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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 11:26

 

Van Gogh, Le Bon Samaritain

 

L’homme naît de sa rencontre avec un bon samaritain

 

La parabole du Bon Samaritain nous met en face du mystère de l’humanité. Chacun est amené à traverser toute l’histoire pour choisir sa voie. Dès le départ, il est à une croisée des chemins. Il doit passer de l’animalité où sa vie est un combat pour survivre à l’humanité où il se construit comme sujet dans son rapport à l’Autre et aux autres.

 

La parabole du Bon Samaritain (Luc 10)

25 Et voici qu’un légiste se leva, et lui dit pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?"
26 Il lui dit : "Dans la Loi, qu’y-a-t-il d’écrit ? Comment lis-tu ?"
27 Celui-ci répondit : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même" —
28 "Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela et tu vivras."
29 Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : "Et qui est mon prochain ?"
30 Jésus reprit : "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à demi mort.
31 Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre.
32 Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre.
33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié.
34 Il s’approcha, banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui.
35 Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, en disant : Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour.
36 Lequel de ces trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ?"
37 Il dit : "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit : "Va, et toi aussi, fais de même" (Bible de Jérusalem).

 

Le jeu de figures, qui nous racontent toute l’histoire de l’homme

Dès le départ, nous découvrons que la destinée de l’homme ne se joue pas d’abord dans son rapport à Dieu mais dans sa relation aux hommes qui l’entourent. Nous voyons ainsi défiler les figures multiples qu’il doit affronter pour structurer sa propre vie :

  • Des brigands qui le dépouillent et le laissent à demi-mort
  • Un prêtre et un lévite, absorbés par le souci de Dieu, qui ne prêtent aucune attention à lui
  • Un Samaritain considéré comme infidèle, qui prend soin de lui jusqu’à son rétablissement

 

La lutte à mort pour survivre : l’homme dépouillé et abandonné

L’homme sort de l’animalité : il doit lutter pour sa survie. L’argent dont il a besoin pour vivre devient un enjeu fondamental. Il est comme le souverain bien, qui va définir sa place dans l’existence et dans la société. Il ne s’agit pas d’un passé révolu. Aujourd’hui même, plusieurs responsables, épris de toute-puissance, luttent pour avoir la première place dans l’économie du monde tout en asservissant les pays moins chanceux. C’est ainsi que nous avons les Etats-Unis avec Trump, la Chine avec Xi Jinping, la Russie avec Poutine, qui cherchent à nous imposer leur domination en multipliant les destructions et les humiliations. La Syrie, l’Irak, l’Iran et bien d’autres pays en font les frais sur les divers continents et font rejaillir sur leurs populations les contraintes qu’ils subissent. Les brigands de toutes espèces continuent à dépouiller et à multiplier leurs victimes les laissant mortes ou à demi-mortes le long du chemin. L’humanité balbutie et en est encore à ses commencements.

 

Un prêtre et un lévite, trop occupés par Dieu, passent indifférents à côté de l’homme dépouillé et abandonné

Un prêtre et un lévite, figures des hommes religieux, qui, pensant consacrer leur existence à Dieu, oublient les hommes souffrants qui sont sur leur chemin. Ils veulent que Dieu soit le premier servi, mais la logique de l’existence finit par leur donner tort. En cherchant à témoigner de Dieu, leur témoignage se retourne contre eux. Ils sont en train de servir une idole. Le vrai Dieu n’est pas celui qu’ils imaginent et leur vie qui cherchait un surcroît de sens est en train de sombrer dans le non-sens.


Le Bon Samaritain, plein de miséricorde, révèle Dieu en s’occupant de l’homme blessé

Le vrai Dieu semble refuser la pleine lumière. Il aime faire signe en s’échappant comme dans l’épisode des pèlerins d’Emmaüs. Alors, c’est seulement, après coup, que l’homme reconnait que Dieu était là, alors qu’il ne le savait pas. Finalement Dieu fait preuve d’une grande politesse : il fait passer l’homme avant lui. Celui qui veut être fidèle à un Dieu lointain doit commencer par s’occuper de l’homme qui est proche de lui. Il y a une chose qu’il ne sait pas : il est appelé à endosser le vêtement de Dieu pour exercer la miséricorde divine à l’égard des hommes. C’est pourquoi lorsqu’il fait passer l’homme en premier, il agit à la place de Dieu et ceux qui l’observent reconnaissent, grâce au vêtement qu’il a endossé inconsciemment, le visage de Dieu lui-même. Ainsi, sous les traits du Bon Samaritain, c’est un Père plein de sollicitude qui se révèle aux hommes. Aussi, en prenant conscience du mystère que révèle sa rencontre avec un bon samaritain, l’homme peut-il naître à lui-même en se tournant vers l’Autre.


