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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:00

L'ange aux leurres de Marc Chagall

http://www.alexein.com/web/L%27ange%20aux%20leurres.htm


Dénis d’évidences sur fond de crise

 

Gérard Jaffrédou s’interroge, d’une manière générale et plus spécialement en ce temps de crise mondiale, sur les dénis d’évidence qui nous empêchent de voir la réalité telle qu’elle est et privent la parole de son pouvoir de critique et de contestation. Il en analyse les raisons une à une sans être complètement sûr des différentes explications proposées. A la fin, il tente de dépasser la recherche des causes, sans pourtant l’abandonner,  parce que seuls peuvent être décisifs, en dernier recours, un pari sur l’avenir, porté par la générosité et la gratuité, et un engagement du sujet dans des choix radicaux et sans ambiguïté appuyés sur des "analyses concrètes des réalités concrètes" .

Etienne Duval, de son côté, s’appuyant sur Les contes des Mille et Une Nuits, croit discerner, à la base des dénis d’évidence, une séduction plus ou moins cachée, qui détruit les ressorts de la parole et sa capacité de dénonciation et d’affirmation de soi. Il reste alors à la repérer pour la faire apparaître au grand jour et contrarier ainsi le processus d’exploitation et d’exclusion de ceux qui travaillent au bénéfice des plus riches.

 

 

Sur quelques dénis d'évidences

 

Je reprends donc un des points de départ d'une réflexion qui me poursuit depuis assez longtemps.  Lucien Sève, donc,  écrivait dans une tribune du Monde il y a quelques années : « Jamais le capitalisme n'a été aussi massivement et aussi évidemment destructeur, et jamais il n'a été aussi peu contesté »  (Je cite de mémoire).

 

Ce qu'on ne veut pas voir

La "crise mondiale", est sous notre nez. Ses origines me semblent fort évidentes : le fonctionnement du système capitaliste et sans doute sa nature même, ce qui est dénié d'une manière générale, ou contourné (c'est la faute à la forme ultra-libérale, ou à la finance, ou à quelques voyous). Et l'immense crise climatique, inséparable. 

En ce qui concerne l'avenir, il semble assez évident qu'on va dans le mur. Mais le pire n'est pas toujours sûr, quoi qu'on dise. Il se peut que le moteur explose avant ; comme dit Hervé Kempf : ce serait une bonne nouvelle. Mais je crains d'être, avec cette hypothèse,  dans le déni d'évidence : car on y va, au moins sur la lancée.

 

Des dénis d’évidence ? pourquoi ?

Sans doute, c'est  le recul, la suite des événements ultérieurs, qui font apparaître les évidences, qui ne s'imposaient pas sur le moment. Du moins pas à tous. C'est là le problème. Une minorité les voyait : Une minorité, MAIS pourquoi pas tous, en particulier ceux qui savent, détiennent les pouvoirs d'agir ?  Pourquoi, donc,  ces " dénis d'évidence  "?Et l'acceptation, pour le moins, et massive, de ce qui s'ensuit ?

 

Les réponses possibles sont multiples et parfois simples. La question est peut être oiseuse, d'autant que leurs combinaisons sont complexes et variables, ou relèvent de la théorie et sont invérifiables.  Essayons.

 

Par crainte, optimisme, facilité, résignation ? …

La crainte de voir la réalité, si on la sent déplaisante et menaçante (mais pourquoi ce refus ?).  La conviction (acquise comment ?) que la réalité est complexe et nous dépasse ; que par conséquent, il faut laisser faire les experts, ceux qui savent  (en savent-ils plus ? savent-ils ce qu'il faudrait savoir ? ) . La conviction (d'où vient-elle ? ) de son impuissance de toutes façons : à quoi bon trop réfléchir ? ("Le monde, on le changera pas !" dit mon voisin de Lesches pourtant visionnaire de bien d'évidences). Un optimisme de principe, de facilité, voire de résignation : on verra bien, on fera avec, ça ne peut pas être bien pire que maintenant.

 

… Ou parce que le langage et les experts pensent pour nous ?…

Le langage, de plus,  nous joue des tours : ses tours et tournures enrobent la réalité . Nous ne voyons plus que des gentils "partenaires sociaux" égaux et loyaux ; et des "consensus positifs " des  "plans sociaux" salvateurs, "des "investisseurs" "performants" etc. etc. Nous jouissons d’un système "libéral", "ultra-libéral" même : vive la liberté !, d’une "société de marché" "non faussé" : vive l'abondance ! Plus de capitalistes, mais des "hyper-riches", des "grands dirigeants", "méritants", eux. Les "travailleurs pauvres" n'ont qu'à travailler plus. Plus aucun prolétaire exploité ; plus  aucun "travailleur" depuis qu'Arlette a pris sa retraite. Il était temps d'ailleurs, on commençait à en rigoler. Le langage pense pour nous (de qui est la formule ?). Et c'est un donné

 

Donné notamment par les "experts", transmis par les médias. Le langage technique, savant, en impose, se donne comme objectif, et pose comme objectif, quasi naturel, le phénomène dont on parle. Ainsi le monde est fait de mécanismes trèèèèès complexes, qu'eux seuls connaissent, qu'on ne peut changer. Les questions qui renvoient, au delà des jargons, à la réalité,  ne seront donc pas posées. Elles sont au choix : incompétentes, dogmatiques, idéologiques, démagogiques,  etc. etc. .D'autant qu'il est difficile, parfois héroïque, de penser contre le cadre conceptuel qui vous a formé et surtout contre le cadre institutionnel qui vous nourrit et qui, accessoirement, réchauffe votre ego si vous brillez un peu et ne crachez pas trop violemment dans la soupe.

 

…Tandis que subsiste, hors du temps,  une démocratie illusoire

Elles ne seront pas posées  non plus par les "représentants du peuple", puisque le "peuple" ne se les pose plus guère. Représentent-ils d'ailleurs vraiment le peuple ? On ne voit pas qui parlerait pour les "travailleurs", les "prolétaires exploités", puisqu'il n'y en a plus : uniquement des "consommateurs". Il s'agit de défendre, non le peuple, mais, en partie contre lui, le seul système économique possible désormais, et bien sûr la République comme elle est, la meilleure de toutes. Le temps est celui des échéances électorales, non celui de la réflexion sur d'autres hypothèses.  Les représentants du peuple n'ont plus qu'une utilité : faire  croire que la démocratie existe.

 

Somme toute, tout cela constitue -à l' évidence- des encouragements puissants à ne rien voir ni penser. Le besoin de croire -pour de multiples et assez évidentes raisons- est plus fort que la possibilité de savoir. Ce que l'on a besoin de croire a plus d'évidence que ce qu'il s'agirait de savoir - quoi que…  les "évidences" résultant d'un "savoir" comportent aussi une bonne part de croyance ….Mais je n'ose m'avancer sur ce terrain : comment, à quelles conditions se constitue la vérité, ou l'impression d'évidence, ce qui n'est pas tout à fait la même chose sans doute.

 

 

Ou bien les dénis viennent-ils de plus loin ? la pensée magique, les tabous, une pulsion de mort ? …

Mais reste à savoir pourquoi ça marche si bien. C'est là qu'est l'os. J'extrais de quelques lectures ou relectures récentes, quelques hypothèses. On peut accuser d'abord le bon vieux déni de réalité. Mais, encore : pourquoi ? La "pensée magique" nous pousse parfois à faire comme si nos désirs, traduits en incantations, gouvernaient le monde. Elle  constitue peut être un vieux fonds de non-pensée et de non-action sur le réel, nourrissant une pseudo-action limitée à du symbolique, du verbal, de l'affectif. C'est le discours politique dominant, sa forme "correcte", c'est à dire moralisatrice et illusionniste.

 

De plus, des tabous demeurent puissants, protégeant l'origine même du pouvoir : l'argent et tout particulièrement l'argent capitaliste : secret et silence là-dessus. Enfin les tribus, à travers le monde,  restent  réunies dans la contemplation de leur totem propre et crispées sur sa défense. La nation, son territoire sacré et son État, et les "identités" reçues comme des essences tombées d'un ciel éternel,  sont, depuis le XIXème s. surtout, les espaces  élémentaires et sacrés de la sécurité supposée du groupe donc des individus : panique si on y touche. D'autres totems plus globaux surgissent, illusoires, dérisoires ou délirants. Ce qui laisse peu de chances à l'approche rationnelle des problèmes réels.

 

Plus grave. Si on en croit le père Sigmund, d'accord avec Keynes,  repris par Dostaler et Maris, les groupes humains sont, comme les individus, animés "au fond" par une pulsion de mort. Le capitalisme en particulier, fondamentalement prédateur et, plus généralement  le fonctionnement social n'y échappent évidemment pas. Cette "pulsion de mort" ferait ainsi accepter les évidences ou les pronostics les plus sombres, dans une sorte de jouissance morbide aux ressorts inconscients. On connaît les protagonistes : Éros et Thanatos dans leur combat incertain …. Que le meilleur gagne ! Les paris sont ouverts. Puis aux abris !

 

Que faire ? Des choix radicaux sans doute nécessaires, «  vomir le tiède »

On peut aussi choisir de participer à la lutte. Ce qui implique de choisir son camp ; qu'on retrouve les conditions d'une connaissance et d'une pensée justes ; qu' on discerne quelles sont les forces qui agissent ; et  comment on peut, comme "sujet", agir concrètement sur elles, avec elles. Vaste programme. Je pense souvent à l'exemple de ceux qui, en 1940, ont choisi le bon camp, qui s'imposait à eux d'évidence. Je suis persuadé que nous sommes dans une situation analogue, décisive, appelant des choix radicaux, "vomissant le tiède" et disqualifiant le compromis prudent.

Il y avait chez ceux-là d'abord une appréciation très concrète du rapport de forces dans l'espace et le temps ; la perception claire, immédiate, du sens inacceptable que prend le cours des choses. Mais il y avait fondamentalement un pari fou sur un avenir ouvert, porté par la générosité, la gratuité, une révolte salutaire contre les myopies de vieillards et les institutions qui n'ont d'autre but que se perpétuer ; parfois la défense du totem tricolore, (mais il était aussi vénéré de l'autre côté ! ). Et un refus instinctif de la barbarie. C'est à dire le choix vital de la culture, du respect d'autrui, et de la liberté. Ingrédients indispensables d'une démocratie.

 

Peut être est-ce ceci qui ferait passer de "l'individu" au "sujet", encore loin à l'horizon, à travers une sorte de "kénose"  cosmique et historique  tant qu'à faire, mais très hypothétique ? La seule évidence qui reste est que  plus rien n'est désormais assuré. Nous sommes plus que jamais dans l'incertitude.

 

 

Gérard Jaffrédou, 15- 19.III. 2009 -

 

 [1] L'histoire abonde de tels dénis d'évidence, qui débouchent rarement sur des lendemains qui chantent. Ainsi : les situations coloniales, intolérables, et perpétuées ; la barbarie absolue du nazisme, tolérée, voire encouragée et appelée ;  sa victoire considérée comme définitive en 1940 ; les doctrines de Défense depuis la première guerre  et leurs réalisations dérisoires ou coûteuses, etc., etc., etc. Arrêtons là.

Je relis LEFEVRE (Henri). - La vie quotidienne dans le monde moderne. - Paris, Gallimard, 1968 (!). - 384 p. (Coll. Idées), qui mettait …en évidence des  tendances et mécanismes (sociaux, idéologiques, politiques) bien avérés depuis !

Il y a eu le LTI (Lingua tertii Imperii  : KLEMPERER (Victor). - LTI, la langue du IIIè Reich, carnets d'un philologue. - Paris, Albin Michel , 1996 . - 377 p. (Leipzig, Reclam Verlag, 1975) Traduction de l'allemand et annotations par Elisabeth Guillot. (Collection Pocket Agora) .  Il y a celui de la Vème République (Ligua quintae Respublicae) analysé par HAZAN (Eric). - LQR, La propagande du quotidien. - Paris, Ed. Raisons d'agir, 2006.- 127 p.  Tout ceci est bien repéré !

GUSDORF (Georges). - La parole.- Paris, P.U.F., 1952 (!). - 126 p. (Coll. Que sais-je ? )

BADIOU (Alain). - De quoi Sarkozy est-il le nom ? . - Paris, Nouvelles éditions Lignes, 2007.- 160 p. Cf. . pp 45 sq.

je note d'ajouter à mon programme de lectures ce cher  Emmanuel Kant …..

et animées par le "narcissisme de la petite différence" qui porte à haïr les plus proches sur la base de "petites différences" , par contentement de soi. FREUD  (Sigmund). - Le malaise dans la culture. - Paris, P.U.F., 1995 (1930,1948) . - 95 p. ,  p. 56-57

  NOIREL (Gérard). - État, nation et immigration,  Vers une histoire du pouvoir. -  Paris, Belin, 2001. - 590 p. (Coll. Folio Histoire. ) Cf. Ch. IV, p. 131 -216, passim. . Cf. aussi sur ces cadres donnés a priori et qui bloquent la pensée : DETIENNE (Marcel) .- Où est le mystère de l'identité nationale ? .  - Paris, Ed. Panama, 2008.- 160 p.

Je dois avouer que je pense, respectivement, à "l'Europe, l'Europe, l'Europe ! " comme ironisait De Gaulle, à toutes les modes, et à l'islamisme et autres intégrismes.

DOSTALER (Gilles) et MARIS (Bernard) . - Capitalisme et pulsion de mort . - Paris Albin Michel, 2009.- 173 p.

La puissance des appels de juin ne vient pas de la rhétorique, mais de leur justesse concrète : "D'immenses forces n'ont pas encore donné. Il reste…" etc. etc.

Exemplaire d'un fatal refus d'évidence,  le récit  de l'Amiral Patou, à l'époque Lieutenant de vaisseau sur le Dunkerque je crois, à poste à Mers-el Kebir en 1940, et qui a rallié très vite les FNFL. Il raconte que, officier de semaine, le 4 ou 5 juillet,  il se rend chez le commandant, un vieux Capitaine de vaisseau, voulant l'avertir que l'escadre anglaise était là et se mettait en position de tir… La seule préoccupation du pacha, dit Patou, était de savoir ce qui était prévu à la feuille de semaine. C'était le "nettoyage de coque" . Réponse du pacha : "Ah ! Nettoyage de coque , très bien, ça : alors : nettoyage de coque ! - Mais commandant, les Anglais ?… - Non, non ! nettoyage de coque, nettoyage de coque, c'est très bien" .  " Refonder le capitalisme ? Ah ! c'est très bien ça, refonder le capitalisme !"  On devine la suite.

 

(dernière minute, le 29.III.09) C'est à dire aussi que tout est possible , y compris qu'on accepte enfin quelques évidences jusqu'ici déniées : le "scandale Veolia" n'est pas moins significatif que les précédents (dont les 140 % de Sarkozy), s'il passe moins inaperçu. Quelques commentaires  annoncent "la fin d'une époque".  Peut être, peut être, si on en voit la vraie dimension qui n'est ni morale ni de convenances. La constatation du "scandale" pourrait mettre en cause les finalités du système économique, la hiérarchie sociale, les complicités personnelles et les mécanismes institutionnels, et finalement les  principes fondamentaux  d'organisation de la société : si ce n'est pas là un problème politique…Parions qu'il sera beaucoup pédalé pour l'escamoter comme les autres.

 

 

 

 

 

Comment s’opère l’exclusion, par les riches, de ceux qui travaillent, selon les Mille et Une Nuits
 

Les Mille et Une Nuits sont constituées d’histoires symboliques qui viennent résonner avec notre propre inconscient. Elles peuvent ainsi dévoiler tout en les voilant les ressorts cachés qui président aux comportements des individus et de la société. C’est ce qui se passe avec le conte intitulé Le premier frère du barbier. Apparemment il s’agit d’un pauvre tailleur séduit par une belle femme riche. Profitant de l’écho de son charme, elle va tout simplement exploiter le soupirant silencieux et, à la fin, provoquer son rejet par la société. Par le truchement de la séduction, la femme enlève à la parole du pauvre homme toute capacité de distanciation, de critique et de contestation. Autrement dit elle la détruit comme parole et laisse le champ libre à sa propre toute-puissance. Ainsi toutes les étapes de l’exclusion des travailleurs par les riches finissent par être révélées :

- Celui qui travaille est mis sous la dépendance du riche par la séduction

- Dépendant, il finit par travailler pour rien ou presque rien

- Le cercle des profiteurs s’élargit

- Le travailleur est complètement spolié, livré à la fatigue et à la faim

- Peu à peu il devient l’artisan de sa propre exploitation

- Il se transforme lui-même en esclave

- On le voit même réduit au rang d’animal

- Devenant un véritable déchet de la société

- Finalement il est poussé à la faute

- Le pouvoir, entièrement fondé sur l’ordre des riches, parachève son exclusion en le condamnant

- Seul peut alors lui venir en aide celui qui conserve, pour lui, un sentiment de fraternité (ici le barbier)

En réalité, ce n’est pas la richesse qui pose problème : c’est l’appropriation des  richesses aux dépens des autres. Le récit symbolique, par le truchement du miroir de l’inconscient, ne fait ici que révéler la structure des comportements qu’une telle appropriation va provoquer pour le travailleur, à partir d’une séduction souvent cachée, qui détruit les ressorts mêmes de la parole. Il faudra alors se demander pourquoi l’histoire ne fait souvent que se répéter et repérer où se situe la séduction destructrice pour l’empêcher de fonctionner…

                                                                                    Etienne Duval

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commentaires

E
Jacques, je reprends ton commentaire dans le nouvel article : le jeu de la culture entre déni et parole de vérité.
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B
Bonjour,Quand je lis "ordre symbolique", je me, je te, je vous...je nous... demande - qu'est-ce que l'ordre ? qui le définit, comment, à quelle échelle d'espace-temps, selon quel référentiel,à partir de quoi, selon quelle modélisation explicite, logique, sensible, esthétique ou autre, quelle relation au sens perçu, construit, donné, reçu...- comment un ordre symbolique (quel qu'il soit) peut prendre en compte l'aléatoire ?- comment ce qui ne présente pas de régularités, de continuité, de sens est-il pris en compte ? ordonnable ?- quelles sont (s'il y en a ) les conditions d'émergence d'un ordre...Ca fait déjà beaucoup de questions...Ceci dit il me semble aussi que continuer la réflexion sur le déni d'évidence est essentiel.Amicalement. J.
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E
Je pense que tu réagis au conte du barbier comme le veut le conteur. Il accroît les traits négatifs pour que nous posions des questions. Pourquoi en est-on arrivé là ? Pour lui, l'hypothèse est qu'il y a tromperie par une séduction mensongère qu'il faut repérer et analyser.
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J
La question de ces " dénis d'évidences" -nettement mieux formulée que dans ma petite tête !- correspond à des interrogations qui me taraudent depuis longtemps ... Cependant, je ne suis pas en mesure de comprendre les références savantes citées dans l'article . MERCI pour toutes ces réflexions qui nous font avancer , nous bousculent .Le conte du Barbier me dérange beaucoup : je ne le supporte pas . Le pauvre et le riche ont des rapports à l'argent vraiment différents .Pourquoi les pauvres ont-ils si souvent honte de se faire payer ?  
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F
Pour le déni, cela me  fait penser à une maxime grecque : "Les dieux rendent aveugles ceux  qu'ils veulent perdre". Ca marche bien dans toutes les "crises" et  peut-être aussi dans la gestion déjantée de l'église romaine,  abusivement dite catholique... mais ça ne me passionne pas. Je vais  quand même tâcher d'écrire à Gérard car ses exemples historiques  m'intéressent : je pourrais en rajouter des tonnes car j'ai fait  beaucoup d'histoire militaire, surtout navale. Et je connais très bien  cette sinistre histoire de Mers-el-Kébir évoquée par l'amiral Patou.  Mon enfance bretonne en avait reçu un écho terrible et direct (les  voisins...) Votre texte contient surtout des références : il y en a  peut-être d'autres que celui qui était en pièces jointes ?
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G
Je n'ai rien à contester de ce que tu dis. De plus, je me sens en dehors du débat dont j'ai raté les échanges : "c'est l'effet de mon inexpérience ! " . Surtout, je ne connais pas le monde de la justice et je ne connais de l'affaire que ce qui est dit dans la presse. Il y a, à l'évidence, un déni de responsabilité, pour les raisons que tu dis. A quoi j'ajouterais ceci, résultant de plus de trente cinq ans de métier dans d'Education nationale, dont douze en "responsabilité", et un peu de réflexion, depuis fort longtemps, sur la question de l'Etat en France. Je suppose que le secteur de la justice fonctionne comme celui de l'Education nationale et comme toute institution étatique (ou non). Ceux qui y exercent une responsabilité cherchent pour la plupart à protéger leur carrière en se servant de leur fonctions, et pour cela, à protéger l'institution qui les nourrit et dont ils ont la charge ; et très secondairement à améliorer cette institution en pensant aux besoins et au service des populations (des "gens"). Cela d'autant plus que la responsabilité exercée y est élevée. Sans doute. Ainsi, bien avant . 1968 , certains syndicats étudiants ou même de professeurs de l'Enseignement supérieur, démontraient le caractère très sélectif du système éducatif de l'Education nationale, très bien pour les uns, et dénoncé comme cause d'échec lourd pour beaucoup d'autres. Les "réformes" se sont succédé, sans jamais remettre en question ce caractère très sélectif ni en tirer de conclusions efficaces. Les uns ont bénéficié de la sélection tant mieux pour eux ; tant pis pour les autres qui l'ont subie . Mais assez désastreux pour l'ensemble. (Je viens de lire un article du Monde qui se lamente au passage sur cette question -de la sélection- : ainsi, celle-ci est toujours posée, après plus de quarante ans, a été ignorée de toute évidence par les Inspecteurs généraux et autres experts réformateurs, qui vivent loin de ce monde "très compliqué", comme disait à leur propos et avec ironie Jean Peyrot, alors président de l'APHG) . Ceci est pour moi d'une évidence totale.Je suppose, donc, qu'il en est de même, aux spécificités près, dans le domaine de la "Justice". On sauve l'institution, c'est à dire les positions acquises et celles qu'elles permettent d'acquérir. Quelques grandes voix prêcheront devant un mur. Le "justiciable" se débrouillera. Certains beaucoup mieux que d'autres. J'y vois (comme dans l'Educ. Nat. et toutes les institutions de l'Etat) un poids d'inertie supplémentaire : la croyance que, puisque "nous" avons la plus belle devise du monde, universelle et tout, nous avons forcément les plus belles institutions du monde, puisque républicaines, démocratiques et laïques, et définitivement. Pourquoi dès lors, en changer, sauf quelques détails ? Je pense que cette croyance consciente ou non, combinée avec quelques myopies, délibérées ou pas, pèse beaucoup, fait tolérer nombre d'oppressions, d'inégalités, de violences. J'y ajoute, pour faire bon poids, le caractère très pyramidal, hiérarchique de ces institutions , napoléoniennes pour la plupart ou l'essentiel, où le "supérieur" a raison a priori, puisqu'il a l'autorité. Je vois dans cette conception de l'Etat, qui interdit de fait une démocratie réelle et vivante, une cause très lointaine et très forte de sa sclérose, ou de son autisme séculaire, que la situation actuelle aggrave très dangereusement, en même temps qu'elle la met . en évidence. Ce qui est peut être une chance. Qui la saisira ? Quand ? Comment ? Je pense somme toute que ce déni de responsabilité est fondamentalement un déni d'évidence : sont déniées les causes multiples (plus complexes que je ne saurais dire dans cette simplification que je sais caricaturale) de cette situation, et la nécessité de concevoir et de faire autrement. Et la difficulté à le faire, pour ces raisons lourdes.On ne peut réfléchir sur le "déni d'évidence" sans analyser de quoi est faite une "évidence", sur des exemples précis : on trouve un système de "croyances" qui, en effet, comme tu l'as dit, sidère la pensée, pose des axiomes et des cadres, des certitudes définitives (ex : la supériorité d'un système), des incompréhensions, des craintes (pourquoi changer ?) . Le tout se combine avec l'ignorance des réalités en jeu, (les exclus ? - quels exclus ?) voire le mépris de ceux qui les vivent (. n'ont qu'à travailler plus !). Cela fait un monde " d' individus" au sens où tu l'entends, chacun enfermé dans ses "évidences", ignorant celles d'autrui, l'indifférence étant pire que la haine, escamotant les réalités. On pourrait aussi s'interroger sur ce que signifie l'inflation, dans le langage d'aujourd'hui, de l'expression "c'est évident ", "c'est pas évident". S'agit il de masquer, y compris à ses propres yeux, la fragilité des dites "évidences", de s'en excuser presque, et les imposer quand même ? Et de passer vite à autre chose. Au contraire, si l'on veut bien examiner lucidement de quelles croyances exactement partent nos "évidences", sur quelles connaissances vérifiables, provisoires, partielles elles reposent, comment cela s'articule, si cet effort se fait dans l'humilité, en dehors de tout jeu de pouvoir, c'est à dire dans la reconnaissance première d'autrui, à ces conditions-là on peut espérer "l'émergence de sujets" au sens où tu l'entends. C'est "simplement" le carburant de la démocratie. Ce n'est pas simple du tout. Mais ça me paraît d'une extraordinaire urgence. Gérard Jaffrédou 25.IV. 2009En m'excusant d'avoir été un peu long. J'y ai mis l'état actuel de ma réflexion sur notre sujet.
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D
L'affaire d'Outreau : déni de responsabilitéLa réprimande adressée par le CSM au juge Burgaud semble manifester une incapacité de la justice à porter une jugement sain sur elle-même, ou en tout cs, sur un de ses membres. Il y a, de sa part, un déni de responsabilité et cela nous interroge sérieusement sur le crédit que nous pouvons lui accorder. Il ne s'agit pas de charger le juge Burgaud car il n'est pas le seul concerné dans cette affaire. En même temps chacun est capable d'erreur, de négligence, en début de carrière. Pourquoi ne pas vouloir le reconnaître pour le bien même de l'individu concerné ? Que peuvent penser ceux qui ont durement ressenti dans leur corps et dans leur esprit les conséquences d'une instruction mal menée ? D'où vient, de la part des magistrats, ce déni de responsabilité ? Sans doute de l'incapacité d'un corps à se juger lui-même... Comme toujours, il y a deux justices : celle du tout venant et celle de ceux qui sont proches du pouvoir détenu par la justice elle-même.
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E
Un exemple de dépassement du déni avec la révélation de la chanteuse écossaise Susan Boyle, révélée récemment par une émission de découverte de talents à 47 ans et en situation de chômeuse : un phénomène !http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/04/16/une-ecossaise-de-47-ans-devient-une-star-sur-internet_1181776_3246.html
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E
La parole, même sur internet, est bien faite pour nous permettre de rejoindre le concret. Sinon il n'y a plus de parole. Personnellement je pense que l'on a raison de vouloir parler avec l'Iran comme le souhaite Obama. C'est la meilleure manière de sortir du danger pour l'avenir et de réduire à néant les gesticulations d'Ahminedjad. En l'occurence, il ne me semble pas qu'il y ait déni. Nous sommes constamment avertis d'un danger possible. Pour en venir au coeur du sujet, c'est vrai qu'il y a une menace réelle pour Israël. Mais Israël lui-même devrait aussi s'interroger sur ses pratiques à l'égard des Palestiniens, qui ne sont pour rien dans la Shoah. Sinon il devient  une réelle menace pour la paix du monde. Les deux menaces sont symétriques et se renforcent l'une l'autre. C'est pourquoi il devient urgent de parler pour désarmer la violence, prête à surgir, dans les deux camps.
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A
     peut-on quitter la pure spéculation pour le concret , et même le concret le plus brûlant ?    la thèse accréditant les capacités de nuisance de saddam hussein était un déni d'évidence , voire un pur fantasme ; mais la sous-estimation de la capacité potentielle de nuisance d'ahmadinejab , bien réelle cette fois , est un autre déni.   la réfutation du premier déni a-telle mené au second ?
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E
Vous avez raison ; je vais rectifier.
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A
dans le début du paragraphe "les dénis d'évidence? pourquoi? " de M.Jaffrédou ,il y a peut-être un "les" en trop ( l'hypothèse "dès les " semblant , quant à elle ,mener dans une impasse...)
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G
Je dirais que la croyace est un premier pas, qui peut aussi n'être que le seul : on n'est alors pas plus avancé, et cela revient à ce que tu dis.
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E
Je crois aussi qu'on ne voit bien que ce qu'on croit. Nous voilà renvoyés au début de nos discussions sur foi et croyances. Comme tu le sais, je suis pour la foi (pas forcément une foi religieuse mais la foi comme moteur de la vie) contre les croyances. La foi, en effet, nous ouvre les yeux alors que les croyances nous les ferment.
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G
Il me revient une formule de Pontalis (de mémoire) :  ' sans doute il faut le voir pour le croire, mais aussi on ne voit que ce qu'on croit ' .  Ceci pourrait clore le débat du blog, tellement ça me paraît juste et profond. A moins que, pour cette raison, ça ne le (re)lance.
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E
Oui tu as cent fois raison : il faut commencer par soigner notre propre parole, sans doute en acceptant d'abord d'être soi-même. C'était bien ma pensée que je n'ai pourtant pas dite... Sur le langage commun oui, mais attention à Babel : si on cherche trop un langage commun on finit par ne plus se comprendre. En même temps qu'on recherche un langage commun il me semble qu'il faut aussi cultiver la différence.J'ai fait mes classes avec Bourdieu notamment avec La reproduction que j'ai adorée, mais il m'a ensuite énervé : je trouvais parfois qu'il inventait l'eau chaude, notamment avec La Misère du Monde. Sans doute suis-je injuste. En disant cela je vise sa méthode...
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Y
Soigner la parole surtout chez les non concernés pour forger l'arme  nécessaire à la sortie du déni et à la construction d'un autre avenir,  ok mais il faudrait aussi soigner notre parole. C'est comme avec mon  cardiologue, quand je lis son diagnostic, je vais chercher la  traduction sur Internet, et pour que ce soit plus supportable,  j'allume ma pipe et je me sers un petit whisky bien tassé. Si on voit  trop les fils de la couture ou de la "culture", on ne voit plus le  dessein ou le dessin comme tu voudras. Parler avec l'autre, c'est  aussi parler un langage commun. j'aime bien Bourdieu, Yvon
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E
Tu m'excuseras : j'aurais dû garder secrètes mes anciennes études ancrées dans le système capitaliste face à un fidèle de la CGT ! Si je te disais la suite, tu serais étonné... Je te dirai dans le secret d'un e-mail !
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G
Assez d'accord là-dessus, bien sûr. Quoi que ... Quant au profit,  qui correspond à un honnête investissement, contrôlé par un rapport de forces raisonnable, pourquoi pas ? Mais c'est un schéma peut être un peu théorique, cependant. Car dans  la réalité, il y a des situations de rente, des glissements insupportables -dans tous les sens du terme- dans la répartition des richesses (produites par qui donc?) qui donnent à penser qu'il est peu raisonnable que la recherche du profit maximum et immédiat soit ad vitam aeternam  la loi fondamentale des sociétés.  Mais je n'ai pas fait Sup de Co et je reste fidèle à la CGT. Je n'en dis pas plus.Je te souhaite une sainte fin de semaine et un beau dimanche pascal, plein d'horizons ensoleillés. Gérard
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D
J'avais bien compris que la burka n'était qu'une image et c'est cela qui m'a intéressé. Par ailleurs, je crois que je suis assez d'accord avec tout ce que tu dis, sur le modèle unique dont nous n'arrivons pas à sortir, sur la récupération des révolutions, sur la coalition des non concernés. Tu nous invites à nous retrousser les manches, mais nous avons besoin d'une vision d'ensemble... Je reviens au déni. Pour moi, c'est le signe que la parole ne fonctionne pas, qu'on l'a châtré pour la rendre inoffensive. S'il n'y a plus de violence dans la parole, pour en faire une force d'affirmation de soi, de critique et de contestation, c'est la violence meurtrière qui risque de reprendre le dessus. Une des tâches urgentes à laquelle nous devons nous atteler, ne consiste-t-elle pas à soigner la parole, surtout chez les "non concernés", pour forger l'arme nécessaire à la sortie du déni et à la construction d'un autre avenir ?
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Y
Dans mon petit texte sur la burka, je ne m’intéressai à vrai dire ni à  la burka musulmane ni à la séduction, mais au pernicieux formatage des  esprits à l’aide d’un slogan identitaire simpliste (la grille de la  burka). Je ne m’en prenais pas non plus à la Révolution Française mais  à sa confiscation. Il s’agissait pour moi de la construction  collective d’une identité sociale fallacieuse, interdisant toute «  déviance » au nom d’une soi disant fierté nationale, faisant la fierté  et l’unité nationale, et de la langue de bois la condition du bonheur  d’un peuple. D’autres modèles identitaires  plus gênants ont surgi  depuis, malheureusement, pense-t-on, facteurs potentiels de troubles.  D’autres modèles démocratiques ont vu le jour, avec des histoires  différentes ; mais pourquoi regarder ailleurs quand le modèle c’est  chez nous. On ne nie pas les bavures ( comme le capitalisme ne nie pas  ses bavures) mais c’est le prix à payer pour ne rien vraiment  changer.  Je m’explique. Je pense que la Révolution est un grand moment de l’Histoire. Elle a  certes ses horreurs, même si l’histoire les met au compte  d’intellectuels extrémistes  (espèce dont il convient toujours de se  méfier) et de la lie du peuple ( qu’on retrouve encore dans les  banlieues dont il convient aussi de se méfier, la paysannerie ayant  heureusement disparuie).  Mais si le but de la Révolution était de se  débarrasser et de la royauté et de la noblesse, c’est certes chose  faite ; bon peuple, réjouissez-vous tous unis dans la fierté  reconquise, libres, égaux, fraternels. Le grand vainqueur de la Révolution qu’on évite de nommer n’est certes  pas le bon peuple, mais la bourgeoisie, petite, moyenne ou grande, à  laquelle nous participons tous, ou à laquelle nous sommes tous conviés  individuellement à accéder (travailler plus pour gagner plus), sachant  que la compétition individuelle ( la démarche capitalistique) comme le Loto sont les garants de la paix sociale. On évite de s’interroger sur l’histoire d’autres réussites sociales ;  pas de vagues, rien que le modèle unique. L’histoire de la démocratie  anglaise, les réflexions de Toqueville sur la démocratie américaine,  les fédéralismes suisses ou allemands, le multi ethnisme américain ou  canadien, la sortie de l’apartheid. On n’en retient, pour en rigoler  ou s’en désoler que les échecs lesquels chez les autres ne sont jamais  des bavures.Il existe heureusement chez nous comme partout des déviants pour  arracher la burka, parler du colonialisme (en Guadeloupe) ou de la  Françafrique, dénoncer les conditions pénitentiaires, désobéir aux  ordres militaires, parler des impunités policières, assister les sans  papiers, accueillir les clandestins, exiger le droit au logement, se poser des questions sur le nucléaire, promouvoir la bio, etc, etc. Mais il reste des grands tabous concernant l’accès égal à la  scolarité, le sexisme des élites, la représentativité nationale, le  cumul des mandats, le maillage territorial, etc, tout ce qui fait  l’ossature du pouvoir de la classe dominante héritière usurpatrice de  la Révolution. Car le grand danger serait l’émergence  d’une coalition  des non concernés, soit intellectuellement, soit existentiellement,  les exclus, les ratés, classe sociale non identifiée, plus vaste que  le prolétariat moteur d'un communisme trop centralisateur, trop  militarisé et lui aussi trop formaté. L’urgence me semble être de  travailler au surgissement d’une telle coalition. Je ne suis pas pour  la violence, mais entre la violence rampante du bâillon, et celle de  ceux qui n’en peuvent ou n’en veulent plus, le choix s’impose. C’est  bien triste des patrons enfermés, mais ce n’est sans doute pas assez.  Mais que faire?Coup de gueule bis , Yvon
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E
Je n'avais pas compris que tu allais chercher ton argumentation dans l'article précédent. Oui il y a des imprécisions, des dénis sans doute. Ma seule ligne de crête était de ne pas sortir du paradoxe, des oppositions qui sont à la base des structures symboliques. Sur la signification de la gauche et de la droite, je reconnais que je suis resté dans la caricature. Mais, tu vois , ayant fait autrefois Sup de Co à Lyon, je suis moins radical que toi sur la notion de profit. Entièrement d'accord sur le fait que la société ne peut pas se bâtir sur la recherche du profit, mais un minimum de profit est nécessaire pour faire des investissements économiques et sociaux. Pour moi les choix radicaux ne sont pas unipolaires : ils doivent toujours maintenir la tension de l'entre-deux qui permet l'avènement du sujet. Et puisque nous sommes dans le déni, et moi, dans le rapport entre le déni et la séduction, je pense qu'il est urgent de prendre conscience des ravages que produit la séduction de l'argent à l'origine du déni, et d'en sortir le plus rapidement possible. C'est pour cela que l'Evangile insiste sur le choix entre Dieu et l'argent : Dieu, comme horizon ultime, dans l'Esprit du Christ, maintient l'espace du possible et ouvre l'espace du sujet, alors que l'appât de l'argent finit par fermer ces deux espaces...
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G
Je viens faire amende honorable.Je me suis emballé quand j'ai (mal) lu dans ton texte "le système libéral s'est construit sur le primat de l'individu" oubliant sur le coup ta distinction entre individu et sujet, que pourtant tu rappelles ensuite. Tu sais bien que, à mes yeux, ce terme de "système libéral" est un habillage qui permet de ne pas parler d'un "système capitaliste" ou permet d'en parler favorablement. D'autant plus emballé que le terme de "profit" - j'ai eu beau relire- n'apparaît pas dans ton texte. Je me serais attendu à une petite précision : ce " système s'est (aussi et fondamentalement) construit sur le profit", son appropriation privée, à l'abri d'un système politique à son service et d'un discours qui le rend acceptable, même - et d'abord -, à ceux qu'il exploite.Y aurait-il là , mon cher Etienne, quelque " déni d'évidence " ? Puis mes inquiétudes se sont confirmées lorsque j'ai lu (dans ton paragraphe "lier l'économique et le social" ) que "une des dichotomies qui affecte le plus le comportement des Français et celle qui oppose l'économique et le social", qui se traduit par "l'opposition entre la droite et la gauche". Je reste perplexe. L'opposition entre la droite et la gauche, selon moi, historiquement, est plutôt le clivage entre ceux qui affirment que le système capitaliste est le meilleur, le seul bon, indépassable, amendable (toutes les nuances sont possibles) et ceux (jusqu'à présent de moins en moins nombreux et fort peu pris au sérieux, mais ça peut changer ) qui pensent le contraire, qu'un autre horizon est non seulement "possible", mais nécessaire pour plus de justice et d'humanité : ce que Badiou appelle "l'hypothèse communiste" (Cf. son dernier et son prochain bouquin) . Je pense donc que refuser radicalement le capitalisme, c'est à dire, évidemment, refuser le profit comme base et fin de la société et de la vie, est ce qui permet "l'émergence du sujet" , dans des lendemains qui chanteront peut être. A condition, bien évidemment, de voir, d'abord, d'admettre, que cette réalité du profit est à la racine "des choses", pour dire vite, et avec tous les effets très concrets, chaque jour plus évidents . Par ailleurs j'ai sursauté et souri avec amusement à ton interrogation : " comment l'étranger peut -il trouver sa place en France s'il est obligé de sacrifier ses racines culturelles ?" Bien sûr ! J'y répondrai par une autre question : "comment l'étranger peut il trouver sa place dans une France qui a imposé à ses propres citoyens de renoncer à leurs propres racines culturelles -à moins qu'elles ne deviennent un vague et gentil folklore ? " . Cette France-là (je sais que nous sommes d'accord !) a détruit une condition essentielle pour que ses citoyens soient des "sujets", non d' Ancien Régime comme le prétendrait ce cher JLM, mais des "sujets" comme tu l'entends, ouverts, riches et intelligents de leurs différences et écarts linguistiques et culturels, qui sont des interstices où vit de sens et s'enracine la  liberté. J'espère avoir, cette fois, mieux compris et mieux dit. Il reste que ce qui est évident pour moi ne l'est pas forcément pour autrui, qui n'est donc pas à tous les coups dans "le déni".Bien amicalement
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E
Finalement je trouve très intéressante ta parabole de la burka, où la femme est sans visage, comme si elle n'était pas un sujet véritable. Ici tu enfonces justement le clou en liant déni et non reconnaissance de l'autre.Poursuivi par mon idée fixe, j'essaie de voir s'il y a ici un phénomène de séduction. J'y retrouve au moins la volonté de bloquer la séduction de la femme. La burka serait un moyen de se protéger contre cette séduction. Autrement dit, il faudrait regarder le problème du côté de l'homme. C'est lui qui serait la première victime de la séduction qu'il ressent. Cette séduction qu'il veut nier à tout prix cache le visage de la femme et l'empêche de la reconnaître en tant que femme. Autrement dit, le déni est beaucoup plus du côté de l'homme que du côté de la famme. Et finalement il ne se reconnaît pas lui-même en tant qu'homme. Entièrement d'accord sur les valeurs de la République. Nous sommes devenus les premières victimes de La Révolution Française parce qu'elle exerce encore sur nous une fascination injustifiée. Mais s'il y a une telle fascination, c'est qu'il y avait aussi un côté sombre qu'il fallait, à tout prix, cacher.
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Y
Qui n’a pas sa burka ? Pour moi la burka est un type de vêtement  prédéterminé  par une société permettant un relatif anonymat à une  certaine catégorie de la population considérée comme trop fragile ou  trop encline à la perversité.  Ce vêtement assure une entière  protection en enveloppant totalement la personne en la maintenant dans  la totale soumission  à la catégorie supérieure de la société. Il  permet à celle qui la porte de vaquer aux activités élémentaires car  il lui permet d’avoir accès au monde extérieur au travers d’une grille  en restant soi-même sans visage. Evidemment les burkas les plus  efficaces sont les burkas invisibles. Elles permettent au déni de  fonctionner sans risque et sans douleur..  Dans notre beau pays, il en est une  qui a un énorme succès, elle  s’appelle, je crois « valeurs de la République », entre parenthèse de  la République Française, mais cela va tellement de soi. Il est  d’autres  républiques certes mais qui méritent à peine ce nom, pâles  ersatz de la nôtre, en Suisse, Italie, Allemagne, et sans doute  quelques autres imitateurs. Ne parlons pas des pays rétrogrades qui en  sont encore à des régimes antidémocratiques comme les régimes  monarchiques qui sévissent  encore en Angleterre, Belgique, Hollande,  Espagne, Suède, Danemark et autres principautés. Parfois j’aimerais  mieux  avoir une potiche  à la tête de l’Etat comme certain voisin  d’outre Manche, plutôt que notre couteux et fatigant système électoral  présidentiel avec son gouvernement « A » à l’Elysée et son  ouvernement potiche à Matignon.  Drapés dans notre dignité nationale, voyant le monde à travers notre  grille sécuritaire, réfugiés dans notre exception française,  incapables de voir l’étranger que nous méprisons ou ignorons, mais  comment ne pas le piétiner sans le voir (ah cette sacré burka !),quand  parviendrons-nous à arracher le masque identitaire pour aller, ( tous  nus alors !?) vers la joyeuse aventure de la reconnaissance des autres et la reconnaissance aussi de notre stupide et injuste arrogance.C’est juste un coup de gueule que m’a inspiré le thème du déni, peut- être hors sujet, mais tant pis. Peut-être pour plus tard, une  réflexion sur l’anarchie ou le sujet social.
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E
Désolé, je ne devais pas être bien éveillé à 2 heures du matin ! Je refais ma copie.
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Y
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E
A Olivier Schmidt-ChevalierMerci pour l'inscription du café philosophique de Formidec dans la blogroll. http://www.blogoliviersc.org/
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O
Oui, Etienne, c’était bien une boutade ! Merci pour le Café qui va faire son entrée dans la blogroll !
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G
Etienne, tu me rassures bien. Merci. Je me sentais, après ce faux pas probable, disqualifié pour poursuivre. Mais j'accepte la leçon. En fait, j'ai le même défaut, et il y a des termes et des thèmes qui me font voir rouge . L' âge n'arrange rien. Mon "entourage " le sait trop.Je relirai ton texte plus attentivement, promis. En tout cas me voilà confronté à de la réflexion, qui m'oblige à poursuivre la mienne, et je t'en remercie.Très amicalement. Gérard
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G
Bien bien,Pour le moment je reste dans l'histoire, j'ignore pour combien de temps, et ce sont les mécanismes de ce bas-monde qui m'intéressent, que j'essaie de comprendre, à défaut d'avoir pu les changer dans une vie antérieure, et d'avoir pu les sanctifier dans une vie encore plus antérieure. Je veux espérer que l'époque est, comme les commerces de Londres sous le Blitz,"plus ouverte que jamais" . Il y a des expérimentations intéressantes un peu partout. Aura-t-on le temps de voir leurs aboutissements et de vérifier les hypothèses. Dieu seul le sait, et encore !A une autre foisGérardNous nous reverrons peut être dans le sud, vers le 20-21 juin ?
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E
Olivier, apparemment tu as dit une bêtise puisqu'aucun domaine de la vie humaine n'échappe à la philosophie. La philosophie politique en est une partie importante.Mais j'ai bien compris qu'il s'agissait d'une petite taquinerie par rapport à la résonance habituelle du blog...
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O
Olivier fait mention du nouvel article dans son blog des blogs :Dénis d’évidences sur fond de crise ; quand la philo se politise. J’ai dit une bêtise ?http://www.blogoliviersc.org/
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G
A Denis JeansonEn effet, la question est bien aussi : qu'est-ce que la réalité ? Quelles sont les conditions d'une connaissance vraie de la réalité? Ce qu'on perçoit, qu'on connaît, qu'on éprouve comme tel , sur quoi on agit ?Mais la perception elle-même est aussi une réalité, et les connaissances et l'action qui en découle -ou l'inaction.De sorte que si je dis que "les riches ont toujours pillé les pauvres", cette affirmation rentre dans la réalité avec les connaissances qui la sous-tendent, et les décisions que je prends par suite.Car en disant cela, je considère que cette vérité (évidence ?) étant constatée (?)  dans le passé, justifie la même situation dans le présent, et dans l'avenir. Et puisque cette vérité (évidence?) est largement partagée, elle a un poids de réalité d'autant plus fort. Ce qui ne fait pas un poids de vérité.En effet, la connaissance que je puis avoir des situations concrètes du passé, du présent, -les formes politiques, les structures économiques et sociales, etc etc -peuvent bien  me faire voir les dispositions et mécanismes concrets par lesquels "les riches  pillent les pauvres " ;  et il peut m'apparaître que ces mécanismes-là ne sont ni tombés du ciel ni, parconséquent, éternels.Et que le problème n'est donc pas sans solution,  dès lors qu'il y a une réalité sur laquelle on peut agir, (par exemple pour piller encore mieux - ou un peu moins , comme on veut) et qu'on décide de le faire en bonne "connaissance de cause", comme disait l'autre.A plus tard,  bonsoirGérard
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E
Gérard, ne t'inquiète pas. Depuis le temps, j'ai appris que faire un blog est un risque, d'être maltraité, pas toujours compris... Aussi ton intervention m'a surpris parce que je n'en voyais pas l'intelligibilité, mais je ne me sens pas le moins du monde blessé surtout après ton petit mot sympathique. L'expérience m'a permis de voir que j'avais un défaut, qui consistait à être d'emblée critique et donc de détruire plus ou moins l'autre avant de dialoguer avec lui. Maintenant je sais qu'il faut commencer par le reconnaître  dans ce qu'il exprime de positif pour pouvoir le critiquer si c'est nécessaire dans l'optique d'une recherche de plus grande vérité. Je suis persuadé que la critique fait partie de la parole, mais la parole est d'abord reconnaissance de l'autre.Je ne dis pas cela pour toi, mais simplement pour souligner que le blog est aussi une école, qui nous guérit d'une fausse susceptibilité, et qu'il est bien permis, au départ, d'être un peu maladroit, si l'on veut progresser par la suite ...
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G
Etienne,Je viens de trouver ton message. Je crains d' avoir fait une bourde. J'ai lu ce matin, très rapidement, ton texte, que je découvrais. J'ai réagi au quart de tour , sur des formulations. Il faut que je relise tout cela tranquillement et qu'en effet je m'explique, si je peux. Cela vaut surtout pour le premier point, le "sujet" et la "société libérale". Sur le deuxième point, en tout cas, je ne visais nullement ce que tu dis ! Je sais bien -et je partage cette idée - que le " sujet " comme tu l'entends implique liberté et ouverture ! Je disais simplement (?) que la conception qui prévaut dans l'hexagone, de la "Nation" de l'Etat, etc, rend difficile l'existence de ce " sujet " comme tu l'entends. Cette difficulté venant, me semble-t-il non seulement d'une représentation des choses, d'une "culture" si on veut, mais surtout d'une organisation juridique, constitutionnelle, sociale, portée par les non-dits qui relèvent de la "culture" , de l'histoire. Je ne vais pas recommencer.Si en plus de t'avoir mal lu, je t'ai blessé, j'en suis profondément navré et je te prie d'accepter mes excuses consternées. Et mes sentiments les plus amicaux. GérardPS. Je concevais mon envoi comme une petite mise au point entre nous : c'est réussi !!!.
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D
1re question. Qu'est-ce que la réalité ?1re réponse. Les inconscients personnel et collectif varient peu dans la vie de l'homme et de la société, mais prennent des formes parfois inattendues. C'est là le double sujet ou objet formel de l'histoire. La personne reste toujours la même, mais les habits changent suivant les modes.Cette démarche historique est la mienne depuis que j'ai commencé mon dictionnaire d'architecture du Centre-Val de Loire en 1973.Exemple. La démarche du curé bâtisseur d'église est identique, quant au fond, au cours des siècles. Seul varie le style, pour moi l'habillage, important, certes, mais relatif.Le riche pille le pauvre. Le texte d'Étienne est superbe, car cela se pose toujours ainsi, et, je suppose, bien avant les Mille et Une Nuits.Je t'en avais vaguement parlé lors de notre rencontre, il y a déjà quelque temps. Comme tu le poses, le problème reste éternel et surtout sans solution.Je te laisse de soin d'imaginer :2e question.2e réponse.J'allais oublier le sed contra.Amicalementdenis jeanson
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E
Gérard, je n'ai rien compris de ta précédente intervention. Je crois tmber des nues.Je n'ai jamais dit que le sujet était le fondement de la société libérale. L'article sur le passage de l'individu au sujet est là pour l'indiquer clairement. Et je ne vois pas ce qui pourrait le justifier dans ma petite partie à partir du conte des Mille et Une Nuits. Par ailleurs, je ne vois pas ce que tu peux me reprocher en ce qui concerne l'ouverture à autrui. Pour moi, il n'y a pas de sujet sans ouverture à autrui.Il faudra que tu m'expliques les choses clairement à partir du texte écrit. L'interprétation que je fais du conte est le résultat d'un long travail d'analyse...
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G
Je viens de prendre connaissance de ton texte, qui lance le blog, à la suite du conte très joli et très édifiant, dont nous sommes tous plus ou moins le héros-victime.Pour éviter tout malentendu je relève sans plus tarder deux divergences, par rapport à ce que tu dis. Je suis d'accord qu'une issue à la situation où nous sommes devrait reposer sur l'instauration / l'institution du sujet, et que cela devrait constituer l'axe de toute réflexion politique. Je suis beaucoup plus réservé, pour le moins, lorsque tu présentes "le sujet" comme étant " le fondement de la société libérale" . Pour deux raisons : ce qu'on appelle société "libérale" est en réalité, une société capitaliste (la liberté, d'ailleurs, ne valant que pour quelques uns) ; ce qui veut dire que le fondement de cette société n'est pas le sujet mais le profit, accaparé suivant une organisation des choses protégée par l'Etat, avalisée par la démocratie représentative, paré de beaucoup de séductions : les Gloires de l'Histoire de France, les grands principes etc. Comme on sait.Dès lors, dire que le "sujet" est le fondement de la société actuelle équivaut à nous mettre d'emblée dans la position de ce pauvre tailleur, qui trouve toutes les beautés et les qualités à cette terrible femme, "sujet" de ses rêves, de ses illusions. Et ne voit pas ce qui, en réalité, meut la traîtresse. D'où son malheur. Evidemment. A moins qu'on ne précise que cette vue des choses est une construction mystificatrice, que l'on ne reprend pas à son compte...La deuxième divergence, qui est plutôt une forte différence d'accent, est celle-ci. La grande difficulté d'ouverture à autrui, à d'autres cultures, présentement aux apports de " l'immigration " , qu'on peut constater dans l'hexagone libre, égal et fraternel paraît-il, me semble venir ( j'ai plusieurs fois radoté à ce sujet) de la conception que l'hexagone a de lui-même. La "nation", qui prend la place du roi, se pense comme "une" afin d'être "souveraine" ; ce qui exclut a priori toute reconnaissance d'altérité (à peine admise aujourd'hui comme "diversité", terme flou et lénifiant). L'altérité, ainsi, ne peut être qu'une menace ou une trahison. La "République" telle qu'elle est pensée, est aussi née dans les tribunaux de 1794. La "nation" , ainsi pensée, et qui se prétend ouverte à l'intégration, ne peut être en réalité qu'assimilatrice, c'est à dire exclusive des prétendus non-assimilables. "Assimilez-vous ou cassez-vous" , dirait l'autre. Pour reprendre tes catégories, la "nation" ainsi pensée est , quoi qu'elle en dise, un individu fermé : elle refuse de connaître et reconnaître, depuis ses origines, ce qui la constitue. Cet "individu" -là a de fortes chances de produire des "individus", tout aussi fermés, bornés et arrogants, prenant pour un bel universalisme ce qui n'est qu'un communautarisme qui s'est imposé (faut -il des noms ? : Mélanchon ? ) et non des sujets libres . Qu'en outre il y ait, pour bloquer tout cela, une vieille culpabilité d'avoir tué le père, précisément le 21 janvier 1793, ne m'étonnerait pas. La culpabilité ferait resserrer les rangs et renforcerait les dénis. Comment accepter autrui quand on ne s'accepte pas soi même ? Evidemment. Je m'efforce de rester au plus près des réalités historiques, pour autant qu'on puisse les discerner, tout en prenant un bon recul. Pas très facile.Bien amicalementGérard
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E
Surtout son courage comme tu dis !
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P
Il est vrai que notre univers est illusoire mais est-ce un mensonge ou plus simplement un jeu, une épreuve qui nous est proposée et l’important n’est-il pas la détermination, la position que choisit de prendre chaque individu face au problème qui lui est posé.<br /> Nous sommes sur un chemin et à chaque croisement diverses propositions nous sont soumises, certaines fallacieuses d’autres proches de la vérité, quelle voie choisissons-nous ?<br /> Là, à chacun d’exprimer son talent mais surtout son courage.
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B
merci c'est passionnant je me permets de faire suivre....amitiés Brigitte
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G
Salut Denis !Merci pour cette réaction si rapide ! Et encourageante.Je pense en effet que notre "ça" - "les tuyauteries de l'inconscient" comme disait un de mes profs de philo dans un temps très ancien, personnelles et collectives -, contribue bien à nous empêcher de voir la réalité et ses probables "évidences".   La question est de savoir quels tours nous jouentles tuyauteries en question,  nous imposant à notre insu -quasiment-  un regard  oblique sur réalité elle-même. Mais c'est bien, à mon avis, celle-ci qu'il s'agit de regarder en face, malgré ou à travers les inamovibles tuyauteries. Comme tu le dis, c'est bien là, sans doute, la réalité de notre "condition". Chacun s'en débrouille comme il peut avec des résultats variables.Bien amicalement.Gérard
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D
Courrier envoyé à Gérard JaffrédouÉtienne me fait parvenir ton texte.Très bon.De même que, personnellement, il m'est difficile de reconnaître que je vis avec mon ça ; de même il est difficile à tout groupe de reconnaître son inconscient collectif.Plus qu'un refus, qu'un déni, c'est une difficulté à reconnaître la réalité. Et quand je ne veux pas ou ne peux pas reconnaître la réalité, je me la fabrique au mieux des intérêts de mon ça.A titre personnel, je pense qu'il y a équivalence entre l'homme seul et l'homme groupé, regroupé. Et pour moi, c'est la réalité.Pour ce qui est de l'analyse du texte d'Étienne, il enfonce le clou jusqu'à la moelle. L'important, c'est moins ce que dit le conte que la date où il le dit. Et c'est là son intérêt.denis jeanson
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E
Andrée, merci pour tes réflexions qui enrichissent le débat. Je reste dans mon hypothèse. Finalement tu montres bien qu'à l'origine, il y a la séduction par l'argent qui fait décoller de la réalité et empêche de trouver les bonnes solutions. Comme tu le suggères, il faut quitter les sophistications engendrées par l'appât du gain pour retrouver la simplicité d'un terrain convivial. Alors une autre voie pourra être ouverte.
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S
coucouquelques réflexions:il est évident que la croissance ne peut-être illimitée.La monnaie a remplacé le troc, elle a été créée pour simplifier le troc. En aucun cas l"argent papier" ou "ordinateur "a une valeur en soi. La valeur d'une  société ne peut pas fluctuer d'une minute à l'autre , cela dépasse l'entendement. Il y a différentes castes dans notre société. Les gens de pouvoir administrateurs et hauts-fonctionnaires multiples (politiques, banquiers, multinationales  etc) qui sont des gens déconnectés de la réalité, qui font semblant, qui n'existent que par leur "poids en or", intelligents ou cons, calculateurs ou nuls, qui se considèrent  bien au-dessus des autres, n'ayant comme seul souci que de trouver  des pompes à fric. Les pauvres, les déclassés, qui subsitent.La classe moyenne    qui  contribue  le  plus à la richesse d'un pays par son travail, qui logiquement s'enrichit et enrichit les autres.Cette classe moyenne diminue de plus en plus.  L'équilibre  de notre société est rompu. Est-ce que "nos élites" sont capables de voir autre chose que leur nombril et leur intérêt immédiat ?Je ne le pense pas. Je pense que les  solutions viendront des ressources des petites collectivités, de gens sur le terrain. on reviendra  "presque"au troc, à une société plus humaine." Il faut cultiver son jardin". la plupart des hommes savent cela.Pour les paradis fiscaux,l'homme a toujours trouvé des "combines" pour cacher ses trésors. ex "ali baba ", l"avare " les trésors des rois, de l'église etc. il y aura des solutions pour les hôtes de ces paradis. Pour le climat, quelle est en pourcentage l'action de l'homme sur le réchauffement climatique, 0,5%,1%?  à voir. Et si un grand volcan entre en éruption ,, il n'y aura plus de réchauffement. la terre est imprévisible, vivons avec.Une bonne chose nous arrive, les nappes phréatiques sont pleines.Bien amicalement et à très bientôt andrée ,jean-pierre.
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E
Oui, tu as raison. Le plus important est de faire. Mais comme tu le suggères toi-même, on ne peut bien faire sans réflexion. Personnellement je souhaiterais vérfier ou infirmer mon hypothèse sur la séduction, qui pourrait être à l'origine du déni. Faire apparaître la séduction qui détruit la parole, ce serait mettre au clair une forme de mensonge et lorsque le mensonge est évident, il devient beaucoup plus facile d'agir avec efficacité.
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Y
J'ai lu les textes.J'y répondrai plus tard car ces temps ci je suis  pas mal pris par le jardin. Je crains un peu que les échanges soient  entre des gens qui soient d'accord en principe. Et ma préoccupation  serait plutôt comment être juste aujourd'hui dans ma situation  concrète de retraité, sans me bercer d'illusion et sans démission; il  y a sûrement des choses intéressantes à dire; le plus urgent c'est les  choses intéressantes à faire. Ce qui ne dispense pas de  réfléchir.
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E
Pierre, quel beau message d'espérance ! Tu as sans doute raison. Mais ta vision contracte la durée et je me demande combien de temps il faudra pour que se concrétise le monde sur lequel tu as misé ton existence : de très nombreuses années peut-être. Ce qui est sûr, comme tu l'exprimes, c'est que la crise sera à la mesure de la nouveauté radicale en préparation. L'important, me semble-t-il, c'est que le nouveau souffle créateur trouve un assise chez de plus en plus de femmes et d'hommes comme toi.
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P
Je crois que la vie précède la mort qui précède la vie et que toute vie a besoin d'un terroir pour surgir.Aussi, que demain notre société matérialiste s'écroule, se putréfie pour permettre à une nouvelle société plus universelle de naître puis de croitre me paraît être l'évidence.Il est vrai que l'on se dirige dans le mur et que même si nous changions les fondements de notre société, ce demain matin, je ne vois pas comment nous pourrions éviter la catastrophe écologique.Je constate également que des consciences s'éveillent et agissent, préparant ainsi cette nouvelle société.Aussi si je suis très très pessimiste pour notre avenir proche, je suis très optimiste pour le futur qui d'ores et déjà se construit.J'ai déjà fait le deuil de notre société et plus rien ne me relie à elle.J'essaie de faire correspondre au mieux mes comportements à mes idées, et je répend l'idée que seul l' homo-universallus qui succèdera à l'homo-sapiens pourra permettre l'émergence de cette nouvelle société car je ne vois pas comment nous pourrions survivre demain sans le respect de son entourage (les autres humains, mais aussi les animaux, les plantes, les minéraux, les gaz, en bref l'univers dans sa globalité.  Il est évident que nous sommes tous interdépendants et que les équilibres sont à respecter. (Prenons exemple sur le monde animal).Quand à ce que nous appelons aujourd'hui crise, pour moi n'en est pas une.Demain nous coonnaîtrons la vrai crise et alors nous comprendrons enfin qu'on s'est vraiment joué de nous.
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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