Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 15:36

L'abbaye de Sénanque - Lankaart

 

Le secret d’Yvon ou l’écoute de l’indicible

 

 

Yvon vient de mourir. Il intervenait fréquemment sur ce blog. C’était un homme très actif à l’extérieur, défendant les grandes causes, comme la justice, la paix et l’écologie. Il ne fréquentait pas particulièrement les églises et les autres lieux de culte. Et pourtant, il avait un secret que peu de gens connaissaient, tellement il était discret sur ce point : c’était un homme de prière assidu. A la fin, Yvon priait sans cesse comme le pèlerin russe. Pour évoquer son parcours ou plutôt son pèlerinage, j’ai choisi un des plus beaux contes arabes, en tout cas le plus beau pour moi : il s’appelle précisément « Le secret ».

 

Le secret du mendiant Ayaz

 

Mahmoud est un grand roi autoritaire. Chaque matin, il sort de son palais et il vient parler avec les femmes et les hommes, qui souhaitent lui présenter quelque requête. Et parmi ces hommes et ces femmes, il a remarqué, depuis plusieurs jours, un mendiant, qui connaît tous les chemins du désert, tellement il les a parcourus dans un sens ou dans l’autre. Ses yeux sont brillants d’une grande intelligence et ses discours sont d’une sagesse incomparable. Il s’appelle Ayaz. Très rapidement, Mahmoud est séduit par Ayaz. Sans trop réfléchir, il en fait son premier conseiller. Il le présente à la Cour. Les gens de la Cour sont stupéfaits : « Le roi est en train de perdre la tête ».

Une fois le premier conseiller installé, le grand vizir ne perd pas un instant. Il le suit et le fait suivre. Or, tous les soirs, Ayaz s’enferme à clef dans une chambre basse et, au bout d’une heure, il sort discrètement en tournant la clef dans la serrure. Que fait-il donc ? Pour le grand vizir, Ayaz est en train de trahir le roi, complotant avec des espions extérieurs. Non seulement le roi et la cour sont en train de plonger dans l’insécurité, mais le royaume, tout entier, est en danger. Il faut prévenir le monarque. Le grand vizir le fait immédiatement : « Ton premier conseiller est en train de te trahir. – Qu’est-ce que tu es en train d’inventer ? J’ai une confiance totale dans mon premier conseiller. - Lorsque  tu sauras ce qui se passe, tu n’auras plus aucun doute. – Que se passe-t-il donc ? – Tous les soirs, au coucher du soleil, Ayaz descend au sous-sol et s’enferme à clef dans une chambre basse. Il reste une heure, ressort en prenant bien soin de tourner la clef dans la serrure. – Cela ne prouve rien. J’ai confiance dans mon ami ». En fait, il est troublé et appelle Ayaz. « Es-tu un conseiller fidèle ? – Oui entièrement fidèle. –Alors que fais-tu tous les soirs dans une chambre basse du sous-sol ? – Je ne peux pas te le dire. – Puis-je encore compter sur toi ? – Tu le peux. »

 

Mahmoud est inquiet et le grand vizir le sait, tout heureux d’avoir fait son travail. Le lendemain, Ayaz, le conseiller, est dans sa chambre basse. Il sort en prenant soin de fermer sa porte à clef. Lorsqu’il se redresse, il se trouve en face du roi et du grand vizir. Le roi lui ordonne : « Ouvre cette porte ! » C’est au-dessus des forces d’Ayaz. La clef glisse de ses mains. Le grand vizir la ramasse. Il enfonce la clef dans la serrure et ouvre la porte. La pièce est entièrement vide. Seuls sont accrochés au mur, son manteau de mendiant, son bâton et son bol de mendiant. Ayaz prend la parole : « Ici, c’est le royaume des pèlerins perpétuels où je viens chercher la force de vivre et la sagesse nécessaire pour te conseiller. Tu n’avais pas le droit d’y entrer ». Les hiérarchies s’inversent. Le roi s’abaisse pour baiser le pan du manteau du mendiant. C’est la cellule intérieure qui fait l’homme et le roi.

 

L’écoute de l’indicible

 

Chacun a compris. Yvon, c’est Ayaz. Il avait  sa cellule intérieure, où il pénétrait non seulement le soir mais à tout moment de la journée. Dans le silence, il était dans la prière.  Mais sa prière ne consistait pas en formules régulièrement répétées. Elle était  silence, attention, écoute de l’indicible, en-deçà et au-delà de la parole elle-même. De formation chrétienne, il donnait un nom à l’indicible ; il l’appelait l’Esprit Saint, que l’on pourrait traduire par souffle primordial, puisque le mot « esprit » veut dire souffle Mais tout homme peut être à l’écoute de l’indicible, qui est souffle de vie, sans le nommer comme le faisait Yvon. Il s’agit simplement de se laisser traverser par l’imprévu, par l’inattendu, par l’élan de la vie lui-même. Pour arriver à un résultat semblable, il est possible de se laisser interpeller par les mythes eux-mêmes.

