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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 16:50

 


La villa rouge à Shanghaï

http://www.aujourdhuilachine.com/rechercher.asp?MotsClesTheme=nouveaux+riches

 

Regards croisés sur la France et la Chine

 

ZHANG Jinling et Etienne Duval

 

Après une rencontre à La Croix-Rousse, à Lyon, Etienne Duval et Zhang Jinling,  jeune docteur en sociologie, croisent leurs regards sur la Chine et la France. La Chine pourrait nous aider à sortir de notre centralisme occidental.

 

La voie mystérieuse de la Chine par Etienne Duval

 

Je suis allé en Chine en 1975. Je faisais partie d’un voyage organisé. Mao Tsé-Toung était encore vivant. Nous avions sillonné une grande partie du pays. Sans doute étions-nous canalisés, dans nos découvertes et nos interrogations, par une équipe de traducteurs mais je persiste à penser que nos observations, nos jugements  et même nos émerveillements reposaient sur un fond de réalité. Sans doute avons-nous été victimes d’un endoctrinement qui voilait les aspects les plus sordides du régime d’alors, mais il y avait là une forme de lumière dont je ne suis jamais arrivé à me dégager totalement. Or un petit événement vient de raviver en moi une flamme que je croyais à jamais chancelante...

 

La rencontre de Jinling

Jinling est chercheur. Il a terminé une thèse de sociologie et il fait actuellement une étude post-doctorale. Dans une quinzaine de jours, il rentrera définitivement dans son pays. Il voulait interroger des Croix-Roussiens pour les faire parler de leur quartier. C’est dans cette perspective que je l’ai rencontré, il y a une semaine à peine. Après nos discussions, j’ai obtenu son accord pour que nous publiions ensemble sur le blog un article concernant la Chine de 2008.

 

Un échange en profondeur sur la base de la raison et de l’objectivité

Nous nous sommes installés sur la terrasse de l’un des plus grands cafés de la Croix-Rousse et Jinling a commencé son entretien en me posant des questions sur ma conception de la ville et sur les aspects marquants du quartier. J’étais très heureux qu’il m’engage sur cette voie car j’ai toujours pensé que la Croix-Rousse renfermait des secrets pour la réussite d’une politique urbaine. C’est ainsi que nous avons parlé des nombreux espaces intermédiaires qui permettent ici aux habitants de respirer : le marché, les cafés, la vogue même, les places, la Grande rue, le Boulevard… Intéressée, notre voisine est entrée dans la conversation pour contester mes affirmations sur les communautés. J’aime bien la controverse et j’aurais eu du plaisir à l’engager mais ici nous étions en entretien sociologique et j’ai dû l’amener à un peu plus de distance pour que soient respectées les règles de la recherche. Avec mon étudiant, ayant moi-même une formation sociologique, je n’ai eu aucune difficulté à m’entendre presque parfaitement. C’est là que j’ai compris à quel point la raison pouvait servir de médiation entre personnes d’origine différente. Et, sans être forcément d’accord avec moi, Jinling savait, lui, se mettre à distance pour respecter les exigences de l’objectivité.

 

Le problème de la liberté

Surpris par la qualité de nos échanges, j’ai eu tout à coup l’impression de découvrir, chez mon interlocuteur, une liberté que je n’avais pas perçue à ce point, lors de mon voyage en 1975. Sans plus d’embarras, je lui pose la question. Non seulement il ne l’esquive pas mais je crois qu’il l’attendait. Il souriait constamment comme pour me montrer que mes a priori étaient dépassés depuis longtemps par la réalité.

 

Le communisme comme valeur

Là-dessus, il me dit : « Mon village d’origine est tout près du village de Confucius. Ce grand sage m’a toujours sensibilisé aux valeurs. Or, pour moi, le communisme n’est plus une politique à appliquer au sens strict. Il est devenu une valeur, un horizon qui doit guider notre action. »

 

Le renoncement progressif à l’idéologie et la libération de la raison

Je comprends alors que l’ouverture que donne l’horizon permet de desserrer l’étau de l’idéologie, qui asservissait la raison. L’idéologie consiste à penser le monde en fonction de ma situation et de mes a priori politiques ou même religieux. Elle tord la réalité au lieu de la révéler. La raison, par contre, a pour but de me conduire vers la vérité, à condition toutefois qu’elle n’esquive pas la mort comme elle l’a fait jusqu’ici en Occident et sans doute ailleurs aussi. La voici donc, en partie au moins,  libérée et promue valeur commune pour que nous puissions nous entendre, en dépit de l’écart culturel qui nous sépare. C’est ce que j’expérimente, en tout cas, au cours de tout notre entretien et j’ai alors le vif sentiment et la joie d’appartenir à une même humanité.  

