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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 17:43
Le clocher de Cluny

Cluny, une présence indicible

 

Il y a une dizaine de jours, Didier, un grand ami, m’a invité à Cluny, la petite ville où il habite depuis plusieurs années. Dès mon arrivée, j’ai été saisi par une présence, qui semblait imprégner toute la région, sans que je puisse deviner d’où elle pouvait émaner.

 

La rencontre du ciel et de la terre

A une période déjà ancienne, le ciel et la terre se sont rencontrés dans cette ville et la région qui l’entourait. Les Bénédictins étaient présents sur l’Europe entière. Ils n’étaient pas simplement des religieux. A leur manière, ils étaient des hommes à part entière. Ils voulaient être des capteurs d’énergie pour faire respirer le monde. Et l’énergie qui les intéressait, ce n’était pas simplement l’énergie spirituelle, c’était presque tout autant l’énergie culturelle. Or, c’est précisément lorsque l’énergie culturelle s’est unie à l’énergie spirituelle que le ciel et la terre se sont rencontrés à Cluny.

 

Un petit coin de paradis

Dans ce cadre prestigieux, Je me suis rapidement senti dans un autre monde venu du Moyen-Âge, où presque tout semblait en harmonie. C’est le mot de paradis qui me vient maintenant à l’esprit. Mais aussitôt ma raison se rebelle : « Allons donc, le paradis, cela n’existe pas : c’est une invention forgée pour le peuple ». Mais, dans des cas semblables, j’ai souvent remarqué que la raison m’égarait. L’existence a besoin de merveilleux, comme une part de notre nourriture quotidienne et la proposition de Didier allait permettre d’en faire la vérification. A ce moment, nous étions trois et il proposa que nous descendions au marché.

 

Un marché où paysans et maraîchers de la région apportent leurs plus beaux produits

 

Pour un Croix-Roussien, il ne peut y avoir de plus beau marché que celui de la Croix-Rousse. Mais rapidement, j’ai dû déchanter. Ici les fruits et légumes étaient beaucoup plus beaux et c’étaient les producteurs eux-mêmes venus de toute la région, qui les offraient à la clientèle. A Lyon, la plupart des vendeurs sont des redistributeurs qui passent par le marché-gare. D’un côté, il y a l’offrande comme celle des mages. De l’autre, c’est le commerce qui l’emporte avec la nécessité de tirer un profit nécessaire pour la vie et la survie.


Un chemin vers un ailleurs

A midi, le même jour, nous mangeons dans un restaurant, qui occupe une bonne partie de la rue. Une multitude de gens passent sous nos yeux. Beaucoup sont étrangers. Certains sont sur le chemin de Compostelle, à la recherche d’un sens pour leur propre vie. Chemin de Compostelle et rue de la ville se confondent à tel point que la ville de Cluny, elle-même, a pour vocation d’entraîner habitants et visiteurs sur le chemin du sens.


Une beauté qui défie le temps

Pour le moment, je n’ai pas éprouvé l’envie d’entrer dans l’église de l’abbaye. Lorsque je sors de la maison de Didier, il me suffit de regarder le clocher qui s’impose à moi au fond de la ville. Il est d’une étrange beauté au point de me transporter entre deux mondes et en dehors du temps. Cette vision me suffit pour me plonger dans une grande émotion esthétique, illuminant ainsi une partie de ma journée. Il m’apparaît comme le modulor du monde ou comme le la de la mélodie qui l’anime tout entier. Dans la région, de nombreuses églises et chapelles sont comme la réplique du chef d’œuvre de Cluny.


Une grande blessure

Cluny a été un haut-lieu international, qui attirait des foules de toute l’Europe. Mais les moines n’ont pas échappé à la toute-puissance de l’argent et du pouvoir. Est-ce alors la conséquence ? Peut-être. Des démolisseurs, au moment de la révolution, ont livré l’abbaye à la destruction, souvent contre la volonté des habitants. Le clocher, pourtant, est resté comme le témoin majestueux du passé et comme le rappel d’un nouvel avenir à construire. La blessure qui s‘est inscrite dans la pierre constitue paradoxalement une réserve d’énergie pour les hommes en recherche, comme si des fleuves d’eau vive devaient aussi couler de la blessure infligée à l’abbaye. C’est du manque dont ont fait preuve les moines que devrait resurgir l’avenir d’un nouveau Cluny, plus humble mais pourtant plus créateur.

 

Un monde en reconstruction à travers la résistance et avec des jeunes venus de toute l’Europe

Dès la guerre de 1940, une forme de reconstruction du monde a commencé à s’opérer dans cette ville. Un esprit de résistance s’est très vite manifesté ici comme nulle part ailleurs. Il n’était pas question de rester asservi à l’ordre établi et le mensonge destructeur de l’occupant ne pouvait avoir de prise dans la population locale. Très vite, on s’organisa pour faire face à l’agresseur. L’idée-force était qu’il fallait communiquer pour résister. Cluny prit le nom de Lyon pour tromper l’adversaire et mit au service de la résistance plus de mille kilomètres de lignes téléphoniques elles-mêmes clandestines. De leur côté, les femmes jouèrent un rôle important. Renée Large raconte comment elle circulait à bicyclette à la barbe de l’ennemi, transportant dans son cadre de vélo des rouleaux d’information, utiles aux maquisards. Finalement, Cluny fut la première ville de Bourgogne à être libérée de l’occupant grâce au capitaine Laurent Bazot, qui réussit à bloquer près de 2000 soldats allemands, à l’entrée d’un tunnel des chemins de fer. Nous étions le 11 août 1944.

Peu après la guerre, le frère Roger Schutz, lui-même protestant, prit l’initiative de rassembler des jeunes de tous les pays européens pour entreprendre une sorte de reconstruction du monde, dans un esprit œcuménique. Il s’installa à Taizé, tout près de Cluny, bénéficiant ainsi d’un élan culturel et spirituel, qui l’avait précédé. Les jeunes sont venus très nombreux et la réussite de son initiative s’affirma jusqu’au moment où il fut assassiné par une femme, un peu trop mystique…. La blessure qu’avait subie Cluny se reproduisait ici sous une autre forme, comme si elle faisait partie de tout projet humain un peu ambitieux. L’incident n’arrêta pas les foules de jeunes, qui continuèrent à se rassembler sur les mêmes lieu>x pour s’y ressourcer. Je voulus en avoir le cœur net et j’ai donc demandé à Didier de nous emmener à quatre sur les lieux. Arrivés sur place, nous nous sommes installés sur les bancs croisés prévus pour les discussions. Nous souhaitions parler avec des jeunes pour comprendre ce qui pouvait les attirer dans de tels lieux. Mais nous restions isolés dans notre coin. J’ai alors voulu conjurer le sort en prétendant que dans un quart d’heure des jeunes viendraient se joindre à nous. En fait les aiguilles de ma montre touraient et, pour ne pas perdre la face je me suis levé pour aller interpeller deux jeunes filles, à quelques mètres d’où nous étions. Elles se prêtèrent volontiers à notre jeu et nous permirent de passer un moment très agréable grâce à nos échanges improvisés. Elles avaient l’une et l’autre une vingtaine d’années. La plus jeune était venue pour rejoindre un garçon dont elle était très proche. Quant à la seconde, elle cherchait à s’engager, pendant une année, au service de la communauté. Pour le moment, elle faisait une expérimentation d’un mois pour savoir si elle était capable d’aller plus loin. Rapidement nous découvrions deux valeurs essentielles qui semblaient structurer le projet de Taizé : la rencontre et le don de soi.

 

Un souffle venu d’ailleurs qui peut transformer le monde

Au terme de ce voyage, je me sens renvoyé à cette présence indicible qui m’a frappé lorsque j’ai mis les pieds à Cluny. Si le mot « Esprit » (souffle primordial de vie) a un sens pour chacun, quelles que soient ses croyances ou ses refus de croire, je dirai que cet ’Esprit se révèle à Cluny, comme une force offerte à tous les hommes, qu’ils soient croyants ou agnostiques, pour reconstruire le monde.

Etienne Duval

 

.

 

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commentaires

Gérard Jaffredou 13/08/2021 20:54

Je relirai les passages où Homère, Hèsiode, Eschyle et autres sont invoqués.

Etienne Duval 13/08/2021 20:56

Tu asz raison. Nous sommes sur la même longueur d'ondes.
Très bonne soirée !

Gérard Jaffredou 13/08/2021 08:57

Une première lecture de l’Ethique à Nicomaque, il y fort longtemps, ne m'avait laissé que l'envie de relire. Je n'en suis qu'au livre IV,, Ch. III. Ta remarque me sera très utile au Chapitre V (La justice).
Pour le moment je suis surtout frappé par l'analyse de ce qui forme et défini "l'Humanité" : l'analyse des rapports humains tels qu'ils nous rendent humains - ou in- humains (ou bien peu humains). La conclusion du Livre III, ch. XII aurait pu -ou dû- être écrite aujourd'hui.

Etienne Duval 13/08/2021 08:59

Ce qui me frappe personnellement, c’est que les mythes, une parole très ancienne, sont nos meilleurs instruments pour apprendre à penser aujourd’hui.
Très bonne

Gérard Jaffredou 12/08/2021 20:17

Merci de m'avoir rassuré en identifiant le virus. Bien d'accord sur sa nocivité.

Tu me rassures aussi sur Nicomaque et son titre et ma mémoire: j'avais en mémoire "L'éthique A Nicomaque". Or mon bouquin porte "DE Nicomaque", ainsi que les diverses références. Quel que soit son titre, Nicomaque me rassure,, et surtout son éthique.

Etienne Duval 12/08/2021 20:20

Ce que j'ai retenu de l'Ethique à Nicomaque, c'est l'équité par rapport à la justice. Et cela me rassure aussi.

Bonne soirée !

Gérard Jaffredou 12/08/2021 11:21

Merci. Je suis un peu rassuré quand même. Une amie d'ici (de Die) a été touchée aussi, s'est mise en "huitaine" et va bien. Je te souhaite d'aller de même.

Je suis curieux et intéressé par ce que tiras de Bourdieu (un peu lu autrefois). J'avais retenu ce que tu disais déjà sur la parole et ce que j'en avais compris m'a bien aidé (dans une discussion avec une amie d'ici qui réfléchit beaucoup et bien si je peux en juger).

Je suis plongé en ce moment dans Poirrier (Philipe), Les enjeux de l'histoire culturelle, Seuil, 2004 (déjà) , une présentation un peu critique des recherches sur la question, et leur évolution. J'y retrouve quelques vieilles connaissances et mes hésitations des années 1970-80 et suivantes.

Pour me reposer, j'ai repris l'Ethique de Nicomaque, (selon Voilquin, 1965) - et lu aussi, avec passion le Cordier (Daniel) La victoire en pleurant, (suite du Caracalla) extrêmement éclairant et qui confirme mes lectures sur la période.

Pour le temps présent, nous restons méfiants (et à Lesches, pour le moment).

Bonne continuation, prudence et patience.

Gérard

Etienne Duval 12/08/2021 11:33

Bonjour Gérard,

Il ne s’agissait pas du covid mais de virus informatiques presqu’aussi embêtants. Par ailleurs, je ne fais qu’emprunter à Bourdieu son titre. D’ailleurs, je n’ai pas lu son livre. Je vais partir des mythes comme je l’ai déjà fait pour d’autres sujets.
Tu m’épates par toutes tes lectures, y compris L‘éthique à Nicomaque.
Très bonne journée à tous les deux.

Gérard Jaffredou 12/08/2021 11:12

Je m'inquiète un peu : plus de nouvelles de ton blog . Vas-tu ien ?

Amitié

Etienne Duval 12/08/2021 11:18

Bonjour ,Gérard,

J'ai eu quelques petits problèmes de virus, que j'ai pu surmonter. Mais tout va bien. Empruntant un titre à Bourdieu, je suis en train de préparer un blog sur "Ce que parler veut dire", préparant ainsi un nouveau café philosophique sur la Parole à partir des mythes.

Bien amicalement.

Claire Hérique-Dumont 04/08/2021 09:47

Merci , cher Etienne , pour l’envoi de ton beau texte , on en discuteras , un de ces jours , car je serais ravie , de te revoir ici , chez

moi à Tassin.

.Je n’ai pas de projet particulier sinon aller aux USA , à la fin Novembre .. ;Si c’est possible ;;

En attendant cher Etienne , on se voit quand tu le voudras .

Chaleureusement

CLAIRE H.D.

Etienne Duval 04/08/2021 09:49

Merci Claire et on essaiera de se voir bientôt.
Très bonne journée !

Bernard Beaudonnet 03/08/2021 18:36

Etienne
J'ai bien aimé ta méditation à Cluny
Amitiés
Bernard Beaudonnet

Etienne Duvalt 03/08/2021 18:41

Merci Bernard. La visite de Cluny m'a fait comprendre beaucoup de choses : l'importance de la liaison du spirituel et du culturel, le danger de confondre spirituel et religieux comme semble le faire une conception étriquée de la laïcité

Très bonne soirée !

Google 02/08/2021 15:36

L'article est maintenant( référencé par google.

Denis Jeanson 02/08/2021 08:56

Bien reçu, merci !
Pas besoin d'excuse. Ton blog semble me dire que tu es autre chose que crapulatus a vino, comme dit le psaume.
denis

Etienne Duval 02/08/2021 08:58

Puisse le ciel valider !

Gérard Jaffredou 01/08/2021 15:04

Je suis passé à Cluny trop brièvement, il y a trop longtemps et à un moment où je cherchais à revenir tant soit peu dans le monde « réel » ou supposé tel. La beauté du lieu ne m’a pas échappé, mais j’ai été moins sensible (que toi) à la synthèse du spirituel et du temporel par nos bons bénédictins. Je connais assez mal cette très longue, complexe et très riche partie de l’Histoire (un peu compressée par l’Université) ; mais je crois savoir que la structure en était -depuis les IXème, Xème siècles, le « féodalisme », qui n’était pas une période d’harmonie, encore moins un paradis. Et nos bons bénédictins avaient les pieds sur terre, voire –quelques uns au moins- dans la terre. Ils pouvaient, à ce prix, dégager ce qu’il faut pour élever ces merveilles architecturales, de plus inspiratrices –si j’ai bonne mémoire- de ce cher Modulor. Je veux bien admirer Cluny, mais avec quelques réserves historiques – à vérifier.

Mais, Cluny et le monde dont il fut le produit et le modèle a été confié aux poubelles de l’histoire. Le remplaçant ou successeur n’est guère, lui non plus, un paradis harmonieux ; il est en effet à « reconstruire ». D’aucuns y croyaient et y ont laissé leur vie, d’autres leurs espoirs, notamment dans cette période encore proche que tu évoques. Et qui me rappelle, plus que Cluny, la fragilité des espoirs, l’inconséquence de l’humanité, le poids du réel. (Effet de l’âge ? ).

Notre retour à Lesches en Diois, une fois de plus, nous donne (à défaut d’un Cluny) à penser – mais dans ton sens. Les anciens du village qui nous accueillaient avec gentillesse et curiosité ont disparu. Les plus jeunes parlent seulement avec leurs tracteurs ou n’écoutent qu’eux et leur GPS. De plus, une nouvelle population s’est installée, qui ne parlent, eux, qu’avec leur fusil de chasse et leurs quatre-quatre. Et nos amis vieillissent comme nous, et sont comme nous conscients de ne vivre ici que de côté.

Tout cela fait que la beauté des crêtes, du plateau (menacé !) est encore plus admirable, reste un grand plaisir, un vrai bonheur, même. Je l’éprouvais l'autre jour, au serre des Aiguilles qui domine les Granges et voit jusqu’au Vercors, le Nyonsais, le Dévoluy…. Mais, redescendu de ces hauteurs, je retrouve mon Lesches en Diois maintenant dépouillé de son humanité modeste et accueillante, travailleuse, soucieuse et lucide, avec qui on pouvait parler (prudemment, certes).

En généralisant un peu, je te retrouve.

D’abord, il y a des lieux, un en particulier, qui ont fait une bonne part de notre vie et nous ont créé des références riches et fraternelles que tu maintiens en vie. Mais de ces points de vue-là, j’aperçois ces multiples autres lieux, et bientôt l‘espace !, qui sont devenus vides d’humanité. Ce sont, par exemple des lieux « touristiques » à voir –en foules consommatrices ; lieux dont il faut ensuite se prévaloir d’avoir vus, et si possible s’approprier. Dans ce ces lieux-là, il est difficile, presque impossible de ressentir l’émotion qui accompagne et complète leur juste compréhension : la compréhension de ce qu’ont vécu des hommes en ces lieux nous rendrait plus humains. Je pense à une vision décevante -mais qui aurait pu ne pas l’être tant, ou être pire – celle des « plages du débarquement », nettoyées-propres ; et une autre vision de ce qui reste des tranchées du côté de Verdun. Dans les deux cas pourtant, l’alignement des tombes innombrables, les noms, l’âge des tués, arrachaient les larmes. Plus encore cette visite au Musée d’art et d’histoire du judaïsme : ces dizaines de milliers de noms des juifs assassinés, puis les photos des enfants par centaines : terrible. Ces lieux de guerre bien que figés en spectacle "mémoriel", et ce rappel -à proprement parler gravé dans le marbre- sont pourtant un retour de l’humain dans l’Histoire qui n'est pas une abstraction : ces hommes, ces femmes, ces enfants : nommés !, et nous-mêmes invités à leur côté, par conséquent rappelés dans cette histoire folle et commune.

Tout ceci par déformation professionnelle sans doute, et une courte vue d’historien. Sans mépris pour nos bénédictins : j’en vois régulièrement quelques-uns à « l’écomusée de Landévennec », qui vivent prudemment me semble-t-il, à une certaine distance du monde que toutefois ils n’ignorent pas et peut-être même qu’ils comprennent mieux que nous. Quant à agir ? Agir contre les folies dont -bien tard, trop tard ?- on voit les résultats sans les admettre vraiment; sinon abstraitement, comme un spectacle irréel. La question se pose à tous. Avec de plus en plus d’urgence pour l’humanité entière. Et en tous lieux.

G.J.

Etienne Duval 01/08/2021 18:09

J’apprécie ta vision d’historien, qui me permet de mieux voir le cadre du passé, avec le féodalisme, dans lequel se sont insérés les Bénédictins de Cluny. Mais, en même temps, mon problème est ailleurs. Je constate que des forces sont encore en action dans une région, comme Cluny, des forces de contestation et de reconstrution. Cela m’oblige à réinterroger le passé, pour voir, si, par derrière nos clichés, il n’y a pas eu avec les Bénédictins de Cluny, quelque chose de révolutionnaire que nous n’aurions pas vu. Et, c’est là où je pose l’hypothèse d’un alliage entre le spirituel et le culturel, au-delà du religieux. Et toi tu rajoutes, de manière plus générale, une meilleure insertion dans la cadre de la nature, comme si la nature elle-même, avec ses crêtes, sa beauté, sa fécondité, était une enseignante de prix qu'il fallait retrouver pour construire de meilleurs liens humains.
Nous voilà d’accord pour une reconstruction de la société, plus proche des archétypes, y compris dans son évolution.
Très bonne soirée !

Maude Bretones 01/08/2021 11:51

Quel beau texte !

la fluidité de ton style exprime à merveille ta rencontre avec cet esprit de résistance et de reconstruction qui habite Cluny et ses alentours

Puisse-t-il nous élever nous mêmes au delà des petits clochers de nos tristesses et de nos colères,

bien à toi

Etinnne Duvll 01/08/2021 11:59

Merci Maud. C'est vrai qu'à Cluny, il y a quelque chose de puissant, qui nous appelle à une reconstruction, en dépit des critiques que tu connais en tant qu'historienne, concernant le Moyen-Âge et les Bénédictins en particulier. J'espère que tu as retrouvé la forme en Bretagne.
Très bonne journée !

Gérard Jaffredou 30/07/2021 13:00

Cher Etienne,

Voici ce que je trouve à dire. Bien banal, je crains.

De plus je ne peux ouvrir, pour vérification, la pièce jointe.

J'envoie donc la bouteille à la mer par l'intermédiaire de la Drôme, avec mission de remonter le Rhône jusqu'à la Croix-Rousse.

Avec espoir.

Gérard

Michèle Vallet 30/07/2021 09:44

Bonsoir Etienne,
Je viens de lire ton texte qui me touche particulièrement car mon amie Denise qui est décédée tout récemment a une maison dans ce coin et que je connais donc bien Cluny et ses environs ( Taizé et les belles petites chapelles romanes ). C'est au couvent de Mazille, je crois, que j'ai assisté, il y a déjà bien longtemps, par le plus grand des hasards (on venait visiter) à une prise de voile dont je garde un souvenir très beau et très vif : beauté des chants et pureté des voix, extraordinaires, beaucoup d'émotion sereine. L'abbaye est bien belle également. Et j'ai fait souvent le marché le samedi. ( une des premières coopératives en agriculture bio- le domaine de St Laurent- y a encore son stand depuis les années 80, sinon avant !)
Bonne soirée
Quand je t'aurais dit que j'ai habité jusqu'à la retraite de ma mère l'école ( parfaitement laïque !) de Saint Benoît, j'en aurai fini avec les Bénédictins ????
Michèle

Etienne Duval 30/07/2021 09:59

Il me semble que la grande découverte des Bénédictins à Cluny, c’était d’associer le spirituel et le culturel sans enfermer le spirituel dans le religieux. Sans doute est-ce une grande leçon pour aujourd’hui. En tout cas, c’est ce qui me séduit, dans cette petite ville de rien du tout, qui a été une capitale internationale de la culture. L’identification du spirituel et du religieux fonctionne comme un poison pour la culture. Ce qui n’est pas le cas dans tes propos. Je partage ton ressenti.

Très bonne journée !

Marcel 30/07/2021 09:22

Ton texte m'a intéressé, j'avais aussi apprécié la visite de Cluny en deux occasions, la première en y allant pour un match de rugby entre l'équipe de l'école des Arts et Métiers locale qui est partiellement installée dans d'anciens bâtiments de l' Abbaye et celle de l'Ecam. La seconde en faisant un tour des églises proches jusqu'à Tournus.
Ma réaction est un peu décalée par rapport à ton sujet mais ton texte confirme une question que je me pose depuis mes passages: une grande école devrait être un pôle de développement par la réunion de compétences qu'elle suscite or il n'en n'est rien. Elle devrait être un phare dans cette petite ville et tu n'en parles pas. Elle est donc en complet décalage par rapport à son environnement ni intégrée, ni influente. As-tu une explication à cette anomalie?
A bientôt,
André

Etienne Duval 30/07/2021 09:33

Il est vrai que je ne me suis pas attardé sur l'Ecole des Arts et Métiers, qui a une place reconnue au niveau national mais peut-être moins au niveau régional. Selon la dynamique des Bénédictins, aui associaient le spirituel et le culturel, elle a sa place dans l'abbaye. Mais dans un vision laïque, mal comprise qui identifie le spîrituel et le religieux et a perdu la relation entre spirituel et culturel, elle se trouve décalée dans lle paysage local. C'est une grosse erreur d'appréciation.
Merci pour ta question et très bonne journ"e !

Michel Alibert 29/07/2021 19:32

Merci Etienne pour ce texte,
Quand je faisais souvent la liaison TGV Lyon-Paris, j’ai d’abord constaté que mes yeux se tournaient assez spontanément vers le clocher de Cluny quand le TGV passait rapidement à sa hauteur.
Puis je me suis mis à guetter ce passage, comme un moment suspendu. Enfin, en changeant de côté, je saluais Taizé. Tu m’en donnes probablement la raison !
Bon été Etienne,
Michel A

E 30/07/2021 09:13

Merci Michel. Tu as capté le princial : le clocher qui se maintient fièrement comme un témoin pour le passé et comme un vigile pour l'aver et toutes les nouvelles pousses qui prennent leur essor à Taizé.
Très bonne journée !

Gérard Jaffredou 29/07/2021 11:34

Cher Etienne ,

J'attendais avec confiance; la date venant, ta réflexion. Nous sommes passés à Cluny il y a assez longtemps et assez brièvement: Régis s'y trouvait, auprès de moniales o.p. , et rédigeait sa thèse. Nous avons pris le temps d'admirer le lieu dont la beauté et surtout la puissance nous ont impressionnés.

Mais il y a plus à dire sur le sujet.... Je ne sais si la "beauté et la puissance" de Lesches en Diois m'inspireront de telles réflexions. Peut-être, en marchant sur les crêtes ?

A bientôt, dans ce cas.

Gérard

Etienne Duval 29/07/2021 11:38

Merci Gérard. C’est vrai qu’il y a beaucoup de puissance à Cluny. Est-ce la marque de la marque de la toute-puissance ?. C’est possible mais ce n’est pas sûr. Je suis tellement séduit par l’alliance de la beauté et de la puissance ! J’aimerais que tu m’aides à faire kle tri, en mditant sur les crêtes du Diois.
A bientôt !

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