 

L’écoute de l’indicible donne naissance à l’écoute de l’autre

 

Lorsque je suis dans l’écoute de l’indicible, je pressens qu’il y a de l’autre dans le souffle de la vie. Ce pressentiment explique peut-être l’intérêt qu’Yvon portait à Lévinas, l’auteur de « Totalité et infini » où s’exprime avec force l’infini de l’altérité. Je suis dans l’attente d’une parole et c’est d’abord l’autre qui se présente. Parfois, dans la littérature religieuse, le chemin de la découverte de l’altérité passe par l’ange ; l’ange me signifie l’autre mais il n’est pas tout à fait l’autre. Il a ici pour fonction d’ouvrir l’espace entre moi et l’autre. L’écoute de l’indicible me signifie que le souffle de vie est porteur d’altérité et que chaque homme est un autre irréductible.

 

Elle donne aussi naissance à la parole elle-même

 

En somme l’indicible c’est d’abord l’autre. Et cet indicible est nécessaire pour que la parole s’exprime. Il n’y a pas de parole sans la présence de l’autre. C’est ce qu’Yvon avait bien compris en fréquentant sa cellule intérieure. Mais il allait plus loin encore. Dans ses réparties à l’intérieur du blog, où nous intervenions l’un et l’autre, il ne voulait pas que la parole se réduise à un discours rationnel. La raison a pour exigence de dire l’indicible. Or cette exigence, si elle veut aller jusqu’au bout, est faite de toute puissance car elle contribue ainsi à détruire la parole ; la parole doit rester porteuse d’un indicible irréductible, d’une zone d’obscurité qui signifie l’incompris intérieur à mon discours. Autrement dit, la parole doit toujours laisser une place à l’écoute de l’indicible, sous peine d’être détruite.

Il n’en reste pas moins que l’indicible est animé par une dynamique qui le pousse à se dire s’il est écouté. C’est ainsi que l’écoute de l’indicible engendre le désir de connaître lui-même, le désir d’entrer dans la parole.

 

En elle Yvon puisait en plus l’énergie de l’action et de la création

 

Yvon n’était pas simplement un chercheur de l’indicible pour faire naître la parole, il était aussi un réalisateur. Or c’était dans son écoute intérieure qu’il puisait l’énergie de l’action et de la création. Nous voyons ainsi se structurer, à partir de l’écoute de l’indicible, l’homme tout entier : le désir de l’autre et le désir de connaître, la parole, la recherche, l’action et la création.

 

Vers une autre anthropologie basée sur l’écoute de l’indicible

 

Ainsi, à côté d’une anthropologie basée sur la parole, s’esquisse une autre anthropologie plus profonde et plus déterminante, basée sur l’écoute de l’indicible. Lorsque nous sommes devant une grande œuvre architecturale, nous sommes amenés non seulement à voir mais aussi à écouter pour percevoir l’indicible qui en fait un ouvrage d’art. Alors le théâtre, la basilique ou la cathédrale finissent par nous parler sans jamais arriver à se dire complètement. L’homme est fondamentalement un constructeur de cathédrale, qu’il s’agisse de cathédrale intérieure ou de cathédrale extérieure. C’est pourquoi s’il faut critiquer radicalement les religions aliénantes, il est indispensable de préserver le trésor qui fait de l’homme un être qui écoute l’indicible. Sinon notre humanité risque d’être condamnée à mort.

Etienne Duval

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

telephone gay 16/05/2016 13:25

Grâce à vous, j'ai pu apprendre beaucoup de choses intéressantes. J'espère en apprendre encore. Je vous félicite pour ces merveilleux partages. Continuez ainsi !

Vida Salvador 25/02/2016 10:06

Bonjour Marie-Claude, que je ne connais pas mais dont j’ai beaucoup apprécié le message, il correspond à ce que je pense aussi des femmes et du rôle qu’elles ont dans la vie aussi bien du couple, de la famille et vis à vis de leur alter ego, elles sont un exemple que l’on trouve, quelques fois dans sont entourage, quelques fois ailleurs, mais qui participent à leur émancipation, quand cela se passe au niveau d’un couple c’est la réussite car c’est souvent là que se trouve la difficulté pour la plupart ce qui entraîne des ruptures douloureuses mais indispensables pour rester soi-même. Je n’ai jamais été une femme ni discrète ni docile mais c’est, je crois, grâce à cela qu’on peut avancer.Merci encore et aussi à Etienne de m’en avoir informé.

Amicalement. Vida

Marie-Claude Christophe 20/02/2016 11:57

extrait du midi libre en question:
.."avec sa compagne Vida Salvador, il a œuvré pour ouvrir la bio et la rendre accessible au plus grand nombre. À l’ouverture d’un colloque commun avec Un Plus Bio, en 1996, il exposait simplement son point de vue, essentiel : « Pour nous, la Terre, c’est une responsabilité heureuse, non pas à dire mais à faire exister concrètement, quotidiennement, dans une aussi banale, aussi fondamentale activité que celle de manger. L’écologie n’est pas une chose triste, la responsabilité n’est pas une chose triste. Il nous faut savourer et y prendre plaisir… Pour nous, « Manger Bio », c’est entrer joyeusement dans cette responsabilité. »

Il paraît banal de répéter qu'il n'y a point eu de "grand" homme, sans une femme- petite, grande ou discrète- cette Autre , Alter ego en quelque chose, qui ait encouragé et parfois constitué une grande part de l'énergie et de la facilitation à l'éclosion concrète des idées du premier. J'aime à le penser sinon à croire en une réelle inter-action .
C'est à cette compagne et à ceux qui l'accompagnent ou qu'elle accompagne que je pense, et à qui j'ose confusément me permettre d'offrir un écrit-bouquet d’empathie comme autant de vœux de ressourcement et de continuation encore jalonnées de joies avec d'autres encore "responsabilités heureuses".
Bon chemin à vous, Vida Salvador!

