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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 17:26

Torture à Abou Graïeb

http://www.planetenonviolence.org/USA-Sur-Fox-TV-la-Torture-comme-Divertissement_a1146.html

La torture ou la destruction de l’altérité de l’autre

 Depuis plus de dix ans, le docteur Pierre Duterte reçoit des patients, victimes de la torture. Jusqu’ici plusieurs milliers de femmes et d’hommes sont venus, chez lui, déposer leurs secrets pour continuer à vivre. Leurs témoignages sont consignés dans le livre Terres inhumaines, édité par Jean-Claude Lattès (2007).  En cette période de Noël, où l’homme prend la figure d’un enfant pour nous ouvrir le chemin de la vie et de l’espérance, cet ouvrage nous révèle l’envers du décor : au nom de la Loi, dans toutes les parties du monde, sous les régimes tyranniques où règne la terreur comme dans les démocraties elles-mêmes, tout près de chez vous et dans les territoires lointains, des êtres humains sont en train de détruire l’altérité de l’autre pour extorquer la parole qu’ils veulent entendre. Fuyant la lumière, ils imposent à l’élan de la vie de se transformer en élan de mort. Les symboles se défont et l’immense travail de création qui transforme le monde est volontairement sapé de l’intérieur par une volonté perverse de décréation : nous voilà basculés dans les abîmes de l’enfer.     

Jusqu’ici, nous percevions de loin ce qui se passait à Abou Graïeb en Irak, à Guantanamo, en Afrique, ou ce qui était survenu en Argentine et au Brésil, mais nous restions dans les généralités et l’abstraction. Aujourd’hui, grâce à la parole de nombreux suppliciés, recueillie par le docteur Duterte, la torture prend un visage concret et effrayant, qui sollicite notre attention. Nous savons aussi qu’elle est à notre porte et que notre responsabilité est engagée. En relatant un certain nombre de cas concrets, nous voudrions faire entrer le lecteur dans cet univers caché où le mal semble travailler à notre insu.    

 La toute-puissance du tortionnaire

 Le tortionnaire est dans la toute-puissance et la bonne conscience. Il agit avec l’appui de l’autorité et se présente comme le représentant de la loi, une loi qui bafoue ses propres bases, en légalisant implicitement et même explicitement la torture. La Loi vise à donner un espace à l’autre ; les tortionnaires et ceux qui les couvrent, détruisent cette place patiemment dégagée depuis des millénaires. Deux exemples vont nous ouvrir les yeux.      

La maison des fantômes

 Au Soudan, la Maison des fantômes sème l’effroi parmi les populations. Elle est anonyme : elle pourrait être la vôtre ou celle du voisin. Qui sait ? Elle se situe dans un coin de banlieue où tous les pavillons se ressemblent. Mais là, dans le plus grand secret, des hommes torturent leurs compatriotes réduits à l’état de morts-vivants. Chacun en vient à soupçonner la maison de l’autre et l’angoisse finit par envelopper de la chape de la peur des populations entières. A votre insu, la torture s’est introduite chez vous.  

   Le supplice du pneu

 Dans d’autres pays, c’est au grand jour que le supplice est imposé à une personne et à ceux qui la regardent. Un pneu est disposé autour du cou de la victime et, parfois, plusieurs autres viennent entourer son corps. Un tortionnaire y met le feu et le supplicié, hurlant à la mort, essaie vainement de se dégager. Horrifiés ou parfois exaltés, les passants assistent, malgré eux, à une pièce de théâtre improvisée et morbide, les uns s’identifiant à la victime, les autres se plaçant du côté du tortionnaire.     

 Une parole sans sujet

 Dans certains cas, l’autorité cherche le renseignement qui devrait sauver de multiples vies et préserver la bonne santé de la communauté. Mais en extorquant l’aveu désiré, elle prive la parole du sujet qui devrait la porter et invalide son authenticité. Le plus souvent, la parole dénonciatrice viendra de ceux qui désertent volontairement leur camp, pour des raisons bonnes ou mauvaises qui leur appartiennent.

   « La question » et le général Aussaresses

 Pendant la guerre d’Algérie, la torture s’est parfois imposée, aux yeux des tortionnaires et de ceux qui les commandaient, comme une nécessité politique. Henri Alleg, auteur de La question, s’interrogeait sur la position de la France par rapport à l’Algérie. Il est arrêté en 1957. Endurant la privation d’eau et de nourriture, le voilà soumis à la « gégène », aux coups et à la pendaison par les pieds. De son côté, la général Aussaresses, s’est justifié sans état d’âme : « C’est efficace, la torture, la majorité des gens craquent et parlent. Ensuite, la plupart du temps, on les achevait. (…) Est-ce que ça m’a posé des problèmes de conscience ? Je dois dire que non ».  

  En arrachant la parole, on contribue à la détruire si bien que la torture révèle une autre finalité  que celle qui est ouvertement affirmée : elle consisterait plus essentiellement à imposer le silence. « Vous n’avez plus droit à la parole. » 

  Les lèvres cadenassées

 Un enfant venu de Sierra Leone raconte le supplice du cadenas. Des combattants viennent, s’attaquent à son voisin. Ils lui percent les lèvres et introduisent, dans les trous, le crochet d’un cadenas qu’ils referment aussitôt. La clé est alors retirée et détruite. L’enfant ne sait pas ce qu’est devenu le voisin. On l’avait déjà symboliquement tué en lui fermant la bouche.     

 Une sexualité sans désir

 La sexualité est non seulement séparée de l’amour, elle est volontairement dénouée du désir lui-même car je ne suis plus un autre et l’autre ne saurait être l’objet de mon désir. Ce qui me relie à la vie et à la création est couplé désormais avec la mort et le néant. 

   La bouteille de coca cola

 La bouteille de coca cola était très prisée par les tortionnaires de Kinshasa ou de N’Djamena. Peut-être l’est-elle encore ici et dans d’autres pays. Elle était introduite dans les orifices naturels de l’être humain pour simuler le viol. Aussi, en dehors de la prison, la victime qui a échappé aux supplices de ses geôliers, ne supporte-t-elle plus la publicité faite à la bouteille maudite. 

   La femme à la torche

 Un patient raconte : « Une femme est entrée, un soir, dans la cellule avec sa torche électrique. Elle nous a tous regardés. Nous étions vingt entassés dans cette cellule. Elle a arrêté sa torche sur mon visage et m’a dit que j’étais beau gosse. Elle m’a ordonné de la suivre dans un bureau et m’a dit qu’elle pourrait me faire avoir une meilleure cellule avec un matelas et de quoi manger. Puis subitement elle s’est déshabillée devant moi, m’a pris la tête de force et l’a coincée contre ses cuisses en m’ordonnant de lécher. C’était horrible. Après cela, elle m’a obligé de la baiser. C’était comme si elle me violait. »    

  La mort insensée

 La mort est elle-même volée ; elle a perdu le sens qui la reliait à la vie pour la conforter et faire sa place à l’autre. Banalisée, insultée, elle est dégagée du sacré qui l’enveloppe pour lui redonner le souffle.     

  La tête de mort

 Le médecin demande au patient qui l’écoute de faire faire une radiographie de ses sinus. Peu de temps après, le patient revient, jetant sur la table les radios demandées, avec l’air très mécontent. Que s’est-il passé ? Le docteur finit par le savoir. Ayant dû assister à des sacrifices humains dans un endroit où des crânes jonchaient le sol, il venait de découvrir l’image de son propre crâne, dessiné comme une tête de mort. Le passé et l’avenir se confondaient dans sa tête : il se voyait déjà condamné à l’horrible sacrifice.    

  Le jeune qui joue au foot avec la tête de son père

 Un jeune patient explique au médecin quel a été l’un de ses plus épouvantables supplices. Un jour, le tortionnaire a jeté devant lui la tête de son père. Il a dû jouer au football avec cette balle improvisée. Chaque coup de pied la faisait résonner sèchement et elle s’en allait cahotant à travers les bosses de la prairie, avec un bruit flasque que le jeune n’oubliera jamais, et… le docteur non plus.  

   Le non étouffé

 La victime de la torture est soumise à un nouvel interdit : elle n’a pas le droit de dire non. La résistance, qui construit l’autre du sujet, est désormais interdite. 

    Le choix imaginaire d’être violée

 Une patiente  se présente au cabinet. Mal à l’aise, elle raconte ce qui lui est arrivé. Sept femmes furent arrêtées et furent mises en détention. Un jour, un choix épouvantable leur fut proposé : « Ou on vous viole, ou on vous tue ».  Deux refusèrent la première alternative et furent immédiatement assassinées. Les autres furent violées et eurent la vie sauve. Les militaires avaient mis la patiente devant un choix impossible : la mort physique ou la mort psychique. A sa sortie de la prison, elle ne put rejeter le viol sur le violeur puisqu’elle était, à son avis, « consentante ». Il faudra l’appui du psychothérapeute pour lui ouvrir les yeux.     

 La guitare de Victor Jara

 Victor Jara était un guitariste chilien réputé. Il savait dire non avec sa guitare. Or, un jour, il fut arrêté et, pour l’empêcher de résister à nouveau, les tortionnaires lui brisèrent les doigts et l’entraînèrent sur le grand stade de Santiago, où il avait donné un concert pour soutenir la candidature de Salvador Allende. Là, ils le torturèrent avant de le mettre à mort et la guitare n’a plus continué à proclamer, à sa place, le non interdit.      

 La filiation détruite

 Dans cet univers, qui porte la mort, la torture pousse la cruauté jusqu’à détruire la filiation pour l’empêcher d’engendrer l’autre, à l’intérieur de la famille et de la communauté. Il faut, à tout prix, détruire l’espace, qui répartit les places inaliénables de chacun, en imposant la distance entre les générations et entre les filles et les fils de la même fratrie.     

 Le fils qui est obligé de tabasser son père

Un homme encore jeune entre dans le cabinet. Il n’arrive plus à vivre, poursuivi, de nuit et de jour, par le regard de celui qu’il a violemment maltraité et, comble de malheur, ce regard est celui de son père. Un jour, les tortionnaires amenèrent le pauvre père tout près de son fils. Ce dernier devait le tabasser à grands coups de pieds et de poings. Le fils dut se résigner à obéir sous la menace. A chaque reprise, les yeux de la victime,  animés d’une violente colère,  se faisaient plus accusateurs. Aujourd’hui, les reproches, pleins de malédiction, se sont accrus, rendant la vie impossible à celui qui se voit écarté, malgré lui, de sa propre filiation.
 

 La femme enceinte dont on ouvre le ventre

 Un jeune homme, encore enfant, raconte l’odieux spectacle auquel il a assisté. Des tortionnaires croisent une femme enceinte et s’enquièrent du sexe de l’enfant à naître. Elle est incapable de répondre. Alors ils lui assurent qu’ils peuvent l’aider bien qu’ils n’aient pas d’échographie et, là-dessus, ils lui ouvrent le ventre, à grands coups de machette.   

  Ce sont les mamans qui font ça

 Comme on l’a vu déjà, les femmes peuvent être tortionnaires aussi bien que les hommes. Mais les victimes ne peuvent s’empêcher de penser que leurs coups sont encore plus insupportables que ceux des hommes ; ils sont hors du champ de l’imaginaire. Or un jeune homme a été précisément torturé par une femme, qui était plus âgée que sa propre mère. Encore effaré, la détresse dans le regard, il demandait au médecin : « Comment des mamans peuvent-elles faire ça ? » 

  Les responsabilités confondues

 Distances et frontières sont détruites les unes après les autres, au point d’entraîner la confusion entre l’agresseur et sa victime. Le supplicié finit par endosser la responsabilité de sa propre torture.

   Torturer en ne faisant rien

 Le comble de la perversité, dans cette confusion des responsabilités, consiste à torturer en ne faisant rien. Une femme a été arrêtée en même temps que trois autres. Les trois ont été violées, mais elle a été épargnée ; les tortionnaires lui ont dit qu’elle était trop moche. Comment pourrait-elle attirer un homme puisque les violeurs eux-mêmes l’ont dédaigné ? Sa vie est un tourment à tel point que le mariage lui est interdit. Bien plus, à l’audience de l’OFPRA, pour obtenir le statut de réfugié, elle répond « non » lorsqu’on lui demande si elle a été torturée ? Elle donnera la même réponse à la commission des recours, se condamnant elle-même au refus du statut.   

 Les tortionnaires qui ne viennent pas

Un autre patient reconnaît que sa nuit la plus difficile a été celle où les tortionnaires ne sont pas venus. Chaque nuit, en effet, ils venaient le chercher pour l’interroger. Or, cette fois, ils l’ont complètement ignoré. L’attente était insupportable. Les autres lui ont ouvert la place de la nuit pour partager avec eux la responsabilité de son malheur.      

L’image défigurée

 La torture finit par s’attaquer à la beauté qui émane de l’être, beauté chargée de mystère, qui semble venir d’ailleurs. La Bible dit que l’homme est créé à l’image de Dieu et participe de sa beauté. De son côté, le non-croyant sait bien qu’il  y a une beauté indicible, renvoyant à une transcendance qu’il ne nomme pas pour en conserver le mystère. Or c’est là que la torture révèle avec le plus de force la perversité de sa toute-puissance. Elle s’attaque aux racines de l’être, à l’image elle-même, qui rayonne de la présence du mystère, à tel point que la femme ou l’homme finissent par avoir un profond dégoût pour eux-mêmes.

   L’athlète martyrisé

 Un sportif de haut niveau, dont l’harmonie du corps traduisait la beauté de l’être, dut subir l’effroyable acharnement des tortionnaires, qui voulaient détruire sa personnalité en défigurant son apparence physique. Il ne restait plus un coin de sa peau qui ne fût pas marqué par des cicatrices. Pour l’empêcher de briller dans son sport préféré, les soi-disant « représentants de la loi » avaient déboîté un de ses genoux et frappé sa rotule à grands coups de marteau. Ils s’étaient même attaqué à ses coudes et à l’un de ses avant-bras.     

Le footballeur admiré

 Lorsqu’il est entré dans le bureau du médecin, un autre athlète paraissait avoir quarante-cinq ans. Il en avait, en réalité, vingt-trois. On lui reprochait de s’être opposé à la dictature d’un petit général. Mais surtout sa supériorité physique, sa notoriété sportive, l’admiration que lui vouait le public, étaient insupportables aux tortionnaires eux-mêmes. Il fallait impérativement défigurer l’image pour casser la force et la gloire du supplicié.

 L’autre qui perd la tête

 Un conte africain raconte qu’un pécheur nommé Drid se promenait près de la plage. Tout à coup, sur le bord du chemin, il aperçoit un crâne, blanchi par le temps. Avec une infinie précaution, il le prend, l’examine et finit par l’interpeller : « Crâne, pauvre crâne, qui t’a conduit ici ? » A sa grande surprise, les mâchoires s’ouvrent et Drid entend très distinctement : « C’est la parole ». Il recommence et perçoit la même réponse. Alors, il lui faut avertir le roi. Courant jusqu’au palais, il frappe à la porte. Surpris en plein repas, le souverain manifeste sa mauvaise humeur mais s’enquiert cependant de la requête de son étonnant visiteur, qui déclare : « Il y a, sur votre territoire un crâne qui parle. – Mais tu es complètement fou » reprend le roi. Il est pourtant intrigué. Après s’être revêtu de sa cape, il prend son épée et suit le visiteur. Arrivé, à l’endroit prévu, le pécheur prend le crâne et lui exprime le souhait du souverain : « Dis au roi pourquoi tu es là ». Le crâne reste impassible. Au bout de quelques minutes, le maître des lieux manifeste quelque agitation. Puis, assuré d’avoir été trompé, il dégaine son épée et tranche la tête du pécheur. Sans plus attendre il part en grommelant pour rejoindre son palais. Alors, la tête roule près du crâne, qui, sur un air coquin, lui demande : « Tête, pauvre tête, qui t’a conduit ici ? » Et la tête répond : « Mais c’est la parole ». Une des interprétations de ce conte est la suivante : la parole que l’on n’écoute pas fait perdre la tête.  Le roi, trop sûr de sa puissance, était en dehors de l’écoute, et le pauvre pêcheur est devenu fou, comme l’homme qu’il avait rencontré. C’est donc la genèse de la folie que cherche à nous expliquer le conte africain. Mais le discours du fou, comme le discours de celui qui a été torturé, est porteur de la Parole : pour obtenir la guérison de l’un et de l’autre, il faut l’écouter pour en déchiffrer le sens. C’est ce que fait patiemment le docteur Duterte, dans le centre de soins « Parcours d’exil », depuis plusieurs années. En reprenant, dans ce texte, des éléments de son expérience, nous avons voulu rendre hommage à son admirable travail. Depuis peu, il vient également sur Lyon, pour aider au lancement du Centre Essor, mis en place par Forum Réfugiés, sur le modèle de Parcours d’exil. Il forme à l’écoute les membres de la nouvelle équipe, qui tente de prendre en charge d’autres victimes de la torture.

  Mohamed Diab, psychologue clinicien

 Etienne Duval, sociologue

 Le jour de Noël 2007

  Télécharger le texte

 

 

 

 

 

 

       http://jklm.bleublog.ch/200608 

 

 

   Autoportrait du docteur Duterte, qui est aussi photographe d'art 

 

 L'art de ne pas se prendre trop au sérieux !

 

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Published by Duval Etienne - dans mythesfondateurs
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commentaires

Etienne 08/12/2008 15:03

Marie-Claude nous emmène loin, dès les premières années de la vie, pour y déceler les graines de la violence. Il me semble qu'elle a raison dans la mesure où la violence est présente à l'origine comme une dimension constitutive de l'homme. La tâche la plus difficile de l'homme consiste alors à l'assumer pour en faire une force positive. La plupart des textes mythiques nous font comprendre alors qu'elle devient meurtrière et destructive lorsqu'elle est rejetée ou refoulée. La faute originelle évoquée par la Bible n'est peut-être rien d'autre que la violence oubliée.

marie-Claude Christophe 08/12/2008 13:16

Je viens de lire ce forum, de découvrir ce que je ne voulais jamais liresans doute parce que top chargé d'interrogations sans réponse dans mon enfance, de ressentis à propos d'un "grand" dans mon école primaire était revenu de "son service en Algérie"tout autre, et dont on disait:"il a perdu la tête"Il ne parlait plus, sinon juste pour dire bonjour. On plaignait son père, que de soupirs à ce sujet, que de silences aussi, comme si quelquechose de contagieux s'était installé: la non parole remplacée tout au plus par le convenu et l'impuissance.La folie en effet, ne survient elle pas chez une personne,de la parole qui n'a pas été écoutée, de la parole aussiqui savait que dans le contexte elle ne saurait qu'entrerdans un néant d'utilité. En se sens, je pensais que ce "grand garçon là" était comme le dénonciateur, dans  son registre à lui,de la face noire de l'humanité. Mais pas seulement, je sentais chez ces "fous" comme le soulagement de la micro société de mon village qui se trouvait être exceptionnellement (avec trois cents habitants)un parfait échantillon de toutes les couches de la société française en l'occurence, et qui déclinait, au mieux, dans tous les registres de langue  le "quel malheur!".Maintenant aprés la lecture de ce fil sur la torture je me pose la question de comment mieux éduquer les enfants, ces adultes de demain en gestation: Le constat de ce chercheur dont le nom me reviendra, qui observait en maternelle déjà, l'émergeance de dominés et de dominants, ne suffit pas... Aller au-delà, mais comment?avant que des condtions sociales admises n'entraine pas ce que l'on pointe ici, du fin du fin de l'horreur, celui que la société rejette pour n'avoir point été torturé comme ses co-citoyens qui sont partis ailleurs, dans une société à l'image moins barbare, demander refuge.Comment quand parlant d'enfants violents, gratuitement en apparence, envers d'autres enfants, on me répond: "oh! mais il y a pire!" Comment croire que la graine de violence ne commence pas à germer là, et n'est pas en germe dans la banalisation?Comment ne pas voir non plus la peur de l'impuissance  commesoutient implicite à la violence, celle que plus tard on pourrra prendre en photo, mais dont on n'aura jamais filmé le cheminenment? 

Etienne 26/02/2008 16:57

Solidarité mondiale pour Khadr Omar Khadr est un enfant soldat, élevé au Canada dans une famille fondamentaliste qui a été capturé alors qu'il avait 15 ans et envoyé à Guantanamo. Il a maintenant 21 ans.Il a été soumis à la torture et serait presque aveugle.34 organisations d'avocats du monde entier viennent d'écrire à Georges Bush pour réclamer le transfert de ce citoyen canadien élevé à Toronto. La lettre a également été transmise à Stephen Harper puisque le Canada refuse de l'extrader. La nouvelle est aussi mondiale. Le Figaro la reprend ici.Ces avocats ne demandent pas qu'Omar Khadr soit libéré totalement, mais plutôt jugé selon les lois canadiennes. Voici ce qu'ils disent :"Nous demandons qu'Omar Khadr soit immédiatement transféré au Canada afin que celui-ci soit jugé en vertu des lois canadiennes et dans le respect des principes de l'Etat de droit (...) Ce transfert ne sera bien entendu pas synonyme d'impunité". Des députés canadiens se sont aussi portés à la défense de Khadr. Du Bloc québécois au NPD.Même le magazine Rolling Stones a fait un article sur Khadr. Un article qui raconte la triste histoire d'un enfant élevé dans le fondamentalisme comme certains sont élevés pour consommer religieusement. Un enfant soldat !Depuis longtemps de nombreuses organisations à travers le monde demandent la fermeture de Guantanamo. Lieu connu de tortures et de détentions illégales sans autre forme de procès.La torture méthode justifiable ? Nous ne sommes pas dans un épisode de 24 mais la vraie vie. Comment justifier l'utilisation d'une méthode barbare ? Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Au nom de la liberté ? Ou de l'argent ? de la suprématie d'un pays sur un autre ?Combattre le mal ? Quel mal ? Celui de la religion catholique ? Celui de la religion musulmane ?Chaque civilisation ( ou religion devrais-je dire) voit le mal selon ses propres croyances. Qu'est-ce qui représente le plus le mal ? Les milliers de gens morts dans les tours du World Trade Center, ceux tués dans l'attentat d'Oklahoma City, ceux qui meurent au Darfour ? Ou alors les enfants qui vivent dans des dépotoirs à Manille ? Les gens qui meurent en Irak, en Afghanistan, civils et soldats. La vie de certains humains vaudrait-elle plus que d'autres humains ? 

François 22/02/2008 09:37

Sur la torture, que dire d'autre...? C'est une chose terrible qui me poursuit depuis mon enfance qui n'avait pas échappé à la brutalité de l'évocation des crimes de la Gestapo. J'avais onze ans. Je vois que certains voudraient recommencer... Une parole distanciée, très abstraite à mes yeux, est utile parce qu'elle crée de l'intelligibilité. Mais je suis trop loin du "terrain", heureusement d'ailleurs. En partant en Algérie, j'avais choisi le "Sud" en espérant y trouver une guerre moins sale, faute de population civile. Ca a à peu près marché mais j'ai surtout eu la chance de rentrer, par hasard, juste au moment où les choses allaient se gâter, avec les premiers morts au combat, etc.... 

Etienne Duval 17/02/2008 22:57

Merci à Francesco pour toutes ces informations sur l'Organisation mondiale contre la torture. Chaque participant à ce blog et même chaque lecteur pourra en tirer profit.

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