Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 13:17

L'ange au sourire

 

Le sourire au cœur de l’hospitalité et du mystère de la vie

 

J’avoue que je suis fasciné par le sourire. Il précède et accompagne la parole et ouvre une fenêtre sur la beauté des femmes et des hommes. Quel que soit l’âge, quels que soient les méfaits de l’existence, lorsqu’émerge un sourire, inlassablement la beauté se manifeste. Bien plus, là où l’on croyait que la laideur avait fini par l’emporter, le miracle se produit : une beauté indicible finit par se manifester.


Le chien qui souriait

Un ami m’a souvent évoqué le chien de sa maison qui faisait l’admiration de tout le monde : il souriait comme les hommes eux-mêmes. La gaieté envahissait souvent la famille car tout le monde chantait. De son côté, le chien accompagnait la mélodie par des gémissements répétés et son sourire voulait manifester qu’il participait à la joie générale. Cela m’évoque un conte des Indiens d’Amérique, intitulé « Les chants et les fêtes ». Il y a très longtemps, un jeune homme venait d’entreprendre son voyage initiatique lorsqu’un grand aigle fonça sur lui. Il eut très peur mais l’ancêtre des humains le rassura en lui disant : « Il faudrait que tu viennes dans ma demeure car ma mère voudrait t’apprendre à chanter. » Le jeune homme accepta la proposition et finit par se trouver en face d’une très vieille grand-mère : elle avait besoin de transmettre à quelqu’un son savoir ancestral. Sans attendre, elle apprit le chant au jeune homme et plus ses efforts étaient couronnés de succès, plus elle rajeunissait. Elle apprit aussi à son invité l’art de construire des maisons et lui donna ce conseil : « Tu vas retourner chez toi. Tu construiras une grande maison où tu organiseras des fêtes pour tous les habitants de ton entourage. » Il suivit les conseils de la grand-mère, édifia une très grande maison et finit par inviter tous ses voisins pour chanter et danser avec eux. Tout se passa dans la joie : le sourire était sur toutes les lèvres. Mais lorsque la fête se termina, en voyant partir ses invités, le jeune homme s’aperçut que c’étaient d’authentiques animaux avec leurs fourrures qui leur servaient de vêtements. Mais, le temps de la fête, la gaieté et le sourire partagé les avaient transformés, pour un moment, en de véritables êtres humains.


Le sourire de Sara qui va avoir un enfant

Au chapitre 18 de la Genèse, la Bible nous raconte la venue de trois hommes chez Abraham. En fait, ce sont trois anges, annonciateurs des merveilles de Dieu. Le patriarche les reçoit comme des princes. Ils parlent entre eux et annoncent que Sara, la femme d’Abraham, qui se tient à l’intérieur de la tente, aura un enfant l’an prochain. Sara écoute avec attention toute ce qui se dit. Or elle est déjà très vieille et le rédacteur du texte, qui interprète, voudrait nous faire penser qu’elle est prise d’un fou-rire parce que ces hommes sont en train de raconter des balivernes. En fait, le fou-rire est un vrai sourire qui exprime l’entrée joyeuse du mystère de la vie dans un corps subitement rajeuni.

 

Le bébé qui fait la grimace et le sourire de l’adoption

Il y a trois jours, je suis sur la terrasse d’une grande brasserie de la Croix-Rousse en train de boire un café. Tout à coup un jeune couple avec un bébé de quelques mois vient s’installer à côté de ma table. Le bébé qui n’a pas l’air très heureux fait la grimace et j’observe les parents pour tenter d’avoir l’explication d’un tel malaise. La mère est souriante mais son sourire est un peu figé. Le père plus âgé semble se tenir à distance de l’enfant. Que se passe-t-il ? Subitement, la mère met l’enfant dans les bras du père. Le père semble jouer le jeu mais sans trop d’empressement. Apparemment, la mère est dans l’attente du sourire de l’adoption. Peut-être ? Va-t-il enfin éclairer le visage de chaque membre de la famille, y compris celui de l’enfant ? Mais là je dois quitter les aléas de mon imaginaire pour laisser place à la réalité.