Etienne Duval 23/02/2016 04:16

Oui, Marie-Claude, je pense que tu as raison. Je pense que Vida, dans sa grande modestie, a joué un grand rôle

Yvon Montigné 28/01/2016 15:05

Appuyer sur Yvon Montigné pour avoir la version du Midi libre de l'article concernant Yvon Montigné du 19 janvier

Yvon Montigné 28/01/2016 14:59

Disparition d’un précurseur des cantines bio, Yvon Montigné

Yvon, grand défenseur de l’alliance entre écologie et alimentation.
Le Gardois Yvon Montigné nous a quittés, la semaine dernière. Ancien agriculteur bio à Marguerittes, aux portes de Nîmes, il fut président du Civam Bio du Gard de 95 à 98. C’est à lui que Stéphane Veyrat, directeur d’Un Plus Bio, doit une partie du concept « Manger Bio », repris largement depuis en France par de nombreux collectifs, ainsi que la co-création du réseau RACINES (accueil éducatif). Avec lui fut également créée la toute première plate-forme Manger Bio Distribution, à Sommières, également dans le Gard.
Dans ces années 1990, la bio gardoise essaimait progressivement et innovait. Maraîcher bio, anti-nucléaire et être libre, Yvon Montigné avait une connaissance des plantes et des étoiles surprenante. Partant pour partager, accueillir sur son exploitation avec sa compagne Vida Salvador, il a œuvré pour ouvrir la bio et la rendre accessible au plus grand nombre. À l’ouverture d’un colloque commun avec Un Plus Bio, en 1996, il exposait simplement son point de vue, essentiel : « Pour nous, la Terre, c’est une responsabilité heureuse, non pas à dire mais à faire exister concrètement, quotidiennement, dans une aussi banale, aussi fondamentale activité que celle de manger. L’écologie n’est pas une chose triste, la responsabilité n’est pas une chose triste. Il nous faut savourer et y prendre plaisir… Pour nous, « Manger Bio », c’est entrer joyeusement dans cette responsabilité. »
Militant, il était aussi humaniste et respectueux des différences. Que ce soit les centaines d’enfants qui ont visité son jardin d’Éden en goûtant tout ce qui était comestible dans ses parcelles ou les paysans vénézuéliens venant en stage se former à l’agriculture paysanne, son approche et sa pratique étaient avant tout liées à l’amour de la nature et de ses habitants. Avant de partir, Yvon avait lu le manifeste « Quand les cantines se rebellent » d’Un Plus Bio et aurait dit se retrouver dans cette proposition enthousiaste pour changer de regard sur les cantines et le monde qui va avec.
« Si je porte aujourd’hui un regard particulier sur l’alimentation et l’écologie, c’est en partie par le contact, l’échange et le chemin réalisé pendant une dizaine d’année avec Yvon », déclare Stéphane Veyrat qui a participé aux obsèques. Et qui, de la part de l’équipe d’Un Plus Bio, présente toutes ses condoléances à la famille d’Yvon.
19 janvier 2016 | Catégorie: Tous nos articles

Vida Salvador 28/01/2016 14:52

Bonjour à tous, voici un article paru ce matin dans notre journal local le Midi Libre, un bel hommage, dont je soupçonne Stéphane Veyrat d’en être l’instigateur, Stéphane un copain avec qui, et d’autres aussi, a commencé une énième aventure de la bio au Civam du Gard. Cela fait chaud au coeur et espérons que cet exemple puisse continuer à nous inspirer. Je vous embrasse tous. Vida
>
> Si vous avez des problèmes à visualiser je peux vous envoyer le message sur une autre forme.

Introduction de l'article :

"A l'heure où le bio fait toujours figure de défi et relève d'un "vrai grand choix politique" comme l'estimait Eric Stéphany dans le Midi Libre (page région du vendredi 22 janvier), c'est l'une des grandes figures du "produire bio" et du "manger bio", qui est récemment décédé en la personne d'Yvon Montigné."
>

M-Cl Christophe 28/01/2016 10:21

"Le Tout Autre" est-ce que c'est çà le "non croyant" quand il parle ainsi? N'est-ce pas plutôt celui qui a été " casé" comme non croyant... pour le porter éventuellement aux nues ensuite?
L'humanité ne porte-elle pas en elle, chevillée en elle des formes de spiritualités?
La question me parait plutôt à un autre niveau: que portent en eux ceux qui font état d'appartenance à une religion, ou moteur de celle-ci?

