapportera l’animal. Personne ne se présente. Alors, il annonce que le voleur bientôt identifié sera durement châtié et fouetté en public s’il ne rend pas la bête avant la fin du jour. La nuit arrive sans le retour de l’âne. Eh bien ! Puisqu’il en est ainsi, Nasr Eddin fera ce qu’a fait son père. Le lendemain matin, à la première heure, le voleur très apeuré est à la porte avec son butin. Il interroge le propriétaire : « Tu aurais fait ce que tu as promis ? – Sans aucune hésitation. – Et, qu’est-ce qu’il a fait ton père ? – Il a racheté un autre âne ».
 
La perte de l’âne
A force de dévotion mal placée, les fidèles finissent par prendre Allah pour un idiot... Nasr Eddin a toujours des histoires avec son âne. Il vient de lui échapper dans les collines des environs. L’homme ne songe pourtant pas à le rechercher. Il parcourt les rues de la ville, en criant : « Louanges à Allah, louanges à Allah ! » Ses fidèles s’étonnent de son comportement. « Mais, vous ne comprenez rien leur dit-il : je rends grâces à Allah de n’avoir pas été sur le dos de mon âne, lorsqu’il s’est égaré. »  

Références : Sublimes paroles de Nasr Eddin, éd. Phébus, Pocket et Le cercle des menteurs de J. C Carrière, éd. Plon.                                                               

Etienne Duval 


Jean Kergrist et le Sous-secrétaire d’étable

 

En 1975, peu après ma sortie de l’ordre dominicain, je suis entré en profession clownesque, mon nouvel « ordo praedicatorum ». Maintenant retraité du spectacle, j’ai gardé à mon répertoire un personnage de « Sous-secrétaire d’étable aux colloques agricoles », de plus en plus sollicité pour animer bénévolement de ses discours déjantés meetings et manifs : réchauffement climatique, tests ADN, sans-papiers, incinérateurs et pollutions diverses… 

Un personnage qui n’a peur de rien

Mon Sous-secrétaire s’amène en véhicule de fonction -un vélo de clown- et cause à tout va, à s’en échauffer la cervelle, proposant des solutions à des problèmes que vous n’avez même pas posés, positivant tous les ennuis de la planète, faisant l’autruche à s’en éclater de mauvaise foi. Un couteau sanguinolent lui traverse d’ailleurs la tête, c’est dire qu’il n’a peur de rien. 

La bouée du rire pour s’éloigner du bateau en perdition

Aujourd’hui je demeure encore étonné de mes capacités à faire rire. Dans le quotidien, je suis loin d’être un marrant. Je ne retiens aucune des bonnes blagues qui font l’apanage des humoristes de compagnie. Mon humour a toujours un côté plutôt grinçant. Une sorte d’élégance des causes désespérées, du genre « puisque tout est foutu, mieux vaut en rire ! ».
Le clown saisit à pleines mains la bouée du rire pour s’éloigner du bateau en perdition. Alors que les militants y croient encore, l’humoriste a déjà transporté son camp ailleurs. Il est d’une autre planète. Mais il espère, malgré tout, sans trop le dire, que son humour noir aura la vertu de réveiller quelques résistances, quelques barouds de dernier souffle.
 
Je préfère rire du dominant plutôt que du cocu

L’humour existe-t-il ? Il ne se trouve peut-être que des sujets de rigolades et, d’un comique à l’autre, mille manières de les traiter. Je préfère rire du dominant plutôt que du cocu… même s’il est toujours possible d’émarger aux deux catégories à la fois. Je ne donnerais pas un fifrelin pour écouter les blagues machistes d’un Jean Marie Bigard, le comique troupier du moment. J’imagine que, de son côté, il n’en a rien à cirer de mes gags clownesques. Nous habitons deux planètes différentes qui ne sont pas prêtes de se croiser. Comme le disait Pierre Desproges : « on peut rire de tout, tout dépend avec qui ».           

Amplifier jusqu’à l’outrance une propagande
  

Les personnages clownesques de mes spectacles d’autrefois (atomique, agricole, chômeur, pape, docteur...), plus longs et plus construits, avaient tous comme point commun de se laisser aliéner au discours du pouvoir dominant, de faire du zèle en amplifiant jusqu'à l'outrance une propagande, fausse parole aujourd'hui présentée sous la charmante dénomination de "politique de communication" enrobée, plus récemment, de « politique de civilisation ». Se retrouvant ensuite le cul par terre au contact de la réalité, mes héros déclenchaient le rire politique, celui qui introduit le spectateur au recul critique sur lui-même, devenu objet manipulé par le pouvoir. Le rire devient alors instrument de recherche, exercice de doute cartésien.

L’exercice plein de tendresse de ma fonction citoyenne
           
Ce rire clownesque n'a jamais été pour moi une simple forme, habillant après coup des idées. Le rire est l'exercice même de ma fonction citoyenne. Brecht en avait fait le coeur de ce qu'il appelait la distanciation, même si ses disciples furent parfois moins heureux à se l'approprier.
Mais je lui ai toujours aussi fixé ses limites, évitant de le transformer en ironie, impuissance de l'intellectuel blasé. Pour ce faire, j’ai toujours gardé sur mes héros aliénés un regard de tendresse. Leur naïveté les déculpabilise.
           
Faire voler en éclat le baratin justifiant notre esclavage 
 
J'ai découvert par hasard cette arme atomique du rire, mais ne l'ai utilisée qu'à bon escient, respectant toujours le faible, qui, dans sa chute, n'est jamais ridicule. Seul le puissant donne à rire de son triomphe. Ce rire-là, oui, je le jette toujours au vent avec jubilation, par l’entremise de ce personnage de Sous-secrétaire d'étable rescapé.
Quel plaisir de faire voler en éclats le baratin des maîtres justifiant notre esclavage ! Les éclats de rire deviennent alors plus efficaces que des éclats d'obus. Éclats à têtes multiples mettant aussi à bas la militance triste et le monde gris collabo qu'elle nous prépare. Vive la résistance joyeuse !
 
À lire : Chronique brouillonne d’une gloire passagère de Jean Kergrist, préface de Jean Bernard Pouy, éditions Keltia Graphic, février 2008
 
 
                                                                                              Jean Kergrist
 
 
 
 
 
 
  Coluche.jpg
 
par Duval Etienne publié dans : mythesfondateurs
ajouter un commentaire commentaires (74)    recommander

Commentaires

Merci Etienne pour cette initiative !
commentaire n° : 1 posté par : Michel Allibert le: 19/02/2008 16:30:02
J'ai ri avec la parole qui rit.
commentaire n° : 2 posté par : Françoise le: 20/02/2008 09:06:27
Merci pour ces textes qui vont remplir mes soirées !
commentaire n° : 3 posté par : Yves le: 20/02/2008 09:08:48
Olivier a fait référence à la parole qui rit dans son métablog d'hier :

La parole qui rit ; autour/avec (de) Nasr Eddin Hodja et Jean Kergrist sur Mythes fondateurs.
commentaire n° : 4 posté par : Olivier le: 20/02/2008 09:18:36

Il est grand temps de nous faire rire messieurs les comiques politiques, Sous secretaire d'étables. Les sujets ne vous manquent pas en ce moment je suppose. A quand un grand rassemblement du rire annonciateur d'un vrai changement. Je suis preneur et je veux le croire les adeptes seront nombreux

 

commentaire n° : 5 posté par : Geneviève le: 20/02/2008 11:58:22

Sais-tu, Geneviève, que les grands comiques parisiens ont beaucoup de succès à cause de l'angoisse actuelle ? Comme j'ai pu en être parfois témoin, les citoyens ont pu continuer à vivre dans les grandes dictatures, Espagne, URSS, Pologne...grâce à la mutliplication des histoires drôles, qui circulaient sous le manteau. Nous n'en sommes pas là mais nous savons que nous avons à notre disposition un outil très efficace pour affronter les moments difficiles.

commentaire n° : 6 posté par : Etienne le: 20/02/2008 12:05:33
CECILIA MONTEAGUDO.
Vous incarnez souvent des personnages naïfs, comme dans la pièce « le Dîner de cons ». Ne craignez-vous pas que cette image vous colle à la peau ?


