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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:30

La multiplication des pains

 

http://www.evangile-et-liberte.net/elements/numeros/222/numero-EL.html

 

La multiplication des pains

 

Ou l’art de produire de la richesse

 

La vie et les actes de Jésus dans l’Évangile de Saint Jean sont d’un étonnant symbolisme. Avec le regard d’un grand sage, le maître nous entraîne jusqu’au cœur du réel, pour révéler l’homme à lui-même. Il vient de guérir quelques malades, mais cela n’est rien par rapport au message qu’il veut nous transmettre. Nous le voyons aller de l’autre côté  de la mer de Tibériade ; il cherche à tourner une page décisive. Et puis entraînant une grande foule derrière lui, il se met à gravir la montagne. Il ne s’agit pas de la montagne des Béatitudes mais le message est tout aussi important. Ici pourtant il y a peu de parole : tout est dans l’acte de multiplier les pains devant cinq mille hommes. Nous croyons y découvrir une opération magique. Mais le miracle n’est là que pour nous renvoyer au plus profond du questionnement humain : comment nourrir la multitude des hommes ? Aujourd’hui où la crise nous oblige à poser les questions fondamentales sur le fonctionnement économique de la planète, Jésus nous enseigne comment produire de la richesse.

 

L’argent permet l’échange mais ne produit pas de richesse

Pour mettre Philippe à l’épreuve, le maître lui demande : « Où achèterons-nous des pains pour que mangent tous ces gens ? » En fait l’argent ne produit pas de richesse. Il peut simplement être échangé contre n’importe quelle marchandise. Or il n’y a pas ici suffisamment d’argent pour nourrir cinq mille hommes. Deux cents deniers ne suffiraient pas pour donner à chacun un tout petit morceau de main. Aussi la solution de l’argent est-elle rapidement écartée.

 

Le don ne produit pas de richesse non plus

Vient alors très subtilement la solution du don. Un enfant peut offrir cinq pains d’orge et deux poissons. Mais à peine évoquée, la réponse est aussitôt balayée : « Qu’est-ce que cela ? » C’était pourtant la solution qui venait spontanément à un esprit religieux, tourné vers le don de Dieu. Il faut croire que Dieu ne fait pas simplement que donner : il doit faire autre chose. La suite, en effet, va nous le montrer avec une évidence renforcée.

 

Il faut se tourner du côté du mystère de la vie

Le maître « fait s’étendre les gens » et l’évangéliste souligne « qu’il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu ».  La vie était ici en pleine action sur le sol où chacun allait prendre place. Alors Jésus prend les pains et se tourne du côté du mystère de la vie en rendant grâces. Il inscrit ainsi son action dans la dynamique de l’existence. Le secret cherché est dans la vie elle-même.

 

Le partage est au cœur de la vie

Jésus se met à partager les cinq pains d’orge et les deux poissons. Dans le partage et la distribution, pains et poissons se multiplient, comme les cellules du corps humain en gestation. A partir d’une seule cellule, l’organisme du bébé est rapidement constitué. A partir de quelques pains d’orge et quelques poissons, le partage permet de nourrir cinq mille hommes. Il est au cœur de la vie.

 

C’est le partage qui produit de la richesse

Seul le partage permet de produire de la richesse parce qu’il est dans l’acte de même de la création. La création ne se manifeste pas seulement au début de l’univers. Elle se développe aujourd’hui sous nos yeux avec la naissance permanente des plantes, des animaux et des hommes. Nous la voyons aussi à l’œuvre dans les mains de l’artiste, dans la parole du poète et les symphonies du musicien. Chaque fois que l’homme s’inscrit dans le mystère de la vie en respectant la loi du partage, il se met en situation de produire des richesses nouvelles dans l’élan même de l’acte créateur.

 

Le partage produit de la richesse à profusion

 Il n’y avait au départ que quelques pains et poissons. A la fin, lorsque tous sont rassasiés, les disciples de Jésus remplissent douze couffins. L’abondance des restes n’est là que pour souligner la générosité de la vie lorsqu’elle suit la dynamique du partage. Loin d’être parcimonieuse, elle produit de la richesse à profusion. Que faut-il donc aujourd’hui pour orienter l’économie dans le bon sens ? Sans doute y a-t-il de nombreux problèmes techniques que nous ne pouvons traiter ici. Mais il est possible d’énoncer quelques conditions indispensables : le partage dans la connaissance et la recherche, le partage de tous les acteurs dans la production et la stratégie de l’entreprise, le partage des grandes décisions qui engagent l’avenir, le juste partage des profits entre les travailleurs et la rémunération du capital…

 

Mais le gaspillage de la richesse produit des déchets

Il existe une dernière condition : ne pas gaspiller la richesse produite. Il faut que « rien ne soit perdu » pour éviter l’accumulation nocive de déchets. C’est peut-être en souvenir de cet épisode de la vie de Jésus, relaté par l’Évangile,  que le gaspillage du pain en surplus a souvent été considéré comme une faute contre la vie. En fait, le déchet lui-même n’est pas rien : il doit être réintégré dans le cycle de production de la vie.

 

La loi du partage s’impose au niveau spirituel comme au niveau matériel

Dans l’esprit de l’évangéliste, le récit de la multiplication des pains renvoie à l’épisode de la Cène où Jésus partage le pain et le vin pour signifier qu’il partage son corps et son sang, c’est-à-dire son destin d’homme, avec tous les autres hommes.  Il ne retient pas pour lui seul l’Esprit Saint qui l’a conduit jusqu’à sa mort et sa résurrection. Il nous le transmet en héritage pour que nous suivions, à notre manière et selon notre vocation, le chemin qu’il a tracé. Ce n’est pas tout à fait un don qu’il nous fait : c’est vers l’Esprit de partage qu’il nous entraîne pour que la Vie produise la vie dans notre relation avec les autres.

 

C’est en partageant que l’homme devient sujet

Le sujet humain, dans une telle perspective, n’est pas un être statique. Pris dans la dynamique du partage, il est constamment en recherche, jamais achevé, toujours orienté vers le plus de Vie qui multiplie la vie.  Participant à l’Élan de la création, l’homme devient sujet  en devenant créateur.


 

Etienne Duval, le 2 octobre 2009

 

 


