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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 09:26


Solyenitsine (un clin d'oeil pour ses réécritures)

http://jn.sapo.pt/Storage/ng1035341.jpg


Réécriture

  Dans le texte précédent, Le secret de l’écriture ou le jeu avec la mort, j’ai voulu traverser le mythe, qui est lui-même une écriture, sans prendre suffisamment de distance. Aussi  le secret est-il resté enveloppé d’obscurité, échappant à toute révélation pour le lecteur peu habitué aux textes symboliques. C’est pourquoi je veux ici procéder à une réécriture en me situant entre mythe et philosophie dans l’espoir de faire jaillir un peu plus de lumière. Le sujet est trop important pour le laisser dans l’ombre. Notre compréhension de la vie elle-même en dépend.


 Récit de la vie et colonne vertébrale  de l’homme en évolution

 L’homme est un être en perpétuelle évolution. Pour lui, et pour le monde vivant en général, la vie est un élan qui associe force de vie et force de mort. La force de vie pousse en avant. De son côté, la force de mort écarte comme la peau vieillie du serpent en constante régénération tout ce qui encombre l’existence et l’empêche d’avancer. Mais, cherchant à assurer la continuité de l’évolution depuis l’origine, la force de mort s’astreint à écrire très fidèlement le récit de la vie de chaque espèce et de chaque individu  pour en faire symboliquement la colonne vertébrale du vivant. Prenant la forme d’un serpent, l’écriture garde la mémoire de tout ce qui s’est passé. Se pliant à l’horloge du temps, elle renvoie à un arbitraire absolu qui la précède en dehors du temps et dessine en creux l’énergie d’une Parole originelle sur laquelle elle s’appuie sans pouvoir la nommer.  On la croit astreinte à la nécessité et pourtant elle laisse constamment la place au hasard pour donner prise à la parole insaisissable de l’origine, qui seule a le secret indicible de la vie.

 Le don de l’écriture

 Le récit de la vie ne se fait pas sous n’importe quelle forme. Il obéit à des règles précises, à une grammaire, chargée d’assurer justesse et cohérence au récit qu’elle écrit. La grammaire est faite de structures symboliques qui associent les contraires : stabilité et mobilité, intérieur et extérieur, le même et l’autre, action et repos... Ici, déroulement de l’existence et écriture ont partie liée, comme si l’écriture était faite pour envelopper la vie en lui permettant de s’exprimer. C’est pourquoi les textes mythiques associent la grammaire du récit et la Loi, qui va organiser les comportements. Et, ils nous disent, en particulier dans le don des Tables de la Loi à Moïse, que la Logique de la vie n’est pas pure construction de l’homme, mais qu’elle est pénétrée par le Logos ou la Parole de l’origine.

 La responsabilité de l’homme

 En réalité, Moïse avait un peu décollé de terre, s’imaginant que l’homme devait se soumettre complètement à Yahvé. Or, sortant de l’extase, il s’aperçoit que les Hébreux ont façonné un veau d’or, plus à leur portée que le Dieu du buisson ardent. Le texte nous dit alors qu’il brise les Tables de la Loi. Il fallait sans doute qu’il casse l’écrin d’absolu dans lequel il les avait enfermées. A vrai dire Yahvé n’est pas très surpris. Il demande à Moïse de réécrire le Texte perdu, associant ainsi l’homme, pourtant fragile et toujours proche de la faute, à une tâche apparemment surhumaine. Sans doute la Grammaire et  la Loi sont-elles un don du ciel, mais il faut progressivement en prendre conscience pour les soumettre à une réécriture plus humaine. Bien plus, elles ne sont pas données une fois pour toutes : elles sont constamment revisitées et soumises à l’interrogation des hommes, chargés de guider l’évolution de la vie, qui pourtant les dépasse. Seule la Parole d’origine est insaisissable : l’écriture, par contre, a besoin d’être interprétée et complétée.

 Le serpent lie violence et écriture

 On a déjà rencontré le serpent, mais il faisait alors partie de l’homme, constituant symboliquement sa colonne vertébrale. Dans l’épisode du serpent d’airain, il lui est devenu extérieur. C’est lui qui le menace de mort. En proie à la faim et à la soif, en plein désert, les Hébreux, prenant l’apparence de serpents brûlants, se révoltent les uns contre les autres et provoquent d’apparentes mutineries. Il faut à tout prix enrayer la violence qui va se propager comme une traînée de poudre. Moïse, qui est législateur, doit se transformer en thérapeute. Il connaît les pratiques des païens qui l’entourent pour conjurer le mal, s’appuyant sur un système symbolique encore imparfait. Pour eux, les images parlent au corps et peuvent réactiver les forces de vie et de guérison en partie endormies. Ils ne sont pas complètement sortis de l’idolâtrie, mais leur intuition éclaire Moïse. La violence sera représentée par un serpent d’airain sur un étendard. Il suffira de le regarder pour réintégrer en soi celui qui les menace de l’extérieur et échapper ainsi à sa force meurtrière.

 Le serpent évincé et l’écriture bloquée

 Il est plus facile maintenant d’interpréter la figure du serpent dans le récit de la chute que propose la Genèse. Comme on l’a vu, il  est lié à la force de mort qui organise le récit de la vie. Dès l’origine, apparemment, l’homme ne voit en elle que sa dimension destructrice et l’associe complètement au serpent qui provoque la mort. En la refoulant, il finit par extérioriser le serpent intérieur, qui devient une des expressions du mal. De ce fait le mouvement continu de l’écriture qui donne forme au récit de la vie se trouve bloqué et l’avenir de l’homme est en partie compromis. C’est cette situation désespérée qui fera naître l’aspiration au salut. Tant que l’homme fera du serpent un ennemi extérieur,  il sera pris au piège de l’illusion et bloquera l’évolution de la vie humaine.

 Le déblocage de l’écriture passe par la réintégration du serpent

 Dans l’épisode du serpent d’airain, Moïse a bien compris que, pour sortir de la violence, il fallait réintégrer le serpent et redonner ainsi à l’écriture sa fonction de colonne vertébrale de l’être humain. Lorsque le fonctionnement intérieur de l’écriture s’arrête, c’est la violence extérieure qui prend le dessus. Ainsi Caïn en vient-il à  tuer son frère, poussé par une force qu’il ne peut maîtriser. C’est, pour lui, la première expérience de la mort et Yahvé en profite pour le remettre dans la dynamique de l’écriture. Dans la prise de conscience de son acte, il dessine la figure intérieure de son frère disparu et commence ainsi à dégager une place pour l’autre. Avec la prise en compte de sa responsabilité, il sait maintenant que la force de mort est en lui et qu’il faut la reconnaître pour continuer à vivre et à évoluer. Bien plus, le texte dit que Dieu met un signe sur son front pour empêcher qu’on ne le tue.  Peu à peu l’interdit du meurtre prend forme non seulement pour lui mais aussi pour tous ceux qui l’entourent. Le déblocage de l’écriture associe en même temps la reconnaissance de la violence qui constitue l’homme et la nécessité de la prendre en charge pour éviter qu’elle n’en vienne à détruire l’autre. A travers le redémarrage de l’écriture, le sujet lui-même commence à prendre son essor.

 L’accomplissement de l’écriture

 L’événement de la mort du Christ peut être analysé comme un texte symbolique profane sans qu’il soit besoin d’engager la foi du lecteur. Rien n’empêche pourtant le croyant de faire une lecture différente, qui l’amène à passer à un autre niveau de réalité, au-delà du mythe lui-même. Nous en tenant à la première perspective, nous découvrons une croix avec les deux branches de l’arbre de vie qui associent la mort et la vie. Sur la croix, un condamné à mort rappelle le serpent d’airain, montrant à tous qu’il faut intégrer la force de mort pour sortir de la violence meurtrière qui a provoqué sa condamnation. Au sommet de la croix, un écriteau avec la mention Jésus le roi des Juifs semble révéler que la véritable royauté de l’homme est celle qui est apte à traverser la mort. Après trois jours, le tombeau vide manifeste que la mort a été dépassée. Ainsi la force de mort, qui, sous la forme du serpent, a donné naissance à l’écriture, fait apparaître au grand jour sa propre fonction, qui consiste à féconder la vie pour la faire passer au-delà de la mort. C’est alors que l’écriture elle-même s’accomplit car elle réussit progressivement  à faire cheminer toute l’énergie originelle de la création à travers l’évolution pour faire gagner la vie au moment de l’affrontement décisif.

 L’écriture finit par donner naissance à la parole

 Si l’écriture fait gagner la vie, c’est en définitive parce qu’elle donne naissance à la parole. Une parole indicible est à l’origine. La parole humaine est au terme. L’écriture lui sert de matrice. Autrement dit, après avoir été fille de la Parole transcendante, l’écriture médiatrice devient la mère de la Parole des hommes. C'est, en tout cas, ce que veut exprimer le texte suivant d'Ézéchiel : " Il me dit : " Fils d'homme, ce qui t'est présenté, mange-le : mange ce volume et va parler à la maison d'Israël ". J'ouvris la bouche et il me fit manger ce volume, puis il me dit : " Fils d'homme, nourris-toi et rassasie-toi de ce volume que je te donne ". Je le mangeai et, dans ma bouche, il fut doux comme du miel " (Livre d'Ézéchiel, Bible de Jérusalem, 3 1-3). L’Écriture, au sens fort du terme, celle qu’ont engendrée les hommes depuis toujours et qu’ils continuent à engendrer aujourd’hui, devient une nourriture lorsque les hommes la lisent. Elle réactive et universalise celle qui est inscrite et continue  à  s’inscrire en eux pour que naisse une parole créatrice, capable de transformer le monde.

 Et alors qu’en est-il de l’écriture de chacun ? Si elle est véritablement écriture et non traduction imparfaite de la parole, elle prend appui sur l’écriture intérieure, chargée de symboles, sur ses réussites mais aussi sur ses blocages, sur les maux qui l’affligent. Elle traduit alors l’épanouissement mais aussi l’angoisse intérieure. Outil merveilleux pour faire naître le dialogue avec l’autre, elle peut être aussi un matériau extraordinaire pour le thérapeute, un support pour la parole du malade. Car c’est d’abord elle qui porte les symptômes et les causes de la maladie, souvent basées sur le refoulement de la force de mort.  Pourquoi alors ne pas passer à une thérapie qui lui donne la place essentielle qui lui revient ? C’est peut-être un passage nécessaire  pour faire surgir avec plus d’ampleur la parole qui définit l’être humain.

 Etienne Duval

 

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commentaires

A
Les mystères des étymologies sont parfois insondables...
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E
Je ne suis pas assez compétent pour vous répondre sur la pomme. On m'a dit que le mot pomme venait d'une racine sanscrite, qui signifierait le sexe. Là, c'est bien ce que tout le monde semble avoi compris ! 
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A
   J'ai parcouru "écriture" et "réécriture" : cela dépasse mes compétences.    Je me permets toutefois de m'élever contre une erreur   traditionnelle : Eve a affaire non à la pomme , mais au fruit,    pomme = malum, mali (virgile : malum discordiae )    fruit = pomum , pomi  ( columelle (agronome du 1er siècle ) : pomosus =qui donne des fruits )Je suis originaire d'une ville (tlemcen)qui , sous l'adminitration romaine , s'appelait pomaria<br />           à  bientôt<br /> No virus found in this incoming message.Checked by AVG - http://www.avg.com Version: 8.0.173 / Virus Database: 270.7.6/1709 - Release Date: 05/10/2008 09:20
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E
Maud, tu as un vrai talent pour l'écriture et je ne doute pas qu'elle soit, pour toi, un vrai moyen de régénération. C'est sans doute pour cela que tu entres si promptement dans ce qui fait son mystère.
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M
C'est un très beau texte que je découvre ce jour .<br /> Il me semble que Jean-pierre Klein et ceux  qui travaillent  sur l'art thérapie  et  aussi sur la sémiotique du rêve et/ou  des scénarios imaginaires  pensent  que pour guérir  il faut avant tout trouver le bon  support d'élaboration (dessin, théatre, marionettes, ..) :.le vecteur  qui tout en étant suffisamment relié à la maladie en sera aussi assez distancé pour relancer le processus créatif et permettre la résolution ou le dépassement des blocages.Il n'est pas  certain, loin s'en faut -comme tu le soulignes toi même à la fin de ton récit - que l''écriture échappe toujours à nos spirales  névrotiques. Mais le peut-elle lorque l'image maternelle comme lien  est insupportablement  défaillante.  En revanche , il est possible quelle détienne en soi un  pouvoir quasi alchimique ( celui de la pierre philosophale?) sous réserve qu'elle soit tout à la fois généreuse,  abandonnée et néanmoins tendue vers le grand autre, enracinée et projetée par delà elle même.  Alors oui, elle peut ressembler au serpent qui sacrifie sa peau dans une mue délicate pour un supplément d'âme, de lumière  et de couleur . Belle image en vérité qui en appelle d'autres...
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E
Personnellement, je ne pense pas que la parole ait précédé l'écriture, même il y a très longtemps. Ce que nous savons bien c'est que l'écriture n'a pas toujours été comme elle se présente aujourd'hui. A la limite elle a pu prendre la forme d'un dessin ou d'une peinture, qui étaient porteurs d'un sens au-delà même de ce qu'ils représentaient.
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F
Ton décalogue sur l'écriture est impressionnant mais pas vraiment évident, tant il est concis et concentré. J'imagine quand même que la parole a du, historiquement parlant, précéder l'écriture de quelques millénaires... Mais c'est vrai, au moins dans notre culture et jusqu'ici, mais avec quel avenir, que la parole renaît en quelque façon de l'écriture. C'est en tout cas vrai de la vie chrétienne, même si la parole était au commencement. Elle ne naît et ne renaît que par les Ecritures, un pluriel certes variable mais intéressant...<br />  
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E
Tu mets bien l'accent sur l'essentiel, tel au moins que je l'ai envisagé en écrivant. Si cet essentiel alimente tes propres réflexions, le blog aura porté ses fruits. Pour le moment, les réactions ne sont pas tellement nombreuses ; internet fonctionne assez peu entre le 15 juillet et le 15 septembre. Tu risques donc d'être un peu déçu en venant consulter les réflexions des autres intervenants. Ce qui est en cause ce n'est pas leur qualité mais leur nombre.
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J
Mes réactions à la lecture du fichier réécrit, sont des découvertes, à savoir:-lien entre la Parole originelle (LOGOS) qui possède seule le secret de la vie, et la parole humaine capable de dialoguer avec autrui et de transformer le monde, à travers et grâce à l'écriture qui en est la matrice,-second aspect de la figure biblique du serpent: être la colonne vertébrale du vivant dans une fonction organisatrice du récit de la vie,-association de l'Homme à la formulation de la loi du décalogue qui a son origine dans le LOGOS( universalité des Droits de l'homme qui en sont, me semble-t-il, la transcription laïque),-capacité thérapeutique de l'écriture intérieure individuelle,-possibilité d'une lecture profane des événements de la mort du X et de la découverte du vide de son tombeau: l'association de la mort et de la vie, la capacité de l'homme à dépasser la mort et, in fine, la victoire finale de la vie.<br /> Afin de connaître les différentes réactions, commentaires et contributions auxquelles ta réécriture donne lieu, je projette d'aller sur ton blog.
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E
Bonne idée de renvoyer au pianiste. L'image est en effet très parlante !
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C
Étienne bonjour, et merci d'avoir ajouté ton propre commentaire sur le blog: c'est tout-à-fait ça ce que tu dis à propos du monstre d'une seule main que serait l'humain par opposition à l'animal, alors que l'âme écrit avec son corps et si elle sait être assez à son écoute, se réconcilier alors avec son animalité. C'est si vrai du pianiste, par exemple!
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E
Merci de ta propre réécriture, qui essaie de préciser ta pensée. J'ai apprécié en particulier la place que tu cherches à faire au lecteur. On pense toujours à l'auteur mais finalement le lecteur est tout aussi important.L'idée du monstre d'une seule main me paraît intéressante, mais pratiquant l'écriture directe sur ordinateur, j'ai l'envie de dire qu'avec les deux mains, l'homme cesse d'écrire uniquement avec sa tête ; il écrit avec son corps tout entier et finit par exprimer le rythme de l'âme. Car c'est aussi l'âme qui écrit lorsque l'homme utilise ses deux mains, âme de l'inconscience comme âme du conscient.
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C
J’ai souri lorsque tu me dis qu’une prof de français s’est intéressée à mon texte Écrire ce mois d’août sur ton blog ; j’ai aimé aussi la comparaison d’Yvon du "manuscrit" avec "le lit défait" et les réflexions des un(e)s et des autres sur ton propre texte Le secret de l’écriture ou le jeu avec la mort ainsi que sur ta Réécriture. Maintenant que me voici de nouveau connecté à internet, alors je vous dois non pas, rassure-toi, de réécrire mon texte mais tout de même cette brève analyse.<br /> Il est vrai que je pourrais après réflexion le réécrire et Comme dans un rêve écrire non pas au conditionnel mais au futur antérieur : « si j’aurai su, j’aurai pas v’nu » comme disent les ado ; mais alors c’eût été réécrire l’histoire et passer le réel à la trappe. Que m’en préserve "le goût de la chose réelle", celui que nous avait communiqué en son temps un certain Albert-Marie Besnard !<br /> Quant à Écrire pour écrire, on peut penser à juste raison qu’il y a quelque part un leurre dans ce leur de la phrase : "…parfois les poètes laissent au lecteur la liberté de donner leur ponctuation à la phrase." Car ce leur pluriel renvoie logiquement aux auteurs les poètes, non au lecteur; les auteurs se la gardent finalement cette liberté de ponctuation ! C’est sûrement inconsciemment dans ce lapsus ce que je me suis gardé. Honnêtement pour aller au bout de ma pensée, j’aurai du laisser au lecteur "la liberté de donner sa ponctuation à la phrase" ou évoquer le poète et ses lecteurs. Mais voici que je pars à mon tour dans le futur antérieur !<br /> Encore un détail dans le passage sur le mandala de sable : si tu veux éviter une répétition quelque peu lourde de ce mot dans la dernière phrase, tu le remplaces par "figure", ce qui donne :"(à l’extérieur de la figure  pour ne pas risquer…)"<br /> Enfin, l’observation de Derrida mérite que je vous rapporte mes notes de décembre 2004  car, il me semble, elle portait non pas tant sur le mot "tapé" de la machine à écrire que sur la main singulière d’Heidegger : Pourtant lorsque que Jacques Derrida observe ce que Heidegger dit de la main, il n'y voit pas seulement  une partie organique du corps qui attrape fängt, prend greift , voire "comprend" begreift dans l'ordre de la saisie conceptuelle (la main-qui-pense des "manuels" Hand-Werk, Begriff), " mais la main qui offre et reçoit reicht und empfängt, et non seulement des choses, car elle-même s'offre et se reçoit dans l'autre. La main garde, la main porte. La main trace des signes, elle montre, probablement parce que l'homme est un "monstre". A la différence de l'animal qui n'a pas de mains mais des organes de préhension (pattes, griffes, serres), le Geschlecht humain (sexe, race, famille, génération, lignée, espèce, genre) a cette main qui le caractérise. "La main de l'homme, poursuit Jacques Derrida, Heidegger la pense toujours au singulier, comme si l'homme n'avait pas deux mains mais, ce "monstre" Zeichen, une seule main. Non pas un seul organe au milieu du corps, comme le cyclope avait un seul œil au milieu du front […] Non, la main de l'homme, cela signifie qu'il ne s'agit plus de ces organes préhensibles ou de ces membres instrumentalisables que sont des mains. L'homme de la machine à écrire et de la technique en général se sert des deux mains. Mais l'homme qui parle et l'homme qui écrit à la main, comme on dit, n'est-ce pas le monstre d'une seule main ? Nous voici rendus en amont du cogito cartésien, en amont du "mental" !<br /> Ce sera tout pour aujourd’hui, 9 septembre 2008.<br /> Charles
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E
Je suis content d'apprendre que tu trouves le texte "Réécriture" plus lisible que le précédent. Ce n'est pas manifestement le cas de tout le monde. Une professeure de français, normalienne de surcroît ! m'a fait des compliments pour ton article.
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C
Quant à ta "réécriture", je trouve ton texte bien plus lisible, notamment avec cette image très parlante du serpent intérieur-extérieur qui me siffle ces temps-ci à l'oreille : "Repère la part qui te revient dans les mots (maux) dont tu te plains".
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E
Merci de ton petit commentaire. C'est vrai que l'Esprit doit s'intégrer dans cette relation entre écriture et parole, comme s'il faisait germer la parole à partir de cette graine qu'est l'écriture.
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F
Merci pour ce texte . La distinction que tu proposes entre Parole et écriture est nette et en même temps l'une ne peut aller sans l'autre ; j'y vois comme une forme d'incarnation où l'Esprit est à l'oeuvre .
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E
Geneviève, si tu veux le fond de ma pensée, tout est offert aux non croyants comme aux croyants. En définitive, s'il existe un au-delà de cette vie dans le don de la vie éternelle et dans la présence de l'Esprit, dès maintenant, en chaque vie personnelle,  la foi peut accorder à cette réalité nouvelle. Mais il est probable  que, la plupart du temps, tout va se jouer non pas grâce à la foi mais en fonction de la place que je ferai à l'autre,  et, par delà, sans le vouloir et sans le savoir, à cet Autre en qui se révèlent tous les autres. Ce n'est pas moi qui décide de la présence de l'Autre mais il peut y avoir un pari comme le pari de Pascal dans un sens ou dans l'autre. Si cet Autre existe, il me dépasse infiniment et il ne m'appartient pas de lui donner l'existence ou de lui enlever.
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E
Etienne je ne doute pas une minute de ton honneteté, mais ta crédulité peut-être. Peux-tu répondre à ma question de savoir quel est ce plus offert aux croyants auquel les autres n'auraient pas accès ? Suis trop bête pour comprendre. Sans rancune.
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E
Je crois qu'il est possible, même pour un croyant, d'avoir un discours philosophique sans tomber dans un discours théologique, qui implique la foi. C'est un peu une question d'honnêteté intellectuelle. Est-ce que je suis totalement honnête ? Je n'en suis pas vraiment juge.
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G
J'espere que tu ne m'en voudras pas trop si je te dis ce que je pense. Les non croyants lisent aussi la bible Ils rentrent aussi dans l'histoire. Leur rapport à Dieu est plus libre sans les oeillères que procure souvent la foi. Je pense aussi que pour toi il est bien difficile sinon impossible de parler en non croyant, tout ton être respire ta foi, et c'est très bien ainsi.Je trouve toujours intéressant les gens engagés qui savent se  remettre en question.
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E
Yvon, je reprends la lecture de ton texte et je vais, en réaction, livrer un peu le fond de ma pensée.Raison ou symboliqueIl me semble que l'on n'a pas à choisir entre raison et symbolique. L'un ne va pas sans l'autre. La raison vise plutôt la cohérence. Le symbolique est plus proche du sens et de la création. Bien plus il permet d'associer les contraires et facilite ainsi l'accès à la pensée. une lecture   mythique doit renvoyer à une lecture rationnelle et vice versa. Ce sont comme les deux versants d'un même ensemble. Je ne peux pas quitter la poésie pour m'ordonner tout entier vers la science. En même temps la véritable science conduit à la poésie comme chez Hubert Reeves. Sinon, le savant sortirait du registre de l'intuition.Le sens des symbolesC'est le texte qui donne le sens des symboles. Il n'y a pas vraiment de sens préétabli. Ainsi, dans les textes que j'ai choisis, à propos du serpent, c'est la relation à la mort qui est la plus évidente, ce qui n'exclut pas d'autres aspects, par exemple la colonne vertébrale, le poison du venin comme moyen possible de guérison, ou les bases de l'écriture...Symbolique et ouverture de la penséeLe symbolique suppose toujours une interprétation. Mais l'interprétation est toujours à reprendre. Le symbolique ne livre jamais complètement son secret. C'est pourquoi il est un moyen extraordinaire et indispensable pour ouvrir la pensée et la réflexion.Symbolique et nouveautéContrairement à la science et au rationnel, le symbolique n'exclut pas la nouveauté. Il fait place à l'inédit, au hasard, à l'inattendu, en un mot à la création. C'est lui qui fait le lien avec la Parole indicible de l'origine. Le symbolique n'explique pas : il est toujours dans l'interprétation et, comme je le soulignais plus haut, l'interprétation n'a jamais dit son dernier mot...
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E
Je n'ai pas le temps de te répondre ce soir. Je te répondrai demain. Mais déjà pour relancer ta réflexion, ne crois-tu pas que la science elle-même n'échappe pas au symbolique ? Les explications apparemment scientifiques ne sont en fait qu'une métaphore.
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Y
Les réflexions d’Eugène et Françoise m’amènent à quelques réflexions  sur les symboles et peut-être sur les mythes. Je participe volontiers  à ce blog, à cause des réflexions qu’il amène, réflexions qui  impliquent une certaine conduite de la vie. Et pourtant, je me sens  plus proches d’une démarche conceptuelle ou philosophique, si l’on  veut, que d’une démarche symbolique, à laquelle je trouve certains  inconvénients.Le matériel symbolique est très vaste :- les quatre ou cinq éléments : eau, ciel, terre, feu…- les astres, étoiles et planètes, des phénomènes météorologiques- des éléments  géologiques : volcans, sommets, cavernes…_ des objets de l’activité humaine : puits, roues, moyeux urnes,  sceptres, couronnes…  - des végétaux : chêne, cèdre, trèfle, poireau, rose, céréales…- mais surtout des animaux.  En ce qui concerne spécialement les animaux, la symbolique se  nourrit de leur apparence, de leur comportement, de leur taille, de  leur relation à l’homme, de leur intelligence ou capacité  particulière. Cette utilisation est souvent trop teintée  d’anthropomorphisme, mais bref.  Dans le cas du coq gaulois c’est  juste un effet de langue ; s’il  s’était agi de choisir un gallinacé,  on aurait pu prendre le dindon, la poule d’eau, le faisan, la pintade, … qui sont tout aussi représentatifs du français !Les dieux de beaucoup de religions se manifestent souvent sous forme  animale qu’on retrouve  aussi quasi exclusivement dans les mats  totémiques.   L’avantage des animaux c’est d’être vivants, d’où une symbolique  dynamique comportant le nécessaire élément d’incertitude qui convient  aux mythes.<br /> - La symbolique qu’on en a tirée est-elle universelle ? Je pense  qu’elle est plutôt restreinte à une ère culturelle plus ou moins  vaste, dans laquelle le symbole fonctionne  sans qu’on ait besoin de  dire pourquoi. Quand à savoir si le serpent est un symbole bénéfique  ou maléfique, peu importe ; il suffit d’entrer dans la logique de  l’univers culturel du mythe.La symbolique est-elle univoque ? Certains animaux sont nettement  connotés, comme le loup, d’autres peuvent être très ambivalents, comme  l’ours, à la fois nounours et URSS.<br /> Et c’est sans doute le grand intérêt des symboles en général et des  mythes, de nous apporter du sens sans l’enfermer dans l’univoque et en  le comprenant dans une dynamique. Le seul mythe qui échappe à cette  souplesse pour sombrer dans l’aberration c’est le mythe de la science  quand au lieu d’utiliser les symboles que nous offre la nature  elle  s’appuie sur des certitudes pseudo éternelles. Claude A. en est la  parfaite illustration, si savant soit-il (en certains domaines !).  Mais je pense que la plupart des savants y échappent. La dialectique qu’on trouve dans beaucoup de récits mythiques me  semble refléter à la fois la quête de sens et l’exigence de toujours  reposer la question, aucune des réponses apportées au problème n’en  étant son complet dévoilement ou sa parfaite solution, sans pour  autant qu’on en soit réduit à la pure incertitude.  Il donne à penser,  indique un sens à la complexité des choses et des sociétés, crée de  l’harmonie et de l’espérance. Mais s’il donne à penser, c’est en s’adressant à l’expérience, à  l’imagination et aussi à l’émotion ; il n’a pas besoin de traduction,  sauf aux limites de son ère culturelle.<br /> J’y vois pourtant plusieurs limites, et aussi dans ce blog.Je pense qu’il y a une histoire des mythes, comme une histoire de la  pensée. Je pense que les utiliser sans les situer les uns par rapport  aux autres, et dans leur contexte culturel ou historique me gêne « un  peu » pour des tas de raisons..Le mythe est sans doute un outil que rien ne remplace pour les raisons  évoquées plus haut. Et il signale que le concept clair n’est pas et ne peut être la clarté définitive. Mais si le mythe a été le creuset de la philosophie, la réflexion plus  abstraite apporte un plus car elle a plus d’exigence. La ialectique  des images symboliques est séduisante, facile à mémoriser, et nourrit  la réflexion, mais le risque un  peu paresseux est d’en rester à ces histoires sans y intégrer des réflexions  plus précises, moins  équivoques et plus éfinitives. Car s’il n’y a pas pour moi de progrès  de l’humanité, il y a des avancées indispensables, et aussi de la  pensée.Je pense aussi que quand on lève l’ambiguïté de certains mythes ou de  certains symboles, surtout en termes dialectiques, c’est  inconsciemment ou non, en vertu d’une certaine croyance qui ne  perdrait rien à être manifestée, et je ne parle pas de la seule  croyance religieuse, mais aussi de tous positionnements fondamentaux.<br /> Je pense aussi que la lecture symbolique, et surtout la relecture à  postériori ne doit pas (et elle n'y échappe pas toujours) évacuer la  brutalité, la nouveauté, le fondamental de l'événementiel. Il y a du  nouveau sous le soleil que le voile culturel, fut-il mythique ne doit  pas occulter. Donner à penser, oui, tout expliquer non. Laissons-nous  surprendre.<br />   Donc longue vie à ce blog, qui va pour moi dans le bon sens, Yvon<br />  
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E
Merci Geneviève de ton passage sympathique par le blog. C'est vrai que c'est parfois intello. Mais il faut dire que le problème de l'écriture n'est pas facile. Tu poses une bonne question à propos des athées. J'ai essayé de ne pas faire une analyse de croyant. C'est un peu pour montrer le chemin à ceux qui ne croient pas : les Ecritures, Ancien et Nouveau Testament, leur appartiennent autant qu'aux croyants et ils peuvent en tirer des enseignements lumieux pour leur vie courante. La foi peut aller un peu plus loin en repérant l'entrée de Dieu dans l'histoire pour une alliance avec l'homme. Pour le croyant, il y a passage du mythe à l'histoire. Je passe tes réflexions à Yvon...
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G
J'aimerais bien entrer dans vos debats d'intello mais je n'en suis pas capable cependant j'ai beaucoup de plaisir à les lireJ'aime bien ta façon de lire la symbolique et d'essayer dans trouver une aide pour notre quotidien<br /> J'aimerais comprendre ce que la foi apporte de tellement supérieur et qui laisse les athés dans les ténèbres.<br /> J 'apprecie le commentaire d' Yvon mais je ne comprends psa pourquoi il trouve triste le 0 et le 1, qui pour mo symboliquement engendrent  tous les possibles<br />  
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E
Merci de votre commentaire même s'il est critique. La critique fait souvent plus avancer que l'accord ou l'approbation.Le serpentJ'ai analysé un assez grand nombre de textes mythiques et je dois dire que tous ou presque tous vont dans le sens que j'ai indiqué. Il y en a un, en particulier, qui explique pourquoi le serpent a acquis ses dents venimeuses. Il était le seul à ne pas pouvoir se défendre. C'est pourquoi il est allé voir Dieu, qui a compris sa requête et lui a donné le pouvoir de mort sur les autres animaux. Ce pouvoir a permis d'instaurer la distance dans le monde des vivants et c'est lui aussi qui a permis à Dieu d'échapper aux animaux, qui voulaient le tuer, et finalement de manifester sa transcendance. Par ailleurs dans le récit de la chute, le serpent est bien aussi celui qui provoque la chute de l'homme, etc., etc. La force de mort est force de vieJe ne considère pas cette vie comme force de mort, mais je découvre que la force de mort est aussi force de vie, au point de féconder la force de vie elle-même.L'écriture et la force de mortJe n'ai jamais dit que l'écriture était force de mort et que la parole était force de vie. Mais, c'est vrai l'écriture et la parole elle-même portent la marque de la force de mort.Je crois que ce qui vous bloque, c'est avant tout la conception du serpent. C'est là que se trouve la clef pour la compréhension de l'ensemble du texte. Et, pour Eugène, j'ai l'impression que tu as de la peine à fonctionner dans le symbolique, qui impose un double regard et un jeu dans les significations, à cause de ton passé de chercheur. La recherche scientifique impose un contenu précis des concepts alors que la recherche dans le symbolique introduit du jeu dans le sens des mots. Tu  arrives à fonctionner dans le symbolique,  avec apparemment une certaine difficulté. Mais de tout cela, on peut encore discuter.
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E
Nous avons lu ta nouvelle version sur l'Ecriture, qui nous laisse toujours perplexes. Pourquoi assimiler le serpent à "la force de mort"? Le serpent dans beaucoup de civilisations symbolise la vie naturelle ou matérielle, la substance primordiale. Est ce cette vie que tu considères comme une force de mort? Le rapprochement que tu fais entre l'Ecriture, le serpent et la force de mort reste pour nous très mystérieux...  Nous ne pensons pas que l'on puisse distinguer de façon fondamentale l'Ecriture (considérée par toi comme force de mort) de la Parole (...force de vie).  Nous sommes d'accord quand tu dis que l'Ecriture sert de matrice entre la Parole indicible de l'Origine et la parole humaine , mais nous ne comprenons pas bien ton cheminement.<br />  
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E
Merci, Yvon, de tes réflexions. Je suis heureux de voir que tu es rentré dans le premier texte sur l'écriture. Sans doute vas-tu entrer aussi dans le second texte et apporter tes réflexions. Je m'astreins à écrire à partir de la dimension mythique ou symbolique de textes d'origine. Le problème, c'est que tous les écrits peuvent être lus à deux niveaux différents : un niveau immédiat qui s'en tient aux mots tels qu'ils sont exprimés et un niveau second, disons un niveau symbolique qui renvoie à une réalité plus fondamentale et souvent plus spirituelle. Personnellement je privilégie toujours le second niveau parce qu'il est porteur d'un sens plus riche. Mais la difficulté c'est qu'il ne peut "parler" que s'il reste en lien avec le premier niveau. C'est une gymnastique un peu complexe et je ne suis pas sûr de toujours la respecter. Je constate que les scientifiques ont souvent beaucoup de difficulté à entrer dans la double lecture parce qu'ils n'admettent pas les variations de sens d'un même mot. Il faut faire avec ou les amener à changer leur regard, ce qui n'est pas toujours facile. Ce que tu dis sur les lettres et les chiffres m'intéressent. Il est curieux de voir que les lettres, à l'origine, n'ont de sens que symbolique, ce qui n'est pas vrai pour les chiffres, qui ont chacun leur individualité et sont  soumis au double sens. Et pourtant, je constate que chaque lettre représente une partie du corps, ce qui permet de découvrir les maux de la colonne vertébrale avec le t, ceux des poumons avec le l, ceux de la digestion avec le a ou ceux du coeur avec le o...  Pour les lettres hébraïques, il semble y avoir un lien étroit entre le dessin de la lettre et sa sonorité. Par ailleurs, comme tu l'as sans doute appris en graphologie, les consonnes expriment la structure alors que les voyelles sont plus proches des sentiments. Cela pourrait nous aider à percevoir le lien de celles-ci avec les couleurs... A bientôt !
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Y
Il faudra que je relise ton texte :réécriture sur l'écriture que j'ai  trouvé un peu difficile. J'ai relu à nouveau ton texte initial sur le  même sujet. Au bout de plusieurs relectures, sa cohérence m'est  apparue assez limpide,mais je n'en dirai pas plus aujourd'hui. Juste  quelques réflexions un peu amusés suscitées par quelques lectures à  propos d'autre chose. Réflexions sur le symbolisme attaché aux  éléments les plus simples de l'écriture que sont les lettres et les  chiffres. Je ne sais pas si Rimbaud était sérieux quand il attribuait  des couleurs aux voyelles dans son poème "Voyelles"; les commentaires  varient à ce sujet ; mais j'ai lu dans Wikipedia un article qui explique  les règles très strictes d'utilisation des différentes voyelles dans  un même mot dans les langues utilisant l'harmonie vocalique comme les  langues turques entre autre, langue qui plus est de type agglutinante  (ignorant en principe l'utilisation de préfixes). Et cela m'a  intrigué. C'est sûr que les sonorités d'une langue nous disent quelque  chose sur le peuple qui la parle, avec des musiques différentes. La  symbolique des langues non alphabétiques (idéogrammes par exemple) est  sans doute beaucoup plus riche, car déjà synthétique. Et dans le monde  juif, les caractères même ont une grande signification. Concernant les chiffres, ils m'ont toujours fascinés, comme des vrais  personnages, formant une société très complexe et organisée. je ne  suis pas un adepte de la numérologie, mais je comprends qu'il y a une  symbolique des nombres. Est-elle universelle? La succession des  nombres premiers m'a toujours fascinée. 1, 3, 4, 6, 7, 8, 12, 60 et  bien d'autres ont pour moi une vraie personnalité; certains dictent  l'échelle du temps en relation avec les périodes astronomiques,  d'autres se combinent très bien, ont un rapport étroit avec la  perfection du cercle ou celle du carré, etc. Certains ont des rapports  simples entre eux et d'autres des rapports  indicibles ou mystérieux.  Les nombres sont-ils plus porteurs de sens que les lettres, ou leur  sens est-il plus facile à appréhender, car plus déterminé; mais la  comparaison n'a peut-être pas de sens. On n'en fait pas ce qu'on veut  et l'horloge décimale des révolutionnaires n'a jamais réussi à passer.  L'invention du zéro, n'est-ce pas simplement merveilleux. Et le  système binaire des ordinateurs est une nécessité électrique, mais est  bien triste. Bon, assez déliré. A une autrefois, Yvon
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E
Merci pour tes appréciations sympathiques.
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D
Ce qui m'a le plus frappé : ta façon de retourner une ritournelle, d'une façon intelligente et peu commune.
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E
Annie, tu fais bien de venir mettre ton petit grain de sel. En fait, il ne s'agit pas d'écriture sainte, mais d'écriture au sens métaphorique, qui accompagne la vie depuis son origine. Un peu comme une mémoire vivante sans cesse en transformation comme l'évolution elle-même. C'est sur cette écriture que vont s'appuyer les différentes formes d'écritures auxquelles tu fais allusion. Même si je m'appuie, pour une part, sur certains textes de la Bible, je ne les interprète pas en croyant, mais comme quelqu'un qui analyse des mythes. En même temps, je ne dénie pas au croyant la possibilité de se situer à un autre niveau. La seule restriction que je mettrai, c'est que l'interprétation croyante doit tenir compte du sens mythique sous-jacent.
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A
faut bien que la webmastrice de Olivier y mette son grain de sel.je suppose que tu parles d'écriture dite sainte ?car l'homme a vécu quelques millénaires sans écriture, celà ne l'a certainement empêcher de créer dieu.he vi je suis athé, ce qui ne m'empêche pas d'avoir lu quelques écritures dites saintes dont le coran...
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E
Je vois que tu as bien pointé ce qui me semble au centre du texte, à savoir la conception du serpent. Sans doute peut-elle être contestée mais elle a le mérite de mettre un peu de cohérence dans les textes. 
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D
Ton texte m'a un peu surpris. La priorité donnée à l'écriture sur la parole n'était pas parue évidente, y compris dans une analyse. Le passage du serpent à la croix est un vieux thème patristique que tu as dû étudier il y a fort longtemps, mais ici, tu le renouvelles complètement.
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E
Merci Olivier pour ta fidélité et de ton attention à ce blog, sans doute pas toujours facile à lire. Mais ici, j'ai quand même fait un petit effort pour faire comprendre l'enjeu de l'écriture, insérée entre deux Paroles : la première mystérieuse qui se manifeste par la présence de sens dans ce monde et dans la création en général, la seconde plus à notre portée puisque c'est la parole des hommes...
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O
Olivier, toujours fidèle, annonce, dans son blog de blogs, l'article sur la réécriture :" Réécriture ; ce n’est pas un article de vacances et l’on a aussi besoin de ce type de billets ; vous ne pensez pas ?"Son adresse a changé : http://www.blogoliviersc.org/
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E
Je serai heureux d'avoir ton point de vue, qui m'intéresse beaucoup. Mais il est important aussi que tu règles tes problèmes de santé.
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J
Article très intéressant dans le numéro spécial du Monde des Religions "20 clés pour comprendre la sagesse chinoise" consacré aux 2 écritures chinoises, l'écriture "parlée" et l'écriture des idées incompréhensible quand elle est lue à haute voix. J'allais, enfin..., essayer de m'inspirer de cet article pour m'exprimer sur le blog . J'espère le faire dans quelques jours dès que j'aurai réglé mes soucis de coeur qui ne sont pas ceux que tu penses...
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  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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