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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 11:07

Socrate dans son enseignement

L’enseignement selon Socrate

 De l’illusion de la transmission du savoir à l’accouchement d’un sujet

 Il n’est sans doute pas inutile, en cette période de l’année, où écoliers et étudiants reprennent le chemin de l’école, de nous interroger sur l’enseignement. En ce domaine, Socrate est notre maître à tous.  Il l’est sans doute plus dans les mythes platoniciens que dans une philosophie plus élaborée. La vision des anciens y est plus présente et il dit lui-même sans ambages : « Or, le vrai, ce sont les anciens qui le savent » (Phèdre). Déjà, à son époque qu’il juge moderne, il pense qu’il faut revenir aux mythes pour s’approcher de la vérité. 

  La rencontre de Thot et du Dieu Ammon

 Thot vient de faire une découverte extraordinaire (Phèdre) : il a inventé l’écriture, ce qui permettra de démultiplier le savoir et de remédier aux insuffisances de la mémoire. Tout fier de son invention, il vient en parler au Dieu Ammon. Celui-ci prend de la distance par rapport à l’enthousiasme de son confident : il perçoit aussitôt la contradiction dans laquelle il s’enferme, constatant qu’il est en train d’oublier l’acte du sujet qui apprend. Avec son invention, il le contrarie dans sa recherche de la lumière de l’origine, qu’il présente comme un effort pour se ressouvenir. Bien plus, il risque de le dispenser de l’apprentissage du dialogue pour cerner plus sûrement le chemin vers la vérité. Par le biais de l’écriture, les jeunes gens vont accumuler des savoirs qu’ils ne pourront maîtriser  et qui les laisseront incompétents.

Que dire alors de la révolution actuelle de l’écriture avec l’informatique et internet ? L’inconvénient qu’Ammon percevait dans l’écriture se trouve ici démultiplié au centuple, en évacuant le rapport à soi et le rapport à l’autre qu’impose la constitution d’un sujet apprenant et en transformant plus encore le savoir en marchandise. Est-ce à dire qu’il faille renoncer aux nouveaux outils qui sont en train de nous transformer ? Sans doute non. Mais il est important d’être conscient du danger qui nous guette pour tenter d’y porter remède et éviter, à tout prix, que le sujet ne soit expulsé de notre univers.

  Le chêne qui parlait

 On a l’impression que Socrate s’est déjà propulsé dans notre monde actuel. Alors, il enfonce le clou. Il nous renvoie à ces gens qui écoutaient la voix d’un chêne, pour entendre les premières prophéties. Nous pensons qu’il s’agit d’une attitude grotesque. Il nous dit pourtant qu’ils sont davantage dans le vrai que les compétents d’aujourd’hui. Le chêne par sa taille et ses racines jouait avec le symbolique (c’est nous qui interprétons). Il constituait un objet intermédiaire qui renvoyait au savoir de l’origine. Le danger de notre époque pourrait être le renoncement à la démarche symbolique, dont la mission est de conduire le sujet vers lui-même, en le faisant accéder à une parole qu’il n’invente pas mais qui lui est donnée, à travers la voix du chêne, dont la mission est de nous livrer le logos de l’origine et de la prophétie.

L'illusion d'un savoir déposé dans l'âme

  On l’a compris, le savoir, pour Socrate,  n’est pas une marchandise, qu’on va déposer dans l’âme. Il est en même temps le savoir et la gestation du savoir. Il ne s’agit pas d’apprendre quelque chose : il faut apprendre à apprendre. Et, pour cela, la première connaissance consiste à savoir que je ne sais rien. Paradoxalement, c’est là le savoir fondamental qui va me donner accès à tous les autres savoirs. C’est le détour nécessaire pour que le sujet soit directement impliqué dans l’acquisition de savoirs nouveaux.
« Nous devons, dit Socrate, dans La République, nous faire dès lors à l’opinion que voici : la culture n’est point ce que certains, qui font profession de la donner, disent qu’elle est. Ils prétendent, si je ne me trompe, que dans une âme au-dedans de laquelle n’est pas le savoir, eux, ils l’y déposent, comme si en des yeux aveugles ils déposaient la vision. » Il faut passer par une conversion des yeux de l’intelligence « jusqu’au moment où elle sera enfin capable, dirigée vers le réel, de soutenir la contemplation de ce qu’il y a, dans le réel, de plus lumineux ». 
  

  Le fils de l’accoucheuse

 Pour nous faire comprendre sa tâche d’enseignant ou plutôt de maître de tous les enseignants, Socrate nous parle de sa mère. Elle est accoucheuse : elle-même n’enfante pas, mais elle aide les futures mères à enfanter. Lui-même est dans la même situation ; ici pourtant l’enfantement ne concerne pas les corps mais les âmes. C’est une tâche d’une très grande noblesse puisqu’il s’agit d’amener l’individu à enfanter de son âme. Le maître n’a pas lui-même la prétention d’enfanter : il se met à distance, dans une humilité extrême, pour permettre au sujet en gestation d’apparaître en pleine lumière.  

  La fécondation de l’âme

 Il est difficile, pour une accoucheuse, d’aider une mère à enfanter si elle n’a pas été fécondée par un homme. De même, pour Socrate, il est impossible d’amener un individu à accoucher de son âme si cette âme n’a pas été l’objet d’une fécondation préalable. Sans doute toute âme, quelle qu’elle soit, a déjà été fécondée par la lumière, qui s’est, à un moment donné, dans une grande intuition, confondue avec l’intelligence elle-même. C’est un peu comme le grand penseur, qui, en un instant privilégié, voit sa propre pensée, appelée à marquer toute sa vie. C’est pourquoi Socrate insiste sur le ressouvenir qui renvoie à la vision initiale. Il sait, pourtant, qu’il faut aider l’intelligence engourdie à retrouver le chemin de la lumière qui,  un jour, l’a envahi, pour que s’opère une nouvelle fécondation de l’âme. Elle doit réapprendre à voir de l’intérieur, cultiver l’Intuition jusqu’à repérer dans la réalité qui l’entoure le Bien ou peut-être l’Amour comme principe de toute compréhension.

    Le jeu de l’intuition et de la raison

 Socrate l’accoucheur pose donc, en préalable, la lumière ou l’intuition, comme si elle était au fondement de la raison et peut-être de la parole. Il invite ainsi l’enseignant, dans un premier temps, non pas à enchaîner des raisonnements compliqués, mais à introduire l’élève dans la vision en l’initiant aux grandes intuitions, qui ont marqué, jusqu’ici, la naissance et le développement de chacune des disciplines enseignées. L’étudiant trouvera là l’énergie qui le fera progresser, dans les mathématiques, la philosophie et même la musique, où l’intuition est faite non pas d’éblouissement visuel  mais d’images sonores. Sur une telle base, l’enseignant peut, à la suite du maître, introduire le disciple au cœur de la parole pour qu’il enfante la raison elle-même au fil d’un dialogue rigoureux et sans concession, qui traque le faux et les impasses, pour permettre le cheminement vers la vérité.

 

    La raison seule peut enchaîner ou le mythe de la caverne

 Seule l’interaction de l’intuition et de la raison est capable de produire de la pensée. Sans l’intuition et la lumière, la raison est stérile. Elle enchaîne l’homme, jambes et bras liés, pour lui interdire le chemin de la liberté. Sans doute la véritable pensée est-elle un chemin privilégié pour sortir l’homme de son aliénation. 
    Pour nous faire comprendre les effets destructeurs de la raison despotique, Socrate invente le mythe de la caverne (La République). Des hommes sont là, attachés, le dos à la lumière, tournés vers la paroi la plus obscure. Ils ne voient de la réalité que les ombres qui s’affichent devant eux sur le mur et finissent par les identifier au réel lui-même. Seuls existent les abstractions (ou les concepts),  les corps eux-mêmes ont disparu. Les uns et les autres sont pourtant heureux de leur sort et ne souhaitent, en aucune manière, se défaire de leurs liens pour affronter la lumière. Si par hasard l’un d’entre eux franchissait l’interdit et voulait les inviter à la liberté, ils se saisiraient de lui pour le faire mourir. Il serait dommage que l’école conduise à la tyrannie de la raison… !

 

   De la transmission d’un savoir à l’accouchement d’un sujet pensant

 La pensée de Socrate ne condamne pas a priori les outils extraordinaires que peuvent être l’écriture, l’imprimerie, l’informatique ou internet. Elle en montre pourtant les dangers, lorsque l’idéologie de l’école s’enferme sur la transmission du savoir. La connaissance court alors le risque accru de devenir une marchandise et les prétendus progrès de la technique, comme le disait le dieu Ammon, à sa manière, pourraient se retourner contre la pensée et le sujet. Il est donc urgent de revenir à Socrate pour faire de l’école un lieu d’accouchement de sujets pensant et de mettre nos nouveaux outils au service de cet objectif.

 

 

   Textes de Platon utilisés sur « Mythes et pensée » http://etienneduval.neuf.fr/

 La maïeutique, Platon, La Pléiade, « Le Théétète » (148e-151d)
Le mythe de la caverne, Platon, La Pléiade, « La République » (Livre VII, 514a-517a)
L’interprétation du mythe de la caverne, Platon, La Pléiade, « La République » (Livre VII, 517a-518e)
L’invention de l’écriture, mythe de Thot, Platon, La Pléiade, Phèdre (274b-276a)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

  Etienne Duval, le 28 septembre 2007

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Published by Duval Etienne - dans mythesfondateurs
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commentaires

Hubert 14/01/2008 12:44

Etienne je te remercie pour la valeur que tu m'en as donné.De plus pour les résumer, tu m'as éclairé sur les grandes intuitions de Socrate.

Etienne 14/01/2008 10:39

Ton texte est un document. Il a valeur par lui-même. Il n'est donc pas question de le juger pour savoir s'il correspond point par point à la pédagogie socratique. Et, pourtant, dans l'esprit, il me semble qu'il rejoint les grandes intuitions de Socrate :
- S'intéresser au sujet et pour cela commencer par écouter- Faire sortir l'individu de la toute-puissance en imposant des limites- Féconder l'âme, en réapprenant à voir, à retrouver les intuitions fondamentales de l'homme- Introduire la question et la critique, notamment en travaillant sur les mots et les expressions : qu'est-ce que je veux dire ? Quels sont les mots et les expressions justes pour le dire (travailler sur la justesse)...?- Amener finalement l'individu à répondre de lui-même, sans toujours chercher la faute chez les autres...

Hubert 14/01/2008 10:25

Jeunes de quartiers
 Je ne sais si cela peut être mis en relation avec Platon ou Socrate et sa République mais voici la sorte de bilan que j’avais écrit en l’an 2000 après trente années de présence sur les quartiers et de formation avec les jeunes. Peut-être faut-il réactualiser mais le fond me semble rester le même. Je n’ai abordé ni le logement ni la prison, ni les sans-papiers...  Sous le déluge de sons, d'images, de choses, de compétition et de superlatifs déversés par les films, vidéos et reportages d'outre-Atlantique je veux avoir tout, tout de suite : ce que je vois à la télé et que j'ai sous la main en hypermarché. Tentation omniprésente qui résonne 5/5 dans les caves, les allées, lieux cachés aux adultes comme pour tout ado au monde, où quand on ne dispose d'aucun moyen, l'imaginaire part en spirale et dérape entre copains, leur seule richesse. Alors la vitesse vous prend, même si l'on reste immobile, même si l'on « rouille ». Et à l'extérieur où c'est la galère, on traîne pas, on file et on... se défile. On parle, saccadé, on mange Mac Do, et toujours en vitesse... on fait des conneries. Dans cette jungle d'ennemis pour être reconnu il faut être connu, alors le mieux est de puiser dans le médiatique choc et chicSUShjkkllll, style US de préférence ! Et en avant pour les marques... Plus elles vous zèbrent plus vous existez. Et, mais cela a toujours existé, « être comme »… Michael Jordan, Mike Tyson, ou les derniers héros des séries policières ou pire comme les cyniques destructeurs du film Scarface qui a cartonné en banlieue. Comme lorsque Rachid, Ali et Nordine ont retraversé l'Atlantique avec 700 photos quasi uniquement de leurs poses devant Manhattan, East Rider, Golden Bridge, Hollywood, sur un dragster, dans une Cadillac..., tout cela n’étant rien devant THE clou ! qui a fait le tour de toute la ZUP à vitesse grand V : pause de chacun puis des trois avec les policiers de Chicago devant leurs voitures tous feux en action. Ne manquait que le hurlement des sirènes... Cela seul semblait valoir le voyage de toute une vie. Peut-on s'étonner de leurs courses poursuite incessantes avec la police..? Qui ne sont qu'un jeu. Leur vie est un jeu. Jeu tragique, s'il existe seul au détriment de ce et de ceux qui les entourent. Mais l'Amérique, c'est là-bas. Ici, c'est ICI. Où l'on y est sans y être, quand les parents vous ont habitué à un futur « là-bas » tout en restant ici... ou bien que l'on fait toutes sortes de « commerces » entre les deux rives de la Méditerranée... Le pire c'est quand on ne vous dit RIEN. Quand ni le père ni la mère n'esquissent la moindre ouverture sur leur passé, leur histoire, leur avenir. Non-dit persistant = cancer de l'existence, qui vaut aussi pour l'insertion par le travail où nous avons remarqué que les plus grosses difficultés provenaient souvent du silence familial du père vis à vis de son travail. Ou qu’on laisse faire, par fatigue, décrochage, abandon alors que dans cette folie racoleuse de consommation le rôle des parents est aussi de dire NON ! Et puis il y a tout le cortège des ruptures et de la mal-vie : école où l'on passe..., travail et santé précaires, chômage, économies parallèles, précarité économique, parents dépassés, racisme réciproque, immeubles de l'enfance qui s'écroulent, ghettos, rapport exclusif d'agressivité avec l'adulte, manque cruel de place chez soi, mauvais exemple des aînés, et enfin ! la drogue... qui dissout les derniers liens familiaux, par vol, pillage, folie. L'Enfer. J'ai assisté, impuissant, à « l'accrochage » de certains quartiers par l'apport souterrain d'abord gratuit pendant quelques mois auprès de certains jeunes, fragiles, qui en entraînent d'autres, puis l'on passe à la caisse... Et là, c'est l'horreur. Qu'on ne me parle pas de drogues « douces » : ceux qui ont les moyens de ne pas glisser plus hard, tant mieux pour eux. Mais trop d'exemples m'ont prouvé le contraire : beaucoup sont morts ou infirmes à vie, ont été tués ou ont eux-mêmes tué sous la dépendance de maffias qui s'incrustent menaçant les habitants qui finissent par se terrer dans l'omerta. On tente de sauver les apparences mais les bras vous en tombent. On ne réagit plus. On laisse faire. Ici finit la République. Tout cela donne le tournis. Pas étonnant que de plus en plus de jeunes, de plus en plus jeunes, deviennent de plus en plus durs. Spirale sans fin qu'il faut casser à tout prix, avant que les trafics de toutes sortes : drogues, armes, biens de consommation prolifèrent. Et pour certains on saupoudre le tout de religion, islamique par exemple. Or, encore une fois, il s'agit surtout d'une QUÊTE ENORME d'IDENTITE. On remarque aussi que les meneurs de destructions n'ont souvent aucune tutelle parentale et sont en fait une infime minorité. Mais leur "force de frappe" croît en fonction du désarroi "d'en face" et d'un flagrante impunité. Grèves et manifs n'ont aucun impact. Bien au contraire. Alors comment passer du mouvement circulaire, ou plutôt « brownien », à un mouvement un peu plus rectiligne permettant la notion de projet réalisable ? Ou bien de la « culture » de quartier à celle de l'entreprise ? Si cette soif « à l'américaine » en prise avec leur fonctionnement - il n'y a pas meilleurs ambassadeurs qui, lors des manifs étudiantes, détruisent les mobylettes de livreurs de pizzas de leur âge et respectent les MacDo - ne trouve pas de contre-balancement, leurs jacqueries d'appropriation vont être de plus en plus violentes. Remarquons bien que l’objet - qu'on brûle - n'a aucune valeur en soi. Avant, la valeur d'un objet était liée au temps (et à la peine): un temps pour le fabriquer, à condition de l'avoir vu faire et un temps pour l'acquérir, à condition d'avoir un salaire, donc de travailler. L'objet arrivant chez le commerçant ne remplit pas ces conditions, alors si on peut le piquer... Notons bien que les panneaux publicitaires fixés en énorme au-dessus du centre commercial de la ZUP l'y encouragent à fond : « Prenez la voiture, elle coûte 0 franc ! Vous paierez après ! »... REPONSES PEDAGOGIQUES POSSIBLES...J'ai pu dégager quelques principes qui m'ont guidé, avec mes équipes successives, dans la réalisation de modules de dynamisation et de formation et qui ont porté quelques fruits pour la mise en activité de ces jeunes.1.    Donner CONFIANCE et poser des LIMITES (en les faisant respecter) Le besoin de la relation/adulte passe par une écoute authentique dans le cadre d'une fermeté sans faille. Moyens : Actions encadrées par petits groupes et un contrat basé sur des règles acceptées au départ, des horaires et une responsabilité dans le groupe. 2. Réaliser en VRAIE grandeur (concret - visible - reconnu)- le séjour - étroitement suivi - en entreprise (plutôt PME) est incontournable.- des chantiers d'utilité publique en villages. 3.   Pédagogie donnant à VOIR- utilisation fréquente d’outils audiovisuels et de l’ordinateur pour lire, écrire, fabriquer un journal- le code de la route Rousseau (Règles - Voyage - Français et Maths) 4. CREVER sa frontière : « Apprends-nous à parler aux gens ! » - travail sur l'expression - reprises jouées de situations conflictuelles vécues et récentes, avec ou sans vidéo.La réalisation du journal sur ordinateur est complète et vivante : l'écriture sortant nette valorise son auteur et le reportage apprend la préparation, la rencontre et à préciser sa pensée, seul et avec d’autres.Le chantier en village prouve à chacun ses possibilités par un travail utile, visible et reconnu dans le cadre d'une nature qui tend à diluer les ondes de rage habituelle du quartier et de favoriser des relations avec d’autres personnes, plus disponibles, moins stressées.
 Hubert Marrel

Mireille 20/10/2007 09:26

Merci vraiment pour ta réponse avec des aspects inattendus qui m'aident à aller plus loin.

Etienne 19/10/2007 15:49

Il me semble que tu as compris untuitivement la leçon de Socrate. Pour m'expliquer les choses, tu ne les dis pas théoriquement mais tu prends des exemples, qui ont une certaine force symbolique. Tu donnes à voir avant de faire entendre. Pour Socrate, ce qui est premier c'est aussi le voir, cette vision fondamentale qui me permet de connaître. Or, en un sens, ce qui donne à voir, c'est la langue des symboles, qui est la langue universelle au fondement de toute langue. Lorsque je l'utilise avec l'autre pour l'enseignement, d'une part j'éveille son esprit et d'autre part je me mets en situation de communier avec lui dans la connaissance. Il y a une conception qui se fait dans la rencontre ; cette conception va engendrer un apprentissage, qui est aussi une création comme la gestation de la mère.C'est bien ce que fait le moine avec l'enfant lorsqu'il lui attache une pierre au dos, pierre qu'il a déjà fait porter à d'autres, mais qu'il risque de traîner  intérieurement, toute sa vie. Pour tenter de le guérir, il lui révèle symboliquement ce qui s'est passé pour lui, à l'aube de sa vie. Un inconnu ou une inconnue lui a laissé une pierre à traîner... Il ne pourra s'en séparer qu'en aidant les autres à couper le lien qui les paralyse : tâche de toute une vie, peut-être pour chacun d'entre nous... Par son enseignement symbolique, le moine a mis je jeune enfant sur sa propre voie. 
Par ailleurs si Marc peut progresser, c'est parce que le maître a déposé en lui une graine symbolique comme le fait, en un sens, l'homme avec la femme. Sinon Marc ne ferait que répéter et tourner en rond. Je pense que ce que Socrate veut nous faire comprendre, c'est que nous ne sommes pas dans la transmission mais dans la création parce nous faisons un détour par le symbolique. Pour lui nous ne pouvons transmettre qu'en conduisant l'autre à la création, en nous désaisissant de notre toute-puissance (induite dans l'idée de transmettre).
Excuse-moi, j'ai l'impression de comprendre ce que je te dis, mais je ne suis pas sûr de t'aider à le comprendre, si ce n'est en utilisant le symbole du rapport de l'homme et de la femme : la rencontre dans la communion permet la conception, puis la gestation du côté de la future mère.

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