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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 17:22

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Nous sommes habités

 

Nous avons aujourd’hui besoin d’une vision du monde pour accompagner la construction de notre avenir. Je voudrais modestement proposer la mienne, qui est aussi celle de beaucoup d’autres, et je dirais que nous sommes habités. Habités par quoi ? C’est ce que je vais tenter d’exprimer.


Les tuniques de peau

Il y a un certain nombre de mythes dans la Bible. Personnellement et contrairement à certains, j’aime en particulier le récit de la chute (Genèse, 3, 1-24). Il apparaît pour beaucoup comme l’expression d’une malédiction. Je pense qu’il cherche, pour une part, à exprimer le passage chez l’homme de l’animalité à l’humanité. Et, pour le signifier, le créateur donne à Adam et Eve des tuniques de peau. Jusqu’ici ils étaient nus comme les autres animaux. Maintenant, ils portent un habit qui en fait des hommes : l’animal est mort pour donner naissance à un être nouveau. Comme le suggère le mot français, l’homme est un être habit(é). « L’homme appela sa femme Eve, parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. Le créateur fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis, le créateur dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! » (Genèse, 3, 20-22).


Le bruit d’une brise légère

Un peu plus loin, la Bible nous parle du prophète Elie. Il devait faire face aux prophètes de Baal, qui avaient un certain succès. Alors il les mit à l’épreuve et finit par montrer que leur soi-disant pouvoir était dépourvu de  consistance. Sans se poser de questions, il les massacra tous au point que le créateur voulut le remettre dans le droit chemin. Il réitéra  le moment du passage de l’animalité à l’humanité. Elie, comme un animal, est dans une grotte. Le créateur le fait monter sur la montagne et lui dit de se tenir devant lui. « Et voici que le créateur passa. Il y eut un grand ouragan si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, en avant du créateur, mais le créateur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan un tremblement de terre, mais le créateur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre un feu, mais le créateur n’était pas dans le feu ; et après le feu, le bruit d’une brise légère. Dès qu’Elie l’entendit, il se voila le visage avec son manteau » (I Rois, 19, 11-13).  L’homme qui se veut serviteur du créateur ne doit pas être du côté des forces de mort (l’ouragan, le tremblement de terre, le feu), mais du côté du souffle créateur de vie, symbolisé par la brise légère. Et avec Elie, nous pouvons comprendre maintenant que l’homme n’est pas habité par la mort mais par une brise légère, qui est l’énergie créatrice de la vie.


La transmission du manteau

Le manteau d’Elie était probablement fait d’une peau d’animal comme celui d’Adam et d’Eve.  Et comme ce dernier, il cache et révèle ce qui habite l’homme, à savoir l’élan mystérieux de la Vie. Aussi lorsqu’il doit se trouver un successeur, en la personne d’Elisée, il renouvelle le geste du créateur en jetant sur lui sa tunique de peau. « Il partit de là et il trouva Elisée fils de Shaphat, tandis qu’il labourait avec douze paires de bœufs, lui-même étant à la douzième. Elie passa près de lui et jeta sur lui son manteau » (I Rois, 19-19).

Lorsqu’approche la fin d’une vie, l’homme se demande comment il va transmettre son héritage. L’héritage à transmettre c’est son manteau, c’est-à-dire finalement le secret mystérieux et créateur de vie,  qui lui a permis de devenir ce qu’il est aujourd’hui.


Comme l’homme, toute maison a son espace sacré

En donnant une tunique à l’homme, le créateur lui a, en même temps, donné une maison. La tunique était en fait la matrice qui allait lui permettre de devenir lui-même. Or elle est l’image de cette autre matrice qu’est la maison.  La maison est comme un temple, avec l’espace sacré qu’est le foyer, créateur d’énergie pour tous les habitants. De tout temps et de manière intuitive, les hommes ont voulu exprimer l’idée qu’ils étaient des frères, tous membres d’une même maison. C’est ainsi qu’ils ont créé des temples païens, des temples juifs, des églises et des cathédrales, des mosquées, des maisons du peuple… Le Corbusier a magnifiquement repris une telle intuition en construisant le couvent dominicain de la Tourette. Et au-delà de la dimension religieuse, il a cherché à lui donner une dimension humaine et universelle. Toute sa construction part de l’église et les cellules édifiées sur les deux étages supérieurs ne sont que la reproduction de l’église elle-même. Elle est le foyer qui va transmettre son énergie à l’ensemble de la maison. Elle a son espace indicible qui renvoie à tous les espaces possibles. C’est ici que la vie émerge de la lumière renvoyée par des canons qui relient l’intérieur et l’extérieur. Ayant à la fois la forme d’un berceau centré sur l’autel et d’un tombeau qui évoque la fin de toute existence, elle exprime aussi pour les croyants les étapes de la naissance, de la mort et de la résurrection. Si les cellules par leur volume sont une reproduction de l’église dont vient l’énergie centrale du bâtiment, elles donnent aussi sens à l’ensemble. Bien loin d’être tournées vers l’église elle-même, elles sont orientées vers l’extérieur, vers la nature, le monde et tous les hommes. La vie n’a de sens que si elle est tournée vers les autres.


Le devenir de la terre

Notre terre aujourd’hui est malade et il faut que chacun lui vienne en aide pour qu’elle retrouve la santé. Peu à peu nous prenons conscience qu’elle est notre mère car l’homme lui-même est fait de terre et d’esprit ; elle est aussi la matrice de notre devenir et celle qui nous insère dans l’univers dont nous dépendons aussi. Aujourd’hui l’écologie est l’expression de cette prise de conscience. L’écologie n’est pas un courant comme un autre, elle révèle une dimension centrale de notre devenir. En ce moment même, je reçois un message : « Sauvons la forêt…  les pays européens ont le pouvoir d’interdire le glyphosate sur leur sol, comme la France le projette… Stop aux poisons chimiques dans nos champs et dans nos jardins !… » La terre n’est pas finie, elle est en devenir. Et le sens de son devenir est peut-être souligné par Noël : faire de cette planète la véritable maison pour tous en insérant en son centre le foyer même de la Vie, la brise légère capable d’enfanter le monde.


Le sujet se construit dans l’écoute de la parole intérieure

Mais moi que suis-je dans cette immensité ? Peut-être le roseau pensant dont parle Pascal. Sans doute un sujet qui se construit à partir de son souffle mystérieux. J’imagine un peu que c’est ce souffle qui a inventé la parole. Il s’exprime en effet en chacun par une parole intérieure qui vient solliciter sa conscience et orienter son développement. En définitive la parole est porteuse du souffle créateur présent en chaque individu. Elle est l’habit que celui-ci se donne pour atteindre les hommes. Mais encore faut-il l’écouter.


Le danger de perdre la tête

Celui qui n’écoute pas la parole risque de perdre la tête et de la faire perdre à l’autre. Drid, un pécheur, chemine sur la plage, et, à la bordure du chemin, découvre un crâne blanchi par le temps. Il le prend dans ses mains et lui demande : « Pauvre crâne, qui t’a amené ici ? – La parole. – Comment ? – La parole ». Aussitôt le pécheur court avertir le roi.  Celui-ci n’apprécie pas qu’on le dérange au moment de son festin. Mais avoir sur son territoire un crâne qui parle est peut-être une aubaine, la source d’un supplément de pouvoir. Il finit par se lever,  s’habille de son armure et s’en va à la suite du pécheur, l’épée sur son épaule. Arrivés près de la trouvaille, le pécheur prend à nouveau le vieux crâne dans ses mains : « Le roi est là, dis-lui pourquoi tu es là ». Cette fois le crâne ne veut rien entendre et s’obstine à rester muet. Il sait déjà que le souverain est sourd. Pourquoi lui dire ce qu’il ne veut pas entendre ? Alors notre grand personnage, croyant être abusé, prend son épée et tranche la tête du pécheur. Elle vient rouler près du vieux crâne. Cette fois, c’est lui-même qui pose la question : « Dis-moi pourquoi tu es là ? – A cause de la parole » (cf., un conte d’Afrique Noire). Lorsqu’on n’écoute pas sa parole intérieure, on finit par perdre la tête, et on condamne à la folie celui dont la parole n’est pas écoutée. C’est pourquoi Shahrazade avait compris, de son côté, qu’il fallait rééduquer l’écoute du souverain, son mari, qui avait sombré dans une folie meurtrière.


Deux personnages habités nous ouvrent

la voie de l’espérance

Jean d’Ormesson et Johnny Halliday viennent de nous quitter coup sur coup. Leur mort a eu un écho retentissant et semble avoir redonné l’espérance à de nombreux habitants de notre planète. Ils ont su, chacun à sa manière, exprimer le secret qui les faisait vivre, l’énergie créatrice qui leur avait été donnée. Le premier l’a fait par la joie de l’écriture et le second par la magie du chant. Je connais un vagabond qui est toujours joyeux : lui aussi porte le témoignage du souffle qui l’anime, en dépit de la pauvreté et des épreuves qu’il a traversées jusqu’ici.

Etienne Duval

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commentaires

G
Je n'ai pas répondu à ton appel à dire notre vision du monde. J'étais occupé à la graver pour un poète local en vue d'une collaboration, inattendue et en cours. De plus, que dire sur ce vaste sujet ?

Ma vision du monde n'est guère rassurée. Je ne sais ce que sera ce monde que nous avons fait ou accepté - parfois malgré nous- lorsque nos petits-enfants en auront la charge, qui sera lourde.







Je vois ce monde désormais dominé par le capitalisme (quelque nom qu'on lui donne), qui s'est renforcé, notamment depuis soixante-dix ans et plus encore depuis trente à quarante ans, au point d'imposer sa loi et ses normes à tout - ou presque : santé, éducation, culture... Tout devient objet de marché, de rapport, de profit. Nos propres vies ne valent que si elles sont productives, rapportent, ainsi que notre temps, même supposé libre. Ceci est bien concret. Et mon propos n'est pas original.







Cette force échappe à notre contrôle, présentée comme si elle était naturelle. La « démocratie » (institutionnelle) donne l'illusion d'une démocratie (réelle). Les intérêts, les besoins, les souhaits, les volontés des populations sont ignorés par les puissants qui, en réalité, décident sans s'en soucier le moindrement : spéculations financières, rachats et fermetures d'entreprises, licenciements par milliers, pillage des ressources, saccages sans limites -ou peu- et sans retour (le climat!) , inégalités qui s'aggravent presque partout sur fond d'un enrichissement « moyen » illusoire. Se greffent là-dessus des conflits armés, certains sous des bannières religieuses. Effets complexes, directs, indirects...



On devine dans le monde actuel des basculements , des équilibres - ou déséquilibres – nouveaux. Le poids des « grandes puissances », autrefois empires, recule relativement (à moins que leur « empire » change de forme, devenant plus financier que politique et militaire). L'Europe a cru être le centre du monde pendant quatre ou cinq siècles, découvre, inquiète, qu'elle ne l'est plus – ou plus pour longtemps. La puissance des États occidentaux est devenue incertaine, se répartit différemment, notamment à l'intérieur de « l'Union » européenne. Les États d'Europe « centrale » et la « Russie » s'affirment. Des « oligarchies » s'y multiplient, qui réclament un capitalisme plus dur. Des nationalismes autoritaires reviennent ici et là sans provoquer de débats, encore moins d'opposition. Les États-unis, toujours gendarme du monde, montrent l'exemple, légitiment ces évolutions qui renforcent la logique fondamentale du capitalisme destructeur.







Je ne trouve pas, à vrai dire, de raisons d'espérer vraiment.



Le paradoxe est que ces destructions terribles, ces inégalités révoltantes, ces évolutions inquiétantes sont très visibles, de mieux en mieux connues, de moins en moins contestées ; et que les analyses fines, peu discutables, ne soulèvent et ne nourrissent aucune force qui puisse s' y opposer. Les commentaires dominants imposent l'idée qu' aucune autre organisation du monde n'est possible. Ils nourrissent, en manipulant des exemples historiques, la peur d'un changement radical, qui serait assurément difficile, lent, lointain. On laissera faire les autres. Le discours lénifiant, ou intimidant, ou culpabilisateur donne à croire que ce monde (que je vois exécrable, fou et dangereux) n'est, au contraire et au fond, pas si mal, mieux que tout autre possible -et sans doute impossible-, pourvu qu'on ait son confort normal, sa consommation choisie et sa sécurité assurée.



Pourtant, il se peut que le saint capitalisme apparaisse, mais peu à peu ou par endroits, comme une menace pour ses prétendus bienfaits : le confort et la sécurité et même -et pire !- la consommation ; et qu'il serait temps de sortir de ce système . Diverses expériences (le travail associatif, les Scops, etc.) , ré-inventent le service public, se réclament d'un principe de gratuité. Est-ce là une nouvelle invention du « communisme » ? Est-ce d'avenir ? Les générations qui viennent ont une capacité d'information et de jugement, des connaissances nombreuses, techniques, et font preuve d'une générosité, d'une liberté elles aussi assez nouvelles.



Utopie ? Certes ! Mais la saisir, l'approfondir, la réaliser : tout (ou presque) vaut mieux que conserver ce monde très, très mal foutu. Et qui va mal. Bonne année en 2018.



Gérard Jaffrédou, 29. XII. 2017
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E
Merci Gérard,

Tu décris l’endroit de la médaille. Personnellement je regarde plutôt l’envers, ou ce qui est sous-jacent. Je peux être d’accord avec ton point de vue. Comme toi je pense en effet que le capitalisme nous manipule et nous conduit à des impasses. Et, pourtant, l’expérience m’a toujours montré qu’il y a à l’œuvre des forces plus fondamentales, qui nous remettent en face du réel, je veux dire en face de la vie, ce que j’appelle la brise légère capable de créer et de recréer le monde. Pour moi donc, il y a quelque chose qui nous habite depuis toujours et qui peut nous sauver quelle que soit notre situation. Je ne veux pas pour autant être renvoyé à la dimension religieuse classique, mais à une sorte de don qui nous précède sans lequel je ne puis rien faire de créatif. En cela je te rejoins dans le principe de gratuité que tu postules à la fin de ton texte. C’est sur ce principe de gratuité que je m’appuie pour te souhaiter à toi et à tous tes proches une très bonne année 2018.
P
"L’homme est un roseau pensant" Pascal
L’homme a en lui la puissance de transcender ses faiblesses
vendredi 9 novembre 2007
par Lydia COESSENS

Les fragments expliqués :

La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.
C’est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.

Fragment 397

L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.
Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.
Roseau pensant. — Ce n’est point de l’espace que je dois chercher ma dignité, mais c’est du règlement de ma pensée. Je n’aurai pas davantage en possédant des terres : par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends.
Pascal, Pensées (1670), fragments 347 et 348 dans l’édition L. Brunschvicg

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H
D’accord, mais mes tâtonnements sont dans le tête.

(En réponse à ce que je lui exprimais : "Personnellement je pense que tout est donné dès le départ même avec l’avènement futur de Jésus et la filiation divine des humains. Mais l’histoire va se jouer du côté de l’homme avec ses tâtonnements à lui. Tout est soumis à sa liberté. Le Christ est inclus dans le don de l’Esprit. En mettant l’accent sur l’habitation de l’Esprit, on n’oublie rien y compris la liberté des hommes et on ouvre toutes grandes les portes du salut quelle que soient les religions et les cultures. C’est une manière de dépasser les limites de celles-ci y compris celles du christianisme historique.".
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E
Merci Hugues de cette précision !
J
La neige retient l'enfance (au-delà des vieux oripeaux)

C’est un lieu inhabité, un refuge intemporel. On y entre le cœur débarrassé de ses vieux oripeaux. Ne reste que le blanc et ce silence ouaté des espaces infinis encore vierges du pas de l’homme.

Le blanc recouvre tout dans une joie première, naïve, et pure. La neige tourbillonne sur les ans, efface les traces embourbées d’un temps assassin.

Danse du blanc, voltige de la poudreuse, effervescence de l’air. Le ciel n’est jamais loin, la neige en a pris un peu de son bleu.

L’esprit est cinéaste, le cœur est photographe.

Le neige retient l’enfance.

*———–*

Bonnets et cagoules

La neige retient l’enfance

Flocons sur le cœur
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J
Sur sa peau, un frisson….léger souffle du vent
Lui rappelle, il était, fait de chair et de sang
Joies et peines l’assaillent, les souvenirs reviennent
En suspens il attend que la vie le reprenne.

Des larmes dans les yeux, il se souvient vivant!

Qu’importe ce qui les provoque ce matin
Elles glissent pareil au cristal sur satin
Et quand leur trajectoire s’arrête à sa bouche…
C’est le sel de la vie, qu’avec sa langue il touche.

Mais déjà on lui fait signe, il lui faut rentrer
Son passage sur terre aujourd’hui n’a duré
Que vienne se lever une brise légère
Pour sécher une larme sur la joue de sa mère.
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C
Merci Étienne pour ton beau texte, si habité...par la parole.
Je viens à ce propos d'écouter sur France-inter - qui n'est pas ma radio préférée si ce n'est pour Bernard Guettat - le face à face de 13h15 avec Natacha Polony - j'avais lu son l'homme est l'avenir de la femme - Raphaël Glucksmann et Alain Badiou sur le Politique à venir.
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E
Merci Charles pour l'écho sympathique que tu me renvoies.
G
Google fait maintenant référence à cet article.
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H
Merci, Etienne, de tes réflexions sur les mythes d’origine.
En relisant récemment la Genèse m’ont frappé les tâtonnements de Dieu : (‘arbre de la connaissance, le meurtre d’Abel, le déluge). Cela donne de la dimension historique à la décision de Dieu d’envoyer son fils dans l’incarnation de Jésus.
Amitiés
Hugues
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E
Personnellement je pense que tout est donné dès le départ même avec l’avènement futur de Jésus et la filiation divine des humains. Mais l’histoire va se jouer du côté de l’homme avec ses tâtonnements à lui. Tout est soumis à sa liberté. Le Christ est inclus dans le don de l’Esprit. En mettant l’accent sur l’habitation de l’Esprit, on n’oublie rien y compris la liberté des hommes et on ouvre toutes grandes les portes du salut quelle que soient les religions et les cultures. C’est une manière de dépasser les limites de celles-ci y compris celles du christianisme historique.
E
Le vêtement de baptême du grand-père

Dans ma famille, depuis très longtemps, à chaque naissance, les parents ou tout au moins un certain nombre se transmettent la robe blanche que le grand-père paternel avait revêtu pour son baptême. Ainsi se perpétue un rite plein de sens. Il y a la filiation humaine qui est ici reprise et, en même temps, pour le croyant, la filiation divine. Le baptême nous renvoie à la création, avec le don par Dieu de l'habit à Adam et Eve. Celui-ci représente le souffle créateur de la vie qui se transmet, depuis l'origine, de générations en générations.
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M
On ne sait pas grand-chose des origines et de la vie personnelle d'Élie...


On ne sait pas grand-chose des origines et de la vie personnelle d'Élie. Il apparaît brusquement au chapitre 17 du premier Livre des Rois : Élie, le Tishbite, de la population de Galaad... Essayons de tracer son portrait, au fil des divers récits bibliques qui parlent de lui.

Un solitaire

Élie n'était-il pas reconnaissable à son vêtement de poils et son pagne autour des reins (2 R 1,8), le costume traditionnel des prophètes ? Choisi par le Seigneur pour le service de sa parole, il est d'emblée mis à part et solitaire. Cela se traduit dès le début par l'obligation de se retirer loin des lieux habités : « Va-t-en d'ici, lui dit le Seigneur, dirige-toi vers l'orient et cache-toi dans le ravin de Kérith » (1R 17,2-6). Dans ce ravin Élie a pour compagnie et bienfaiteurs des corbeaux. Plus tard, la sécheresse s'aggravant, il reçoit l'ordre d'aller en pays étranger, à Sarepta de Sidon, où une veuve l'accueille (17,18-20).

Aux yeux d'Achab, qu'il doit affronter au bout de trois années d'exil, il est le porte-malheur d'Israël et un ennemi personnel (18,17). Il semble que les autres prophètes se regroupent en des sortes de confréries, mais Élie se déclare devant le peuple « seul prophète du Seigneur » (18,22). Sa solitude devient extrême lorsqu'il doit fuir la colère de la reine Jézabel après avoir fait massacrer les prophètes de Baal (19,1-5). Il a bien un serviteur, anonyme, mais il le laisse à Béer-Shéva et s'enfonce seul dans le désert où il s'assoit et « s'endort sous un genêt isolé ». Quand il arrive à la montagne de Dieu après 40 jours de marche, il se plaint au Seigneur : « Les fils d'Israël ont abandonné ton alliance... je suis resté, moi seul, et l'on cherche à m’enlever la vie » (19,14).

Chargé par Dieu d'oindre Élisée comme prophète à sa place, il trouve en lui un successeur pour l'avenir (19,16.19-21); pour le présent, cependant, c'est un serviteur plus qu'un ami. Au dernier moment, alors qu'Élie et Élisée cheminent ensemble, celui-ci l'appelle Maître (2R 2,35). Élie semble toujours seul.

Un personnage complexe

L'humanité du prophète se manifeste en des traits de caractère assez contrastés, parfois contradictoires. Quelle que soit la difficulté, il obéit au Seigneur sans discuter. Ainsi il part dès qu'il en reçoit l'ordre, et repart, toujours plus loin, jusqu'au désert et à l'Horeb. Il revient parler au roi qui l'a fait chercher partout et il affronte sa colère (1R 18,1-2). Il donne l'onction au prophète que le Seigneur a désigné. Il annonce docilement le châtiment du Seigneur aux usurpateurs criminels, fussent-ils roi et reine (21,20), et à Akhazias qui se fie à l'idole Baal-Zeboub (2R 1,6).

Mais Élie discute aussi avec son Dieu. Il lui rappelle ses obligations vis-à-vis de la pauvre veuve de Sarepta et de son fils (1 R 17,20). Il demande grâce pour lui-même quand l'épreuve devient trop lourde (19,4). Tout à tour il prend la fuite et brave le courroux des rois. Il est plein de délicatesse et de prévenance pour une pauvre veuve et un orphelin, sensible à l'angoisse du fidèle Obadyahou qui craint pour sa vie (18,9-17), compréhensif à l'égard d'Élisée (19,20). Mais il fait égorger, sans état d'âme apparent, 450 prophètes de Baal (18,40) et appelle le feu du ciel sur deux chefs de cinquantaine et leurs hommes (2 R i,10-12). Au moment du sacrifice sur le Carmel, il se moque ouvertement des adorateurs d'une idole inerte (1 R 18,27.30-36), avant de se montrer sûr et fier de son Dieu et de s’humilier devant lui dans une prière de supplication.

Passionné pour son Dieu

En fait, la vie et la personne d'Élie sont étroitement liées à son amour pour le Seigneur. Il lui fait entièrement confiance pour sa nourriture, son repos et sa sécurité. Et il lui est donné de boire au torrent, d'être ravitaillé par les corbeaux du désert (17,4-6), hébergé par une veuve sans ressources en pays étranger (17,15-16), sauvé de son découragement mortel en plein désert (19,6). Il transmet fidèlement et sans crainte tous les messages dont le Seigneur le charge, et celui-ci l'entoure de délicate sollicitude : « Lève-toi et mange, car autrement le chemin serait trop long pour toi (19,7) ».

Sûr d'être écouté du Dieu qu'il aime, Élie se fait près de lui médiateur et intercesseur pour ses frères. Il annonce à Akhab la fin de la sécheresse et de la famine (18,41). Il peut assurer la veuve charitable qui l'a secouru que le nécessaire, farine et huile, ne lui manqueront plus (17,14). Il obtient même pour elle que Dieu rende la vie à son fils. Pourtant Élie ne se prévaut pas de sa propre puissance: Fais que l'on sache... que je suis ton serviteur et que c'est par ta parole que j'ai fait toutes ces choses (18,36).

La Parole de Dieu, ainsi que ses dons, passent par lui, sans plus. Son seul secret est une foi et un attachement sans faille. Il peut dire en toute vérité: Je suis passionné pour le Seigneur (19,14). Passionné et donc intransigeant, il confesse: C'est toi, Seigneur, qui es Dieu (18,37). Déjà pris au feu de Dieu pendant sa vie, et feu lui-même comme le dit le Siracide (si 48,1), il ne pouvait qu'être enlevé dans le feu à la fin. Non sans avoir veillé à ce qu'un autre serviteur, Élisée, continue à porter la Parole parmi les humains.

© SBEV. Madeleine Le Saux
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O
Merci à Olivier de signaler cet article du blog, comme chacun pourra le constater en appuyant sur son nom.
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C
Je reçois maintenant un beau texte de toi et comme toujours très intéressant et porteur
Avec joie, nous viendrons en discuter avec toi et vous tous, en Janvier (sauf le dimanche 28).
En attendant : selon moi, c’est toi, cher Etienne, le vagabond joyeux, qui, malgré toutes les peines et les désaccords, continue à proclamer sa vérité (ou ses utopies … c’est selon), à tout le monde de ses « disciples, en tous les cas, à ses Ami(e)s, dont nous sommes et serons encore en 2018.
A Noël, mes « enfants américains « débarquent. Et moi je me réjouis … comme au Débarquement !!!
Jean Nicolas va mieux , mais fera un nouveau « scanner « en Janvier … à voir .
Tous mes vœux, pour une belle nouvelle année , fidéle à toi-même.
Claire et Jean Nicolas
Répondre
E
Merci, Claire, de tes réactions sympathiques. Nous aurons tous du plaisir à vous revoir Jean-Nicolas et toi, au mois de janvier. En fait, je ne sais pas si je suis le vagabond joyeux. En tout cas, je serais honoré de l’être. Mais c’est quand même difficile d’être vagabond !
Quelle joie pour toi de recevoir ta famille américaine ! A tous je souhaite un bon Noël et une très heureuse année.
P
Comme toujours j'ai été très intéressé par votre lecture symbolique, notamment du couvent Le Corbusier : à l'occasion je vous ferai passer une petite plaquette que j'ai écrite il y a deux ans sur ce couvent ("L'Invisible est venu parmi nous"). La maladie de ma femme me bloque le plus souvent à la maison mais nous trouverons bien une occasion porteuse. A bientôt. Paul.
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E
C’est avec plaisir que je vous rencontrerai pour discuter sur le couvent construit par Le Corbusier. Mon numéro de téléphone est 07 72 07 09 52.

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