 

La reconnaissance de la spécificité de chaque discipline

La mise à distance de l’idéologie (non sa disparition) et la libération de la raison aux différents niveaux de la réalité contribuent à séparer les domaines sans pour autant nier leurs relations. Politique et économie ont chacune leurs lois propres et la Chine n’a pas hésité à adopter l’économie de marché non parce que son fonctionnement est idéal mais parce qu’elle est le système adopté par la plupart des pays du monde. Les différentes disciplines scientifiques ont chacune leur territoire et les règles qui président à leur développement sont les mêmes qu’ailleurs. C’est ainsi que la recherche ici est en harmonie avec la recherche mondiale. J’ai retrouvé, chez mon interlocuteur, les mêmes méthodes qui ont jalonné mon propre parcours sociologique. Il est vrai que Jinling a pu s’approprier les démarches de la sociologie occidentale puisqu’il a passé trois ans en France. Mais il n’y a pas chez lui de tension apparente entre ce qu’il a appris en Chine et ce qu’il découvre dans l’université française.

 

Qu’en est-il de l’altérité ?

Le respect du groupe, la solidarité, le sens de l’unité sont en Chine des valeurs centrales, renforcées par le régime communiste. Mais les tensions avec le Tibet ne révèlent-elles pas une difficulté à reconnaître l’autre en particulier et l’altérité en général ? Contrairement à l’injonction de Mao Tsé-Toung, qui incitait à marcher sur ses deux jambes, la Chine n’a pas encore appris à allier unité et autonomie : unité du pays et autonomie culturelle des provinces. Sans doute a-t-elle fait des tentatives, mais, en ce qui concerne le Tibet, elle ne supporte pas une résistance plus que séculaire et s’engage plutôt dans la voie de l’assimilation. Il semble qu’elle n’ait pas pris conscience de l’universalité du trésor culturel tibétain, qui intéresse l’humanité tout entière. Aussi la résistance du Tibet fait-elle tache d’huile : d’autres pays affichent en ce domaine une hostilité à la politique chinoise pour préserver un trésor menacé de disparition.

   

Un enjeu fondamental : libérer la structure universelle contenue dans le communisme

Au Tibet, la résistance déjà ancienne au pouvoir central a forgé le sens de l’altérité et il est probable que le conte chinois, utilisé à propos du sacrifice, soit en réalité un conte tibétain. Un jeune paysan qui n’arrivait pas à gagner sa vie, en dépit d’un travail acharné, était allé interroger le dieu de l’Ouest pour savoir quelle était la raison d’un tel dysfonctionnement. La réponse a été la suivante : la loi de la vie qui est le partage n’est pas respectée, mais pour partager, il faut apprendre à faire sa place à l’autre. Nous avons là une structure humaine fondamentale que l’on retrouve dans les grands courants spirituels : le sacrifice d’Abraham chez les Juifs, la pratique du Ramadan chez les Musulmans, l’Évangile chez les chrétiens… Or cette structure universelle semble être le ferment du communisme présent en Chine. Mais ici, comme autrefois en Union soviétique, elle est prisonnière parce que l’altérité n’a pas vraiment sa place. Aussi la tension actuelle pour que soit reconnue l’autonomie culturelle du Tibet pourrait-elle être d’une extrême fécondité ; elle pourrait amener à libérer le communisme lui-même en libérant l’altérité.

 

Lorsque j’ai fait lire à Jinling le conte du paysan chinois, il m’a assuré qu’il se reconnaissait tout à fait dans ce récit. Or cet étudiant est membre du parti communiste chinois.

 

La Chine, vecteur de fraternité universelle ?

La voie que nous traçons pour la Chine est encore du domaine de l’utopie mais elle n’est pas complètement illusoire si ce pays arrive à tenir le paradoxe : sens de l’unité et sens de l’altérité. Ainsi, contrairement à toutes les conjectures, c’est le Tibet qui pourrait révéler la Chine à elle-même et l’aider à devenir un vecteur de fraternité universelle, fondée sur le partage avec l’autre. Ce pays qui nous étonne par la rapidité et l’ampleur de son développement économique aurait ainsi la possibilité d’échapper à la toute-puissance et à la tentation de domination. Il pourrait aider les autres nations à faire le pas nécessaire pour affronter la mondialisation dans un sens libérateur.

 

 

L’Idéologie contre l’objectivité en France par ZHANG Jinling

 

Je suis très heureux d’avoir fait la connaissance de Monsieur Étienne Duval, qui m’a guidé vers une réflexion très profonde pour comprendre la société française. Son blog est très riche de pensées sur l’humanité dans son ensemble. Vu ma connaissance générale et mon niveau de français, je ne fais qu’un texte court pour répondre à son récit sur l’objectivité.

