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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 08:20



Couvent de La Tourette construit par Le Corbusier

http://photoarchitecture.blog4ever.com/blog/lesphotos-85057-1948294882.html




Une leçon d’architecture ou un voyage initiatique

Avec Le Corbusier

 

Pierre Boulais et Luc Moreau viennent de publier un nouveau livre sur le couvent dominicain de La Tourette, construit par Le Corbusier. Il s’intitule La Tourette, un couvent de Le Corbusier. Luc Moreau a pris les photos et Pierre Boulais leur a donné la parole en utilisant les textes du maître. Ayant pris un grand plaisir à parcourir cet ouvrage, je voudrais suivre la parcours initiatique de l’architecte dans ses créations, en m’appuyant sur les parties  de texte et les paroles spontanées de l’artiste que Pierre Boulais a retenues. 

 

Le retour au mythe avec les dieux et le sens du sacré 

Le Corbusier sait que toute création s’articule sur la genèse du monde. S’appuyant sur le mythe, il prend contact avec la main invisible qui fait exister l’Univers. Les dieux sont avec lui et, pour le signifier, il parle parfois à la première personne du pluriel : « Puis nous avons dit, le cloître doit être en bas… »

Derrière les murs du couvent, les dieux jouent. 

L’homme qui recherche l’harmonie a le sens du sacré. Il est des choses qu’on n’a pas le droit de violer : le secret qui est en chaque être – ce grand vide illimité où l’on peut loger ou ne pas loger sa propre notion du sacré – individuelle, totalement individuelle. Cela s’appelle aussi la conscience… 

Comme à l’origine, l’architecte est au pied de l’arbre de la vie et de la connaissance. 

 

Tricoter les rapports entre les dieux et les hommes 

Récemment une femme, originaire d’Auxerre, est venue avec son mari à Lyon pour assister au café philosophique que nous organisons autour des mythes et des Mille et Une Nuits. Elle vibrait avec une intensité étonnante aux grands textes symboliques. Elle avait exercé son métier dans la Haute Couture mais n’hésitait pas à s’astreindre aux menus travaux de la retouche. Aujourd’hui, elle redécoupe en artiste les habits rétrécis comme si elle cherchait sans cesse à assembler le ciel et la terre. 

L’architecte est lui aussi dans la couture et le tricotage, qui vont permettre d’unir les dieux et les hommes. 

La vocation architecturale, c’est comme la vocation religieuse : c’est croire, se donner, se consacrer… 

De fil en aiguille, vous finissez par tricoter quelque chose ; je dis tricoter parce que ça veut dire que toutes choses sont l’une dans l’autre, l’une impliquant l’autre.    


La maison, fille du soleil, qui descend du ciel
 

Le soleil est en perpétuelle gestation. Image du dieu créateur, comme Atoum en Égypte, il façonne le monde avec les rayons, qui sortent de son sein. Il appartient à l’architecte de jouer avec lui pour composer une symphonie architecturale.

Une symphonie architecturale s’apprête sous ce titre : « La maison fille du soleil ». 

(Pour le couvent de La Tourette), les lieux ont dicté l’architecture… Le terrain était très en pente, un vallon qui descend ouvert sur la plaine et entouré de forêts… Prenons l’assiette en haut à l’horizontale du bâtiment, au sommet, laquelle composera avec l’horizon… L’édifice a été conçu par le haut, sa composition commence par la ligne de toiture, grande horizontale générale : petit à petit, il détermine son organisme en descente, et touche le sol comme il peut par le moyen des pilotis. 

 

Des ombres qui jouent avec la lumière 

La lumière a besoin de l’ombre, comme le jour a besoin de la nuit. Le désir lui-même ne peut vivre sans la présence du manque. Il faut élargir et creuser le vase du désir pour qu’il puisse déborder de la générosité de la vie. L’ombre appelle la lumière et la lumière se repose à l’ombre. C’est l’habileté à favoriser un tel jeu de cache-cache et de séduction, qui peut faire le grand architecte.

Je compose avec la lumière. 

Observez le jeu des ombres, jouez le jeu… ombres propres, nettes ou fondues, ombres portées, aiguës, rigueur du tracé mais arabesque ou découpage si ensorcelant ! Contrepoint et fugue… musique. 

Nos yeux sont faits pour voir les formes sous la lumière ; les ombres et les clairs révèlent les formes. Les cubes, les cônes, les cylindres ou les pyramides sont les grandes formes primaires que la lumière révèle bien. 

 

Le regard qui passe sous la maison 

Les pilotis soulèvent la maison pour laisser passer la vie, faite d’ombres et de lumières. Le bâtiment décolle de terre pour se transformer, au fil de la construction, en un immense bateau, prêt à entraîner les habitants vers des destinations inconnues. Pour le moment, le regard se faufile entre les piliers…

Avec les pilotis, le regard passe sous la maison. 

Laissez pousser le lierre… Créez des circulations. 

L’architecture : une chose qui se marche. 

La galère vogue, les voix chantent à bord. Comme tout devient étrange et se transpose, se transporte haut et se réfléchit sur le plan de l’allégresse.

 

Sur les planchers éclairés, la grande liberté des volumes et des proportions 

Les pilotis viennent libérer l’espace. Plus de murs porteurs pour imposer leurs contraintes. Sur les planchers éclairés, les volumes jouent avec l’espace et avec les proportions. La croix avec ses angles droits organise l’ensemble symphonique, et un centre de gravité, tel un chef d’orchestre, fait jouer entre eux volumes et proportions.

L’architecture : c’est des planchers éclairés. 

L’architecture est le jeu correct, savant et magnifique des volumes assemblés sous la lumière. 

J’ai imaginé les formes, les contacts, les circuits qu’il fallait pour que la prière, la liturgie, la méditation se trouvent à l’aise dans la maison. 

Puis nous avons dit, le cloître doit être en bas : alors, au lieu de mettre des arcades dessous, dans l’ombre et horizontales…, j’ai pensé : laissons couler la terre où elle va, puis mettons un cloître qui soit en croix au lieu d’être en anneau. Pourquoi pas ? 

Bravo ! Les proportions regardent le centre. 

 

L’union de la rationalité et de la poésie, et la mélodie des arts 

La rationalité, faite d’une extrême rigueur, convoque à sa table la poésie qui libère la création. L’union des contraires constitue l’ordre symbolique en architecture comme dans le langage. Sans elle, le bâtiment resterait muet et serait donc privé de la parole. Et pour donner toute son extension aux échanges de la communication et réveiller le sens du beau chez les habitants, Le Corbusier compose une mélodie des arts en invitant, avec la poésie,  la musique, la sculpture, la peinture, sous le regard du modulor.

Tout chantonne ensemble sensibilité, rigueur, invention. 

Modulor : faire de l’architecture un prolongement d’homme, un contenant d’homme. 

L’architecture, c’est comme la musique, il faut des silences. L’architecture est une suite d’événements visuels, comme la musique est une suite d’événements sonores. Le profil architectural est une mélodie bâtie. Goethe disait : « L’architecture, c’est une musique pétrifiée ». 

Pan de verre ondulatoire, belle invention ! Joie qui récompense de bien des douleurs. 

Cette mise au point de pans de verre a été faite par Xenakis. Sa partition musicale « Les metastasis » pour orchestre avec 65 exécutants composée avec le Modulor, trouve ici sa transposition visuelle en rythmes et espaces correspondants. 

Mon béton est beau, il faut seulement le réveiller avec des couleurs fortes. 

Noir, rouge, bleu, jaune, blanc… les couleurs sont un coup de clairon dans l’architecture. 

Mais où commence la sculpture, où commence la peinture, où commence l’architecture ?  Tout n’est qu’unité dans le corps de l’événement plastique : architecture, peinture, sculpture composent la synthèse des arts majeurs. 

 

Le jeu de la mort et de la vie 

Dans les bâtiments de Le Corbusier, mort et vie sont en constante interaction. Se cachant  sous l’ombre et la lumière, elles se manifestent avec une violence explosive dans le couvent de La Tourette. L’église en effet est un immense utérus et un énorme tombeau comme l’Univers lui-même. Ici les lois de la nature rejoignent le mystère de la Résurrection. C’est le monde, en son entier, qui engendre l’homme nouveau. Au centre de gravité, le grand autel blanc est le lieu où l’homme et Dieu échangent leur nature pour que la mort, à tout jamais, devienne le moment même de l’explosion de la vie. A quelques mètres,  un peu à l’écart, un espace éclairé par d’immenses canons de lumière offre un lieu protégé à l’homme nouveau qui vient de naître ; des couleurs vives se penchent sur le petit autel-berceau comme les mages de la crèche.

C’est avec l’autel que le centre de gravité est marqué ainsi que la valeur, la hiérarchie des choses. 

L’autel, c’est le diapason qui donne le la. 

Le lieu sacré par excellence, il déclanche le rayonnement de l’œuvre. Cela est préparé par la proportion, la proportion est une chose ineffable. 

 

L’espace indicible ou la rencontre avec le mystère 

L’architecture est faite pour nous conduire jusqu’au mystère. L’homme se tait, la parole n’a plus sa place. L’être tout entier entre dans la contemplation.

Lorsqu’une œuvre est à son maximum d’intensité, de proportion, de qualité, d’exécution, il se produit un phénomène « d’espace indicible ».  Les lieux se mettent à rayonner, physiquement ils rayonnent. Ils déterminent ce que j’appelle « l’espace indicible », c’est-à-dire un choc qui dépend de la qualité de réflexion, c’est du domaine de l’ineffable.

 

Etienne Duval, le 23 juin 2009

 

 

 

Le beau livre de Pierre Boulais et Luc Moreau « La Tourette, Un couvent de Le Corbusier » peut être obtenu auprès de :

 

Pierre-Etienne Boulais, B.P. N° 26, 38 660 LE TOUVET

 

Prix du livre : 27 € 

Prix du port : 6€

 

_________________

 

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Published by Duval Etienne
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commentaires

Jacques Besombes 07/08/2009 18:20

Tu trouveras ci-joint un texte qui regroupe les réflexions que m'ont inspirées- les visites du Havre et de l'église Saint Joseph de cette ville.- ton texte "Une leçon d'architecture ou un voyage initiatique avec Le Corbusier"- celui, très beau, que tu as titré "Quelques réflexions sur la place de l'étranger dans la ville et dans la culture"Je n'ai pas respecté la regle de concision du "blog", excuse moi, de toutes façons, ces reflexions ne sont pas une réponse. Si tu veux en tirer une partie pour le blog, tu peux le faire, mais ce n'est pas mon but.Simplement, j'essaie de rendre deux fortes  sensations que j'ai  eues pendant ce voyage :- les visites du quartier reconstruit et de l'église m'ont conduit à relativiser un peu la suprématie de le Corbusier qui reste grande dans notre esprit. J'ajoute que je n'ai jamais habité le couvent de la Tourette, je n'ai donc seulement qu'un ressenti de visiteur.- les visites du port du Havre (bien calme) et du pont de Normandie sur la Seine m'ont amené elles aussi à relativiser concretement ce que j'appelerai "l'importance française" en face de réalisations très récentes et qui sont d'une autre échelle. J'ai choisi ces dernières en terre chinoise parce que je connais un peu, mais on pourrait trouver d'autres comparaisons.J'aurais pu , bien sûr=20essayer de séparer ces deux sensations, mais je crois que la leçon d'Auguste PERRET sur la recherche de" la banalité" en arts'applique  aussi bien à la nécessaire modestie de l'architecte et au respect qu'il doit à ses "clients" ; qu'au dépouillement de l'EGO qui nous est indispensable pour accepter le grand brassage avec l'étranger et la remise en cause de toutes nos façons de voir.J'espère ne pas t'ennuyer avec mes histoires (suffit que tu le demandes et j'arrête). Fais en ce que tu veux.amitié, à bientôt,Jacques BESOMBES

Petel daniele 31/07/2009 12:26

Madame  Annick Collafarina 
 
Madame! Oh! Madame vous venez de me transmettre par votre texte : l’ouvrage (œuvre d’art) de la Dame à la Licorne !
J’y vois l’arbre de la transmission du savoir bien faire des femmes. J’ai la ferme intention de l’aider à refleurir et qu’il nous donne ce beau fruit que je nomme espérance. J’y mettrai toute mon âme des jours et des nuits sans fausse modestie car cette sève qui monte par mon canal (Pour ceux qui ne comprendrai pas. Je veux parler de ce canal féminin qui sert à faire les enfants)
Et ce ne sera pas dans la rédemption (à genoux) car je sens en moi juste entre la chaire et l’os s’installer la colère !. Et même s’il faut allez demander des comptes (au bon dieu) je le ferai ça peut pas mieux tomber j’ai un compte personnel à régler avec lui.
 
Et pour citer Etienne Duval « la femme oubliée, celle qu'on a enterrée vivante. Mais cette femme n'est pas morte. Elle continue à dérouler le fil de la vie, la pulsion créatrice, comme dit Annick: fil d'Ariane, qui lui permettra de se libérer en libérant l'homme de son mensonge. Créer, c'est croiser les fils, celui de l'homme et celui de la femme. »
 
Madame Collafarina vous avez l’âme d’une grande résistante car vous défendez la cause humaine avec beaucoup de générosité et de conviction
                                                                              Bien à vous MADAME 
                                                                                                                                                            Danièle Petel

Etienne Duval 31/07/2009 09:12

Quel très beau texte ! Il fait écho, pour moi, aux Mille et Une Nuits, qui nous rappellent sans cesse la femme oubliée, celle qu'on a enterrée vivante. Mais cette femme n'est pas morte. Elle continue à dérouler le fil de la vie, la pulsion créatrice, comme dit Annick: fil d'Ariane, qui lui permettra de se libérer en libérant l'homme de son mensonge. Créer, c'est croiser les fils, celui de l'homme et celui de la femme.

Annick Collafarina 31/07/2009 09:03

Réflexion sur le fil…
 
Il était une fois un éminent spécialiste et critique d’art qui déplorait que, dans la création, lesfemmes soient pratiquement absentes, en peinture, en musique, en maître-queue…
Avec mon fil entre les doigts, je me suis sentie rayée du monde de la culture pour retomber dans le vil raccommodage !
Le fil…
Le fil de l’eau…, le fil de laine… de soie… fil de coton, simple et rêche…  celui qu’on enfile avec des gestes précis, pour une couture, un raccommodage… Pourquoi ne dit-on pas « une restauration » comme pour une œuvre d’art ?
À Aubusson, j’ai vu une femme restaurer une tapisserie, tissage d’art ; elle était devant une toile grossière au milieu de laquelle il y avait un trou.
Avec un fil de laine, elle faisait ce que toutes les femmes appellent une reprise lorsque c’est une chaussette. Mais là, l’enjeu est bien plus important : l’œuvre d’art est signée, avec sa date de naissance, le nom du licier, de l’atelier ; cela s’appelle une "restauration".
La vie de cette femme n’en est pas moins rongée par le passage du fil dans tous les sens.
Du fil…Un fil de soie, doux et brillant ; un fil de laine qui tricote les pulls de monsieur… ; un fil de coton, mate et sec, si fin sur la peau… ; un fil dans les mains tendres et expertes des femmes, front penché, les yeux rougis par les veillées, mais le cœur plein d’amour pour celui vers qui l’œuvre va réchauffer ou embellir la peau.
C’est le fil d’Ariane, celui auquel on s’accroche…, comme une aveugle à sa canne.
Du fil vers le sens : que de kilomètres, que de pulls, que de gilets, chaussettes où chaque maille vous rapproche du sens, sans que vous le sachiez.
C’est curieux ce besoin du tricot, ce travail qui vous absorbe des heures ; vous le posez un instant, et vous sentez vos mains qui continuent de guider les aiguilles, qui piquent l’anneau de laine juste où il faut, raccrochent le fil qui est derrière et le ramènent à travers l’anneau, formant des milliers de nœuds qui se rangent en centaines de rangs, et, comme par magie, le tissu est constitué.
Fil de coton, fil à fil, droit fil, donner du fil à retordre : broder des draps, des corsages, des jupons, des rideaux où la lumière filtre le soleil, des tentures pour réchauffer, décorer ; fabuleux ornements discrets, usuels, quotidiens, intimes.
L’homme crée…La petite main fait le travail ; ce n’est même pas une femme ! Une arpette… De fil en aiguille, sexisme, ségrégation ? À quoi pensent ces femmes en créant ces merveilles où sont crochetées, incorporées, tout le long du fil qui les soutient, les histoires des régions, des techniques, des pays ?
Je lis comme une écriture ces dessins, ces arabesques ; géométrie précise : les points de chaînette, de croix, d’Alençon, point de mousse, à l’endroit, à l’envers, maille anglaise, le joli point de riz, le jeté, le point diamant si gourmand : il mange toute la laine ! le surjet, la torsade, la bride, la demi-bride, les côtes ; autant de mots codés laissés aux femmes pour exprimer les secrets qui passent le long des fils.
Des jours et des nuits pour que l’âme des femmes, modestes et sacrifiées, s’inscrive avec humilité.
Je revois ce livre où des femmes grecques insèrent leurs cheveux dans la couverture tissée ; langage d’amour envoyé au mari prisonnier du tyran !
Pierre Legendre parle de la trace de l’humain : défaut laissé exprès par les femmes tunisiennes dans les tentures tissées, qui est le signe discret que seul, Dieu est parfait !
Des images défilent devant mes yeux : une petite fille brune, minuscule, devant un grand métier haute lisse, à Casablanca. Cinq ans, six ? Elle tourne vers moi son regard noir, profond, mystérieux ; elle me sourit et ses mains continuent à tisser : deux oiseaux volant sur le lourd tapis.
Femmes turques, devant la maison, face au jardin fleuri de cosmos ; elles me touchent, veulent voir mes dents, rient aux éclats, de la curiosité plein les yeux ; mais leurs mains continuent de crocheter une dentelle neigeuse, fine et longue qu’une enfant assise à leurs pieds enroule en bobines rebondies.
Il ne leur vient pas à l’idée qu’elles font œuvre de création.
Elles sont des fées qui font sortir de leurs mains magiques une dentelle aérienne, où les fleurs, les feuilles et le branches s’entrecroisent avec art.
Non ! Elles rient : la française est là, c’est la fête…Et pour grandir à mes yeux, une jeune fille va chercher un « poste à musique » qui hurle un chant d’amour, puis elle reprend son tout petit crochet métallique, et le fil, fin comme un cheveux blanc, se tord dans la dentelle.
Elles me font penser aux femmes bretonnes de mon enfance qui, sur un « pavé », font sauter les fuseaux de bois sur lequel le fil est embobiné ; il se noue autour des épingles piquées sur un canevas ; les doigts de fée structurent la dentelle, toile d’araignée somptueuse qui va parer les princesses.
Elles bavardent, elles rient, sans savoir qu’elles sont des artistes, que sous leurs mains nait une œuvre d’art…, parce qu’elles savent qu’elles ne sont que des femmes.
Il était une fois un éminent monsieur qui expliquait que, dans le domaine de la création, curieusement, les femmes étaient absentes. Mais, il laissait sous silence que les femmes, en plus des tâches ménagères, du devoir de faire et d’élever les enfants, ont toujours soutenu l’homme dans ses recherches, se vidant de leur sève.
N’étant pas reconnues, sans statut, sans droit, elles ont trouvé dans le chemin du fil, un biais pour exprimer, envers et contre tout, leur pulsion créatrice.
 
                                                                                                                                             Annick Collafarina 

Charles Lallemand 31/07/2009 08:55

Étienne bonsoir,"tricoter les rapports entre les dieux et les hommes", comme tu l'écris joliment m'évoque un texte dont ma voisine de pallier et amie de longue date qui vient de fêter ses 80 ans m'autorise à vous faire part, à l'adresse en particulier de Danielle, en complicité avec elle pour ce que cette "réflexion sur le fil" peut avoir de subversif: : c'est une réflexion de celle qui elle-même est "sur le fil" tout autant que sur son art; aussi n'est-elle pas tentée par la toute-puissance comme peut l'être l'architecte qui, lui, au sens étymologique est "l'archi", celui qui "ordonne" au sens de commander, verbe à l'impératif, sans sujet ! Ce qui n'est pas il est vrai ton propos Étienne, tu nous parle architecture, tu nous parles de l'œuvre.Amicalement, Charles

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