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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 14:57

http://www.mon-coach-jardin.fr/files/2014/05/bassin-jardin.jpg
 

Les migrants ne viennent pas chez nous pour nous envahir

Ils quittent les champs de bataille que nous avons initiés pour apprendre le métier de jardinier

 

Je pense que nous ne saisissons pas ce qui se passe avec les migrants. Nous imaginons qu’ils viennent nous envahir et prendre notre pain. En fait, ils ont parfaitement saisi l’intuition qui préside à l’institution de l’Europe. Les pères fondateurs, fatigués par une guerre qui a fait des millions de morts, ont voulu transformer une logique de mort par une logique de vie : l’Europe devait devenir un grand jardin, un espace intermédiaire, qui avait pour mission de réconcilier les anciens belligérants et, indirectement, de faire respirer le monde entier. C’était une utopie grandiose, mais nous en avons perdu la dimension révolutionnaire. Acculés à la souffrance, au mal vivre et à la mort que provoquent les guerres, des femmes et des hommes du Moyen Orient et de l’Afrique viennent nous rappeler que notre intuition est juste et qu’il faut la faire revivre au bénéfice de tous.

Un monde de culpabilité qui engendre la chasse à la faute et aux coupables

Le 9 mai 2016, j’ai regardé le film « La chasse » sur Arte, avec Mads Mikkelsen, qui est un très grand acteur. Nous sommes dans un climat où règnent la culpabilité, l’angoisse de la faute et la chasse aux coupables. Les enfants eux-mêmes sont marqués par cette ambiance morbide. Or, une petite fille a aperçu sur la tablette de son frère adolescent un sexe en érection. Amoureuse de son animateur, elle veut l’embrasser sur la bouche et imagine déjà, chez lui, un sexe raide comme celui qu’elle a aperçu sur la tablette. Mais il n’y a qu’un pas entre l’imaginaire et la réalité. Elle finit par dévoiler à une responsable du jardin d’enfants la vision de ce membre inquiétant de son animateur. La police est convoquée, les enfants sont interrogés et décrivent les sous-sols de la maison de l’accusé. En fait, il n’existe aucun sous-sol dans cette maison. Mais peu importe, il est bien évident que l’accusé est coupable d’exhibitionnisme et d’attouchements non seulement pour la petite fille mais pour de nombreux enfants. Tout le monde s’écarte du coupable. On ne veut plus  sa présence dans les groupes et même à l’église pour la fête de Noël. Sa chienne Fanny elle-même en subit les conséquences, puisqu’elle est assassinée. La vie devient infernale. Finalement la justice se rend compte que les accusations sont sans fondement et la communauté se reconstitue autour de l’animateur injustement mis à l’écart. Pour lui redonner sa place, une fête est organisée en l’honneur de son fils qui vient d’obtenir son permis de chasse : il reçoit alors le fusil du grand-père, qui passe d’une génération à l’autre. Ainsi se révèle les fondements d’une éducation séculaire, basée sur la toute-puissance virile. Toujours présente, cette forme de toute-puissance liée au sexe est soumise à la culpabilité ; elle est pourtant loin de disparaître et se retrouve dans la chasse aux fautes et aux coupables.

Le nécessaire passage d’une logique du terrain de chasse à celle du jardin

Il devient de plus en plus urgent de quitter les chemins de la mort, y compris dans la chasse aux fautes et aux coupables, pour s’engager dans les voies de la vie. Cette idée était présente dans les premiers récits mythiques, qui évoquent le paradis terrestre conçu comme un grand jardin. Peut-être est-ce le souvenir diffus des premiers temps de l’humanité. Plus sûrement c’est l’idée que le passage dont nous parlons fait partie de la dynamique du désir depuis les origines de l’homme. D’abord imaginé dans le rêve, il se fraie aujourd’hui un passage dans les projets politiques que portent les écologistes et bien d’autres à leur suite. C’est en prenant soin de la vie qui s’exprime dans les fleurs et dans les légumes, que nous serons amenés progressivement à respecter celle de l’homme lui-même. Et alors la terre pourra devenir non seulement un jardin mais aussi un terrain de jeu pour tout le monde et peut-être même pour les animaux eux-mêmes. Car la vie adore jouer pour mettre du jeu entre les êtres et permettre ainsi les jeux de l’amour.

Ne pas éteindre la mèche qui fume encore

La littérature hébraïque a produit un de ses plus beaux poèmes en insistant sur le respect de la vie, dans tous ses cheminements. Il s’agit du premier chant du serviteur dans le livre d’Isaïe. L’homme est présenté comme le serviteur de la vie et la vie c’est aussi faire jaillir la lumière de la connaissance chez les hommes aveuglés par l’ignorance et laisser une chance aux coupables en leur épargnant les tourments de la prison.

Is 42:1-

Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît. J'ai mis sur lui mon esprit, il présentera aux nations le droit.

Is 42:2-

Il ne crie pas, il n'élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue ;

Is 42:3-

il ne brise pas le roseau froissé, il n'éteint pas la mèche qui faiblit, fidèlement, il présente le droit ;

Is 42:4-

il ne faiblira ni ne cédera jusqu'à ce qu'il établisse le droit sur la terre, et les îles attendent son enseignement.

Is 42:5-

Ainsi parle Dieu, Yahvé, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a affermi la terre et ce qu'elle produit, qui a donné le souffle au peuple qui l'habite, et l'esprit à ceux qui la parcourent.

Is 42:6-

" Moi, Yahvé, je t'ai appelé dans la justice, je t'ai saisi par la main, et je t'ai modelé, j'ai fait de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations,

Is 42:7-

pour ouvrir les yeux des aveugles, pour extraire du cachot le prisonnier, et de la prison ceux qui habitent les ténèbres. "

Is 42:8-

Je suis Yahvé, tel est mon nom ! Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre, ni mon honneur aux idoles.

Is 42:9-

Les premières choses, voici qu'elles sont arrivées, et je vous en annonce de nouvelles, avant qu'elles ne paraissent, je vais vous les faire connaître. (Bible de Jérusalem)


Faire de l’Europe un espace de respiration pour les pays asservis et livrés à la guerre

A la fin de la guerre, des hommes remarquables ont pris leur responsabilité pour faire de l’Europe un terrain de réconciliation : il s’agissait de l’Allemand Konrad Ademauer, du Luxembourgeois Joseph Bech, du Néerlandais Johan Willem Boyen, de l’Italien Alcide De Gasperi, des Français Jean Monnet et Robert Schuman et du Belge Paul-Henri Spaak. Le 24 mars 1946 à Cologne, Konrad Adenauer s’exprimait ainsi : « L’Europe ne sera possible que si une communauté des peuples européens est rétablie, dans laquelle chaque peuple fournit sa contribution irremplaçable, insubstituable, à l’économie et à la culture européennes, à la pensée, la poésie, la créativité occidentales ». La réconciliation devait entraîner la prospérité.

En agissant ainsi, des hommes de bonne volonté contribuaient à créer un espace de respiration non seulement pour les Européens eux-mêmes mais indirectement aussi pour tous les hommes. En effet une utopie allait se concrétiser et servir d’exemple pour tous ceux qui sont enfermés dans la guerre. Sans le vouloir, les initiateurs étaient en train de mettre au jour un espace intermédiaire, qui allait pouvoir diffuser un surplus d’énergie et d’humanisation au bénéfice des pays en difficulté. Il est vrai les Européens se découragent. Mais les migrants viennent leur dire qu’il ne faut pas baisser les bras et que leur intuition est juste. Marie-Thérèse Bitsch nous dit que, pour Robert Schuman, « la paix était une construction de tous les jours, fondée sur la solidarité, la coopération, la liberté, la fraternité ».