 

Un travail sur la Croix-Rousse et la société civile vue par un Chinois

Je fais une étude sur la Croix-Rousse, dont le sujet traité en général concerne la société civile française. Il s’agit d’une étude de cas pour comprendre, à partir d’une perspective chinoise, la citoyenneté dans le contexte français, en se focalisant sur le quotidien, les interactions sociales à Lyon, et en particulier sur le quartier Croix-Rousse où portent les travaux sur le terrain. Cette recherche correspond aux besoins intellectuels de la Chine d’aujourd’hui, dont fait partie la construction d’une société civile, qui constitue actuellement une grande polémique en Chine et qui nécessite une connaissance des conceptions et pratiques des pays occidentaux, de la France en particulier. Comme les notions, les conceptions et les critères sociaux occidentaux, et notamment français, ne sont pas nécessairement universels, la France aurait besoin de connaître la perspective chinoise sur sa société.

 

Le point de vue d’un Chinois peut aider les Français à se comprendre
Il convient de mettre l’accent sur l’importance de cette nouvelle tendance de production de connaissances intellectuelles dont le monde scientifique chinois prend l’initiative pour comprendre les sociétés occidentales en réalisant des recherches sur place. La Chine a besoin de l’expérience de la France pour son développement social, de même la France peut se servir de la perspective chinoise pour se reconnaître dans un nouveau contexte. C’est la tâche des chercheurs français et chinois à laquelle je m’engage en tant que jeune chercheur chinois pour développer et favoriser les liens entre la France et la Chine.

Mais qu’est-ce que c’est la perspective chinoise ? Je n’arrive pas à la définir, mais il s’agit avant tout de la perspective de moi-même, en tant qu’anthropologue chinois ayant grandi dans le contexte chinois. La réflexion dans la recherche scientifique est un peu personnelle, mais il est difficile pour moi de ne pas percevoir des choses à partir de mes expériences chinoises.

 

Une idéologie de centralisme occidental

Pendant mon travail sur les terrains, j’entretenais beaucoup de Lyonnais, surtout des Croix-Roussiens, mais parfois, au lieu de poser des questions aux gens, je me faisais poser des questions concernant la Chine par ceux qui sont soit intéressés à la Chine, soit très peu connaisseurs de la Chine mais impatients de la connaître par un intermédiaire ; il y avait aussi ceux qui n’aimaient pas beaucoup la Chine mais qui essayaient de convaincre un Chinois pour que ce dernier reconnaisse que la Chine mérite toutes critiques par l’Occident.

Bien sûr on ne peut évidemment pas dire que tous les Occidentaux ont tort en critiquant la Chine, et qu’ils sont sinophobes, mais il s’agit, franchement dans ce genre de critique, d’une idéologie de centralisme occidental.

 

Une discussion avec la directrice d’un magasin de La Part-Dieu

En ce qui concerne l’objectivité au niveau des inter-perceptions entre les peuples chinois et français, je voudrais dire quelque chose.

Je me souviens bien d’une histoire qui m’est arrivée. En avril dernier, quand j’ai passé un jour dans un magasin du centre commercial à la Part-Dieu, la responsable du magasin m’a demandé d’où je venais. Après avoir su que j’étais chinois et de Pékin, elle m’a fait part de l’ appréciation de son voyage à Pékin en disant que c’est une belle ville, et ensuite m’a demandé si elle pouvait me poser quelques questions. Un peu hésitant, car je ne savais pas de quelles questions il s’agissait, je ne lui ai pas répondu tout de suite. Ayant bien aperçu mon hésitation, elle m’a dit qu’elle voulait seulement connaître un peu les points de vue d’un Chinois sur ce qui se passait en ce moment-là entre la Chine et la France, qu’elle voulait aussi avoir des informations par des moyens autre que la presse française. Avant que je ne lui aie dit oui, elle m’a posé la première question : « Pourquoi les jeunes Chinois veulent boycotter Carrefour en Chine ? »  Je lui ai dit :

« Madame, comme vous le voyez, je suis en France, je ne sais pas grand chose sur cette affaire. Il est difficile de vous répondre. 

- Oui, je sais, mais je voudrais savoir ce que vous en pensez. 

- D’accord, mais ce que je vais vous dire est très personnel, il ne faut pas le généraliser. 

- Oui, bien sûr. »

- Comme vous le savez, c’est vrai qu’il y a de jeunes Chinois qui font actuellement un appel sur Internet pour boycotter Carrefour. Toute cette histoire se rattache à l’histoire de Paris en mars quand la flamme olympique passait. Vous savez bien ce qui s’est passé.

- Oui, mais ce n’est pas la volonté des tous les Français. 

- Vous avez raison. Mais la sécurité n’a pas été bien garantie par le gouvernement français. C’était à Paris, capitale de la France, qui avait fondé en premier une relation diplomatique avec la nouvelle Chine. Chez les Chinois, la France, les Français sont nos meilleurs amis. Imaginez qu’un jour, votre meilleur ami vous fasse quelque chose comme ça, qu’en pensez-vous ? »

Il me semblait que la responsable avait compris quelque chose. Elle continuait de m’interroger.

« Alors, il y a d’autres choses ?

- Oui, c’est un peu difficile de l’expliquer de ma part. Comme vous le savez par la presse, Monsieur le président de la France a fait connaître son attitude contre la Chine, pour des raisons qu’on ne connaît publiquement vraiment pas, en prétendant ne pas aller à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des JO. Mais il incombe au Comité olympique de chaque pays d’inviter le chef d’État du pays, qui y participe, à encourager les sportifs, pour présenter son pays. La Chine n’a pas l’obligation d’inviter le président français, mais s’il vient, il sera bien accueilli par la Chine. »

La responsable a acquiescé d’un signe de tête, en disant : « Mais ce n’est pas suffisant comme raisons pour que les Chinois boycottent Carrefour. 

- C’est vrai qu’il y a de jeunes chinois qui ont proposé de boycotter Carrefour, mais il ne faut pas généraliser ; sachez que cette affaire est controversée en Chine, qu’il y a beaucoup de chinois qui sont contre. Personnellement je comprends tout à fait ce qu’en pensent les jeunes qui sont pour, ils veulent seulement que les Français sachent qu’ils ne sont pas contents du tout de ce que le gouvernement français a fait et du comportement de certains français. Comme le boycott est proposé pour le mois de mai, je ne pense pas qu’il se mette bien en place.»

[NB: Je suis allé le 7 mai, le jour prévu pour le démarrage du boycott, avec deux amis Français à moi, au Carrefour de mon quartier de Pékin ; on a vu beaucoup de clients. Et le personnel de Carrefour nous a confirmé la fréquence de la clientèle comme avant.]

« Je comprends, mais pourquoi ne boycottent-ils pas un supermarché anglais ? Vous auriez dû le faire.

- On n’a pas de supermarché anglais en Chine. Saviez-vous qu’il y a au moins 7 Carrefour, hyper grands, au centre ville de Pékin ? C’est à dire qu’on avait accepté Carrefour et donné la priorité à la France, notre meilleur ami... »

Avant que je n’aie terminé, la responsable m’a laissé regarder les produits du magasin en me disant qu’elle avait d’autres choses à faire.

  

Des a priori sur la Chine qui vont contre l’objectivité scientifique

Je suis content d’avoir rencontré cette Française, car elle m’a fait part de sa volonté de collecter des informations par des moyens autres que la presse occidentale, qui se sert surtout des Occidentaux comme source principale d’informations, et qui fonctionne dans une logique parfois très idéologisée pour parler de la Chine, et qui ne reconnaît parfois pas la manipulation dans son reportage.

En mai, je suis retourné à Pékin avec mes collègues français, qui sont venus pour la collaboration universitaire. Un soir, on est tous invités par un professeur dans un restaurant. Ayant su que je faisais une étude sur la France, une prof travaillant sur la philosophie française m’a demandé ce que je pensais de la perception des Français sur l’actualité entre les deux pays d’après mes propres expériences sur place à Lyon. Je lui ai dit que « tous les Français n’arriveront pas à connaître une vraie Chine s’ils continuent de capitaliser leurs informations sur la Chine d’après la presse française. Ils ne connaissent pas tous la réalité dans les affaires depuis mars. Mais, il y a des gens qui ont déjà pris conscience qu’il fallait connaître la Chine par d’autres moyens que la presse française. » Pour témoigner ce que j’ai dit, j’ai raconté mon histoire avec la directrice d’un magasin de La Part-Dieu. Tous ceux qui étaient autour de la table ce soir-là ont approuvé de la tête ce que j’avais perçu à travers cette histoire.

Mais ce que je n’ai pas anticipé, c’est que deux jours plus tard, un de mes collègues qui était présent ce soir-là s’est trouvé fâché contre moi, lorsqu’on visitait mon université, en me demandant que : « Pourquoi tu as critiqué la France par cette histoire? » Vu sa mine de colère, cette parole a failli me faire tomber par terre. J’en suis surpris, ce n’est pas parce que j’ai peur de lui, mais à cause de son attitude. Je lui ai expliqué mes points de vue à partir desquels j’ai raconté cette histoire, mais il ne voulait pas m’entendre.

Il continuait de me questionner : « Tu as fait tes études chez nous, mais je n’ai jamais vu que tu critiquais la Chine ! Pourquoi ? Ce n’est pas scientifique si tu ne la critiques pas puisque tu es chercheur en sciences sociales. » Sa parole m’a bouché la gorge à ce moment-là que je n’arrivais pas à respirer.

Un bon moment plus tard, je me suis retrouvé, et lui ai dit : 

« Est-ce que tu connais tout ce que j’ai fait dans mon travail de recherche ? J’ai beaucoup critiqué la corruption en Chine, est-ce que tu le connais ? Qu’est-ce que ça veut dire être scientifique ? Ça veut dire qu’il faut critiquer la Chine ? Je connais mon pays, je le critique pour qu’il se dirige vers le mieux. Faut-il tomber dans votre idéologie pour être scientifique, être critique de la Chine ? »

« Le gouvernement chinois est criminel ! Il faut le critiquer ! »

« Est-ce que tu es scientifique quand tu dit ça ?! »

Encore un bon moment, ce collègue m’a dit, « d’accord, j’admets ce que j’ai dit tout à l’heure est un jugement, pas scientifique, mais la Chine mérite nos critiques. »

.... 

Pour bien connaître un pays, il faut accepter de se décentrer

Je ne veux plus continuer de raconter cette histoire, qui me rend très triste. Mais ce que je veux dire encore, c’est que ce collègue à moi, est un jeune sinologue, qui prétend bien connaître la Chine, qui est maître de conférences et chargé de cours sur les cultures, civilisation, société chinoises. Je n’ai jamais assisté à ses cours, mais je n’aurais pas supporté ce qu’il dit, s’il l’avait exprimé à des élèves français. Mon dialogue avec ce collègue m’a fait affirmer une logique très remarquée sur le centralisme occidental dans le monde de recherche en France. Je m’inquiète beaucoup de ce qu’obtiendront les jeunes français comme connaissance sur la Chine par ce genre de prof à la fac.

Être sinologue ne veut pas dire qu’il faut s’identifier aux valeurs chinoises, mais avant de critiquer la Chine, il faut bien la comprendre en se mettant dans le contexte chinois. Il n’y a que ceux qui se plongent au plus profond de la mer qui peuvent dire la profondeur de la mer, qui ont le « droit » de la dire.

Et bien sûr, être jeune chercheur, je risque de mal comprendre la société française. C’est pour faire le mieux dans ma connaissance sur la France que je fais baser mon travail de recherche sur deux points au niveau de la méthodologie : observation en participant, pour accéder au « score » de la vie sociale ; entretien avec des gens locaux, pour connaître ce que pensent les habitants du quartier eux-mêmes. C’est dans ce sens que j’ai rencontré Monsieur Étienne Duval, que j’ai passé beaucoup de temps à la Croix-Rousse, que j’aime beaucoup, où je me lie d’amitié avec beaucoup de Croix-Roussiens.

 

  Télécharger le texte : http://etienneduval.neuf.fr/textes/Regards%20crois%E9s%20sur%20la%20France%20et%20la%20Chine.rtf

 


Carte de Chine-Nouvel Observateur

 

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Published by Duval Etienne
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commentaires

Etienne 12/12/2008 08:57

Gérard, je suis très content de t'avoir un peu poussé à répondre à Jinling. Tu fais preuve, en même temps, d'une grande perspicacité, d'une étonnante sincérité par rapport à tes ressentis personnels et d'un respect profond de l'autre qui permet de dire la vérité, même si elle est, parfois, peu reluisante.Je fais suivre tout de suite ton texte à Jinling

Gérérd Jaffredou 12/12/2008 08:52

Cher Ami,
Je vous remercie pour vos observations indulgentes à propos des commentaires un peu sommaires que j'ai pu faire. Etienne a su me pousser sur des sujets qui m'enflamment  facilement.
Il m'invite maintenant à vous répondre à nouveau. Je me réjouis de ce dialogue que  poursuis volontiers.
 
1) Vous l'avez sans doute compris :  c'est comme Breton de fait et par hasard - et Français par la force de l'histoire - que je me " soucie de la France", qui, par la puissance d'un Etat fortement centralisé depuis la monarchie, et par le pouvoir des idéaux posés par la Révolution,  a assimilé les peuples qui la composent jusqu'à en nier l'existence maintenant. Breton, donc, et par mon histoire personnelle et une formation d'historien, je suis sensible à toute situation où des peuples voient leur histoire, leur langue, leur civilisation, déniés ou pour le moins menacés, par une puissance étatique aveugle, qui tient sa légitimité d'elle même. Excusez -moi : dans l'état actuel de mes informations, c'est ce que je vois du Tibet.  Mais j'admets aussi qu'on ne voit pas tout. Quoi qu'il en soit  je ne veux pas avaler tout ronds les reportages venimeux, recracher les critiques malveillantes et parfaitement vaines, d'ailleurs , ni surtout vous offenser. Mon souci principal est, à partir de ce que je vois d'ici,   à propos du Tibet par exemple, de comprendre la nature et le fonctionnement du pouvoir -celui qui s'exerce en France, pour commencer. Je balaie devant ma porte. La leur… Bon, la nôtre, soit.
 
2) Vous l'avez sans doute constaté: les Français  ont une représentation d'eux-mêmes et de leur sainte histoire nationale qui les porte peu à l'autocritique, comme on dit. Ils sont un modèle d'universalité , grâce aux valeurs qui fondent la République : l'Egalité, la Liberté, la Fraternité, aux principes qui guident son  fonctionnement , la laïcité : la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Ils ont la plus belle langue du monde, qui, seule, donne accès à l'Universel.  Ils sont la patrie des droits de l'homme, ce qui leur donne le droit de faire la leçon au monde entier.
Tout cela est bien beau, et correspond parfois à des réalités, qu'on nous envie, croit-on. La laïcité en particulier est un bien extrêmement précieux (cette fois je n'ironise pas) . Mais les réalités historiques et sociales , couvertes par ces grands principes, voire produites en leur nom, contredisent ceux-ci bien souvent. Hypocrisie sans aucun doute -c'est assez courant, mais tout autant effet un formidable aveuglement, produit par une "bonne conscience" très hexagonale, bien  entretenue,  et dans laquelle nous baignons tous.
Celle-ci relève d'une attitude religieuse : une adhésion non critiquable à des absolus surplombants constitue le  lien social, neutralise la critique réelle du réel . (Je pense au discours politique à la mode) . S'en extraire, penser contre ce cadre-là est une sorte d'urgence vitale. Mais ce sont là, sans doute, des problèmes franco-français ?
 
3) Il en résulte pourtant une  perception de la Chine (et des autres pays) assez bizarre. (Je ne peux que vous donner, à ce sujet,  mon sentiment de citoyen de base, non expert. Prenez avec des pincettes).
Il y a d'abord une vraie admiration pour votre  très grand pays, la profondeur de son histoire, l'immense  richesse de sa culture (que j'ai entr'aperçue , quant à moi, grâce notamment aux ouvrages de François Cheng) , et les espoirs soulevés par la Révolution de 1949 dans le monde colonisé d'alors. 
Les Français, héritiers  de la Révolution de 1789, mère des suivantes, donc volontiers juges,  se sont très vite inquiétés des suites. Certains ont d'abord vu un concurrent pour l'Union soviétique, et d'autres, une alternative. Puis la Révolution culturelle nous a laissés perplexes. (A l'époque, j'étais étudiant à Rennes, les étudiants chinois y étaient très nombreux. Nous les voyions  prendre très au sérieux leur responsabilité par rapport à leur pays. Ils y sont rentrés précipitamment. Que sont-ils devenus ? En même temps, la presse -que nous savions peu bienveillante- , donnait, de ces événements, des descriptions un peu…troublantes. Des amis, qui ont passé cinq années en Chine, de 1976 à 1981, nous ont raconté leur expérience. )
Depuis, vous le savez bien, le fond d'anticommunisme demeure ici vivace ; sur quoi vient se greffer maintenant l'inquiétude devant la puissance économique chinoise, qui peut renverser le rapport de forces mondial au profit du "Sud", et d'elle même. Les pays occidentaux - l'Europe : les pays capitalistes (menacés ?), font oublier leurs fonctionnements économiques et sociaux réels, parviennent à faire croire que le capitalisme (déguisé du joli nom de "libéralisme", ou de celui plus technique de "loi du marché") est le seul système possible. Il triomphe partout ! La lutte des classes est renvoyée dans les poubelles de l'histoire : ils l'ont gagnée. Tout le monde le croit.
On rend les armes. Embrassons-nous dans le "dialogue social".
Or, voilà  cet alliage chinois composé des méthodes d'un capitalisme débridé et  d'un Etat puissant qui se réclame du socialisme. Et, ça marche efficacement, suivant les critères mêmes du capitalisme. Le communisme, donc, sortant des poubelles, resterait " un horizon libérateur " pour le capitalisme indépassable ? Cela fait peur !...
 
Peut être est-ce tout cela qui produit ici à l'égard de la Chine ces commentaires peu rationnels. Et obsessionnels. Réactivant les trouilles. Et qui alimentent notre bonne conscience,  et nous dispensent de balayer devant notre porte. C'est à dire "d'analyser concrètement les réalités concrètes". Où qu'elles soient. De penser juste, comme dit Etienne. D'essayer, au moins. On n'est intelligent qu'à plusieurs. Merci de m'y avoir un peu poussé à nouveau.
Bien amicalement.
Gérard Jaffrédou 11. XII. 2008

Xinhua, journal chinois 09/12/2008 09:13




La Chine reconnaît des problèmes en matière de droits de l'Homme,  mais est confiante dans l'avenir








 
2008-12-09 12:37:14
 













      BEIJING, 9 décembre (Xinhua) -- Le développement des droits de l'Homme en Chine rencontre encore "nombre de choses moins que  satisfaisantes", mais devrait progresser avec le processus de  modernisation, a déclaré mardi un haut responsable chinois. 
     "En raison de facteurs naturels, historiques, culturels,  économiques et sociaux, il y a encore de nombreux problèmes et  difficultés dans le développement des droits de l'Homme", a  reconnu Wang Chen, ministre en charge du Bureau de l'Information  du Conseil des Affaires d'Etat (gouvernement central). 
     Lors d'une interview accordée au journal Droits de l'Homme,  Wang Chen a indiqué que les structures économiques et politiques  chinoises restaient encore à améliorer, que les systèmes  démocratiques et judiciaires restaient encore à perfectionner et  que les gouvernements de tous les échelons devaient renforcer leur conscience de la protection des droits de l'Homme et de l'exercice des pouvoirs administratifs en vertu de la loi. 
     Il a reconnu que le développement économique et social du pays était déséquilibré et que l'élargissement des écarts entre les  régions urbaines et rurales, entre différentes régions et entre  les riches et les pauvres n'avait pas été mis sous contrôle. 
     Des problèmes et difficultés sont apparus notamment dans les  domaines de l'emploi, de la sécurité sociale, de la distribution  des revenus, de l'éducation, des services méciaux, du logement et  de la sécurité de la production. 
     "Tous ces domaines affectent les intérêts et les droits du  peuple. En conséquence, la tâche ardue et de long terme qui  incombe au gouvernement et au peuple chinois est de poursuivre et  multiplier leurs efforts pour promouvoir et protéger les droits de l'Homme", a fait savoir Wang Chen. 
     Il a toutefois exprimé sa confiance dans l'avenir des droits  de l'Homme en Chine malgré toutes les difficultés. 
     La Chine a depuis longtemps mis les droits de l'Homme en tête  du calendrier du développement national, a-t-il poursuivi,  ajoutant que la Chine avait exploré la voie de développement des  droits de l'Homme la mieux adaptée à ses conditions nationales, en se concentrant sur une politique centrée sur le peuple et  l'autorité de la loi.

 












 


Express 08/12/2008 09:22



"La Chine tire prétexte du statut d'ami privilégié de la France"
Par Marie Simon, publié le 06/12/2008 11:02 - mis à jour le 06/12/2008 11:30




La rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalai-lama, prévue ce samedi, irrite la Chine... Bien davantage que les rencontres entre le leader tibétain et d'autres chefs d'Etat. Benoît Vermander, sinologue, jésuite et directeur de l'Institut Ricci de Taipei à Taïwan, analyse la relation "spéciale" qui unit Pékin et Paris. Une relation qu'il appelle à "normaliser" au plus vite.


La France n'est pas la seule à rencontrer le dalai-lama. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore l'Allemagne l'ont fait, sans susciter une telle colère à Pékin. Pourquoi ce "traitement spécial" pour la France?La Chine tire prétexte du statut d' "ami privilégié" de la France pour épingler plus particulièrement tout manquement à cette amitié.Par ailleurs, la position française elle-même, au cours des dernières années, a fragilisé la France, prise qu'elle est entre des démonstrations d'amitié, le désir de construire avec la Chine un partenariat exclusif, et de brusques "retours de conscience". Enfin, la France, dans ses relations économiques avec la Chine, dépend, d'une part de grands contrats étatiques (nucléaire, aviation), d'autre part de la grande distribution (Carrefour). Une situation qui prête au chantage politique. Davantage en tout cas que lorsque vous vous spécialisez dans la vente de machines-outils ou d'équipements de précision optique.La rencontre avec le dalai-lama est-il un prétexte? Pour quelles autres raisons la Chine pourrait vouloir réprimander la France?Non, il s'agit bien du Tibet, et du Tibet seul. La Chine fait de l'isolement du leader tibétain un test de sa puissance politique. Et tout soutien au dalaï-lama est vécu comme un relent colonialiste, parce qu'il dénie la souveraineté chinoise..Il faut se comporter avec la Chine comme avec un grand pays "normal", avec ses droits et ses devoir.La France est qualifiée de "maillon faible" de l'Europe dans la presse française... Paie-t-elle le prix des hésitations politiques que vous évoquiez?
Oui, sans aucun doute, ce terme est juste.  Ces errements de la politique française remontent au moins à la reconnaissance de la Chine en 1964, reconnaissance précoce dont nous croyons pouvoir tirer profit... Mais nous n'avons jamais su "normaliser" notre relation avec la Chine.Comment faire pour "normaliser" cette relation?Il faut se comporter avec la Chine comme avec un très grand pays, mais un pays "normal", avec ses droits et ses devoirs. Il y aura un prix à payer, c'est certain. Il ne s'agit en aucun cas de s'enferrer dans une relation hostile avec la Chine. Au contraire, il s'agit de l'engager dans la gouvernance mondiale en lui reconnaissant tout son poids dans les dossiers financiers, environnementaux, sanitaires, dans l'avenir du continent africain... tout en maintenant une liberté de manoeuvre et d'expression. Il faut aussi balancer l'engagement avec la Chine en s'engageant dans une politique proactive avec l'Inde, le Vietnam, le Brésil...Là où le bât blesse, c'est la difficulté européenne à tenir une position commune. Mais il semble y avoir des progrès en ce domaine, et si l'épisode actuel permet de solidifier la solidarité européenne face à la Chine, il n'aura pas été inutile. Il est même possible que l'élection d'Obama permette d'arriver enfin à une position américano-européenne cohérente et pragmatique face à la Chine.



AFP 07/12/2008 09:55

L'agence Chine Nouvelle critique l'entretien entre Sarkozy et le dalaï lama
Il y a 1 jour
PEKIN (AFP) — L'agence officielle Chine Nouvelle a qualifié dimanche de "peu judicieuse" la rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et le dalaï dama, samedi à Gdansk (Pologne), affirmant qu'elle allait miner les relations entre Paris et Pékin.
"Cette rencontre est assurément peu judicieuse et blesse non seulement les sentiments des Chinois, mais mine aussi les relations sino-françaises", écrit Chine Nouvelle.
"Le gouvernement et le peuple chinois ... s'opposent fermement à tout contact d'un dirigeant étranger (avec le dalaï lama) sous quelque forme que ce soit", poursuit-elle. "La partie française, toutefois, sans tenir compte de la grave préoccupation de la Chine et de la situation générale des relations sino-françaises, a pris une initiative opportuniste, irréfléchie et à court terme pour traiter de la question du Tibet", ajoute Chine Nouvelle.
Le président Nicolas Sarkozy a profité d'un déplacement dans la cité hanséatique du nord de la Pologne, où se déroulait une cérémonie réunissant plusieurs Nobel de la Paix autour de Lech Walesa, ancien président polonais et dirigeant historique du syndicat Solidarnosc, pour rencontrer pour la première fois le leader tibétain, nobélisé en 1989. L'entretien qu'il a eu, en tête à tête, avec le dalaï lama, a duré environ une demi-heure et "s'est très bien passé", a-t-il ensuite confié à la presse.
"Le dalaï lama m'a confirmé - ce que je savais d'ailleurs - qu'il ne demandait pas l'indépendance du Tibet, et je lui ai dit combien j'attachais de l'importance à la poursuite de (son) dialogue avec les autorités chinoises", a également déclaré M. Sarkozy.
L'imminence de la rencontre avait déclenché les foudres des autorités chinoises, particulièrement sensibles à la question du Tibet et de son leader spirituel. Pékin a menacé de boycotter les produits français en Chine, et à la veille de la rencontre de Gdansk, les appels au boycottage se sont multipliés sur la toile chinoise.
Au printemps, lors de la sévère répression chinoise contre les manifestants tibétains, le président français s'était déclaré "choqué". Plusieurs semaines de manifestations antifrançaises, notamment contre des magasins de grande distribution Carrefour en Chine, avaient éclaté après que des manifestants pro-tibétains eurent perturbé le passage de la flamme olympique à Paris.
L'entretien qu'il a eu, en tête à tête, avec le dalaï lama, a duré environ une demi-heure et "s'est très bien passé", a-t-il ensuite confié à la presse. Au début de la rencontre, le dalaï lama a posé sur ses épaules le kata, la traditionnelle écharpe blanche tibétaine. "C'est notre tradition", lui a-t-il glissé. "Le dalaï lama m'a indiqué combien il avait soutenu mon voyage à Pékin pour les Jeux olympiques et combien lui-même avait souhaité que les Jeux olympiques soient un succès pour les autorités chinoises", a déclaré M. Sarkozy aux journalistes.
"Les autorités chinoises savaient d'ailleurs parfaitement que ce rendez-vous aurait lieu avant la fin de l'année. Je l'avais toujours dit", a souligné le président français.
Mais le président Sarkozy s'est efforcé de calmer la situation, en prenant soin de ménager les Chinois. "Il faut gérer tout ceci avec sérénité, avec calme. Il faut le faire sur le long terme", a-t-il dit, en laissant entendre qu'il fallait ramener ces événements à leur juste mesure.
"Je souhaite que la Chine prenne toute sa place dans la gouvernance mondiale. Nous avons besoin de la Chine pour résoudre les grands problèmes dans le monde, que la Chine dialogue, comme le président Hu Jintao a commencé, avec le dalaï lama", a-t-il insisté.
Lors d'une conférence de presse, tenue conjointement avec les neuf autres dirigeants européens, peu avant de rencontrer le dalaï lama, M. Sarkozy avait déjà affirmé qu'il convenait de "ne pas dramatiser" cette rencontre. "Ne tendons pas les choses", avait-il insisté.
"Je suis libre en tant que président de la République française de mon agenda" et "en tant que président du Conseil européen, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de le faire, je le fais bien volontiers", avait-il également déclaré. Concernant la situation au Tibet, et avec le même souci de ménager les Chinois, M. Sarkozy a simplement affirmé qu'il avait fait avec le dalaï lama "un large tour d'horizon de cette question", sans développer. "Le dalaï lama m'a fait part de ses inquiétudes, inquiétudes qui sont partagées en Europe", a-t-il toutefois ajouté.

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