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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 11:49

https://voxclamantis.skyrock.com/2372075373-E14-L-ISLAM-ET-LE-CHRISTIANISME.html

Une lutte qui ne dit pas son nom entre Islam et christianisme

 

Nous sommes actuellement en pleine crise d’identité. Les individus et les nations ne savent plus où ils en sont. En ce domaine, les réactions se cristallisent autour de la question des migrations. Comment allons-nous résister aux menaces qui mettent en cause nos racines ?  A travers les populations qui se pressent aux frontières, c’est l’Islam qui pourrait menacer notre stabilité. Cela paraît presque clair avec les pays de l’Est européen : Hongrie, Slovaquie, Pologne, avec l’Autriche, une partie de l’Allemagne et certains pays du Nord. En échange, la crispation se développe aussi dans les pays du Moyen Orient, renforçant ainsi l’intégrisme et la violence de l’islamisme. Et chez nous, comme dans les pays du Sud (européen), des forces contraires finissent par s’opposer puisant dans chaque camp les motivations de leur extrémisme.


En réalité, ce qui est en cause ce ne sont pas les religions elles-mêmes mais les cultures

Ce qui fait peur ce n’est pas d’abord la concurrence des religions. Les religieux sont relativement au clair avec le problème des conversions, même si les évangélistes chrétiens d’origine protestante paraissent plutôt agressifs en ce domaine. Il est même probable que l’Islam ne posera pas de problème à la revendication française de laïcité. Mais les comportements sont souvent différents de part et d’autre et la culture des musulmans pourrait remettre en cause nos propres habitudes.


Qu’on le veuille ou non, les religions fabriquent de la culture, c’est-à-dire de l’universel

Un des grands intérêts des religions n’est pas simplement d’orienter l’esprit des hommes vers Dieu ou des puissances supérieures. Il est aussi d’accroître la spiritualité et de donner force à des valeurs comme l’écoute, la parole, la miséricorde, l’amour, la solidarité… En ce sens, elles peuvent enrichir la culture et faire progresser les peuples et les individus vers plus d’humanité. Mais il est clair, en ce domaine, qu’il faut travailler avec le temps. Par ailleurs, chaque religion, prise en particulier, peut faire apparaître des insuffisances qui devront être compensées par des confrontations avec l’extérieur.


La culture musulmane révèle l’autre de la culture occidentale

Il est bien évident que la culture occidentale ne se résume pas à la culture chrétienne : la Grèce, l’Egypte, la Perse l’ont aussi façonnée en même temps que le christianisme. Mais il faut bien reconnaître, en même temps, que le christianisme a constitué une de ses matrices principales, et, par là-même, il a permis d’intégrer les apports d’autres univers culturels. De ce point de vue, il y a des choix et des tensions propres à chaque culture. Or, on remarque que, souvent, la culture musulmane représente en creux ce qui manque à la culture occidentale. Elle insiste sur le sentir et l’émotion alors que l’occident insiste sur l’Être. C’est ainsi qu’elle offrira plus de place à l’esthétique et à l’art lui-même. En même temps, l’Orient musulman est plus sensible aux limites de la connaissance et à l’inconnaissance que la culture chrétienne, soucieuse de rationalité et d’une plus grande recherche de la vérité du monde. Sur un point essentiel concernant l’écriture et la parole, l’insistance sur l’écriture est grande du côté de l’Islam puisque la révélation grâce à l’archange Gabriel consiste en la transmission d’un livre, alors que le christianisme privilégie le Logos, c’est-à-dire la Parole. On notera aussi que la culture musulmane laisse une place à la violence, comme force de séparation, antérieure à la parole, alors que la culture chrétienne aurait tendance à la laisser dans l’ombre. Soulignons aussi que l’Orient privilégie l’origine et que l’Occident accentue l’importance de la fin. Même s’il s’agit de nuances, il faut enfin préciser que le corps et le féminin reçoivent les faveurs de l’Islam alors que le christianisme serait plus du côté de l’esprit et du masculin.

S’il en est bien ainsi, on voit que, du point de vue culturel, l’islam et le christianisme ne peuvent aller l’un sans l’autre. Aussi vouloir construire son identité à partir de l’un ou de l’autre est voué à l’échec. Plus je me replie d’un côté pour me retrouver et plus j’accrois le risque de me perdre.

 

La crise qui oppose les deux cultures pourrait être le temps d’une gestation

Ainsi la lutte entre l’Islam et le christianisme, sous leurs formes culturelles, qu’il faut bien accepter de repérer et de nommer, ne doit pas nous inciter à la crainte et au repli. Elle doit réveiller notre courage et nous ouvrir à l’espérance. Car c’est, dans l’affrontement constructif entre les deux cultures que pourrait s’engendrer un monde plus ouvert et plus humain, tel que le recherchent l’Europe et le Moyen Orient. Qu’ils le veuillent ou non, Europe et Moyen Orient ont partie liée et la promotion de l’un ne peut se faire sans la transformation de l’autre.