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commentaires

Y
<br /> Ben, dis donc!<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Pour faire suite au commentaire n°42<br /> Jésus et l’enfant interprètent une nouvelle alliance ……<br /> Sur le plan de la réalité (vérité)<br /> Il y a une réhabilitation du geste de Caïn.<br /> Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé<br /> Ce qui relativise l’offre d’Abel :<br /> Abel, de son côté, offrit des premiers nés de son troupeau. Et même leur graisse. (Interdit de manger du gras Lév. 3:17; 7:23).<br /> Comme Abel (cela n’engage que moi ) le disciple, André, interpelle Jésus en formulant une surenchère de paroles vaniteuses (vaines ) sorte de pic à l’égard de l’humanité «mais qu'est-ce que cela !<br /> » Jésus lui répondra avec beaucoup de la tolérance et la compassion.<br /> <br /> Quoi de plus ressemblant que deux poissons ?<br /> Quoi de plus précaire que la vérité imposés par dogmatisme ?<br /> <br /> De même aussi pour les poissons :<br /> Si le poisson fait allusion au baptême ce n’est pas sans rappeler le prologue de Jean :<br /> 1 - 33. Et moi, je ne Le connaissais pas; mais Celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et Se reposer, c'est Celui qui baptise dans<br /> l'Esprit-Saint.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> En écho avec nos discussions<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Rés'OGM-news l'Actu sur les OGM en Rhône-Alpes 16/10/2009<br /> <br /> <br /> Partenaire financier :<br /> <br /> <br /> Pour vous abonner, envoyer un mail vide à actu-subscribe@resogm.org 1/4<br /> <br /> <br /> à la Conférence GRAND PUBLIC Nourrir l’humanité, une histoire d’alliance avec la nature<br /> <br /> <br /> avec Marc Dufumier, directeur UFR agriculture<br /> comparée et développement agricole, AgroParisTech. suivis<br /> <br /> <br /> d’ éclairages interdisicplinaires complémentaires par<br /> <br /> <br /> Valentin Beauval, agriculteur en Anjou et agronome membre d’AVSF, d’AFDI Pays de Loire et consultant<br /> <br /> <br /> CIRAD,<br /> <br /> <br /> Yvan Gautronneau, agronome<br /> <br /> <br /> et Dominique Vallod, directrice du département AGEP, Enseignante-chercheuse, écologue spécialiste de<br /> <br /> <br /> l’agroécologie<br /> <br /> <br /> le jeudi 19 novembre 2009<br /> <br /> <br /> à AGRAPOLE / ISARA –LYON (GERLAND) Conférence à 20 h<br /> <br /> <br /> A partir de 18h30 : stands d’associations<br /> (agriculture, environnement, biodiversité, solidarité<br /> <br /> <br /> internationale…), expositions, librairie, buvette, petite restauration…<br /> <br /> <br /> Agriculture intensive ? agroécologie ? agriculture durable ? agroforesterie ? Quelle forme d’agriculture<br /> <br /> <br /> pourrait-nous nourrir dans les prochaines années et à quels enjeux devra répondre l’agriculteur ? A partir<br /> <br /> <br /> d’un regard croisé entre la science et la pratique culturale, les conférenciers nous inviteront à revisiter<br /> <br /> <br /> l’agriculture d’aujourd’hui à la lumière de nouvelles connaissances scientifiques et de techniques innovantes<br /> <br /> <br /> effectives. La mise en miroir de ces connaissances et des savoir-faire paysans nous permettra de mieux<br /> <br /> <br /> comprendre les enjeux du monde agricole actuels et la variété de réponses possibles à la question de<br /> <br /> <br /> l’alimentation de l’humanité fondées sur l’alliance entre la nature et l’agriculture, qu’on pourrait appeler La<br /> <br /> <br /> Révolution Doublement Verte.<br /> <br /> <br /> PAF : 3 € Réservation conseillée au 04 78 42 95 37 ou resogminfo@free.fr<br /> <br /> <br /> Rés'OGM Info est heureux de vous convier<br /> <br /> <br /> - au Colloque Nourrir l’humanité, un défi à relever ensemble, qui se<br /> <br /> <br /> déroulera à Lyon, le jeudi 19 novembre 2009, à AGRAPOLE – ISARA<br /> <br /> <br /> En partenariat avec l’ISARA-Lyon et la Chambre Régionale d’Agriculture Rhône-<br /> <br /> <br /> Alpes<br /> <br /> <br /> Avec le soutien financier de la Région Rhône-Alpes et du Grand Lyon (sous<br /> <br /> <br /> réserve)<br /> <br /> <br /> Colloque destiné aux agriculteurs, étudiants en agriculture, professionnels du<br /> <br /> <br /> milieu agricole, enseignants de l’enseignement agricole, élus, professionnels de la<br /> <br /> <br /> presse agricole.<br /> <br /> <br /> -------------------------------------------------------------<br /> <br /> <br /> Colloque gratuit, sur inscription par bulletin uniquement. (Réservation limitée à<br /> <br /> <br /> 250 participants).<br /> <br /> <br /> Soirée grand public, avec droit d’entrée de 3 euros à régler sur place.<br /> <br /> <br /> Programme détaillé sur http://www.resogm.org/spip.php?article132<br /> <br /> <br /> Programme et bulletin d’inscription disponible à partir du 11 septembre<br /> <br /> <br /> 2009 sur ce site, version papier à partir du 21 septembre 09<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Je suis d'accord !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Etienne, c’est tellement beau de s’émerveiller devant de la mystère la vie.<br /> Cela peut être un Formidable un Elan vers la Vérité et la Responsabilité (L’amour propre au service des autres)<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Danièle, je suis émerveillé par ce que vous nous dites. C'est une très bonne ouverture à plus de réflexion et de vérité.<br /> Merci.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Une comparaison de la tradition religieuse de l’époque avec l’Évangile de Saint Jean.<br /> <br /> 6,4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.<br /> Pâque est une fête importante dans la religion juive qui dure 8 jours, elle commémore la sortie d'Égypte, elle est la fête de la liberté et de la fin de l'asservissement de l'homme par l'homme.<br /> <br /> 6,9"Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ?"<br /> Or Pâque s'appelle aussi la fête des Matzoth. Les matzoth sont des galettes de pâte non levée qui sont consommées durant la fête en souvenir du pain non levé emporté par les hébreux à la sortie<br /> d’Egypte. Durant la fête de Pâque toute pâte levée (appelée 'Hamets) est interdite, les juifs ne doivent même pas en posséder. Le hamets désigne tous les produits à base de l'une des cinq céréales<br /> : (blé, avoine orge, épeautre, seigle)<br /> <br /> 6,10 Jésus leur dit :"Faites s'étendre les gens."Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.<br /> Cette fête symbolisant la liberté, chaque communauté a pris l'habitude de déposer sur la table des objets qui symbolisent les hommes libres. Certains même prennent ce repas non pas assis mais<br /> allongés sur des divans.<br /> <br /> Tout indique que l’enfant est Autre par rapport à la foule Il ne peut participer à la Pâque.<br /> Jésus et l’enfant interprètent une nouvelle alliance avec Dieu. Sorte de complicité entre tous les hommes et Dieu<br /> Merci pour votre dernier commentaire me concernant « Vous êtes…. »<br /> Danièle<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Geneviève, j'aime bien tes réflexions sur la flamme que l'on peut partager sans qu'elle nous prive de sa chaleur. Cela voudrait dire que la flamme et l'amour lui-même sont déjà partage à<br /> l'origine.<br /> <br /> Je pense aussi à internet qui peut nous permettre de partager à l'infini sans tarir la source de la réflexion. Et chaque réaction devient source à son tour.<br /> <br /> Il y a effectivement un problème avec le sujet lorsque tout concourt à transformer la femme ou l'homme en objet. Malheureusement il y a encore beaucoup d'anti-partage dans les comportements<br /> humains, ce qui empêche les sujets de se constituer.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Merci pour ton blog voici les quelques réflexions qu'il m'inspire.<br /> <br /> Tu dis le partage produit de la richesse et je pense à la flamme que l'on peut partager à profusion sans jamais nous priver de sa chaleur<br /> <br /> à la flamme du coeur qui s'enrichit dans le partage sans jamais s'étiendre 'ce que tu fais si bien )<br /> <br /> Tu dis en partageant l'homme devient sujet.  Je pense aux femmes si souvent objet de convoitise.<br /> <br /> Je pense aux travailleurs transformésr en machines comme il difficile pour eux de devenir sujet<br /> <br /> A bientot genevieve<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Le trésor du baobab<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour de grande chaleur, un lièvre fit halte dans l’ombre d’un baobab, s’assit sur son train et contemplant au loin la brousse bruissante sous le vent brûlant, il se sentit infiniment bien.<br /> « Baobab, pensa-t-il, comme ton ombre est fraîche et légère dans le brasier de midi ! » Il leva le museau vers les branches puissantes. Les feuilles se mirent à frissonner d’aise,<br /> heureuses des pensées amicales qui montaient vers elles. Le lièvre rit, les voyant contentes. Il resta un moment béat, puis clignant de l’oeil et claquant de la langue, pris de malice<br /> joyeuse : « Certes ton ombre est bonne, dit-il. Assurément meilleure que ton fruit. Je ne veux pas médire, mais celui qui me pend au-dessus de la tête m’a tout l’air d’une outre d’eau<br /> tiède. Le baobab, dépité d’entendre ainsi douter de ses saveurs, après le compliment qui lui avait ouvert l’âme, se piqua au jeu. Il laissa tomber son fruit dans une touffe d’herbe. Le lièvre le<br /> flaira, le goûta, le trouva délicieux. Alors il le dévora, s’en pourlécha le museau, hocha la tête. Le grand arbre, impatient d’entendre son verdict, se retint de respirer. « Ton fruit est<br /> bon, admit le lièvre. » Puis il sourit, repris par son allégresse taquine, et dit encore : « Assurément, il est meilleur que ton coeur. Pardonne ma franchise : ce coeur qui<br /> bat en toi me paraît plus dur qu’une pierre ». Le baobab, entendant ces paroles, se sentit envahi par une émotion qu’il n’avait jamais connue. Offrir à ce petit être ses beautés les plus<br /> secrètes, Dieu du ciel, il le désirait, mais, tout à coup, quelle peur il avait de les dévoiler au grand jour ! Lentement, il entrouvrit son écorce. Alors apparurent des perles en colliers,<br /> des pagnes brodés, des sandales fines, des bijoux d’or. Toutes ces merveilles qui emplissaient le coeur du baobab se déversèrent à profusion devant le lièvre dont le museau frémit et les yeux<br /> s’éblouirent. « Merci, merci, tu es le meilleur et le plus bel arbre du monde, » dit-il, riant comme un enfant comblé et ramassant fiévreusement le magnifique trésor.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il s’en revint chez lui, l’échine lourde de tous ces biens. Sa femme l’accueillit avec une joie bondissante. Elle déchargea à la hâte de son beau fardeau, revêtit pagnes et sandales, orna son cou<br /> de bijoux et sortit dans la brousse, impatiente de s’y faire admirer de ses compagnes.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Elle rencontra une hyène. Cette charognarde, éblouie par les enviables richesses qui lui venaient devant, s’en fut aussitôt à la tanière du lièvre et lui demanda où il avait trouvé ces ornements<br /> superbes dont son épouse était vêtue. L’autre lui conta ce qu’il avait dit et fait, à l’ombre du baobab. La hyène y courut, les yeux allumés, avides des mêmes biens. Elle y joua le même jeu. Le<br /> baobab que la joie du lièvre avait grandement réjouie, à nouveau se plut à donner sa fraîcheur, puis la musique de son feuillage, puis la saveur de son fruit, enfin la beauté de son coeur.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais, quand l’écorce se fendit, la hyène se jeta sur les merveilles comme sur une proie, et fouillant des griffes et des crocs les profondeurs du grand arbre pour en arracher plus encore, elle se<br /> mit à gronder : « Et, dans tes entrailles, qu’y a-t-il ? Je veux aussi dévorer tes entrailles ! Je veux tout de toi, jusqu’à tes racines ! Je veux tout,<br /> entends-tu ? » Le baobab, blessé, déchiré, pris d’effroi, aussitôt se referma sur ses trésors et la hyène insatisfaite et rageuse s’en retourna bredouille vers la forêt. Depuis ce jour,<br /> elle cherche désespérément d’illusoires jouissances dans les bêtes mortes qu’elle rencontre, sans jamais entendre la brise simple qui apaise l’esprit. Quant au baobab, il n’ouvre plus son coeur à<br /> personne. Il a peur. Il faut le comprendre : le mal qui lui fut fait est invisible, mais inguérissable.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En vérité, le coeur des hommes est semblable à celui de cet arbre prodigieux : empli de richesses et de bienfaits. Pourquoi s’ouvre-t-il si petitement quand il s’ouvre ? De quelle hyène<br /> se souvient-il ? (Conte africain, Henri Gougaud, L’arbre aux trésors, Ed. du Seuil)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Don et avarice<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce que l’on garde pourrit, ce que l’on donne fleurit.(F.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le don humilie rocher et mont.(F.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> On retient l’offense, on oublie le don.(Ital.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Faire l’aumône n’allège jamais la bourse.(Esp.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Offrir beaucoup à qui demande peu, c’est une manière de refuser.(Esp.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mieux vaut être généreux dans sa vie que de léguer sa fortune à des œuvres pies.(Angl.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> On donna des yeux à un aveugle et il s’est mis à réclamer des sourcils.(Rus.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un hôte dans la maison, c’est Dieu dans la maison.(Rus.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le bienfait revient à la porte de son auteur.(Pers.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Même un mal de tête est une bonne chose s’il est gratuit.(Ind.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pense à celui qui a planté l’arbre dont tu manges les fruits.(Vietnamien)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> De même que le fleuve retourne à la mer, le don de l’homme revient vers lui.(Chinois)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’oignon offert avec amour vaut un mouton.(Arabe)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Donne aujourd’hui la laine, demain Allah te donnera un agneau.(Arabe)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je donne une datte au pauvre pour en goûter la vraie saveur.(Arabe)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Qui possède trouve qui lui donne.(Africain)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Si tu donnes le couscous, donne aussi la sauce.(Africain)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Mohamed et la flûte de roseau<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un jour, Mohamad dévoile des secrets à Ali.<br /> <br /> <br /> Son gendre doit les garder à tout prix.<br /> <br /> <br /> Le prophète lui interdit de les répéter.<br /> <br /> <br /> Ali s'efforce de tenir parole.<br /> <br /> <br /> Mais est-ce si facile de conserver de grands secrets ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Au bout de quarante jours, il n'en peut plus.<br /> <br /> <br /> Il s'en va au désert, espérant trouver ici<br /> <br /> <br /> L'énergie de la fidélité par le silence et la prière.<br /> <br /> <br /> Malgré sa bonne volonté, les secrets se pressent à la porte de sa conscience.<br /> <br /> <br /> Il les maîtrise avec beaucoup de difficulté.<br /> <br /> <br /> Finalement, ils sont plus forts que lui.<br /> <br /> <br /> Se penchant sur l'ouverture d'un puits,<br /> <br /> <br /> Il les crache un à un, dans l'eau, pour s'en débarrasser.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Peu de temps après, un roseau pousse dans le puits.<br /> <br /> <br /> Un berger passe par là. Il découvre le roseau, le coupe,<br /> <br /> <br /> Y perce des trous et se met à jouer du chalumeau.<br /> <br /> <br /> Ses mélodies sont d'une très grande beauté.<br /> <br /> <br /> Elles deviennent rapidement célèbres.<br /> <br /> <br /> Des multitudes se pressent pour l'écouter avec ravissement.<br /> <br /> <br /> Les chameaux eux-mêmes font cercle autour de lui,<br /> <br /> <br /> Prêts à s'agenouiller pour l'entendre mieux encore.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La nouvelle parvient au prophète.<br /> <br /> <br /> Il fait venir le berger et lui demande de jouer.<br /> <br /> <br /> Aussitôt, les assistants entrent en extase.<br /> <br /> <br /> Mohamed est saisi lui aussi par l'harmonie inattendue des mélodies.<br /> <br /> <br /> Il reconnaît les secrets qu'il a confiés à Ali.<br /> <br /> <br /> Mais ils sont maintenant habillés d'une beauté<br /> <br /> <br /> Qu'il n'avait pas lui-même imaginée.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Peut-être, lorsque la lumière est trop forte,<br /> <br /> <br /> Faut-il la rejeter dans le puits de l'inconscience,<br /> <br /> <br /> Pour qu'elle rejaillisse ensuite, comme parole humaine<br /> <br /> <br /> Que d'autres pourront entendre ?<br /> <br /> <br /> (D'après le Dictionnaire des symboles,<br /> <br /> <br /> Robert Laffont, collection "bouquins", p. 451)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Elie et l’huile de la veuve<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Elie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab :<br /> <br /> <br /> « Par Yahvé vivant, le Dieu d’Israël que je sers,<br /> <br /> <br /> Il n’y aura ces années ni rosée, ni pluie sauf à mon commandement ».<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La parole de Yahvé lui fut adressée en ces termes :<br /> <br /> <br /> « Va-t-en d’ici, dirige-toi vers l’orient<br /> <br /> <br /> Et cache-toi au torrent de Kerit,<br /> <br /> <br /> Qui est à l’est du Jourdain.<br /> <br /> <br /> Tu boiras au torrent et j’ordonne aux corbeaux<br /> <br /> <br /> De te donner à manger là-bas ».<br /> <br /> <br /> Il partit donc et il fit comme Yahvé avait dit,<br /> <br /> <br /> Et alla s’établir au torrent de Kerit, à l’est du Jourdain.<br /> <br /> <br /> Les corbeaux lui apportaient du pain le matin<br /> <br /> <br /> Et de la viande le soir, et il buvait au torrent.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais il arriva, au bout d’un certain temps, que le torrent sécha,<br /> <br /> <br /> Car il n’y avait pas eu de pluie dans le pays.<br /> <br /> <br /> Alors la parole de Dieu lui fut adressée en ces termes :<br /> <br /> <br /> «  Lève-toi et  va à Sarepta, qui appartient à Sidon,<br /> <br /> <br /> Et tu y demeureras.<br /> <br /> <br /> Voici que j’ordonne là-bas à une veuve de te donner à manger ».<br /> <br /> <br /> Il se leva et alla à Sarepta.<br /> <br /> <br /> Comme il arrivait à l’entrée de la ville,<br /> <br /> <br /> Il y avait là une veuve qui ramassait du bois ;<br /> <br /> <br /> Il l’interpella et lui dit : <br /> <br /> <br /> « Apporte-moi donc un peu d’eau dans ta cruche que je boive ! »<br /> <br /> <br /> Comme elle allait la chercher, il lui cria :<br /> <br /> <br /> « Apporte-moi donc un morceau de pain dans ta main ! »<br /> <br /> <br /> Elle lui répondit : « Par Yahvé, ton Dieu !<br /> <br /> <br /> Je n’ai pas de pain cuit ;<br /> <br /> <br /> Je n’ai qu’une poignée de farine dans une jarre<br /> <br /> <br /> Et un peu d’huile dans une cruche,<br /> <br /> <br /> Je suis à ramasser deux bouts de bois,<br /> <br /> <br /> Je vais préparer cela pour moi et mon fils,<br /> <br /> <br /> Nous mangerons et nous mourrons ».<br /> <br /> <br /> Mais Elie lui dit : « Ne crains rien, va faire comme tu dis ;<br /> <br /> <br /> Seulement prépare-m’en d’abord une petite galette,<br /> <br /> <br /> Que tu m’apporteras : tu en feras ensuite pour toi et ton fils.<br /> <br /> <br /> Car ainsi parle Dieu d’Israël :<br /> <br /> <br /> « Jarre de farine ne s’épuisera,<br /> <br /> <br /> Cruche d’huile ne se videra,<br /> <br /> <br /> Jusqu’au jour où Yahvé enverra<br /> <br /> <br /> La pluie sur la face de la terre ».<br /> <br /> <br /> Elle alla et fit comme lui avait dit Elie,<br /> <br /> <br /> Et ils mangèrent, elle, lui et son fils.<br /> <br /> <br /> La jarre de farine ne s’épuisa pas<br /> <br /> <br /> Et la cruche d’huile ne se vida pas,<br /> <br /> <br /> Selon la parole que Yahvé avait dite par le ministère d’Elie.<br /> <br /> <br /> (Bible de Jérusalem, I Rois, 17, 1-16)<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Le pauvre et le grain d’or<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L’autre monde ne fait quelque fois que passer,<br /> <br /> <br /> Et même assez rapidement,<br /> <br /> <br /> Comme le dit une histoire populaire indienne.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Un pauvre homme qui vivait dans le gémissement<br /> <br /> <br /> Et qui mendiait de porte en porte,<br /> <br /> <br /> Aperçut un jour un chariot d’or<br /> <br /> <br /> Qui entrait dans le village,<br /> <br /> <br /> Et sur ce chariot un roi souriant et splendide.<br /> <br /> <br /> Le pauvre se dit aussitôt :<br /> <br /> <br /> C’en est fini de ma souffrance, c’en est fini de ma vie démunie.<br /> <br /> <br /> Ce roi au visage doré n’est venu jusqu’ici que pour moi, je le sens.<br /> <br /> <br /> Il va me couvrir de miettes de sa richesse<br /> <br /> <br /> Et je vivrai calme désormais.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Comme s’il était venu, en effet, pour voir le pauvre homme,<br /> <br /> <br /> Le roi fit arrêter le chariot à sa hauteur.<br /> <br /> <br /> Le mendiant, qui s’était prosterné sur la terre,<br /> <br /> <br /> Se releva et regarda le roi,<br /> <br /> <br /> Convaincu que l’heure de sa fortune était enfin là.<br /> <br /> <br /> Alors, avec soudaineté, le roi tendit une main vers le pauvre et lui dit :<br /> <br /> <br /> « Qu’as-tu à me donner ? »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Le pauvre, très étonné et très désappointé, ne sut que dire.<br /> <br /> <br /> Est-ce un jeu, se demandait-il, que le roi me propose ?<br /> <br /> <br /> Se moque-t-il de moi ?<br /> <br /> <br /> Est-ce quelque peine nouvelle ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Puis voyant le sourire persistant du roi,<br /> <br /> <br /> Son regard lumineux et sa maint tendue,<br /> <br /> <br /> Il puisa dans sa besace qui contenait quelques poignées de riz.<br /> <br /> <br /> Il y prit un grain de riz et le tendit au roi qui le remercia<br /> <br /> <br /> Et partit aussitôt, tiré par des chevaux étonnamment rapides.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A la fin du jour, en vidant sa besace,<br /> <br /> <br /> Le pauvre y trouva un grain d’or.<br /> <br /> <br /> Il se mit à pleurer, en disant :<br /> <br /> <br /> « Que ne lui ai-je donné tout mon riz ! »<br /> <br /> <br /> (Le cercle des menteurs de J.- C. Carrière)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Chanson de Stéphane Golmann<br /> <br /> <br /> sur la multiplication des pains<br /> <br /> <br /> (déjà évoquée par Jack Chaboud)<br /> <br /> <br />              <br /> <br /> <br /> C'était un brave et bon curé<br /> <br /> <br /> Que l'âge et le bon vin de messe<br /> <br /> <br /> Sans nuire à sa sincérité<br /> <br /> <br /> Faisaient que souvent, il le confesse,<br /> <br /> <br /> Il avait des difficultés<br /> <br /> <br /> A mettre de l'ordre dans ses idées<br /> <br /> <br /> Et fréquemment dans ses sermons<br /> <br /> <br /> C'était des vessies pour des lampions<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Par un beau dimanche de Rameaux<br /> <br /> <br /> Pour illustrer sa parabole<br /> <br /> <br /> Il prétendit que le bon Dieu<br /> <br /> <br /> Voulant nourrir quatre personnes<br /> <br /> <br /> Usât de son pouvoir divin<br /> <br /> <br /> Et nos convives émerveillés<br /> <br /> <br /> Se partagèrent pour leurs besoins<br /> <br /> <br /> Deux mille poissons et trois mille pains<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Y a pas qu' lui qui peut faire ça !<br /> <br /> <br /> Lui crie Bertrand, un gros malin<br /> <br /> <br /> Bien connu de tous ses voisins<br /> <br /> <br /> Mais lorsqu'on a Rome derrière soi<br /> <br /> <br /> Ça vous vaut bien trois Gibraltar<br /> <br /> <br /> Et notre abbé, en vieux renard,<br /> <br /> <br /> On doit le dire bien patiemment,<br /> <br /> <br /> Attendit le dimanche suivant<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il reprit la même parabole<br /> <br /> <br /> Serrant de près les écritures<br /> <br /> <br /> Et Jésus-Christ dans l'aventure<br /> <br /> <br /> Avec trois poissons et deux pains<br /> <br /> <br /> Put satisfaire la caravane<br /> <br /> <br /> Et son curé par la même main<br /> <br /> <br /> Qui demanda au vieux Bertrand<br /> <br /> <br /> D'être capable d'en faire autant<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'y vois pas grande difficulté !<br /> <br /> <br /> Lui répondit notre entêté<br /> <br /> <br /> Mais j' voudrais bien savoir comment<br /> <br /> <br /> Lui fit le curé encourageant<br /> <br /> <br /> Eh bien mon père, sauf votre respect,<br /> <br /> <br /> On va s'y prendre bien simplement<br /> <br /> <br /> Je m'en vais calmer ces affamés<br /> <br /> <br /> Avec ce qui reste de dimanche der... nier<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Merci Jean pour tes appréciations nuancées. C'est vrai que la partage n'est pas complètement absent de notre société. Mais le système économique dans lequel nous vivons est davantage basé sur le<br /> profit que sur le partage, avec les conséquences catastrophiques que nous constatons aujourd'hui. Aussi, en excluant le partage, qui est la loi de la vie, il contrarie sérieusement le vrai<br /> développement des richesses. Il y a, dans l'Evangile, une réelle perception de la réalité humaine au sens en même temps le plus banal et le plus profond du terme : on escamote les textes en ne<br /> voyant que leur dimension spirituelle. On a deux révélations dans l'Evangile : une révélation de l'homme et une révélation de Dieu. Ils ne sont pas séparables mais ils ne se réduisent pas l'un à<br /> l'autre.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> J'ai apprécié tes interprétations des 2 passages d'Evangile que tu cites, en particulier du second (partage du pain et du vin).<br /> Quant à mes réflexions, il me semble que notre societé possède des institutions visant au partage, tout au moins partiel, de certains de nos biens: fiscalité, cotisations finançant les institutions<br /> sociales, assurances, droits de l'homme, démocratie. Par contre, je critique l'évolutions de ces 20 dernières années: développement de l'individualisme, d'une concurrence incontrolée, bouclier<br /> fiscal, assouplissement de la législation favorable au travail du dimanche, suprématie de l'argent, etc.....<br /> Je pense donc que les enseignements de l'évangile que l'on retrouve d'ailleurs non seulement dans les grandes religions mais aussi dans la doctrine des droits de l'homme, sont d'une brûlante<br /> actualité.<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> Over-blog fait référence à cet article à propos du sang de Jésus :<br /> http://www.over-blog.com/recherche/40/sang+de+J%C3%A9sus<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Ton exemple me paraît tout à fait intéressant. Tu es là à l'accouchement et manifestement tu ne sera à rien. Mais c'est bien parce que tu ne sers à riene que tu sers vraiment à quelque chose : à<br /> ouvrir l'espace de l'autre et de l'Autre. Ce n'est pas toi qui es important, c'est la place vide que tu maintiens ouverte pour que l'enfant puisse devenir sujet.<br /> <br /> Je pense à l'entreprise évoquée par Gérard. S'il y a des suicides, s'il y a un stress insurmontable, c'est que la place vide n'est pas maintenue ouverte et que, de ce fait, le travailleur ne peut<br /> être un sujet véritable. Je pense aussi à la place du pauvre avec son assiette à la table dans les familles d'autrefois : on voulait signifier que les membres de la famille ne pouvaient pas<br /> partager entre eux comme de véritables sujets s'il n'y avait pas cette assiette en trop. Bien plus par derrière, il y avait cette idée énorme que le partage du repas, dans les conditions indiquées,<br /> permettait de "fabriquer" des sujets (autres), là où l'aspiration vers le même risquait de refermer la famille sur elle-même.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> "Parentes quasi parientes", c'est Pierre Legendre, encore lui! avec son Inestimable objet de la<br /> transmission (p.261) qui est allé chercher cette expression chez Isidore de Séville, le dernier "Père de l'Église" d'Occident, au début du VIIème siècle. "Il y a de<br /> l'équivoque, écrit-il, dans le terme « parents » et la nécessité de le rapporter à la science du faire-naître, à la mise en scène des places<br /> différenciées et juridiquement nommées -condition pour produire l'altérité comme horizon, un au-delà de l'inceste.[...] Si nous pensions « fraternité<br /> universelle », l'embrouillamini deviendrait total et la question généalogique ne se poserait plus. Mettre de l'ordre dans le magma a consisté, pour le juridisme occidental,<br /> à poser les parents comme géniteurs."<br /> <br /> <br /> Toi Etienne, de cette expression latine, tu nous donnes sa version espagnole qui, tu t’en doutes, ne m’a pas laissé insensible, plus parlante "parir" que<br /> d’accoucher et plus fidèle au latin parire, "donner ouverture à" ; quant à " partir", "partager", ce fut peut-être aussi le premier mot venu à l’esprit de<br /> notre évêque sévillan, il y a de cela quatorze siècles , bien qu’avec "partiendo(a) y pariendo(a)", nous nous éloignions quelque peu de l’ancien droit romain où<br /> parentes désignait les pères et parientes les mères, et qu’avec ton partir partager, je me demande si tu ne tires pas un peu trop la couverture<br /> à toi.<br /> <br /> <br /> Alors pourquoi ne pas nous en tenir à ta première expression "accouchés et en même temps accoucheurs" ? Tu trouves que ce n’est pas très<br /> bon ; certes le français est un peu lourdingue, mais combien est parlant ce jeu du transitif "accoucheur" avec l’intransitif "accoucher", semblant de passif qui vient<br /> de : "se coucher" ! Le XVIIème siècle avec le sens figuré de « produire par l’esprit » retient, du reste, la double construction.<br /> <br /> <br /> Les femmes en effet ne manqueront pas de nous dire que d’accoucher, ça n’a rien de passif, et elles nous le diront non seulement de leur corps mais en tant que<br /> mères. Or, je vais peut-être les surprendre et j’en vois déjà certaines qui sourient, mais lorsque vint la naissance de notre premier enfant, ce fut aussi pour moi un vrai travail, non pas<br /> d’accoucheur, mais comment dire, un bouleversement, quelque chose tout de même comme d’accoucher, parire "donner ouverture à", à qui ? quasi parientes. Les pères, ce n’est<br /> pas rien ! <br /> <br /> <br /> "Accouchés et en même temps accoucheurs" : la question soudain s’élargit, produisant, selon la belle expression de Pierre Legendre, " l’altérité comme<br /> horizon", ce "produire par l’esprit" du XVIIème siècle, et toi alors Etienne, tu viens justement nous dire que "la filiation divine", tu l’entends comme "transmise<br /> en tant qu’accoucheur et non en tant que père." Accoucheur, oui,…de l’Esprit, songeant pour ma part à ces  communautés religieuses qui ne nous transmettent<br /> rien sinon ce « je ne sais quoi » qu’est la bénédiction, comme l’exprimait le (père) Besnard au seuil du nouvel an et de sa mort : « un chant, une<br /> lumière […], la production intime d’une sorte d’énergie très particulière qui ne fera jamais rouler nos automobiles ni chauffer nos immeubles, mais qui s’échange et s’accumule pourtant très<br /> réellement dans le champ de forces de nos relations, une imitation de l’acte créateur, une irradiation de tendresse pour les êtres auxquels nous l’adressons. »<br /> Amicalement, Charles<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Merci Danièle. Vous n'êtes pas la seule à attirer notre attention sur l'enfant. Ce qu'il a est peu important et pourtant c'est lourd à porter dans un sac d'enfant. Et puis le miracle comme une<br /> caresse du Christ qui lui est adressé pour son geste humble et pourtant tourné vers les autres. Il y a comme un double jeu de miroir : l'enfant révèle le Christ et le Christ révèle l'enfant. Tout<br /> cela est très beau et c'est vous qui nous le faites découvrir...<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Bonsoir Etienne<br /> Tout d’abord merci pour votre texte et cette mise en lumière d’un sujet Vital de notre époque :<br /> L’art de produire de la richesse<br /> <br /> Pour ma part les versets 6,9 et 6,11 retiennent particulièrement mon attention<br /> <br /> 6,9 "Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ?"<br /> Donc j’imagine l’enfant cette petite graine de savoir car il a beaucoup de bon sens. Partir en voyage cinq pains d'orge et deux poissons mais cela devait être bien lourd.<br /> <br /> 6,11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.<br /> Par cet acte pur est simple Jésus a rendu la caresse d’être à l’enfant<br /> C’est peu être aussi là que nous devons comprendre qu’il beaucoup de joie a recevoir d’un petit (tout est relatif) et dans reconnaître sa valeur.<br /> <br /> <br /> Au point de vue économique le principe du micro crédit est un très bon exemple.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Merci Gérard de cette nouvelle invitation à penser. Je suppose d'abord qu'il faut repenser notre système de rationalité économique, qui s'enferme dans de froids calculs, oubliant la mort, la<br /> gratuité et le partage, notamment en ce qui concerne le capitalisme. Nous sommes transformés en marchandise et noius n'avons même pas le droit à la parole. Le problème c'est que nous sommes des<br /> sujets ou des individus destinés à devenir des sujets au risque de sombrer à nouveau dans la barbarie. Toi tu parles de démocratie et je pense qu'il s'agit de la même idée.<br /> <br /> Tu poses deux conditions pour y arriver : un plus grand croisement des disciplines et une détermination dans l'action qui nous écarte de l'angélisme. Sur ces deux poinrs je crois être d'accord. Si<br /> la vie est créatrice parce qu'elle est partage, la création doit aussi toucher la connaissance ce qui suppose un partage entre les disciplines. Par ailleurs il existe une forme de violence<br /> originelle à laquelle on ne peut échapper pour arriver à la parole et donc à la négociation. Et puis il y a, comme tu l'as suggéré, une gratuité nécessaire qui va dessiner la place de l'autre. Si<br /> elle n'est pas là, la phase de violence risque d'être plus dure et plus longue parce qu'il faut ouvrir de force l'espace que l'on a voulu éliminer. La conséquence de cette élimination est le<br /> blocage de la respiration du système de production et, à terme, le désespoir et le suicide, comme le montre la situation actuelle.<br /> <br /> Il y a donc urgence dans la réflexion et l'action.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> On ne peut évidemment qu'être d'accord sur le principe que tu poses.<br /> Surtout dans la situation d'aujourd'hui où on  approche des limites des<br /> ressources , avec des besoins sans cesse croissants. Les raretés qui se<br /> font déjà sentir rendent , à l' évidence, la question du partage<br /> extrêmement aiguë.<br /> Bernard Maris observe que les économistes orthodoxes sont peu capables<br /> de penser ce genre de situation et encore moins la seule solution ,<br /> qu'il estime lui même possible : le partage, une répartition équitable<br /> des richesses.<br /> Il voit plusieurs raisons à cette incapacité des économistes à penser le<br /> problème, donc à faire passer des positions de principe dans les faits.<br /> Il leur faudrait être  aussi historiens, et philosophes ou<br /> anthropologues (et modestes) , raisonner à partir d'autre chose que de<br /> chiffres ( c'est à dire de la petite part de la réalité susceptible<br /> d'être mesurée) . Et accepter de considérer que l' homme ne vit pas<br /> seulement de ses calculs, c'est à dire du seul calcul de ses intérêts.<br /> <br /> Cela amène Maris à observer que, même dans ce système capitaliste<br /> prédateur et mortifère, les choses ne vont que parce qu'il y a de la<br /> gratuité dans les actions humaines, même économiques (les informations<br /> échangées, les services rendus, les connaissances partagées etc...).<br /> Ceci rend raisonnable l'idée, qui paraît folle d'un point de vue<br /> orthodoxe, qu'un système économique autre  pourrait (fort) bien (? ou<br /> pas plus mal sans difficulté ! ) fonctionner, et d'une manière plus<br /> juste, plus humaine, en étant (davantage) fondé sur plus de gratuité, du<br /> vrai service public, de l'échange, une juste répartition, bref :  le<br /> partage.  (Je vois bien que ces termes ne sont pas équivalents et que le<br /> problème est aussi dans leur combinaison).<br /> Reste que, d'abord, il faut y croire et le vouloir contre les dogmes et<br /> les idéologies dominantes. Et sans angélisme. Tellement il est évident -<br /> l' Histoire le montre assez-  qu'une plus juste répartition ne s'arrache<br /> que dans  un rapport de forces, qui est derrière toute négociation. Qui<br /> tient le couteau ? Qui calcule les parts ?  Qui décide de la<br /> distribution ? Comment se fait-elle réellement ? Sur ces questions, il<br /> est nécessaire de rentrer dans des analyses extrêmement concrètes des<br /> situations réelles. En acceptant l'idée que le système  actuel n'est ni<br /> naturel ni éternel. Ni, cela va sans dire, de droit divin. (Et en<br /> acceptant de voir honnêtement dans quelle position on se trouve par<br /> rapport au manche du couteau).<br /> <br /> L'enjeu est sans doute la démocratie elle-même. Les institutions<br /> « démocratiques » ne masqueront plus très longtemps, sans doute,  ce<br /> fait massif :  le fonctionnement réel de la société, de l'économie est<br /> foncièrement et radicalement anti-démocratique, puisqu'il protège et<br /> perpétue un pillage totalement fou et un partage de plus en plus injuste<br /> de richesses de plus en plus  rares. Le peuple étant prié de croire que<br /> tout ira bien demain, pourvu qu'on laisse les dirigeants diriger. C'est<br /> à dire partager à leur convenance.<br /> <br /> /Gérard Jaffrédou, Guilers, 7. X. 2009<br /> <br /> ( P.S. : Le fait que ces considérations soient désormais admises, au<br /> moins dans l'abstrait, assez largement, au point peut être de constituer<br /> une sorte d'idéologie-alibi ? ,  ne les rend pas plus fausses que<br /> lorsqu'un tout petit nombre seulement sonnait l'alarme, il  a  quelque<br /> quarante ans, dans le scepticisme ou sous les ricanements des Grands<br /> Experts Economistes) /<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> C'EST TRES BEAU  .. Amédée<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Quelle belle expression d'Isidore de Séville : "parentes quasi parientes" ! Difficile à traduire en français car les mots ne sont pas les mêmes : "accouchés et en même temps accoucheurs". Ce n'est<br /> pas très bon. Je ne sais pas où tu as trouvé cette expression latine. Elle vient d'un Espagnol. Or en espagnol, il y a un très grand rapprochement entre accoucher (parir) et partager (partir). On<br /> pourrait dire "pariendo et partiendo".<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Merci Étienne pour ta réponse qui me rassure; je craignais ne pas me<br /> faire comprendre, et donc ne pas être suffisamment clair moi-même, sur<br /> ces questions tout de même difficiles de la bioéthique encore balbutiante.<br /> J'aime ta reprise en terme "d'accoucheurs" de l'expression d'Isidore de<br /> Séville dans ses _/Étymologies/_ "/parentes quasi parientes/", des deux<br /> parents qui "accouchent". Oui, par le fait même d'en prendre conscience,<br /> ils deviennent accoucheurs à leur tour.<br /> Amicalement, Charles<br /> <br /> <br />
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E
<br /> J'aime bien ta réflexion sur l'enfant et, en particulier sur l'enfant sujet, l'enfant-événement, l'enfant né du manque et du questionnement des parents. Tu es bien dans la ligne du texte puisqu'il<br /> nous renvoie à l'épisode de la Cène. Dans l'esprit de l'évangéliste, lorsque Jésus partage son corps et son sang, il s'agit bien du sujet-Jésus qui, à travers le don de l'Esprit, cherche à faire<br /> naître des enfants de Dieu et donc des enfants-sujets par excellence. Bien plus, c'est dans sa mort et donc, dans une sorte de manque radical, qu'il transmet la filiation divine, qui vient de<br /> l'Autre, fondateur de sujets. En ce sens, il est accoucheur et non pas Père.<br /> <br /> Il en va sans doute, de même, pour les parents humains, il ne suffit pas qu'ils donnent naissance à des enfants ; ils doivent être aussi des accoucheurs de sujets, en laissant la place à l'Autre,<br /> qui Lui-même va laisser la place à l'enfant. Car l'Autre n'est fondateur de sujet qu'en laissant à son tour la place à l'autre humain. Si l'on ose utiliser le terme de Dieu, Dieu nous fonde comme<br /> sujets en se retirant pour nous laisser la place. Dans la création, il ne peut y avoir de partage que s'il y a retrait pour laisser la place à l'autre.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Suite<br /> <br /> <br /> complètement détaché de la position symbolique "parentale" non seulement du père mais de la mère. Car "pour qu’un enfant naisse fils ou fille, sortir de la<br /> matrice ne suffit pas, il doit être adopté pour le compte de sa ligne par sa propre mère. Mais ça ne fonctionne que si la mère prend subjectivement du recul, afin, d’une<br /> certaine façon, de décoller de sa position de fille dans la ligne. À la naissance du nouvel enfant, les géniteurs n’entrent pas d’emblée dans la nouvelle réalité, ils ont à en prendre acte en<br /> rejouant leur propre mise de sujets, au point que les "parents" puissent se définir comme "deux qui accouchent" : "parentes quasi parientes" (dans l’ancien droit romain<br /> parentes : les pères ; parientes "donnent ouverture à" : les mères.) Ainsi, un nouveau-né arrive chargé de questions transmises […] Ou alors l’enfant<br /> naît comme dépotoir, parce qu’on ne se reconnaît pas soi-même dans le jeu des lignes (p.328). Il faut bien voir qu’une société, à l’instar des individus, peut entrer dans un discours de folie ou<br /> de programmation du meurtre (sous la forme non sanglante, notamment, de l’assassinat du sujet). La question se pose de savoir comment, par quelles procédures d’assignation à la légalité, des<br /> rapports symboliques s’établissent entre générations pour que les individus admettent qu’ils ne se fondent pas eux-mêmes, qu’ils ne sont pas le Tout, c.à.d. que la dimension du<br /> manque (l’absolu et la perfection se trouvant du côté de la Référence fondatrice) s’impose à chacun comme la condition de la vie et de la reproduction de la vie." (p.336), à chacun de<br /> nous, sujets du désir, sujets manquants.<br /> <br /> <br /> Mais refermons la boîte de Pandore, comme tu nous y invites, Etienne, quand, à propos de la question du rapport entre partage et propriété<br /> soulevée par Pierre Ducotterd, tu nous suggères que "lorsqu’un homme (homme et femme) va mourir, il se fait une obligation de partager ses biens avec ses enfants." Et à te relire, je me dis que<br /> ma réflexion sur la naissance à laquelle m’a entraîné ton beau texte sur le partage, n’est  peut-être pas si éloignée de la tienne, de la<br /> notre ; grâce aussi, j’espère ne pas l’avoir trahi, au travail passionnant de Pierre Legendre sur la généalogie ; car, écrivait Newton à Hooke, « si j’ai vu plus loin, c’est en<br /> montant sur les épaules des géants. » <br /> <br /> <br /> Charles<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Etienne bonjour,<br /> <br /> <br /> Avec l’arianisme et la question sous-jacente de la filiation, tu prenais le risque, aux yeux de certains, de nous rouvrir la boîte de Pandore ; or avec ton<br /> texte, fort à propos, sur la multiplication des pains, j’ai comme l’impression que tu ne l’as pas tout-à-fait refermée.<br /> <br /> <br /> À juste titre, tu mets le doigt sur la notion de " partage " qui ne doit pas être entendu au sens malthusien de « partage du gâteau<br /> », même si avec Coluche il y a urgence à ne pas oublier ceux qui en sont privés. Et "l’acte créateur" est là pour nous faire saisir la différence entre une addition et une<br /> multiplication, entre une "progression arithmétique" et une "progression géométrique", (à condition que "la croissance" ne soit pas considérée elle-même comme obligatoirement<br /> exponentielle), : « C’est le partage des richesses, dis-tu, qui produit de la richesse parce qu’il est dans l’acte même de la création », et tu évoques « la<br /> naissance des animaux, des plantes, des hommes. »<br /> <br /> <br /> Je m’en tiendrai pour ma part à la naissance des humains, non par désintérêt pour la soudaine découverte écologique de la planète par nos<br /> contemporains, mais pour rejoindre le commentaire de Marius Allod sur « une chaîne biologique dans l’univers humain grâce à laquelle l’espèce se perpétue, mais doublée d’une<br /> chaîne culturelle, l’apanage des hommes pensants, désirants et souffrants », réflexion à laquelle toi-même tu nous invites par ce que tu appelles de tes vœux le devenir de<br /> l’homme comme sujet en partageant et devenant lui-même créateur.<br /> <br /> <br /> Or, c’est là que pourrait bien se rouvrir aussi la boîte de Pandore. Car enfin qu’est-ce qu’une naissance ? « Soyez féconds,<br /> multipliez ! » nous prescrit la version sacerdotale du récit de la Genèse et de l’arche de Noé. Mais qu’allons-nous multiplier, des enfants-objets ? La distinction est subtile entre l’enfant, objet du<br /> désir des parents (ou de l’un ou l’autre parent), et l’enfant cause de leur désir ; or c’est là que ça se passe ! Au « désir<br /> d’enfant » d’une mère, d’un père, de parents, et en réponse à leur souffrance de ne pas en avoir, les techniques actuelles sont en mesure d’apporter une réponse à ce désir parental<br /> proposé comme une fin en soi, jusqu’à la limite du chantage ; que ce soit par l’adoption, par la procréation médicalement assistée, ou par « les mères porteuses »,<br /> cette "capture de la femme comme sujet pour la transformer en matrice", écrit Pierre Legendre dans L’inestimable objet de la transmission<br /> (p.318). Mais l’enfant ne risque-t-il pas alors d’être ignoré comme sujet, soit parce qu’il est pris comme "l’incarnation de la Référence absolue" et qu’il ne peut répondre à cet<br /> impossible de demeurer "His Majesty the Baby", disait Freud, soit au contraire, "parce qu’il est mis en position, non pas de fils ou de fille dans la succession<br /> généalogique, mais d’otage dans le commerce entre les générations et les sexes"(p.328). Pierre Legendre va jusqu’à dire que dans notre système social industriel, le développement<br /> des psychoses d’enfants pourrait bien être un équivalent du sacrifice d’enfants dans les sociétés antiques, "sous forme de la mise à mort non sanglante du sujet" (p.325). Car, on ne<br /> " fait " pas un enfant, on " fait naître  un enfant ; de même un enfant " fait naître ses parents comme parents, il les renvoie à<br /> leur propre question généalogique, au moment précis où la permutation symbolique doit s’opérer", dit Pierre Legendre" ; ce dont ceux qui s’opposent à l’avortement feraient bien de se<br /> souvenir ! Comme pour la multiplication des pains, posons-nous la question : Qu’est-ce qu’un enfant ? Ce n’est pas un objet, comme cet objet idolâtre que tu<br /> dénonçais Etienne dans ton texte précédent à propos de l’Arianisme; un enfant c’est un événement, et dont le désir sexuel des parents a été la cause, cet "objet a<br /> "de Lacan, non pas l’objet de leur désir, mais la cause de leur désir. Quoi, cette chose si aléatoire ? Et oui, pourquoi pas ! Au point que Jean Renoir,<br /> le deuxième enfant d’Auguste, "cinéaste de l’impossible, à la fois de la vérité quotidienne de nos vies et de leur folie", disait de lui François Truffaut, est allé chercher cette chose si banale<br /> pour parler de "l’ingénuité qui est absolument nécessaire à la création. Les gens font l’amour en disant : « Nous allons faire un enfant magnifique. » Eh<br /> bien ! Ils ne feront pas d’enfant magnifique, mais ils ne feront peut-être pas d’enfant du tout ce soir-là…L’enfant magnifique vient par hasard, un jour où l’on a bien rigolé ; il y a<br /> eu un pique-nique, on s’est amusé dans les bois, on a roulé sur l’herbe, là il y aura un enfant magnifique…" Mais aujourd’hui dans notre société si policée, "la cause", ce n’est plus le désir<br /> sexuel des parents l’un pour l’autre (et autant que possible, il faut être deux), mais le « désir d’enfant », programmé si possible ; un désir d’enfant qui peut être parfaitement<br /> solitaire, imaginaire,<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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I
<br /> Merci Etienne pour ta réplique et pour tes indications toujours précieuses<br /> et d’actualité malgré leur éternelle ancienneté.<br /> <br /> ami Ibrahim<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Je me disais aussi que Coluche devait pouvoir marcher sur les eaux.<br /> Bien cordialement.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Merci Ibrahim pour tes réflexions toujours originales et pointées d'un grand bon sens.<br /> <br /> Sans doute le miracle n'est-il pas à la portée des hommes que nous sommes. Et pourtant l'intérêt de cet épisode est de nous faire comprendre que la vie est encore plus merveilleuse que le miracle<br /> lui-même. Si nous partageons avec les autres, à tous les niveaux, nous entrons dans le mystère de la vie et la vie produit la vie en accumulant des richesses insoupçonnées. L'&tonnant Coluche,<br /> si proche de nous, en créant les restaurants du coeur qui nous amènent à partager avec les plus pauvres, y compris à partager son temps, continue, après sa mort, à nourrir, pendant l'hiver, des<br /> millions de personnes.<br /> <br /> Il ne faut pas spiritualiser trop vite l'enseignement de Jésus. Il veut d'abord nous introduire au coeur du réel pour révéler l'homme à lui-même. C'est d'abord pour cela qu'il continue aujourd'hui<br /> à nous fasciner.<br /> <br /> <br />
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I
<br /> Ton texte est tellement bien écrit qu’il donne au lecteur l’impression<br /> d’être avec toi dans l’action de ce qui ne fut qu’un miracle unique avec sa<br /> valeur symbolique d’exemplarité immense.<br /> <br /> Faire de cela une théorie économique pour palier au fléau de la faim dans le<br /> monde d’aujourd’hui me parait peu accessible à ceux qui souffrent et qui ne<br /> comprennent pas comment leurs dieux restent sourds comme leurs chefs<br /> d’ailleurs à leurs souffrances.<br /> <br /> Que chacun se transforme en Jésus pour surtout multiplier et partager ce<br /> qu’il n’a pas, car Jésus en fait n’avait pas ce qu’il a donné, il lui<br /> fallait l’intervention d’une force extraordinaire que les hommes n’ont pas,<br /> c’est quelque chose de mythique.<br /> <br /> Je dis bien mythique mais le mythe n’a de valeur que par sa réactualisation.<br /> C’est toi Etienne qui a fait le pari de le réactualiser pour en faire un<br /> exemple et c’est tout à ton honneur.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Merci à Olivier Schmidt, qui fait référence à cet article dans son blog de blogs :<br /> http://blogoliviersc.org/<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Vous avez bien raison de nous le rappeler. Si le Saint Esprit existe, il a beaucoup d'humour. N'était-il pas avec Coluche, qui a créé les restaurants du coeur ? Ils ont nourri des millions de<br /> personnes.<br /> <br /> <br /> Paroles de Coluche<br /> <br /> {Les Enfoirés - Les Restos du cœur 86<br /> avec Yves Montand, Michel Platini, Nathalie Baye,<br /> Jean-Jacques Goldman, Michel Drucker et Coluche.}<br /> <br /> <br /> Moi, je file un rancard<br /> A ceux qui n'ont plus rien<br /> Sans idéologie, discours ou baratin<br /> On vous promettra pas<br /> Les toujours du grand soir<br /> Mais juste pour l'hiver<br /> A manger et à boire<br /> A tous les recalés de l'âge et du chômage<br /> Les privés du gâteau, les exclus du partage<br /> Si nous pensons à vous, c'est en fait égoïste<br /> Demain, nos noms, peut-être grossiront la liste<br /> <br /> {Refrain}<br /> <br /> Aujourd'hui, on n'a plus le droit<br /> Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid<br /> Dépassé le chacun pour soi<br /> Quand je pense à toi, je pense à moi<br /> Je te promets pas le grand soir<br /> Mais juste à manger et à boire<br /> Un peu de pain et de chaleur<br /> Dans les restos, les restos du cœur<br /> Aujourd'hui, on n'a plus le droit<br /> Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid<br /> <br /> Autrefois on gardait toujours une place à table<br /> Une soupe, une chaise, un coin dans l'étable<br /> Aujourd'hui nos paupières et nos portes sont closes<br /> Les autres sont toujours, toujours en overdose<br /> J'ai pas mauvaise conscience, ça m'empêche pas d'dormir<br /> Mais pour tout dire, ça gâche un peu l'goût d'mes plaisirs<br /> C'est pas vraiment ma faute si y en a qui ont faim<br /> Mais ça le deviendrait, si on n'y change rien<br /> <br /> {Refrain}<br /> <br /> Aujourd'hui, on n'a plus le droit<br /> Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid<br /> Dépassé le chacun pour soi<br /> Quand je pense à toi, je pense à moi<br /> Je te promets pas le grand soir<br /> Mais juste à manger et à boire<br /> Un peu de pain et de chaleur<br /> Dans les restos, les restos du cœur<br /> Aujourd'hui, on n'a plus le droit<br /> Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid<br /> <br /> <br /> J'ai pas de solution pour te changer la vie<br /> <br /> <br /> Mais si je peux t'aider quelques heures, allons-y<br /> Y a bien d'autres misères, trop pour un inventaire<br /> Mais ça se passe ici, ici et aujourd'hui<br /> <br /> <br /> {Refrain}<br /> <br /> Aujourd'hui, on n'a plus le droit<br /> Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid<br /> Dépassé le chacun pour soi<br /> Quand je pense à toi, je pense à moi<br /> Je te promets pas le grand soir<br /> Mais juste à manger et à boire<br /> Un peu de pain et de chaleur<br /> Dans les restos, les restos du cœur<br /> Aujourd'hui, on n'a plus le droit<br /> Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> Hello Etienne Duval,<br /> Retour d'Israël, où nous nous sommes retrouvés, au bord du lac de Tibériade, sur le site où Jésus aurait multiplié les pains et les poissons, j'ai oublié le nom du lieu, mais une magnifique<br /> mosaïque évoquant la multiplication s'y trouve, dans un couvent.<br /> Pardonnez ma contribution dérisoire, mais cette évocation me rappelle l'histoire de Fernand Raynaud :<br /> "Un dimanche matin, à la messe, au cours de son prêche, le prêtre dit "songez, mes frères, que Jésus a pu nourrir 10 personnes avec mille pains". Dans l'assistance, un homme s'exclame : "J'en fais<br /> autant". Regard furibond du prêtre. Le dimanche suivant, le prêtre dit : "songez, mes frères, que Jésus a nourri mille personnes avec 10 pains". Il se tourne alors vers le pertubateur et lui<br /> demande : "vous en faites autant ?" et l'homme répond : "oui, avec les restes de dimanche dernier".<br /> Et c'est ainsi que l'esprit souffle où il veut.<br /> Bien sincèrement.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Le jeune enfant commence à apprendre à lire. Nous aussi nous devons apprendre à lire les textes et les événements. Peut-être alors pourrons-nous déchiffrer la présence de Dieu ou sa totale absence.<br /> Je penche pour sa présence...<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Comme disait un de mes maîtres, Pierre Gibert, parlant de la bible, "certes ce sont des textes inspirés, mais ils ont été écrits par des hommes", cela voulait dire que l'inspiration divine pouvait<br /> avoir été parasitée.<br /> Enfin tout cela est bien gentil et permet d'exprimer des idées, mais la vraie question demeure : est ce que Dieu existe ou est-ce qu'il n'existe pas, le reste c'est du bavardage.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Je vois ton petit sourire moqueur derrière le point d'exclamation du saint ! Il me semble que tu sais partager. Serais-tu si proche de la sainteté ?<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Comme tu l'écris si bien, l'argent est et restera un moyen d'échange,<br /> facile. Le partage crée ainsi la relation entre les hommes et reste sans<br /> doute le seul moyen pour l'homme de s'humaniser, de se réaliser, d'accéder à<br /> la plénitude de la vie. Un saint, en quelque sorte !<br /> Écriture délicieuse. Reste beaucoup de phrases négatives qui mériteraient de<br /> se transformer en positive.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Marius, je suis impressionné par la qualité de ta réflexion. En ce qui me concerne, je pense que s'il y a une si grande différence entre connaissance scientifique et révélation de l'homme dans<br /> l'Evangile, ce n'est pas en raison d'une supériorité de la connaissance scientifique : c'est plutôt en raison de son infirmité. La pratique des mythes de toute origine m'a fait prendre conscience<br /> que la rationalité scientifique est infirme parce qu'elle n'intègre pas la mort alors que la rationalité sous-jacente au mythe l'intègre parfaitement. Si elle n'intègre pas la mort, cela signifie<br /> qu'elle n'intègre pas la vie et qu'elle intègre très imparfaitement l'homme lui-même. C'est l'intégration de la mort qui permet le partage, parce qu'elle introduit la séparation et le manque<br /> indispensable à l'émergence du désir. D'ailleurs, lorsqu'un homme (homme ou femme) va mourir il se fait une obligation de partager ses biens entre ses enfants.<br /> <br /> Le capitalisme fonctionne également selon une logique abstraite et dans l'indifférence comme dit Tabatoni : pour lui la mort, la vie et le partage n'ont pas de sens, non parce que le capitaliste<br /> est un homme sans coeur mais parce que la rationalité sous-jacente les a exclus a priori.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Bonsoir et merci à vous, cher Etienne Duval, pour ce commentaire de la multiplication des pains.<br /> Cette intuition selon laquelle la vie se partage et se communique dans les relations interpersonnelles est un réconfort dans le monde désenchanté où nous survivons. Alain Noël Henry qui faisait<br /> partie de l'équipe de l'ARAFDES avec Désigaux dont j'étais aussi, disait qu'il existait une chaîne biologique dans l'univers humain grâce à laquelle l'espèce se perpétuait, mais elle était doublée<br /> d'une chaîne culturelle qui était l'apanage des hommes pensants, désirants et souffrants, crées à l'image de Dieu, auxquels s'adressent le message évangélique. Merci d'en avoir fait l'application à<br /> cet épisode riche en paradoxes de la multiplication des pains et de sa belle finale  "colligite quae superaverunt fragmenta".<br /> S'agissant de la production des richesses, la lecture du Blog m'a fait penser au cours d'Economie Politique de l'éminent professeur André Tabatoni (1923-2006) suivi dans ma jeunesse, selon lequel<br /> les actes économiques parmi lesquels se range la production de richesses, obéissent au principe d'indifférence. C'est-à-dire qu'ils ne sont accomplis que s'ils entrent dans le système du marché<br /> anonyme où se détermine à la marge leur valeur ou leur équivalant monétaire. (Sic)<br /> <br /> Ainsi n'y a-t-il guère de pont entre les données construites par la science et l'évangile de Jésus. En d'autres termes, donner à manger à ceux qui ont faim n'est pas réductible à la dimension <br /> économique qu'il a prise dans notre univers dit capitaliste régi par l'anonymat du marché et la courbe d'indifférence. Mais on ne peut pas revenir non plus à l'agriculture vivrière dont les fruits<br /> étaient ipso facto partagés entre les membres de la famille ou de l'unité d'habitation à l'intérieur de laquelle ils avaient été produits, s'appuyant sur leur utilité et non sur leur valeur<br /> marginale ou la préférabilité pour les acteurs du taux de substitution concernant leur écoulement.<br /> <br /> C'est comme si l'acte de foi devait passer par dessus les réalités du monde telles que nous les approchons par la connaissance scientifique. Pourquoi le Dieu très Haut nous soumet-il à de pareilles<br /> épreuves pour l'esprit ?<br /> <br /> A suivre et à bientôt de correspondre à nouveau Marius<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> Tu commences par poser une question très intéressante : comment intégrer le partage au coeur de la propriété ? Peut-être la propriété n'est-elle justifiée que si elle devient une assise, un moyen<br /> pour partager. Je ne peux la garder complètement pour moi : une partie pourrait être investie pour fructifier dans le partage... Le partage n'est pas le don. Il génère de l'interaction, qui<br /> conjugue les efforts de plusieurs. Le don est louable ; il donne bonne conscience et peut ne rien produire du tout...<br /> Ce que j'ai voulu montrer c'est qu'il y avait dans le texte une révélation profondément humaine parce que le regard du Christ a la capacité de pénétrer jusqu'au coeur du réel. C'est peut-être en<br /> étant fidèle à son intuition que l'on peut éviter l'déologie et l'enfermement dans la théologie...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Bonsoir Etienne,<br /> Des problèmes de temps, y compris pendant l'été, et d'ordinateur (je <br /> ne pouvais plus ouvrir les pièces jointes) m'ont empêché de prendre <br /> connaissance et donc de répondre  à tes envois récents.<br /> Celui-ci, je l'ai lu sans problème et je m'y retrouve bien. Je crois <br /> que ça vaudrait le coup d'approfondir cet axe du partage et de voir <br /> comment il peut concrètement se traduire. Je pense, par exemple, à la <br /> propriété, d'un bien, d'un espace. Quand cela correspond au résultat <br /> d'efforts pour l'obtenir ou le réaliser, sa jouissance est légitime.<br /> Là où le bas blesse, c'est quand on revendique une jouissance <br /> exclusive qui rejette l'autre. Comment envisager une forme de <br /> propriété qui intègre le partage ?<br /> Bien sûr il y a le bon coeur de chacun et l'on voit tous les jours, <br /> heureusement des gens qui partagent ce qu'ils ont, qui vivent la <br /> solidarité. Cette forme de partage est mise en règle aux USA, où bien <br /> des libéraux ne veulent pas d'État, pas d'institution qui <br /> organiserait le partage car ils revendiquent le droit de donner ce <br /> qu'ils veulent, quand ils veulent, à qui ils veulent... Et c'est un <br /> fait que de grandes fondations récoltent beaucoup d'argent et mènent <br /> des actions importantes d'aide. Pourtant, ce système ne met pas à <br /> l'abri de l'égoïsme (il n'est qu'à voir le nombre de pauvres aux USA) <br /> d'autant plus qu'il  met en avant le mérite, considérant que ceux qui <br /> ne réussissent pas n'ont tout simplement pas mérité de réussir, ce <br /> qui est un jugement terrible. L'aide accordée, alors, est un pis-<br /> aller, une aumône paternaliste qui ne respecte pas les gens qui en <br /> bénéficient.<br /> Donc, compter sur le bon coeur n'est pas satisfaisant, si belles que <br /> soient certaines démarches réellement généreuses.<br /> Peut-on aller plus loin que des idées générales et proposer des <br /> principes qui pourraient donner des repères pour la vie quotidienne <br /> sans tomber dans l'idéologie, ni rester dans la théologie ?<br /> <br /> Voilà la réaction que m'inspire ton texte. Je ne sais pas si ça te <br /> permettra d'avancer !!!<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Tu as raison d'attirer l'attention sur l'enfant. C'est en lui qu'il y a l'espérance de la vie : il est le levain, comme tu le dis. Si j'ai bien compris, il faut que nous redevenions enfant pour<br /> être levain, à notre tour...<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Comme Dieu nous permet de participer à sa divinité par l'incarnation de son Fils vraiment homme, il nous invite à participer à ce miracle : c'est un enfant qui apporte un peu de pain et quelques<br /> poissons et voici que, comme un levain qui fait lever la pâte, ce pain et ces poissons deviennent abondance. Il n'est pas besoin d'être puissant, sans la spontanéité de l'enfant, il n'y aurait pas<br /> de miracle. Dieu, par le don de son Esprit, fait de nous des acteurs de son oeuvre dans le monde pour peu que nous prenions l'initiative. Alors, il décuple nos forces et nos possibilités.<br /> <br /> <br />
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H
<br /> Merci Etienne pour ce texte lumineux !<br /> <br /> <br />
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