Etienne Duval 28/01/2016 10:55

Marie-Claude, tu nous lances dans des horizons difficiles à atteindre. Je suis d’accord avec toi : l’humanité porte en elle des formes de spiritualité. Elle ne peut être elle-même qu’en s’ouvrant à un en-deçà d’elle-même, à ce qui la précède, à ce qui la fonde. Pour Yvon, la prière, entendue comme écoute de l’indicible, n’est rien d’autre que l’attention à ce qui nous porte comme une mère porte son enfant.

Josiane Boçchet 27/01/2016 11:44

merci pour cet article - hommage que j'ai un peu de mal à comprendre ... Par contre , j'ai relu qq passages de Michel Tournier et grâce au récit , je saisis mieux les mythes auxquels il se réfère , du moins me semble t-il !

Etienne Duval 27/01/2016 11:51

Il ne s'agit pas d'un hommage mais de livrer un secret : un homme qui ne fréquente pas les les églises, du moins à ce que je crois savoir, et qui fait de la prière, comme écoute de l'indicible, un temps essentiel de sa respiration face à la vie. On croit que ce n'est pas courant, mais son attitude me fait comprendre que c'est peut-être beaucoup plus courant qu'on ne le pense, même chez les non croyants.

M-Cl Christophe 27/01/2016 08:45

Tiré de la fin d'un beau et profond commentaire relatif à la lutte de Jacob avec l'Ange de Y. Montigné que j'ai tant apprécié:

"Quel homme va gagner contre quel homme ? Question lamentable. Ayant passé le gué, il doit combattre contre un Autre, le Tout Autre dans un combat où c’est l’Autre qui choisit de
l’affronter dans un combat pourrait-on dire « amoureux » comme un certain nombre de peintres l’ont bien compris. Je pense aux combats de certains mystiques
qui en ressortent avec une blessure qui est un ravissement, Thérèse d’ Avila ou Jean de la Croix par exemple. Jacob aussi en ressort blessé, marqué à vie d’une claudication,
d’un déséquilibre. C’est un être nouveau, baptisé d’un nom nouveau, porteur d’une espérance pour tout un peuple, celui des croyants dont la force n’est pas en eux mais dans la
foi. Bienheureux boiteux qui peut désormais compter sur l’amour du Très Autre et qui peut rire de ses ruses antérieures de dominateur ou de vainqueur et qui
désormais montre le chemin d’une humilité ou en tout cas d’une humiliation revendiquée car illuminée par le sincère face à face avec l’Autre, et tout autre,
et tous les autres. Face à face où c’est celui qui aime qui gagne."

Etienne Duval 27/01/2016 09:39

Oui, Marie-Claude, c'est un très beau texte, qui fait ressentir la profondeur de la vie mystique d'Yvon. Tu as bien fait de le sortir de l'ombre pour l'exposer en plein jour. Merci.

M-Cl Christophe 27/01/2016 08:28

Combien, comme Yvon n'avons-nous pas connus (connaitre=naitre avec), combien d'autres de ces "un dicibles" non dits?
Tu nous a parlé d'Yvon parce-qu'il n'est plus , depuis j'y songe , mais à quoi bon maintenant?
J'adresse aux siens et à tous ceux qui l'ont aimé, toutes mes condoléances, eux aussi sont dans un indicible de l'indicible. Le deuil, n''est-ce pas aussi sortir de l'indicible après y avoir plongé?
(Il descendit aux enfers et le troisième jour....)

Etienne Duval 27/01/2016 09:35

Je connaissais bien Yvon. Aussi ai-je considéré qu'il était de mon devoir de révéler son secret. Il est comme une semence qui doit produire du fruit. Et la semence, il faut la jeter en dehors du sac pour la répandre sur la bonne terre...

Claire Dumont-Hérique 26/01/2016 23:16

Merci, Etienne, pour ce si beau texte et de pouvoir comprendre le charisme tout à fait extraordinaire d’Yvon. Moi aussi, je pense qu’il était habité par l’Esprit , mais ne le sommes pas nous aussi ? Ainsi,… si nous prenions le temps et le type de vie de cet homme. On en est loin … ? Mais j’y crois quand même !
A bientôt, chaleureusement
CLAIRE

Etienne Duval 26/01/2016 23:18

Je pense que la prière est à la portée de tous, même des non croyants. Elle est un temps essentiel de notre respiration d’homme.
Merci Claire.

Yves Bajard 26/01/2016 19:07

Je crois que la joie peut parfois émaner d'un profond recueillement. Cette joie que procure le fait de dire OUI à ce qui est peut-être, si l'on sait la dispenser par devant soi, une façon de dire l'indicible. Elle est pour moi comme ces notes de musique qui semblent s'échapper de ce silence intérieur. Pour l'heure c'est la seule parole Etienne que je puisse t'adresser.

Etienne Duval 26/01/2016 19:08

Oui je serais assez d’accord avec ces notes de musique qui émanent du silence intérieur, comme le signe d’une mélodie venant de la transcendance. Cette mélodie peut néanmoins donner naissance à de multiples mélodies toujours inachevées. L’inachèvement est le lieu de ma constante écoute de l’indicible. Mais tu ajoutes la joie, qui me semble être la joie d’une rencontre avec le transcendant. Ce serait la rencontre qui serait la cause de la joie et de l’harmonie mélodique qui tente de s’exprimer.