A travers la nouvelle gestation, certains problèmes fondamentaux pourraient trouver leur solution

La relation entre l’homme et la femme

Dans l’Orient musulman, la femme a beaucoup plus d’importance qu’en Occident. C’est peut-être parce qu’elle fait peur que l’homme lui impose sa tutelle. En tout cas, les Mille et Une nuits lui accordent une place fondamentale pour apaiser les rapports à l’intérieur du couple. Elle doit ouvrir l’oreille de l’homme qui n’entend pas la parole féminine. C’est dans cette surdité de l’homme que résiderait une bonne partie des problèmes de l’humanité. Aussi, dans la confrontation entre nos cultures, la sève révolutionnaire de la culture musulmane pourrait renforcer la libération de la femme aussi bien au Moyen Orient que dans l’Europe elle-même.

La place du corps humain

Comme nous l’avons souligné, la culture musulmane met l’accent sur le corps au moment où la culture occidentale privilégie l’esprit. Or, le développement de l’industrie numérique pourrait reléguer le corps dans une forme d’abstraction, pour donner place à un universel univoque, destructeur de toutes les multiplicités culturelles. Nous percevons donc le rôle que pourrait jouer l’Orient pour forcer l’évolution à faire une place au corps émotionnel. Mais en attendant, il appartiendrait à l’homme occidental de révéler le corps précieux de la femme en l’amenant à se défaire de son voile. Ainsi, comme toujours, la solution se joue dans un jeu croisé entre les partenaires.

Le rapport entre la violence et la parole

La parole a son cheminement. Elle doit naître de la violence qui permet la séparation. Dans le jeu entre nos deux cultures, l’Islam attire notre attention sur cette force de séparation sans laquelle la relation n’est pas possible et l’Occident insiste sur la nécessité, à un moment donné, de passer à la parole pour écarter la violence destructrice. Un tel jeu est, en fait, créateur d’un surplus d’humanité.

La liberté de l’interprétation

En Islam, l’insistance sur le livre conduit à sacraliser l’écriture et donc à empêcher son interprétation. Cela est d’autant plus ennuyeux que le développement de l’intégrisme en est le résultat. Dans l’Occident chrétien, la parole est première mais elle a besoin de l’écriture. Non seulement l’interprétation ne peut être interdite par respect pour l’écriture, mais elle est exigée pour que l’écriture, en un sens, devienne mère de la parole. Une fois encore, la confrontation doit permettre d’arriver à un juste équilibre. Parole et écriture ne peuvent fonctionner l’une sans l’autre.

Le jeu entre le sacré et le profane

En insistant sur l’origine, la culture musulmane tend à l’enfermer dans le mystère. Par contre en insistant sur la fin, la culture d’origine chrétienne, libère l’initiative humaine en donnant sa place au profane. Mais le profane ne peut se développer sainement, si l’homme se prend lui-même pour l’origine. L’origine contient un secret que l’homme doit progressivement découvrir pour prendre en charge l’avenir du monde. Au moins jusqu’à un certain point.

Etienne Duval


 

 


 


 

