Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 17:30

Etudes

Caricatures de Mahomet et événements qu’elles ont provoqués

Les évènements liés aux caricatures de Mahomet nous amènent à nous interroger sur le fonctionnement des uns et des autres dans ces péripéties. La liberté d’expression et l’esprit critique sont un trésor humain si important qu’il faut les défendre et les faire fructifier à tous les niveaux de notre existence. Mais la réflexion sur le sujet humain a beaucoup avancé à tel point qu’elle amène à repenser les fondements de l’anthropologie. Le sujet n’est pas d’abord fondé sur le rapport à soi mais sur le rapport à l’autre qui nous ouvre à l’absolu. Après la shoah, Levinas en a fait un ouvrage très important qui guide encore aujourd’hui notre réflexion : je veux parler de « Totalité et infini », publié en livre de poche.

 

L’hospitalité au cœur du sujet

Abraham est un personnage considérable, non seulement dans le domaine de la foi mais aussi dans l’espace de la culture universelle. Il nous montre que l’hospitalité, comme accueil inconditionnel de l’autre, construit le sujet lui-même. Un jour de grande chaleur, il est assis près de sa tente, à l’ombre d’un grand chêne. Sara sa femme est restée à l’intérieur de la tente elle-même. C’est alors qu’il voit arriver trois hommes venant du désert. Ils sont sans doute fatigués. Il les invite à s’arrêter pour se reposer et se restaurer. Ces hommes l’impressionnent : il découvre en eux une forme d’absolu. Ce sont des êtres habités, qui témoignent d’une présence considérable. Jamais jusqu’ici, il n’avait ressenti, chez ses hôtes, une telle altérité, à tel point qu’il croit découvrir en eux Yahvé Lui-même. Chacun peut interpréter le texte comme il l’entend. Certains le prendront à la lettre en pensant que c’est bien Dieu qui est là. Personnellement, je penche plutôt pour une révélation de l’homme : il y a chez lui un absolu tel, une transcendance faite d’une altérité si irréductible, que je suis invité à le recevoir comme Dieu Lui-même. Et c’est dans cet accueil que je réalise ma vocation d’homme (Cf Genèse, chapitre 18).

Sans doute Levinas a-t-il été fasciné par le personnage d’Abraham. C’est chez lui qu’il semble puiser son inspiration. Pour lui, le visage de l’homme ne peut pas être contenu, il ne peut être décrit, il est désir de l’autre. L’homme ne peut s’accomplir que dans l’accueil de l’autre.


L’homme ne peut s’appuyer sur Dieu pour sacrifier l’autre

Tuer l’autre homme au nom de Dieu est une imposture considérable. Selon toute la tradition, l’homme ne peut être serviteur de Dieu qu’en se mettant au service de l’homme. C’est la plus grande leçon qu’Abraham lui-même a reçu de Yahvé.

Un jour, il a pensé que Dieu lui demandait de sacrifier son fils, Isaac, arrivé à l’adolescence. Qui lui avait donc mis dans la tête cette idée que Dieu pouvait être honoré par le sang d’un enfant ou de tout être humain ? Sans doute avait-il mal compris une exigence de son créateur. La mort dans l’âme, il prend son âne, le charge du bois du sacrifice et demande à Isaac de l’accompagner avec quelques serviteurs. Arrivé près de la montagne du sacrifice, il demande aux serviteurs de s’arrêter avec l’âne. A ce moment, c’est Isaac qui devient l’âne. Abraham charge sur son dos le bois nécessaire au sacrifice. Et l’adolescent entre dans la confusion : il ne comprend pas ce qui est en train de se passer. Au sommet de la montagne, il finit par saisir que c’est lui l’agneau qui doit être sacrifié. Son père construit l’autel, installe le bois et fixe au-dessus la future victime. Lorsque tout est en place, il s’apprête à égorger l’enfant. Alors, son bras, armé d’un couteau, est arrêté par une main invisible. Il regarde autour de lui et voit un bélier qui s’est pris les cornes dans un buisson. Dans l’animal aux grandes cornes, il reconnaît sa propre toute-puissance et c’est elle que Dieu lui demande de sacrifier à la place de l’enfant. Aussi, en sacrifiant l’animal, il en vient à épargner une vie humaine, qui est sacrée et chargée d’absolu. Jusqu’ici il n’avait pas compris qu’en voulant sacrifier un homme, dans la personne de son fils, il s’apprêtait à sacrifier Dieu Lui-même, c’est-à-dire à l’écarter définitivement de notre monde.

 

Il ne faut pas mettre l’absolu partout : la critique a son mot à dire

Depuis les temps les plus anciens, l’homme a tendance à s’accrocher à l’absolu, à se fabriquer des dieux pour se rassurer. Mais, en fait, ces dieux ne sont souvent que des représentations, des constructions de l’esprit qui n’ont rien à voir avec la réalité. Aussi les prophètes de la Bible et les grands spirituels ont-ils toujours mis en garde contre une telle production d’idoles, qui conduit à entraver la liberté humaine et à précipiter les individus en dehors de la vérité. Dans sa visée la plus légitime, la religion est une forme de purification et de mise en ordre des représentations spirituelles pour éviter que les idoles n’envahissent le champ humain. Ainsi le développement du prophétisme, qui associe la recherche de Dieu et la promotion de l’homme, reste-t-il toujours, pour une part, un combat contre les idoles.

 

3. Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi.