Chaque personne est invitée à passer du champ de bataille au travail du jardin

Nous redécouvrons petit à petit que la vocation de l’homme est d’être un jardinier : poète aussi car il doit cultiver le jardin des mots pour promouvoir la réconciliation, artiste pour révéler la beauté de la terre et de l’homme, cinéaste pour développer l’imaginaire dont nous avons tant besoin pour créer un monde toujours nouveau…

Etienne Duval

 

 

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commentaires

tiré de "La Croix" 27/06/2016 07:17

éditorial
Pour tous les Européens
François Ernenwein, le 27/06/2016 à 0h00

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Passée la sidération, celle des Britanniques et de tous les Européens, les responsables de l’Union se mettent à l’ouvrage. Pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets, ils devront désormais s’y prendre différemment, en analysant les raisons pour lesquelles l’euroscepticisme (distinct de l’opposition à l’idée même de construction européenne) a sans cesse gagné du terrain. Jusqu’à être majoritaire sur le continent. S’ils pensent vraiment que l’Union reste la bonne solution, ils auront à proposer des réponses concrètes aux demandes exprimées dans tous les pays. Par une redéfinition du rôle plus créatif et moins normatif de la Commission, par un engagement plus marqué des responsables nationaux et par un respect plus soutenu de la démocratie. Il n’est pas évident que cette voie s’imposera d’emblée… Aux réponses post-traumatiques exprimées dans certains pays (faire payer la Grande-Bretagne) s’oppose en Europe le froid pragmatisme d’autres, occupés à préserver leurs intérêts (les affaires restent les affaires). Le statu quo et la fuite en avant étant exclus, l’Europe pourrait alors tenter un retour aux fondamentaux : l’adhésion libre à un projet assurant la paix et la prospérité sur le continent, clé des succès de l’Union. Dans cette hypothèse, aucun effort d’adaptation, aucun abandon de souveraineté ne sont exclus. Mais ils deviennent plus acceptables quand ils sont clairement au service de tous.
François Ernenwein

Etienne Duval 27/06/2016 08:48

Je pense être d'accord avec François Emenwein. Il faut revenir aux fondamentaux : responsabiliser tous les acteurs et en particulier les Etats, les communes et les individus. La recherche du consensus est une erreur parce que le consensus est à venir. L'important, au départ, est de séparer pour faire apparaître les différences et définir ainsi l'espace d'un dialogue possible. Salomon, qui reste un maître, en matière de jugement et de gouvernement, ne cherche pas à réunir les deux femmes en opposition à propos de l'enfant vivant. Il opère une double séparation entre les deux femmes et plus directement entre la vraie mère et son fils. Je me réfère ici au jugement de Salomon.

M-Cl Christophe 01/06/2016 00:25

J'ai bien aimé ce rappel judicieux de vœux pour une mise en œuvre :

"A la fin de la guerre, des hommes remarquables ont pris leur responsabilité pour faire de l’Europe un terrain de réconciliation : il s’agissait de l’Allemand Konrad Ademauer, du Luxembourgeois Joseph Bech, du Néerlandais Johan Willem Boyen, de l’Italien Alcide De Gasperi, des Français Jean Monnet et Robert Schuman et du Belge Paul-Henri Spaak. Le 24 mars 1946 à Cologne, Konrad Adenauer s’exprimait ainsi : « L’Europe ne sera possible QUE SI une communauté des peuples européens est rétablie, dans laquelle CHAQUE peuple FOURNIT sa CONTRIBUTION irremplaçable, INSUBSTITUABLE, à l’économie et à la culture EUROPEENNE , à la pensée, la poésie, la créativité OCCIDENTALES ».

Etienne Duval 01/06/2016 09:02

Je suis tout à fait d'accord avec tes mises d'accent exprimées par des majuscules. Très bonne journée !

coup de gueule du président (Huet) de "sans abris" 22/05/2016 09:04

"Vous poussez un coup de gueule dans les médias sur le traitement des migrants car on arrive à leur dénicher des logements dans toute la France, tandis que les SDF sont toujours à la rue…

Oui, j’ai lu dans toute la presse une grande mobilisation pour loger les migrants, mais on ne s’occupe pas des SDF. Un SDF ne rapporte rien, un SDF ne vote pas…

Mais les migrants non plus…

Ce n’est pas certain… Peut-être que le but de certains politiques est de leur donner très vite la nationalité française et le droit de vote pour garder le pouvoir… On vit une situation intolérable avec les migrants. En tant qu’humaniste, je dirais que c’est à l’ONU de faire son travail en créant des zones de paix dans les pays concernés et les gens seraient finalement beaucoup mieux au soleil dans leur pays. Aujourd’hui, on sait très bien que sur tous les migrants qui arrivent, il y en a peut-être 4 ou 5 % qui vont s’intégrer. On est dans la magouille et je ne vois pas pourquoi on leur offrirait tout, alors que cela fait trente ans qu’on laisse mourir les gens dans la rue dans notre pays ! Si on loge un migrant, on devrait loger au moins deux SDF ! ...

Etienne Duval 22/05/2016 09:34

J'entends bien vos critiques. S'intéresser aux SDF, qui ne votent pas, ne signifie pas qu'on doive laisser tomber les migrants. Ce que j'ai voulu souligner, en réfléchissant à un ,niveau symbolique c'est que les migrants nous renvoient à une nouvelle prise de conscience sur l'Europe et son rôle dans le monde. Nous nous décourageons et risquons de laisser tomber, ce qui fut, à son origine, une initiative créatrice très importante, concernant un nouveau choix de société...

Paule Sassard 19/05/2016 09:34

Merci pour ce magnifique texte.
OUI L'Europe est le fruit de tant de souffrances guerrières et d'une grande espérance.
Ce fruit fut l'objet de "gourmandises, de manque de vigilance dans son entretien, le paradis est un jardin qu'il ne faut pas quitter des yeux, comme un enfant. Pas tant par crainte d'en être spolie que par la joie à le contempler et a l'animer.
Toutefois nous aurions dû exporter, "prêcher" quelques recettes de notre crû : telles que la notion de laïcité et la pratique des mondes associatifs. Ces migrants n'en ont pas la moindre idée.

Etienne Duval 19/05/2016 09:35

Merci Paule pour ton commentaire qui manifeste notre accord pour être vigilant sur l’avenir de l’Europe.

Marie-Claude Christophe 17/05/2016 23:21

"Cultiver un jardin? Mais madame c'est pour qui, pour d'autres? et çà (me) paie combien? Je veux pas moi, je veux pas, je ne peux pas, je n'ai pas le droit et puis etc...etc..."
Alors la petite poule rousse, découragée, sans mains (d'ailleurs a part du fruit de son propre travail et ses encouragements et sa bonne humeur, et ses graines achetés par elle, qu'aurait-elle donné de plus d'une main que l'autre main ne doive savoir?) Découragée mais persévérante elle replie ses ailes, travaille , et en protège le fruit pour ses petits, en attendant qu'ils en fassent de même sans oublier qu'un partage tient au partage dans le silence aussi ....

**************************************************************

Et si c'étaient de fait les perpétuelles oscillations " angoisses de menaces de culpabilité" et "auto-déclarations de bonté-pureté" -à l'autre bout du pendule- qui généraient autant malentendus que quête de paradis ailleurs que là où les circonstances nous ont fait naître, doublés alors de "pan-quelquechose-finissant- en- "i s m e ""?

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- Et alors errons! Mieux encore fonçons! l' horizon d'un paradis perdu là, toujours à portée de voyage et de pensée!,
" Il est ici! Non, il est là! mais non! Arrêtons-nous , il n'est pas là tout de suite! On se le fera,
brisons, exigeons, cassons tout! Partons! Encore ailleurs! Et le cycle de violences d'angoisses et de suffisances et d'auréoles recommence, des siècles et des siècles durant avec quelques accalmies
"sans histoire"!

***************************************************************************************

Et si nous commencions par:
"Arrêtons les flagellations , les auto da fé ressassant le méchant occident conquérant,
-je me prends alors à penser à l'orient...pas meilleur- et risque de tomber dans l'inverse,

ET de grâce "Ste Egalité de traitement des horreurs de l'histoire" montrez-vous,
sortez de dessous vos voiles de quels lieux et civilisations et sociétés et religions qu'ils soient.

¨¨^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Les âges d'or ne sont qu'équilibres précaires et localisés,
voire stratifiés en clivages intra -civilisationnels.
Quand ou tant qu'ils diront "Paix paix il n'y aura pas de paix!" alors on fuit,
et pour tenter de s'unir
on crira " Aidons-nous, notre jardin terre se meurt de chaleur"...
Oui, la chaleur, mais la seule vivable urgente possible sans bruit est celle de l'intra-muros-humanité,
avec ses chaînes, pas celles des forçats, celles des fourmis, ou chaque place et rôle et échange
est unifiant, et sans à coup de migrations vers d'autres fourmilières? ( quoique à vérifier!)

Mais puisque l'humanité va ainsi.... apprenons déjà à aimer réciproquement nos propres "lopins de jardin", sans honte , sans hypocrisie, et sans fausse fierté...
Certes çà ne résoud pas l'ici et maintenant de la main qui reçoit et la main qui donne, si la première d attend , à tendre toujours à temps et .à contre temps, tendre pour des durs qui attendent les gains de ses quêtes...

************************************************************
.
Que ta main ne sache pas ce que l'autre donne, certes! mais que la main qui reçoit n'utilise pas l'autre pour se servir , voire couper l'élan de mains qui donnaient....

Les charnières des civilisations grincent, la terre est basse, usées par les condescendances en tous genres vis à vis des leçons que chaque culture portent en elles ce qu'en rapporte et transpose chaque être à sa façon plus ou moins sage , plus ou moins averti, plus ou moins emporté dans us et coutumes bien en vue ou bien en vogue.

Les humilités en tous genre pour mieux asservir autrui parfois, font qu'il nous faut sans cesse chercher l'huile bienfaisante (tiens, celle qui nourrit, élève, soigne, dégrippe, parfume ou/et fait durer ?)
à commencer par cette "huile de coude" que nos "Vieux", ces maîtres, envoyaient d'abord chercher à leurs apprentis : certains gagnaient du temps et s"épargnaient du tracas en osant demander franchement : "à quoi çà ressemble, en quoi çà consiste", d'autres revenaient bredouilles et humiliés.d'avoir tourné en rond sans rien avoir appris- pour un temps- des autres, pour l'heure si moqueurs ... Les arcanes du savoir nécessaire et du respect pour un dépassement de soi et du bel ouvrage, commençaient par là, et les mains en étaient les chevilles ouvrières.

Or d'éternels apprentis sommes-nous, Tous. Apprendre, encore et encore et toujours, et de la matière et de la vie et de l'Esprit, cette triade inépuisable de biens communs.à l'humaine condition


**********************************************************

(cf Le laboureur et ses enfants , ou bien de Florian "la noix, le Singe et la guenon, sinon quoi? aussi noble soit-elle peinte par Vigny, "la mort du loup" !?)

Y a-t-il jamais eu quelque part vraiment, culture, paix et joie et prospérité de récoltes
sans efforts au préalable p a r t a g é s et réciproques quoique différents quant à leurs natures ,
ni sans erreurs ni sans rires aussi ?

A tous les bourlingueurs du monde, rêveurs , curieux ou douloureusement contraints , voire tout à la fois ...Chercheurs....d' Humanité réciproque... en marche ...vers les geysers de culture pour vrais jardins nourriciers, paradis de chaleur et vie d'ici-bas,

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"Migrante " sur ton blog, Etienne, sur TA proposition quand même, quel terreau ton "jardin" d'encre et de plumes ( de claviers et de caractères devrai-je dire?)
Merci pour ces séjours- lecture de tes lecteurs!
Marie-Claude

Etienne Duval 18/05/2016 09:49

Quel beau poème ! Il ne manque que les vers. Je vois que tu fais ton miel de toutes les interventions du blog. C'est peut-être cela la création : "Faire son miel de toutes les fleurs du chemin".

Josiane Bochet 17/05/2016 19:58

Bonsoir Etienne,

Merci pour ton texte qui rejoint ma conception de l’Europe ! J'espère que cette utopie survivra à la crise actuelle, que nous saurons entretenir cette flamme et accueillir ceux qui doivent fuir leur pays.
Beau mois de mai. Amitiés.

Etienne Duval 17/05/2016 19:59

C’est bien que nous soyons un certain nombre à reconnaître que l’Europe est une grande création et qu’il ne fait pas se décourager malgré les difficultés. L’Angleterre risque de faire une grande erreur si elle nous quitte.

Gérard Jaffredou 17/05/2016 15:00

Merci. Ma vision pas très rose de notre histoire contemporaine me laisse moi-même un peu perplexe. La réalité est tellement complexe et nous savons trop peu de choses pertinentes.
Je ne sais si "l'histoire se fait en dehors" de nous. Sûrement beaucoup de ses composantes nous échappent, et encore plus les conséquences de nos actes. Mais tu as raison : l'important est de continuer à "y croire". De croire à la vie qui se fait et continuera.
Bien cordialement.
Gérard

Etienne Duval 17/05/2016 15:01

Cette fois, je ne peux qu'être d'accord avec ton commentaire.

Bonne fin de journée !

Xavier 17/05/2016 08:49

Etienne,
Merci pour le texte. L’angoisse,la pureté, la culpabilité et la chasse aux sorcières.

Que le texte d’Isaïe 42 est magnifique.!

Xavier.

Etienne Duval 17/05/2016 08:50

Merci Xavier pour ton commentaire encourageant.
Très bonne journée !

Gérard Jaffrédou 16/05/2016 15:26

C'est une belle réflexion sur une belle idée. Et ce texte d'Isaïe 42, 1-9 est un bel appel à la vie, bouleversant -surtout dans nos âges... Un retour à la réalité de l'Europe l'est moins.

Je renonce à rentrer dans le détail historique. Je viens de relire Duroselle, Fontaine : les graines semées par les « Européens » sont repérées et mal connues (Pas de quoi être fier, sans remonter aux croisades. Les turpitudes de 1916, à l'après seconde guerre mondiale suffisent).
En gros, mon interprétation est la suivante.
« L'Europe » (les gouvernements des puissances d'alors, Britanniques, Français) au moment des Traités -1918-23-est encore dans une position de domination coloniale. Elle impose au Proche-Orient des états-nations largement artificiels, ignorant les populations locales, leurs cultures, leurs diversités. Elle les administre habilement et durement, sans tenir des promessesd'indépendance faites tactiquement pendant la guerre. (cf. les gestions de Gouraud, Weygand en Syrie et au Liban, par exemple). Il est probable qu'un lourd contentieux soit né et subsiste. Il est assez certain que ces Etats artificiels ont plus entretenu les tensions qu'ils ne les ont résolues.
Après la seconde guerre mondiale (et les aveuglements des années vingt et trente qui y ont conduit) « l'Europe » forge, après 1945, son identité sous la protection des Etats-Unis (merci l'Otan), avec son aide (merci le plan Marshall) et sous son modèle (merci les accords Blum-Byrnes). Mais à L'OUEST ! (On sait assez bien comment la coupure s'est faite). Naît alors dans la prospérité, dans une trouille entretenue, c'est-à-dire par opposition à « l'EST » et ce qui semble s'y rattacher (les « libérations nationales »), une conscience de soi, satisfaite, que l'Union européenne (d'abord Marché commun !, élaboré sans les citoyens) incarne, avec ses discours aimables et peut-être sincères, qui sait ? Bref un entre-soi identitaire confortable, fait de bonne conscience.
Or voici que « l'Europe » (de l 'ouest) perd sa raison d'être d'origine puisque l'Est redoutable s'est effondré ; que la « prospérité », l'enrichissement constatable et proclamé engendre la précarité, les pauvretés, les inégalités, les exclusions. Ajoutons que la protection américaine est de plus en plus incertaine.
Et voilà que, dans ce désarroi identitaire, désormais, arrivent « les autres ». Que faire ?
Le plus honnête eût été de connaître et reconnaître la réalité des enchaînements historiques, en l'occurrence au Proche-Orient et en Europe elle-même, d'admettre la part de responsabilité des gouvernements et des citoyens (dans la mesure où ils y pouvaient quelque chose, en ignorant beaucoup). Le plus prudent (et le plus utopique) eût été que les populations règlent elles-mêmes leurs tensions et conflits dans un solide « espace intermédiaire » …. Lequel ?, où ? Et pour se parler il faut être au moins deux... et laisser les kalachnikovs au vestiaire.
Le plus probable est que nous devions accepter ces « autres » qui nous arrivent. Le plus efficace et le plus juste serait que nous ne leur enjoignions pas de s'assimiler jusqu'à la moelle, avec une règle de base : la laïcité et ce qu'elle implique, et que nous les acceptions avec leur différence. A charge pour eux de s'insérer dans un donné historique, culturel, (et encore religieux) divers. A charge pour nous d'accepter, - sans renoncer à ce que nous sommes devenus mais en le connaissant -, une sorte de métissage probablement salutaire. Mettons les « identités » à leur place, très secondaire. A nous de nous « extraire de nos cachots ».
Bien cordialement
Gérard

Etienne Duval 16/05/2016 15:27

Quelle lucidité dans le regard ! Mais je pense personnellement que notre histoire se fabrique en dehors de nos errements multiples. La morale est nécessaire mais elle n’est pas là pour empêcher la vie. Il y a, à toute époque, et aujourd’hui autant que jadis, un élan créatif qui nous dépasse. Notre responsabilité consiste à lui ouvrir la voie, à l’accompagner. En dépit de tous les non-dits, de toutes nos insuffisances, l’Europe est, en partie, au moins, le résultat de cet élan de la vie, comme l’a été la Révolution française… Il nous reste à aménager ces espaces intermédiaires qui permettent la création, comme des capteurs nécessaires de l’énergie du monde, de l’énergie de l’Esprit. Le plus grand danger est la toute-puissance d’où qu’elle vienne, et surtout lorsqu’elle se présente comme une exigence de notre responsabilité…

Agnès Rotivel, La Croix 16/05/2016 09:02

Vivre réfugiés en France / La Croix
Actualités samedi 07 mai 2016
À leur arrivée en France, la langue est le premier obstacle à franchir. Pour tous, l’exil signifie un bouleversement total et de nouveaux repères à acquérir dans une société où la vie sociale est très différente de ce qu’ils ont connu jusque-là.
Dans l’appartement du Bois fleuri qu’elle occupe au rez-de-chaussée, Micheline, la quarantaine, voit de la fenêtre le printemps éclore dans le jardin de la paroisse. Certes, avril est humide et l’hiver fut long pour cette famille arrivée il y a deux ans de Homs en Syrie, où, à la même époque, le soleil étant déjà au plus haut, on atteint les 30 °C.
L’heure n’est pas à la nostalgie, pourtant. Les parents et leurs deux enfants, Liliane, 15 ans et demi, et son frère Sharbel, 18 ans, ont fait leur trou à Avon (Seine-et-Marne). L’appartement en témoigne, confortable, soigné avec des meubles en partie fournis par des habitants, sauf le canapé, qu’ils ont acheté.
Sept familles irakiennes ou syriennes installées en Seine-et-Marne
« On est arrivés en France, après trois mois d’attente au Liban », rappelle Fadi, le père. Ils y ont obtenu leur visa pour la France grâce à l’intervention de l’Œuvre d’Orient. Ensuite, tout s’est enchaîné. La famille est arrivée à Paris, a passé vingt jours chez un particulier, puis elle est partie pour le département de la Seine-et-Marne.
Comme les sept autres familles syriennes ou irakiennes installées dans cette région, elle a été prise en charge par l’association « Entraide aux chrétiens d’Orient, Seine et Forêt » (Echo-SF), composée d’une centaine de bénévoles répartis autour de trois communes et qui leur a trouvé ce logement fixe.
Éviter de tomber dans l’assistanat
« À leur arrivée en France, les réfugiés vivent dans l’incertitude et l’inquiétude, insiste Fayez Kassabji, le président d’Echo-SF, ingénieur d’origine syrienne, installé en France depuis plus de quarante ans. Ils ne savent pas ce qui va leur arriver. Aussi, il est important de rapidement leur trouver un logement, et éviter ainsi le sentiment de précarité. Comme les familles touchent l’allocation personnalisée au logement (APL), elles paient aussi un loyer pour ne pas créer de situation d’assistés. Au fil du temps, on les voit reprendre confiance en elles. »
L’association fait office « d’interface » entre les familles et les nombreuses administrations auprès desquelles elles doivent remplir toute une série de papiers : Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Sécurité sociale, CMU, RSA – que les exilés reçoivent s’ils obtiennent le statut de réfugié valable dix ans.
L’équipe les accompagne aussi pour leurs premiers pas en ville – prendre le bus, faire le marché, aller à l’épicerie solidaire, aux Restos du cœur – et, au bout d’un certain temps d’adaptation, les aide à trouver un emploi. Elle est aussi là pour les coups durs, les moments de découragement.
Plus on est jeune, plus on apprend vite
Fayez, comme d’autres personnes de l’association, parle arabe, un avantage pour communiquer avec les nouveaux arrivants, surtout dans les premiers mois où la langue est un obstacle. « C’est la première difficulté que les réfugiés doivent surmonter. Le français est la clé de leur intégration, de leur insertion, sinon ils restent repliés sur eux-mêmes, isolés. Les enfants maîtrisent le français rapidement en allant à l’école. Plus on est jeune, plus on apprend vite », constate Fayez.
Comme tous les réfugiés, Fadi a suivi les 200 heures de cours prévus dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration. Il y ajoute en supplément une heure et demie hebdomadaire, avec l’aide des bénévoles de l’association. Micheline, sa femme, a pris 300 heures de cours. Elle s’exprime bien en français, mais doit encore vaincre sa timidité. Sharbel, lui, est en seconde à Fontainebleau. « Au début, c’était très difficile, car je ne parlais pas un mot », dit-il
Il a bénéficié de trois heures par semaine de français renforcé et aujourd’hui ne se sent plus intimidé pour s’exprimer. « Je fais du sport et je suis chef louveteau », explique-t-il enthousiaste. Il prépare une marche de trois jours jusqu’au Mont-Saint-Michel avec des chrétiens d’Orient et des musulmans convertis. Cet été, il ira avec les scouts aux JMJ en Pologne, à Cracovie. « Il faut aller de l’avant », dit-il.
Liliane découvre le français avec La Gloire de mon père
Sa sœur Liliane, plus réservée, s’exprime en choisissant minutieusement ses mots. « Le français n’est pas trop difficile et j’ai beaucoup d’amis à l’école avec qui je parle tout le temps. Au début, ils étaient curieux, voulaient savoir comment c’était de vivre dans un pays en guerre. Ça m’a fait du bien de leur expliquer ce que j’ai vécu. » Avec sa classe, ils sont allés au cinéma, voir La Gloire de mon père, un film « trop joli », dit-elle, si bien qu’elle a entrepris, aidée par une amie, de lire le livre en français.
Pour tous, l’exil en France signifie un bouleversement total. « On a tout laissé derrière nous, nos parents et nos amis », explique Micheline. Ses frères et sœurs sont encore à Homs, comme ceux de Fadi, dont une autre partie de la famille s’est exilée aux États-Unis et en Égypte. Tous doivent s’adapter à une vie sociale très différente de celle qu’ils menaient dans leur pays. « En Syrie, les familles sont plus soudées. Pas comme en France où elles sont souvent dispersées », constate Micheline.
Aujourd’hui, le couple est dans une phase de stabilisation. Fadi, qui travaillait dans le bâtiment en Syrie, a trouvé des missions de courte durée dans ce secteur, mais rien encore de définitif. Micheline, vrai cordon-bleu « du salé comme du sucré », aimerait mener à bien son « grand projet », celui de faire connaître la cuisine syrienne à travers des plats cuisinés qu’elle vendrait localement.
Un CDD de quatre semaines dans un hôtel de luxe….
Agnès Rotivel

Etienne Duval 16/05/2016 09:10

Cet exemple nous montre que le migrant ne peut trouver sa place, chez nous, que s'il est accueilli...

Bernard Beaudonnet15/05/2016 22:00

Bernard Beaudonnet 15/05/2016 22:00

Bonjour Etienne

Bien sûr que nous, les Occidentaux avons une part de responsabilité dans le développement des conflits du Moyen-Orient qui ont jeté sur les routes d’Europe des milliers de migrants.
Bien sûr aussi que les migrants, si nous savons les intégrer, contribueront à la richesse de l’Europe par leur travail et ne mangeront pas notre pain.
Bien sûr, enfin, que l’Europe, cette idée lumineuse, doit être confortée en dépit de toutes les crises et de toutes les critiques dont elle fait actuellement l’objet. La vraie crise de l’Europe c’est qu’elle oublie l’intuition de ses fondateurs qui reposait sur une certaine solidarité et l’a remplacé par la recherche par chaque nation Européenne, de ses seuls propres intérêts (I want my money back..). Le résultat est un ensemble de nations sans projet commun, sans politique commune, sans générosité…L’Europe ne sera sauvée qu’en sauvant les autres et qu’en revenant aux intuitions de ses fondateurs. L’Europe est la première puissance économique mondiale avec la meilleure protection sociale ; son influence peut être considérable dans le monde si elle sait parler d’une seule voix, si elle sait partager aussi bien entre les pays Européens qu’entre l’Europe et les pays pauvres, si elle sait montrer l’exemple en matière environnementale….
Amitiés.

Bernard Beaudonnet

Etienne Duval 15/05/2016 22:02

Je vois, avec bonheur, que nous sommes sur la même longueur d'onde.
Bonne semaine !

Marc Mézard Libé 13/05/2016 15:58

Non, les migrants ne sont pas un fardeau !
Par Marc Mézard, Physicien — 13 juillet 2015 à 17:56
Une Syrienne et sa fille, à leur arrivée à Lesbos, en Grèce, le 18 juin. Photo Louisa Gouliamaki. AFP
C’est parce que l’extrême droite a réussi à imposer l’idée que l’immigration était un problème que les migrants sont rejetés par les Européens. Et si l’on changeait d’angle et qu’on y voyait plutôt une force ?
• Non, les migrants ne sont pas un fardeau !
L’arrivée massive de migrants s’impose comme l’une des questions majeures dans l’Europe des années à venir. Les journaux s’affolent, les compteurs explosent, les bureaux d’études s’inquiètent : cette année, le nombre de migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l’Europe pourrait même atteindre le chiffre de 100 000. Cent mille personnes qui arrivent sur un territoire peuplé de 500 millions d’habitants… Et ce serait un problème que d’accueillir une personne pour 5000 habitants, dans l’Europe d’aujourd’hui ?
Si nous percevons cette question comme un problème, c’est parce que nous sommes aveuglés par les thèses des partis d’extrême droite. Depuis plusieurs décennies, ils ont réussi à instiller dans tous les esprits - y compris hélas dans ceux des hommes politiques de tous bords aveuglés par l’enjeu de court terme de la prochaine élection - une vision faussée des migrants, nourrie par la peur.
Que s’est-il donc passé au cours des trois dernières décennies pour que notre regard change à ce point ? Avons-nous oublié la mobilisation pour les boat people et la démarche conjointe, en juin 1979, des philosophes Sartre et Aron, réconciliés autour de cet enjeu, lorsqu’ils vinrent demander au président Giscard d’Estaing un accueil décent pour les réfugiés du Vietnam ?
Certes, la situation économique a bien changé depuis les années 70, et la montée du chômage de masse a contribué à alimenter la peur de l’immigration. Pourtant, craindre ainsi l’arrivée des migrants, c’est ignorer que, dans les sociétés modernes, les ressources ne sont pas un gâteau à partager, mais qu’elles sont bien plutôt créées par les hommes, à partir de leurs propres idées, de leurs propres inventions, de leurs propres besoins : les terres d’immigration sont bien souvent des terres d’avenir - que l’on songe à la Californie.
Non, les migrants ne viennent pas nous envahir, ni manger notre pain, ni prendre notre travail, ni piller nos ressources. Ce sont des êtres humains dignes, extraordinairement courageux, qui ont dû abandonner leur pays d’origine, face à la situation désespérée qui y a été créée par la guerre ; ce sont donc très majoritairement des hommes et des femmes confiants dans nos démocraties, et des adversaires résolus de ces obscurantistes qui, chez eux, alimentent les conflits qui les font fuir. De plus, à l’instar des précédentes générations de migrants qui ont enrichi notre pays au cours des siècles précédents, ils représentent, pour l’Europe de 2050, un immense potentiel d’idées, de volontés, d’énergies et de ressources. Est-il besoin de rappeler le nom de tous ces immigrés qui ont construit la France d’aujourd’hui et dont la liste prendrait des volumes ? On y trouve des scientifiques comme Marie Curie, Georges Charpak, Alexandre Grothendieck, des écrivains tels que Samuel Beckett ou Milan Kundera, des artistes comme Pablo Picasso ou Marc Chagall, sans parler des chefs d’industrie, des sportifs, des hommes politiques, et tous ceux qui, sans faire la une des journaux, ont su créer leur propre territoire d’insertion.
Les chercheurs le savent bien : face à une question difficile, c’est bien souvent grâce à une modification radicale de l’angle d’approche que commence à naître une voie vers la solution. Ainsi, modifier le regard que nous portons sur ces migrants, et considérer qu’ils ne sont pas un fardeau à subir ou à partager, mais bien plutôt une force pour l’Europe, tel me semble être le point de départ indispensable aujourd’hui. Alors, seulement, pourra être initiée la complexe mise en place de structures d’accueil pour ces hommes et ces femmes, en leur faisant confiance, en les laissant travailler et s’organiser. C’est en éliminant cette vision faussée sur l’immigration - tel un poison qui a pénétré à notre insu au cœur des pays européens - que nous ouvrirons un futur à nos sociétés. Ainsi peut-être parviendrons-nous alors à leur donner à nouveau un sens et redeviendrons-nous également un peu plus humains. Il y a urgence.
Marc Mézard Physicien

Etienne Duval 13/05/2016 16:09

Il faut bien prendre conscience que la peur d’être envahi renvoie, la plupart du temps, à des angoisses ancestrales, liées à la sexualité et qui n’ont rien à voir ou fort peu avec le problème qui nous préoccupe.

Vous pouvez retrouver l’article de Libération en appuyant sur Etienne Duval

Charles Lallemand 13/05/2016 15:36

Merci Etienne pour ce toujours si délicat ratissage du bon jardinier que tu es !
Charles

Etienne Duval 13/05/2016 15:36

Tu es aussi un très bon jardinier.

Charles Lallemand 13/05/2016 09:30

Le jardinier


Un jour un ami, jardinier quatre-branches de son métier, à qui je demandais la différence entre un sapin et un épicéa, m’a confié un livre sur "la flore des arbres de montagne" qui lui tenait à cœur parce que - c’est ce qu’il m’a écrit sur la page de garde, la page blanche - «il est de ces rares livres qui m’ont permis de découvrir, d’aimer ce qui par la suite des ans, est devenu une passion. » C’est comme cela qu’il parlait de son métier de jardinier. Et il ajouta : « Le livre est l’apanage du silence oral. Mon métier est l’apanage du silence de la nature. »

Il m’a laissé son livre en gage de notre amitié et - j’y songe maintenant - plus encore que ce livre, le silence dont son métier l’a imprégné, tout comme le silence oral que recèle le livre.
C’est sa petite phrase qui m’intriguait en effet et que, peut-être pour cette raison, j’ai gardée en mémoire : « Le livre est l’apanage du silence oral. Mon métier est l’apanage du silence de la nature. »

Ainsi, notre ami quand il parle de son métier, commence par l’écoute du silence qui règne dans la nature et il le compare au livre, à cette opération d’abord silencieuse de l’écriture ou de la lecture.
Tranquillement il parle du silence de son métier et, tranquillement, il le place à côté du métier de l’écrivain qui est d’écrire et de celui du lecteur qui est de lire. Sans en avoir l’air, il met sur le même pied d’égalité les métiers de l’esprit et ceux de la matière. Car c’est cela son métier de jardinier, c’est de cultiver les arbres faits d’une certaine matière, le bois. Après lui le cultivateur, viendront tous les autres, les charpentiers, les menuisiers, les ébénistes, les luthiers, tous ceux-là qui travaillent cette belle matière vivante du bois, son toucher, ses nervures, ses fibres, le fil du bois, et son parfum - la bonne odeur du bois dans l’atelier - et les boucles blondes des copeaux de sapin, beaux comme des cheveux d’anges que frise un rayon de soleil à travers la lucarne poussiéreuse ; j’avais d’abord écrit : " la lucarne crasseuse". Et non, un atelier du bois n’est pas crasseux, la poussière n’est pas la crasse !

Mais revenons à notre livre. Quand j’écris ou quand je lis ce que quelqu’un a écrit, c’est un travail qui s’opère dans le silence de la voix - et je dirais - dans le silence du cœur. Il requiert en effet un esprit attentif au sens et au choix des mots dans la phrase et de la phrase dans le texte, comme s’ils se plaçaient silencieusement d’eux-mêmes dans leur signification déjà présente et que nous devions seulement veiller à ce qu’ils ne trahissent pas la pensée qu’ils expriment, à ce qu’ils soient fidèles, vrais, son apanage.
De même mon ami le jardinier, lorsqu’il fait corps avec cette matière qui est la terre dans laquelle il sème les graines qu’il a choisies ou qu’il plante les pousses d’arbres qu’il a préparées, ce lent travail silencieux qui est de germer, de pousser, de s’épanouir, puis de donner à leur tour des semences, il ne le fait pas à leur place mais il veille simplement à ce qu’elles réalisent ce qu’elles sont, c’est-à-dire, selon la belle expression d’un philosophe hollandais du XVIIème siècle, écologiste avant l’heure, rien moins que de "persévérer dans leur être".

Alors dans ce silence, mais alors seulement, dans le silence de l’écrit couché sur le papier comme dans le silence de la terre retournée, travaillée, enfouie dans le silence, jaillira la parole, germera la semence saine, vigoureuse, choisie.

C’est cela, il me semble, ce que mon ami voulait dire.

Charles Lallemand
Grenoble, le 22 septembre 1

Charles Lallemand 13/05/2016 09:35

J'apprécie bien ta réflexion sur le silence qui doit entourer la parole, l'écriture, la lecture et le travail du jardinier lui-même. Le silence c'est la place laissée à la création, comme si la création avait besoin que nous lâchions prise pour la laisser travailler sans nous...

Charles Lallemand 13/05/2016 09:21

Merci Etienne pour ce passage de Fethi Benslama que tu as mis sur le blog mais ce serait bien de préciser sa source : Un furieux désir de sacrifice, le surmusulman qu'il vient de faire paraître ; et pour qu'on sache de quoi il s'agit, de citer ce qui le précède : " Concrètement, on peut observer les conduites du surmusulman chez des croyants pour lesquels il n’est plus suffisant de vivre la religion dans le cadre de la tradition, fondée sur l’idée de l’humilité. En effet, l’une des significations majeures du nom « musulman » est l’humble. C’est le noyau éthique fondamental de l’islam. Avec le surmusulman, il s’agit au contraire de manifester l’orgueil de sa foi à la face du monde : Islam pride... Les surmusulmans se veulent les bouches ouvertes de Dieu dans le monde, proférant leur haine de ceux qui n’ont pas leur croyance de feu et de flamme. On pourrait les nommer aussi les « allahants », tant ils ahanent sans cesse Allah akbar. Cette invocation, qui devait en principe rappeler à celui qui la prononce sa petitesse apaisante, voici qu’elle est devenue la manifestation d’une suffisance, d’un pouvoir de tout se permettre. Ils tuent en allahant. Ils ne se soumettent à Dieu qu’en le soumettant à eux."
Cette analyse me paraît en effet une réflexion salutaire en complément des commentaires de Marius Alliod et de Monique Douillet à partir du film La chasse - vraiment lourdingue ! - sur ta superposition des " fantasmes de pénétration vaginale de la petite fille du film et celui de la pénétration des migrants sur notre territoire européen. " Parce que ce qui circule actuellement dans notre inconscient collectif c'est la confusion entre DAECH nourri par l'idéologie de ce "surmusulman" et les migrants de religion musulmane - pratiquants ou non - issus de ce qui a été l'empire ottoman. Le viol des femmes, l'histoire nous l'apprend, c'est ce par quoi trop souvent commence l'occupation - la pénétration - d'un pays par ses conquérants tout puissants, aujourd'hui ceux de DAECH dans une sorte de croisade inversée, ce qui n'a rien à voir avec ces migrants "demandeurs d'asile" ou dits "économiques", le pauvre d'Isaïe.
Benslama rappelle l'une des significations - avec la transcendance - du nom "musulman" : l'humble. Et l'humilité, c'est l'humus de la terre... que cultive ton "jardinier"... et ton texte dont le mérite est, entre autres, d'avoir dissipé mon malaise après avoir vu ce film La chasse maladroitement anxiogène ; pourquoi ?
Parce que celle qui interroge la petite fille sans l'écouter vraiment est déjà dans sa certitude, d'où l'angoisse qu'elle génère ; car l'angoisse, c'est quoi ? " C'est quand le manque vient à manquer " !
Aussi, je retiens ton invitation à "passer du champ de bataille au travail du jardin «qui est aussi - tu ajoutes : " le travail des mots",
Ce qui m'a rappelé un texte à ce sujet écrit il y a vingt ans.
Amicalement.
Charles

Etienne Duval 13/05/2016 09:22

Merci Charles pour tes compléments et tes précisions. Je retiens ton idée : l’angoisse c’est quand le manque vient à manquer.

Jean Puel 12/05/2016 18:47

Bonsoir Etienne,
Je viens de prendre connaissance de ton blog (migrants). Nous partageons entièrement ton pt de vue et sommes utopiques par rapport à tous nos voisins qui broient du noir pour l'avenir de leurs enfants. Nous nous absentons demain jusqu'au 22/05.
Amicalement.

Etienne Duval 12/05/2016 18:48

Oui je suis d’accord avec toi. Je crois qu’il faut être optimiste, mais pour cela nous devons revenir aux visions à long terme, qui ont présidé à la décision de fonder l’Europe. Si nous persistons, la tête coincée sur le guidon, avec une vision à court terme, nous avons tout lieu de nous alarmer.

Monique Douillet 12/05/2016 15:53

Je viens de lire les diverses interventions.

Il y en a une qui me chiffonne. Celle de Marius Alliod. Il écrit :
Mais l'idée géniale de ton blog est celle qui consiste à superposer les fantasmes de pénétration vaginale de la petite fille du film et celui de la pénétration des migrants sur notre territoire européen. 

Bien sûr le parallèle saute à l'esprit ! Il y a d'ailleurs eu le scandale des Allemandes harcelées, voire violées par des migrants Syriens... "Donc la pénétration des migrants sur le sol allemand est un viol..."
Il a fallu que ce soit des femmes, militantes féministes de surcroit, qui s'opposent à ces interprétations sans preuve en signalant que les harceleurs et violeurs étaient tout autant allemands que migrants. Mais ce n’est pas la riposte des femmes qui est restée dans les esprits.
Plus loin il écrit :
Le mécanisme du bouc émissaire n'est pas sans nous fournir une explication de cette chasse aux sorcières contre les présumés pédophiles en position de prêtre ou d'animateur des Jardins d'Enfants ainsi que contre les périls supposés que nous font encourir les réfugiés, mais en dehors du renforcement électoral du FN, je ne vois pas à qui profite cette criminalisation exagérée des prêtres pédophiles et cette surestimation des nuisances de la migration.
Au sujet de la criminalisation exagérée des prêtres, je mettrais la pédale douce. La pédophilie existe depuis la nuit des temps dans toutes les civilisations jusqu'à plus ample informé. Les prêtres sont des êtres humains, faillibles comme les autres. Toutes ces choses là ont été cachées, cautionnées de fait, par l'église comme par d'autres institutions : armée, école, famille, etc.
Si ça fait tellement de bruit, en particulier du côté de l’église et de l’armée, là où elles étaient toutes puissantes, c'est que des milliers de victimes qui n'ont pas osé s'exprimer le font.
Alors qu'il y ait des accusations mensongères à travers, c'est évident aussi : mythomanie, réglement de compte, erreur d'appréciation… Mais delà à affirmer qu’il y a exagération, je ne crois pas.
Amicalement,

Etienne Duval 12/05/2016 15:55

Que tu sois choqué par les propos de Marius Alliod ne m’étonne pas. Il se positionne dans une interprétation psychanalytique et, dans ce cadre, c’est vrai qu’il y a un lien entre l’angoisse de la pénétration sexuelle et l’angoisse d’une pénétration sur mon territoire.

En ce qui concerne les problèmes de pédophilie chez les prêtres, j’avoue que c’est grave et il faut que ces problèmes soient traités par la justice. Mais, en même temps, il y a parfois du lynchage, qui peut être, en dehors des victimes, un moyen facile de se donner bonne conscience, comme dans le film « La chasse ». Je chasse les fauteurs pour montrer que j’échappe à la fragilité que je dénonce. Il y a là une part d’hypocrisie qu’il faut aussi dénoncer..

Fethi Benslama 12/05/2016 15:26

Proposé par Charles Lallemand

Le surmusulman

C’est pourquoi la figure du surmusulman attire les délinquants ou ceux qui aspirent à le devenir ; ils se convertissent par désir d’être des hors la loi au nom de la loi, une loi supposée au dessus de toutes les lois, à travers laquelle ils anoblissent leurs tendances antisociales, sacralisent leurs pulsions meurtrières. Le surmusulman recherche une jouissance que l’on pourrait appeler « l’inceste homme Dieu », lorsqu’un humain prétend être dans la confusion avec son créateur supposé au point de pouvoir agir en son nom, devenir ses lèvres et ses mains. Ce n’est pas l’union mystique avec Dieu qui n’est jamais permanente et loin de toute arrogance, comme dans le soufisme. Si le musulman cherche Dieu, le surmusulman croit avoir été trouvé par lui....

Etienne Duval 12/05/2016 15:28

Une dérive qui nous interpelle surtout dans cet inceste homme Dieu...

Monique Douillet 12/05/2016 14:53

Rebonjour Etienne,
Merci pour ta réponse. J’y réfléchis.

Etienne Duval 12/05/2016 14:54

Nous en reparlerons bientôt.

Philippe Maquart 12/05/2016 10:23

Merci Etienne pour ce très beau texte et ce magnifique jardin zen au Japon.
En retour je te mets 3 photos prises à Sukhothai, en janvier dernier, dans un grand parc où ont été mis à jour des temples khmers.

Nous avons également regardé comme toi le film "la chasse " sur Arte, très bien interprété par Mads Mikkelsen que j'ai d'ailleurs aperçu à la télé hier soir vu qu'il se trouve à Cannes. Ce film est d'une pesanteur épouvantable et que cela fait du bien, ensuite, de lire tes commentaires ô combien véridiques sur "le nécessaire passage d’une logique du terrain de chasse à celle du jardin" !

je souhaite maintenant que j'ai plus de temps et moins de pression faire partie des nombreuses personnes à répondre à l'invitation
"à passer du champ de bataille au travail du jardin" !

amicalement

Philippe

j'espérais pouvoir me joindre à vous pour la journée du 26 mai sur les Canuts,
ce ne sera pas possible et j'espère qu'une nouvelle possibilité se présentera!
à bientôt

Philippe Maquart 12/05/2016 10:32

Merci Philippe pour tes commentaires qui ont, d'autant plus de poids que tu as regardé, comme moi le film intitulé, "La chasse". C'est pour moi un très grand film, qui dit bien les errements de la culpabilité, aujourd'hui, au point de nous faire prendre pour une morale salutaire la chasse aux fautes et aux fauteurs. Quand on découvre les ressorts qui la portent, je me dis qu'il vaut mieux parier sur la vie que sur celle logique de mort.

Claire Dumont-Hérique 12/05/2016 10:16

Merci Etienne pour ce très intéressant article. On l’aura étudié pour la prochaine rencontre.
Chaleureusement à toi.
Claire HD

Etienne Duval 12/05/2016 10:18

Merci Claire pour tes encouragements et pour ta sympathie.

Très bonne journée !

Yves Bajard 12/05/2016 09:58

Bonjour,

Je n'ai pas eu le temps de lire attentivement le nouvel article que j'ai découvert hier soir mais je voulais te confier un texte que j'envoie à un collègue qui m'invite à écrire lui aussi en réponse à un de ces mails qui renvoie au fascisme du langage dont parle Roland Barthes, pour mon collègue l'écriture est comme une nécessite qui s'impose parfois, comme une tentative d'effleurement du monde, en tout cas elle s' impose pour moi ce matin.

Voici le texte :

A un instant de vie où tout entier mon être semble s'apaiser,là où mon corps se laisse bercer par la seule oscillation continuelle de ma respiration, où une vision linéaire du temps s'efface au profit d'un goût d'éternité, où les choses semblent d'une incroyable légèreté les tourments d'un fils aimé viennent bousculer ce que je croyais, avec beaucoup de vanité, définitivement ancré.
Je sais bien qu'Aragon a raison "rien n’est jamais acquis à l'homme, ni sa force, etc..."
Quelle prétention de croire que ce qui a pu nous consoler un soir puisse puisse pour l'autre avoir le reflet d'une quelconque vérité.
Alors au matin en relisant Clément Rosset, encore une fois les mots viennent me réconforter et je relis, car je tiens pour acquis le texte de Nietzsche extrait du "gai Savoir" :
"Maintenant, en effet, la pensée d'une providence personnelle se présente à nous de la plus envahissante façon, et elle a pour elle le meilleur porte-parole, l'apparence, dès lors qu'il nous est tangible que toutes choses, absolument toutes choses qui nous adviennent, tournent constamment à notre avantage... L’événement se révèle aussitôt ou bientôt après comme quelque chose qui ne pouvait pas ne pas se produire - il est plein de sens profond et de profit précisément pour nous!".
Bien sûr, quoi de plus anecdotique qu'un fils qui décide de quitter sa compagne de huit années et qui du coup est confronté à la confusion des sentiments, cumulé avec les doutes qu'engendre le chômage. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur de le voir sombrer tout en sachant que je ne fais là que projeter ce qui m'a par le passé terrorisé, dans le même temps je souris en m'imaginant tout puissant, croyant voir dans sa prochaine destinée les éléments d'une quelconque hérédité, je crois qu'il y a là encore tout simplement, un sentiment de culpabilité dont j'ai du mal à me débarrasser.
Mais Brel a raison : "Que c'est dur de voir un ami pleurer".

Cordialement

Yves

Etienne Duval 12/05/2016 10:08

Yves, merci pour ton texte où je sens toute la douleur d'un père. Mais la douleur n'est pas là pour nous enfermer dans la culpabilité, mais pour nous creuser afin que nous puissions recevoir davantage. Personnellement je pense que la providence existe mais je sais aussi que nous sommes les médiateurs les uns des autres pour demander l'appui de l'Esprit dont nous avons besoin. L'Esprit, c'est la Vie : il faut s'y abandonner même pour les autres. La culpabilité est, à la longue, une fausse piste. La Vie avec son jardin à cultiver pour qu'elle progresse est notre vraie destinée. C'est pourquoi il faut toujours avoir confiance..

Marius Alliod 12/05/2016 09:45

Cher Etienne
Ton dernier blog va sûrement déclencher une foule de commentaires, car les problèmes que tu soulèves sont tous d'une brûlante actualité.
Pour commencer par la fondation de l'Europe des années 1950, elle me fait penser à l'aphorisme de Platon :"Le commencement est un dieu qui ne passe pas deux fois" Car disait Edouard Herriot :"Tout commence dans l'enthousiasme et tout finit dans l'organisation".
Il faudrait ajouter une organisation qui, 65 ans plus tard s'avère impossible à 28 requérants.
S'agissant des textes bibliques que tu as sélectionnés, ils montrent combien notre monde est désenchanté et combien le récit de la création sous le signe de l'émerveillement nous est devenu étranger. Sans parler de la disparition des prophètes et de l'envahissement de notre monde par les gestionnaires.
Mais l'idée géniale de ton blog est celle qui consiste à superposer les fantasmes de pénétration vaginale de la petite fille du film et celui de la pénétration des migrants sur notre territoire européen.
Le mécanisme du bouc émissaire n'est pas sans nous fournir une explication de cette chasse aux sorcières contre les présumés pédophiles en position de prêtre ou d'animateur des Jardins d'Enfants ainsi que contre les périls supposés que nous font encourir les réfugiés, mais en dehors du renforcement électoral du FN, je ne vois pas à qui profite cette criminalisation exagérée des prêtres pédophiles et cette surestimation des nuisances de la migration.
La surenchère médiatique contre la pédophilie jusque dans le diocèse de Lyon serait-elle le prix à payer de la diffamation légendaire et séculaire du sexe par les Jansénistes, mais quelle est au juste son rapport avec l'exaltation de la chambre à coucher et de la virilité renouvelée de ceux qui portent un fusil dans notre société démocratique avancée ? Y aurait-il retour d'un refoulé que représentent bien les déguisements nazis de certains jeunes au chômage ?
Mais tout cela est un peu noyé dans un bruitage incohérent.
Ce sont des questions à reprendre dans les commentaires à venir.
Avec tout mon amitié. Marius

Etienne Duval 12/05/2016 09:49

Merci Marius. Ton commentaire m'éclaire-moi-même. On n'est pas toujours conscient de ce qu'on dit et de ce qu'on écrit. Mais je souscris à tes interprétations qui me semblent très pertinentes.

Pierre Pérol 12/05/2016 09:40

Mais souviens toi de tout ce que tu as osé et que tu oses toujours !

Etienne Duval 12/05/2016 09:41

J'essaie quand même de ne pas me prendre trop au sérieux.

Google 12/05/2016 07:29

Google fait référence à cet article

Etienne Duval 12/05/2016 07:22

A Marie-Claude

Quand on accueille, il vaut mieux agir comme le Bon Samaritain, sans avoir peur de se faire rouler. Si tu donnes oublie ce que fait ta main droite !

Pierre Pérol 11/05/2016 23:31

Merci Etienne
Toujours très pertinent
et c'est pourquoi je suis parti en régime permacole car c'est au contact de la nature qu'on comprend ce qu'est la culture et c'est auprès de cette grande diversité collaborative qu'on saisit où se trouve notre avenir.
En effet notre Europe pacifiée se devrait d'être le jardin de tous les possibles et de tous les futurs.
Encore un grand merci à toi

Etienne Duval 11/05/2016 23:35

Merci Pierre. Toi tu as osé faire le grand saut de l'utopie, qui t'amènera vers plus de vérité même si, parfois, c'est difficile.
Bien amicalement.

Hugues Puel 11/05/2016 22:50

Etienne, c'est un morceau de bravoure.!

Etienne Duval 11/05/2016 22:51

Merci Hugues de tes encouragements.

Françoise Mozzo 11/05/2016 22:44

Bonsoir Etienne,

Cultivons ensemble le jardin de notre terre en accueillant les migrants.
Ici, c'est concrètement que je tente d'accompagner, avec une équipe de la paroisse, quelques réfugiés syriens et irakiens en demande, avant tout, de convivialité et d'écoute.

Françoise

Etienne Duval 11/05/2016 22:46

Françoise tu n'as pas choisi le plus facile, mais tu es dans la vérité et en accord avec toi-même. Tu nous montres le chemin.

Monique Douillet 11/05/2016 19:42

J'ai adoré le titre de l'article ! C'est plein d'espoir, c'est juste aussi. Nous Européens, nous avons bien oublié, tu as raison, les nobles motivations de ceux qui l'ont conçu cet espace de réconciliation. Par contre, je n'ai pas bien compris la liaison que tu fais avec cet animateur chrétien dénoncé par une petite fille qui ne sépare pas le virtuel du réel. Cela m'apparait comme une digression. Un seul point commun relie les 2 sujets : l'actualité. Ce problème-là dépasse les frontières de l'Europe, il est international. Et si internet ou les images télévisées participent à semer la confusion dans l'esprit des enfants, ce ne sont pas ces moyens de communication qui l'ont engendrée. L'inceste est un phénomène vieux comme le monde. Il n'a pas toujours été condamné. Et quand il l'a été il est resté toléré dans les faits. Bref, je ne vois pas comment tu relies cet exemple au sujet de l'accueil des migrants en Europe. Par contre : « Chaque personne est invitée à passer du champ de bataille au travail du jardin...» je trouve cette chute géniale. Ça me renvoie à une expérience menée par une association de jardin partagé à Montreuil, qui a réussi à faire jardiner des Rom, lesquels maintenant tirent de ce travail de quoi nourrir leur famille.
Monique Douillet

Etienne Duval 11/05/2016 19:52

Merci Monique pour ton intervention. En ce qui concerne la liaison dont tu parles elle n'est pas pour évoquer le problème de l'inceste, mais pour faire apparaître comment la violence de la chasse.marque encore beaucoup de nos activités. Cette violence est d'ailleurs mise en lien avec la toute-puissance sexuelle de l'homme. C'est pourquoi, aujourd'hui plus que jamais, nous avons avons à passer d'une logique de mort qui caractérise la chasse à une logique de vie avec la figure du jardin.

M-Cl Christophe 11/05/2016 17:30

Avant de te relire, et d'interagir
c'est de ceci qu'il me parait intéressant de mettre en exergue, et d'approfondir:
http://www.robert-schuman.eu/fr/doc/divers/Peres_de_l_Europe.pdf

ton texte 11/05/2016 23:58

Etienne, ce n'est pas seulement sur le fait que
"Robert Schuman est non seulement un homme politique,
il est aussi avec de Gasperi et Adénauer un des pères spirituels de l'Europe."

C'est sur et avec la base contextuelle et l'élaboration par les Pères de l'Europe de ses pères que tout citoyen devrait pouvoir réfléchir, or nous les avons bien souvent oubliées
voire méconnues , C'est pour çà que je pense moi aussi m'y replonger , selon moi çà permettrait de comprendre et d'éviter bien des sentiments négatifs de culpabilité, des conflits et des violences à venir ou déjà en marche tant entre les citoyens d'un même pays qu'entre eux et les migrants et réciproquement.

.

Dans l'image que tu as présenté le mois dernier au travers d'une anecdote vécue avec ce bon quémandeur ayant malignement su manipuler la tendance de l'autre au "bon Samaritain," Je vois la l'Europe devant forcément, oui, forcément se travestir aussi en bonne Samarittaine. avec interdiction
- de savoir si les blessés qu'elle reçoit et nourrit en sont vraiment?
- de se demander :"oeuvreront-ils pour que leurs pays s'unissent pour la paix? et comment"
Candide finit par cultiver son jardin.. dans son pays.

Etienne Duval 11/05/2016 20:03

Tu as raison de renvoyer à la fondation Robert Schuman. Robert Schuman est non seulement un homme politique, il est aussi avec de Gasperi et Adénauer un des pères spirituels de l'Europe.

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