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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 16:03

Deux anges faisant de la musique

 

La musique qui ouvre l’oreille de l’homme à la parole créatrice

 

La transformation d’un groupe de la parole qui fait appel à la musique

En 1984, avec une autre personne, j’ai initié un groupe de la parole, qui fonctionne toujours aujourd’hui. Même si certaines personnes sont encore présentes depuis le début, le groupe s’est profondément renouvelé au cours des années passées. De nombreuses femmes, de nombreux hommes, d’origine étrangère, nous ont rejoints à une certaine époque. Et aujourd’hui, c’est un noyau dur de douze à quinze personnes, qui continuent à se réunir une fois par mois. Au départ, chacun a raconté sa vie, mais, au bout de trois ou quatre ans, nous avons fini par tourner en rond. C’est alors que nous avons décidé de partir de textes symboliques, paraboles, contes et mythes. Le succès fut immédiat : l’impression était qu’il y avait une renaissance du groupe à chaque séance. Récemment pourtant, les uns et les autres ont senti qu’il fallait un renouvellement dans notre pratique. Pendant une année, nous avons tâtonné et puis finalement, il a été décidé d’associer la parole à la musique. Une telle audace nous était permise car il y a, parmi nous, un musicologue de grande qualité. C’est ainsi que dimanche dernier nous nous sommes lancés dans l’écoute et l’analyse des Noces de Figaro, prêtant plus particulièrement attention aux dialogues qui mettaient en scène Figaro, Suzanne, le comte et la comtesse, Chérubin et d’autres. Pour moi, et je pense pour beaucoup d’entre nous, ce fut une fascination. La musique nous faisait découvrir un autre univers que la parole. En même temps, nous sentions qu’il y avait un jeu entre les deux, comme s’ils ne pouvaient fonctionner l’un sans l’autre. Ce jeu n’est pourtant pas clair. C’est pourquoi je voudrais essayer de voir ici ce que la musique apporte à la parole. Peut-être un conte va-t-il nous aider à avancer.


Un conte des Indiens du Canada

Les chants et les fêtes

Un homme, une femme et leurs trois enfants vivaient ensemble dans une cabane, entre les collines battues par le vent du grand Nord et la mer grise. L’homme était un chasseur redoutable. Parfois, il poursuivait le gibier, dans l’herbe rare, jusqu’à ne plus voir les rochers de la mer. Parfois, dans son kayak, il traquait les phoques et les grands poissons jusqu'à ne plus voir la terre. Il apprit à ses enfants son savoir, son art, ses ruses de chasseur infaillible. Quand l’aîné fut en âge de courir les collines et les landes désertes, il s’en alla fièrement, l’œil brillant, l’arc au poing. Mais, dans les broussailles, sa trace se perdit. Il ne revint jamais dans la cabane familiale où sa mère pleura longtemps devant le feu, espérant son retour. Quelques années passèrent. Vint le temps où le deuxième fils fut en âge de partir seul, lui aussi, à la chasse au renne et au caribou. Un matin donc, il s’en alla comme son frère, vêtu de cuir et chaussé de mocassins brodés. Mais, comme son frère, il disparut à l’horizon, et jamais on ne le revit. Le visage de ses parents, tant leur douleur fut grande, se couvrit de rides et leur tête de cheveux blancs. Quand leur troisième fils s’en fut par le chemin de la colline, ils le bénirent trois fois, les mains tremblantes et les yeux pleins de larmes. Le garçon leur dit : « Ne vous lamentez pas ainsi. Moi, je reviendrai, je vous promets que je reviendrai ». Et il disparut, au loin, sous le ciel gris.

 

Or, sur la lande, il vit un grand aigle noir tournoyant au-dessus de lui. Le garçon arma son arc et le tendit vers le ciel. Mais avant qu’il n’ait pu tirer, l’aigle descendit, fonça vers la terre et se posa à côté de lui. Alors son plumage s’ouvrit dans un grand froissement ténébreux, et apparut un homme de haute taille, vigoureux, à la chevelure longue et lisse, au regard vif. Cet homme dit : « C’est moi qui ai tué tes deux frères. Je te tuerai toi aussi à moins que tu n’acceptes de faire ce que je vais te demander. Je veux que dès ton retour chez toi, tu chantes des chansons avec tes semblables et tu fasses de grandes fêtes. « Qu’est-ce qu’une chanson ? répondit le garçon. Et qu’est-ce qu’une fête ? – Acceptes-tu oui ou non ? – J’accepte, mais je ne comprends pas. – Viens avec moi, dit l’homme-aigle. Ma mère t’apprendra ce que tu dois savoir. Tes deux frères n’ont pas voulu apprendre, ils détestaient les fêtes et les chansons. C’est pourquoi je les ai tués. Toi, dès que tu auras appris à composer une chanson, à assembler les mots comme il faut, à chanter et à danser, tu pourras revenir tranquillement chez toi.

 

L’homme jeta sur son épaule son manteau en plumage d’aigle et s’en alla, avec le garçon, vers la montagne. Ils marchèrent longtemps, traversant des vallées, des cols, des neiges éternelles. Ils arrivèrent enfin devant une maison de pierre, à la cime d’une montagne rocheuse. Cette maison tremblait, vibrait, secouée par un bruit sourd comme un battement grave, lent et profond. « Ecoute, dit l’homme-aigle. C’est le cœur de ma mère qui bat. Entre, n’aie pas peur. » Il poussa la porte. Dans la grande cuisine enfumée, une vieille femme était assise. Son visage était infiniment ridé, elle se tenait voûtée, tristement. L’homme-aigle l’embrassa. « Mère, lui dit-il, tu vas revivre, toi qui te meurs. Ce jeune homme est venu apprendre à composer des chansons, à battre du tambour, à danser. Il enseignera tout cela aux humains qui ne savent rien des fêtes et des chants. Le visage de la vieille s’épanouit. Elle se leva, serra le garçon dans ses bras et lui dit : « Grâce à toi, je vais rajeunir. Tu vas me délivrer de mon savoir, enfin ! Au travail vivement ! Tu vas d’abord construire une grande maison, plus grande et plus belle que les maisons ordinaires. Le garçon, sur la montagne, construisit une grande maison, puis la mère de l’aigle lui apprit à faire un tambour, à battre la mesure, à chanter, à ordonner les mots et la musique, à danser. Et, jour après jour, le dos voûté de la vieille femme se redressa, ses rides s’effacèrent sur son visage, sur sa tête poussa une superbe chevelure noire. Quand elle eut fini de dire tout son savoir, elle était devenue une belle femme majestueuse aux joues lisses, aux yeux paisibles et brillants. Le garçon serait volontiers resté avec elle.

 

Mais un matin il lui fallut partir. Il redescendit en courant vers la vallée, vers la mer, vers la cabane de ses parents qui croyaient l’avoir perdu à jamais, lui aussi, depuis le temps qu’il s’en était allé. Avec son père, il construisit une grande maison, ils firent ensemble des tambours, puis composèrent des chansons.

 

Quand tout fut prêt, ils s’en allèrent chercher des convives pour le festin. Ils rencontrèrent des gens étranges par les collines. Les uns étaient vêtus de peaux de loups, les autres de peaux de renard, les autres de fourrures d’ours. Ils les invitèrent tous. Devant les feux crépitants, celui qui savait chanta dans la grande maison, il joua du tambour, dansa, toute la nuit. A l’aube, les invités s’en allèrent, saluant le jeune homme et son père. Alors le jeune homme et son père, les voyant se disperser dans l’herbe grise au petit jour, s’aperçurent que tous ces gens qui avaient fait la fête avec eux étaient des animaux qui s’étaient métamorphosés en hommes et en femmes, le temps d’une nuit. La mère-aigle les avait envoyés pour qu’ils donnent au garçon la dernière leçon, le dernier mot de son savoir. Voici : quand le tambour bat juste, quand la danse est bien rythmée, quand la fête est belle, son pouvoir est si grand qu’il change les bêtes en hommes véritables. (Conte des Indiens du Canada, Henri Gougaud, L’arbre à soleils, Ed. du Seuil)

 

A l’origine était la musique (ou le chant)


L’homme-aigle et sa mère nous renvoient à l’origine. Depuis le début, il y a, en nous un oiseau chanteur qui sommeille et qu’il faut réveiller. Certaines traditions disent qu’il y a un ange, muni d’ailes comme l’oiseau lui-même. C’est ainsi que le Coran nous fait assister au passage de l’ange à l’homme, auquel le Seigneur donne un corps pour en faire son lieutenant sur la terre. Contrairement à ce que pense Iblis, il s’agit d’une promotion. Se croyant supérieur à cette nouvelle créature, il refuse de se prosterner devant elle, comme Dieu lui demande de le faire et finit ainsi par introduire une diabolisation dans le monde. Il s’oppose à ce que l’homme joue le rôle de l’ange musicien qu’il n’est plus, en reprenant à son compte le chant des origines. L’être humain finit ainsi par oublier qu’à l’origine était la musique.

 

La vieille femme du conte, figure de l’Ecriture des origines, sait que l’être humain est victime d’un mensonge et que la création tout entière a surgi de la musique parce que la musique était nécessaire pour qu’agisse la Parole créatrice.

 

L’initiation ou le retour au chant des origines


Pour l’homme-aigle, l’être humain s’est égaré en fondant son initiation sur la violence de la chasse, qui le conduit à sa destruction. Pour lui, l’homme n’est pas né de la violence, il est né du chant. Il y a là une question de vie et de mort. C’est pour cette raison qu’il entraîne le jeune garçon, acceptant de choisir la vie, chez sa mère déjà très âgée ; elle lui apprendra le chant des origines qui constitue le chemin de la vie. Celle-là semble signifier que le créateur est aussi une mère, qui fait grandir ses enfants en leur apprenant des chansons. Elle parvient ainsi à révéler à l’homme la Mère oubliée, qui est aussi une Mère musicienne.

 

L’ouverture de l’oreille à la Parole créatrice


  Le chant est une invitation à grandir. Et l’oiseau qui est en soi, c’est l’ange qui aspire à s’incarner dans l’homme : il est la marque de l’inaccompli. Il est un peu le « Cherubino » des Noces de Figaro, jeune page, encore dans l’adolescence, qui aspire à grandir. La musique ouvre son oreille à l’appel de la vie. En réalité, sous l’effet de la musique, c’est son corps tout entier, qui devient oreille. Il peut alors écouter de tout son être la parole créatrice, qui est invitation à l’amour. Aussi ce personnage apparemment secondaire devient-il le personnage principal de la pièce d’opéra, dans lequel Mozart lui-même se révèle tout entier. C’est pourquoi il n’est pas étonnant qu’il ait le nom d’un ange dont la mission est de porter la parole créatrice.

 

Je ne sais plus qui je suis, ni ce que je fais,
tantôt je suis de feu et tantôt de glace,
toutes les femmes me font changer de couleur,
toutes les femmes me font trembler.
Il n'y a que les mots d'amour ou de plaisir

qui troublent et perturbent mon cœur ;
et c'est un désir d'amour que je ne puis
expliquer, qui me force à parler.
Je ne sais plus qui je suis, etc.
Je parle d'amour en veillant,
je parle d'amour en dormant,
à l'eau, à l'ombre, aux montagnes,
aux fleurs, à l'herbe, aux fontaines,
à l'écho, à l'air, aux vents
qui emportent avec eux
le son de mes cris inutiles.
Je parle d'amour en veillant, etc.
Et si je n'ai personne pour m'entendre,
je me parle d'amour tout seul.

 

La parole créatrice n’est pas d’abord une parole extérieure, elle est avant tout la parole intérieure qui, comme invitation à l’amour, pousse l’homme à évoluer en passant de l’inaccompli à l’accompli.

 

Le passage de l’animalité à l’humanité


Le jeune homme du conte pensait avoir invité des êtres humains. Or, il s’aperçoit, à la fin de la fête, que ces êtres vêtus de peaux de bête étaient en réalité d’authentiques animaux. Mais la musique et les chants avaient réussi, l’espace d’une nuit, à les transformer en hommes et en femmes véritables. Dans la violence qui nous pousse à chasser, jusqu’à la mort, les autres humains, nous donnons une place presqu’entière à l’animal qui est en nous. Le conte nous révèle alors que la musique et les chants, en nous éveillant à l’amour, peuvent nous amener à échanger notre arme contre un instrument de musique. C’est cet appel que je vais entendre maintenant en rencontrant, presque chaque jour,  les deux « Roms », qui inlassablement jouent de l'accordéon, avec un grand talent,  dans la seule rue piétonnière de la Croix-Rousse.

 

Et si le secret du Coran était du côté de la musique


Il y a longtemps déjà, un professeur musulman avait attiré mon attention sur la musicalité qu’engendre la récitation du Coran en arabe. Je comprends maintenant seulement le message qu’il voulait me transmettre. Il s’agit moins de chercher, dans ce livre,  une manière de vivre, que d’apprendre à écouter la parole créatrice qui nous traverse, et qui peut renvoyer à la Parole mystérieuse d’un Autre. N’est-ce pas cela que veut dire le mot « Islam ». Nous le traduisons par soumission. Peut-être pourrions-nous le traduire tout aussi bien par écoute ?

Etienne Duval

 

 

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commentaires

Josiane Bochet 13/11/2016 15:25

Merci pour cette belle évocation de la musique et du lien entre paroles et musique .
Pour moi , la musique est vitale , d'ailleurs nous avons toujours été baignés de rythmes , de sons , de voix depuis notre conception . Il n'y a pas de silence dans la nature rien que des bruits , des chants qui nous accompagnent . Mes parents chantaient beaucoup .
Chanter ensemble fait du bien même ( et surtout ) lors d'une sépulture .
Chanter seul aussi " sous la douche " ; même si l'on chante faux !
Sais-tu que dans certains cinémas l'on peut assister en direct à des opéras ? Bien sûr, ce n'est pas aussi exceptionnel que si l'on était dans la salle mais je peux te dire que le son nous envahit , les images aussi ...
Récemment j'ai relu Ma vie avec Mozart d' E E Schmitt et écouté le CD qui va avec ( plusieurs extraits des Noces de Figaro d'ailleurs ) : ce qu'il exprime correspond bien à mon expérience de la musique et des paroles .
Bonne continuation à votre groupe de parole.

Etienne Duval 13/11/2016 15:26

Je suis heureux de voir que tu as l’âme musicienne, car tu rejoins ainsi ce qu’il y a de plus profond en nous. Il y a un conte « La musique au cœur du monde », qui prétend que les hommes recherchent le mystère à travers la musique. Et cette musique fondamentale, il la représente comme une petite feuille verte, qui met tout le monde en harmonie, car elle est au cœur de la vie.

Gérard Jaffredou 29/10/2016 15:46

J'ai apprécié cette évocation du chant et de la danse qui ressoudent la communauté des humains et des animaux, abolissant les limites, fondant l'humanité.
Je ne dirai pas que j'en ai fait l'expérience. Mais je garde le souvenir très chaleureux de ce chanteur de Kan ha Diskan de Saint-Herbot, un homme d'une très grande distinction, âgé déjà d'une soixantaine d'années, Iffig Lavanant, qui expliquait à mes élèves du Collège naval, très étonnés et admiratifs, ce qui liait autrefois, avant l'arrivée des tracteurs, les hommes de l'endroit pendant leur travail : le chant. On chantait, disait-il, constamment : en labourant, et de l'autre côté du talus surgissait une réponse, improvisée, et le dialogue se poursuivait ainsi (e brezhoneg, evel-just). Et tout un répertoire s'élaborait, s'enrichissait, circulait ; et se retrouvait dans les festoù-noz. Ils animaient ici la gavotte, là le plinn, ailleurs le fissel, selon la mode du pays ou de la paroisse. Le Kan ha diskan mène la danse, et c'est parti pour dix, quinze, vingt minutes . Après une longue et rituelle invitation à la danse, un chanteur chante le premier couplet et le second enchaîne en tuilant, puis le premier reprend de même et ainsi de suite. L'un et l'autre entretiennent mutuellement leur énergie et celle des danseurs, qui dansent en ligne, dans une communion joyeuse et codée, où tous les âges se mêlent, et où tous sont admis (pourvu qu'ils respectent les codes).
J'ai connu ces festoù-noz dans leur meilleure forme, à la fin des années soixante. Les communautés de villages étaient encore vivantes, les chanteurs créaient encore leur répertoire ou le tenaient directement de leurs proches, parents ou amis ou voisins, avaient la force de chanter toute une soirée et jusqu'à bien tard dans la nuit. Ils chantaient pour la communauté réunie, après les travaux. S'y aggloméraient quelques étudiants venus de Rennes, guidés les connaisseurs qui avaient repéré que les frères Morvan chantaient à Poullaouen, ou les sœurs Goadec à Carhaix.
Je n'ai jamais retrouvé, nulle part, une chaleur, une bienveillance, une joie aussi forte, aussi simple que dans ces festoù-noz là. La communauté se retrouvait, accueillante, dans la complicité de la fête, du chant et de la danse – certes - , mais surtout celle de la langue, sa langue ! -et quotidienne ! , qui n'était pas encore promue « patrimoine national », une langue vivante, subtile, parlée par tous spontanément, naturellement, et avec un plaisir évident et très enviable.
La foule se séparait à deux ou trois heures du matin, quittait le hangar dans la nuit d'hiver. Je n'ai vu personne se muer en pie-noire ou en tourterelle, mais chacun avait au cœur, je pense, comme nous-mêmes, une sympathie renouvelée pour le prochain et le plaisir de vivre.
Gérard Jaffrédou
14. X. 2016

Etienne Duval 29/10/2016 15:49

Je trouve ton évocation tout à fait intéressante. De mon côté, lorsque ma mère avançait en âge, j’ai voulu la ramener à ses souvenirs d’enfance. C’est alors qu’elle a parlé avec émerveillement de son groupe de chorale. J’avais l’impression de me retrouver au paradis terrestre et ce paradis terrestre, c’était le chant qui en favorisait la naissance et le développement. Il y avait alors beaucoup de joie dans le chant lui-même, dans les rencontres et les promenades régulières qu’il suscitait.

Yves Jaffrès 26/10/2016 18:13

Réflexion d’Yves sur ce dernier envoi :
Nous n’avons fait qu’entendre, dans de mauvaises conditions, des extraits des Noces de Figaro.
J’aurais voulu que nous approfondissions davantage les textes en eux-mêmes, même sur le plan littéraire…
La musique de Mozart en suit les moindres détails, et les transcende tous par l’instauration d’un « climat », né des moyens musicaux mis en oeuvre…

Ce à quoi nous avons été sensibles, est du domaine de l’indicible, mais ce qui se passe derrière nos analyses est plus fort, quand l’analyse va plus à fond.

C’est peut-être ce que dit le conte quand il parle d’ange…
Dans le personnage de Chérubin (nom d’une catégorie d’anges), Mozart exprime un émoi, qui est celui d’une ouverture à une altérité indéfinie. Or la musique se situe justement dans cette respiration qui anime l’être humain, dans le temps, dans la pulsation.
Quant à notre ‘anima’lité’, elle n’est pas à ignorer, car l’anima est cette jonction entre la vie et l’esprit, où l’intelligence et la sensibilité se confortent mutuellement pour que nous soyons tout simplement des « humains », tel que nous pouvons souhaiter le devenir.

Etienne Duval 26/10/2016 18:40

Merci Yves d’avoir pris un peu de temps pour répondre à mes élucubrations.

Je pense que notre attention a été assez forte pour dépasser les mauvaises conditions imposées à notre écoute.

Personnellement je pensais que les textes n’étaient que des prétextes, mais ce que tu dis me fait réfléchir. Pour toi le texte guide la musique, il la canalise, comme si la musique était à son service. Il contient presque l’écriture de la musique elle-même. Nous voilà dans une tout autre direction. Nous en reviendrions à : « Au commencement était la parole » et la parole se déclinerait à deux niveaux : un texte et une musique. Dans ce cas, la parole serait la conjonction des deux. La musique pousserait le texte à une énonciation qui serait la parole elle-même.

Oui tu as raison, la musique nous pousse jusqu’à l’indicible. Ou peut-être plus simplement est-elle l’indicible de la parole ?

En fait, tu vas plus loin, lorsque tu dis qu’elle est dans la respiration et la pulsation de l’être humain. Dans ce cas, elle serait la traduction de l’inspiration…, le sens à son origine…

Marie-Louise Fleckinger 26/10/2016 18:05

Marie-Louise
A propos du blog sur la musique

Conte canadien :
Magnifique, sa lecture fait du bien.
Faut-il le travailler en groupe en détail ?
Exemples à travailler : « Je reviendrai »
« Qu’est-ce qu’une chanson ? »
« J’accepte mais je ne comprends pas »
« Ils marchèrent longtemps »
« Ecoute ! C’est le cœur de ma mère qui bat »
Enseigner = rajeunir ?
« Me délivrer de mon savoir »
Apprendre la musique = ?
Construire sa maison puis inviter
les rapports entre animaux et humains
Conclusion du conte : cf. Orphée ?

A propos de ton commentaire, Etienne
Eclaircir et éclairer ce que tu dis par rapport au Coran
« Mensonge» ? Non, plutôt oubli et refoulement
Je suis très intéressée par le Créateur-« mère »
En apparence, en contradiction avec le dogme chrétien
En profondeur, analogie : Dieu a-t-il besoin des hommes pour poursuivre le chemin ?

A propos de Chérubin, il me semble s’ouvrir au monde, y compris à la nature, par l’amour.
Dans les Noces de Figaro, l’essentiel me paraît être les différents « âges » de l’amour :
Barberine/Chérubin - Figaro/Suzanne - La Comtesse/le Comte - Marcelline (jeune fille et mère)/ Bartholo
Finalement c’est l’amour chanté qui rétablit l’harmonie du monde, y compris social.

Rapports homme et animal
Vue la cruauté volontaire des hommes, est-ce juste de mettre la violence du côté des animaux qui tuent pour survivre ?

La musique nous éveille peut-être à l’amour, mais la musique existe aussi qui appelle à la violence.
Si l’amour nous ouvrait plutôt à toute beauté, naturelle ou artistique ?

La musique et la danse conjointes interviennent à l’origine dans la récitation de tout texte fondateur.
Exemple : ce que tu dis du Coran, mais aussi Homère, les tragiques grecs, les Psaumes et bien d’autres textes transmis par oral ou par écrit.

Oui au fin mot d’« écoute » que tu préfères à « soumission » à propos du Coran : à élargir

Marie-Louise

Etienne Duval 26/10/2016 18:10

Merci Marie-Louise pour toutes ces remarques, qui peuvent nous aider à aller plus loin dans la compréhension de la musique et de ses rapports avec la parole.
En ce qui concerne le conte, je suis d’accord avec tes interrogations. Ce qui me stimulerait le plus, c’est le rapport entre enseigner et rajeunir. Tu pourrais nous en dire plus que ce que j’imagine.
A propos du créateur-mère, il me semble que la dimension féminine est cachée lorsque nous parlons de Dieu. Pour moi, il y a, en Dieu, autant de féminité que de masculinité. Les Indiens, peut-être plus proches que nous des origines, sont aussi plus aptes à le comprendre.
Comme toi je pense que l’amour est fondamental et qu’il rétablit l’harmonie du monde. La musique nous humanise lorsqu’elle exprime l’amour mais elle peut aussi nous pousser du côté de la violence, car elle est avant tout la manifestation de l’émotion et de la passion, qui restent indécises quant à leur expression.
Bien sûr, la musique et la danse sont liées. Au commencement étaient la musique et la danse. Mais peut-être la danse est-elle la première ébauche d’une écriture, appelée à donner naissance à la parole.

Bien amicalement.

François d'Assise 24/10/2016 16:48

Le cantique des créatures - st François d'Assise
Voici un texte attribué à saint François d’Assise :
Très haut tout-puissant, bon Seigneur,
à toi sont les louanges, la gloire et l’honneur et toute bénédiction.
À toi seul, Très-haut, ils conviennent
Et nul homme n’est digne de te mentionner.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement, monsieur frère Soleil,
lequel est le jour et par lui tu nous illumines.
Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très-Haut, il porte la signification.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Lune et les étoiles,
dans le ciel tu les as formées claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent
et par l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Eau,
laquelle est très utile et humble et précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère feu
par lequel tu illumines dans la nuit,
et il est beau et joyeux et robuste et fort.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mère Terre,
laquelle nous soutient et nous gouverne
et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par ceux qui pardonnent pour ton amour
et supportent maladies et tribulations.
Heureux ceux qui les supporteront en paix,
car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mort corporelle,
à laquelle nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels.
Heureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés,
car la seconde mort ne leur fera pas mal.
Louez et bénissez mon Seigneur,
et rendez-lui grâce et servez-le avec grande humilité.
Saint François d’Assise (1182-1226)

Etienne Duval 24/10/2016 16:50

Il y a, par derrière ce chant de François, l’idée que la création est elle-même un chant, qu’elle est le chant par excellence, à partir duquel chaque être et chaque chose trouve son sens.

Mythe de Babel 24/10/2016 16:16

Le sens disparaît lorsque la musique, dans ses variations multiples n’a plus de place, comme l’exprime le mythe de Babel. C’est que la musique « est pure signification, dépourvue de sens, elle est la voix » (Perella, 1984).
Babel


Tout le monde se servait d'une même langue et des mêmes mots.
Comme les hommes se déplaçaient à l'orient,
Ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s'y établirent.
Ils se dirent l'un à l'autre : "Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu".
La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier.
Ils dirent : "Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour
Dont le sommet pénètre les cieux !
Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés par toute la terre !"

Or Yahvé descendit pour voir la ville
Et la tour que les hommes avaient bâties.
Et Yahvé dit : "Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue,
Et tel est le début de leurs entreprises !
Maintenant aucun dessein ne sera irréalisable pour eux.
Allons ! Descendons ! Et là confondons leur langage
Pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres."
Yahvé les dispersa de là sur toute la terre
Et ils cessèrent de bâtir la ville.
Aussi la nomma-t-on Babel,
Car c'est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre
Et c'est là qu'il les dispersa sur toute la face de la terre.
(Bible de Jérusalem, Genèse XI — 1 à 9)

Etienne Duval 24/10/2016 16:23

C'est en étant pure signification, que la musique ouvre l'oreille pour entendre la parole et comprendre le sens.

Berlioz 24/10/2016 15:38

BERLIOZ - LES DEUX AILES DE L'ÂME de Christian Wasselin

"Laquelle des deux puissances peut élever l'homme aux plus sublimes hauteurs, l'amour ou la musique ? L'amour ne peut pas donner une idée de la musique, la musique peut en donner une de l'amour... Pourquoi séparer l'un de l'autre ? Ce sont les deux ailes de l'âme", annonce Berlioz. Portée par un lyrisme fébrile et une mélancolie passionnée, la musique de Berlioz est écrite avec du feu. Nostalgie de l'enfance, amours douloureuses, voyages incessants dans toute l'Europe, Berlioz mène une vie parmi les plus romanesques du XIXe siècle et nous laisse des oeuvres toutes singulières. Christian Wasselin s'attache à retracer le destin d'un homme qui mit plus haut que tout l'amour de son art.

Jacquelin Mercy 20/10/2016 21:31

Merci Étienne. J'admire ton aptitude à élaborer une réflexion/synthèse à partir de cette nouvelle expérience du groupe. Tu nous ouvres de nouveaux horizons notamment à la fin sur le Coran. J'ai particulièrement apprécié le § sur L’ouverture de l’oreille à la Parole créatrice qui m'a amenée à réfléchir sur le passage de l'inaccompli à l'accompli.

Etienne Duval 20/10/2016 21:35

Merci Jacqueline pour tes réflexions et ta bienveillance. Je me suis interrogé sur l’opportunité de cet article, et ton commentaire finalement me rassure.

Cherubino, Voi que sapete 19/10/2016 18:25

Ecoutez Voi que sapete par Cecilia Bartoli en appuyant sur Cherubino.

Jean Puel 18/10/2016 11:19

Par rapport à ton dernier blog, n'étant ni musicien, ni musicologue, je n'ai pas d'opinion.

Etienne Duval 18/10/2016 11:20

Tu es trop modeste.

Les anges musiciens de Pouenc 16/10/2016 21:42

Ecoutez les anges musiciens de Poulenc en appuyant sur le titre.

Le murmure des anges 16/10/2016 18:41

Le murmure des anges
d' Anselm Grün
Collection Spiritualité
Les mots des Psaumes sont des paroles saintes, les mots de Dieu lui-même. Ils prennent naissance dans le silence de Dieu, ils jaillissent de ses profondeurs, de son Coeur, et c’est là aussi qu’ils nous conduisent si nous nous abandonnons à eux. Car les Psaumes nous contraignent à ne pas nous arrêter à nos impressions et à nos idées. À travers les mots, nous sommes introduits dans le mystère divin qui est au-delà des mots.
La multiplicité de nos paroles n’a pour seul but que nous faire entrer dans le mystère de Dieu qui est un pur silence.

Paule Sassard 16/10/2016 18:35

le chant des psaumes avec mes freres capucins m'enchante mais ils ne savent pas encore les rythmer....cela me frustre .Je n'ose m'imposer avec un tambour mais je leur ai conseillé de lire les propos d4anselme GRÜN "le murmure des anges" .AMICALEMENT a toi

Etienne Duval 16/10/2016 18:40

Tu as tout compris...

François Douchin 15/10/2016 21:24

J'ai surtout envie de répondre à ton long blog sur la musique. A priori, ça ne me concerne pas, je suis nul à zéro dans ce domaine si important et c'est un grand regret… Mais l'histoire du groupe de parole qui passe à la musique avec un interprétant, donc, au moins en partie, indirectement, m'a frappé…

C'est à peu près ce qui m'est arrivé avec la seule musique où je suis "entré" et très fort, malgré mon handicap : le chant grégorien. Vivre avec des gens qui en vivaient et étaient capables de le dire très bien (depuis Blanchet, Clerc, Genuyt et d'autres…) m'a réellement permis une appropriation personnelle, limitée mais réelle. Il faut dire que c'est une musique qui suit le rythme de la phrase latine et est vraiment au service des textes. Et le latin, c'était un peu ma langue maternelle (mes deux parents l'ont enseigné…). Mais l'incroyable élargissement des textes qu'apportait le chant m'a énormément fait vibrer. C'était une joie pour moi que certains offices chantés. Et, a contrario, le blocage brutal de cette tradition a créé un vide dont beaucoup, qui ne l'ont pas toujours dit, ont été inconsolables. Le rude Edmond Blanc m'a dit, un jour, que, pour lui, ça avait été le déclenchement du décrochage…

Donc bravo pour votre saut dans cet univers !

Etienne Duval 15/10/2016 21:52

Merci François pour ton commentaire et la relation de ta propre expérience. Je pense en effet que nous intellectualisons trop et que nous ne sommes intéressés que par le sens. Or il y a la musique, le chant, le chant de l’opéra, ou même le chant grégorien, la psalmodie rythmée, qui me semblent avoir pour fonction de mettre le corps tout entier en état d’écoute de la parole, de telle façon que celle-ci s’incarne dans le concret. Il faut que la parole traverse le corps tout entier pour susciter, en nous-mêmes, dans la liturgie, la présence du Dieu qui, nous parle. Le chant, c’est la convocation du corps pour être à l’écoute de la parole intérieure et plus largement de la parole créatrice, et même de la Parole de Dieu. Le processus d’incarnation n’est peut-être rien d’autre que la mise du corps en état d’écoute de la Parole, de telle-façon que la Parole fasse corps.

Marius Alliod 15/10/2016 08:54

Cher Etienne
Pour résumer ma pensée, il me semble que jamais il n'aura été aussi vrai qu'un texte est homologue à la société qui l'a produit, selon la formule de Lévi-Strauss. Car ce que tu nous dis sur la musique qui enveloppe les fêtes dans le Coran le différencie des récits d'origine qu'on trouve en Occident qui sont plus volontiers des récits guerriers, le plus souvent violents où la fête est au service des commencements héroïques de nos ancêtres et de leurs faits d'armes légendaires qui viennent compenser le silence de l'histoire des origines, puisque l'histoire suppose des témoins et qu'il n'y a pas de témoins des origines, dit le RP P.Gibert de la compagnie de Jésus qui s'est penché sur ces questions et disant que le meurtre, sur le modèle meurtre du Père chez Freud, est souvent l'élément le plus caractéristique du genre "Récit des origines".
Je crois remarquer aussi que l'alliance entre l'homme et les animaux, la place qui leur est accordée, dans l'atmosphère Coranique, n'est pas du tout celle de la Bible comme si les pulsions et les instincts dont les animaux sont traversés ne sont pas dignes des anges, si on entend bien que "Angeli non nubent" et que l'homme n'a de place qu'au-dessus des animaux et au-dessous des anges.
Cette idée d'une vieille femme qui retrouve sa jeunesse en éduquant l'oreille musicale de sa descendance est aussi contournée que celle de nos premiers parents du catéchisme, mais elle souligne bien le sentiment conquérant de soi des orientaux moins touchés par la dépression que les Occidentaux.
Ceci étant il doit bien exister du lamento chez les compositeurs musulmans, mais il est peut-être moins tragique que le lamento des grands compositeurs germaniques
Merci de ton blog, il est aussi réconfortant qu'une musique. Monique et Marius A.

Etienne Duval 15/10/2016 09:17

Merci Marius pour ta réflexion. Je n’ai pas voulu, dans l’article, faire une comparaison entre la culture musulmane et la culture occidentale. S’il y avait une comparaison ce serait plutôt entre les Indiens d’Amérique et l’Occident car le conte vient des Indiens du Canada. En fait ce conte me paraît avoir une portée universelle, qui dépasse les cultures elles-mêmes. C’est bien pourquoi il permet de comprendre certaines choses que nous ne comprenons pas dans l’Islam, notamment en ce qui concerne la récitation du Coran qui s’opère dans une forme de musicalité, apte à favoriser l’écoute de la parole créatrice, qui nous traverse, et plus volontairement l’écoute de la parole du Dieu créateur. En ce sens l’Islam serait plus proche que nous du message du conte indien. C’est sans doute un peu ce qui explique ton parti pris dans la réflexion. Il faut dire aussi que j’ai emprunté à l’Islam l’idée que l’homme est supérieur à l’ange, car en s’incarnant, il est devenu le lieutenant de Dieu sur terre. Cela me permettait de faire un lien entre l’ange originel et l’oiseau qu’évoque le conte indien. Et j’aime bien l’idée que les ailes de l’ange évoquent sa facilité de déplacement pour porter le message de Dieu mais se présentent comme de grandes oreilles, qui vont permettre à Moïse d’entendre la Parole de Dieu.

Google 14/10/2016 23:54

Le présent article est référencé par google...

Etienne Duval 14/10/2016 16:30

Les ailes des chérubins comme des écouteurs pour Moïse

« Quand Moïse pénétrait dans la Tente du Rendez-vous pour s'adresser à Lui, il entendait la voix qui lui parlait du haut du propitiatoire que portait l'arche du Témoignage, entre les deux chérubins. Alors il s'adressait à Lui. » (Nombres, ch.7, 89)
Il semble ici que les ailes des chérubins ne servent pas à voler mais sont comme des grandes oreilles, qui permettent à Moïse d’entendre la voix de Dieu. Une telle représentation confirmerait l’hypothèse que nous avons formulée dans le sens où le chant des anges ouvrirait l’oreille de Moïse pour entendre la Parole de Dieu.

Le chant des anges 14/10/2016 16:05

Les anges qui chantent l’hymne des cieux
Les anges dans nos campagnes
18e siècle
Chanson de Noël. Paroles et Musique MP3
Les anges dans nos campagnes
Ont entonné l'hymne des cieux,
Et l'écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux :
Gloria in excelsis Deo (Bis)
Bergers, pour qui cette fête ?
Quel est l'objet de tous ces chants ?
Quel vainqueur, quelle conquête
Mérite ces cris triomphants :
Gloria...
Ils annoncent la naissance
Du libérateur d'Israël
Et pleins de reconnaissance
Chantent en ce jour solennel :
Gloria ...
Cherchons tous l'heureux village
Qui l'a vu naître sous ses toits
Offrons-lui le tendre hommage
Et de nos cœurs et de nos voix :
Gloria ...
Bergers, quittez vos retraites,
Unissez-vous à leurs concerts,
Et que vos tendres musettes
Fassent retenir les airs :
Gloria ...

Le cerveau musicien 14/10/2016 11:26

Le cerveau musicien
Neuropsychologie et psychologie cognitive de la perception musicale
Sous la direction de Bernard Lechevalier, Hervé Platel, Francis Eustache
• Année : 2010

Présentation
Le cerveau musicien est le premier ouvrage qui fait explicitement le lien entre les études de psychologie cognitive et de neurosciences cliniques et fondamentales sur la perception musicale. Il présente les recherches en psychologie cognitive et neurosciences menées par des spécialistes de renommée internationale. L’ouvrage aborde ainsi les spécificités structurales du percept musical, les troubles neurologiques propres à la musique, le développement des capacités musicales chez l’enfant, les effets de l’expertise musicale ainsi que la neuroimagerie fonctionnelle de la perception musicale. Le cerveau musicien permet de comprendre pourquoi la musique n’est pas juste un « amusement social », mais bien une forme d’expression particulière de notre intelligence qui trouve sa source dans le besoin de notre cerveau d’associer expériences sensorielles, motrices et émotionnelles, que ce soit dans une visée purement hédonique ou dans un objectif de création. Ainsi, les auteurs offrent une explication au fait que, si la musique adoucie les mœurs, elle est aussi assurément un « stimulant » cognitif et cérébral. Destiné avant tout aux neuropsychologues, neuropsychiatres, neurophysiologistes, médecins et orthophonistes, l’ouvrage intéressera également les étudiants en psychologie et en musicologie (licence et master).

Hubert Marrel 14/10/2016 10:28

Lorsque des linguistes ont essayé de chercher à traduire l'écriture inconnue de tablettes de l'île de Pâques, il n'y avait personne pour les aider, tant la population avait été décimée par des invasions, guerres intestines, maladies ou déportations. Et c'est justement un vieillard déporté à qui l'on a mis une de ces tablettes sous les yeux qui s'est mis à chanter avec expression... Mais bien sûr sans qu'il puisse sortir un "traître" mot intelligible pour ces linguistes. Cet exemple m'a tellement frappé que depuis je constate qu'il n'y a pas que les mots pour s'exprimer. C'est assez mystérieux. En psychiatrie on travaille d'ailleurs sur l'aspect musical de l'expression. Une émission de France culture passionnante intitulée " Le cerveau musicien" a traité de ce sujet avec Pierre Lemarquis, neurologue plongé dans la musique, et qui se réfère justement à Mozart confronté apres une periode de fortes angoisses aux morts de son grand ami et de son père et qui, acceptant la réalité de cette "Mort"... renaît en composant la Petite Musique de Nuit. Lequel a aussi plusieurs écrits sur ce sujet.

Etienne Duval 14/10/2016 11:37

Ce que tu dis, Hubert, est tout à fait intéressant autant en ce qui concerne le vieillard de l'île de Pâques, l'émission sur le cerveau musicien que le cas de Mozart qui renaît à la vie en composant" La petite musique de nuit ". Cela me renvoie à l'exemple de Tomatis qui faisait entendre les sourds, en leur faisant écouter la voix de leur mère ou la musique de Mozart. Il fallait réactiver le cerveau musicien pour qu'ils puissent entendre.....

Claire Dumont-Hérique' 14/10/2016 10:19

Oui certainement, la musique adoucit les mœurs, c’est un grand plaisir qui a du sens. Maintenant pour affirmer que l’islam, c’est l’écoute des autres ??? Par contre je te transfère un texte qu’on m’a envoyé d’un Dominicain Jean Druel .
A bientôt. Chaleureusement. Claire

Etienne Duval 14/10/2016 10:22

Merci Claire de ton commentaire mais je crois que tu ne m’as bien lu. Je n’ai pas affirmé que l’Islam c’était l’écoute des autres ; j’ai parlé de l’écoute de sa parole intérieure et par là de l’écoute de la Parole de l’Autre qui est Dieu. Après avoir essayé de montrer que la musique avait pour fonction d’ouvrir l’oreille à la parole créatrice, j’en suis venu à la musicalité dans la récitation du Coran et ai posé l’hypothèse ce que je viens d’exprimer.

Puisque tu m’envoies un texte d’un Dominicain du Caire, je te fais part de ce que dit un autre Dominicain du Caire, reconnu comme bon connaisseur de l’Islam : il s’agit d’Adrien Candiard dans « Comprendre l’Islam ».
« Si le Coran est présent partout…, ce n’est pas parce qu’on en attend un enseignement, c’est parce qu’il rend Dieu présent, parce qu’il est la présence divine même dans sa récitation. Ce qui bouleverse des foules entières, lors d’une belle récitation, ce n’est pas le sens de tel ou tel verset, mais la présence de Dieu ressentie dans l’action même qui a rendu la Parole vivante…
Les chrétiens lisent la Bible comme de la prose, les musulmans lisent le Coran comme de la poésie : les mots sont uniques, irremplaçables, chacun à sa place, et faire entendre ces sons sacrés est déjà un acte religieux, comparable peut-être à l’adoration du Saint-Sacrement chez les catholiques » (p29 et 30).

Jean Druel ne contredit pas une telle perception des choses lorsqu’il écrit, à la fin de son second article : « Etre musulman, c’est donc peut-être s’en remettre totalement à Dieu seul, à l’exemple du prophète, en harmonie au sein d’une communauté de croyants et en recherche perpétuelle de la vraie science de Dieu ».

Olivier Schmitt-Chevalier 13/10/2016 18:50

Merci à Olivier qui référence une fois encore l'article du blog.

Appuyez sur son nom pour retrouver son blog de blogs.

Claire Dumont-Hérique 13/10/2016 18:36

Merci Etienne d’avoir proposé cette nouvelle pratique dans notre groupe , grande idée, à refaire !Je n’ai pas encore lu par contre ton article , mais je me réjouis de le faire .A bientôt .Claire

Etienne Duval 13/10/2016 18:37

Merci Claire. J'attends tes commentaires

Françoise Mozzo 13/10/2016 18:21

A toi Etienne,
Ce conte me touche .
Je l'envoie à une amie qui vient de quitter son travail rémunéré pour devenir conteuse .
Hier soir, elle a raconté, au vernissage de ma petite expo de peintures, à partir des titres donnés aux tableaux .
Parmi eux, il y a " albatros ", " danse du feu ", "magma", "Genèse"', Témoins"....
Une amie brésilienne et sa fille ont joué du synthétiseur, du saxo et chanté ...
Je l'envoie aussi à l'animatrice de l’atelier "Corps et voix" dont je fais partie . elle était là hier soir.
Grand merci à toi pour ta démarche créative. Françoise

Etienne Duval 13/10/2016 18:26

Merci Françoise. Nous devons écouter la même flûte, car je vois que nous sommes souvent sur la même longueur d'ondes

Mohamed et la flûte de roseau 13/10/2016 16:05

Mohamed et la flûte de roseau


Un jour, Mohamad dévoile des secrets à Ali.
Son gendre doit les garder à tout prix.
Le prophète lui interdit de les répéter.
Ali s'efforce de tenir parole.
Mais est-ce si facile de conserver de grands secrets ?

Au bout de quarante jours, il n'en peut plus.
Il s'en va au désert, espérant trouver ici
L'énergie de la fidélité par le silence et la prière.
Malgré sa bonne volonté, les secrets se pressent à la porte de sa conscience.
Il les maîtrise avec beaucoup de difficulté.
Finalement, ils sont plus forts que lui.
Se penchant sur l'ouverture d'un puits,
Il les crache un à un, dans l'eau, pour s'en débarrasser.

Peu de temps après, un roseau pousse dans le puits.
Un berger passe par là. Il découvre le roseau, le coupe,
Y perce des trous et se met à jouer du chalumeau.
Ses mélodies sont d'une très grande beauté.
Elles deviennent rapidement célèbres.
Des multitudes se pressent pour l'écouter avec ravissement.
Les chameaux eux-mêmes font cercle autour de lui,
Prêts à s'agenouiller pour l'entendre mieux encore.

La nouvelle parvient au prophète.
Il fait venir le berger et lui demande de jouer.
Aussitôt, les assistants entrent en extase.
Mohamed est saisi lui aussi par l'harmonie inattendue des mélodies.
Il reconnaît les secrets qu'il a confiés à Ali.
Mais ils sont maintenant habillés d'une beauté
Qu'il n'avait pas lui-même imaginée.

Peut-être, lorsque la lumière est trop forte,
Faut-il la rejeter dans le puits de l'inconscience,
Pour qu'elle rejaillisse ensuite, comme parole humaine
Que d'autres pourront entendre ?
(D'après le Dictionnaire des symboles,
Robert Laffont, collection "bouquins", p. 451)

Etienne Duval 13/10/2016 16:19

Nous trouvons dans ce merveilleux conte une confirmation de l’hypothèse émise sur le secret du Coran, à la fin de l’article du blog. Le Coran est comme la flûte d’un berger qui ouvre l’oreille de ceux qui l’écoutent jusqu’à provoquer leur extase. Et le disciple authentique est comme le chameau qui s’agenouille pour l’entendre mieux encore.

Hubert Marrel 13/10/2016 11:51

Et oui c'est ce que nous faisons une fois par mois, pour chanter... depuis quinze ans, au même jour d'ailleurs que votre atelier, c'est pourquoi je n'ai jamais pu, cher Étienne, venir malgré très pressantes invitations. Car j'accompagne, comme je peux, le groupe à la guitare, en parfait ou plutôt imparfait armateur. Mais je n'aurais jamais cru que ça tienne autant. C'est que malgré les soucis et vicissitudes que traversent chacune et chacun au cours du temps, il y a bien sûr des absences, mais au bout du compte, pas tellement. Il y a peu j'ai voulu jeter l'éponge, car je sentais moins de motivation pour la ou les nouvelles chansons que je prépare chaque fois. C'était surtout depuis les drames des attentats qui ont fichu le blues à toute la population ou les élections et leurs cortèges de déceptions, d'abstentions, etc. Et puis j'avais l'impression que le nouveau était terminé... que je n'arrivais plus a jouer correctement. J'en ai parlé, pas trop lourdement pour ne pas plomber l'ambiance, et puis voilà que tout est reparti... les uns les autres pas question de laisser tomber !!! J'ai repris alors confiance en moi pour améliorer mon jeu de guitare, ma spondylarthrite mise de côté grâce à une biothérapie efficace avec evacuation de la fatigue. D'où une motivation revenue et ce nuage aussi de côté. Il faut dire aussi qu'on chante environ deux bonnes heures, le matin en général, et qu'après ce sont de super bonnes choses qu'on met sur la table préparées avec talent par les unes et les autres... Et si vous saviez comme le répertoire est INFINI !!!
Bisous et BON VENT à TOUS
Oui ça fait vraiment du bien de chanter. On est comme régénéré(e)s après !!!
Hubert

Etienne Duval 13/10/2016 15:35

Je comprends mieux maintenant pourquoi cela fait tant de bien de chanter. C'est comme une mise en accord avec l'élan toujours présent de la création du monde. Continue donc autant que tu peux : c'est une très bonne médecine. Pour le moment nous ne faisons qu'écouter, mais lorsque c'est du Mozart, c'est une réel plaisir.

Hugues Puel 13/10/2016 09:44

Je retiens la traduction d'Islam par écoute. Merci Etienne.

Etienne Duval 13/10/2016 09:45

Merci Hugues pour ton attention et ta bienveillance.

Pierre Pérol 13/10/2016 02:12

Merci, toujours très pertinent.
Mozart était franc maçon et sa musique est initiatique, directement dans ses opéras et indirectement dans ses concertos où on entend le dialogue entre le maître et l'élève.
Nous sommes enfants de l'énergie qui est vibratoire et Pythagore nous parlait de la musique des sphères, il y a aussi l'om des civilisations boudhistes et nos prières soit dites soit chantées qui nous mettent en contact avec nous mêmes, notre essence.
Oui nous appartenons à un monde vibratoire comme nous l'enseigne la mécanique quantique ou encore le cantique des cantiques.
Au début était le verbe...


"Quand le pouvoir de l'amour prendra le pas sur l'amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix" Jimi Hendrix
Cœurdialement
Pierre Pérol

Etienne Duval 13/10/2016 09:19

Merci Pierre d'élargir l'horizon pour une meilleure compréhension de ce que j'ai voulu dire.

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