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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 14:02

https://mcetv.fr/mon-mag-buzz/sport/coupe-du-monde-2018-jackpot-bleus-victoire-1106/

Les champions de la coupe du monde

La victoire des bleus, à la coupe du monde, ouvre, en France, un nouveau champ des possibles

 

Jusqu’ici, le pessimisme ambiant, en France, contrariait les efforts envisagés pour un monde plus créatif. La porte de l’avenir était en partie bloquée. Or, aujourd’hui, la victoire des bleus redonne confiance et rend possibles de nouveaux engagements et de nouvelles perspectives pour des raisons que nous allons essayer de mettre en évidence.


Le politique et l’économique doivent être fécondés par l’art pour produire de l’humain

Anne-Marie Massip a écrit un livre très intéressant, aux éditions Jacques André, intitulé « Les Beaux-Arts reflets de l’histoire européenne ». Elle prétend qu’il est impossible d’avoir une bonne compréhension de l’histoire sans mettre en relief sa dimension artistique. Autrement dit l’art est au cœur de l’histoire car une de ses fonctions essentielles consiste à féconder le politique et l’économique en faisant prévaloir l’humain et l’universel sur la toute-puissance. Il joue un rôle essentiel en replaçant nos activités dans l’évolution créatrice du monde, caractérisée, pour une part au moins, par l’émergence de la beauté.

 

La coupe du monde a franchi les portes de l’art dans l’équipe de France et au-delà

Au cours d’une conversation avec Mireille Debard, ancienne journaliste à Libération, nous avons échangé sur la part de l’art dans les sports de haut niveau et en particulier dans le football, tel qu’il est pratiqué par l’équipe de France. Sous l’impulsion de Didier Deschamps, la qualité des joueurs, le souci d’un travail collectif et le respect des individualités, finissent par donner un jeu qui transcende les règles de l’apprentissage en produisant de la beauté pour le plus grand plaisir des spectateurs. Il en va de même pour les meilleures équipes, comme la Croatie, la Belgique ou le Brésil. Sans doute la victoire reste-t-elle un enjeu souhaitable mais elle a besoin de se déployer dans la beauté. En réalité, il n’y a pas qu’un seul gagnant. La véritable victoire appartient à ceux qui ont produit du beau jeu et ont suscité ainsi la reconnaissance des autres joueurs et le plaisir des spectateurs.


C’est pourquoi elle peut favoriser un nouveau départ pour le pays

En accédant à la victoire mais aussi en produisant du beau jeu, l’équipe de France ouvre au pays un nouvel espace pour la création. Ainsi il devient peut-être possible de sortir du pessimisme qui nous paralyse pour faciliter un nouveau départ non pas en se repliant sur soi comme le souhaitent ceux qui sont freinés par la peur, mais en se confrontant aux autres individus et aux autres nations, comme l’a fait, avec brio, l’équipe de France. Certes, le doute peut-il être salutaire car tout reste à faire. Mais, au lieu de nous paralyser, il devrait nous révéler l’effort qui s’impose à nous et, par là, nous stimuler pour repartir en avant.


Ainsi pourrait s’affirmer à nouveau la vocation de la France : introduire l’universel de l’homme à l’intérieur de ses frontières

Personnellement, je pense que les frontières ont leur utilité pour éviter les confusions et permettre le respect de chacun et le développement des cultures particulières. Or, ce qui va féconder le vivre ensemble à l’intérieur des frontières, c’est l’art lui-même ou la production de beauté. En produisant de la beauté, on produit de l’universel tout en suscitant l’individualisation de chacun. On crée l’humus commun qui va donner naissance au  citoyen. Ainsi chaque joueur de l’équipe de France, en dépit de son origine, est un Français à part entière, communiant avec ses coéquipiers dans une même culture de la beauté du jeu.

Etienne Duval, le 19 juillet 2018


 

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commentaires

A
Bonjour<br /> Mon nom c'est Anicette DIJOUX, grande est ma joie de partager avec vous, mon expérience maitre marabout kabirou, en effet mon mari a quitté le domicile conjugal depuis plusieurs mois suite à une petite dispute que nous avions eu en laissant à ma charge nos 2 enfants. Ma situation se dégradait de jour en jour puisque dans le même temps j'ai perdu mon boulot. Etant toujours amoureuse de lui et voulant qu'il soit aux côtés de nos adorables enfants j'ai pris contact avec le Médium Marabout Voyant Maitre KABIROU dont j'ai trouvé les contacts sur les Forums. <br /> J’ai été agréablement surpris du retour de mon mari 3 jour après les rituels qu'a effectué le Médium Marabout Voyant Maitre KABIROU pour moi , et ce n'est pas tout ma situation financière a changé positivement , j'ai trouvé un autre emploi et je suis bien rémunéré .Vous qui avez des problèmes sentimentaux ou financiers, je vous demande de contacter le Médium Marabout Voyant Maitre KABIROU pour être satisfait.<br /> <br /> Voici ces coordonnées<br /> maraboutkabirou@outlook.fr<br /> whtsapp00229 61 93 43 16<br /> Visitez son site pour fait le choix de votre commande
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A
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G
Je n'ignore pas complètement ce qu'est « le capitalisme », ce que sont « les » capitalistes, même si je ne connais pas, loin de là, tous les aspects du système, surtout les plus discrets qui me semblent les plus déterminants. Je reconnais que des « entreprises » nous fournissent des choses souvent utiles, parfois nécessaires, quelques-unes, rares, honnêtement durables. Je sais qu'il y a des coopératives, ouvrières par exemple, qui se lancent lorsque la gestion capitaliste précédente a failli, « l'optimisation du profit » n'étant plus suffisante pour les capitalistes. Elles tiennent plus ou moins longtemps dans un système qui n'est pas fait pour elles.<br /> <br /> Je suis bien d'accord avec toi : le plus détestable dans le capitalisme c'est la toute-puissance qu'il a acquise et qui lui est conférée par l'organisation politique nationale et internationale faite sur mesure, et par « l'opinion » constamment invitée à croire à ses bienfaits. C'est cette « toute-puissance », réelle ou alléguée, que je m'efforce de comprendre, à l'aide de quelques bonnes lectures.<br /> <br /> Je n'avais pas imaginé d'analyser ce système à la lumière de François Tcheng, chez qui je voyais plutôt une invitation à un mode de relation avec autrui et le monde, faite de respect, compréhension, fluidité, de pensée multiple et riche, de foi dans la vie et d'intelligence. Pourquoi pas ? Au delà, penser « l'entre », serait-ce une nouvelle manière de repenser le « communisme » ? Ce serait serait utile, à condition que cette pensée-là soit utilisable et admise largement.<br /> On ne peut s'attendre à de la bonne-volonté ou de la neutralité bienveillante des « capitalistes », tout-puissants ou non, ni croire à la volonté des politiques, même s'ils prétendent en être les ennemis ; je me refuse, tu le sais bien, à une sorte de pensée centriste lénifiante, qui ne peut être tenue pour une « pensée de l'entre »...<br /> <br /> Je ne saurais reprocher quoi que ce soit à (presque) qui que ce soit, car, si je veux bien essayer de penser encore un peu, j'ai, depuis bien longtemps, renoncé à militer. Mes métiers étaient une sorte de succédané. Je vieillis, perplexe, très inquiet pour l'avenir de mes petits enfants.<br /> <br /> J'avais écrit tout ceci avant de connaître la décision de Nicolas Hulot, logique et qui ne rassure nullement.
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E
Merci, Gérard, de poursuivre la réflexion sur le communisme ou le marxisme à partir de Tcheng. Personnellement je suis un peu décalé car je suis passé au sujet suivant sur les frontières. Mais j’imagine bien, comme tu le suggères, que nous allons nous retrouver sur les mêmes interrogations, le capitalisme ayant tout intérêt à ne pas s’arrêter aux frontières qui contrarient son expansion.
G
Je retrouve internet à l'instant, coupé depuis jeudi. Nous déménageons vers le haut. Nos deux ex-petits et notre fille, Gwen, arrivent lundi. <br /> <br /> Je te réponds bientôt, quoi qu'il y ait peu à dire.<br /> <br /> G.
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E
Prends ton temps. Tes nouveaux invités ont la priorité.
G
Totalement d'accord !<br /> La diversité des cultures, des langues, des histoires, leur complexité, leur connaissance, est une base indispensable pour faire vivre dans "l'entre-deux", cette culture résistante et créatrice.<br /> Je ne sais comment on peut sortir des lois du capitalisme. On peut s'y soustraire, relativement, partiellement, à titre individuel ou quasiment. Mais le poids des institutions et des idées dominantes est tel ... ! Et le temps presse. (J'ai toujours à l'esprit l'observation de Lucien Sève, il y a maintenant plus d'une vingtaine d'années). <br /> Le capitalisme ne doit pas être une fatalité éternelle, ni le stalinisme !<br /> Bonne journée <br /> Gérard
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E
Je pense qu’il y a une ambiguïté en ce qui concerne les mots capitalistes et capitalisme. Le capital est nécessaire pour inventer et développer une entreprise. Dans ce cadre le capitaliste rend un service indispensable à la société économique. Par contre ce qui est dénoncé dans le mot capitalisme, ce n’est pas le service rendu mais la toute-puissance exercée. Cette toute-puissance n’est pas une fatalité, à condition d’entrer dans une nouvelle logique qui est celle de « l’entre ». De nombreuses entreprises familiales peuvent rendre un très grand service à la société. Certaines coopératives jouent un rôle bénéfique pour l’économie. Ce qui est problématique, c’est la régulation que doit exercer l’Etat pour que le capital reste un service sans dévier dans la toute-puissance.
G
Oui, je pense aussi que nous sommes sur des longueurs d'onde, du moins très voisines, ce qui permet l'écoute sans trop de parasites.<br /> Je pense aussi que la « mondialisation » - en fait l'extension du capitalisme à toutes les régions du globe - est aussi une mondialisation de la « pensée », c'est-à-dire de la culture ou de l'inculture très commune. Mon inquiétude est qu'elle prend la forme d'une religion à l'ancienne : l'obligation d'une croyance unique : l' absolu de la « loi du marché » ( on ne dira pas « la loi du profit »). Des incroyants, des réfractaires, des hérétiques : les extrémistes à combattre sans relâche.<br /> <br /> L'autre religion que tu évoques n'est pas pire. Bien sûr, c'est aux musulmans de faire le ménage. Qui ? Comment ?. J'ai lu autrefois chez un certain Ziseck (?) que des penseurs musulmans, à la fin du XIXè s., notamment en Tunisie je crois, avaient commencé une réflexion qui leur permettait de penser sérieusement la « laïcité » et de l'intégrer dans leur vision théologico-philosophique. Cet effort aurait été balayé par les répressions coloniales….<br /> <br /> A suivre.<br /> Et à plus tard ?<br /> <br /> Gérard<br /> <br /> Je me battais depuis quelques jours avec notre machine à laver (pb virtuellement réglé depuis ce matin).<br /> Quelques discussions très amicales avec des Légautistes, l'un -un peu désabusé- de passage
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E
En fait la culture à promouvoir n’est pas une culture universelle, où le sujet peut devenir une marchandise mais une interculture qui fait sa place aux sujets en tant que sujets. Je poursuis la réflexion à partir de « l’entre ». Il s’agit alors d’une culture résistante à la culture uniformisante produite par le capitalisme, une interculture qui doit faire sa place à chacun et qui est toujours à inventer ou à réinventer, précisément parce qu’elle doit positionner l’homme là où la vie invente la vie. La question qu’il faut alors se poser est la suivante : quel nouveau système économique doit-il alors se substituer au capitalisme ? En tout cas un système qui place le sujet humain au centre et non le capitaliste orienté vers une forme de toute-puissance.
E
Je crois que nous sommes bien sur la même longueur d’ondes maintenant avec des parcours différents sans doute mais avec des intuitions qui étaient les mêmes. Et je pense que ces intuitions peuvent être encore porteuses de création. Ce qui me hante aujourd’hui, c’est la création d’une forme de culture universelle. Mais cette culture en gestation n’arrive pas à intégrer certains aspects de la culture musulmane sur deux points en particulier : celui de la violence et celui de la difficulté de l’interprétation. Il n’y aura pas d’accord possible tant que les musulmans ne feront pas le ménage eux-mêmes. Par contre ils peuvent nous faire avancer dans le domaine de la beauté dont nous débattons dans ce blog. Si nous voulons avancer, il faut quitter le domaine religieux et travailler sur l’homme du troisième millénaire avec des cellules interculturelles. Mais, pour le moment, tout est encore à penser même si nous allons constater qu’un travail en ce sens est déjà abordé depuis plusieurs années.
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E
Je voudrais compléter ce que j’ai écrit. Il y avait quelque chose de trop gros pour que je le voie, c’était la cellule communiste. Dans son bon fonctionnement, la cellule est un espace intermédiaire entre le dedans et le dehors, elle est le lieu de respiration du parti. Personnellement j’ai toujours considéré que c’était une invention géniale. Mais, sans doute, en Union soviétique la toute-puissance du comité central a asphyxié le fonctionnement de la cellule et détruit la possibilité de démocratisation du parti. Ils n’ont pas vu que le plus important ce n’était pas le comité central ; c’était la cellule. C’est pourquoi ils sont allés à l’encontre de l’espérance des peuples et du peuple et ont précipité tout le monde dans l’échec.
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G
Oui ...<br /> Mon expérience te donne raison : dans notre cellule de Sainte-Luce, les discussions étaient nombreuses, libres et, je crois bien, pertinentes. Elles éaient alimentées par des militants bien engagés dans les entreprises, qui savaient de quoi ils parlaient, percevaient bien les arrières-plans économiques, le fond des choses. De mêmes dans les sections. Mais comment et dans quel état cela parvenait-il "là-haut", était repris par les instances centrales et "supérieuresé" ? Le fonctionnement de l'institution, le "centralisme démocratique" !, la nécessité de synthétiser afin de faire "redescendre" produisaient de l'abstraction, de la schématisation. Althusser avait écrit un petit bouquin : "Ce qui ne peut plus durer dans la Parti". Mal reçu, peu lu. C'est le Parti qui n'a pas pu durer.<br /> D'autres institutions, centralisées elles-aussi, subissent une évolution comparable.... Marcel Légaut préconisait l'organisation de communautés de base, auto-gérées ?, des cellules chrétiennes, en somme. <br /> <br /> Je reviens à notre débat et à notre écart. Je crois bien que nous parlons de la même chose, avec des préoccupations proches. Tu vises l'affirmation du Sujet, libre, ouvert à toutes les transcendances. J'ai milité pour que s'affirment des citoyens libres, conscients, responsables, agissant dans l'Histoire en bonne connaissance de cause. La déformation professionnelle aidant, je m'attache avec obsession jusqu'au radotage, à essayer de comprendre ce qui s'est passé, comment et pourquoi telles décisions ont été prises ou non, avec quelles conséquences, parfois au prix de quelles mystifications. Rarement au bénéfice du "citoyen", des hommes et des femmes réelles ... Encore moins en conformité avec leur volonté. Ce qui, me semble-t-il, n'est bon ni pour l'action du citoyen, ni pour l'émergence du Sujet !<br /> <br /> "L'homme soviétique" est une abstraction (le "citoyen français" aussi, d'ailleurs - Mona Ozouf le démontre admirablement). Il n'y a rien de plus vivant, et qui me rende plus heureux que les rencontres profondément amicales, qui vont vite à des essentiels qui se ressentent, et se disent au besoin, pour le plaisir, du moins celui d'expliciter et faire durer.<br /> <br /> Bien amicalement.<br /> Gérard
G
Cher Etienne<br /> <br /> Tu vises juste : la question du socialisme et de l'Union soviétique me tracasse depuis que, sur les trottoirs du Lycée, j'ai été initié à l'histoire et à la vie politique.<br /> <br /> Je pense, depuis, qu'une forme de société et d'organisation politique autre que celle que nous avons est désirable et nécessaire pour plus de justice, d'égalité et de liberté. Ces mots avaient, pour moi qui était (et reste) d'une famille ouvrière, un contenu précis et concret. Or l'Union soviétique se présentait - ou était présentée - sous des aspects fort peu attractifs. Et le PCF de même. <br /> <br /> <br /> <br /> Mon point de vue a évolué par la suite avec un peu d'histoire, particulièrement sur « les relations internationales de 1919 à 1939 » (dont je ne suis pas expert!) ; et avec mon passage, de cinq années intenses ( de 1972-73 à 1978-79) au Parti communiste – passage que je ne renie nullement. J'y côtoyais des camarades qui me semblaient assez bien informés et sainement critiques et nuancés sur l'Union soviétique, certains l'ayant visitée ( oui, dans un cadre officiel…). Les Editions sociales publiaient des études, elles-mêmes critiques et nuancées : les travaux de Pierre Juquin ou de Jean Ellenstein par exemple. Les travaux universitaires que je fréquentais par ailleurs , ceux de Jean-Baptiste Duroselle notamment, plus tard ceux d'Annie Lacroix-Riz, invitaient à examiner d''abord le contexte intérieur et extérieur dans lequel l'Union soviétique est née, a survécu, s'est organisée. <br /> <br /> <br /> <br /> Or je constate (à vue de nez) que les évocations de l'URSS, dans les médias, chez quelques historiens, négligent ou taisent ces contextes largement créés par les positions hostiles des « puissances occidentales » (France, Grande-Bretagne) : typiquement, le « traité de non-agression germano-soviétique » d'août 1939, puis l'utilisation qui en a été faite… jusqu'à maintenant. De nombreux exemples montrent que les positions de l'URSS sur le plan international sont presque toujours présentées sans souci de comprendre le point de vue de cet Etat, considéré a priori comme agressif, belliqueux, dangereux, au mieux cynique, comme si il était le seul à être ainsi, et par nature ; et n'ayant aucun droit à l'existence. Je m'amuserais bien, si j'en avais le temps et les compétences, à présenter l'histoire de nos démocraties si exemplaires avec les mêmes a priori négatifs et fort peu compréhensifs. Goubert, Le Gallo, d'autres, m'ont appris que ce n'est pas une manière correcte de faire de l'histoire...<br /> <br /> <br /> <br /> La « notion » de « totalitarisme », sortie déformée de l'oeuvre d'Hannah Arendt, a renforcé ces a priori. Or Hanna Arendt ne dit pas tout ce qu'on lui fait dire, loin de là ! Parmi ceux qui utilisent ces concepts , combien l'ont lue ? Hanna Arendt, souligne que le nazisme n'est pas le socialisme, même soviétique, et inversement, encore moins. Les ressemblances, dit-elle, sont dans les formes (bureaucratiques, autoritaires, policières – inacceptables, évidemment) ; mais les oppositions sont radicales dans le projet politique. Exterminer les juifs et les communistes n'a rien à voir avec la « prise du pouvoir par la classe ouvrière »… Et cela vaut pour la vie réelle, quotidienne. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt les mémoires d'Etienne Manac'h. Jeune étudiant et journaliste (communiste et un peu trotskiste !) il visitait, dans les années 1934-35, la jeune Union soviétique qui lui montrait, enthousiaste, dans la joie amicale et la fierté, les « belles réalisations du peuple ». Lui aussi se sentait reçu et bienvenu « comme un messie ». Retour par l'Allemagne nazie, Berlin. Changement total d'atmosphère : tension, flicage, suspicion, haine, affichage constant de la force brutale. L'air du temps vaut bien des analyses. <br /> <br /> <br /> <br /> Je pense que, sur ce sujet, un effort de compréhension de « l'entre-deux » serait bien utile. Il y a (il y avait) certes un « écart » (et lequel !) entre nos régimes bien-comme-il-faut et le régime du moustachu père des peuples. Il aurait fallu aller voir, comprendre, et faire le retour avec un autre œil. Or « nous » gardons le regard unique et définitif, habité par la peur : peur devant ces « classes dangereuses », et ce qui peut en advenir. Et on trouve sans peine la preuve qui justifie la peur qui bloque toute réflexion. Ainsi, rassurons-nous : les lendemains qui chantent ne sont pas pour demain.<br /> <br /> <br /> <br /> Gérard Jaffrédou, 2. VIII. 2018
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E
Ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas rencontré le soviétique, mais j’ai rencontré l’homme et la femme au sens fort du terme, homme et femme que j’ai appréciés. C’est comme s’ils étaient tout neufs et, en plus, ils aimaient les Français. Je viens d’avoir la même impression avec le film de l’Afghanistan, intitulé « Parvana ». Alors, malgré tout ce qu’on peut dénoncer de ce pays, je me suis dit qu’il y restait des trésors insoupçonnés pour produire un tel chef d’œuvre.<br /> Le problème avec l’Union Soviétique, c’est qu’ils ont détruit l’espace intermédiaire, ce lieu indispensable pour une prise de conscience de soi-même et de la situation, ce lieu de l’indicible. Autrement dit ils ont détruit la possibilité de réussir leur expérience. Ils ont cru que l’œil de Moscou suffisait alors que cet œil empêchait la lumière de passer parce que la lumière ne se laisse ni enfermer ni maîtriser. Il lui faut des entre-deux. Ayant beaucoup travaillé sur la politique de la ville, j’ai été surpris, dès le départ, de voir que les bistrots n’avaient pas leur place dans les banlieues à part certaines exceptions. Je reviens encore au sujet de départ, c’est-à-dire le match de foot. Pour marquer des buts, il faut créer l’espace d’incertitude. <br /> Mais ce que mon voyage m’a permis de voir, avec la technique du trottoir, c’est que l’homme tout entier était encore là et qu’il ne demandait qu’à resurgir grâce à la rencontre avec l’autre. En fait j’ai bien conscience de n’avoir pas tout à fait répondu à ton problème sauf peut-être avec cette remarque : nous avons manqué de bienveillance et de sens critique à l’égard de l’URSS parce que nous n’avons pas su voir qu’il y avait un homme prêt à la rencontre sous le voile de l’homme soviétique. Notre responsabilité, c’est de n’avoir pas vraiment su créer nous-mêmes des espaces intermédiaires pour dialoguer avec les soviétiques ou plus simplement avec les communistes de chez nous.
G
Ce que tu dis me touche dans une de mes préoccupations constantes. (Je ne parle pas des "amours courtoises" comme tu le dis joliment, ce qui me touche aussi)<br /> <br /> Je te réponds bientôt, de mon mieux.
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E
J'attends.
C
Parti passer la nuit avec un ami et son fils de 7 ans à 1700 m<br /> d'altitude au clair de lune - pas sous la tente, juste mon<br /> "sarcophage" pour éviter la rosée, ça pèse moins lourd - je retrouve<br /> ton blog et cet "entre-deux" si fécond. Quand il a lieu à un certain<br /> niveau qui serait de l'ordre justement de la beauté, ce mot de Saint<br /> Augustin, si je ne me trompe mais je ne saurais où le retrouver, me<br /> vient à l'esprit : "Quand on est deux à parler, on ne sait plus qui<br /> parle".<br /> Amicalement,<br /> Charles
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E
Oui le mot de Saint-Augustin que je ne connaissais pas est très beau. Nous pourrions épiloguer longtemps là-dessus. C’est étonnant que je dise « très beau »… Vraiment la beauté doit véhiculer le mystère.
E
La jeune femme d’Arménie dont je parle dans le texte précédent était la métaphore de la beauté, un peu comme l’exprime François Cheng. Chez elle se cristallisaient de nombreuses valeurs : non seulement la belle apparence de la jeune fille, mais aussi l’hospitalité, la bienveillance, la générosité, la fidélité. La beauté envahissait toutes les sphères de sa personnalité et sa double disparition laissait large ouvert l’espace d’une beauté possible sans cesse renouvelée. On voit bien ici comment la beauté peut être la révélation par excellence de l’entre-deux dont nous parlons, elle-même porteuse de toutes les émotions. Dans la Coupe du monde, pour évoquer la beauté du jeu, il y avait la figure féminine de la coupe en or que chacun voulait embrasser.
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G
J'ai vécu des situations analogues en Tchécoslovaquie, celle des années 75. Etant inconnu, doublement étranger, on est l'objet d'une bonne et très forte curiosité, d'une sympathie a priori, par quoi nous sommes soustraits, comme individus, aux préjugés, aux stéréotypes réciproques, qui auraient pu biaiser ou interrompre la compréhension. Soustraits aussi (Lévi-Strauss l'a remarqué) à l'enfermement des conventions, plus ou moins ignorées. <br /> De plus j'avais le sentiment que le dialogue, critique ou approbateur -souvent les deux à la fois-, était libre, spontané, exempt de craintes : la curiosité et la sympathie immédiate faisaient un lien très fort et libérateur (lien qui dans certains cas s'est maintenu quelque temps). <br /> Ce qui s'est produit dans cet "entre-deux" fut aussi un regard nouveau sur nos points de départ franco-français.<br /> <br /> Nous avons aussi vécu des expériences semblables au Pays de Galles, qui nous réchauffent encore le cœur et nourrissent toujours la réflexion. J'y ai puisé la volonté d'apprendre enfin (un peu plus tard) ma "langue maternelle". Nos amis Gallois étaient stupéfaits que je l'ignore, quasiment.<br /> <br /> Sous le regard amical de l'autre, surtout très étranger, aucune pseudo-évidence ne résiste vraiment.<br /> Gérard
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E
Cela me rappelle mon voyage en URSS en 1976. J’étais avec les jeunesses communistes et la découverte de ce pays me paraissait impossible. Un étudiant local m’avait averti : avec le groupe dans lequel j’étais, j’allais voir toutes les belles réalisations du peuple soviétique, mais je ne verrais pas la situation réelle. Alors nous sommes concertés à trois : les deux qui étaient avec moi, un garçon et une fille, parlaient russe. Nous voyagerions à deux, une des deux personnes parlant russe. Il s’agissait de faire le trottoir : nous devions accoster certaines personnes et les conduire dans un bistrot. Le bistrot allait être notre espace intermédiaire. C’est ainsi que nous avons fait des découvertes extraordinaires : il faut dire que les soviétiques eux-mêmes étaient très intéressés de pouvoir parler avec des étrangers. Un jour, nous avons ainsi échangé avec le directeur de la radio d’Erivan. Il nous avoua qu’avec Brejnev, c’était mieux qu’avec les moustaches et puis, sachant que nous voulions visiter un marché libre, il nous confia à une de ses secrétaires, également rencontrée dans la rue. Au lieu de nous entraîner vers un marché libre, elle nous conduisit chez elle, où nous avons été accueillis comme des messies. Je me souviens d’un rituel qui m’a impressionné : on faisait circuler une pomme et chacun en choisissait un morceau. Nous avons également bu ensemble le café et la jeune secrétaire nous emmena prendre un taxi. Elle paya le chauffeur, nous fit un geste d’adieu et disparut. Je crois que j’ai réellement aimé cette femme, mais d’un amour très courtois. Pendant de nombreuses années elle nous envoya régulièrement des lettres et finit par disparaître.
C
...à condition que cette fonction de tiers que peut tenir la Beauté se<br /> situe dans la dimension - di-mension, demeure - du Symbolique et pas seulement de l'Imaginaire. Quant à ma réflexion sur la nécessité du "deux", je m'aperçois qu'elle rejoint celle de Gérard Jafffrédou et la tienne que je n'avais pas encore lues ; d'où l'intérêt du blog !
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E
Il est d’ailleurs possible que la Beauté soit, pour une part au moins, au fondement du symbolique. Autrement, c’est vrai qu’avec Gérard, nous nous retrouvons sur la même longueur d’ondes, notamment avec la notion d’entre-deux, que je trouve, depuis très longtemps, d’une grande fécondité. Si, jusqu’ici, nous avons beaucoup dialogué Gérard et moi, c’est que j’ai considéré que le blog pouvait aisément fonctionner comme un entre-deux.
C
C'est vrai qu'il y a un jeu et un "je" entre le joueur et le<br /> spectateur mais parce qu'ils sont l'un et l'autre acteurs, tout en<br /> n'étant pas à la même place, et qu'il y a un vrai dialogue entre eux<br /> deux ; ce n'est donc pas un jeu de miroir comme celui de Narcisse qui, épris de celui qu'il croit être un autre alors que ce n'est que<br /> lui-même, finit pas se perdre dans sa propre image, ou celui des<br /> supporteurs piégés par leur projection fantasmée d'une identification illusoire et partiale qui fonctionne aussi comme un narcotique. !<br /> Comment la beauté pourrait-elle alors se révéler ! Pour qu'elle soit<br /> une révélation il faut, me semble-t-il, qu'elle fonctionne comme un<br /> tiers, ce qui suppose - comme le dit très bien ton image de la rose<br /> avec quelqu'un qui la regarde - que l'on soit deux, réellement,<br /> c'est-à-dire dans une réciprocité faite d'altérité.<br /> Cordialement.
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E
Oui la beauté fonctionne un peu comme le tiers des tiers sous-jacent. Elle est Présence qui rend possible toutes les autres présences. D’abord reléguée dans l’inconscient, elle devient une sorte d’instrument de musique qui rend compte de la beauté du jeu.
G
Bien entendu ! Dans "l'entre-deux" il y a "l'entre" qui n'existe que par ce qu'il y a les "deux" ! La séparation, qui ne postule aucun autre, aucun "deuxième", tend à créer du vide autour d'une affirmation (de soi, d'une prétendue vérité, etc.) . L'important est alors la confrontation, la compétition, pour la domination. <br /> Je me disais que la pensée de "l'écart", autrement dit de "l'entre-deux", peut être une forme de la "pensée dialectique" ? Mais là-dessus je ne m'avancerai pas beaucoup. <br /> <br /> Oui, à Lesches nous sommes dans un certain entre-deux, comme tu le décris. Mais nous sommes parfois confrontés à des affirmations abruptes, faites souvent d'incompréhensions qui ressemblent à des refus de comprendre sans être des refus de contacts - mais qui créent des vides ponctuels dans le dialogue (nous avons un voisin très sommairement jacobin... ; et très amical). Et amicaux, beaucoup d'autres le sont aussi (notamment un couple de Belges, nullement choqués ou troublés par notre double appartenance). Et il y a toujours un dialogue en cours, et la réflexion qui va avec. <br /> Tu y contribues beaucoup : cet entre-deux là me convient parfaitement.<br /> <br /> Bonne semaine !<br /> Gérard
Répondre
E
Pour aller dans ton sens, j’ai toujours remarqué que le voyage à l’étranger crée un entre-deux très puissant qui nous invite au dialogue. L’autre peut rapidement devenir un ami, en tout cas, quelqu’un avec qui le dialogue est facile et inventif. Je me souviens avoir parlé pendant 20 minutes avec un vieil Arménien en Arménie soviétique. Nous n’avions aucune langue commune et pourtant, nous nous sommes dit beaucoup de choses. A notre insu, l’espace intermédiaire nous permettait d’inventer une nouvelle langue.
C
Charles Lallemand<br /> 00:18 (Il y a 8 heures) <br /> <br /> À moi<br /> <br /> <br /> Merci Étienne pour ton texte très actuel - je viens de le découvrir un peu tardivement - qui me fait réfléchir d'abord sur ta conclusion : la fonction de l'art. Le paradoxe c'est que, si l'art tend comme tu le dis justement à l'universel, c'est toujours à partir d'une création personnelle, individuelle, même si elle est portée le plus souvent par une école, un groupe, un mouvement - quand ce n'est pas elle qui les porte ! <br /> Et comme tu nous le fais observer, la qualité de jeu d'un footballeur, professionnel ou non, peut bien relever aussi de l’œuvre d''art, y compris,comme au théâtre, dans l'art de la simulation quand le joueur à peine touché par l'adversaire se laisse tomber pour faire croire à un penalty. <br /> Toutefois, il y a dans le foot cette situation particulière propre aux joueurs professionnels - si ce n'est d'être côtés en Bourse, avec l'importance du mercato au moment des transferts - en tout cas d'être portés au propre comme au figuré par leurs "supporteurs" dans des manifestations pour le moins "identitaires" - disons chauvines - dont le dualisme manichéen proche de la paranoïa n'a pas grand chose à voir avec "l'universel" de la création artistique et du jeu proprement dit.<br /> Je me souviens à ce propos avoir assisté il y a quelques années au stade vélodrome de Marseille à un match de l'O.M. "contre" l'O.L., l'Olympique lyonnais dont les supporteurs - les "visiteurs" - étaient parqués dans un angle du stade, entourés, tels des animaux en cage, de hauts grillages afin de les protéger des divers projectiles qui n'ont pas manqué tout au long du match de pleuvoir sur eux. <br /> Il y a eu aussi ce film de 1964 Allez France avec Colette Brosset et Jean Carmet mais là, par bonheur, qui verse dans l'humour - serait-ce parce qu'il s'agit de rugby et non de foot ? - où l'on voit les supporteurs français à Twickenham honteux d'avoir perdu... retirer discrètement leur tenue aux couleurs de leur club après la finale.<br /> Et puis le 7 juillet dernier, je me suis trouvé chez un ami allemand près de Francfort fêter ses 80 ans où, après avoir l'après-midi joué avec ses enfants, petits enfants et amis sur un terrain de foot à proximité, j'ai applaudi le soir avec eux la victoire de la Croatie contre la Russie, non pas que je fusse spécialement pour la Croatie qui s'est trouvée en 39-45 du côté d’Hitler, mais parce que la fille de mon ami me disait qu'elle avait une charmante amie croate et de plus, comme de nombreux croates,parlant allemand.Mais là encore, en me situant, sinon du côté des supporteurs, du moins en spectateur ordinaire.<br /> Pour parler de ce qu'il y a d'universel dans l'art et la beauté - "O kallistos, o cosmos" chantait déjà Héraclite, la Beauté et non le Bien au nom de quoi, à y réfléchir, se font les guerres - il s'est trouvé aussi qu'il y avait aujourd'hui sur Arté un remarquable commentaire d'une peinture du Caravage : "Les témoins d’Emmaüs".<br /> Toi, c'est sur un terrain de foot, c'est-à-dire sur ce qu'il y a de plus populaire - pas celui mercantile des "services après vente" et du bizness médiatique mais celui des joueurs, les seuls véritables acteurs - que ton texte nous emmène !<br /> Pour ma part cependant, ce que j'en perçois - du moins est-ce la leçon que j'en tire - c'est non seulement ton souci, et le mien, du "vivre ensemble", mais ce qui me paraît être la source de toute création, y compris dans l'art du joueur de foot : "aller chercher" comme lui, l'artiste, s'est donné la peine de chercher ! et non se contenter d'être le spectateur de ce qu'il nous donne à voir, que lui a trouvé, créé. Mais chercher quoi ? me diras-tu ! <br /> "Caminante, no hay camino", le chemin, c'est en marchant, <br /> nous répondrait de Collioure Antonio Machado.<br /> Merci encore pour ton texte.<br /> Amicalement.
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E
Merci Charles de pousser un peu la réflexion et tu ouvres une voie qui me paraît intéressante. Il ne s’agit pas de donner un spectacle mais d’ouvrir un autre terrain de jeu, en partie imaginaire, entre le joueur et le spectateur. Et c’est dans ce nouveau terrain de jeu qu’il y a possibilité de création et de beauté. La beauté suppose révélation de la beauté et c’est dans l’œil du spectateur que se révèle la beauté. La rose est belle lorsqu’il y a quelqu’un pour la regarder, parce qu’alors seulement la rose peut révéler sa beauté. Ainsi les joueurs vont produire du beau jeu lorsque les spectateurs vont les inciter à le faire. Enfin, c’est à discuter.
G
Je comprends (de mes lectures) que "l'écart" produit "l'entre-deux" ; et l'entre-deux est fécond s'il ne sépare pas, mais distingue, crée et maintient le lien, le rapport, le commun éventuel, qui fait le sens -quasiment infini, renouvelable, ouvert- qui serait un bon "milieu" de vie pour ton Sujet. <br /> <br /> Bon dimanche. <br /> Un peu de vent de temps en temps nous rend la chaleur supportable.
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E
Pour moi, l’entre-deux, n’est pas le le lieu de la séparation. Il est lieu de rencontre et de création, de surgissement de la présence et donc de la beauté. Il est le lieu où je souhaite habiter, parce que c’est à vrai dire le lieu de la vie. Je suis presque persuadé que, si vous avez choisi Lesches, c’est aussi parce que c’est un entre-deux entre la montagne et la vallée, entre la ville et le désert. C’est le lieu où vous avez pu construire votre maison, donner une nouvelle vie à la famille, recevoir des amis et réapprendre à respirer. C’est devenu votre entre-deux par excellence.<br /> Personnellement, j’ai voulu faire aussi de ce blog un entre-deux et je suis ravi de voir qu’avec toi ça marche et que ça nous fait avancer. C’est un peu là que, pour moi, se réinvente une forme de dialectique socratique…<br /> Bon dimanche à vous deux.
G
Donc continuons. Bien volontiers : le foot ne m'intéresse pas beaucoup. La vérité et la beauté, si !<br /> <br /> La vérité, on peut savoir ce que c'est, notamment en comprenant où elle n'est pas, et pourquoi. Tendre vers elle, conscient des difficultés et des règles pour l'atteindre, sachant qu'elle est hypothétique et provisoire, c'est le travail de base de l'historien, entre autres.<br /> La beauté, c'est plus difficile. On la voit moins souvent, presque jamais à l'état pur. Elle sous-entend une forte part de subjectivité. Sa perception est un mélange d'affectif et d'intuition intellectuelle (la vision du plateau de Lesches sous le soleil bientôt couchant, par exemple : calme, harmonie, beauté - en oubliant les désastres locaux dus aux pelleteuses).<br /> Je ne dirais pas d'un tel paysage qu'il est "vrai" (peut-être le discours à son sujet pourrait l'être ?). Je pourrais dire d'une démonstration historique qu'elle est belle, de toute beauté (avant de constater qu'elle contient un peu de fausseté). Le rapport entre les deux notions envisagées concrètement, me paraît problématique. Mais intéressant. <br /> Je te suis beaucoup mieux dans "l'entre-deux" évoqué par Tchen, et la méfiance du "Un » recommandée par Althusser. J'ai relu récemment un petit livre de François Julien (titre ?) qui analyse la question des "identités". Cette notion résulte, observe-t-il, d'une pensée qui sépare afin de définir. Puis elle progresse par oppositions, par classements hiérarchiques (par exemple : les "identités nationales" !). Or la richesse de la pensée, propose-t-il, vient, non des oppositions, mais des "écarts", qui postulent un lien entre les objets, les notions, les idées... les langues ! etc. Lien qu'il faut maintenir puisque là est l'essentiel de l'analyse. On peut le dire aussi, et plus évidemment, à propos des relations humaines. La culture de cet écart, c'est-à-dire de ce lien, s'opère par exemple dans l'amour, ou les amitiés fortes (et tendres). L'affectif, l'intuition de la recherche commune d'une vérité, un assentiment commun, jouent pleinement, et c'est du bonheur. <br /> <br /> Là est peut-être la transcendance, la beauté et par conséquent une vérité. <br /> <br /> Bon dimanche !<br /> Gérard
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E
Je me demande si l’écart et l’entre-deux n’expriment pas la même chose. Ou alors sont-ils peut-être complémentaires. L’entre-deux serait précisément là où les écarts sont possibles. Et lorsqu’il y a les écarts, la présence serait possible. Et alors la beauté serait dans une sorte de Présence des présences, comme un surgissement de l’Être et la révélation d’une création. L’entre-deux crée l’écart et permettrait la manifestation de la beauté parce qu’elle permettrait la rencontre. Il me semble qu’il y a toujours une rencontre dans la beauté, comme tu le dis toi-même.
G
D'accord, mais la beauté ne donne pas forcément accès à la vérité.... Et la vérité n'est pas toujours très belle.<br /> Excuse ce pinaillage.<br /> <br /> Amicalement.<br /> Je coupe, pour cause d'orage.<br /> A plus tard.<br /> Gérard
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D
Tu as raison, il faut accepter de rester dans le multiple, et en particulier, dans le trois. Althusser disait que vouloir rester dans le un c’était entrer dans l’idéologie. On ne peut pas tout expliquer à partir d’un seul principe, probablement parce qu’on échappe à l’interaction et parce que notre réalité est dialectique. Selon Cheng, il y a le un, le deux et l’entre deux, lieu de la transcendance, garante du jeu. Alors, le problème qui se pose est de savoir si la beauté ne serait pas ce qui est entre et, par là-même, l’expression de la transcendance. Il y aurait beauté lorsqu’il y a transfiguration et donc principalement transfiguration de la vérité ou de la bonté. Ainsi se révélerait une sorte de mystère dans la beauté qu’on n’a pas dans la vérité et la bonté, comme si la beauté était du côté de la divinité…
G
Merci aussi de me bousculer un peu dans mes approximations rapides. Tu me fais avancer, chaque fois. Est-ce vers plus de beauté ou vers une appréciation plus fine de la vérité et de ses limites ? Je ne saurais dire. Mais la vie et la réflexion, qui vont ensemble, continuent.<br /> A la prochaine !<br /> Gérard
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E
Beauté, vérité et bonté sont liées, mais la plus belle c’est évidemment la beauté ! C’est finalement elle qu’il faut mettre en valeur. <br /> <br /> Bonne journée !
G
Merci pour cette belle et excellente réponse ! <br /> Si tu mets François Tcheng dans ton jeu, je ne peux que m'incliner. Je parviendrai peut-être à percevoir le foot - ou sa contemplation - comme une ascèse ou une liturgie vers l'absolu et l'universel, mais je ne promets rien. <br /> Je ne peux m'empêcher de penser en effet que ce que produit le foot, du moins celui-là : le foot de la coupe, et ce qui le produit est assez loin du bel absolu, sans être toutefois le mal absolu.<br /> Puis, les vies suivant des chemins différents mais au fond "parallèles et se recoupant constamment », j’ai eu l'occasion pendant presque trente-sept ans d'avoir un fort et parfois difficile - du moins complexe- contact avec "le populaire", dans son état jeune, qui atterrissait dans le CAP, BEP, Bacs Pro... J'en ai gardé, tu le sais bien, un point de vue un peu particulier sur une part de la réalité. D'autant que, du "populaire", j'en viens et au fond, j'y reste. <br /> Ce qui ne m'empêche nullement de te lire et de lire François Tcheng avec beaucoup d'intérêt et de bonheur.<br /> <br /> Salut, bien fraternellement.
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E
Merci Gérard de reprendre la plume, car la plume nous fait dialoguer et avancer dans la découverte de la beauté. D’une certaine façon la beauté est au-delà de la vérité, car elle pourrait en être la transfiguration. Pour Dostoïevski et Romain Gary, ce n’est pas la vérité qui sauve le monde, mais la beauté : elle est manifestation et révélation de ce qui nous fait vivre, de la vie en tant qu’elle est créatrice. Je sais bien que le foot charrie des choses malsaines mais je pense toujours que nous pouvons en faire dans le meilleur des cas un lieu de création et de beauté.<br /> Bien amicalement.
G
Allons bon !<br /> Oui, je suis sans doute trop sévère et pas assez bienveillant. Encore une fois, ce n'est pas ce jeu que je juge , mais ce dont il est l'occasion. <br /> <br /> S'il n'y avait dans cet "événement" qu'un jeu, comment et pourquoi tout ce cirque ? S'il n'y avait dans ce jeu qu'un plaisir artistique, pourquoi brandir du tricolore ?<br /> <br /> Je doute que le foot, dans cette circonstance-là, soit le meilleur porteur de "l'universel", et encore moins le nationalisme - même dans cette modalité apparemment innocente. <br /> <br /> Mais tout ceci n'est pas très sérieux. Pour moi, cette coupe ne vaut pas un coup de cidre. Je n'en dirai pas cela des questions que tu soulèves et que je ne veux pas botter en touche. <br /> <br /> Bonne semaine. Je continue à marcher, de préférence sur les crêtes. J'ai rencontré par deux fois, ces derniers jours, des personnes (deux inconnues et un couple d'amis et voisins -belges ) qui s'interrogeaient à propos des Granges et de Légaut. Depuis ce tout petit coin du Haut-Diois, on a un accès direct, hors tricolore, à l'universel (qui reste heureusement problématique). Je préfère ce jeu-là.<br /> <br /> Bien amicalement. A une autre fois.<br /> Gérard
Répondre
E
Tcheng pose la beauté comme un absolu qu’il oppose au mal absolu. C’est dire qu’il y a, du côté du beau, une approche originale que nous n’avons sans doute pas assez creusée. Par ailleurs, lorsque nous parlons d’universel, nous nous tournons un peu spontanément vers l’universel extérieur. Mais il y a aussi un universel intérieur, qui est celui qui m’intéresse ici. Maintenant si j’essaie de relier la beauté et l’universel intérieur, je rejoins une forme de l’excellence qui nous rapproche de l’être ou du réel. Dans tes montagnes, avec Les Granges de Légaut, il y a en plus le silence dont a besoin la manifestation de l’être. Alors, quel rapport avec le foot ? Ce que j’aime dans le foot, c’est son côté populaire, qui s’adresse à tout le monde, quelle que soit l’origine ou le niveau cultuel des personnes concernées. Il agit alors comme une liturgie ou comme une pédagogie pour nous aider à passer d’une forme de beauté bruyante, voire clinquante, à la découverte d’une beauté plus silencieuse et intérieure qui va favoriser l’émergence du sujet. Mais je pense qu’il faut reconnaître qu’il y a plusieurs chemins dans la vie ; je tiens personnellement à ne pas me déconnecter de ma dimension populaire qui est aussi associée à ma démarche de constitution du sujet à travers une des formes de la beauté et de l’excellence.
G
Google fait référence à cet article à condition d'ajouter Etienne Duval après le titre.
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E
Gérard, je suis moins sévère que toi. Je pense que le foot est un jeu et qu’il nous pousse à vivre la vie comme le jeu qu’elle devrait être, enfin dans le meilleur des cas. Par ailleurs je trouve un peu normal que l’on se réjouisse à l’intérieur de nos frontières, à condition, bien sûr, d’y faire prévaloir l’universel de l’humain, sans pourtant sombrer dans le nationalisme. Dans le cas précis de la Coupe du Monde, l’universel de l’humain peut passer par le foot vécu comme un art. De toute manière, nous sommes tous invités à vivre notre vie comme un art. C’est bien pour cela que tu t’appliques à mettre de l’art dans ton existence quotidienne..
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E
Gérard, je serais curieux d'avoir tes réactions sur ce texte que j'ai mis sur le blog à propos de Camus et le foot et que je te fais suivre, en même temps, en fichier joint.
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G
Mon cher Etienne,<br /> Mes réactions sont très simples.<br /> Je n'ai rien contre le foot, bien qu'il ne soit pas dans mes passions et mes centres d'intérêts. Le "sport" au Lycée, la manière de faire d'un prof d’EPS, m'en a bien éloigné. Peut-être un peu de snobisme, je le confesse, a fait le reste, durablement.<br /> Mais j'admets que le foot, le sport en général, pratiqués par plaisir, hors des pressions et intérêts de fric (quand c'est possible), sont un fort et large moyen d'éducation pour les jeunes - et autres - (le seul qui reste). Je l'ai dit et Camus le dit admirablement. <br /> <br /> Ce que je ne supporte pas, c'est cette foire médiatique et politique qui alimente la franchouillardise, le nationalisme et tout ce qui s'ensuit. Devant leur télé, voyant cette équipe victorieuse -tant mieux pour elle-, les Français (en bien grand nombre) se prennent en effet pour des dieux. <br /> Je trouve, quant à moi, qu’il n'y a pas de quoi. <br /> Et, pour d'autres raisons aussi, je ne marche pas. <br /> <br /> Bien amicalement. Bon dimanche.<br /> Gérard
J
Oui Etienne , j'essaie de vivre avec la phrase des stoïciens ( ? je crois ...) : " Désire que les choses arrivent comme elles arrivent " ...<br /> <br /> Renoncer est stérile de toute manière de même que vouloir tout critiquer ...<br /> <br /> <br /> L'orage gronde !<br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> Josiane
Répondre
E
Je vois que nous sommes sur la même longueur d'ondes, et, en plus, l'orage gronde aussi ici !
J
Bonsoir Etienne,<br /> <br /> Merci pour ton optimisme raisonné -qui a, sans doute, été écorné par la révélation du Monde ... épilogue aujourd'hui ... La réaction rapide du gouvernement me convient : il ne fallait pas laisser pourrir cette situation ...<br /> J'ai regardé qq matches et apprécié l 'esprit d’équipe et de camaraderie installé chez les Bleus, D.D a réussi à canaliser des gamins agités : belle victoire et bel exemple !<br /> <br /> Le Tour de France est marqué par des soupçons de dopage ... Que d’efforts pour tenir sur ces vélos sous le soleil !<br /> <br /> J'ai découvert les Vosges cette semaine ; région très intéressante : paysages, traces des débuts de la guerre de 1914 - 1918, fermes -auberges.<br /> <br /> Bel été ! Amitiés.<br /> <br /> Josiane
Répondre
E
Personnellement l’optimisme m’a toujours sauvé. C’est pourquoi je ne comprends pas bien l’attitude pessimiste ambiante qui nous empêche d’aller de l’avant. Est-ce être macronien pour autant, sous prétexte que le président célèbre la victoire des bleus ? En même temps je ne cherche pas à être antimcronien par principe. S’il réussit des choses, c’est tant mieux pour tout le monde. S’il s’égare et nous égare, je veux rester lucide. Avec le pessimisme qui nous empoisonne, nous avons la manie de tout interpréter et peut-être moi le premier. Comme le reconnaissait Freud lui-même, à un moment donné, il faut accepter que les choses soient ce qu’elles sont. En même temps que l’optimisme nous manque, il nous manque aussi une bonne dose d’innocence. Apprendre à être optimiste et à accepter que les choses soient ce qu’elles sont voilà la devise que pourraient m’inspirer toutes les réactions à propos de la victoire des bleus.
C
Camus et le foot<br /> <br /> <br /> <br /> « Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois… » Le 23 octobre 1957, au Parc des Princes, le Racing Club de Paris reçoit Monaco sous les caméras des “actualités françaises”. Suite à une frappe d’un joueur monégasque et d’une erreur du gardien parisien, la balle finit au fond des filets. Le reporter se tourne alors vers un spectateur debout en imper-cravate qui n’est autre qu’Albert Camus, 44 ans, tout juste auréolé de son prix Nobel. Les malheurs du goal du Racing reçoivent l’indulgence de l’écrivain : “Il ne faut pas l’accabler. C’est quand on est au milieu des bois que l’on s’aperçoit que c’est difficile”.<br /> Albert Camus sait de quoi il parle. Il rejoint le Racing Universitaire Algérois (RUA) en 1929, après avoir débuté à l’AS Monpensier. De ses années de gardien de but, Camus gardera d’abord une certaine frustration de ne pas convertir ses rêves d’entamer une carrière sérieuse de goal à cause de la tuberculose qui se manifeste dès ses 17 ans. Cette maladie sera sa malédiction.<br /> “Lorsqu’en 1940, j’ai remis les crampons, je me suis aperçu que ce n’était pas hier. Avant la fin de la première mi-temps, je tirais aussi fort la langue que les chiens kabyles qu’on rencontre à deux heures de l’après-midi, au mois d’août, à Tizi-Ouzou.”<br /> S’il ne deviendra jamais un grand gardien, Camus restera toute sa vie passionné de ce sport. Avec l’argent du prix Nobel, il s’offre une propriété à Lourmarin dans le Lubéron où il occupe ses dimanches à traîner sur le bord du terrain en regardant les enfants du club local s’entraîner ou jouer contre le village voisin. Il ira même jusqu’à les sponsoriser et payer leur maillot.<br /> « Vraiment le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités. » Pour Albert Camus, le football est vécu comme une véritable école de la vie. « J’appris tout de suite qu’une balle ne vous arrivait jamais du côté où l’on croyait. Ça m’a servi dans l’existence et surtout dans la métropole où l’on n’est pas franc du collier. ». Albert Camus nous apprend peu sur le ballon rond. Il se contente de vivre sa passion, et son attachement au milieu populaire dont il est issu. Sa passion du football traduit aussi ce fort sentiment d’être en décalage constant avec le monde intellectuel et les salons parisiens sensés être son nouveau monde.<br /> « Il s’était habitué à occuper le poste de gardien de but depuis l’enfance, parce que c’était celui où l’on usait le moins ses chaussures. Fils d’une famille pauvre, Camus ne pouvait se payer le luxe de courir sur le terrain : chaque soir, sa grand-mère inspectait ses semelles et lui flanquait une rossée si elles étaient abîmées. Il apprit aussi à gagner sans se prendre pour Dieu et à perdre sans se trouver nul, il apprit à connaître quelques mystères de l’âme humaine, dans les labyrinthes de laquelle il sut pénétrer plus tard, en un périlleux voyage, tout au long de son œuvre. » Eduardo Galeano, Le football, ombre et lumière.<br /> <br /> http://toutelaculture.com/livres/albert-camus-et-le-foot-ce-que-je-sais-de-la-morale-cest-au-football-que-je-le-dois/
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E
Comme quoi, on peut être un grand intellectuel et aimer le foot.
G
Cher Etienne,<br /> Cette fois, je ne te rejoindrai pas dans les conclusions ou leçons que tu tires de la "Coupe de Fouteballe".<br /> J'admets, de confiance, que des "actions" puissent être belles, admirables, frôlant le grand art, et provoquent l'admiration, de l'émotion voisine de l'émotion artistique. Et si cela fait du bien à beaucoup, tant mieux ! Je ne doute pas non plus de l'intérêt (éducatif) du sport, populaire et par plaisir. Je me suis soigneusement tenu en dehors de tout cela, comme toujours.<br /> <br /> Je doute fort que "la France " (en fait : sa population) y gagne quoi que ce soit. Je n'ai vu ou subi (j'étais sur les routes du Diois au mauvais moment) que des manifestations franchouillardes, des drapeaux tricolores agités devant moi, des injonctions à participer au délire, des insultes si je manifestais de l'indifférence. Je n'ai pas perçu dans ces cris et ces attitudes beaucoup de culture et d'élévation d'esprit. Je n'y vois rien qui m'invite à l'optimisme, même modérément.<br /> <br /> Je continue à penser que de telles manifestations (la "Coupe" et tout ce qui en déborde) nourrit, une fois de plus, le délire nationaliste, toujours prêt à sortir du ventre fécond, et tout ce qui va avec : l'arrogance, le mépris, l'illusion... <br /> <br /> Je préfère rester totalement hors-jeu. Hors de ce jeu-là. <br /> <br /> Bien amicalement.<br /> Gérard
Répondre
E
Merci Gérard. L’intérêt, ce n’est pas que nous soyons d’accord, mais que nous échangions franchement nos points de vue, quelle qu’en soit la teneur. Tu as tout à fait le droit de ne pas entrer dans le jeu et je sais bien qu’il y a des tas de récupérations sans doute intéressées. Personnellement je suis plus naïf que toi et j’avoue que j’adore regarder les matchs de foot. C’est parfois beau, pas toujours…Mais c’est souvent l’occasion de boire un verre de bière à plusieurs. Je suis l’ami d’un clochard qui va fréquemment assister aux matchs de l’OL. Cela l’aide à vivre. C’est un des moments de détente dont nous avons tous besoin. Mais on peut aussi le trouver à l’opéra ou au théâtre.
N
Merci de votre approche optimiste en ce qui concerne la coupe du monde….
Répondre
E
C’est volontairement que j’accroche l’optimisme au passage car nous vivons constamment sous le règne de la peur qui nous enferme dans le pessimisme et nous empêche d’avancer. Bonnes vacances en Espagne ! Votre message s’est éclipsé, je ne sais pas pourquoi et j’ai dû le reconstituer de mémoire.<br /> <br /> Mon meilleur souvenir à toute la famille
M
Que voilà bien de l’enthousiasme sous ce règne de Macron 1er, le serviteur de la banque mondiale !<br /> <br /> Je partage certains aspects de ton enthousiasme, mais pas les mêmes.<br /> Sur la beauté du jeu, aucun commentaire de ma part, n’étant pas personnellement capable de l’apprécier.<br /> J’ai ouï dire que le jeu des Français avait été efficace sur la défensive, peu engagé et peu créatif par ailleurs.<br /> Les Croates, disent certains initiés, auraient davantage mouillé la chemise et proposé du jeu.<br /> <br /> En tout cas, le but étant de gagner et, comme Aimé Jaquet en 1998, leur entraîneur Didier Deschamps a valorisé le travail d’équipe et la qualité de la relation. On sentait un bataillon soudé, collaboratif et une bonne entente. C’est la clef de la réussite. Bravo. (L’entreprise pourrait prendre de la graine.)<br /> De plus, Didier Deschamps a eu le courage de virer l’ancienne équipe, composée de gens plus intéressés par les cachets qu’ils touchaient dans les autres clubs que par leur appartenance à une équipe nationale. Beaucoup étaient des joueurs achetés, ce que je trouve déplorable.<br /> Il a sélectionné, avec l’aide des bénévoles d’associations sportives, des jeunes nés et formés en France (d’origine africaine essentiellement, je crois qu’il y a 2 blancs), qui ne se moquent pas des valeurs de la République. Que le plus jeune (M’Bappée) et le plus doué, dise que les sommes qu’ils touchent sont anormalement élevées et décide de les donner à une fondation : bravo ! Ce geste lui vaudra une déduction d’impôt de 70 %, certes, il ne perd pas tant que ça, mais enfin il l’a dit et fait. C’est un changement.<br /> Voilà pour ma part d’enthousiasme.<br /> Après, que l’on nous fasse du tam-tam sur l’air de « On a gagné ! » et qu’on trouve ça mobilisateur et positif pour la France entière, j’attends de mesurer les répercussions.<br /> Pour l’instant, j’ai assisté à une intox télévisée.<br /> Pendant que les grands sentiments s’épanchaient sur les écrans de télé, hors champ, des équipes de casseurs anonymes gâchaient l’affaire. Mais on ne l’a pas montré.<br /> On l’apprenait par les écrans des réseaux sociaux, ou « de visu » quand on se trouvait dans les lieux critiques.<br /> À Bellecour et à la Guillotière, c’était la guerre.<br /> Les trublions quels qu’ils soient se démarquent du troupeau. Cela dit quelque chose.<br /> <br /> Quant au gros du troupeau : « Les films, le football, la bière et surtout le jeu forment son horizon et comblent son esprit. Le garder sous contrôle n’est pas difficile. »<br /> C’est Georges Orwell qui a fait cette prévision, en 1948 déjà. Pour 1984.<br /> C’est de plus en plus vrai. Mais ce qui est vrai aussi, c’est que les dégâts causés par les trublions sont de plus en plus importants. La société française serait-elle plus malade qu’en 1998 ? Plus injuste en tout cas, c’est sûr.<br /> Amicalement,<br /> Monique
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E
Merci de ton approche plus circonstanciée que la mienne. Personnellement, je me réjouis de ce qui nous arrive parce que je pense que le pessimisme nous bloque la voie de l’avenir. Il y a quelque chose de symbolique dans cette coupe du monde. Elle nous renseigne sur l’état de notre société française. Même s’il reste beaucoup d’imperfections nous ne sommes pas si mauvais que cela. La victoire me semble là comme un signe positif. Nous crevons des idéologies alimentées par la peur. Celle des trublions en est une. Ces trublions rêvent d’un grand soir illusoire. Ils ne m’attirent pas. Alors nous renseignent-ils sur une part de notre mauvaise santé ? Peut-être. Sûrement sur notre très grande difficulté à sortir de l’idéologie pour faire face à la réalité. A bientôt, autour d’un café !
E
Je voudrais essayer de relancer la réflexion en l’élargissant. Nous devenons de plus en plus humains en faisant de notre vie un art. C’est peut-être ce que les religieux appellent la sainteté. Chacun est appelé à devenir un artiste, c’est-à-dire tout simplement un homme au plein sens du terme.
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M
Bonsoir Etienne,<br /> <br /> Ta volonté de voir de l'art dans le football français est contradictoire avec, justement, ce qui fait la stratégie de Deschamps, il ne veut pas du beau jeu, seule la gagne l'intéresse. Beaucoup de matchs ont été insipides, ce que les journalistes ont dit tout au long du championnat. Cependant cette réflexion n'entend pas détruire tout ton raisonnement.<br /> <br /> Je t'embrasse,<br /> <br /> Marcel
Répondre
E
Je comprends ce que tu dis, dans la mesure où il y a eu, à certains moments, une volonté de bloquer les attaquants adverses, ce qui a paralysé le jeu. C’était effectivement une question de stratégie aux dépens de la beauté du jeu. Il y a eu quand même de très beaux matchs, qui ont mis en valeur l’excellence de Mpapé, Varanne, Pocba, Lloris… Le problème consiste alors à savoir si l’art est toujours corrélé avec la beauté. On parle de l’art de la guerre… ???
M
Pris par les multiples activités, j’ai rarement la disponibilité pour lire les articles de ton blog. Aujourd’hui, le temps m’est donné. J’ai lu avec intérêt ce texte sur la victoire des bleus. J’avais oublié que tu écrivais bien. L’optimisme de l’analyse me va bien. Alors merci Etienne.<br /> Passe un bon été,<br /> Michel
Répondre
E
Merci de ta bienveillance. Je vois que tu as bien saisi le ton d’optimisme que je voulais donner à cet article. En fait j’avais un peu honte d’une telle production. Aussi tes réactions me rassurent. Bon été de ton côté !

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
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  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
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