Ce sont des personnages magnifiques, souvent proches du clown et proches de l'enfance. A jouer, c'est merveilleux. Il n'y a pas d'arrière-pensée, c'est l'humain dans toute sa splendeur. Et avec eux, l'émotion passe totalement.

MARIE-FRANÇOISE BEAUR.
Auriez-vous envie de sortir du registre comique pour jouer des rôles dramatiques et, pourquoi pas, de méchants ?


J'ai fait un méchant dans un « Navarro », en 1993. Je frappais ma femme et j'enlevais des enfants.

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Quand j'ai été connu, TF 1 l'a rediffusé et des gens sont venus me voir en me disant (sur un ton de reproche) : « Nous nous sommes mis devant la télé avec les enfants parce qu'on vous aime beaucoup... » Je ne dis pas qu'il ne faille pas surprendre le public. Mais j'ai la chance d'avoir le don de savoir faire rire. Et cette chance incroyable, je la cultive. Je ne suis pas contre les rôles dramatiques, si c'est une histoire vraie, comme « Joyeux Noël ». Une fiction où c'est juste violent, ça ne m'intéresse pas.

LEILA DOUADI.
Vous donnez l'impression d'être timide, réservé. Vous êtes comme ça dans la vie ?


J'aime bien être discret. Ne pas me faire remarquer. Je vais vous dire : moi, j'aime bien les gens. L'aventure humaine, c'est ma matière première. Quand je suis devenu connu, j'ai eu peur que les gens se taisent en me voyant arriver... Je suis gêné par l'excitation que je crée. En revanche, j'adore qu'on me confonde. Un jour, dans une station-service, un camionneur m'a aperçu et a dit à son copain : « T'as vu, c'est Darry Cowl ! » Ça, j'adore.

« Avec l'âge, je suis plus séduisant qu'avant »

CECILIA MONTEAGUDO.
Pensez-vous que l'humour est la politesse du désespoir ?


Pour moi, le rire est une réparation. J'ai grandi dans les années 1980, on était pleins d'espoir, on pouvait réussir en venant d'un milieu ouvrier, on pensait qu'il y aurait de moins en moins de guerres. Et puis on se rend compte que non. Que le monde sombre encore plus dans l'obscurantisme. Et là, il vaut mieux en rire.

commentaire n° : 7 posté par : Interview de Dany Boon dans Le Parisien le: 21/02/2008 09:41:29
Je retiens que le rire est une réparation.
commentaire n° : 8 posté par : Etienne le: 21/02/2008 09:44:52
Je suis étonné qu'Etienne parle du rire de Dieu. Dans notre culture, Dieu ne rit jamais. Par contre je suis d'accord avec l'expression "faire craquer les apparences de la réalité". Mais ce n'est pas du rire. On est déstabilisé par tout autre chose.
Par ailleurs, la révolution de 1968, selon Cohn Bendit, a été un immense éclat de rire. On finit par rendre ridicule le pouvoir lorsqu'il se prend trop au sérieux
commentaire n° : 9 posté par : Dominique le: 21/02/2008 16:31:28

Une première réponse à Dominique

Dès son premier livre, Récits du Mellah, Ami Bouganim

se présentait en clown de Dieu . Depuis, il n'aura cessé de rassembler les éclats de rire de la divinité dispersés aux quatre coins de l'univers. Bouganim est connu au ciel comme l'un des cabalistes les plus cocasses. l'animateur de l'école mystique ludique qui prêche le rire pour mieux arracher les hommes au terrible esprit de sérieux et les initier à l'esprit de légèreté et de dérision. Les lecteurs impatients de découvrir des bribes de sa doctrine, encore en gestation, pourront se distraire, à la lecture de ce recueil de dires talmudiques et philosophiques réunis et présentés

par ses soins.

Michel Kichka reconstitue dans ses dessins l'humour véhiculé par les dires des sages du Talmud et les commentaires d'Ami Bouganim.


A propos de l'auteur :

Ami Bouganim est professeur de philosophie à l'Ecole des cadres supérieurs pour l'éducation à Jérusalem et Consultant pédagogique auprès de l'Alliance israélite universelle. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont les Récits. du Méllah , Le Cri de l'Arbre , Le juif égaré . 

 
commentaire n° : 10 posté par : Ami Bouganim le: 21/02/2008 16:50:13

Seconde réponse à Dominique : le livre de Daniel LYS  (CNRS) "Quand Dieu rit"

De quels rires Dieu rit-il ? Pas moins de treize racines hébraïques servent à exprimer le rire dans le corpus vétérotestamentaire. À partir d'un examen détaillé de ces racines et d'une présentation schématisée de leurs interconnexions, Daniel LYS[1] montre que le rire de Dieu, dans l'Ancien Testament, se décline en de multiples figures dont les variations sémantiques oscillent entre la joie et le sarcasme.

commentaire n° : 11 posté par : Daniel Lys, le: 21/02/2008 17:00:47

Troisième réponse à Dominique (de l'Islam)

Noms et arributs de Dieu,
Sheikh Abou Baker Alm-Djazairi

 - Même le Messager d'Allah, le Prophète Mohammed (SA sur lui) a cité ses Attributs dans les Hadiths rapportés par des témoins sûrs. Dieu "rit" à deux hommes: il est vrai que l'un d'eux a tué l'autre, mais tous les deux iront au Paradis.

commentaire n° : 12 posté par : Sheikh Abou Baker Al-Djazairi le: 21/02/2008 17:06:43

Merci aussi pour ton coup double sur le rire. J'aime bien ça... mais
le rire est aussi une arme, et je dois confesser ne jamais en avoir
économisé l'usage ! Le pire est son absence, les mondes sans humour. Glaçant et dangereux, souvent ridicules... Affaire de tempérament comme on dit mais aussi de culture. J'ai bien appris des britanniques, dans mon travail, et peut-être bien avant car c'était la culture de mon père...

 Je vais essayer de trouver le livre de Kergrist bien que je fonctionne à des lieues de ses élucubrations anarchistes, surtout de tout ce qui rappelle les mauvais souvenirs de l'autonomisme breton, compromis pendant la guerre avec les nazis. Mes parents étaient dans l'autre camp...