 

4. Tu ne te feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut, ou sur la terre, ici-bas, ou dans les eaux, au-dessous de la terre.

 

5. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car moi Yahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux qui punis la faute des pères sur les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants pour ceux qui me haïssent,

 

6. mais qui fais grâce à des milliers pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements.

 

7. Tu ne prononceras pas le nom de Yahvé ton Dieu à faux, car Yahvé ne laisse pas impuni celui qui prononce son nom à faux (Exode, chaitre 20.Bible de Jérusalem).

 

En réalité, les caricatures, en dépit de leur caractère agressif, ont quelque chose qui les rapproche du prophétisme. Elles sont aussi, à leur manière, un combat contre les idoles, à condition qu’elles véhiculent un certain respect de l’autre.

 

C’est du côté de l’altérité que se situe l’absolu

Comme on l’a dit déjà, Levinas, dans son livre « Totalité et infini » attire notre attention sur l’altérité. Pour lui, l’absolu n’est pas d’abord dans le soi, il est avant tout dans l’autre et c’est parce qu’il y a de l’autre en moi que je peux être sujet, c’est-à-dire porteur d’absolu. Il n’en reste pas moins que le sujet, dans sa manifestation, se distingue par le rapport à soi. Et pourtant il n’y aurait pas de rapport à soi si l’autre ne m’avait précédé. Je suis moi mais je suis aussi un autre. L’autre est aussi présent dans la nature et dans tous les êtres du monde. Il est comme un dieu caché dans toute la création.

 

Droit d’expression et respect de l’autre

Pour l’homme, le droit d’expression est fondamental et il n’est autre que le droit à la parole. C’est par la parole que passe l’affirmation de mon altérité et donc de ma qualité de sujet. Mais d’emblée la parole me situe par rapport à d’autres sujets. Elle est intrinsèquement rapport aux autres, et, de ce fait, implique le respect de l’autre à qui je parle. Je ne peux affirmer mon droit d’expression ou mon droit à la parole sans m’engager à respecter l’autre. Même si j’ai raison, l’autre n’est pas forcément à mon niveau. La parole passe nécessairement par le dialogue : elle est avant tout dialogue. Il faut de la patience, compter avec le temps pour que le dialogue permette les bons ajustements. J’ai peur qu’en voulant affirmer bruyamment un point de vue justifié, y compris à propos des caricatures, nous en venions à dénaturer l’essence même de la parole. Nous avons un exemple, au début du christianisme. Il s’agissait de savoir si le chrétien pouvait manger des viandes immolées aux idoles. Pour Saint Paul, cela ne faisait pas problème, mais pour éviter de troubler la conscience de personnes moins avancées dans leur réflexion, il était, dans certains cas, préférable de s’en priver et, à ce sujet. d’avoir une parole très nuancée.

Sur ce problème, Samuel Paty a eu un comportement exemplaire. Sans rien céder sur la critique justifiée de « Charlie », il a pris le temps d’expliquer en respectant ses élèves. En même temps, il n’a pas hésité à prendre des risques, à tel point qu’il est mort en martyr. Son geste aura de très grandes répercussions pour faire évoluer des mentalités bloquées par l’idéologie et, de ce fait, incapables d’entrer dans la parole.

Aujourd’hui, Samuel Paty est devenu un martyr et donc un témoin privilégié de la Parole.

 

Etienne Duval

 


   

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

C
D’abord merci (et bravo - mais surtout merci) pour ces liens fructueux : avec les trois hommes, avec le sacrifice d’Isaac, avec les prophètes dénonçant les idoles.

Du coup, je suis allé jeter un œil sur le blog et en reviens impressionné par la fécondité du dialogue qui s’y passe.

Claude.
Répondre
E
Merci Claude pour ton commentaire bienveillant.
Un bonsoir à toute la famille et à chacune et chacun en particulier.
M
Bien à propos et pour conclure :
Je viens de tomber là-dessus : je suis entièrement d'accord avec ce que dit M Moussaoui, je n'y changerai pas un mot

Il faut entendre le sentiment des musulmans de France. Le droit permet aux caricaturistes de caricaturer mais ce même droit permet aussi aux musulmans de ne pas aimer ces caricatures, voire de les détester. Mais rien ne peut justifier qu'on puisse assassiner ou porter atteinte à un homme qui caricature.

Faut-il continuer à les montrer à l'école ?

Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d'expression. Je ne le souhaite pas. Il y a d'autres moyens de le faire. Il y a d'autres moyens d'expliquer le respect mutuel, le respect des libertés des uns et des autres. À cet âge-là, il faut respecter le sentiment de ces enfants.

Entre la liberté d'expression et la volonté délibéré d'offenser les sentiments des musulmans il y a le devoir de fraternité et de responsabilité.Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulmanà franceinfo


Le devoir de la fraternité nous impose à tous de renoncer à certains droits pour que la fraternité règne dans notre pays.

Depuis l'assassinat de Samuel Paty, le concept d'islamophobie est au cœur des débats. Considérez-vous que la France est islamophobe ?

Il y a des actes antimusulmans, un climat délétère, mais de là à dire que la France est islamophobe c'est un excès que nous n'acceptons pas. Les musulmans de France ne sont pas persécutés, ils vivent librement leur citoyenneté. Nous sommes face à deux attitudes qu'il faut condamner d'une manière très forte. Ceux qui veulent mettre tous les musulmans de France sur le banc des accusés de terrorisme et ceux qui veulent rendre tous les Français islamophobes. Ce sont deux attitudes extrêmes qui se nourrissent mutuellement malheureusement.

Le gouvernement va demander la dissolution du Collectif contre l'islamophobie en France. Gérald Darmanin affirme que cette association est une "officine islamique", "contre la République". Qu'en pensez-vous ?

Il appartient aux pouvoirs publics de mettre en œuvre toutes les décisions qui permettent de garder notre sécurité. Je connais son action, je ne partage pas toutes ses méthodes, mais je n'ai pas tous les éléments pour porter un jugement sur cette association et cela ne m'appartient pas. Les pouvoirs publics sont dans leur rôle d'enquêter, de contrôler et d'interdire s'il y a des preuves. Il faut faire confiance aux institutions garantes de l'État de droit. Cette association, comme toutes les associations, a le droit de faire des recours.

Gérald Darmanin a déclaré être contre les rayons casher ou halal des supermarchés, sans pour autant vouloir les interdire. Qu'en pensez-vous ?

C'est maladroit d'utiliser cette expression dans un climat où on parle de terrorisme. C'est une liberté religieuse qu'il faut respecter. Je respecte le point de vue du ministre mais je tiens à dire que dans le langage que nous utilisons il faut faire très attention. Certains, à partir de son expression, peuvent faire le lien entre une pratique religieuse et d'autres manifestations extrémistes qui n'ont pas lieu d'être.
Répondre
E
Je ne me sens pas tout à fait sur la même longueur d’ondes que Monsieur Moussaoui, président du Comité Français du Culte Musulman. Mais je dois constater qu’il fait preuve, dans les paroles que tu as rapportées, d’une assez grande ouverture, qui permet le dialogue.
M
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/proces-des-attentats-de-janvier-2015-ne-lachez-pas-dit-une-revenante-de-syrie-a-charlie-hebdo-20201023

Appuyer sur Marie-Clmaude Marchand
Répondre
M
Marie_Claude nous propose un article d'"ELLE"sur Leila Slimani. Voir la suite.
Répondre
L
Leïla Slimani quitte les réseaux sociaux : « On a fini par considérer que la haine était normale »
Publié le 28 octobre 2020 à 12h00© Capture d'écran
par

Marion Ruggieri

ELLE. Pour quelles raisons avez-vous choisi de ne plus être sur les réseaux sociaux ? Là et maintenant ?
LEÏLA SLIMANI. C’est une décision qui vient de loin mais que j’ai prise de façon radicale à la suite de l’assassinat tragique de Samuel Paty. Cela fait un moment que j’ai le sentiment que la déliquescence de nos sociétés se nourrit de toutes nos petites lâchetés. On a fini par considérer que la haine était normale, banale, que des insultes apparaissaient comme ça, au cours de votre journée, sur le mur de votre profil. Quelqu’un vous traite de pute, de chienne, de sale laïque, et il suffirait de l’effacer comme si ça n’existait pas. Mais, à force d’accepter cette banalisation de la haine, de la violence, on a fini par s’avilir et avilir nos sociétés. La haine abîme les individus et elle délie le corps social. Nous n’avons pas encore tous les éléments autour du meurtre de Samuel Paty, mais il est certain que des phénomènes d’emballement, de meute, d’hystérisation ont conduit à la poursuite de cet homme et à son assassinat. Je ne peux plus cautionner ça. On dit qu’on publie un post sur Facebook ou Instagram, eh bien je ne veux plus publier chez un éditeur que je considère comme coupable. Toutes les paroles ne peuvent pas être au même niveau. Une société, ça se défend avec les mots, et si on ne leur redonne pas leur sens, si les paroles n’engagent pas, si elles n’ont pas une forme de gravité, si on met au même niveau des gens qui insultent et salissent et des gens qui essaient de défendre la lumière, ça n’a plus de sens. Ces réseaux jouent avec ce qu’il y a de pire dans la nature humaine : le besoin maladif d’être adoubé, la jouissance de se sentir liké et la possibilité de s’attaquer aux autres sans rendre des comptes. L’architecture de ces réseaux fonctionne sur la dépendance et tout est fait pour nous
M
Alors, La Bruyère aurait dû être éxécuté . . .
Oui, je suis d'accord avec toi, n'en rajoutons pas
Allez, bon après-midi !
Répondre
M
le respect de l’autre doit être réciproque, ce qui veut dire en l’occurrence que les Musulmans doivent essayer de comprendre le point de vue de Charlie, qui est le droit à la critique.
Ce n’est donc pas du jour au lendemain que l’on pourra transformer leur point de vue.

Etienne, je pense que je n'ai pas été claire : je ne demande pas aux Musulmans ( et aux autres ) de comprendre le point de vue de Charlie (ou le mien ou celui de n'importe qui ) ni de transformer le leur, je leur demande de le respecter. On peut - on doit - respecter les opinions des autres même si on n'est pas de leur avis et même si on ne les comprend pas; je croyais que c'était la définition même de la tolérance, sans laquelle - pour moi - on ne peut vivre en société.

( Ah! les "dialogues" par internet c'est souvent un peu difficiles )
Bien à toi
Répondre
E
Oui, j’ai bien reçu tes précisions mais le problème c’est que les caricatures sont une provocation pour amener l’autre à changer de pratique, en lui montrant le ridicule de sa position. C’est dans la lignée du prophétisme. Mais alors, le respect de l’autre consiste à ne pas en rajouter…, il est dans une forme de retenue.