Un jeu entre Dieu et l’homme grâce à un Esprit d’amour

Il ne faudrait pas croire qu’en endossant le vêtement de Dieu, l’homme est irresponsable, comme s’il suffisait de laisser agir Dieu en soi. Au contraire, il existe un jeu responsabilisant entre l’homme et celui qu’on appelle Dieu, et ce jeu c’est celui d’un Esprit d’Amour. En allant de l’un à l’autre il introduit la réciprocité et le partage des rôles : réciprocité de l’amour et responsabilité de chacun dans son domaine propre.

L’Esprit de Dieu permet, en même temps, un jeu entre l’humain et le divin : l’homme devient Dieu et Dieu devient homme. Personnellement, je n’hésiterais pas à parler non seulement de la genèse de l’homme mais aussi de la genèse de Dieu : Dieu deviendrait Lui-même en devenant homme.

En fait, le jeu de l’Esprit est en pleine action dans le personnage du Bon Samaritain. C’est pourquoi cette parabole nous révèle, en même temps, Dieu et l’homme.

Etienne Duval

 

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commentaires

F
Je ne sais Etienne ce qui a été transféré du témoignage de François.
Alors le voici :
Toni était le bon samaritain sans aucun doute. Il a toujours été du coté du faible. Il a toujours donné son affection et son attention à un jeune voisin qui a toujours été mal aimé et maltraité par son père et sa belle-mère. Malgré toutes les conneries dans lesquelles il a pu sombrer (drogue, violence...), Toni lui a toujours porté un regard bienveillant. Et ce jeune homme le sentait et le lui rendait comme il pouvait.Une fois, Toni, en Ariège croise un jeune un peu égaré, sur le sentier, et cause un peu avec lui. Il découvre que le jeune dort sous une tente dans les bois, et fait un grand détour pour aller chercher de l'eau. Toni, étonné, lui demande pourquoi il fait ce grand détour, pourquoi il ne passe pas par tel racourci, par le pont de bois. L'autre lui répond que le pont de bois l'oblige à passer sur le territoire d'un propriétaire ombrageux et menaçant. Alors Toni lui dit: bon, tu peux entrer chez moi quand tu veux pour prendre de l'eau. Pas besoin de frapper, si je suis pas là et que c'est ouvert, tu entres, tu te sers. Ça c'était Toni.
Elisabeth dit encore: il n'a rien fait pour lui, il a toujours bâti, et bâti encore, pour les autres, pour sa succession. Pas tellement pour lui.
le bon samaritain, je l'ai cotoyé.
Son propre père (le grand-père d'Elisabeth) était maire au coeur de la guerre civile. Il était anarchiste car il avait souffert des patrons et de leurs complices souvent religieux.
Au coeur de la guerre, les anarchistes de la ville dont il était maire avait emprisonné des prêtres dans l'église dans l'intention de les exécuter le lendemain. Dans la nuit, le pépé d'Elisabeth est allé incognito leur ouvrir une porte dérobée en leur conseillant de foutre le camp et vite. Il leur a sauvé la vie, du moins momentanément. Plus tard, comme les républicains voulaient incendier l'église, il s'est interposé, et l'église a été épargnée.
Elisabeth a hérité de ça. Des bons samaritains épris de justice. Ma propre mère était aussi comme ça.
Certains portent de lourds héritages, des ancètres loufoques, nauséabonds, malhonnêtes... Nous on a hérité de ça. C'est lourd aussi car on se doit d'être à la hauteur.
Bises. François
Amicalement. Charles
Répondre
E
Il y a une chose qui me frappe, dans l’exemple de Toni, c’est la transmission, qui se fait d’une génération à l’autre, du comportement du Bon Samaritain. Il y a là tant d’humanité, tant de présence de l’(A) autre, que rien ne semble se perdre au fil du temps. Est-ce parce que le Bon Samaritain est une figure qui dépasse l’homme lui-même, que le temps n’a pas vraiment de prise sur lui. Et j’ajouterai : l’homme n’est vraiment homme que dans le dépassement de l’homme lui-même.
C
Voici Etienne le témoignage que vient de m'adresser François à propos de Toni, son bopapa comme il dit, et qui vaut la peine, je trouve, que tu le joignes à nos "commentaires" ;
c'est en réponse à ce que je lui ai écrit ce matin en prévision de la venue d'Elisabeth, sa compagne, de Toulouse, la fille de Toni. François, il a été mon maître pour le théâtre
et habite modestement sous des combles à deux pas de chez moi. Mais au préalable - ton texte, comme tu le vois, circule ! - le message auquel il me répond :
"Merci d'abord François de nous avoir confié ta parole, comme je te l'ai dit, si juste et émouvante, pour Toni, ton beau-père, après son décès.
Il se trouve qu'elle éclaire mes réponses écrites avec les commentaires au texte de mon ami Etienne Duval à propos de la parabole du Bon Samaritain,
sur son blog : http://mythesfondateurs.over-blog.com/2020/06/l-homme-nait-de-sa-rencontre-avec-un-bon-samaritain.html auquel je vous renvoie...
parce que dans mes réponses il est question de Toni - pardonne-moi, sans t'en avoir demandé l'autorisation - mais aussi de la CisJordanie,
de l'Algérie - celle de Kamel Daoud après Albert Camus, de pédagogues comme ton beau-père, de démocratie et de couleur de peau,
de l'étranger, de l'autre, et, pour tout dire - ou plutôt pour n'en rien dire parce que sans réponses - de nos questions sur Dieu.
Et, comme ces propos - tu me connais - sont quelque peu intello, je sais pouvoir te faire confiance avec Elisabeth
pour mon déconfinement...mais, bien sûr, sans attendre le 11 juillet, dont je retiens quand même la date,
avec plein de bisous - sans masques, si ce n'est ceux du théâtre ! - amicalement à vous toustes."
Répondre
C
Tu nous confies, Etienne, ne pas être sûr d'avoir tout compris de ce texte qu'a suscité le tien ; eh bien, figure-toi, moi non plus ; pas encore, (en corps), du moins !
Je vais donc revenir au texte de Kamel Daoud qui parle de l'autre, du corps de l'autre justement, mais aussi du texte de Camus : " Son monde - celui de Meursault - est propre, ciselé par la clarté matinale, précis, net,
tracé à coup d'arômes et d'horizons...La seule ombre est celle des "Arabes", objets flous et incongrus, venus "d'autrefois", comme des fantômes, avec, pour toute langue, un son de flûte...Le monde qu'il a connu semble celui d'un amant déçu par une terre qu'il ne peut posséder. Comme il a dû souffrir, le pauvre ! Etre l'enfant d'un lieu qui ne vous a pas donné naissance...C'est simple, cette histoire devrait être écrite dans la même langue, mais de droite à gauche, c'est-à-dire en commençant par le corps encore vivant, les ruelles qui l'ont mené à sa fin, le prénom de l'Arabe, jusqu'à sa rencontre avec la balle."
Me revient ici en mémoire, Etienne, le suicide de Mohamed - "raisin sec" comme il se laissait appeler - de Mohamed et de Jonas, leur fils ; tu te souviens...
Chacun, il est vrai, meurt seul ; le Covid nous l'a rappelé ! Mais alors, ne serions-nous sur cette terre que des étrangers les uns pour les autres ?
En bon pédagogue - dans la tendresse d'un père ou d'une mère, je ne sais - tu nous écris, nous cries - j'entends le paradoxe - que Non !
Merci pour ton écoute, Etienne, amicalement. Charles Lallemand
Répondre
E
Personnellement si j’insiste sur l’hospitalité, c’est bien pour sortir de cette solitude qui finalement peut conduire au suicide. S’il me reste un peu d’avenir c’est pour crier que nous ne sommes pas seuls, que notre sens ne vient pas de nous-mêmes mais de l’autre. Il nous faut renaître de la rencontre.
Bien amicalement.
C
Méditant ton texte, Etienne, sur la parabole du Bon Samaritain, j'ai apprécié que tu lui donnes une dimension structurelle, institutionnelle, voire politique, en évoquant la Syrie, l'Irak, l'Iran, etc. là où l'argent n'est pas que notre obole individuelle versée aux organismes "charitables", non plus qu'un objet fétiche dans les mains invisibles de la Finance, mais - sous l'angle disons de l'économie marchande - un enjeu fondamental, comme tu le précises, pour la survie de l'homme qui sort de son animalité.
Toutefois, à la liste de "bien d'autres pays qui font les frais de la domination..." il me vient l'idée - ayant écouté dimanche soir sur France 5 l'interrogation courageuse de Daniel Cohn-Bendit : "Nous sommes tous juifs allemands" sur l'occupation israélienne, d'ajouter la Cisjordanie, précisément - et sans anachronisme puisqu'il ne s'agit que d'une parabole - cette Judée-Samarie de notre Samaritain.
Je reviens à ton texte et à cette parabole dans laquelle s'est longtemps posé pour moi l'horizon inatteignable de l'hospitalité inconditionnelle telle que nous la présentait par ex. Jacques Derrida en 1997 : "Entre, qui que tu sois", là où, chaque fois qu'il y a un inconditionnel, il s'agit pour moi - "à l'heure de notre mort" comme nous le disions - finalement de Dieu, mais qui, parce qu'il est inconditionnel, en fait, n'est pas nommé, si ce n'est - tu l'écris toi-même - "celui qu'on appelle Dieu", d'où le risque que tu prends en bon théologien - ce en quoi je te fais confiance - à introduire non pas tant la notion de divin et d'humain - vêtement du missionnaire plutôt agaçant comme le ressent aussi Gérard Jaffrédou - que celle, subtile, de responsabilité réciproque, ne serait-ce que, paradoxalement, sa propre responsabilité, la dette qu'Il me confie quand : je dis Dieu, "l'Esprit de Dieu" comme tu l'appelles.
Quant à la responsabilité du côté de l'homme, sa dette, son héritage à recevoir et à transmettre c'est - dit la parabole - sa réponse à "qui est mon prochain", et qui, comme Dieu lui-même, n'est pas nommé.
Ce pourrait être un étranger comme le rusé Ulysse qui au chant IX de l'Odyssée, pour ne pas se laisser dévorer par le cyclope Polyphème, lui répond que son nom est "Personne", mais je pense plutôt à Kamel Daoud et à Meursault contre-enquête, sa réponse en 2013 à L'étranger d'Albert Camus où là, il ne s'agit pas de la Cisjordanie mais de l'Algérie, pas celle d'hier, celle d'aujourd'hui : "C'est mon frère qui a reçu la balle, pas lui ! C'est Moussa, pas Meursault, non ? Personne, même après l'Indépendance, n'a cherché à connaître le nom de la victime, son adresse, ses ancêtres, ses enfants éventuels. Personne...Qui peut, aujourd'hui me donner le vrai nom de Moussa ? Qui sait quel fleuve l'a porté jusqu'à la mer qu'il devait traverser à pied, seul, sans peuple, sans bâton miraculeux ? Qui sait si Moussa avait un revolver, une philosophie ou une insolation ? "
Non seulement sans nom mais "sans peuple" ! ce qui m'amène à cette distinction que fait, si je me souviens, Régis Debray, à propos de la démocratie entre "demos" et "ethnos" : il n'y a pas de démocratie s'il n'y a pas la prise en compte en sein d'un peuple des différentes ethnies, cultures, langues, cultes, rites, coutumes qui le composent, où chacun puisse être nommé par son nom, avec sa propre histoire, dans le moment où il la vit.
Et pour ne pas conclure, avec cette anecdote que m'a confiée un ami, dite à la mort toute récente de son beau-père, Toni : " Cher Toni, j’aimerais rappeler ici que tu étais un grand pédagogue. Vous voulez des preuves ? Voici une anecdote. Lorsque je me suis mis en devoir de restaurer les murs de pierres sèches du sentier qui monte à la maison de Sylvia, tu as accueilli la nouvelle avec bienveillance. Alors j’ai commencé mon premier mur. Tu m'as laissé faire, prodiguant çà et là quelques conseils, passant de temps à autres pour voir l'avancée des travaux. Et tu repartais, me disant que c'était bien. Un jour, alors que je prenais du recul pour vérifier l’édifice presque terminé, je découvris avec effroi une erreur grossière. Trop tard pour la corriger à moins de détruire le mur et de le recommencer. Alors, dépité, fâché contre moi-même, je remontai le chemin, maugréant, presque décidé à ne plus jamais toucher une pierre. Tu étais bien tranquillement assis dans ton fauteuil de Pauquette. Et tu as vite remarqué ma contrariété. Qu'est-ce qu'y a ? J'ai fait une connerie, c'est trop tard pour la rattraper. Je sais, je l'ai vu dès le début. Et pourquoi tu ne m’as rien dit ? Parce que la connerie il fallait que tu la fasses, maintenant tu la feras plus. Et t'inquiète pas, ton mur il ne bougera pas. Toni, je sais depuis ce jour que j’ai encore le droit de faire des conneries, à condition de ne jamais les reproduire. Enfin, j’essaye. Combien de fois, au Port, ou très récemment au téléphone, nous refaisions le monde tous les deux. Tu parlais de Dieu, des hommes, et tu disais souvent que ce sont les hommes qui ont inventé Dieu. Tu me l'as encore dit il y a un mois. Maintenant tu es peut-être un peu mieux renseigné. Mais j’aimerais te lire ceci : « Ce n'est pas Dieu qui est au centre de l'Univers et ce n'est pas nous non plus. Ce sont simplement nos gestes quand ils sont appliqués au simple et à l’utile. « Il me semble aujourd'hui que toute ta vie tient dans cette phrase. On pourrait même croire qu'elle a été écrite pour toi."
"Mektoub", comme il est dit en arabe. Amicalement. Charles
Répondre
E
Merci Charles pour ton très beau texte et parce qu’il est beau je pense qu’il est vrai. Je ne suis d’ailleurs pas sûr d’avoir tout compris mais peu importe. Tu insistes avec raison sur le respect de l’autre, à propos de l’hospitalité. Respect de l’autre en prenant en compte toutes ses particularités, et surtout en lui permettant de s’égarer, de se tromper, avec cette idée que finalement on apprend beaucoup en se trompant. Il y a chez Toni quelque chose qui fait la grandeur de Dieu, en tant que Bon Samaritain Lui-même : faire confiance à l’autre jusqu’au bout de son égarement. C’est en cela que réside la véritable pédagogie.
J
Merci Etienne d'avoir répondu à mes interrogations et d'avoir apporté ton éclairage avisé sur cette parabole. Bonne soirée. Jean- Marc Dupont
Répondre
E
Merci à toi pour tes questions car ce sont les questions qui font avancer la réflexion.
Bon dimanche !
J
Merci Etienne pour ton excellent article consacré à la parabole du Bon Samaritain. Cet article, d’une grande richesse, pose de nombreux questionnements.
-
- Le fait de mettre en avant les mérites « d’un bon samaritain » laisse supposer, en creux, que la bonté n’était pas, à l'époque, l’apanage des samaritains considérés comme infidèles au regard des prêtres et des lévites dont l’existence était tournée vers Dieu.
-
- - Autre interrogation liée cette fois ci au commandement « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ceux qui n’ont pas une bonne image d’eux-mêmes ne peuvent, par définition, atteindre cet objectif. Pour aimer les autres, ne faut-il pas s’aimer soi-même.
-
- - Enfin, comment les religieux vivant dans les monastères, dont la vie est consacrée à la prière, peuvent venir concrètement en aide aux hommes en détresse et satisfaire ainsi à la volonté de Dieu ?
Répondre
E
Merci Jean-Marc de tes réactions. Tout d’abord, cette parabole est une réflexion sur l’idéologie ou sur les lunettes que chacun porte pour analyser la réalité en fonction de sa situation dans la vie :
- Le Bon Samaritain n’a pas de réputation à défendre si bien qu’il peut laisser parler son cœur sans arrière-pensée ;
- Le prêtre et le lévite sont tenus à une pureté rituelle pour fonctionner dans le temple. S’occuper d’un blessé ruisselant de sans les rendrait impurs pour leur service dans le temple.
C‘est vrai aussi qu’on ne peut pas aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même. Autrement dit, il faut être le Bon Samaritain, non seulement par rapport aux autres mais déjà par rapport à soi-même. Je suis moi-même un autre tout en étant sujet à part entière et non un être replié sur moi-même.
Quant aux religieux, ils sont d’abord des hommes, avant d’être des religieux ! Une vraie vie religieuse devrait les aider à acquérir un surcroît d’humanité et non pas les enfermer dans la religion. Dieu est du côté du surcroît d’humanité…
M
Bonjour Etienne

Si Dieu est la vie, on ne peut témoigner de lui qu'à travers notre vie d'être humain, en le "réalisant" et non pas par de beaux discours. D'ailleurs, peut-être que le but de notre vie sur terre n'est pas de témoigner de manière abstraite mais de réaliser notre partie divine personnelle, celle que chacun porte en lui, comme la plante ou l'animal et toute chose dans la nature le font.

A bientôt pour la suite
Michèle
Répondre
E
C’est sans doute notre nature divine qu’exprime la parabole. Elle exprime en même temps celle de Dieu. C’est pourquoi nous pouvons être sûr qu’il ne nous laissera pas tomber. J’ai vécu très concrètement cette parabole : je pourrai l’évoquer le 24 juin.
Merci Michèle !
G
L'article est référencé par google.
Répondre
B
MERCI Etienne pour ce beau texte dans lequel je me reconnais tout à fait.
Il ne reste plus qu’à faire ….
Amitiés.
Bernard Beaudonnet
Répondre
B
Merci Bernard. Pour moi, c’est une des plus belles paraboles que je connaisse. Et je crois qu’elle a assez de puissance pour nous entraîner dans le faire.

Bien amicalement.
G
Cher Etienne,
Je n'avais aucune intention de t'apprendre quoi que ce soit, ni sur le sujet, ni sur mon point de vue . J'ai saisi l'occasion de cette belle parabole et de ton commentaire pour formuler, sur les questions posées, ma position présente. Je relirai ton texte plus attentivement.

Je reste assez perplexe sur l'image que tu avances : « endosser le vêtement de Dieu ». Comme s' il (Dieu) était extérieur et déposable après usage. C'est ainsi que je vois ce qui m'est arrivé -sans doute à cause de ce que j'avais compris, il a 70, 60 ans … : un « Dieu » objet de discours et de spéculations, source d'obligations et de pouvoirs, qui met notamment les « lévites » et leurs fidèles hors de la vie, c'est-à-dire des solidarités de fait . Ou au mieux qui les invite à se pencher sur autrui (avec ou sans élan).
J'utiliserais plutôt une autre image : « Dieu », si on veut retenir le mot à ce sujet, serait plutôt -non le vêtement- mais pour chacun la colonne vertébrale, pourvu qu'elle soit branchée sur un cerveau et un « coeur » : ce qui installe dans la solidarité historique et pousse à y agir. Le « diable » , si on veut continuer avec ces appellations, est ce qui détruit ces connexions, l'une ou l'autre ou l'ensemble, évacue les solidarités, met hors de la vie réelle et commune.

L'intérêt de ces «appellations» (Dieu, le Diable) est de souligner le caractère radical, vital ou mortel, de ces comportements.

Pardonne moi cette petite précision qui n'ajoute rien
Bonne journée aussi. Bien cordialement.
Gérard
Répondre
E
Oui, cette image du vêtement n’est pas très facile à entendre. Avec l’image de la colonne vertébrale, tu attires l’attention sur une nouvelle structure. Mais alors, on ne peut pas séparer la structure du souffle vital, qui inclut l’élan du cœur. C’est l’Esprit (souffle) qui opère en nous le changement.
Là je suis dans la cogitation et non dans la pensée. Il faut encore travailler.
Très bonne journée !
G
Cher Etienne,
Comme toujours je trouve avec plaisir ta réflexion, ton invitation à y participer. Et comme souvent, dans ce premier temps, je me retrouve assez bien dans ton propos (si je le comprends bien) et avec quelques écarts sur son expression, qui sont peut-être des écarts sur le fond. Et celui-ci (si je le comprends bien) mérite examen, Que cette parabole soit une révélation « en même temps, (de) Dieu et (de) l’homme », oui sans doute, mais cet « homme révélé » qu'est-il ? Et Dieu lui-même, que peut-on en dire ?

Jésus prend comme départ de sa réflexion le cas de ces deux « religieux » qui consacrent leur vie à Dieu en cherchant un « surcroît de sens » à leur vie qui sombre en fait dans « le non-sens ». Nous pouvons bien comprendre ces « religieux » et leur tentation ! Et encore mieux le commentaire que tu proposes de ce choix, qui est un faux-sens, un non-sens, une illusion.
Le Samaritain est « considéré comme un ' infidèle ‘ ». Qu'est-ce à dire ? Est-il infidèle aux Dieux considérés comme seuls « vrais » ? Est-il lui aussi (comme disait Justin) « athée de tous les faux dieux » : les dieux des prêtres, des sectes et des églises, des philosophes ou des savants ? Mais il agit pour maintenir son prochain (pas si proche !) en vie. Il n'est pas « préoccupé de Dieu » mais des hommes réels et il agit en homme, humainement, simplement, efficacement, responsable du présent, donc du futur.

Je dirais volontiers que « Dieu est en lui » si ce propos n'était pas récupérateur, Je ne te suis pas quand tu évoques « un vêtement » et quand tu y loges Dieu, comme extérieur, presque accidentel ou aléatoire. Je pense que ce mouvement qui pousse à cette action simple (pas toujours !) et réelle, concrète, pour la vie d'autrui, cet élan vital en faveur d'autrui contient infiniment plus de « Foi » en « Dieu » (celui-ci reste hypothétique, à mes yeux) que les discours ecclésiastiques, qui ne peuvent au mieux, et quand ils sont entendus, que donner un « surcroît de sens » à la vie. Mais où pourrait aller ce « surcroît de sens » si la vie si la vie n'a pas de sens par elle-même ?
Pour le dire autrement : penser et agir selon ce qui fait de nous des « hommes », selon ce qu'on appelle faute de mieux : « l'humanité », il n’y a RIEN de plus essentiel, ou pour le dire mieux : de plus fondamental. Qu'on appelle ce fondamental humain : « Dieu », pourquoi pas ? Cela, du moins, nous rattacherait à une longue tradition de réflexion, pourvu qu'elle soit ouverte, rationnelle, humaine. Et non soumise à des institutions qui savent être très inhumaines.

Et le diable dans tout ça ? Il est (dans ???) notre refus, notre peur -très « humaine » - d'êtres humains avec nos frères humains. Et ceci, cette peur et ces refus, « l'humanité » sait très bien les entretenir dans tous les siècles et dans tous les peuples. C'est-à-dire que, si on le veut bien, la lutte est constante. Il ne s'agit pas de « sortir de l'animalité », mais de cultiver en nous et faire agir l'humain - contre l'inhumain toujours prêt, lui, à agir. Comprendre la réalité, par la littérature, l'histoire, l'art, faire honnêtement ce qu'on peut là où on est, avec l'amitié, l'amour, la tendresse (Cf. Camus, en conclusion de La Peste, p. 239 et passim) et s'ouvrir à tout ce qui rend intelligent, amical, et plus... Et c'est cela qui -jusqu'à présent- contribue à la « genèse de l'homme », qui est quotidienne, qui n'a pas de fin, tant que l'homme est un homme. Ou souhaite l'être.
C'est ce qui se joue aujourd'hui, avec une urgence très particulière, dans cette circonstance issue d'évolutions et de choix historiques plus inspirés par les lévites bien établis que par des subalternes samaritains de passage. Et les brigands, tranquilles et tout-puissants, sévissent toujours.
Gérard Jaffrédou
2.VI. 20
Répondre
E
Merci Gérard, ce qui m’intéresse dans ta réponse, c’est l’écart par rapport à mon propre discours. Sinon je n’apprends rien.
Le Samaritain est infidèle par rapport à un discours, celui de l’orthodoxie juive. Et cela est important pour le Christ car il veut mettre en relief la différence entre le discours et l’élan du cœur. C’est l’élan du cœur qui est important car il ne ment pas. Et, tu rajoutes, de ton côté, l’élan envers autrui. L’autre est fondamental car c’est l’accueil de l’autre qui définit l’humain. Il y a là un retournement : on passe d’une fidélité au même à une fidélité à l’altérité. Le Samaritain n’est pas tourné vers son groupe d’appartenance, il est fondamentalement tourné vers l’autre.
Le diable, c’est fondamentalement ce qui s’oppose à l’autre, à l’altérité de chacun. Il est celui qui enfreint l’hospitalité, qui est l’attitude du Bon Samaritain.
Enfin, sur le vêtement je me situe dans la ligne du vêtement que doit porter l’invité dans l’Evangile. Il ne s’agit pas d’un atour superficiel et étranger mais de cette nouvelle dimension qui fait de moi un Dieu…
Très bonne journée !
N
Ta réponse n'est pas très convaincante.!
Répondre
E
Je ne sais pas que te dire de plus si ce n'est qu'il y a un grand décalage entre l'poque et la polotique économique qui est d'un autre âge comme s'il fallait se battre à mort pour survivre
N
Etienne,
Je viens de lire ton dernier texte sur le "bon samaritain. Je te joins celui d'Anne Lecu, dominicaine, très active pour le pèlerinage du Rosaire. J'ai bien aimé son interprétation.
Ton exemple sur "Trump, Poutine..." est caricatural. Plusieurs exemples, plus significatifs, plus sournois, à l'abri d'élections sont évidents.
Nicolas
Répondre
E
Merci de réagir. Si j’ai pris comme exemple nos grands gouvernants, c’était pour montrer que le monde entier est encore aujourd’hui dans une logique de violence et de survie. Il ne s’agit pas d’une pratique périphérique : avec le capitalisme, elle reste centrale et désorganise le monde.
Très bonne journée !
A
Merci
..... C’est ainsi que nous avons les Etats-Unis avec Trump, la Chine avec Xi Jinping, la Russie avec Poutine, qui cherchent à nous imposer leur domination en multipliant les destructions et les humiliations.

Je partage... « L’homme naît de sa rencontre avec un bon samaritain »

Bien à toi
à bientôt j'espère

Bien amicalement
Anne Marie
Répondre
E
Merci Anne-Marie. J’espère que tu vas bien dans ta nouvelle résidence de Lozanne.
A bientôt !
A
Merci pour ton texte sur le bon samaritain, avec lequel je consonne profondément.
Bon déconfinement.
Alain
Répondre
E
Cela ne m’étonne pas du tout !
Bon déconfinement de votre côté !
D
D'accord avec toi.
Bon piège. J'ai péché un bon poisson.
denis
Répondre
E
Mais est-ce que le poisson s’est laissé prendre ? C'est doublement coupable que de pécher un bon poisson !
D
Merci pour ton blog.
Ton interprétation de la parabole du bon Samaritain est un peu cavalière.
Le prêtre et le lévite sont bien des serviteurs du temple, mais, d'après l'épitre aux Hébreux, leur pouvoir est aussi puissant qu'une idole de pierre, de plâtre, etc. Devenus inutiles, ils sont impuissants ; ils sont sans pouvoir.
Comme l'homme riche qui veut faire bâtir un nouveau grenier, ils vivent à côté de la plaque. En ce sens, tu as raison. Mais la raison que tu mets en avant, est une fausse raison.
En ce temps de pentecôte, respect à la parole, respect à l'esprit saint. Respect à toi-même.
Respect à moi-même.
Bon courage.
J'attends la suite avec plaisir.
Denis
Répondre
E
Denis, tu me poses un piège. Je pense pourtant être d’accord avec toi, car c’est à une idole qu’ils ont voué leur vie. C’est pourquoi ils sont en dehors de la plaque, sans véritable pouvoir. Un véritable religieux ne peut pas être trop occupé par Dieu, car Dieu laisse constamment à la place à l’autre, dépouillé, abandonné…
C
Voici le texte écrit durant le confinement.

« Si c’était un ange ? »

Réveil à l’aube ce matin pour ma nouvelle routine matinale, le cours de Kundalini yoga avec Odile Chabrillac.
Je n’ai pas trouvé mieux pour être en joie et démarrer la journée, avec une belle énergie.
SAT NAM

Libérer cette énergie par une marche dans la Nature après le cours, est la cerise sur le gâteau.
Les températures de ce mois d’avril sont élevées et nous sortons Sam le matin pour sa balade dans les champs aux alentours.
Nous avons rencontré ce matin « l’être et son chien ».

Il y a dans le quartier un être qui semble venu d’un autre monde. Il est complètement défiguré avec un nez énorme au milieu du visage, d’une laideur inimaginable. Il a du mal à s’exprimer.
J’ai eu beaucoup de difficultés au départ, à pouvoir le regarder en face.
Nous avons l’habitude de passer devant sa maison, sa chienne aboie et il n’a de cesse de nous répéter qu’elle n’est pas méchante.

J’ai du mal à le nommer.
Je suis vraiment confuse mais sincère.
Nos yeux sont-ils prêts à voir l’horreur en face ?
Et pourtant, l’humanité a commis les pires horreurs que nous n’avons jamais voulu reconnaître en nous !

Il est ici mais à la fois, il semble loin de ce monde où le beau est l’unique cadre de référence ou du moins ce que nous considérons comme le beau.

Ce matin, j’ai vu la Beauté au coeur de cet homme. Il était au milieu d’un champ et il ramassait un grand bouquet de fleurs.
Il nous a reconnus et salués.
Nous avons fait de même.
Il était joyeux de nous dire qu’il ramassait des fleurs.
« Elles sont belles, hein ? »
Il semblait être dans son élément.

J’ai été saisi d’une immense émotion.
Ces fleurs !
Mon Dieu que je les ai bennies !
J’ai ressenti au plus profond de moi l’allégresse.
L’être le plus horrible que je n’ai jamais vu qui a entre ses mains la perfection, des fleurs magnifiques.

Lui a reconnu en elle le Beau, la grâce.
Et ces fleurs font écho à la Beauté en lui que l’on ne voit pas à l’extérieur.
Là est la rencontre qui se présente à nous sur le chemin.
Qui es-tu ?
Un ange passe.

Et puis, Sam est allée voir sa chienne qui s’est jetée sur lui. Rien de grave.
J’ai eu cette conviction qu’elle voulait protéger son maître car elle sait.
Elle sait la vulnérabilité de son maître qu’elle défendrait à mort.
J’ai toujours été très touchée par la fidélité des chiens à leur maître et cette capacité à donner leur vie.

Cette accrochage entre nos deux chiens a déclenché des pleurs et la panique chez cet homme.
« Elle n’est pas méchante. »

Il a eu peur.
Et cette peur est la peur de perdre son chien, le lien indéfectible qui le relie au cœur du Vivant, à l’émotion, à la Parole.
J’ai compris pourquoi il nous répétait sans cesse que sa chienne n’était pas méchante.
Il sait.
Il sait ce qu’elle serait capable de faire si l’on s’introduit dans son espace vital.
Nous ne pouvons pas.
Il n’est pas de ce monde.

Apaiser
Et puis marcher un peu plus loin.

Juste avant de m’endormir, j’ai repensé à tout cela.

Aller regarder en face et sans détours, le plus laid, le plus noir, le plus pauvre, le plus petit, la plus effroyable créature, n’est-ce pas reconnaître en nous, l’abîme de notre être ici-bas et reconnaître derrière toute cette laideur, la Beauté dans l’essence de l’être ?
Répondre
E
Je ne sais si cet homme très laid était très beau à l’intérieur. Et pourtant j’en suis sûr car ton texte est très beau. Et son chien, gardien d’une beauté que personne ne voit mériterait d’être un ange venu directement des cieux.

J’ai des amis qui viennent de perdre un chat qu’ils adoraient. Il a voulu laisser la place pour leur fils en difficulté. Il y a des choses qu’on ne voit pas mais qu’on devine.
C
Bonjour Étienne,

Comment vas-tu ?

J’étais dehors à l’ombre sous un arbre dans le jardin et j’ai eu le plaisir de recevoir ton nouveau texte qui fait écho à ma pratique quotidienne du yoga et de la méditation depuis le confinement.
Je m’accorde ce temps et cette pratique amène à connecter cet espace dans le for intérieur qui est...

Qui est quoi ?

Le noyau de l’être ?
Le ciel ?
comme l’exprime, Christiane Singer
Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
La conscience
Le grand tout à l’intérieur de soi
Le vide qui permet de se relier ?
La Source ?

Tu apportes la réponse.

J’admire ta faculté de porter ce message et à la fois de soutenir les Églises qui ont parfois un peu oublié cette « sobriété du divin ».

Et je vais t’adresser un texte, dans un mail suivant, que j’ai écrit suite à une rencontre avec JF et Sam lors d’une de nos marches matinales durant le confinement.
Je crois que cela parle de la même chose.

Bonne fin de journée,

Christine Duval
Répondre
E
Continue à pratiquer le vide, qui ouvre une place pour le pauvre en priorité, mais aussi pour tout homme de passage, car il est le messager de l’Autre. Finalement tout homme est un Dieu.
S
Merci Etienne pour ce beau texte, il me réconcilie avec quelque chose d'infini et d(indéfinissable il réchauffe mon coeur. Je ne sais si Dieu existe mais j'aime l'idée qu'il se manifeste à travers nos gestes.
Bonne journée à toi.
Répondre
E
Merci Vida. Je ne sais pas si Dieu existe parce que chacun a son visage de Dieu. Mais ce dont je suis sûr, c'est qu'un Autre existe, "infini et indéfinissable"

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