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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 17:24

Le sens caché de l’Islam, révélé par Shahrazade, dans son affrontement à la violence

 

A maintes occasions déjà, j’ai abordé le thème de Shahrazade. Mais je voudrais le prendre sous un autre biais : montrer comment se révèle ici le sens caché de l’Islam. Dans chaque religion, il y a une révélation tournée vers l’absolu et une autre révélation qui intéresse directement l’homme lui-même. Dans l’Islam, la révélation religieuse est soulignée par le Coran alors que la révélation plus humaine serait contenue dans Shahrazade avec les Mille et Une Nuits. Il s’agit, bien sûr, d’une hypothèse mais cette hypothèse me paraît d’emblée assez proche de la réalité. Dans le judaïsme, la révélation humaine serait du côté de la Loi et, dans le christianisme, elle serait dans l’amour du prochain.

Or il est curieux de voir que la culture musulmane reste aujourd’hui encore affrontée au problème de la violence, évoquée par Shahrazade, comme s’il s’agissait d’un problème structurel encore non résolu. Peut-être sa solution est-elle toujours à reprendre car la violence elle-même est inscrite dans la nature humaine. Shahrazade, en tout cas, nous met toujours sur le bon chemin, en liant le problème de la violence au problème de la parole

 

La roi Chariyâr a été trompé par sa femme

Le roi vivait dans une grande quiétude lorsqu’il a constaté de ses yeux que sa  femme le trompait, en secret, avec un esclave noir, appelé Mas ’oud. Il a voulu quitter le royaume tellement il était désespéré. Que pouvait être pour lui une vie sans femme ? C’était comme si le monde s’écroulait subitement sous ses pieds.

 

La destruction de la parole, qui unissait le roi et sa femme, engendra la violence

Un jour, il y a déjà quelques années, l’amour avait engendré une parole d’alliance, qui leur permettait d’envisager l’avenir en toute sérénité. La confiance en l’autre semblait également partagée. La vie reposait alors sur la confiance et donc sur la parole. Après la tromperie de sa femme, plus rien ne tenait dans la vie du roi, qui sombra dans une véritable folie. Sa violence se déchaîna. Il prenait une femme, chaque nuit, et la remettait, le matin même, au grand vizir, pour la faire disparaître. La terreur se répandit alors dans le monde des marchands et dans celui du peuple, qui voyaient, disparaître, chaque jour, l’une de leurs plus belles filles, à peine sortie de l’adolescence.

 

Shahrazade, la fille du grand Vizir, se marie avec le roi pour redonner force à la parole perdue

Il n’était pas vrai, comme le pensait le roi, que toute femme était corrompue. En vérité, ce n’était pas le cas de Shahrazade, la fille aînée du grand Vizir. Elle frémissait, chaque nuit, en pensant aux victimes et à leur famille. Si elle n’intervenait pas pour changer le cours des choses, alors sa vie n’avait plus aucun sens. En son for intérieur, elle décida de demander la main du roi, au risque de périr, le premier matin même de sa vie royale. Il fallait affronter la mort pour la faire disparaître.

Elle présente le projet à son père. A l’écoute de ce projet insensé, il tremble déjà de terreur, en pensant à sa corvée du matin. La fille tient si bon qu’il s’en va porter sa requête au roi lui-même. Etonné, le souverain finit par accepter un tel projet avec un réel plaisir. La nuit même, elle entrera dans le lit du roi.

 

Pour aboutir à ses fins, la nouvelle reine replace le souverain dans l’enfance et lui raconte des histoires

Bien formée par toutes ses lectures, Shahrazade a compris que le roi ne pourrait sortir de sa folie que s’il renaissait à la parole en replongeant dans l’enfance et en écoutant les histoires que les mères racontent à leurs enfants. Aussi, avant de pénétrer dans la demeure du roi, elle met sa jeune sœur Dounyazade dans la confidence. Pendant la nuit, elle la fera venir dans la chambre du roi. Et ici, elle demandera à sa sœur aînée de lui raconter les plus belles histoires qu’elle connaisse.

Tout se passe comme prévu. Après les premiers ébats, Shahrazade se met à pleurer et demande de revoir sa jeune sœur avant de mourir. Aussitôt, le souverain acquiesce à sa requête et envoie chercher Dounyazade. Après une petite pause, celle-là demande à sa sœur de lui raconter l’un des contes qu’elle connaît à merveille. Avec l’autorisation du roi, la reine se met à raconter une très belle histoire. Malheureusement, elle n’a pas fini son récit, lorsque le jour se lève. Elle promet que la suite sera encore plus belle que la partie déjà entendue. Aussi, le roi désireux d’entendre la suite remet au lendemain la mise à mort de son épouse.

 

L’écoute du roi progressivement restaurée et la parole réintégrée

Le même cheminement se poursuit de jour en jour. Le désir d’écouter progresse constamment si bien que l’oreille endormie du souverain finit par s’ouvrir complètement. La parole, contenue dans chacun des contes, finit par retrouver sa place dans l’univers du roi. Chaque conte, en effet, est porteur de la structure de la parole, qui entraîne celui qui parle à sauter dans l’inconnu pour ouvrir l’espace de sa connaissance et à entrer dans le paradoxe pour bénéficier de la dynamique de la contradiction. C’est ainsi que la parole découvre son élan créateur, qui lui permet de reconnaître l’autre, d’aboutir à l’émergence des sujets et à la construction de l’humanité entière.

 

Lorsque Shahrazade n’a plus d’histoire à raconter, elle présente au roi les trois garçons auxquels elle a donné naissance

Au bout de Mille et Une Nuits, Shahrazade a achevé sa thérapie. Il ne lui reste plus qu’à vérifier si le souverain a bien retrouvé la parole qui construit la vie. Elle lui présente les trois garçons qu’ils ont eus ensemble. Il les reconnaît avec joie comme il reconnaît la reine elle-même. En même temps, il reconnaît tout son entourage. C’est toute sa vie qui est transformée, non seulement dans sa vie intime mais également dans le domaine politique. Parce qu’il a enfin appris, à écouter la parole de la femme, il peut maintenant restaurer le monde.

 

Selon les Ecritures, c’est à partir de l’homme que la femme a été créée mais c’est à partir de la femme que l’homme lui-même est ensuite recréé par la parole

L’histoire de Shahrazade prend la suite du mythe de la création et de la chute. Au départ, c’est l’homme qui a la première place, car Dieu le fait sortir du sol le premier. La femme ne viendra qu’ensuite et c’est de l’homme qu’elle recevra son nom. Il fallait qu’à son tour elle mette la main à la pâte, en recréant l’homme par la parole. Dans leur dimension symbolique, les mythes ont l’art de dessiner les contours de l’avenir. Ils nous disent qu’il appartient à la femme d’apporter sa touche finale à la création de l’humanité, en la faisant passer de la violence à la parole.

Etienne Duval

 

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commentaires

E
Magnifique conclusion , étonnante déduction .<br /> Merci Étienne.<br /> Je te souhaite un joyeux Noël.<br /> Je t'embrasse<br /> Élodie
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E
Très bon Noël, pour toi, Elodie, dans la beauté, pour ta fille et tous tes proches.<br /> Très belle année 2022!
Y
Voilà plusieurs mois où je n’ai ajouté aucun commentaire sur ton blog. Ne vois pas là un quelconque désintérêt pour les choses du monde, car cela ne m'empêche pas de lire tes articles ainsi que les commentaires qui l’accompagnent.<br /> Mais encore une fois, je suis peu inspiré par le dernier article, cela est certainement dû aussi à ma méconnaissance des textes fondateurs.<br /> Cependant, bien qu'il me semble avoir compris,dans les grandes lignes, le sens de ton propos, à savoir la puissance symbolique de la parole comme alternative à la violence ; je n'ai pu m'empêcher de sourire, à la lecture de ce cernier texte.<br /> N'y vois là aucune moquerie de ma part, mais vouloir réhabiliter, aujourd'hui, la parole et par voie de conséquence, l'écoute, me semble extrêmement courageux de ta part, puisque il ne manque pas une journée, que ce soit au niveau des médias, des discussions familiales ou amicales, maintes occasions où justement la parole est complètement galvaudée, impuissante à créer du lien, puisque sans cesse niée,non pas par une contre argumentation pouvant enrichir les débats mais souvent par des affirmations mensongères, ou bien par des discussions où la non-écoute est de règle.<br /> La crise du Covid a certainement amplifié le phénomène et la prochaine campagne électorale ne va sans doute pas nous épargner.<br /> Aussi ces derniers temps j'ai tendance à privilégier le silence sans oublier de me remémorer des écrits réconfortants, comme ce quatrain de François Cheng :<br /> "Entre reins et cœur, à notre insu,<br /> un filet de souffle circulant<br /> Redit ce que les astres ont tu,<br /> ce que la chair a corrompu"<br /> En attendant une éventuelle prochaine rencontre sur le plateau de la Croix Rousse, je te souhaite de passer de Joyeuses Fêtes de Noël.
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E
C’est vrai que tes commentaires me manquent. Pour preuve le petit quatrain de François Cheng que tu soumets à notre méditation. Il nous renvoie au mystère, à ce qui nous échappe, dans le circuit qui relie l’intelligence et le cœur.<br /> <br /> Mais, comme tu le dis, la parole qui peut nous sauver n’a jamais aussi mal fonctionné. C’est pour cela qu’il faut y revenir sans cesse, car fondamentalement elle est une parole d’amour. Et il ne peut y avoir d’amour concret sans parole d’amour. <br /> <br /> Belles fêtes de fin d’année !
G
L'article du blog est référencé par google.
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J
Tu me disais : « l’écrit a aussi ses vertus : il permet de braver les distances et j’apprécie nos échanges même avec ses malentendus ».<br /> Et surtout grâce à ces malentendus.<br /> Mais avec des convergences que j'apprécie beaucoup. Elles entretiennent une continuité (critique) avec mes façons de voir, de croire (je n'ose pas dire de penser) qui avaient pris forme et poids il y a quelque soixante ans ; elles ont repris vie après ce retour de 1985 et ce qui s'en est suivi, avec des distances de toutes sortes qui, au fond, nous relient. Et j'apprécie que tu en sois au centre.<br /> Bon dimanche ! Très amicalement<br /> Gérard<br /> <br /> P. PS. (il ne m'est pas totalement indifférent que cette autocritique sur les malentendus viennent au commencement de "l'Avent" - au risque d'autres malentendus ... fructueux ?)
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E
Peut-être que le malentendu agit comme un vaccin pour mieux entendre et nous conduit à un supplément de vérité. Il est à l’origine de la question qui nous permet de penser.<br /> Très bon après-midi !
G
Bien reçu et lu, bien entendu !<br /> <br /> A une autre fois, tu as ma parole !<br /> <br /> Gérard
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E
Tu as la mienne aussi !<br /> Bonne soirée !
G
Mon cher Etienne,<br /> <br /> Je ne vais pas pinailler.<br /> <br /> En lisant ta réponse, j'e me suis dit que j'avais commis un faux-sens en lisant ton texte d'origine.<br /> <br /> A la réflexion, j'ai pensé qu'au contraire j'étais bien dans le sujet -ce que ton texte de réponse semble ne pas avoir vu. Je disais que la « parole – parole » : l'oral, « permet la relation avec l’autre », mieux que tout autre moyen (et je pense avoir « dit » comment et pourquoi). Et je ne sais maintenant si ce petit texte de réponse corrigera le mal – entendu provoqué par mon premier texte.<br /> <br /> Notre dialogue d'aujourd'hui (qui pourrait engendrer d'autres mal-entendus) illustre bien les limites et les difficultés de la « parole »... par écrit. Nous nous serions mieux entendus devant un verre de beaujolais ou de clairette.<br /> <br /> Par ailleurs, rassure-toi ! Je conçois bien que le mythe et les contes permettent – mieux parfois que les textes ! - de penser et d'accéder à des vérités partageables. J'ai enchaîné ces derniers temps Ernst Cassirer, Paul Veyne, un peu de Bourdieu ; j'ai renoncé à Mircea Eliade, et Roland Barthes n'est pas très loin. Toi non plus. J'entends bien tes rappels : la prétendue pure rationalité ne peut tout dire. L'idéologie est un mauvais mortier pour boucher les trous. Les mythes sont plus subtils.<br /> <br /> Bien cordialement.<br /> <br /> Gérard
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E
C’est vrai que la parole authentique suppose la présence et le dialogue. Il faut donc que mon interlocuteur m’écoute et la première vertu de la parole c’est de rétablir l’écoute de l’autre, qui est en face de moi. Autrement dit, la parole suppose l’écoute. Et comme tu l’exprimes, l’écriture peut toujours engendrer des malentendus, pour la bonne raison que l’autre n’est pas là pour m’entendre. <br /> Mais peu importe, l’écrit a aussi ses vertus : il permet de braver les distances et j’apprécie nos échanges même avec ses malentendus.<br /> Bien amicalement.
G
Mon cher Etienne,<br /> La question que je me pose (je ne sais si Sharazade se l'est posée), c'est de savoir comment la parole porte une force plus ou autrement que l'écrit. J'ai rencontré cette question lors de mes recherches d'autrefois au sujet de l'instruction primaire dans mon morceau de Basse-Bretagne – Le Léon- entre l'An VI et 1833. Le lire, l'écrire, le compter (d'ailleurs dissociés) et le français se substituaient peu à peu, de plus en plus, du fait de l'Etat, à la langue indigène qui allait de soi, pour tous. Mon directeur de recherche, Yves Le Gallo, soulignait régulièrement que dans ces XIXéme et XXème siècles, la « Basse-Bretagne » est passée « d'une civilisation de l'oral à une civilisation de l'écrit », c'est-à-dire de la langue bretonne, orale, à la langue française qui introduit l'écrit et l'impose : deux civilisations en effet différentes. Question complexe, protégée par de forts tabous.<br /> <br /> Mes références d'alors décrivaient le fonctionnement de l'oral c'est-à-dire de la parole, fort différent de l'utilisation de l'écrit. (Goody, Cholvy....). J'en ai retenu ceci – qui n'est pas aujourd'hui très original.<br /> L'écriture fait appel à des mots dont le sens est précis, quasiment unique mais pas tout à fait. L'écrit appelle une construction, une mise en page, donc des limites matérielles, une visualisation. Les paragraphes n'apparaissent qu'assez tardivement -XVIIème siècle-, la ponctuation de même -XVIIIéme-, l'orthographe est alors de plus en plus normalisé. La langue devenue « nationale » est affaire d'Etat. Celui-ci impose, par l'Académie, un ensemble de règles, et un lexique – seul acceptable. Il faut donc une école obligatoire, commune, enseignant une langue unique. L'écrit avec ses règles indiscutables est, au sens propre, fondamental.<br /> <br /> Par contre, l'oral est spontané, la parole est acquise comme on sait : par proximité et imitation, et par besoin vital. La parole est le propre de l'homme, dit-on, même si les paroles s'en vont et les écrits restent ( ce qui n'est pas si sûr !) .<br /> A la différence de l'écrit, la parole au quotidien est ou peut être incertaine, hésitante, procède par approximation, recherche le mot juste – sans le trouver toujours-. Elle recherche la meilleure expression d'une idée qui prend forme en même temps, grâce à elle. Elle s'accompagne souvent d'émotion qui trouble ou enrichit le sens, qui peut se modifier en arrivant chez l'interlocuteur – qui lui aussi a ses émotions et ses idées pas toujours plus nettes ou définitives. La parole peut aussi être d'autorité, voire autoritaire. Mais il faut de même la moduler avec pertinence pour qu'elle soit entendue, et employer les termes clairs et convenus s'il le faut. Et la réponse est de même.<br /> <br /> Les historiens et sociologues observent que, paradoxalement, avant la diffusion seulement progressive et lente de l'écrit, l'information circulait beaucoup, était partagée dans les assemblées paroissiales souvent dominicales qui pouvaient produire des décisions inattendues. Collectivement critiques, ces assemblées retenaient ce qui semblait vraisemblable : la réputation et l'émotion éventuelle du locuteur étaient un critère de vérité probable. La parole produisait ainsi une unité du groupe réuni par elle et par l'autorité de certains qui méritaient (au moins à l'occasion) la confiance générale et n'avaient nul intérêt de se tromper et de tromper la communauté.<br /> <br /> Bien entendu, la communauté, sous l'effet de l'émotion forte, pouvait produire des insurrections fréquentes, parfois violentes, (comme les Bonnets rouges en Bretagne….) mais, au fond, généralement fondées. L'ensemble des causes qui les produisait était-il très différent de celui qui provoque les soulèvements d'aujourd'hui ? Le regard désapprobateur d'alors diffère-t-il du regard dominant d'aujourd'hui ?<br /> <br /> L'oral nourrissait aussi d'autres émotions, tout aussi fortes, qui réunissaient autant et autrement la collectivité. Cet aspect a été longuement étudié et décrit par Donatien Laurent, ethnologue, un des piliers du Centre de recherches bretonnes et celtiques (CRBC, Faculté des Lettres de Brest). Donatien a enquêté -par oral !, dans les années 1960 à 80 et 90- auprès des personnes témoins ou acteurs (les derniers ?) de cette culture orale. Des érudits très locaux, connus, réputés, simples habitants des paroisses ou communes voisines, conservaient et transmettaient des récits -très longs, un peu lyriques- qui contenaient le plus souvent des faits réels, parfois très anciens. Le public (les voisins rassemblés) approuvaient : « Ya, ya !!! Gwir eo ! » - oui, oui, c'est vrai !, garantissant la véracité de l'histoire par le constat qu'il restait conforme aux même récits précedemment entendus. Ces « gwerzioù », souvent transmis par un chant, sont restés vivants pour la plupart, conservés par l'ethnologie, et repris -toujours à l'oral et par le chant-, par quelques (rares) artistes ( dont Yann-Fañch Kemener) et subsistent encore, menacés par le passage inéluctable au français, la mort programmée de la langue, les moyens de communication qui l'ignorent, et plus encore par le mépris et l'ignorance. Fragilité de l'oral !<br /> <br /> Toute une civilisation en grande partie basée sur l'oral disparaît. L'école d'abord a imposé peu à peu la langue « nationale » et l'écrit. Il lui a fallu plus d'un siècle, presque deux, la force du marché et de l'administration, pour installer cette dernière, omni-présente, objet d'un culte comme la nation qu'elle soutient et comme l'Etat qu'elle justifie.<br /> Les langues indigènes, orales, sont reléguées parmi les débris folkloriques, dépouillées de la culture (orale) qu'elles portaient, devenues, au mieux, objets de quelques recherches qui ont un parfum d'autopsie.<br /> <br /> Cela dit, je ne renonce pas à l'écrit.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> envoyé : 1 décembre 2021 à 19:05<br /> de : Etienne Chênex <br /> à : Gérard JAFFREDOU <br /> objet : Re:<br /> <br /> RépondreTransférer
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E
A mon avis, peu importe que la parole se fasse par oral ou par écrit. L’important, c’est qu’il y ait interaction, possibilité de débat, voire négociation. La parole, c’est ce qui permet la relation avec l’autre, et, par là même, de construire le sujet et l’humanité. Encore faut-il qu’elle respecte le cheminement souligné par les contes et les mythes, à savoir sortir de l’idéologie en sautant dans l’inconnu pour ouvrir l’espace de la connaissance, et qu’elle accepte le paradoxe, qui permet la discussion, la contradiction et l’acceptation des différences. Autrement dit, les contes et les mythes ne sont pas des ornementations de style ; ils sont comme la grammaire de la parole pour qu’elle soit créatrice.
J
Bonjour Etienne ,<br /> <br /> merci pour cette belle réhabilitation de la parole de la femme !<br /> Ton analyse me paraît nécessaire en ces périodes de "wokisme " et de "cancel culture " ... Tu auras peut-être l'occasion de nous apporter ton éclairage sur ces approches qui me dérangent .<br /> <br /> Bien amicalement .<br /> <br /> Josiane
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E
Oui, je pense que le texte de Shahrazade ouvre de belles perspectives pour la parole de la femme, aujourd’hui et dans les années à venir.<br /> Très bonne journée !
P
Malgré la retraite, je suis bousculé et ne parviens pas à faire tout ce que je souhaite, notamment en lecture.<br /> Ce soir, pourtant, j’ai lu ton texte et j’ai retrouvé avec plaisir l’histoire de Sharazade que tu avais déjà évoquée et analysée dans le groupe de la Parole.<br /> Je suis bien conscient de l’importance de la parole comme moyen de contrer la violence (les négociations menées par la police avec les forcenés montrent souvent une efficacité concrète de cette confrontation) mais quel retard avons-nous pour que la majorité parvienne à vivre ça au quotidien !<br /> J’ai aussi découvert cette coexistence dans les textes, de révélations tournées vers l’absolu et d’autres vers les humains mais je n’en comprend pas le sens.<br /> Pourquoi des révélations vers l’absolu, si celles pour les humains sont différentes ? N’est-ce qu’une question de vocabulaire pour parler de la même chose ?<br /> Pourquoi cette différence et que peuvent faire les humains des révélations sur l’absolu si celles-ci ne leur sont pas destinées (à qui le sont-elles, en fait ?) ?<br /> <br /> Si tu as des éléments de réponse je suis preneur.
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E
Pierre, je suis content de te lire.<br /> C’est vrai que nous avons pris du retard pour faire prévaloir la parole. Je pense que nous ne savons pas ce qu’est la parole et c’est pour cela que j’y reviens. La structure de la parole est soulignée par les mythes et les contes. Cette structure montre qu’il y a deux paliers par lesquels il faut passer pour donner son efficacité à la parole : d’une part sortir de l’idéologie en sautant dans l’inconnu, d’autre part passer par le paradoxe en acceptant la contradiction.<br /> Personnellement, je lis souvent la bible en m’appuyant sur une révélation de l’homme. Aussi lorsque le Christ dit : « Je suis le Fils de Dieu, il le dit aussi d’une certaine façon pour chacun d’entre nous, ce qui permet de ne pas mettre le Christ sur un piédestal. Je le rapproche de nous pour nous permettre de nous élever. Autrement dit je peux parler de la même réalité à partir de deux points de vue différents, qui me permettent de mettre en évidence des aspects complémentaires.<br /> Le point de vue humain est le chemin qui me permet d’aller vers l’absolu. Il faut que je commence par aimer mon prochain pour pouvoir concrètement aimer Dieu. D’un côté je montre l’absolu et de l’autre je fais apparaître le chemin pour le rejoindre. Ce sont deux facettes qui ne peuvent aller l’une sans l’autre.
G
Cher Etienne,<br /> <br /> Le silence parle aussi beaucoup : je disais à Monique, en ouvrant ma machine, que je m'inquiétais de ton silence. J'ai eu immédiatement la réponse. A bientôt sans doute.<br /> <br /> Géard
Répondre
D
A bientôt !

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