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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 17:20

  

 

 

Texte sur le site Mythes fondateurs : http://mythesfondateurs.perso.cegetel.net/


Noël : l’homme est dieu mais il l’a oublié

 

Les mages arrivent à Bethléem guidés par une étoile. Ils viennent chargés de toute l’histoire du monde et portent comme un trésor le savoir des temps anciens. Ce trésor est offert à l’enfant qui vient de naître : il doit être l’étoile qui guidera sa vie pour l’inscrire au croisement de l’espace et du temps des hommes.

 
 La lumière des origines

 Il y a déjà très longtemps, tous les peuples de la terre ont été éclairés par une grande lumière. Ils en ont fait des mythes véhiculés par la parole et peu à peu consignés dans l’Écriture du monde. Dans ce document à variations multiples, qui portait la Parole, l’avenir était en gestation. La lumière se cachait et se révélait en même temps. Il fallait questionner l’Écriture pour pouvoir l’interpréter : elle constituait l’inconscient de l’humanité, protégé par son obscurité même. Toute interprétation ne pouvait représenter qu’une partie, sans doute infime, du message à déchiffrer et les hommes devaient être amenés à reprendre sans cesse le travail effectué par les générations précédentes.


 Dieu est Lumière

 S’il est une vérité première dans les mythes, c’est que Dieu est Lumière. Sans doute existe-t-il de multiples dieux qui préfigurent la prochaine naissance de l’homme. Mais au-dessus de tous ces dieux, en Égypte par exemple, surgit Atoum, la Lumière par excellence. (Dans notre réflexion nous nous référerons essentiellement aux mythes égyptiens.) Au départ, la lumière est enfermée dans les ténèbres. Elle finit par se séparer de l’ombre, provoquant une explosion d’existence, qui  fait apparaître un astre extraordinaire. Atoum est en même temps celui qui le conduit sur son char, dans son périple journalier, et le soleil lui-même. Ce sont là des images pour orienter notre imaginaire vers la conception d’un être lumineux qui se donne à lui-même l’existence.


 L’amour est lumière

 Pour le Dieu par excellence, dans le même contexte mythique, l’existence, la lumière et l’amour se recouvrent entièrement. L’Amour est Lumière. Il est ce à partir de quoi tout peut être expliqué. Nous sommes dans une métaphysique de l’Amour et non pas dans une métaphysique de l’Être. C’est le cœur qui conçoit. Mais il faudra passer par la question pour faire passer ce que l’amour a conçu dans la parole créatrice elle-même. Au départ, ce qui est conçu par le cœur reste protégé par une enveloppe matricielle. La question devra agir comme le bistouri du chirurgien pour provoquer sa déchirure et permettre ainsi le passage de l’inconscient à la conscience dans la parole elle-même. Ici, l‘amour et la parole entretiennent entre eux une relation très étroite mais la parole ne se suffit pas à elle-même car elle est engendrée par l’amour dont elle dépend.

 

 L’homme est dieu : il est né de la lumière

 Dans cet univers mythique, l’homme est un morceau d’étoile. Il y a, en lui, une lumière, profondément enfouie, qui en fait un dieu. Très souvent les dieux grecs, comme on l’a déjà suggéré, ne sont qu’une préfiguration de l’être humain, comme si l’homme, perdant la toute-puissance, était un être plus parfait que les dieux qui le précèdent et semblent le dominer. Dans le mythe du paradis terrestre, il y a aussi cette idée que l’homme et Dieu sont, à l’origine, en parfaite connivence, constituant une même famille dont les membres communiquent par la parole. Dieu parle à l’homme et l’homme lui répond. C’est une manière de dire que l’être humain a la conscience confuse de faire partie d’un monde divin.


 Les larmes de Dieu

 Dans l’univers égyptien, il existe plusieurs textes, montrant que l’homme est né des larmes du Dieu Atoum. Ce Dieu manque de lui-même parce qu’il manque de l’autre, comme l’évoquent ses pleurs. Pour combler ce manque, il en vient à créer l’homme. Agissant ainsi, il s’implique dans sa création, liant son sort à un nouvel être qui est à son image. Le désir qui naît du manque et de l’absence suscitera entre eux une relation d’amour, vouée à un long travail d’approche et d’éloignement, pour inventer une nouvelle manière d’aimer où la séparation est la condition même d’une plus grande intimité. Bien plus la vocation de l’homme est ici présentée comme un appel à rendre présent sur terre le Dieu qui a pris de la distance pour lui permettre tout simplement d’exister.


 L’homme se détourne de la lumière

 Le mythe est la lumière des origines. Mais il est insaisissable. On ne peut s’approprier la lumière. Survient alors la tentation de la connaissance. Il faut faire émerger la raison du mythe, dans une perspective louable et nécessaire. Mais pour mieux maîtriser la connaissance, l’homme se détourne du mythe. La raison et la parole finissent par s’appauvrir au fil du temps et par tourner sur elles-mêmes, parce qu’elles sont déliées de la lumière qui leur a donné naissance et leur permet d’exister. En perdant le mythe, les hommes perdent le sens.


 L’être humain est plongé dans la nuit et oublie qu’il est dieu

 C’est l’entrée dans la nuit. L’être humain finit par oublier qu’il est dieu. En perdant la lumière, il perd le lien qui le rattache à l’Autre. Son univers s’étiole. Il devient incapable d’assumer la violence et la mort pour en faire une force de vie. Comme son espace se rétrécit dangereusement, toute limite devient une menace qu’il écarte. En perdant le mythe, l’homme en vient ainsi à perdre son corps. Sans même le vouloir, il provoque une désincarnation de Dieu.

 
 La Lumière qui porte la Parole

 Le mage est la figure de l’homme qui ne s’est pas écarté du mythe. L’étoile des origines le conduit jusqu’à l’étable de Bethléem. D’emblée il est en connivence avec l’enfant qui vient de naître, avec l’accomplissement de l’incarnation de Dieu. Il reconnaît en ce petit d’homme la Lumière qui porte la Parole. Pour lui, toute l’histoire de l’humanité est une longue marche vers ce moment privilégié, vers l’émergence nouvelle de la Lumière, apparue dans les premiers temps de l’humanité. Son dernier voyage marque apparemment la fin du pèlerinage. Mais est-ce si sûr ?

 
 Revenir à la lumière des origines

 Maintenant le mage fait le voyage inverse. Il retourne au mythe, vers la lumière des origines. L’incarnation de Dieu est un accomplissement. Mais il sait pourtant qu’elle est aussi un nouveau commencement. Car si Jésus est bien le Fils de Dieu, il doit entraîner tous les êtres humains dans son sillage. Et, pour entrer dans cette nouvelle histoire, les hommes sont invités à reprendre pied dans les mythes, qui leur ont donné naissance. Ils vont ainsi retrouver le sens du corps et poursuivre, bien ancrés sur leurs deux jambes, le long cheminement de l’incarnation de Dieu. A la suite des premiers mages, ils pourront ainsi venir vers Jésus avec toutes les richesses du monde, établissant un lien entre la Lumière des origines et la Lumière qui porte la Parole.

 

  Etienne Duval

 Le 28 décembre 2006

 Télécharger le texte

 

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commentaires

E
Merci Sandrine mais la page est introuvable.
Bonnes vacances !
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S
Bonjour, Je me suis trompé d'adresse pour la conférence, qui se trouve sur www.baglis.tv.  voici la bonne adresse:http://www.baglis.tv/weblog/fiches/Ce%20jour%20o%F9%20les%20Mages%20vinrent.htmlCordialement
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S
Bonjour,J'ai récemment vu  une conférence intitulée "Ce jour où les mages vinrent". Je pense qu'elle vous intéressera. Voici l'adresse: http://kallysterne.blog4ever.com/blog/lirarticle-115065-359313.html#commentaire 
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E
Merci pour votre réponse. Je ne cherche pas à avoir raison à tout prix. Ce qui m'intéresse, c'est le débat. C'est en effet du débat que peut jaillir la vérité.Lorsque je parle de la lumière des origines, c'est en référence à la réalité historique des mythes. C'est aussi pour souligner que la lumière, sous la forme d'intuitions diverses, est antérieure à tous nos raisonnements qu'a développé la culture, et cela à juste titre. Elle est fondatrice de la raison elle-même. Mais toute intuition n'a pas la même valeur. J'accorde personnellement une priorité aux mythes parce qu'ils sont porteurs des structures fondamentales de l'homme. Il faudrait sans doute parler avec plus de nuances. Je compte sur le débat pour les faire apparaître.
 
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F
Un petit message pour te préciser notre crtique.
Pour quelqu'un peu versé dans les mythes, le paragraphe "La Lumière des origines",  dans ton texte "L homme est Dieu mais il l'a oublié", peut inciter à la critique. L'ex pression elle-même est ambigüe. Pour nous cette lumière n'est pas posée seulement à l'origine mais dans le coeur de l'homme (comme il est écrit: " l'homme a été créé à l'image de Dieu"). Les mythes laissent transparaître de manière voilée cette lumière parce qu'ils sont le résultat de l'intuition des hommes, mais ne sont pas la lumière elle-même. Cette lumière se dévoile furtivement en permanence à partir du coeur des hommes, en particulier dans la poésie. Cette critique ne nous empêche pas d'apprécier le texte dans son ensemble et nous te remercions pour les discussions qu'il suscite.
 
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E
Merci, Sylvie d'être entrée dans le débat. Oui, ton apport est utile. Tu me montres certaines insuffisances. C'est vrai que le concept de lumière est difficile à définir, d'autant plus qu'il est employé dans un sens symbolique. Il faut le prendre comme un concept premier.
C'est vrai, les mythes racontent les choses de manière cachée. Le cryptage est nécessaire pour les protéger, comme on protège un bijou dans un écrin. Leur lumière n'est pas apparente, mais lorsqu'on peut les décrypter, quelle lumière ! C'est elle qui fonde notre connaissance : je veux dire qu'elle est à l'origine de la raison. C'est bien là le problème, car elle a voulu se libérer du mythe qui lui a donné naissance et qui la fait vivre. Elle a voulu s'en libérer pour sortir de l'obscurité, mais en écartant l'obscurité elle écarte l'interprétation, qui, chaque fois, fait jaillir la lumière.
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S
J'ai bien aime ton texte, il est tres interessant et tres clair.Peut-etre que le concept de 'Lumiere' meriterait d'etre mieux defini (meme si ce n'est pas evident). En effet, est-ce que la "lumiere des mythes" s'oppose necessairement a la connaissance? est-elle une lumiere ou plutot une "lueur" par rapport au "dieu de Lumiere", d'autant plus que les mythes racontent justement les choses de maniere "cachee'? Enfin je ne sais pas si la phrase "nous nous referons essentiellement aux mythes egyptiens' est utile: je trouve qu'elle brise l'harmonie que tu as su donner a ton texte, et puisque tu expliques qui est atoum, ca ne pose pas de probleme... j'espere que ces petites remarques te semblent utiles
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E
Je suis heureux en constatant que la parole finit par contribuer à la constitution d'un sujet jusque dans le plus concret de la vie. Le débat est donc loin d'être inutile...
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C
Merci Etienne pour ta réponse qui m'aide par la justesse de ton doigté à approfondir mes propres questions; notamment celle sur la filiation, sur ma propre histoire familiale, comme ce soir sur l'A2 "On a tout essayé" où François Derec nous dit comment il s'est découvert une identité juive que sa mère, juive polonaise, lui avait cachée et même si ma question à moi porte plutôt sur mon rapport à ma mère, à mon père; que cette histoire là ne soit pas hors-jeu par rapport à celle d'un Dieu Un et Trinité et réciproquement, et qu'elle puisse véritablement me parler, ce peut être l'obscure réconciliation avec moi-même et la compréhension pas seulement intellectuelle mais l'écoute d'autres cultures.
Ainsi "la séparation entre nous et Dieu" comme tu l'écris, comme je la trouve bien exprimée dans le "Il n'y a de Dieu que Dieu" de la foi musulmane.
Quant à la féminité de l'Esprit Saint, ça c'est une réalité à creuser je trouve, et pas seulement par rapport au puit de Jacob et au patriarcat...
Enfin je reste toujours admiratif de ta foi à faire jaillir une parole chez quelqu'un ou dans un groupe qui n'avait d'abord pas grand chose à dire ou s'en croyait exclu.
Hier, 3 janvier, cela fait un an que Lucienne Ballet nous a quittés; elle nous disait s'y préparer comme pour un enfantement. Et c'est hier que j'ai réussi à joindre par téléphone mon fils Jean-Louis à Prague, à une heure où il ne travaillait pas...
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E
Qu'il est beau et profond le texte que tu nous présentes ! Chacun, pourra le découvrir.Je suis très sensible à son interculturalité dont nous avons un très pressant besoin. Pour moi, le retour aux mythesest aussi une invitation au débat entre les cultures du monde. Les mythes, comme tu le sais, ne sont pas réac., ils sont toujours d'une actualité époustoufflante.
Je sens bien qu'il manque du féminin dans nos représentations mais j'hésiterais à revenir au culte archaïque de la Grande déesse. La Trinité ne me gêne pas, au contraire : je trouve qu'il y a une grande féminité dans l'Esprit Saint. Bien comprise, elle favorise la santé de l'esprit : en tout cas, c'est mon point de vue.
Comme entre les humains, la distance et la séparation entre nous et Dieu me semble être une condition d'une juste relation d'amour.
En ce qui concerne la personne de Jésus, Le Fils de Dieu pour les croyants, elle n'est pas fermeture pour une exclusivité mais au contraire une formidable ouverture à tous les hommes et à toutes les cultures pour que puisse être partagée sa propre filiation. En fait, nous sommes ici dans le domaine de la foi et chacun est libre de se positionner dans ce qu'il pense être le meilleur. 
En tout cas merci Charles de nous entraîner dans un tel débordement de pensée. Tu nous enrichis tous !
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C
De retour de trois jours dans la Drôme à découvrir et pratiquer le tantrisme tibétain, nous étions cinq hommes et cinq femmes dont Dominique Vincent et sa compagne qui animaient le stage, je trouve ton texte sur Noël dont la lecture fait résonance en moi pour une grande part en harmonie mais aussi avec une certaine dissonance.
L'étoile, oui, la lumière des origines et "dans cet univers mythique, l'homme un morceau d'étoile", sidéral, d'où notre manque : "désirer"étymologiquement de-siderare "cesser de contempler l'étoile". Le regard vers l'origine nous fait découvrir comme tu le dis la parfaite connivence entre l'homme et Dieu, sans ignorer pour autant que les questions métaphysiques sur les origines sont, selon moi, généralement très réac et conservatrices; mais tu prends soin de préciser qu'il s'agit ici d'une métaphysique de l'amour et non de "l'être", métaphysique de l'exister qui me fait penser au shî'ite Mollâ Sadrâ Shîrâzîet et surtout à la science des correspondances fondée sur la sympathie de toutes choses et l'alchimie de Jâbir ibn Hayyân (800) avec sa théorie des Balances mawâzîn. L'opération alchimique c'est comme le ta'wil (l'exégèse spirituelle), occulter l'apparent pour faire apparaître le caché. Mesurer les Natures d'une chose(humidité, sécheresse, froid, chaud), c'est mesurer les quantités que l'Ame du monde a intégrées, l'intensité du désir que l'Ame éprouve pour les Eléments en descendant dans la matière. C'est la transmutation de l'âme revenant à elle-même qui va conditionner la transmutation des corps : l'âme est le lieu même de cette transmutation. L'opération alchimique s'annonce ainsi comme une opération psycho-spirituelle, non pas que les textes alchimiques soient une « allégorie de l'âme », mais parce que les phases de l'opération réellement accomplie sur une matière réellement donnée, symbolisent avec les phases du retour de l'Ame à elle-même. Anticipation non de la science quantitative moderne mais d'une « énergétique de l'âme » : la Balance de Jâhir, la seule  algèbre pouvant mesurer le degré d' " énergie spirituelle" de l'Ame incorporée aux Natures puis s'en libérant par le ministère de l'alchimiste qui, en libérant les Natures, libérait aussi sa propre âme (Henry Corbin Histoire de la philosophie islamique p.183). Ainsi la raison et la parole ne s'appauvrissent pas mais en prenant en compte "l'intensité du désir que l'Ame éprouve pour les Eléments en descendant dans la matière" elles s'enrichissent au contraire de la lumière des origines.
C'est encore Attâr, soufiste iranien qui dans Le langage des oiseaux décrit le " voyage en esprit " par lequel l'homme découvre qu'il est plus qu'un être de chair et de sang, qu'il porte en lui l'univers, qu'il est lui-même l'univers. Pour trouver remède à la douleur qui ravage le cour d'un exilé, il demande le secours aux archanges, au ciel des Fixes, à la mer, aux plantes, aux poissons, aux oiseaux, à Adam, aux six prophètes jusqu'à Mohammad et enfin à l'âme :  « Tu as parcouru en vain tout l'univers, avant d'aborder au rivage de la mer qui est mienne. Ce que tu as cherché est en toi. Tu es toi-même l'obstacle qui t'en sépare. Plonge en cette mer qui est mienne, abîme-toi en elle. Tu dois comprendre que ta quête est une quête de l'Ami divin à la recherche de soi-même. » Le voyageur avait jusque-là voyagé vers Dieu ; il voyagera désormais " en " Dieu.
Quant aux "larmes de Dieu", c'est non seulement celui de l'univers égyptien mais j'ai souvenir de tout le chapitre que Lacan consacre aux larmes du Bouddha dans les dernières pages de son Séminaire XI sur l'angoisse. Comme tu l'écris "ce Dieu manque de lui-même parce qu'il manque de l'autre." Çà c'est étonnant : Dieu lui-même est "$" dans le manque ! C'est encore dans le soufisme iranien de Rûzbehân Shîrazi (1128-1209) qu'on trouve cette nostalgie du " Trésor caché " qui aspire à être connu et crée le monde, afin d'être connu et de se connaître dans les créatures. L'Etre divin éprouve de la jalousie à l'égard de soi-même ; en se révélant, en s'objectivant, il n'est plus identiquement son propre témoin, il a un témoin en dehors de lui, un autre que lui-même ; c'est le premier Voile. Il renvoie sa créature à la contemplation d'elle-même; c'est le second Voile dont l'épreuve consiste pour le mystique à découvrir la connaissance de soi comme étant le regard même dont Dieu se contemple. Alors le voile devient miroir, car Dieu n'a jamais contemplé depuis la Création un monde autre que lui-même ; mais ceux qui atteignent à la conscience d'être les témoins par lesquels Dieu s'atteste à soi-même, ceux-là sont les yeux par lesquels Dieu regarde encore le monde.( Henry Corbin Histoire de la philosophie islamique p.393).
Ici je m'interroge : quel besoin pour les chrétiens, et d'abord les évangélistes, de rapporter l'idée de filiation et de paternité au sein de la divinité, est-ce à ce point gênant pour nos esprits que "Dieu manque de lui-même" pour qu'il faille y greffer le mythe du Père tout puissant et de son Fils ? Certes, elle est belle cette évocation de Natân à l'attention de David (2Sam.7,14) « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » et encore celle de saint Jean de la Croix : « Le Père céleste a dit une seule parole : c'est son Fils. Il l'a dit éternellement et dans un éternel silence. Et c'est dans le silence de l'âme qu'elle se fait entendre. » Mais j'apprécie tout autant qu'à la sourate IV Les Femmes 171 le Coran écrive « Dieu est unique! Gloire à lui! Comment aurait-il un fils? Le Messie n'a pas trouvé indigne de lui d'être serviteur de Dieu; non plus que les Anges qui sont proches de Dieu. »
Enfin, à la p.3 de ton texte, je ne sais trop comment entendre cette phrase : "...La vocation de l'homme présentée comme un appel à rendre présent sur terre le Dieu qui a pris de la distance pour lui permettre tout simplement d'exister" : qui "lui", Dieu, l'homme? C'est le Pater Noster de Prévert qui nous donnera peut-être la réponse :"Notre Père qui êtes aux cieux / Restez-y / Et nous nous resterons sur la terre / Qui est quelquefois si jolie..."
Et si au lieu du mythe de Dieu-le-Père, nous retrouvions celui du culte archaïque de la Grande Déesse dont la tradition dans le Tantra a pris racine il y a plus de 7000 ans, culte basé sur la prééminence d'aspects féminins qui nous manquent cruellement aujourd'hui, pourtant porteur d'un message qui concerne notre spiritualité, notre sexualité, mais aussi notre survie. Comme l'écrivent Christine Lorand et Dominique Vincent dans Le couple sur la voie tantrique "la science moderne a redécouvert l'effet des vibrations subtiles, formes harmonieuses, musiques et aussi émotions et attitudes humaines, sur les plantes et les animaux. L'écologie fonde le respect de la terre, de sa fertilité, de ses forêts et de ses océans. C'est le même respect qui préside à l'amour entre l'homme et la femme. Les abus que notre civilisation impose à la Terre proviennent de la même origine que les abus aux femmes et aux enfants dont on parle tant. C'est une ignorance prétentieuse des valeurs féminines et maternelles. L'occident peut-il recevoir un tel message ? Difficilement, sans doute à cause du double héritage qui fonde sa culture et sa vision du monde. Les penseurs grecs, d'une part, dont la vision phallocrate était dominée par Zeus, l'ont ouvert au pouvoir de la pensée logique et à l'organisation rationnelle du monde. Le mystère féminin en était presque totalement exclu. L'héritage judéo-chrétien, d'autre part, est dominé par Yahvé, le dieu d'un clan nomade...En Europe, les bûchers des sorcières ont sonné le glas du savoir et de la sagesse féminine, ainsi que ce qui survivait des religions druidiques..."(p.34)
Tout cela étant, ton texte, je trouve, coule de source avec ce beau mouvement que tu décris de la Lumière qui porte la Parole dans le long cheminement de l'incarnation de Dieu (il faudrait trouver quand même un autre mot que cette "incarnation" barbare, blessante comme un ongle incarné ! Tu nous invites à reprendre pied dans les mythes; alors allons-y...Par contre, ta petite phrase :"Si Jésus est bien le Fils de Dieu, il doit entraîner tous les êtres humains dans son sillage", aujourd'hui ce "Jésus"pour moi n'a pas plus l'exclusivité que les tentes des "enfants de don Quichote" sur la place Bellecour pour nous laisser aller, hommes et femmes...par les chemins des nomades, pas des croisades..
 
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E
Avec le judaïsme et le christianisme, nous ne sommes plus dans le mythe, bien qu'il y ait des récits mythiques dans la Bible. Jésus n'est pas un mythe. Pourtant, de mon point de vue, il a besoin pour être révélé complètement de toute la lumière des mythes et les hommes ont aussi besoin de cette lumière et de cette énergie première pour se situer dans le mystère de la destinée de l'humanité en lien avec le Christ (en tout cas, dans la foi chrétienne). Mais ce point de vue peut être discuté.
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A
Je découvre ,avec ton site, toute  ( non !!!) ton activité etta créativité !!
Avec les mythes, que reste-il de la crédibilité de laBible ? et des religions qu'elle fonde...
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E
Je te comprends tout à fait. Mais si tu réfléchis, le sujet fonctionne toujours dans l'entre-deux, et ici entre l'origine et la fin. Il va puiser à l'origine et en particulier dans les mythes, qui sont une forme de révélation communiquée à tous les hommes, quels qu'ils soient, l'énergie et la lumière qui va lui permettre de cheminer vers son avenir. Que deviendrait l'économie si elle n'avait, pour se développer, l'énergie fossile et l'énergie nucléaire qui nous viennent des temps les plus anciens voire même de l'origine du monde ? Que serait devenu le christianisme s'il n'était revenu à l'Ecriture, qui a été, pour lui, une source de ressourcement ? Comment ressourcer la culture sans la remettre en lien avec la lumière originelle d'où elle est issue ?
As-tu déjà observé un enfant de trois ou quatre ans?  Il a presque déjà tout compris parce qu'il est dans la lumière. Malheureusement, à six ans, l'école primaire va le normaliser, coupant ainsi le lien à la lumière. Le problème n'est pas de développer la dimension rationnelle. C'est indispensable. Il est de dénouer la raison de la lumière qui la fait vivre. Pour moi, c'est là le problème fondamental, qui prive aujourd'hui la raison de sa fécondité.
Par ailleurs enfin, si tu prends la psychanalyse, je pense que nous découvrons à ce niveau ce qui la rend si lente et si peu efficace dans un certain nombre de cas. Elle ne remet pas assez à jour la lumière d'origine, qui donnerait l'énergie pour intégrer les traumatismes du jeune âge et remettre l'individu dans le courant de la vie. En raisonnant ainsi, je pense qu'il y a un parallèle à faire entre le développement d'un individu et le développement de l'humanité.
Enfin, il y aurait, sur sujet, beaucoup à dire et à réfléchir.
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H
Ton texte sur Noel m'a intrigue. Personnellement je suis plus sensible et la naissance et son ouverture a l'avenir qu'a la remontee aux origines.
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E

Je suis content que tu aies lu le texte avec plaisir et tes réflexions m'intéressent. Tu as bien repéré ce qui pour moi est important notamment les limites de la raison lorsqu'elle s'écarte trop du mythe, l'émergence de la lumière.. J'aimerais bien que tu me donnes les précisions scientifiques que tu évoques.

Il est vrai, par ailleurs, que j'ai été un peu vite sur certains points ; je voulais éviter d'être trop long. On peut discuter sur le terme de dieu appliqué à l'homme : je l'ai mis avec un d minuscule pour qu'il n'y ait pas trop d'ambiguïté. Mais il me semble que le don de la lumière d'origine en fait un être qui dépasse l'animal raisonnable d'Aristote.

Sur la mise à distance de Dieu, le texte est anthropomorphique mais il est symbolique. Il me semble que l'important est de comprendre que Dieu s'implique personnellement dans la création de l'homme au point d'en faire un partenaire qui transforme sa propre existence.

En ce qui concerne le retour au mythe, j'y attribue personnellement une grande importance. De la même façon que le retour à la Bible a été fondamental pour un ressourcement du christianisme, le retour au mythe me paraît indispensable pour un ressourcement de la culture sous les différentes formes que lui donne la raison.

Sur le corps et le mythe, c'est vrai que j'ai été un peu vite. Le mythe c'est ce qui nous rattache à l'origine, à la naissance ; c'est en ce sens qu'il est très lié au corps. Mais je reconnais qu'il faudrait encore beaucoup développer
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Y

Pour en revenir au sujet, en gros, j'ai bien apprécié la problématique générale et les nuances que tu as apportées à ta problématique interprétative générale par rapport aux textes précédents. Présentée ainsi, ton interprétation des mythes questionne davantage.

Je trouve aussi que ce que tu dis ainsi du rôle des mythes est plus «nourrissant ». Tu abordes un peu la question de la connaissance, on pourrait dire de la science. C'est sûr que si les résultats de la science étaient présentés eux aussi, avec un peu plus d'humilité, ils seraient à la fois plus justes et plus utiles au cheminement de l'humanité. Il y aurait quelque chose à dire sur le dialogue de la science et des mythes, problème de la philosophie des sciences, qui mériterait d'être traité avec moins de susceptibilité et plus de liberté de part et d'autre.

A propos de l'émergence de la lumière, il y a quelque chose dans l'histoire du big-bang qui va dans le même sens, une période noire, sans lumière, avant l'apparition des atomes (je n'ai pas été vérifié mes sources sur la datation, la chronologie et la durée de cette période: quelques secondes ouquelques siècles ?). Si ça t'intéresse, je pourrai aller vérifier. Comme quoi, les mythes sont une sorte de supra connaissance.

Quelques critiques ou interrogations quand même.- le terme de dieu appliqué à l'homme, comme tu le fais me semble unraccourci  un peu hasardeux, qui mériterait une mise en perspective.- de même, le « besoin » de Dieu, la mise à distance (je n'ai pas ton texte sous les yeux) me semble par trop anthropomorphique et anthropocentriste.- je n'ai pas non plus bien compris le dernier paragraphe sur le retour au mythe, qui me semble un peu hâtivement rédigé.- de même pour le paragraphe précédent où le thème du corps tombe un peu du ciel, si j'ose dire.

Voilà quelques réflexions un peu hâtives, pour ne pas trop tarder à terépondre. Mais j'ai lu ton texte avec plaisir.
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E

Merci pour votre réponse qui a toute sa place dans le débat.

Attention, j'ai bien mis un petit d à dieu (en disant que l'homme est dieu) pour qu'on ne se méprenne pas. Pour simplifier, je dirais que ce qui fait de l'homme un dieu c'est précisément cette lumière d'origine qui lui a été donnée. S'il y a tentative de toute-puissance aujourd'hui, c'est justement parce que la raison a été déliée de la lumière d'origine qui lui a donné naissance et qui lui permet d'exister. Et je suis d'accord avec vous que l'homme se lance ainsi dans une impasse.
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R
Voici notre point de vue par rapport à ton texte sur NOËL:-d'accord avec "Dieu est lumière;- Pour le Dieu par excellence, la lumière et l'amour se recouvrent entièrement.- La parole est engendrée par l'amour."Par contre, nous ne pensons pas que l'H. est Dieu mais seulement qu'il possède une partie du monde divin (quelques capacités de nature divine). Il nous semble que Dieu, en créant l'H. par amour, lui a fait en même temps abandon de sa puissance; il en résulte que lorsque l'homme se constatant impuissant, lance à Dieu un appel au secours qui reste sans réponse, il déduit de   cette absence de réponse,  l' inexistence de Dieu.Nous avons le sentiment que le mythe n'est qu'en partie saisissable par l'H., lequel refuse de reconnaître et d'accepter son incapacité. L'H. occidental a le sentiment que son intelligence et sa raison vont lui permettre progressivement d'accéder à la toute puissance, de dominer la nature, donc en fait d'être Dieu.Nous croyons que cette attitude est une impasse et que l'avenir de l'H. est subordonnée à son acceptation d'entrependre le voyage et la démarche du MAGE.REMARQUE: Ce point de vue mérite-t'il d'être publié? Nous te laissons le soin d'apprécier.      
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E
Je respecte ta position. Fréquentant les mythes depuis longtemps, j'en ai une autre. Pour moi, les mythes, contiennent, comme dans un écrin, une lumière initiale saisir par les hommes. A nous de faire sortir la lumière. Pour moi cette lumière n'est pas étrangère à celle qui entoure Noël. Je n'enlève rien à l'évènement de la nativité qui n'est pas un mythe. Je lui donne simplement un plus grand éclat et un lien plus étroit avec tous les hommes et tous les peuples de la terre.
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J
Je viens de lire ton texte sur Noël. J'admire le zèle que tu déploies pour promouvoir les mythes, mais peut être veux tu trop en faire. Qu'est ce que cette lumière qui aurait été donnée aux hommes aux  origines et que les hommes auraient transmis par les mythes ? les mythes sont une manière que les hommes se sont donnée pour dire leur recherche sur les grandes questions que se posent les homme de tous les temps. Mais les mythes ne sont pas la réponse complète et définitive. On a l'impression que pour toi, les mythes sont l'expression de la sagesse des hommes avant le "péché originel" et que tout  ce qui est advenu après n'a que peu d'importance. La sagesse des hommes s'est exprimée et continue à s'exprimer par  la réflexion et les arts. La réflexion philosophique et théologique enrichit la connaissance que les hommes ont d'eux mêmes et du monde.  Il faut donner aux mythes toute leur place mais pas toute la place.
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M
L'homme est dieu mais il l'a oubliéJe viens de lire ton texte de Noël. Je le trouve effectivement un peu dense : Lumière des origines et "Ecriture du monde", Dieu Lumière et mythes égyptiens, Lumière-amour et passage de l'inconscient à la conscience, l'homme comme dieu né de la lumière, les larmes de Dieu et le manque, l'homme se détournant de la lumière du mythe, l'être humain et la nuit de l'oubli, le mage "prophète" de l'incarnation de la Parole,  Jésus trouvé à la suite des mages et lien entre la Lumière et la Parole, les thèmes s'enchaînent rapidement. Il reste que ce parcours fait faire un mouvement  sur deux plans qui peuvent paraître inconciliables : une spirale ascendante et une marche sur la terre des hommes. N'est-ce pas ce que tu cherchais ?
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D

S'il y a un mystère de Noël, c'est sans doute celui que tu exprimes : réconcilier ce qu'il y a d'apparemment inconciliable.

Ce que j'ai voulu montrer aussi c'est que la lumière des mythes est la même que celle qui entoure l'événement de Noël.

Merci d'avoir pris le temps de répondre rapidement.

 
E
Merci Mireille. Tes appréciations sympathiques m'encouragent. Et je suis heureux que les larmes d'Atoum soient un véhicule de lumière véritable pour t'aider à vivre : l'absence et le manque de Robert deviennent la source d'un amour renouvelé.
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M
Bonjour Etienne, Ton texte est profond, poétique. Les Mages jettent un pont entre nous et les très lointaines  interprétations du "message à déchiffrer". Je retrouve les intuitions, les thèmes (peu abordés) de réflexion, de méditation que tu portes depuis longtemps.  Et les larmes du Dieu Atoum m'aide à trouver sens à ce début de vie sans Robert...Bonne Année. Et continue à alimenter ton site
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E

Il y a un peu de vrai dans ce que tu dis. Mais ce qui est passionnant, me semble-t-il, c'est que l'histoire de l'individu et celle de l'humanité sont bâties sur le même modèle. Enfin, il faut mettre des nuances.

Suis-je si tyrannique que cela ? Je ne suis pas à même de le juger. Tu sais que maintenant on pend les tyrans ! Trève de plaisanterie, j'ai l'impression d'ouvrir plutôt que d'emprisonner en englobant...

Merci même si tu me martyrises. Tu n'as pas oublié que je m'appelle Etienne !
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D
Quel plaisir de te lire.Mais cette fois-ci, tu pousses le bouchon un peu loin.Le mage = Étienne Duval. Et de ta démarche personnelle, tu essaies d'en faire une démarche universelle.Alors, là, bonjour les dégâts.Cette pensée englobante est la pensée type du tyran grec, du despote éclairé du XVIIIe s. Notre formation nous colle à la peau.
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E

Merci de tes encouragements.

Comme je l'ai déjà indiqué, même si Noël n'est pas un mythe, il baigne dans la même lumière que les mythes. Il y a, dans leur diversité bien affirmée, une unité d'inspiration des cultures, et cela me paraît très intéressant.
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J
Il est SUPER ton texte, et gonflé !J'imagine qu'il risque d'y avoir des réactions assez fortesJe souscris largement, j'aurais aimé écrire les deux premiers §. La seule  réserve serait qu'on y trouve selon les § un ton un peu différent : 1, 2,  4, 5, 6. paraissent très syncrétiques  alors que les § : 3, 7 et 8  présentent un éclairage plutôt chrétien. La liaison est difficile à faire, c'est  sans doute inévitable si tu veux rester sincère et percutant.  En tout cas,  ton texte accroche bien l'attention et il est facile à lire.Ce texte vaut le coup d'être publié en ce moment. Il semble que les mythes  égyptiens t'aient donné un bon coup de "booster" 
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E

Merci d'avoir réagi aussi vite.

Je suis en partie d'accord avec toi. Ce pourrait être une homélie sur l'épiphanie mais, pour moi, Noël et l'épiphanie représentent un seul et même événement ou plutôt deux événements qui vont à la rencontre l'un de l'autre. Si tu veux, je suis dans la peau des mages pour aller vers Noël et je ne veux pas être d'emblée dans la peau d'un chrétien, encore moins dans la liturgie.

Il me semble que tu n'as pas bien compris que ma réflexion se situe à partir du mythe et en particulier des mythes égyptiens. C'est ce que disent les mythes égyptiens que j'essaie de reprendre . En gros ce que je veux dire c'est qu'il y a eu dans tous les peuples de la terre une lumière originelle que l'on peut mettre en relation avec l'événement de Noël. Bien plus, et cela n'a pas pu t'échapper, j'essaie de montrer rapidement la dérive qui a écarté la connaissance du mythe et dont on crève encore aujourd'hui.

Je t'accorde que sur "la lumière est amour", je suis allé un peu vite : je voulais simplement me couler dans la pensée égyptienne, cherchant à montrer qu'elle fonctionnait à partir d'une  métaphysique de l'amour, alors que nous sommes dans une métaphysique de l'Être.

Enfin Noël, pour moi, n'est pas un mythe, mais il baigne dans la même lumière que le mythe.
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F
Etienne, j'essaie de réagir sur ton texte, un peu rapidement, mais...-Sur le fond, c'est toujours intéressant de se confronter à ces questions et à ta façon percutante de les situer, et d'en faire un peu le chemin avec toi-A une première lecture, je me suis dit: tiens une homélie originale pour l'Epiphanie. Oui ça me laisse un peu l'impression -sur la forme- d'une homelie pour cette fête...-Ce n'est peut être pas très important, mais tu intitules "Noël" (avec ce que cela renvoie dans l'imaginaire général) et en réalité tu parles plus et surtout d' "Epiphanie" (avec ce que cela comporte comme renvoi au texte biblique et à la signification du mot...)- la réference au "mythes" est importante. mais on pourrait un peu s'embrouiller entre les mythes egyptiens que tu cites et Noël...Noël étant aussi un"mythe"? ou le recit des mages étant aussi un "mythe"? ...à expliciter?- Est-ce que Noël/Epiphanie s'éclaire (oui: lumière!) en réference aux mythes egyptiens ou est-ce que ces mythes bien plus anciens éclairent aussi Noël/Epiphanie?-je trouve le paragraphe "La lumière est amour" un peu rapide, affirmatif, et j'aurai un peu envie que tu l'explicites un peu plus.
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