 

commentaire n° : 13 posté par : François le: 22/02/2008 09:42:21
J'aime bien ton évocation des Anglais. J'ai souvent eu beaucoup de plaisir à écouter leurs histoires fortement marquées par l'humour. Mais, parmi les Anglais, il y a ceux qui sont très drôles et ceux qui sont plus sérieux !
commentaire n° : 14 posté par : Etienne le: 22/02/2008 09:45:27

VERS l'ÉLYSÉE

arb

Marc Morvan, sculpteur quimpérois -au centre de la photo déguisé en Bécassine-, a tenu à répondre aux propos désobligeants du candidat Sarkozy sur les Bretons, lors de sa visite au Cross Corsen, rapportés dans le livre de Yasmina Réza ("j'en ai rien à foutre des bretons"), en créant une sculpture intitulée « les Bretons ». Il s’est proposé de l’offrir au chef de l’État aux fins de l’exposer à l’Élysée. Un collectif d’artistes, dont le Sous-secrétaire d’Étables aux peuples oubliés -Jean Kergrist à la droite de Bécassine-, réunis au sein d’un collectif ARB -Art Revendicatif Breton- se propose de l’accompagner. Le mouton géant -à l’arrière plan- fera aussi partie de l’expédition.


Pour en savoir davantage, cf. le site de Marc Morvan :
http://marc.morvan.quimper.free.fr/


Photo Madeleine Ropars 12/01/08


SUITE AU 18/02/2008
L'ARTICLE DE "AUJOURD'HUI  la France" datée du 19/02 :
elysee

 

 


 

 

L'expédition élyséenne a bien eu lieu (cf article ci-contre).  Sur la photo on ne voit,  malheureusement pas, les vingt autres membres de l'aventure. Nous avons fait halte à Rennes le samedi, puis à Montreuil pour une animation de rue le dimanche après-midi. 

Le lundi matin, quatre motards sont venus "encadrer" notre convoi, dont le mouton géant, à la sortie du périphérique. Après avoir grillé pas mal de feux rouges, nous avons atterri près de l'église St Augustin où une compagnie de CRS nous attendait. Seules trois personnes furent autorisées à accompagner Marc Morvan en direction de l'Elysée. Au portail présidentiel il a fallu encore abandonner derrière nous une des échassière déguisées en bigouden (ou le contraire) car la consigne était formelle : pas plus de trois (comme le cheval) à pénétrer par la grille de la petite porte latérale de service. 

Après le passage obligé au détecteur de métal et fouille de mon sac sous-ministériel, Marc a été invité à déposer ses deux statues sur le comptoir. Impossible, malgré notre demande, d'accéder à un quelconque secrétaire ou chef de cabinet. Refus également du préposé à la sécurité de signer le bordereau de dépôt des sculptures. 

Au retour, nos accompagnateurs galonnés, plutôt courtois, ont demandé à se faire photographier à nos côtés.

Le mouton géant, qui était aussi de l'expédition, n'a pas pu approcher. Il n'aurait fait qu'une bouchée du petit Nicolas.

 

 

PLEIN DE PHOTOS DE L'EXPÉDITION SUR :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/gradlon2/video/x4gazp_moutonparisdm_creation

commentaire n° : 15 posté par : Jean Kergrist le: 22/02/2008 10:01:13
Je signale que les lecteurs peuvent aller sur le site de Jean Kergrist : http://pagesperso-orange.fr/kergrist/pagecadre.html. Vous y retrouverez le texte et les photos précédentes. Entre parenthèses, j'ai été très dsatisfait de voir que l'on peut mettre des photos sur les commentaires. Avis aux intéressés !
Cet expédition à l'Elysée est très drôle, le plus sympathique étant l'accueil des forces de l'ordre, qui n'hésitent pas à se faire photographier avec vous. C'est une marque d'humour de leur part, en réponse au vôtre qu'ils ont bien compris..
commentaire n° : 16 posté par : Etienne le: 22/02/2008 10:09:19
Les contes de
La Fleur qui rit
Anne-Sophie Péron
PrésentationUn spectacle qui se réinvente Contes à la carte Stages, ateliers de contesDémarche artistiquePresseContactDatesLiens

Un hymne à la vie

Anne-Sophie conte, et part en quête d'histoires avec une passion, celle de la vie, dans tous ses états.
Elle choisit de marcher vers l'authenticité, accompagnée par Henri Gougaud, son professeur.

Récits, personnages et chansons

Anne-Sophie Péron ponctue le récit par des moments d'incarnation où elle se transforme en personnages d'hommes, de femmes, d'ogres ou de fées.

Amoureuse des mots, elle nourrit ses contes de refrains, de rythmes et de rimes. Elle est souvent accompagnée par Marcel à l'accordéon ou à la cythare.

Anne-Sophie Péron - 38 rue de l'égalité - 94500 Champigny-sur-Marne
tél : 01 48 81 85 92 - 06 61 41 87 89 - courriel :
annesophieperon@lafleurquirit.com

 lafleurquirit.com

commentaire n° : 17 posté par : Lafleurquirit.com le: 22/02/2008 13:05:11
Allez sur le site : http://lafleurquirit.com/

Vous ne serez pas déçu par les contes d'Anne-Sophie avec son accordéoniste.
commentaire n° : 18 posté par : Etienne le: 22/02/2008 13:10:15
Le site de Jean Hamon est particulièrement savoureux.
commentaire n° : 19 posté par : Denis le: 22/02/2008 13:20:29
Comme tu dis !
commentaire n° : 20 posté par : Etienne le: 22/02/2008 13:21:19

commentaire n° : 21 posté par : http://lanerit.chez-alice.fr/Librairie/L'ane-Rit2.gif le: 22/02/2008 13:29:14
Dans le cadre de l'alphabétisation, nous travaillons sur quelques histoires de Nasr Eddin. J'ai acheté par le biais d'Amazon, un recueil de 500 de ses contes:"Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja"préfacées par Jean-Louis Maunoury aux éditions Phebus libretto. Pour 16€, c'est dommage de s'en priver. C'est souvent d'une absurdité tellement désopilante que c'est impossible de les oublier. Ca devrait être remboursé par la Sécurité Sociale. Et à côté les Fables de La Fontaine, les Pensées de Pascal ou Ainsi parlait Zarathoustra enfoncent des portes ouvertes. Cela me rappelle la jubilation que j'ai éprouvé à lire "Ecoute, petit homme" de Wilheim Reich. Ca tient en quatre lignes ou une page au maximum. Je ne résiste pas à la tentation de t'en  raconter une de mémoire: un ami vient lui demander de lui prêter son âne. Désolé, dit-il; il vient de le prêter. Sur ce l'âne se met à braire. L'autre le traite de menteur. Nasr Eddin rentre dans une colère noire: " Si tu attaches plus d'importance à ce que dit l'âne qu'à ce que je dis, nous n'avons plus rien à faire ensemble". Ou celle-là:
" Nasr Eddin a perdu son âne. Il s'est sans doute égaré dans les collines avoisinantes, mais au lieu d'aller le chercher, le Hodja  parcourt les rues de la ville en criant:
- Louange à Allah! Louange à Allah!
Les gens, sachant combien Nasr Eddin a de l'attachement pour son âne...ne manquent pas de s'étonner:
- Comment se fait-il, Nasr Eddin, que tu rendes grâce à Allah pour la perte de ton âne? Ne vaudrait-il pas mieux de de mander son aide?
- Décidément, vous ne comprenez rien. Je rends grâce à Allah de ne ne pas avoir été sur le dos de mon âne quand il s'est égaré".
 Comment il endort un bébé inconsolable ou comment il explique que l'excuse peut être parfois pire que l'offense, ça ne manque pas de (gros) sel.
Dans son introduction, J.L. Maunoury parle du rire de Nasr Eddin, rire du rusé compère et  aussi rire de l'idiot. " En savourant l'audace, voire la perversité du héros, les auditeurs rient de leur propre incapacité à en faire autant. On ne rit de ce renversement momentané des valeurs que parce que l'on sait qu'au bout du compte rien ne sera renversé...
Plus subtil et plus réellement subversif est le rire que provoque l'"idiot"...En rencontrant cet idiot-là, j'ai eu la bonne fortune de recouvrer un instant ma propre idiotie. Pris au piège, à la fois rieur et objet de dérision, je suis soudain saisi d'un rire irrépressible, d'un "fou rire".
Nasr Eddin, ça, c'est de la philo.
commentaire n° : 22 posté par : Yvon le: 23/02/2008 09:13:06
Je suis heureux de voir que tu es très sensible aux idioties de Nasr Eddin. Il allie en même temps l'audace, la finesse, la tendresse et un très grand sens psychologique. Il n'est en rien démodé et je suis persuadé que de nombreux comiques contemporains ou même des romanciers viennent chercher ici une partie de leur inspiration.
commentaire n° : 23 posté par : Etienne le: 23/02/2008 09:18:18

"Le petit mendiant" qui rit, qui rit, qui rit...

Le petit mendiant qui va, qui va, qui va, qui va
Rôde par ci par là
Chantant comme ça

Donnez-moi, donnez-moi
Un tout p’tit je ne sais quoi
Le ciel vous le rendra
En plusieurs fois

Moi, j’aime bien le bon Dieu
Il est tout plein gentil
Donnez, mesdames, messieurs
Ce sera pour Lui

Le p’tit mendiant qui va flânant
N’est pas du tout méchant
Il est tout noir avec des yeux blancs

Le p’tit mendiant qui rit, qui rit, qui rit, qui rit
Prend la vie par le bon bout
Il n’est pas fou

Le p’tit mendiant de Bahia
Toute la journée mal habillé
Et mal peigné
Fait son métier
Les gens ne le blâment pas
Ils l’ont au contraire adopté
Car il est orphelin, c’est vrai

Mais le soir au son d’une tumba
Il va danser en tenue de gala
Toutes les aumônes, il les dépense là
Et le lendemain, mal vêtu
Il retend la main dans la rue
Pas pris
Pas vu
Mais qui
L’eût cru ?

Le petit mendiant qui va, qui va, qui va, qui va
Rôde par ci par là
Chantant comme ça

Donnez-moi, donnez-moi
Un tout p’tit je ne sais quoi
Le ciel vous le rendra
En plusieurs fois

Moi, j’aime bien le bon Dieu
Il est tout plein gentil
Donnez, mesdames, messieurs
Ce sera pour Lui

Le p’tit mendiant qui va sifflant
Les cheveux dans le vent
Cherche sur terre un peu de bon temps

Le p’tit mendiant qui rit, qui rit, qui rit, qui rit
Fait de l’œil à la vie
Qui lui sourit

Moi, j’aime bien le bon Dieu
Il est tout plein gentil
Donnez, mesdames, messieurs
Ce sera pour Lui

Le p’tit mendiant qui va sifflant
Les cheveux dans le vent
Cherche sur terre un peu de bon temps

Le p’tit mendiant qui rit, qui rit, qui rit, qui rit
Fait de l’œil à la vie
Qui lui sourit

Le p’tit mendiant qui va, qui va, qui va
Le p’tit mendiant qui va, qui va, qui va
Le p’tit mendiant de Bahia

commentaire n° : 24 posté par : Tino Rossi, "Le petit mendiant", qui rit, qui rit, qui rit le: 23/02/2008 12:01:48

Mai 1968, un grand éclat de rire

Dominique nous a rappelé très opportunément le mot de Cohn Bendit : "Mai 1968, cela a été un grand éclat de rire". Sans doute tout n'a-t-il  pas été parfait. Il y a eu une escroquerie intellectuelle, qui consistait à répéter : "Il est interdit d'interdire". Mais le grand mérite de cette révolution a été de redonner la parole à tous dans une société bloquée par une militarisation sournoise. Or ce n'est pas la violence physique qui a obtenu un tel résutat : c'est la violence de l'éclat de rire. En ce sens, 1968 nous porte encore aujourd'hui et ne sera jamais dépassé.

Nicolas commence à nous faire rire

Nicolas commence à nous faire rire, même à l'étranger, ce qui est un peu inquiétant pour notre prestige !  Il est intelligent : il a compris que nous sommes bloqués par des idéologies dépassées et que le vent qui peut faire avancer la barque de l'Etat n'a pas de couleur, il n'est ni de droite ni de gauche. Il est aussi plus malin que beaucoup d'entre nous. En fait, nous l'avons collectivement élu comme président et nous avons envie qu'il réussisse pour le bien de tous les citoyens. Mais il nous fait rire parce que c'est un petit qui se prend pour un grand. Nous sommes tous petits.Dans la réalité, seul devient grand celui qui accepte d'être petit. Normalement, c'est le passage de l'adolescence à l'âge adulte qui nous apprend cela et nous conduit à renoncer à la toute-puissance infantile. Nicolas est encore infantile et notre rire peut le lui révéler à bon escient pour le faire changer. La preuve qu'il est encore un enfant : il n'a pas appris à se taire pour laisser la parole aux autres. Bien plus il nous parle un peu trop souvent de Dieu. A croire que Dieu lui a parlé. Srulek, le Nasr Eddin polonais nous livre à ce sujet une histoire pleine de saveur. Il s'en va, un jour, voir un rabbin : "Dieu a parlé à Pinkus, il me l'a dit.- Oh, je crois bien que Pinkus est un menteur, réplique le rabbin. - Ah oui ! reprend Srulek. Je ne savais pas que Dieu parlait à des menteurs !"

Le côté "infantile" de Nicolas est encore plus manifeste lorsqu'il prétend faire tout ce qu'il dit. Et les ministres de renchérir : "Oui nous faisons cela parce que Nicolas l'a promis". C'est à croire qu'ils ont perdu la parole, répétant tous à l'unisson ce que le chef a dit. François n'est pas en reste. Chaque fois que Nicolas parle, il se croit obligé de prendre le contre-pied. Du coup, chacun sait à l'avance ce qu'il va dire et personne ne veut vraiment écouter un perroquet. Il s'est lui-même, comme les ministres, laissé piéger par Nicolas. 

Il faut savoir parler pour ne rien dire, simplement pour le plaisir. C'est une toute petite hirondelle qui l'a appris au grand Salomon. Salomon était un grand sage qui avait la réputation de tout savoir. Or, un jour, il circulait avec majesté dans le temple qu'il avait construit. En même temps une hirondelle mâle s'amusait avec une hirondelle femelle. Celle-ci ne voulait pas se laisser faire. Alors le mâle, montant sur ses petites pattes, lui dit : "Tu ignores à qui tu parles. Je suis capable de renverser la coupole du temple sur la tête de Salomon". Entendant cela, le roi qui comprenait le langage des oiseaux appelle l'hirondelle et lui fait des reproches : "Comment peux-tu dire de pareilles idioties ? - Tu est grand, reprend l'oiseau, se redressant à nouveau sur ses petites pattes, mais il y a des choses que tu ne comprends pas : il ne faut pas rendre aux sérieux tout ce que disent les amoureux." Alors Salomon a souri et l'a renvoyé, en lui disant : "Allez va-t-en, tu as raison". Il venait de comprendre, lui le grand amoureux, qu'un monde où l'on fait tout ce qu'on dit est un monde où l'amour n'est plus possible.

Il n'y a que Dieu qui ne se prend pas pour Dieu

Un des problèmes de Nicolas, c'est qu'il se prend pour le président de la république. La présidence, c'est sa fonction, ce n'est pas son être profond. Je crois personnellement que Dieu lui-même ne se prend pas  pour Dieu. Pourquoi ? Parce que notre image de Dieu est un idole et que Dieu ne peut pas s'identifier à une telle représentation. Et puis, Dieu est aussi un enfant qui naît et renaît sans cesse pour être ce qu'il est. Il n'est pas prisonnier de notre raison limitée ; il est toujours au-delà de qu'il est. C'est pourquoi, me semble-t-il, le rire est inscrit au plus profond de son être. Il sait rire de Lui-même pour pouvoir être, en même temps, ce qu'il est et au-delà de  ce qu'il est. Il n'y a que le diable qui ne rit pas : il ne sait que ricaner. Il est le seul à se prendre pour Dieu. C'est là son drame.  L'enfer, les camps de concentration, les goulags sont des systèmes où le rire est exclu. Nous n'en sommes pas là, Dieu merci. Si nous rions de Nicolas, ce n'est pas pour l'enfoncer, c'est, comme l'hirondelle, pour lui apprendre à rire de lui-même, à comprendre qu'il doit aussi savoir parler pour ne rien dire, simplement pour rire : nous avons besoin de l'espace du rire pour avoir droit à la parole, penser et aimer.

commentaire n° : 25 posté par : Etienne le: 24/02/2008 10:57:06
Un peu plus méchant, mais c'est pour rire

Le petit Nicolas déménage à la campagne et achète un âne à un vieux fermier pour 100 euros. Le fermier doit livrer l' âne le lendemain mais justement, le lendemain....

- Désolé fiston, mais j' ai une mauvaise nouvelle: L âne est mort.
 - Bien alors, rendez-moi mon argent.
 - Je ne peux pas faire ça. Je l' ai déjà tout dépensé...
 - OK alors, vous n' avez qu' à m' apporter l'âne.
 - Qu' est-ce que tu vas faire avec.....?
 - Je vais le faire gagner par un tirage au sort à une tombola.
 - Tu ne peux pas faire tirer un âne mort comme lot !
 - Certainement que je peux. Je ne dirai à personne qu'il est mort.
 
Dans sa situation, le fermier se dit qu'il ne peut pas vraiment refuser. Il amène donc l'âne au petit Nicolas.

 Un mois plus tard, il revient voir le petit Nicolas :
 - Qu' est devenu mon âne mort ?
 - Je l' ai fait tirer au sort. J'ai vendu 500 billets à 2 Euros: ça m'a fait...une recette de 1.000 euros.
 - Et personne ne s' est plaint ? 
- Seulement le gars qui a gagné. Ça fait que je lui ai rendu ses 2 euros. 
Nicolas a vieilli et est devenu président de la République. Et pour gagner plus, il est toujours entouré d' ânes ...

 Bonne journée.

commentaire n° : 26 posté par : Geneviève : fw Goscinny" le: 24/02/2008 11:38:07

Nicolas et la religion (Riyad, Latran, CRIF)

"L'instituteur ne remplacera jamais le pasteur, le curé, le mollah"

commentaire n° : 27 posté par : Jean Kergrist le: 25/02/2008 16:39:11

Souriez

Photo de Yves Pouchard

 

Juste pour sourire !

commentaire n° : 28 posté par : Jean Kergrist le: 25/02/2008 16:53:05
Jacques Chrac avait parfois le sens de la parole qui rit

Il sortait, un dimanche, de l'église de Bormes-les-Mimosas. Une personne l'invective "Connard'. "Enchanté, lui répond, le Président. Moi, je m'appelle Chirac !"

Comme quoi l'humour et le rire ont plus de force que l'invective !
commentaire n° : 29 posté par : Etienne le: 26/02/2008 09:07:04
Une langue étrangère
  
Un Juif vint en visite à Londres.
Il se rendit dans un restaurant juif,
Qu’on lui avait recommandé
Et fut très étonné de voir
Que le garçon qui le servait était Chinois.
Il fut encore plus étonné
Quand il entendit ce garçon s’adresser à lui
En assez bon yiddish.
Pendant tout le repas,
Le garçon ne lui parla qu’en yiddish.
A la fin, au moment de quitter le restaurant,
L’homme s’approcha du propriétaire et lui demanda :
« Comment se fait-il que votre garçon chinois parle yiddish ?
-         Chut ! … fit le patron.
Il est venu à Londres pour apprendre l’anglais. »
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
 
 
 
commentaire n° : 30 posté par : Jean-Claude Carrière le: 26/02/2008 17:43:22
La clé perdue (une histoire de fou)
  
Il fait nuit.
Nous sommes dans la rue, près d’une lanterne publique.
Un homme se tient baissé, le nez près du sol,
Et semble chercher quelque chose.
Un autre homme passe et lui demande :
«  Qu’est-ce que tu cherches,
-         Je cherche ma clé.
-         Tu as perdu ta clé ?
-         Oui.
-         Et tu l’as perdue ici ?
-         Non.
-         Mais alors, si tu l’as perdue ailleurs,
Pourquoi la cherches-tu ici ?
-         Parce que, ici, il y a de la lumière.
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
 
commentaire n° : 31 posté par : Jean-Claude Carrière le: 26/02/2008 17:45:37
Le miroir chinois
  
Un paysan chinois se rend à la ville
Pour vendre son riz.
Sa femme lui dit :
« S’il te plaît, rapporte-moi un peigne. »
 
A la ville, il vend son riz
Et boit l’alcool avec des compagnons.
Au moment de partir, le souvenir de la femme lui revient.
Elle lui a demandé quelque chose, mais quoi ?
Impossible de se rappeler.
Il achète un miroir dans un magasin pour femmes
Et revient au village.
 
Il donne le miroir à sa femme
Et sort de la pièce pour retourner aux champs.
Sa femme se regarde dans le miroir et se prend à pleurer.
Sa mère, qui la voit pleurer,
Lui demande la raison de ses larmes.
La femme lui tend le miroir en disant :
« Mon mari a ramené madame Seconde. »
La mère prend à son tour le miroir,
Le regarde et dit à sa fille :
« Tu n’as pas à t’inquiéter,
car elle est déjà bien vieille. »
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
 
commentaire n° : 32 posté par : Jean-Claude Carrière le: 26/02/2008 17:47:15
Le froid dehors
  
C’est l’hiver.
Un Juif entre dans une auberge
Et laisse la porte ouverte.
Quelqu’un lui crie :
« Eh, vous, là-bas !
Fermez la porte !
Il fait froid dehors !
-         Et vous croyez vraiment, répond le Juif,
Que si je ferme la porte,
Il fera moins froid dehors ? »
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
 
commentaire n° : 33 posté par : Jean-Claude Carrière le: 26/02/2008 17:49:06
Marcher sous la pluie
  
Un Chinois marche lentement sous la pluie.
Un passant pressé lui demande :
« Pourquoi tu ne marches pas plus vite ?
-         Il pleut aussi devant, répond l’homme. »
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
commentaire n° : 34 posté par : Jean-Claude Carrière le: 26/02/2008 17:55:17
Le soleil et la lune
  
Un jour, on demande à Nasr Eddin :
« Nasr Eddin, toi qui es versé dans les sciences et les mystères,
Dis-nous quel est le plus utile du soleil ou de la lune ?
-         La lune, sans aucun doute.
Elle éclaire quand il fait nuit,
Alors que ce stupide soleil luit quand il fait jour. »
(Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin, éd. Phébus, Pocket)
 
commentaire n° : 35 posté par : Nasr Eddin le: 26/02/2008 17:57:14
La bonne prière
  
Un pauvre homme entra dans une mosquée,
Se joignit à la prière commune,
A laquelle il ajouta une prière particulière, personnelle,
Qu’on appelle un dua.
Il demandait à Allah de lui donner de la nourriture,
D’apporter, dans sa maison démunie, des fruits,
De la viande, des légumes, de la semoule,
Et surtout de ne pas oublier une bouteille de raki,
Une liqueur qu’il aimait beaucoup.
 
Un homme, qui se tenait devant lui,
Entendit sa prière, se tourna et lui dit :
« Au lieu de demander à Allah du raki,
Ne ferais-tu pas mieux de lui demander
De fortifier ta foi, afin que tu sois sauvé,
Au jour du Jugement dernier ?
-         Mais non, répondit le pauvre homme.
J’ai demandé à Allah ce qui manque dans mavie.
Et ce qui me manque, ce n'est pas la foi, c'est le raki"
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
commentaire n° : 36 posté par : Jean-Claude Carrière le: 27/02/2008 10:51:10
Le prix des œufs
  
L’histoire se passe en Pologne,
Dans les temps difficile.
Une femme entre dans une épicerie
Et demande une douzaine d’œufs.
« C’est vingt kopecks, lui dit l’épicier.
-         Vingt kopecks !
Mais le crémier, de l’autre côté de la rue,
les vend quinze kopecks la douzaine.
-         Malheureusement, il n’en a plus.
-         Eh oui, dit l’épicier.
Moi aussi, quand je n’en ai plus,
Je les vends à quinze kopecks. »
(Le cercle des menteurs de J. – C. Carrière)
 
commentaire n° : 37 posté par : Jean-Claude Carrière le: 27/02/2008 10:56:24
Proverbes drôles
  
Le chat qui se fait moine n’oublie pas ses habitudes.(Ethiop.)
 
Regarde la mère avant la fille.(Roum.)
 
Si la femme était bonne, Dieu aussi en aurait une.(Rus.)
 
La marmite dit au chaudron : « Tu as le derrière noir. » (F.)
 
Si tu fais l’âne, ne te plains pas que les gens te montent dessus.(Am.)
 
Il vaut mieux arriver en retard qu’arriver en corbillard.(F.)
 
Un jour de loisirs, c’est un jour d’immortalité.(Chinois)
 
Quand l’homme meurt, ses pieds s’allongent.(Berbère)
 
Le chien attaque toujours celui qui a les pantalons déchirés.(F.)
 
Si la chance te sourit, pourquoi cours-tu ?
Et si elle ne te sourit pas, pourquoi cours-tu ?(Juif)
 
La gaieté est la moitié de la santé.(Tchèq.)
 
Ne consulte pas le médecin, mais celui qui a été malade.(Grec)
 
Si vous voulez savoir le prix de l’argent, essayez d’en emprunter.(F.)
 
Qui place tout son bien en un lieu, le place au beau milieu du feu.(Ital.)
 
C’est le riche qui commet la faute et c’est le pauvre qui demande pardon.(Roum.)
 
Les petits voleurs sont pendus ; devant les grands voleurs on enlève son chapeau.(Allem.)
 
Le pauvre chante les chansons, le riche ne fait que les écouter.(Rus.)
 
Le pauvre cherche la nourriture, le riche cherche l’appétit.(Ind.)
 
La vache perdue donnait beaucoup de lait.(Géorg.)
 
Quand le renard se met à prêcher, prends garde à ta poule.(Basq.)
 
En année de bonne récolte, le pauvre est encore plus à plaindre.(Coréen)
 
Même un mal de tête est une bonne chose s’il est gratuit.(Ind.)
 
Je donne une datte au pauvre pour en goûter la vraie saveur.(Arabe)
 
Ne t’avise pas de vendre de la glace aux Esquimaux.(Am.)
 
Qui vend du poison prend une enseigne fleurie.(Hongr.)
 
Les hommes achètent des biens, mais ce sont les biens qui les achètent.(Juif)
 
N’achète pas la maison avant d’avoir acheté le voisin.(Arabe)
 
Les serments d’amour prouvent son inconstance.(Esp.)
 
Le vautour a embrassé la poule jusqu’à son dernier soupir.(Rus.)
 
L’amour sans jalousie est comme un Polonais sans moustaches.(Pol.)
 
Celui qui t’aime te fera pleurer, celui te hait te fera rire.(Oubykhs)
 
Tel se crève les deux yeux pour rendre son ennemi borgne.(Esp.)
 
La passoire reproche à l’écumoire d’avoir des trous.(Pers.)
 
Après avoir mangé neuf cents rats, le chat part en pèlerinage.(Ind.)
 
Le voleur est inquiet pour sa maison et l’homme adultère pour sa femme.(Juif)
 
Plus le singe s’élève, plus il montre son cul pelé.(F.)
 
Une chaussure trop grande fait trébucher.(Angl.)
 
En voulant sauter jusqu’à la lune, vous pourriez tomber dans la boue.(Am.)
 
Le bélier qui veut foncer commence par reculer.(Africain)
 
La justice est comme la cuisine ; il ne faut pas la voir de trop près.(F.)
 
Le juge est comme l’essieu de la charrette : dès qu’on le graisse il cesse de grincer.(Roum.)
 
Une injustice également partagée est la justice même.(Pers.)
 
Sois brigand, sois voleur, mais ne cesse pas d’être juste.(Turc)
 
Celui qui a volé de l’or est mis en prison, celui qui a volé un pays est fait roi.(Japonais)
 
Qui gagne son procès gagne poule et perd vache.(Chinois)
 
Un âne se croit savant parce qu’on le charge de livres.(Am.)
 
Le doute est la clef de toute connaissance ; qui ne doute de rien, ne sait rien.(Pers.)
 
On ne s’égare jamais si loin que lorsqu’on croit connaître la route.(Chinois)
 
Laisse toujours une petite place à l’erreur.(Chinois)
 
Celui qui sait qu’il ne sait pas sait beaucoup.(Juif)
 
Un bon renard ne mange jamais les poules de son voisin.(F.)
 
Un brochet fait plus qu’une lettre de recommandation.(F.)
 
Qui ne sait être fou n’est pas sage.(F.)
 
Trop de sagesse est un peu fou.(Allem.)
 
Si on jugeait les gens à la barbe, le bouc pourrait prêcher.(German.)
 
Le singe n'a jamais autant l'air d'un animal
 que lorsqu’on l’affuble de vêtements d’homme.
(Ind.)
 
Le sage ne dit pas ce qu’il sait et le sot ne sait pas ce qu’il dit.(Turc)
 
Le fou est l’échelle du sage.(Africain)
 
Qui mange l’oie du roi, cent ans après, il en rend les plumes.(F.)
 
Il n’y a point de grand homme pour son valet de chambre.(F.)
 
Quand un blanc a pété, c’est le nègre qu’on met dehors.(F.)
 
C’est la poule qui pond et c’est le coq qui chante.(Kurde)
 
Qui a tué un homme est un meurtrier ; qui en a tué des milliers est un héros.(Ind.)
 
Il est impossible de se tenir debout en ce monde sans jamais se courber.(Japonais)
 
Quand le chat est absent, le rat monte sur le trône.(Vietnamien)
 
Il faut croire ses domestiques et ne pas les écouter.(Chinois)
 
En acquérant la renommée, on cesse bientôt de la mériter.(Juif)
 
Il faut se courber pour ramasser.(Juif)
 
La grande barbe et le long chapelet ne font pas le marabout.(Africain)
 
L’épine s’est enfoncée dans le pied du roi et c’est du pied du valet qu’on l’a retirée.(Créole)
 
Dis à ton ami un mensonge et s’il en garde le secret, alors dis-lui la vérité.(Port.)
 
Le chacal pieux prie au milieu des moutons.(Ethiop.)
 
Si tu regardes ce que le canard mange, tu ne mangeras pas le canard.(Créole)
 

Ce n'est pas parce que le cabri fait des crottes comme des pilules
 qu’il est pharmacien.
(Créole)

 
Putain au printemps, dévote à l’automne.(Catal.)

Celui qui n'a que des vertis n'est guère meilleur
 que celui qui n’a que des défauts.(German.)
 
Le bâton atteint les os, mais n’atteint pas les vices.(Africain)
 
A pisser contre le vent, on mouille sa chemise.(F.)
 
Les tonneaux vides sont ceux qui font le plus de bruit.(F.)
 
Un mot dit à l’oreille est entendu de loin.(F.)
 
Si tu veux que l’on garde ton secret, que ne le gardes-tu pas ?(Ital.)
 
Plus le cœur est petit, plus la langue est longue.(Ital.)
 
Nul ne prêche aussi bien que la fourmi et elle ne dit rien.(Am.)
 
Un conseil est comme un remède qui est d’autant meilleur qu’il est plus amer.(Serbo-croat.)
 
C’est l’auditeur qui anime le discours de l’orateur.(Pers.)
 
Ne confie pas ton secret à un ami car lui aussi a des amis.(Tadjik)
 
Seul le muet peut faire taire un bavard.(Géorg.)
 
Ce qu’un homme ne dit pas est le sel de la conversation.(Japonais)
 
L’insecte silencieux perce les murailles.(Japonais)
 
La connaissance est plus près du silence que de la parole.(Arabe)
 
L’art est de cacher l’art.(F.)
 
Tous les hommes d’action sont des rêveurs.(Am.)
 
On apprend peu par la victoire mais beaucoup par la défaite.(Japonais)
 
C’est par des chutes qu’on apprend à marcher.(Arabe)
 
La meilleure ruse consiste à ne pas user de ruse.(Arabe)
 
Le diable devenu vieux se fait ermite.(F.)
 
Qui est près de l’église est souvent loin de Dieu.(F.)
 
Quatre D. font tout : Dieu, diable, dame et denier.(Occ.)
 
Tel a le chapelet en main, qui a le diable au corps.(Esp.)
 
Le diable sait s’embusquer à l’ombre de la croix.(Esp.)
 
Quand le diable s’incarne, il se déguise en moine ou en avocat.(Esp.)
 
Mieux vaut tenir le diable que de le mettre à la porte.(Angl.)
 
Là où Dieu a son église, le diable a sa chapelle.(Angl.)
 
Il n’est froc si béni que le diable n’y puisse trouver abri.(Allem.)
 
Le diable est le prince du lendemain.(Allem.)
 
La cloche appelle à l’église mais elle-même n’y va pas.(German.)
 
Les diables ont plus de douze apôtres.(German.)
 
Le diable des Noirs est blanc.(Bulg.)
 
Si tu laisses le diable dans l’église, il grimpera sur l’autel.(Balt.)
 
L’église est proche, Dieu est loin.(Balt.)
 
La paon a de belles plumes mais de vilaines pattes.(Angl.)
 
Du taureau au bœuf, il n’y a qu’un pas.(Am. Lat.)
 
Le pire ennemi, c’est un bonheur de longue durée.(Juif)
 
Notre chien est si bon que le renard a fait ses petits dans notre poulailler.(Rus.)
commentaire n° : 38 posté par : Proverbes drôles le: 27/02/2008 11:06:21

Dans les commentaires sur votre texte "La parole qui rit"; il est question du rire de Dieu. A ce propos, il y a un livre de Didier Decoin intitulé "Jésus le Dieu qui riait". Je l'ai lu, il y a quelques années. Malheureusement, je ne l'ai pas retrouvé dans la bibliothèque...

 

commentaire n° : 39 posté par : Eugène et Françoise le: 27/02/2008 20:22:24
 
 
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Jésus le Dieu qui riait : Résumé

"Jésus a-t-il jamais ri? Aucun texte n'en fait mention. Aucune tradition. Aucune œuvre d'art. Grave et ténébreux, tragique et poignant, tel est le visage du Christ en mélancolie, sinon en larmes, que contemplent depuis deux mille ans des millions de chrétiens. Pourtant, Jésus pleinement homme aime l'amitié, les escapades en bateau et les poissons grillés, le bon vin et ces fêtes dont est prodigue le calendrier juif - son calendrier. Pourtant, Jésus pleinement Dieu vient nous annoncer le plus merveilleux et le plus radieux des messages : la mort vaincue, une promesse d'éternité pour chacun d'entre nous. Il y a décidément trop de jubilations dans ces trente-trois années d'Incarnation pour que le rire en soit banni. Et si ce rire a éclaté quelquefois, son écho doit bien résonner quelque part dans les évangiles. Alors, scrutons, cherchons, fouillons. Il ne s'agit pas de détourner les textes mais de les retourner à la manière du champ dans lequel est enfoui un trésor. Ecrit comme un roman (non pour camoufler mes trouvailles mais pour leur donner un écrin, aussi modeste soit-il), ce livre n'est pas toute l'histoire du Christ, mais sa seule histoire joyeuse : la quête et la relation du versant lumineux d'un Dieu saisi par le bonheur d'aimer et partageant ce bonheur avec le monde entier. Ces pages me sont aussi l'occasion, après Il fait Dieu, de confirmer mon éblouissement inusable devant Celui qui nous a donné un sens et un avenir en nous ouvrant les portes de la Joie".
Didier Decoin

commentaire n° : 40 posté par : Didier Decoin le: 27/02/2008 20:29:28

Bonjour à toutes et à tous (avec le sourire)..