Satan qui refuse de sourire à l’homme

Dans l’Islam, Satan s’appelle Iblis. Or Dieu vient de créer l’homme à partir de limon, et demande aux anges de se prosterner devant lui. Comme de bonnes fées, ils sont appelés à sourire au nouveau-né pour lui assurer un avenir heureux. Iblis, créé de feu et non de limon, refuse de se prosterner devant le nouveau-né. Il a peur d’y perdre un peu de son prestige. C’est pourquoi Satan ricane mais ne sourit jamais. Il n’a jamais adopté l’homme : il est, sans cesse, pour lui, une pierre d’achoppement. Les Textes sacrés veulent-ils nous faire comprendre que le sourire est un laisser-passer pour l’autre et que Satan ou Iblis est la figure de tous ceux qui ne veulent pas apprendre à sourire ?

 

Le sourire de l’ange qui perd la tête

La cathédrale de Reims est la cathédrale des anges. Ils ont tous le sourire pour accueillir fidèles et visiteurs mais l’histoire s’est attachée spécialement à l’un d’entre eux, qu’elle a appelé « L’ange au sourire ». Le 19 septembre 1914, la guerre provoque l’incendie de la cathédrale. Une poutre de l’échafaudage est en flamme et provoque la chute de la statue en question : la tête se brise en une vingtaine de morceaux. Dès le lendemain, l’abbé Thinot les ramasse et les regroupe et c’est en 1926 seulement que l’ange, reconstitué à partir de ses fragments, reprend sa place à l’entrée de la cathédrale. La guerre lui avait fait perdre la tête, car les luttes entre prétendus ennemis semblaient avoir pour rôle de briser le sourire des hommes. Après la guerre, il était urgent de remettre l’ange à sa place pour faire ressurgir le plaisir d’être ensemble.


Le sourire de la Joconde, qui révèle le mystère humain

Au 16è siècle, Léonard de Vinci nous a laissé, avec la Joconde, une œuvre prestigieuse. Il voulait, à tout prix, donner une place centrale au sourire et c’est, pour cette raison, dit-on, qu’il faisait jouer une équipe de musiciens, pendant qu’il était en train de peindre. La joie exprimée par la musique était comme le sourire qu’il voulait immortaliser sur sa toile. Il savait que le sourire exprimait le mystère humain dans ce qu’il a de plus intime. Au-delà de Mona Lisa, chacun peut découvrir dans cette œuvre la partie la plus secrète et la plus belle de lui-même. C’est une des raisons pour lesquelles des millions de visiteurs viennent la contempler, chaque année, au musée du Louvre.

 

Le sourire des jeunes qui défient la menace du covid

Aujourd’hui, les jeunes viennent très nombreux dans les bars et bistros pour échanger ensemble. Sans doute la menace du covid provoque-t-elle une angoisse chez les consommateurs, qui se traduit, me semble-t-il, par une séparation des sexes : les hommes comme les femmes se répartissent, apparemment, sur des tables séparées. Chez les plus jeunes, une telle séparation est moins visible, et les sourires qui se multiplient dans leurs échanges sont une arme contre la morosité ambiante. Manifestement ils nous apprennent ainsi que le sourire est notre oxygène indispensable pour nous permettre de continuer à vivre ensemble, surtout lorsque les conditions de vie semblent se détériorer.


Le sourire de la création à l’homme

Le mouvement écologique nous apprend à être attentif au monde non humain qui nous entoure. Ce monde fait aussi partie de l’environnement nécessaire à notre survie. Aussi les barrières sont-elles en train de se briser et j’en arrive à percevoir la création tout entière comme une sorte de sourire d’un monde que nous ne connaissons pas et qui voudrait se manifester à nous. Une jeune merlette, qui, l’an dernier, a mangé tous les fruits de mon olivier, est déjà là en train de guigner sur le bord de ma terrasse, pour savoir quel sera le butin du mois prochain. De son côté, le grand cèdre, qui s'expose dans  la cour intérieure de l’immeuble, développe ses belles ramures devant tous les habitants et tente de nous expliquer qu’il pourrait s’effondrer en penchant démesurément vers la gauche, si nous n’y prenons pas garde. En même temps je crois voir son sourire en creux dans la peur qu’il est en train de provoquer autour de lui. Et que dire de tout ce monde merveilleux que nous ne connaissons pas dans les montagnes, dans les océans, dans la brousse, les forêts et à l’intérieur de nous-mêmes ? Je perçois dans ce bruissement insolite, dans le sourire de toute la création, l’annonce d’une grande fête qui pourrait nous surprendre.

 

Laisser un sourire en héritage

Il y a trois semaines environ, on m’a appris la mort d’une personne que je connaissais et on m’a précisé qu’elle était morte en souriant. Peut-être le sourire est-il cette lumière de l’entre-deux mondes. Alors quel plus bel héritage que laisser aux générations qui nous suivent un simple sourire, capable de servir de trait d’union ! Personnellement je n’ai pas de plus grand désir, pour le jour où il me faudra, comme tout le monde, partir pour le plus grand voyage. Mais, comme le bûcheron de La Fontaine, j’accepte de patienter encore quelque temps.

Etienne Duval

 


    

 


 

Partager cet article

Repost0

commentaires

E
LES TROIS SOURIRES DES VICTIMES DE NICE

Aujourd’hui, 7 novembre 2020, je viens d’assister par la télévision à l’hommage national de la France aux trois victimes de Nice, Nadine, Vincent, Simone. Or, en regardant leur photo, j’ai été frappé par leur beau sourire, illuminant chaque visage d’un signe d’éternité.
Répondre
A
Je viens de lire ton texte sur le sourire. Il m'a bien plus.
Répondre
A
Merci de ta bienveillance
B
Etienne
Je viens de relire ton texte "Passage au cœur du mystère " qui date déjà d'un an. J'ai beaucoup aimé ce texte, peut-être parce que j'éprouve des sentiments comparables. En tous cas, et cela me surprends, je n'éprouve pas de tristesse à vieillir. Comme toi, en dépit du vieillissement du corps, je sens mon esprit rajeunir et j'éprouve de plus en plus de joie à contempler la beauté du monde et des hommes (et surtout des femmes) et cela en dépit de tout ce peut faire l'homme pour s'enlaidir et enlaidir le monde. Parallèlement à ce sentiment, j'éprouve comme une quasi-certitude intérieure que tout ce qu'il y a de merveilleux à contempler en ce monde ne peut disparaître avec la mort. Cela me conduit à une joie intérieure en dépit du vieillissement du corps.
Avec toute mon amitié.
Bernard Beaudonnet
Répondre
E
Je suis heureux de voir que nous rejoignons. Chez moi aussi, aujourd’hui, c’est la joie qui tend à dominer. Et cette joie, elle-même ne trompe pas.
Très bon week-end !
J
Merci Etienne , je n'ai pas oublié cette belle ritournelle...
Répondre
E
Je m'en doute. Très bonne journée !
J
MERCI .
J'avais oublié ce poème que je savais par coeur ( !?) et que je redécouvre avec émotion tant il sonne juste à nos yeux et oreilles de paysans !
Bonne continuation .

Josiane
Répondre
E
Chanson Colchique dans les Prés
1-Colchiques dans les prés
Fleurissent, fleurissent
Colchiques dans les prés
C'est la fin de l'été
La feuille d'automne
Emportée par le vent
En rondes monotones
Tombant, tourbillonnant
2-Châtaignes dans les bois
Se fendent, se fendent
Châtaignes dans les bois
Se fendent sous nos pas
La feuille d'automne
Emportée par le vent
En rondes monotones
Tombant, tourbillonnant
3-Nuage dans le ciel
S'étire, s'étire
Nuage dans le ciel
S'étire comme une aile
La feuille d'automne
Emportée par le vent
En rondes monotones
Tombant, tourbillonnant
4-Et ce chant dans mon coeur
Murmure, murmure
Et ce chant dans mon coeur
Murmure le bonheur
La feuille d'automne
Emportée par le vent
En rondes monotones
Tombant, tourbillonnant
La feuille d'automne
Emportée par le vent
En rondes monotones
Tombant, tourbillonnant
J
Bonjour Etienne,

Merci pour tes propos sur le sourire en cette période où l'on ne voit que les yeux qui sourient ...et font du bien !
Celui de l 'ange de Reims, de La Joconde, de Bouddha nous accompagnent.

J'espère que tu vas bien.
Bon début d’automne, les colchiques sont là ...
Amitiés.