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commentaires

C
Etienne bonjour,<br /> Suite à ton article en plein dans le mille sur l'islam et le christianisme je viens d'écouter comme chaque dimanche matin sur france-culture entre 7 et 8 heures Questions d'islam " L'islam et la révolution sexuelle" avec Nadia El Bouga sexologue clinicienne. Elle répond à G. Bencheikh en distinguant bien sexualité masculine et féminine et aussi sexualité personnelle comme approche de la sexualité relationnelle. Sont aussi abordées les questions de la virginité et de l'homosexualité. C'est vraiment aussi en plein dans le mille et à réécouter.<br /> Bon dimanche.
Répondre
C
Merci pour ton esprit toujours en éveil !
J
Merci pour tes éclairages.
Répondre
J
Merci pour ces réflexions qui m 'emmènent loin et dans des zones en grande partie inconnues ... mais ça fait du bien de se poser des questions.<br /> Il me semble que - si j'ai bien compris ton analyse - je te rejoins sur le glissement de la religion vers la culture.<br /> Par contre, je ne vois pas en quoi " le corps et le féminin reçoivent les faveurs de l 'islam " et pourquoi l'homme occidental doit amener la femme à se défaire de son voile «.<br /> Pour avoir essayé la tenue intégrale grillagée imposée aux femmes en Afghanistan et autrefois en Ouzbékistan je peux te dire que je ne me sens pas reconnue sous cette tenue de camouflage ...<br /> <br /> Bel automne. Bien amicalement.<br /> <br /> Josiane
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E
Merci Josiane pour tes commentaires. Et, en un sens, tu as raison pour tes questions. C’est vrai qu’on ne peut pas approuver les grillages imposés aux femmes. Mais, pour moi, cela ne veut pas dire que la femme ne tient pas une grande place, sans doute plus comme mère que comme épouse. Et, c’est sans doute parce qu’elle donne la vie, qu’elle met l’homme en infériorité et qu’il en vient à poser des interdits sous la forme du voile de camouflage. Par peur d’être dominé et en plus d’être trompé, il en vient à dominer lui-même. En ce qui concerne le corps, c’est un point que l’on peut discuter. Mais regarde comment, même dans la prière qui est un acte spirituel, la gestuelle du corps prend, dans l’Islam, une place plus importante que chez nous. Enfin, l’idée que l’homme occidental doit amener la femme à se défaire de son voile est présentée comme une métaphore plutôt que comme une pratique concrète.<br /> Mon point de vue est que la relation interculturelle entre l’occident et l’orient musulman, en donnant une place à l’autre, permet de retrouver la matrice commune aux deux cultures et donc à ajuster les pratiques.
N
Je souris en lisant ta réponse !<br /> <br /> Comment, comme non spécialiste (une grande majorité d'occidentaux et autres) peut-on accepter ce postulat : "Dans l’Orient musulman, la femme a beaucoup plus d’importance qu’en Occident » ? <br /> Quels droits ? Combien d'universitaires, d'écrivains, de dirigeants politiques etc. ? <br /> La réalité ne peut être vue que par des spécialistes !
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E
Même si la femme est sous la tutelle de l’homme, cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas très importante dans la vie de tous les jours. Un Tunisien avec qui je discutais, il y a plusieurs jours, était d’accord avec moi. Les droits, c’est un autre problème, mais je ne veux pas polémiquer. Nous avons raison tous les deux mais sous des points de vue différents.<br /> Très bonne journée !
N
J'ai lu ton dernier blog. Je trouve que ton blog se base sur des postulats "discutables » et sur ces contes dont les 1ers ont été écrits avant l'Islam. Ces contes ne représentaient t’ils pas que la vie d'une minorité privilégiée de la population et ne peuvent ainsi être utilisés pour montrer le rôle de la femme entre le 8ème siècle et le moyen Age au moyen orient ?
Répondre
E
Bonjour Paul,<br /> Je comprends ton interrogation, mais je trouve que les physiciens sont très compétents dans leur domaine. Et, sur ces questions je ne me hasarderais pas à donner un point de vue recevable. Mais la compétence en physique ne donne pas la même compétence dans les sciences humaines, ce qui se trouve être davantage mon domaine, au moins en ce qui concerne la sociologie et les mythes. Je pense que l’on réussit d’autant mieux qu’on est modeste dans son domaine et encore plus dans un domaine qui n’est pas le sien. Pour autant je suis loin d’être compétent en ce qui concerne l’Islam et je suis prêt à écouter les critiques d’où qu’elles viennent, surtout en ce qui concerne le blog. Et même je pense qu’il ne faut pas attendre d’être compétent dans un domaine précis pour présenter des critiques. Alors, je retire, en partie, mon point de vue précédent.<br /> Tu fais allusion aux contes des Mille et Une Nuits. Ils sont loin d’être tous antérieurs à l’Islam. Par ailleurs tu fais allusion au conte de Shérazade sur la place de la femme. Il me semble qu’il dit beaucoup de choses sur la culture musulmane en ce qui concerne la femme, mais il faut interpréter. Les contes des Mille et Une Nuits sont une mine pour comprendre la culture musulmane en dehors du domaine proprement religieux.
G
J'avais bien compris.<br /> <br /> Je plaisantais un peu par fausse modestie
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E
Merci pour la petite précision.<br /> <br /> Très bonne journée !
G
Cher Etienne,<br /> Je suis bien content d'être un peu utile parfois à ta réflexion. J'assume volontiers le rôle que tu m'assignes, l'historien de service. Tu pourrais d'ailleurs en trouver de meilleurs, plus compétents, moins portés sur les généralisations abstraites, trop rapides, approximatives.<br /> J'apprécie de mon côté que ta réflexion, utilement provoquante au besoin, me pousse à construire une sorte de cohérence entre mes engagements d'autrefois et ceux d'hier. Quant à ceux d'aujourd'hui et ceux de demain ?.... ils en sortiront peut-être.<br /> Bien amicalement
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E
Gérard, pour moi, tu n’es pas l’historien de service, mais tu es un autre avec qui le dialogue est possible. C’est cette altérité qui est fondamentale et qui te permet de dépasser l’historien. Personnellement je ne souhaite pas que tu t’identifies à l’historien. Tu es un autre et en plus tu es historien ce qui ne gâche rien.
C
En fait on se trompe quand on fait du voile islamique un affichage du prosélytisme religieux ; c'est plus un marqueur culturel que religieux ; il est vrai que les deux sont intimement liés d'où l'importance de les distinguer.<br /> Car la difficulté pour moi avec la religion c'est que tout en renvoyant à l'universel, dans le même temps, au nom de la vérité, sa vérité qui lui est propre, pour qu'elle puisse être universelle il faut impérativement qu'elle renvoie à l'Un et cela, non seulement dans les religions monothéistes - dont les trois religions du Livre - mais même dans le bouddhisme, bien que, peut-être pour cette raison, il ne se considère pas comme une religion.<br /> Alors, en lisant le commentaire de Gérard hier dimanche et ta réponse, je me dis d'accord avec vous deux, que bien sûr : si, comme l'écrit Gérard, " la religion renvoie "au réel" - plutôt qu'aux querelles dogmatiques, ou à des impératifs moraux, ou à des formes et institutions plus ou moins artificielles vites périmées", pourquoi pas, mais pour autant cela ne me satisfait pas ; parce que qu'est-ce que ce "réel" ? Ça ne répond pas à ma question d'une religion qui se veut à la fois la vraie, Une - comme dit le credo catholique - et universelle, précisément au sens étymologique de "catholique". <br /> Pour ma part je dirais, pour être suffisamment précis, que la religion renvoie au réel de l'expérience religieuse. Et quelle est-elle ? Cela commence déjà pour l'enfant au moment du stade du miroir tel que le décrit Jacques Lacan, ce moment où le petit - entre 6 et 18 mois - qui jusqu'alors était aux prises avec des objets et son propre corps morcelé, jubile en découvrant son image dans le miroir : "c'est bien moi", tout en se retournant vers la voix qui l'appelle ; car c'est dans ce retournement, c'est-à-dire ce moment où il se sépare de son image, qu'il se découvre à la fois Un - non plus son corps morcelé - et Autre, l'Autre du désir, l'Autre qui l'appelle. Il est là, il me semble, le fondement du religieux ; et il n'est pas nécessaire d'être croyant, d'appartenir à une religion, on peut être athée, pour le comprendre : il n'y a pas de l'Un sans l'Autre. Ce qui, par là même, répond au hiatus entre vérité une et universelle.<br /> Lacan dans son séminaire Encore de 1972-73 poussera le bouchon un peu plus loin, si je puis m'exprimer ainsi. "L'Autre, précise-t-il, ne s'additionne pas à l'Un. L'Autre seulement s'en différencie, car l'Autre, dit-il, c'est l'Un-en-moins. " Et dans ce même séminaire il distinguera la "jouissance phallique", celle de l'Un, du côté masculin, de la "jouissance autre", autre que phallique et aussi Autre, du côté féminin. Mais c'est une autre histoire.<br /> Donc pour ma part, si le réel du religieux est fondamental dans mon existence, c'est dans cette perception à la fois de l'Un et de l'altérité qui m'est donnée par la voix de l'Autre. Nous naissons seul, nous vivions seul, nous mourrons seul ! même le Bouddha dit cela ; et dans le même temps : l'Autre est là, les autres sont là ! Va comprendre, Charles !!<br /> Amicalement.
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E
Pour moi, le foulard est d’abord un marqueur culturel. Il est révélateur de la séduction féminine. D’ailleurs, en Iran, les femmes l’ont bien compris, car pour elles, le foulard est devenu un ornement et ainsi il révèle plus qu’il ne cache. Ensuite il y a eu une contamination du religieux sous sa forme masculine, qui veut afficher un interdit.<br /> Par ailleurs, je suis d’accord avec Gérard lorsqu’il pense que le religieux est légitime lorsqu’il renvoie au réel. Et, pour moi, ce réel c’est tout simplement l’(A)autre, ce sans quoi je ne puis pas être ni exister. Je serais assez d’accord avec Lacan, qui définit l’Autre comme l’Un en moins. Il est peut-être le miroir qui me renvoie à moi-même comme autre. Il est un Autre qui révèle et produit de l’autre. Il me fait comprendre qu’en un sens je est un autre.
G
Me voilà rassuré. Merci.<br /> Je pensais, après avoir expédié ce bout de texte sommaire, qu'au fond les deux questions peuvent se rejoindre simplement si on admet que la culture est cette capacité à comprendre le réel et l'homme "dans tout ça", avec quelques moyens ou expériences ou un peu de finesse, et à vouloir pour lui (et nous) un monde humain.<br /> Si " la" religion renvoie "au réel" - plutôt qu'aux querelles dogmatiques, ou à des impératifs moraux, ou à des formes et institutions plus ou moins artificielles vites périmées -, elle peut nourrir, avec la richesse de ses mythes et métaphores, cette culture-là : la compréhension de l'homme dans le réel. Ce pourrait être, dans l’idéal ! un travail commun des différentes religions. <br /> <br /> Les historiens font ce qu'ils peuvent, avec ce dont Ils disposent, d'abord leur propre culture et leurs a priori du moment. Beaucoup (quelques-uns ?) S’efforcent de s'allier à d'autres chercheurs, d'autres disciplines, malgré les séparations instituées depuis le XIXe s. par l'organisation universitaire. <br /> <br /> Voilà pour ce dimanche.<br /> Bien cordialement.<br /> Gérard