Marcel 26/01/2016 15:35

Montesquieu et les religions


La religion chrétienne est éloignée du pur despotisme : c’est que la douceur étant si recommandée dans l’évangile, elle s’oppose à la colère despotique avec laquelle le prince se ferait justice, et exercerait ses cruautés.
….Pendant que les princes mahométans donnent sans cesse la mort, ou la reçoivent ; la religion, chez les chrétiens rend les princes moins timides et par conséquent moins cruels. Le prince compte sur ses sujets et les sujets sur le prince. Chose admirable ! La religion chrétienne qui ne semble d’avoir que la félicité de l’autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci.
C’est la religion chrétienne, qui, malgré la grandeur de l’empire et le vice du climat, a empêché le despotisme de s’établir en Ethiopie, et a porté au milieu de l’Afrique les moeurs de l’Europe et ses lois.
…Tout près de là on voit le mahométisme faire enfermer les enfants du roi de Sennar : à sa mort le conseil les envoie égorger, en faveur de celui qui est monté sur le trône.

Que d’un côté l’on se mette devant les yeux les massacres continuels des rois et des chefs grecs et romains ;et, de l’autre, la destruction des peuples et des villes par ces mêmes chefs :Thimur et Gengis Khan, qui ont dévasté l‘Asie ; et nous verrons que nous devons au christianisme, et dans le gouvernement un certain droit politique, et dans la guerre un certain droit des gens, que la nature humaine ne saurait assez reconnaître.

C’est ce droit des gens qui fait que, parmi nous, la victoire laisse aux peuples vaincus ces grandes choses, la vie, la liberté, les lois, les biens, et toujours la religion, lorsqu’on ne s’aveugle pas soi-même.

….Sur le caractère de la religion chrétienne et celui de la mahométane, on doit, sans autre examen, embrasser l’une et rejeter l’autre : car il nous est bien plus évident qu’une religion doit adoucir les mœurs des hommes, qu’il ne l’est qu’une religion soit vraie.

C’est un malheur pour la nature humaine, lorsque la religion est donnée par un conquérant. La religion mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet esprit destructeur qui l’a fondée.

L’histoire de Sabbacon, un des rois pasteurs, est admirable. Le dieu de Thèbes lui apparut en songe, et lui ordonna de faire mourir tous les prêtres d’Egypte. Il jugea que les dieux n’avaient plus pour agréable qu’il régnât, puisqu’ils lui ordonnaient des choses si contraires à leur volonté ordinaire ; et il se retira en Ethiopie.

Montesquieu, de l’esprit des lois,volume2, livre XXIV, chapitre III et IV, 1748

Etienne Duval 26/01/2016 15:36

Je reconnais que les religions peuvent être dangereuses, mais elles peuvent être aussi bénéfiques. Elles sont comme la langue d’Esope : la meilleure et la pire des choses. Si elles sont par la violence un instrument de domination, il est évident qu’elles sont répréhensibles. Si elles appuient la tyrannie, il faut les rejeter. Alors que l’Islam soit entièrement aliénant pour les hommes, je ne le pense pas. Que le christianisme dans sa réalisation historique soit entièrement bénéfique pour les hommes, je ne le pense pas non plus car il a eu des périodes sombres avec l’Inquisition, avec son soutien accordé à certaines dictatures pur faire triompher un certain type de morale… Dans le témoignage d’Yvon, l’écoute de l’indicible a quelque chose de profondément humain. Un des critères pour juger d’une religion, c’est de savoir si elle fait ou non progresser l’homme. A certaines périodes, il semble bien que l’Islam ait été un facteur d’humanisation. Si les Mille et Une Nuits sont, pour une part, un produit de l’Islam, je dois reconnaître que la religion musulmane peut faire progresser l’homme. Si l’Islam est bien à l’origine de la piété soufie, il est évident, pour moi, qu’il a permis d’enrichir la mystique universelle.
L’imperfection est partout. C’est le dialogue entre les religions qui leur permet d’aller vers plus de vérité et d’humanité. Leur mérite est d’alerter les hommes sur la nécessite de rester ouvert à l’écoute de l’indicible…

Le Corbusier 26/01/2016 09:05

L’Espace Indicible

Ce texte doit être situé par le lecteur à sa juste place.
L'an 1945 compte des millions de sinistrés sans abri, tendus désespérément vers l'espoir d'une transformation immédiate de leur situation.
On parle dans les lignes qui vont suivre, d'une perfection absolue à atteindre dans l'occupation de l'espace; de villes neuves entièrement préconçues, on s'élève à des problèmes de plastique désintéressée, recherches qui touchent plus au sacré qu’au frivole mais qui dans le malheur des temps, pourraient être amèrement taxées d'inactuelles, de désinvoltes, voire d'insolentes.
Il ne faut pas se laisser dérouter par l'apparence.
Ce texte s'adresse à ceux qui ont pour mission d'aboutir à une juste et efficace occupation de l'espace, seule capable de mettre en place les choses de la vie, et par conséquent, de mettre la vie dans son seul milieu vrai, celui où règne l'harmonie. N'atteint l'harmonie que ce qui est infiniment précis, juste, sonnant et consonant; que ce qui ravit en fin de compte, à l'insu même de chacun, le fond de la sensibilité; que ce qui aiguise le tranchant de l'émotion.

Prendre possession de l'espace est le geste premier des vivants, des hommes et des bêtes, des plantes et des nuages, manifestation fondamentale d'équilibre et de durée. La preuve première d'existence, c'est d'occuper l'espace.
La fleur, la plante, l'arbre, la montagne sont debout, vivant dans un milieu. S'ils attirent un jour l'attention par une attitude véritablement rassurante et souveraine, c'est qu'ils apparaissent détachés dans leur contenu mais provoquant des
résonances tout autour. Nous nous arrêtons, sensibles à tant de liaison naturelle: et nous regardons, émus par tant de concordance orchestrant tant d'espace; et nous mesurons alors que ce que nous regardons irradie.
L'architecture, la sculpture et la peinture sont spécifiquement dépendantes de l'espace, attachées à la nécessité de gérer l'espace, chacune par des moyens appropriés. Ce qui sera dit ici d'essentiel, c'est que la clef de l'émotion esthétique est une fonction spatiale.

Action de l'œuvre (architecture, statue ou peinture) sur l'alentour: des ondes, des cris ou clameurs (le Parthénon sur l'Acropole d'Athènes), des traits jaillissant comme par un rayonnement, comme actionnés par un explosif : le site proche ou lointain en est secoué, affecté, dominé ou caressé. Réaction du milieu: les murs de la pièce, ses dimensions, la place avec les poids divers de ses façades, les étendues ou les pentes du paysage et jusqu'aux horizons nus de la plaine ou ceux crispés des montagnes, toute l'ambiance vient peser sur ce lieu où est une œuvre d'art, signe d'une volonté
d'homme, lui impose ses profondeurs ou ses saillies, ses densités dures ou floues, ses violences ou ses douceurs. Un phénomène de concordance se présente, exact comme une mathématique - véritable manifestation d'acoustique plastique; il sera permis ainsi d'en appeler à l'un des ordres de phénomènes les plus subtils, porteur de joie (la musique) ou d'oppression (le tintamarre).
Sans la moindre prétention, je fais une déclaration relative à la “ magnification ” de l'espace que des artistes de ma génération ont abordée dans les élans si prodigieusement créateurs du cubisme, vers 1910. Ils ont parlé de quatrième dimension, avec plus ou moins d'intuition et de clairvoyance, peu importe. Une vie consacrée à l'art, et tout particulièrement à la recherche d'une harmonie, m'a permis, par la pratique des trois arts : architecture. sculpture et peinture, d'observer à mon tour le phénomène.

La quatrième dimension semble être le moment d'évasion illimitée provoquée par une consonance exceptionnelle juste des moyens plastiques mis en œuvre et par eux déclenchée.
Ce n'est pas l'effet du thème choisi mais c'est une victoire de proportionnement en toutes choses - physique de l'ouvrage comme aussi efficience des intentions contrôlées ou non, saisies ou insaisissables, existantes toutefois et redevables à l'intuition, ce miracle catalyseur des sapiences acquises, assimilées, voire oubliées. Car dans une œuvre aboutie et réussie, sont enfouies des masses d'intention, un véritable monde, qui se révèle à qui de droit, ce qui veut dire: à qui le mérite.

Alors une profondeur sans bornes s'ouvre, efface les murs, chasse les présences contingentes, accomplit le miracle de l'espace indicible.
J'ignore le miracle de la foi, mais je vis souvent celui de l'espace indicible, couronnement de l'émotion plastique.
On m'a autorisé à parler, dans ces notes, en homme de laboratoire, traitant de ses expériences personnelles effectuées dans les arts majeurs si malheureusement dissociés ou désunis depuis un siècle. Architecture, sculpture, peinture, la marche du temps et des événements les conduit indubitablement, maintenant, vers une synthèse.


Celui qui touche à l'architecture (celle que nous entendons et qui n'est pas celle des académies) se doit d'être un impeccable plasticien et un connaisseur vivant et vivace des arts. Aujourd'hui où l'architecte remet à l'ingénieur une part de son travail et de sa responsabilité, l'accession à la profession ne devrait être consentie qu'aux individus dûment dotés du sentiment de l'espace, faculté que la méthode synthétique de diagnostic de l'individualité se charge de déceler. Privé de ce sens, l'architecte perd sa raison d'être et son droit à exister. Œuvre de salubrité sociale que de tenir alors de tels candidats à l'écart de la chose bâtie.
Les images motivant ces notes vont témoigner de l'incessant désir de prendre possession de l'espace par la mise en œuvre des architectures et des urbanismes, de sculptures et de peintures, tous susceptibles d'y atteindre sous la pression jamais relâchée d'une invention permanente...

On découvre alors une vérité substantielle après le long circuit d'une sérieuse évolution qui nous a détachés des temps accomplis, celle de la synthèse aujourd'hui possible des arts majeurs : architecture, sculpture, peinture sous le règne de l'espace. Les perspectives “ à l'italienne ” n'y peuvent rien; c'est autre chose qui se passe. Cette chose, on l'a baptisée quatrième dimension. et pourquoi pas? puisqu'elle est subjective, de nature incontestable mais indéfinissable, pas euclidienne; découverte qui sabrera des affirmations hâtives et superficielles très à la mode, par exemple celle-ci : la peinture ne doit pas trouer le mur, la sculpture doit être attachée au sol...
Il n'y a pas, je crois, d'œuvre d'art sans profondeur insaisissable, sans arrachement à son point d'appui. L'art est science spatiale par excellence. Picasso, Braque, Léger, Brancusi, Laurens, Giacometti, Lipchitz, peintres ou sculpteurs, tous ensemble se sont dévoués à la même conquête.
On comprend maintenant quel mariage peuvent fêter les arts majeurs liés à l'architecture: unité aussi solidement maçonnée qu'un Cézanne.
Il y a dans l'air du temps des possibilités extraordinaires, enivrantes, stimulantes, une rencontre de la Porte-Dorée des arts majeurs. L'un aidant l'autre, ils dissiperont les brouillards qui noient et les idées et les artistes, laissant sur leurs positions acquises (et non contestées) les métopes, les frontons, les tympans, les trumeaux de la tradition. L'alliance sera autre. L'urbanisme dispose, l'architecture façonne, la sculpture et la peinture adresseront les paroles de choix qui sont leur raison d'être.
Il est singulier d'observer que ce sont les événements qui sont en marche et que ce sont les hommes qui, ahuris, les regardent passer, oublient de prendre le coche et d'être à l'heure au rendez-vous.

Le rendez-vous est aujourd'hui d'importance, dans un monde qui fait peau neuve, pour accueillir une société machiniste liquidant ses stocks de premier établissement et désireuse de se mettre dans ses meubles pour agir et pour sentir et pour régner.

Le Corbusier, Paris. 1945.

Texte Le Corbusier

“ L’espace Indicible ”, Le Corbusier, Savina, dessins et sculptures, éd. Sers, Paris, 1984

Deux passages de Le Corbusier 26/01/2016 09:20

Deux passages à retenir de Le Corbusier

La quatrième dimension semble être le moment d'évasion illimitée provoquée par une consonance exceptionnelle juste des moyens plastiques mis en œuvre et par eux déclenchée.
Ce n'est pas l'effet du thème choisi mais c'est une victoire de proportionnement en toutes choses - physique de l'ouvrage comme aussi efficience des intentions contrôlées ou non, saisies ou insaisissables, existantes toutefois et redevables à l'intuition, ce miracle catalyseur des sapiences acquises, assimilées, voire oubliées. Car dans une œuvre aboutie et réussie, sont enfouies des masses d'intention, un véritable monde, qui se révèle à qui de droit, ce qui veut dire: à qui le mérite.

Il n'y a pas, je crois, d'œuvre d'art sans profondeur insaisissable, sans arrachement à son point d'appui. L'art est science spatiale par excellence. Picasso, Braque, Léger, Brancusi, Laurens, Giacometti, Lipchitz, peintres ou sculpteurs, tous ensemble se sont dévoués à la même conquête.

Marius Alliod 23/01/2016 20:21

Nous sommes heureux de déduire de ce blog d'hier que tu as bien commencé l'année 2016 et que tu continues à éclairer nos chemins.
Quant à partager celui d'Yvon nous nous sentons bien petits, même si ton analyse le rend moins lointain et moins inaccessible à notre discernement.
Si j'essaye de noter quelques remarques qui me viennent à l'esprit quant au secret, je trouve le récit du mythe très éclairant sur les gauchissements de notre civilisation contemporaine qui fait de la monstration de soi un devoir, le soit disant devoir de vendre ses compétences ou de savoir se vendre comme si notre cheminement dans l'existence avait une valeur de marché et qu'il faille se préoccuper de la cote dont nous bénéficions devant la galerie.
Cette propension regrettable n'empêche pas heureusement le souhait de transparence ou de droit à la vérité qui sont des avancées de la démocratie, mais la conscience personnelle ne saurait devenir un carrefour dont il n'y a aucune appropriation propre ni possibilité de privatisation, comme l'a noté Joseph Folliet à propos des questions de société et de viol de l'opinion par le bruitage des médias.
C'est un vieux débat qu'on impute à Malebranche à qui l'on prête d'avoir écrit : " il faut une intériorité, une monade pour être libre". C'est-à-dire "une cellule intérieure" pour reprendre l'expression heureuse de ton blog.
La même idée est exprimée par Hannah Arendt à propos du tyran qui cherche à me déposséder de mon espace ; intime pour arracher mon assentiment à sa propagande ou à sa séduction, en revendiquant une autorité qui n'est pas un service mais un asservissement. Car c'est un domaine où tout est question de nuances, tellement l'exaltation de la vérité frise le mensonge et voisine avec le fanatisme.
Pour finir, l'idée développée par Geremek dans "la potence ou la pitié " fait bien ressortir les équivoques qui peuvent se cacher sous la figure du mendiant, mais aussi son caractère évangélique, s'il est perçu selon la Miséricorde que la générosité du Pape François voudrait réintroduire dans les mœurs de nos sociétés avancées. Yvon ayant compris qu'il fallait prier pour l'avènement d'une chose aussi improbable. Marius Alliod

Etienne Duval 23/01/2016 21:12

Oui, Marius, il faut une intériorité pour être libre. C’est bien le sens du conte arabe, intitulé le secret. C’est aussi ce que cherche à défendre Hannah Arendt, contre l’asservissement de l’autorité opérant par la propagande et la séduction. Mais ce que j’aime dans ton propos c’est le rapprochement entre le mendiant et la miséricorde. Yvon était du côté du mendiant, il était habité par la miséricorde. Sans aucun doute sa prière était-elle pour laisser émerger la miséricorde qui est un des aspects de l’indicible.
Merci Marius de venir stimuler la réflexion.

Gérard Jaffrédou 23/01/2016 20:05

Je n'ai malheureusement pas la même proximité amicale et intellectuelle que toi avec Yvon. Mais je suis sensible au départ de cet ami et à la réflexion dont ce départ est l'occasion : la présence de l'indicible, et celle de la mort.
Nous avons été frappés, il y a quelques jours, par la mort (« choisie » ! si on peut dire ) d'une jeune femme que nous connaissions un peu, et dont nous connaissons mieux la mère (qui nous fournit en crêpes tous les vendredis depuis trente ans). Nous avons parlé, sa mère et moi, à deux reprises, de cette mort. C'était à chaque fois l'expérience de l'indicible : celui de la douleur et de la solitude de cette mère et , pour moi, celui de ma tristesse de ne pouvoir l'aider dans sa douleur et sa solitude. On se sent alors diminué.
Je pense en effet ce qui nous rend « humains » c'est bien la perception d'un « indicible » au-delà de nos vies enfermées dans nos finitudes et nos certitudes, ou la volonté d'y croire. Mais c'est aussi nos tentatives pour dire l'indicible, par tous nos langages ; et c'est l'ouverture pour entendre ces tentatives d'où qu'elles viennent. Et quelque soit « l'indicible » supposé.

Ca marche parfois. Et parfois il vaut mieux s'abstenir : le silence peut être le seul moyen de dire l'indicible en le laissant exister.
Bien amicalement
Gérard

Etienne Duval 23/01/2016 20:10

Que puis-je ajouter ? Je suis entièrement d’accord avec toi particulièrement sur le rapport que tu établis entre l’indicible et la mort, entre le silence et l’indicible.
Bien amicalement.

Jean Puel 22/01/2016 15:24

Un très gd merci. OUI, préservons le trésor qui fait de l'H. un être qui écoute.

Etienne Duval 22/01/2016 15:25

Un grand merci à toi, Jean. Très bonne journée !

Indicible 22/01/2016 10:47

Sans doute faut-il une explication pour définir ce qu'est l'indicible. Il s'agit de quelque chose dont l'intensité dépasse toute expression....

Google 21/01/2016 23:06

Cet article est maintenant présent sur google.

Olivier Schmidt-Chevalier 21/01/2016 23:02

Merci à Olivier de transmettre le secret d'Yvon dans son blog de blogs.
Appuyer sur Olivier...

Martine Mouquet 21/01/2016 22:48

Je pensais justement à toi ce soir en rentrant et demandais à René s' il avait de tes nouvelles...
Il a été appellé au téléphone et du coup je regarde mes messages et lis que la personne dont tu m'as parlé a quitté notre monde...
Il entendait l'indiscible... je vais lire la pièce jointe.
C'est toujours une épreuve de voir partir nos racines, fussent elles familiales et biologiques comme mentales et structurantes de notre propre personne... et après c'est à nous à passer le relais...
Courage et à bientôt, la vie continue
Martine

Martine Mouquet 21/01/2016 22:50

Merci Martine de réagir et de participer ainsi à la vie du blog.

Françoise Mozzo 21/01/2016 22:42

Merci Etienne pour ce témoignage qui me parle de la Vie en nous et autour de nous. Françoise

Etienne Duval 21/01/2016 22:43

Merci Françoise pour cette communion de pensée !

Gilles D. 21/01/2016 18:55

Un mois de janvier 2016 absolument terrible... Meilleurs pensées à vous. Olivier SC

Etienne Duval 21/01/2016 20:19

Merci Olivier et bon mois de février !

Anne-Marie Miège 21/01/2016 18:48

J'ai beaucoup aimé ton texte.Faire référence au souffle divin et à l'indicible me parle ainsi que la prière. Merci de nous avoir fait partager ton approche d' Yvon .A M

Etienne Duval 21/01/2016 18:50

Merci Anne-Marie de ton attention et de tes réactions.

  • : le blog mythesfondateurs par : Etienne
  •   le blog mythesfondateurs par : Etienne
  • : Mythes, articles à partir des mythes, réactions sur le site Mythes fondateurs http://mythesfondateurs.over-blog.com/ Le mythe et le conte sont la parole dans sa première gestation. C'est pourquoi, si la parole est malade, comme le dit Vittorio Gasman, il devient urgent de revenir à ses fondements qui sont encore à notre disposition, à travers les mythes et les contes. Lorsque la parole ne fonctionne pas, c'est la violence qui gagne. Les mythes et les contes, par l'apprentissage du processus symbolique qu'ils proposent, sont là pour nous aider à faire sortir la parole de la violence. C'est de la naissance de l'homme lui-même dont il s'agit.
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Blog De Mythes Fondateurs

Liens

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -