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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 13:54


Le don des Tables de la Loi de Chagall

http://www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/pages/page_id18010_u1l2.htm

 
Les mystères de l’écriture

 

 Le serpent est l’inventeur de l’écriture et la plume ne fait que l’imiter, prenant la forme du glaive qui rappelle la violence originelle. Il faut mettre des mots sur les blessures. Mais le clavier de la machine à écrire emprisonne le mot et détruit le sens. A moins que l’ordinateur ne vienne le libérer pour réconcilier technique et poésie, géométrie et finesse. Plusieurs visions s’enchaînent dans cet article et parfois semblent se contredire. Il faudra frapper sur l’écriture pour faire surgir la parole et la clarté du raisonnement comme Moïse donnait des coups sur le rocher pour en faire jaillir l’eau de la vie. A vous, lecteur de passage, de réagir.

 Le secret de l’écriture ou le jeu avec la mort

 Il existe un jeu secret entre l’écriture et la mort. Elles ont passé entre elles un pacte qui les lie pour le plus grand bien de l’homme. En fait il ne s’agit pas tout à fait de la mort mais de la force de mort qui nous constitue tout autant que la force de vie. C’est en tout cas ce que dit le conte de l’Arbre, un des plus grands contes que les hommes aient élaboré depuis les temps les plus anciens.

 Les deux branches de l’arbre de vie

 Il y avait autrefois un arbre immense et impressionnant, qui était plus vieux que le monde. Chaque année il portait des fruits magnifiques. Mais les habitants savaient depuis toujours que l’une de ses deux branches produisait des fruits empoisonnés. Or, un jour, à la suite d’un hiver glacial et d’une longue sécheresse, arrive une grande famine, qui jette le trouble et provoque la détresse. Les hommes cherchent partout un peu de nourriture. Ils se réunissent sous l’arbre imperturbable, chargé de fruits colorés et attirants. Ils se disent qu’ils pourraient tous être rassasiés s’ils connaissaient la branche maudite. Alors le père d’un enfant proche de la mort se lève au risque de sa vie et cueille une pomme sur la branche de droite. Ses dents s’enfoncent dans la chair du fruit exquis et son visage rayonne de plaisir. Libérés de la peur, tous se précipitent sur la branche de droite et s’écartent de la mort. Alerté et prudent, le conseil du village se réunit. Aussitôt la décision est prise : la branche maudite sera coupée à la tombée de la nuit. Le lendemain matin, les fruits sont tombés et l’arbre de vie a cessé de vivre. Les hommes viennent d’apprendre que la vie est faite de force de vie et de force de mort, de désir et de violence…

 Pour la suite de cette « écriture », nous cheminerons principalement à travers la Bible ; nous pensons en effet qu’elle peut nous enseigner en dehors de toute perspective de foi. Elle est  un texte symbolique, offert à tous les hommes et ouvert à toute la gamme des interprétations, comme les mythes égyptiens ou mésopotamiens. Dans ces textes nous découvrons une forme de violence de Dieu à l’égard de l’homme. C’est une manière de dire que la violence ou la force de mort est présente chez l’homme, dès l’origine.

  Mettre des blancs pour faire respirer la vie

 Adam et Ève viennent d’être créés par Dieu, qui les a placés dans le jardin d’Eden. Il y a là des fruits de toutes espèces, qu’ils peuvent cueillir et manger pour leur plus grand plaisir. Mais, ils sont soumis à une interdiction : ils ne peuvent manger des fruits de l’arbre magnifique qui est au milieu du jardin. Inopinément, Yahvé se fait maître d’école. Il veut apprendre l’écriture à nos premiers parents. La première règle consiste à mettre des blancs dans le récit de la vie et principalement au milieu de la page, où se tient la source de la vie et de la connaissance. Ici, la force de mort oblige à se tenir à distance pour que la vie elle-même puisse respirer sans entrave. Il faut dire que les hommes auront beaucoup de peine à respecter la règle des espaces (blancs) car les premiers apprentissages ne peuvent se faire sans échec.

 La blessure du manque

 Après les blancs, il convient d’apprendre à faire des marques avec une pointe, qui vient blesser le support de l’écriture. Ici, les images se font plus précises, car c’est le serpent, symbole de la violence originelle, qui entre en action. Isis, une des grandes déesses égyptiennes, pense que Rê, le dieu soleil, est trop parfait. Elle le trouve enfermé en lui-même. Alors, prenant de la boue et de l’eau, elle façonne un serpent qu’elle dispose sur sa route. Lorsque le soleil arrive, le serpent reçoit l’élan de la vie et mord le maître des cieux. Rê s’étonne : une créature qu’il ne connaît pas vient de le blesser. Ressentant une forte douleur, il se met à crier, alertant ainsi tous les autres dieux. Sa vie semble s’échapper par la morsure ; il demande de l’aide. Isis dit qu’elle peut lui venir en aide s’il consent à lui donner son nom. Alors, comme tout le monde, il commence par raconter ce qu’il fait au lieu d’exprimer ce qu’il est. Insatisfaite, Isis veut en savoir plus. Elle lui prête son oreille pour que Rê y glisse son propre nom. En répondant au souhait d’Isis, il entre dans une plus grande perfection, car il accepte le manque qui fera vivre son désir. De son côté, Ève est aussi mordue par le serpent qui l’atteint au talon. Obligée de boiter, elle sera contrainte d’accorder sa marche au désir de l’Autre. En deçà  de toute interprétation théologique, le serpent est ici l’expression de la force de mort refoulée par l’homme, au point de lui donner une existence en dehors de soi. Tout le trajet de l’Écriture, qui va culminer dans la mort du Christ, devrait permettre de le réintégrer. Le serpent fait partie de l’écriture. La thèse défendue ici est qu’il en est même à la racine.

 La marque sur le front de l’interdit du meurtre

 Avec la pointe de sa violence, l’homme sait maintenant qu’il peut écrire des lettres, qui sont comme les figures de l’autre. Et pourtant Caïn n’a pas réussi à dessiner la figure de son frère Abel. Au lieu de l’inscrire sur sa page d’écriture, il a retourné sa pointe contre lui et lui a enlevé la vie. Or, en ouvrant le cœur de son frère, Caïn a reçu  lui-même une blessure qui a fait surgir la voix de sa conscience. Elle lui répète qu’il est interdit de tuer l’autre. Il comprend alors qu’il faut faire gagner la vie en liant les lettres les unes aux autres et  progresse ainsi dans l’apprentissage de l’écriture. Le meurtrier a pour mission désormais  d’enseigner les autres hommes : il portera sur son front le signe de l’interdit du meurtre. Le face à face va devenir possible, les liens vont pouvoir se développer, les lettres pourront s’enchaîner les unes aux autres pour donner naissance aux phrases ; ainsi l’homme pourra progressivement donner naissance au récit de la vie.

 L’écriture qui descend du ciel

 Bien plus tard, Moïse a appris à lire et à écrire à la cour du Pharaon. C’est lui que Yahvé choisit pour conduire le peuple d’Israël. Il le trouve pourtant encore trop ignorant. Alors, il va lui apprendre les règles de la grammaire. Ces règles de la grammaire, ce sont aussi les grandes règles du comportement des hommes entre eux. Elles sont faites de structures symboliques qui permettent l’évolution de la maison des hommes tout en maintenant des fondations solides. Elles associent les contraires : la stabilité et la mobilité, l’intérieur et l’extérieur, le même et l’autre, l’individu et le groupe, les parents et les enfants, la créature et le créateur, le passé et l’avenir, l’action et le repos… Il y a en elles quelque chose d’immuable qui va permettre le mouvement de l’homme depuis son origine jusqu’à son accomplissement. C’est pourquoi le texte dit qu’elles sont écrites sur des Tables de pierre par Yahvé Lui-même. Offertes à Moïse, elles sont un don du ciel pour tous les hommes.

 Une réécriture qui porte la trace de la fragilité humaine

 Comment l’homme pourra-t-il se conformer à une grammaire aussi stricte et immuable ? Moïse le comprend tout de suite. Pendant son absence, les Hébreux trop pressés ont confectionné un Veau d’or, plus à leur portée que le Dieu d’Abraham. Alors, pris dans une contradiction qu’il ne peut supporter, il brise les Tables de la Loi. Sans attendre, il revient vers Yahvé, qui comprend la fragilité et la faillibilité des hommes. Cette fois, il veut les associer à la grande Écriture. Ce n’est plus Lui qui écrira, c’est Moïse lui-même. Il faut que l’homme ait une certaine maîtrise sur la Loi ou la Grammaire qui sont faites pour lui. Ainsi, l’échec possible de l’homme, du plus petit au plus grand, est inscrit dans l’Écriture et l’Écriture devra lui permettre de retrouver le chemin du salut. Quoi qu’il arrive, il pourra, s’il le souhaite,  refaire sa copie et continuer à écrire le récit de sa vie.

 Moïse et son grand tableau de maître d’école

 Bien plus tard, en plein désert, Moïse se trouve affronté à un peuple en proie à la faim et à la soif. La violence qui oppose les Hébreux les uns aux autres commence à faire des victimes. Elle pourrait se répandre comme une traînée de poudre. Chacun devient pour l’autre comme un serpent venimeux. Il faut faire vite pour arrêter le désastre. Sous le coup d’une grande inspiration, Moïse, à l’image de Dieu, se transforme en maître d’école, qui doit apprendre à lire à un peuple rebelle. Son tableau devient un grand étendard. Sur l’étendard, un serpent d’airain, symbole de la violence des origines et principe de l’écriture. Il a la forme épurée du trait que le maître trace sur son tableau. Lorsque quelqu’un sentira la menace d’une mutinerie à laquelle il voudrait participer, il lui suffira de regarder le serpent, pour être guéri et retrouver son calme. En apprenant à lire au point de déchiffrer l’écriture de la vie, il intégrera la violence qui le constitue dès l’origine, faisant ainsi de sa propre force de mort une force de vie.

 L’écriture de la mort qui vient féconder la vie

 Un millier d’années et peut-être plus, après l’événement du serpent d’airain, un autre tableau est dressé sur le terrain du Calvaire de Jérusalem : une croix avec ses deux branches comme l’arbre de vie, un condamné à mort qui rappelle le serpent d’airain et un écriteau confectionné sur les ordres de Pilate avec la mention : Jésus le roi des Juifs. En le regardant, les passants  découvrent le mystère de la mort et de l’écriture : le véritable pouvoir qui conduit à la royauté est le pouvoir de la force de mort. Il se retourne contre la mort, devenant pouvoir sur la mort elle-même, pour féconder la vie. Cela est incompréhensible pour le moment. Pour le comprendre vraiment, il faudra attendre une autre découverte, celle du tombeau vide. Qu’il y ait résurrection ou pas, les figures parlent d’elles-mêmes, comme l’expression de la plus grande intuition des hommes. A un moment donné, à la suite d’un événement, un voile s’est déchiré, révélant ce qui était tenu caché : la vérité sur la force de mort et l’écriture. En donnant naissance à l’écriture, la force de mort manifestait qu’elle avait un sens caché et c’est ce sens caché qui est ici révélé, comme puissance de fécondation de la vie. Il n’est pas question, dans ce texte, de prendre parti sur le personnage de Jésus : nous entrerions dans le domaine de la foi.

  L’écriture, mère de la parole

 Ainsi, comme la force de mort, l’écriture a un pouvoir de fécondation de la vie en donnant naissance à la parole. C’est, en tout cas, ce que veut exprimer le texte suivant d’Ézéchiel : « Il me dit : « Fils d’homme, ce qui t’est présenté, mange-le : mange ce volume et va parler à la maison d’Israël ». J’ouvris la bouche et il me fit manger ce volume, puis il me dit : « Fils d’homme, nourris-toi et rassasie-toi de ce volume que je te donne ». Je le mangeai et, dans ma bouche, il fut doux comme du miel ». (Livre d’Ézéchiel, Bible de Jérusalem, 3 1-3)
Sans qu’il soit nécessaire d’analyser le texte plus en détail, l’écriture, issue de la force de mort,  apparaît ici comme la Mère de la parole, comme son véritable lieu de gestation.

Quelques clés de déchiffrage pour le secret de l’écriture

 

Il apparaît que le texte ci-dessus est un peu difficile à lire et à comprendre. C’est pourquoi je veux donner quelques clefs pour son déchiffrage à partir de plusieurs propositions.

 

 1. L’écriture, base de la culture, organise le monde : elle est en quelque sorte son architecture

 2. Elle permet de séparer

 3. Elle permet aussi d’introduire le manque pour faire vivre le désir

 4. Elle va conduire à accepter l’interdit du meurtre pour créer le lien social

 5. Elle structure la vie des hommes, grâce aux structures symboliques qui sont à la base du langage

 6. L’homme est amené à accepter l’écriture présente dans le langage comme un don, à partir duquel il pourra communiquer et agir

 7. L’apprentissage de la lecture lorsqu'il s'agit de  l’écriture de la vie permet d’intégrer la violence et de lui donner un sens positif

 8. La force de mort est en fait à la base de l’écriture

 9. C’est pourquoi l’écriture a la capacité de l’intégrer progressivement pour lui permettre de venir féconder la vie

 10. Finalement, l’écriture donne naissance à la parole

 

  Etienne Duval  

.........

Écrire

 On aurait dit qu’il écrirait à la troisième personne

 On aurait dit qu’il écrirait à la troisième personne.

Il n’écrirait pas pour décrire un processus objectif, technique, interchangeable, la notice de montage, un itinéraire, un procès-"verbal" de constatation, un tract syndical, moins encore une lettre anonyme ou lettre pour être volée.

 Il n’écrirait pas pour inscrire une partition musicale ou une chorégraphie, il en serait bien incapable, ni pour être l’acteur qui « apprend par corps » comme l’appelle de ses vœux François Gibut, génial met-heure-en-scène, et qui, devenant alors son propre auteur et pas seulement l’interprète d’un texte, « écrit avec ses muscles, ses équilibres instables, ses sentiments, ses émotions, ses musiques, ses rythmes, les espaces qu’il dessine, les univers qu’il crée ».

Comme dans un rêve

 On aurait dit qu’il écrirait au conditionnel, comme dans un rêve, comme sur ces Espejos, "miroirs" de l’uruguayen Eduardo Galeano :

« Elles sont là, peintes sur les murs et les plafonds des grottes. Ces images représentent des bisons, des élans, des ours, des chevaux, des aigles, des femmes, des hommes. Elles sont sans âge. Elles sont nées il y a des milliers et des milliers d’années, mais elles renaissent à chaque fois qu’un regard neuf les contemple. Comment ont-ils pu, ces hommes-là, nos lointains grands pères, peindre avec une telle délicatesse ? Comment ont-ils pu, ces hommes-là, ces brutes qui luttaient à mains nues contre des bêtes sauvages, créer des images aussi pleines de grâce ? Comment ont-ils pu tracer ces lignes légères qui semblent surgir et s’échapper de la roche ? Comment ont-ils pu, ces hommes-là ? A moins que ce ne soit : ces femmes-là ?

…..Dans un lit du golfe de Corinthe, une femme contemple le profil de son amant endormi. A la lumière du feu, l’ombre se reflète sur le mur. L’amant qui est étendu à ses côtés, s’en ira. Au lever du jour, il s’en ira à la guerre, il s’en ira à la mort. Et son ombre, sa compagne de voyage, s’en ira avec lui et avec lui elle mourra. Il fait nuit encore. La femme détache un tison d’entre les braises et dessine les contours de l’ombre sur le mur. Ces traits ne s’en iront pas. Ils ne la prendront pas dans leurs bras, cela elle le sait, mais ils ne s’en iront pas. »

  On n’écrit que pour soi-même mais Je est un autre

 Il aurait choisi la troisième personne. Écrire ici est une opération si personnelle, si intime que le « je » se tairrait, se terrait, se tu-erait peut-être même. « On n’écrit que pour soi-même » écrivait Roland Barthes ; mais où a-t-il écrit cela, l’a-t-il écrit pour lui seulement ? Car écrire est une opération, oui une "opération", qui appelle une telle solitude qu’elle pourrait tôt devenir narcissique, narcotique, voire parano, la fascination de son propre regard, si elle n’était ce miracle du journal intime qui apparaît pour ce qu’il est : non seulement une parole avec soi-même mais une écoute de l’autre, ne serait-ce que parce que « JE est un autre » écrivait Rimbaud le 13 mai 1871, et qu’alors je ne suis pas dans la domination mais l’interrogation, telle la "lettre d’amour" qui part de l’interrogation du désir pour aller vers l’autre et s’en retourner ; « pour autant, ajouterait Christian Bobin, que pour vivre, il faut avoir été regardé au moins une fois, avoir été aimé au moins une fois, avoir été porté au moins une fois. Et après, quand cette chose-là a été donnée, vous pouvez être seul. La solitude n’est plus jamais mauvaise. »

  Écrire pour écrire

 "On aurait dit", ou plutôt : « J’te f’rais dire » comme disent les enfants, comme une invitation pour  soi-même à écrire. Car rien, vraiment rien ici n’incite à priori à écrire. Ce n’est pas écrire un roman qui, par destin et destination est là pour être lu, et même si jamais il n’existe d’écrit qui ne soit sous le regard de l’autre, qui puisse être hors lecture et dont la lecture ne suive et même pour une part ne précède l’écriture ; c’est si vrai que parfois les poètes laissent au lecteur, telle une version latine, la liberté de donner leur ponctuation à la phrase. Ce n’est pas enfin répondre à une question, donner une explication, ou lancer un appel, un message, un cri. Non vraiment rien ; justement « rien », Écrire pour écrire ! 

 Le mandala de sable

 J’te f’rais dire que ce pourrait être comme réaliser un mandala de sable selon la technique des moines tibétains (eux, avec l’agilité de leurs doigts pour tout instrument) : à l’aide d’une baguette tapotant un tube métallique contenant des grains de sable d’une même couleur, chaque grain est déposé selon sa couleur sur une même surface dont les contours auront été dessinés au préalable autour d’un point central et dont le choix des couleurs, leur harmonie entre elles, se décide entre les participants, au fur et à mesure de sa réalisation, allant du centre vers la périphérie. Car un mandala ne se réalise jamais seul : comme tisser ensemble une étoffe de soie, chacun commence une partie de la figure reprise ensuite par quelqu’un d’autre tandis que lui-même changera de place, les tubes et les spatules pour former les contours se passant des uns aux autres, (à l’extérieur du mandala pour ne pas risquer la chute inopinée d’un grain de sable ou d’une spatule), jusqu’à l’achèvement du mandala qui alors sera dispersé, poussière de beauté emportée au vent de l’impermanence, dans l’involution et l’évolution de l’univers.

 La machine à écrire détruit le mot

 On aurait dit que ce pourrait être quelque chose comme cela ton "blog" Etienne sur internet, par conséquent le notre, puisque tu nous donnes de nous l’approprier.

Bien sûr ce n’est plus l’opération si manuelle d’écrire « à la main », comme on dit, « mes chers parents, je mets la main à la plume, c’est pour vous dire... » avec la nostalgie de Charles Péguy dans Note conjointe sur M.Descartes : « quand l’homme était cendre et poudre…le creux même de la route était encore de la terre et l’ornière de la route était comme un sillon. Nos malheureuses mémoires modernes ne sont plus que des macadams... de malheureux papiers savatés sur lesquels on a, sans changer le papier, imprimé tous les jours le journal du jour. Et nous ne sommes plus que cet affreux piétinement de lettres. » Car, observe Jacques Derrida, « la machine à écrire détruit le mot qui "tapé" à la machine n’est qu’une copie ; elle dissimule l’écriture manuscrite et le "caractère". Dans l’écriture à la machine, tous les hommes se ressemblent. »

 Mais quel bonheur que le clavier !

 Mais tout de même, quel bonheur que le clavier ! Pouvoir se servir de ses deux mains, revenir sur un mot, le déplacer sans ratures, choisir sa "police" de caractères pour être mieux lisible. Et puis écrire parce que : « voilà ce que j’aurais voulu dire et que je n’ai pas dit parce que je n’en ai pas eu la "présence d’esprit", ou parce que ce n’était pas le moment, mais voilà le mot juste, alors je l’écris. »

Quant au "texto" avec le téléphone portable, il a l’incomparable avantage à la différence du message vocal de ne pas s’inviter sans préalable chez « l’autre » ; c’est du reste le mérite de l’écrit en général : sa lecture peut toujours en être différée, et l’écrit corrigé, effacé ou jeté au panier ; tel cet écrit, improvisé.

 Charles Lallemand

Télécharger le texte :   http://etienneduval.neuf.fr/textes/Les%20myst%E8res%20de%20l'%E9criture.rtf

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commentaires

D
<br /> Voilà ce que dit l'auteur<br /> <br /> <br /> "croire en les rêves comme si c'étaient des fenêtres<br /> <br /> <br /> et les ouvrir grands<br /> <br /> <br /> pour en faire des portes<br /> <br /> <br /> à entrouvrir au jour naissant<br /> <br /> <br /> pour entrevoir enfin<br /> <br /> <br /> le caché dans l'apparent"<br /> <br /> <br /> calligraphie arabe de Malik nounouhi<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> "Lever du drapeau"<br /> <br /> <br /> une nouvelle à lire avant d'aller voter<br /> <br /> <br /> Ce matin,<br /> Tard dans la veille, quelque chose venue de dehors m'arracha au sommeil.<br /> Debout, les yeux collés au matelas, je tentais de m'extraire d'une nuit tardive et d'atteindre la salle de bain mais le brouhaha venu de l'extérieur, me changea de parcours.<br /> <br /> Mon premier réflexe fut de faire un saut rapide dans la chambre de ma fille; une fois dedans, sur la pointe des pieds je jeta un coup d'oeil de soulagement; elle dormait comme son papa, les yeux<br /> collés au matelas.<br /> Je revins alors sur mes pas, doucement, pour pas éveiller en elle l'envie de se mettre debout à la verticale.<br /> <br /> Dehors, toujours les mêmes bruits. Le même boucan!<br /> Les gens semblaient pris de panique, on entendait des chaises bouger, des tables secouées des cris d'enfants, des paroles inaudibles, farfelues du style «passe moi le drapeau» «il est l'heure,<br /> mais ou tu la mis ce foutu drapeau » ou encore « je te l'avais pourtant dit il fallait en acheter un » et on entendait aussi des semblants de réponses, teintées de larmes du genre<br /> « mais il n'y en avait nulle part, j'ai pourtant cherché dans tous les magasins, ruptures de stock, m'ont dit tous les vendeurs . J'ai même été tenté d'en arracher un à la façade de la<br /> mairie, mais le regard du vigile m'en a rapidement dissuadé. »<br /> <br /> Abasourdis par ce que je venais d'entendre, je ne comprenais rien à toutes ses histoires surréalistes, mais pourquoi nom d'un drapeau ces gens s'agitaient-ils comme ça à six heures du matin.<br /> Et puis c'est quoi encore cette histoire de drapeau qui les unissait tous dans la même panique.<br /> <br /> Peut-être, n'est-ce qu'un mauvais rêve finalement, un cauchemars qui date de la veille et dont je ne me suis pas encore acquitté.<br /> <br /> L'idée me vint alors de réveiller ma femme, pour me mettre les idées au clair, pour fixer à deux, une fois pour toute certaines de ces peurs.<br /> Mais elle semblait dormir d'un sommeil qui n'appelait en aucun cas au réveil, et comme son mari et sa fille, elle avait l'air aussi d'avoir les yeux collés au matelas .Tant pis. Je tends ma main<br /> tendrement vers sa tête pour ne pas trop l'arracher à ses rêves mais un bruit venant de l'extérieur, encore plus assourdissant que ceux d'avant me fit sortir de la chambre et courir à la<br /> fenêtre.<br /> <br /> Mais que se passe t-il au juste en ce jour encore naissant et qui n'avait même pas encore quitté la veille qu'il se prenait déjà les pieds dans un présent agité?<br /> <br /> En tirant un peu les rideaux de la fenêtre de la cuisine je laissais échapper mon regard à l'extérieur pour atterrir sur le trottoir d'en face où des gens en uniformes, un haut parleur à la main,<br /> la bouche tournée vers tous les bâtiments de la rue et la parole assourdissante collée aux oreilles des murs et fenêtres, ils étaient rangés en ligne droite et se tenaient prêt.<br /> Et soudain, d'une voix unie à tout bout de champs, à tue tête il crièrent : «appel à tous!, appel à tous! lever du drapeaux!, six heures passées de deux minutes! Présentez vos drapeaux aux<br /> fenêtres ! Appel à tous!, appel à tous! lever du drapeau! ,six heures passées de trois minutes....»<br /> Leurs pas sur la chaussée résonnaient comme des alignements militaires, on se serait cru dans un film de guerre.<br /> <br /> Mais que se passe t-il en fin? Et à quoi rime tout ce bordel.<br /> J'ai couru vers notre chambre à coucher, tant pis pour le sommeil apaisé de ma femme, il faut qu'on m'éclaircisse la pensée, qu'on me mette de l'ordre dans les idées.<br /> <br /> Je me suis approché doucement d'elle et en lui caressant le front je tentais délicatement de la ramener au présent : « chérie réveilles toi! ».<br /> «qu'est ce qui se passe? t'es pas encore couché ? me répondit-elle d'un air innocent.<br /> Sans l'affoler et d'une voix aux apparences calmes par rapport à mon bouillonnement intérieur je lui ai dis « il est 6h du matin et il y a un de ces bordels dehors, je ne comprends rien, on<br /> dirait que la police cherche quelqu'un dans le quartier et puis tous nos voisins ont l'air de s'être réveiller du mauvais pie...<br /> je n'ai pas eu le temps de finir ma phrase qu'elle fit un sursaut du lit pour se retrouver raide, debout, devant moi comme si elle était au garde à vous, les yeux grands ouverts et d'une voix<br /> sur-paniquée, elle me cria à la face : « t'as bien dis six heures ? »<br /> « oui il me semble!, c'est ce que j'ai dis! , il est six heures du matin, pourquoi c'est important? »<br /> «six heures! Oh, mon dieu ! J'avais complètement oublié! le drapeau ?, il est où le drapeau ? »<br /> « mais quel drapeau chérie? » lui demandais-je d'une voix sucrée pour tenter de la calmer.<br /> « voyons, le drapeau que je t'ai demandé d'acheter hier, le drapeau tricolore, enfin! »<br /> « le drapeau tricolore!? Tiens ça c'est la meilleure, parce que tout le monde dehors a l'air de le chercher ton drapeau tricolore chérie, tu veux pas que je te chante la marseillaise aussi<br /> tant qu'on y est et puis depuis quand t'es devenue si nationaliste pour exiger un drapeau à six heures du matin! Là je rêve vraiment, c'est pas possible sinon, bon, je vais retourner me coucher,<br /> lui-dis-je à moitié en baillant, tant qu'à rêver il vaut mieux être allongé »<br /> ma femme ne se laissa pas décourager par mes paroles et revint à la charge:<br /> <br /> « mais ça va pas ou quoi, tu l'as mis ou le drapeau ? tu les entends pas dehors, t'entends pas les hauts parleurs qui crient au lever du drapeau, il faut te réveiller mon grand, on est<br /> en 2008, et en 2008 à six heures du mat c'est le lever du drapeau, à la fenêtre, à moins que tu veuilles qu'ils viennent taper à la porte dans 5 minutes et t'embarquer au poste pour te ficher<br /> dans leurs listes noires avec la mention « mauvaise identité française » toi qui n'as même pas encore ta nationalité. Est ce que tu sais au moins ce qu'ils font aux « mauvaises<br /> identités extérieures» oui c'est comme ça qu'ils appellent ceux qui n'ont que la carte de séjour, les étrangers quoi! tu sais ce qu'il leurs font, ils les fichent, ils les gardent au poste 96<br /> heures et chaque étranger qui refuse de présenter le drapeau à la fenêtre il perd 5 points de citoyenneté et si tu perds tes 25 points, t'es plus un citoyen, alors bon vent et rentre chez toi!<br /> Mais attention! Tu rentres pas ici mais dans ton pays d'origine, et dans ce cas là t'as pensé à nous, qui vas s'occuper de ta fille et s'il te renvois dans le pays de tes parents comment tu vas<br /> t'en sortir la bas, toi, qui n'y a jamais vécu sauf un mois de temps en temps et en vacances comme un touriste.<br /> Alors s'il te plaît, il est ou ce foutu drapeau que je le mette à la fenêtre avant qu'ils ne montent?<br /> <br /> j'entendais ses mots qui m'arrivaient en berceuse, comme les histoires enfantines d'ogres et d'ogresses et de je ne sais quelle bête à 7 têtes que ma mère nous racontait quand on était petit<br /> et au fur et à mesure que l'histoire avance et qu'on a peur, on cherche dans le sommeil une fuite et on s'en dort paisiblement, et là ce fut exactement le cas, mes yeux étaient devenus lourds et<br /> je m'enfonçais petit à petit dans le lit quand ma femme revint encore de plus belle:<br /> « eh ! réveilles toi »<br /> <br /> Devancé par une colère sourde, je pris la main de ma femme et en la fixant d'un regard clair et net tentant de lui expliquer :<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> REPONDER MOI !!!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> sa veu dire quoi la calligraphie de  MALIK NOUNOUHI ?<br /> <br /> <br />
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L
Les Tables de la Loi en Hébreuhttp://fr.blog.360.yahoo.com/blog-7KO12kc1frV8ErANgCBa9690MJnEBn96?p=2127
Répondre
N
Nouveau Testament en grechttp://cdsonline.blog.lemonde.fr/2006/11/
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C
http://www.shutterstock.fr/pic-3626388-chinese-calligraphy-dragon.html
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B
http://mythesfondateurs.over-blog.com/
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E
La partition musicale ci-dessus est tuirée du site suivant :http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/Textes/workshop.htm
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É
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E
<br /> <br /> <br /> <br /> Structure 3D de la molécule d'ADN.<br /> <br /> <br /> L’acide désoxyribonucléique (souvent abrégé en ADN [1]) est une molécule que l'on retrouve dans toutes les cellules vivantes. On dit que l'ADN est le support de l'hérédité ou de l'information génétique, car il constitue le génome des êtres vivants et se transmet en totalité ou en partie lors des processus de reproduction. L'ADN détermine la synthèse des protéines.http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_d%C3%A9soxyribonucl%C3%A9ique
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E
En écho à YvonEst-ce un cri silencieux qu'il faut apprendre à écouter où est-ce une écriture qu'il faut aussi apprendre à déchiffrer. Sans doute les deux. Nous serions entre l'écriture et la parole, dans la gestation du monde et dans l'imminence de la naissance. Munch dit : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang — je m'arrêtais, fatigué, et m'appuyais sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et la ville — mes amis continuèrent, et j'y restais, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers. »Le sentir serait-il entre entre le voir et l'écoute ? Comme si le corps était l'entre-deux, le lieu qu'il faut investir pour passer de l'écriture à la parole. Il faudrait que l'écriture traverse le corps pour donner naissance à l'homme qui parle...<br />  
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L
Le cri de Munchhttp://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&ID=8879&cat=8
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E
Mohamed, toutes les idées que tu développes me paraissent intéressantes et originales. Je retiendrai personnellement celle que tu soulignes sur l'adresse. Seule l'écriture a une adresse. La parole est plus volage, elle change périodiquement de domicile. Je vois bien la mère, toujours habillée en noir. Et la fille qui change de robe trois fois par semaine, de couleurs, à chaque saison, et de mode plusieurs fois par an. Stabilité d'un côté, mobilité de l'autre. L'une ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas de fille sans mère...
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M
Quelques idées pêle-mêle sur l'écritureL'écriture médiatriceS'il n'y avait pas d'écriture, il n'y aurait pas de parole. L'écriture est donc créatrice de lien. Par ailleurs, c'est l'écriture qui permet le passage entre l'histoire collective et l'histoire plus personnelle.La vie éternelle est du côté de celui qui voitL'écriture est en lien avec les yeux. Il faut voir, lire. L'oeil a une fonction importante pour établir la relation. Il y a un conte sur le maître du jardin. Un roi a un rosier extraordinaire. Si le rosier fleurit, le roi deviendra immortel. Il embauche alors un jardinier extraordinaire, qui prend soin du rosier, l'entoure de fumier, lui parle même, le matin et le soir. Finalement une rose apparaît. C'est sûr le roi est devenu immortel. Mais il sent la mort approcher et fait appeler son jardinier. Il lui dit : "Les livres ont donc menti.. - Non les grands livres ne mentent jamais, répond la jardinier. Mais le maître du jardin, ce n'était pas vous. C'était celui a veillé sur lle rosier, celui qui a été bienveillant, bienvoyant." Aussitôt, notre jardinier ferme les yeux du roi et s'ouvre à la vie éternelle ; il a su voir, bien voir et prendre soin. Le rosier était pour lui comme le grand livre de la nature, le livre en qui se reflétait toute la création.L'écriture au-delà des lettresOn s'imagine que l'écriture ce sont des lettres ajoutées les unes et les autres. Mais c'est une vision restrictive.  En fait, l'écriture, ce sont aussi les objets présents dans un appartement. Ces objets reflètent beaucoup de notre personnalité. La force de la mort dans l'écritureIl y a une force de la mort dans l'écriture. L'écriture peut devenir une trace immortelle. Je voulais mettre une phrase de mon fils disparu sur sa tombe. Peu avant de mourir, il avait dit au médecin : "Faites l'opération dans mon cerveau. J'ai foi en la vie". Cette foi en la vie, je voulais lui donner une valeur d'éternité en l'inscrivant sur la pierre. Je ne l'ai pas fait mais je le regrette. Le doigt  de Dieu dans l'écritureIl y a un verset coranique qui dit : "Lis ce que je t'ai envoyé". S'il faut lire, c'est donc qu'il y a eu quelque chose d'écrit. Il y a même un passage ou Allah donne un stylo à Mohamed comme si, après avoir écrit, il voulait apprendre à écrire à l'homme. L'écriture a une adresseIl y a beaucoup de paroles qui n'ont pas d'adresse. L'écriture a une adresse. Elle est là, toujours habillée de la même manière. Par contre, elle permet à la parole d'endosser plusieurs robes. Elle est fixe, stable, mais c'est elle qui va permettre la mobilité. La stabilité est du côté de l'écriture et la mobilité est du côté de la parole. L'écriture est du côté des fondations. C'est pour cela qu'elle est du côté de la stabilité.L'écriture à la naissance et à la mortQuand on naît et quand on meurt, il faut passer par l'écriture....
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E
J'ai rajouté quelques mots d'explicitation si ce n'est d'explication à mon texte sur l'écriture, qui apparaît difficile à lire et pas très compréhensible. Vous pourrez aussi voir ce rajout au début du blog (après le texte).<br /> Quelques clés de déchiffrage pour le secret de l’écriture<br />  <br /> Il apparaît que le texte ci-dessus est un peu difficile à lire et à comprendre. C’est pourquoi je veux donner quelques clefs pour son déchiffrage à partir de quelques propositions.<br />  <br />  1. L’écriture, base de la culture, organise le monde : elle est en quelque sorte son architecture<br />  2. Elle permet de séparer<br />  3. Elle permet aussi d’introduire le manque pour faire vivre le désir<br />  4. Elle va conduire à accepter l’interdit du meurtre pour créer le lien social<br />  5. Elle structure la vie des hommes, grâce aux structures symboliques qui sont à la base du langage<br />  6. L’homme est amené à accepter l’écriture présente dans le langage comme un don, à partir duquel il pourra communiquer et agir<br />  7. L’apprentissage de la lecture de l’écriture de la vie permet d’intégrer la violence et de lui donner un sens positif<br />  8. La force de mort est en fait à la base de l’écriture<br />  9. C’est pourquoi l’écriture a la capacité de l’intégrer progressivement pour lui permettre de venir féconder la vie<br />  10. Finalement, l’écriture donne naissance à la parole<br />  
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C
Calligraphie arabeCalligraphie arabe : Malik Nounouhihttp://kalam-de-calligraphe.over-blog.com/archive-03-2007.html
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E
François, je suis d'accord avec tout ce que tu dis, sur la base anthropologique et sur le fondement de la théologie.
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F
Ton  thème sur l"écriture et la parole est intéressant. Il me semble que tu avais déjà écrit un très bon truc là-dessus, de façon moins elliptique et moins illustrée par des mythes. C'est un point central. Le fait que le christianisme soit  fondé sur une "Ecriture", elle-même complexe avec ses deux niveaux aucunement symétriques ou sottement successifs, comme la mode actuelle ("premier" et "second" testament) semble vouloir le faire croire, c'est vraiment une base anthropologique fondamentale, unique. Je ne vois aucun inconvénient à la penser aussi comme une base théologique, où les pères de l'église ont  déjà abondamment exercé leur astuce, Augustin en particulier... Quant au clavier, c'est le roi de l'écriture, au diable les graphologues  !
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M
Mythe platonicien sur l’invention de l’écriture<br />  <br />  <br />  <br /> Socrate : Ce qu'on m'a donc conté, c’est que, dans la région de Naucratis en Égypte, a vécu un des antiques Dieux de ce pays-là, celui dont l'emblème consacré est cet oiseau qu'ils nomment l'ibis, et que Thot est le nom de ce Dieu ; c'est lui, me disait-on, qui le premier inventa le nombre et le calcul, la géométrie et 1'astronomie, (d) sans parler du trictrac et des dés, enfin précisément les lettres de l'écriture. Or, d'autre part, l'Égypte entière avait pour roi en ce même temps Thamous, qui résidait dans la région de cette grande ville du haut pays que les Grecs appellent Thèbes d'Égypte, comme Thamous est pour eux le Dieu Ammon. Thot, s'étant rendu près du roi, lui présenta ses inventions, en lui disant que le reste des Égyptiens devrait en bénéficier. Quant au roi, il l'interrogea sur l'utilité que chacune d'elles pouvait bien avoir, et, selon que les explications de l'autre lui paraissaient satisfaisantes ou non, (e) il blâmait ceci ou louait cela. Nombreuses furent assurément, à ce qu'on rapporte, les observations que fit Thamous à Thot, dans l'un et l'autre sens, au sujet de chaque art, et dont une relation détaillée serait bien longue. Mais, quand on en fut aux lettres de l'écriture : <br />  <br />  <br /> « Voilà, dit Thot, la connaissance, ô Roi, qui procurera aux Égyptiens plus de science et plus de souvenirs ; car le défaut de mémoire et le manque de science ont trouvé leur remède ! » A quoi le roi répondit: « O Thot, découvreur d'arts sans rival, autre est celui qui est capable de mettre au jour les procédés d'un art, autre celui qui l'est, d'apprécier quel en est le lot de dommage ou d'utilité pour les hommes appelés à s'en servir ! (a) Et voilà maintenant que toi, en ta qualité de père des lettres de l'écriture, tu te plais à doter ton enfant d'un pouvoir contraire de celui qu'il possède. Car cette invention, en dispensant les hommes d'exercer leur mémoire, produira l'oubli dans l'âme de ceux qui en auront acquis la connaissance ; en tant que, confiants dans l'écriture, ils chercheront au-dehors, grâce à des caractères étrangers, non point au-dedans et grâce à eux-mêmes le moyen de se ressouvenir ; en conséquence, ce n'est pas pour la mémoire, c'est plutôt pour la procédure du ressouvenir que tu as trouvé un remède. Quant à la science, c'en est l'illusion, non la réalité, que tu procures à tes élèves : lorsqu'en effet, avec toi, ils auront réussi, sans enseignement, à se pourvoir d'une information abondante, ils se croiront compétents en une quantité de choses, (b) alors qu'ils sont, dans la plupart, incompétents ; insupportables en outre dans leur commerce, parce que, au lieu d'être savants, c'est savants d'illusion qu'ils seront devenus ! » (Phèdre de Platon, dans La Pléiade)<br />  
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E
Merci Yvon pour ta contribution. J'ai toujours du plaisir à te lire même si le scorpion a tendance à piquer avant de laisser l'autre trouver sa place. Sans doute as-tu raison en partie, dans tes différents propos, et ta  critique est pour le moins utile pour m'aider à préciser mon point de vue. Au point de départ, comme tu le sais, mon propos est de partir du mythe qui est une écriture. C'est une volonté de montrer que le mythe est toujours d'une grande actualité. Ensuite le mythe, comme je l'ai dit, n'est pas d'abord une parole : il est une écriture symbolique. Une écriture, cela ne s'écoute pas, cela se voit, s'observe comme une architecture. Avant d'écouter, il est urgent d'apprendre à voir et à analyser ce qui est vu selon des règles précises. C'est sans doute au niveau de l'observation des règles précises que je suis passible de critiques.  Par ailleurs comme tu le soulignes involontairement, dans la mesure où elle est symbolique, elle est navigation, passage constant d'un niveau à un autre. En fait je me trouve entre plusieurs écritures sur lesquelles j'essaie de jouer constamment : l'écriture matérielle du graphologue, l'acte personnel d'écrire, le mythe, les sous-bassements du langage ou les structures symboliques. Il faudrait être un artiste pour jouer habilement entre ces écritures. J'en suis toujours à apprendre à jouer. Là encore ta critique a toute possibilité de m'épingler.Ensuite je considère que les écritures dont je parle se présentent sous forme de tableaux. Dans chaque tableau, elles jouentre elles : le trait vivant du serpent, base de l'écriture, le serpent du désert, l'étendard qui représente l'espace, le rapport entre le serpent, la mort et la violence, le rapport entre ce serpent et le serpent d'autres mythes antérieurs. Dans le mythe du serpent d'airain, il s'y ajoute l'apprentissage de la lecture pour échapper à la violence. Rien ne m'empêche ensuite de passer à d'autres tableaux pour faire jouer les tableaux entre eux ainsi que les éléments qui les composent. Sans doute, comme tu le soupçonnes, les tableaux ne sont-ils pas choisis innocemment. Sont-ils des pré-textes pour sortir les dadas de l'écurie ? Sans doute un peu comme le font tous les auteurs même les plus grands. Mais j'espère pas complètement car l'écriture ne se laisse pas totalement manipuler.  Tout cela pour dire qu'ici il faut d'abord apprendre à lire avant d'apprendre à écouter car je ne suis pas encore dans la parole mais dans l'écriture. Je peux me mettre à ce niveau sous l'égide de Dérrida qui s'est beaucoup bagarré pour sortir du primat de la parole et donner sa place primordiale à l'écriture. Comme moi il pense aussi qu'il y a un lien essentiel entre l'écriture et la mort.  En définitive, si j'essaie de m'expliquer en me situant dans l'écriture et non dans la parole, je reste tout à fait passible de certains critiques que tu formules et qui me sont très utiles pour avancer. Comme quoi le scorpion est-il un des maîtres de la force de mort, qui est en définitive une force de vie.
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Y
Concernant le clavier, c'est vrai que lire un courrier tapé à la machine ou maintenant sur un clavier d'ordinateur, c'est un peu comme lire une lettre anonyme, du moins par rapport à un texte manuscrit, lequel a tous les charmes d'un lit encore défait et qui raconte plein d'histoires. Le choix du papier, la couleur de l'encre, la manière d'ordonner ou de   mettre en page, les ratures, nous en disent presque plus sur l'humeur et l'intention profonde du moment d'un correspondant habituel que le contenu même. C'est comme un visage ou la parole prend sens dans les intonations et les mimiques.Concernant le texte sur l'écriture, je dois faire une allergie sinon sur le symbolisme, du moins sur la navigation dans le symbolisme. Mais les réflexions dans les paragraphes "mettre des blancs..", "La blessure du manque", "la marque sur le front" "L'écriture de la mort" me laissent un peu perplexe. Ne pourrait-on, à partir de n'importe quel mot du dictionnaire (j'exagère) demander à quelqu'un de tirer une interprétation symbolique des mêmes textes, justes prétextes à sortir ses dadas de l'écurie. Je taquine; j'ai cru comprendre qu'écrire, c'était égratigner; le serpent s'y entend, et le scorpion? On ne se refait pas. Concernant l'antériorité de l'écrit sur la parole, au delà du paradoxe et de la provocation, je pense qu'il y a, aujourd'hui du moins quelque chose de vrai, puisque nous naissons environnés d'écrits dont il nous faut faire notre miel. Mais je pense qu'il nous faut aussi laisser la place à l'écoute du pur et incompréhensible Cri fut-ce"Le Cri" silencieux qu'a su nous transcrire Munch. yvon 
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B
<br /> Ecriture et disparition de l'auteur chez Roland BarthesÀ l'auteur comme principe producteur et explicateur de la littérature, Barthes substitue le langage, impersonnel et anonyme, peu à peu revendiqué comme matière exclusive de la littérature par Mallarmé, Valéry, Proust, le surréalisme, ou encore : « L'écriture, c'est ce neutre, ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit » (ibid., p. 61). Barthes est ici tout proche de Mallarmé, qui demandait déjà « la disparition élocutoire du poète, qui cède l'initiative aux mots ». Pour Barthes, « c'est le langage qui parle, ce n'est pas l'auteur ». L'auteur ainsi disqualifié, le seul seul sujet en question dans la littérature est celui de l'énonciation : « l'auteur n'est jamais rien de plus que celui qui écrit, tout comme je n'est autre que celui qui dit je » (ibid., p. 63). Dans cette comparaison entre l'auteur et le pronom de la première personne, on reconnaît la réflexion d'Émile Benveniste sur « La nature des pronoms » (1956), qui eut une grande influence sur la nouvelle critique. L'auteur cède donc le devant de la scène à l'écriture, au texte, ou encore au scripteur, qui n'est jamais qu'un « sujet » au sens grammatical ou linguistique, un être de papier, non une « personne » au sens psychologique : c'est le sujet de l'énonciation, qui ne préexiste pas à son énonciation mais se produit avec elle, ici et maintenant. L'auteur n'est rien de plus qu'un copiste mêlant les écritures, loin de tout mythe de l'origine et de l'originalité ; l'auteur n'invente rien, il bricole. D'où il s'ensuit encore que l'écriture ne peut pas « représenter », « peindre » quoi que ce soit qui serait préalable à son énonciation, et qu'elle n'a pas plus d'origine que n'en a le langage. Sans origine, « le texte est un tissu de citations » : la notion d'intertextualité se dégage elle aussi de la mort de l'auteur. Quant à l'explication, elle disparaît avec l'auteur, puisqu'il n'y a pas de sens unique, originel, au principe, au fond du texte. Bref, la critique doit faire l'impasse sur l'auteur : « Donner un Auteur à un texte, c'est imposer à ce texte un cran d'arrêt, c'est le pourvoir d'un signifié dernier, c'est fermer l'écriture » (ibid., p. 68). La lecture ne correspond pas à un déchiffrement critique, mais à une appropriation : « La naissance du lecteur doit se payer de la mort de l'Auteur » (ibid., p. 69), comme obstacle à la liberté de la lecture. Ainsi, dernier maillon du nouveau système qui se déduit en entier de la mort de l'auteur : le lecteur, et non l'auteur, est le lieu où l'unité du texte se produit, dans sa destination au lieu de son origine, mais ce lecteur n'est pas plus personnel que l'auteur tout juste déboulonné, et il s'identifie lui aussi à une fonction : il est « ce quelqu'un qui tient rassemblées dans un même champ toutes les traces dont est constitué l'écrit » (ibid., p. 67).(Qu'est-ce qu'un auteur ? 1. Introduction : mort et résurrection de l'auteur, Cours de M. Antoine Compagnon, Introduction : mort et résurrection de l'auteur)<br />  <br />
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D
<br /> Derrida et la question de la présence : une relecture de La Voix et le phénomène<br /> Françoise Dastur <br /> <br /> Résumé de l'article<br /> On a souvent considéré que la partie la plus importante de l’œuvre de Derrida résidait dans les cinq livres publiés entre 1967 et 1972. On se propose ici, à travers une relecture du texte le plus décisif de cette période, La Voix et le phénomène, de mettre en lumière la manière propre à Derrida d’unir la question de la disruption de la présence à celle de l’écriture. Ce qui est par conséquent interrogé est l’accent mis par Derrida sur la mort, considérée comme la condition même de possibilité du langage et de l’écriture. Comme Derrida le montre à bon droit, Husserl, en dépit de l’importance qu’il confère à l’écriture dans le processus d’idéalisation, n’a pas pris conscience du fait que le rapport à la mort constitue la structure concrète du présent vivant. Mais, d’un autre côté, en opposant d’une manière trop dualiste la présence et l’absence, la vie et la mort, Derrida ne s’est pas lui-même montré capable de voir que la condition du langage n’est pas tant la mort du sujet que l’être-pour-la-mort et la finitude du Dasein.
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J
Réaction au 18Oui, tu as raison. mais j'ai écrit cela en viteessssse sans me plonger ou revoir les textes bibliques, donc c'est un peu déformé.  Je vais me tirer l'oreille et aller au coin.
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J
C'est vrai, tu as absolument raison. mais en même temps, il me semble que pour tous les accouchements il n'y a qu'"un cordon ombilical", mais attention "un cordon peut en cacher un autre ! " et dans les liens affectifs ou d"adoption, le probléme est plus riche et complexe....
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E
Tu évoques la signature, qui me situe dans la lignée de la filiation. Ici l'écriture marque une place, ma place inaliénable.Du côté de Dieu, lorsqu'il dit : "Je suis celui qui est ou celui qui suis", il souligne qu'il n'est pas dans un système de filiation puisqu'il est lui-même à l'origine de son être. Par là-même il indique qu'il est effectivement hors écriture, hors de tout espace structuré.
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J
Il est assez curieux qu'en Occident, tous les actes de vie, mariages, naissances, décés, contrats, négociations, sont "marqués", "écrits", ne dit-on pas "c'est écrit ! " en signe de confirmation, d'attestation, de valeur au dessus de la parole (ou du "verbiage")<br /> Le "je suis celui qui est" est au dessus de l'Ecriture. Il demeure dans l'apophatisme : Celui que l'on ne peut décrire.
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E
Jean-Luc, j'apprécie bien tout ce que tu dis. Mais dans les exemples que tu prends il y a, au-delà du filage, le tissage. Or, dans le tissage il y a deux fils : le fil de chaîne et le fil de trame. C"est, pour moi, l'enchaînement de la force de vie et de la force de mort. Dans cette perspective, la force de mort, évoquée par le fil rouge de la vierge, qui renvoie à la présence du sang, devient une force de vie. C'est elle, qui, allant dans le sens inverse de la vie, revient à la source pour y puiser l'énergie de la fécondation. La vie n'est pas une trajectoire toute droite : elle doit passer par un détour pour tenter de revenir à l'origine qu'elle ne pourra jamais atteindre, passer par les racines pour aller jusqu'aux branches. L'écriture, c'est la trame qui vient structurer les fils de la chaîne pour faire l'étoffe de la vie ou l'étoffe de l'amour. C'est elle qui fera surgir le sens en donnant naissance à la parole, qui va permettre de tisser les liens entre les hommes.
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J
Au fil de l’Ecriture, au fil de la Vie<br />  <br /> Non, l’écriture n’est pas liée à la mort, mais à la vie. Il est le fil conducteur résurgence printanière. L’écriture est liée à la vie, à la maternité et à la naissance. L’écriture est le fil de la Parole de Vie. Elle est synonyme du cordon ombilical.<br />  <br /> Même dans l’écriture égyptienne les hiéroglyphes émergent du « monde des morts ». Les Ecritures sont sources de vie, témoignages.<br />  <br /> Dans l’iconographie chrétienne orthodoxe (patrimoine et source à part entière des églises chrétiennes) , la sainte Mère de Dieu Théotokos dans l’icône de l’Annonciation  a un fuseau ou une quenouille et tisse, un fil rouge reste souvent représenté, vestige. Ce fil rouge est le symbole de l’incarnation !<br />  <br /> Fil d’écriture, signe de vie, écriture de Transmission. D’ailleurs on ne peint pas une icône, mais on écrit une icône. <br /> Entre le « fil » et le  « fils », il y a un lien, tous deux sont relation, couture, engendrement. On naît « fils de ». L’Ecriture transmet donc la vie, ou à défaut commémore la vie, la mémoire.<br /> L’écrire s’est exprimer par des signes tracés, composer, créer, avancer, marquer.<br />  <br /> L’écriture fait partie de l’image.  Ne dis-t-on : « je lis sur ton visage ! ».<br /> L’écriture est signe de vie, de transmission, de « vouloir » partager, de « vouloir » transmettre et de laisser trace.
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O
Good, Etienne, là ton lien est bon : une faute de frappe peut-être …Pour les liens vers des billets qui me plaisent, je vais continuer, car même si le Monde triche, ces liens provoquent quelques visites chez la personne liée …
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E
Vous faites comme vous sentez. Le reste a peu d'importance.
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O
De rien et avec plaisir, Etienne. Maintenant, je me demande si tout ça (désigner un article, bloguer), ça sert à quelque chose … Ah, au fait : donner son url n’est pas obligatoire (seulement le mail) alors : merci de ne pas donner une adresse incomplète (que j’ai supprimée du coup) …
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E
Merci Olivier pour ta référence aux Mystères de l'écriture.
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O
Olivier signale dans son blog des blogshttp://oliviersc.blog.lemonde.fr/Les mystères de l'écriture :Les mystères de l’écriture ; de la parole à l’écriture.
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E
Charles, je te suis de bout en bout. Je précise, mais tu l'as déjà fait : il est essentiel de passer au symbolique, mais on ne peut passer au symbolique sans passer d'abord par les images. Les images ouvrent notamment en nous faisant rêver et le symbolique vient ensuite pour regrouper, structurer par des oppositions et faire éclater le sens et la création.
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C
Merci Etienne, cher "lecteur".<br /> Tu as bien fait de me proposer d'écrire avant que je ne prenne connaissance de ton propre texte car alors j'aurais été complètement sec. Ton imaginaire est nourri de ces mythes que tu nous réécris pour nous les faire parler: l'Arbre, le jardin d'Eden, Isis, Ève, Caïn et Abel, Moïse, Jésus, Ezéchiel et parce que ce sont des mythes donc déjà <br /> dans le symbolique, ils nous aident, si nous arrivons à nous libérer de l'usure des mots et de leur didactique!!, à passer ainsi de l'imaginaire par les lois symboliques de l'écrit et de la parole, à la parole elle-même. Je ne voyais pas à quel point l'écrit est lié à la parole et cela m'intriguait de t'entendre dire que l'écrit précède la parole. Je comprends mieux ce que tu voulais dire.<br /> Pour ma part, en restant proche de mon imaginaire et de ma propre expérience, en ratissant large avec l'écrit qui est aussi bien du côté de la danse, de la peinture, etc. que de l'écriture proprement dite, il me semble que je découvrais en creux, en quelque sorte, et au fur et à mesure, ces conditions de la parole partout où il lui est donné de s'exprimer.Mais le passage au symbolique est loin d'être évident; tout dans la société d'aujourd'hui nous maintient dans l'imaginaire: la pub, la consommation, les media, les moyens dits de "communication" au point que l'écrit et tout simplement le langage pour exprimer ses sentiments, une parole adressée à soi-même ou à l'autre, est de plus en plus pauvre, et cela dans tous les milieux. Or que devient l'imaginaire s'il n'accède pas à la parole? Et il n'accède pas à la parole s'il ne passe pas par les lois symboliques du langage. Jean Berges dans "le jeu des places entre la mère et l'enfant" s'interroge sur l'enfant qui à  6 ans en CP n'apprend pas à lire. Chez le nouveau-né, tout est à la bouche; mais là, au lieu que quelque chose soit ramené dans le corps, c'est qque chose qui vient tomber, qque chose d'extérieur au corps, Un perte! De même l'écriture: ces lettres sont des traces, des dessins sur le corps de sa mère; il n'écrit pas son prénom, il écrit des boucles, un serpent, langage érotisé; "c'est mon stylo qui écrit mal": prolongement du corps. À un moment, il va abandonner le dessin de la lettre: pour qu'elle apparaisse, il faut sortir de l'image et accepter qu'il y ait une perte, accepter de perdre des lettres (par ex. le "s" de "mais") car l'écriture n'est faite que pour être lue; quand il n'y a pas de lecture, il n'y a pas d'écriture. Et tout se passe par rapport à une perte, mais nous n'en savons rien.C'est pourquoi l'écriture et la lecture, c'est un forçage ; nous sommes si avides d'images!
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E
C'est fait !
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C
Pour élargir un peu le champ de la réflexion, je te propose d'ajouter dans ma première énumération: "le tract syndical". Je me souviens d'un stage syndical CGT en avril 68 où nous nous exercions à rédiger un tract; et la première des règles c'est qu'un tract syndical, comme le <br /> mandala, ça ne se rédige jamais seul, jamais.
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L
Le serpent d'airainhttp://www2.ac-lille.fr/arabe/photos_jordanie.htm
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É
Ecriture hébraïquehttp://www.net-encyclo.com/fr/Tanakh
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É
Ecriture mésopotamiennehttp://classes.bnf.fr/dossiecr/gc25-4.htm
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É
Ecriture phéniciennevhttp://pagesperso-orange.fr/elie.allouche/biblioRF/siteCours/NaissAgricEcrit.htm
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É
http://www.memo.fr/article.asp?ID=ANT_EGY_014
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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