Répondre
E
En te lisant, je pense que nous finissons par bien ajuster notre manière de dialoguer. La religion n’a de sens que si elle renvoie au réel. Il en va de même pour l’histoire et n’importe quelle autre discipline. S’il en est bien ainsi nous ne risquons pas de nous égarer. J’apprécie que tu joues, pour moi, un rôle d’altérité, en étant le bon historien qui renvoie au réel. C’est pourquoi il nous arrive souvent d’avancer dans nos discussions.<br /> Bon dimanche.
C
Bonsoir Étienne,<br /> Plutôt que de réagir directement sur ton texte qui mériterait d'y passer plus de temps car il ouvre des pistes qui sortent des sentiers battus et de notre ignorance d'occidentaux sur l'islam - mais il y a par bonheur sur France-Culture chaque dimanche matin de 7 à 8h "Questions d'Islam" par G. Ben cheikh - je te transmets cette réponse d'une militante féministe de "Québec solidaire", Eve Torres, musulmane qui vit depuis 20 ans à Mont-Royal-Entremont. C'est paru dans "Presse-toi à Gauche", revue québécoise sur le lien http://www.pressegauche.org/Au-coeur-du-Montreal-multi :<br /> <br /> Qu’est-ce qui reste du « malaise » concernant le fait que tu portes le voile ? Pas grand-chose à vrai dire. Richard Martineau et Lise Ravary continuent leur croisade dans le Journal de Montréal, mais avec beaucoup moins de conviction. Même la CAQ et François Legault font attention, même si au fond d’eux-mêmes, on peut déceler encore cette fascination identitarisme. Par ailleurs, je suis partisane de la laïcité, mais pas de la laïcité à la française, qui exclut ceux qui ne sont pas dans la culture majoritaire. La question de l’islam, en tout cas ne se pose vraiment pas en termes politiques. Je suis féministe, de gauche, je milite pour les droits des gais. Pour moi, les droits des femmes ne sont pas négociables, dans n’importe laquelle société y compris la nôtre. Il n’est pas question de négocier nos droits au nom de quelque religion que ce soit. Je dis cela en ne reniant pas une seule seconde mon appartenance à la religion islamique.<br /> Comme quoi il n'est pas nécessaire, comme tu l'écris dans ton texte " d'amener la femme à se défaire de son voile" !<br /> Cela dit, pour aller un peu plus loin, j'apprécie que tu parles d'islam et non d'islamisme, ce qui en bonne logique correspondrait à "christianisme" ; autrement dit, tu situes bien islam et christianisme en tant que cultures et non en tant qu'idéologies en "sime" dont "chrétiens" et "musulmans" seraient respectivement les gardiens...du temple !<br /> Charles
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E
Merci Charles pour le témoignage que tu apportes à propos du voile. J’avoue qu’il m’éclaire car le voile apparaît alors comme une résistance à la toute-puissance de la culture occidentale : il y a quelque chose que vous ne saisissez pas dans votre culture. Je voudrais vous faire comprendre que c’est votre culture qui porte le voile et qui empêche la révélation de la vérité dans la confrontation entre nos cultures différentes.
E
Tu as tout à fait raison, Gérard, j’ai fait un glissement dont j’avais conscience. Cela, simplement, me permettait d’aller un peu plus loin dans ma réflexion. Par ailleurs, je pense que tu as raison de défendre la corporation. Cela m’intéresse parce que l’histoire est un secteur que je maîtrise mal, en tout cas moins que la sociologie ou la psycho-sociologie. Elle permet, en tout cas, d’être plus proche du réel. La seule chose que je souhaite, c’est que l’on ne réduise pas le réel à l’approche d’une seule discipline. Et je peux être assez d’accord avec ta conception de la culture, qui cherche à faire place à toutes les dimensions humaines et à toutes les disciplines pour comprendre l’homme et lui permettre de s’accomplir.<br /> Très bonne soirée !
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E
LE MESSAGE RELIGIEUX TROUVE SON ACCOMPLISSEMENT LORSQU’IL SE TRANSFORME EN CULTURE<br /> Je voudrais ici poursuivre le dialogue initié avec Gérard Jaffrédou sur le passage de la religion à la culture. Mon hypothèse consiste à dire que le message religieux se pervertit lorsqu’il s’enferme dans la religion et trouve son accomplissement lorsqu’il se transforme en culture. La culture naît dans la gestation que produit la confrontation d’une inspiration et de la vie sociale. Peu importe la nature de l’inspiration en question pourvu qu’elle vienne du souffle vital qui nous traverse tous. Rien n’empêche donc qu’elle ait une dimension religieuse. En se confrontant à la vie sociale, elle produit une culture, qui est en fait terrain de culture et, par là même, terrain de création, propice à la promotion des individus et de la société. Autrement dit la culture n’a pas sa fin en elle-même : elle est un espace intermédiaire pour permettre à l’homme d’être créateur.
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G
Cher Etienne <br /> <br /> Je terminais ma réponse à ton texte précédent, puis j'ai trouvé ton ajout ci-dessous, qui m'a conduit à ajouter une brève conclusion à ma réponse. (Je ne sais pas si je suis clair). Je suis parfaitement d'accord avec ce que tu dis à propos de la culture et de son rapport avec la religion.<br /> Voici donc ce que je te répondais, avec mon ajout.<br /> ---------<br /> Ce n'est pas l'histoire des religions en tant qu'institutions qui m'intéresse dans ce problème que tu posais : celui des rapports possibles entre l'Islam et le Christianisme. Permets moi d'observer dans ta réponse un glissement à un autre problème : celui du passage de la « religion » à la « culture » ; de plus dans ta réponse, tu assignes à l'histoire la tâche quelque peu subalterne « d'apporter des données sur les pratiques religieuses », comme si tu la jugeais incapable d'apporter des éléments et une réflexion sur « le passage de la religion à la culture », ou sur le contenu de l'une et l'autre, ou sur les rapports entre les religions. Qu'on le veuille ou non, ces passages, comme les rapports entre Islam et « christianisme » se produisent dans des contextes historiques, et pas seulement dans le ciel des idées et des querelles théologiques ou philosophiques, (d'où on porte volontiers un regard surplombant - comme celui du christianisme sur l'Islam – sur les questions de détail de l'histoire). En lisant Jean Delumeau, François Lebrun, Pierre Riché, et quelques autres, je n'ai lu n'ont rien de subalterne, mais au contraire ces apports sur les sujets que tu évoques. Excuse-moi de défendre la corporation.<br /> Sur ce genre de questions, que l’approche soit sociologique, psycho-sociologique ou autre est secondaire. Je sais seulement que, pour comprendre les contextes qui ont formé ces rapports et fait évoluer ou s'opposer les cultures et les religions, l'histoire avec ses limites (celles des historiens, des sources, et celles que s'impose la discipline) peut apporter une contribution prudente, méthodique et modeste, d'autant plus précieuse. Ni plus ni moins que les autres disciplines. L'efficacité, la richesse seraient d'ailleurs que toutes soient associées, reconnues, respectées comme toutes les religions et les cultures qui en proviennent.<br /> <br /> <br /> <br /> Cette association et cette recherche pour comprendre le réel dans sa totalité, religions comprises dans toutes leurs dimensions, et du même coup pour « comprendre l'homme » (qui est un animal politique, donc historique) me semble être précisément ce qu'on appelle « la culture ».
O
Merci à Olivier de signaler cet article dans oxymoron fractal. <br /> <br /> Appuyer sur Olivier ...
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E
Pour moi, le problème n’est pas l’histoire des religions en tant qu’institutions. Il est au-delà, dans la culture que ces religions ont façonnée. Nous quittons le versus religion/institution, pour aborder la façon dont telle religion a été inspiratrice d’une culture ou éventuellement de différentes trames culturelles. Je redoute une certaine toute-puissance de l’histoire qui voudrait analyser dans la culture, le cheminement de son évolution, à travers les rapports entre les institutions. Personnellement ce qui m’intéresse ce sont les cultures telles qu’elles nous apparaissent aujourd’hui. Peut-être l’histoire pourrait-elle apporter des données sur les pratiques religieuses mais les pratiques religieuses ne disent pas tout du passage de la religion à la culture. Elles n’en sont qu’un moment et je me demande si le problème posé ne relève pas davantage de la sociologie et ou éventuellement de la psycho-sociologie que de l’histoire elle-même.
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G
Cher Etienne, <br /> <br /> J'ai rattrapé la pensée, qui est bien courte.<br /> <br /> Nous goûtons à nos derniers jours (ici)<br /> <br /> Bien amicalement<br /> <br /> Gérard
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G
Il me se semble peu discutable que toutes les cultures gagnent à être et rester ouvertes, afin d'accueillir, comprendre, s'enrichir des voisines ou des autres plus lointaines. Sans cette ouverture et ces échanges, la « culture » ne serait qu'une « identité », coupée, séparée, crispée, essentialisée derrière des frontières d'ailleurs illusoires. Les « religions » par leurs fondements sont ou pourraient être la source de cette ouverture, par leurs messages d'amour universel ou de tolérance de principe.<br /> Le problème est que l'histoire s'en mêle. Les « religions » sont aussi des institutions liées au politique, à l'idéologie, au pouvoir. Elles sont ainsi politiques, servent ou se servent des rapports de forces qui n'ont rien de « religieux » Tout ceci crée des passifs qui s'accumulent. Les bonnes intentions ne peuvent suffire.<br /> Je pense donc qu'il faut commencer, en la matière, par un inventaire sans complaisance des relations telles que l'histoire les a faites, entre le « christianisme » et « l'islam » (comme à l'intérieur de l'un et de l'autre). On ne saurait oublier comment, le christianisme aidant, « l' Occident » s'est imposé dans le monde, a imposé sa « culture », son mode de vie et ses religions, associées à la domination le plus souvent brutalement coloniale. Il s'est posé comme la mesure et la norme de toute chose : droits, pensée, organisations, expression. La religion est un élément de la domination du côté « Occidental-et-chrétien » disaient autrefois certains qui le pensent toujours ; elle devient une idéologie justifiant, sacralisant la toute-puissance ; « en face », elle est un moyen de résistance, non moins idéologique. Dans les deux camps, elle est un élément essentiel d'une « identité » qui sépare, oppose jusqu'à la guerre ( déclarée sainte d'un bord comme de l'autre, chacun à sa manière ) . <br /> Dans les dialogues, pas seulement aux sommets, rien ne peut se faire ou se dire de vrai si ces faits de base ne sont pas clairement et sérieusement reconnus, admis, compris. Une « origine » des « rapports » (entre l'Islam et les autres - « nous » ) est là, repérable. Sans cette reconnaissance réelle et concrète, on ne peut envisager à ces dialogues aucune « fin ». <br /> <br /> Je doute que la laïcité, qui est un cadre précieux pour ces discussions en imposant par principe un respect des convictions religieuses d'autrui, soit en fait d'un grand secours. La laïcité n'est définie par aucun texte, elle ne fournit que des adjectifs (république laïque, lois laïques, etc) ; ou elle est caractérisée, croit-on, par des adjectifs (laïcité positive, stricte, absolue, etc) qui ne disent rien du substantif. Chacun, y va de ses définitions ou de ses ignorances. Peut-être nos amis et compatriotes musulmans trouvent-ils dans les institutions laïques de notre république une certaine protection. Très bien ! Mais rien ne les oblige à des comportements conformes à nos codes laïques qui nous sont devenus habituels, allant de soi, au point que leur non respect strict nous scandalise. De plus, je ne sais si la notion, si peu définie Dieu merci, est possible ou difficile à concevoir, dans une religion où le texte de référence est pris comme un absolu ; et dont aucune institution, à ma connaissance, ne pousse à la recherche (selon « nos » normes !). Peut-être y faut-il du temps temps… et « notre » compréhension sans naïveté et avec modestie. C'est là qu'est la difficulté. <br /> La « laïcité » était une politique de combat contre la puissance idéologique et institutionnelle de l’Église catholique. Contre elle, la « Laïcité » s'est posée, voire imposée, à la manière d'une religion, avec son « clergé à rebours » (selon la formule de mon directeur de recherche autrefois, auteur d'une thèse sur le clergé en Finistère de la Révolution à 1848) ; elle a ses dogmes et surtout ses ignorances délibérées et revendiquées, du fait religieux qu'elle repousse dans l'intimité des consciences (bien heureusement) ; elle n'en voit au mieux que les formes visibles et historiques, (parfois détestables). Ces ignorances-là sont souvent étonnamment abyssales, autant devant le christianisme que devant les religions autres, notamment l'Islam. Elles ne facilitent nullement le dialogue qui élaborerait une « pensée de l'entre », qui tiendrait ensemble tous les bouts du problème, apprécierait les écarts et renouerait les liens qui fondent l'humanité. <br /> Mais il faut commencer par le commencement : connaître, reconnaître sérieusement les réalités historiques autant que les enjeux philosophiques ou théologiques. Points sur lesquels je n'ai rien à dire de sérieux. Il est donc prudent qu'après ces généralités trop faciles, je m'arrête. <br /> Gérard Jaffredou, 21.IX.18
G
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E
Bonjour Gérard, Je suis en train de me demander si ta pensée annoncée ne s'était pas perdue entre Brest et Lyon ! Peut-être à bientôt ! Etienne DUVAL
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G
Non non. Elle se serait plutôt évaporée dans les chaleurs de fin d'été sur la plateau de Lesches, et retardée par les dernières rencontres amicales de ce séjour. ; à quoi s'ajoute le doute habituel sur l'intérêt de ce qui me vient sous les doigts devant le clavier. Puis des amis brestois m'ont embarqué dans une question bresto-brestoise et associé à une nécessaire protestation.<br /> <br /> <br /> <br /> Je vais quand même achever le bout de texte, entrepris sans aucune certitude, mais non sans une certaine conviction. <br /> <br /> <br /> <br /> A bientôt.<br /> <br /> Gérard
P
Cher Etienne, tes réflexions fort savantes certainement m'échappent en grande partie probablement parce que je le confesse le monde musulman ne m'intéresse pas tellement sauf peut-être en ce qui concerne la démographie et leur soucis de vouloir faire de tout un chacun un croyant ,ajoutons aussi que leur indifférence vis à vis des animaux et de l'écologie me rend ce monde très éloigné de mes préoccupations Pour être brève je suis une passionnée de l'écrivain DAOUD qui est pour moi un TRESOR .<br /> Affectueusement à toi.
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E
Tu as bien raison de t’intéresser à l’écrivain Daoud car il peut être important de savoir transgresser les frontières de son propre camp. Merci, en tout cas, d’avoir réagi.
C
Bonsoir Etienne,<br /> <br /> Tu donnes un éclairage riche de tout ce qui te fait toi et de ton immense ouverture culturelle.<br /> <br /> Par méconnaissance, nous montons des murs et suivons comme des moutons, le mouvement général dénué parfois, souvent, de sens.<br /> <br /> Réussir à élever la pensée à ce niveau de références, nécessite de renforcer la connaissance. <br /> <br /> Malheureusement, les religions aveuglent les sujets au lieu de les faire avancer sur un chemin initiatique.<br /> Il y a une espèce de leurre et on y perd son âme.<br /> <br /> J'ai la conviction que nous devons chacun avoir un esprit critique et s'interroger sur ce qui fait sens, écho. <br /> Écouter sa petite musique intérieure permet d'être guidé vers ce qui est vrai et de laisser parler l'émotion qui rassemble.<br /> <br /> Si tu suis le fil de ma pensée, j'ai spontanément évoqué le pré requis de la connaissance, l'esprit critique puis je me suis laissée aller à la quête de sens pour enfin écouter ses émotions.<br /> <br /> C'est intéressant : c'est cet équilibre entre l'esprit et le corps, le rationnel et l'émotionnel que tu évoques.<br /> <br /> Je crois au fond qu'au delà de tous les dogmes, les religions, les courants de pensée, il y a un espace, un temps pour soi et c'est précisément cette connection à soi même qui peut relier à l'autre. <br /> <br /> Tu fais allusion à l'Internet and co et je crois que nous devons nous déconnecter pour mieux nous connecter à nous mêmes et au monde.<br /> <br /> Voilà mon commentaire spontané le temps d'un vol Lyon Pau car mon vol de Biarritz a été annulé.<br /> <br /> Merci de partager ta vision du monde qui met toujours le lien au centre du tout.<br /> <br /> À bientôt, <br /> <br /> Christine Duval
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E
Merci Christine de manifester l’élan de ta pensée et de ta recherche. Et puisque tu dis beaucoup de toi, je vais essayer de t’indiquer où je puise ma force.<br /> SAVOIR RESTER MODESTE<br /> La modestie donne une force incomparable. Garder les pieds sur terre, toujours laisser une place à l’autre, savoir qu’on est plein de limites, ce qui nous empêche de juger, donne une énergie qu’on ne soupçonne pas.<br /> OSER PENSER<br /> Il ne faut pas attendre d’avoir en main tous les éléments pour penser. Penser, c’est, comme tu l’exprimes bien, avoir, en tête de toujours rechercher le sens. La pensée, c’est notre boussole, c’est aussi ce qui nous stimule pour développer ses connaissances.<br /> ÊTRE CONSTAMMENT DANS LA RECHERCHE<br /> Être dans la recherche, c’est tout soumettre au doute, à la critique, y compris tout ce qui nous tient à cœur, les dogmes, les théories savantes.<br /> SAVOIR QUE TOUT SE JOUE DANS LES ESPACES INTERMEDIAIRES<br /> Cela a été la grande découverte de ma vie. Les dynamiques se développent dans les espaces entre les gens, entre les structures, entre l’intérieur et l’extérieur, entre le passé et l’avenir entre soi et soi. <br /> En te lisant, il me semble que nous avons pas mal de choses en commun.<br /> Bonne soirée !
D
hola tio,<br /> <br /> beaucoup de choses dans ces quelques lignes!<br /> <br /> quelques commentaires:<br /> <br /> - L'Islam ne se résume pas au proche-orient. Quid du Caucase, de l'Afrique et de l'Indonésie par exemple. Des pays dont les cultures sont bien différentes.<br /> - Le point commun entre migrants et extrémisme est sûrement le manque de culture qui fait le lit de théories plus ou moins dangereuses.<br /> - Quand vous voyagez dans ces pays (et bien d'autres!) vous avez un profond ressentiment contre l'occident et son impérialisme. Les Trumperies nombreuses et la façon dont Macron avait traité un président Afircain (qui partait mettre en route la climatisation!!) sont des exemples cinglants du dédain dégagé par notre civilisation occidentale qui alimente les rancœurs et les extrémismes.<br /> - Les pensées brillantes et philosophies mêmes irréprochables n'ont jamais pu lutter contre le peuple qui a peur. c'est de cela qu'il s'agit des deux cotés de la barrière religieuse: les premiers ont peur de l'envahisseur. Les seconds, laissés pour compte, ont peur de la faim et de la violence
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E
Merci François de tes propos. C'est vrai que la culture musulmane présente une assez grande diversité. Il y a, tout de même des points communs quand on la confronte à la culture occidentale, car il me semble que nous pouvons faire apparaître une même matrice, que j'ai essayé de résumer : la relation entre l'homme et la femme, la place du corps et de l'esprit, la violence et la parole, l'écriture et la parole avec l'interprétation, le jeu entre le sacré et le profane... Mais je reconnais mes limites car je ne connais pas tout de l'Islam.<br /> En même temps le fait de sortir de chez soi permet de voir les marques de notre impérialisme. A vrai dire j'ai surtout vu l'impérialisme américain, ce qui, bêtement, m'a empêché d'aller aux Etats-Unis. <br /> En tout cas, je suis d'accord avec ta dernière remarque sur la peur. La peur nous paralyse et nous empêche d'entrer dans la vie. C'est contre elle que j'ai essayé d'agir en montrant que nous avons tout à gagner de jouer le dialogue plutôt que le repli.
G
Merci pour ton texte, cher Etienne. J'y trouve bien des convergences sur des points fondamentaux. Je cherche malgré tout quelques divergences ou "écarts", car il faut bien discuter pour penser.<br /> <br /> A bientôt..<br /> <br /> Gérard
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E
J'attends maintenant la pensée !
P
Salut Etienne!<br /> <br /> et . . . encore merci pour ce texte de réflexion sur un sujet en effet très sensible.<br /> <br /> Tes écrits sont beaux, on a envie d'y croire malgré les doutes qui nous assaillent!
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E
Merci Philippe pour tes réactions mais tu as tout à fait le droit de douter.
D
Très bon texte, même si dans ma tête trottent d'autres idées.<br /> Denis
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E
Merci de ta réaction. Mais ce qui m'intéresse ce sont aussi tes autres idées.

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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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