Bien amicalement.
M
Droit d’expression et respect de l’autre
( La parole ) de ce fait, implique le respect de l’autre à qui je parle.
Même si j’ai raison, l’autre n’est pas forcément à mon niveau.
Il faut de la patience, compter avec le temps pour que le dialogue permette les bons ajustements.
J’ai peur qu’en voulant affirmer bruyamment un point de vue justifié, y compris à propos des caricatures, nous en venions à dénaturer l’essence même de la parole.( ici, je dirais plus volontiers dialogue )
J'ai relevé dans ton texte, ce à quoi je voudrais répondre (le souligné n'est pas de moi !)

C'est difficile de répondre en quelques mots sur un sujet si vaste. Mais ce que j'ai déjà un peu dit chez Brigitte, c'est que je pense qu'il n'y a pas de respect sans réciprocité (respect de l'autre, de son opinion, de sa croyance, et donc de sa parole) La liberté d'expression est totalement liée à la liberté d'opinion (ce qui implique que Ma vérité n'est pas La Vérité, que je ne la considère pas comme Absolu )
Et "Le temps ne fait rien à l'affaire" comme disait Brassens . . . Parce qu'il faut du temps et de la patience, dois-je continuer d'accepter de me faire battre par mon mari, qui a pourtant été élevé dans cette tradition ?
Charlie Hebdo n'appelait pas à la révolte, à détruire, ne demandait pas aux musulmans de blasphémer sous prétexte qu'il se donne le droit de le faire. Tant que ça reste dans le domaine des opinions, sans toucher l'intégrité de la personne, le respect de sa vie auquel Tout être humain a droit du fait même qu'il est un être humain.
Si les caricatures étaient une occasion de dialogue, alors vive les caricatures ! Malheureusement, ce n'est pas toujours ce qui se passe; c'est le dialogue qu'il faut ensuite travailler
Voilà, c'est rapide, partiel, approximatif, mais j'espère t'avoir quand même un peu répondu. ( Tu peux répondre aussi si tu veux instaurer le dialogue ! ! ! ! ! )


Je te souhaite une bonne journée, profite de ce petit rayon de soleil (Dieu merci, il ne dépend encore pas totalement de nous !)
Michèle
Répondre
E
Merci Michèle.
Pour moi la parole est dialogue.
Je suis entièrement d’accord avec toi, le respect de l’autre doit être réciproque, ce qui veut dire en l’occurrence que les Musulmans doivent essayer de comprendre le point de vue de Charlie, qui est le droit à la critique.
Mais la critique n’exclut pas le respect de l’autre : la tradition veut que l’on ne fasse pas d’image du prophète et les Musulmans en font un problème de conscience. J’ai été moi-même confronté au problème à l’occasion d’un autre article du blog.
Ce n’est donc pas du jour au lendemain que l’on pourra transformer leur point de vue. Le dialogue suppose la prise en compte du temps. Cela veut dire, dans ce cas-là, que la caricature ici doit s’accompagner d’un dialogue. Et là tu sembles, au moins en partie, d’accord avec moi.
Par ailleurs, lorsque le mari bat sa femme, nous ne sommes plus dans la parole. Il n’est plus question de parole et la violence est précisément le signe que la parole a échoué. L’important c’est de tout faire pour que la violence s’arrête.

Très bonne journée à toi !
G
Oui oui ! Et c'est bien le problème (et qui reste posé abstraitement). (Fait suite au commentaire d'Etienne Duval : Je suis d’accord avec Eva Joly : "En France on utilise tellement bien les grands mots qu'on se croit dispensé de les appliquer". Alors je me demande : qu’est ce qui manque à la parole ? Marx disait déjà en substance : il ne suffit pas de penser le monde, il faut aussi le transformer. Je crois que la pensée est une étape essentielle de la création mais qu’elle doit s’achever dans l’action.)
Répondre
M
"Alors je me demande : qu’est ce qui manque à la parole ? Marx disait déjà en substance : il ne suffit pas de penser le monde, il faut aussi le transformer. Je crois que la pensée est une étape essentielle de la création mais qu’elle doit s’achever dans l’action."

Je me le suis aussi bien souvent demandé,

Que dire d' un achèvement dans l'action?
quand cette action vise à établir autre "monde merveilleux" autre que celui ou les hasards de la vie ont menés localement nos existences,
quand ce "monde merveilleux"
entraine Soumission ...ou...Mort .

Il y a quand même dans l'âme de nombre d'êtres de culture pas seulement européenne - XX siècles de "La Parole " faite Homme! Je gage qu'en résistant au mortifère,..et en cultivant la connaissance des cultures , la Parole vaincra ....

Mais ne suis je pas naïvement dans la culture du "beau, du bien du bon" quand les paroles voient tout se déglinguer autour de leurs émetteurs?
M
Merci Etienne,
Toujours le sentiment d’être intéressé et pourtant ailleurs.
J’ai par contre apprécié ton blog sur les caricatures.
Continue bien ta tâche de « réseautier ».
Porte-toi bien,
Michel Alibert
Répondre
E
Pour moi, tu restes toujours présent même si tu n’es pas là.
Bien amicalement.
C
Merci Etienne pour ton texte sans bavardage difusé sur nos "réseaux sociaux".
Ce matin en écoutant comme chaque dimanche sur France culture "questions d'islam" avec Gahem Bencheikh, je suis allé au verset 11 de la sourate XIII Le Tonnerre qui dit ceci : "Dieu ne modifie rien d'un peuple si ses membres individuellement n'entreprennent pas d'abord un changement en eux-mêmes" et c'est aussi au verset 53 de la sourate VIII dite Le Butin.
Je trouve que cet absolu ainsi posé puisqu'il y est question de Dieu pourrait constituer un bon préalable à ce que nous appelons la démocratie où ce que tu nommes "le respect de l'autre" commence d'abord, il me semble, par notre propre "djihâd" personnel, celui du coeur, chacun - "e-kastos" en grec : non pas "pour soi" mais "à partir de soi", car sans une conversion et conversation intérieure, je ne vois pas comment accéder à cette notion d'altérité qui en terme d'absolu comme tu la poses est loin d'être évidente.
Buenas noches. Charles
Répondre
E
Merci, Charles, de tes propos, où tu invoques la responsabilité personnelle dans notre Djihad intérieur. Tu as raison, notre responsabilité est engagée d’abord dans notre transformation puis dans la transformation du monde. Mais nous sommes précédés par un don qui nous vient d’ailleurs, des autres, d’un Autre, peut-être de Dieu. Et l’absolu est le rappel de ce don qui nous échappe.

Buenos dias !
D
La caricature est une "charge". L'enseignement est un éveil qui devrait mettre à distance le côté agressif tout en gardant l'aspect "provocation "pour faire réfléchir. Mais il n'y pas de manuel de la subtilité, sinon l'intelligence du maître.
Répondre
E
Voilà qui est joliment dit et qui peut faire réfléchir sur le rôle de l’enseignant face aux caricatures.
G
Cher Etienne, je crois que nous nous sommes parfaitement compris malgré quelques différences (?) qui ont au contraire appelé la réflexion. Et je t'en remercie vraiment.
Juste une petite nuance : ce n'est pas tant le "respect de l'autre" qui doit devenir "une valeur fondatrice de la république" (qui peut continuer à imposer - gentiment ? - un modèle unique, une identité obligatoire) mais c'est l'acceptation des différences y compris collectives, à condition qu'elles soient absolument compatibles avec les "valeurs de la république" et que celles-ci soient mieux mises en oeuvre pour qu'elles soient mieux prises au sérieux.
J'avais été touché, il y a quelques années, par une réflexion d'Eva Joly : "En France on utilise tellement bien les grands mots qu'on se croit dispensé de les appliquer" (ou qq chose comme ça , mais c'était très assurément le sens).
Bonne soirée et à la prochaine. Je vais continuer à lire sur la question, après avoir constaté le grand nombre de mes lacunes.
Répondre
E
Je suis d’accord avec Eva Joly : "En France on utilise tellement bien les grands mots qu'on se croit dispensé de les appliquer". Alors je me demande : qu’est ce qui manque à la parole ? Marx disait déjà en substance : il ne suffit pas de penser le monde, il faut aussi le transformer. Je crois que la pensée est une étape essentielle de la création mais qu’elle doit s’achever dans l’action.
G
Cet article est référencé par google.
Répondre
M
Une enfant d'enfants de la République

Sidérée, sidérée et peu étonnée ,sidérée autant qu'effarée des réactions en tous genre qu'engendre ces trois termes "Liberté", " Respect" et celui qui t'es cher , Etienne: l'Altérité .

Dans mon microcosme culturel d'immeuble j'ai pu mesurer au risque de ma santé que le terme liberté voulait purement et simplement dire, un drôle de dire- faire qui se verbalise et se concrétise
en " je fais ce que je veux, quand je veux, où je veux".. ...
L'Autre dans le " vivre ensemble" vous faut comprendre que


Et point n'est besoin de caricatures pour qu'on te levé la main dessus, déclare te pourrir la vie.




Bref, "paie, rentre chez toi et ferme ta gueule. "

A force de faire l'ange n'avons-nous pas assez fait la bête ?

Et qui sait "faire le bête ",
à la fois protégé et craint (ne portez pas plainte ce serait pire !)
en vient à établir
ses desideratas, ses règles, ses ...déjà dans l’immeuble.

"Partez ! Déménagez ! Il y va de votre santé!"

Mais voilà Mémé croit , hélas!《¿?)
aussi à une forme de pédagogie à long terme et ne voyant ni où aller , ni ayant droit à aucune assistance juridictionnelle ni effective,
ayant vu tant et tant de gens déménager et vendre à perte leur logement ne se sentant plus bien dans la ville reput6e pour son aura d'accueil , et bien "Mamie depuis plusieurs année

Mémé fait de la résistance !

Heureuse de voir que les choses bougent,
TRISTE de voir que comme à propos de circulation et indications routière il fallait
et faut encore (?) attendre un accident mortel pour intervenir effectivement.
Les civilisations avancent en dents de scie .

Excuse-moi, je ne suis pas à la hauteur de Levinas. mes parents non plus quand ils recevaient à leur humble table les collègues de travail de mon père aux "Ponts et Chaussées-, aussi rudes travailleurs que lui-même à qui ils expliquaient que oui, ils acceptaient les "mercis"
mais ..
Non aux demandes de l'un d'eux qui par reconnaissance leur demandait ma main:
J'avais huit ans!

Je n'en fus pas effrayée parce-que
explication de mes parents:

-"Sidi,( Seigneur!) c'est une toute petite fille, et ici ça ne se fait plus du tout du tout!"
Personne n'en fut fâché! ...

Décapiter, ICI non plus ça ne se faisait plus…
Répondre
E
Continue donc à faire de la résistance et à revenir à l’hospitalité spontanée de ton père qui pratiquait le respect de l’autre sans se poser de question. C’est sans doute là que se trouve la solution à nos problèmes apparemment insolubles
Bonne soirée !
G
Laïcité ?
Cet acte abominable a fait réagir par solidarité humaine d’abord, et en invoquant, à juste titre sans doute mais d'une manière rituelle dans sa sincérité, la « liberté d'expression » et la « Laïcité ». Sur de dernier mot, j'ai relu Jean Boussinesq, La laïcité française, Mémento juridique, Seuil, 1994. Qui invite à une réflexion.

Les « Lois laïques » (1905 et les nombreux textes suivants, nombreux jusqu'à 1994 -date de publication, et les textes précédents de 1882, 1883, 1885…) posaient un cadre juridique, d'une manière progressive et empirique, pour la tranquillité d l'Etat et celle des usagers, relativement de bonne foi et de bonne composition. Premier problème : le terme « laïque » sous ses diverses formes (laïc, laïque adjectif ou substantif) ne semble défini que par le contexte. Surtout : la notion de Laïcité n'est nullement définie par ces textes fondateurs (Cf. Ch. I, p. 13). Ces textes ont été conçus dans un contexte qui permettait une intercompréhension et un accord.

Or le flou maintenu de la notion permet (presque) toutes les interprétations depuis la plus « ouverte » prête à tout accepter, jusqu’à la plus radicale : un anticléricalisme sommaire qui tient lieu de conviction républicaine et peut conduire à une injonction identitaire. Sous réserve d'examen, la dénonciation prochaine et légale d'un « séparatisme » semble venir de cette logique.
Les textes postérieurs, des années 1980, 90, n'approfondissent pas la notion : répondaient partiellement, au nom de la « Laïcité », à des difficultés locales et apparemment anodines et passagères. Elles ne le sont plus. Et la notion de Laïcité me semble toujours aussi peu déterminée, reste implicite, polémique au fond, et très particulière à la France. Mais bien commode et à protéger plus que jamais : le mieux est alors de la comprendre autant que possible. Pas facile.

Les religions sont devenues des sujets peu connus – en particulier des enseignants. On se rappelle cette tentative, dans les années 1980 (?), d’imposer dans les programmes une « histoire des religions » (?). Panique et rejet immédiat. Si l'Etat s'est séparé de la religion, il n'y a aucune raison que l'Education nationale y revienne. (D'autant que l'Etat cultive lui-même sa propre religion, avec ses propres mythes et mystifications, ses rites et son clergé : la Nation, unie dans une uniformité indiscutable).

Dans ces décennies arrivent au sein de cette Nation, des populations dont les ancêtres ne sont pas les Gaulois. Pour être intégrés (fraternellement !) ils doivent s'assimiler -ce qui n'est pas la même chose. Il leur est demandé de se fondre dans une identité autre, le leur étant refoulée. S'ensuit inévitablement frustrations, rejets, chez les mal-intégrés qui pourtant voudraient bien l'être ; et beaucoup y parviennent ! Beaucoup d'autres non. L'Ecole nationale et républicaine, conçue sous Napoléon, Guizot et Jules Ferry pour les petits Gaulois, est peu armée, mal disposée. La « Laïcité », cette notion floue, par facilité sans doute, invite à évacuer nombre de connaissances relatives aux religions. (Par facilité je ne remets pas le nez dans les programmes, que dans les classes, on traite comme on peut...parfois avec quelques libertés).

Certes les réponses aux couteaux des « barbares » doivent émaner du Droit et rester dans la Justice (et l'Ordre ? - mais lequel ?) et se faire énergiques. Mais elles seraient plus pertinentes et justes si elles reposaient sur une compréhension de la Laïcité, de ce qu'elle signifie précisément, de quoi elle procède, de ce à quoi elle oblige justement. Question posée depuis Averroès, Avicenne, Maïmonide et quelques autres. Vaste problème pour lequel je n'ai aucune compétence.
Alain de Libéra, Penser au Moyen Age, Seuil, 1991, étudie l'introduction progressive, par les Arabes, comme on sait, de bribes de philosophie grecque mêlée à des enseignements du Coran, ou de la Bible une fois reprises par les penseurs du christianisme. Il observe que la pensée produite par la religion (musulmane et chrétienne) n'pas été distinguée de ce qui a été transmis d'Aristote, Platon, Plotin.... Non distinguée, et non pensée. La pensée issue des croyances s'est trouvée mêlée à la pensée qui se voulait issue de la (seule) raison. Et le tout est capté par le pouvoir politique qui a besoin d'absolus, d'unité et d'uniformité. La pensée religieuse qui fournit l'absolu, en devient dominante, et la seconde, critique : la philosophie en devient la « servante ».

En ce qui concerne l'Islam, j'avoue mon incompétence totale. Je viens de relire Slavon Zizek, Quelques réflexions blasphématoires, Islam et modernité, Actes Sud, 2015. J'en retiens que dans l'Islam, le rapport à Dieu est absolu, direct, se passe de toute autorité terrestre ; les communautés doivent s 'encadrer directement dans la parole de Dieu, constituent l'oumma. Ce rapport ne saurait s’institutionnaliser. La communauté s'inscrit dans un « désert généalogique » (Cf. Zizka), qui est attirant pour « des hommes jeunes privés de réseaux familiaux » (et autres) et plongés dans cette « imbrication du religieux et du politique » (p. 50). De plus, être directement et personnellement branché sur l'Absolu et sa Parole (si tant est qu'on l'ait lue) donne une autorité sans appel.

Dans ce qui est devenu la France (et-un peu différemment- dans les Etats qui se forment dans les autres pays occidentaux), la base du religieux et du droit est tout autre. Le christianisme a d'emblée (Ier, IIème siècle ?) une vocation universelle et suppose un homme abstrait et historique, relié à Dieu par l'intermédiaire de son « fils ». Le christianisme est, lui, au contraire institutionnalisé (après 325 – défini à Nicée ; puis 381 : Constantinople, le Christianisme est obligatoire dans l'Empire). Peut-on dire qu'une fusion (une collusion ?) fondamentale se produit entre le religieux et le politique, qui construisent les lois, l'un dominant l'autre ou inversement (ce qui fait le charme de l'histoire) et dont la force est leur caractère prétendument universel, ce qui exclut toute tentation de loi à caractère « communautaire » (religieux, linguistique …).

Une question d'opinion ?
Cette situation, se maintient jusqu'à la fin du XIXe s. et le début du XXe. Au XIXe., d'après les « Droits de l'homme et du citoyen », est posée une liberté d'expression et d’opinion. Les croyances et religions sont au mieux des « libertés d'opinion ». Cependant « l'opinion » catholique se veut dominante (surtout à Rome) et reste encombrante (à Paris). La « séparation de l'Eglise et de l'Etat » règle empiriquement la difficulté, apaise la République qui devient officiellement neutre. (On peut lire Jacques Le Goff et René Rémond (sous la direction. De), Histoire de la France religieuse, T. 3, Du Roi Tré Chrétien à la laïcité républicaine, XVIIe. – XIXe. 1991). Cette séparation s'est opérée en termes négatifs : la neutralité de l'Etat, l'indifférence croissante et prudente à l'égard du religieux, la place accordée à toutes les religions présentes alors dans l'hexagone, au nom de la liberté. Une histoire présentée comme commune permettra, au quotidien, une cohabitation pacifique et finalement l’assimilation générale dans la RES publica.

La situation a changé. On sait bien qui a fait son gras inacceptable en le signalant avec les intentions qu'on sait (ce qui nous a fait détourner le regard de la question). Parviennent cependant des nouvelles populations, d'une culture autre, poussées par les raisons qu'on sait : les terribles inégalités mondiales, les dévastations (où « nous » avons notre large part). Pour beaucoup, l’assimilation attendue, pratiquement obligatoire est difficile, presque impossible, parfois non souhaitée. Et nous ne connaissons pas grand-chose de leur histoire et bien peu de la nôtre, notamment sur le plan religieux. La « neutralité » installée par la « Laïcité » n'a guère facilité les curiosités, encore moins les compétences.

Et on peut se douter que les sermons patriotiques sur les Droits de l'Homme n'aideront personne. Cette question toujours posée de la Laïcité n'est pas accidentelle ou de circonstance, bien qu'elle soit rappelée par un acte, aussi abominable soit-il, -et après beaucoup d’autres ! Jacques Ellul a fait remarquer (dans Le Bluff technologique, 1977) que cette religion qui préconise un rapport absolu avec Dieu, (devenue occasionnellement une caricature), a devant elle un très large public dans diverses parties du monde, y compris le nôtre. Il y a donc lieu de bien comprendre ce qui se passe.

Gérard Jaffrédou
25. X. 2020
Répondre
E
Merci Gérard de nous montrer la complexité du problème, lié à la laïcité. Le concept est flou. Il faut toujours l’interpréter en fonction du contexte. Par ailleurs, les religions sont peu connues des enseignants, qui ont de la peine à en parler à leurs élèves. Et puis arrivent en France des populations étrangères qui ont une histoire religieuse, différente de celle des autochtones : l’assimilation requise gomme une partie non négligeable de leur culture. Car ce qu’on fait mine de ne pas comprendre, c’est que la religion fait partie de la culture et qu’elle est, qu’on le veuille ou non, un déterminant non négligeable des comportements. L’homme dont nous traitons, dans le domaine politique, est un homme abstrait. Si bien que pour revenir au concret, il nous faut prendre en compte les différences, y compris religieuses. Nous sommes désormais contraints de passer d’un universel abstrait, qui exclut l’altérité, à un universel concret qui respecte les différences. Cela suppose que le respect de l’autre devienne une des valeurs fondatrices de notre république.
J
Merci Etienne pour ton article qui nous permet d’alimenter notre réflexion sur la liberté d’expression. Comme la plupart d’entre nous je suis très attaché à cette liberté qui n’existe pas partout, notamment dans certains pays totalitaires.


Pour autant , je suis d’accord avec toi Etienne pour dire que le droit à la parole doit s’exercer dans le respect de l’autre. Avec Charlie Hebdo nous en sommes très loin.


Les caricatures très agressives publiées par ce journal satirique ont montré qu’elles étaient susceptibles de déchaîner la haine des musulmans radicaux et conduire à des meurtres. Le professeur d’histoire, victime de cette folie meurtrière, a eu pourtant une conduite exemplaire en avertissant ces élèves du caractère choquant de ces caricatures.

Bonne soirée.
Répondre
E
Merci Jean-Marc. Tu as bien saisi le fond de l’article qui voulait montrer qu’il n’y pas de liberté d’expression sans respect de l’autre. Et, en amont, j’ai voulu ramener les terroristes de Dieu à la tradition : elle refuse radicalement que l’on tue au nom de Dieu.
Très bonne soirée !
D
Ton blog est excellent. Pour quelle efficacité ?
denis
--
denis jeanson
www.denisjeanson.fr
Répondre
E
Pour la simple efficacité de la parole ou de l’écriture, que je ne maîtrise pas.
Très bonne journée !
J
Merci cher Étienne pour cette réflexion à laquelle j'adhère sur le point délicat des limites de la liberté de conscience.
Je la lis depuis Béni-Abbès, premier Ermitage de Ch de Foucauld et lieu source pour moi.
A la suite de l'assassinat de l'enseignant, J'ai éprouvé moi aussi le besoin de poser une parole. J'ai utilisé Facebook et la réception a été très importante tant en nombre de commentaires que de partages de la publication (130, un record!). Cela dit la soif d'expression sur le sujet. Dans les commentaires, il y a de tout!
Très fraternellement à toi.

Jean-Paul
Répondre
E
Merci Jean-Paul. Je me suis beaucoup interrogé pour trouver la juste mesure, qui permet, en même temps, de respecter la liberté d’expression et le respect de son ou de ses interlocuteurs. On ne peut pas convertir de force les autres à son point de vue.
Très bonne journée !
N
Bonjour Etienne,
Je ne savais pas qu’étais un peu "jésuite » !
On retiendra surtout de ce texte "qu'on ne peut écrire ce qui peut troubler la conscience des personnes moins avancées dans leur réflexion".
Où est la limite avec des extrémistes qui ont profitent pour influencer ceux que tu écris comme des personnes... ?
Tes "nombreuses" précautions dans ton texte renforcent presque la justification des réactions négatives a cette publication de Charlie.
Bonne journée.
Répondre
E
Merci de tes réactions. Les Jésuites n’ont pas toujours tort Dans la parole, tout homme a droit au respect, même si je ne suis pas d’accord avec lui. Et, en même temps, le respect doit s’exercer dans les deux sens, car la parole ne peut être que dialogue. Il me semble que j’ai été clair sur un certain nombre de points : l’importance du sujet et de l’altérité, l’interdit du meurtre au nom de Dieu, l’importance la parole, le refus de la prétention à posséder la vérité et à la faire jouer comme une toute-puissance, le droit d’expression et le droit à la critique. Je ne suis pas moi-même possesseur de la vérité et mes propos doivent être aussi soumis à la critique.
Très bonne soirée !
P
Bonjour Étienne
Je vous lis depuis Lyon où je suis revenu habiter,
Votre texte me semble devoir être porté à la connaissance du plus grand nombre (Publication dans les médias locaux et nationaux)... et de nos dirigeants...
En effet, je crois qu'en "remontant aux sources du monothéisme" il est possible de faire dialoguer les religions qui en découlent et qui sont issus des 3 principales divisions historiques.
Se reconnaissant entre elles, elles pourraient mieux accepter leurs différences, leur altérité en tant que religion et surtout pour les pratiquants "croyant" suivre à la lettre les prescriptions de leur prophète... ou de ses interprètes....
Merci pour votre écrit qui pourrait donner une Lumière aux proches de Samuel Saty.
Bien à vous
Philippe DELAS
Répondre
E
Bonjour Philippe,
Je suis heureux de vous voir réapparaître sur Lyon. J’ai regretté votre départ de la rue du Mail. Tous mes vœux vous accompagnent pour la suite.
En ce qui concerne l’article, vous me faites beaucoup d’honneur. J’ai simplement essayé d’être le plus honnête possible. Le sujet est très délicat.
Puisque vous êtes à nouveau sur Lyon, peut-être pourrions-nous boire un café ensemble ?
Très bonne journée !
C
Merci , cher Etienne de me faire passer des pans de tes réflexions et regards philosophiques qui m’intéressent

Toujours au plus haut point..
On continuera encore beaucoup ces « regards croisés » , que j’apprécie tant ., C’est un peu comme faire revivre mon cher Jean Nicolas …



J’ai été mettre deux belles plaques sur sa tombe et l’intitulé de la plus grande plaque que j’ai fait faire et fait

graver , c’est :

« Nous t’avons tant aimé …

Avec toi pour toujours ….



Mais , je n’ai pas signé , pour ne pas « m’approprier « cette plaque , qui restera en place .

Chaleureusement

Claire H.D.
( tu me diras ce que tu en penses , cela m’importe .Merci )
Répondre
E
Merci pour tes encouragements bienveillants. Tu as tout bien fait pour les plaques. C’est vraiment très bien.
Très bonne soirée !
G
Cher Etienne, merci.

J'étais en train de m'écrire un petit texte pour mettre un peu d'ordre dans un début de réflexion. Il se trouve que depuis quelques semaines je relisais des ouvrages qui me semblent dans le sujet, ou pas loin., et qui m'avaient donné à y réfléchir Je vais prendre le temps de faire court.

Bien cordialement.

Gérard
Répondre
E
J’aurai du plaisir à échanger plus amplement.
Bonne soirée !

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -