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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 19:31

Rembrandt -Les pèlerins d'Emmaüs

 

La mort, et après ?

 

Eugène, un de mes frères, est mort, il y a trois semaines. Il me semble qu’il a bien fait son passage, mais, aujourd’hui, je me pose la question de sa situation actuelle. Il est possible d’avoir sur ce sujet des positions intellectuelles. Je pense en effet que la mort fait partie de la vie et qu’elle n’est qu’un passage. Et pourtant la question se fait pressante. Mon frère est mort, mais est-il vivant, quelque part ?

 

J’en viens à interroger les personnes de mon entourage

Pour ne pas m’enfermer sur mes certitudes, je me décide à interroger de nombreuses personnes de mon entourage : des amis pour la plupart, mais aussi des individus que le hasard me fait rencontrer.  Pour chacun, la question se pose, parfois même avec insistance. Dans beaucoup de cas, la mort est un arrachement et elle laisse toujours des traces. D’une certaine façon, nous sommes nés de la mort, et, chaque fois qu’elle se présente, elle ne peut nous laisser insensibles.

 

Un mystère

Les plus honnêtes de mes interlocuteurs me parlent de mystère. Ils sont incapables de se prononcer. C’est Socrate lui-même qui est ainsi évoqué. Chaque fois qu’on l’interrogeait sur une question importante, il répondait : « Sur ce sujet, je dois avouer que je ne sais rien ». Il savait, par expérience, qu’il faut partir de la non connaissance, pour accéder à la connaissance et, par-là, ouvrir l’espace de la question.

 

Après la mort, il n'y a rien

Emmanuelle, une personne très croyante, a perdu son mari il y a un an et demi. Elle n’arrive pas à se faire à sa disparition. Exister pour Gérard, c’est être là près d’elle. Puisqu’il n’est plus là, il n’existe plus. Or, il se trouve qu’en refusant la mort la vie n’est plus possible. Emmanuelle n’arrive pas à s’extirper de la dépression.

 

La résurrection à la fin des temps

Joël s’occupe de catéchèse dans une paroisse et il me répond avec assurance : « Les morts ressusciteront à la fin des temps ». Comment dès lors rassurer ceux qui viennent de perdre un proche en leur offrant un avenir dans plusieurs milliards d’années ? C’est l’immédiat ou le futur proche, qui les intéressent : ils n’ont que faire de la fin des temps. Pour les Ecritures, la résurrection, à la fin des temps, est un accomplissement au point que même le monde matériel est impliqué dans la promesse de résurrection. Ainsi la réponse que me donne Joël n’est pas fausse, mais elle n’est qu’une petite partie de la réponse souhaitable.

 

L’irruption du souffle de l’Esprit

Pour moi, la compréhension de la résurrection me renvoie à un passé déjà ancien. J’étais au début de ma carrière professionnelle et je me posais la question du sens de ma vie. Mon travail m’intéressait mais une partie de moi-même n’était pas complètement satisfaite. Me voilà contraint de revenir à un événement que certains lecteurs connaissent déjà et je voudrais m’excuser auprès d’eux de cette répétition. La presse, à ce moment, faisait écho de la construction d’un couvent dominicain près de Lyon, par Le Corbusier, un architecte de grande réputation. Attiré par la curiosité, je décide d’aller passer quelques jours dans la communauté religieuse, installée à côté de la construction. C’est alors qu’un événement spirituel important se produisit pour moi. Je me suis senti envahi par une lumière que je ne connaissais pas. Subitement ma vie s’élargissait et tout prenait un sens nouveau. Immédiatement je décidais d’aller dans le sens de cette expérience insolite, en entrant chez les Dominicains. Je n’étais pas dans le schéma habituel. Il ne s’agissait pas d’abord d’une conversion au Christ mais d’une conversion à l’Esprit. J’allais pouvoir confronter cette nouvelle expérience à celle de l’homme Jésus, chez qui l’Esprit-Saint avait fait irruption au moment de son baptême, et, en même temps, à celle des autres frères qui m’avaient précédé. Désormais mon existence allait être animée par le souffle de l’homme et par le souffle de Dieu, qui devait prendre les commandes. Ainsi, si le souffle de l’homme ne pouvait me faire échapper à la mort, le souffle de l’Esprit était une promesse de vie éternelle. Et il devait en aller de même pour chaque homme, à la suite de l’événement Jésus, qui était allé planter l’arbre des hommes dans le jardin de Dieu.

 

L’homme Jésus, qui était mort, est désormais vivant

Je suis maintenant autorisé à interroger la vie de Jésus, qui se présente comme un grand Livre pour les hommes. Il a subi la mort et certains disent qu’il est vivant. Ce ne sont même pas des apôtres : ils ont été simplement disciples du Seigneur. Ils sont deux sur la route de Jérusalem à Emmaüs et ils rentrent maintenant dans leur petit village, distant seulement de quelques kilomètres de la grande Ville. Jésus est mort, il y a seulement quelques jours. Un troisième homme se joint à leur petit groupe. Ils continuent leur discussion, évoquant la mort de Celui sur qui était fondée leur espérance. Le nouveau marcheur, qui semblait ne rien connaître de l’homme Jésus, se met à leur expliquer les Ecritures qui le concernent directement. Arrivés près de leur maison, les deux pèlerins invitent leur compagnon à venir se restaurer chez eux. Celui-ci finit par se laisser convaincre et tous les trois poursuivent leur méditation.  Et puis, l’invité prend le pain qui est sur la table, le bénit, le rompt et le partage pour que chacun en ait sa part. Aussitôt, les deux pèlerins reconnaissent les gestes et les paroles de la multiplication des pains et de la Cène, qui renvoient à l’Esprit lui-même. En même temps, ils reconnaissent Jésus, qui disparaît aussitôt. Maintenant, ils ont la certitude qu’il est vivant : il est donc bien passé de la mort à la vie.

 

Les vivants n’hésitent pas à parler aux morts

Pour chacun, la mort ne peut avoir le dernier mot. Même si la plupart de ceux que j’ai interrogés n’ont aucune certitude sur la vie des disparus, ils n’hésitent pas à leur parler en silence. C’est d’ailleurs ce que je fais moi-même. Et, pratiquement, dans chaque cas, les morts nous répondent. Même si leur parole est inaudible, nous avons tous l’intime conviction qu’ils sont là, présents dans le dialogue. D’ailleurs, Marguerite pense que nous participons à leur résurrection. L’Esprit Saint en vient à se servir de nous pour les faire passer de la mort à la vie.

 

L’histoire de la chamelle et la mort comme accouchement

Il y a vingt-cinq ans au moins, je fais un rêve étrange : je suis dans le ventre d’une chamelle, la chamelle s’affaisse et je ne parviens plus à respirer. Je finis par me réveiller bien vivant. Ce rêve est si étonnant que je le raconte à ceux que je rencontre sans parvenir à l’interpréter. Et, puis, au bout de trois jours, mon frère Pierre me téléphone : « L’oncle Camille est mort ». Cet oncle Camille était pour moi un modèle. Il chantait toujours, avait été aumônier du maquis des Glières et faisait preuve d’une grande liberté. A l’annonce de Pierre, je fais le lien avec mon rêve. Je connais l’espagnol et, dans cette langue, le mot chameau se dit camelo, proche de Camille. La chamelle, c’était donc lui. Il me faisait savoir qu’il allait mourir et qu’en mourant il allait, en quelque sorte, accoucher de moi-même. Il m’appartenait maintenant de marcher sans modèle.


La transfiguration de mon père

Marie-Cécile, une de mes sœurs, habitait dans les Alpes de Haute-Provence et je passais une semaine de vacances, dans sa maison, chaque année. C’était une semaine de grand plaisir car elle me faisait visiter toutes les grandes œuvres d’art de la région. Ma sœur avait un sens esthétique très développé et c’est essentiellement à travers l’art, qu’elle voyait la réalité. D’ailleurs, je pense à elle lorsque je veux mettre un peu de beauté dans mon appartement Or, un matin, alors que nous prenions le petit déjeuner, elle me dit : « J’ai vu papa en rêve : il était d’une très grande beauté ». « Papa » était mort il y a une quinzaine d’années. Personnellement, même si je ne crois pas aux rêves, je pense qu’ils nous révèlent une dimension de la réalité. Il y avait du vrai dans le rêve de ma sœur. Mon père doit resplendir de la lumière de l’Esprit Saint, comme le Christ le jour de sa transfiguration.

 

Le triomphe de la joie

Une de mes tantes, toujours très vivante, a vécu la dernière partie de sa vie dans la tristesse. Elle avait été contrariée, à un moment, où elle vivait dans le plaisir d’accueillir les autres. Arrachée par les circonstances aux joies de l’hospitalité, elle n’arrivait pas à s’en remettre et faisait un peu peser sur les autres le malheur qui l’accablait. Or, le jour de son enterrement, j’ai été plongé dans une très grande joie. Sans doute, avec raison, j’ai pensé qu’elle me faisait signe pour me dire que son calvaire était terminé et qu’une forme de béatitude avait fini par triompher.

  

Les trois temps de la résurrection

Arrivé au terme de mon investigation, en interrogeant mon entourage et en évoquant mes souvenirs les plus significatifs, je crois pouvoir dire que notre résurrection se décline dans le temps. Si nous sommes bien disposés, elle se manifeste dès la la vie présente ; elle peut alors transformer notre existence tout entière, notre santé, nos relations avec les autres et notre plaisir de vivre.

Le second temps arrive juste après la mort lorsque nous sommes enfin purifiés. Ici, comme je l’ai déjà souligné, la mort est un véritable accouchement pour celle ou celui qui s’en va et souvent pour ceux qui restent sur cette terre.

Le troisième temps se manifestera, à la fin des temps, lorsque le monde matériel tout entier sera transformé.

Etienne Duval

 

 

 

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commentaires

P
Bonsoir Étienne,
Voici ma réflexion "Et après la Mort, la Vie ?" suite à votre dernier texte "La mort, et après ?
"
Qu'en pensez-vous?
Bien à vous
Philippe

DELAS
Répondre
E
La mort et la vie sont les deux faces d’une même réalité. Apparemment nous ne pouvons pas les séparer car la mort est l’accoucheuse de la vie.
C
Cher Etienne,
Voici mes petites pensées philosophiques par rapport à tes réflexions :

Non, nous ne sommes pas nés de la Mort, nous sommes nés de l’Amour entre deux vivants, homme et femme qui pour donner sens à leur existence se sont laissés
Inspirer par l’Esprit, qui lui a pris chair en le Christ.

C’est ainsi que toute notre vie humaine prend ses « principes de Vie », dans la religion, ou plutôt, dans les religions qui nous sont proposées sur cette vaste Terre.
L’homme ainsi est mu dans le Monde par sa Foi, et certainement inspiré autrement au Ciel, grâce à une promesse de Vie Eternelle.

La Résurrection est sans doute ce qui nous attend plus tard, plus tard, mais c’est d’un autre Ordre auquel nous voulons croire, de par notre Foi, c’est un acte de Foi,
gratuit et merveilleux.


Voilà, je te donne mon inspiration, mais je n’ai aucune prétention, c’est comme cela que je me suis équilibrée, seule et dans une famille, non croyante, mais
totalement libérale.


Au niveau de nous-mêmes, ma grande Amitié.
Claire H.D.
Répondre
E
Merci Claire.

Oui nous sommes nés de l’amour mais nous sommes passés par la naissance, qui est en soi une forme de mort.
Nous repassons par la mort, à la fin de notre vie, mais c’est aussi pour renaître sous une autre forme. C’est cela que j’appelle la résurrection à laquelle, comme tu dis, nous accédons par la foi parce qu’il ne s’agit pas d’un engendrement qui viendrait de nous, mais d’un don qui nous vient de l’Esprit Saint.
Très bonne soirée, Claire.
J
En effet, je suis persuadé que ma mère veille sur son petit-fils qu'elle n'a malheureusement pas connu de son vivant. C'est aussi le cas de mon père qui était si fier de lui lorqu'il était tout petit.

Bonne soirée Etienne.
Répondre
E
Tu es sur la bonne voie.

Bonne soirée !
J
Merci Etienne,



Le sujet traité dans ton dernier article m’interpelle beaucoup. Dès mon plus jeune âge j’ai été impressionné par la mort.



Vers l’âge de 6 – 7 ans, j’ai fait un rêve prémonitoire. La veille de sa mort, j’apprends que Gilles, le petit-fils de la boulangère de mon village avait une forte angine, maladie inquiétante pour un enfant de 2 ans et demi mais pas d’une très grande gravité. Dans la nuit qui a suivi, j’ai fait un cauchemar, Je me suis réveillé en sursaut, m’écriant que Gilles était mort. Malheureusement ce présage s’est révélé exact. L’enfant a été emporté par une diphtérie foudroyante que rien ne laissait présager.





Autre exemple de ma proximité avec la mort. Comme dans tous les petits villages, celui où j’habitais annonçait le décès d’un habitant de la commune en faisant sonner le glas. Pour moi cette sonnerie funèbre était annonciatrice de difficultés particulières. Quelques jours plus tard il fallait que je m’arme de courage pour me rendre à l’école car le corbillard, sorti de son hangar, stationnait en pleine cour de récréation avant l’enterrement. Si beaucoup de mes camarades ne prêtaient pas attention à cette scène atypique, j’en garde, pour ma part, un souvenir traumatisant que je ne parvenais pas à contrôler.



J’évoquerai enfin les cours de catéchisme. Avec la naïveté qui caractérise la jeunesse et la persuasion du prêtre, j’étais persuadé, comme tous mes camarades, qu’il y avait une vie après la mort. Cette certitude m’a permis de surmonter l’immense douleur que j’ai éprouvé après la mort prématurée de ma mère.



Quoi qu’il en soit, toute ma vie, j’ai vécu dans le souvenir de mes proches qui ont disparu. Ils m’ont apaisé, influencé dans mes choix et aidé à franchir les obstacles les plus abrupts. Ce contact avec les disparus m’a permis de conclure qu’il n’y avait pas de rupture entre la vie et la mort mais une sorte de continuité.



Bonne soirée Etienne.



Jean-Marc
Répondre
E
Merci Jean-Marc. Je comprends mieux ta vie, car, en dépit des circonstances, j’y voyais une présence bienveillante. Je pense que c’était ta mère. Tu peux lui demander de venir en aide à Alexandre. Je suis persuadé qu’elle t’écoutera.
Très bonne soirée !
C
Cher Etienne,

Merci d'avoir partagé ta réflexion sur "La mort et après ?" avec moi.
Je m'y retrouve sur bien des points.

- J'ai toujours eu l'intuition que la mort était un passage et qu'ensuite l'Esprit prévalait. Ton parcours de vie, qui est exemplaire, me conforte dans cette idée.
Ci-joint, le texte lu lors de la dépose de l'urne funéraire de Tatinette dans le caveau familial.

-J'ai une grande confiance en l'Esprit-Saint qui m'a souvent aidé. Notre petit-fils Gabriel m'a d'ailleurs choisie pour devenir sa marraine de confirmation qui sera célébrée le 18 avril prochain. C'est une grande joie pour moi.

-Je suis aussi en relation avec "mes" morts. J'ai un réseau que j'interpelle souvent. Dans les moments délicats, j'ai reçu des aides inattendues et appropriées. ! L'idée que nous participions à leur résurrection, par le biais de l'Esprit-Saint, me plait.

En lisant ton texte j'ai aimé me souvenir d'Eugène que j'ai apprécié ; bien que ne l'ayant pas beaucoup connu, de Marie-Cécile que je trouvais si élégante, de Pierre toujours présent quand nous allions à Chênex, de l'Abbé Camille et Fifine qui m'ont chaleureusement accueillie, de Tante Lucie qui chantait merveilleusement bien à Viry où elle venait une fois par semaine aider au magasin et bien sûr de Marguerite qui a beaucoup compté dans mon enfance. Je garde également un bon souvenir des cousins Benoît et de leurs fêtes de famille si joyeuses !

D'après ce qui m'a été dit, j'ai heureusement hérité du caractère de ma maman Cécile qui m'a permis de sortir grandie des difficultés qui se sont présentées. J'aime aussi l'idée que la résurrection se décline dans le temps.et je vais être attentive à ses manifestations. Elle augure, comme tu le dis, d'une béatitude qui finira par triompher.
J'y crois profondément.

Bien affectueusement.

Claire
Répondre
E
Merci Claire. Nous sommes sur la même longueur d’ondes et je m’en réjouis. Tu peux t’appuyer sur ta maman : elle était hprs de l’ordinaire et particulièrement bienveillante. Je ne savais pas que la tante Lucie venait s’aider au magasin, une fois pae semaine. Nous adorions quand elle venait à la maison et qu’elle nous racontait ses histoires. Elle était phénoménale et beaucoup l’invitaient pour leur mariage.

Je mets ton témoignage sur le blog avec Claire V.
C
Merci cher Etienne, je vais te répondre plus tard, car je suis très prise par cette
Histoire de la vente de l’appartement.
Mais je le ferai après et je pense bien à toi. Tes textes font tellement réfléchir.
Merci CLAIRE H D
Répondre
E
Prends ton temps. J’attends ta réponse.
Très bonne journée !
M
Bonjour Etienne,
je viens de lire ton dernier blog et comme toi, suite au départ de ma sœur Simone , je me suis posé à peu près les mêmes questions sur l'au delà. Mais ce sont surtout les 3 temps de la résurrection qui m'ont le plus interrogé mais aussi rassuré, à savoir que dès notre naissance, nous sommes sur le chemin de la vie éternelle, puis re-naissant chaque jour ou ce que tu appelles la résurrection ,passant enfin par la mort pour. être "purifié "et se retrouver tous à la fin des temps bien vivants dans un monde totalement transformé.
C'est peut être un rêve mais j'éprouve de la joie à le partager avec toi, tout particulièrement en cette période mortifère et pleine de tant d'incertitudes....
Bien à toi,
Michel
Répondre
E
Oui nous sommes sur la même longueur d’ondes. La vie éternelle est déjà présente aujourd’hui et elle le sera plus encore à notre mort. Mais je trouve que c’est une faute contre l'espérance de ne parler que de la résurrection à la fin des temps à ceux qui viennent de perdre un être cher.
Bien amicalement.
G
Ce que tu dis, cher Etienne, est très beau, et tellement fraternel, que je ne peux rien dire de plus.

J'admets que c'est peut-être l'Esprit Saint qui passe.

Bien fraternellement !
Répondre
E
Pourquoi pas ? L’Esprit se sert souvent de nous. Dans ce cas, j’en serais ravi ?
Très bonne soirée !
E
Le texte de Lao Tseu est superbe et je m’y retrouve tout entier.
Continue ton chemin vers la vérité. C’est là que nous pouvons nous retrouver.
Merci Pierre.
Répondre
F
Merci Etienne,
Eugène était dans la même promo que Gil , mon mari, à l'ICPI.
Que lui est-il arrivé ?
En ce moment, je souhaite aborder la question de ma mort en toute simplicité de cœur avec nos cinq enfants qui sont agnostiques. Trois d'entre eux ont répondu favorablement .

Pour moi, c'est ici et maintenant que je vis la VIE aujourd'hui dans la paix et la confiance pour ce qui vient .

Avec mon amitié. Françoise
Répondre
E
Oui, Françoise, c'est dés maintenant que nous sommes appelés à la résurrection. Et, vous-mêmes, dès maintenant vous pouvez coopérer à la résurrection de vos enfants. Eugène ne pouvait plus supporter la chimiothérapie et il y a renoncé en toute conscience et il a vécu normalement en travaillant intellectuellement en sachant qu'il s'acheminait vers la mort .Bonne soirée àtous les deux !
G
D'accord , puisque tu prends comme je le pensais la mort et ce qu'on peut en dire, comme une métaphore large qui représente tout ce qui dans la vie est arrêt, échec, erreur voire faute ou crime, etc. . De ce point de vue, c'est dans la vie, dans la durée de la vie et dans les histoires réelles, que la "mort" peut être un "accouchement", un nouveau départ, par lequel on "s'en sort". Et la vie est ce jeu-là.
Mais je maintiens que dans la vie réelle, la mort réelle ne peut être un "accouchement", une sorte de "résurrection" que si quelque chose du défunt se retrouve et se développe chez autrui , celu-ci encore vivant ... et qui lui-même accouchera, provoquera ces ressurections : ainsi va la vie, dans la réalité concrète.
Mais ce que je dis alors est une grande banalité. Mais j'y tiens parce que je l'éprouve réellement. Je ne supporte pas (disons : mal) les discours très lénifiants, irréels, convenus, servis dans les obsèques notamment religieuses, qui m'apparaissent comme une deuxème mort, que le défunt ne méritait pas. Je pense que la vie et la mort sont dans le temps réel,, et nous obligent à le considérer sérieusement , et à le vivre collectivement, de générations en générations, et généreusement, avec humilité et reconnaissance, c'est-à-dire humainement.

Excuse moi, cher Etienne, cette mise au point, que tu provoques heureusement.
A la prochaine ! Vivons, que diable !
Bien cordialement.
Gérard
Répondre
E
Merci Gérard. Tu attires l’attention sur un point que peu de gens évoquent. Ce que j’appelle la résurrection passe aussi par les autres. Nous sommes, à notre niveau, des acteurs de la résurrecion. Mais dans ma compréhension, je pense que nous sommes porteurs d’une lumière qui nous dépasse et que j’appelle l’Esprit. J’ai peine à te voir sans cette aura de l’Esprit Saint. Et c’est cet Esprit qui nous propulse dans une vie éternelle, où dominent la joie et la beauté. Il m’est impossible de t’imaginer au fond d’un trou, toi et d’autres, sans pouvoir resurgir. C’est en tout cas, dans cette perspective que je vois notre vie après la mort.
Bien amicalement.
P
Oui, c'est étrange, je viens de lire un autre article sur le sujet de la vie et j'ai reçu récemment un texte de Lao Tseu qui m'a rappelé un précédent , les voici :

De la Voix naquit un
de Un naquit deux
de deux naquit trois
et trois engendra mille.
L'Homme suis la voie de la terre,
La Terre suit la voie du Ciel,
Le ciel suit la voie de la Voix
Et la Voix suit sa propre voie.


Il existe un tunnel obscur dans la lumière infinie.
On l'appelle "Temps".
Quand un Humain entre dans ce tunnel,
Cela s'appelle "Naître".
Quand un Humain marche dans ce tunnel,
Cela s'appelle "Vivre".
Quand un Humain sort de ce tunnel,
Cela s'appelle "Mourir".
Considérer que Vivre se réduit à évoluer dans un tunnel obscur,
Cela s'appelle "Illusion".
Savoir que la lumière est au delà du tunnel,
Cela s'appelle "Foi".
Voir la lumière dans le tunnel obscur,
Cela s'appelle "Amour".
Voir la lumière à travers le tunnel obscur,
Cela s'appelle"Sagesse"
Éclairer le tunnel de sa propre lumière,
Cela s'appelle "Sainteté".
Confondre la lumière infinie et le tunnel obscur,
Cela est au delà des mots.

Quand j'ai fait ma première communion, à peine avais-je l'hostie dans la bouche que je me suis senti habité par le Christ. Ainsi je n'ai communié qu'une seule fois car cette communion avait réussie. Depuis j'interroge toujours le Christ en moi pour savoir si ce qu'on me dit est vrai lorsque j'ai un doute.
Ainsi, il me semble avoir fait mon chemin dans la voie du Christ.
J'ai eu l'occasion plus tard de pouvoir visiter certaines de mes vies antérieures et de revivre des morts. En fait mourir pour moi depuis, ce n'est que sortir de mon corps car celui-ci n'est plus en mesure de me véhiculer. Ainsi la mort est une libération, je rejoins un autre espace où le suis libéré des limitations que m'imposait un corps. On appel l'orgasme: la petite mort et en effet je ressens la Mort comme un grand orgasme. Il est aussi une chose étrange, c'est que bien que nous ayons quitté notre corps nous demeurons quelques temps sur Terre et que nos proches demeurent présents à nous à la fois dans l'espace Terre mais aussi dans notre nouvel espace.
Car pour moi comme le dit Lao Tseu, vivre est une illusion, c'est Être qui est là, Être en tant que nom et que verbe actif.


Voilà un texte qui me sied bien:

C’est la meilleure façon de vivre
Âme et conscience
La projection de la lumière informationnelle de notre Âme sur notre conscience nous permet de percevoir notre avenir et tous les événements qui le composent à la norme ; cela peut nous aider à toujours prendre les bonnes décisions.
Dans notre vie quotidienne, c’est notre mental qui perçoit, analyse et prend les décisions.
“L’Âme possède toutes les connaissances sur le développement futur. Lorsque vous voyez la façon dont la Conscience se développe, vous savez exactement où elle va et ce que vous allez percevoir”. Grigori Grabovoï
La lumière informationnelle de notre Âme est constamment projetée sur notre conscience. L’Âme est comme un soleil qui envoie continuellement ses rayons dans toutes les directions. Dans le monde de la dualité, la conscience est divisée en une partie parfaitement structurée et une partie peu structurée. Nous pouvons imaginer que la partie structurée (P1) fait face à l’Âme tandis que la partie non structurée (P2) est plus proche du niveau matériel, de notre corps.
 
Si nous portons notre attention sur le point de connexion entre notre Âme et notre conscience (P1), nous ferons toujours les bons choix. Vous vous souvenez également que ce sont nos choix qui déterminent l’évolution de l’Univers tout entier puisque l’Univers est créé à partir de notre conscience. Nous sommes donc collectivement responsables du bon fonctionnement du monde. Et, si nous faisons nos choix à partir de notre Âme, alors automatiquement tout doit bien se passer.
La Destinée
Selon wikipedia, le destin est l’histoire future d’un être humain telle que prédéfinie par une autorité considérée comme supérieure aux humains ; il est impossible pour l’homme d’échapper à son destin. La notion de destin est donc opposée à celle de libre arbitre.
La seule instance supérieure à notre personnalité est notre Âme. Le destin est alors la séquence de tous les événements importants que notre Âme souhaite vivre dans cette vie. Comme l’Âme est omnisciente, elle connaît toujours la meilleure séquence d’événements pour nous ; et elle ne connaît que les événements qui sont à la norme.
 
Mais il y a aussi le libre arbitre, qui peut créer un certain dynamisme ; à chaque maillon de la chaîne des événements, le libre arbitre peut intervenir pour décider d’un autre chemin qui ne suit pas la proposition de l’Âme. Les raisons du libre arbitre, lorsqu’il ne veut pas suivre l’Âme, viennent bien sûr de la conscience peu structurée, qui est constituée de croyances collectives, de blessures que nous avons subies mais que nous n’avons pas (encore) intégrées et qui nous font vivre les mêmes expériences duelles encore et encore. Chaque choix en faveur de croyances non constructives renforcera le même choix pour la prochaine fois – c’est exactement ce qui nous fait nous sentir piégés dans un destin auquel nous ne pouvons pas échapper.
 
De ce point de vue, le libre arbitre ne fait que nous faire souffrir. Pourquoi Dieu, qui nous a créés à son image, a-t-il voulu nous jouer un mauvais tour ? Non, le libre arbitre n’est pas là pour nous faire souffrir, mais pour nous faire évoluer. Le libre arbitre nous fait souffrir quand il n’est pas à sa place. Son rôle n’est pas de jouer le maître et de contrôler nos vies – sa véritable vocation est d’être le parfait serviteur de l’Âme. Comment pouvons-nous lui apprendre à changer ? Grâce à la structuration de notre conscience, le libre arbitre connaîtra lui aussi beaucoup plus de plaisir et cela lui permettra de glisser sans effort dans son rôle originel.
Ainsi, si notre conscience est directement contrôlée par notre Âme, alors nous suivrons un destin, qui est beaucoup plus intéressant ! À ce moment-là, notre conscience ne prend plus de décisions basées sur ses limites, mais agit en fonction de ce que l’Âme souhaite. C’est ce chemin direct vers notre bonheur que Grigori Grabovoï appelle les Lignes de Développement de la conscience. Ce sont les lignes de développement parce que le chemin qui suit l’Âme exige une plus grande structuration de notre conscience, plus de développement personnel. C’est-à-dire que le chemin direct vers notre bonheur est à la fois un chemin horizontal de là où nous sommes vers notre but et un chemin vertical de croissance.
Ces lignes de développement nous permettent de contrôler simultanément la réalité d’une manière à la fois universelle et précise. En suivant le chemin de la vie selon les lignes de développement proposées par l’Âme, nous vivrons notre destin de la manière la plus parfaite qui soit.
Plus notre conscience devient capable de suivre de plus en plus les lignes de développement proposées par l’Âme, moins nous sommes soumis à nos blessures, alors nous devenons de plus en plus libres. Nous comprenons que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive, absolument tout : il n’y a plus aucune fatalité qui puisse s’y opposer, aucun destin prédéfini, aucun karma. Nous pouvons alors commencer à agir comme le Créateur le fait – parfaitement et toujours à la norme. Alors, nous serons tous corrects selon les connaissances du Créateur.
“Suivre ce chemin semble suivre un rythme sinusoïdal similaire à celui du cœur : d’abord nous sortons pour piloter l’extérieur, puis nous rentrons chez nous, à l’intérieur. Ce chemin est aussi le chemin de Dieu car Dieu se développe harmonieusement tout comme le système sinusoïdal du cœur.” Grigori Grabovoï
L’interaction de l’Homme avec l’Univers
Nous avons dit que c’est la lumière divine passant par notre Âme et notre conscience qui construit notre corps physique et ensuite l’Univers entier. C’est une co-création du Créateur et de l’être humain. Chacune de nos actions, si elles sortent de notre conscience structurée, aidera l’univers à se développer, le tout et chacun des éléments.
Au moment où l’être humain en prend conscience et envoie toute sa lumière et son amour à tous les éléments de l’Univers, il reçoit en retour tout l’amour de l’Univers. C’est-à-dire que tout le monde extérieur aide le corps physique de l’être humain à devenir éternel. Nous pouvons sentir à ce moment combien l’Univers nous aime et combien il veut nous aider à évoluer très rapidement et à devenir éternel. Nous pouvons percevoir que nos structures fondamentales, le Créateur et l’Univers tout entier, agissent en symbiose. Les humains permettent à l’Univers entier d’évoluer, et le Créateur et l’Univers aident les humains à avancer vers l’éternité et à retrouver toutes leurs capacités divines. N’est-ce pas formidable ?
Chaque élément de l’univers, chaque animal, chaque plante, chaque minéral est constitué des mêmes particules d’amour que nous ; et nous pouvons reconnaître une Âme dans chaque élément de l’Univers.
Les humains captent le savoir par leur Âme et le transmettent à tous les éléments qui les entourent : aux animaux, aux plantes et à l’ensemble de la nature. Lorsque les êtres humains commenceront à agir consciemment et à placer leur perception au niveau de leur Âme, ils commenceront à voir les liens de connexion entre tous les éléments de l’Univers qui permettent son développement infini. Plus nous avançons, plus nous détectons de liens. Ces liens se renforcent, se déploient, se multiplient et forment de nouvelles directions.
Le réseau d’interconnexions ne cesse de s’étendre au fur et à mesure de notre développement. Les événements qui ne sont pas entièrement favorables ne seront plus pris en compte puisque notre conscience sait les détecter par clairvoyance. Nous pouvons ressentir les souhaits de notre Âme, qui contrôle directement notre réalité. Nous percevons alors ce qui est bon pour nous et le simple fait de le connaître, de le percevoir et de le comprendre permet la réalisation immédiate de nos objectifs.
L’aide du Créateur
Il est bon de savoir que tout acte constructif dans le sens du Salut Global, entrepris par l’être humain, est soutenu par le Créateur. Le Créateur nous accompagne à chaque instant, nous inspire et donne à chaque être sur cette planète ce dont il ou elle a besoin sur le moment.
Le Créateur nous a doté d’un libre arbitre pour nous donner à tous à la fois la liberté et la responsabilité. Il n’impose donc jamais sa présence, ses connaissances ou ses souhaits à l’être humain – tout nécessite notre consentement. Cependant, nos décisions ont des conséquences directes – lorsque nous ne souhaitons plus être connectés à lui, nous nous privons de son aide.
L’Âme humaine, à son tour, permet le développement du corps physique du Créateur. Car le Créateur évolue à travers l’évolution du monde, qui est Son corps physique.
L’interaction entre le Créateur et l’humain se fait de manière plus personnelle lorsque l’humain s’adresse à Lui en signe de gratitude. C’est ce que nous appelons la “prière” ; une prière offerte de cette manière unit notre mental à celui du Créateur et lui permet d’entrer dans notre conscience. Dieu répond toujours à nos appels de façon instantanée. La base de l’Univers est donc constituée par l’Âme du Créateur et celle de l’être humain. Tout dans tous les univers se développe à partir de cette base.

Pour conclure, mourir pour moi, ce n'est que continuer son chemin et il n'est désarroi que pour ceux qui restent et demeurent ainsi dans l'expectative.
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C
Oui nos accoucheurs, non pas nos fantômes ! et dans une réciprocité qui ne cesse de m'étonner ;
tel le passeur : l'autre qu'il voit passer la rive se trouve dans le même temps être un passeur pour lui !
Charles
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E
Oui, la mort elle-même est accouchement ou résurrection...
C
Charles Lallemand
21:23 (il y a 8 minutes)

À moi


Merci Étienne pour ton précieux témoignage, particulièrement à propose de ceux qui nous ont quittés, ces morts qui nous sont chers;
Et puisque tu évoques ton rêve de la chamelle, je me suis souvenu de ces deux mécanismes qu'observait Freud dans la formation des rêves : le déplacement et la condensation et que Lacan a repris en termes de métonymie et de métaphore. Je m'explique : Si nous nous en tenons au seul "déplacement" pour Freud et à "la métonymie" pour Lacan, c.à.d. la contamination d'un mot par un autre : chameau, camelo d'où ton oncle Camille, nous ne sommes jamais qu'à côté de ta chamelle, de ton couvent, de ton nouveau marcheur des pèlerins d’Emmaüs, et, plus généralement, à côté de cette place très particulière qu'est pour nous un mort très cher - j'ose ajouter en ce qui me concerne : à côté de l'autre place si particulière qu'est le fou comme l'a été parfois mon frère aîné -, et donc finalement "à côté de la plaque" si je puis dire, nous nous désespérons alors de leur absence, au propre comme au figuré, ou nous nous en fabriquons une image consolatrice !
Il faut donc qu'il y ait tout ce travail de l'inconscient qui est en ce qui concerne le rêve ce que Freud appelle la condensation et qui évoque pour moi ce que Lacan désigne par la métaphore.
C'est en effet par la métaphore, il me semble, que notre langage nous fait accéder à la parole, à l'écoute, au contact de l'absent, de celui, de celle, que Marguerite Porete appelait "le loin-proche", métaphore qui peut s'exprimer aussi bien par la poésie, la peinture et par ton texte Étienne qui personnellement m'aide, par le souffle de l'Esprit, à faire le saut dans cet univers de présence-absence où je suscite l'autre absent tout autant qu'il me suscite dans ces trois temps, comme tu le dis, qui sont les nôtres, si nous y portons quelque attention.
Alors, comme le petit Hans qui en l'absence de sa mère jouait à jeter une bobine et qui, à l'étonnement de Freud, jubilait non quand elle était prés (da) mais quand il la jetait loin (fort), puissions-nous jubiler à notre tour au contact de ceux qui nous ont quitté et qui peut-être ont encore quelques petites choses à nous dire.
Amicalement, Charles

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E
Je retiens de ton texte qu’il faut laisser parler les morts, parce que la mort qui opère un déplacement leur permet de devenir nos accoucheurs…
G
Cher Etienne !







Je crains d'être brutal, espérant ne pas être mortel pour notre mutuelle compréhension Je sais bien que, mortel, je le suis de plus en plus. Je conviens que ce n'est pas une perspective très agréable. La difficulté est de trouver comment la rendre plus acceptable. Dans « Un taxi pour Tobrouk » un personnage dit à l'autre, tous deux momentanément seuls dans le fond du désert : « Mourir je veux bien, mais dans un minimum de confort » et ils se mettent en marche. Tu dis : « Il se trouve qu’en refusant la mort la vie n’est plus possible ». Je pense que nous cherchons tous dans la réflexion et les croyances, ce « minimum de confort » pour nous rendre la vie davantage possible et la mort plus acceptable.







Tu résumes l'essentiel des croyances reçues qui sont, je le crains, souvent prises à la lettre. « Les morts ressusciteront à la fin des temps » ; et, au sujet du baptême de Jésus : « Le souffle de l’Esprit était une promesse de vie éternelle ».Tu ajoutes : « Et il devait en aller de même pour chaque homme, à la suite de l’événement Jésus, qui était allé planter l’arbre des hommes dans le jardin de Dieu ». Je trouve que ces formulations, aussi poétiques qu'elles soient, sont seulement des métaphores – plus familières que d'autres puisqu'elles ont fourni à nos cultures un fond solide (pour le moment) et profond. Ces images nourrissent la vision d'un monde et d'une vie essentiellement hors du temps. La vie « dans le temps » ne vaut que si elle nous fait mériter une « vie éternelle », la vraie vie, à laquelle nous introduit, si tout va bien, notre mort assurée, redoutée et parfois espérée.





Je reconnais que tu mets à tout cela beaucoup de nuances et une profonde réflexion. Mais je ne peux te suivre complètement. A moins qu'il faille d'emblée comprendre tes formulations comme desimages indicatives, et non comme des vérités à croire.





Je ne pense pourtant pas qu'une fois mort, je cesserai d'exister. Mes deux frères, mes deux sœurs, mon père et ma mère nous ont quittés - et d'autres, amis et amies proches ; je pense beaucoup aux vieux frères déjà partis. Et à ces nombreux professeurs que je vénère, et qui restent mes références. Je sais bien ce que je dois à tous, et qui me fait vivre, qui me guide dans mes relations avec autrui, dans ma réflexion et mes hésitations, et mes erreurs souvent. Je les reconnais en moi, où ils vivent subrepticement. Mais ces présences ne sont que provisoires et relatives : les situations que j'ai vécues -avec l'héritage que je tiens de tous- m'ont davantage constitué. Je me dis parfois (en exagérant à peine) que notre vie consiste à se débrouiller avec les difficultés -pour ne pas employer un autre mot- que nos parents nous ont transmises malgré eux, avec quelques indications pour s'en accommoder si possible, comme ils ont fait eux-mêmes en leurs temps. J'en suis convaincu. Je m'interroge sur ce que j'ai transmis à nos enfants : les difficultés de notre vie et quelques modes d'emploi ; ils feront de même. Je ne sais de quoi j'aurai « accouché ». Et je n'attends aucune « résurrection » d'aucune sorte.





Dans peu, j'aurai dégagé la route, pour de bon et définitivement. Sans plus me retourner, ni attendre « le troisième temps », ni « la fin des temps », très hypothétiques. C'est là une agréable vue de l'esprit qui aide, peut-être, à marcher -pas seuls si possible- dans le désert. Mais le mieux est de regarder où on pose les pieds. Et comme on disait autrefois dans les virements de bord toujours délicats : « Envoyer ! Et à Dieu vat ! ».





Ce qui est aussi une façon de parler.





Bien cordialement





Gérard
Répondre
E
Bonsoir Gérard,

Pour une part, je suis d’accord avec toi : il y a quelque chose de radical dans la mort. On ne revient jamais en arrière et il faut l’accepter. Mais, en même temps, toute la vie, à tous les niveaux, est faite de morts et de résurrections. Ou si l’on veut la mort a une double face : elle est comme un accouchement d’autre chose, elle est, en même temps et inséparablement mort et résurrection. J’ai pu le vérifier au cours de ma carrière professionnelle. J’ai piloté avec quelqu’un d’autre un stage de 3 ans pour 70 sous-prolétaires. Ceux qui s’en sont tirés avaient accepté de tomber au fond du trou pour repartir d’une autre façon. Ceux qui se sont retenus parce qu’ils avaient peur de tomber ont échoué.
Vouloir empêcher la mort de décliner sa seconde face, c’est faire preuve de toute-puissance. Mais chacun reste libre jusqu’au bout. Il ne faudrait quand même pas accepter de disparaître pour une simple erreur de logique. Je te provoque mais pas complètement.
Bonne soirée !
N
Merci !
Répondre
J
Bonjour Etienne ,

merci pour tes réflexions qui me confortent dans les formes de "communication " que nous avons avec nos disparus .
Ils restent vivants dans la mesure où nous nous souvenons d'eux, où nous parlons d' eux mais la mort , comme la vie , restent un grand mystère pour moi ...

Courage et porte-toi au mieux .
Bien amicalement .

Josiane
Répondre
E
Merci Josiane. La vie et la mort restent un mystère pour tout le monde. Mais je suis sûr que ceux qui sont partis, restent tout près de notre porte et qu’ils nous voient mieux que nous ne les voyons. C’est pourquoi il faut leur faire condiance. Ils peuvent être nos guides.
Très bonne fin de journée !
N
Merci de cette démarche et des conclusions que vous en tirez. Il y a 12 ans que mon mari est mort, mais il est toujours présent, dans la maison, dans la vie de toute la famille qui vient de s’agrandir d’un 17ème arrière petit fils, Théo. Il n’y a pas de jour où nous ne l’évoquons, ou je ne lui parle, ou je sens sa présence à mes côtés. Je suis sure qu’il m’attend de l’autre côté de la porte et qu’il m’accompagnera.
Amitiés .
Noelle
Répondre
E
Je suis sûr qu’il veille sur vous et sur toute la famille. S’il respecte chacun dans la voie qui est la sienne, je suis sûr qu’il est pleinement actif dans la réussite des uns et des autres et qu’il s’est réjoui de l’arrivée de Théo. J’ai dit à la sépulture de mon frère qu’il était allé planter l’arbre de la famille dans le jardin de Dieu : il est évident qu’Eugène l’a fait pour votre famille. Très bonne journée !
D
Merci.
Le plus naïf des deux n'est pas celui qui croit.
denis
Répondre
N
Comme nous croyons tous les deux ....
D
Résurrection.
Parler de résurrection, c’est d’abord évoquer celle de Jésus Christ, mais aussi la mienne.

Résurrection de Jésus Christ.
La résurrection de Jésus Christ est-elle de l’ordre de la croyance ou du fait ?
Croyance. Issu du latin credentia, de même sens : action de croire une chose vraie ou possible ; assentiment de l’esprit qui exclut le doute. La croyance est d’ordre intellectuel et ne présuppose pas le temps et l’espace, bien que son support se situe toujours dans ceux-ci.
Fait. Issu du latin factum, participe neutre du verbe facere = faire. D’abord action humaine, puis ce qui est arrivé, ce qui existe réellement. Le fait est d’ordre de l’action, donc toujours situé dans le temps et dans l’espace. Il est l’histoire, il fait l’histoire.
Si la croyance suppose la foi, l’interprétation du fait de la résurrection la suppose aussi, mais si la résurrection est un fait, elle s’inscrit dans l’histoire et peut donc s’interpréter en dehors de la foi. Ainsi, l’interprétation du fait de la résurrection de Jésus Christ se comprend sur 2 niveaux.

La résurrection de Jésus Christ est une croyance.
La foi est nécessaire pour la comprendre.
Cette idée s’appuie sur des récits du nouveau Testament qui en parlent.
La résurrection de Jésus Christ se fit sans témoin oculaire.
Qu’est-il advenu de son corps ? Qui avait intérêt à vider le tombeau ? En Matthieu, les soldats qui le gardent relèvent plus du genre littéraire que d’un fait.
Jésus Christ est apparu à des croyants et non pas à des personnes qui doutaient de la valeur de son message, ou qui l’approuvaient, sans être considérées comme ses disciples : Nicodème, Joseph d’Arimathie. Jésus Christ réserve ses apparitions aux membres de sa secte.
Les témoins divergent sur la description de la résurrection de Jésus Christ. Quelle crédibilité leur accorder ?

La résurrection de Jésus Christ est un fait.
Toute personne peut le constater en lui donnant un sens.
Dans l’histoire des Nations, bien des faits connus par leur conséquence, eurent lieu sans témoin oculaire. Un bateau qui coule en mer. Un avion qui tombe à l’eau. Une personne disparue retrouvée morte, dont le décès est accidentel. Et combien d’autres, de type différent.
Si les évangélistes ont rapporté un fait, la disparition du corps pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Bien des fois, elle est présentée comme une preuve irréfutable du fait de la résurrection de Jésus Christ. Il y a là un mystère scientifique qui semble rester à jamais sans réponse.
Dans bien des religions, l’apparition d’une personne considérée comme morte, à une personne vivante, suppose que cette dernière croit à la 1ère, lui porte une sympathie particulière, est déjà en communion avec elle. Cette relation immatérielle suppose une reconnaissance, car l’apparition est vue par une personne ou un groupe de personnes, et reste invisible par l’entourage immédiat des voyants.
Comme devant tout fait, le témoin raconte le fait en fonction de son passé ; ce qu’il a vu et retenu diverge naturellement de ce que ses co-témoins peuvent en dire, car chaque personne a une histoire propre, a son histoire.
La foi s’appuie sur l’histoire de l’homme et non sur sa croyance.

Temps et lieu de la résurrection de Jésus Christ.
Si en Matthieu 27/41, les bandits crucifiés avec lui l’injurient, en Luc 23/39-43, Jésus promet au bon larron : en vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.
Pour un juif du temps de Jésus Christ, le paradis est le lieu où le juste défunt attend sa résurrection, autrement dit la vision béatifique, la rencontre de Dieu.
Mais comment imaginer qu’en dehors du temps et de l’espace humain il y ait un autre temps, la fin des temps, et un autre lieu, le paradis, même s’ils restent provisoires.
Dieu, union de l’essence et de l’existence, est forcément en dehors du temps et de l’espace.
Si Matthieu et Luc représentent 2 styles littéraires, 2 cultures, l’apocalypse juive et la raison grecque, ils expliquent la même manière de comprendre la vie après la vie. Jésus Christ change d’état et conserve sa nature.
Il faut donc comprendre que la mort et la résurrection se confondent, sans temps intermédiaire entre les deux.
Cette approche laisse sans réponse le contenu de la vision béatifique. J’attends de voir.

Ma résurrection.
Le jugement dernier. Matthieu 25/31-46.
A l’origine de discours religieux aussi virulents que grotesques, d’œuvres d’art aussi variées que plaisantes, ce texte relève plus du genre littéraire apocalyptique, que d’une réalité spirituelle.
Comment imagier la réunion de tous les humains qui ont vécu, à la fin des temps ? Où se trouvent-ils entre leur mort et ce jugement, puisqu’ils sont hors du temps et de l’espace, hors de la vision béatifique ? Comment seront jugés ceux qui ignorèrent le message biblique ?
Autant de questions qui s’associent plus à la querelle sur le sexe des anges, qu’à une vision paisible de la théologie de l’histoire. Et auxquels la mort du bon larron répond :
En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. Luc 23/43.
Si la vision béatifique est ma finalité, alors, comme pour Jésus Christ, ma mort et ma résurrection se confondent.
Comme réalité spirituelle, le jugement dernier doit s’interpréter comme mon dernier jugement sur mon action humaine.
Comme pour les ouvriers de la 11e heure, Matthieu 20/1-16, l’essentiel est le travail à la vigne de Dieu, quel qu’en soit la nature et la durée.
Au témoignage de bien des personnes, il arrive souvent que le vivant, dans son dernier souffle, revoie sa vie comme un film et murmure des paroles qui semblent incohérentes à celles qui l’entourent. Je pense que c’est là la préparation de mon jugement dernier. Je fais mon propre bilan, essence et existence confondue, comme pour Dieu, en présence de Dieu.
Une personne peut-elle être privée de la vision béatifique ? Y a-t-il des degrés dans la vision béatifique ?
Comme dit la sagesse populaire, personne n’en est revenue. Et je m’abstiendrai de faire le malin. Le mystère de la résurrection se situe à ce niveau
Parler avec un mort qui m’est cher.
Ce phénomène est à rapprocher des paroles de Jésus Christ, entre sa résurrection et son ascension. A noter cependant que la vision de ce mort est conforme à celle que j’avais de lui, lorsqu’il vivait sur terre.
Si j’en crois les récits qui en sont faits, cette apparition est toujours celle d’une personne qui m’est proche, jamais un étranger.
Ainsi, je reviens aux apparitions de Jésus entre Pâques et l’Ascension.
denis jeanson.
Répondre
E
En fait, la transformation se fait non seulement chez Jésus, mais aussi chez le croyant. Son regard change : il en arrive à la conviction que Jésus est vivant. C’est cela qui est important.
Par ailleurs, comme je l’ai déjà dit, avc l’incarnation, Dieu se fait temps. Il n’est plus étranger au temps.
Enfin, j’aurais tendance à te suivre en pensant que la mort et la résurrection sont comme les deux faces d’une même réalité.
Très bonne journée !
D
Bonjour Étenne.
Le troisième temps se manifestera, à la fin des temps, lorsque le monde matériel tout entier sera transformé.

Très beau blog, mais ta finale me laisse pantois. Dieu, Trinité, étant hors du temps et de l'espace, la fin des temps de Matthieu reste une reprise du schéol juif; rien à voir avec le bon larron de Luc, de tradition grecque.
En pièce jointe, ma réflexion, très ancienne, sur la résurrection.
Courage, notre résurrection arrive à grands pas.
--
denis
www.denisjeanson.fr
Répondre
E
Merci Denis pour ton premier commentaire. Mais je suis plus naïf que toi. Avec Jésus et avec toius les hommes appelés à la filiation par l’Esprit Saint, Dieu Lui-même est entré dans le temps : il s’est fait temps.

Je vais revenir sur ce sujet car je vais mettre ton texte sur le blog.

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