Josiane
Répondre
E
Merci Josiane. Tout va bien pour moi. En ton honneur je reprends le poème sur les colchiques de Guillaume Apollinaire.
Les Colchiques
Guillaume Apollinaire
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne
Les enfants de l’école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément
Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913


Bonne fin de semaine !
J
Nous ne serons décidément jamais d'accord ! Merci à toi !
Répondre
E
Je te vois sourire dans ce qui est une boutade !
J
Merci cher Etienne de cette ode au sourire ! Comme j'aimerais sourire davantage. C'est en effet la force la plus incroyable à portée de la main de chacun et que j'ai bien conscience de n'utiliser que bien peu !
Je t'embrasse très fraternellement.
Répondre
E
Je ne suis pas très d’accord avec toi car je te vois sourire fréquemment.
Bonne soirée !
J
Comme toi je suis fasciné par le sourire. Antérieur à l’arrivée du langage, le sourire apparait très tôt sur le visage des enfants et irradie jusqu’à un âge avancé le visage buriné par le temps et les épreuves des personnes les plus âgées.

Le sourire se décline en de très nombreuses expressions et reflète toute une gamme de sentiments : sourire énigmatique comme celui de la Joconde qui s’exprime quel que soit la position à partir de laquelle on regarde le tableau, sourire rempli de compassion qui illumine le regard mais aussi, parfois sourire sarcastique.


Selon certains scientifiques, le sourire ne serait plus le propre de l’homme. Personnellement, je pense qu’il s’agit chez certain animal plus d’un rictus que d’un véritable sourire. Je ne crois pas, par expérience, (j’ai côtoyé un chat exceptionnel pendant 18 ans à qui il ne manquait que la parole) que l’on puisse prêter aux animaux une forme quelconque de sourire. Les animaux domestiques les plus évolués, comme les chiens ou les chats, sont dotés d’une panoplie de formes d’expression sans avoir besoin du sourire pour communiquer avec les humains.
Répondre
E
Merci Jean-Marc d’entrer dans la discussion. Tu connais sans doute mieux les animaux que moi, en tout cas les chats, et tu sembles savoir qu’ils n’ont pas besoin de sourire pour s’exprimer. Encore que… N’y a-t-il pas un sourire caché, quand ils jouent avec leurs petits, quand ils s’amusent avec une pelote de laine, quand ils viennent nous surprendre alors que nous sommes en train de sommeiller ou de rêvasser ? Après tout, je n’en sais rien et il y avait, chez moi, un sourire non dissimulé lorsque j’ai évoqué le chien qui souriait…

Très bonne journée !
B
Bonjour Etienne
Bravo pour tes pensées sur le sourire qui dit beaucoup de choses essentielles sans les imposer..
Amitiés.
Bernard Beaudonnet
Répondre
E
J'essaie de dire les choses essentielles avec le sourie. L'art du sourire consiste à proposer sans imposer.Mais le blog veut aussi dire des choses sur le sourire lui-même
Merci Bernard de ton attention bienveillante.
G
Mais de même.
Répondre
E
Tant mieux !
G
Tu as raison. Sourions à l'avenir, même si ce n'est pas tout à fait le nôtre. Et pour le présent, heureux de ta joie.

Merci encore.
Répondre
E
Merci à toi qui m'amène à aller plus loin.
Bonne soirée !.
C
Oui, si la bien-veillance tu l'entends de celui qui "veille",
non au sens étymologique ; celle du supérieur
à l'égard d'un inférieur !
Répondre
E
Oui, c’est bien ainsi que je l’entends : bien veiller sur l’autre, la bonne vigilance…Bonne soirée !
C
Ce qui me gêne dans le "religieux"
c'est qu'on prête à Dieu des intentions,
d'où ces débats interminables
sur la question du bien
et du mal !
Grâce au "sourire", Dieu,
des quatre causes d'Aristote,
c'est du côté de la cause motrice,
du principe de changement, du devenir,
que tu nous le fais chercher !
Merci Etienne.
Répondre
E
Merci Charles. Personnellement, je pense que Dieu est du côté de la bienveillance. Et ce sont les bienveillants qui sourient. Le reste est de trop.
C
Merci Etienne pour ton sourire en ce dimanche matin,
le mien, le nôtre, celui de l'ange de Reims, de toute la création !
Il me libère du "religieux" - je dirais : moralisant - d'un Dieu si sérieux
avec sa cause finale qu'il ignore le mystère, ne serait-ce que de notre finitude.
Amicalement, Charles
Répondre
E
Je suis sûr que le dieu moralisant dont tu parles est une idole car il ne sourit pas. Il n’est tout de même pas comme le diable qui ricane et ne sourit jamais !
Très bon dimanche !
G
Cher Etienne
J’ai lu ton texte avec le sourire, pour les raisons que tu décris : ton texte en est un : il est le rappel d’une beauté du monde et crée une connivence sur un essentiel aperçu, vite saisi, intuitivement partagé, suivi ou non d’une parole vraie – presque superflue, tellement forte dans le non-dit. Comme tout bon sourire.
Sans doute il y a aussi des sourires autres : d’ironie, d’arrogance, voire de mépris … La connivence laisse place à un désaccord, mais qui implique une certaine compréhension - ou incompréhension, mais sur un point en commun (l’indifférence exclut le sourire quel qu’il soit).
Je pense donc (merci de m’avoir conduit à cette idée) que le sourire est surtout le signe de ce lien furtif et d’autant plus heureux avec autrui mais aussi devant le monde - ou l’univers (le ciel, vu de Lesches, est toujours magnifique).
Je ne sais si la question a été étudiée par quelque sociologue souriant ou non : sourit-on beaucoup de nos jours ? Ou autant qu’autrefois ? Si non, serait-ce le signe qu’il y a moins lieu de sourire, ou moins de connivences possibles entre les humains ? Sans doute un peu des deux ? Je suis frappé – et je ne suis pas le seul à l’être- par l’omniprésence des écrans de toutes sortes, des images, violentes, accusatrices, ou dérisoires, et notamment de ces « selfies » narcissiques, qui se substituent à la parole, à la réflexion et à son partage. Elles nous séparent en fait d’autrui, du monde et de nous-mêmes. Et de notre « descendance » (comme le couple que tu évoques ?).
Tout cela ne me fait guère sourire.
Heureusement (j’ai pu le constater récemment), beaucoup d’amitiés et de complicités demeurent qui maintiennent des reconnaissances, donnent le sentiment d’une cohérence relative … Elles invitent, en attendant la suite, à un sourire non désabusé ou désespéré. Confiant serait beaucoup dire (dans quoi, d’ailleurs ?).
Bien amicalement.
Gérard
Répondre
E
Je suis heureux de voir que le sourire nous rapproche. C’est vrai aussi que j’ai voulu rédiger le texte comme un sourire, accueillant de l’autre et du monde. Que tu l’aies vu me plonge dans une vraie joie. Il est heureux que le diable n’ait pas prise entre nous. Il ne sourit jamais : il est dans le sarcasme et l’ironie. C’est la figure de ceux qui ne veulent pas sourire.
En fait, je ne pense pas qu’aujourd’hui nous ayons vendu notre âme au diable. Les jeunes que je vois sont très souriant Ils nous réapprennent que le sourire est l’oxygène de la vie sociale. Je suis sûr que l’épreuve du coronavirus va susciter beaucoup de résilience.
J
Un saint triste est un triste saint.
L'absence de sourire chez le satan, chez l'homme qui veut avoir raison, est une réaction de peur, comme tu le souligne très bien.
Bravo pour tus ces rappels de sourire qui crée le rappel de la vie.
Répondre
E
Merci beaucoup Denis !
P
Merci Etienne pour tes réflexions à propos du sourire ; tes propos m'ont rappelé celui d'henry UGUETTO ami d'enfance qui après une trépanation est devenu un artiste d'art brut très renommé
Son sourire et ses réflexions donnaient une sorte de paix. En ce qui me concerne, je suis plutôt du style éclat de rire
Nos sourires à tous pour les séances de ciné nous manquent. Vivement que ce virus soit apprivoisé !
Répondre
E
Oui tu es plutôt « éclat de rire » et tes éclats de rire me manquent aussi. Pour autant que je me souvienne, ton mari était plutôt sourire.
C’est vrai, comme tu dis, que le sourire apporte la paix.
Merci, en tout cas, de tes réactions rapides et sympathiques

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -