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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 17:26

Torture à Abou Graïeb

http://www.planetenonviolence.org/USA-Sur-Fox-TV-la-Torture-comme-Divertissement_a1146.html

La torture ou la destruction de l’altérité de l’autre

 Depuis plus de dix ans, le docteur Pierre Duterte reçoit des patients, victimes de la torture. Jusqu’ici plusieurs milliers de femmes et d’hommes sont venus, chez lui, déposer leurs secrets pour continuer à vivre. Leurs témoignages sont consignés dans le livre Terres inhumaines, édité par Jean-Claude Lattès (2007).  En cette période de Noël, où l’homme prend la figure d’un enfant pour nous ouvrir le chemin de la vie et de l’espérance, cet ouvrage nous révèle l’envers du décor : au nom de la Loi, dans toutes les parties du monde, sous les régimes tyranniques où règne la terreur comme dans les démocraties elles-mêmes, tout près de chez vous et dans les territoires lointains, des êtres humains sont en train de détruire l’altérité de l’autre pour extorquer la parole qu’ils veulent entendre. Fuyant la lumière, ils imposent à l’élan de la vie de se transformer en élan de mort. Les symboles se défont et l’immense travail de création qui transforme le monde est volontairement sapé de l’intérieur par une volonté perverse de décréation : nous voilà basculés dans les abîmes de l’enfer.     

Jusqu’ici, nous percevions de loin ce qui se passait à Abou Graïeb en Irak, à Guantanamo, en Afrique, ou ce qui était survenu en Argentine et au Brésil, mais nous restions dans les généralités et l’abstraction. Aujourd’hui, grâce à la parole de nombreux suppliciés, recueillie par le docteur Duterte, la torture prend un visage concret et effrayant, qui sollicite notre attention. Nous savons aussi qu’elle est à notre porte et que notre responsabilité est engagée. En relatant un certain nombre de cas concrets, nous voudrions faire entrer le lecteur dans cet univers caché où le mal semble travailler à notre insu.    

 La toute-puissance du tortionnaire

 Le tortionnaire est dans la toute-puissance et la bonne conscience. Il agit avec l’appui de l’autorité et se présente comme le représentant de la loi, une loi qui bafoue ses propres bases, en légalisant implicitement et même explicitement la torture. La Loi vise à donner un espace à l’autre ; les tortionnaires et ceux qui les couvrent, détruisent cette place patiemment dégagée depuis des millénaires. Deux exemples vont nous ouvrir les yeux.      

La maison des fantômes

 Au Soudan, la Maison des fantômes sème l’effroi parmi les populations. Elle est anonyme : elle pourrait être la vôtre ou celle du voisin. Qui sait ? Elle se situe dans un coin de banlieue où tous les pavillons se ressemblent. Mais là, dans le plus grand secret, des hommes torturent leurs compatriotes réduits à l’état de morts-vivants. Chacun en vient à soupçonner la maison de l’autre et l’angoisse finit par envelopper de la chape de la peur des populations entières. A votre insu, la torture s’est introduite chez vous.  

   Le supplice du pneu

 Dans d’autres pays, c’est au grand jour que le supplice est imposé à une personne et à ceux qui la regardent. Un pneu est disposé autour du cou de la victime et, parfois, plusieurs autres viennent entourer son corps. Un tortionnaire y met le feu et le supplicié, hurlant à la mort, essaie vainement de se dégager. Horrifiés ou parfois exaltés, les passants assistent, malgré eux, à une pièce de théâtre improvisée et morbide, les uns s’identifiant à la victime, les autres se plaçant du côté du tortionnaire.     

 Une parole sans sujet

 Dans certains cas, l’autorité cherche le renseignement qui devrait sauver de multiples vies et préserver la bonne santé de la communauté. Mais en extorquant l’aveu désiré, elle prive la parole du sujet qui devrait la porter et invalide son authenticité. Le plus souvent, la parole dénonciatrice viendra de ceux qui désertent volontairement leur camp, pour des raisons bonnes ou mauvaises qui leur appartiennent.

   « La question » et le général Aussaresses

 Pendant la guerre d’Algérie, la torture s’est parfois imposée, aux yeux des tortionnaires et de ceux qui les commandaient, comme une nécessité politique. Henri Alleg, auteur de La question, s’interrogeait sur la position de la France par rapport à l’Algérie. Il est arrêté en 1957. Endurant la privation d’eau et de nourriture, le voilà soumis à la « gégène », aux coups et à la pendaison par les pieds. De son côté, la général Aussaresses, s’est justifié sans état d’âme : « C’est efficace, la torture, la majorité des gens craquent et parlent. Ensuite, la plupart du temps, on les achevait. (…) Est-ce que ça m’a posé des problèmes de conscience ? Je dois dire que non ».  

  En arrachant la parole, on contribue à la détruire si bien que la torture révèle une autre finalité  que celle qui est ouvertement affirmée : elle consisterait plus essentiellement à imposer le silence. « Vous n’avez plus droit à la parole. » 

  Les lèvres cadenassées

 Un enfant venu de Sierra Leone raconte le supplice du cadenas. Des combattants viennent, s’attaquent à son voisin. Ils lui percent les lèvres et introduisent, dans les trous, le crochet d’un cadenas qu’ils referment aussitôt. La clé est alors retirée et détruite. L’enfant ne sait pas ce qu’est devenu le voisin. On l’avait déjà symboliquement tué en lui fermant la bouche.     

 Une sexualité sans désir

 La sexualité est non seulement séparée de l’amour, elle est volontairement dénouée du désir lui-même car je ne suis plus un autre et l’autre ne saurait être l’objet de mon désir. Ce qui me relie à la vie et à la création est couplé désormais avec la mort et le néant. 

   La bouteille de coca cola

 La bouteille de coca cola était très prisée par les tortionnaires de Kinshasa ou de N’Djamena. Peut-être l’est-elle encore ici et dans d’autres pays. Elle était introduite dans les orifices naturels de l’être humain pour simuler le viol. Aussi, en dehors de la prison, la victime qui a échappé aux supplices de ses geôliers, ne supporte-t-elle plus la publicité faite à la bouteille maudite. 

   La femme à la torche

 Un patient raconte : « Une femme est entrée, un soir, dans la cellule avec sa torche électrique. Elle nous a tous regardés. Nous étions vingt entassés dans cette cellule. Elle a arrêté sa torche sur mon visage et m’a dit que j’étais beau gosse. Elle m’a ordonné de la suivre dans un bureau et m’a dit qu’elle pourrait me faire avoir une meilleure cellule avec un matelas et de quoi manger. Puis subitement elle s’est déshabillée devant moi, m’a pris la tête de force et l’a coincée contre ses cuisses en m’ordonnant de lécher. C’était horrible. Après cela, elle m’a obligé de la baiser. C’était comme si elle me violait. »    

  La mort insensée

 La mort est elle-même volée ; elle a perdu le sens qui la reliait à la vie pour la conforter et faire sa place à l’autre. Banalisée, insultée, elle est dégagée du sacré qui l’enveloppe pour lui redonner le souffle.     

  La tête de mort

 Le médecin demande au patient qui l’écoute de faire faire une radiographie de ses sinus. Peu de temps après, le patient revient, jetant sur la table les radios demandées, avec l’air très mécontent. Que s’est-il passé ? Le docteur finit par le savoir. Ayant dû assister à des sacrifices humains dans un endroit où des crânes jonchaient le sol, il venait de découvrir l’image de son propre crâne, dessiné comme une tête de mort. Le passé et l’avenir se confondaient dans sa tête : il se voyait déjà condamné à l’horrible sacrifice.    

  Le jeune qui joue au foot avec la tête de son père

 Un jeune patient explique au médecin quel a été l’un de ses plus épouvantables supplices. Un jour, le tortionnaire a jeté devant lui la tête de son père. Il a dû jouer au football avec cette balle improvisée. Chaque coup de pied la faisait résonner sèchement et elle s’en allait cahotant à travers les bosses de la prairie, avec un bruit flasque que le jeune n’oubliera jamais, et… le docteur non plus.  

   Le non étouffé

 La victime de la torture est soumise à un nouvel interdit : elle n’a pas le droit de dire non. La résistance, qui construit l’autre du sujet, est désormais interdite. 

    Le choix imaginaire d’être violée

 Une patiente  se présente au cabinet. Mal à l’aise, elle raconte ce qui lui est arrivé. Sept femmes furent arrêtées et furent mises en détention. Un jour, un choix épouvantable leur fut proposé : « Ou on vous viole, ou on vous tue ».  Deux refusèrent la première alternative et furent immédiatement assassinées. Les autres furent violées et eurent la vie sauve. Les militaires avaient mis la patiente devant un choix impossible : la mort physique ou la mort psychique. A sa sortie de la prison, elle ne put rejeter le viol sur le violeur puisqu’elle était, à son avis, « consentante ». Il faudra l’appui du psychothérapeute pour lui ouvrir les yeux.     

 La guitare de Victor Jara

 Victor Jara était un guitariste chilien réputé. Il savait dire non avec sa guitare. Or, un jour, il fut arrêté et, pour l’empêcher de résister à nouveau, les tortionnaires lui brisèrent les doigts et l’entraînèrent sur le grand stade de Santiago, où il avait donné un concert pour soutenir la candidature de Salvador Allende. Là, ils le torturèrent avant de le mettre à mort et la guitare n’a plus continué à proclamer, à sa place, le non interdit.      

 La filiation détruite

 Dans cet univers, qui porte la mort, la torture pousse la cruauté jusqu’à détruire la filiation pour l’empêcher d’engendrer l’autre, à l’intérieur de la famille et de la communauté. Il faut, à tout prix, détruire l’espace, qui répartit les places inaliénables de chacun, en imposant la distance entre les générations et entre les filles et les fils de la même fratrie.     

 Le fils qui est obligé de tabasser son père

Un homme encore jeune entre dans le cabinet. Il n’arrive plus à vivre, poursuivi, de nuit et de jour, par le regard de celui qu’il a violemment maltraité et, comble de malheur, ce regard est celui de son père. Un jour, les tortionnaires amenèrent le pauvre père tout près de son fils. Ce dernier devait le tabasser à grands coups de pieds et de poings. Le fils dut se résigner à obéir sous la menace. A chaque reprise, les yeux de la victime,  animés d’une violente colère,  se faisaient plus accusateurs. Aujourd’hui, les reproches, pleins de malédiction, se sont accrus, rendant la vie impossible à celui qui se voit écarté, malgré lui, de sa propre filiation.
 

 La femme enceinte dont on ouvre le ventre

 Un jeune homme, encore enfant, raconte l’odieux spectacle auquel il a assisté. Des tortionnaires croisent une femme enceinte et s’enquièrent du sexe de l’enfant à naître. Elle est incapable de répondre. Alors ils lui assurent qu’ils peuvent l’aider bien qu’ils n’aient pas d’échographie et, là-dessus, ils lui ouvrent le ventre, à grands coups de machette.   

  Ce sont les mamans qui font ça

 Comme on l’a vu déjà, les femmes peuvent être tortionnaires aussi bien que les hommes. Mais les victimes ne peuvent s’empêcher de penser que leurs coups sont encore plus insupportables que ceux des hommes ; ils sont hors du champ de l’imaginaire. Or un jeune homme a été précisément torturé par une femme, qui était plus âgée que sa propre mère. Encore effaré, la détresse dans le regard, il demandait au médecin : « Comment des mamans peuvent-elles faire ça ? » 

  Les responsabilités confondues

 Distances et frontières sont détruites les unes après les autres, au point d’entraîner la confusion entre l’agresseur et sa victime. Le supplicié finit par endosser la responsabilité de sa propre torture.

   Torturer en ne faisant rien

 Le comble de la perversité, dans cette confusion des responsabilités, consiste à torturer en ne faisant rien. Une femme a été arrêtée en même temps que trois autres. Les trois ont été violées, mais elle a été épargnée ; les tortionnaires lui ont dit qu’elle était trop moche. Comment pourrait-elle attirer un homme puisque les violeurs eux-mêmes l’ont dédaigné ? Sa vie est un tourment à tel point que le mariage lui est interdit. Bien plus, à l’audience de l’OFPRA, pour obtenir le statut de réfugié, elle répond « non » lorsqu’on lui demande si elle a été torturée ? Elle donnera la même réponse à la commission des recours, se condamnant elle-même au refus du statut.   

 Les tortionnaires qui ne viennent pas

Un autre patient reconnaît que sa nuit la plus difficile a été celle où les tortionnaires ne sont pas venus. Chaque nuit, en effet, ils venaient le chercher pour l’interroger. Or, cette fois, ils l’ont complètement ignoré. L’attente était insupportable. Les autres lui ont ouvert la place de la nuit pour partager avec eux la responsabilité de son malheur.      

L’image défigurée

 La torture finit par s’attaquer à la beauté qui émane de l’être, beauté chargée de mystère, qui semble venir d’ailleurs. La Bible dit que l’homme est créé à l’image de Dieu et participe de sa beauté. De son côté, le non-croyant sait bien qu’il  y a une beauté indicible, renvoyant à une transcendance qu’il ne nomme pas pour en conserver le mystère. Or c’est là que la torture révèle avec le plus de force la perversité de sa toute-puissance. Elle s’attaque aux racines de l’être, à l’image elle-même, qui rayonne de la présence du mystère, à tel point que la femme ou l’homme finissent par avoir un profond dégoût pour eux-mêmes.

   L’athlète martyrisé

 Un sportif de haut niveau, dont l’harmonie du corps traduisait la beauté de l’être, dut subir l’effroyable acharnement des tortionnaires, qui voulaient détruire sa personnalité en défigurant son apparence physique. Il ne restait plus un coin de sa peau qui ne fût pas marqué par des cicatrices. Pour l’empêcher de briller dans son sport préféré, les soi-disant « représentants de la loi » avaient déboîté un de ses genoux et frappé sa rotule à grands coups de marteau. Ils s’étaient même attaqué à ses coudes et à l’un de ses avant-bras.     

Le footballeur admiré

 Lorsqu’il est entré dans le bureau du médecin, un autre athlète paraissait avoir quarante-cinq ans. Il en avait, en réalité, vingt-trois. On lui reprochait de s’être opposé à la dictature d’un petit général. Mais surtout sa supériorité physique, sa notoriété sportive, l’admiration que lui vouait le public, étaient insupportables aux tortionnaires eux-mêmes. Il fallait impérativement défigurer l’image pour casser la force et la gloire du supplicié.

 L’autre qui perd la tête

 Un conte africain raconte qu’un pécheur nommé Drid se promenait près de la plage. Tout à coup, sur le bord du chemin, il aperçoit un crâne, blanchi par le temps. Avec une infinie précaution, il le prend, l’examine et finit par l’interpeller : « Crâne, pauvre crâne, qui t’a conduit ici ? » A sa grande surprise, les mâchoires s’ouvrent et Drid entend très distinctement : « C’est la parole ». Il recommence et perçoit la même réponse. Alors, il lui faut avertir le roi. Courant jusqu’au palais, il frappe à la porte. Surpris en plein repas, le souverain manifeste sa mauvaise humeur mais s’enquiert cependant de la requête de son étonnant visiteur, qui déclare : « Il y a, sur votre territoire un crâne qui parle. – Mais tu es complètement fou » reprend le roi. Il est pourtant intrigué. Après s’être revêtu de sa cape, il prend son épée et suit le visiteur. Arrivé, à l’endroit prévu, le pécheur prend le crâne et lui exprime le souhait du souverain : « Dis au roi pourquoi tu es là ». Le crâne reste impassible. Au bout de quelques minutes, le maître des lieux manifeste quelque agitation. Puis, assuré d’avoir été trompé, il dégaine son épée et tranche la tête du pécheur. Sans plus attendre il part en grommelant pour rejoindre son palais. Alors, la tête roule près du crâne, qui, sur un air coquin, lui demande : « Tête, pauvre tête, qui t’a conduit ici ? » Et la tête répond : « Mais c’est la parole ». Une des interprétations de ce conte est la suivante : la parole que l’on n’écoute pas fait perdre la tête.  Le roi, trop sûr de sa puissance, était en dehors de l’écoute, et le pauvre pêcheur est devenu fou, comme l’homme qu’il avait rencontré. C’est donc la genèse de la folie que cherche à nous expliquer le conte africain. Mais le discours du fou, comme le discours de celui qui a été torturé, est porteur de la Parole : pour obtenir la guérison de l’un et de l’autre, il faut l’écouter pour en déchiffrer le sens. C’est ce que fait patiemment le docteur Duterte, dans le centre de soins « Parcours d’exil », depuis plusieurs années. En reprenant, dans ce texte, des éléments de son expérience, nous avons voulu rendre hommage à son admirable travail. Depuis peu, il vient également sur Lyon, pour aider au lancement du Centre Essor, mis en place par Forum Réfugiés, sur le modèle de Parcours d’exil. Il forme à l’écoute les membres de la nouvelle équipe, qui tente de prendre en charge d’autres victimes de la torture.

  Mohamed Diab, psychologue clinicien

 Etienne Duval, sociologue

 Le jour de Noël 2007

  Télécharger le texte

 

 

 

 

 

 

       http://jklm.bleublog.ch/200608 

 

 

   Autoportrait du docteur Duterte, qui est aussi photographe d'art 

 

 L'art de ne pas se prendre trop au sérieux !

 

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commentaires

E
Marie-Claude nous emmène loin, dès les premières années de la vie, pour y déceler les graines de la violence. Il me semble qu'elle a raison dans la mesure où la violence est présente à l'origine comme une dimension constitutive de l'homme. La tâche la plus difficile de l'homme consiste alors à l'assumer pour en faire une force positive. La plupart des textes mythiques nous font comprendre alors qu'elle devient meurtrière et destructive lorsqu'elle est rejetée ou refoulée. La faute originelle évoquée par la Bible n'est peut-être rien d'autre que la violence oubliée.
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M
Je viens de lire ce forum, de découvrir ce que je ne voulais jamais liresans doute parce que top chargé d'interrogations sans réponse dans mon enfance, de ressentis à propos d'un "grand" dans mon école primaire était revenu de "son service en Algérie"tout autre, et dont on disait:"il a perdu la tête"Il ne parlait plus, sinon juste pour dire bonjour. On plaignait son père, que de soupirs à ce sujet, que de silences aussi, comme si quelquechose de contagieux s'était installé: la non parole remplacée tout au plus par le convenu et l'impuissance.La folie en effet, ne survient elle pas chez une personne,de la parole qui n'a pas été écoutée, de la parole aussiqui savait que dans le contexte elle ne saurait qu'entrerdans un néant d'utilité. En se sens, je pensais que ce "grand garçon là" était comme le dénonciateur, dans  son registre à lui,de la face noire de l'humanité. Mais pas seulement, je sentais chez ces "fous" comme le soulagement de la micro société de mon village qui se trouvait être exceptionnellement (avec trois cents habitants)un parfait échantillon de toutes les couches de la société française en l'occurence, et qui déclinait, au mieux, dans tous les registres de langue  le "quel malheur!".Maintenant aprés la lecture de ce fil sur la torture je me pose la question de comment mieux éduquer les enfants, ces adultes de demain en gestation: Le constat de ce chercheur dont le nom me reviendra, qui observait en maternelle déjà, l'émergeance de dominés et de dominants, ne suffit pas... Aller au-delà, mais comment?avant que des condtions sociales admises n'entraine pas ce que l'on pointe ici, du fin du fin de l'horreur, celui que la société rejette pour n'avoir point été torturé comme ses co-citoyens qui sont partis ailleurs, dans une société à l'image moins barbare, demander refuge.Comment quand parlant d'enfants violents, gratuitement en apparence, envers d'autres enfants, on me répond: "oh! mais il y a pire!" Comment croire que la graine de violence ne commence pas à germer là, et n'est pas en germe dans la banalisation?Comment ne pas voir non plus la peur de l'impuissance  commesoutient implicite à la violence, celle que plus tard on pourrra prendre en photo, mais dont on n'aura jamais filmé le cheminenment? 
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E
Solidarité mondiale pour Khadr Omar Khadr est un enfant soldat, élevé au Canada dans une famille fondamentaliste qui a été capturé alors qu'il avait 15 ans et envoyé à Guantanamo. Il a maintenant 21 ans.Il a été soumis à la torture et serait presque aveugle.34 organisations d'avocats du monde entier viennent d'écrire à Georges Bush pour réclamer le transfert de ce citoyen canadien élevé à Toronto. La lettre a également été transmise à Stephen Harper puisque le Canada refuse de l'extrader. La nouvelle est aussi mondiale. Le Figaro la reprend ici.Ces avocats ne demandent pas qu'Omar Khadr soit libéré totalement, mais plutôt jugé selon les lois canadiennes. Voici ce qu'ils disent :"Nous demandons qu'Omar Khadr soit immédiatement transféré au Canada afin que celui-ci soit jugé en vertu des lois canadiennes et dans le respect des principes de l'Etat de droit (...) Ce transfert ne sera bien entendu pas synonyme d'impunité". Des députés canadiens se sont aussi portés à la défense de Khadr. Du Bloc québécois au NPD.Même le magazine Rolling Stones a fait un article sur Khadr. Un article qui raconte la triste histoire d'un enfant élevé dans le fondamentalisme comme certains sont élevés pour consommer religieusement. Un enfant soldat !Depuis longtemps de nombreuses organisations à travers le monde demandent la fermeture de Guantanamo. Lieu connu de tortures et de détentions illégales sans autre forme de procès.La torture méthode justifiable ? Nous ne sommes pas dans un épisode de 24 mais la vraie vie. Comment justifier l'utilisation d'une méthode barbare ? Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. Au nom de la liberté ? Ou de l'argent ? de la suprématie d'un pays sur un autre ?Combattre le mal ? Quel mal ? Celui de la religion catholique ? Celui de la religion musulmane ?Chaque civilisation ( ou religion devrais-je dire) voit le mal selon ses propres croyances. Qu'est-ce qui représente le plus le mal ? Les milliers de gens morts dans les tours du World Trade Center, ceux tués dans l'attentat d'Oklahoma City, ceux qui meurent au Darfour ? Ou alors les enfants qui vivent dans des dépotoirs à Manille ? Les gens qui meurent en Irak, en Afghanistan, civils et soldats. La vie de certains humains vaudrait-elle plus que d'autres humains ? 
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F
Sur la torture, que dire d'autre...? C'est une chose terrible qui me poursuit depuis mon enfance qui n'avait pas échappé à la brutalité de l'évocation des crimes de la Gestapo. J'avais onze ans. Je vois que certains voudraient recommencer... Une parole distanciée, très abstraite à mes yeux, est utile parce qu'elle crée de l'intelligibilité. Mais je suis trop loin du "terrain", heureusement d'ailleurs. En partant en Algérie, j'avais choisi le "Sud" en espérant y trouver une guerre moins sale, faute de population civile. Ca a à peu près marché mais j'ai surtout eu la chance de rentrer, par hasard, juste au moment où les choses allaient se gâter, avec les premiers morts au combat, etc.... 
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E
Merci à Francesco pour toutes ces informations sur l'Organisation mondiale contre la torture. Chaque participant à ce blog et même chaque lecteur pourra en tirer profit.
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O
Venez collaborer avec l'OMCT pour lutter contre la torture et autres formes de violence en agissant contre la pauvreté et les inégalités Information sur les activités de l'OMCT - 2007 L'Organisation Mondiale Contre la Torture (l'OMCT)invite les ONG à travailler en partenariat avec elleafin de prévenir la torture et les autres formes deviolence, en agissant sur leurs causes économiques, sociales et culturelles. L'action de l'OMCT consiste d'une part à aider les ONG nationales à renforcer leur capacité à lutter contre les causes de la torture et des autres formes de violence, en s'adressant directement à leur gouvernement dans leur pays, et d'autre part, au niveau international, en présentant des rapports alternatifs aux organes de traités des Nations Unies, en adressant des plaintes et d'appels aux gouvernements nationaux, aux agences de développement et au secteur privé-dans les situations qui requièrent une action urgente- et en faisant appel aux institutions de l'Union Européenne. L'OMCT organise des séminaires et des formations qui permettent aux ONG de développer leur capacité d'action et invite les représentants des ONG à participer aux réunions des Nations Unies sur ces questions. Les travaux de recherche de l'OMCT ont démontré que les actes de violence, notamment la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, la violence dirigée contre les femmes et contre les enfants sont étroitement liés au non-respect des droits économiques, sociaux et culturels des personnes. Ces études ont également montré qu'une action menée contre ces causes profondes de la violence est susceptible de réduire la violence. S'attaquer à la violence en agissant sur ses causes structurelles est l'une des activités du programme général de l'OMCT, dont l'éventail comprend l'émission d'appels urgents visant à protéger les personnes qui risquent d'être torturées, l'octroi d'une assistance d'urgence aux victimes, des actions qui permettent de lutter contre la violence domestique et de protéger les droits des enfants, mais aussi le soutien apporté aux défenseurs des droits de l'homme et la présentation de rapports sur ces questions aux organes de traités des Nations Unies. Actions menées en 2007 contre les causes économiques, sociales et culturelles de la violence Un des projets de l'OMCT, actuellement en cours de réalisation, bénéficie du soutien de l'Union Européenne et a pour but de prévenir, réduire et éliminer les formes de violence, en identifiant et en agissant sur ses causes profondes -économiques, sociales, et culturelles.  On trouvera ci-dessous une liste des principales activités réalisées dans le cadre de ce projet. En les informant sur nos projets et notre action, nous espérons encourager les ONG nationales à se joindre à nous et travailler en partenariat avec l'OMCT, de la manière suivante : en présentant des cas pour des interventions urgentes (voir note ci-jointe), en préparant des rapports alternatifs conjointement avec l'OMCT, mais aussi en participant à notre lutte contre les causes économiques, sociales et culturelles de la torture. Toutes les suggestions de la part des ONG quant aux actions à mener sont tout à fait bienvenues. Les rapports alternatifs présentés aux organes de traités des Nations Unies leur permettent de mieux appréhender la situation des droits de l'homme dans le pays concerné, et de faire à l'Etat les recommandations qui conviennent. Grâce à un travail mené en étroite collaboration avec des ONG d'Ouzbékistan, l'OMCT a présenté un rapportalternatif sur ce pays au Comité contre la torture. L'OMCT a d'autre part constitué et adressé au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des listes détaillées et annotées des principaux problèmes dans ce domaine afin de l'aider à examiner avec tous les éléments pertinents les rapports des Etats parties présentés par les Philippines et le Kenya. Fin novembre 2007, l'OMCT a participé aux Réunions hebdomadaires avec les ONG du Comité des DESC consacrées à ces deux pays. En outre, un rapport sur l'Ouzbékistan a été présenté par l'OMCT au Parlement Européen à l'occasion de la séance d'examen des relations de l'UE avec ce pays. L'OMCT a également préparé un rapport succinct sur les Philippines pour le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, à l'occasion de l'Examen Périodique Universel de ce pays par le Conseil.L'OMCT a également lancé une série d'Interventions urgentes relatives aux causes économiques, sociales et culturelles de la violence. On trouvera ci-après une liste des cas qui ont donné lieu à intervention :a.. Dans un village isolé des côtes de l'état indien du Tamil Nadu, les habitants, qui tentaient de manifester leur opposition suite aux problèmes desanté et à la diminution de leurs ressources qu'avait causé l'installation illégale d'une ferme d'aquaculture dans les environs, ont été l'objet de violences policières et d'intimidations, et le propriétaire de la ferme a faussement accusé les villageois d'avoir commis des délits graves. (IND041007.ESCR)   b.. Les communautés indigènes et des populations locales de l'île de Sibuyan, aux Philippines, s'opposent de manière non-violente aux opérations d'exploitation minière en cours, qui représentent une menace pour leur mode de vie et portent atteinte à leurs droits. Leur mouvement de protestation a été violemment réprimé : 17 personnes ont trouvé la mort, la dernière victime étant le leader des manifestations, tué par balle par un des vigiles de la compagnie minière. (PHL301107. ESCR)   c.. La construction de deux grands barrages hydroélectriques au Soudan, au nord de la vallée du Nil, a donné lieu à de violents heurts entre les populations locales et les forces de l'ordre, au cours desquels plusieurs civils ont trouvé la mort. (SDN301107.ESCR)   d.. A Kolkata, Inde, l'expulsion forcée d'un groupe d'habitants comprenant des enfants, des femmes et des personnes âgées, s'est effectuée dans la violence et en totale violation des normes internationales en la matière. Les personnes expulsées ont été l'objet de brutalités physiques et d'agressions de la part de la police, qui a par ailleurs détruit leurs maisons et leurs possessions. Les membres de cette communauté n'avaient pas été correctement informés sur leur expulsion, et n'ont obtenu ni indemnisation ni possibilité alternative de logement. (IND141207. ESCR)   e.. Le projet d'ouvrir une mine de charbon à ciel ouvert à Phulbari, au Bangladesh, risque d'avoir de très graves conséquences sur le sort d'entre 50 000 et 500 000 personnes, dont une partie sont issues de communautés indigènes. Un grand nombre de personnes se verront forcées à abandonner leurs maisons et leurs terres. Le projet d'exploitation minière a été décidé sans concertation avec communautés concernées, et sans qu'elles en aient été pleinement informées ; les manifestations d'opposition au projet ont été réprimées dans la violence. (BGD211207. ESCR) Comme vous pourrez le voir sur le site Internet de l'OMCT (www.omct.org), ces interventions ont pour base des dossiers d'appel à l'action qui fournissent une analyse détaillée de la situation, et indiquent les actions correctives qu'il convient de mener dans chaque cas. Les interventions sont adressées aux organisations gouvernementales, aux représentants de l'ONU et aux titulaires de mandats au titre des Procédures Spéciales, aux agences de développement, aux institutions financières internationales et à des entreprises privées. Elles sont également distribuées aux ONG nationales membres du Réseau de l'OMCT, auxquelles il est demandé d'intervenir à leur tour aux côtés des gouvernements et d'autres acteurs pour demander aux autorités concernées de mettre fin aux violations constatées. L'OMCT réalise ensuite un suivi et décide des éventuelles actions à mener, et si cela s'avère nécessaire, encourage à poursuivre les efforts pour trouver des solutions aux problèmes relevés. Les Séminaires sur les Procédures Spéciales. Le Séminaire sur les procédures spéciales de 2007 s'est tenu à Genève du 18 au 23 Juin au moment où avait lieu la Réunion Annuelle des Titulaires de mandat au titre des Procédures Spéciales des Nations Unies, et avait pour objectif d'examiner les possibilités d'agir contre les causes économiques, sociales et culturelles de la violence qu'offre le mécanisme des Procédures Spéciales des Nations Unies. Ont participé à ce séminaire des représentants d'ONG de défense et protection des droits de l'homme de 14 pays. Les assistants ont eu l'occasion de mener des débats approfondis avec des titulaires de mandats au titre des Procédures Spéciales dans les domaines suivants: la torture, les peuples indigènes, le droit à la santé, les détentions arbitraires, la protection des défenseurs des droits de l'homme et les violations des droits de l'homme par les forces de sécurité privées. Les participants ont étudié la manière dont les mandats cités, ainsi que les autres mandats du système des Procédures Spéciales pouvait leur être utiles pour s'attaquer aux causes économiques, sociales et culturelles de la torture dans leur propre pays, et ont été informés de ce que les ONG doivent faire pour que leur utilisation des procédures spéciales ait plus de chances d'aboutir. Lire ci-joint le communiqué de presse publié à la conclusion du séminaire. Les actes du séminaire sont disponibles sur le site de l'OMCT : www.omct.org. Le Séminaire sur les Procédures Spéciales de 2008 aura lieu du 23 au 27 Juin 2008 à Genève, pour coïncider à nouveau avec la tenue de la Réunion Annuelle des titulaires de mandats. Des Séminaires de Région se tiendront en Afrique, en Amérique Latine et en Asie tout au long des trois années de ce projet. Malheureusement, le Séminaire de la région Afrique qui devait se tenir en Novembre 2007 a dû être reporté à la fin du premier semestre 2008. Les dates précises et le lieu du séminaire seront communiquées sous peu. Le Séminaire de la région Amérique Latine doit également avoir lieu en 2008. Le Centre d'Etudes sur la Violence de l'Université de Sao Paulo que dirige Paulo Sergio Pinheiro, l'Expert indépendant du Secrétariat général des Nations Unies sur la Violence contre les enfants, a accepté d'accueillir le séminaire dans ses locaux et les discussions sont bien avancées. Parmi nos activités de plaidoyer, il faut mentionner les déclarations faites à l'occasion d'assemblées et réunions tenues à Genève et à Bruxelles, et la participation de l'OMCT au 9ème Forum des ONG sur les droits de l'Homme de la Présidence de l'UE, qui s'est déroulé à Lisbonne les 6 et 7 Décembre derniers. Ce Forum avait pour thème « Les Droits Economiques, Sociaux et Culturels dans les Politiques de l'Union Européenne »,  et un groupe de travail était consacré à la question des Défenseurs des Droits de l'Homme et la Promotion des Droits Economiques, Sociaux et Culturels. L'OMCT a également défendu avec le Parlement Européen l'idée d'inclure dans le mandat de la nouvelle Agence Européenne des Droits Fondamentaux les facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent le respect des droits de l'homme et ceux qui peuvent être à l'origine de leur violation. Conjointement avec les Nations Unies, l'OMCT a en outre défendu l'initiative du Protocole Facultatif se rapportant au Pacte International sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels, ainsi que la rédaction de Principes directeurs des Nations Unies concernant les droits de l'homme et l'extrême pauvreté. Consolidation du réseau. Notre équipe continue à contacter et rencontrer des ONG de tous les pays du monde pour les inciter à travailler avec l'OMCT sur les liens qui existent entre la question des DESC et la violence. L'OMCT a été invitée à participer à la conférence et l'assemblée générale du Réseau International pour les DESC (ESCR-Net) qui se tiendra en Mars 2008 au Kenya.Les documents et les rapports mentionnés dans le texte sont disponibles sur notre site : www.omct.org Nous vous serions très reconnaissants de nous faire connaître vos opinions sur nos activités, ainsi que toutes les suggestions de possibles interventions, ou d'initiatives que nous pourrions mener dans le cadre de notre action. N'hésitez donc pas à contacter notre Equipe des Droits Economiques, Sociaux et Culturels. Tom McCarthy tmc@omct.org Michael Miller mm@omct.org
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F
Je reçois cette information qui concerne la question de "la torture". je te fais suivre.
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E
Je trouve qu'il y a beaucoup de sérieux dans ta réflexion et je suis prêt à te suivre dans plusieurs de tes cheminements. Mais, il me semble, que par rapport à la torture, il convient d'être clair et sans ambiguïté. Il y va de l'absolu du sujet et rien ne saurait la justifier. La démocratie, elle-même, comme dit Pierre Duterte, se gangrène lorsqu'elle justifie de tels moyens. Alors, il faut chercher ailleurs, comme tu as tenté de le faire.
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G
Je viens de relire l'article d'Etienne et de Mohamed. Ma première réaction vient de mon attachement à l'éthique chrétienne. Elle enseigne qu'il ne faut pas faire à autrui ce que l'on ne voudrait pas que l'on fît à soi-même. L'renseignement de l'Evangile est, à cet égard, clair et va jusqu'à même demander l'amour des ennemis. Surtout Jésus a été le témoin supérieur de cette téhique puisqu'il a supporté, jusqu'à la mort, de grandes tortures (flagellation, couronnement d'épines, manque de sommeil, exposition dans sa nudité et avilissement psychologique, clouage sur une croix et abandon dans son agonie). Le seul fait de remémorer tout cela fait qu'un chrétien ne peut admettre, vis à vis des autres, un traitement qui se rapproche de cet exemple.
Pourtant, de tout temps et en tous lieux, les autorités ont cédé à la tentation de recourir à la torture dans des buts qu'elle considéraient comme supérieurs. Notamment, l'intérêt public  était évoqué pour justifier la "question" sur des personnes supposées détenir des secrets ou des informations intéressant la sécurité de la population. Ainsi, par exemple, au moment de la bataille d'Alger, on voulait reconnaître les réseaux qui faisaient exploser les bombes sur les lieux publics et on a, semble-t-il, torturé des hommes considérés comme membres participants. De cette façon, on espérait empêcher de nouveaux attentats. Etait-ce admissible ? Au plan du principe chrétien, non. Et, au plan du simple humain, athée ou agnostique ? Il y a, au fond de l'homme, même non croyant, un respect instinctif de la vie et de la dignité de chacun, qui lui fait refuser un traitement qui lui porterait atteinte, et donc le supplice physique ou psychique. Mais le dilemme, pour l'autorité, est qu'elle doit arbitrer entre le respect du principe et le soi-disant intérêt public. Qu'est-ce qui est plus blâmable ? Laisser tranquille le prisonnier, supposé détenir des informations et prendre le risque d'un massacre ou le torturer pour éviter un drame collectif ? Poser ainsi la question amène souvent à justifier la torture. Donc il faut éviter d'en arriver là. La tâche du service de sécurité (DGSE, RG, ...) est de prévenir, démanteler les réseaux et on ne reconnaît pas assez leur importance. On accusera peut-être l'excès de contrôles, mais il vaut mieux arbitrer en leur faveur.On sait par ailleurs que la victime de la torture n'est pas toujours capable d'apporter la réponse attendue et le sacrifice de l'altérité devient souvent odieux parce qu' inhumain et stérile. Les cas mentionnés dans le texte d'Etienne et Mohamed semblent émaner surtout de régions où se jouent des conflits ethniques primaires ou des luttes de dominance politique dépassés. Les personnes incriminées semblent surtout animées d'un désir de vengeance et là c'est NON.
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E
Avais-je besoin d'être rassuré ? Je sais que vous faites du bon travail et je suis même épaté par vos grandes capacités. J'y vois comme l'expression d'une sorte de mission à accomplir : il y a sans doute chez vous une voix intérieure qui vous pousse en avant et vous guide. Vous savez bien qu'il suffit de lui faire confiance.
Bravo pour l'autoportrait. ! Je vais le mettre à la place de la première photo.
Je suis très heureux que le conte vous ait plu. Il va dans votre sens.
A bientôt !
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P
Faute de temps, je n’avais pas voulu lire le conte que vous aviez bien voulu mettre en pensant à mon attirance pour les regards. Je ne voulais pas le lire « à la sauvette ».Je fus dans un premier temps très troublé car outre le fait que j’apprends le japonais, j’apprends aussi le sumi-e (dessin monochrome japonais à l'encre, cette technique de dessin est née en Chine et elle a été reprise par les artistes japonais au 14e siècle grâce aux moines bouddhiste Zen. La peinture Sumi-e et la calligraphie chinoise sont liées car la technique du pinceau dans ces deux disciplines est identique) heureusement me suis je dis que je ne suis ni maigre, ni porteur de longs cheveux… Point d’identification possible. Mais merci pour ce conte en effet il me plait beaucoup, car que ne voit-on pas dans le regard de l’autre. La bouche peut rire, les yeux ne mentent pas.J’ai fait hier une séance de ce que j’appelle ma photothérapie, prise au sens ou photo est photographie, j’ai capté le regard, à sa demande, d’un enfant soldat que je suis depuis 3 ans et qui m’a dit, il y a une semaine : je vais mieux, je crois que maintenant je voudrais être pris en photo comme celles de ton bureau, je crois que je suis prêt ! Allez là-dessus je vous laisse, je vais développer le film car j’aime trop l’argentique et son contact pour revenir une deuxième fois au numérique ! Vous ne direz pas que je vous oublie ce week-end !!!!
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P
la torture essaie de faire taire, mais elle n'y arrive pas.!!!!!!! La Guinée Conakry par exemple, pays que je connais bien pour en plus y avoir travaillé, et dont nous recevons à Paris 250 ressortissants par ans, ce pays vit depuis 1960 sous la terreur et la torture (2 dictateurs tortionnaires en 47 ans! point barre) et il y a toujours des guinéens et des guinéennes qui se levent pour dire non, et on peut transposer cet exemple à chaque pays! Ne serait ce pas une bonne raison de continuer et d'espèrer?
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P
Allez il y a de moi des photos encore plus droles... pour pleinement vous rassurez je me permets de vous proposer l'evaluation que je viens de recevoir d'un organisme où cette semaine je donnais une formation de deux jours sur le traumatisme, le lendemain je recidivais mais de là point encore de retour...•    Très professionnel tout en sachant détendre l’atmosphère malgré la lourdeur du sujet •    Intervenant drôle et sensible ; très agréable •    Les échanges et les présentations de situations ont permis d’apporter des pistes •    Beaucoup d’échanges et de partage de nos expériences, docteur avec beaucoup d’humour•    Satisfait sur les apports théoriques, dissociation, identification à l’agresseur, mise en situation et échange intéressant éclairage sur nos pratiques, amène à la réflexion, humour en plus •    L’intervenant est un grand orateur, faire le lien entre nos pratiques et des savoirs théoriques m’ont permis de prendre du recul sur certaines situations •    Cela m’a permis quelques éclairages par rapport à situations que l’on a ou que l’on a eu alors... rassuré? La Voix du Nord a une ou deux photos dans lesquelles je me retrouve beaucoup plus... ce qui est normal puisque des amis de mon père m'ont écrit que je lui ressemblais beaucoup... du grain a moudre pour les "filiateur" moi qui vient de Tourcoing.Je pense franchement qu'il est préférable que j'arrete là pour aujourd'hui! non?
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E
Je me console en me disant que cette volonté de tuer en nous la parole est vouée à l'échec. La torture peut nous faire taire, mais elle ne peut extirper la parole qui nous précède et nous échappe. C'est bien la raison pour laquelle le docteur Duterte peut aider les victimes à guérir.
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G
En cette période de voeux debordants de bonheur eternel et surtout de bonne santé, tu nous fais plonger dans l'horreur de la torture.Comment après ça trouver  le soleil plus ou moins brillant et la nourriture autrement que bien fade?  Où est le nouveau Batinder qui osera crier STOP ? Et nous fera comprendre qu'en plus d'etre inhumain c'est complètement inutile. Ceci etant dit, à notre petit niveau de simple citoyen, de combien de lacheté sommes coupables ? Merci de nous ouvrir les yeux.A bientot amicalement.
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E
Je suis allé sur Ouest-France de ce jour, 15 janvier et j'y ai trouvé un assez long portrait de Pierre Duterte dont j'ai retenu un petit extrait :"Pour un médecin, il n'est pas évident de diagnostiquer une victime de la torture. Dans certains cas, il y a des marques physiques évidentes. Pas toujours. Le point commun entre tous mes patients est qu'ils dorment mal, se plaignent de maux de tête, sont envahis par une grande tristesse. Des symptômes qui peuvent sembler banals. La torture fait taire. Vos interlocuteurs n'ont pas envie d'en entendre parler. Moi-même, quand je dis à des confrères ce que je fais, il y a un grand blanc et ils changent de sujet. La torture fait peur parce que, de plus en plus souvent, elle est pratiquée par des gens comme vous et moi. "J'ai aussi repris la photo de Pierre que j'ai mise en tête du blog. J'avais compris au départ qu'il y avait la photo-portrait d'un homme torturé, effectuée par Pierre. Je m'attendais à découvrir beaucoup d'angoisse sur le visage. Finalement, c'est la bienveillance qui apparaît et je m'en réjouis pour les victimes de la torture.
 
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E
Peut-être un conte qui plaira à celui qui se passionne pour le langage des yeux
Le peintre Touo LanAu pays des Taï, vécut autrefois un peintre nommé Touo Lan. C’était un vieil homme maigre, aux longs cheveux lisses et blancs, au regard vif. Il habitait une cabane de bambou, au bout d’un sentier tracé dans l’herbe haute, à la lisière de son village. De temps en temps, il allait au marché, il y faisait quelques provisions, puis il s’asseyait à l’ombre, sur un banc et, les yeux plissés, il observait les gens. Il restait ainsi une heure ou deux, immobile, puis il rentrait chez lui. Alors il disposait sur la table ses pinceaux et ses encres et il se mettait à peindre, sur une feuille de papier de soie ou de bois. Il peignait chaque jour sept visages. Son travail l’absorbait tant qu’il n’entendait ni le vent, ni la pluie, ni les oiseaux. A la fin de la semaine, il accrochait sept fois sept visages aux murs de sa maison. Il les contemplait longuement, la tête penchée de côté, les mains derrière le dos et secrètement se réjouissait.Or, une nuit, il entend frapper à sa porte. Il est tard, mais il travaille encore, penché sur son labeur à la lueur d’une bougie. Dehors, l’orage gronde, les éclairs déchirent le ciel noir, la bourrasque hurle. « Qui est là ? dit Touo Lan, sans même lever le front. – Je suis la Mort, répond une voix forte, derrière la porte. Je viens te chercher. » Le vieil homme se lève en ronchonnant, il va ouvrir. Une nuée de feuilles mortes, une bouffée de pluie s’engouffrent dans la pièce. Sur le seuil se tient un grand personnage vêtu de noir, au visage d’ombre. « Entre, dit Touo Lan. Assieds-toi. » Il désigne une chaise dans un coin. « Il faut que j’achève de peindre le visage de cette fillette que j’ai rencontrée hier au marché du village. » Il tourne le dos à la mort et se remet au travail. La mort, sa longue faux rouillée dans sa main gauche, s’approche de Touo Lan. Sous le pinceau du vieillard, apparaît une jeune fille radieuse, qui sourit. La Mort regarde, bouleversée : elle connaît toutes les grimaces du monde mais n’a jamais vu un sourire humain. Elle n’ose plus, tout à coup, abattre sa main squelettique sur la nuque de Touo Lan. Elle s’éloigne, confuse, à pas discrets et dans la nuit noire, traversant la tempête, elle remonte au ciel. Quand le roi des cieux la voit apparaître dans le palais céleste, sa faux sur l’épaule, il lui demande d’une voix rugueuse : « Pourquoi reviens-tu seule ? – Majesté, répond la Mort embarrassée, quand je suis entrée chez Touo Lan, il était en train de peindre un sourire sur un visage. Je n’ai pas pu le déranger. – Diable, dit Dieu. Un mortel capable d’intimider la Mort est une perle rare. Je veux le voir ici, devant moi, avant l’aube ».  La Mort redescend sur terre. La voilà sur le sentier qui conduit à la cabane de bambou. Dans la nuit noire, elle aperçoit la lumière clignotante de la bougie derrière la fenêtre. Cette fois, elle ne prend pas la peine de frapper à la porte. Elle entre. « Où étais-tu partie ? dit Touo Lan. Pourquoi m’as-tu fait attendre ? » Il est debout au milieu de la pièce. Il tient sous son bras ses affaires de peintre, quelques feuilles blanches, des encres de couleur, des pinceaux. La Mort, d’un geste large l’enveloppe dans son manteau et l’emporte. Touo Lan entre dans le palais divin. Le roi des cieux, sur son trône, contemple longuement ce vieux mortel fluet, vêtu de vêtements cent fois rapiécés, encombré de feuilles de papier, de pinceaux, de flacons d’encre. « Tu n’as jamais peint que des visages, lui dit-il. Pourquoi ? – Parce que, répond Touo Lan, les visages humains sont les plus beaux paysages du monde. » Le roi des cieux sourit, lui tend la main et dit : « Viens. » Ils sortent ensemble dans un grand jardin. Au milieu de ce jardin, sous les arbres, parmi les fleurs, une source transparente jaillit d’une petite grotte moussue. Un soleil immobile brille dans le ciel. « Voilà ta demeure éternelle, dit le roi des cieux. Tu vivras ici près de l’Esprit de Vie. Tu peindras des visages. Tu en choisiras un dans ta collection, chaque fois qu’un enfant naîtra sur terre, et tu lui donneras. » Tel est, tel sera jusqu’à la fin des temps, le travail de Touo Lan. Vous qui avez entendu cette histoire, que la beauté de vos enfants vous réjouisse jusqu’à la fin de vos jours. (Conte chinois, Henri Gougaud, L’arbre à soleils, Ed. du Seuil)

 
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P
notre inconscient travaille pour nous tout le temps, comme disais ce brave René: les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'eux...
mais que le langage des yeux est plus "parlant"....
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E
Je crois que je préfère l'entre-deux, entre l'urbi et orbi et le siti et blogui. J'adore les espaces intermédiairesn car ils sont pour moi le lieu de toutes les dynamiques de la vie... De votre côté, vous adorez les mots, vous en inventez de nouveaux, vous jouez avec eux pour jouer avec l'autre. Peut-être traquez-vous ainsi l'inconscient pour qu'il entre aussi dans la partie ! Sans doute !
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P
oui la parole meme maladroite peut aider, jepense qu'elle aide mieux, j'avais ecrit aime.. quand elle est adroite. ce que Mony El Kaim voualit dire je crois, enfin je l'ai pris comme tel, car ce me plait c'est que ma façon de travailler a à voir avec plein d'ecoles, voir son ouvrage panorama des therapies familiales par exemples. Je ne parlais urbi et orbi mais juste au site... au blog, siti et blogui ...
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E
Lorsque j'ai dit que je n'avais pas d'expérience, ce n'est pas tout à fait vrai, car j'ai réalisé des centaines et des centaines d'entretiens. Mais leur fonction n'était pas immédiatement thérapeutique. En tout cas, j'ai fait un grand pas lorsque j'ai écrit tout ce que la personne disait au moment de l'entretien. C'est un peu difficile au début mais, en écrivant un peu vite, on y arrive très bien. La qualité du contenu m'a paru bien supérieure à ce qu'elle était auparavant parce que l'écoute renforcée permettait de toucher des zones beaucoup plus profondes de l'individu.
Modeste échange d'expériences !
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E
J'ai bien entendu le message : soigner, soigner, soigner et faire attention à la personne qui est en face.
Lorsque, modestement, j'ai parlé d'histoire et d'écriture, c'était bien pour souligner ce qui s'était inscrit dans la personne, comment elle l'avait vécu son passage par les terres inhumaines. Et lorsque j'ai parlé d'image, c'était bien aussi le langage des yeux qui m'intéressait. Chacun a son langage : le principal est que nous puissions nous comprendre.
Je suis un peu d'accord avec vous lorsque vous estimez que la pratique transcende toutes les théories. Et là j'avoue mon incompétence parce que je n'ai pas du tout l'expérience et la pratique que vous avez. Je pense quand même que la parole, même maladroite, peut tous nous faire avancer.
En tout cas, merci pour le sérieux de vos réflexions.
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P
J’ai été très touché par la remarque de Mony el Kaim car elle va là où j’essaie d’aller ; c’est à dire nulle part dans le sens que je ne veux pas être dans un clan, une secte, une boîte, une école. Je trouve que la richesse est dans la diversité, l’apport de soi et celui de l’autre, un métissage issu de la rencontre, et que cela devrait marcher à fond pour la psychothérapie et surtout le soin qui est mon seul souci.
Soigner soigner et soigner, pour moi le reste est futilité et… littérature.
Je ne crois pas que ce qui est important ce soit l’histoire ou le récit mais bien comment les victimes ont vécu, ont traversé ces terres inhumaines. Pour moi le reste est plus fascination, voyeurisme de l’intervenant aussi bienveillant soit il…
Pour moi l’important est la personne qui est dans le cabinet avec moi, avec qui je suis. Je ne la "suis" pas… Pas plus que je ne suis elle, pas plus je ne la suis derrière.... C’est pourqui je reserve cette formulation pour les certificat, pour le reste ça e me va as… Si je la suivais j’aurais l’impression de ne pas être à ma place… dans l’accompagnement. J’ai souvent envie d’écrire «, … je suis à côté de M. Untel depuis telle date ». Je n’aime pas du tout, mais alors pas du tout non plus « la prise en charge » car le patient n’est jamais une charge ou alors on l’oriente ailleurs.
Il m’arrive quand je sens que le face-à-face est lourd pour le patient de proposer de m’asseoir à coté (pas derrière, ça je ne pourrais faire… ! n’est pas de cette école qui veut ! :-) ; Mais à côté, je trouve que « symboliquement » c’est souvent ma place.
Je crois vraiment qu’il n’y a pas de soins type, qu’il n’y a pas d’école polyvalente. Tout au moins dans ma pratique. Cela m’a valu bien des remarques désagréables et parfois hostiles, cela m’a valu de me faire traiter publiquement par une « grande psychologue bien pensante » dans le sens de la pensée unique… que je n’étais pas professionnel. Là aussi c’est en soi peu intéressant, ce n’est même pas littérature c’est verbiage et belles paroles formules assassines et prétentieuses et ça ne m’intéresse pas vraiment.
Bon je crois que c’est assez pour aujourd’hui…. J’ai deux formations à préparer et à écrire et… Je rentre de mon cours de japonais… @ plus ! et lisez Ouest France mardi ! ils m’ont demandé une photo d’un patient que j’ai prise. Dans la tour de Babel des langages n’oublions jamais le langage des yeux… C’est le photographe qui vous parle…pom pom pom pom.

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E
Me voilà tout à fait rassuré, en effet. Je savais que vous étiez très occupé. Et, pourtant, miracle des personnes très occupées, vous restez très disponible.
C'esy bien la traversée de toutes les formes de psychothérapie, qui m'intéresse, sur ce que je connais de votre pratique...
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P
Mony El Kaim m'a fait le cadeau de me dire que ma pratique en psychothérapie traversait le champ de toutes les ecoles... que rever de mieux?Pierre Duterte: Editions JC Lattès  "Terres inhumaines" un médecin face à la torture, préface de Maître Robert Badinter.http://www.pierreduterte.com http://www.pierreduterte2.com contact@pierreduterte.com
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P
Point du tout. Pas de syndrome paranoide de grâce!  Point vous ne m'ennuyez mais juste je ne peux consacrer plus de temps à la vie que la vie ne m'en octroie et etant avec les patients de 8h a 20h, en travail administratif de 7h à 8h et apres 21h et meme parfois le week end, je suis obligé de mettre en place des priorités et au risque de vous chagriner, ce jour ma priorité etait le groupe de parole pour femmes excisées que je viens d'inaugurer.Donc je reservais et reserve ma reponse pour dimanche jour ou je crois avoir un peu de temps "libre".  j'espere que vous voila rassuré. Je vais apporter à M. Diab la revue de presse que mon livre a produit... il n'y a bizarrement que la presse de "l'est" qui ne m'a pas sollicité... Heureusement que vous etes la... a plus
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E
A Pierre Duterte
N'ayant pas eu de réponse à mon mail d'avant-hier et à ma sollicitation du blog, je crains de vous avoir importuné. Il va sans dire que mes interrogations ne sont pas forcément les vôtres. Ma recherche est la suivante : il me semble que vous mettez en pratique une forme de thérapie simple et efficace, qui pourrait faire évoluer la psychothérapie actuelle. Votre secret, tel que je le perçois, consiste à dépasser le récit pour atteindre l'histoire (écriture) et même à dépasser l'histoire ou l'écriture pour atteindre l'image, dans sa fraîcheur initiale, qui renferme toute l'humanité de l'homme. C'est à partir de ce levier que vous pouvez amener le patient à se reconstruire...
 
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E
Je poursuis ma réflexion. Il me semble que le rôle de l'écriture consiste à structurer en inscrivant la mort dans la vie et finalement en faisant sa place à l'autre. Dans le cas de la torture, l'écriture peut être pervertie, c'est-à-dire ne plus inscrire la mort dans la vie, mais inscrire la vie dans la mort comme si la mort devenait l'horizon ultime de l'existence. C'est à ce niveau qu'interviendrait le rôle du psychothérapeute pour redonner à la mort et à la vie leur véritable place. Mais comment ? Je pense que Pierre Duterte a la réponse.
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E
Ce que j'ai appris de ce commentaire, c'est que le travail du thérapeute consiste à retrouver l'histoire qui se cache derrière le récit. Cette histoire semble être comme une écriture qui vient structurer l'individu et qu'il faut apprendre à déchiffrer pour le libérer. Savoir qu'en deçà de la parole, il y a l'écriture... Tout ou ptresque tout reste à faire tant qu'on n'a pas atteint l'écriture...
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M
Un commentaire de Mélin Mishac du 24 novembre 2007http://www.amazon.fr/Terres-inhumaines-m%C3%A9decin-face-torture/dp/customer-reviews/2709629860
C'est avant tout un/des témoignage, un cri dans la nuit certes, mais aussi une prise de conscience de ce que l'on peut dire et ne pas dire, le respect absolu de l'autre, quelque soit son passé et son présent, sa situation passée et actuelle. Pour tendre vers un futur toujours possible, même si jamais, sauf peut-être et il s'en explique, les très jeunes et les adolescents le pourront, revenir ce qu'ils étaient avant que l'on ne les mutile tant physiquement que psychologiquement. Quelque soient les troubles et humeurs des uns et des autres, selon leurs moyens et leurs capacités. Sans jamais juger, sans jamais abandonner, il faut aller aussi loin que possible et comprendre qu'un dérapage ou un moment de découragement se doit d'être compris comme une séquelle à peine fermée de blessure. Et au contraire y puiser un tremplin pour aller toujours plus loin, non pas dans le voyeurisme, mais dans la recherche d'un moyen de désamorcer les faces les plus cachées d'une histoire qui se dissimule trop souvent derrière un récit déjà éprouvant. L'explication qu'il donne ne peut qu'être la bonne: ce n'est pas l'individu qui déraille, mais ce qu'il est devenu "après", charge au thérapeute de ne jamais abandonner et fouiller aussi loin que le permet ce que la victime arrivera à relater. Ou sera invitée à se souvenir. En toute liberté.
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A

En fait , je m'étais mal exprimé : je souhaitais seulement que le docteur Duterte soit situé géographiquement dans le texte, de façon à ce qu'il soit donné plus de force à l'ensemble de l'article; la réponse est fournie dans les sites qu'il a bien voulu indiquer.Ces mêmes sites répondent à la question des contextes des différents témoignages.L'oeuvre du dr Duterte est admirable.
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E

Personnellement, je trouve que vous avez répondu en vérité.Sur le pardon, je ne sais pas s'il nous appartient de pardonner à un tortionnaire. Seule la victime doit pouvoir le faire si elle en est capable. Pour moi, la seule chose que je peux dire, si Dieu existe, c'est que la pardon lui appartient, quelle que soit la faute. C'est ce pardon qui peut donner la force de la conversion et du recommencement. Autrement dit, il est toujours déjà donné, si je suis prêt au retournement.Ce que je dis n'engage que moi.Je contacte Achille pour qu'il vous réponde personnellement.
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P
Me situer??? Vaste sujet...: «le dernier visiteur" d'envoyé spécial en 1994 et re en 95, sur mes visites dans Death Row au Texas! Le soin aux victimes de torture et le combat contre la torture qui va avec? www.parcours.asso.fr, 
 La galerie d'art que j'ai tenue et mes critiques d'art contemporain hebdomadaires pendant des années? La photo: www.pierreduterte.com et ses expos. Pour le reste... rien de particulier... et me situer par rapport a quoi à qui?De la compassion pour les tortionnaires, surement, les soigner sans aucun doute, mais pas moi. Il m'est arrivé d'en soigner qui avaient été aussi victimes, il m'est arrivé une fois de refuser d'en soigner un qui n'avait je crois été que tortionnaire. De la compassion oui surement. Mais qu'on ne me parle pas de pardon, c'est une notion que je ne comprends pas... je ne vois pas ce que cela peut pouvoir dire...Non vraiment je ne réponds bien pas aux questions...
 

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E
Merci de vos remarques. Je viens de corriger les fautes.Pour les deux dernières questions, je vous renvoie au Docteur Duterte lui-même, à qui je fais passer votre message.
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A
bonsoir,      j'ignore si ce texte va être publié , mais je me permets de signaler quelques lapsus1/ la femme à la torche : elle pourrait me faire avoir2/la tête de mort : peu de tps après , le patient revient ( ou bien : celui-ci revient )3/ l'image défigurée : le non-croyant (l'absence de trait d'union est autorisée pour l'adjectif)4/l'autre qui perd la tête : le pécheur     
par ailleurs , il serait bon de situer le docteur duterte et les contextes des témoignages recueillis par lui
     sur le plan philosophique , j'ai une question qui peut sembler cynique , mais qu'on ne peut pas ne pas se poser : peut-on (doit-on) avoir de la compassion pour les tortionnaires et comment y parvenir?
 
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E
J'ai été long à réagir, car je n'étais pas là hier. D'ailleurs, je n'ai rien à ajouter à ce que Pierre a si bien dit : la torture qui gangrène nos démocraties et le primum non nocere.
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P
et c'est vrai que le versant thérapeutique est LE versant pour moi. Aider... Primum non nocere
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P
Je n’ai jamais eu l’idée que j’allais faire, que mon livre allait entraîner, ou malheureusement que simplement la torture disparaîtrait du monde.Ce n’était pas du tout le but de mon livre!Mais  si seulement il pouvait faire réfléchir sur l'incroyable manteau dont il recouvre une partie de l'humanité... s'il pouvait faire que certains, je n'en n'ai malheureusement pas le charisme pouvait mettre en route une "croisade" contre la loi qui la réinstaure aux USA et j'ai de plus en plus de témoignages qui montrent qu'elle se repend au delà des "interrogatoires poussés", si comme le dit Maître Badinter dans sa préface si on pouvait lutter contre "la gangrène qui ronge les démocraties quand elles s’accommodent de la torture pratiquée en secret avec le consentement implicite de ses gouvernants", ce serait déjà un pas. Comment la faire reculer quand les "modèles" de démocratie" s'en servent. Point n'est besoin de disserter sur le fait de savoir si elle sert ou pas, elle ne sert qu'à asseoir une terreur, un pouvoir.Quand j'ai rencontré à Conakry en 96 le ministre de l'intérieur de l'époque, et que je lui ai demandé ce qui allait arriver à 6 jeunes condamnés à mort, sa réponse fut entre autres âneries, que "la plus grande démocratie au monde exécutait ses condamnés à mort" ... alors donnons l'exemple et après parlons!
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J
Merci pour ton point de vue au sujet de la puissance divine; elle me convient; je l'adopte donc. (Tu parles du "Dieu tout-puissant" auquel tu ne crois pas. De mon point de vue, je pense que si Dieu est vraiment Dieu, il est réellement tout-puissant mais il  renonce à cette toute-puissance.  Autrement dit, Dieu devient authentiquement Dieu en renonçant à la toute-puissance.Il en va de même pour l'homme qui devient réellement humain en acceptant ce renoncement.")Amicalement.
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E
Je respecte ta discrétion, connaissant un peu les tortures que tu as subies.
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A
Je n’ai pas le temps, ni le goût, de contacter leDr Duterte, et ça ne sert à rien… Ce qui m’intéresse ,c’est de parler à des groupes et de vendre des livres pour  les ‘’Enfants du Mékong ‘’ ( quand j’ai le temps…)
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E
La lecture du livre de Pierre Duterte m'a aussi beaucoup impressionné. Penser que la torture se passe dans des pays démocratiques, qui se croient civilisés, me scandalise. Il faudrait que l'on prenne conscience que s'il y a interdit du meurtre il y a aussi interdit de la torture ; elle est le pire des meurtres puisque c'est un meurtre  psychique, peut-être un meurtre spirituel.
Tu parles du "Dieu tout-puissant" auquel tu ne crois pas. De mon point de vue, je pense que si Dieu est vraiment Dieu, il est réellement tout-puissant mais il  renonce à cette toute-puissance.  Autrement dit, Dieu devient authentiquement Dieu en renonçant à la toute-puissance.Il en va de même pour l'homme qui devient réellement humain en acceptant ce renoncement.
 
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J
 La lecture de ton article sur la torture m'a inspiré des réactions d'horreur et d'effroi mais que puis-je faire? Prier puisque je suis croyant. Concrétement, éduquer les jeunes, agir avec Amnesty I. et l'A.C.A.T mais cela est-il à la mesure du mal?Lorsque j'étais enfant, on m'a appris l'existence d'un Dieu tout puissant. Aujourd'hui les églises chrétiennes annoncent un Dieu bon. Pour ma part, j'adhère et je crois au Dieu plein de bonté mais je doute fort de la toute puissance de Dieu. En effet, il me semble  qu'un Dieu de toute bonté qui serait par ailleurs tout puissant ne permettrait pas l'existence de telles férocités et de tant de souffrances!
Cela étant, il est difficile de se souhaiter une joyeuse St-Silvestre mais il est quand même possible d'émettre des voeux de nouvel an: que 2008 soit moins cruel et plus humain que son prédécesseur! Donc accepte mes voeux les meilleurs et les plus sincères sur ton chemin de lutte contre l'exclusion et la misère.
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E
Tony Lagouranis, un ancien interrogateur de l'armée US, interrogé pour savoir si la torture fonctionnait, a répondu :
" D’après mon expérience, non. J’ai vu la torture en Irak. J’ai même employé des techniques de torture. Selon mon expérience cela ne fonctionne pas. Je pense que vous allez obtenir de fausses informations quand vous utilisez des méthodes de torture.... On a utilisé des trucs comme l’hypothermie, les positions de stress, privation de sommeil durant de longues périodes. J’ai utilisé des chiens de l’armée, passer de la musique assourdissante et utilisé des lumières éblouissantes. Ces choses sont inefficaces. Et quand les gens parlaient effectivement, ils nous disaient soit des choses qu’on connaissait déjà ou ils avaient tendance à nous induire en erreur. Une méthode beaucoup plus efficace c’est d’obtenir de la personne qu’elle discute avec vous pendant longtemps, de sorte que vous pouvez vérifier selon ce qu’elle dit la véracité de ses informations, voir si elle se contredit, obtenir des détails spécifiques. Avec la torture vous pouvez obtenir une confession ou une seule déclaration mais c’est très difficile de vérifier lors de l’interrogatoire ce qu’ils disent. "
http://www.e-torpedo.net/imprimersans.php3?id_article=1536
 
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E
Je comprends tout à fait ton interrogation. C'est pourquoi nous avons terminé par l'écoute de celui qui a été torturé ou qui a perdu la tête parce qu'il reste porteur de la Parole. Notre optique était de nous interroger sur la torture et de poser l'hypothèse qu'elle consistait à détruire l'altérité de l'autre, ce qui finalement, me semble presque évident. Il va de soi, que, dans son livre "Terres inhumaines", Pierre Duterte a une optique thérapeutique. Il apportera sûrement des réponses à tes questions. Mais tu peux  le contacter directement à son adresse mail :contact@parcours.asso.frJ'espère qu'il ne m'en voudra pas de t'avoir communiqué son adresse : il l'a d'ailleurs mise sur son livre.Bonne recherche de ton côté et si tu avances dans tes questions et tes réponses, tu peux en faire profiter d'autres sur le blog.
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N
Je trouve votre article très fort. Toutefois, il me paraîtrait essentielaprès tant d'horreurs subies et provoquées par l'humain d'apporter uncomplément à votre article en l'étayant par des réponses hérapeutiques, alternatives possibles à une reconstruction de l'être et accompagnées par l'humain.
Pourrais tu me donner les coordonnées du Docteur DUTERTE, je serais intéressée pour avoir plus d'informations sur son travail.
 
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E
Charles, tu poses une des questions les plus importantes, me semble-t-il, lorsque tu parles de l'interdit de la torture. De mon point de vue, tu as entièrement raison. Mais je dirais que l'interdit du meurtre englobe l'interdit de la torture, dans la mesure où celle-ci est un meurtre psychique, ce qui est encore plus grave que le meurtre, tel qu'on l'entend habituellement : c'est le sujet lui-même que l'on cherche à détruire.
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C
Etienne bonsoir. Quand tu t'interroges sur le recours à la torture pour éventuellement obtenir des informations susceptibles d'éviter le pire,  l'intérêt de ta question est qu'elle se situe sur un plan disons "rationnel"; il ne s'agit donc pas là d'un comportement purement  "pulsionnel" et en ce sens "fou" du tortionnaire.Mais derrière cette rationalité, dans la mesure où il est justement question indéfectiblement d'"altérité", ne peut-on poser la torture comme un interdit fondamental, au même titre que l'inceste et le meurtre ? Car il en va non pas du "renouvellement de l'espèce" mais à proprement  parler de ce que Robert Antelme de retour des camps a nommé "l'espèce humaine". Là est "la question" !Bonne année 2008 à toi. Charles
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E
Pour Max


La presse nous apprend que le président américain se serait plongé dans un bien gros ouvrage : A Savage War and Peace : Algeria 1954-1962, écrit en 1977 par l’historien britannique Sir Alistair Horne [1].

L’un des enseignements importants que l’on peut tirer de la lecture de cet ouvrage est que l’utilisation systématique et institutionnalisée de la torture a permis à la France de gagner la Bataille d’Alger, mais qu’elle lui a fait perdre la guerre d’Algérie.

Ainsi, outre sa totale immoralité, l’utilisation de la torture serait même contre-productive. Il faut espérer que le président américain ne tardera pas à en tirer les conséquences ...http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1812
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E
Se poser la question est tout à fait normal : il me semble que c'est la condition du choix. Après, nous ne sommes plus dans les conditions qui nous permettent de répondre. Mais personnellement, je ne pense pas que la torture soit le bon choix pour obtenir les renseignements. Surtout après ce que le livre de Pierre Duterte révèle... J'aimerais avoir d'autres avis...
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  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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