Le rire ? peut être au moins un vieux réflexe animal archaïque désinhibiteur, témoigant et signifiant la fin d'une lutte par soumission.
"on va pas se détruire,j'arrête, t'as gagné...et je vais pas rester couché à ta merci encore longtemps à produire du cortisol qui m'intoxique... Oh, t'as vu ma mimique ?"
Chez l'homme c'est un peu pareil, en plus doux... mais le rire témoigne tout de même souvent d'un mécanisme de suspension d'une certaine tension sociale désinhibitrice...
Si vous n'avez pas l'impression que notre socio-culture est assez hiérarchisée et productrice de hiérarchies de dominance/soumission, n'allez pas plus loin...
Si oui le rire reflète semble-t-il assez souvent une façon de se déclarer ou positionner dans une relation sociale non pas pour assurer une dominance, mais plutôt une séduction (ce qui serait la version soft d'y parvenir)...
Tout ça combiné à la parole, ce qui n'y change pas grand-chose..
Que ce soit pour essayer de "se défendre", ou "parvenir à ses fins", en "plaisant" ou"charmant"...
Restent les situations où le rire et la parole combinées seraient fondatrices de relations coopérantes....Mais pour se faire il serait nécessaire d'approfondir la biologie des comportements...afin de nous méfier des automatismes (ou inconscients) bio-sociaux-culturels. A suivre, amicalement.

commentaire n° : 41 posté par : bonnefond jacques le: 28/02/2008 07:42:04
Merci Jacques de relancer le débat par un biais qui ne va pas dans le sens développé jusqu'ici. C'est cela qui est intéressant. Je te rejoins volontiers dans un certain nombre de cas. Mais il me semble que la force de la parole qui rit, c'est qu'elle intègre parfaitement la violence et ne saurait avoir pour fonction de renforcer la soumission. Au contraire, elle serait refus de la soumission et revendication du droit à la parole. N'est-ce pas ce qui s'est passé en 1968, qui a été, comme le dit Cohn Bendit un grand éclat de rire. Lorsque Chirac répond à celui qui lui lance "connard"  : "enchanté, moi, je m'appelle Chirac", il n'y a pas soumission mais dépassement par le haut., avec une violence parfaitement maîtrisée, qui retourne les positions de chacun.

La parole qui rit, c'est aussi le refus de la toute-puissance : "oui, tu as en partie raison, mais il y a aussi cela que tu ne prends pas en compte". Autrement dit la parole qui rit donnerait à la parole elle-même sa véritable position dans un dialogue qui donne sa place à l'autre...

A suivre...
commentaire n° : 42 posté par : Etienne le: 28/02/2008 09:18:43
Jacques nous remet en mémoire une histoire assez drôle du Général de Gaulle. Au cours d'un voyage, il entend un cri tout près de lui : "Mort aux cons !" Tournant alors son regard vers l'individu malveillant, il s'exclame : "Vaste programme !"
commentaire n° : 43 posté par : Jacques le: 28/02/2008 16:26:21
Pardon de répondre tardivement à "La parole qui rit" .
Merci de m'avoir permis de faire la connaissance de ces 2 humoristes de grand talent !
J'espère avoir l'occasion d'entendre et de voir le "Sous-secrétaire ..."
Ses propos distinguant l'humour respectueux  de l'ironie me semblent pertinents : L'ironie peut être mordante , en effet .
 
Les réponses philosophiques du sage oriental ressemblent à des histoires que tu racontes. J'aimerais m'en souvenir pour avoir des réparties aussi fines- mais je ne me fais pas d'illusion !
 
Un supplément de Télérama consacré à Desproges va sortir ; D. nous manque beaucoup .
 Nous donnons trop dans l'humour vache .
Rire de soi est salutaire aussi ; pas toujours facile mais à cultiver ...essayons!
 
Rire ou sourire : une forme d'élégance , sans doute.
 
Je laisse ces divagations pour te signaler que Régis Debray sera à la Bibliothèque de La Part-Dieu le 27 Mars à 18H30 à l'occasion de la parution de son dernier ouvrage : "Un candide en Terre Sainte" . Le résumé de ce livre donne envie de le lire...
commentaire n° : 44 posté par : Josiane le: 01/03/2008 23:17:37
Merci pour tes réactions. Je suis heureux de constater que tu résonnes bien à cette forme d'humour. Le sourire nous ouvre le coeur et le rire nous remet à notre place, nous ouvrant de plein pied aux autres. Personnellement j'aime bien la tendresse de Nasr Eddin que l'on retrouve chez Jean Kergrist. Desproges me paraît plus grinçant mais peut-être aussi assez décapant.
Ne penses-tu pas que vis à vis de tes élèves, il peut y avoir une pédagogie tirée des deux exemples présentés dans la blog ? Je me souviens avoir fait des exposés très techniques uniquement à partir des contes, et les étudiants s'en sont souvenus pendant longtemps.
commentaire n° : 45 posté par : Etienne le: 01/03/2008 23:25:15
rebonjour, précisons...
"Mais il me semble que la force de la parole qui rit intègre parfaitement la violence et ne saurait avoir pour fonction de renforcer la soumission"
Ben oui...où est le désaccord ? La parole qui rit s'inscrit dans un contexte d'opposition (de violence) et permet la désinhibition salutaire, ou de "gène" (dans la mesure ou les hiérarchies sont floues), même résultat souhaité..et a bien comme fonction 1) pour le dominé de sortir de sa position d'infériorité..MAIS AUSSI 2) pour le dominant de maintenir ce flou...et sa dominance de façon non coercitive, en créant un paradoxe ( ce que je dis ne colle pas avec mon attitude bienveillante.
C'est (à la louche, pour les droitiers)  le cerveau gauche qui parle, et le cerveau droit qui perçoit et produit le rire... d'où induction d'une confusion permettant éventuellement une redistribtion des cartes hiérarchisantes...
Encore à préciser ? Jacques
commentaire n° : 46 posté par : bonnefond jacques le: 02/03/2008 12:46:26
Je crois que je suis assez d'accord avec toi. Il n'y a pas de processus univoque. Et le flou peut tout à fait être utilisé par le dominant pour maintenir sa domination. J'avais étudié d'assez près les horaires personnalisés. Il pouvaient favoriser le mouvement d'individualisation ou d'individuation pour construire le sujet. Mais il y avait toujours une perversion possible pour favoriser les intérêts de l'entreprise aux dépens des salariés. Peut-être que le flou offre aussi la possibilité d'un choix dans un sens ou dans l'autre...
A suivre .... 
commentaire n° : 47 posté par : Etienne le: 02/03/2008 13:03:29
Merci de ton texte sur le rire! Il est de circonstance, l'actualité
nationale ou internationale nous laisse peu de moments de détente! 
Nous rentrons de Guinée ( Conakri ) où nous avons passé 15 jours , Yves allant pour une mission en vue d'installer des points d'eau dans de villages de brousse très reculés; voyage très riche en rencontres , réflexions .... nous revenons avec des milliers de questions qui n'auront sans doute pas de réponses, la situation étant terriblement complexe.
amitiés de nous deux
 
Brigitte
commentaire n° : 48 posté par : Brigitte le: 03/03/2008 22:23:05
Merci de votre petit clin d'oeil ! J'en suis presque à me dire que ce n'est pas très sérieux de pousser à rire lorsque certains se heurtent à des problèmes graves comme vous en Guinée. Mais, après tout, le rire de Coluche continue à soulever des montagnes de générosité avec les restaurants du coeur... Il nous faut inventer un autre rire pour susciter le creusement d'une multitude de puits là où le besoin s'en fait sentir ! Nasr Heddin nous dit qu'il n' y a que les plus pauvres pour s'en soucier : c'était sa manière à lui de réveiller les plus riches...
commentaire n° : 49 posté par : Etienne le: 03/03/2008 22:40:14
commentaire n° : 50 posté par : C'est toi ou si c'est moi ? le: 05/03/2008 10:33:10

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